Un monde fou, fou, fou.

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Un monde fou, fou, fou.

Message par Angel Grisham le Sam Déc 21 2013, 09:54

Commencée sur des chapeaux de roue, abrupte et pleine de rebondissements pas toujours très amusants, cette virée à Auréa finirait-elle un jour et si oui, comment ? Telle était la question que beaucoup dont Angel Grisham se posaient à tout bout de champ. Pas qu’elle en ait eu marre d’être considérée en princesse d’Orient – surtout dotée d’un tel époux – mais quand même…   
J.O… Pas à dire, ce garçon lui plaisait plus que bien et, apparemment, elle ne lui était pas indifférente sinon pourquoi l’aurait-il aidée avec ses ennuis financiers puis accompagnée dans ce périple hasardeux ? Dommage qu’il soit si riche et, de plus, titré ! Tôt ou tard, il faudrait qu’il capte évoluer dans un monde opposé au sien et c’en serait fini des rêves romantiques…  
En attendant, à Auréa la situation évolua rapidement dans le bon sens. Les amis étaient prêts à tirer Alix et Michael du pétrin dans lequel ils étaient quand, à leur grande surprise, les choses s’accélérèrent. D’abord, ils crurent Alix folle au point de refuser d’exécuter certaines épreuves.
 
*Je ferais pareil !* songea Angel.
 
Mais perdre la sélection n’était pas une option pour Miss Blackstorm que son affreux oncle contraignait mentalement à l’obéissance. Puis, la décision finale appartint au Sultan.
 
Fort à parier que tonton va le forcer à choisir Alix, murmura Angel prête à lancer un sort de diversion.
 
Ce que nul n’escomptait furent les aveux très sincères du vizir quant à ses buts et manœuvres.
Avec joie, les sorciers lancèrent des « accio balai » et disparurent d’Auréa.  Le Djinn les attendait près de la machine dissimulée par ses soins dans un coin infranchissable autrement que par les airs.
Adieu ce siècle doré aux mœurs rétrogrades ! Retour à la case départ.
La fête bâtit son plein jusqu’à tard. Les dames s’étonnèrent quand même un peu en constatant l’absence de victuailles dans le frigidaire et armoires de la cabane, de même que la disparition des vêtements laissés sur place :
 
*Bah, les elfes les auront emportés. *
 
Magie aidant, ils firent un festin de roi en buvant passablement trop. Erik, éméché, taquina beaucoup son opaline et si Sam ne dédaignait pas son cavalier, Alix non plus. Aussi Angel se sentit-elle vite en porte-à-faux dans cette intimité grandissante.
Changement express de tenues, deux Anglais « normaux » abordèrent les rues de Londres en bons amis. Marche silencieuse s’il en fut ! Pour deux ex-époux, on aurait pu espérer mieux. Lorsque J.O l’ouvrit enfin Angel haussa légèrement les épaules :
 
… Demain la routine reprendra.  Grâce à toi je garde mon appart, mes chats et j’ai un nouveau job qui m’attend à Ste Mangouste… Fais pas l’idiot ! Je sais que tu es derrière tout ça.
 
Ils rirent doucement en se dirigeant vers l’immeuble d’Angel.
 
… non, je ne t’en veux pas de l’avoir fait. Je t’en remercie, quoique j’aimerais savoir… *POURQUOI !*… non, oublie ça. Et toi, que fais-tu demain ?
 
Pas folichons les projets d’un duc malgré lui ! Le temps qu’il expose ses plans, ils étaient arrivés.
Les touches du clavier externe acceptèrent son code d’accès ; Angel entrouvrit la porte du hall puis se retourna sur J.O :
 
Si tu veux, je passerai au ministère à l’heure du déjeuner, ça te va ?
 
Un sourire, un doigt sur la joue râpeuse, un bisou au coin des lèvres, elle pirouetta vers les ascenseurs. Machinalement, en attendant une machine, elle fouilla ses poches :
 
*Mince ! Pas de clé !*
 
À deux heures du matin, elle n’allait pas déranger la concierge ni sonner chez ses voisins de palier. Ne restait qu’une solution : transplaner cher sa grand-mère !  Sans trop se tracasser, elle descendit les quelques marches de marbre séparant les élévateurs des boîtes à courrier auxquelles elle jeta un œil distrait. Plusieurs débordaient d’enveloppes, prospectus, journaux. Un détail la frappa alors. Là où se trouvait habituellement son nom, une affichette en indiquait un autre.
 
*Mr. and Mrs. Smith ? C’est une blague !*
 
Comme plaisanterie, elle connaissait mieux. Fâchée, elle ôta l’excès de courrier qu’elle parcourut à la hâte, tout en vérifiant les noms des autres occupants de la résidence. À part deux ou trois, aucun ne lui était familier.
 
*Pas possible, je dors debout ou quoi ?*
 
Hésitante, elle secoua la tête et son regard tomba sur le journal qu’elle déplia, histoire d’en vérifier la date. C’était la bonne mais cela n’empêcha pas ses yeux de s’écarquiller face à l’article en 1ère page.
 
EVASION SPECTACULAIRE !
 
Sous le titre gras s’affichait deux photographies qui ne rendaient pas justice aux poseurs.
La bouche d’Angel s’ouvrit et se ferma d’incompréhension car, sans le moindre doute, les clichés représentaient rien de moins que J.O et Michael !
Elle lut à la vitesse éclair :
 
Hier soir, deux détenus sous haute sécurité de la récente prison de Belmarsh se sont fait la belle. Les circonstances de cette évasion restent encore mystérieuses à cette heure. James Oliver West et Michael de Brent, mieux connus sous les pseudonymes des braqueurs jolis cœurs, étaient recherchés pour un nombre conséquent de cambriolages à travers le monde. Opérant d’ordinaire en duo et sans violence, leur dernier exploit fut hélas particulièrement sanglant. Cinq personnes, dont notre très cher Duc de Gilmore, ont en effet perdu la vie après des tortures innommables sans doute destinées à leur faire avouer des codes d’accès aux coffres. Considérés jusqu’alors comme d’habiles détrousseurs, ces criminels sont passés à la vitesse supérieure. Grâce à des dénonciations anonymes et au travail acharné de Scotland Yard, ces odieux assassins avaient été bouclés la semaine dernière.
Nous insistons sur le fait que ces malfrats, sous des dehors angéliques, sont très dangereux et incontrôlables. Toute personne les apercevant est priée de…
 
Le cœur battant de manière désordonnée, Angel relut puis prit ses jambes à son cou.
 
*J.O, t’es où ?*
 
Évidemment, il n’était plus en vue même s’il venait de la quitter. Par où était-il allé, gauche ou droite ? Avait-il traversé, transplané, pris un taxi ? Si des avis de recherche, annonces de médias circulaient…
Se calmer… Posément, Angel rentra dans le hall désert de son immeuble et se concentra du mieux possible pour appeler son patronus. Un seul souvenir heureux remonta en surface, celui d’un baiser échangé… L’hermine invoquée reçut rapidement des instructions :
 

J.O, je ne sais pas ce qui se passe : toi et Michael avez la police moldue aux trousses. Cache-toi, vite !  J’arrive !  
 
Le temps d’un bref aller-retour du patronus, Miss Grisham sut où J.O serait. Concentrée au maximum, elle transplana. Tombant contre une vitrine très éclairée d’un carrefour animé, Angel fut désorientée quelques secondes mais finit par apercevoir J.O légèrement en retrait du feu de signalisation opposé au sien. Impossible de traverser à cet instant. Le passage au vert lui sembla interminable. Était-ce une idée ou des sirènes venaient-elles dans leur direction ?
Enfin, elle put mettre un pied sur les clous, rien qu’un hélas car une énorme limousine pila net devant elle.  Deux individus en jaillirent :
 
Miss Grisham, enfin vous voilà ! Rentrons, voulez-vous ?
 
Il n’en est pas question ! J’ai à faire.
 
Avec un soupir, cet homme s’adressa à l’autre :
 
Docteur, à vous s’il vous plait
 
La piqûre au bras la prit de court, la tête lui tourna alors qu’on la transportait dans la voiture de luxe. Son unique souvenir du départ fut peuplé de sirènes et de gyrophares en action.
 
Son crâne parut peser une tonne lorsqu’Angel tenta de le remuer. Une paupière rétive se souleva à force d’essai. Sa vision se précisant, la jeune femme observa  les alentours sans bouger le moindre cil.
Pour le peu qu’elle puisse juger de par sa position ainsi que par l’éclairage à peine filtrant au travers de lourdes tentures mal jointes, elle était dans une chambre cossue à l’ameublement ancien.
 

*Un lit à baldaquin ? Suis pourtant pas à Poudlard…*
 
Soudain elle sursauta car une silhouette se découpa dans la fente des rideaux :
 
Comment se sent-on en cette belle journée, Miss Grisham ?
 
D’abord Angel s’humecta les lèvres avant d’émettre :
 
De très mauvais poil ! Qu’est-ce que je…
 
Chut Mademoiselle ou je devrai encore appeler ce bon docteur Lawrence qui récupère dans la chambre voisine après la nuit d’enfer que vous nous avez imposée. Dois-je vous rappeler que votre oncle n’apprécie pas vos fugues ? Nous avons eu toutes les peines du monde à vous retracer cette fois.
 
Les idées s’organisant, Angel se souvint de J.O, des braqueurs recherchés, elle lança :
 
Tant mieux ! Je dois partir maintenant !
 
Non, non ! paniqua le domestique. Votre humble serviteur et ce bon docteur nous sommes portés garants de votre sécurité et…
 
Suis-je séquestrée ?
 
Loin de nous cette idée Mademoiselle, paniqua la voix qui l’avait abordée au carrefour londonien. Mais si vous désirez déjeuner, nous pouvons appeler Rosie qui vous assistera à votre toilette.  
 
Je n’ai besoin de personne, merci ! Je veux juste des vêtements et partir.  
 
Nous aviserons de votre emploi du temps après le déjeuner, Miss Grisham. Je sonne Rosie.  
 
Le valet agita un cordon près du lit et, quasi instantanément, parut une autre silhouette, féminine cette fois.
 
Bien le bonjour Miss Grisham, comment nous sentons-nous ce matin ou devrais-je dire ce midi ?
 
Ils en avaient des manières, ces gens ! Brusquement éblouie par la vive lumière illuminant la pièce par l’écartement des tentures, Angel demeura sans voix en rouvrant les yeux. De belle dimension, la pièce croulait sous des tonnes de bibelots et de fanfreluches disparates. Peu de livres, beaucoup de photographies encadrées dont deux retinrent son attention. Vive, Rosie s’interposa entre le lit et les clichés :
 
Nous allons prendre un bon bain avant de descendre déjeuner, n’est-ce pas Miss Grisham.  
 
Je me baigne seule et, d’ailleurs, une douche est plus sain ainsi qu’économique.
 
Un rire frais, cristallin, emplit la chambre :
 
Mademoiselle est de très belle humeur ce midi. Nous en sommes ravis.  Allez-y, je vous prie, vos vêtements seront pendus à leur place.  
 
Dès qu’elle put s’isoler, Angel s’adossa à la porte, sans clé, hélas. En fermant les yeux elle inspira et expira longuement avant de se gifler à la volée. Rien ne changea sauf :
 
Tout va bien, Miss Grisham ?
 
*GRRRR*
 
Non, ça n’allait pas, mais alors là pas du tout.  Qu’avaient donc ces gens à la traiter de la sorte, ou était-elle et, surtout, comment allait J.O ?  
La salle de bains disposait de tout le confort possible. Baignoire gigantesque, douche large aux parois semi-transparentes, etc.
 
*Le genre de truc trouvé dans des hôtels de luxe…*  
 
Résolue, elle actionna les manettes de la douche et chercha une issue. L’unique fenêtre opacifiée ne s’ouvrait pas.
 
*Si seulement j’avais ma baguette !*
 
En longue chemise de nuit satinée moulante, impossible qu’elle soit sur elle.  Estimant une douche néanmoins utile, Angel employa les commodités et enfila un délicieux peignoir blanc en éponge épaisse avant de repasser un nez dans la chambre. Ses espoirs de fouille méthodique tombèrent à l’eau en apercevant Rosie fidèle au poste, cintre en main :
 
Cette robe sera parfaite sur mademoiselle. Puis-je…
 
Partir ? Assurément, s’empressa Angel.
 
Le fin visage de la jeune domestique s’empourpra de contrariété nuancée de peine :
 
Ai-je commis un impair ? Mademoiselle ne désire plus mes services ?  
 
Pour un peu, elle allait chialer aussi Angel décréta :
 
Mais non, voyons ! Tout va très bien ma chère Rosie. Je suis seulement assez grande maintenant pour faire ça à ma guise. Dites-moi juste où l’on a rangé l’objet que je portais avec moi en rentrant ?  
 
Le bout de bois bizarre ?
 
Mue par une intuition, Angel évita de trop y tenir. Vite, une fable :
 
Je l’ai ramassé dans un parc. Je trouvais sa forme intéressante, c’est tout.  
 
Comme rassurée, Rosie le sortit de la poche de son uniforme, et le posa avec la robe sur le lit refait. Un sourire, elle s’éclipsa.
Jamais, de mémoire de sorcière, on en avait vu une s’habiller puis disparaître aussi vite.
Londres, sa banlieue peu reluisante.
Pourquoi son hermine lui avait-elle donné cette adresse ? Pourquoi J.O ne lui avait-il pas laissé un message ni contactée par la même voie ? Pourquoi…
À force de se torturer les méninges, Angel ne remarqua pas de suite à quel point elle dénotait dans ces ruelles crasseuses sur les mauvais pavés desquelles ses hauts talons résonnaient mieux qu’un sifflet d’agent de police.
Un recoin, changement de tenue. La splendide robe turquoise et ses accessoires luxueux se remplacèrent par jeans, t-shirt et baskets.
Prudente cette fois, Angel se rapprocha de la maison indiquée par son patronus. Très délabrée, un peu à l’écart d’autres similaires, l’habitation semblait devoir s’effondrer au moindre vent violent. En en faisant le tour, Miss Grisham tenta de repérer un passage ou au moins un angle de vue vers l’intérieur. Sur l’arrière, dans une mauvaise cour envahie d’herbes folles, la jeune fille connut son bonheur : des planches disjointes. L’œil collé à la vitre maculée, Angel comprit pourquoi J.O ne correspondait pas. Ficelé à une chaise, un bâillon serré en travers des lèvres, il semblait inconscient…
avatar
Angel Grisham
Admin

Messages : 33
Date d'inscription : 09/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Michael De Brent le Sam Déc 21 2013, 12:08

Michael, souffla Alix, faut que tu… tu me promettes un truc… si ça foire et que… je doive épouser ce libidineux, je voudrais que… que ce soit toi qui me connaisses en premier. Puis… tu me tueras. Promets-le, Michael, promets…
 
Sur le coup de cette surprenante requête il se trouva à la regarder, pas exactement de la façon dont on se serait attendu qu’un féroce gardien le fasse. Cela ne dura que l’espace de deux secondes mais sa détresse était si palpable  que Michael ne put que fléchir.
 
Je ferai ce que tu voudras…mais ce ne sera pas nécessaire !
 
Suivre ces épreuves, fut un calvaire.  Voir le nombre de candidates se réduire ostensiblement et Alix demeurer toujours entre les finalistes et favorite pour l’emporter, le rendait malade d’impuissance et rage. De sa place, il pouvait parfaitement observer tous ses faits et gestes, en se demandant à combien de temps pourrait durer sa comédie pour gagner du temps avant que son oncle n’intervienne, à sa façon. Mais apparemment ce cher homme était absolument convaincu de sa victoire et laissa le spectacle se dérouler. Le Vizir ne tiqua même pas quand le numéro du cobra fut à point de partir en eau de boudin, lui, par contre était prêt à intervenir à tout bout portant. Finalement, Alix emporta cette manche sans aucun mal. Le peuple l’adorait et le Sultan semblait ravi !
 
*Je commence à avoir drôlement besoin de vacances…Encore une épreuve et la messe est dite !*
 
Si la belle Grecque chanta ses propres louanges d’un ton très convaincant, Alix, plus modeste, aux yeux du public, laissa plutôt son « cher » oncle faire le panégyrique de ses vertus…et le vent changea !
 
Ma nièce n’est qu’un instrument entre mes doigts, tout comme toi Mehmet…, de la trahison pure et simple au 17ème siècle et partout ailleurs,…Je serai le maître du MONDE !
 
Dur à encaisser pour le brave Sultan, mais quelques bonnes influences officiant, il reprit splendidement du poil de la bête et ordonna aux gardes d’appréhender le traître.
 
Temps de prendre le large, ma belle !
, il la prit de la main, la tractant à sa suite. Pauvre de celui qui osa s’interposer sur leur chemin.
 
Magie aidant ils furent parés pour quitter Aurea, non sans avant donner au Vizir déchu  un petit aperçu de leur « éternelle gratitude », ils laissaient au Sultan le loisir de dicter sa propre loi.
Amir, le Djinn les attendait auprès de leur Machine du Temps, pour prendre congé. Ils étaient tous pressés de partir, les adieux furent brefs mais émotifs. Le Djinn y alla de vœux de longue vie et sagesse mais aussi d’une promesse, que personne ne voulut prendre au sérieux :
 
Nous nous reverrons, mes amis…parole de Djinn !
 
