Les joies du retour...

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Les joies du retour...

Message par Erik Nielsen le Sam Déc 21 2013, 09:41

Rentrés ! Ils étaient enfin rentrés ! C’était presque trop beau pour être vrai. Pourtant, la pièce où la machine bizarre les conduisit était bien celle quittée auparavant.
Une folle liesse générale régna devant cette réussite magistrale à laquelle plusieurs, dont Erik, n’osait plus trop croire au vécu des aventures antérieures. On s’étreignit de toute part, se congratula, fit des plans ouverts ou… secrets. Fêter ça ? Ah oui, alors ! Les filles se lancèrent dans des préparatifs animés tandis que les messieurs ouvraient les bouteilles en riant. Le festin fut presque égal à l’un de ceux reçus là-bas, près des dunes croulant d’un soleil déjà lointain. Si pas de vaisselle en or, ni de musique locale, les mets concoctés par les cuisinières rivalisaient à hauteur des raffinements connus.     
 
Manque que des danseuses orientales ! rigola Nielsen qui se prit aussitôt une pincette dans le bras.
 
Tous les gars se marrèrent des mines des demoiselles soi-disant furibondes. Mais même la menace de foudre ou d’oubliette vindicatifs ne gâcha pas l’excellente ambiance du repas.  Vin aidant à faire pleurer de rire les convives, ils se remémorèrent certains épisodes, chacun y allant de ses commentaires :
 
… moi, frangin, c’est ta tête de déterré que je n’oublierai jamais. Tu aurais dû la voir, Alix !... ah ? Tu l’as vue ? Alors tu sais, comme on le sait tous que… Aïe ! Qu’est-ce que j’ai encore fait, Opaline ?
 
Oui, l’excès de boisson entraînait parfois Erik à des révélations malvenues. Que lui importait ? Il se sentait des ailes, prêt à tout pour un sourire de son élue.  
On bâfra jusqu’à une heure très avancée. Point de fatigue mais beaucoup aspiraient à goûter enfin un peu d’intimité après s’être fréquenté quotidiennement des jours durant.  Angel et son duc, sages parmi les sages, rompirent les rangs en premier, bientôt suivis par Sam et Justin.
Malgré les discrètes poussettes de Miss McLane, Erik ne parvenait pas à vider les lieux.
 
Mais attends deux minutes ma chérie, s’énerva-t-il un brin. J’veux savoir un truc d’abord.
 
Sans doute effrayée par ce que son éméché de compagnon allait sortir, Opal réagit en le tançant, ce dont il se moqua gentiment :
 
… Sais pas pour qui tu me prends mais j’veux juste savoir quand on est, là, à cet instant précis.
 
 Michael lui montra le petit calendrier qui indiquait la même date que celle de leur départ, soit quelques jours après le décès de Voldemort.
Le contemplant, Erik demeura sceptique :
 
Qu’il n’ait pas bougé ne signifie pas que l’on soit le même jour, à quelques minutes près. Des mois pourraient s’être écoulés mais…
 
Les arguments d’Opal ne manquaient pas de poids. L’absence de poussière et toiles d’araignée tendait à prouver qu’effectivement…
Rasséréné, Nielsen consentit à laisser son demi-frère avec celle pour laquelle ils avaient remonté temps et espace, celle qu’il n’aimait pas.  
Main dans la main avec son Australienne favorite, au cœur des bois traversés sous la lune, Erik exprima les raisons de ses doutes :
 
… Imagine nos têtes si on rentrait 20 ans plus tard ou 20 ans plus tôt que partis ! … non, suis pas si ivre que cela ma douce et rien, rien au monde ne me fera oublier à quel point tu fus merveilleuse pendant ce périple dans le passé...
 
Arrêtant leur marche, elle voulut savoir s’il avait des regrets, ce qu’il avait le plus apprécié ou détesté :
 
Euh… J’l’ai dit, je regrette les danseuses orientales ( rire blagueur) mais ( sérieux) j’ai surtout aimé ton pardon de mes frasques obligées, ton soutien envers Michael et… nos nuits en commun *Même si trop sages !*
 
Rien n’aurait pu l’empêcher d’enfin embrasser enfin sa belle comme elle le méritait. La tête lui tourna bien un peu après ces échanges, cependant il savait ne pas devoir abuser des bonnes dispositions de son Opaline. Il coupa court :
 
Transplanage ? Portoloin ? Je te ramène chez toi et je rentre chez ma logeuse, ok ?
 
Elle voulut d’abord se vêtir plus décemment. On n’était pas à carnaval, les costumes orientaux seraient inconvenants.
Long baiser sur le seuil, promesse d’être aux fourneaux le lendemain, Erik regagna sa piaule qui, à sa désagréable surprise, ne s’ouvrit pas. Il ne voulait pas faire de foin, ni déranger personne, pas à cette heure indue.  Rasant les murs, il se dirigea vers le chaudron baveur où un inconnu – sans doute un nouvel employé – lui fournit une clé de chambre pour la nuit.  Après tout, il n’avait besoin que d’un lit, le confort importait peu. Il s’écroula et s’endormit le sourire aux lèvres.  
 
 … Oui, j’ai confiance en toi…Oui, je sais que tu es le type le plus honorable des deux hémisphères…  je t’aime, Erik…
 
Tantôt Opal dansait, tantôt elle cuisinait à moins qu’elle ne l’embrasse. En tout cas elle hanta ses rêves jusqu’à ce qu’ils se brisent par des secousses répétitives.
 
… la paix, grogna-t-il. C’est pas l’heure…
 
Mais les paroles perçues le forcèrent à lever des paupières lourdes sur l’intervenant ou plutôt… l’intervenante.  
 
Opaline ? Je rêvais de toi, justement ! C’est magique ça, non ? T’as pas pu résister, hein ? Vas-y, installe-toi.
 
Zut, elle n’était pas là pour ça.  Sous la lueur chancelante de la chandelle, elle lui parut nerveuse, désemparée. Son débit aussi était étrange :
 
… ben moi non plus, je n’ai pas pu entrer chez moi, et alors ?... Tu te fais de la bile pour rien, je t’assure. Suis content que tu m’aies trouvé, en tout cas.
 
Ne l’ayant pas débusqué à son domicile, son patronus appelé lui avait alors indiqué sa position. Tout était bien, ils s’endormirent enlacés, comme… là-bas.
 
Auréa ! Erik en rêva encore, revoyant la fin hallucinante et inattendue par les révélations du grand vizir devant une assistance médusée. La fuite en balai, la caverne où siégeait la machine sous l’égide du Djinn à qui ils avaient fait des adieux émouvants avant de s’évaporer.
 
De bien douces baffes le tirèrent des limbes. Au moins ça, il ne l’avait pas rêvé : Opaline était encore là. Un peu cernée de fatigue, elle souriait pourtant en lui indiquant un plateau aux arômes alléchants.
 
Bien le bonjour ma douce ! Ce café est affreusement tentant mais, avant, je souhaite mon baiser matinal.
 
Hop, il lui saisit le poignet et la plaqua contre lui sur la couche. Hélas, la belle était contrariée et le jeune homme ne reçut qu’un maigre lot de consolation. Soupirant, il se gratta le crâne légèrement douloureux suite aux libations de la veille :
 
… répète, suis un peu dans le brouillard.  
 
Selon ses dires, quelque chose d’anormal se produisait. Descendue chercher le petit-déjeuner, elle avait un peu discuté avec celui pris au départ pour un employé. Or, il s’avéra qu’il était le patron du chaudron baveur depuis plus de dix ans et que jamais ce O’Maley n’avait entendu parler de Tom, le patron qu’eux connaissaient.
 
… t’en fais pas ! C’est sûrement une blague, il veut se faire mousser. Dis-moi plutôt ce que tu comptes faire de cette belle journée ?  
 
Tout Opal, ça ! Aller bosser, quoi d’autre ?  
 
Ok, soupira-t-il, on va passer voir si on rengage du personnel mais je pense qu’il nous faudrait un peu de détente ensuite. Tu ne veux pas voir tes parents ?... bien sûr que je veux les rencontrer, voyons ! J’ai une demande à leur faire figure-toi !
 
Ils riaient encore en se promenant dans le chemin de traverse.  
La balade fut agréable, beaucoup plus que peu de temps avant. Maintenant que l’ordre était rétabli, les allées grouillaient d’une populace avenante, souriante. Beaux atours, amabilités partout. Les commerces refleurissaient et les affaitent reprenaient allègrement.
 
On a du mal à croire à l’ambiance d’avant notre départ, hein ? sourit Erik qui ne lâchait pas la main de sa belle.
 
Néanmoins, quelque chose d’indéfinissable régnait malgré que tout paraisse naturel. Passé le fabriquant de chaudrons, ils ne purent ignorer la foule amassée devant la boutique des accessoires de Quidditch.  
 
Ils doivent se presser pour connaître la sélection nationale en vue de la prochaine coupe, souffla le Suédois à son compagne qu’il savait peu au fait des événements sportifs.
 
Elle émit plusieurs remarques sur l’inutilité de cette pratique non sans reconnaître qu’après des temps aussi durs, rien de meilleur qu’un sain divertissement.  
 
Viens, on les contourne, dit-il en amorçant la manœuvre.  
 
Malheureusement, une jeune fille qui tendait le cou vers la vitrine du magasin se recula juste comme Erik passait dans son dos.
 
Pardon, s’excusa-t-il.  
 
Il s’attendait à tout mais sûrement pas à la stupeur profonde de la miss, encore moins au cri strident qui suivit :
 
ERIIIIIIIIIIIIIIK !!!  
 
En moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, la foule s’agita.
 
C’est lui ! cria l’un.
 
Hourrah ! hurlèrent d’autres.
 
D’un coup, on frisa l’émeute. Opal fut écartée sans ménagement par des mains avides d’agripper un objet convoité : lui ! Submergé par des fans en folie, baignant dans l’incompréhension totale, Nielsen fut embrassé quasi partout par l’une ou l’autre groupie tandis que des jeunes hommes lui flattaient ce qui dépassait encore de son corps bientôt porté en triomphe au beau milieu de la liesse populaire.
 
OPAL ! cria-t-il en essayant de sa position surélevée de la distinguer parmi ces déments.
 
Il répéta longuement ses appels avant de reprendre un peu ses esprits et de saisir sa baguette. Un dogue allemand malmené aboya furieusement, provoquant une légère panique dans les rangs. Enfin retombé sur ses pattes, le grand chien détala sans s’occuper des peurs ou déceptions laissés en arrière. Haletant langue pendante, l’animagus récupéra souffle et forme à l’abri d’un recoin sombre.
 
*C’est quoi ce délire ?*
 
Une très jolie chatte le rejoignant, il étreignit bientôt Opal hors d’haleine, elle aussi. Entre deux pauses respiratoires, elle lui expliqua avoir pu regarder correctement la devanture de la boutique. Ses révélations atterrèrent le jeune homme :
 
… Ils sont tombés sur la tête ou quoi ? Moi, capitaine de l’équipe nationale ? C’est dingue !
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Re: Les joies du retour...

Message par Opal McLane le Jeu Déc 26 2013, 13:16

Eh bien, pour sortis de l’auberge, on pouvait dire qu’ils en étaient sortis en beauté ! Retour à la case départ, apparemment au bon endroit, au bon moment. Il y avait bien une petite paire de trucs qui ne correspondaient pas tout à fait mais dans la liesse qui s’en suivit, Opal n’y pensa même plus.
Il lui fallut persuader son Erik du besoin de quitter la réunion, qui était terminée et laisser en paix son grand frère qui n’avait aucune envie d’avoir plus de compagnie que celle de la belle, cause de leurs déboires.
 
Transplanage ? Portoloin ? Je te ramène chez toi et je rentre chez ma logeuse, ok ?
 
Qu’il était sage, son chéri ! Un trasplanage les mena face à son chez soi, sans qu’il cherche, doux amour, à s’imposer.
 
Oui…dormons quelques heures, demain, la vie reprend comme avant et on a pas mal de choses à faire…on commence à rebâtir…Va, mon chéri…on a besoin de repos !
 
Elle resta sur le seuil de la porte jusqu’à le voir se perdre au coin de la rue puis, avec un soupir, sortit sa clé et l’inséra dans la serrure. Ça ne tournait pas !
 
*Zut, ça coince encore une fois !*
 
Elle allait formuler un Alhomora pour ouvrir quand une voix énergique figea son mouvement.
 
Que faites-vous là, Miss ?
 
Retournée avec un sourire, Opal affronta l’inquisiteur.
 
J’essaye tout simplement de rentrer chez moi, monsieur…mais voilà que ma clé ne veut pas ouvrir.
 
Une si charmante jeune fille, avec un sourire si franc, elle avait sans doute des problèmes avec cette vieille serrure. L’agent Hopkins était d’une bonne nature mais demeurait suspicieux, on voyait tant de choses bizarres de ces temps. Le brave homme se porta à son secours mais vains furent leurs essais, la clé ne tournait pas dans la serrure. Opal aurait pu en pleurer. Elle était fatiguée, en avait marre et ne voulait que son lit.
 
Je suis désolé, miss mais ça ne marche vraiment pas…vous êtes sûre que c’est la bonne adresse ?
 
Non mais, et quoi plus, comme si je ne savais pas où j’habite…la maison m’appartient, habite au premier étage et loue le rez de chaussée à Mrs. Grant…si ce n’était pas si tard, j’aurais déjà sonné chez elle mais à cette heure…
 
Là, je regarde les noms affichés, miss…pas de Mrs.Grant…et le vôtre serait lequel, je vous prie.
 
McLane…*Ça cloche quelque part…ça cloche moche !*
 
Fini le bon petit air débonnaire, l’agent Hopkins prit son petit air de sévère représentant de la loi et, sans brusquerie, l’éloigna de la porte.
 
Il me semble , miss, que tout n’est pas en règle…vos documents, s’il vous plait !
 
Vous ne pensez tout de même pas que…
 
Il insista sur les documents. Opal fourragea dans son sac, cherchant en vain son portemonnaie où se trouvaient ses documents.
 
Euh…je ne sais pas…on dirait que…
 
Rien à faire. Elle fut conduite manu militari au prochain poste de police et y passa les deux heures les plus pénibles de son existence avant de réussir à prendre la poudre d’escampette par la fenêtre des toilettes.
 
*Génial, le retour…Dans la rue, sans documents…t’es fine, ma vieille, vraiment fine…*
 
Énervée, recrue de fatigue, elle opta pour recaler les explications à plus tard et prit la résolution qui lui sembla la plus logique : chercher Erik. Or celui-ci n’était pas chez lui, après avoir sonné deux fois, elle eut droit à sa logeuse, une vieille harpie, qui ameuta presque le quartier en la traitant de folle insensée, puisque d’après elle aucun suédois du nom Nielsen ne logeait chez elle.
 
*Et merde…quoi alors !?*
 
Patronus en action. Erik dormait tranquillement au Chaudron Baveur. Sans perte de temps, Opal y trasplana. Il était près de 4h du matin et il n’y avait pas grand monde dans le coin. Les quelques sorciers noctambules squattant les lieux ne lui prêtèrent pas grande attention, pas plus que le bonhomme qui tenait le bar, pas le vieux Tom. Elle fila tout de go à l’étage et sans toquer s’introduisit dans la chambre précisée par son animal emblématique : un berger australien l’air folichon.
Erik dormait du sommeil des justes.
 
Hey, toi, la marmotte…réveille-toi…Erik, bon sang, ouvre un œil…ou les deux, ce sera mieux…
 
Il fallut le secouer avec une certaine rudesse, il avait le sommeil lourd, le bougre.
 
… la paix, grogna-t-il. C’est pas l’heure…
 
C’est l’heure, justement…allez, finis de te réveiller…
  
Opaline ? Je rêvais de toi, justement ! C’est magique ça, non ? T’as pas pu résister, hein ? Vas-y, installe-toi.
 
Pas à dire, il ne manquait pas de suite dans ses idées, celui-là.
 
Arrête le cirque, Erik…c’est pas pour tes beaux yeux que je suis là…on a des problèmes…des gros ! Imagine-toi que…

Et de lui débiter la triste histoire de cette nuit agitée, sans omettre détail.
 
Savais plus quoi faire et suis venue te chercher.
 
Tu te fais de la bile pour rien, je t’assure. Suis content que tu m’aies trouvé, en tout cas.
 
Moi aussi…maintenant, fais-moi de la place, suis morte de fatigue.
 
Sans un soupçon de méfiance, elle  se déshabilla pour rester en sous-vêtements et se coula dans le lit.
 
Dieu merci que tu es là, Erik…sans toi, je serais perdue…
 
Deux minutes plus tard, nichée au creux de ses bras forts et rassurants, elle dormait comme un bébé. Sommeil reposant mais pas trop long, suivant ses saines habitudes, Opal se réveilla à une heure plutôt raisonnable tenant en compte s’être enfin couchée au petit matin. Erik dormait comme un ange et le connaissant, miss McLane savait qu’il se réveillerait avec une fringale monstre. 
 
Mon brave, je désire un bon plateau petit déj pour monter à la chambre…que ce soit pour deux…
 
Quelle chambre ?, s’enquit le bonhomme derrière la barre, laconique, vous ai pas vu arriver, vous…
 
Soupir profond, elle montra quatre doigts de sa main.
 
C’était tard, vous savez… Et le bon vieux Tom, il est en vacances?
 
