Bon appétit!

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Bon appétit!

Message par Justin Davenport le Jeu Sep 19 2013, 23:05

T’en as marre ? Eh bien, ça tombe à pic parce que moi aussi j’en ai ras le bol de tes récriminations sempiternelles ! Fous-le-camp ! Barre-toi, dégage !

Les vitres de la porte d’entrée se brisèrent presque quand Miss Audrey McIntosh claqua derrière elle.
Une fois de plus Justin Davenport se retrouvait seul. Cette conquête avait duré trois petits mois, un record ! Qu’y pouvait-il s’il ne parvenait pas à trouver la bonne, celle qui serait la mère des enfants désirés, lui tiendrait la main dans les coups durs… l’aimerait sincèrement, tout simplement ?
Il ne demandait pas la lune quand même !
Haussant les épaules, il s’empara d’un journal financier qu’il rejeta très vite. Il devait bouger, sortir, se vider la tête. Qui a dit que les milliardaires se la coulent douce ? Pas lui, en tout cas !
Direction centre de Londres. Justin conduisit vite selon son habitude. Les radars il s’en fichait. N’était-il pas sorcier ? Il aurait pu transplaner mais se déplacer de cette façon-ci arrangeait son humeur massacrante.
Audrey n’avait pas tous les torts, il le reconnaissait. Sans doute aurait-elle voulu d’un mec assis qui n’avait rien d’autre à foutre qu’à signer des paperasses. Pas lui, ça !
Oui, il s’était compliqué la vie à souhait en menant deux combats de front. Très engagé au ministère de la magie, il partait fréquemment dans des missions obscures. À n’importe quel moment du jour ou de la nuit, on pouvait requérir ses services. Bien sûr, ses compagnes moldues ne pigeaient pas
.

*La prochaine qui me plait, et c’est pas demain la veille, devra être sorcière ou je resterai célibataire !*

Il avait le temps à 25 ans ! L’ennui est que Justin avait tendance à croire facilement les beaux minois féminins et souhaitait connaître sinon une passion, au moins de la compréhension, un partage.

Deux voitures lui barraient le stationnement visé ? Il les déménagea discrètement.

Le chemin de Traverse ! Justin se détendit un peu.
Il avait salué l’aubergiste du chaudron baveur puis foncé le mur arrière. Direct il fila au seul endroit susceptible de l’apaiser : Chez McLane. Découvert par hasard, ce restaurant valait le détour. Dieu sait pourtant si Davenport était difficile question haute cuisine ! Il avait visité quasi tous les restos réputés en trouvant des convenables d’autres surclassés. Celui-là, bien planqué côté sorcier, possédait un quelque-chose de très… positif : sa patronne. Il avait rencontré cette jeune Australienne à plusieurs reprises, et vite sympathisé avec elle. Cette « gamine » ne connaissait pas que son job à fond. Son dynamisme mêlé à un optimisme lui conférait une sorte d’aura très stimulante. Exactement ce dont avait besoin Justin à cet instant.
Le petit établissement était… débordé, hélas. Ça courait dans tous les sens, on refusait des clients, ça grognait dedans aussi bien que dehors. Justin se ficha des clameurs soulevées par son doublage de file et entra.


Mr, nous sommes complets, désolés. Veuillez…


Toi, t’es nouveau. Vais voir Opal.


Mais..  


Il entraperçut sa cible dès la porte des cuisines franchies. Échevelée, suant en plein coup de feu, il l’interpela :


Hey ! Tu veux des renforts ? Je suis dispo ! … ok, je règle ça de suite. Dis-moi juste combien tu peux en accepter.

Info obtenue, il lui lança un clin d’œil complice et alla affronter la mêlée des clients mécontents.

Les sortilèges calmants fusèrent ; le tri s’opéra efficacement.
De retour en cuisines, Davenport enfila un tablier, déménagea sans façon un apprenti cuistot outré et se mit à l’ouvrage. Oui, Justin ne se contente pas de déguster chez les autres, pas pour rien qu’il est difficile du palais. Il adore créer, sauf qu’il manque de temps en général.  
L’activité se calma peu à peu. Bientôt on servit la dernière assiette de dessert. Les garçons de salle purent commencer à ranger avant le coup de feu du soir.
Opal le remercia à sa façon adorable : un bisou sur chaque joue :


Pas de quoi, ma belle mais ton organisation vaut que dalle !

Ils rirent en s’installant à une table fraîchement débarrassée.

… Non, pas du tout, ça m’a beaucoup plu de me démener ainsi… Toujours aussi perspicace, toi !... Ouais, on vient de rompre… Non, c’est pas grave, je t’assure.

En général Opal n’était pas moralisatrice sauf qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de l’asticoter.

… Je sais tout ça ! Je m’attache trop vite, suis affreusement romantique mais ai assez peu de discernement… oui, tu m’avais prévenu, mais… Audrey avait un bon fond, je t’assure… ouais, pompe à fric et oisive. Sujet clos veux-tu. Et toi, comment ça va, hormis ton organisation délurée ?

Cette Opal avait le chic pour le faire rire même quand il était au tréfonds.  
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Re: Bon appétit!

Message par Opal McLane le Sam Sep 21 2013, 11:07

Les gens ne comprenaient donc pas ce que signifiait : Sous réservation ? Ce n’était pourtant pas si compliqué que ça ! C’était plus que flatteur avoir foule se bousculant au portillon rien que pour goûter les délices de sa création, mais de là à la pousser au comble du stress…
 
Ok, je règle ça de suite. Dis-moi juste combien tu peux en accepter.
 
Quatre en demi-heure !  Deux de plus, pour attendre au bar et encore…
 
Pas le temps de jouer les surprises. Justin était là. Tout irait bien. C’était aussi simple que ça ! Impossible de ne pas adorer cet homme ! Cohue apaisée, il revint, et le plus naturellement du monde, enfila un tablier et mit la main à la pâte.  Rien ne pouvait rater avec lui en appui logistique. Se donnant un instant de répit, pour respirer à l’aise et boire un verre d’eau, elle l’observa au travail. La perfection même ! Qui aurait dit que ce maître coq en pleine action était un homme terriblement occupé, la plupart du temps dépassé par ses responsabilités  multiples ? Peu l’auraient crû.
 
