À gaffe, gaffe et demie

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À gaffe, gaffe et demie

Message par Erik Nielsen le Ven Oct 04 2013, 12:59

L’actualité du monde sorcier n’était pas joyeuse. Erik faisait ce que l’on attendait de lui sans en rajouter. Il courait les infos du soir au matin sans jamais s’impliquer. Au fond de lui, il savait que quelque chose clochait. Pas marrant d’être en perpétuel conflit avec soi-même. Quelque part, la vérité se cachait mais se cachait très bien, trop bien.
Il avait trouvé un logement très banal sur le chemin de traverse, pas loin du bureau de la gazette qui l’employait. Sa logeuse ne pourrait qu’affirmer qu’il était un locataire exemplaire, propre et net, doux, paisible, régulier dans ses paiements, point final.
 
Ce jour-là, il entra au journal. Le directeur le repéra aussitôt :
 
Erik, viens !
 
Suivre, encore et toujours…
 
D’après les sondages, tes articles sont excellents mais, comment dire… les gens en ont un peu marre d’infos négatives.
 
Je n’y peux rien si la situation tourne mal et que des mangemorts…
 
Stop, mon garçon ! Tu dois arrêter de propager ce genre d’histoire.
 
MAIS C’EST LA VÉRITÉ !
 
Tu dois apprendre que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire ! Les gens ont besoin de… dérivatifs. Je t’ai trouvé un sujet… intéressant.
 
J’en ai un aussi, on dit que le ministre…
 
Cesse de fourrer ton nez de ce côté. Le sujet te plaira, toi qui as toujours faim.
 
Non, pitié, pas la rubrique culinaire…
 
Je t’ai obtenu une table pour ce soir chez McLane. Ce ne fut pas facile, crois-moi. Tu as carte blanche pour savoir ce qui s’y passe au juste, le pourquoi de tant d’emballement pour cet établissement… banal.
 
Ok…
 
Bah, il allait bouffer à l’œil, pour une fois, autant en profiter.
 
Oui, banal, ce l’était. La carte, par contre l’était moins. Rien qu’en consultant le menu fourni assez vite, Erik saliva :
 
*Autruche ? Gazelle ? Alligator...*
 
Et il y en avait des propositions !
 
Le service semblait assez débordé. Il y eut même une sorte de scandale entre une des serveuses et…
 
*Mince, un gars du ministère !*
 
Ses antennes déployées, Erik capta beaucoup mais pas tout.
 
*Tiens donc… Le duc de Gilmore dévoie une serveuse de resto…*
 
Très discrètement, il nota l’info, prit deux clichés de son mini appareil photo puis se régala comme jamais. Son sujet était parti avec la serveuse mais ses instructions étaient de goûter, alors il le fit.
Même avec le service chamboulé par le départ d’un membre du personnel, il n’eut à souffrir que d’un très léger retard. Il se délectait. Puisque sa fonction – et son appétit – l’exigeaient, il commanda quasi la carte entière des entrées, aux desserts. Hélas, ce ne fut pas sans attirer l’attention de la patronne elle-même…  
La mignonne – fallait admette – se pointa avec le pousse-café, un sourire mitigé aux lèvres.
 
*Merde, elle m’a dans le collimateur…*
 
Par déférence, il se leva quand elle s’assit sans lui en demander la permission et n’y alla pas par quatre chemins. Il fut sidéré d’un tel aplomb :
 
… Bien sûr que je peux honorer la note ! Je ne me permettrais jamais un tel abus !... Non, je ne suis pas un pique-assiette, voyons ! … Je… je veux une interview de… de suite !
 
Assez sèche, elle le conduisit dans son petit bureau privé, s’assit et le toisa de haut en bas. Il déglutit sous l’œil sévère :
 
Mademoiselle McLane, je… je n’ai pas l’habitude de ce genre d’investigation… non, pas détective mais employé à la gazette du sorcier. On m’a chargé de… Mais non, voyons ! Pas de vous descendre en flammes, quelle idée ! … LAISSEZ-MOI EN PLACER UNE !
 
Ouf, elle la boucla sans se départir de sa réserve. Lui, nerveux, marcha de long en large :
 
Tout d’abord, permettez-moi de vous dire que je n’ai jamais aussi  bien mangé de ma vie… Ne m’interrompez pas, merci. Oui, j’ai, excusez-moi encore, un appétit assez… inhabituel. Mon patron m’a envoyé à cause de ça. Il veut des infos fiables sur votre resto et… ben voilà, je suis là et je vous assure que la facture sera honorée et les éloges nombreux !  
 
Elle sembla mitigée, lui était sur un grill. Il trouva quand même le courage de sortir son carnet de notes et elle répondit calmement à ses questions sur son établissement. Date d’ouverture, nombres d’employés, moyens d’approvisionnement, tout y passa.
 
Très bien Miss McLane. Encore une question, s’il vous plait… J’ai vu Howard James Strang emmener une de vos employées. Vous fournissez également du passe-temps à vos riches clients ?
 
Oh, là, là ! Il aurait mieux fait de s’abstenir d’une telle insinuation douteuse…
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Re: À gaffe, gaffe et demie

Message par Opal McLane le Sam Oct 05 2013, 13:21

Et dire que la soirée  s’annonçait bien ! Pourquoi avait-elle eu la brillante idée d’envoyer Angel prendre la commande du duc ? Juste pour bien faire, parce qu’elle avait pensé que…
Ça avait foiré depuis le début ! Quelle mouche avait donc piqué Angel toujours si polie et correcte ? Une drôle de mouche en tout cas, parce que là…ça tournait à l’aigre ! Voilà que Miss Grisham s’y prenait comme un pied avec ce digne représentant de la noblesse et gros numéro au Ministère, pour mieux faire.
Opal vola à la rescousse, au temps de saisir les derniers mots de son amie…
 
On vous a octroyé cette table par passe-droit alors si vous n’en voulez pas juste parce que mon attitude n’est pas conforme, allez vous faire fou…
 
ANGEL !!!...Je vous en pris, Mr. Strang, excusez-nous…elle est dépassée !...Jem…prends la commande de Monsieur !
 
Et d’entraîner une miss Grisham écumante de rage à la cuisine.
 
Non mais, ça va plus ou quoi ? Ça te prend souvent de t’en prendre aux clients de la sorte ? Surtout à des clients comme celui-là…
 
Elle avait ses raisons, difficile autrement. Opal, écouta, le sourcil en accent circonflexe, énervée.
 
Je ne supporte pas les imbus de soi ! La nuit dernière, j’ai dû faire front à trois Mangemorts qui voulaient s’en prendre à une famille moldue. Vire-moi, fais tout ce que tu veux. Je vendrai mon appart pour vivre, donnerai mes chats, serai à la rue mais Je défendrai toujours mes convictions !!!
 
Coup au cœur. Elle aurait dû s’en rendre compte. Angel  était à bout de forces…de tout. Sage petite demoiselle, toujours si droite et rangée et voilà que sa vie partait en vadrouille, en fumée et elle, son amie, sa boss, s’avérait aveugle et sourde, en plus de pleine d’exigences. Elle avait pensé qu’ainsi, Angel pourrait se distraire de ses amertumes…mais non…au contraire, elle l’avait poussée à bout, en ignorant se véritables besoins.
 
Dis pas des conneries, Grisham…Te virer ? Tu es dingue…Viens là !
 
Une belle accolade, des bons sentiments de fon de cœur et…un applaudissement. À ça, elle ne s’y était pas attendue. Sa Grâce le Duc de Gilmore se tenait à l’embrasure de la porte.
 
*Non mais, celui-là…*

Excusez-moi de vous avoir suivies…suis curieux ! Je comprends que Miss... ?
 
Grisham, dit automatiquement Opal sans pouvoir quitter des yeux ce duc souriant, dont les yeux pétillaient de malice et bonne humeur.
 