Tom ? Connais pas…ça fait plus de  dix ans que suis le patron ici et pas de Tom, vous vous trompez, miss…

Cet éclaircissement, d’un ton bougon, la prit de court. 10 ans ? Pas de Tom ? Pourtant tout du long de sa vie de sorcière, le bon vieux Tom avait toujours été derrière la barre.
 
*Pas de Tom, pas de portemonnaie, pas de maison…si ça veut pas dire que ça cloche…* Z’avez raison, improvisa t’elle, j’ai la tête chamboulée…alors, il vient, le plateau ?
 
Erik ronflait encore comme un bienheureux mais elle n’eut pas de patience pour attendre qu’il se réveille tranquillement.
 
Bonjour, mon chéri…regarde ce que j’ai pour toi…un succu…
 
Bien le bonjour ma douce ! Ce café est affreusement tentant mais, avant, je souhaite mon baiser matinal.
 
Pas à dire, il avait des réactions inattendues, mais en ce moment elle n’avait pas la tête pour des câlins matinaux, aussi renversants qu’ils soient. Elle s’arrangea pour repousser l’entreprenant sans sembler trop brusque.
 
Je t’adore mais là…on a du pain sur la planche.  Figure toi que j’ai été en bas, pour chercher notre petit dej…et bien plus de Tom…un tel O’Maley est à sa place…depuis plus de dix ans…Erik, ça pue l’embrouille tout ça…
  

Répète, suis un peu dans le brouillard.  
 
Ben, là tout déconne plein pot, qu’est-ce que tu veux que je te dise de plus…tu peux pas entrer chez toi, moi non plus…
 
… t’en fais pas ! C’est sûrement une blague, il veut se faire mousser. Dis-moi plutôt ce que tu comptes faire de cette belle journée ?

Erik…tu piges rien…enfin, mange, on verra après…on ira faire un tour au resto, voir ce qui se passe… 
 
Ok, soupira-t-il, on va passer voir si on rengage du personnel mais je pense qu’il nous faudrait un peu de détente ensuite. Tu ne veux pas voir tes parents ?
 
Tiens, elle n’a y avait même pas pensé, à sa famille en Australie et voilà qu’Erik assurait vouloir les rencontrer, lui, en vue d’une demande à faire.
 
Tu veux, vraiment ?...*Pose pas de questions idiotes, nouille !*…On arrange tout ici et on y va…tu vas aimer, Erik…c’est…super…Oui, je t’aime…mais maintenant vais me doucher…tu peux manger toutes les tartines…
 
Un peu plus tard, ils atteignaient le Chemin de Traverse. Il faisait bon vivre là. Fini le règne de terreur, la vie  reprenait avec essor. Tout le monde semblait content, souriant, prospère.
 
Dis donc…ça fait pas des mois que ÇA s’est passé…ici, ça se reprend vite, l’économie…et l’humeur…tu trouves pas ?
 
On a du mal à croire à l’ambiance d’avant notre départ, hein ? , dit Erik, sans lâcher sa main.
 
Ben, c’est justement de ça que je cause… Ohla, ça prend même du temps pour  se coller aux vitrines…quel tumulte !
 
Ils doivent se presser pour connaître la sélection nationale en vue de la prochaine coupe, souffla le Suédois .
 
Opal, qui n’avait même pas remarqué qu’ils étaient face au magasin spécialisé en Quidditch, s’intéressant fort peu à ce sport dont ses frères étaient fous, voulut poursuivre son chemin.
 
Si ça les rend heureux, tant mieux…on a eu des mauvais temps et…
 
Mais voilà que tout prenait une tout autre tournure, très inattendue. Une fille, l’air halluciné venait d’accrocher son chéri et roulait des yeux ébahis au temps de se mettre à hurler son prénom comme possédée, ameutant l’assistance en plein.
 
ERIIIIIIIIIIIIIIK !!!  
 
C’est lui ! cria l’un.
 
Hourrah ! hurlèrent d’autres.
 
Non, Mais ça va pas chez vous…Erik !!!!
 
Mais du coup, ce n’était qu’un cri de plus dans la masse hurlante.  Écartée comme tiers gênant, elle ne put qu’assister de loin à la liesse populaire qui élevait son suédois sur ses épaules en scandant son nom .
 
*Sont tous devenus fous !*
 
D’un réflexe de survivance, elle se transforma en abyssin et courut se percher hors d’atteinte, tremblant sur ses quatre pattes, le souffle court. Elle l’entendit l’appeler mais ne voulut pas risquer de se faire piétiner dans cette quasi émeute.
 
*Mon Erik...mon chéri…il est à moi…à moi…*
 
De ça, pas de doute, mais il fallait croire que définitivement quelques données avaient été faussées. Elle en eut la confirmation un peu plus tard, quand Erik, enfin libéré de ses admirateurs, put la rejoindre.
 
Erik…qu’est-ce qu’il se passe ici ?
 
Ils le surent très vite. Suffit de regarder la devanture du magasin spécialisé en ce sport sorcier qui soulevait tant de passions. Et là, en premier plan…son blond chéri, en plein vol, attrapant un vif d’or…Image saisissante …Il était magnifique, son Erik.
 
Ben, dis donc…si c’est pas une nouvelle, ça…
 
Ils sont tombés sur la tête ou quoi ? Moi, capitaine de l’équipe nationale ? C’est dingue !
 
Elle s’accrocha à son bras, l’entrainant à l’écart.
 
Dingue est peu dire, chéri…tout déconne ici…regarde…tu te souviens, la veille de notre départ, je te disais que le portrait de ton frère était placardé partout…là, rien…J’ai besoin de mettre la main sur une Gazette…c’est pas normal…il se passe quelque chose…dois m’informer…écoute…on va se séparer, fais attention à pas te faire violer par tes admiratrices…moi, je vais de mon côté…À deux, on aura plus vite fait…on se retrouve….euh…au McDo de la gare…c’est mieux chez les moldus. Sait-on jamais…ok ?

Un baiser plus tard, elle se mêla à la foule de badauds qui hantait, comme jamais, le Chemin de Traverse. Chemin faisant, force fit de faire des constations navrantes. Pas de trace de « chez McLane », à sa place, alors qu’il aurait dû y avoir une quasi ruine, il y avait une boutique de soins de beauté.  De ce qui restait de l’officine Grisham  on avait fait un pimpant commerce de joaillerie.
 
*Suis pas devenue folle…suis pas devenue folle !*
 
Répétant ces mots comme un mantra salvateur, elle poursuivit sa prospection.
 
Bon sang, enfin qu’on vous trouve, lieutenant !
 
*HEIN !?*
 
Un grand bonhomme souriant venait de la happer et sans demander son avis l’entrainait dans une ruelle tranquille.
 
Bas les pattes…non mais…
 
Du calme…on est sûrs ici !
 
Sûrs !? Pourquoi ?, siffla t’elle, toutes griffes dehors.
 
Soyez pas parano, chef…on m’a demandé de vous ramener au Q.G…vous savez comment ça marche.
 
*Chef ? Savoir comment ça marche…QUOI ?...et c’est qui, ce plouc ?*
 
Mais le plouc en question affichait, sans gêne, son insigne d’auror. Donc de ce côté, on n’y allait pas d’incognito.
 
Qui diables…
 
Sawyers, Lieutenant McLane…z’allez pas me dire que vous avez la mémoire si courte, hein ?
 
*Lieutenant ? MOI !?...sont tous dingues…vaut mieux jouer leur jeu…pour savoir…T’es fichue, sinon…* Ah, Sawyers…excusez-moi, suis un peu chamboulée..
 
Pas étonnant, avec tout ce que vous vous vous êtes pris la dernière fois…
 
Ouais !, elle nageait dans la soupe la plus épaisse de la totale ignorance, allons y *où que ça veuille bien être…par tous les dieux de l’Uluru…c’est quoi cette histoire ?*

Quartier des Aurors, au Ministère. Opal suivait Sawyers, tous sens en alerte, essayant d’assimiler le plus d’information possible. Et ce qu’elle recevait comme feedback la renversait. Tout le monde semblait la connaître, on la saluait avec respect,  amicalement, on se réjouissait de la revoir au service de nouveau, en pleine forme comme se plut de remarquer un grand gars au sourire resplendissant.
 
*2+2=4…Aurors, lieutenant…bon accueil…t’est foutue, ma pauvre…t’es un Auror…Re-merde…où est Justin !?*
 
De Davenport pas de trace, on ne le mentionnait même pas, ça commençait à craindre. La suite lui donna  des tremblements de jambes.
 
Lieutenant, suis heureux de vous voir *comme tout le monde, on dirait, t’es populaire, McLane !* Nous sommes très satisfaits avec le déroulement de votre mission si spéciale, on dirait que vous avez réussi un rapprochement personnalisé…très dirais-je, petit rire entendu, de notre cible.
 
Fais de mon mieux, réponse  passepartout en attente de savoir de quoi on parlait.
 
Pour alors elle avait déjà reconnu Mr. Shakebolt, commandant en chef des Aurors, qu’il la traite avec autant de déférence ne pouvait signifier qu’une chose : elle travaillait pour lui, même sans pouvoir s’imaginer comme en être arrivée là.
 
Il faut, à tout prix, mener cette investigation à fond, surtout après ce qui vient de se produire.
 
*C’est ça…encore une colle !*
 
Merlin soit loué, son silence passa inaperçu et  le chef de chefs poursuivit avec son exposé.
 
La coqueluche du moment, ce bellâtre de Nielsen…il se croit tout permis…mais on va le pincer avec ses trafics…
 
*Erik ?...Mon Erik ? Bellâtre ?...tu l’emporteras pas au ciel, ça ! Il est parfait !*
 
Pas autant qu’elle voulait le croire ! Selon  son boss, Nielsen se livrait à toute sorte de trafics louches, menait une vie fantasque où se conjuguaient alcool, drogues et autres dépravations.  Opal était devenue verte mais tenait stoïquement cette avalanche d’infos  abracadabrantes.
 
Votre réussite auprès de lui semble pouvoir nous mener à bon but…
 
Ce qui voudrait dire ? , grommela t’elle .
 
Continuez ainsi…il semble avoir confiance en vous …vous avez passé la nuit dernière au Chaudron Baveur…ensemble !
 
*Super, ça fait la une des potins déjà !* Ben oui, soupira t’elle, faute de mieux.
 
Donc, vous êtes proches…
 
Plus proches que ça…difficile… * Il crève s’il sait quelle sorte de proximité…m’enfin, on va pas lui dire !*

Vous faites un travail incroyable, lieutenant McLane, parfois, et vous le savez bien, l’accomplissement du devoir demande des sacrifices…nous ne pouvons pas promettre qu’un type comme celui-là s’érige en tsar de la drogue et pollue notre société…
 
Le reste du discours se perdit quelque part entre ici et là-bas. Opal bouillait de rage mais dissimula très bien les sursauts de son esprit. Par quelque hasard extraordinaire du temps et ses méandres, elle avait abouti dans un monde semblable à celui laissé pour aller sauver Alix…mais pas exactement pareil.
 
*Misère…misère…*
 
Elle s’isola dans un coin et envoya son bon toutou émissaire à tout azimut. Curieusement, elle ne reçut qu’une réponse, et encore très vague, de Justin. 
M. le capitaine de l’équipe nationale  ne logeait plus au Chaudron Baveur, cela aurait été  absurde. Ses quartiers, à présent, étaient établis dans une pimpante demeure, toute à sa reluisante situation de héros national.
Elle eut un mal fou à se frayer passage entre fans et équipe de sécurité mais parvint à ses fins.
 
Si j’ai appris quelque chose ? Tu veux rire...Que veux-tu comme apéritif ?...Que tu es un dévoyé notoire … que tu profites de ta célébrité pour faire un beau commerce de drogue ?...Oui, je sais qu’il n’en est rien…pas toi…Ben que veux-tu, les évidences puent plein nez…et je dois te mettre le grappin dessus…Pourquoi ?....Assieds-toi… vaut mieux…Imagine toi, mon chéri…que moi je ne suis ni plus ni moins que la lieutenant  Auror Opal McLane…comme tu l’entends…Oui…mais qu’à cela ne tienne, mon Erik…je t’aime, moi…
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Re: Les joies du retour...

Message par Justin Davenport le Jeu Déc 26 2013, 17:59

Une légère angoisse avait saisi Justin en prenant place dans la machine à voyager dans l’espace-temps.  Il suffisait de pousser le levier et hop, ils reviendraient à quelques instants après le départ initial, mais...  Pouvait-on réellement se fier à un Djinn facétieux et à un engin créé par Merlin sait qui ? Quoiqu’il en soit les amis se retrouvèrent dans la cabane prévue, à la date prévue, et célébrèrent dignement ce retour en beauté. On rigola beaucoup en se moquant gentiment des uns et des autres autour d’une table magiquement garnie par les dames mais il fut bientôt très clair que chaque « couple » avait besoin de s’isoler. Se fréquenter aussi assidument des jours durant lassait un peu, même en s’entendant à merveille.
Un bras passé en travers ses épaules, Davenport guida Sam sous la lune généreuse apparaissant entre les arbres silencieux.  
 
 
Je crois que Michael ne va pas s’ennuyer ce soir, rit-il sous cape… Suis content qu’il soit enfin amoureux... ben, ça devrait le stabiliser, non ?... j’avoue en avoir un peu marre de toujours lui courir après !  
 
Ce n’était pas l’entière vérité mais Sam comprenait certainement que Justin envisageait une autre façon de mener sa propre barque, projet dont elle faisait partie intégrante. Pour l’heure, peu désireux d’essuyer un refus, Justin n’approfondit ni ce sujet, ni celui concernant leur fin de nuit.
Cependant, il remarqua que quelque chose tracassait sa compagne :
 
Tu es bien songeuse. Je suppose que tu te soucies au sujet de Gerry, à moins que ce ne soit ton resto qui te manque ?
 
À part un soupir, il ne lui soutira rien, et le peu de clarté environnante ne lui permit pas de distinguer ses expressions faciales. Justin essaya encore de lui soutirer une info :
 
Je suppose que l’on rentre chacun de notre côté ?
 
Adorable façon de la lui boucler !
 
… Ok, ok, j’arrête mes questions idiotes, rit-il, quoique ça en vaille le coup !
 
Enfin Sam se décida à lui confier ses projets immédiats : douche et dodo… seule. Ils se promirent de  déjeuner ensemble à Londres, le lendemain puis se séparèrent tendrement.  
 
D’un parfait transplanage, Justin se matérialisa pile dans le hall de sa grande habitation. D’abord surpris par l’absence d’éclairage, il le fut plus encore en ne trouvant pas les commutateurs à leur place habituelle. Un recours au « lumos » s’imposa avant de dénicher ces fichus interrupteurs. Lorsque tout s’éclaira, ce fut sa raison qui s’obscurcit :
 
*Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?*
 
Où que son regard se pose, les détails étaient différents de ses souvenirs : plus de marbre au sol, de buffets du 18ème, de tableaux de maître ni autres antiquités. Au lieu de son décor habituel, ici régnait un goût plus que douteux où les fleurs artificielles trônaient sur un mobilier à deux balles. La colère le submergea :
 
VORONWE ICI, AU TROT !
 
En réponse, Justin faillit recevoir une décharge de chevrotine par le fusil pointé sur lui de la main tremblante d’un homme grassouillet en pyjama à rayures bleu et bordeaux.
 
EMMA, beugla le rondouillard, appelle la police ! Vous, ne bougez pas !
 
La moutarde monta au nez droit de Justin qui répliqua :
 
De quel droit me menacez-vous chez moi ? Qui êtes-vous ?
 
T’en as du culot, bandit ! Dans cinq minutes, t’auras affaire aux flics.
 
Excellente idée, attendons-les, je vous prie !
 
Par prudence, il n’osa pas stupéfixer le gros bonhomme qui, crevant de trouille mal contenue, était capable de le canarder par maladresse.
Avec un sourire, Justin vit la police s’annoncer avec des sirènes puis à la porte d’entrée.
 
Ne vous dérangez pas, lança-t-il ironique, je vais ouvrir.  
 
Inquiet de recevoir une décharge dans le dos, il alla jouer discrètement de sa baguette sur la serrure, fatalement encore bouclée.
 
Bonsoir messieurs, salua-t-il les agents. Vous tombez à pic pour régler un léger différend. Ce monsieur là-haut squatte ma demeure. Veuillez l’évacuer, s’il vous plaît.  
 
Les policiers s’avancèrent avec circonspection tandis que l’homme en pyjama descendait canon bas :
 
C’EST LUI QUI S’EST INTRODUIT ICI ! vitupéra-t-il, outré. Voici mes papiers, vérifiez l’adresse !  
 
Au regard tourné vers lui, Justin comprit ce que l’on attendait de lui alors. Palpant la veste dont il avait « hérité » magiquement, il fut soulagé d’y trouver un portefeuille qu’il tendit sans hésiter au flic. Déjà, il souriait en toisant, mauvais, le bedonnant mais, à son grand ahurissement, le policier déclara :
 
Est-ce une plaisanterie Mr. Davenport ? Regardez donc vos papiers. Vous êtes domicilié à Kingston ! Comment expliquez-vous votre présence chez Mr. Grant ?
 
Je… je… Je ne comprends pas. J’étais persuadé que…
 
Non feinte, sa désorientation prêcha pour lui au point que le policier le prit en pitié :
 
Mr. Grant, cet homme vous a-t-il causé un dommage ? Y a-t-il eu cambriolage ?
 
Non, reconnut l’autre, mécontent. Il m’a fichu la trouille, ça oui !
 
Mr. Davenport, possédez-vous un véhicule ? Voulez-vous que l’on vous ramène chez vous ?
 