*Il doit avoir gros sur le cœur…la vache l’aura largué…les femmes sont idiotes, définitivement !*
 
Et pourtant, il avait tout pour plaire, Mr. Davenport.  Très bien fait de sa personne, il était en plus fourré aux as, avait un cœur en or et était l’homme le plus droit et loyal qui put exister. Cela sans dire qu’il savait faire la cuisine divinement, ce qui aux yeux d’Opal McLane était un attribut indéniable !
 
À deux aux commandes, ils passèrent le cap de tourmentes sans trop d’efforts et une fois le dernier client satisfait hors du petit local, elle ne trouva rien de mieux que lui sauter au cou et lui coller deux baisers bruyants aux joues.
 
Tu es le meilleur, Justin, je t’adore !
 
Pas de quoi, ma belle mais ton organisation vaut que dalle !
 
Tu as, encore une fois, raison, soupira t’elle, mais qu’y puis.je ?...Mais suis sûre que tu auras quelques bons conseils, pas vrai ? Viens, allons-nous asseoir et manger aussi un bout…tu dois être claqué !
 
Il assura avoir aimé se démener comme un dingue.  Pas de doute, ça devait lui changer un peu les idées.

Palliatif express pour amours contrariés ?, demanda t’elle en savourant le cocktail que leur avait fait parvenir le barman.
 
Toujours aussi perspicace, toi !
 
Je te connais, vieux frère…Je sais, tu dis que c’est pas grave mais ça mine, à la longue. Pas que je me veuille savante en la matière mais tu devrais te montrer un peu plus sélectif !

S’en suivit une petite mise à jour, reconnaissance de certains torts, dont quelque manque de discernement quant aux candidates choisies.
 
 Et toi, comment ça va, hormis ton organisation délurée ?
 
Ma foi, qui se plaint ?…les soirées sont idéales pour le stress…Imagine toi qu’hier soir, étaient, en même temps ici, le nouveau au Ministère Duc de Truc Mouche, entre nous, il est à tomber…Lucius Malefoy, sans sa femme, mais avec deux de ses copains tu-sais-quoi, le Ministre et deux autres…te dis pas l’ambiance ! J’ai eu peur pour mes soufflés…sont sensibles, ces merveilles, un sort égaré et ça se dégonfle !

Et ainsi de suite jusqu’à le faire rire de bon cœur. Mais bien sûr, il y avait d’autres thèmes pour les préoccuper. Opal , coudes sur la table, croisa les mains sous le menton et soupira.
 
Pas que je manque de principes, mais vais pas empoisonner ceux de mes clients qui ne me sont pas sympathiques…Tu vas me dire, au bout d’un moment, il n’en resterait pas beaucoup…Oui, je sais, c’est risqué, de jour en jour un peu plus…Matt arrive demain… Un brave Gryffondor dévoué à la meilleure des causes…il a pas changé depuis sa sortie de l’école, sauf qu’il est encore plus grand…suis la seule naine de la famille !...Mais mangeons plutôt…j’ai un délicieux filet d’antilope qui se défait sur la langue…au poivre vert ?...Non, je vais te préparer ça…tu vas adorer…

Impossible de lui demander de rester assis, d’autant plus que l’avoir aux fourneaux avec elle, constituait une expérience unique.
 
Tu sais, Justin, quand tu rencontreras une autre fille qui te plaît…demande lui d’abord si elle sait frire un œuf…si elle dit que oui, tu lui mets une poêle à la main et la laisses faire…et vois après !
 
Ils étaient là, à rigoler en train de parfaire leur repas sybaritique  quand un boucan de tous les diables se laissa entendre.  Opal laissa ce qu’elle avait dans les mains et sortit de la cuisine en coup de vent, suivie de près par Justin. Les garçons de salle semblaient affolés. Devant les restaurant, une foule en plein émoi courait dans tous les sens et ne manquèrent pas quelques-uns qui s’engouffrèrent dans la salle en quête d’abri.
 
Merde…une ruée de vaches, qu’on dirait ! Qu’est- ce qu’il se passe ?
 
D’uns parlaient d’une explosion, d’autres d’une attaque mangemorte, sauf qu’á part voir des gens courir comme des bovins égarés, Opal ne voyait rien d’extraordinaire. Pas de sorts lancés à tout va, ni voix menaçantes. Un coup d’œil exercé à l’extérieur eut vite fait de la renseigner.
 
Dis donc…Miss Perfection a fait sauter sa boîte !
 
Un demi-pâté de maisons plus loin, une fumée noirâtre  jaillissait mollement de l’officine Grisham.
 
*Marrant, elle aura raté une formule !*
 
Elle avait beau ne pas supporter cette Serdaigle perfectionniste et douée en tout, penser qu’elle était en train de brûler entre ses chaudrons éclatés, la fit bondir au secours, avec  l’auror Davenport derrière elle.
 
La suite fut tout un poème…
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Re: Bon appétit!

Message par Angel Grisham le Sam Sep 21 2013, 11:13

Potions, potions, toujours potions.
Angel soupira en retournant l’affiche de la porte de l’officine en mode open.
Elle aimait son boulot, ses boulots !  Entre membre de l’ordre du Phénix et son pignon au chemin de traverse, Miss Grisham ne savait plus trop où donner de la tête. La nuit qu’elle venait de subir n’avait pas été de tout repos. Les activités des Mangemorts reprenaient de plus belle. Elle n’était que simple agent de liaison vu son jeune âge mais se donnait à fond à coordonner les actions contre les adeptes de Voldemort.

À peine cinq minutes après son ouverture, la clochette d’entrée résonna :

Bienvenue ! On s’occupe de vous tout de suite, détendez-vous !

Angel rectifia légèrement sa mise par deux passages de mains pour lisser ses cheveux contre ses tempes dans un chignon strict, se plaqua un sourire amène aux lèvres et passa de l’arrière-boutique au magasin.
Une banale demande de calmants pour les nerfs, une de plus… Elle nota, précisa l’heure de livraison par hibou, reçut son dû et recommença à peu près dix fois le même scénario dans la matinée.

Midi approchait.
Soulagée, il ne lui restait qu’un chaudron à sortir du feu et à renverser sa pancarte en « closed » quand une sorte de soubrette força la porte :

Miss Grisham ? J’ai une commande des plus urgentes.

J’allais fermer, et…

L’accent de cette femme puait l’Amérique. Mais son affliction semblait sincère :

J’ai obtenu votre adresse de… euh… peu importe, vous êtes la plus proche de l’Ordre à pouvoir nous aider.