Finie la folle aventure, ils étaient de retour, sains et saufs au pavillon de la forêt, au 20ème siècle, et il n’avait d’yeux que pour Alix, qui riait, heureuse et soulagée d’avoir été délivrée d’une si triste destinée. L’humeur générale était à la fête, il y avait bien de quoi !
Délicieux festin ! Soirée bien arrosée ! Le moment se prêtait mal aux apartés et conversations privées, ce fut en joyeuse pagaille qu’on se mit au courant des respectives aventures.
 
Je sais que le plan pouvait foirer…mais mieux valait ça que rester là, sans rien faire !...Rigole pas, Alix...Non, figure toi, Justin…me suis pas amusé, moi…
 
En fait, l’expérience de jouer les gardiens zélés avait été plutôt torturante mais il n’allait pas entrer en détails. D’autres, ne semblaient pas trop s’être ennuyés. Hôtes choyés et adulés du Sultan, ils avaient eu droit à un semblant de vacances exotiques, tandis que lui…
 
Moi, frangin, c’est ta tête de déterré que je n’oublierai jamais. Tu aurais dû la voir, Alix !...
 
Apparemment, personne ne l’avait ratée, sa tête. Il en avait des bonnes son petit frère, le vin lui déliait la langue, de plus qu’il n’avait aucune raison pour ne pas être comblé avec sa jolie australienne qui le couvait d’un regard énamouré, tout en essayant de le faire taire.
 
*Seront heureux, ces deux-là…au moins ils savent à quoi s’en tenir !*

 
Parce que lui nageait dans le doute. À quoi tenait sa relation avec Alix, au cas d’en avoir une ? Elle avait confiance en lui, déjà ça de gagné. Il lui plaisait. Un peu, beaucoup ? En tout cas assez pour l’honorer avec la demande faite à Aurea. Mais c’était fini tout ça, ils étaient de retour chez eux, à leur monde, à leurs vies. Ce serait facile d’oublier, les mots dits en un moment d’angoisse…Que représentait-elle pour lui ? Bien plus qu’il ne voulait avouer même si, en toute évidence, les autres savaient exactement à quoi s’en tenir.
 
*Tu es bleu d’elle, idiot…Quoi d’autre ? Elle t’a fait plus d’effet qu’aucune femme auparavant dans ta vie…Elle est parfaite et tu la veux pour toi tout seul…c’est de l’amour, ça !*
 

Michael refoula ses pensées au fin fond de sa conscience, sûr d’y voir faux…Amour ! Cela ne lui disait rien, il n’avait jamais pris son temps, ni l’avait cherché, pour approfondir une relation, pourtant là…
 
Angel et J.O  s’en allaient, paire de sages bien avenus. Justin et Sam suivirent le mouvement. Erik lui semblait avoir encore des doutes sur le succès de ce retour aussi fulgurant que leur départ.
 
J’veux juste savoir quand on est, là, à cet instant précis.

 
La date es la bonne, petit frère…regarde…on est bien arrivés !

 
Le calendrier à bord de leur machine ne mentait pas.
 
Te fais pas d’idées, Erik…va dormir…on se parle demain !

 
Ça et le mettre à la porte revenait au même. Un clin d’œil à sa future belle-sœur  et ils étaient partis.
 
Je pensais qu’ils ne finiraient jamais de s’en aller !...Tu penses aller quelque part ?..., et avant qu’elle ne s’avise à dire un mot, l’avait enlacée et bâillonnée d’un baiser  passionné, délirant, j’en avais marre des murs qui écoutent et voient…j’avais si envie de t’embrasser…tu m’as tellement manqué !
 

Son regard bleu de nuit fut tout un poème mêlant un peu de tout : surprise, incrédulité, douceur mais aussi de caressante malice qui faisait flancher toutes ses défenses et bon sens.
 
Reste avec moi, Alix…cette nuit…demain…tout le temps !
 
Sans mots de fol amour, pas de vaines promesses. S’il était fou d’elle, sa façon de correspondre à ses avances laissait supposer que l’indifférence n’entrait pas en cause.
 
On n’a pas la garde du Sultan à la porte, ma douce…on prend tout notre temps pour faire de cette nuit un souvenir inoubliable…Tu es d’accord ?
 
Ils le prirent leur temps, à se séduire, l’un l’autre, à se découvrir, à s’émerveiller de tendresses inconnues, de rires partagés. S’attachant encore plus, irrémissiblement.
Le petit matin perçait entre les tentures surannées quand ils s’endormirent enfin, dans les bras l’un de l’autre, apaisés, heureux !
 
Il aurait pu paresser au lit mais Alix ne l’entendait pas de cette oreille, selon elle, il lui fallait rentrer à son manoir, voir comment se passaient les choses après la disparition du Lord et sans doute envisager un long exile à l’étranger, le temps de se faire oublier.
Michael se brûla la langue avec son café, tout en cherchant ses cigarettes.
 
Il n’y a pas le feu…Suis sûr que nos portraits sont placardés encore sur tous les murs du monde sorcier mais on ne viendra pas nous chercher ici…Je peux appeler Bikita et toi Lormar…on s’arrangera…puis, si ça te dit, on filera quelque part sous le soleil…je déteste ce climat…regarde-moi ça…il pleut !
 

Elle lui rappela, en riant, que c’était très habituel, en Angleterre et que c’était assez irresponsable de sa part vouloir rester tapi au fond de la forêt.
 
Comme tu veux, pour tes beaux yeux, j’irai risquer ma peau là dehors…avec un peu de chance, on se retrouve à Azkaban…C’est pas l’idée que je me fais de vacances-repos…On en a besoin, tu en crois pas ?, il l’attira vers lui pour l’embrasser, j’avais pensé aux Maldives…un îlot perdu mais en tout confort. Rien que toi et moi…Bon, Apache aussi, si tu y tiens…
 
Il adora l’éclat de ses yeux mais ce n’est pas pour autant qu’elle lui fit aumône d’un jour de sursis. Lui donnant rendez-vous chez elle, un peu plus tard,  la miss s’évapora après un dernier baiser.
 
Il se matérialisa aux alentours de La Tanière, sous un crachin impénitent. Au tournant du chemin, où aurait dû se trouver son joli cottage s’élevait un tas de ruines envahies par la végétation dans tout son essor printanier.  
 
*Même si Bikita avait rendu l’endroit incartable je devrais le voir…je suis son maître !*
 
Il s’échina à appeler son elfe, son gros chat, rien n’y fit. Michael resta là, à se tremper, complètement largué face à l’incompréhensible.  Nouveau trasplanage, cette fois chez Justin.  Il y avait une femme inconnue taillant des rosiers qu’il ne connaissait pas et qui en le voyant apparaître se mit à hurler comme une folle. Force fut de s’enfumer de nouveau, sous Désillusion, cette fois, ce qui lui permit de faire un tour et s’informer. De Justin, pas de trace. Ni de lui, ni de ses chiens, chevaux ou domestiques. À leur place, un couple, leurs enfants et la TV allumée diffusant les nouvelles de midi :
 
Revenant sur le thème du jour, sur la spectaculaire évasion de ces deux hommes…
 
Il n’en donnait pas crédit à ses yeux. Les évadés n’étaient autres que…J.O et lui-même.  Braqueurs internationaux et aussi…assassins, entre autres du Duc de Gilmore.
 
*Impossible…suis devenu fou…c’est pas vrai…c’est quoi ce bordel ?*
 

Quittant l’ex- domaine Davenport, Il commençait à voir mal au crâne, entre les résidus de la soirée bien arrosée et les idées dingues qui galopaient en folie.
 
*La Tanière a disparu…Justin ne vit plus chez lui…Bikita ne répond pas…Où diables suis-je ?*
 
Peu importait, pour le moment l’essentiel était de retrouver Alix.  Son patronus envoyé, il reçut une réponse quasi immédiate. Un véritable cri au secours qui faillit le faire disjoncter. Nouveau trasplanage en catastrophe pour arriver en Écosse. Du  beau manoir de Miss Blackstorm on avait fait un hôtel 5 étoiles…Il trouva son Alix au bord du lac. Pâle et aussi trempée que lui.
 
Tout va aller bien *Tu veux rire …tout va mal !*…je ne comprends rien…
 
Alix pas plus que lui, l’accueil auquel elle avait eu droit en rentrant chez elle avait de quoi déboussoler le plus endurci : ce manoir ne lui appartenait pas, elle y travaillait…comme soubrette, ce qui est plus.
 
Par Merlin, c’est quoi ces foutaises ?...Ça va aller, ma douce…au moins toi tu as un emploi décent…moi, je suis un hors la loi, assassin et Dieu sait quoi plus avec la Police à mes trousses…
 
Il ne voulait même pas penser aux suites de cette histoire échevelée… Ses cartes de crédit seraient bloquées. Ses comptes en banque « gelés ». Du fait de son allégeance Mangemorte, sans doute son compte à Gringott’s serait aussi saisi, sans parler que du côté sorcier tous les Aurors du Royaume en voudraient aussi à sa tête.
 
Reste ici, ma chérie…au moins, tu as un toit sur la tête et seras au chaud…vais essayer de joindre les autres…Bien sûr que je reviendrai…je serai là un peu plus tard…
 

Un baiser fou s’échangea, elle retourna à l’hôtel, lui à sa quête.  Son patronus fut envoyé à tout azimut…Des réponses reçues, il put déduire que s’ils l’avaient eue rude au 17ème siècle…le 20ème ne leur faisait grâce de rien…en fait, tout allait mal…
avatar
Michael De Brent

Messages : 76
Date d'inscription : 08/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par J.O West le Lun Déc 30 2013, 20:33

Vacances au soleil, en tout luxe et confort ! Faudrait être difficile pour s’en plaindre mais voilà que James Oliver n’en était pas du tout satisfait. Embarqué dans l’aventure sans avoir le sursis de s’y refuser, allant de situation échevelée à rebondissement inattendu avec Djinn à la clé, cette vie, quasi oisive, de prince sans harem lui avait, n’empêche, légèrement tapé sur les nerfs. La raison était simple et n’avait qu’un nom : Angel ! Pas que la douce demoiselle fut énervante, pas du tout…elle était, disons distante.
Certes il y avait des moments où ils étaient plus proches mais cela ne durait jamais bien longtemps. Ils étaient quelque chose de semblable à une paire de…euh…copains ? Un certain courant passait, c’était sûr ! Du moins, c’était ce qu’il voulait penser ! La soirée sultanesque avec amusements à gogo, entre autre beautés exotiques pas timides du tout avait connu une fin, on pourrait dire, assez illustrative : Angel lui avait fait presque une scène, interdit d’occuper sa place dans l’énorme…énorme lit, dont il ne comptait que squatter qu’un coin éloigné, et envoyé dormir dans un divan. Qu’il ait le toupet de rire de sa réaction lui avait gagné un coussin plein la poire. Ce soir-là, J.O s’était endormi avec un sourire aux lèvres.

Du reste, il ne se passa rien d’extraordinaire. J.O contemplait la triste possibilité de finir gras comme oie de Noel, force gâteries, banquets à répétition et manque d’action. Être hôte de choix chez Sa Splendeur d’Orient, ne contemplait pas courir par monts et par vaux !  Quand Michael, soûlé de ne pouvoir faire autre chose que mordre son frein était allé offrir ses services comme Mangemort accrédité au Grand Vizir, J.O sut que le dénouement était proche et en remercia le Ciel.
 
Et pour un dénouement on peut dire que celui-là en fut un qui valait le détour. Après les sursauts déjà connus, avec affres d’angoisse et autres variantes, la justice prima, le grand méchant en eut pour son compte, le Sultan retrouva aplomb et bon sens, alors qu’eux, voyageurs du temps, tiraient leur révérence et les pendules se remettaient à l’heure !
 
Joyeux retour s’il en est ! La fête alla bon train mais bien sûr, le brave Marine devenu Duc malgré lui, ne pouvait autre chose que ressentir la différence de sa situation en comparaison à celle des autres convives. L’amour était au rendez-vous en plein. Sam radieuse avec son Justin. Erik avec son australienne et Michael, l’amoureux non avoué avec l’objet de sa convoitise…et lui, le bon camarade d’aventures en compagnie de Miss Grisham, fidèle à soi-même.
Personne ne s’étonna, au cas d’y avoir fait attention, qu’ils soient les premiers à quitter la réunion. Angel crut bon rependre une allure moins carnavalesque avant de retourner en ville, chacun chez soi. La nuit était belle, la lune éclairait la forêt, une petite promenade aurait été la bienvenue mais hélas on n’en était pas encore là. Un Trasplanage discret les mena à Londres. Balade citadine, sans trop de charme mais toujours mieux que rien.
 
Dis...et qu’est-ce que tu fais demain ?, plus anodin que ça, on meurt.
 
Demain la routine reprendra.  Grâce à toi je garde mon appart, mes chats et j’ai un nouveau job qui m’attend à Ste Mangouste !
 
*Hein ?...elle sait ça comment…Mamy Rose a vite vendu la mèche…* Comment ça, grâce à moi ?, le tout d’un ton voulu innocent.
 
Fais pas l’idiot ! Je sais que tu es derrière tout ça.
 
Rigoler pour noyer un peu le poisson, elle voyait clair en lui, qui de son côté nageait dans quelque chose de semblable au doute.
 
*Suis idiot !* Que voulais tu que je fasse ? Je te savais dans l’ennui, je voulais aider…Tu m’en veux pas, au moins ?
 
Non, je ne t’en veux pas de l’avoir fait. Je t’en remercie, quoique j’aimerais savoir…
 
Arrêt sous le lampadaire, sourire en coin.
 
Savoir quoi, Angel ?
 
Il devinait la suite de sa question mais voulait la lui entendre formuler, ça lui donnerait l’opportunité d’en placer une, mais la miss opta pour changer de thème et voulut plutôt savoir en quoi il occuperait son temps.
 
Bof…que veux-tu ? Faudra reprendre le poil de la bête, aller au boulot, se décarcasser pour rien, écouter les bêtises des autres et me faire traiter de Sa Grâce à tout bout portant alors que tous ne rêvent que me dire que je les emmerde…enfin, tu vois le genre.
 
Avec sa chance, avant d’avoir pu éveiller une pitié quelconque sur sa triste condition, ils se retrouvaient face à son immeuble.
 
Si tu veux, je passerai au ministère à l’heure du déjeuner, ça te va ?
 
Mais bien sûr que ça me va…ce sera parfait !
 
Elle lui flatta la joue, lui fit l’aumône d’un pseudo-baiser qui n’atteignit pas ses lèvres et avec un sourire d’ange, tourna le dos et alla se perdre à l’intérieur de son chez soi retrouvé.
 
*Amen…bonne nuit…à demain…Va te soûler, James !*
 
L’idée était bonne mais il n’avait pas trop envie d’aller sombrer dans le premier pub venu. Un petit trasplanage le mena dans une artère plus animée, comme si soudain il ressentait le besoin de se perdre un peu dans cette joyeuse cohue et faire abstraction de ses misères. Il savait pouvoir appeler Cebius à n’importe quelle heure pour que celui-ci envoie une voiture le chercher ou peut-être, agissant comme un simple mortel, il prendrait un taxi et rentrerait chez lui…
Il baguenaudait en toute paix quand la soudaine apparition d’une hermine argentée face à lui le fit sursauter.
 
J.O, je ne sais pas ce qui se passe : toi et Michael avez la police moldue aux trousses. Cache-toi, vite !  J’arrive !
 
*HEIN !?...Mais de quoi…Bon sang, qu’est ce qui se passe maintenant ? Ce doit être important pour tant d’émoi !*
 
En un clin d’œil, il passa en mode vigilance extrême mais ne bougea pas de sa position. Ce carrefour si animé était la meilleure option de passer inaperçu. Mine de rien, il observa alentours et passants, cherchant quelque indice des dires d’Angel via patronus.
 
*Qu’on nous cherche Michael et moi ?...Pourquoi diables ? Que les sorciers lui courent après à lui, ça se comprend…mais la Police…c’est idiot !*

Elle était là, de l’autre côté de la rue et semblait passablement angoissée. Il voulut aller au-devant mais le feu passa au rouge et un flot de voitures rendait l’action suicidaire. Des sirènes de police à tout azimut le mirent sur avis, quelque chose clochait. Instinctivement, il fit deux pas en arrière se plaçant un peu plus à l’ombre.
 
Finalement on se retrouve, hein ?
 
Ce ricanement fut accompagné d’une rude pression dans son dos. J.O avait suffisamment d’expérience comme pour savoir qu’on le menaçait avec un pistolet.
 
Je n’ai pas idée de qui vous êtes ni ce que vous vou…
 
Pas besoin de jouer les finauds avec nous, on t’a, on t’emmène !
 
Il n’eut le temps de dire quoique ce soit, un coup sec à la nuque et le monde s’engouffra dans le noir total. On lui flanqua un baquet d’eau froide sur la tête et dès qu’il ouvrit un œil la ronde commença, à un rythme peu engageant mais qui ne lui était, malheureusement, pas inconnu. Encore passablement sonné J.O, par pur réflexe, déclina son rang, nom et numéro de service. C’était ainsi qu’agissait un Marine américain tombé en mains ennemies.  Évidemment ce n’était pas la réponse souhaitée.
 