Complètement scié, Justin secoua la tête dans un oui- non, non oui déboussolé. L’agent le prit par le bras et l’enfourna dans la voiture de fonction qui démarra.
Le front appuyé contre la vitre arrière, Justin regarda défiler le paysage sans le voir. Tout cela était dingue. Vonronwé avait-il tout déménagé ailleurs ? C’était la seule explication valable.
Il ne sortit de son hébétude qu’à la vue de la splendide résidence qu’il aperçut quelques kilomètres plus loin.
 
*Wow ! Mon elfe a du goût !*
 
 
Après une large allée éclairée de lampadaires rustique, un immense bâtiment style ferme rénovée se distingua.
Sous l’égide des policiers, Justin gravit les quelques marches les séparant de l’entrée à laquelle se présenta un homme en robe de chambre impeccable qui ouvrit immédiatement :
 
J’ai reçu votre appel messieurs, je confirme : cet homme est bien Justin Davenport et il habite ici... non, jamais le moindre souci avec lui… Merci de l’avoir ramené, bonsoir.  
 
La porte refermée, Justin se sentit enfin comme chez lui. La décoration était splendide, luxueuse sans extravagance.
 
Quelle soirée, dit-il. Je prendrais bien un verre, moi. Où est le bar ? Va falloir me mettre au courant des changements !
 
T’as assez bu pour cette nuit, tu pues le vin ! Allez, au lit ou demain, si le patron sait ça, tu iras pointer au bureau de placement.
 
Le… patron ? C’est moi le patron, non ?
 
Justin t’es plus ivre qu’il n’y parait ou tu as reçu un coup sur la caboche. TU LOGES ICI CAR TU TRAVAILLES ICI ! C’est clair ?  
 
C’était tellement dingue que Davenport éclata de rire :
 
Michael me joue un tour, c’est ça ?  
 
L’autre leva les yeux au plafond, l’empoigna par le bras et le força vers le deuxième étage.
 
Cuve ! Sois prêt à six heures, pochard !
 
Persuadé qu’on lui montait le bateau du siècle, Justin ne se soucia pas de la petite pièce où on le largua. Il visa le lit puis s’endormit d’un coup.
Souvent Justin savait jouer les marmottes mais son réveil biologique se réglait aussi précisément que celui d’une montre suisse. À 5h30, il était sur pied. La douche, sommaire vu les commodités des lieux, le revigora complètement et en se rasant il sourit dans le petit miroir désembué :
 
*Faudra penser à améliorer les conditions de la domesticité.*
 
Puisqu’on lui faisait une blague, il allait en donner pour leur argent aux auteurs quels qu’ils soient. Rirait bien qui rirait le dernier.
Un uniforme empesé – pantalon noir, gilet rayé, chemise blanche, n’attendait que lui dans la penderie, accroché avec deux autres identiques. Les pompes manquaient d’éclat à son goût, un coup de baguette régla ce détail. Paré, il ajusta sa cravate noire et descendit en riant sous cape.  S’orienter dans ce mini palais n’étant pas donné, un « pointe au Nord » l’aida à trouver l’office.  Le type qui l’avait recueilli 4h plus tôt s’activait déjà. Long, mince, cheveux gominés, il avait tout de parfait majordome coincé mais émit un sourire en coin en le voyant paraître :
 
À l’heure ? Chapeau, Justin ! En cinq ans, c’est bien la première fois ! Faustine, Patrick, Constance, venez voir ça !
 
Trois personnes les rejoignirent, s’ébahissant sur l’allure irréprochable de Davenport :
 
Mazette, siffla la cinquantenaire portant bonnet et tabler de cuisinière, qui aurait cru qu’un gars pareil se cachait sous le portait habituel ? Tu veux ton tit dej, beau gosse ? Vous autres aussi ?
 
En attente de ripaille, assis entre les acteurs de la farce, Justin ne se départit pas de sa bonne humeur même s’il ne rata pas les œillades de la soubrette et la gueule du nommé Patrick.
 
Quel est le programme du jour, demanda-t-il posément.
 
 
Le majordome – un dénommé Arthur Crest – révéla :
 
 
Sir Archibald nous honorera de sa présence à 8h30. Faustine, tu sais quoi faire aux étages. Patrick, la voiture devra être nickel pour 9h30. Justin, tu t’occupes du courrier puis de l’argenterie. Il y aura des courses à faire aussi. La réception de demain soir doit être parfaite, n’oubliez aucun détail.  
 
La pitance servie fit grimacer Justin. Toasts trop cuits, œufs brouillés secs, lard cramé, marmelades infectes. Il grignota du bout des dents avant de passer à l’action.
 
*C’est vraiment marrant !* rigola-t-il intérieurement en remplissant ses fonctions de secrétaire doublé d’homme à tout faire.
 
N’empêche que si le farceur pensait qu’il allait suer sur les couverts, il serait déçu. Magie aidant, tout blinqua en un tour de baguette. Faustine, la jolie soubrette qu’il ne cessa de croiser dans ses allées et venues ne rata pas cet exploit.
 
Question d’habitude, répondit-il en lui lançant un clin d’œil appuyé.  
 
À aucun moment, il ne rencontra le maître de céans, Arthur assurant la liaison entre le patron et ses employés. Lorsque Justin demanda à Faustine où se trouvaient les autres domestiques, Justin fut saisi par son rire :
 
Trop d’alcool encore, Justin ? La bicoque est immense mais Sir Archibald est un grippe-sou notoire, tout le monde sait ça !
 
À midi, les esclaves pouvaient déjeuner. N’ayant à aucun moment oublié sons rendez-vous avec Sam, Davenport déclina de participer à un repas qu’en fonction du précédant il préférait nettement éviter. Puisque ses tâches étaient accomplies et, Arthur accepta son départ en lui donnant une liste d’achats avec promesse express d’être en place à 17 heures pile.
 
Justin n’eut pas à attendre sa belle qui, déjà, faisait les cent pas devant le restaurant visé.
Que se passait-il ? Pourquoi avait-elle l’air si chiffonné ? Ses traits chamboulés s’éclairèrent à sa vue et c’est en pleurs qu’elle se jeta à son cou en débitant sa fin de nuit personnelle.
 
Là, là ! la consola-t-il en l’embrassant tendrement. On nous joue un tour, ma chérie !... Oui, figure-toi que moi je suis valet chez Sir Archibald à Kingston.
 
Il lui narra ses propres déboires en l’invitant à entrer au restaurant. Son refus l’attendrit, la cause le contraria :
 
… Que je vérifie mes comptes ? Non ! Ne me dis pas que…
 
À son grand dam, le contenu de son portefeuille s’avéra trop mince pour régler ne fut-ce qu’un œuf à la coque dans l’établissement hyper chic envisagé. Sam ne disposait pas de plus et, selon ses dires, son compte personnel frisait les pâquerettes. Une succursale de la banque indiquée sur la carte n’étant pas loin, ils s’y rendirent et là Justin s’emporta au nez du guichetier :
 
100 livres ? Vous vous foutez de moi ?
 
Hélas, non. Très abattu, il fallut toute la diplomatie de Sam pour le sortir de la banque.
Telles deux épaves, ils échouèrent dans un troquet minable où un café infâme arrosa un sandwiche du même acabit. Grognon, Justin lâcha :
 
Veux bien rigoler mais ça c’est pousser le bouchon un peu loin !... de qui d’autre que de Michael voudrais-tu que ça vienne un coup aussi tordu ?
 
Selon elle, des impossibilités flagrantes existaient. La pertinence de ses déductions atterra davantage Davenport qui se plongea dans d’intenses réflexions au bout desquelles il déclara :
 
On va aller chercher des infos… à la bibliothèque, tiens !  
 
Il désirait tout connaître sur Sir Archibald et consort, croyant encore ferme à une blague même si elle s’avérait de moins en moins amusante.
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Re: Les joies du retour...

Message par Samantha Forrester le Lun Déc 30 2013, 20:57

Enfin de retour ! Vive le 20ème siècle ! Si quelque chose sembla bizarre à ces revenants du temps, personne n’en pipa mot, trop heureux de se retrouver en lieu et temps corrects.
 
*Si correct que ça, qu’on a même fait le ménage ! Où diables sont mes habits ?*

Pas d’habits, pas de victuailles dans les placards ! Qu’à cela ne tienne, on fit joyeusement usage de la magie à tout azimut, et tout marcha rondement. On ripailla en toute joie de cœur, on rigola beaucoup puis il fut temps de se montrer polis et vider les lieux, laisser le maître de céans avec sa belle n’était que justice, après ce que le pauvre gars avait enduré pour la sauver.
Elle était belle, la nuit. Rien de mieux qu’une petite promenade  au clair de lune pour se remettre les idées à l’endroit. Pour Sam, cela tenait du paradis, son Justin était là, tout allait bien. Il était très content, Mr. Davenport, surtout du fait que son copain soit enfin casé.
 
*Ça reste à voir…c’est vrai que cette fois « joli cœur » s’est vraiment dépassé !*
 
Mais elle ne pipa mot, attendrie de constater, encore une fois,  le bon cœur de son chéri.
  
Suis content qu’il soit enfin amoureux...
 
Elle rigola en douce.
 
Ben, ça devrait le stabiliser, non ?... j’avoue en avoir un peu marre de toujours lui courir après !

Oui, sans doute ça calmera ses élans casse-cou  et te délivrera de ton rôle de Zorro…même si tu adores ça…*Dis rien, je sais que c’est vrai… mais il est sans doute temps de vivre ta vie…à toi tout seul, non ?*
 
Ils continuèrent de marcher pendant un moment en silence.
 
Tu es bien songeuse. Je suppose que tu te soucies au sujet de Gerry, à moins que ce ne soit ton resto qui te manque ?

*Ben voyons…Gerry se porte sans doute à merveille…non…pas Gerry, pas le resto…quelque chose ne va pas trop bien…mais quoi ?...Je le sens…*

Un long soupir résuma ses tracas.
 
Je suppose que l’on rentre chacun de notre côté ?
 
Il en avait, des questions, cet homme !  Elle lui entoura le cou de ses bras et l’embrassa doucement.
 
On a besoin de se reposer et remettre les idées en place !
 
Ok, ok, j’arrête mes questions idiotes, rit-il, quoique ça en vaille le coup !
 
Elle sourit en lui caressant la joue.
 
On en parlera demain, là, je ne rêve que d’une douche chaude et de mon lit…On déjeune ensemble ?
 
Sam agréa sa proposition de se retrouver à un de ses restaurants préférés, pas la sien. Un baiser plus tard et chacun trasplana vers son chez soi.
Ce devait être la fatigue qui lui faisait imaginer des choses mais il  lui sembla que l’immeuble n’était plus aussi joli, ni les alentours un peu moins cossus. L’ascenseur était en maintenance, une première, et de Mr.Royce, le concierge si aimable, pas de trace. Empruntant l’escalier, Sam découvrit qu’il craquait par endroits. Le couloir menant à son appartement était presque sombre, se promettant d’en toucher deux mots à l’administration dès le lendemain, Miss Forrester inséra sa clé dans la serrure et resta un instant figée de surprise : il y avait de la musique chez elle…de la musique et du monde vu les rires entendus. À peine la porte ouverte, des voix moqueuses l’accueillirent.
 
Tiens, tiens…voilà la petite Samantha qui rentre…tu as eu enfin un p’tit rencard ?

Arrêt sur image. Impossible à concevoir. Il y avait trois femmes  dans son séjour.  Trois folles, compte tenu de leur allure et tenues, à faire la fête, chez elle…buvant « son » vin, écoutant « sa » musique, issue de « sa » chaîne Hi-Fi, installées, en tout confort, dans « son » magnifique divan…même si du coup, il lui semble un peu défraîchi…comme tout le décor, d’ailleurs.
 
Alors, ma jolie, s’enquit une des intruses, une fausse blonde aux formes pulpeuses, le chat t’a avalé la langue ?
 
Rigolade des deux autres, Sam, abasourdie,  se sentit incapable de piper un traître mot.
 
Allez, viens boire un peu de vin et raconte nous…alors notre petit rat gris a fait la fête ?...Il est comment ?...Tu l’as rencontré où ?...
 
Je…euh…que faites-vous ici ?
 
Elles éclatèrent de rire. Une petite brunette au regard malicieux, se leva et allant vers elle, la prit par les épaules et la poussa dans le divan alors que l’autre, une rouquine avec des piercings lui fourrait un verra dans la main.
 
Ça a dû être renversant, ma pauvre, tu as l’air drôlement paumée, là !
 
Paumée était peu dire. Perdue, dépassée, larguée, confuse Sam essayait de comprendre quelque chose.
 
Veux…prendre une douche et aller me coucher !
 
Pas d’eau chaude après 22h, comme si tu ne savais pas…
 
Vais me trouver mal, gémit Sam, suis devenue folle…
 
Prunella, accompagne là à sa chambre…c’est vrai qu’elle est verte, là !
 
L’accorte brunette qui répondait à ce prénom  l’escorta gentiment jusqu’à la chambre au fond du couloir, où, jusqu’aux dernières nouvelles était son bureau mais qui maintenant était transformée en chambre à coucher, à vivre…à tout. C’était petit mais méticuleusement rangé.
 
Je peux t’apporter du lait chaud, si tu veux…ça aide à dormir ! Faut pas faire attention aux bêtises de Fiona et Megan, tu sais comment elles sont…bêtes mais pas méchantes…et paient ponctuellement le loyer, déjà ça… Tu te sens vraiment pas bien du tout, toi…
 
Suis…larguée, avoua t’elle en se laissant tomber sur l’étroit lit puis improvisant à tout go, j’ai…j’ai eu un petit accident…un coup sur la tête…rien de grave mais là…me souviens plus de grand-chose…éclaire moi un peu, Prunella…
 
Ravie de pouvoir se rendre utile, Prunella parla, non sans remarquer que Sam devenait de plus en plus pâle.  Pour une histoire, c’en était une, on ne peut plus simple. Quatre filles dans le besoin d’un chez soi, s’accordaient pour partager un appartement. Fiona et Megan travaillaient dans un grand magasin, Prunella était serveuse dans un pub et Sam bossait comme bibliothécaire. Petites vies, petits moyens. L’appart était assez grand, et pas trop cher, le quartier n’était pas le top mais on se débrouillait.
 
Je…dois…passer un coup de fil !
 
À cette heure ?...
 
C’est tôt à Miami…Il est où, le téléphone ?...
 
Deux minutes plus tard, sa vie s’était définitivement effondrée.  Le numéro appelé était attribué à la famille Spencer. Pas de trace d’un Gérald Forrester, pas de tante Babs…rien…Elle se rua sur l’annuaire. Pas restaurant « Senses »…sa vie, celle qu’elle avait menée jusqu’à l’instant de son départ au 17ème siècle avait disparu, effacée…  Apitoyée, Prunella l’avait bordée et était restée jusqu’à la voir s’endormir, après lui avoir fait avaler un Valium.
Mais le lendemain, la réalité demeurait  telle quelle. Essayant de garder la tête froide, fit le bilan de cette nouvelle existence. Il suffit de regarder son portemonnaie pour savoir que la fortune ne lui souriait pas, une visite online à sa banque la renseigna sur la précarité économique, un coup d’œil à sa garde-robe résulta déprimant, découvrir qu’elle portait des lunettes faillit la faire pleurer, mais pas plus que la photo de son badge de la bibliothèque.
 
*T’es foutue, ma belle…fauchée, sans famille et moche par-dessus le marché…et si tu ne te grouilles pas…sans boulot aussi !*
 
Elle arriva cinq minutes en retard et se fit engueuler par son boss. Une mégère pas facile à vivre cette Miss Flint qui lui signifia sa place et la tonne de livres à remettre en place. Travail routinier et ennuyeux mais qui lui laissa au moins le sursis de penser.  À  midi, elle fila sans demander son reste et alla faire les cent pas face au superbe restaurant où ils était censés de déjeuner , Justin et elle. Quand il arriva, Sam n’en pouvait plus et pleurait comme une Madeleine en se jetant dans ses bras.
 
C’est affreux…c’est horrible…
 
Et de le mettre au courant de ses déboires.
 
Tu vois bien…c’est terrible…
 
Là, là ! la consola-t-il en l’embrassant tendrement. On nous joue un tour, ma chérie !...
 
Un tour !?...Justin, c’est pas ça…c’est…
 
Oui, figure-toi que moi je suis valet chez Sir Archibald à Kingston.
 
Ah bon ?...C’est qui ça ? Enfin, ça n’a pas d’importance… tu as vérifié tes comptes ? Ton portefeuille ?
 
Il ne l’avait pas fait et fut consterné de ses constatations. Un saut à la banque, confirma sa déchéance.
 
Et tu penses toujours qu’on nous joue un mauvais tour ?...Je ne sais pas ce qui a pu se passer…mais celle-ci est notre…réalité !

Veux bien rigoler mais ça c’est pousser le bouchon un peu loin !...

Il était impayable, son chéri.
 
Justin…et qui, selon toi, serait capable de faire un truc pareil ?
 
De qui d’autre que de Michael voudrais-tu que ça vienne un coup aussi tordu ?
 
Michael ?...Pas lui, voyons, pourquoi le ferait-il, d’ailleurs ?...Je sais, c’est ton meilleur ami mais tu le connais mal, on dirait…C’est  un pince sans rire, pas son genre faire des blagues et en plus, comme tu l’as si bien dit hier…il a bien d’autres choses en tête et pas précisément  jouer des mauvais tours…Oublie, Michael…s’il se trouve, il a aussi des problèmes…enfin, peut-être pas, sans ça il t’aurait contacté non ?...Il fait toujours ça… Faut chercher l’explication ailleurs…
 

On va aller chercher des infos… à la bibliothèque, tiens !  
 