L’Ordre ? Quel ordre ? joua l’innocente Angel.

Miss Grisham, ce n’est pas un jeu ! Un agent infiltré est très mal en point. Nous ne pouvons pas avoir recours aux officiels, nous sommes sûrs que Ste Mangouste est infiltré. Vous aidez-nous ou pas ?

Oh, là, là ! Avec la fatigue accumulée, Angel ne savait plus trop que penser. Piège ou pas ?

De… De quoi s’agit-il exactement ? Vous savez, je ne suis que potionniste, pas médicomage…  

Il s’agissait de tortures intenses par sortilèges cruels. L’identité du mourant fut tue.
Qu’est-ce qu’il lui prit ? Angel accepta, prit son coffret, ferma sa boutique et suivit la femme jusqu’à une ruelle d’où elles transplantèrent.

Les lieux où elles atterrirent n’étaient guère reluisants, sans doute un quartier malfamé des moldus.
Instinctivement, Angel serra les doigts sur sa baguette en suivant cette inconnue. Elle se maudit intérieurement :

*La reine des cloches… McLane avait raison !*

L’enfilade d’un escalier bancal où se mêlaient relents d’urine et de moisi, se fit en silence.

Il est ici, dit la femme en ouvrant un panneau de planches disjointes.

D’un coup d’œil, Angel embrassa la pièce aussi minuscule que miteuse. Crasse partout, table boiteuse, un tabouret avec une faible lampe à huile qui jetait une lueur blafarde sur une paillasse sur laquelle gisait un jeune homme agonisant.
Angel inspira et exprira face à ce terrible tableau. Toute sa compassion envers l’humanité souffrante la submergea, de même qu’une froide détermination :

Vous êtes sorcières, non ? Alors arrangez-moi cette pièce ! Elle doit être propre et je veux y voit clair !  

Pendant que l’autre s’activait, Angel osa s’approcher du grand blessé. Sous la crasse et le sang séché, on pouvait deviner un visage qui aurait pu être agréable si une horrible barbe ne le mangeait pas.
Un rapide examen s’opéra.

*Fractures multiples, brûlures, entailles… le pauvre… *


Luminosité et propreté établies, Angel put poser son coffret qu’elle fouilla :

Je lui donne de suite un antidouleur puissant, et…


Elle faillit crier quand l’homme, tout faible qu’il semblait être, lui interdit avec une fermeté inattendue de l’envoyer dans le cirage.

Vous… Vous devez souffrir le martyre, je dois… ah… ?

Il voulait lui parler d’abord. Très net, il remercia la messagère qui sortit aussitôt de la pièce.
Seule avec ce blessé volontaire, Angel hésitait à rester. L’autre lui broya le poignet, la forçant à écouter ses dires :

…Davenport ? Vous voulez que j’appelle Justin Davenport ? Pourquoi m’avoir envoyée chercher si… ? Un… un attentat contre le Ministre ? VOUS ÊTES SÛR ? Monsieur, MONSIEUR !!!

Il s’était anesthésié tout seul en sombrant dans l’inconscience.
Angel travailla sans relâche près de deux heures au chevet de ce sorcier étrange. Potion calmante administrée de force, addition de poussos, sorts de cautérisation express, il reprit enfin des couleurs.

*Le nuit y passera avant qu’il se sente capable de bouger…*

Appeler la femme ? Était-elle seulement encore dans le secteur ? Peut-être n’attendait-elle que son appel pour la descendre ? Angel ne prit pas de gants, elle transplana dès sa tâche accomplie.

Revenue sur le chemin de Traverse, elle fut très surprise par l’agitation et les propos croisés.

*Une explosion… ? *


Elle eut l’impression qu’une partie d’elle-même s’écroulait quand elle vit l’état de sa boutique.
Figée à regarder les ruines fumantes, elle demeura béate au beau milieu de l’allée quand un kangourou énergique lui sauta dessus, déchaîné.  Angel reçut non pas une mais deux paires de baffes, et un sermon où ton furieux et angoissé se mélangeaient. Elle para une nouvelle gifle :

Cesse ! … J’ignorais que… c’est une catastrophe… Je…

Apparemment, on avait mis plus d’une heure à chercher sa dépouille…  

Opal haussait déjà les épaules, la critiquant, se moquant, comme d’habitude.

Opal, merci de t’être préoccupée de mon sort… Où j’étais ne te regarde pas ! Mais, euh, dis-moi… est-ce que par hasard tu connaîtrais Justin Davenport ?  

Fameux hasard, noirci de fumée, le gars s’avança…
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Re: Bon appétit!

Message par Michael De Brent le Sam Sep 21 2013, 18:19

Maudite chance ! Des mois de travail méticuleux à point de tomber à l’eau, pour ne pas parler des efforts , sacrifices et risques qu’entraînait  une mission si délicate.  Aux dires de ses employeurs, il était le candidat idéal et c’était sans doute vrai. Voilà près de 11 ans qu’il avait quitté l’Angleterre, avec l’idée de ne jamais y revenir. Il n’avait aucune raison de le faire, d’ailleurs.  Le seul qui eut droit à des nouvelles sporadiques de sa part était Justin et encore. Depuis près de quatre ans, plus un mot. C’était mieux ainsi. Il le fallait, aussi.
Retour sans gloire. Anonymat absolu. Pour tous il avait été Jeremy Saunders, sorcier américain en conflit avec les démocratiques idées de ses semblables au Nouveau Monde. Un dossier soigneusement établi le signalait comme dangereux réactionnaire, allié du mouvement puriste et présumé coupable de l’assassinat de deux sorciers « impurs ». 
Pour les effets, il était devenu brun, portait une barbe bien fournie (qu’il détestait !), des lentilles de contact dissimulaient le bleu étincelant de ses yeux et  son accent traînant de sudiste ne laissait plus de doute sur sa provenance. Même pas sa propre mère ne l’aurait reconnu.
 