Joue pas les malins, jolie gueule, on sait très bien qui tu es  et on veut savoir où s’est planqué ton copain avec le magot ! Réponds, ou il va t’en cuire.
 
Capitaine James Oliver Westwood, n° 143507-18.
 
Question. Réponse. Coup.  Angel devait avoir remarqué quelque chose. Elle le trouverait. C’était sûr. Cette seule idée, ancrée fermement dans son esprit embué de douleur l’aidait à supporter ce tabac sauvage.
 
Parle, imbécile…ou tu vas y laisser la peau !, hurla l’interrogateur en l’empoignant des cheveux  et tirant sa tête en arrière en lui faisant un mal de chien.
 
*MAIS DE QUOI ON ME PARLE !?*
 
Abruti sous la pluie de coups, il ne fut quand même pas sans remarquer qu’un autre pion entrait en jeu.  D’une voix gutturale, il ordonna aux autres de le laisser en paix et de sortir. De suite après, J.O sentit une espèce de décharge électrique qui eut l’heur de le ramener plus près de la conscience.
 
*Revigor…un sorcier…problèmes !*
 
Tu sais, Westwood, j’ai bien de façons de te faire chanter…et ça peut faire très, très mal…alors autant t’y mettre !
 
Va te faire foutre !, gronda t’il.
 
En voilà un ton, on dirait que tu veux crâner !
 
Veux rien d’autre que comprendre…sais pas ce que vous voulez…il y a méprise !
 
Il ne gagna qu’une baffe à lui faire tourner la tête.
 
J’ai des pouvoirs…
 
Te bile pas pour le détail…vas-y, te gêne pas, la réponse sera la même : SAIS RIEN !!!
 
C’est bien ce qu’on va voir !, railla l’autre en lui enserrant la mâchoire dans l’étau de ses doigts et le forçant à ouvrir la bouche, avale ça !
 
Il était trop fatigué pour résister, pour faire quoique ce soit.
 
Maintenant…PARLE !
 
Peine perdue, ricana J.O, SAIS RIEN ! SAIS PAS DE QUEL BORDEL D’AFFAIRE VOUS ME PARLEZ !!!
 
Moments de profonde déconfiture, la dose de Veritaserum administrée aurait dû le faire chanter comme un rossignol et au lieu de ça, le prisonnier s’y tenait ferme, à sa version de l’ignorance totale.  Réunion d’urgence en concile fermé.
 
Il ne sait vraiment rien, avec ce que je lui ai donné, ça aurait dû sortir tout seul…le gars sait rien, à moins qu’il soit paré à tout…c’est possible aussi mais rare…très rare…je peux y aller avec d’autres moyens mais ça peut le tuer et mort, il ne nous sert à rien !

L’autre doit savoir !, s’aventura à dire le troisième larron.
 
Ouais, m’est idée que c’est ça…il a dû en plus lui appliquer un Oubliettes, à celui-là …mais ces gars sont une équipe depuis un bon temps, De Brent le laissera pas tomber…il viendra et alors, on va le prendre au filet !
 
Toi et  tes salades de magicien…
 
Sorcier, imbécile, sorcier…et tais-toi, on fait ce que je dis !
 
Faire société avec ces moldus, bons représentants de la pègre locale, n’avait rien de trop reluisant mais à la guerre comme à la guerre, il fallait s’en tirer au mieux possible. Le Mangemort en goguette n’était pas sentimental, il demeurait pratique.  Mettre la main sur le magot des braqueurs jolis cœurs était sa garantie pour une vie meilleure sous d’autres cieux…sauf qu’il ne s’était pas attendu à se trouver avec d’autres sorciers…or la baguette trouvée sur le prisonnier ne pouvait signifier autre chose, cela changeait un peu la donne mais vu l’état où ces deux moldus de collègues l’avaient laissé, celui-là, au moins, ne poserait pas de gros problèmes, pour le moment.
 
On lui fichait la paix. Ce ne serait pas pour longtemps, il le pressentait. Un peu d’eau aurait été la bienvenue mais ce n’était pas lui qui allait en demander. Il avait été entraîné pour subir bien plus que ça, et l’avait subi, sans démontrer de faiblesse, tant que possible. Mais là, le ridicule de la situation le faisait disjoncter.
 
Essayer de récupérer tant soit un peu de ses forces était essentiel mais ligoté, bâillonné, battu, endolori de partout  cela s’avérait difficile, autant que vouloir garder l’esprit clair. Faire abstraction de tout, respirer lentement, s’assoupir si possible…
 
Un infime grattement le tira de sa torpeur, dans cet état quasi second, même sans pouvoir se transformer, l’animagus en lui prenait le relais. Il releva à grand-peine la paupière de son œil droit, un peu moins tuméfié que le gauche. On grattait une autre fois entre les planches disjointes. Son cœur rata un battement.
 
*Angel…Seigneur, Angel est là…elle ne doit pas se risquer…*
 
Sûr qu’elle l’observait, il se força à bouger sa tête en signe de négation, comptant avec sa finesse d’esprit pour saisir le message. Il n’eut pas tort de lui faire confiance, un nouveau grattement à peine plus appuyé, puis le silence.
 
*Mon ange…*
 
Il ne restait qu’à attendre.  Ses capteurs s’étaient retirés à la pièce annexe, sûrs qu’il n’irait nulle part. Sans tort, ils s’étaient arrangés pour le laisser dans un sale état. Ligoté comme il était des essais répétés de se défaire des liens n’avaient réussi qu’à lui scier méchamment  les poignets, où il avait déjà la chair à vif et s’il se prenait à bouger ses jambes, le lien qui tenait ses chevilles tirait sur celui autour de son cou, persister sur ce moyen de se libérer ne ferait que l’étrangler lentement. Désistant de tout effort,  Sa Grâce le Duc de Gilmore, se résigna à attendre l’arrivée d’un hypothétique salut en essayant de rester suffisamment conscient pour ne pas être un poids mort le moment venu.
 
Bris de carreaux.  Les trois hommes dans le séjour de la maison délabrée bondirent, armes brandies mais déjà  une grenade lacrymogène faisait ses effets dans l’habitation, les étouffant et troublant leur vision. Le sorcier hurla des ordres que se deux sbires tentèrent d’obéir mais la confusion régnait.  Des coups de feu se perdirent au petit bonheur la chance avant que des sorts bien ajustés ne mettent fin à ce combat inégal.
 
Une douleur cuisante lui traversa l’épaule, une de ces balles perdues avait fait mouche. Il s’étouffait dans cette purée de pois aveuglante, on lui enleva le bâillon pour d’immédiat lui placer un masque sur le nez puis il sentit qu’on le libérait de ses liens. Le reste se perdit bêtement dans une miséricordieuse inconscience.
 
Retour au monde des vivants, avec une baffe et quelques injonctions bien senties.
 
Angel…

Une voix mâle, qui ne pouvait aucunement être celle de sa belle indifférente, finit par le ramener à la réalité. Point de beauté brune penchée sur lui, mais un blond mal luné quoiqu’assez angoissé.
 
Michael…mais que…
avatar
J.O West

Messages : 30
Date d'inscription : 10/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Alix Blackstorm le Lun Déc 30 2013, 23:17

La terreur vous pousse parfois à débiter n’importe quoi. Aussi, devant le destin si soigneusement préparé par son oncle, Alix perdit les pédales, chose rare.  Dès qu’elle fut sur scène, elle oublia les dernières paroles soufflées à son garde du corps pour se concentrer sur son objectif : rater les épreuves imposées. Hélas tonton veillait et chacune de ses tentatives fut vouée à l’échec. Dans un état second, elle qui pensait se comporter en cruche en dansant n’importe comment, se retrouva comme transformée en nymphe aérienne ; le problème mathématique lui parut d’une simplicité enfantine mais tonton lui infligea douleur si contraignante qu’elle dut apposer sa réponse. Pour quelqu’un habitué à fréquenter des serpents au quotidien, en charmer un ne lui prit qu’un regard sauf que la bestiole refusa d’obéir à l’injonction de l’attaquer. Dommage ! Et son élan de générosité envers la jeune fille à sa gauche n’arrangea pas les choses. Il ne lui resta qu’à espérer que sa servante ait bien saucé la boisson de tonton au moment voulu.
Tout fut réglé en quelques coups de baguette.
 
Se retrouver en groupe à bon port se célébra dignement, et le vin aida beaucoup Alix à attendre l’inévitable tête-à-tête avec Michael de Brent. Cela ne rata pas : à peine les derniers amis disparus, il l’embrassa avec la fougue qui le caractérisait.
 
Reste avec moi, Alix…cette nuit…demain…tout le temps !
 
Répondre était nouveau pour elle mais Alix honorait toujours ses dettes or elle en possédait une grande envers cet homme. De mémoire – et Merlin sait que la sienne était excellente – aucun humain ne lui avait consacré autant d’attentions depuis qu’elle était en âge de faire fonctionner sa cervelle. Outre cette « obligation », d’autres raisons s’ajoutaient au fait de participer à cette joute corporelle, et non des moindres : curiosité, envie de tirer un trait sur un détail anatomique et… attirance. Pouvait-on douter du magnétisme de De Brent ? Il suffisait d’avoir des yeux pour s’en convaincre, et vu le nombre de femmes qu’il captivait…
Être une conquête de plus ne dérangeait pas Alix. Ils se désiraient, ceci compensait cela.  
Lorsque la messe fut dite, l’amant d’un soir s’endormit rapidement. Longtemps Alix resta éveillée, incapable de ne pas analyser les événements. Bien qu’elle n’ait eu aucun élément de comparaison, elle était certaine que Michael avait usé de beaucoup plus de patience et de douceur qu’à son ordinaire conquérant pour l’entraîner dans la danse la plus vieille du monde.  Regrets ? Non, aucun. Cela devait être fait, point. Sauf que, peut-être, elle s’attendait à… autre chose. Certaines femmes en parlaient avec tant d’enthousiasme.  Certes Michael avait éveillé en elle des sensations inédites mais…
 
*Suis sans doute trop cérébrale ou je ne l’aime pas assez, ou… ?*
 
Dans le fond peu importait. Demain, ils se sépareraient et reprendraient leur route, autant s’endormir.
Au matin, Alix se sentait prête pour le départ. Habillée de pied en cape bien avant lui, dès le petit-déjeuner servi, elle lui signifia :
 
J’ai énormément à faire chez moi puis du côté sorcier histoire de prendre la température après l’élimination de mon oncle.  
 
La réplique l’étonna, l’amusa :
 
Il n’y a pas le feu…Suis sûr que nos portraits sont placardés encore sur tous les murs du monde sorcier mais on ne viendra pas nous chercher ici…Je peux appeler Bikita et toi Lormar…on s’arrangera…puis, si ça te dit, on filera quelque part sous le soleil…je déteste ce climat…regarde-moi ça…il pleut !
 
Pour un peu il lui aurait fait croire ne pas souhaiter son départ. N’avait-il pas obtenu tout ce qu’il voulait ?
 
Il pleut très souvent en Angleterre, mon cher. Puis, autant que je sache, tu as toujours eu la bougeotte.
 
Ne voilà-t-il pas qu’il se mettre à évoquer la possibilité de vacances communes, genre île déserte au soleil, en solitaires sauf avec Apache si elle le souhaitait ? De quoi faire rêver… toute autre qu’elle. L’embrasser avec une vague promesse de se revoir et filer était beaucoup plus sage.
 
En Écosse ou il pleut ou il va pleuvoir. Pourtant le ciel était serein ce jour d’été-là. Pensive, Alix marcha vers son manoir, sans remarquer ni le climat ni l’état de la route empruntée d’instinct. Oui, d’une certaine façon elle comprenait les femmes qui se pâmaient devant Michael n’attendant que son bon vouloir pour offrir corps et cœur. Combien en avait-il déçues de trop lui accorder ? Elle ne ferait pas partie du lot en laissant son imagination créer un lien inexistant entre eux. 
 
*Ce serait pourtant si agréable de…*
 
Brutalement elle fut tirée de ses cogitations par un spectacle hallucinant. S’était-elle trompée d’endroit ? Le fier manoir des Blackstorm était pourtant bien planté là mais… L’environnement différent la désorienta autant que d’immenses baies vitrées jamais posées par ses ancêtres. Que signifiaient ce parking, ces drapeaux, cette enseigne étoilée ?
Transformée en automate, Alix ne put empêcher ses pieds d’avancer dans ce décor inédit.  Au milieu du hall immense brillamment éclairé où modernisme côtoyait antiquité, elle resta plantée mieux qu’un navet en contemplant les changements aberrants. Mais, déjà, un des réceptionnistes la repéra. D’un claquement de doigt, il somma le portier d’intervenir. L’homme en habit rouge et haut-de-forme la saisit au coude :
 
Alix, qu’est-ce que tu fabriques ? Je t’ai laissé passer car je pensais que tu irais direct à l’ascenseur de service. On n’a pas le droit d’utiliser la grande porte, nous !
 
Son crâne était-il gelé ? L’incompréhension totale l’habitant, elle suivit le mouvement imposé par le type inconnu qui la fourra dans la caisse de métal dont il sélectionna le bouton du dernier étage tout en l’engageant à se dépêcher sous peine d’être virée.
Le grenier était modifié de fond en comble. Un couloir au parquet nu, des portes simples, cagibis et – probablement – une machinerie vu le ronron continuel perçu.
Alix se figea face à une étiquette où elle lut son nom. Poignée tournée, elle se retrouva dans… un réduit sommairement meublé. Une envie folle de fuir la dopa soudain mais, avant, elle se devait de tirer certaines choses au clair. L’inventaire de ses « biens » se réalisa en quelques secondes. Face aux uniformes bleu pâle bien rangés dans son placard, elle sut quelle fonction était supposée sienne : bonne à tout faire !
Effondrée, elle se laissa aller sur le couvre-lit rêche et tenta d’ordonner ses pensées en pagaille. Quelque chose avait dû clocher avec la machine à remonter le temps, impossible autrement. Pourtant Michael avait montré le calendrier à Erik mais, en y revivant leur arrivée, des détails la frappèrent. Placards vides, vêtements absents auraient dus les alerter d’autant que les fringues reçues ne leur correspondaient pas trop. Se redressant, elle se fixa dans le petit miroir au-dessus du lavabo.
 
*Tu as la dégaine d’une moldue de basse classe, idiote !*
 
En s’habillant tout à l’heure, elle avait l’esprit trop préoccupé pour relever cette anomalie flagrante.
 
*À cause de de Brent !*
 
Quand on parle du loup. Le patronus de celui évoqué lui apparut, la convoquant à une réunion urgente. Au moins, il ne l’avait pas déjà reléguée aux oubliettes…  
Sa réponse expédiée, elle transplana dans le parc à l’arrière de la demeure, s’assit près d’une fontaine rococo et, sous la pluie, attendit. Misère, il en tirait une tête ! Apparemment elle aussi car il n’hésita pas à la serrer contre lui, rassurant :
 
Tout va aller bien … je ne comprends rien…
 
Pas plus que moi ! Mon manoir est ridiculement aménagé à l’intérieur, j’y loge et travaille en boniche.
 
Sa situation semblait pire : malfrat notoire recherché par la police ! Si elle avait espéré son soutien, c’était raté :
 
Reste ici, ma chérie…au moins, tu as un toit sur la tête et seras au chaud…vais essayer de joindre les autres…   

Si on est tous dans le même bain, il faudra nous concerter. Tu comptes revenir ?, demanda-t-elle d’un ton suspicieux. 
 
Bien sûr que je reviendrai…je serai là un peu plus tard…
 
*Ben voyons…*
 
Qu’il l’embrasse profondément lui fit mal ; ce baiser ressemblait plus à un adieu qu’autre chose.
Tête basse, elle rentra vers l’hôtel en se forçant à raisonner. Sur un point au moins de Brent n’avait pas tort, Alix savait où crécher.
 
*La belle affaire ! Si tu crois que je vais me planquer gentiment en attendant l'éventuel retour de Zorro, cours toujours !*
 
Le besoin d’informations primait. Or, comment en obtenir sinon en se mêlant aux gens du coin ? De goûtée d’avance, elle se matérialisa dans sa chambrette et revêtit son uniforme.
Dans le couloir en sortant, elle tomba quasi nez à nez avec une autre domestique qui la houspilla l’air plus anxieux que méchant :
 
Seigneur Alix, tu tiens à cette place oui ou non ? Tu connais Pince, elle ne va pas te lâcher d’une semelle vu ton retard. J’ai déjà nettoyé 4, 5 et 8 pour t’avancer. Fais les autres, vite !
 
Encombrée d’un chariot d’où émanaient des odeurs nocives aux fines narines, Alix se retrouva face au N° 6. À l’intérieur, perchée sur des talons hauts en tailleur gris impeccable, chignon strict, l’attendait Mme Pince. Lèvres serrée, la gouvernante leva un gant blanc vers sa pochette d’où elle sortit une montre à gousset. L’instant suivant elle gribouillait dans un calepin tandis qu’Alix ne bougeait pas.
 
Je fais quoi ? se risqua-t-elle d’une voix timide.
 