Soupir, montre consultée.
 
Ça tombe bien…je dois reprendre le travail…ah, je t’avais pas dit ?…suis bibliothécaire ! Oui, il y a des ordinateurs pour les recherches…
 
Miss Flint ne trouva rien à dire quand Sam installa Mr. Davenport dans la section Recherches et retourna sagement au travail, quoiqu’à peine la mégère eut tourné le dos et disparu dans son bureau, elle trottina de retour auprès de Justin qui pianotait furieusement sur son clavier.
 
Sir Archibald Gray…sympa patron que tu es allé te dénicher…Ohlala, la belle bicoque…Millionnaire, philanthrope…veuf, solitaire et aigri…excentrique aussi…Ah bon ? Grippe sou ?...C’est une façon comme une autre de garder ses sous…

Les recherches ne les avancèrent pas plus que ça. Aucun indice fiable pour élucider leur étrange situation.  Aucune trace du Justin ou de la Sam d’avant. Aucun résultat affiché sur les entreprises Davenport ou sur les restos de miss Forrester.  Ils étaient là, tout simplement, comme des honnêtes citoyens de deuxième classe, sans aucune importance ou intérêt. Ils existaient, sans plus, comme tant d’autres.
 
Ce n’est pas une blague, Justin…c’est notre vie ! Même si on sait que ce n’est pas ainsi…c’est la seule qu’on a…
 
Ils était là à élucubrer sur l’impossible quand un  patronus chien de berger australien, l’air fou, se présenta. Opal McLane lançait un appel au secours poignant.
 
Zut alors…on est pas les seuls avec la merde jusqu’au cou…Tu finis à quelle heure, ton boulot ?
 
Faute de mieux, on donna rendez-vous à l’australienne et son suédois à 19h au Parc. Pas question d’aller au restaurant, ils étaient fauchés.
 
Retourne chez Sir Archibald, fais ce que tu as  à faire, moi je finis ici…on se retrouve plus tard…Non, Justin, ça ne change rien entre nous…
 
Pas question de grands épanchements dans la bibliothèque. Abattue, Sam regagna sa place et fit machinalement son travail.
Opal t Erik n’étaient pas moins chamboulés qu’eux. En fait, ils l’étaient encore plus. L’histoire que débita l’australienne au bord des larmes, était assez extraordinaire.
 
Toi ? Lieutenant chez les Aurors et Erik, capitaine de l’équipe nationale de Quidditch et dealer patenté…Bonté divine, c’est dément !...Pas des nouvelles des autres ?...Non, nous non plus…
 
Rien de quoi se réjouir. Erik avoua avoir faim, ce qui n’avait rien d’étonnant.  Contrits, Justin et Sam durent reconnaître que leurs pactoles réunis ne menaient pas large. Opal avoua ne pas être si mal lotie que ça et invita chez elle.  Sam, accrochée au bas de son chéri, faisait des efforts pour ne pas pleurer, elle tint bon jusqu’á être arrivés à destination, là elle s’effondra carrément, en pleurant toutes les larmes de son corps, étouffée de chagrin, angoisse et doute.
 
Je n’y peux rien…ma vie est partie en fumée et on m’en donne une autre en échange qui ne vaut rien…Non…pas l’argent qui me tracasse, suis pas si matérialiste…c’est le reste…j’ai rien…rien…Plus de Gerry, plus de tante Babs…je me sens comme une épave échouée…Oui, tu es là, Justin…mais je ne suis plus la Sam d’avant…suis perdue…peux plus penser correctement…
 
Ça ne lui ressemblait pas, céder au désespoir, déprimer ouvertement, pleurer. Elle avait toujours su réprimer ses émotions, se montrer sensée, cérébrale pour analyser les situations les plus embrouillées et résoudre des problèmes compliqués mais là, privée de donne correcte, sans repères, Sam se sentait emportée par le courant, sans savoir s’en défendre.
 
J’ai peur, Justin…j’ai affreusement peur…
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Re: Les joies du retour...

Message par Erik Nielsen le Lun Déc 30 2013, 22:53

Habitué à se débrouiller depuis des années, Erik Nielsen n’était pas à une situation bizarre près. Si, à son avis, la dernière en date avait été la plus surprenante, celle à affronter pour l’heure n’était pas piquée des vers. Inutile d’alarmer Opaline qui gambergeait suffisamment ainsi avec des faits étranges. Pris isolément, ces anomalies par rapport à la vie quittée peu avant auraient pu rester anodines. Rassemblées, le tableau formé en était dérangeant. Ni Opal ni lui n’avaient pu entrer chez eux, l’aubergiste habituel semblait inconnu du patron actuel, mais le summum avait été atteint quand on l’avait reconnu, lui, en champion de quiddish !
Dans la ruelle qui servit de refuge aux amoureux, Opaline noircit encore le tableau :

Dingue est peu dire, chéri…tout déconne ici…regarde…tu te souviens, la veille de notre départ, je te disais que le portrait de ton frère était placardé partout…là, rien…
 
Ils ont peut-être été blanchis, avança-t-il, prudent.  
 
Penser détourner son adorable australienne de ses idées était peine perdue. La suite lui donna raison quand elle dit :
 
J’ai besoin de mettre la main sur une Gazette…c’est pas normal…il se passe quelque chose…dois m’informer…
 
Il n’était pas d’accord du tout de l’abandonner parmi des gens peu fiables mais dut accepter, que faire d’autre ?
 
Sitôt seul avec une promesse de retrouvailles à la gare, Erik se trouva dans l’obligation de transplaner au chaudron baveur seul endroit assez calme sur le chemin de traverse. Il pensait s’y planquer incognito en attendant des infos, quitte à payer sa pension en faisant la plonge ou la cuisine. Tout plutôt que d’affronter une meute de fans enragés semblable à celle qui stationnait encore dans la rue. Une fois dans sa chambre, le jeune homme fit une chose négligée jusque-là : l’inventaire de ses poches. Le résultat le laissa baba. Jamais de sa vie Erik n’avait transporté un telle somme sur lui et il jugea qu’il aurait été bien stupide de le faire. Marrant mais après avoir pensé courir les déposer chez Gringotts, d’autres idées lui vinrent :
 
*Un manteau pour Opaline ? Une robe chic ? Non… je sais !*
 
Entré discrètement, le Suédois sortit la tête haute après avoir réglé sa note non sans s’être renseigné sur la bijouterie la plus proche. Le numéro de la boutique le fit tiquer car il correspondait à celui de l’ancienne propriété d’Angel. Coïncidence, ou… ?  Ce que vit l’animagus en trottinant dans cette partie de commerces sorciers obligea Erik à encore plus de réflexions. Non, il n’était pas en train de rêver : tout avait changé. Même le resto si cher au cœur de sa belle avait disparu :
 
*Raison de plus pour le remonter le moral ! * songea-t-il en ouvrant la porte de la joaillerie.
 
Il prit son temps pour bien choisir le bijou qu’il régla rubis sur l’ongle. Son contentement ne dura pas très longtemps car, distrait en imaginant le sourire de sa belle lorsqu’elle recevrait son présent, il en oublia de modifier son physique et, au premier carrefour, il tomba nez-à-nez avec de joyeux fêtard :
 
Erik, mon pote ! On commençait à se faire du mouron. T’as oublié qu’on avait entraînement à l’aube ? Remarque qu’on sait que tu n’en as pas besoin mais Mr. Clean a râlé quand même. Je parie qu’elle est très jolie ta nouvelle nana, dit un grand gars en lui flanquant une bourrade à assommer un boeuf.
 
Pas besoin d’être devin pour comprendre que cette bande enjouée constituait l’équipe dont il était censé être le capitaine. Reprenant vite ses idées, Erik trouva une parade et, croisant mentalement les doigts, il assura :
 
Elle est… magique ! C’est la bonne, cette fois.
 
Wow, voyez-vous ça ? Notre Erik est amoureux ! Faut fêter ça, hein les gars ? On va tous chez toi !
 
Et hop ! Avant d’avoir pu protester, le jeune Suédois fut accroché par le bras dans un transplanage express.
Un joueur de quidditch gagnait-il réellement autant que ça ? Erik fut sidéré en débarquant chez… lui.  Il resta figé un court instant que ne remarquèrent même pas ses joyeux compagnons qui, en grands habitués de lieux, pillaient déjà bar et Frigidaire. Pas le temps d’en placer une, on lui fourra un verre en main :
 
EEEEEEEEEEEET HOP : SANTÉ !
 
Le feu de la boisson avalée d’un trait obligé l’étouffa à moitié. Ses équipiers rigolèrent en y allant de commentaires parfois grivois que n’apprécia pas particulièrement Erik passablement déboussolé tant par l’enthousiasme des « amis » que par la décoration environnante jugée écœurante.
 
Donne-nous au moins des détails sur ta nuit, petit veinard ! Elle est chaude ta gueuse, je parie ?
 
Le visage soudain empourpré, le capitaine réagit au quart de tour :
 
Si tu oses encore traiter Opal de gueuse, je t’en file un dont tu ne te relèveras pas, connard !
 
Loin de calmer l’ambiance, son éclat déclencha hilarité, moqueries et excitation :
 
Regardez-moi ce freluquet ! rigola un des batteurs en s’interposant. Et si tu te mesurais à moi, minus ?
 
L’alcool jouant parfois de mauvais tours à Erik, il se sentit prêt à rentrer dans le lard à n’importe laquelle de ces armoires à glace qui le cernèrent soudain. Le seul sobre des poursuiveurs, un garçon fin et racé, intervint avec sagesse :
 
Oh, oh ! On se calme les gars. On est une équipe, non ? Stan présente des excuses à Erik et toi, Erik, ralentit sur la bibine, hein ?  
 
On fraternisa bientôt de nouveau en parlant de stratégie pour le futur match de sélection, l’ultime étape avant d’accéder à la grande finale. Distrait malgré tout, Erik n’en revenait toujours pas qu’un seul talent d’attrapeur puisse ouvrir les portes d’une telle fortune. Néanmoins, il se sentait fier de ce qu’ «il » avait accompli par « son » seul talent. Tant de richesse en ouvrait des perspectives futures !
Alors qu’il regardait par la fenêtre, s’amusant de la petite foule massée aux grilles de « sa » maison, il faillit à nouveau s’étrangler :
 
*Opal, misère ! J’ai failli oublier le rendez-vous !*
 
Précipitamment, il ordonna :
 
Décampez ! J’ai de la visite. Faut pas que l’on voie ce bordel !
 
C’est ta gonzesse qui se pointe ? Où est-elle ?
 
Erik eut toutes les peines du monde à empêcher ses potes de s’écraser aux vitres mais, soutenu par le jeune Kevin, les six équipiers désertèrent enfin non sans avoir insisté sur divers points auxquels il ne comprit rien. En quelques sortilèges bien appliqués, Erik parvint à rendre à la pièce un aspect correct et à purifier son haleine avinée.  Son rayon de soleil arriva enfin, un peu ébouriffée après le passage aux grilles. L’air détaché, il lui ouvrit les bras :
 
Tu en as une tête ma chérie ! Des nouvelles ?  
 
 Si j’ai appris quelque chose ? Tu veux rire...Que veux-tu comme apéritif ? 
 
Il crut qu’elle proposait de boire quelque chose, et lui servit un porto tandis qu’il se versait un pur feu. Mais ce n’était pas à la boisson que pensait Opal. Il en entendit des choses sur « son » compte :
 
*Dévoyé, dealer… misère !* Eh, ce n’est pas du tout moi ça, intervint-il, effaré.  
 
 Oui, je sais qu’il n’en est rien…pas toi…  
 
Comment peut-on penser ça de moi ? Les gens m’adorent, tu l’as vu.  
 
Ben que veux-tu, les évidences puent plein nez…
 
*Zut* pensa-t-il en imaginant qu’Opal avait flairé ses excès alcooliques et en rajoutait une couche avec son verre en main.  
 
Mais le meilleur restait à venir :
 
Et je dois te mettre le grappin dessus !
 
Pourquoi ? C’est déjà fait, non ? Tu peux d’ailleurs y mettre les deux mains, si tu veux ma douce…  
 
Encore une fois, il tapait à côté. Si lui était champion de quidditch, Opal, elle, était lieutenant de police avec pour mission de le coffrer.
Il eut l’impression de tomber de balai depuis une haute altitude. Ainsi tous ses rêves s’effondraient. Ses talents de joueur n’étaient pas responsables de sa fortune mais de la drogue… Soudain, l’écrin de la bague achetée au chemin de traverse lui parut brûlant, tel un objet maléfique. De plus, Opal ne pouvait faillir au devoir attendu d’elle qui compléta ses informations en avouant être une vedette parmi ses pairs Aurors. Très abattu malgré les mots d’amour de sa chérie, il baissa les bras :
 
Arrête-moi de suite tant qu’à faire ! Tu seras félicitée et moi je croupirai en tôle, c’est tout ce que mérite un gars comme moi !  
 
Il n’en était évidemment pas question, ils trouveraient une solution. Un fait probant demeura : comment en étaient-ils arrivés là ? Les jeunes gens en débattirent un moment et, malgré bien des efforts d’imagination, ne parvinrent à tirer aucune conclusion fiable.
 
Et les autres ? Crois-tu qu’il leur arrive les mêmes « blagues » qu’à nous ?
 
C’était très possible mais à part Justin – et encore vaguement – Opal n’avait pas reçu de réponse de leur part ses messages.
 
On devrait peut-être aller fouiner côté moldu comme tu l’avais suggéré. On y sera plus tranquille qu’ici, en tout cas… Si ! Je suis supposé jouer dans deux jours, mais je n’irai pas.
 
Elle tenait, au contraire, à ce qu’il s’y rende, histoire de voir ce qui se tramait réellement là-bas.  
 
D’accord, soupira-t-il, las. Mais avant de partir, j’ai un tit truc à faire. Reste ici à l’abri. Je n’en ai pas pour longtemps.
 
Opal râla mais il refusa de lui parler de ses intentions.  
Une minute plus tard, il ouvrait la porte de la bijouterie :
 
Elle ne l’aime pas. Pourriez-vous me la rembourser… en gardant une commission, bien sûr.  
 
Le boutiquier n’apprécia pas trop, cependant Erik rempocha les trois quarts de la somme déboursée.  
Un peu soulagé d’être débarrassé d’un fardeau, il s’apprêta à rebrousser chemin sauf qu’il sentit une baguette lui piquer le dos :
 
Tu dépenses notre fric en babioles, Nielsen ? Tu as loupé notre rencard !  Heureusement, j’ai mes indics partout. Le boss n’aime pas les girouettes dans ton genre. Allons par-là !
 
 Erik n’aimait plus du tout fréquenter l’Allée des embrumes depuis qu’il avait été éclairé par son frère. Là, il fut contraint d’y pénétrer encore. Comme d’habitude y traînait foule d’individus louches. Cependant, son compagnon forcé devait faire bonne figure dans ce milieu car nul ne les embêta jusqu’à ce qu’ils pénètrent dans l’arrière-boutique d’une auberge ou ce qu’il tenait lieu de tel. Aussitôt l’homme cessa sa menace et releva la capuche sombre lui masquant la moitié du visage.  Des traits mauvais en lame de couteaux se dévoilèrent, un sourire ironique tordant la bouche mince de cet individu peu amène.
 
Aboule ton fric, sinon pas de marchandise !  
 
Posément, Nielsen s’exécuta en présentant sa bourse bien renflée. L’autre éclata de rire :
 
Tu te fous de ma gueule, petit ? Où est le reste du pognon ?  
 
J’ai… j’ai eu un empêchement, bafouilla Erik. Mais… euh… je paie toujours, n’est-ce pas ?
 
N’essaye pas de m’embobiner ! J’veux bien te fournir cette fois encore mais ce sera la dernière pour toi si j’ai pas mes tunes après le match, compris ?
 
Vu la façon dont l’autre se passa la baguette au long de la gorge, Erik capta le message.  Bourse contre sacoche, il ne demanda pas son reste et fila.  
Il rentra essoufflé retrouver une Opaline soucieuse qui s’enquit de son état :
 
… non, ça ne s’est pas passé comme prévu. On m’a donné… ça !  
 
Comme s’il s’agissait d’une bête malfaisante, Erik lui donna le sac qu’elle inventoria avec dégoût.  Sur la table s’étendit un flot de sachets empli de poudre blanche.  
Quel savon il essuya !
 
… mais non, je ne suis pas allé volontairement me fournir de ce truc ! J’ai été forcé par un type mal luné… si je ne le rembourse pas, c’en est fait de moi… ou du moins du gars pour qui tout le monde me prend !
 
Seuls, ils ne s’en sortiraient pas. Opal, pas restée inoccupée, avait enfin obtenu des informations émanant de Sam et Justin. Rendez-vous à Trafalgar Square.
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Re: Les joies du retour...

Message par Opal McLane le Sam Jan 04 2014, 10:37

Si le monde semblait toujours dans le même sens, il y avait quand même certaines anomalies assez notables dans cette autre version de leurs existences…
 
*Weasley ministre ? On déconne à toute !...QUOI ? Pas de Potter ?*

 Lieutenant, ça fait bien de vous revoir…Ah, vous repassez les vieux rapports !