Pas tous dans la congrégation des adeptes au Maître des Ténèbres, n’avaient vu de bons yeux l’intrusion d’un étranger. Engagé, doué, loyal , on parlait déjà de la pose de la Marque mais fallait croire que certains de ces « puristes » acharnés voyaient le fait d’être américain comme une tare irrémédiable. On lui avait tout gentiment tendu un piège, il était tombé dans le panneau. Excès de confiance ? Sans doute, sans compter le surplus de fatigue qui le rendait moins alerte. Ils ne voulaient pas lui passer un simple tabac mais se défaire proprement de lui. Et ils faillirent y parvenir. En fait, pour les effets, ils y parvinrent. Jeremy Saunders était mort un peu plus tard, ce jour-là. Sans l’aide de sa co-équipière Melinda Clark qui jouait le rôle de sa petite amie du moment, il y serait passé pour de bon.
 
Où diables l’avait elle amené ? Pas au Ritz ! Il s’en fichait, crever pour crever, n’importe où revient au même. Et voilà que Melinda revenait avec des renforts. Il pouvait être à moitié mort déjà mais impossible ne pas constater que l’aide de fortune était à peine une très jeune femme, une gamine presque.
 
Je lui donne de suite un antidouleur puissant, et…
 
Pas ça… je vous interdis de me sonner encore plus !, parvint-il à grogner, file Melinda…c’est fini, ici !

Vous… Vous devez souffrir le martyre, je dois…, insistait la nouvelle venue.
 
Mourant mais obstiné, il retint son bras avec ce qui lui restait de forces.
 
Vous devez contacter quelqu’un…Justin Davenport, il est Auror…dites-lui de venir…c’est important…vital.
 
La pauvre petite semblait choquée mais eut le bon cœur d’écouter jusqu’à la fin.
 
Davenport…dites-lui que…son vieux pote a besoin de lui…dites-lui…
 
Le néant l’engloutit, sans miséricorde. Que se passa t’il entre temps ? Il n’en gardait aucun souvenir. En revenant à lui, sa première réaction fut presque de s’émerveiller d’être encore vivant et de découvrir l’Auror Davenport, l’observant, circonspect, baguette au poing.
 
Salut, mon vieux…ça fait un bail !...Tu sais plus qui je suis, hein ?...À la vie, à la mort…ça te dit ?...Oui, c’est moi…désolé de ne t’avoir pas dit…pouvais pas…Sors moi d’ici…je dois…Écoute-moi, Justin, je dois redevenir moi-même…Tu es toujours mon vieux pote, non ?...Suis toujours le même…autre plumage…mais c’est moi…je t’explique après…me sens pas trop d’aplomb encore…
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Re: Bon appétit!

Message par Justin Davenport le Sam Sep 21 2013, 23:21

Rencontrer occasionnellement Opal McLane s’était toujours avéré lénifiant pour les tourments de Justin Davenport. Qu’ils soient sentimentaux ou professionnels, il recevait à chaque fois des conseils judicieux et repartait calmé sinon heureux. Cela ne rata pas de nouveau. Cuisiner lui avait fait beaucoup de bien, rire aussi. Il aurait pu se vexer qu’Opal le mette si crument devant les faits :

Tu sais, Justin, quand tu rencontreras une autre fille qui te plaît…demande lui d’abord si elle sait frire un œuf…si elle dit que oui, tu lui mets une poêle à la main et la laisses faire…et vois après !


J’en prends note ! Tu es impayable !


Même s’ils s’entendaient à merveille, il n’avait jamais été question qu’ils se fréquentent différemment. Pourtant, elle elle savait bien plus que frire un œuf. Mais l’un comme l’autre savait qu’il leur manquait quelque chose, ce petit truc qui fait que l’on soit amoureux ou pas. Ils s’aimaient fraternellement, et cela leur suffisait amplement.

Lorsqu’ils perçurent une sorte d’explosion, cela paniqua partout. Il est vrai que le chemin de Traverse était nettement moins tranquille… qu’avant. Depuis la renaissance du Lord, la plupart des sorciers faisaient comme si rien mais n’en pensaient néanmoins pas moins. Lui, il garda son calme, rangeant juste son tablier avant de suivre Opal qui regardait des gens courant partout dehors.

Dis donc…Miss Perfection a fait sauter sa boîte !

De qui diable parlait-elle ? Ah oui… sans doute d’une fille de son année qu’elle n’avait jamais encadré.

Faudrait aller voir, non ?

Il n’avait pas fini sa phrase qu’elle détalait déjà à la rescousse.

Triste spectacle s’il en est ! Des gens peureux s’amassaient, personne n’agissait. Opal semblait en transe.

Arrête de les secouer ainsi ! la freina-t-il. Si ta « copine » est là-dedans, faut accélérer les secours.
Vous tous, s’adressa-t-il aux passifs, lancez des Aguamenti !


Il revêtit un gèle-flamme et brava l’incendie. Il éteignit en direct quelques foyers mais eut beau fouiller partout, il ne trouva – heureusement – aucun corps ni calciné ni autre.
Cela se tassa, il put ressortir des ruines.
Opal s’en prenait assez violemment à une très jeune femme qui semblait quasi en état de choc. Cependant, elle se ressaisit assez vite, et Justin crut percevoir son nom :

Davenport, c’est moi. Que puis-je…

Oups ça avait l’air sérieux. Mais, sous le choc de la destruction complète de sa boutique, Miss Grisham eut du mal à s’expliquer. Opal prit la direction des opérations et força la demoiselle à l’accompagner dans son resto. Justin plaça la pancarte de fermeture puis alla faire du café très fort qu’il servit peu après en amenant une bouteille de liqueur.

Buvez !

Cela s’adressait tant à l’une qu’à l’autre. Il avala une rasade aussi :

Vous êtes en état de choc Miss Grisham. Ça va passer. Pourquoi m’avez-vous mentionné…


L’histoire, peu banale, se débita d’abord hachée puis plus affirmée. La belle avait été presque forcée de venir en aide à un mourant et, du coup, en avait omis de couper un feu sous un chaudron.

Vous ignorez son nom ?... De quoi avait-il l’air ?...

La description succincte n’évoqua rien à Justin. Il se devait d’en avoir le cœur net.

Opal, sans te commander, prends soin de Miss Grisham le temps que j’aille à cette adresse… On verra après !

Il trouva la maison dans l’état décrit, gravit les marches sa baguette au poing. Un grabataire haletant le regarda entrer :

Salut, mon vieux…ça fait un bail !

Je ne crois pas vous connaître ! Qui…

Tu sais plus qui je suis, hein ?...À la vie, à la mort…ça te dit ?


Oh oui, ça lui disait. Seulement l’être misérable qui gisait-là ne correspondait en rien aux souvenirs que Justin avait de…

Mich… Michael ? T’es revenu ?