Nouveau gribouillage avec soupir :
 
Trois jours ici et toujours rien appris ! Voilà ce que c’est que de fier aux recommandations des sous-fifres ! LA SALLE DE BAINS, EMPOTÉE ! On commence toujours par la salle de bains !
 
Alix serra les mâchoires et dirigea le chariot vers la salle d’eau où elle se boucla. Elle devait astiquer ? Ce serait fait mais pas par ses mains, oh ça non !
Le hic fut que Miss Blackstorm ne s’était jamais beaucoup penchée sur l’emploi des sorts ménagers. Le début s’avéra un peu catastrophique. La cuvette des sanitaires déborda de mousse, le balai n’en fit qu’à sa guise et la pâte prévue pour la robinetterie lui récura le visage. Cinq minutes plus tard cependant Alix, aussi impeccable qu’à son entrée, sortit haut la main de l’épreuve. Tel un rapace, Mrs. Pince fondit sur l’endroit qu’elle inspecta minutieusement tandis que, discrètement, Alix agitait sa baguette pour retaper la chambre malmenée par ses locataires. C’est fou ce que les gens qui dépensent des sommes folles pour la nuit dans le luxe ont l’art de mettre le bordel ! Verres sales, reliefs de repas sur la moquette, taches douteuses, etc. Rien ne résista à la baguette d’une Alix en rage.  Mrs. Pince émit un couinement étrange en contemplant les lieux rendus parfait le temps de ses vérifications personnelles.
 
Co… Comment… ?

Pas le temps de bavarder. Poussez-vous, j’ai à faire et j’irai encore plus vite sans vous dans les pattes !

De mémoire, jamais Isadora Pince n’avait vu employée plus zélée. Elle rectifia ses annotations et quitta le couloir.  
En vingt minutes chrono, l’étage soumis au labeur d’Alix fut nickel. Au détour d’une porte, elle croisa l’autre soubrette qui tomba des nues :
 
Déjà fini ? Mais…
 
Demande à Pince de vérifier si tu veux ! Dis-moi juste ce que je suis censé faire maintenant.
 
En fait, le nettoyage aurait dû lui prendre la matinée complète, ensuite repas puis nettoyage de la salle à manger. Libre jusqu’à passé midi ? Voilà qui lui donnait de la marge.
 
Vais roupiller un peu, mentit-elle à son « homologue ».
 
Sitôt seule, elle transplana à Poudlard. La guerre y avait bel et bien régné même si peu de traces subsistaient ici ou là. Des sorciers s’activaient encore à réparer les dégâts du château mais, dans l’ensemble, l’endroit était accueillant. Nul ne s’opposa à son passage, les sorts de persuasions fonctionnant bien. La bibliothécaire fut enchantée de recevoir une visite en ces lieux silencieux, négligé par des étudiants ivres de liberté après en avoir bavé. N’étant pas à un mensonge près, Alix inventa une fable :
 
J’ai été absente d’Angleterre un certain temps et j’aimerais me tenir au courant. Est-ce possible ?
 
Mrs. McGonagall s’avéra déjà à elle seule une importante mine de renseignements. Plus elle causa, plus Alix sentait le plancher s’enfoncer sous ses pieds. Documents à l’appui, elle put vérifier les dires de la bibliothécaire qui ne rata pas sa mine de déterrée :
 
Un peu de thé ? Vous semblez… perdue mon enfant.
 
Alix accepta, et la goutte de cognac l’aida beaucoup à surmonter une incroyable vérité. Arthur Weasley était le courageux ministre sorcier ayant permis d’éradication du mal. Voldemort avait été vaincu par sa fille Ginny ; de nièce du Lord, nul n’en avait jamais entendu parler d’ailleurs le nom de Blackstorm n’était cité nulle part. Oui, il y avait eu des élèves correspondant aux noms cités par Alix mais de caractère radicalement opposé à ceux connus. Mrs. Mcgonagall se souvenait des cancres notoires Davenport et de Brent, toujours prêts aux mauvais coups, insinuant qu’ils avaient sûrement mal tourné.
Encore plus abattue, Alix allait franchir les grilles du château quand le patronus de Michael l’appela.
 
*J.O blessé ?*
 
Un pillage de l’infirmerie eut lieu avant qu’un portoloin ne se crée.  
 
D’entrée dans la cabane, elle ne s’occupa que de l’alité en souffrance, écoutant cependant les détails débité par un Michael anxieux et tourmenté qui avait fait au mieux vu les circonstances dramatiques.  Les potions ramenées soulagèrent le patient délirant.
 
Dans une paire d’heures, il ira mieux. Pourquoi cette empotée de Grisham n’est-elle pas ici ?
 
Selon Michael, elle avait rameuté tout le monde mais lui seul avait répondu présent. Le temps d’aller chercher du matériel d’attaque, elle s’était envolée dans la nature.  
Si le café fort leur remonta le moral, la situation n’était guère reluisante. Posément, elle lui narra ses propres trouvailles, de quoi stupéfier encore plus Michael dont, délibérément, elle ignora les gestes de tendresse.
 
… pas la tête à ça ! lâcha-t-elle, hargneuse… là, je compte aller donner la démission à l’hôtel, à moins que j’y gagne du galon histoire de faire du blé. On va en avoir besoin avant de trouver le fin mot ici !... Veille sur lui, essaye encore de contacter les autres. À bientôt !
 
Hop, elle s’évapora.
avatar
Alix Blackstorm
Admin

Messages : 59
Date d'inscription : 09/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Angel Grisham le Lun Déc 30 2013, 23:20

En situation démente, Angel estimait que la coupe frisait le ras-le-bol total. Non mais cela signifiait quoi ce nouvel imbroglio ? Peu de voisins connus dans l’immeuble habité depuis des années, J.O et Michael accusés reconnus en gangsters patentés, un enlèvement en plein carrefour londonien, des domestiques soumis à ses volontés et, pour couronner le tout, voir James entravé dans une sorte de bouge.  Les idées à l’envers, observant l’état calamiteux de son ami, Miss Grisham tenta de se manifester à lui aussi discrètement que permis vu la précarité de l’endroit. Miracle ! Malgré son état peu reluisant, J.O perçut ses grattements répétitifs aux planches disjointes de la bicoque où on le retenait et releva la tête.
 
*Qu’essaye-t-il de me dire ?*
 
Sans l’ombre d’un doute, il lui signifiait de ne pas intervenir. Angel en bouillait pourtant d’envie mais le bon sens eut le dessus :
 
*Probable qu’ils sont nombreux là-dedans !*
 
Seule à agir, la tentative était vouée à l’échec aussi s’écarta-t-elle un peu afin de se concentrer sur un sortilège difficile à réaliser. Sitôt démultipliées, les hermines patronus reçurent leur message et s’évaporèrent vers les destinataires.
 
L’attente ne fut pas trop longue. Un de Brent apparemment en rogne arriva lui prêter main forte.
 
C’est une histoire de fou, l’accueillit-elle, nerveuse… Oui, là-dedans… Non, j’ignore combien ils sont en tout… Bien sûr que j’ai averti les autres mais tu es le seul à avoir répondu. Ils vont peut-être arriver ?  

Homme pratique avant tout, Michael lui intima de rester sur place tandis qu’il partait faire des courses très particulières. Vraiment pas marrant que de rester plantée-là ! Cependant, elle le devait afin de prévenir les autres. Un mouvement se produisit derrière elle alors que, la mort dans l’âme, elle essayait encore de distinguer l’intérieur de la masure. La piqûre la prit de court, tout s’obscurcit.
 
Dans l’élégant salon de l’immense sa propriété londonienne, Lord Charles Peventies faisait les cent pas face à la grande cheminée de marbre où ronflait un bon feu malgré la température extérieure clémente. Âgé d’une soixantaine d’années, encore très fringant avec sa toisant de neige et ses longues bacchantes immaculées, cet homme de haute stature avait toujours froid dans son long corps maigre. Depuis maintenant 15 ans, la tuile la plus inimaginable lui était tombée dessus avec le décès abrupt de sa très chère sœur Marie et de son époux Edgard Grisham. Son abruti de beau-frère, comme l’appelait souvent ainsi Lord Peventies, roulait tel un malade en plein hiver. Résultat : Charles étant le plus proche parent, il hérita de la lourde – très lourde tâche- de veiller sur l’alors mineure Angel, son unique nièce. Tant qu’elle résida à Poudlard, Lord Peventies respira hormis les congés scolaires. Avec la majorité sorcière d’Angel, tout bascula. Il la savait immature, superficielle, exigeante, intraitable. Insatisfaite les trois quarts du temps, lunatique aussi, elle changeait d’avis plus vite que de vêtements, ce qui n’est pas peu dire vu les tonnes de fringues qu’acquérait la jolie donzelle. Régulièrement, il fallut changer la domesticité usée nerveusement par les frasques répétitives de cette héritière instable. Charles aurait pu la boucler à Ste Mangouste en attendant que s’achève son « devoir » testamentaire ! Hélas, il aimait beaucoup cette pétulante demoiselle aux idées saugrenues. Depuis quelque temps, la miss adorait le faire tourner en bourrique en disparaissant par enchantement et son oncle ne cessait de redouter qu’elle ne s’accoquine avec un escroc en puissance. Car Angel, en plus de jolie, possédait un atout digne d’attirer la pire des vermines : un compte en banque énorme ! Il en avait vu défiler des prétendants, le pauvre Charles !  Ce mois-ci, pas loin de quatre. À ce train, il ne tiendrait jamais jusqu’aux 25 ans d’Angel, jour béni où il serait délivré du serment de veiller sur sa nièce et ses avoirs.
 
Il avait failli faire un infarctus deux nuits avant, quand l’imperturbable James lui avait annoncé une nouvelle escapade nocturne de la jeune sorcière. Aussi, dès qu’elle fut au bercail, il s’arrangea pour la rendre traçable à tout moment. Pourquoi avait-il fallu que la récente soubrette commette une bourde monumentale en rendant sa baguette à Angel ? Le bon docteur Lawson lui avait pourtant affirmé que cette fille était irréprochable et d’une patience à toute épreuve !
 
*À qui se fier de nos jours ?* pesta Lord Peventies en rechargeant lui-même l’âtre ronflant.
 
Au moins, le système gps moldu avait-il fonctionné et, dès la nouvelle disparition constatée, Charles avait délégué les seuls fidèles aux trousses de la fugueuse. Ils en mettaient du temps à rentrer, ceux-là ! Leur condition de moldus éclairés expliquait sans doute cela… Peut-être aurait dû se déplacer lui-même ? Dommage qu’il soit si occupé à gérer les fortunes familiales.
 
Enfin, Charles perçut les crissements des roues de la limousine sur les graviers du parc. Il se précipita au-devant des arrivants.
 
Comment va-t-elle ? Pas de casse ?
 
James, sérieux comme un nonce apostolique, transportait la belle endormie dans ses bras :
 
Plus que d’habitude, cette fois, Milord. Le docteur a dû tripler la dose, Miss Grisham refusait de quitter l’horrible endroit où nous l’avons cueillie par surprise.  
 
Montez-la dans ses appartements, James. Qu’elle y dorme le plus possible, je dois mettre au point une stratégie défensive imparable. Surtout que Nancy ne l’approche pas ! Je vais chercher une gouvernante plus efficace. *Une bonne sorcière, cette fois !*

Tête lourde, nausées- nausées, vertiges ! Dans un drôle d‘état, Angel essaya d’émerger. Des voix enveloppées d’épais coton lui parvinrent :
 
Elle se réveille encore, Milord. Je vais…
 
Non docteur, cela suffit ! La pauvre enfant en a subi assez. Merci Dr Lawson, je m’occupe d’elle maintenant.
 
Est-ce bien raisonnable ? Miss Grisham pourrait…
 
Merci, Docteur !  
 
Un vague bruit de porte qui se ferme, une main sèche sur son front moite.  
 
Là, là, ma chérie, ça va aller. Regarde dans quel état tu obliges ton pauvre oncle à te mettre. Cela ne m’amuse pas du tout, sais-tu ? On pourrait s’entendre si seulement tu arrêtais tes bêtises !
 
Une petite voix sortit du fond du lit :
 
Je… je suis désolée, mon… mon oncle.
 
C’est bien ma belle. Parfois, je me demande d’où tu tiens ce caractère farfelu. Ni ma chère sœur, ni ta chère grand-mère – Paix à leurs âmes - n’étaient  ainsi…
 
Avec le désembuage de son cerveau, Angel capta beaucoup de douceur dans le ton de son « parent » mais ce fut surtout la tristesse transparente qui la frappa. Elle sentit un curieux nœud lui nouer le cœur :
 
Elles… elles sont mortes ?
 
Voyons, ma puce, cela fait si longtemps déjà, s’étrangla d’émotion son oncle.
 
Vous parlez des Grisham, n’est-ce pas ? S’il vous plait, c’est bien des Grisham, hein ?

Pourquoi te fais-tu du mal ainsi ? Laisse ces vieux chagrins s’apaiser. Un avenir radieux s’ouvre à toi, et…  
 
S’il ne s’agissait pas de la branche peu connue du côté paternel, alors… Angel eut l’impression de tomber dans un gouffre sans fond. Elle s’agita :
 
Vous mentez ! Mamy Rose se portait comme un charme il y a quelques jours, et… et puis je veux m’en aller. Je dois retrouver J.O, il a besoin de moi, et…
 
Angel, tu n’es pas raisonnable ! Ma mère est morte l’année de ta naissance, tu ne l’as pas connue. Et qui est ce J.O ? Encore un prétendant à la noix ?  
 
C’est James Oliver Westwood, Duc de Gilmore et je dois aider à le sortir de …

Malgré la faible lueur de la veilleuse, Angel remarqua l’étonnement teinté de courroux sur les traits de l’homme penché sur elle. Il se redressa en secouant énergiquement la tête :
 
Le duc de Gilmore vient d’être assassiné et il n’a jamais eu d’enfant ! Ne bouge pas Angel, je vais aller étriper le docteur Lawson, et je reviens !
 
La jeune femme ne s’épuisa pas à chercher sa baguette même avec de la vigueur retrouvée. Tant d’aberrations réclamaient des éclaircissements. À croire qu’en quelques minutes d’absence, tout le monde qu’elle connaissait avait basculé dans la démence totale :
 
À moins que je ne sois folle dingue moi-même, ainsi que les autres…
 
Où étaient-ils, ces autres ? J.O, son pauvre « galant » était-il sauf ? Dans l’état actuel des choses, sans baguette, comment faire ?
 
Son isolement ne dura pas, hélas. Son « oncle » revint, anxieux, en compagnie du docteur qui ne payait pas de mine :
 
Je vous répète que c’est impossible, Milord ! Les doses octroyées ne peuvent pas lui lessiver la mémoire. Je vais procéder à quelques examens.  
 
Auscultation, prise des paramètres, réflexes, questions.
 
Angel répondit en toute honnêteté à la foule de colles que le Dr Lawson posait. Souvent, elle remarqua des froncements de sourcils de la part du praticien, tandis que son « oncle » levait les yeux au plafond, la main sur le crâne en marchant tel un ours en cage. Enfin l’épreuve s’acheva. Pas besoin de paroles rassurantes, Miss Grisham flaira le désarroi des deux hommes et se prépara.
 
Comme pressenti, ils lui tournèrent le dos pour évacuer la chambre. Ni une ni deux, pas besoin de baguettes pour devenir un beau siamois qui, filant en douce sur les talons des déserteurs, se retrouva dans un couloir qu’il s’empressa de parcourir. L’habitation était immense et… inconnue. Un choix s’imposait : chercher sa baguette ou sortir à tout prix ?  Le plus raisonnable étant de se défendre, il lui fallait son bois avant tout ; inutile de se risquer dehors sans protection.
 
Commença alors un long travail de fourmis. Pièce par pièce, et Merlin sait combien la bicoque en recelait, Angel fouilla les recoins, se matérialisant parfois pour faciliter la tâche. L’étage ne donna rien, hélas.  L’idée de visiter le bureau du Lord valait autant qu’une autre. Le temps pressait. Derrière elle se percevaient des exclamations dépitées : sa fuite était éventée.  De recoin en tentures, le chat passa complètement inaperçu. En bas, elle traversa salle à manger, salon, office, faillit entrer en cuisine avant de se rabattre sur une pièce close. Un bond sur la poignée, Angel fut en place. Avec bonheur, elle contempla l’objet de son désir qui reposait sur le sous-main d’un beau meuble en chêne ouvragé. Transformée, elle allait le saisir quand la porte s’ouvrit à toute volée :
 
Ne… ne fait pas ça, ma chérie. Nous pouvons t’aider, je t’assure.
 
Un « désolée » fut jeté avant de s’évaporer.
 
Le transplanage la ramena au dernier endroit où elle avait vu J.O en méchante posture. Elle n’alla pas très loin, l’endroit grouillait de policiers. En dernier ressort, Miss Grisham expédia son patronus aux nouvelles depuis un retrait entre deux immeubles. La réponse ne tarda pas et, quelques secondes plus tard, une Angel en chemise de nuit pénétrait dans la cabane des bois.  
 
OÙ est J.O ? demanda-t-elle immédiatement aux deux occupants.
 