Elle avait fait un bond d’un demi-mètre, comme délinquant pris in fraganti.
 
Euh…ben oui, question de me rafraîchir les idées !
 
Tous étaient si gentils et prévenants avec elle…sauf qu’elle ne savait ni comment ni pourquoi on en était arrivés là ! Il lui fallait à tout prix trouver une réponse à toute cette embrouille. C’était surtout voir son Erik chéri en pleine confusion qui lui brisait le cœur. Lui si intègre, travailleur et plein de bon sens transformé par Dieu seul sait quel hasard minable en un vicieux évaporé, impliqué dans le trafic de drogues. Trop, c’était trop !
Son collègue souriant bienveillant, elle sauta sur l’occasion.
 
Sawyers…je sais que je vais sembler idiote mais je suis un peu perdue…sais pas trop bien pourquoi…
 
Et l’autre ravi de donner de l’information. Comme quoi elle resta soufflée face aux vertus étalées par cet Auror admiratif. Elle avait pris part à une mission périlleuse et avait sauvé la vie de plusieurs de ses compagnons de combat. Tous lui en étaient redevables et l’adoraient irrémissiblement.  En court : elle était l’héroïne du jour ! Tant qu’á faire, autant en profiter.
 
Est-ce que je pourrais avoir le dossier complet d’Erik Nielsen ?...Sawyers, et le mien, en passant, veux vérifier une paire de trucs !
 
Celui de Nielsen était déjà gros de quelques bons 15 centimètres, le gars n’était pas allé de main morte avec ses méfaits, tout y passait…une vraie vie de dévoyé. Alcool, drogues, femmes…de quoi l’élever au degré de sainteté pour vouloir volontairement frayer avec ce phénomène de l’excès. La photo qui accompagnait le dossier montrait ce qu’était, selon elle, le côté obscur de son seul amour, regard crâneur, sourire faux, expression blasée de celui qui a tout pour rien.
 
*Pas mon Erik, ça…pas lui… il est si pur, si noble…*

 Un sale type, hein ?, ricana Sawyers, z’êtes unique…
 
*Tu veux rire…suis nulle de chez nul…mais allez, on fait des efforts !*
 
Son dossier, à elle, était merveilleusement rassurant. Pur et net de toute part, elle avait fait ses galons par effort. Australienne d’origine, orpheline, sans famille ni proche ni lointaine…
 
*Pas de famille ?...C’EST QUOI TOUT ÇA !?*
 
Elle tremblait, abasourdie, choquée. Sawyers, le brave homme s’en émut.
 
Vous avez un problème, lieutenant ?
 
Euh…non…juste mal au crâne !, mentit-elle.
 
La suite de son historique lui remua les tripes : élevée dans un orphelinat à Adelaïde, Australie avant d’être envoyée À Poudlard, vu ses racines anglaises. Impeccable carrière chez les Aurors depuis sa sortie de l’école.
 
*Maman…Papa…Matt…Kelamera…ma vie…Uluru…c’est pas vrai…je veux mourir…*
 
Mais c’est su, ça ne vient jamais selon souhait ! Remuée jusqu’à l’os elle retrouva Erik, qui ne valait pas beaucoup mieux.
 
Allez, on va de l’autre côté…j’espère que Justin aura quelque chose de bon à raconter !
 
Tristes retrouvailles. D’entrée Davenport lui sembla peu enthousiaste, sa tenue guère reluisante mais celle qui la choqua le plus fut Sam. Il ne restait rien ou si peu de la merveilleuse vélane blonde qui avait captivé le Sultan et sa cour, à sa place, une gentille mignonne souris toute grise au sourire éteint et les yeux tristes.
 
*On est tous foutus !*
 
Justin…tu sais toujours tout…qu’est ce qui se passe ici ? C’est tout à l’envers…affreusement à l’envers…

Davenport était pauvre et travaillait pour quelqu’un, inadmissible. Sam jobbait dans une bibliothèque. Ils étaient sans le sou.
 
C’est trop dingue…c’est malade…c’est dément…
 
Et voilà que Sam, toujours si maitresse de soi, craquait…il n’eut qu’un pas pour qu’elle suive le même chemin et deux minutes plus tard, elles pleuraient toutes deux de concert, le plus triste, pour le même malheur.
 
KELAMERA N’EST PLUS !, ce qui était tout dire.
 
Entre hoquets et reniflements prolongés elle put les mettre au courant de ses trouvailles.
 
C’est tout…j’ai essayé de me communiquer avec Angel : nul…avec les autres aussi…On est isolés, pour une raison que je ne capte pas…je sais, j’ai jamais été une lumière mais là, crois pas être la seule…Ton idée, Justin d’envoyer Erik à Azkaban n’est pas mauvaise, elle est pratique…mais veux lui épargner ça…On doit trouver une tournure qui conviendra à Shakebolt…je pense pouvoir faire ça…*Tiens, tu raisonnes comme un auror, là…* Suis la coqueluche du service…autant agir vite avant qu’ils ne remarquent mes manquements…Suis une sorcière élémentaire, Sam…mes sorts sont minables et le résultat autant…Oui, Justin, je sais que tu m’aimes bien mais ça ne change rien…je n’ai jamais été à ta hauteur…ni essayé de l’être.

Perdue, elle se laissa aller contre l’épaule secourable de son Erik qui n’en menait pas plus large. Justin et Sam prirent congé, en leur donnant rendez-vous le lendemain, sur le tard. Il avait du boulot chez son chef.
 
Marrant, Justin travaillant pour quelqu’un…l’aurais jamais imaginé en salarié normal, celui-là…pas plus que moi en Auror…ni toi en dealer, cela va de soi…Erik…suis dépassée…ça me largue de bout à bout…suis là, sans y être…c’est pas moi, là… On est pas nous…
 
Là, il semblait plus perdu que jamais.
 
Justin a émis l’idée de qu’on nous jouait une farce…mais tu me diras, pour en faire une de cette taille, faut être doué…c’est toute note existence qui a été mise de travers…notre monde, tel qu’on le connait, mis sens dessus dessous…Erik, tu es tel que je te connais…tu vas être docteur et grand maître du barreau…mais ça a basculé autrement…c’est cette fichue machine du temps…
 
Mais elle demeurait, encore et toujours, femme pratique. Se désoler sur les misères du moment lui ressemblant peu. Elle caressa amoureusement la tête blonde sur son épaule, encourageante.
 
Suis pas la Fée Clochette ni émule de Merlin, mais foi de moi qu’on vient à bout de cette embrouille…Je t’aime, Erik, mais le moment se prête mal à ça…pas que je t’envoie paître, loin de là…Non, nous allons jouer les cartes à notre disposition…lesquelles ?  Ben, les seules qu’on a…tes contacts et les miens…

Si soi-disant elle était l’agneau sacrificiel sur l’autel de la justice autant mener le rôle jusqu’à des fins conséquentes. On trasplana chez Erik.
 
Dis donc…c’est pas pour pauvres, ton décor…pas du meilleur goût, si tu veux mon avis mais enfin…t’es un méchant gosse, on peut pas attendre mieux et non  !  Quand je dis « fins conséquentes », ça ne contemple en rien ce que tu as en tête…

Comment éviter cette étreinte pleine de douceur mais aussi d’angoisse dont il l’enserra ? Elle céda un moment à la magie de ses baisers qui ressemblaient si bien à un délicieux oubli, mais le bon sens prit vite le dessus.
 
Erik…je t’aime par-dessus tout…mais en ce moment, on est plus nous-mêmes…Ce que tu veux, je le veux, moi aussi…mais pas comme ça…pas ici…pas dans cette angoisse…On mérite mieux, mon amour…Oui, je reste ici…ça va avec ma « couverture »…demain, je parlerai avec mon boss…tu verras, ça va marcher…
 
Quoi ? Comment ? Elle n’en savait à moitié rien en se pointant dans le bureau de Shakebolt, le lendemain de bonne heure.
 
Bien, McLane, bien…devoir mené jusqu’au bout !, et il souriait, complaisant.
 
Vous allez m’excuser, mais ça n’a rien de marrant…même si vous croyez le contraire, il ne se passe rien entre Nielsen et moi…Non, pas qu’il soit impuissant…je lui envoie un bon sortilège et hop…il est satisfait…Mais ce n’est pas de cela que je suis venue parler, Chef…Ce mec, n’est pas aussi pourri qu’on le pense…en fait, il est plutôt dépassé par ce qui se passe…

Sourcil arqué, oreille attentive, œil vif.
 
Nielsen n’est pas un dealer ordinaire…c’est un pauvre con tombé dans un piège tendu par un gros poisson…*Pardon, mon amour, mais il le faut !*…Révisez  ses dossiers…à peine moins que nul à l’école…Super sportif mais ça à moins de cerveau qu’un moineau !...regardez-moi ça…dites-moi sincèrement si un gars avec un IQ si ridicule serait capable de monter un réseau de distribution de drogues…pardon, c’est vrai  qu’il est à tomber mais dès qu’il ouvre la bouche…ça fait de la peine !
 
Ce qui veut dire, en résumé, Mc Lane ?
 
Ben tout simplement que je ne crois pas que ce soit lui l’homme à poursuivre…enfin, il est l’appât…mais on a besoin d’avoir la ligne,  non ?...Non, Chef…il ne m’a pas tourné la tête, je reste pragmatique et il est facilement manipulable…Ce que je vous demande, c’est du temps…juste un peu de temps pour mettre le grappin sur celui qui mène la ronde !

Oui, dit enfin le grand boss, c’est faisable et crédible…après tout après qu’on ait pincé ce pourri de Voldy, le grand…ses petites filières de trafic n’ont pas toutes été découvertes…ses Chacals faisaient un bon travail, façon de dire, ils dominaient le marché…même les Moldus s’en plaignent encore.
 
*Voldy le grand…boss de la drogue…allons donc, on aura tout vu…*

Et pourtant l’histoire le voulait tel. Opal s’épuisa les yeux sur des vieux dossiers qui prêchaient tous la même chose. Voldemort avait été le plus grand trafiquant anglais, Son réseau de distribution avait des atteintes internationales et après sa mort, lors d’un coup très réussi, par les  mains de la très aguerrie Ginny Weasley, capitaine des Aurors, le gros du réseau mis à découvert avait été détruit, mais subsistaient encore des  rémanents…
 
*Et, bien sûr, c’est de là que vient le mal…ça veut dire, ma jolie, qu’une balade à l’Allée des Embrumes s’impose !*
 
Erik n’était pas plus ravi qu’elle en s’engageant dans cette suite de ruelles sombres et si mal famées. Il était déjà venu, avant, et c’est là qu’il avait rencontré son frère pour la première fois. Opal, elle, n’y avait jamais mis les pieds et frissonnait rien qu’en pensant à tout ce qui se tramait dans cet endroit de perdition.
 
Dans tout cet émoi, on a oublié que tu as un pouvoir inédit, mon chéri…me dis pas que tu ne t’en souviens plus ?...
 
Il n’avait rien oublié, Merlin soit loué, fallait encore tomber sur la bonne occasion de l’appliquer. Ils déambulèrent, croisant des rares badauds qui ne leur accordèrent pas un regard. 
 
C’est pas dans la rue qu’on va trouver ce qu’on cherche…viens, entrons là !
 
Taverne sombre, enfumée, bruyante. Opal rentra la tête entre les épaules, tira encore plus la capuche de sa cape sur son nez et s’accrocha fermement au bras de son chéri. Leur entrée en scène ne sembla pas susciter grande attention et ils purent s’installer dans une table en coin d’où ils avaient une bonne vue d’ensemble. Commande servie, Opal  avala une gorgée de son Pur Feu manquant de peu de s’étouffer quand un homme, enveloppé dans sa cape et capuche dissimulant son visage prit place à leur table, sans qu’on l’y invite.
 
*Bingo !*
 
Mais son enthousiasme se mua en surprise totale en entendant sa voix.
 
C’est pas vrai…toi !
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Re: Les joies du retour...

Message par Justin Davenport le Sam Jan 04 2014, 18:17

*Il se passe quoi, bordel ?*
 
Si, au commencement, le retour lui avait paru être une bonne blague, là ça puait l’embrouille !
Des gens le reconnaissaient mais lui ne parvenait pas à se situer dans ce monde qui correspondant à celui quitté sans l’être pourtant tout à fait. La pauvreté avait toujours été la hantise de Davenport. S’agissait-il d’une punition divine ? Rabaissé de sa superbe pour devenir un larbin désargenté ! Ce n’était pas horrible mais…  
Il n’était pas le seul dans ce cas : Sam également subissait un étrange renversement de condition.
L’amour étant aveugle, Justin n’avait pas remarqué certains changements chez son adorée : sa blondeur éclatante était ternie, sa mise plus qu’ordinaire. Son air paumé l’attendrit beaucoup, surtout quand elle dut revêtir d’affreuses montures sévères pour reprendre son « travail » à la bibliothèque. Égoïste, chose rare, Justin trouva sa situation nettement plus enviable que celle vécue par Samantha. Au moins, il était relativement libre de ses mouvements malgré une paye assez chiche par rapport à la tonne de travaux à exécuter.  
Ses recherches via ordinateur ne firent, hélas, que conforter les dires de Sam : Michael n’était pour rien dans cette « blague » énorme !  Même si De Brent avait perdu l’esprit fanfaron de leur folle jeunesse, il n’aurait pas, matériellement parlant, eut le temps ni la puissance pour créer un imbroglio pareil.
Sir Archibald, son employeur, faisait hélas peu parler de lui dans les potins. Apparemment, il accumulait les millions en brassant des affaires et en menant une vie austère. D’aucuns parlaient que cet homme, plaisant dans sa jeunesse, s’était renfermé soudain. Un mariage arrangé n’avait pas amélioré les choses et aucun enfant n’avait égayé cette union de convenance qui dura dix années mornes avant que la maladie frappe. Veuf depuis cinq maintenant, il était clair que Sir Archibald Gray ne se remarierait pas.
Ni sur lui, ni sur Sam, Justin ne trouva le moindre renseignement.
L’heure s’avança gentiment. Avec Sam, ils firent un triste bilan des faits :
 
 Ce n’est pas une blague, Justin…c’est notre vie ! Même si on sait que ce n’est pas ainsi…c’est la seule qu’on a…
 
Pour le moment mon amour, juste pour le moment, rassure-toi ! Quelque chose a dû se produire avec la machine. Ce qui m’ennuie surtout c’est l’absence de nouvelles de la part des autres…
 
Comme s’il l’avait invoqué, un patronus les contacta sous forme d’un chien un peu fou, celui d’Opal McLane.  
 
Zut alors, commenta Sam, on n’est pas les seuls avec la merde jusqu’au cou…Tu finis à quelle heure, ton boulot ?
 
Je dois être rentré pour 17 heures. J’expédierai ça, au besoin.
 
Alors qu’ils renvoyaient une réponse à l’Australienne, Sam, elle, le renvoya au travail. Il s’inquiéta soudain :
 
Je… Dis-moi… j’espère que d’être fauché pour le moment ne change rien entre nous, hein ?
 
Elle le rassura mais d’une si petite voix qu’il s’alarma et, quand il s’évapora, mille idées lui tournaient dans le crâne, pas toutes très engageantes.  
 
Faire les courses, Davenport connaissait, heureusement. Il aimait même cela et était devenu copain de nombreux fournisseurs habituels qui avaient fini par admettre la justesse de ses exigences.  
La boucherie où il se rendit lui parut très correcte. Il y passa sa commande de volailles, veau, bœuf et charcuteries. La note serait salée, peu importait sauf que…  Le volume empaqueté sembla bien maigre à l’œil exercé de Justin. Il tiqua :
 

Excusez-moi mais… la balance est-elle correctement étalonnée ? Pourriez-vous déballer ces marchandises, s’il vous plait ?
 
L’employé, un jeune au visage boutonneux dont le badge indiquait le prénom d’Albert, pâlit un peu :
 
Cert… certainement Monsieur Davenport.
 
L’inventaire confirma les soupçons de Justin. Jamais il n’avait vu de poulet aussi rachitique à sa table ni de rôti pareillement racorni. Ne désirant pas faire de foin, il demanda :
 
Puis-je parler au patron, s’il vous plait ?
 
Albert détala mieux que le soi-disant lièvre révélé sur le comptoir ne l’avait jamais fait.
 
Le maître des lieux arriva, jovial dans son uniforme blanc immaculé :
 
Bonjour Justin, un souci ?
 
Il me semble, oui. Veuillez identifier ces marchandises, je vous prie.
 
Des clients, curieux, se groupèrent derrière un Davenport imperturbable. Pris de court, face aux visages attentifs braqués sur lui, le boucher changea plusieurs fois de couleur avant de s’emporter contre son employé :
 

ALBERT ! Qu’est-ce que tu as foutu avec cette commande ? Tout ça c’est de la merde ! Change ça, vite fait !
 
Les mets rachitiques furent bientôt remplacés par d’autres d’excellente qualité sans que la note n’en varie d’un iota. Malgré les plates excuses du boucher et promesse de ne pas récidiver, Justin ne put s’empêcher de conseiller en douce aux autres clients :
 
Si j’étais vous, je regarderais avant de payer !  
 
Dans les diverses boutiques où il se rendit, Davenport ouvrit l’œil également et rectifia plusieurs donnes et rentra plie à l’heure très satisfait de ses emplettes. Il rigola devant les exclamations émerveillées de la cuisinière qui jura ne plus avoir eu si bons repas à préparer depuis des lustres et s’activa aux fourneaux comme jamais. Justin ne résista pas à l’attraction et s’en mêla avec un plaisir si évident que Constance n’en revint pas de son talent si bien caché jusqu’alors. À dix-huit heures tapantes, un personnel vaguement inquiet s’aligna en attendant les réactions de Lord Archibald devant ses plats. 10 minutes après le passage de l’entrée, une Faustine excitée ramenait une assiette vide.
 