Ok, miss Grisham a quelques problèmes et ne supporte pas les ducs…entre nous, moi non plus, j’en suis un bien malgré moi mais enfin…ça ne regarde pas.  Et non, je ne suis pas du tout conforme avec votre attitude, vous m’avez quand même envoyé me faire foutre…
 
*Ouais,  et tu vas tomber mort pour ça !*
 
Il était marrant, ce gars, il semblait très collet monté, mais elle aurait juré qu’il n’en était rien. Ses yeux ne mentaient pas : il se marrait. Tout y passa, jusqu’à une obscure menace de prison, après tout le mignon duc était Pair du Royaume, rien que ça… et Angel qui ne trouva mieux que lui envoyer une casserole à la tête, qu’il esquiva sans mal.
 
*Merde…on finira tous en taule !*
 
Angel tremblait de rage et l’autre avait l’air de beaucoup s’amuser.
 
Mais rassurez-vous, vais pas porter plainte…par contre, j’exige réparation…je n’aime pas manger seul…alors si Miss Grisham accepte de m’accompagner…j’oublie l’affaire, ok ?
 
*Il est complétement zinzin, celui-là …ou kamikaze…un peu des deux !*
 
NON MAIS VOUS ÊTES GIVRÉ ? Comment osez-vous penser que je vais m’installer gentiment avec vous et…
 
Avant qu’Angel ne dégaine sa baguette, elle l’avait retenue.
 
Calme toi, ma chérie, Mr. Strang ne veut qu’apaiser la situation…il a aussi mal réagi !, et pour si jamais décocha un coup d’œil  féroce au duc en question, c’est juste un geste de conciliation…allez, vas-y…je m’occupe de tout !

Sa Seigneurie en rajouta, plus charmant et correct, tu meurs. Angel obtempéra mais avait le même air stoïque qu’avait Marie Antoinette montant à l’échafaud.
 
*Bon sang, qu’est-ce qu’elle peut être coincée…Il a l’air si chou !*
 
Question d’opinion ! Ce qui se passa après, la prit de court et elle ne fut pas sûre d’avoir agi convenablement. Sa Grâce s’amena et demanda, très poliment et sans lui forcer la main, de permettre à Miss Grisham de l’accompagner. Il se portait garant de son honneur et sécurité. Et elle le crut. Il y avait quelque chose dans ses yeux bleus, qui ne démentaient aucune de ses paroles. Opal se tenait pour un bon juge de caractères.
 
Pour moi, pas de souci, dit-elle doucement, mais si Angel a un seul, un minime…un soupçon de plainte envers vous…duc ou pas, je vous fais la peau, ok ?
 
Il lui planta une bise sur la joue et s’en alla avec Angel. Opal soupira et se servit un peu de son Shiraz préféré.
 
*Drôle de duc, celui-là !*
 
Mais d’autres soucis lui firent rapidement oublier Angel et son duc.
 
Miss McLane…le client de la table 8, il n’arrête pas de commander !
 
Et quoi, c’est son droit, non ?
 
Venez voir, plutôt !
 
Elle suivit Jem.  Assis à la dite table se trouvait un jeune homme blond, mangeant avec délectation. Il était très mignon mais sa mise ne disait pas grand-chose, pas exactement le genre de client qu’on suppose pouvoir payer une addition plutôt salée, si on tenait compte de tout ce qu’il avait commandé et consumé jusque-là.  Il en était déjà au deuxième dessert.
 
Et il a bouffé ça tout seul ?, s’ahurit Opal en regardant la liste des commandes.
 
Tout seul et sans laisser une miette…j’ai jamais vu ça, Miss !
 
Je me charge de lui…passe-moi son dernier dessert, Jem…Gâteau au chocolat ?...Bon Dieu, c’est un tonneau sans fond, cet homme !

Gracieusement, elle avança vers la table 8 avec une portion, très appétissante, du gâteau au chocolat, préparé de ses blanches mains quelques heures auparavant. Le déposant face au client affamé, elle prit place face à lui, non sans remarquer qu’il se levait avec déférence.
 
*Bon, au moins, il a des bonnes manières !*
 
Mon cher monsieur, je ne suis ici que dans un seul et unique but…savoir si vous pouvez honorer la note de ce dîner pantagruélique ? Répondez !

Il sembla outré de sa question et assura qu’il pouvait très bien s’acquitter de sa dette.
 
Vraiment ? Excusez-moi de vous le dire mais là…ça se prête à suspicion…ne seriez vous pas…
 
Non, je ne suis pas un pique-assiette, voyons ! … Je… je veux une interview de… de suite !
 
Il en résultait que Monsieur  travaillait pour la Gazette du Sorcier.
 
Bravo, ce qui me manquait…Enfin, soit…suivez-moi à mon bureau, pas question de mettre la salle encore  plus en émoi !

Elle lui signala un fauteuil, face à son bureau encombré et le toisa d’un œil sans aménité.
 
Alors, vous êtes quoi ? La contrepartie masculine de Rita Skeeter, cette vielle bique poison langue fourchue ? Vous allez sans doute écrire votre petite rubrique et me descendre en flammes comme le pauvre Icare visant le soleil, c’est ça ?
 
Il se défendit avec vigueur et ne manquait pas de brio, au contraire.
 
LAISSEZ-MOI EN PLACER UNE !
 
Soupir. Elle eut un geste de la main l’invitant à poursuivre, alors qu’il se mettait à user son tapis de long en large. Un nerveux ! Avec beaucoup de prestance. Pas un homme du commun, malgré sa mise décente et propre mais qui ne parlait en rien de grande aisance de fortune.
 
Tout d’abord, permettez-moi de vous dire que je n’ai jamais aussi  bien mangé de ma vie !
 
Que c’est gentil de dire…
 
Il lui coupa la parole, sans plus et poursuivit son exposé, comme quoi il s’excusait presque d’avoir un appétit inhabituel…
 
*Ça tu peux le dire, mon gars !...tu manges plus que mes frères réunis…et c’est beaucoup dire !*

Mon patron m’a envoyé à cause de ça. Il veut des infos fiables sur votre resto et… ben voilà, je suis là et je vous assure que la facture sera honorée et les éloges nombreux !  

Je dois dire que cela résulte assez flatteur ! Enfin…que voulez-vous savoir ?
 
Et il faut dire qu’il en voulait savoir. Tout y passa.  Il voulut même savoir qui étaient ses fournisseurs.
 
Du produit frais, croyez moi. Ma famille en Australie y joue un rôle très important…

Et ceci, et cela…que si de l’Afrique du Sud , que si de la Russie, que si de partout où il le fallait…et puis la question :
 
Très bien Miss McLane. Encore une question, s’il vous plait… J’ai vu Howard James Strang emmener une de vos employées. Vous fournissez également du passe-temps à vos riches clients ?
 

Un instant de silence. Juste le temps de le rendre dense, pesant, inconfortable, insupportable. Elle se leva lentement de son siège, appuya les deux mains sur la table et le dévisagea, l’œil étincelant de rage mal contenue.
 
Je ne pense pas que vous aurez l’audace de répéter cette question, Mr…au fait, je ne sais même pas votre nom ?...ah, Nielsen…vous sortez d’où ?...De quel droit vous vous amenez ici et fouinez dans nos faits et gestes et vous permettrez de porter des jugements si…bas ?...Si immondes ? Vous êtes vraiment pire que Rita…Vous venez, mine de rien de me traiter de Célestine… Vous ne savez pas avec qui vous avez affaire, Mr. Nielsen…oh que non !...

Elle le foudroyait de son plus méchant regard, et Dieu sait qu’elle s’y prenait bien, mais il ne sembla pas extraordinairement affolé. Conscient de sa gaffe, oui, mais il n’y avait pas de crainte dans ses yeux d’un bleu si particulier. Pendant un instant, ils se mesurèrent en silence. Opal finit par prendre une longue inspiration en se laissant aller dans son siège.
 
Si vous ne jugez que par les simples apparences, ce ne sera qu’un vil ragot… et vous nuirez deux personnes que vous n’avez jamais rencontrées de votre vie. Ça vous plait ?...Vous n’avez pas l’air particulièrement borné ou idiot…suis sûre que vous pouvez faire mieux que colporter des histoires stupides…
 
En ce moment, entra Lainie, qui s’occupait de la caisse, en lui apportant l’addition de la table 8. Opal la prit et examina attentivement, avant d’émettre un nouveau soupir.
 