Alix, l’air las, lui fit signe de l’accompagner. La petite chambre fleurait les médicaments et la sueur. Sur des draps frais reposait un Duc de Gilmore en passe de se réveiller. Se précipitant à son chevet, Angel lui prit la main :
 
Salut toi ! Désolée de ne pas avoir été là. Tu te sens comment ? 
 
Tandis qu’il parlait, non sans quelques larmes, Angel lui embrassa le front. Il souriait, tout était bien... ou presque.
 
Le conciliabule suivant les réunit tous les quatre autour d’un repas délicieux. Les dernières nouvelles étaient choquantes…
avatar
Angel Grisham
Admin

Messages : 33
Date d'inscription : 09/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Michael De Brent le Mar Déc 31 2013, 11:04

Ça allait de mal en pire ! En attendant un retour des patronus envoyés, Michael eut du temps pour essayer de se remettre les idées à l’endroit. Pas évident. Était-ce son idée ou Alix s’était montrée plutôt froide et distante ? C’est vrai qu’elle avait autant de raisons que lui pour être tracassée.
 
Mon manoir est ridiculement aménagé à l’intérieur, j’y loge et trouvaille en boniche.
 
*Pas la gaité, c’est un fait !*
 
Mauvais moment pour se plaindre se ses propres misères, qui n’étaient pas des moindres. Comment s’était-il arrangé pour devenir braqueur et se mettre sur le dos la police moldue ? J.O était son complice ? Mais pourquoi donc…il connaissait à peine le gars ! Si on avait dit Justin, va et passe, ça aurait été plus acceptable, quoique s’imaginer Davenport en faisant quelque chose au limite de la légalité frayait l’aberrant.
Il était là, à gamberger, sous la pluie quand enfin, un patronus se pointa… une belle hermine qui livra un message angoissé. Miss Grisham assurait se trouver  en précaire position et que Sa Grâce le Duc était dans des sales draps.  Sans perte de temps, il trasplana.
Quels alentours peu engageants.  Un quartier vraiment minable, très peu apte pour qu’une petite miss aussi fine qu’Angel s’y balade, elle en était très consciente et semblait passablement affolée.
 
C’est une histoire de fou…
 
Ça, tu peux le dire…alors, le duc…est là ?, s’enquit il en pointant la misérable demeure du doigt, c’est pas la Police qui l’a pincé… Tu sais combien il y en a ?
 
Elle n’en savait trop rien.
 
Tu as averti les autres ?
 
Elle l’avait fait mais personne à part lui n’avait répondu à l’appel.
 
Ils vont peut-être arriver ?  
 
J’ai mes doutes sur ça…faudra s’arranger comme on pourra…J’ai besoin d’une paire de trucs, reste ici !
 
Faute de meilleur recours, magie aidant, il s’approvisionna dûment dans le premier poste de police croisé et retourna sur les lieux, caressant le vain espoir d’y trouver les autres réunis mais il n’en était rien, même miss Grisham semblait avoir déserté.
 
*Et bien, merci de l’appui !*
 
Tout cela résultait très bizarre mais le moment se prêtait mal à ce genre de considération, Sa Grâce était en vilaine posture, pas de temps à perdre ! Misant sur l’effet surprise, il fonça dans toutes les règles de l’art. Grenade lacrymogène  à l’appui, il se pointa dans le séjour où se tenaient les malfrats. Son apparition plus les effets du gaz semèrent une belle pagaille qu’il profita habilement pour les mettre hors combat. Quelques coups de feu se perdirent au petit bonheur la chance et en arrivant auprès de J.O force fut de reconnaître qu’il avait été blessé. 
 
On sort d’ici !, informa t’il en lui enfilant un masque et défaisant ses liens.
 
Michael commençait à être à bout de forces. Depuis le matin, il se dépensait sans cesse en usant de la magie à tout bout portant, un dernier effort fit possible un trasplanage un peu catastrophique qui les mena dans la sécurité du pavillon dans la forêt. Son complice malgré lui était mal en point. Il le ranima avec un Revigor et une paire de claques.
 
Angel…
 
Désolé de te désenchanter, mon pote, ce n’est que moi…
 
Michael…mais que…
 
On t’a passé un sacré tabac, tu t’es pris un pruneau mais en principe, ça devrait aller. Pas le temps de poser  des questions, je t’ai tiré de là…on verra bien après !
 
Mais avant, il fallait s’occuper du blessé, n’ayant aucun don de guérisseur, son premier réflexe fut de demander de l’aide à la seule personne censée de pouvoir l’aider : Alix. Un message succinct via patronus fit l’affaire et peu après, sa belle faisait acte de présence et volait au secours du Duc de nouveau dans les vapes.
 
Sais pas ce qui se joue ici…Les types qui lui ont mis le grappin dessus ne lui ont pas fait des cadeaux…Comment je vais savoir de qui il s’agit !...Non, suis énervé, c’est tout …Fatigué aussi…mais enfin, ça intéresse pas…Il s’en sort ?...Ils le retenaient dans un taudis, côté moldu…des Moldus, oui mais au moins un sorcier fait partie de la bande, j’en suis sûr…Faudra attendre qu’il se réveille pour en savoir plus.
 
Les soins d’Alix donnaient des résultats évidents.
 
Dans une paire d’heures, il ira mieux. Pourquoi cette empotée de Grisham n’est-elle pas ici ?
 
Sais pas trop…elle a demandé de l’aide et était là à mon arrivée mais après…enfumée…
 
Il la suivit à la cuisine en attendant un peu de douceur pour  lui remonter un peu le moral, assez à plat, mais n’eut droit qu’à une tasse de café et une mise à jour à lui faire dresser les cheveux sur la tête.
 
McGo…bibliothécaire ? C’est dingue…elle était la directrice…ah bon ? Des vagues souvenirs…Justin et moi, des cancres notoires ?...De moi on pourrait presque le dire mais pas de Davenport, lui il était exemplaire…Hein ? On aurait mal tourné, à son avis…Ben, si elle regarde la TV, ce dont je doute, elle sera servie…On est en pleine folie, ma chérie…tout est à l’envers…de travers…mais tu es là, et ça me suffit…
 
Il chercha à l’enlacer, mû par le besoin de la sentir proche mais se fit rabrouer, hargneusement.
 
Pas la tête à ça ! … là, je compte aller donner la démission à l’hôtel, à moins que j’y gagne du galon histoire de faire du blé. On va en avoir besoin avant de trouver le fin mot ici !...
 
Mais, Alix…

Veille sur lui, essaye encore de contacter les autres. À bientôt !
 
Et avant qu’il n’ait pu l’éviter, elle était partie, le laissant déconfit, confus et angoissé.
 
*Qu’est-ce que j’ai fait de travers ? Pourquoi elle est si…froide ?...Elle t’aime pas, voilà tout…ou va savoir…tu ne corresponds pas du tout à ce qu’elle s’attendait…*
 
Il retourna au chevet de J.O qui répondait bien au traitement appliqué et dormait pour le moment, d’un sommeil agité mais sommeil quand même. Claqué, il se laissa choir dans le premier fauteuil venu, songeant un instant, à s’octroyer une petite sieste, mais trop d’inquiétudes le rongeaient comme pour  arriver à se détendre.
Impossible de tirer quoique ce soit au clair sans avoir quelques indices, or là, en trouver ne s’avérait pas facile du tout. Apparemment, d’après les mésaventures de Sa Grâce le Duc, suffisait de pointer le nez dans la rue et on vous tombait dessus mais Michael n’envisageait pas de se laisser pincer comme si rien. Encore là, il faudrait attendre que J.O revienne de son trip dans les limbes pour en savoir plus.
 
Mais au-delà de ces tracas, restait la question la plus pressante, angoissante aussi : qu’étaient devenus les autres ? Par quel malheureux hasard toute communication était impossible ? Cela était la seule explication qu’il pouvait trouver à moins que, et bien sûr, cette solution lui plaisait beaucoup moins, Justin ait eu définitivement marre de ses frasques et décidé de l’abandonner à son sort. Cela faisait tout simplement mal.  Qu’Erik ne soit pas présent à l’appel, l’angoissait aussi mais il pouvait presque comprendre que ce frère si nouvellement découvert n’ait aucune envie de se voir mêlé  dans tant de déveine. Il serait heureux avec son australienne et filaient peut-être vers les Antipodes.
 
*Et…s’ils ont disparu ? Ou peut-être…oubliés ?...*
 
À force de « et si » il allait devenir carrément fou.  Le retour à la vie de son complice, servit de distraction.
 
Alors, ça va mieux ?...Oui, Alix t’a soigné…Non, sais rien d’Angel, elle m’a prévenu, oui, mais après…
 
Pas trop de quoi réjouir le brave gars qui malgré tout fit des efforts pour résumer la situation, telle qu’il l’avait vécue.
 
Donc, on a des potes qui nous courent après parce qu’on a planqué le magot…Génial ! Voudrais bien savoir où il est, ce pactole…ben ça nous servirait comme moyen de négociation en plus qu’on a besoin de se renflouer…sais pas toi, mais là…on est à peu près sur la paille…
 
Logiquement, les poches de James Oliver étaient vides, très vides. Il avait même perdu sa baguette dans l’aventure.
 
Qu’est ce qu’on va faire ?...Sincèrement, je n’en sais rien…on n’est même pas fixés sur ce qui se passe…Attendons qu’Alix revienne, elle aura peut-être des nouvelles…Reste tranquille, t’es pas encore en forme pour aller courir la nature…Oui, m’en doute que tu as vu pire, moi aussi…mais alors on savait le nom du jeu !
 
Sa Grâce se trouva encore la force pour faire une paire de remarques pertinentes avant d’avouer ne se sentir pas trop bien.
 
Repose-toi, tant qu’on en a l’occasion…m’est avis que par la suite, on va devoir se décarcasser drôlement !
 
Un grognement incertain lui répondit, le Duc dormait de nouveau. Michael quitta la chambre et faute de mieux à faire, alla fumer une cigarette sur le pas de la porte. Une belle après-midi de Juin qui touchait à sa fin, dans l’épaisseur du bois, l’air était frais et sentait bon après la pluie. Un jour parfait pour être heureux, pour le partager avec celle qui lui avait si bien chaviré le cœur et au lieu de cela, tout basculait, sans explications, dans un cauchemar dément.
À son retour, Alix le trouva à faire des ronds de fumée, l’air distrait.
 
Non, je rêve pas tout éveillé…j’essaye tout juste de ne penser à rien pour un instant, mais peux pas…et toi ? Ça a été ?...Tu les as envoyé paître, à l’hôtel ?...Il va mieux, on dirait…mais dort de nouveau là…Oui, on a parlé, mais à peine…
 
Sans rien dire de plus, il la retint par le bras et se penchant, l’embrassa doucement, avant de la laisser aller examiner le malade.
L’apparition d’une Angel échevelée et en chemise de nuit les laissa assez perplexes mais avant de donner une explication quelconque, la miss voulut voir son Duc sinistré. On les laissa discrètement en tête à tête.
À la cuisine Alix s’affairait aux préparatifs du repas.
 
*Tiens, et moi qui aurais juré qu’elle ne savait pas frire un œuf !*…Je peux t’aider en quelque chose ?

Cette simple proposition fut bien agréée et elle posa devant lui un bon tas de pommes de terre qu’il considéra comme à un ennemi malfaisant.  Couteau présenté, Alix lui signifia le devoir à faire. Bien entendu, il s’y prit comme un pied.
 
C’est ça, fiche toi de ma poire…
 
Mais il faisait si bon l’écouter rire, même si à ses dépens, que Michael persista à massacrer les patates tout seul.
L’ineffable présence de son Angel avait revigoré  suffisamment J.O comme pour qu’il insiste de s’asseoir à table et être mis au courant des dernières nouvelles. Il y avait décidément de la variété. Si J.O et lui étaient des malfrats en fugue et Alix une boniche, Miss Grisham avait été plutôt bien lotie même si en cavale pour le moment pour échapper à un oncle plein de bonnes intentions et zèle.
 
Ben d’après ce que rapportent Alix et Angel, il semblerait qu’on est tombés tous sur la tête ou on a atterri dans un monde parallèle au nôtre…ressemblant mais très différent…la donne est faussée sur tous les plans…On devra faire avec et se débrouiller…

Regards circonspects autour de la table, tous attendaient l’idée du siècle pour se tirer d’affaire mais elle était longue à venir, l’illumination. On se lança dans un brainstorming effréné, des hypothèses fusaient, peu à peu un plan commença à s’élaborer.
 
Nous devons avoir accès à Internet…avec un peu de chance on y apprend des choses très intéressantes, surtout si on sait où chercher…La seule censée de pouvoir se présenter à l’hôtel d’Alix, mot malheureux, comme cliente est bien Angel…nous on a pas un sou et il doit avoir des avis de recherche dans les journaux et à la TV… Ce ne doit pas être si compliqué que ça…tu embobines ton oncle,  lui joues le numéro du repentir, lui jures être exemplaire mais exiges une cure santé dans ce merveilleux hôtel…une fois que tu t’installes, on s’arrange pour introduire James…Allez, dans une grande suite il y a assez de place…et on n’est plus à ça près, non ?...Enfin, je dis après notre virée en Orient…

Il n’avait pas été sans remarquer le jeu de roses soutenus qui avait coloré les joues de la jeune héritière farfelue…Il y avait quand même des choses qui n’avaient pas changé, c’était rassurant dans le fond.
 
Et comme tu en exigeante et capricieuse, tu feras du pétard et demanderas à avoir Alix à ton service exclusif…comme ça, Sa Grâce ne devra pas plonger sous le lit ou dans l’armoire chaque fois que le service est fait…

J.O sembla trouver cet arrangement très accommodant. Alix n’avait pas l’air plus heureuse pour autant mais il lui fit voir les avantages certains de cette modalité. Lui, il ne voulait que la savoir en sécurité, même si elle voulait avoir un rôle plus relevant.
 
*Faudra bien penser lequel, sans ça elle me criera dessus, en assurant que je veux me donner le beau rôle et Merlin sait quoi encore…* Moi ?...euh…moi je vais me rendre à l’Allée des Embrumes…si comme l’assure J.O, l’un des bougres qui nous poursuivent est un sorcier, le plus logique est qu’il se tapisse en monde sorcier…si tu sais à quoi il ressemble…je le trouverai…Pas de souci, j’étais Mangemort avant, sais comment m’y prendre…la Marque est encore là…ça devrait servir à quelque chose…Et alors, qu’est-ce que vous en dites ?
 
Et ils en dirent, des choses…
avatar
Michael De Brent

Messages : 76
Date d'inscription : 08/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par J.O West le Mar Déc 31 2013, 18:47

Re-bienvenue aux limbes ! Ils étaient fâcheux, ces aller-retour, c’est beau vouloir rester conscient, là, cela s’avérait impossible. Une force supérieure le tirait vers le néant et l’y retenait. Soit, cette fois, ça ne semblait pas si épais et bien que mal, J.O pigea qu’on était en train de le soigner. Pas Michael, lui il l’avait tiré du mauvais pas, là c’étaient des mains de femme, douces et sûres, qui lui prodiguaient des soins, c’était une voix féminine, bienveillante mais ferme qui l’enjoignait à avaler ceci ou cela. Une chaleur douillette le berça, rassurante, tout irait bien.
La vie de soldat l’avait formé à la dure, risquer la peau était toujours au programme du jour mais il s’était arrangé pour s’en tirer toujours, plus ou moins d’une pièce. La stratégie habituelle voulait que ce soit lui qui surprenne l’ennemi et ait le dessus de la situation, or là, c’était exactement le contraire qui était arrivé. À sa décharge, on pouvait reconnaître que n’étant pas en zone de conflit, ni se sachant en imminent danger, il n’y avait aucune raison pour se méfier…ou peut-être comme semblait croire son Angel, sa nouvelle vie comme duc de Gilmore lui avait ramolli le cerveau et fait de lui un bon à rien, parasite social, imbu de soi, etc…Heureusement, à partir de là, son esprit divagua dans un « no man’a land » vaporeux, où n’existaient ni reproches ni culpabilité.
Lors de son suivant retour, Michael se pencha sur lui, s’enquérant sur son état.
 
Euh…mieux, je crois…Bons, les soins…
 
C’était la belle Alix qui s’en était occupée et compte tenu des résultats, était fameusement douée.
 
Et…Angel ? Tu as vu Angel…elle était là, je sais…
 
Selon De Brent, miss Grisham l’avait bien prévenu mais peu après son arrivée, elle semblait s’être enfumée.
 
*Comment ça…enfumée ?...Ouais, elle a rien à faire avec toi, imbécile…rameutée l’aide, elle te largue…*
 
Il filait tout droit vers la déprime mais là on n’avait que faire de lui en pleine crise, un compte-rendu s’imposait.
 
Ils étaient trois, du moins ceux que j’ai vus. À croire qu’on fait partie d’une bande organisée, nous deux, on aurait filé avec leur magot et là, ils veulent le récupérer. Le reste, tu t’en doutes bien.
 
Michael avait tout compris et tirait ses conclusions, guère réjouissantes. Si magot il y avait, y mettre la main dessus semblait de grande importance, autant comme moyen de pression que pour se renflouer un peu,  vu qu’ils étaient tout simplement sans un sou vaillant. Et il avait en plus, perdu sa baguette.
 