Il adore ! Il veut la suite, vite !  
 
Après le dessert englouti apparemment sans souffler, nul ne s’étonna beaucoup d’être convoqué à la salle à manger. Arthur, tremblant, alluma le cigare du maître de céans après lui avoir versé son cognac traditionnel. Dans un silence religieux, tous attendirent des commentaires qui tardaient. Enfin, après avoir claqué la langue, Sir Archibald demanda :
 
À combien s’élève la facture de cet extraordinaire repas ?
 
Le majordome déglutit en posant immédiatement les tickets de caisse ramenés par Justin devant le boss. La vérification rapide finit par étirer les lèvres minces d’un minuscule sourire :
 
Davenport, à quoi devons-nous cette surprenante amélioration de qualité ?
 
Très mal à l’aise, Justin pataugea un peu :
 
Je… j’ai beaucoup vu d’émissions culinaires et là… j’ai remarqué que…

 
Que l’on me  grugeait depuis des années ! Vous auriez dû le voir, depuis le temps ! Vous êtes renvoyé, Davenport !  
 
*Eh merde !*
 
Tête basse, luttant contre son envie d’envoyer cet avare au diable, Justin amorça un repli vers la sortie. C’est alors qu’un concert de protestations s’éleva :
 
C’est pas juste Sir Archibald ! En cuisine, il a fait le plus gros du travail ! Je ne connaissais pas cette sauce-là, moi !
 
Il astique l’argenterie comme pas deux ! renchérit Faustine.
 
Ses tris de factures et courrier sont irréprochables, osa Arthur.  
 
Face à ce début de mutinerie, Sir Archibald sourit davantage :
 
Alors nous verrons… après la réception de demain. Que ce soit parfait ! Bonsoir !  
 
Ému par la solidarité de ses homologues, Justin leur promit de se décarcasser le lendemain afin que la réussite soit totale. En attendant, il fila discrètement à Trafalgar Square.
Les retrouvailles eurent lieu dans un café banal, et ce qu’il s’y dit n’était pas piqué des vers. Imaginer Opal en Auror et son Suédois en dealer aurait pu être marrant si la réalité des faits n’avait pas été si cruelle. Ils déménagèrent vers un fast-food, seul lieu possible vu leurs minables finances et, face à son hamburger, Sam craqua en longs pleurs :
 
Je n’y peux rien…ma vie est partie en fumée et on m’en donne une autre en échange qui ne vaut rien…
 
Je sais que cette bouffe est indigne de toi ma belle, mais bientôt on…
 
La suite prouva à Justin son manque de tact. La pauvre Sam s’en fichait de l’argent et de sa situation sauf que tout son passé s’était envolé dont l’essentiel : sa famille.
Là-dessus, Opal fondit aussi en larmes, pour des raisons similaires.  Avec Erik, Justin échangea un sourire navré, embarrassé. Eux n’avaient pas ce souci-là mais compatissaient pleinement.
Que faire d’autre que d’entourer leur chérie de leurs bras avec de douces paroles :
 
On va s’en sortir ! Tout redeviendra comme avant, je te le promets… Je… je ne sais pas encore mais je crois que le plus urgent est d’empêcher qu’Erik se fasse dégommer par ses fournisseurs. Tu leur dois combien, Erik ?
 
Il n’en savait rien au juste mais beaucoup.
 
Bon, d’après ce que tu as dit, tu roules sur l’or chez les sorciers, non ?...
 
Opal avoua le fruit de ses investigations chez Nielsen : tout était loué, rien ne lui appartenait vraiment. Justin se gratta la nuque :
 
Vais pas vous proposer de braquer une banque, surtout pas Gringotts. De trois choses l’une : soit on travaille comme des fous pour diminuer la dette, soit Opal met la main sur celui qui dirige les opérations, soit… elle arrête Erik. À Azkaban, il sera à l’abri, non ?  
 
Cela débattit un peu. Au moins les filles se changeaient les idées.  Un nouveau rendez-vous fut fixé au lendemain même endroit mais plus tard dans la nuit. Seuls, promenant comme de simples moldus, Justin raccompagna Sam chez elle en écoutant patiemment ses doutes et craintes.
 
… je sais, je sais tout cela, ma mie mais regardons la réalité en face. J’ignore complètement combien de temps cela va durer aussi nous allons aller de l’avant, tu veux ?... Moi ? Ben demain mon patron donne une réception et j’ai pensé que… ce serait chouette si tu pouvais me filer un coup de main. Pas que les autres soient incompétents mais avec deux sorciers à la clé, la réussite sera garantie.
 
Sam tint parole et se joignit à la fête. Avec bonheur, Justin la vit sourire pendant les multiples préparatifs auxquels elle se livra dans toute sa conscience professionnelle. Si les autres employés s’ébahirent de la magnificence donnée au buffet avec un budget si serré, aucun ne trouva à redire et ils se plièrent avec enthousiasme à tous les ordres délivrés.
Choix des musiques, décorations, mets furent parfaits et les commentaires des invités élogieux. Lorsque les derniers plièrent enfin bagages, Sir Archibald rayonnait d’une satisfaction rarement égalée. Il tint lui-même à féliciter son personnel.
 
Admirable ! explosa-t-il. Un vrai miracle ! Même cette vieille peau de Baronne Van Holt s’est déridée et m’a  appelé « cher ami » ! Vous serez tous augmenté !
 
Déjà on se réjouissait quand le maître ajusta ses besicles :
 
Voilà une bien jolie personne. J’ignorais que nous avions engagé une nouvelle employée…  
 
Justin sentit l’orage poindre. Autant prendre les devants en saisissant la main de Sam :
 
Je… j’ai pris la liberté de demander son aide bénévole à ma fiancée, Miss Samantha Forrester, bibliothécaire de son état.
 
Mais Sir Archibald n’écoutait que distraitement. Comme fasciné, il dévorait Sam des yeux. Son teint virant au cramoisi, la cantonade s’alarma. On assit le maître, lui dénoua sa cravate, le ventila ; il suffoquait.
 
J’appelle le docteur, s’affola Faustine.
 
Vais préparer du bicarbonate, s’affaira Constance.
 
Justin pensa saignée mais Arthur s’y opposa tandis que Sam revenait des cuisines en courant avec une mixture à avaler. La crise passa mais Lord Gray retint longuement la main de Miss Forrester :
 
Estelle, c’est toi ma chérie ? Dis-moi quelque chose, Estelle…  
 
Le docteur arriva et évacua tout le monde. Assez dépassés par la mésaventure, Sam et Justin rejoignirent leurs amis.
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Re: Les joies du retour...

Message par Samantha Forrester le Sam Jan 04 2014, 18:27

Malheur partagé reste malheur quand même, mais au moins pleurer de concert avec Opal leur fit du bien à toutes les deux, même si cela ne changeait rien à leur triste situation.  Les bras de Justin l’étreignant, ses mots rassurants,  voulus pleins d’espoir, rassérénèrent un peu son esprit dérouté.
 
Oui, soupira t’elle en s’essuyant les yeux,  de rien ne sert désespérer…Tu as raison, mon chéri, ce qui est prioritaire en ce moment est aider Erik !
 
Le pauvre suédois était largué de chez largué avec ses mésaventures. Il avait une dette dont on ignorait le montant mais tous se faisaient leur petite idée sur cela. Opal, qui avait mué en Auror prestigieux, menait sa petite enquête dont les résultats, jusque-là, n’étaient guère engageants.  Les idées émises par Justin ouvrirent le débat, chacun y mettant du sien.
Tout en marchant, Sam essayait de se montrer relâchée et positive, mais des longs soupirs lui échappaient rien qu’en pensant à rentrer chez elle et se retrouver à seules avec ses colocataires.
 
Elles n’ont pas l’air bien méchant…mais je ne suis pas habituée à partager mes quatre murs avec trois inconnues…
 
Je sais, je sais tout cela, ma mie mais regardons la réalité en face. J’ignore complètement combien de temps cela va durer aussi nous allons aller de l’avant, tu veux ?...
 
Bien sûr que je veux, Justin…on n’a pas d’autre ressource de toute façon…Désolée d’avoir craqué tantôt…c’était plus fort que moi…suis si perdue en pensant à Gerry…à ma vie…Enfin…Ça va aller…tu as raison…Changeons de thème, ce sera le mieux…qu’est-ce que vas faire ?

Elle se sentait minable à tenir cette conversation si anodine, luttant pour ne pas céder au désespoir mais Justin avait toujours le mot juste pour lui donner des forces.
 
Moi ? Ben demain mon patron donne une réception et j’ai pensé que… ce serait chouette si tu pouvais me filer un coup de main. Pas que les autres soient incompétents mais avec deux sorciers à la clé, la réussite sera garantie.

La simple idée de pouvoir faire quelque chose qui soit de son ressort l’enchanta.
 
Oui, oui…je veux ! Une réception ! Merveilleux ! Bien sûr que je veux t’aider…dis-moi où et à quelle heure ?...Je finis à 18h à la bibliothèque…T’en fais pas, je me débrouillerai pour y arriver…au moins on est toujours sorciers, parce que le Métro, tu sais…
 
Il sourit en l’embrassant.
 
Je t’aime, Justin…pauvre ou riche…tout ça m’est si absolument égal…si tu n’étais pas avec moi, je serais déjà devenue folle…

En rentrant, Sam fut soulagée de constater que ses colocataires étaient absentes. Elle déambula dans l’appartement, cherchant inconsciemment quelque reliquat de son ancienne vie, sans en trouver aucun. La resplendissante miss Forrester d’avant avait bel et bien disparu, engloutie dans cette petite vie grise et étroite qu’était la sienne à présent.  Il lui faudrait faire des gros efforts pour affronter cette réalité insipide sans céder à ce chagrin atroce qui lui nouait la gorge et l’âme.
 
*Il doit avoir quelque chose…un indice…une piste…n’importe quoi !*
 
Décidée, elle entama une fouille méticuleuse de chaque coin, de toutes ses possessions qui n’étaient ni nombreuses ni trop reluisantes.  Cela ne donna rien de concluant. La boîte se trouvait dans l’étagère la plus haute, Sam la prit. Elle contenait divers documents, entre autres son passeport…anglais.  Des factures et un certificat de naissance. Le sien. Tremblante, elle lut les informations fournies. Le nom de sa mère : Estelle Forrester.  Là où aurait dû se trouver celui de son père, deux petits traits suivis d’un seul mot : inconnu.
 
*Gerald Forrester…Gerry… et ma mère s’appelait Denise Crane…je suis Samantha Forrester, suis née à Miami…*
 
Recroquevillée dans son lit étroit, elle pleurait à chaudes larmes en répétant ces mots comme un mantra salvateur, une et une autre fois.
De nouveau dans son élément, même si les installations n’étaient pas optimales, Sam s’adonna à la tâche en toute joie de cœur. Il fallut mettre beaucoup de soi en question créativité vu le budget plutôt restreint dont ils disposaient mais elle se sentait pousser des ailes en se livrant à ce travail, faire des gestes qui lui étaient si habituels  l’éloignaient pour un moment des idées noires qui l’agitaient.
 
Sans vouloir vous commander, messieurs-dames, il faut qu’on se bouge là, respectons le timing…Constance il faut saucer les roastbeef…Faustine, essorez les salades délicatement, on ne veut pas les massacrer…Arthur il me semble que ces chandeliers seraient superbes à la table principale…
 
Et ainsi de suite, elle était partout, toujours avec un sourire, un conseil prudent, un petit coup de baguette discret, secondant habilement Justin qui de son côté faisait des merveilles. Quand tout fut prêt, à l’heure pile, elle jeta un dernier coup d’œil au grand salon offrait un aspect magnifique, comme pas depuis très longtemps, aux dires émus de Constance.
 
Avant…quand il était heureux, notre maître…mais cela fait si longtemps déjà…, soupira la brave femme.
 
Les invités arrivant, elles battirent en retraite à la cuisine. Faustine, Arthur et Justin assuraient le service, rapportant les commentaires glanés çà et là. La réception était un franc succès, le buffet s’avérait le clou de la soirée.
 
Sir Archibald est très content…il sourit même !, assura la petite Faustine, ébahie.
 
Le dernier invité parti, le maitre de céans convoqua son petit monde dans la bibliothèque. 
 
Admirable ! explosa-t-il. Un vrai miracle ! Même cette vieille peau de Baronne Van Holt s’est déridée et m’a  appelé « cher ami » ! Vous serez tous augmenté !
 
Sam se faisait toute petite, dissimulant sa présence derrière Justin mais ce n’est pas pour autant que Sir Archibald la rata.
 
Voilà une bien jolie personne. J’ignorais que nous avions engagé une nouvelle employée…  
 
*Oups…des problèmes ! J’aurais dû disparaître…suis si bête !*
 
Mais Justin prenait les devants et clarifiait la situation en avouant avoir demandé son aide volontaire tout en la présentant comme sa fiancée.  Pour une raison qui échappa à Sam, le noble employeur de son chéri semblait ne prêter aucune attention aux paroles de ce dernier, la fixant d’une drôle de façon avant de commencer à s’étouffer, passant de blême à cramoisi.

*Il est sous le coup d’une énorme émotion…comme qui  a vu un fantôme !*  Elle aida à l’asseoir, dénoua sa cravate, lui donna de l’air.
 
On se démenait, affolés. Tout le monde donnant des conseils. Sam fila à la cuisine, là, à seules, l’aide la magie s’imposait. Le mélange fut prêt en un clin d’œil, revenant à la bibliothèque elle le fit boire au malade qui se calme très vite.
 
Tout va aller bien, dit-elle doucement, calmez-vous…
 
Mas au lieu de cela, il s’emparait de sa main en murmurant :
 
Estelle, c’est toi ma chérie ? Dis-moi quelque chose, Estelle…
 
Je…je ne suis pas Estelle, Sir Archibald…mon prénom est Samantha…, assura t’elle, profondément troublée.
 
L’arrivée du docteur mandé en urgence  mit fin à l’étrange entretien. Une fois dehors, elle se rendit compte d’être en train de trembler, on attribua cela à l’émoi et Arthur, très empressé lui servit un cordial.
 
Ça va aller…merci…je pense qu’un peu d’air frais me fera du bien… et il est temps de partir, Justin et moi on a rendez-vous avec des amis…Ça a été un plaisir de pouvoir collaborer avec vous tous ce soir… 
 
La nuit était belle, elle préféra marcher un peu. Justin, bien entendu, n’avait pas manqué de remarquer l’attitude de son boss ni l’air bouleversé arboré par sa chérie.
 
Non…il ne m’a rien dit d’inconvenant, le pauvre homme était  très secoué…en plein émoi…Oui, comme s’il avait vu un revenant et tu sais…je pense que c’est bien le cas…Il m’a appelée Estelle, Sam soupira en s’accrochant au bras de son fiancé, non…je ne crois pas qu’il soit fou…je dois beaucoup ressembler à quelqu’un à qui il tenait beaucoup…Justin, j’ai trouvé mon certificat de naissance, hier soir, celui de la Sam de ce temps, bien sûr…le nom de ma mère y figure…et c’est…Estelle !

De quoi leur donner matière à réflexion.
 
Ce n’est peut-être qu’une coïncidence…
 
Ils oublièrent un peu cette étrange circonstance en retrouvant Opal et Erik qui semblaient, eux aussi sous le coup d’une forte émotion en livrant une information qui les chamboula tous.
 
Vous avez rencontré Michael à l’Allée des Embrumes ? Mais c’est génial…ou pas ?
 
La suite les laissa un peu plus confus, si possible. L’entretien avec De Brent avait été extrêmement court, Alix, le Duc et Angel étaient avec lui, en Écosse mais toute communication avec les autres était impossible…
 
Comment ça qu’il a disparu !?...Qu’est-ce  que tu dis Erik ? Absorbé par une force irrépressible ?
 
Opal y alla avec plus de détails abracadabrants sur cette apparition-disparition aussi singulière  ce qui les laissa pantois et plus confus encore, si possible, en outre l’enquête pour tirer le suédois de son pétrin était en point mort, de quoi désespérer.
 
Je ne pense pas qu’Erik soit en grand danger…pas encore.  Ses fournisseurs attendront encore un peu avant de se pointer, si Erik est aussi bon qu’on le dit, ils ne vont pas tuer la poule aux œufs d’or…parce que c’est visiblement ce tu es, Erik, non ?…Oui, je sais assez sur ce genre de choses, Opal…Dans mon autre vie, je suis une espèce de…euh, flic ou quelque chose de ressemblant…non, mes restos ne sont pas un écran, Erik…je suis vraiment chef-coq…mais ça n’intéresse pas  pour le moment… Faut quand même prendre des précautions, il ne faut pas que tu ailles par là tout seul, Erik… Tu pourrais demander protection, c’est faisable, je m’imagine ?...À qui ?...Les Aurors me semblent les plus indiqués… Ah bon ? Ça ne marche pas comme le F.B.I …
 
Justin y alla de quelques conseils très judicieux et on se quitta avec la promesse de se retrouver le lendemain.
 