Oui, c’est moi…désolé de ne t’avoir pas dit…pouvais pas…Sors moi d’ici…je dois…Écoute-moi, Justin, je dois revenir moi-même…Tu es toujours mon vieux pote, non ?...Suis toujours le même…autre plumage…mais c’est moi…je t’explique après…me sens pas trop d’aplomb encore…

On y va ! Accroche-toi !

Justin était musclé et Michael ne pesait pas bien lourd, là ! Il l’embarqua sans problème.

Manoir des Davenport.

Deux jours de folie. Justin était épuisé. Il avait mis ses deux elfes sur le coup : retaper Michael à tout prix. Voronwë, le fidèle, et sa complice Aranwë, y mirent leurs sciences.
Enfin, au petit-déjeuner que Justin fristouillait pensivement, apparut un De Brent transformé.
Accolade obligée, tant pis pour les pancakes brûlés !

Mon pote, dit Justin ému. Tu m’as fichu la trouille ! Assieds-toi et… raconte, si tu peux…
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Re: Bon appétit!

Message par Opal McLane le Sam Sep 21 2013, 23:27

C’était à en devenir fou. Ces gens, pâmés, la bouche ouverte en contemplant l’incendie comme qui regarde un feu de joie.
 
Mais bougez-vous, bande d’inutiles !
, houspilla t’elle.
 
Quitte à leur taper dessus, il fallut que Justin, si sensé, la retienne.
 
Arrête de les secouer ainsi ! Si ta « copine » est là-dedans, faut accélérer les secours.


Et d’ordonner à tout le monde de s’y mettre avec les Aguamenti alors qu’il, préparé pour les effets, se lançait dans le brasier à la recherche de la supposée victime.
 
*S’il lui arrive quelque chose à cause de cette cloche…je la tue…enfin, si elle est pas encore grillée…*
 
Elle s’en voulut presque de pensées si sombres et peu charitables mais les oublia de sitôt en découvrant, à deux pas de là, l’air halluciné, la toujours si composée Miss Grisham, qui avait quand même quelques cheveux ébouriffés comme qui vient de courir un 100 mètres.
 
Hey, toi…oui, toi, Grisham !...Par les dieux de l’Uluru, on te faisait dedans…Justin y est…en cherchant ta dépouille calcinée…
 
L’autre restait là, plantée comme un navet, le regard vague, tremblante.
 
Réagis, bon sang !, ça lui fit presque plaisir lui envoyer une paire de claques et lui en aurait collé une troisième si Miss Potions n’avait pas eu le réflexe de la freiner.

Cesse ! … J’ignorais que… c’est une catastrophe… Je…
 
Ma foi, pas du joli mais pas si catastrophique que ça…t’as pas grillé dedans ! Mais qu’est-ce que tu foutais ? Ça te ressemble pas trop laisser sauter la baraque et te défiler…
 
Comme toujours, la miss reprit l’aplomb et retrouva son air pincé.
 
Opal, merci de t’être préoccupée de mon sort… Où j’étais ne te regarde pas ! Mais, euh, dis-moi… est-ce que par hasard tu connaîtrais Justin Davenport ?
 
*Hein ?*
 
Pas besoin de répondre, il s’amenait, couvert de suie.
 
Davenport, c’est moi. Que puis-je…
 
Tourne pas de l’œil, Grish…Angel…Ça l’a secouée, la pauvre…On peut plus rien pour le moment et tu ne peux pas rester là, viens !
 
Vu le manque de collaboration, vu le choc, elle prit le bras de la Serdaigle, le passa autour de son cou et l’enlaçant par la taille, l’emporta, pratiquement à la traîne vers le restaurant. Justin suivait. Il mit la pancarte comme quoi on fermait et s’occupa de faire du café et de leur servir une liqueur forte qu’Opal avala cul sec, sans s’attendre que Miss perfection fasse de même…elle était trop demoiselle comme il faut pour vider un verre de la sorte.
Un peu remise, Angel finit par raconter ce qu’elle avait à raconter, qui sembla mettre Justin en émoi.
 
Opal, sans te commander, prends soin de Miss Grisham le temps que j’aille à cette adresse… On verra après !


Et il s’en alla sans dire plus. Restée seule avec sa bête noire des temps d’école, Opal se servit un autre verre et prit place face à elle.
 
Dis donc, tu mènes une vie secrète ou quoi ?...Savais pas que tu étais médicomage maintenant ?...Ah, t’en es pas un…et alors ? Tu es allée soigner un mec sans…Ok, m’en mêle pas, c’est ta vie…fais à ta guise…mais là, tu bouges pas, tu es vert tendre…Un petit coup ?
 
Sans attendre sa réponse, elle resservit, en prenant le temps pour détailler sans gêne son interlocutrice de fortune.
 
Il passe pas le temps, pour toi…t’es pareille qu’à l’école…te manquent l’uniforme et les bouquins…t’es toujours aussi bêcheuse ?...Ouais, pas besoin de me raconter des histoires, je te vois tous les jours…pourrais me passer de montre…t’es mieux qu’une horloge suisse…Dis, ça t’emmerde pas d’être si…parfaite ?

Elle avait un regard limpide, miroir d’une âme pure, sans faux fuyants et sans doute mauvaises pensées. Démoralisant presque. De quoi la faire réviser à fond tous ses griefs.
 
Écoute, on est voisines…je sais, on a eu un mauvais départ mais suis pas si mauvaise que j’en ai l’air…désolée pour Archibald, pouvais pas savoir que tu aurais peur de mon petit gekko…Oh, le pauvre…il a pas résisté ce climat merdique  et en est mort de pur ennui…et froid…J’ai un chat, à présent…Tu as faim ? Je parie que tu n’as rien mangé depuis le matin…entre sauver le monde et voir cramer ton officine…Viens avec moi…pas question, j’ai promis à Justin de t’avoir à l’œil…vais juste te concocter le repas le plus délicieux du monde…suis sûre qu’après, tu seras chiche de tout me pardonner…
 
Repas succulent, vin des meilleurs crus australiens à volonté…ce soir là, Chez McLane resta fermé, au grand dam de beaucoup de clients. À l’intérieur, installées dans la cuisine, elles étaient à deux, à refaire le monde…
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Re: Bon appétit!

Message par Angel Grisham le Dim Sep 22 2013, 11:46

Oui, Miss Grisham avait le cœur tendre et était scout toujours prêt quand il s’agissait d’aider les gens. La situation l’avait assez dépassée et ce n’était pas fini ! Porteuse d’un message urgent, il lui fallait avertir un certain Davenport inconnu au bataillon. La vue de la destruction totale de son officine la fit cependant disjoncter. Mais le hasard jouant bien, elle put remplir sa mission après avoir été emmenée de force par Opal McLane jusqu’à son restaurant où des boissons fortes remontèrent la choquée.

Ça va passer. Pourquoi m’avez-vous mentionné…

Mr…. Mr. Davenport je viens de voir quelqu’un qui vous réclame instamment. Je… Une femme est venue me chercher car à Ste Mangouste il est grillé si j’ai compris… Un grand type blanc, cheveux bruns, yeux noisette. Je lui ai donné du poussos… oui, des fractures, des entailles aussi et des brûlures… C’est ça, on l’a torturé. Il veut vous parler. C’est au 10 Caldwellroad.  

Opal, sans te commander, prends soin de Miss Grisham le temps que j’aille à cette adresse… On verra après !  

La voilà seule avec son ancienne ennemie qui ne tarda pas à la railler :

Dis donc, tu mènes une vie secrète ou quoi ?...Savais pas que tu étais médicomage maintenant ?

J’étudie pour mais n’ai pas encore la licence !


...Ah, t’en es pas un…et alors ? Tu es allée soigner un mec sans…Ok, m’en mêle pas, c’est ta vie…fais à ta guise…mais là, tu bouges pas, tu es vert tendre…Un petit coup ?

Pourquoi pas ? Au point où elle en était Angel aurait fait n’importe quoi pour oublier cette affreuse journée ! Les critiques essuyées ensuite glissèrent sur ses plumes d’ange :

Dis, ça t’emmerde pas d’être si…parfaite ?

Elle haussa les épaules :

Si je l’étais tant la boutique de ma mère n’aurait pas explosé ! (gros soupirs) Je ne vise pas la perfection. Tu m’as toujours prise pour une sorte de robot bouquiniste, mais tu ne sais rien de ma *mes*vie (s)


Opal reconnut – chose étrange – avoir eu certains torts envers elle, parla du gekko mis dans son sac, du décès de ce dernier, de posséder un chat à présent, blabla :

Merci ! J’ai deux chats, d’ailleurs je vais aller chez moi, et…


Pas question, j’ai promis à Justin de t’avoir à l’œil…vais juste te concocter le repas le plus délicieux du monde…suis sûre qu’après, tu seras chiche de tout me pardonner…

Elle avait raison. D’abord Opal s’insurgea sur la manière cavalière dont Angel entreprit de la seconder à son ouvrage mais découvrit vite que la Serdaigle n’était pas l’empotée crue.
Le vin coula. Pour quelqu’un de sobre habituellement, cela déclencha bien des choses, des aveux surtout :

Tu ne préférerais pas des échalotes ?... Moi ? C’est ma grand-mère qui m’a tout appris, c’est elle qui m’a élevée… Non, j’étais trop différentes, ils m’ont reniée… (soupir)

Opal délivra une paire de truc sur son extraordinaire famille nombreuse. Angel n’en revenait pas.

Autant de frères ? Mince ! J’ai toujours été seule et sans l’appui de Mamy Rose et de mes chats, je… j’ai rien, strictement rien ! Même plus où travailler maintenant…


Et voilà. Certains ont le vin gai, d’autres triste !
Une Angel en fontaine n’est pas de bonne compagnie. Opal s’occupa de lui remonter le moral.
Une liqueur aidant, Angel s’ouvrit davantage :

Je sais que je t’ai toisée de haut et m’en excuse. Tu me paraissais frivole, fêtarde, tout le contraire de moi… Oui, sais bien que suis bûcheuse mais… je n’ai rien d’autre ou… presque… tu ne le diras à personne, hein ?... je fais partie de l’Ordre du Phénix… ben oui, j’ai une double vie, suis crevée et j’aimerais rentrer chez…

Opal fut d’accord mais pas de la laisser filer seule.

Le quartier moldu était assez cossu et calme. Les jeunes femmes éméchées entrèrent dans l’immeuble où, au 4ème étage, résidait miss Grisham.

Café, alcool ?

Les deux chats leur firent la fête, réclamant surtout leur pitance. Cette tâche accomplie, Angel s’assit près de l’ancienne Pouf :

Ce que tu viens de faire pour moi, jamais je ne l’oublierai. J’accepte ta proposition. Travailler avec toi sera un honneur, tu ne le regretteras pas !  
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Re: Bon appétit!

Message par Michael De Brent le Lun Sep 23 2013, 09:54

Il ne valait pas une chique. Épuisé à tous les degrés, Michael savait qu’être encore en vie tenait du miracle. Sans les soins de le jeune membre de l’ordre que Melinda avait dégotée Merlin sait où, il y serait passé. Et la brave petite avait bien transmis le message. Justin était là !
Leur dernière rencontre datait. 11 ans. Il avait eu recours à leur amitié pour pouvoir disparaître efficacement, pour échapper à la vindicte familiale. Cette fois, il avait besoin de son aide pour revenir à ce monde qu’il avait si bien renié auparavant. La donne était tout autre. Le risque, immense mais seul Justin Davenport, l’unique et véritable ami, était en position de lui filer un coup de main.
 
On y va ! Accroche-toi !

Il ne supporta pas le transplanage d’escorte, où que le mena Justin, il y arriva complétement dans le cirage.
Retour au monde des vivants. Installé dans le confort sans pareil d’un lit douillet, veillé par une elfe domestique par trop connue, qui couina ravie en le voyant ouvrir les yeux.
 
Bikita !
 
Maître…mon Maître…Bikita  très peur mais Maître avait interdit intervenir…Aranwë enfreint ordre.
 
Les elfes devaient avoir une filière d’information hors ’pair. Il se fichait pas mal que Bikita n’en fasse qu’à sa tête, il était trop content de la revoir.
 
Où ?...

Chez maître Justin qui a ramené mon Maître…mal en point…maigre et sale !, couina t’elle en roulant des yeux.
 
C’était sans doute ce qui la dérangeait le plus car une fois vérifié qu’il ne trépasserait pas, elle se livra à toute sorte de sorts artificieux destinés à lui rendre une allure décente. Débarrassé de barbe et lentilles, récupérée sa blondeur naturelle, il dut encore boire une potion au goût exécrable qui eut le don de le retaper assez comme pour avoir la force de se lever.
Justin se trouvait dans son antre sacré, livré à sa tâche de prédilection. Il préparait des pancakes dont la seule odeur lui mit l’eau à la bouche.
 
J’arrive pile pour le petit dej ?
 
Justin lâcha ce qu’il faisait pour l’enserrer dans  une accolade d’ours, passablement ému, dirait-on, de le revoir.

Mon pote. Tu m’as fichu la trouille ! Assieds-toi et… raconte, si tu peux…
 
Tout ce que tu voudras après un café et une clope, il se laissa tomber sur une chaise avec un soupir d’aise tout en reconnaissant les lieux,  désolé de t’imposer ma présence…j’avais pas d’autre recours !
 
Son vœu acquitté, Justin prit place face à lui qui fumait avec délectation. L’heure des aveux était venue. L’auror était patient et comme hôte exemplaire, se chargea de le nourrir dûment en attendant qu’il déballe son histoire.
Michael n’y alla pas par quatre chemins. Sans détours ni sentimentalismes, il entra en matière :
 
Ça fait quatre que je bosse pour eux. Bureau international de collaboration. Un pont entre nos deux mondes. Tu te doutes bien que c’est une organisation très secrète, mais qui travaille main dans la main avec les services du monde entier. La « Crise britannique » comme ils l’appellent, n’est pas pour les rassurer.  Voldemort est une menace d’envergure, pas seulement pour le Royaume-Uni, même si en bons insulaires, on voudrait croire que ce qui se passe entre nos quatre murs y demeure. Si ce fou parvient à ses fins, ce sera virulent et contagieux…des fanatiques, il y en a partout, suffit de leur donner à quoi se rallier et on aura droit à une espèce de guerre sainte…sauf qu’avec la magie comme arme…ce sera pas du joli à voir.
 
Justin écoutait, circonspect, sans trop saisir jusque-là, en quoi consistait son intervention.
 
Je vais revenir, mon vieux…tel quel. De Brent un jour, De Brent toujours, avec tout ce qu’implique l’être…et je dis tout !...Ne dis rien, je sais que cela te choque mais ce doit être fait…J’entrerai chez Voldemort par la grande porte, en tant que fils prodigue, repentant de ses fautes. Beaucoup ne vont pas aimer et je me ferai plus d’ennemis que j’en ai besoin, d’un côté comme de l’autre. Tu seras mon seul contact, au cas d’accepter, bien entendu…sinon, ce sera sans rancœurs, tu oublieras que cette conversation a eu lieu et s’il le faut…un jour tu me verras comme un de tes ennemis…
 
Il alluma une autre cigarette et attendit…
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Re: Bon appétit!

Message par Opal McLane le Ven Sep 27 2013, 17:43

Refaire le monde, le mettre à l’envers ! Question de nuances. Peu importait, en fait. Ça ne sortirait pas de ces quatre murs ! Et Miss Grisham pouvait faire la différence entre un oignon et une échalote ! Opal n’en revenait presque pas en la voyant hacher habilement, sans se zigouiller un doigt…
 
Dis donc…tu sais faire la cuisine aussi ?
 
Moi ? C’est ma grand-mère qui m’a tout appris, c’est elle qui m’a élevée…
 
Ah bon ? Et…tes parents ?
 
Non, j’étais trop différente, ils m’ont reniée… (soupir)
 
Opal ne pouvait pas le croire ! Des parents reniant leur enfant parce qu’elle n’était pas comme eux. La honte !
 
Quel truc minable…Suis désolée, oh oui…Chez moi, ça va autrement…On s’aime tous, sorciers, moldus , tous confondus…Famille patchwork, quoi…Papa et Jarod, moldus…Maman, Luke, Matt et moi…sorciers…Ouais, trois grands frères, la joie !

Nouveau soupir de la miss, qui semblait un peu plus abattue, si possible.

Autant de frères ? Mince ! J’ai toujours été seule et sans l’appui de Mamy Rose et de mes chats, je… j’ai rien, strictement rien ! Même plus où travailler maintenant…
 
Allez ! C’est pas la mort. La baraque a cramé, on rebâtira…T’as pas grillé dedans, c’est ce qui compte ! Tu peux trouver quelque chose en attendant…t’es multi-talent, à ce que je vois…Pleure pas, c’est pas si affreux que ça, je te dis…
 
Et de remplir à nouveau son verre en racontant à peu près n’importe quoi pour lui remonter le moral. Ça donnait des bons résultats et provoquait certains aveux…assez inattendus.
 
Je sais que je t’ai toisée de haut et m’en excuse. Tu me paraissais frivole, fêtarde, tout le contraire de moi…
 
Mince, Angel, on était des gamines…si on profite pas en vie, me vois mal en rôdant pas là comme Peeves pour m’amuser un peu…et toi, tu vivais le nez dans les livres…du pur gâchis…enfin…presque…
 
Je n’ai rien d’autre ou… presque… tu ne le diras à personne, hein ?
 
Dire quoi ?
 
Je fais partie de l’Ordre du Phénix… ben oui, j’ai une double vie, suis crevée et j’aimerais rentrer chez…
 
Wow ! Tu m’épates, dis donc ! T’es comme Zorro, une double vie…Angel, la justicière…Ok, tu veux rentrer, mais tu iras pas seule…pas dans cet état !...Non, pas de trasplanage, on peut se désartibuler…t’as pas entendu parler des taxis ?

Elle habitait un gentil quartier, tout ce qu’il y a de plus moldu. L’appartement était méticuleusement propre et ordonné, à l’image même de la locataire.  Deux beaux chats dodus leur firent la fête, Angel leur donna à manger pendant qu’Opal passait en revue les lieux. Impeccables, impossible autrement.
 
Café, alcool ?

Vais pas me gâcher la bonne humeur…alcool. Pas de souci, je suis une fille du bush, je tiens bien !...Mais, tu sais, là je pensais à une solution à tes problèmes immédiats…Écoute moi bien, tu diras après…Ça prendra du temps remettre l’officine sur pied et moi, j’ai besoin d’un administrateur…Oui, mon resto marche très bien mais je deviens folle…Justin a raison de dire que mon administration ne vaut que dalle…Tu sais aussi faire la cuisine, ça me fera un coup de main aux heures de pointe…Ça te plairait de venir travailler Chez McLane ?...Je crois qu’on peut faire une bonne équipe !