Je dois me lever…trouver un téléphone…Cebius saura, lui…Il enverra une voiture nous chercher…
 
Angel avait raison, à force de penser comme un duc, il en était devenu un de si inutile, que la présence de son  domestique était devenue indispensable pour le tirer d’affaire. Cette idée le consterna encore plus que sa soi-disant misère. Michael semblait aussi dépassé que lui mais pouvait encore penser correctement. Pas question de bouger de là jusqu’à savoir le nom du pétrin dans lequel ils étaient fourrés. Pas évident du tout. J.O émit encore une ou deux idées puis préféra se laisser de nouveau engloutir par son petit univers particulier, si sombre et douillet.
 
*Couard et con…t’es fait !*
 
La sensation d’une nouvelle présence lui fit ouvrir les yeux. Ô miracle !
 
Angel…
 
Salut toi ! Désolée de ne pas avoir été là. Tu te sens comment ? 
 
Bof…, ça devrait tout dire mais c’était sûr qu’elle n’allait pas se contenter d’une version si raccourcie à moins de constater qu’il était vraiment mourant, ce qui n’était pas encore le cas, ça va aller…c’était pas trop la joie mais j’ai su que tu étais là…
 
Il poursuivit sa narration, avec un peu plus d’entrain, vu les résultats émus. Il eut droit à quelques larmes et des petits baisers sur le front, une vraie mère aimante avec son rejeton qui s’est fait bobo… enfin, c’était déjà ça de gagné. J.O aurait préféré des démonstrations un peu plus chaleureuses mais vu sa position, il ne pouvait pas se montrer trop exigeant, d’autant que sa belle avait eu, aussi, son lot de surprises et déconfitures. Si lui était fauché et pourchassé, elle était devenue une richissime héritière sous la tutelle d’un oncle bienveillant…et elle s’était sauvée de ce cocon de sécurité pour le rejoindre…en chemise de nuit.
 
*Elle tient quand même un peu à toi…*
 
Plus tard, il assura se sentir plus en forme et tint à prendre part  à la réunion-mise à jour, pendant le repas.

Michael écouta tout ce qu’on voulut lui raconter et arriva à une conclusion laconique et très peu engageante  où il fut question de folie généralisée, monde parallèle et donnes faussées.
 
On devra faire avec et se débrouiller…
 
La solution parfaite !
 
On doit  chercher le moyen de nous informer un peu plus…selon ce qu’a dit ton oncle. Angel…le Duc de Gilmore, que Michael et moi on a théoriquement assassiné, n’a jamais été marié ni eu d’enfants, donc de ce côté c’est fichu…suis pas prétendant au titre…Si ce qu’a dit la bibliothécaire de Poudlard à Alix, Michael n’a jamais été personne de trop en vue…comme quoi, on est tous deux des petites frappes à la recherche de bons coups…mais nous on sait que c’est pas vrai…Impossible qu’on soit tous dingues !

Tous furent d’accord sur ce point. Michael qui semblait avoir de la suite dans ses idées, donna les ébauches d’un plan, qui en soignant les détails, pourrait tourner assez rondement. Internet était le mot du moment. La source n°1 d’informations à niveau mondial. L’hôtel où travaillait Alix était bien équipé dans ce sens mais apparemment les seuls à savoir se servir d’un ordinateur étaient De Brent et lui.
La suite tombait toute seule et n’était pas pour lui déplaire. S’installer dans une belle suite d’hôtel, tout confort, avec sa chérie tout près…c’était on ne peut plus tentant. Angel rosit gentiment. Alix fronça un peu les sourcils. Lui se dévidait les méninges pour trouver la meilleure façon de faire les choses.  Il était marrant De Brent, ou suicidaire, en proposant à sa miss le minable rôle de soubrette de service.
 
Pas besoin de ça…Angel peut prétendre être un peu plus folle que son habitude et avoir un nouveau jouet…, regards de travers, je veux dire un chat…enfin, suis pas animagus pour des prunes…
 
On lui fit gentiment remarquer que pour un minet, son once était un peu démesurée.
 
Ouais…pas un petit siamois mais Angel est une milliardaire excentrique…elle peut se permettre avoir un exemplaire d’espèce en extinction  comme mascotte…je peux même ronronner…vous en faites pas, je peux être un chat très convaincant…et toi, Michael, tu comptes faire quoi ?
 
Il allait étendre l’investigation à l’Allée des Embrumes où, compte tenu de son ancien état de Mangemort notoire, il évoluait comme poisson dans l’eau.
 
Mais si tout a changé dans ce monde…ça risque d’avoir varié un poil dans ce coin-là aussi, fit-il remarquer.
 
L’exécrable Marque  était bien visible sur le bras gauche de son complice.
 
Faudrait encore savoir, si cette Marque signifie quelque chose dans cette version de monde qu’on nous livre. Voldemort est bien mort mais rien dans l’histoire ne correspond…pas de Potter mais la fille de l’actuel Ministre, non ? J’ai connu Arthur Weasley, un homme de bien…un des peu réglo au Ministère…avant! Imaginez-vous que Voldy n’ait été qu’un sorcier fauteur de troubles et pas le Grand Méchant…si j’étais toi, Michael, j’irais mollo avec la Marque…et si Arthur Weasley est toujours tel qu’il était, le plus probable qu’il soit en combine avec la Police moldue, il a toujours été un grand sympathisant de cette Cause là…

L’idée fit son petit bonhomme de chemin mais De Brent insista pour aller du côté sorcier, d’incognito. Il savait comment s’y prendre, pour les opérations d’infiltration.
La préparation de la suite fut trépidante. Grâce aux bons soins combinés d’Angel et Alix, il reprit  du poil de la bête, au sens propre et au figuré, à temps pour parfaire le reste de leur plan. Angel s’était absentée et exerçait son talent de persuasion sur son cher oncle, avec des résultats plus qu’évidents, car deux jours plus tard, l’hermine argentée se présenta pour délivrer des nouvelles informations.
 
Tonton a gobé l’hameçon et la ligne…Sais pas comment elle s’y est prise mais je dois être livré dans sa suite, cet aprem, à 16 :30…juste pour le thé !...Elle voudra lui en faire la surprise !
 
Comme on n’était plus à détail près, Michael et lui s’arrangèrent pour voler une camionnette de livraison et arriver à l’heure voulue à la porte de service de l’hôtel. De Brent, en livreur anodin, exécuta sa part du plan et l’employé abasourdi reçut la singulière livraison qu’il mena, en tremblant à la suite désignée où une soubrette l’air grave, la prit en charge.
Prouvant sa bonne foi, le gros chat se montra d’une docilité émouvante et alla occuper sa place aux pieds de sa nouvelle maîtresse, qui lui caressa gentiment la tête, juste à temps. La porte s’ouvrait, livrant passage à Lord Charles Peventies, tout à sa dignité élégante, avec un sourire résigné en coin…sourire qui se figea en découvrant le splendide fauve allongé aux pieds de sa chère et folle nièce.
 
Mais…Angel…mon petit…ce n’est pas un chat !!!
 
*Wow ! Quel fin observateur !*
 
Tu…tu ne peux pas avoir un animal comme celui-là en tant que mascotte…C’est impensable, inadmissible…C’est une panthère des neiges…une espèce rare…interdite de…
 
*T’es loin du compte, mon pauvre…*
 
Nièce chérie mit en branle-bas de combat un charme roucoulant, irrésistible, surtout que le cher homme semblait l’aimer très sincèrement. Il examina les documents présentés, fronça les sourcils, pour finalement soupirer.
 
Je continue de croire que c’est une folie mais si ça te rend heureuse, mon petit…et te fait tenir tranquille…soit !

*Elle doit lui en faire voir des vertes et des pas mûres pour qu’il se résigne si facilement…*
 
Toute contente, « mon petit » embrassa  bruyamment Tonton puis alla plonger son joli nez dans la fourrure épaisse de Minet, qui, pour bien jouer son rôle, ronronna avec beaucoup d’entrain.

Enfin, pas rien que pour jouer le rôle, il était vraiment content, là !
avatar
J.O West

Messages : 30
Date d'inscription : 10/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Angel Grisham le Sam Jan 04 2014, 18:28

J.O allait mieux mais cela n’empêcha pas Angel de se sentir affreusement coupable de l’avoir délaissé même si ce n’était pas de son propre chef qu’elle avait dû vider les lieux.
 
J’aurais peut-être pu t’empêcher d’être blessé, pleurnicha-t-elle avant d’avouer ses propres mésaventures.
 
La réunion des quatre amis dévoila certains faits aberrants. J.O et Michael n’étaient pas seulement recherchés par la police moldue mais aussi par une ex-bande les accusant d’avoir dérobé un butin à, évidemment, restituer et un sorcier au moins faisait partie des malfrats. Alix quant à elle se retrouvait boniche dans son propre manoir, position qu’elle ne semblait pas particulièrement apprécier. De plus, l’état général des finances s’avérait au ras des pâquerettes, sauf pour l’héritière d’une colossale fortune : elle !
Des hypothèses, ils en échangèrent, non des moindres. L’idée de De Brent concernant un univers parallèle séduisait Angel. D’autant que, si les autres n’avaient pas remarqué la principale anomalie, elle oui : la machine temporelle avait disparu. ON les forçait à rester là, dans un monde très semblable au leur où ils avaient des vies différentes tout en conservant leur identité. Mais qui était ce ON et pourquoi ON leur imposait cela ? Taisant ses réflexions, Angel écouta les propositions des uns et des autres. Celle de Michael la fit rougir. N’envisageait-il pas, qu’une fois de plus, elle partage ses appartements avec J.O ? 
 
 Allez, dans une grande suite il y a assez de place…et on n’est plus à ça près, non ?...Enfin, je dis après notre virée en Orient…
 
*Que diable imagine-t-il qui ce soit passé là-bas ?*
 
Elle mordit dans sa chique pour éviter de répliquer mais faillit rigoler face à la tête tirée par Alix requise à poursuivre sa déchéance. Lui-même envisageait d’aller prospecter côté sorcier en exhibant fièrement la marque des ténèbres toujours tatouée sur son bras. Le blessé objecta finement à ce propos que rien ne garantissait le succès d’une telle opération, même discrète :
 
… Imaginez-vous que Voldy n’ait été qu’un sorcier fauteur de troubles et pas le Grand Méchant…si j’étais toi, Michael, j’irais mollo avec la Marque…et si Arthur Weasley est toujours tel qu’il était, le plus probable qu’il soit en combine avec la Police moldue, il a toujours été un grand sympathisant de cette Cause là…   
 
*Il en a de la jugeote quand ça lui prend, mon « mari »*
 
Enfin, elle put en placer une et ne rata pas l’occasion :
 
Si vous imaginez que je vais faire tourner en bourrique cet homme charmant qu’est mon « tonton » vous vous trompez. Je ne suis pas une comédienne-née, moi ! Puis cette idée d’une once en animal de compagnie est démente ! Faudrait être taré pour gober un truc pareil. Puis… puis…
 
Elle n’allait pas leur dire qu’elle avait un peu peur de J.O, non ?
 
À force d’arguments, elle finit par se laisser convaincre de tenter le coup. Il est vrai que, par rapport à eux, sa situation était nettement avantageuse. Ils méritaient confort et bonne nourriture autant qu’elle, après tout.
 
Je vais avoir besoin d’une paire de jours, grommela-t-elle. Là, je rentre avant que la cavalerie s’amène, puis j’ai froid ! 
 
Elle transplana chez « elle », prit une douche revigorante tout en réfléchissant à la stratégie à adopter. Pleurnicher ? Geindre ? Taper du pied ? Elle avait l’embarras du choix !
Pimpante, ses longs cheveux sagement lissés sur les épaules d’une robe simple, elle respira un grand coup avant d’oser frapper doucement à la porte du salon où elle était certaine de trouver son oncle.
Un « entrez » très las lui permit de poursuivre. Une prière à Merlin, Angel s’engagea dans l’ouverture. Aussitôt, Lord Peventies se releva de son fauteuil, l’air ébahi :
 
C’est… C’est bien toi, ma chérie ? Merci grands mages, tu es sauve !  
 
Étreintes plus tard, la demoiselle présenta ses plates excuses pour son attitude irresponsable avec promesses de non récidive. C’est fou ce que cet homme parut soulagé. Dans un sens, il ressemblait beaucoup à Mamy Rose, abstraction faite des moustaches, évidemment, raison supplémentaire d’être très mal à l’aise dans les mensonges d’autant qu’il passa très vite l’éponge sur sa récente incartade, non sans remarques alarmantes :
 
Là, là, on oublie tout ça ! dit-il en la conduisant vers un fauteuil. Tu as l’air plus sensé que tout à l’heure. J’espère que tu as oublié ces fantaisies à propos d’un certains J.O West car, renseignements pris, c’est un criminel notoire Angel ! Non seulement il utilise les âmes innocentes à son profit mais il a aussi assassiné le Duc de Gilmore !  
 
Angel baissa la tête afin que son oncle ne lise pas l’énervement que de tels propos provoquaient chez elle.
 
J’ai… j’ai dû lire, ou entendre, un truc à ce sujet et… tout c’est mélangé dans ma pauvre tête.
 
*Seigneur, pensa Lord Charles. Serait-elle en passe de devenir aussi folle que son pauvre père ?*
 
Timide, elle jugea opportun de lancer un hameçon :
 
Je suis fatiguée de Londres et des…*Qui ne risque rien n’a rien* des mondanités.
 
Mais ma chérie, c’est toi qui veux toujours faire la bringue, aller danser, organiser des fêtes.
 
*Ouf* Ben, disons que j’en ai un peu assez. On n’y croise que des imbéciles, tu es d’accord, non ? Du repos me serait bénéfique, je pense.  
 
L’oncle se mit à croire aux miracles. Depuis le temps qu’il souhaitait entendre cela.
 
Entièrement, ma puce. Que désirerais-tu ? Une croisière sur le yacht ? Un safari ?
 
Une retraite, plongea-t-elle.
 
Pas dans un couvent quand même ?
 
Non, non, mon oncle. On m’a vanté les beautés de l’Ecosse, son calme… j’avoue être tentée.
 
D’accord ! Tout ce que tu veux. Rien que toi, moi et James, ça te va ?
 
Pas de Docteur, hein ?
 
Promis !  
 
Le lendemain, au petit-déjeuner, très enthousiaste, Tonton lui soumettait un panel d’établissements écossais, fruit de ses recherches.
 
Tu vois, montra-t-il des illustrations, il y a de tout. Cette auberge me semble bien tenue. Là, c’est un gîte rural confortable et là…
 
Lord Charles eut un sourire mitigé quand, après avoir feint d’hésiter, sa nièce pointa un hôtel très huppé, style pure gosse pourrie habituelle.  Ils s’y installèrent l’après-midi même.
D’entrée en scène, Angel endossa le rôle attendu : cliente exigeante, voire chiante. Elle voulut changer de suite, la sienne étant mal orientée à son goût ; sonna autant de fois que nécessaire les demoiselles d’étage avant qu’Alix ne soit enfin déléguée à sa satisfaction.
Tout baigna. Restait le dernier point à travailler : faire accepter le « chat » à son tonton.
Au dîner où, royale dans une longue robe moulante, elle parada en hautaine accomplie, elle se mit à soupirer à fendre l’âme, de quoi alarmer Lord Peventies :
 
S’il te plait, ne me dis pas que tu t’ennuies déjà, ma chérie ?
 
Chipotant ses ris de veau, l’enquiquineuse se fit rêveuse :
 
Si, mais juste un peu ( sourire blasé) je pensais aux… animaux…
 
Il y a des écuries derrière et, dans le parc, j’ai vu beaucoup d’oiseaux et des écureuils…
 
On en resta là pour la soirée mais quand l’oncle vint lui souhaiter le bonsoir, il ne put rater plusieurs livres posés sur la table de chevet. Tous traitaient du même sujet : comment soigner son chat.  
 
*Quelle lubie est-ce là encore ? s’inquiéta le brave homme.*
 
Au petit-déjeuner Angel soupirait davantage et mima plusieurs fois de caresser ses genoux. Pas idiot, tonton commença à se faire une petite idée de ce que sa diablesse de nièce allait demander avant peu. Au déjeuner l’affaire était réglée :
 
Arrête de te caresser ainsi les genoux, mon… chaton.
 
Devant le sourire radieux et les yeux brillants d’Angel, Charles fondit :
 
Ok, tu veux un chat ? C’est d’accord. Je suppose que tu as déjà choisi la race et que…
 
Oui ! Merci mon oncle. Il arrive tout à l’heure. Tu es merveilleux !
 
Heureux de combler sa nièce, Lord Peventies n’en fut pas moins curieux d’aller voir la bestiole pour qui elle avait fondu. Sa tête valut de l’or quand il découvrit avec stupeur quel était le choix d’Angel :
 
Tu…tu ne peux pas avoir un animal comme celui-là en tant que mascotte…C’est impensable, inadmissible…C’est une panthère des neiges…une espèce rare…interdite de…
 
Il est beau, hein ? Docile, doux et… très propre ! Tous les papiers sont en ordre. Je t’en prie tonton, sois mignon…
 
Deux bisous et trois ronrons plus tard, Tonton s’éclipsa.
 
Ça y est J.O, tu peux reprendre ta forme ! souffla-t-elle à l’oreille du félin.
 