Pauvre Erik, ça me fait de la peine…c’est un si brave gars…veux pas penser à ce que pourraient lui faire ces misérables…mais ce qui me tracasse le plus est ce qui s’est passé avec Michael…c’est insolite !...Pourquoi tout ça ?...Cette impossibilité de se communiquer ? …Ça et tout ce qui se passe…plus j’y pense, et plus je me dis que tu n’as peut-être pas tort en disant que tout ceci est une blague…une énorme et sadique blague concoctée par des forces supérieures qui nous dépassent…ou le même diable, va savoir !...Demain ? C’est samedi, je ne travaille pas à la bibliothèque…je vais me chercher un autre job…celui-là est rasoir à en mourir…

Ils se quittèrent sur le pas de la porte de son immeuble après avoir accordé de se rencontrer dès que travail de Justin  le lui permettrait. Ses colocataires devaient faire la fête ailleurs, bénissant sa chance, Sam s’attabla face à l’ordinateur commun et initia des recherches très ponctuelles. Il était très tard, ou très tôt, au choix quand, fourbue mais assez satisfaite, Sam décida d’aller dormir quelque heures.
Essuyer des négatives à répétition commençait à lui saper sérieusement le moral, déjà assez diminué. Elle avait mis grand soin à s’arranger avant de débuter cette virée mais à croire que, même en s’y efforçant, son charme de vélane avait pris un sacré coup ou tous les hommes rencontrés étaient immunisés.
Il ne restait plus que deux adresses dans sa liste.  Elle poussa la porte du petit restaurant et sut d’instinct être arrivée à bon port.  L’endroit venait d’ouvrir.  Les premiers mots échangés, le propriétaire admit avoir besoin d’aide en cuisine. Sans plus de préambules, Sam l’y précéda, enfila un tablier et s’acquitta sas ciller aux ordres donnés à toute vitesse.
Une demi-heure plus tard, elle était engagée.
Le message de Justin, via patronus, la surprit en sortant ce si fructueux entretien. Il lui demandait de se rendre, dare-dare, à Kingston, chez Sir Archibald.
 
*Mon Dieu…j’espère que le pauvre n’est pas mort !*
 
Il n’en était rien. À peine arrivée, le majordome l’escorta au bureau du maître de céans, où se trouvait déjà Justin, l’air assez remué.  Avant que quiconque ne s’avise à placer le moindre mot, Sir Archibald s’était levé d’un bond et allait au-devant de Sam, les mains tendues, transfiguré. 
 
Mon enfant chérie…
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Re: Les joies du retour...

Message par Erik Nielsen le Sam Jan 11 2014, 11:56

KELAMERA N’EST PLUS !
 
Cri déchirant s’il en est ! Il résumait l’angoisse innommable dans laquelle était plongé le cœur de son Opaline.  Imaginer sa famille complète disparue, comme ça, d’un coup de baguette, devait être insupportable. D’ordinaire si forte, son Australienne favorite ressembla alors à un oisillon tombé du nid, et si Nielsen avait dû fondre d’amour encore plus, c’est ce moment qu’il aurait choisi.
Dure réalité qui les cernait tous, ou du moins eux quatre, quatre paumés dans un monde qui n’était pas le leur. Pour Opal, elle qui avouait sans fioriture se sentir dépassée et piètre sorcière, Erik se devait de se montrer à la hauteur, en présence et force. Il en fit secrètement serment tandis que, un peu calmée après le départ de Sam et Justin, sa belle énonçait des vérités :
 
Justin a émis l’idée de qu’on nous jouait une farce…mais tu me diras, pour en faire une de cette taille, faut être doué…  *Plus que nous tous réunis*Erik, tu es tel que je te connais…tu vas être docteur et grand maître du barreau… *Dans une autre vie, peut-être…*
 
Il aurait tant voulu qu’elle soit fière de lui. Là, qu’avait-il à lui offrir sinon un avenir derrière les barreaux où elle l’aurait mis ? Il se raccrocha à elle comme un noyé à son salut mais elle se méprit en l’écartant gentiment, prétextant :
 
…nous allons jouer les cartes à notre disposition…lesquelles ?  Ben, les seules qu’on a…tes contacts et les miens…   
 
Bref, pas grand-chose !
De retour « chez lui », Opal lui signifia clairement vouloir conserver sa couverture mais pas passer sous LA couverture.
 
*Elle croit que je ne pense qu’à ça…*
 
Elle avait grand tort en ayant raison : il y a un temps pour tout. Lui, ce qu’il souhaitait, c’était la garder en sécurité près de lui, le reste importait peu.
 
Au matin, elle fila travailler le laissant avec la seule instruction de la veille : contacter ses relations.
Il avait à peine achevé sa toilette qu’on sonnait à sa porte. Un coup d’œil au judas l’informa sur ses visiteurs : Kevin et Stan, deux membres de l’épiques.
 
Salut, on ne te dérange pas, commença très poliment le premier.
 
L’autre, par contre, ne prit pas de gants :
 
On avait peur que tu sois encore à poil et rates l’entraînement une fois de plus. Prends tes affaires, on y va !  
 
Le temps de saisir un sac, ils s’évaporèrent.
Leur arrivée dans les vestiaires fut joyeusement saluée. Étrange sensation d’être ainsi entouré de sympathie fraternelle pour quelqu’un qui avait été si longtemps solitaire. Mais la sensation d’euphorie dura peu car, sitôt son équipement sur le dos, les gars l’entourèrent mains tendues, paumes vers le haut. Un peu interloqué, Erik ne réagit pas de suite. Bientôt, un à un, les sourires s’éteignirent. Stan s’énerva franchement :
 
C’est pour aujourd’hui ou pour demain ?
 
Que… quoi ?
 
Te fous pas de ma gueule Nielsen. T’en as ou t’en as pas ? gronda le batteur.
 
Comprenant enfin ce que tous semblaient attendre, Erik déglutit :
 
Je… je n’ai pas été livré, et…
 
Ils furent cinq, cinq fauves mal lunés à lui sauter sur le râble. Les coups pleuvaient tels des marteaux, et sans l’intervention pacifique du poursuiveur Kevin, il aurait pu dire adieu à sa belle gueule sinon à Opaline.
 
Arrêtez ! beugla le plus fluet de la bande. On peut très bien jouer sans, je vous l’ai dit mille fois !
 
Tu veux que je t’écrase, moucheron ?
 
Bravement, Kevin redressa le menton ainsi que sa baguette :
 
Tu ne me fais pas peur, Stan.  Du retard de livraison, ça arrive et c’est pas en le réduisant en miette que ça s’arrangera. Mr. Clean va devenir violet à force de siffler après nous. Vous n’entendez pas ?
 
Tous s’écartèrent enfin de Nielsen qu’aida à se relever son unique vrai pote qui lui fourra casque et balai en mains :
 
Je ne serai pas toujours là à te sauver la mise Erik. Tu devrais contacter les Aurors une bonne fois pour toutes.
 
L’entraînement fut un vrai calvaire. L’équipe engagée en adversaire ne leur fit aucun cadeau. Si le match que vit Erik en flottant au-dessus du terrain devait être prémonitoire, l’avenir s’annonçait terrible. Des anneaux se ratèrent, des cognards massacrèrent poursuiveurs et batteur. Le gardien – Bradley Moore – s’en prit même un en pleine face. Le comble fut atteint au bout de dix minutes quand Erik, pourtant bien dans la ligne du vif d’or se le laissa rafler sous le nez par un maigrichon hilare nommé… Potter.
Clean écumait de rage, il en aurait bouffé sa casquette. Erik ne sut éviter le poing qui lui éclata la lèvre :
 
CAPITAINE DE MES DEUX ! Sale petite ordure de pantouflard fêtard ! Par la barbe de Merlin, qu’est-ce qui vous prend tous ? Vais vous apprendre, moi ! Remontez sur vos balais, on remet ça ! Du nerf, bon dieu !  
 
Il n’y eut pas de pause de midi, ni aucune autre du reste. Les poursuiveurs marquèrent quelques tirs honorables mais Erik rata lamentablement tous les vifs d’or expédiés. Il va sans dire que, dans les vestiaires, l’ambiance fut complètement différente qu’au départ. Seul Kévin lui tapota amicalement l’épaule avant de le laisser ruminer la désaffection générale.  
Chez lui, sous la douche, Erik soigna ses multiples bobos comme il put. Souvent son œil darda le sac reçu dans l’allée des embrumes, dégoût et envie mêlés.  Il n’y toucha cependant pas, Opal ne tarderait pas.  
Lorsqu’elle débarqua, la nuit tombait. Le fruit de ses recherches portait essentiellement sur un clan nommé les Chacals dont les ramifications s’étendaient loin, très loin, jusque chez les moldus. Mais le point de départ restait aussi brumeux que l’Allée qu’Opal tenait absolument à ratisser. Pensant sans doute qu’il s’était tourné les pouces toute la journée, sans même lui demander son avis sur la question, elle l’entraina dans son sillage.
Belle galère ! À tout moment, Erik craignit de croiser le gars à qui il devait du fric :
 
*Deux passages à tabac dans la journée ? Pitié ! Demain soir, je serai mort de toute façon, alors… *
 
Il tut ses appréhensions aussi bien que ses maux de côtes, et dos. Opal, à cent lieue de se douter de ses tourments intérieurs, le tira brusquement de sa rêverie :
 
Dans tout cet émoi, on a oublié que tu as un pouvoir inédit, mon chéri…me dis pas que tu ne t’en souviens plus ?...
 
Hein ? Il avait un talent particulier, lui ? Elle dut lui rafraîchir la mémoire :
 
… ah oui ! Depuis le temps que je le refoule pour te plaire…  
 
Et c’était vrai. L’avant-dernière fois qu’il l’avait exercé, c’était sur Michael qui l’avait contré très – trop – facilement du fait de leur parenté ensuite prouvée. Voldy en avait été affecté…
Ce rappel fut bénéfique à l’humeur du jeune Suédois qui fut presque joyeux en pénétrant dans l’auberge désignée par Opal.
Triste lieu de perdition. Qu’on les regarde de travers, pas étonnant vu leur mise même arrangée en fonction. Dans ce milieu, la suspicion étant souveraine…  
Pas de plan précis : on consommait et attendait. Le pur feu était surtout un pur tord-boyaux mais Erik avait besoin d’un remontant.
 
*M***e !* On plait à ce gars, à onze heures, souffla-t-il à Opal en observant un mouvement dans leur direction.
 
La démarche du type était étrange, comme s’il luttait contre un courant invisible pour arriver jusqu’à eux. Sur la défensive, Nielsen saisit sa baguette mais lorsque le capuchon de l’individu tomba, il ne sut réfréner un cri de joyeuse surprise :
 
Michael !  
 
Rien de plaisant sur le visage de son frère qui semblait refléter une grande souffrance :
 
Qu’est-ce que tu as ? Qu’est-ce qui ne va pas ? dit Erik en accrochant la main tendue.
 
On a pas de temps…il se passe des choses très étranges…On peut pas communiquer…
 
On a remarqué aussi ! Justin et Sam sont bloqués avec nous…  On est dans la merde Michael !!
 
Les vêtements de De Brent tourbillonnaient autour de lui et, quels que soient ses efforts pour le retenir, il se décrocha, englouti par Merlin sait quoi.
 
Michael, Michael…
 
Choqué, il parlait dans le vide et en aurait pleuré de frustration sans la main apaisante d’Opal sur son épaule.
 
Dites, ça lui prend souvent à votre copain de parler aux murs ?
 
Le barman les resservit sans un mot de plus. Incroyable mais, à part eux, nul ne paraissait avoir remarqué quoique ce soit. Ils reprirent leur attitude de paumés – pas difficile vu les circonstances – et patientèrent jusqu’à ce qu’Opal repère un gars dont ses fiches avaient parlé. Signalé comme un dealer à la petite semaine, il leur parut la proie idéale. Influencer ce minus fut des plus aisés. Sans rechigner, il dégoisa tout ce qu’il connaissait sur la ramification qu’il occupait. Peu de choses, mais divers noms et lieux intéressants quand même. Sitôt l’interrogatoire achevé, les complices  rentrèrent au nid. Le bilan excitait Opal qui parla, parla à en être saoulé. Il répondit par des oui, non, distraits au point que sa belle finit par remarquer que quelque chose clochait :
 
… C’est rien, suis fatigué, répondit-il, vague… Oui, Michael, c’est ça !
 
Ni l’un ni l’autre ne pigeait ce qui s’était passé là-bas. Ils n’avaient pourtant pas rêvé et Erik le savait doublement.
 
… Excuse-moi, faut que j’aille au petit coin.  
 
Seul dans la salle de bains, il s’appuya contre le panneau en serrant les dents puis osa regarder la cause de ses maux. Sa main, celle qui avait tenté de retenir Michael, avait subi d’étranges dommages. Cloques et coupures étaient au menu outre une douleur affreuse. L’eau froide lui fit du bien, mais l’idée de ce qui avait pu arriver à son frère complètement aspiré par le phénomène le lancina davantage.
 
*Qu’est-ce que c’était que ce b****l ? Dans quel état est-il, lui ? Pourvu que les autres aient pu…*
 
Maladroitement, en serrant les dents, il essaya d’arranger les choses. Hélas, la longueur de son absence devait peser à Miss McLane car bientôt des coups à la porte résonnèrent :
 
… C’est rien, suis un peu patraque !
 
Cette excuse bidon fit long feu, et une Opaline pas contente déverrouilla la porte. Inutile de dissimuler sa main, elle avait pigé d’un regard.  Quel sermon ! Elle s’emportait ? Alors lui aussi s’emporta :
 
… oui, tu as raison, je suis un idiot fini doublé de tout ce que tu voudras ! Mais suis aussi le mec qui s’est fait tabasser à son entraînement de plus de huit heures non-stop. Celui qui sera mort demain soir parce que pas fichu de livrer leur came à ses équipiers ni d’éponger ses dettes ! T’es contente ? Va donc rapporter nos pauvres renseignements à ton fan club des Aurors, récolte tes lauriers et oublie-moi !  
 
Au lieu de la baffe attendue, voire espérée, il reçut un baiser époustouflant agrémenté quand même de légers blâmes et excuses.
 
Vive Ste Mangouste ! La médicomage qui les reçut resta très songeuse quant à l’origine du mal inconnu décrit par les jeunes gens. Néanmoins, par les sortilèges déjà employés par Erik additionnés de potions et onguents complexes, la main blessée fut comme neuve. Il ne resta plus aux amoureux réconciliés qu’à se rendre au rendez-vous avec leurs amis pour leur raconter les derniers événements. Là, Sam tenta de se montrer rassurante en prétendant que les malfrats ne feraient rien à leur dealer principal. Erik grommela en retour :
 
… que peut savoir un chef-coq des histoires de drogue ?
 
Dans mon autre vie, je suis une espèce de…euh, flic ou quelque chose de ressemblant…
 
*De mieux en mieux ! Décidément, à part ici, tout le monde sauf moi mène une double-vie !*
 
Justin et Sam promirent quand même d’assister au match le lendemain soir.
 
Merci ! Vais avoir grand besoin de gardes du corps.
 
De nouveau dans ses murs, Erik ne put empêcher l’amertume de l’envahir encore. Les gentillesses d’Opaline n’y changèrent rien, l’alcool non plus. Incapable de fermer l’œil malgré sa fatigue, le Suédois gambergea longtemps face au sac bourré de drogue qui le narguait.
 
*Vais la leur refiler, ils me foutront la paix !*
 
Cette seule idée le dégoûtait.  Il devait bien exister un moyen. Les études entreprises devaient bien lui servir à quelque chose, non ?
Au petit jour, Opal fut surprise par les délicieuses odeurs émanant de la cuisine. Plein d’entrain retrouvé, Erik la sait à bras le corps et pirouetta avec elle :
 
J’ai trouvé pour ce soir !... Ça tient en un mot : placebo ! 
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Erik Nielsen

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Re: Les joies du retour...

Message par Opal McLane le Sam Jan 11 2014, 12:29

C’était à en devenir franchement fou !  Ce monde chamboulé était une source intarissable de surprises, ce dont on se serait très volontiers passé ! À tout ce qui les tourmentait déjà s’ajouta la disparition inexplicable de Michael avalé par Merlin sait quel phénomène non répertorié. On ajoutait un autre motif d’angoisse à la déjà longue liste.
Le minable sous fifre dégoté à la taverne n’était pas exactement une source d’information mais pouvait-on s’attendre à mieux d’un simple pion de deuxième zone ? Soupirs à l’appui, Opal essayait de dévider l’écheveau, sans trop de succès.  Trouver le fameux fil conducteur. Sacrée colle !
Les Chacals ! Ça revenait tout le temps, force était se supposer que c’étaient eux qui trempaient dans toutes les affaires louches qui se concoctaient dans le coin. Elle y alla de sa petite théorie de long en large n’obtenant de son chéri que des onomatopées  occasionnelles.
 
Tu te sens bien ? Tu n’as pas pipé mot depuis un moment…
 
C’est rien, suis fatigué !
 
Je comprends ce que tu sens, Erik…c’est à cause de ton frère, non ?
 

Oui, Michael, c’est ça !
 
Elle ne dit rien mais aurait juré qu’à part l’incertaine destinée de Michael, il y avait encore quelque chose, mais Erik demeura hermétique et s’excusa pour disparaître poliment. L’australienne soupira et s’assit sans cesser de réfléchir. Deux minutes plus tard, elle se levait pour faire les cents pas tout en marmonnant des idées  sans queue ni tête. Elle ne disposait que de bribes éparses qu’il fallait rattacher quelque part pour avoir un ensemble logique. Fameux puzzle !
 