Ce que tu viens de faire pour moi, jamais je ne l’oublierai. J’accepte ta proposition. Travailler avec toi sera un honneur, tu ne le regretteras pas !  
 
Yeah ! C’est merveilleux, et de lui tomber dessus pour une accolade bruyante, c’est super…génial…et si en plus, tu veux être mon amie, ce sera encore mieux…Justin ? Mon amoureux ? Tu veux rire…je l’aime comme à un autre frère…On s’entend à merveille, il cuisine comme un dieu et c’est l’homme le plus adorable que je connaisse…Et toi ? Quelque amour, par là ?
 
Elles en étaient au même point.  Et en attendant, leur petite fête se poursuivit.  Réveil de bonne heure, le lendemain. Légère gueule de bois que Miss Grisham fit disparaître adroitement avec un sort de sa composition. Opal en remerciement  prépara un petit déjeuner qui finit de les remettre d’attaque.
 
Opal ne regretta pas un instant de compter avec la collaboration de l’ex Serdaigle.  Finies les angoisses dues à l’overbooking. Les réservations étaient très judicieusement administrées  de sorte qu’il était quand même possible de disposer de deux tables pour les intempestifs. Chez McLane était toujours plein à craquer, tant et si bien, qu’elle caressait l’idée d’acquérir la maison mitoyenne pour s’agrandir.
 
Je devrai demander à Justin, c’est mon conseiller-finances…Au fait, ça fait un bail qu’on ne le voit pas, celui-là…depuis le jour de l’incendie, en fait…Enfin…Tiens, le voilà, je t’en ai parlé l’autre jour…celui qui vient de s’installer à la 7…Strang, du Ministère…il y a eu du grabuge avec ce nom il y a un temps, te souviens pas ?...Un assassinat…, soupir à peine discret, il est à tomber, tu trouves pas ?...Si tu veux, tu peux aller prendre sa commande
 
 
 



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Re: Bon appétit!

Message par Angel Grisham le Ven Sep 27 2013, 20:24

Jamais Miss Grisham ne s’adonnait à la boisson. Là, circonstances aidant… Elle avait tout perdu en quelques heures ! Son officine pour laquelle elle payait des traites salées à Gringott’s était partie en fumée. Sans l’appui de sa grand-mère qui lui avait payé son petit appartement coquet, Angel aurait frisé la débâcle totale. Tout ça pourquoi ? Pour avoir plus ou moins retapé un mec tordu et avoir transmis un message…

 *De quoi se flinguer…*
 
Elle était au trente-sixième dessous quand un appui très inattendu survint avec la dernière à laquelle elle aurait pensé : Opal McLane.  

Elles cuisinèrent ensemble un repas délicieux puis l’Australienne voulut la raccompagner, ce qu’elle accepta. Curieux duo que celui-là. Bien évidemment, quand il fut question de collaboration, Angel n’avait d’autre solution que de sauter sur l’occasion d’autant qu’elle fut présentée de délicate façon :
 
… J’ai besoin d’un administrateur…Oui, mon resto marche très bien mais je deviens folle… Tu sais aussi faire la cuisine, ça me fera un coup de main aux heures de pointe… Ça te plairait de venir travailler Chez McLane ?...Je crois qu’on peut faire une bonne équipe !    
 
Adjugé, vendu !

Opal se révéla un chef exigeant auquel se plia Angel avec le sourire. Elle aima cette collaboration « forcée », faut pas croire. Coincée dans un uniforme de salle, rabaissée à une aide administrative ou de salle ou de cuisine alors qu’elle ne rêvait que d’indépendance, Angel n’était pas trop bien dans sa peau.

Angel gérait ses deux boulots au mieux, avec autant de vigueur que d’efficacité mais… Ne voilà-t-il pas qu’Opal pensait s’agrandir ?  Elle devait d’abord en référer à son Justin Davenport, dit conseiller financier sans plus, mais l’expédia vers un dénommé Strang qui débarquait :
 
… il y a eu du grabuge avec ce nom il y a un temps, te souviens pas ? *Vaguement*...Un assassinat…, il est à tomber, tu trouves pas ? *Bof*...Si tu veux, tu peux aller prendre sa commande…

Comme si elle avait le choix !
C’était une opportunité incroyable, ce job ! Opal était un peu tyrannique… Pas plus qu’elle vue sous un certain angle. Par fierté, Angel lui avait tu ses ennuis financiers et acceptait tout, absolument tous ses désirs. Après des heures de plonges, de cuisine et autres gestions – Ordre inclus – Angel était crevée. Elle ne fit aucun effort d’amabilité envers ce Strang si hautement estimé. Coincée, elle se présenta à la table et, plume prête, demanda sèche :
 
Que pouvons-nous pour votre service, votre grâce ? Avez-vous arrêté votre choix ? … Non, aucun souci, pourquoi ? … Je m’en excuse. Il n’était nullement dans mon intention de vous offenser, votre Seigneurie…

Eh merde, il prenait la mouche et voulait déserter. Quel drôle de type !

Dommage pour lui, Angel lui piqua la mouche, la moutarde lui montant au nez :
 
Rasseyez-vous !  Je sais que vous traversez des moments difficiles mais vous n’êtes pas le seul à souffrir ici ou ailleurs ! On vous a octroyé cette table par passe-droit alors si vous n’en voulez pas juste parce que mon attitude n’est pas conforme, allez vous faire fou…
 
Rappel à l’ordre de la patronne. Ne restait que tête basse et plates excuses à énoncer…  

Dans la cuisine ça chauffa ferme. Opal l’engueula comme elle le méritait et Angel s’y soumit non sans, ouvertement, saisir le goulot d’une bouteille de cognac dont elle s’enfila une rasade :
 
… Je ne supporte pas les imbus de soi ! La nuit dernière, j’ai dû faire front à trois Mangemorts qui voulaient s’en prendre à une famille moldue. Vire-moi, fais tout ce que tu veux. Je vendrai mon appart pour vivre, donnerai mes chats, serai à la rue mais Je défendrai toujours mes convictions !!!
 
Tiens ? Une accolade… Elle pleura…
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Re: Bon appétit!

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