Vous me direz, monsieur, comment vous comptez régler cette addition…95 gallions, c’est quand même une somme peu négligeable…très peu négligeable ! Les avez-vous  en poche ?
 
Il assura, à peine un peu dépassé par ce montant vertigineux, ( pour un repas !), ne pas avoir la totalité en poche mais que…
 
Sorry, mais je crains que ce ne soit impossible d’agréer…, elle savoura son expression ahurie, vous savez ce que nous faisons avec les clients qui ne peuvent pas honorer leur note ?

Il devait s’en douter un peu mais pour si jamais, elle le convia à la suivre à la cuisine. Un énorme tas d’assiettes, casseroles, plats et autres, s’entassait près de l’évier.
 
C’est graisseux, ça colle, et il y en a beaucoup…quand vous aurez fini avec ça…vous pouvez commencer à nettoyer les surface de cuisson...et après…le reste, compris ?

Il la jaugea d’un regard mauvais à souhait mais ne se rebiffa pas, elle lui tendit un tablier et se chargea de sa veste .
 
Je serai dans mon bureau…Vous autres, c’en est fait pour le moment…allez-vous reposer, on se retrouve demain…aujourd’hui, c’est jeudi…pas de service le soir !...Mr. Nielsen faites-moi signe, ok ?
 
Il fulminait mais ça n’ ôta pas le sourire à Opal. S’il n’avait pas posé cette question odieuse elle aurait suivi le jeu et le directeur de la Gazette aurait payé l’addition, il le ferait, de toute façon, mais ce blond-là méritait sa leçon !
 
Pourquoi ne s’étonna t’elle pas quand une heure plus tard, il se présenta à son bureau, réclamant inspection ? Abandonnant sa liste d’approvisionnement, elle le suivit à la cuisine et dût, bien malgré elle, reconnaître, ne l’avoir jamais vue aussi étincelante.
 
WOW !...Ne dites rien…vous êtes un expert en sortilèges domestiques !...Par les dieux bienveillants de l’Uluru…vous devez me donner des cours ! C’est merveilleux…
 
Où qu’elle passât son doigt, il ne restait trace de graisse et cela embaumait le citron frais.
 
Ok, on ne peut pas dire que vous  ne savez pas faire le ménage…bien sûr pour une note aussi salée que la vôtre, il y avait de quoi avoir des doutes…ne vous en faites pas, j’ai reçu le montant total…Excusez-moi d’être si mégère, mais votre dernière question m’a viré le foie… venez, prenons quelque chose et racontez moi où vous avez si bien appris à astiquer !
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Re: À gaffe, gaffe et demie

Message par Erik Nielsen le Ven Oct 11 2013, 15:17

Des filles, des patrons, il en avait déjà mis en colère pour diverses raisons mais là… Il crut vraiment mourir sur place quand Opal McLane le foudroya du regard. Il ne savait pas au juste à quoi s’attendre mais était prêt à tout :
 
Je ne pense pas que vous aurez l’audace de répéter cette question, Mr…au fait, je ne sais même pas votre nom ?
 
Nielsen. Erik Nielsen, déglutit-il mal à l’aise.
 
Elle n’était vraiment pas de bonne composition et, malgré tout, était… charmante. Ses propos, moins.
 
Vous sortez d’où ?...De quel droit vous vous amenez ici et fouinez dans nos faits et gestes et vous permettrez de porter des jugements si…bas ?...Si immondes ? Vous êtes vraiment pire que Rita…Vous venez, mine de rien de me traiter de Célestine… Vous ne savez pas avec qui vous avez affaire, Mr. Nielsen…oh que non !...
 
Il n’était aucunement dans mes intentions de vous offenser, miss McLane mais vous avouerez que les circonstances méritaient suspicions, et que…
 
Si vous ne jugez que par les simples apparences, ce ne sera qu’un vil ragot… et vous nuirez deux personnes que vous n’avez jamais rencontrées de votre vie. Ça vous plait ?...Vous n’avez pas l’air particulièrement borné ou idiot…*Au moins ça…* suis sûre que vous pouvez faire mieux que colporter des histoires stupides…
 
Chose sûre, elle ne lisait pas ses rubriques de la Gazette. Il tenta de se défendre :
 
On m’a forcé la main. Je ne traite pas ce genre de sujet d’habitude…
 
Malheureusement une note ultra salée vint en rajouter. 95 gallions pour manger ? Son patron allait l’étriper ! Bien sûr, il n’avait pas une telle somme sur lui et ne put fournir que 50.
 
La Gazette règlera le reste, n’ayez craintes.  
 
Décidément, elle était très remontée à son encontre :
 
Vous savez ce que nous faisons avec les clients qui ne peuvent pas honorer leur note ?
 
*On les ligote et les jette à la Tamise ?...*
 
La punition ne fut pas si drastique. Miss McLane ne voulait qu’une cuisine nickel.  
En fait, il se marra beaucoup en effectuant ce boulot qui le changeait de ses habitudes de grouillot de service. Puisque la demoiselle n’avait pas interdit la magie, cela ne lui prit qu’une heure dont il profita amplement pour quelques vérifications des placards et des recoins. Ni rats, ni cafards, pas trop de déchets après un tel coup de feu du soir. Les produits étaient frais, jamais périmés. Il s’amusa réellement surtout quand vint l’heure de la vérification finale.
 
WOW !...Ne dites rien…vous êtes un expert en sortilèges domestiques !...Par les dieux bienveillants de l’Uluru…vous devez me donner des cours ! C’est merveilleux…
 
Elle semblait sincèrement épatée et tint même à poursuivre l’entretien :
 
Excusez-moi d’être si mégère, mais votre dernière question m’a viré le foie… venez, prenons quelque chose et racontez moi où vous avez si bien appris à astiquer !
 
Dans le fond, ses occasions de parler de franc à franc étaient très rares. Il accepta un café. Elle le lui servi ainsi qu’un digestif.
 
Je désire encore m’excuser Miss McLane pour cette insinuation dérangeante. Je ne fais qu’obéir à mon patron qui en avait marre de mes articles sur la politique… Oui, j’avais compris ça et vous avez raison, je ne suis pas un vrai journaliste… rien, je ne suis rien de particulier. J’ai, disons… mené une existence très décousue… Suédois en fuite et je n’ai jamais su pourquoi… la veille de mes onze ans… oui, à Poudlard. Le professeur Rogue m’a dit que j’étais Serpentard… Euh, non… ça ne représente rien pour moi.
 
Elle paraissait troublée, amadouée ? Intriguée, le plus sûr.
Il n’allait quand même pas lui raconter toute sa vie, surtout à cette heure. Il se leva :
 
Je dois encore écrire mon article puis, je serai probablement viré pour avoir tant consommé... Ce n’est pas un souci, c’est une habitude, ne vous en faites pas.  
 
Il s’inclina, et alla rejoindre son minuscule logis où il écrivit fiévreusement une grande part du reste de nuit.
Le lendemain, un article très élogieux vanta les mérites du restaurant d’Opal. Il y détaillait toute la carte des divers plats, y mêla les provenances et ses appréciations :
 
Lorsque vous entrez, vous êtes un peu déçu car le décor est loin d’être à la hauteur de ce qui vous attend une fois assis. Dès la première bouchée, vous oubliez tout le reste, etc. … Quant à la propriétaire, soyez assurés qu’elle connait son affaire. Mélange de virago et de femme du monde, c’est un bonheur de converser avec elle… etc.  
 
Il reçut son renvoi en haussant les épaules.  
 
Pas évident du tout. Sans autre source de revenu que ses petits intérêts bancaires, Erik devrait faire ceinture. Il ne voulait pas toucher à ses pécules de survie, ceux remis par la sœur et Rogue. N’empêche qu’il avait un loyer à payer. Comme d’habitude, il chercha du tout et du n’importe quoi aussi bien côté sorcier que moldu. Il errait bêtement au chemin de Traverse quand il vit un kiosque où une première page le frappa.
 
*Merde !*
 
Les photos ! Comment avait-il pu oublier de les effacer avant de rendre son appareil ? La gazette n’était pas, d’ordinaire, réputée pour propager des cancans mais là c’en était un, et c’était de sa faute !!  
Il s’en serait bien arraché les cheveux mais pour ce que ça servait…
Il connaissait tous les vrais journalistes de la gazette, Crowe qui signait l’article était, selon lui, un idiot notoire. Restait Hugo Vantrapp. Il se précipita à son ancien job. Ayant toujours eu de bonnes relations avec l’employée de l’accueil, il put plaider :
 
Hortense, de grâce, je dois voir immédiatement Hugo.
 
Qu’as-tu ? Tu viens d’être…

 
Viré oui mais ça n’empêche pas que la diffamation se diffuse. On s’est servi de mes photos à des fins contraires. Aide-moi, je t’en prie.
 
Elle lui céda le passage et il courut comme un fou chez Vantrapp :
 
Désolé de te déranger ainsi, faut rectifier un truc… Les photos de Strang et cette fille… oui, je les ai prises mais mises hors contexte ça peut être très dommageables. Tu sais comme moi que Crowe est un con fini.
 
Je peux plus rien faire ! C’est imprimé…
 
TU as accès aux rotatives, aux planches. Si tu les effaces, l’article disparaîtra.
 
Veux pas me faire virer, moi…
 
Hugo, tu me dois bien ça. Je ne t’emmerderai plus jamais après, mais fais disparaître ça !!
 
Pratique d’avoir des oreilles à rallonge dans tous les coins et de posséder des infos sensibles ! Hugo n’avait aucune envie que sa femme sache ses petits travers. Il obtempéra et il y eu un recadrage des articles.
Le plus probable était que certains avaient vu et lu, hélas. Il se devait d’aller parler à Miss McLane.
 
Qu’elle lui flanque la gazette en pleine gueule dès qu’elle l’aperçut ne l’étonna pas le moins du monde.
 
… Je ne suis pas responsable et si vous voulez bien regarder, l’article a été effacé.
 
Elle le fit. Lui, il tournait déjà les talons. Rappelé, il l’affronta, tête basse :
 
… je sais. J’ai juste rendu mon matériel quand on m’a viré… Ben si, je me doutais que c’était inévitable. Un job, un autre, c’est pas grave, bonne journée…
 
Elle lui fit une proposition…
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Re: À gaffe, gaffe et demie

Message par Opal McLane le Mer Oct 16 2013, 22:22

Quelle nuit infernale ! Opal ne put pas concilier correctement le sommeil, elle, qui d’habitude dormait comme un loir. Trop de choses lui tournaient dans la tête. Celle qui le tracassait le plus : Angel et son duc.
                    
*S’il lui est arrivé quelque chose… Je n’aurais jamais dû permettre ça…Ma pauvre Angel !...Je suis un monstre…une idiote finie…Qu’est-ce que j’en sais de ce Strang ?...Qu’il est mignon…et quoi ?...Depuis que ça donne quelque chose de bon, les beaux garçons… en plus, cet abruti de suédois…Ouais, à tomber aussi…Gare à toi, McLane…*

Elle était debout de très bonne heure, incapable de tenir sur place, Opal descendit au restaurant désert et faute de mieux, s’occupa à préparer des petits pains. La Gazette fut livrée ponctuellement et elle allait la remiser dans un coin quand un sursaut de curiosité l’emporta.
 
*Alors ça…cet imbécile n’a pas perdu son temps…L’odieux personnage…Mais franchement…*
 
Elle bouillait de colère en lisant l’article, avec photos à l’appui.  C’est vrai qu’Angel n’avait pas l’air ravi, ni Strang  celui d’un dragueur impénitent mais bien sûr, l’explication qui accompagnait les clichés laissait s’envoler l’imagination.
 
*Du n’importe quoi !*
 
Mais déjà porte d’entrée s’ouvrait, Opal baissa le journal et vit son amie Angel avancer vers son bureau. Fille de réflexes rapides, l’australienne eut juste le temps de fourrer la feuille de chou incriminante sous le livre de comptes et prendre un air concentré.
 
Bonjour, toi !, s’exclama t’elle, jouant les surprises, je me demandais justement comment ça c’était passée ta soirée avec Sa Seigneurie.

Miss Grisham avait l’air calme, pas de trace évidente de larmes et encore moins de sévices.
 
Il ne s’est rien passé de dérangeant !
 
Bien pour lui, sans ça j’aurais dû lui faire la peau, comme promis !
 
Hein ? Lui faire la peau ? Tu as vraiment dit ça ?
 
Ben oui, qu’est-ce que tu crois ? Fallait qu’’il sache que tu as qui te défende !
 
Angel sembla trouver son idée hilarante mais après avoir rigolé un bon coup, elle reprit son sérieux en assurant devoir rencontrer à nouveau Justin. De quoi lui mettre la puce à l’oreille.
  
Hein ? Qu’est-ce que tu lui veux, à ce brave gars ?...Je ne l’ai pas vu dernièrement…depuis que tu lui as filé le tuyau du mourant…Enfin ! Il sera occupé. Peux savoir pourquoi ?
 
C’est pour J.O.
 
J.O ? C’est qui…ou quoi ?
 
Ouais, Strang, si tu veux…
 
Wow !...Vous en êtes déjà aux petits noms ?...Que c’est mimi…le coup de foudre, en somme !
 
Rêve pas, c’est pas du tout mais alors pas du tout intime…
 
Il faudrait bien y croire. En tout cas, la miss avait fait une promesse, sans dire laquelle, mais avait besoin de Justin pour la tenir.
 
Ferai de mon mieux pour le joindre, mais que ce soit clair que c’est pas MON Auror…
 
Si tu t’en portes garante, ça me suffira… oui, c’est important. T’en fais pas, je bosse encore ici, sauf si…

Elle lui balança son tablier par-dessus la tête.
 
T’es pas mon employée, Grisham…t’es mon amie !...Au fait j’ai des petits pains tout prêts pour le petit déj…si tu t’occupes du café, je fais le reste…Vais envoyer un message à Justin…C’est urgent, je suppose ?
 
Cela l’était. Le message, via hibou fut en conséquence !
Après le petit déjeuner,  elle envoya Angel faire des emplettes du côté moldu et s’apprêtait à sortir quand l’objet de sa rancune osa pointer le nez à son bureau.
 
Non mais, vous ne manquez pas de toupet, vous !, et de lui balancer la Gazette à la figure, je devrais vous envoyer au moins un sortilège cuisant…Un bon Furunculus…
 
Le jeune homme  se défendit :
 
Je ne suis pas responsable et si vous voulez bien regarder, l’article a été effacé.
 
Il eut l’esprit de lui rendre la journal tout chiffonné, elle le parcourut rapidement, ne pouvant que lui donner raison mais il avait déjà tourné les talons et se dirigeait vers la sortie.
 
Hey ! Attendez un peu…Dites-moi ce qui s’est passé…
 
Élémentaire. On l’avait viré, sans doute l’addition salée avait-elle pas mal à voir avec ça, il avait rendu son matériel mais avait oublié d’effacer les photos, un autre, très dégourdi, avait sauté sur l’aubaine et publié l’article diffamatoire. Nielsen avait réussi à rectifier le tir mais se retrouvait tout de même à la porte.
 
Désolée de m’être laissée emporter… ça m’a fait tellement enrager…Angel est mon amie ! Mais ça me semble injuste que vous vous retrouviez à la rue…Ayant eu un aperçu de vos talents ménagers, je n’hésite pas à vous proposer un job comme  homme à tout faire…Je sais, c’est pas du grand-chose mais toujours mieux que rien…les temps sont durs, si on se serre pas les coudes, on est fichus…

Elle fut toute émue avec l’éclat de ces yeux si bleus et ce sourire à faire craquer le plus dur des cœurs.
 
Alors ?...C’est oui ?...Suis contente…Bienvenu à bord, Erik…Ici, on est comme une grande famille, mon prénom est Opal et à part être un tyran en jupes, je pense être assez juste…si un problème se présente, faut pas hésiter à me le dire, ok ?...Oh, pas de souci avec Angel…pense pas qu’elle ait eu le temps de lire le journal ce matin…Euh, pour le duc, s’il s’amène…on s’arrangera même si je suis sûre qu’il s’en fichera un peu…
 
Avant 10:00am, arriva la nouvelle que le chef assistant était malade et ne se présenterait pas pendant quelques jours. Toutes les tables étaient réservées.  Un sacré défi pour l’équipe réduite. Tout le monde s’y mit, pour le coup de main.
Elle transpirait en se démenait comme une dingue aux fourneaux quand une main secourable vint s’occuper d’une sauce qui menaçait de tourner. Ahurie, elle vit Erik Nielsen sauver la situation de main de maître. Trop occupée à survivre au coup de feu de midi, elle le laissa faire tout en hurlant des ordres à droite et à gauche.
Quand la dernière commande fut acheminée hors de la cuisine, elle se laissa tomber sur une chaise. Angel lui fit signe que tout allait parfaitement bien. Opal souffla, soulagée, remit un peu d’ordre dans sa chevelure ébouriffée et appela le nouveau.
 
Ça ne dérange pas si je te tutoie ?...Non ? Tant mieux…Chapeau ! Tu viens de perdre ton boulot comme plongeur-technicien de surface…fais pas cette tête. Tu fais vite carrière…un peu de vin ? C’est un Chardonnay de Yarrah, superbe…Assieds-toi…et raconte-moi où as-tu appris à faire la cuisine ?...Mais on, bon sang…suis-je bête…bien sûr que t’es pas renvoyé…tu viens de dégoter le poste de chef-assistant…Ça te dit ?
 
Tout en souriant, elle croisa les doigts…
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Re: À gaffe, gaffe et demie

Message par Erik Nielsen le Ven Oct 18 2013, 07:56

Mais qu’est-ce qu’il pouvait être idiot parfois ! Bon, d’accord, il avait des circonstances atténuantes pour sa bévue monumentale de rendre son matériel sans effacement.  Cependant, lui qui s’attendait à devoir s’enterrer dans un trou à rat, reçut un job inespéré :
 
… homme à tout faire…Je sais, c’est pas du grand-chose mais toujours mieux que rien…les temps sont durs, si on se serre pas les coudes, on est fichus…
 
Finalement ce dragon en jupons semblait une bonne personne.
 
Merci Opal, vous ne le regretterez pas !  

Pour turbiner, il turbina avec entrain. Ça ou autre chose, il en avait déjà tant fait dans sa vie !  Laver, récurer carreaux, assiettes, tables, carrelage, ne le dérangeait absolument pas. La petite Angel vint à la rescousse de la cuisine qui paraissait subir un coup de feu inattendu. Il lâcha son balai et se mêla d’une sauce en train de cramer.
 
*C’est de la folie ici…*
 
Miss McLane ne tolérait aucun manquement, aucun retard aux tables. Bien qu’elle le vît dans une tâche inadaptée à sa fonction, elle le laissa faire.
 
*Elle gère bien… mais faut pas exagérer ou tu vas te faire virer…*  
 
En fait, il adora relever ce défi, même si certains des assistants le regardèrent de travers. Il avait été aide dans un grand restaurant londonien où on l’avait viré juste par compression de personnel, donc il connaissait son truc.
 
Patrick, c’est pas assez cuit ! Anny, ça va cramer !  
 
Il n’y avait que Grisham pour effectuer un boulot parfait.
Ouf, dernier plat emporté. Patrick O’Bryan s’empara du balai qu’il lui tendit:
 
Astique, asticot !  
 
Ce rouquin l’avait mauvaise. Erik ne pipa mot et fit sa besogne première. Pas longtemps car voilà Miss McLane qui l’appelait.
 
*Vais encore être viré…*
 
Bingo !
 
Chapeau ! Tu viens de perdre ton boulot comme plongeur-technicien de surface…
 
Je… je suis désolé. J’ai tendance à me mêler de ce qui ne me regarde pas
 
Il s’apprêtait à dénouer son tablier quand elle le convia à s’asseoir et alla jusqu’à lui offrir une coupe de vin. Puis virent des paroles surprenantes :
 
… bien sûr que t’es pas renvoyé…tu viens de dégoter le poste de chef-assistant…Ça te dit ?
 
Il resta comme deux ronds de flan, pas trop certain de saisir la nuance, but une lampée avant d’émettre :
 
Si… Si c’est ce que je crois capter et que l’augmentation de salaire est en fonction… pourquoi pas ?  
 
Ils trinquèrent à cette nomination. Nielsen n’aimait pas beaucoup se confier mais là, dur de faire autrement.  
 
Je vous l’ai déjà dit, j’ai dû quitter la Suède sans vraie raison. J’ai appris à me débrouiller dans tout, partout… Aux cuisines du Savoy… oui, j’apprends vite… disons que je n’ai pas eu de bol jusqu’… jusqu’ici…  
 
Il vida son verre, sourit :
 
J’ai du boulot si on veut être paré tantôt !  Faudrait… peut-être l’annoncer aux… autres… (air contrit)
 
O’Bryan en tirait une gueule ! Anny pinçait les lèvres. Sans aucun doute, Erik venait de se faire deux ennemis.  Pas de sa faute s’il était plus vif et sérieux qu’eux !  
Il ne rata pas une première tentative de sabotage de la confection d’un canard sauvage.
 
Patrick, qu’est-ce que tu fous ! Pas de cayenne dans le soja !
 
Sa baguette rectifia le tir.  Anny, malgré son air endormi, était sournoise. Elle augmenta la température de certains fours de façon démente.  Angel n’en revint pas quand Erik péta un câble :
 
IL SUFFIT ! OÚ vous croyez-vous ? Vous êtes-là pour bosser, et BIEN bosser ! Que je ne vous y reprenne pas où des têtes tomberont !
 
C’est ça, le chouchou ira cafter à la mégère, ricana O’Bryan. On a vu comme tu lui as tapé dans l’œil…
 
Vous faites fausse route ! Faites votre travail et tout ira bien.  
 
Une soirée de folie de plus mais sans sabotage intentionnel, ouf.  
Par habitude, Erik rangea tout, nettoya et, vanné, dénoua son tablier. Opal, depuis la porte le considérait… bizarrement.
 
… projets ? J’ai envie d’aller me promener, puis rentrer et dodo…
 
Ils fermèrent ensemble.
Petite balade de nuit côté moldu. Un lac, un banc, la paix.  
 
…Oui, quelques petits détails à mettre au point… non, ça ira…
 
Elle savait tout de la petite algarade, et désirait connaître ses… rêves.
 
… Rien de précis. Je n’ai aucun diplôme à part mes ASPIC... Je… je n’ai jamais eu beaucoup le temps d’y réfléchir… Sais pas, j’ai le chic de me faire virer. Pourtant, si je le voulais je garderais mes places mais je n’aime pas mon don…
 
Il piqua du nez, se sentant lamentable tandis qu’elle l’interrogeait en douceur, certes :
 
… je… je peux persuader n’importe qui de faire n’importe quoi rien qu’en le regardant…  
 
Comme prévu, ces aveux braquèrent la jeune femme qui s’outra :
 
… mais non, je vous, te jure que non, ni sur toi ni sur O’Bryan, ni Anny, ni personne depuis longtemps ! Tu crois que j’en serais où j’en suis si c’était le cas ? … Bon… j’ai peut-être persuadé ma logeuse de me foutre la paix, le… boulanger de me filer une miche gratos mais rien d’autre, je le jure !... non, ce n’est pas marrant. La preuve : tu ne me crois pas. Si je le voulais, dans la seconde je te piquerais ton affaire et t’expédierais à la rue ! Mais je ne suis pas un profiteur, pas du tout, et…
 
Elle exigea une démonstration immédiate.
 
Que veux-tu que je fasse ?(ton misérable)


Un couple, non loin, se disputait. Ça bardait drôlement entre eux. Il reçut pour mission de les calmer.
 
Je vais le faire mais… et s’ils se détestent pour de bon ?
 
On verrait bien… Il s’approcha, sourire aux lèvres :
 
Je peux vous aider ?
 
L’instant suivant le couple s’enlaçait en se demandant pardon. Erik, sans joie, revint vers Opal :
 
Convaincue ? …    
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Re: À gaffe, gaffe et demie

Message par Opal McLane le Sam Nov 02 2013, 12:03

Si… Si c’est ce que je crois capter et que l’augmentation de salaire est en fonction… pourquoi pas ?  
 
Pas lent à la détente, le gars ! Opal sourit.
 
Bien sûr que ton salaire sera en conséquence.
 
Elle se leva et servit deux verres de vin, en mettant un face à son nouveau chef-assistant.
 
Je lève mon verre à une bonne entente et collaboration ! À ta santé, Erik !...mais maintenant, raconte moi un peu plus sur toi…ce que je sais est assez…euh... vague !
 
Il ne sembla pas ce qu’on pourrait dire emballé par l’idée d’avoir à se livrer mais la mine de la patronne ne lui laissa pas d’autre recours. Le sourcil levé en signe d’impatience était une arme efficace qu’Opal aimait bien employer parfois, ça donnait des bons résultats, généralement !
 
Je vous l’ai déjà dit, j’ai dû quitter la Suède sans vraie raison. J’ai appris à me débrouiller dans tout, partout…
 
Ce n’était certes pas la confession la plus détaillée qu’on puisse avoir mais, vraisemblablement, elle devrait s’en contenter.
 
Et…ce n’est pas la première fois que tu travailles en cuisine, je parie. Où ?
 
Aux cuisines du Savoy…

Wow ! Le Savoy, pas le dernier des trous…Bravo !
 
Il avoua apprendre vite, comme si elle ne l’avait pas remarqué, mais ne pas avoir eu de chance jusque là. Puis, sans plus de préambules, vida son verre et assura avoir du boulot s’ils voulaient être prêts pour el suivant coup de feu.
 
Faudrait… peut-être l’annoncer aux… autres…
 
Son petit air contrit résultait presque émouvant.
 
Ben oui, on va mettre tout le monde au courant. Viens…te fais de souci, si cela ne leur plaît pas…voiles et bon vent !

 
Elle ne rata pas les têtes tirées par O’Bryan et Anny. Cet avancement éclair du suédois n’était pas pour les ravir mais celui-là était le moindre de ses problèmes. Elle avait une affaire et la faisait très bien marcher, pour cela elle avait besoin de personnel compétent, et ces deux-là n’étaient pas précisément les plus dégourdis du monde.
 
J’entends que le travail se fasse en harmonie et bonne humeur, compris pour tout le monde !*Plus ronchons que ça, tu meurs !*
 
La nature humaine est compliquée ! L’envie, un vilain sentiment. Même en étant occupée à autre chose, Opal était toujours très attentive à ce qui se passait dans Sa cuisine. Patrick était un idiot et Anny, une intrigante. Que l’un veuille saboter une sauce et l’autre cramer les repas, ne l’étonna pas le moins du monde, on pouvait s’y attendre. Erik réagit au quart de tout, remit les pendules à l’heure même si cela ressembla à un pétage de câble en beauté :
 
IL SUFFIT ! OÙ vous croyez-vous ? Vous êtes-là pour bosser, et BIEN bosser ! Que je ne vous y reprenne pas où des têtes tomberont !
 
Drôle de bonhomme qui pouvait sembler timide, et ne l’était pas du tout. Elle décelait en lui une arrogance naturelle, une force de caractère doublée de noblesse. Ce n’étaient pas les traits communs à un fils du peuple d’extraction incertaine. Erik Nielsen était bien plus que cela, sa main à couper…sauf, bien sûr, qu’il n’en avait pas la moindre idée.
 
C’est ça, le chouchou ira cafter à la mégère, ricana O’Bryan. On a vu comme tu lui as tapé dans l’œil…
 
Nielsen démentit, hautain et poursuivit avec son boulot, comme si rien. Elle fit mander O’Bryan dans son bureau.
 
Tu voulais me voir, Opal.

Ça mien a tout l’air, oui. Assieds-toi et écoute-moi bien, Patrick O’Bryan, tu es là pour bien faire ton boulot, pas pour te comporter comme une commère de bas-étage ou un gosse idiot et envieux. Oui, je sais tout, et ce qui s’est passé tantôt à la cuisine n’est pas admissible.  Que ça passe pour cette fois, à la prochaine, je vous mets tous deux à la porte…toi et Anny, alors tu as intérêt à le lui dire !

Angel ne tarda pas à la rejoindre.
 
Ils me tapent sur les nerfs, mais enfin…Oui, il a du caractère et sait son affaire…Meuh, non, qu’est-ce que tu racontes ?...Euh, oui…pour mignon, il l’est…mais ça n’a rien à voir, se dépêcha t’elle d’ajouter.
 
Elles bavardèrent un moment encore puis se rendirent  à la cuisine. Chacun fit son boulot comme espéré et le service du soir se passa sans pépins.  Erik était le dernier à rester encore là, il avait tout remis en ordre et la cuisine était nickel. Presque sans s’en rendre compte, Opal resta sur le seuil, à le regarder, rêveuse.
 
*Fais pas l’idiote, McLane !*
 
Mais déjà elle trouvait en train de demander :
 
Des projets pour ce soir ? *Qu’est-ce que ça peut te faire, cloche !*
 
Projets ? J’ai envie d’aller me promener, puis rentrer et dodo…

Tiens, pareil que moi ! *MENTEUSE !*…Peux aller avec toi ?*T’es fichue, ma fille !*
 
C’était paisible, le parc, le soir. Ca rassérénait l’esprit après une journée à courir.
 
Alors, tu es content ? Tout va bien ?
 
Oui, quelques petits détails à mettre au point.
 
L’ambiance de travail, pas de problème ?  * 1er prix de subtilité, triple cloche !*
 
Non, ça ira.
 
Elle se passa la main dans les cheveux et soupira.
 
Tu sais, pas besoin de taire ça, je sais ce qui s’est passé en cuisine, ce midi. J’en ai touché deux mots à Patrick. Ils ne veulent que savoir à qui ils se mesurent, tu les as remis à leur place, ça ira…et sinon, on verra bien, petite pause inspirée pour regarder le bout de lune, dis…tu as d’autres projets ?...Genre rêves pour le futur ? Parce que tu ne me donnes pas trop le genre à vouloir rester cuistot toute ta vie. *Demande lui s’il pense se marier, combien d’enfants il veut avoir, tant que tu y es !*

Il demeura grave en disant :
 
Rien de précis. Je n’ai aucun diplôme à part mes ASPIC... Je… je n’ai jamais eu beaucoup le temps d’y réfléchir… Sais pas, j’ai le chic de me faire virer. Pourtant, si je le voulais je garderais mes places mais je n’aime pas mon don…
 
*TILT !*…Euh, un don ? Quelle classe de don ? J’en ai aucun…ça me rend curieuse…Tu veux en parler ?
 
Le pauvre ne semblait pas trop motivé d’en parler, de son don, mais le fit quand même.
 
Je… je peux persuader n’importe qui de faire n’importe quoi rien qu’en le regardant.
 
Pour un aveu, c’en était un de gros.
 
QUOI ?...Ça veut dire que…, elle venait de gronder quitte à se fâcher pour de bon.
  
Mais non, je vous, te jure que non, ni sur toi ni sur O’Bryan, ni Anny, ni personne depuis longtemps !
 
Et je vais te croire, comme ça…tout simplement !?
 
Tu crois que j’en serais où j’en suis si c’était le cas ?
 
Il fallait admettre que c’était une très bonne raison pour rester crédible. La suite valait la peine :
 
Bon… j’ai peut-être persuadé ma logeuse de me foutre la paix, le… boulanger de me filer une miche gratos mais rien d’autre, je le jure !
 
On arrive à ça, avec un beau sourire, un peu de charme…, elle ne put pas s’empêcher de rigoler en douce, ce qu’il n’agréa pas du tout. En fait, il sembla vexé.
 
Non, ce n’est pas marrant. La preuve : tu ne me crois pas. Si je le voulais, dans la seconde je te piquerais ton affaire et t’expédierais à la rue ! Mais je ne suis pas un profiteur, pas du tout, et…

Suis pas du genre crédule…donc me faut une preuve…Tiens ! Regarde ces deux-là, elle signala un couple en plein crêpage de chignon non loin d’eux. 

Que veux-tu que je fasse ?(ton misérable)
 
Allez, t’es plus malin que ça…tu vas et les calmes...si ça marche, je te croirai tout ! Allez…bouge-toi !

Je vais le faire mais… et s’ils se détestent pour de bon ?

Sais pas, c’est toi qui vois !
 
Que fit-il ? Que dit-il ? Elle ne fut pas pour le savoir à la distance mais le fait fut que deux minutes plus tard : réconciliation éclatante.  Il revenait, la tête basse. Elle battit des mains, ravie comme une gamine.
 
Wow ! Suis soufflée…Je te crois…Oh, oui, je te crois mais gare à toi si tu me fais un truc pareil…j’ai pas de don spécial mais t’assure que sais m’y prendre pour remettre les gens à leur place…Fais pas cette tête, tu vas me faire pleurer !...Me regarde pas comme ça !

Elle se sauva, en riant, il la suivit…il riait aussi.
 
Ce fut le début d’une très fructifère association. Erik voyait clair partout. Que ce soit en cuisine, comptabilité, il se prenait comme un dieu pour faire les courses, s’entendait avec les fournisseurs, Angel l’aimait bien et les autres marchaient droit. Et Opal…soupirait !
 
L’apparition de Justin interrompit la révision des livres. Le brave Auror semblait tout chose, devinant une crise sentimentale, elle demanda à Erik d’aller veiller que tout marche à la cuisine. Discret, il disparut.

Désolé de te déranger à cette heure, suis dans une impasse… j’ai reçu ça !
 
Une invitation ! Hum, Senses, j’ai entendu dire qu’on se les arrache, ces cartons…Ta vélane ?... Ben, si je lis bien, elle tient à te voir…elle veut sans doute parler avec toi, mettre les choses au clair…
 
Je ne suis pas un toutou que l’on siffle à son gré !... Bien sûr que je veux la revoir mais pas question qu’elle m’embobine encore !
 
*Pauvre chéri…veut pas qu’on l’embobine…il s’embobine bien tout seul !*…Écoute, Justin, si tu crains, et c’est ton juste droit, qu’elle se serve de ses pouvoirs pour te rendre dingue…ben, il y a un moyen : Angel !
 
Ah…
 
Oui, ah !...Elle est potionniste…tu veux contrecarrer l’influence vélane…ben, te faut la bonne potion.
 
Ainsi fut fait et Mr. Davenport s’en alla tout content de la trouvaille.
 
Elle ne sut rien des résultats de cet entretien si craint que jusqu’à quelques jours plus tard, quand l’auror se ramena, plus penaud et nerveux, impossible.
 
Coucou, ma belle ! Ce soir, c’est relâche…
 
Ça va vraiment plus chez toi ? Elle t’a pourri le cerveau, la potion d’Angel !
 
Il exposa ses raisons et il faut dire qu’elles faisaient le poids. Elle l’aimait comme à un frère et était prête à tout pour l’aider. Cet homme adorable, son cœur d’artichaut et les femmes, pour ne pas parler de ses autres problèmes, méritaient toute son attention et dévotion.
 
Erik, ce soir…tu ne fais pas la cuisine, tu te fais beau *Encore plus ?* On sort chez la concurrence !

Si cette requête le surprit, il n’en fit pas état.  Il ne la déçut pas quand, à l’heure dite, il fut sur le seuil de son bureau. Si en cuistot il était à tomber, en costard, il était renversant. Elle se garda de tout commentaire et fila face au miroir. Fallait être à la hauteur !
Quelle expérience ! Elle n’avait jamais vécu Justin si nerveux.  Mais elle comprit absolument tout en voyant l’ange blond qui prenait place à leur table, avec un sourire céleste et une naturalité parfaite.
 
*Cette fois…c’est la bonne !*
 
Il suffit de suivre la conversation, les regards, l’intonation de leurs voix. Ça marchait à fond de train ! Des petits coups de pied discrets remettaient la chose dans le sens voulu. D’un autre côté, elle devait s’occuper d’Erik qui devenait trop évident comme enquêteur. Elle le savait investi avec son restaurant mais il ne fallait pas exagérer. Elle ne le trouva pas moins adorable pour autant.
Quelle soirée inoubliable, à la fin de laquelle, Sam les avait tous conquis…Justin le tout premier !
 
*Tu as ma bénédiction, vieux frère…tu la laisses aller et je te tape dessus !*
 
Il suffit d’un clin d’œil et d’un pouce discret, il avait pigé 5/5.
 
On va danser, Erik ?
 
L’idée d’aller en boîte avait été de l’improvisation mais apparemment, ça avait valu le coup. Justin et sa blonde s’évaporèrent à moment donné. Ils ne remarquèrent rien. À part le don extraordinaire qu’il possédait, Erik dansait merveilleusement bien.
 
Tu as aussi appris ça… chemin faisant ?
 
C’était tout bête, ses jambes étaient en coton…
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Re: À gaffe, gaffe et demie

Message par Erik Nielsen le Sam Nov 02 2013, 13:21

Posséder des dons particuliers aurait enchanté plus d’un. Pas Erik Nielsen. Il ignorait d’où ça lui tombait mais se doutait qu’il s’agissait d’une sorte d’héritage génétique embrouillé.  Peu importait ! Il n’en n’usait qu’en cas d’extrême nécessité, sans jamais abuser. Pourquoi osa-t-il en parler à sa patronne ? Sans doute parce ce qu’elle lui faisait plus d’effet qu’il ne voulait le reconnaître et désirait la sincérité ? Allez savoir ? Il crut vraiment être viré une fois de plus après sa petite… démonstration. Mais non ! Elle paraissait ravie.  Puisque tout baignait, il la raccompagna en tout bien tout honneur puis rejoignit sagement son petit logement miteux.
Les jours suivants, il gagna encore du galon. Il voulait décharger Opal du plus possible. La comptabilité, il connaissait très bien, depuis le temps ! Les fournisseurs ? Pas question que l’un d’eux tente une entourloupe, il leur en aurait cuit et pas qu’un peu.
Bien sûr, il n’était qu’un membre du personnel, toujours discret dans ses actes exécutés à la perfection.  Contrairement aux autres, il pouvait se gratifier d’avoir fréquemment l’oreille de Miss McLane quand il était question boutique.  Il aimait beaucoup rester tard avec elle que ce soit pour réviser des comptes, ou essayer de nouvelles recettes. Évidemment, quand il s’agissait d’affaires privée, avec Justin Davenport entre autre, Opal n’hésitait pas à le réexpédier à sa place.  Il n’allait pas s’en plaindre puisqu’il la gardait celle-la !
 
Puis un jour, elle entra en cuisine :

Erik, ce soir… tu te fais pas la cuisine, tu te fais beau On sort chez la concurrence !             
 

Comme tu veux…
 
Dieu qu’il était malheureux ! Flatté, mais malheureux quand même. Il donna ses instructions pour que la boutique tourne rond puis partit en chasse. Est-ce que l’achat d’un costume chic grèverait son budget ?
 
*Trois mois de salaire au moins… manger les restes en cuisine… retard de loyer… Oh, misère ! *
 
Et puis qu’y connaissait-il en costume et chaussures sinon que des visions externes ? Certes, il aurait pu entrer chez Harrods, convaincre « gentiment » le gérant de lui filer tous les trucs voulus mais… À fierté fierté et demie.
Trouver l’adresse de Davenport, y faire un saut, ne requit pas de beaucoup d’énergie ni de subtilité. Le propriétaire vint lui-même ouvrir la porte. Ça facilitait les choses. Erik n’y alla pas par quatre chemins :
 
Mr. Davenport, Opal désire que je vous accompagne ce soir au « fameux » restaurant mais, je… ( il haussa les épaules, baissa la tête) je n’ai rien de convenable à me mettre sur le dos...
 
La première chose que reçut Nielsen sur le dos fut une grande claque d’accueil.  Ensuite transplanage chez le tailleur personnel de Justin qui fut aux petits soins pour le protégé de ce client d’exception.  L’urgence de la commande créa une ombre vite effacée magiquement.  
Erik dévisagea bizarrement l’inconnu en pingouin qui se reflétait dans le miroir.  
 

… Adorer ? Tu… Vous croyez ? Opal n’est pas particulièrement grandes manières, et… Ah... coiffeur ? Ok, m’en charge ! Merci Justin. Je peux vous appeler Justin maintenant ? Je rembourserai * Même si ça me prend 5 ans*
 
À l’heure dite, il vint quérir sa belle, se sentant comme cendrillon le soir de son bal sauf que son prince était une princesse, la plus adorable qui soit…
 
*Rêve pas ! *  
 
Il s’était interrogé sur les vraies motivations de la Miss à l’inviter lui plutôt qu’un autre et ses conclusions avaient aboutis à une seule, une unique raison :
 
*Elle veut que je dépiste les secrets culinaires de ce resto !*
 
Alors il s’appliqua à tester. Sans se rendre compte de l’environnement, des semi-troubles entre la blonde et Justin, oubliant presque Opal, il goûta, enregistra les mélanges et arômes subtils.  
Puis Miss Forrester les invita en cuisine :
 
*Chic ! En direct, c’est encore mieux !*  
 
Il surveilla, épia, goûta. Pas à dire, il y avait  des idées à glaner là ! Mettre la main à la pâte pour un coup de main impromptu ? Pourquoi pas ?
Veste tombée (ouf) tablier, et on s’y mit. Justin était une autre sorte de tyran en cuisine mais… il avait souvent raison.  Détente autour d’une coupe de champagne offerte en remerciement par la belle blonde.  
 
On va danser, Erik ?
 
J’ai… j’ai rien contre. Et… vous ?  
 
Là, il lui sembla enfin remarquer quelque chose entre Davenport et Forrester. Entente tacite, plus ?  Pas ses oignons.
Gauche au début, Erik ne tarda pas à saisir les rythmes et s’y adonner. Ce qui lui valut :
 

Tu as aussi appris ça… chemin faisant ?
 
Euh… moi ? Juste maintenant, pourquoi ?  

 
Elle était si belle avec ces effets de lumières qui brillaient dans ses yeux rieurs.  La sentir si proche accéléra les battements de son cœur.
 

*Gâche pas tout, nouille !*  
 
Résister ? Impossible ! Mais il ne pouvait pas la regarder ou alors elle croirait qu’il la forçait. Il ferma les yeux, avança les lèvres et… rata les siennes. Son nez les reçut. Elle rit.
 
O… Opaline, je… je suis un idiot… sourit-il béat.
 
Tu peux le dire, mon pote !
 
Voix d’ours, patte d’ours par l’arrière du col. Quasi étranglé, il fut traîné dehors tandis qu’une Opal furibonde suivait.  Son beau costar subit un mauvais traitement d’être flanqué ainsi sur le bitume tandis que s’affrontaient Opal et un dénommé Matt.
Il voulut se redresser. L’index pointé par l’ours tenta de l’en dissuada :
 
Couché !  
 
Non mais eh ! Pour qui vous prenez-vous ?  
 
C’est ma petite sœur, patate ! Elle a pas besoin de péquenaud dans ton genre !  
 
Depuis longtemps Erik savait posséder une colère rentrée. Il l’avait toujours contrôlée. Là, ça rejaillissait en force.
 
*Pas devant Opal. Pas contre son frère !*  
 
Il dut passer par divers stades de visages étranges. Les autres le regardaient… bizarrement. Il inspira, expira, reprit le contrôle et aborda froidement la situation :
 
Mr.McLane, je vous demande humblement de me laisser courtiser votre sœur. Je… je serai très honoré et respectueux, je vous le promets.  
 
Pourquoi tu ne me le dis pas droit dans les yeux, petit con ?  
 
Parce que je ne veux pas vous influencer ! Opal, explique-lui, tu veux ?  
 
Elle prit Matt à part, le laissant récupérer tout à fait.  Les tremblements avaient cessé, mais il se sentait lavette.  
Renvoyé rassuré ? En tout cas le Matt disparut de l’horizon.  
Elle vint vers lui, penaude( ?) Il trouva la force de rigoler :
 
… Je ne retire rien de ce que je lui ai dit. Opaline, toi et moi… il y a quelque chose, non ?
 
Il y avait. Ce baiser-là ne fut pas raté.  
 
Jours heureux ? Oh oui !  Pour se faire pardonner, agréer, Erik aurait fait n’importe quoi.  Il mentit… un peu. Prétendant renter, il revenait en douce aux cuisines où il mettait au point d’autres plats.  Ce serait une surprise !  Parfois une pause, une détente avec elle dont il bénissait la présence chaque minute partagée.  Jamais un geste déplacé, une caresse de trop, il pensait gérer jusqu’à ce qu’elle soit prête à lui accorder le paradis.  
Ils ne furent pas sans rater les événements du faux G8. Mais puisque les affaires tournaient, pourquoi s’en soucier ?  
Heureux ? Aucun doute. Erik se sentait bien pour la première fois depuis longtemps. Il voulait être digne d’elle.  Maintenant, Opal représentait son but, son univers. Pour cela, il fallait encore travailler davantage.  
Un beau dimanche, Après une courte balade en barque sur un lac, ils buvaient un café, doigts enlacés :
 

Je… mon Opaline, je t’aime, tu le sais… Non, non ! Tout va parfaitement bien sauf que je… je suis ton employé et c’est pas… assez correct pour ta famille... Je sais que tu t’en fiches mais pas moi !... Partir ? Ah non alors ! Je… j’ai entrepris des études… On trouve le temps où il est (rire)
 
Elle voulait tout savoir non sans le traiter de fichu cachotier.  
 
Si je voulais te le cacher, je ne serais pas en train d’en parler.  Je fais du droit et de la médecine... Ben oui, les deux, et alors ? … Non, bien sûr que non ! Je ne trouve pas que tenir un resto n’est pas reluisant, c’est pas ça ! Je veux que tu sois fière de moi vis-à-vis de ta parenté… Gagner honnêtement ma croûte sans dépendre de… ma… future épouse.
 
C’était dit et… pas mal perçu.  
 
Elle était formidable, lui octroyait même des pauses d’exception. Puis vint ce jour funeste où il reçut une lettre de Suède.  
 
« Mon cher fils… »
 
Il ne pouvait pas lire ça, pas seul. Il tambourina chez Opal qui le fit entrer sans poser de question vu sa tête de déterré…      
Elle le poussa dans un divan, lui fourra un verre en main. Il le but d’un trait.
 
J’ai… j’ai reçu ça…  Je n’arrive pas…
 
En douceur, elle lui prit la missive qu’elle déplia lentement.
 
Attends, dit-il. Tu n’as pas à la lire. On… On va l’entendre… à deux, tu veux bien ?

 
Un autre verre fort, un sort. La lettre parla. Dès la voix émise, il sut qui s’adressait à lui :
 
Mon cher fils ! Je suis navrée de t’avoir imposé ça pendant tant et tant d’années. Si tu lis ou entends ces mots c’est que mon heure est enfin venue et Dieu sait combien je l’ai attendue.  Je ne me suis pas toujours appelée sœur Tempérance de l’enfant Jésus. Mon vrai nom est Clothilde Akerfeldt, sorcière de sang pur qui n’a jamais adopté le côté noir. J’ai fauté, une seule fois. Tu es né. Demetrius m’a menti et abandonnée. J’ai caché ma honte dans un couvent, seule rédemption possible à mes yeux. J’ai veillé sur toi autant que j’ai pu. Severus Rogue, un très grand ami, a tout su et, quand je t’ai expédié dans ton autre patrie, je me doutais qu’il veillerait aussi. J’ai légué une grande part de ma fortune à la congrégation qui m’a soutenue ces années de douleurs. Le reste te revient de droit ! Fais-en bon usage. Celle qui aurait voulu être une mère : Clothilde.

 
 S’ajoutaient une clé et un code de Gringotts.
 
Erik pleurait, Opal aussi.  
Troisième verre. Il tituba vers la porte :  
 
Vais marcher…  
 
 Que nenni ! Elle le borda sur le divan.
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Erik Nielsen

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