*C’est ce que ça donne quand un cuistot joue à Sherlock Holmes…Allez, ma fille, du cran…Tu as regardé assez de TV dans ta vie comme pour avoir une petite idée…Tu parles !*…Erik, tu vas bien ? Ça fait des heures que tu es là-dedans !
 
À la troisième fois qu’elle eut à demander et qu’il répondit la même chose, Opal fonça, pas que forcer la porte des toilettes fut dans ses habitudes mais là, ce long séjour silencieux se prêtait à suspicion. Erik n’avait pas l’air simplement patraque, comme prétendu, mais  plutôt à bout de rouleau. L’état calamiteux de sa main ne lui échappa pas, la faisant voir rouge.
 
Mais ça ne va plus chez toi…c’est quoi ça ? Tu es blessé…ta main…elle est toute brûlée ! Tu es dingue, Erik Nielsen. Pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ! Pourquoi me caches-tu ça !?...C’est stupide de ta part…pourquoi ces cachotteries ? Ou est-ce que tu as encore quelque chose à passer sous silence ?...Sois pas idiot, Erik…parle…
 
Quels mots pleins d’amertume et désespoir. Il se sentait perdu, désemparé, menacé et condamné, tout d’un et elle s’en voulut à mort de ne pas l’avoir remarqué, trop prise dans ses propres cogitations.
 
Va donc rapporter nos pauvres renseignements à ton fan club des Aurors, récolte tes lauriers et oublie-moi !
 
Elle fut tentée de lui envoyer une gifle à toute volée mais préféra l’embrasser.
 
C’est fou ce que tu peux être bête, mon amour ! Ça te sert à quoi, ce silence ?...Tu vas tout me raconter et on verra ce qu’il en sort, mais en ce moment, on va faire soigner cette main !

Passage à Ste. Mangouste, où on ne sut, non plus élucider les causes possibles de ces blessures. Erik soigné, ils se réunirent, comme prévu avec Justin et sa Sam. Courte mais riche en conseils et idées, la réunion les laissa au moins avec la sensation de ne pas être seuls en ce bas monde si compliqué.
 
Tu sais, Sam a sans doute raison…tu es une espèce de poule aux œufs d’or, du moins c’est ce qu’ils pensent…quelque part, il y a un type qui te ressemble et est un salaud fini mais enfin, ça ne nous occupe pas pour le moment…Tu me dis que l’équipe au grand complet demande la came…toute l’équipe ?...Ah bon, le tel Kevin semble réglo et te conseille d’aller tout raconter aux Aurors…l’a pas tort mais pour le moment ça ne t’avancerait pas grand-chose…faut des évidences ! …Lesquelles ? Euh…voudrais bien savoir, moi…Tu oublies que je n’ai aucune formation comme flic…Auror, peu importe…Et l’entraîneur…il fout quoi, à part t’envoyer au diable ?
 
Erik n’en savait trop rien, on l’avait rossé, voué aux gémonies et menacé d’une mort sûre mais à part cela, il ignorait tenants et aboutissants de cette embrouille tordue.
 
C’est quand même quelque chose que le tel Clean n’intervienne pas…enfin, je dis…comme qui dit n’importe quoi, qu’un entraîneur sait ce que font les gars de son équipe…si c’est un bon entraîneur, s’entend…Non, là je pense à un film que j’ai vu il y a pas longtemps…Mais non, Erik, je ne divague pas…Je cherche une certaine logique dans tout ça…
 
Pas sûre de trouver des solutions valables mais s’accrochant à toute alternative croissant son chemin, Opal essaya de noyer un peu le poisson de l’angoisse en préparant un bon repas, servant du vin, parlant de tout et n’importe quoi. Rien n’y fit, le pauvre Erik demeurait morose.
 
Je te jure qu’on va s’en sortir, mon chéri…on va s’en sortir…ou sans ça, on s’enfuit et on va se tapir en Nouvelle Zélande…pourquoi ?...Ben c’est le plus loin que je peux m’imaginer…Viens, allons dormir…un peu de repos ne fera pas de mal.
 
La belle idée ! Le sommeil, quand il consentit à venir, fut hanté de rêves étranges, sans aucun sens apparent, apportant un brin d’espoir pour après la faire sombrer dans un gouffre sombre de peur et solitude. Elle se réveilla en sursaut. D’Erik, pas de trace mais des agréables émanations s’échappant de la cuisine finirent par l’attirer irrémédiablement.  Elle n’avait pas fait deux pas dans l’endroit qu’un Erik radieux la saisissait à bras le corps en valsant presque.
 
Dis donc…tu es bien content, là…
 
J’ai trouvé pour ce soir !... Ça tient en un mot : placebo !  
 
Ses explications la firent applaudir, ravie.
 
Tu es un génie, Erik…Tu es merveilleux !...Oui, l’idée est fantastique…Vous le gagner, ce jeu…
 
Elle aurait voulu pouvoir accompagner Erik jusque dans les vestiaires, mais pour des raisons évidentes, ce n’était pas permis. N’empêche que juste avant qu’il ne s’y perde, elle s’arrangea pour rencontrer le reste de l’équipe et l’entraîneur qui les houspillait. Toute à son rôle d’amoureuse éperdue, ce qui n’était pas mentir, de la super star, elle se comporta comme la parfaite idiote, que tous attendaient. Une autre aurait rougi des quolibets lancés par ces rudes gaillards, mais ayant grandi dans un monde nettement masculin, elle n’en avait que faire, quitte à répondre aussi fraîchement au besoin.
Celle- là fut une bonne opportunité pour  juger un peu  les personnages qui entouraient son chéri. D’emblée elle n’aima pas du tout le dénommé Stan,  catalogué dans la rubrique sombre brute qui se croit tout permis. Les autres, lui firent l’effet de moutons plus ou moins dociles. La façon dont l’entraîneur la jaugea lui déplut énormément mais déjà il entraînait ses garçons à l’intérieur et il ne lui resta autre chose qu’aller s’installer dans les gradins pour suivre un jeu de ce sport qui n’avait jamais trop attiré son attention, s’attendant à voir apparaître Justin et Sam d’un moment à l’autre, mais ils ne se présentèrent pas.
 
*Pourvu que pas de nouveaux ennuis…*
 
La foule en plein délire accueillit le triomphe de l’équipe nationale. Elle avait suivi le jeu, et les commentaires faits par les entendus en la matière, avec croissant intérêt. Erik, selon elle, avait joué comme les Dieux, attrapant le Vif d’or sous le nez de l’agressif de l’équipe contraire. 
Se frayer passage dans cette cohue en pleine euphorie ne fut pas chose aisée, mais jouant des coudes, elle parvint non loin de l’entrée des vestiaires, où, il fallait s’y attendre, se massait aussi une foule, surtout d’admiratrices enfiévrées. Mais ce qui retint l’attention de miss McLane fut la présence de l’entraîneur là dehors, au lieu d’être avec son équipe victorieuse. Il n’était pas seul. En grande discussion avec un type d’aspect douteux,  Chester Clean était blême…de rage ! Furieux au-delà de toute description, il gesticulait, s’étouffant presque, allant presque jusqu’à frapper son interlocuteur.
 
*En voilà un qui n’est pas content du tout…me demande bien pourquoi…Son équipe vient de gagner !*
 
Un petit sort de Désillusion l’aurait bien aidée en ce moment, elle maudit sa nullité comme sorcière mais sans se laisser démoraliser pour autant, se glissa le plus près possible du couple suspect.  Pas douée en magie, peut-être, mais de là à être sourde…
 
C’était la fausse, crétin !...Ces cons ont…Je te dis, moi…Une fortune…Quoi, la bonne ? ET ÇA QUOI !?... C’est de ma peau qu’il en va…
 
*HEIN !?*
 
La discussion allait bon train mais il y avait tant de bruit aux alentours qu’Opal ne put saisir que des bribes. Ces deux-là se disputaient ferme. Apparemment l’un avait fourni quelque chose de faux et ça avait donné un résultat inattendu…Avent de finir de tirer la chose au clair, les deux hommes s’éloignèrent puis Clean revint seul, faisant des efforts pour se ressaisir de sa colère. À peine les fans l’aperçurent, les acclamations atteignirent des décibels insupportables. Elle profita de la cohue pour se faufiler dans le chemin aux vestiaires.
 
*Bon sang…il se passe quelque chose de vraiment bizarre ici…*
 
Ses réflexions furent coupées court par l’apparition de son Erik, rayonnant. Il la prit dans ses bras, la faisant tournoyer dans les airs, alors que le reste de l’équipe accourait à son tour. Ça criait, ça riait, ça célébrait déjà cette victoire. Ils étaient  heureux, en plein délire, prêts à prendre leur bain de foule, à recevoir l’admiration de leur public éperdu. Quel chahut !  Opal fut embrassée, étreinte, on la fit danser…elle était la chérie de leur héros…Haie d’honneur entre ces fans folles qui voulaient leur arracher un souvenir, un baiser…
 
Ohlala…sortons de là, Erik…
 
Mais on ne voulut pas entendre de les voir déserter, ce soir c’était LA Fête et il fallut fêter. Clean qui s’était joint à eux, simulait à merveille une joie loin d’être ressentie. Mine de rien, elle eut le loisir de l’observer et surprendre parfois un regard haineux à l’envers d’Erik. Une idée, très déplaisante, avait commencé à faire son petit bout de chemin et peu à peu, au long de cette soirée qui sembla éternelle, Opal McLane, Auror malgré elle, voyait de plus en plus clair dans ce nœud d’intrigues.
 
On s’en va, chéri…Viens !
 
Se fichant des commentaires grivois, rires et autres, elle s’arrangea pour entraîner son cher et tendre vers la sortie. Ils y arrivaient presque quand Clean, assez éméché leur barra passage.
 
Pas si vite, jolis cœurs…dois parler à ce gars !
 
Ben, ce sera pour demain, entraîneur, ce gars, comme vous dites, est crevé…ÇA USE, LA VICTOIRE !
 
Un éclat mauvais passa dans les yeux de l’homme. Opal releva le menton défiante et lui rit au nez.
 
Vous n’allez quand même pas engueuler le héros du jour, hein ?...On se voit, Mr. Clean ! *Ironique à en mourir, son nom…* Viens, Erik !
 
Tu vas pas me dire que faire ou pas avec mes gars, gonzesse !
 
On parie ?, gronda t’elle en lui décrochant le poing sur le nez, soigne tes manières, pauvre plouc !
 
Et avant qu’il ne s’aventure à continuer, elle avait entraîné Erik dans un trasplanage d’escorte qui les mena pile poil chez lui.
 
Si tu vas me demander si je suis de mauvaise humeur, la réponse est OUI !...Pas contre toi, gros bêta…tu es merveilleux ! C’est contre cet homme odieux…ce Clean à la noix…

Et de le mettre au parfum de la conversation surprise. Erik n’en revenait pas. Elle décrivit l’homme avec qui parlait Clean et il pensa reconnaître celui qui lui exigeait de payer.
 
Tu vois, ça concorde bien…le mec qui te fournit est de mèche avec Clean…Bien sûr que ça ne semble pas tenir le chemin…mais ça le tient quand même !...Ecoute, Erik…l’entraîneur est un salaud fini…Selon lui, c’est la mauvaise camelote qu’on t’a filée… POURQUOI ?  Mais voyons…Il fallait que vous le perdiez, ce jeu…Mon chéri, ce que tu as bu t’a ramolli le cerveau…Mince, Angel a un sort dégrisant mais qu’on me pense si je m’en souviens…viens, bois du café !...

Après trois tasses, Mr. Nielsen était condamné à l’insomnie mais avait les idées plus claires et put suivre les décours des siennes.
 
Suis sûre que Clean fait des paris…et il a dû miser gros pour le jeu de ce soir…On comprend sa rage, ça doit faire une jolie somme…Au fait…tu l’as encore, la came ?...Super ! On va faire analyser ça !...Je suis Auror, mon amour…ça a ses avantages !...Faut que j’en parle à Justin…il saura que faire…Non, ils n’étaient pas là…mais qu’à cela ne tienne…demain, j’en parlerai à mon boss… maintenant, mon chéri…on va se reposer un peu…Un petit  chocolat chaud, c’est merveilleux pour dormir !
 
Le chef des Aurors écouta patiemment l’exposé passionné du lieutenant McLane, examina les preuves fournies et les envoya au laboratoire.
 
Si ce que vous maintenez, McLane, est  corroboré, nous avons de quoi douter gravement de Clean, ce qui blanchirait assez bien notre principal suspect.  Cette conversation que vous avez surprise peut être un indice très important.
 
Peut-être ? Sauf votre respect, chef…c’en est un ! …Je veux coffrer cet infâme, il utilise son équipe pour s’enrichir…On peut pas contrôler ses finances ?...Euh, ben oui, chez les Moldus c’est la procédure…on contrôle finances, appels téléphoniques…on les mets sous surveillance discrète…Oui, je sais, boss, que chez nous ça marche autrement….mais il devrait quand même avoir…
 
McLane, nous sommes des sorciers et agissons comme tels…Il me semble que là,  vous affectionnez les méthodes moldues, je me demande bien pourquoi…c’est la première fois que vous y faites mention avec tant de véhémence…
 
Euh…je…j’essaye d’ élargir mon horizon, chef !, elle n’était pas sûre que ce soit la bonne réponse mais tant pis, tant mieux.
 
Vous avez changé, McLane, je ne saurais dire exactement comment…mais vous n’êtes plus la même !
 
*Tu sais pas dire plus vrai, mon cher !*
 
Les résultats ne tardèrent pas. Et ils étaient surprenants, d’autant plus qu’ils donnaient du fondement à la théorie d’Opal.  La drogue fournie à Erik par son dealer était un sédatif, appelé à ralentir  les réflexes chez des patients hyperactifs. Ce genre de médicament ne faisait pas partie de la pharmacopée sorcière.
 
Voilà, qu’est-ce que je vous disais ?...Si vous voulez mon humble avis, ce dealer sorcier se fait fournir  de l’Autre côté…ce qui nous mène droit aux Chacals…ceux-là ils couvrent les deux fronts, on le sait depuis le temps…

Shakebolt acquiesça avec un sourire, Opal sauta sur l’opportunité, c’était là ou jamais !
 
Comme je vous disais l’autre jour, chef, je suis convaincue que Nielsen n’est qu’une espèce de bouc émissaire, manipulé par ce tordu de Clean, il les mène à la baguette, ses petits gars…Je pense que si on peut faire parler le dealer, il nous en raconterait, des choses…
 

Bien sûr, bien sûr…mais qui dit que ce type voudra collaborer avec nous ? Il se fait un pactole avec son négoce, vois pas pourquoi il voudrait fausser la donne et ficher en l’air son affaire.
 
Elle eut un petit sourire angélique et un geste vague de la main.
 
Qui sait ? Peut-être si on fait appel à la générosité de sa grande âme ?...Ne vous en faites pas, chef, laissez ça de mon compte, sais comment m’y prendre.
 
Regard suspicieux, soupir résigné.
 
Vous semblez décidée à redorer le blason de cette petite frappe, hein ?...C’est bon, vous avez 24 heures, pas une de plus.
 

Erik tournait en rond, comme fauve en cage, se faisant Merlin sait quelles idées, aucune trop gaie, si on en croyait à son expression mortifiée. Elle lâcha son sac et alla se glisser dans ses bras.
 
On a une chance en or, mon chéri, la seule qui nous reste. Shakebolt est à peu près convaincu de l’implication de Clean mais veut plus de preuves…et on va les trouver…tu vas le faire !...J’ai un plan…
 
Et de l’exposer rapidement. La simplicité même. Erik allait rencontrer le dealer pour s’acquitter de sa dette avec la somme fournie par ses camarades, la veille. Utilisant son pouvoir de persuasion, il contraindrait l’homme à passer à des aveux complets, livrant toute l’information nécessaire pour parvenir jusqu’à la source de la filière.
L’affaire fut rondement menée. Jamais on n’avait vu fripouille plus encline à collaborer avec le bon côté de la loi. Dans une opération conjointe avec la Police Moldue, une des filières principales des Chacals fut démantelée et les coupables mis sous les verrous, autant d’un côté comme de l’autre. Clean tombé en franche disgrâce chercha à s’enfuir mais fut écroué par sa propre équipe.
 
Le chef des Aurors regarda le lieutenant McLane imbu d’un grand respect, quoiqu’aussi d’une certaine malice.
 
Le Ministre est très satisfait, on peut s’en douter, collaborer avec les Moldus n’est pas pour lui déplaire, tout le monde le sait. Mais vous, McLane, d’où vous sortez ces idées si avancées,?...J’insiste, vous n’êtes plus vous-même…mais ça ne peut que donner du bon…il y aura sans doute un avancement, et votre champion s’en tire avec une admonestation rigoureuse mais pas de taule…Vous tenez vraiment à ce gars, hein ?
 
C’est un chic type…paumé, mal conseillé…Ça ira pour lui, maintenant, j’en suis sûre !
 
Elle rejoignit son chic type un peu plus tard, au parc.
 
C’est fini, mon amour…enfin, finie cette affaire-là… Erik, tout va bien…enfin, on est toujours piégés ici mais au moins…ton bon nom est rétabli, tu auras passé pour un gars un peu con victime d’un pourri sans scrupules… fais pas cette tête, c’était à prendre ou à laisser …nous, on sait la vérité…et on est ensemble, c’est tout ce qui compte !
 
Bravo ! Bravo ! Vraiment du grand art…suis fier de vous !
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Opal McLane

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