D’être en train de caresser la tête et la nuque du jeune homme provoqua des rougeurs diffuses. Lui, il rigolait en douce en se redressant.
 
Bon, on fait quoi là ? Des nouvelles de Michael ? Alix n’en a aucune…
 
Lui non plus, hélas.
Histoire de ne pas rester là, simplement en train de se regarder comme des chiens ( ou chats) de faïence, Angel suggéra :
 
Tu dois avoir faim, non ? Ça mange quoi une once ?... ah ! Ben… Tonton croira que je suis folle à lier s’il voit ma commande.
 
La réceptionniste du room-service en avait déjà entendu des vertes et pas mûres mais à ce point…
Pas à dire mais la cliente du 305 devait être ogresse pour réclamer un tel menu !
On frappa à la porte avant d’actionner le passe. Prudent, J.O s’était converti en once mais redevint lui-même quand une Alix l’air mauvais poussa le chariot dans la chambre. Aussitôt la porte refermée, Angel subit quelques foudres mais haussa les épaules :
 
… non, je n’exagère pas ! Il doit y en avoir assez pour un régiment, choisissez !... Eh, je vous signale que je ne fais qu’exécuter ce que VOUS avez voulu. Venez pas vous plaindre si je suis emmerdeuse, mangez !... non, pas moi. Je dois dîner avec mon oncle, voyons !
 
J.O, d’assez belle humeur, attaqua gentiment ses plats tandis que Miss Blackstorm se servait avec parcimonie. Ils parlèrent de leurs situations qui s’avéra peu évoluée. Manifestement Alix était à cran.
 
*Pas marrant pour elle mais l’absence de Michael doit lui peser…*
 
Pourquoi faut-il toujours que lorsque l’on parle du loup celui-ci apparaisse. Un grand crac, une table massacrée et un corps ensanglanté occupa bientôt le milieu du séjour. Cri de Miss Blackstorm, verrouillage des portes, assurdiato à la clé.
 
Michael, mais…
 
J.O et Alix redressèrent l’inconscient et le couchèrent sur un des lits.
 
*Qu’est-ce qu’elle est chiante celle-là !*
 
Contrainte par les ordres d’Alix, Angel dut courir partout. Antiseptiques, bandages, etc. furent au dessert. Il ne fallut pas longtemps pourtant avant que les blessures apparentes de De Brent soient refermées et jugées bégnines. D’ailleurs Michael reprit vite conscience.  Retapé, il s’attabla, dévora des reliefs tout en débitant ses récents déboires. C’était fou, vu sous un certain angle. Ayant croisé inopinément Opal McLane et Erik dans une taverne de l’Allée des Embrumes, il n’avait eu le temps que d’échanger quelques mots avec eux avant d’être pris dans un champ de force aussi irrépressible que séparateur.
Miss Grisham avait tout écouté posément. Elle servit un alcool à la ronde puis osa enfin débiter sa théorie :
 
Je n’ai rien dit jusqu’ici mais tout conforte le fait qu’ON – ne me demandez pas qui – s’emploie à nous séparer de nos amis en évitant que l’on fasse à nouveau fonctionner la machine… Elle n’est plus dans la cabane… Qu’est-ce que j’en sais du pourquoi, moi ? J’énonce les faits, c’est tout… 
avatar
Angel Grisham
Admin

Messages : 33
Date d'inscription : 09/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Alix Blackstorm le Sam Jan 04 2014, 18:36

Au moins ne l’avait-il pas déjà balayée de sa vie. On pouvait accuser Michael de Brent de maints travers mais pas de celui d’ignorer ses amis dans la dèche.
 
*Ses amis… et partenaires obligés ! Il a besoin de nous et… nous de lui ! Sitôt que l’on redressera le cap, si c’est faisable, il disparaîtra sans se retourner *
 
C’est dans ce lamentable état de pensée qu’Alix soigna le malheureux J.O sorti des griffes de malfrats en se prenant une balle dans l’épaule. La tâche était inhabituelle pour cette sorcière plus habituée à panser des blessures dues à des sortilèges qu’à celles causées par les armes à feu moldues. 
Qu’à cela ne tienne, fallait faire avec.
 
*Une plaie reste une plaie et un homme… un homme !*
 
Michael… Elle aurait donné beaucoup pour le rayer de sa mémoire, lui et tout ce qui en découlait. Une part d’elle voulait reconnaître ne l’avoir jamais vu aussi prévenant, attentif… doux( ?), envers quiconque d’autre… qu’elle. En général, n’abordait-il pas les gens avec hauteur et morgue ? Si leurs relations de départ furent assez houleuses, elle devait avouer qu’il s’était bien rattrapé depuis.
 
*C’est ça, trouve-lui des excuses, ça t’arrangerait, gourde ! Il te veut soumise, bêlante, n’attendant qu’une caresse ou un sourire de lui ! Dès que tu baisseras ta garde, il s’envolera et tu n’auras plus que tes yeux pour pleurer ! Ne commets pas la bêtise de te croire unique pour lui !*
 
Dans la cabane, il n’y avait qu’elle et J.O. Angel tentait de faire entrer son « oncle » dans leurs plans tandis que De Brent vagabondait Merlin sait où. Son patient la trouva bien pensive en subissant son renouvellement de pansement, elle haussa les épaules :
 
Si tu crois que c’est marrant ! … non, c’est pas de toi qu’il s’agit mais de nous, nous tous ! Ce projet est vraiment très aléatoire… Pas plus d’idée pour en sortir, hélas !
 
Elle dut se mordre la langue pour ne pas sortir tout ce qu’elle avait sur le cœur comme quoi lui, Angel et peut-être Michael allaient se prélasser dans le luxe alors qu’elle en serait réduite à sa chambre minable et aux travaux forcés.  Heureusement, deux diversions intervinrent coup sur coup. La première, sous la forme de patronus hermine, annonça que Miss Grisham ayant obtenu gain de cause pour l’hôtel, elle s’y installait immédiatement ; la seconde fut produite par l’arrivée de Michael dont elle esquiva l’étreinte :
 
Raconte-nous ce qu’il s’est passé pour toi car Angel vient de contacter J.O : elle est en place…
 
Le pauvre n’avait rien de trop à raconter mais suffisamment pour sidérer son auditoire.
 
… PAS DE SEIGNEUR DES TÉNÈBRES ? McGonagall m’avait pourtant dit que… oui, oui, c’est logique…
 
Selon sa nouvelle habitude, elle planta là les deux jeunes hommes et rentra remplir son « service »
Fameuse plaie que celle-là ! Une veine que la magie soit toujours d’actualité, sans cela…
Pestant et râlant, Alix se força à rester dans son rôle de parfaite ouvrière zélée mais terne. Une qui semblait prendre très à cœur ses nouvelles attributions était Angel : la parfaite enquiquineuse. Grande entrée en scène avec atours et tralalas, ton péremptoire, chichis : tout y était. Évidemment, elle poursuivit sa plaisanterie jusqu’au bout en réfutant toutes les candidates possibles à son service exclusif jusqu’à ce que le boss en personne vienne sortir Alix de son trou obscur :
 
La jeune demoiselle réclame quelqu’un de spécial pour compléter sa domesticité. C’est peut-être la chance de votre vie, Miss Blackstorm !
 
Dites plutôt que vous n’avez plus personne d’autre que moi à lui proposer !
 
Je savais que c’était peine perdue, se résigna le patron, tête basse.
 
Pleurez pas, j’y vais mais si elle m’accepte, vous, vous accepterez toutes mes conditions, ok ?
 
Elle aurait accordé la lune qu’elle n’aurait pas reçu plus beaux sourire et mille promesses. L’entretien devant se passer – ouf – discrètement, Alix fixa d’entrée les règles du jeu avec la pseudo héritière :
 
Salut Angel ! Charmant numéro que tu as effectué mais soyons précises : en public tu as le droit de me traiter comme tu l’entends… sans abuser pour autant. En privé, n’escompte pas que je m’abaisse à cirer tes pompes ou quoique ce soit d’autre, compris ?
 
Cette mise au point effectuée, tout se déroula correctement entre les deux jeunes femmes. Alix n’ayant pas grand-chose à raconter à son homologue d’infortune, elle eut quartier libre assez rapidement. Que faire d’autre que d’user et d’abuser de son nouveau statut ?
D’abord, elle exigea une chambre correcte à proximité de celle de Miss Grisham. Le boss faillit pousser des cris d’orfraie mais puisque le majordome du tonton avait obtenu une large suite contiguë à celle de son maitre …
 
Tout communique, vous la partagerez !
 
Cohabiter avec James McGovern valant toujours mieux que son taudis du 5ème étage, Alix accepta.
L’affaire réglée, Miss Blackstorm déménagea rapidement dans ses nouveaux quartiers où elle revêtit avec plaisir une robe plus adaptée à ses fonctions. Pour le peu qu’elle l’avait explorée, sa garde-robe était aussi chiche que sa paye. Vu le plan, elle s’était préparée et, grâce à la générosité de Miss Grisham, avait pu acquérir plusieurs tenues fort correctes.  Elle terminait d’arranger sa coiffure – un sage chignon bas – quand la porte s’ouvrit sur un McGovern qui sifflotait avant de l’apercevoir. Sa dernière note lui resta dans le gosier :
 
Euh… Excusez-moi, Mademoiselle, il doit y avoir une erreur. Cette suite est mienne, et…
 
Détrompez-vous James. Miss Grisham vient de m’engager, et le directeur a jugé plus pratique que nous partagions cette immensité. Rassurez-vous, je serai discrète. D’ailleurs, je vais de ce pas prendre les ordres de Mademoiselle. Bonne soirée.
 
Il en tirait une tête ce grand bonhomme sec ! Alix n’étant pas là pour juger des états d’âmes du personnel, elle se rendit dans les appartements voulus. Angel y bataillait avec une pièce vestimentaire complexe que, manifestement, elle répugnait à porter.
 
Un coup de baguette, mademoiselle ? ironisa Miss Blackstorm qui régla l’affaire en moins de deux.
 
Angel la gratifia d’un charmant sourire tout en se plaignant du goût impossible de celle qu’elle « remplaçait » :
 
Eh bien… rien ne t’oblige à mettre ces… horreurs ! Il y a deux boutiques en bas qui…  
 
Adjugé, vendu ! Le tonton serait peut-être un peu surpris par le nouveau style de sa nièce mais lui passait tout, donc…  
Pendant qu’Angel dînait dans la grande salle, Alix s’attendait à grignoter un sandwiche en solitaire dans sa chambre. Quelle ne fut pas sa surprise de voir une table parfaitement garnie au beau milieu du salon.
 
Michael? murmura-t-elle, plus ravie que souhaité en avisant un mouvement près du bar.
 
Hélas, celui qui se retourna une bouteille de vin à la main ne correspondait nullement avec son chevalier blond.  
 
Bonsoir Miss Blackstorm, j’ai eu l’audace de penser que… que… Enfin, ce serait un honneur pour moi si vous acceptiez de…  de partager cet humble repas en… en ma compagnie.  
 
Pourquoi refuser ? Le fumet se dégageant des cloches argentées était si alléchant !
Qui l’eut cru, cet homme d’une quarantaine d’années s’avéra un hôte très plaisant un fois sorti de ses fonctions officielles. Extrêmement courtois, il se raconta sans fioritures voire avec humour, ne se lassant hélas pas de poser des questions. Il voulait tout savoir sur elle, d’où elle sortait, ce qu’elle aimait ou pas, comment elle avait réussi à être agrée par la Miss poison : tout.  Elle resta dans le vague, s’inventant un passé des plus banals et laborieux en détournant les pièges avant de lui retourner l’interrogatoire de façon pointue :
 
Comment cela se passe-t-il chez Lord Grisham ? Est-il sévère ?
 
Elle se marra en en apprenant de belles sur le compte de l’Angel supposée et du calvaire subi par le Lord, prit mentalement des notes mais ne commenta pas trop :
 
Je la connais à peine. Nous verrons bien si je continue à lui plaire. D’ailleurs je ferais bien d’aller voir si elle a besoin de moi.
 
En soupirant, James fila de même auprès de son maître non sans avoir lancé plein d’espoir :
 
On pourra bavarder… après ?
 
Sait-on ? rit-elle en passant la porte de communication.
 
Pour bavarder, elle le fit principalement avec Angel qui lui annonça l’avancement de sa stratégie. Elle sentait son tonton mûr à ferrer, tant mieux. On aviserait demain. Après quelques parties de cartes distrayantes, Alix voulut regagner son logement. Très en douceur, elle poussa la porte et, comme elle le redoutait, James l’attendait de l’autre côté. Assis dans un fauteuil en train de lire, il ne la remarqua pas et n’en n’eut pas l’occasion sous le grosdodo qui le frappa en douce. Riant sous cape, Alix put dormir sans encombre.  Après le déjeuner, Angel l’avertit que le « colis » - en l’occurrence J.O – serait livré peu avant 17heures. Cela laissait du temps, trop de temps à Miss Blackstorm qui commençait à en avoir un peu marre de passer le plus clair de ses loisirs à échapper aux empressements du majordome. Ce dernier, en effet, ne cessait de prétexter n’importe quoi pour goûter sa compagnie. Par la grâce de Merlin, il se gardait toujours à distance respectueuse. Le croiser était divertissant même si un peu pathétique, à croire qu’il avait eu le coup de foudre pour elle. Alix se montra « gentille » avec lui, évitant cependant de l’encourager à s’imaginer des choses. Seule dans la suite, tentant de suivre une émission télévisée, elle ne pouvait cesser de s’angoisser au sujet de Michael. Tout marchait-il bien pour lui ? Serait-il à l’heure pour la livraison ? Elle regardait une nième fois sa montre quand James entra.
 
Que vous êtes pâle, Miss Blackstorm. Un souci ?

*Des tonnes, mais ça ne te regarde pas !* Non, une légère migraine, rien de grave, merci James.
 
S’il y a la moindre chose que je puisse faire pour vous soulager, s’empressa-t-il en lui prenant la main, il faut me le dire…
 
Vous êtes trop bon, mon ami. Je… j’ai entendu sonner, non ? Miss Grisham a dû commander un encas, j’y vole !  

Le chariot qu’on lui remit peu après n’était pas rempli d’une simple collation. Il s’agissait d’une tonne de victuailles à pousser depuis l’ascenseur jusqu’à la chambre. La magie l’y aurait aidée si son dévoué James n’était accouru à son secours.
 
Laissez-moi faire.
 
Hélas, Lord Grisham ouvrit la porte et réclama immédiatement les services de son employé qui, navré, dut laisser Alix se débrouiller seule. Vu le va-et-vient du couloir, la sorcière ne put utiliser sa baguette. Aussi c’est de méchante humeur qu’elle arriva chez une Angel en bonne compagnie :
 
Salut J.O. Tu as l’air tout à fait remis ! Angel, tu exagères ! C’est la dernière fois que je dois me farcir tes lubies, ça pèse une tonne ce truc !
 
Non, je n’exagère pas ! Il doit y en avoir assez pour un régiment, choisissez ! Et, je vous signale que je ne fais qu’exécuter ce que VOUS avez voulu. Venez pas vous plaindre si je suis emmerdeuse, mangez !
 
Puisqu’elle insistait… J.O dévora comme si sa vie en dépendait, répondant à ses questions avec difficulté entre deux bouchées :
 
… Ah, pas d’os ! Au moins ça ! Et où il est passé, là ? … Quoi ? Il est monté jusqu’ici ?
 
Apparemment oui mais avait filé aussitôt ayant un indic à rencontrer dans un bouge quelconque.
 
*Même pas pris deux minutes pour un coucou, il est « charmant » !* Mais où en êtes-vous ? Je sais pour Voldy qui n’est pas celui que l’on a connu mais on ne peut pas dire que vous êtes des mines d’informations, toi et Michael !
 
J.O escomptait se mettre à l’ordinateur dès le retour de De Brent, ce qui ne tarda pas mais pas le la manière attendue.
Le reste, Alix le vécut comme dans un mauvais songe. Le corps qui atterrit chez eux était brûlé, boursoufflé par endroits.
 
*Oh, non ! Michael !*
 
Elle n’eut pas conscience de diriger son monde à l’aider aux soins du nouveau blessé. Rien de trop grave heureusement mais l’origine de ces plaies restait obscures.
 
… Un champ de force dis-tu ? Pas un sortilège ordinaire ?... Viens manger quelque chose, tu dois reprendre des forces !
 
Il s’attabla en narrant les faits avec précision puis Miss Grisham y alla de sa petite théorie :
 
Je n’ai rien dit jusqu’ici mais tout conforte le fait qu’ON – ne me demandez pas qui – s’emploie à nous séparer de nos amis en évitant que l’on fasse à nouveau fonctionner la machine…
 
Alix avait également remarqué l’absence de l’engin lors de son dernier passage à la cabane mais elle avait cru que Michael et J.O l’avaient déplacée ou rendue invisible or nul ne l’avait touchée. On était bien avancé. Là-dessus, les deux hommes décidèrent de tâter l’informatique. L’hôtel mettant le nécessaire à la disposition des particuliers privilégiés, ils en profitèrent. Ni Angel, elle encore moins, ne savait manipuler ce truc. Elles n’eurent d’autre recours que d’assister, impuissantes, au défilé d’écrans multiples relatifs au gang des Chacal et, par voie de conséquences, aux braqueurs jolis cœurs. Un moment, Angel disparut se préparer pour le dîner avec son oncle. La soirée s’annonçait longue. Désœuvrée, lasse du spectacle auquel elle ne pigeait rien, peu après le départ de l’héritière, Alix déclara :
 
Vous me préviendrez quand vous aurez du concret ; je serai à côté.  
 
Sa douche prise, Alix se glissa dans les draps satinés avec un livre acheté en bas. Le récit, quoique très palpitant des aventures d’une certaine Jane Eyre, commençait à l’endormir quand on gratta à sa porte :
 
Tu peux entrer Michael ! dit-elle en refermant le roman.
 
Mais au lieu du beau visage de De Brent ce fut celui du pâle James qui s’encadra. Il semblait navré :
 
Michael ? Cela fait deux fois que vous me confondez, Alix. Puis-je vous en demander la raison ?
 
Il la sut très vite…
avatar
Alix Blackstorm
Admin

Messages : 59
Date d'inscription : 09/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Michael De Brent le Dim Jan 05 2014, 23:57

Du débat qui s’en suivit à la présentation de son petit plan il en ressortit des possibilités, à première vue, assez incongrues mais dignes d’être tenues en compte. Ce monde à l’envers où ils avaient atterri présentait pas mal d’anachronismes, en dehors de leurs existences chamboulées.  Les remarques faites  par un J.O clairvoyant et judicieux méritaient d’être retenues, en commençant par la version aventureuse sur la fin de Voldemort, après quoi toute variation pouvait être la bonne :
 
Imaginez-vous que Voldy n’ait été qu’un sorcier fauteur de troubles et pas le Grand Méchant…si j’étais toi, Michael, j’irais mollo avec la Marque…et si Arthur Weasley est toujours tel qu’il était, le plus probable qu’il soit en combine avec la Police moldue, il a toujours été un grand sympathisant de cette Cause là…
 
Il n’avait pas tort mais de là à rester de bras croisés, il y avait du chemin.  D’Alix il n’obtint pas l’aumône d’un regard, pas rêver d’un sourire.
 
Ben, la seule façon de le savoir c’est en allant voir sur place
, s’entêta t’il, néanmoins, je vous tiens au courant !
 
Incapable de rester là une minute de plus, il se leva et quitta le pavillon. Marcher dans la forêt l’aida à se calmer un peu mais pas à voir plus clair pour autant.  Il attendit qu’il fasse presque nuit pour enfin trasplaner  à l’Allée des Embrumes.  Beaucoup de choses pouvaient avoir changé, cet endroit demeurait aussi pathétique et sinistre que toujours. Les mêmes ombres esquives se faufilant collées aux murs, la même méfiance teintée de peur.  De son temps de Mangemort patenté, il avait parcouru chaque venelle, connu chaque bouge et savait où trouver ce dont il avait besoin, dans ce cas information et argent. La chance lui sourit au jeu.  De ci, de là, tombaient parfois des infos qu’il ne forçait pas, le moment n’était pas venu d’attirer trop l’attention sur lui, mais ce qu’il en apprit assez pour savoir à quoi s’en tenir.  
Il ne rentra que le lendemain pour retrouver Alix et J.O, très remis de ses maux. De prime abord, la première l’évita comme qui évite la peste et le second se contenta de regarder par la fenêtre.
 
Alors, tout va bien ici ?, s’enquit-il d’un ton détaché.
 
Raconte-nous ce qu’il s’est passé pour toi car Angel vient de contacter J.O : elle est en place…
 
*Tiens, on s’intéresse à ce que je deviens ?* Bof, rien d’extraordinaire…tu avais raison, J.O…les Mangemorts n’ont jamais existé et Voldemort n’a jamais été le grand méchant de l’histoire…
 
PAS DE SEIGNEUR DES TÉNÈBRES ? McGonagall m’avait pourtant dit que…
 
Que la fille de Weasley l’avait descendu, en effet, il semblerait que c’est bien ça…mais pas parce qu’il était celui qu’on a connu…mais un sombre et puissant baron de la drogue, qui n’avait pas de nièce !
 

Oui, oui, c’est logique…
 
Tu vas m’excuser, mais je trouve aucune logique à ce bordel…sinon l’Allée est toujours aussi minable !
 

Personne ne voulut savoir où il avait passé la nuit. Encore heureux. Il avait vagué comme âme en peine dans les allées d’un parc et fini par presque s’endormir sur un banc…préférant cela à rentrer et se retrouver seul, mais ça, il ne l’avouerait jamais de bon gré, il lui restait quand même un peu de fierté.
De toute façon, Alix ne sembla nullement intéressée par la suite, au cas d’en avoir une et les planta là. J.O eut la décence  de ne démontrer  aucune commisération, se limitant à quelques questions anodines. Les instructions de Miss Grisham  étaient de livrer Gros Minet le lendemain après-midi.
Alix ne revint pas ce soir-là. Curieux de savoir comment se profilait le plan, Michael envoya son cougouar aux nouvelles. Tout se passait mieux que bien pour certains. Miss Blackstorm dînait avec un homme inconnu au bataillon, dans le salon d’une suite, à l’hôtel.
 
*Plein la gueule, mon vieux…*
 
Inutile de dire qu’il  en perdit l’appétit, refusa d’accompagner J.O dans son dîner-sandwich, préférant rester seul à broyer du noir.
 
*On joue à quoi là ? Elle voulait de toi mais apparemment juste pour un soir…qu’est-ce qu’elle avait dans la tête ?...Pourtant j’aurais presque pu jurer que…Arrête de tourner ça…on revient au même…elle voulait mais ne veut plus…ou peut-être que ce n’était que de la curiosité…après tout…*
 

Il avait beau tourner et retourner l’idée, essayer de s’en défaire, elle filait  bon train dans son esprit, y louvoyant dans toutes ses variantes.  De prime abord, Michael rejeta celle d’une Alix frivole, il la connaissait assez bien pour savoir que sa miss n’était guère encline à cela. Plus il y pensait, c’était celle d’avoir tout fait foirer, à lui tout seul, qui tenait mieux le chemin. À leur retour de leur aventure échevelée dans l’Orient du passé, n’avait-il pas trop forcé la main ? La demande d’Alix au Palais du Sultan avait été faite sous la contrainte de la peur et bien sûr, il avait sauté dessus parce que cela convenait parfaitement à son propre désir. Une fois au pavillon l’émotion du retour, le soulagement d’être à sauf, une certaine attirance à son égard, avaient fait le reste. À une énorme différence près : lui ne voulait pas d’une aventure passagère, il était tombé amoureux pour la première fois de sa vie…
 
*Tu ne lui as rien dit, animal dénaturé…qu’est-ce que tu veux qu’elle pense avec la réputation qui te précède ?*
 
Il aurait donné cher pour le savoir.
Le lendemain, Gros Minet fut livré en lieu et en heure. Pendant un instant Michael contempla la possibilité de chercher à voir Alix mais jugeant le moment malvenu, retourna à son enquête chez les sorciers.
Le Chemin de Traverse était plein d’animation, très différent à l’endroit triste et presque lugubre de son souvenir. L’ambiance était festive, les gens contents, tranquilles, et pas un seul avis de recherche placardé où que ce soit. Il croisa des personnes connues « avant » mais aucune ne donna signe de le reconnaître. Le clou fut se retrouver pratiquement face à sa sœur Ariana qui souriait en s’excusant de l’avoir quasi percuté. Il fila droit vers l’Allée des Embrumes.
Taverne miteuse, enfumée à souhait, le lieu le moins recommandable du coin.  Et ils étaient là. Erik et Opal. Son premier réflexe fut de les rejoindre mais pour une raison qui lui échappait, bouger demanda un sévère effort. Il parvint néanmoins à leur table et dut pratiquement s’y accrocher, au risque de sembler complétement débile, mais une force inconnue semblait vouloir l’aspirer.
 
On a pas de temps…il se passe des choses très étranges…On peut pas communiquer…Angel, J.O, Alix sont avec moi, en Écosse…Non, rien ne va bien…Bon sang, c’est quoi…
 
La force invisible s’accroissait, l’aspirait pour de bon vers une espèce de vortex en flammes qui venait d’apparaître. Opal hurla, Erik essaya de le retenir ;  se débattre et résister ne donna rien…Démente expérience ! Pris dans un tourbillon sauvage qui coupait, brûlait, frappait, Michael eut beau se démener, rien ne freina cette valse folle…sauf un atterrissage fracassant qui eut l’heur de dûment l’assommer.
On s’affairait autour de lui, sur lui. Il ouvrit un œil puis l’autre. Alix était penchée sur lui, appliquant des sortilèges, des onguents sur son humanité endolorie.
 
Co…comment diables…
 
J.O rigolant, soulagé, l’informa de son  arrivée en éclat sur une pauvre table réduite en miettes.
 
Mais…j’étais à l’Allée…ai vu Erik et Opal…puis sais pas quoi m’a aspiré… 
 
On le regarda avec certain scepticisme, craignant sans doute que le coup lui ait dérangé les idées. Il se redressa sur un coude et se massa le crâne.
 
Une espèce de vortex…oui, oui…je ne suis pas fou…Ils l’ont vu aussi…ça m’a gobé sans que je puisse y résister…c’était cent fois pire qu’un mauvais voyage en portoloin…ça cognait de partout, ça brûlait…et ça s’est produit à l’instant où je les ai vus…c’était comme si un champ de force m’attirait, m’empêchant de les approcher…
 
Un champ de force dis-tu ? Pas un sortilège ordinaire ?, s’enquit Alix, pas du tout convaincue par ses explications échevelées.
 
Vois pas qui pourrait lancer un sortilège pareil…c’était inédit, insista t’il,…ça va pas bien chez eux, non plus, c’est tout ce qu’on a pu se dire…
 

Sourires mitigés, peu importait, Alix était là et s’occupait de lui.
 
Viens manger quelque chose, tu dois reprendre des forces !
 
Il s’y prêta de bon cœur, découvrant mourir de faim. Force fut de raconter de nouveau sa mésaventure.
 
Je ne peux pas vous donner plus de détails…tout a été si brusque et étrange…
 
C’est alors qu’Angel  leur donna de quoi penser en  y allant de son idée pas égarée du tout, compte tenu de la situation. Selon elle ON s’appliquait soigneusement à les séparer des autres pour éviter qu’ils utilisent à nouveau la machine du temps.
 
Et en parlant de la fameuse machine…je me demandais si…
 
Comme tout le monde. Alix pensait que lui et J.O l’avaient déménagée.  J.O qu’il l’avait fait disparaître. Angel que le fameux ON jouait avec, le cas est que la machine avait bel et bien disparu…
 
Bon, on n’arrangera rien sans faits concrets…Si on travaillait un peu, tant qu’à faire ?
 
James Oliver avait déjà avancé un peu dans les recherches. Mettant en cause commune leurs connaissances avancés en la matière, ils naviguaient aisément dans le fascinant dédale de l’informatique. Peu à peu les informations apparaissaient plus claires et concrètes. Le gang des Chacals n’était pas inconnu aux Moldus. Diverses fenêtres s’ouvrirent les concernant et les fameux Braqueurs Joli Cœur y étaient irrémédiablement associés.
 
Quel nom ridicule, grommela Michael en se découvrant sur l’écran, ces fichus types ont touché à tout…pas que du braquage ordinaire, tout y passe…arnaque, vol, contrebande, drogues…pas étonnant qu’on les traque à fond…le pire est l’assassinat du Duc…c’est bizarre, il semblerait qu’ils n’avaient jamais tué personne…
 

Ce qui gênait le plus était voir, à répétition leurs noms associés à autant d’indignité.
 
Vous me préviendrez quand vous aurez du concret ; je serai à côté, informa Alix, sans doute lasse de ne pas être prise en compte.
 
Tout à leur labeur, ils n’avaient même pas remarqué qu’Angel avait déserté depuis un moment.
 
Vas-y…j’irai te chercher si on tombe sur quelque chose d’important.
 
Cela faisait un bon moment qu’ils étaient là à pianoter comme des forcenés quand une information de dernière minute s’afficha, les laissant pantois.

« Une information de source très sûre confirme la, jusqu’à ce matin, simple rumeur, que les deux délinquants connus comme Braqueurs Jolis Cœurs, Westwood et De Brent, se trouvent effectivement en territoire russe. Arrivés ce matin à bord d’un vol de Aeroflot  à Sheremetyevo, ils ont été rapidement accueillis et transportés à une destination non spécifiée… »
 

Et ben dis donc…Ça doit râler ferme à Scotland Yard…ils leur ont filé sous le nez…attends, je dois aller raconter cela à Alix…
 
Il frappa à peine et ouvrit la porte, sûr de la trouver en train de lire mais à sa grande surprise, un homme se trouvait là couvant Miss Blackstorm d’un regard d’épagneul égaré.
 
Ben dites donc !, gronda Michael.
 
Alix fronça les sourcils, plus fâchée que surprise mais l’expression de l’inconnu fut de totale stupéfaction, il blêmit, ouvrant et fermant la bouche comme carpe hors de l’eau, avant de pouvoir émettre un son distinct :
 
Tu…étais…à Moscou !
 
Ce fut le tour à Michael de rester sans mots mais cela ne dura que deux secondes.
 
Et non, je suis là !...Mais ferme-la un moment, c’est pas toi que je veux voir !, il lui lança un Stupefix fulminant avant de se tourner vers Alix, c’est quoi ça ?...C’est qui ce plouc ?...On est à côté…tu ne pouvais plus attendre pour le revoir !?...Et ne me dis pas que tu en sais pas de quoi je parle ! Je sais que tu as dîné avec lui hier soir !...Ah, non ! Pas le numéro « suis vexée, tu m’espionnes ! »…je ne le fais pas…Non, j’ai pas fini…
 
La Miss ne semblait pas du tout apprécier son numéro d’énergumène  en action et semblait toute prête à lui lancer un sortilège. Il leva la main, en signe de trêve.
 
Excuse-moi…je ne voulais pas faire de scandale…ça m’a pris de court…mais on parlera de ça plus tard…On vient de tomber sur une info étonnante…et là, je viens de faire une découverte inattendue, et de lui raconter par le menu ce que J.O et lui avaient trouvé sur le NET, tu comprends maintenant, ma chérie ?...Tu as bien entendu ce que ce type a dit…Il pensait que j’étais en Russie…ce qui veut dire qu’IL sait long sur cette affaire…au fait, c’est qui, le mec ?... Ah bon ? Le secrétaire de Lord Charles Peventies, l’oncle d’Angel…mais c’est fabuleux ça !!! Ça tient le chemin…qu’est-ce que je vais faire ?...
 
Deux minutes plus tard, James McGovern reprenait ses esprits et se retrouvait attaché à une chaise face à trois personnes décidées à lui soutirer toutes les vérités nécessaires.  Faute de Veritaserum, J.O seconda, très efficacement Michael, pour l’interrogatoire musclé qui s’en suivit. McGovern avait beau être une sacrée fripouille, mais n’avait pas de nerf pour résister le traitement de faveur que lui accordèrent les deux amis, avec doigté et sollicitude.
 
On le remet d’aplomb , Oubliette à la clé et un bon Imperium, on pourra en savoir encore plus long sur ses activités et celles de ses complices…les fameux Chacals…il sera notre appât pour ferrer le gros poisson.
 
Alix et Angel se chargèrent de McGovern qui se retrouva dans sa chambre avec un mal au crâne terrible avec le seul souvenir d’avoir eu l’intention de visiter la belle miss Blackstorm.
 
Quelle soirée…Ça te dirait de sortir faire un tour ?...Je…je voudrais parler un peu avec toi… Parler, Alix, seulement ça !
 

Un petit trasplanage plus tard et ils marchaient sur le sentier bordant le loch. Côté à côté, poliment, sans se toucher.
 
Je…j’ai remarqué, ces derniers jours que…enfin, que…tu m’évitais, il se sentait gauche comme un adolescent à son premier rendez-vous, je…je crois comprendre la raison…mais suis sûr de rien…en fait suis plutôt perdu…Tu sais, tu es la première fille avec qui ça m’arrive...ne pas trouver mes mots, je veux dire…
 

Calmement, elle lui offrit une cigarette qu’il s’empressa d’accepter en se taxant d’idiot, avant de poursuivre.
 
Ce que je veux dire est que…qu’avec toi, tout est différent !...Bien sûr, tu n’as aucune garantie pour me croire et je peux le comprendre mais c’est comme ça…Tu es spéciale, Alix, pour moi…Ce qui s’est passé entre nous n’était pas une passade d’une nuit…pas pour moi…je voulais que ce soit le début…un début pour nous…j’aurais dû te dire ça, cette nuit-là…mais je te le dis maintenant…Je sais, la situation est une embrouille monumentale et tu n’as pas la tête pour penser à ça… mais je voulais tout juste que tu le saches…Je t’aime, Alix !


Dernière édition par Michael De Brent le Lun Jan 13 2014, 17:28, édité 1 fois
avatar
Michael De Brent

Messages : 76
Date d'inscription : 08/09/2013

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut Aller en bas

Re: Un monde fou, fou, fou.

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 1 sur 2 1, 2  Suivant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum