Je hais le Djinn

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Je hais le Djinn

Message par Justin Davenport le Dim Fév 02 2014, 14:21

Être confronté à son double n’est pas donné à tout le monde. Justin avait beau s’y être préparé, la rencontre le choqua… dans tous les sens du terme. Si la ressemblance était spectaculaire, le choc le fut aussi. Lui, il courait, l’autre musardait, le nez regardant ses pieds nus que des vaguelettes léchaient, distrait au-delà des mots.
 
*Il pense à ma Sam, à dix contre un !*  
 
Ses longues foulées devaient être perceptibles, ses mouvements aussi. Pourtant l’autre ne remarquait rien alors que, dangereusement, la distance entre les deux s’amenuisait.  
 
*Tu vas la lever, ta tête d’idiot ?*
 
Ben… non !  Vlam, splatch, les voilà tous les deux le postérieur à l’eau.
 
Excusez-moi, dit Justin en se redressant main tendue.
 
Pas grave ! J’ai oublié mes lunettes à l’hôtel. Suis désolé de vous être rentré dedans.
 
*Plus cruche que ça tu meurs !* Seriez-vous myope, monsieur ?
 
Davenport ! Justin Davenport. Oui, hélas ! De plus, je suis très distrait, surtout quand je suis préoccupé.
 
Auriez-vous un souci Mr. Davenport ?
 
Je… euh oui mais c’est privé.
 

Entre mecs, on peut parler sans tabou, non ? Je parie qu’il s’agit d’une femme…
 
Pas à dire, sa Sam lui avait fait de l’effet même si, comme penaud, il avoua ne pas être certain de la reconnaître s’il la croisait à nouveau.
 
Vous comprenez, nul ne sait à quel point ma vue est un handicap…
 
Un bon ophtalmologue…
 
Je n’en ai pas les moyens… J’ai acheté une paire de lunettes bon marché dans un grand magasin, mais je la mets rarement de peur d’user les verres…
 
*Misère qu’il est con !* Et… la magie ?
 
L’autre se rebiffa, outré :
 
La magie ne doit pas servir nos intérêts personnels ! D’ailleurs qui êtes-vous pour oser me parler d’un sujet qui… 
 
Un sorcier sait en reconnaître un autre quand il en croise un *patate !* Notre code proscrit certes de s’enrichir grâce à une mauvaise utilisation des sortilèges, recommande de ne jamais abuser ni de provoquer maux à autrui mais rien, strictement rien, ne nous oblige à parer à des défauts physiques mineurs telle… la myopie ! Je l’ai pratiqué sur moi à 11 ans !
 
Ébahissement de l’autre :

Et vous n’avez pas été puni ?
 
Qui se soucie de ça, franchement ? Laissez-moi faire et vous la reconnaîtrez, votre dulcinée !  
 
Un geste de baguette plus tard, un monde clair et net, nouveau pour le Davenport-taupe, s’ouvrit.
Prudent, sitôt le sort appliqué, Justin s’éloigna d’une bonne centaine de mètres. Un sourire attendri contempla son double répandu en remerciements envers Merlin, ses disciples, et un sorcier inconnu : lui. Justin bis sembla transfiguré. Nanti d’une assurance inédite, il courut affronter les splendeurs de la réalité.  
Rassuré sur son compte, Justin ne s’attarda pas à le regarder agir. Ayant hâte de savoir comment s’était débrouillée sa Sam, il ne rentra cependant pas direct au bercail. Sans remords, il débita la carte de crédit de son homologue qui bénéficiait d’une prime d’exception suite à ses gains et au bonheur de Sir Archibald.
 
*Il me le doit bien après tout !*
 
Roses rouges, nuisette affriolante, un bijou modeste, bougies, il espérait des retombées… magiques en retrouvant Samantha Forrester, la seule, l’unique, qui comptait pour lui.  
Divine, sa semi-vélane adorée l’avait devancé dans le bungalow partagé.  
 
*Elle boit du Champ à cette heure ?*
 
Légèrement contrarié, il s’enquit :
 
Bonne matinée, on dirait ? Ça a été avec ta jumelle ?
 
L’attitude de Sam lui sembla trop joviale pour être honnête :
 
Oh, je pense avoir accompli de mon mieux le devoir assigné…et toi ? Bis s’est dégourdi ?
 
On peut dire ça ! répliqua-t-il irrité sans trop savoir pourquoi.
 
Merveilleux alors… qu’est-ce qu’on fait maintenant ?...Bien sûr on peut sortir observer…suffit de ne pas se faire remarquer…et j’ai la solution…
 
Non mais qu’est-ce qui lui prenait d’user de magie sur lui ? Horrifié, il sentit sa lèvre supérieure se couvrir de poils drus et longs. Et la belle de se foutre gentiment de sa poire :
 
Sorry, c’était plus fort que moi…mais tu es…franchement très…mais très séduisant…regarde-toi dans le miroir au lieu de faire la tête…et puis, j’ai changé moi aussi…
 
Oui, pour changer, elle l’était. De blonde à rousse, ivre en sus, elle entama une danse séductrice qui, en d’autres circonstances, l’aurait chaviré. Elle y mettait du sien, pas à dire ! Ensorceleuse, elle s’enroula contre lui, mieux que le vil serpent tentateur de la création :
 
Je décrète que ce soir…on a quartier libre…on l’aura bien mérité, non ?...On aura bien le temps de savoir de quoi demain sera fait…
 
Non ! La repoussa-t-il gentil mais ferme. Sam, tu as trop bu… je t’assure que si, il fait plein jour, à peine midi !  
 
Quelle piteuse mine. Marrant de la voir dépitée ainsi !  
 
Evaporatum ! lui lança-t-il d’un coup de baguette. Ça va, tu vois clair maintenant ?
 
Tout dans l’attitude de la miss prouvait la vexation profonde. Il s’en délecta en effaçant d’abord le  ridicule maquillage dont elle l’avait affublé :
 
Je t’ai dit, Sam chérie, je te désire plus que jamais je n’ai désiré une femme, et ça n’a pas varié. Tu veux qu’il fasse nuit ? Eh bien que la nuit soit ! (Un geste, tout s’assombrit) Moi, je voulais du romantisme. Sais pas si ça te conviens mais voilà…
 
Le décor se planta avec fleurs et tralalas. Elle pouffa quand il l’entraîna dans un torride baiser vers la couche satinée :
 
Je t’adore Sam ! Je suis prêt à subir toutes tes lubies quelle qu’elles soient, si tu consens à… supporter les miennes !
 
Douce dérive en soupirs et caresses. Peu importait Sam et Justin bis, eux savaient parfaitement sur quel chemin ils s’engageaient.  
 
Sois ma femme mon amour, sois mon phare, sois mienne toute, sois …
 
*HEIN ? *
 
Abasourdi, Justin réalisa qu’il n’étreignait fougueusement que… son oreiller.
 
Le choc fut de taille.  Si Sam avait disparu soudain, cela ne pouvait signifier que deux choses : ou il était fou, ou il était revenu à l’époque quittée après la défaite du Lord noir.
Penchant pour la seconde option, il se redressa à la vitesse-éclair et pianota furieusement son portable après avoir constaté l’absence malheureuse de sa baguette :
 
Le « Sense » ? Miss Forrester, je vous prie. Justin Davenport… Pas là ? Comment ça pas là ? Ah… À Miami ? Ok !... oui, je connais le numéro… rendez-le moi quand même.  
 
Il gribouilla, raccrocha et composa :
 
… Justin Davenport pour Miss Forrester, s’il vous plaît… Ah… bon, excusez-moi, j’appelle d’Angleterre et ai omis le décalage, désolé. Peut-elle m’appeler dès son réveil ?... Bien sûr qu’elle connait le numéro !  
 
Plus fort que lui, il raccrocha sèchement.
Jusque-là, Justin avait considéré les facéties du Djinn avec, sinon de l’amusement, condescendance. Là, elles commençaient sérieusement à lui sortir de quelque part. Enragé, il s’habilla, courut à son coffre d’où il préleva une somme rondelette tant en livres qu’en argent sorcier.
 
Voronwé !
 
L’elfe se matérialisa comme intimidé par le ton grincheux inusuel :
 
Mon maître trop s’énerver. Pas bon pour tension a dit docteur.
 
Ah ? Il avait consulté un toubib ? Une première !
 
On s’en fout ! Conduis-moi chez le meilleur vendeur de baguettes, vite !
 
Si Voronwé peut se permettre, pas bon… Cas insoluble…
 
Un cas ? Quel cas ? S’en fichant, Davenport obtint gain de cause.
Chic, Ollivander avait rouvert. Justin s’y rua :
 
J’ai perdu ma baguette…
 
Le vieil homme en avait subi par les aléas de Voldemort. Ombre du pétillant boutiquier de jadis, il haussa de frêles épaules en disparaissant dans les tréfonds de son magasin.
 
La baguette choisit son maître…
 
Vous me l'avez déjà chantée, celle-là ! J’en avais une en cerisier de 30,5 cm avec un morceau de…
 
Ventricule de dragon, je sais. C’est moi qui te l’ai vendue Justin. Voyons ce que tu es devenu…
 
Avec surprise, il dut en essayer des bois avant que l’un ne daigne lui répondre avec une efficacité fulgurante :
 
QUOI ? Du séquoia avec crin de licorne, 31, 5 cm ! C’est quoi l’embrouille ?
 
Nous changeons, le monde change, tout a changé ! Fais-en bon usage. Ce sera 10 gallions.
 
Misère, quelle inflation !
Désorienté, Justin sortit quasi en titubant mais rien ne l’avait préparé à affronter une autre réalité. Lorsqu’il tomba sur la nouvelle gazette du sorcier, il douta d’être rentré au bon moment :
 
Un Mangemort de plus à Azkaban !  De Brent sous les verrous !
 
Hirsute, barbue et furieuse, l’image animée de son pote Michael menotté s’étalait en première page.
 
*Vais me réveiller encore ! Djinn de malheur, si je t’y reprends…*
 
Pas question de baisser les bras, il se rua au ministère.
Son poste était toujours en place, ouf ! Cependant, une atmosphère étrange régnait. On l’aimait généralement bien mais là… l’accueil des collègues fut plus que jovial. Déboussolé par tous ces «  chapeau ! » «  Bravo » et autres félicitations, il parvint enfin à son bureau où rien n’avait changé hormis une déférence inédite. Jimmy Carter, son subordonné ordinaire, se plia en deux à son entrée :
 
Colonel quelle joie, quel honneur !
 

Co… quoi ?
 
Ne soyez pas modeste mon colonel, nous sommes si fiers de vous ! Le ministre vous a appelé ?
 
Colonel, ministre ? Justin y perdait son latin.  Carter, fort heureusement, fut fidèle à lui-même : il causa sans qu’on le lui demande :
 
On est tous sur les rotules après votre exploit. Dire que vos détracteurs vous pensaient accoquiné avec cet assassin.  Boucler De Brent a été un coup de génie, de maître !
 
Justin vacilla. De qui se moquait-on ?   
Lui, c’était lui qui avait mis Michael à Azkaban ? La nausée le submergea sous les yeux effarés de Carter :
 
Trop fêté la victoire ? Pas de problème, vous pouvez renter, on assure la maintenance.
 
Dans son état, il n’osa pas transplaner, vidant les lieux en discrétion.
 
*Pas possible ! J’ai pas pu faire ça ! Pas pu, pas dû… !*
 
Vive sa nouvelle baguette, il s’évada avec la tête à l’envers…
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Re: Je hais le Djinn

Message par Samantha Forrester le Lun Fév 03 2014, 10:54

Les meilleures idées peuvent s’avérer  des échecs fracassants. C’était bien le cas de le dire ! Suffisait de tenir en compte l’expression pincée de Justin. Il essayait de ne pas être trop évident, mais c’était raté et si en plus on y allait avec les commentaires, c’était fichu !
Elle avait tout mal, du début à la fin ! Censeur ? Oui, plus que ça même. Il était énervé.
 
*Il a le sens de l’humour de travers, mon chéri !*
 
Sam, tu as trop bu… je t’assure que si, il fait plein jour, à peine midi !
 
Elle aurait pourtant juré avoir passé bien plus de temps avec son double. Impossible qu’il ne soit que midi, c’était absurde et en plus voilà que son cher et tendre prétendait qu’elle était ivre et avait l’audace de lui lancer un sort pour lui éclaircir les idées. Franchement, il y avait de quoi se vexer, ce dont Sam ne se priva pas !
D’un autre coup de baguette Monsieur effaça sa belle moustache  et entama un émouvant discours dans lequel elle se révélait être l’unique objet de son désir.
 
Tu veux qu’il fasse nuit ? Eh bien que la nuit soit ! (Un geste, tout s’assombrit) Moi, je voulais du romantisme. Sais pas si ça te conviens mais voilà…
 
*Ah zut…faut toujours que ce soit à sa façon…je l’adore mais parfois…il exagère !*
 
Pas à dire, pour romantique, le décor planté l’était. De quoi fondre de ravissement ! Quelle femme n’aime pas être traitée ainsi ?...Fleurs, musique, le détail de la nuisette…Sam aimait bien, c’était mimi tout plein mais la sensation d’être allègrement manipulée la chatouillait…quoique ces baisers savants eurent vite fait de lui faire oublier un grief quelconque.
  
Je t’adore Sam ! Je suis prêt à subir toutes tes lubies quelle qu’elles soient, si tu consens à… supporter les miennes !
 
*Tant que tu n’exagères pas !*…Je t’aime, Justin…
 
Dérive délicieuse !...et vlam !
Pour une retombée dans la réalité, celle-ci fut du genre brusque.
 
Mon Dieu, ma petite chérie…tu t’es fait mal ?, s’empressa de demander une voix que trop connue.
 
Sam se passa la main dans les cheveux, jurant avoir la berlue. Un instant auparavant elle était dans les bras de son Justin, quelque part dans les mers du Sud et voilà que…
 
Tante Babs ?
 
Non, ma puce, ta fée marraine…bien sûr que c’est moi, voyons…tu te sens bien ?...C’est la première fois que je te vois tomber d’un hamac…
 
Hein ? Quoi ?...Euh…sais plus…, balbutia-t’elle en se massant activement le crâne.
 
GEEEEEEEEEEEEEEERRY !
 
L’interpellé, croyant  à une fin de monde imminente ou débarquement extraterrestre dans son jardin, lâcha ce qu’il avait entre les mains, un manuscrit et son Martini, pour accourir au pressant appel maternel.
 
Qu’est ce qui se passe ?...Qu’est-ce que tu fais par terre, Sam chérie ?
 
Je plante des petits pois !, grommela celle-ci en recouvrant ses esprits en partie,…ne fais pas de foin, Gerry…me suis tout simplement fichue en l’air de ce hamac…*Dans lequel je ne me souviens pas m’être allongée…Mon Dieu, que je hais ce maudit Djinn !*
 
Elle était en pleine confusion !, assura Tante Babs.
 
Tu serais pas confuse en tombant si bêtement?, grogna Sam, en se relevant, j’ai…j’ai dû m’endormir…
 
Et compte tenu de tes soupirs, tu devais faire des bien beaux rêves !, rigola Madame avec un clin d’œil.
 
*Jardin exotique, palmiers, piscine, tantine, Papa…la mer des Caraïbes…pas de doute, retour en beauté, ma fille !*
 
Tu te sens vraiment bien, ma chérie ?, s’enquit Gerry plein de sollicitude.
 
Elle finit de s’ébouriffer les cheveux et chipa le Martini de Babs en se disant qu’un certain esprit loufoque ne perdait rien pour attendre qu’elle lui règle son compte.
 
Oui, oui…tout va bien !...Et toi ? Ça va ?...Tante Babs, tu as changé de coiffure !
 
Je vais appeler Pierson !, décréta la dame en faisant demi-tour et rentrant à la maison.
 
Sam allait protester mais son père, adorable, lui entoura les épaules d’un bras rassurant en déposant un baiser sur sa tête.
 
Elle se fait une bile monstre pour toi, mon ange…moi aussi. Tu travailles trop…ça t’affecte, maintenant, tu as besoin de repos, tu sais bien ce qu’a dit ce bon vieux Pierson…
 
*C’est ça le problème…j’en ai pas la moindre idée !* Je vais bien, Gerry…
 
Le docteur mit moins de dix minutes à se pointer, après tout il était leur voisin le plus proche. Bermudas, chemise fleurie, on l’avait tiré du B.B.Q familial du dimanche, ce qui au lieu de l’incommoder, le rendait parfaitement heureux.
 
Voyons, voyons, ce qu’a cette belle jeune dame ! M’accompagnerais-tu au studio, ma petite Sam ?
 
Elle le suivit docilement et à peine la porte fermée à leur dos, la jeune femme dévisagea le patricien qui avait soigné tous ses bobos depuis l’âge de deux ans.
 
Je vais bien, Bob…pas la peine de mettre tout le monde en émoi…

 
Il se racla la gorge en secouant la tête.
 
Mon petit, c’est bien se croire au-delà de tout…tu es endurante comme pas deux, mais tout a sa limite, la preuve sont tes migraines, ce vilain malaise l’autre soir chez les Bellows…tu es à bout. Tu te démènes, vas et viens…tu n’arrêtes pas, aujourd’hui ici, demain à New-York, le jour d’après Paris, Londres, que sais-je…et tu dois reconnaître que ces derniers temps, depuis ta rupture avec ton anglais, cela va de mal en pire…
 

*HEIN !? RUPTURE !...J’ai rompu avec Justin ?...C’est le seul anglais que…Mon Dieu, c’est un cauchemar ...À quoi joue ce dingue de Djinn ? Il avait pourtant promis…*
 
Perdue dans ses pensées elle avait raté la suite du discours médical sur les tenants et aboutissants du stress.
 
…Tes restaurants tournent à la perfection sans ta stricte supervision…Angela et moi on y est allés l’autre soir, et je t’assure que c’était sublime, comme toujours !
 
*Au moins ça !...Je dis contacter Justin…si je suis ici, il doit être aussi de retour chez lui…*
 
…et tu connais la prescription, pas de stress…interdit d’approcher un téléphone, ou un ordinateur…repos  absolu, total…Tu dois te déconnecter du monde pendant un moment, mon petit…sans quoi les retombées seront plus graves !
 

Bob…c’est impossible…je ne peux pas faire ça…Je dois…
 
Il lui tapota gentiment la joue, comme à une enfant.
 
Suivre les conseils du docteur, c’est tout. Tu verras, dans peu de temps tu seras à nouveau d’attaque !
 
De rien ne servant s’opposer obstinément aux conseils du brave homme, elle le laissa poursuivre avec son laïus. Nez baissé, regard contrit, profil bas, elle réfléchissait à toutes les options possibles.
Sauf qu’elles étaient minimes, ces options. Avec une efficience digne du meilleur service secret, la maisonnée se mouvait autour d’elle comme un cocon protecteur. Gerry et Tante Babs, les premiers. Les domestiques avaient rallié leur cause et ne rataient pas le moindre de ses gestes. Pas de trace de sa baguette, pas d’accès aux moyens de communication.
Très tard, ce soir-là, le téléphone sonna. Elle était encore levée et bavardait avec Gerry. Tante Babs alla répondre. Tendant l’oreille, Sam ne put pas rater la réplique acerbe de sa grand-mère :
 
Quelle idée d’appeler à ces heures…ou d’appeler tout court ! Samantha dort !, et de raccrocher comme si le combiné lui brûlait la main en soufflant, rageuse.
 
C’était qui, Tante Babs ?, s’enquit-elle, en toute innocence.
 
Un imbécile qui s’est trompé de numéro !

 
Ah bon…et ça l’intéressait de savoir que je dormais ?
 
Et les voilà en position d’alerte maximale.
 
C’était…Justin, n’est-ce pas ?...C’était lui, Tante Babs !?

 
Madame pinça le geste, regarda Gerry du coin de l’œil, noua ses mains nerveusement.
 
Pas la peine de me mentir…je sais que c’était lui…
 
Regards contrits, expressions coupables. Soupirs. Enfin Tante Babs prit son courage à deux mains.
 
Oui, ma chérie, c’était bien lui, cet horrible bonhomme qui t’a brisé le cœur !
 
*Mon Dieu c’est plus grave que supposé…qu’est-il censé de m’avoir fait ?*

 
La seule façon de le savoir était de feindre le black-out du siècle, émouvoir ces âmes sensibles et les obliger à lui raconter la triste vérité de ses échecs de cœur. Elle s’en voulut à mort de la comédie qui s’en suivit mais le résultat fut l’escompté. Gerry déballa l’histoire tout de go, presque sans respirer.
 
…et bien sûr, pour toi, mon ange, savoir que cet animal sans cœur te trompait avec son ex…a été de trop…j’aurais voulu lui casser la figure, mais l’infâme n’a pas donné la face…
 
*Si je te mets le grappin dessus Djinn…tu retournes à ta bouteille et je te jette au Pôle Sud !* Oh…Ah…c’était donc ça…oui…du coup, ça s’emmêle dans ma tête…
 
Mon pauvre ange, tout va aller bien, on est là pour toi !
, déclama Tante Babs en l’étreignant, et Gerry a eu une idée de génie…
 
*Me parlez pas de génies…*Ah …?
 
Emportée par l’enthousiasme, Babs oublia Justin et se lança dans la description de l’endroit idyllique où ce bon de Gerry avait eu la brillante idée de supposer que sombreraient ses chagrins d’amours, noyés de soleil, sable blanc et mer d’azur, le tout entouré de la plus exquise des attentions.
 
Nous serons au Paradis sur Terre…isolés de ce cruel monde et ses mesquineries…Seuls ! Gerry a réservé toute l’île.
 
HEIN !? TU AS RÉSERVÉ TOUTE UNE ÎLE !?...Tu es dingue, Gerry…

 
Oh, ma puce, elle n’est pas bien grande…mais largement suffisante pour nous trois…Imagine toi, l’océan Indien tout autour…
 
Parfait comme pour se sentir tout à coup aussi ravie que les naufragés du radeau de la Méduse. Une île solitaire avec Gerry et Babs ? Elle avait beau les adorer…mais avec eux, elle ressentait toujours un puissant besoin de savoir qu’il y avait le reste du monde autour d’elle pour se changer les idées…
 
Que…que c’est…génial !, souffla t’elle d’une voix mourante, et c’est où, cet endroit de rêve ? *De cauchemar éveillé, oui !*
 
Babs se leva pour servir une ronde de boissons, Sam aurait accroché la bouteille tout de go mais préféra se retenir, assez qu’on la tienne pour une pauvre âme affaiblie de chagrin, un esprit dérangé de douleur pour qu’en plus on lui endosse l’ivrognerie.
 
Ça a un nom à coucher dehors, assura tante Babs, radieuse, Bolushifon… Boboshishi…enfin, quelque chose dans le genre…
 
Bolifushi…dans l’atoll Malé Sud…sais plus quoi Kaafu…faut que je révise mes notes !, énonça Gerry, consciencieux.
 
Sam vida son verre en levant les yeux au ciel.
 
Seigneur…ça sonne vraiment comme le c*l du monde…pardon de le dire…on pouvait pas aller tout simplement aux Bahamas ? * Bolifushi…dans l’atoll Malé Sud…retiens ça, ma belle…trouve un téléphone, un pigeon voyageur…essaye la télépathie…faut que Justin sache où on va !*
 

Prenant son silence résigné comme un oui venant du fond de son cœur blessé, les préparatifs pour rejoindre ce bout de planète, perdu au milieu des mers, se mirent en branle-bas de combat dès le lendemain de bon matin.
Mine de rien, Sam proposa une séance étendue de shopping, appât irrésistible pour Tante Babs.
 
Pas de souci, mon chéri…Sam est si contente de partir que je crois qu’elle ne pense plus à ce monstre !...On va beaucoup s’amuser, on a nos cartes Platine !
 

Gerry soupira. Deux femmes ravies à pont de dépenser une fortune mais il aurait payé une rançon de roi rien que pour savoir sa petite Sam heureuse !
Et l’opportunité arriva quand elle s’y attendait le moins.  Babs, chère Babs, qui ne sut pas résister à un détour chez son coiffeur-styliste favori pour se faire une beauté…à faire admirer aux palmiers de Boboshishi.
 
Mince, mon portable est à plat, soupira t’elle, est ce que je peux utiliser le téléphone, Francine ?
 
Francine qui en vérité se nommait Frank mais élu une autre voie, se fendit d’un sourire Colgate à faire pâlir d’envie et mit à disposition l’appareil si convoité. En Angleterre l’heure était indécente mais qu’importait. Il décrocha à la troisième sonnerie.
 
Justin…Justin, c’est moi, Sam…tu es seul ?, (grognement outré, tout allait bien),…j’ai pas trop de temps…Non, ici on pense que je suis folle…enfin, c’est de ta faute…non, c’est ce qu’on pense…je ne sais pas pourquoi…Demain on part…Laisse-moi parler, par pitié…écoute bien… Bolifushi…dans l’atoll Malé Sud… une île…ce ne sera pas difficile de nous trouver, mon amour…il n’y aura que nous…Mince, Babs…à bientôt, chéri…je t’aime…oui… Bolifushi…dans l’atoll Malé Sud…
 
Le temps juste de raccrocher, faire un clin d’œil complice à Francine et examiner ses ongles avec un soupir innocent…
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Re: Je hais le Djinn

Message par Alix Blackstorm le Mer Fév 19 2014, 23:09

Avait-elle pris un coup de massue sur le crâne ?
 
MICHAEL…
 
Tout doux Alix ! On est là ! C’est fini.
 
Là, où ? On, qui ?
Sa vue s’éclaircissant, Alix réalisa être entourée de visages connus. Sauf que…
 
Rémus ? Tonk ? Mais vous êtes…
 
La main du loup-garou occasionnel se posant sur son front ne la rassura qu’à moitié :
 
Tu en as pris plein la figure. On a tous dégusté, mais ça va aller maintenant.
 
Dire que l’on a douté de toi, ma pauvre chérie, s’attendrissait Nymphadora. Tout est en ordre, tu es libre, nous sommes tous libres !
 
Hein ? D’autant qu’elle s’en souvienne, Miss Blackstorm venait de favoriser son retour d’une autre dimension. Était-ce un rêve ? Avait-elle réellement vécu tous les faits antérieurs ?
 
Michael de Brent, je dois…
 
C’est fait. Il est à Azkaban après ton intervention auprès de Davenport. Beau duo, chapeau ! Tu nous as bluffés, tous.  
 
C’est pas ça ! Tout est faux. Michael n’est pas…
 
Chut, ma chérie ! Bellatrix t’a pas ratée mais tu vas t’en sortir. Dors !
 
Le sortilège employé ne dura pas aussi longtemps que supposé. Les idées encore de travers, Alix tituba vers une penderie où elle trouva de quoi se vêtir plus décemment qu’en chemise de nuit. Rien de bien folichon mais cela ne la préoccupa pas. Sortir de la petite chambre où elle s’était réveillée, descendre l’étage lui parut un calvaire. Aucun doute sur l’endroit : elle était à Ste Mangouste. Dans le corridor menant à la sortie, elle en croisa du monde malgré l’heure tardive. Ça allait et venait en masse. Si elle pensait que cette foule allait favoriser son anonymat, elle déchanta vite car une infirmière la rattrapa en quelques pas :
 
Miss Blackstorm, ce n’est pas raisonnable ! Je m’absente deux minutes et vous en profitez pour filer. On m’avait prévenue de votre opiniâtreté mais je tiens toujours parole.
 
Quelle parole ? murmura Alix plus faible qu’un moineau tombé du nid.  
 
De veiller sur votre santé, voyons ! Allez, soyez une brave fille, rentrons s’il vous plaît.
 
Qui vous a ordonné ça ?
 
Des gens qui tiennent beaucoup à vous, Miss Blackstorm. Le ministre lui-même a insisté…
 
Le ministre connaissait son existence ? Une première !
Trop lasse, Alix sut qu’elle n’atteindrait pas l’extérieur. Autant se laisser faire non sans tenter de piger l’embrouille.
La nurse la dévêtit, la borda puis lui tendit une potion. Devant le déni de la jeune femme, l’infirmière soupira :
 
Vous devez reprendre des forces Miss Blackstorm. J’insiste.
 
Je n’avalerai plus rien avant de savoir ce que je fais ici et le pourquoi de ces… attentions à mon égard.
 
C’est normal d’avoir oublié après ce qui vous est arrivé, Miss. Une semaine de coma, ça lessive le cerveau.

Rafraîchissez ma mémoire… s’il vous plaît.
 
C’est vrai, je peux ?
 
La gaillarde quinquagénaire parut ravie. Elle s’assit auprès de sa patiente avec des mines de chat gourmand. Manifestement, elle adorait causer, surtout de cette « affaire »...
 
Aux yeux de beaucoup vous étiez très suspecte. Pensez donc : la propre nièce de Voldemort se retourne contre lui ! Nul n’y croyait, surtout qu’on a même dit que vous étiez tombée sous le charme du pire de ces pourris.
 
*Michael ? Oh non !* se glaça-t-elle intérieurement.
 
Vous êtes une des héroïnes de notre monde, au même titre que notre admirable Colonel Davenport. La façon dont vous avez coincé ce De Brent entrera dans la légende !
 
Que… qu’avons-nous donc fait de si extraordinaire ? murmura Alix pressentant une catastrophe.
 
Tendu un piège, et un très bon. J’avais espéré que vous consentiriez à me donner des détails. La gazette a été trop chiche là-dessus. Ma pauvre petite, comme vous avez dû souffrir dans les pattes de Lestrange. On a cru vous perdre tant vous étiez amochée ! Mais tout ira bien, maintenant, j’en suis sûre. Dites-moi, entre nous, vous pouvez me le confier. Je serai muette mieux qu’une carpe. À quand le mariage ? 
 
Euh…
 
Ça m’étonne d’ailleurs que le Colonel ne soit pas revenu vous tenir compagnie. Il est venu tous les jours ! Quel beau couple…
 
Les soupirs attendris agacèrent Alix autant que l’effroyable sous-entendu de ces paroles.
 
*Moi et… Justin ? Cette femme est folle !... ou c’est moi…* Et Sam ! Samantha Forrester ?
 
Il l’a jetée comme la malpropre qu’elle est. C’est tout ce qu’elle méritait après ce qu’elle lui a fait, la garce !
 
De mieux en mieux ! Un mal de crâne pas possible terrassa Alix qui, pour s’évader du rodéo infernal de ses pensées accepta la potion de sommeil.
Des heures plus tard, ses espoirs de retrouver la normalité s‘évanouirent avec le babil de sa nounou attitrée qui retapa ses oreillers en lui proposant un beau plateau garni :
 
Faut manger, ma chérie ! Nous devons être en forme pour recevoir notre fiancé.  
 
Justin va venir ?
 
Il sera là dans un quart d’heure. Allez, on se dépêche !  
 
N’importe quoi, pourvu qu’après ça elle puisse y voir plus clair. Docile, Alix mangea de tout pour le plus grand plaisir de l’infirmière qui arrangea sa mise, baguette à l’appui. Pile à l’heure Davenport se pointa. Rien qu’en croisant son regard, Alix sut qu’il était aussi déboussolé qu’elle-même. Elle eut la présence d’esprit de jouer la comédie :
 
Bonjour mon chéri ! Je suis si contente de te voir !
 
Ça au moins était vrai, et les voir échanger un baiser joue contre joue suffit à faire déguerpir une infirmière aux anges.
 
Qu’est-ce qui se passe Justin ? C’est quoi cette nouvelle embrouille ?
 
Il lui narra le peu qu’il savait en arpentant la pièce, grognon voire furieux. Il avait de quoi. Sam plaquée, lui encensé pour des exploits non réalisés et Michael séquestré. À son tour, elle raconta sa nouvelle position. Il en avait eu vent, accourant aux nouvelles.
 
… C’est peut-être bien le Djinn, je pige rien. Fais-moi sortir d’ici, Justin. On doit tirer Michael de là.
 
Il le souhaitait aussi mais…
 
Je comprends que tu t’inquiètes pour Sam mais elle ne risque rien et si, comme tu le dis, elle est avec sa famille, pas de baiser du détraqueur pour elle !
 
Lentement, à contrecœur, il approuva.
Une heure plus tard, un couple faussement souriant quitta Ste Mangouste.
Justin appliqua mot pour moi la devise « les amis de mes amis, etc »
Sans démontrer la moindre défiance à son égard, il s’avéra très attentionné, la remettant aux bons soins de ses elfes pendant qu’il filait à nouveau au ministère où ses fonctions le réclamaient encore.
 
Aranwé, tu es bien gentille mais cesse de m’apporter des gâteries à tout bout de champ. Ce qui serait chic est que tu ailles chercher Lormar et… Bikita. Tu peux faire ça ?
 
Peu après, le fidèle serviteur d’Alix baissa son long nez contre la descente de lit. Par contre, Bikita refusa de venir à son chevet.
 
Lormar, conduis-moi près d’elle !  
 
La petite elfe personnelle de Michael visait très bien. Sans l’intervention de son homologue masculin, Alix se serait pris un vase en pleine poire. Lormar défendit sa maîtresse que l’affrontement elfique risqua de tourner au vinaigre. Miss Blackstorm calma le jeu :
 
Bikita tu m’en veux, je crois savoir pourquoi mais tout est faux, archi faux ! Je n’ai pas vendu Michael… je l’aime !
 
Comme vous aimez Monsieur Justin ! Jamais Bikita n’aurait cru ça ! cracha la blondinette.
 
Il s’est produit une bizarrerie… temporelle. Je te jure qu’avec Justin, il n’y a rien d’autre que le même désir de…
 
Bikita sait de quel désir il s’agit ! Rentrez chez vous !
 
Simplement le désir de sortir Michael d’Azkaban, crois-moi !  
 
La frimousse refléta le doute profond, teinté de mépris.
 
Pas beau mentir ! Bikita, elle, fidèle !
 
Tu étais là quand Michael et moi avons échangé un serment inviolable. Je serais morte si je l’avais trahi.  
 
Cela fit tilt chez l’elfe qui, du coup, lui sauta au cou, pleurant d’émotion.
 
Que va faire maîtresse pour sauver le maître ? Dites, Bikita obéit.
 
Bonne question…
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Re: Je hais le Djinn

Message par Justin Davenport le Mer Fév 19 2014, 23:12

*DJINN, je te hais !*
 
Râler, pester, maudire ne servait pas à grand-chose, mais exploser de rage faisait parfois du bien.
La demeure de Justin Davenport subit les ravages d’une colère effroyable, inédite. Il est ainsi des moments où, à force d’en prendre plein la gueule, on pète un plomb. Là, c’était le compteur complet qui disjonctait. Non seulement il avait dû voyager dans le passé avant d’être confronté à son double dans un monde parallèle mais ce qu’il vivait là dépassait franchement les bornes. Oh, certes, Armir avait tenu parole : lui et ses amis étaient rentrés à leur époque. Belle récompense, non ? De quoi se plaignaient-ils ?
 
*IDIOT ! MENTEUR ! INCAPABLE !*
 
Car tout, tout devait être de la faute du Djinn. Sinon comment expliquer la tonne d’anomalies constatées ? Être promu Colonel des Aurors n’aurait pas déplu à Justin si ce grade n’impliquait pas une trahison incompréhensible. Lui, vendre Michael ? Impossible ! Pourtant les éléments recueillis à gauche et à droite affirmaient cette félonie. Mais comble fut atteint quand, après avoir tenté tous les moyens– magiques ou moldus –  de communiquer avec Sam il lui fut répondu une fin de recevoir définitive. Même si abattu par ses soi-disant hauts-faits, cette froideur le démonta. En cherchant la source, il s’avéra qu’il avait rompu, de son chef, toute relation avec Miss Forrester après l’avoir surprise dans une posture très… révélatrice d’infidélité.
En d’autres circonstances, peut-être Justin en aurait ri tant cela paraissait dément. Sam, sa Sam n’aurait jamais fait ça ! Et, même en admettant que cela se produisît, il ne l’aurait pas éjectée sans autre forme de procès.
Toute la journée, il avait erré à glaner des informations tant sur Michael que sur Sam. Vanné, ulcéré, il se contentait de la compagnie d’un pur feu quand le téléphone émit son bruit :
 
Justin…Justin, c’est moi, Sam…tu es seul ?
 
*Suis avec une troupe de Call grils !* Ouais…
 
…j’ai pas trop de temps…
 
Tu fais la fête ? Sommeil ?
 
Non, ici on pense que je suis folle…enfin, c’est de ta faute…
 
Tu m’étonnes, c’est toujours de ma faute…
 
… non, c’est ce qu’on pense…je ne sais pas pourquoi…Demain on part…
 
Ma chérie, écoute, il y a un énorme malentendu, et…
 
Laisse-moi parler, par pitié…écoute bien… Bolifushi…dans l’atoll Malé Sud… une île…ce ne sera pas difficile de nous trouver, mon amour…il n’y aura que nous…Mince, Babs…à bientôt, chéri…je t’aime…oui… Bolifushi…dans l’atoll Malé Sud…

 
Il était resté tout con face au combiné qui ne tarda pas à aller s’écraser contre un mur.
Lorsque la crise passa, il somma ses elfes de venir et, sans ménagement, les interrogea séparément afin de comparer leur version des faits. Justin n’en fut que plus atterré :
 
J’ai… j’ai réellement mis Sam dehors ??
 
Oui, maître ! opina gravement Aranwé. Et maître a bien agi tout comme il a bien fait d’amener une nouvelle maîtresse.
 
*Misère ! * Elle… elle est comment ?
 
Sévère mais juste. Miss Alix parfaite pour mon maître !
 
On l’aurait assommé d’une massue que Justin n’en aurait pas été plus sonné.
 
ALIX BLACKSTORM ??
 
Les deux versions des elfes concordaient : lui et Alix s’entendaient plus que bien. Ensemble ils avaient fait arrêter Michael mais la pauvre avait été fortement touchée lors de la chute de Voldy.  
De ça et de ce que pensaient les autres, Justin se moquait. Il passa son reste de nuit à situer Bolifushi en se demandant comment y aller récupérer Sam.  
 
*Elle ne peut pas m’en vouloir pour quelque chose que je n’ai pas fait ! D’ailleurs, elle a dit m’aimer… C’est donc qu’on l’empêche de me contacter plus… ouvertement. Qui ? … Sa famille, évidemment ! Comme les autres, ils doivent être convaincus du… « changement » et, fatalement, de l’innocence de leur poussin !*
 
Après quelques courtes heures de sommeil, il retourna au bureau tenter d’amorcer un plan pour faire évader son copain et celle qu’il l’aimait. Hélas, tout ce qu’il trouva fut une grande sollicitude en relation avec la douleur qui était supposée sienne du fait de l’hospitalisation d’Alix.  Les questions relatives à sa santé furent tellement insistantes que Davenport ne put que répondre à l’attente générale en s’informant d’une possible visite à la courageuse jeune femme.  
 
Mais bien sûr, Colonel ! On s’étonnait que vous ne soyez pas venu hier…
 
*Eh merde !*
 
En amoureux soi-disant transi, Justin n’eut d’autre recours que d’aller à Ste Mangouste y visiter sa « récente » pseudo conquête. Il leur suffit d’un regard pour se comprendre et jouer le jeu attendu avant que l’on daigne les laisser en tête-à-tête. Pas plus que lui, Miss Blackstorm n’appréciait cette nouvelle situation dérangeante. Il tenta bien de défendre son point de vue, d’expliquer son dilemme, Alix fut catégorique :
 
Je comprends que tu t’inquiètes pour Sam mais elle ne risque rien et si, comme tu le dis, elle est avec sa famille : pas de baiser du détraqueur pour elle !
 
Sortir Alix de l’hôpital, ce jeu l’écœura mais si Michael l’aimait, il se devait de veiller aussi sur elle. Il l’installa chez lui avec ordre à ses domestiques de combler ses moindres désirs, puis fila.  
 

*Marre de cette fidélité aux potes ! Et moi, là-dedans ?*
 
Bien décidé à aider les uns et les autres sans négliger ses intérêts personnels, il jongla du mieux possible.
Au QG des Aurors, la pipelette de service se montra prolixe à souhait.  Mine de rien, il en glanait des infos ce Carter.  Éludant avec plus ou moins d’adresse les questions intimes dérangeantes, Justin amena son indic dans la bonne direction :
 
Alix va bien, elle est chez moi.
 
Vous allez officialiser ? Raconte !
 
Elle se porterait mieux en sachant de Brent parfaitement bouclé, si tu vois ce que je veux dire !
 
Tu veux connaître les derniers bruits de couloir ?... Notre ministre pense lui appliquer le baiser après-demain, en toute discrétion ! Du vite fait, bien fait. On annoncera la couleur après !  
 
Malgré lui, Justin pâlit. Heureusement, l’autre se méprit sur la teneur de cette émotion. Alors que Justin suffoquait de douleur, l’autre en ajoutait :
 
Ouais, t’as raison de râler de ne pas en être ! C’est vrai, quoi ? T’as droit d’y assister aux premières loges, non ?
 
Parfaitement, s’insurgea Justin qui n’avait jamais gambergé si vite. Je vais de ce pas réclamer au Ministre !
 
Tout doux, héros !  Tu as tes entrées privilégiées mais tu sais que rien ne peut remplacer le coup de pouce du Duc de Gilmore !
 

J.O est de retour ? émit Justin, ravi.
 
Eh, tu n’aurais pas abusé de pur feu, toi ? James Oliver est là mais papa le Duc mène tout à la baguette !  Rien ne s’accompli sans passer par ses gants blancs.  
 
Nouveau choc pour Davenport. Le père de J.O était vivant ? C’est lui qui régentait après le Ministre ? Il oscilla de façon assez bizarre pour alarmer son collègue :
 

Je pense vraiment que tu devrais prendre une semaine, même sans solde, roucouler, laisser couler.
 
Jamais ! se rebiffa Justin. Veux voir le Ministre ! *Merde, c’est qui ?*
 
Ouais, tu pourras peut-être. Shacklebolt t’a toujours eu à la bonne.  
 
Aussitôt dit, aussitôt fait.
Le grand noir connu ne lui refusa pas l’accès à son nouveau bureau du niveau 1. Accueil chaleureux, félicitations, verre, siège accepté, Justin répondit à la question :
 
… Je viens réclamer un droit ! Celui de… faire mes adieux à un vieil…
 
Ennemi ? Enfin, Justin, je suis désolé que l’on te soit passé au-dessus de la tête mais tu dois nous comprendre. Éliminer de Brent est une priorité. Affaire classée.
 
 Autant ménager la chèvre et le chou :
 
Je n’en disconviens pas mais j’estime avoir mérité au moins la distinction d’assister à son exécution. De même, il serait bénéfique à la santé de ma… fiancée qu’elle aussi puisse y participer. Comprends-nous, King, ce gars a pourri nos vies ! *Pas loin de la vérité…*
 
Shacklebolt parut embarrassé. Son bras droit, le Duc de Gilmore, voulait l’intimité.  
 
Douterait-il de nos intentions, de nous, nous qui avons fait écroué cette crapule ?
 
Kingsley s’adoucit, jura que non mais devait respecter un certain protocole de privilèges. Il appuierait personnellement la requête sans promettre davantage.  
Puisque c’était sa seule corde, Justin s’arrangea pour obtenir un rendez-vous avec Sa Grâce.
En attendant, il devait aussi s’occuper de ses grains.
 
*Bolifushi est un endroit minuscule de Malé Sud… Peu de résidents… tous se connaissent…*
 
Unique option : polynectar.
 
Alix lui fournit un élixir express puis surveilla chacun de ses actes pendant qu’il pianotait à l’ordinateur pour trouver noms, qualités, des résidents actuels. L’ennui fut que certains restaient anonymes.
 
Peu importe, j’y vais. Sous aucun prétexte elle ne doit croire que je l’abandonne.
 
Plan simple : trouver n’importe quel quidam, lui piquer un cheveu, prendre son apparence, contacter Sam.
 
Belle au-delà des mots. Le cœur de Justin se contracta atrocement en s’approchant de sa démarche obligée d’octogénaire défaillant de la splendide blonde qui contemplait tristement le rivage sous un velours bleuté où scintillait une myriade de lumignons célestes :
 
Trop belle nuit pour être triste, mademoiselle.
 
Leurs yeux parlèrent, des doigts d’effleurèrent, s’éloignèrent. D’abord surprise, Samantha ne tarda pas à capter :
 
.. Oui, bien sûr que c’est moi, murmura-t-il. Je n’allais pas te laisser là !... NON ! Tiens tes distances, s’il te plait, mon amour. Suis juste venu te dire qu’on va tout arranger ça… je sais, c’est épouvantable, mais Michael est…
 
La voir serrer les mâchoires de frustration( ?) dépit( ?) outrage( ?) glaça Justin qui osa cependant poursuivre :
 
Tu ne risques rien ici ! Sache que je t’aime plus que ma vie, et que…
 
Durs, durs ces mots. Il aurait peut-être dit les mêmes en situation inversée. Il soupira :
 
Une dernière fois, Sam, je t’en prie ! Je dois sauver Michael du baiser du détraqueur. Après, je te jure, on ne pensera plus qu’à nous…
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Re: Je hais le Djinn

Message par Samantha Forrester le Ven Fév 28 2014, 17:29

Bolifushi! Petit coin de rêve, un vrai paradis solitaire! L’intention de Gerry était bonne, pas de doute à ce sujet, mais Sam prenait très mal d’être couvée comme un poussin  démuni.
Elle avait réussi à parler avec Justin mais celui-ci semblait avoir quelque problème pour se déplacer. Il n’y avait pas eu le temps pour de longues explications, ou explications du tout, lors de son appel.
 
Ma chérie, écoute, il y a un énorme malentendu, et…
 
Et elle ne l’avait pas laissé poursuivre, passé son message, la farce s’était poursuivie et le résultat était loin de l’enchanter. Cette isolation bienveillante finirait par la rendre vraiment folle si elle ne montrait pas plus de détermination.
Ramesh, le jeune réceptionniste, la salua avec un de ses sourires resplendissants mais dès que Sam eut fait sa requête, il devint absolument sérieux et secoua la tête en assurant que c’était impossible de lui faire plaisir, des ordres précis avaient été émis, etc, etc…
 
Nous allons voir ça !, grommela t’elle, en faisant demi-tour, poings serrés, se dirigeant à grandes enjambées vers la piscine où se trouvaient son père et son adorable grand-mère, bien que je vous trouve, vous deux, nous devons parler, sérieusement…maintenant !
 

Gerry et tante Babs échangèrent un regard ahuri, pressentant le pire, mais connaissant bien leur Sam s’abstinrent de tout commentaire alors qu’elle s’asseyait face à eux.
 
Je sais que vous faites tout ceci pour me protéger…sauf qu’il n’y a aucune raison valable pour le faire…Ne m’interromps pas, Gerry…Babs, ne dis rien…J’ai parlé avec Justin avant de partir…oui, juste quelques mots mais cela me suffit. Depuis mon réveil à Miami il y a quelques jours, vous ne m’avez pas laissé placer deux mots et à vrai dire, je n’ai pas dit grand-chose  parce que je ne comprenais rien de ce qui se passait…
 
Et maintenant, mon ange, tu comprends ?, s’enquit Gerry doucement.
 
Pas exactement, reconnut-elle, mais quoiqu’il en soit c’est un malentendu monstrueux…mais pour que vous compreniez quelque chose, il faut que je vous raconte tout depuis le début…
 
Bien entendu se lancer dans une narration hurluberlue où il était question de voyage dans le temps, de sérail de sultan et autres aménités orientales avec Djinn farfelu en sus, n’aida pas trop à conforter l’idée d’une santé mentale à toute épreuve. Ils entamaient déjà une discrète manœuvre de repli stratégique pour ameuter des renforts mais Sam  leur ordonna de rester à leur place.
 
Bon sang, ça suffit ! Vous devriez savoir mieux que personne que je ne suis pas encline à laisser les nerfs prendre le dessus…À partir de ce moment, je reprends le contrôle de la situation…Fais pas cette tête, Gerry, suis agent du Gouvernement, pas une paumée…et toi, Babsy chérie…un soupir de plus. Croyez mon histoire ou pas, cela revient de tout au même…Passe moi ton portable, Gerry, et ne viens pas me raconter qu’il n’y a pas de réseau…pas avec ce monstre d’antenne au bout du bled !...Je vais appeler Lavinia…
 
Cela voulait déjà tout dire. La mort dans l’âme, vaincu par tant d’énergie, Gerry céda.
Lavinia Dexter se trouvait dans son bureau, à la clinique quand arriva l’appel de Samantha Forrester. Il suffit de quelques mots pour comprendre que la situation n’était pas à la blague, d’autant que de son côté, elle avait des nouvelles assez inquiétantes parvenues d’outre-mer. Habituée à agir en cas d’urgence, avec son amie Sam, les choses n’étaient jamais placides, elle acquitta les ordres précis donnés par celle-ci, informa sa secrétaire qu’elle s’absentait pour une paire d’heures, prépara un Portoloin et se matérialisa à Bolifushi, l’air chiffonné et les cheveux ébouriffés.
 
Dis donc, ma vieille, à ce train-là, tu vas pas tenir longtemps le coup…et moi non plus. J’ai tout ce que tu m’as demandé …au fait, c’est moche ce qui se passe à Londres en ce moment. Encore heureux que j’ai gagné cet idiot d’abonnement à vie à la Gazette anglaise…
 

Ah bon ?...Et on dit quoi, là ? Pas qu’on a rompu nos fiançailles, Justin et moi, quand même ?
 
Lavinia leva les yeux au ciel, soupira et finit par dire :
 
Euh, non, pire encore…que ton Justin a fichu en prison Michael de Brent et est fiancé à Alix Blackstorm…si tu vois le genre !
 
Elle resta comme deux ronds de flan mais se reprit avec un sourire de travers.
 
*Ben, il avait raison de dire qu’il s’agit d’un énorme malentendu…parce que là…c’est plutôt gros de chez gros…* Voir le genre, sais pas…c’est un véritable cauchemar !  Que Justin Davenport ait tourné casaque de la sorte, enfermé son pote de la vie à Azkaban et en plus chipé la femme de sa vie, tient du délire le plus débile qui soit !
 
Sam, ma chérie…on parle de toi aussi, et pas exactement en termes trop flatteurs…faire passer pour cocu le héros national, pas trop bien vu dans le coin, si tu fais une resplendissante apparition ça va jaser ferme.
 

Depuis que ça me préoccupe…mais d’abord il faut que je réunisse quelques infos ! Merci de ton aide, Lav…je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi !
 

La Dr. Dexter partie, Sam ne perdit pas le temps. L’ordinateur portable entra en fonction accélérée. Codes, mots de passe, identifiants divers furent fournis et l’accès aux sites de haute sécurité permis. Elle ne fut pas longue à faire quelques constations gênantes.  Beaucoup des informations requises avaient été transférées à un niveau de sécurité inaccessible. Il fallait un double identifiant niveau 1.
Sans égard aux strictes consignes de sécurité prévues pour une conférence téléphonique, elle se mit en contact avec son supérieur direct au B.I.C. Elle alla direct au point. Les explications furent ardues. Maureen Applewhite était une habituée des situations extrêmes, néanmoins l’histoire débitée par l’agent Forrester avait de quoi décoiffer.  La directrice du service spécial promit de la rappeler dès qu’elle aurait les informations requises.
Gerry et tante Babs  traînaient par-là, l’air vexé mais n’eurent pas le courage de la déranger pendant son travail de forcenée. Elle leur accorda quand même sa compagnie pour le dîner, même si l’appétit n’y était pas. Mrs. Applewhite tardait à la rappeler. Incapable de rester à bavarder comme si rien après le repas, Sam préféra s’éloigner, sur le rivage solitaire.
 
Trop belle nuit pour être triste, mademoiselle.
 
Elle se retourna avec un soupir. Un petit vieux chenu la regardait gravement, hésitant à sourire.  Pendant un instant, ils se dévisagèrent, elle surprise, lui anxieux, puis en un déclic, alors que ses doigts effleuraient timidement les siens, Sam comprit :
 
Mon Dieu, Justin…c’est toi !
 
Oui, bien sûr que c’est moi, murmura-t-il. Je n’allais pas te laisser là !...
 
Elle aurait voulu lui sauter au cou, mais Justin la tint à distance, sans doute pour n’éveiller aucune suspicion.
 
Suis juste venu te dire qu’on va tout arranger ça…

 
Bien sûr que oui, dit-elle doucement, c’est si…
 
Je sais, c’est épouvantable, mais Michael est…
 
Malgré son désir de ne rien laisser transparaître, Sam ne put éviter carrer la mâchoire. Elle savait mieux que personne l’affection qui unissait Justin à son ami de toute la vie mais juste en ce moment, son souhait le plus véhément avait été de savoir qu’il se faisait un peu de bile pour elle. Le cher ange interpréta le geste comme il put.
 
Tu ne risques rien ici ! Sache que je t’aime plus que ma vie, et que…
 
Tu n’as aucun souci à te faire pour moi, mon chéri, cela sonna plus sec que voulu, tu as raison, je ne cours aucun danger, je vais parfaitement bien, ce qui es plus. Tu aurais pu envoyer ton patronus, j’aurais compris aussi bien…Il y a des priorités qu’on ne peut éluder…
 

Elle s’en voulut presque d’être si dure, de sembler si indifférente, alors qu’il aurait suffi d’un demi-mot pour qu’elle lâche tout et le suive où qu’il voudrait l’emmener, mais Justin mettait avant tout son sacro-saint devoir.
 
Une dernière fois, Sam, je t’en prie ! Je dois sauver Michael du baiser du détraqueur. Après, je te jure, on ne pensera plus qu’à nous…
 
Vas-y, Justin…, souffla t’elle en serrant les lèvres pour ne pas dire plus que nécessaire en ce moment, je comprends…*Pas un mot de trop, hein ? Et Alix, qu’est-ce que tu en fais ?...Je ne mérite pas d’en savoir plus ? Suis exclue ou quoi ?*…Non, ne t’en fais pas…j’ai tout sous contrôle…je m’arrangerai…et pour Michael…ça va aller, j’en suis sûre…ferai des recherches…te tiens au courant…Non, je ne suis pas fâchée…Vas-y, Justin…Oui, après on y pensera…Je t’aime moi aussi !
 
Il s’évapora discrètement au même moment où le portable de Sam sonnait, ne lui laissant pas le temps pour ressasser la certaine amertume que lui avait laissé cette rencontre presque fugace. Les informations de Mrs. Applewhite la laissèrent d’une pièce.  Le dossier De Brent avait été déclaré « Strictement confidentiel » et transmis, sous sceau du secret, au Ministère de la Magie britannique, représenté par Sa Dignissime Grâce le Duc de Gilmore, Howard Strang, que Sam, comme tout le monde avait cru mort et enterré. Applewhite n’avait pas des informations étendues sur ce cas-là mais était se montrait outrée par la tournure invraisemblablement absurde qu’avait pris l’affaire De Brent.
 
Nous avons élevé notre proteste auprès du Ministère, mais celle-ci a été ignorée…Cette situation est hautement irrégulière et mérite des sévères sanctions.
 
Le temps de suivre les voies légales pertinentes, un Détraqueur aura fait son œuvre, j’ai besoin de ce dossier et de toute l’information, Madame, c’est de vie ou de mort !

Ainsi fut fait, sans délais. Sam n’y alla pas par quatre chemins pour mettre sa famille au courant de ses projets immédiats.
 
Je suis désolée de devoir écouter si radicalement ces vacances, Gerry, mais ma présence ailleurs est  indispensable…*Tu veux rire, tout se passe très bien sans toi !*… Oui, Babs, cela a à voir avec Justin mais surtout à un ami commun qui est en très mauvaise posture…Je dois encore travailler avant de partir…Oui, ce sera selon mes moyens rapides…Vous n’avez qu’à dire que je suis partie avec le bateau du matin…Ne pleure pas, Babs…je sais ce que je fais !
 
Elle aurait voulu en être 100% sûre, de ses faits en se matérialisant en cette soirée d’été  anglais. La roseraie embaumait dans la chaleur estivale, la beauté bucolique de cet endroit parvenait à l’émouvoir plus que voulu, en ce moment qui se prêtait pourtant si mal à cette classe de contemplation. Elle était nerveuse. La visite-éclair de Justin, quelques heures auparavant, lui avait laissé une sensation étrange, déstabilisante, qui la chagrinait, sans trop comprendre pourquoi. Avançant vers la grande maison, elle perçut des voix provenant de la terrasse et plus clairement, celle d’Erik. Le frère de Michael était furieux, les autres essayaient de le calmer, sans trop de succès. Sam resta un moment, à l’ombre, sans manifester sa présence, se voulant un peu de les espionner comme une voleuse. C’est alors qu’eut lieu une apparition assez extraordinaire…une gamine qui parla, apaisant ou cherchant à apaiser les esprits. Du moins c’est ce que put déduire Sam en voyant leurs expressions, sans parvenir à entendre la totalité de l’échange, mais assez comme pour avoir un vrai sursaut de surprise.
 
*Quoi !? Une fée !? Erik a raison…on aura tout vu !*
 
Fini l’acte féerique, Sam jugea qu’il était temps de rejoindre les autres mais une petit rire amusé la retint.  En se retournant un peu, elle aperçut la petite fée à deux pas, souriant mutine et lui clignant un œil, complice au temps de lever son pouce.
 
Tu en es sûre ?, s’enquit-elle, doucement.
 
Un énergique acquiescement l’encouragea. Pas un mot ne s’échangea, mais une singulière espèce de télépathie suffisait pour se comprendre. Sam fit ce qui restait de chemin et gravit les degrés de pierre accédant à la terrasse où se tenaient Justin, Alix, Opal et Erik.
 
Bonsoir ! Je suis contente de vous trouver tous là réunis…Je t’avais dit que je viendrais, Justin…oui, j’allais appeler mais le temps presse…Non, Erik, je n’ai jamais songé à vous laisser tomber…et encore moins à Michael…Oui, Alix, j’ai des informations…et non, elles ne sont pas des meilleures…Merci, Justin, oui, je prendrais volontiers un peu de vin…

L’ambiance était tendue, l’accueil lui sembla mitigé mais le moment n’était pas aux états d’âme, on verrait ça plus tard. S’asseyant, elle joua de sa nouvelle baguette pour rendre la taille normale à son succinct bagage. Ordinateur portable  et des documents fraîchement imprimés, dont un dossier parvenu par d’autres voies, qu’elle présenta  à la ronde.
 
Strictement confidentiel, c’est le dossier de Michael, la Ministère est censé de l’avoir en sa possession…Le Duc de Gilmore, pour être exacts or…on sait ce qui se passe…ou plutôt, on n’en a pas la moindre idée…où est J.O ?...Ah, introuvable…Il va sans dire, mes amis, que la situation est trouble et le danger immédiat…
 

Était-ce son impression ou on la jaugeait comme à la « miss je sais tout » qui se croit débarquer comme Superman pour sauver le monde ?
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Re: Je hais le Djinn

Message par Justin Davenport le Mer Mar 05 2014, 23:15

…  j’ai tout sous contrôle…je m’arrangerai…et pour Michael…ça va aller, j’en suis sûre…ferai des recherches…te tiens au courant…Non, je ne suis pas fâchée…
 
Si elle avait tellement le contrôle, pourquoi ne l’accompagnait-elle pas immédiatement ?
 
…Vas-y, Justin…Oui, après on y pensera…Je t’aime moi aussi !
 
Sincèrement, de la personne qui vous est la plus chère au monde on attend mieux ! Surtout après s’être démené pour correspondre avec elle.  
Pourquoi ce quasi rejet, cette indifférence palpable ? Autant qu’il sache, Justin n’avait rien fait de travers, aussi encaissa –t- il très mal cet éloignement sur lequel sa belle n’avait pas jugé bon de s’étendre. Aux yeux de la famille Forrester, il était persona non grata et, apparemment, à ceux de Samantha aussi.
 
*Bien sûr pour Michael, elle fera un effort… Pas pour toi, évidemment, pauvre idiot !*
 
D’humeur massacrante, il rentra chez lui, ne sachant quelle ficelle tirer afin que tout redevienne comme avant… Avant, Samantha partageait sa longueur d’onde, était même prête à… Maintenant ?? La seule chose dont Davenport soit sûr c’est, qu’à défaut de ficelles, il lui faudrait titiller la queue du diable lui-même pour sauver une nième fois la mise à son meilleur pote.
À peine un pied chez lui, il ne s’étonna qu’à moitié d’y trouver Alix entourée d’elfes :
 
*Se prend pour la reine du coin ou quoi ? *
 
Le dialogue échangé fut bref, juste un résumé de faits qu’il n’enregistra pas aussitôt, trop préoccupé par ses propres sentiments hautement chamboulés en raison de l’accueil ( plus frais que ça tu meurs) de son adorée.
Pas à une nuit d’insomnie près, mettant en veilleuse ses débats internes, dès l’aube Justin se lança à corps perdu dans sa quête.
Où étaient passées les preuves de l’implication de Michael du bon côté ? Tout avait disparu, Justin se heurta à plusieurs murs. La seule constante, l’unique maillon persistant résidait en un nom : Gilmore. Mais là encore, toutes tentatives d’éclaircissement furent vaines. Le Duc actuel, pas le J.O connu, maintenait une espèce de blocus vis-à-vis du cas De Brent. Déjà avec tout le reste, quand même dingue cette histoire de mort ressuscité !
Tracassé de n’aboutir à rien, il rongea son frein en la seule compagnie disponible : sa « fiancée »
 
C’est une histoire de fous, je deviens fou ! Si on n’arrive pas à… Quoi, les elfes ? …
 
Enfin, il entendit clairement ce qu’Alix tentait de lui signifier depuis la veille. Bikita savait des choses ? Brûlant d’impatience d’entendre ça, ils furent hélas interrompus par l’entrée magistrale d’un Nielsen aussi mécontent que sa compagne. Cette dernière n’hésita pas à clamer haut et clair ses opinions.
Pas d’accord du tout, Justin rugit :
 
STOP !  Pour qui vous prenez-vous pour critiquer une situation que nul n’a voulue ? Vous imaginez quoi ? Que ça nous plait et qu’on se la coule douce ?
 
Alix en rajoutant une couche, Erik concéda avoir dépassé les bornes tout en réclamant des précisions. Bon an mal an, Justin et Alix expliquèrent de leur mieux :
 
C’est fou ! J’ai passé des heures au ministère où, malgré ma « position » avantageuse, je n’ai pas pu accéder à certaines pièces du dossier. Dans celles consultées, il ne subsiste que les preuves impliquant gravement Michael. Or, par Alix et Sam, je sais que d’autres documents à décharge existent. À croire qu’ils se sont envolés ou sont… ailleurs…
 
Opal désira savoir ce qui justifiait l’absence de Miss Forrester. Embarrassé, Davenport haussa imperceptiblement les épaules :
 
Aux yeux de tous, elle s’est jouée de moi. Il vaut mieux qu’elle reste en dehors tant que la vérité n’aura pas été établie. Mais, elle va sûrement vouloir aider… quand elle pourra.  
 
On en resta là, à cogiter chacun pour soi et Justin ne vit aucune utilité à leur déballer le fond de ses pensées qui n’avaient rien de réjouissant. Visiblement insatisfait, Erik ne trouva rien de mieux que de proposer :
 
On fait le forcing ! Ensemble, on peut très bien attaquer Azkaban…
 
Ben voyons ! Primo, à moins d’être coupable de hauts méfaits on n’y entre pas facilement. Et même en admettant y accéder armé, nous y serions confronté à des forces que seule une armée de patronus puissants vaincrait, et encore…
 
Cette option abandonnée, s’aborda le sujet d’autres absents : J.O et Angel. Si Nielsen y tenait…
On tenta de les contacter, en vain.  
En conclusion de cet échec, Justin avoua :
 
Au ministère, je n’ai pas trop pigé ce qui se passait avec le paternel de J.O. Pour d’obscures raisons, il aurait dû simuler sa mort violente. Quoiqu’il en soit, pour des raisons tout aussi incompréhensibles, il a ordonné l’arrestation de son fils, et d’Angel dans la foulée. Ils doivent donc se planquer.  
 
À nouveau, on cogita à fond puis, alors qu’Erik s’en prenait verbalement aux esprits, Djinn et autres fantaisies magiques, une fillette sortie du néant lui attrapa la manche.
 
Mais c’est quoi, ça ? explosa Justin, fâché de l’intrusion.
 
Ce n’était pas quoi, mais qui. Soufflé, éberlué, Davenport en apprit de belles sur l’esprit bienfaisant qui se prénomma Key. Il ne la rata pas au détour : 
 
Une « pas encore fée » comme atout ? Génial ! Splendide ! Manquait que ça ! Agissez au lieu de bavarder si, bien sûr, vous en avez le pouvoir !  
 
Chacun y alla de ses commentaires ; la fée se défendit :
 
… Je lis les cœurs, les pensées et les âmes. Si Michael avait été un pourri, On m’aurait refusé de l’approcher.
 
Justin ricana :
 
T’auras qu’à témoigner au tribunal ! T’expliques ça aux juges et le tour sera joué !    
 
 Key, imperturbable, ne leur demanda qu’une chose avant de s’évaporer : lui obéir aveuglément.
 
Elle nous croit né de la dernière pluie, cette gamine !  
 
Divers commentaires saluèrent cette intervention « magique » mais ils n’étaient pas encore au bout de leurs surprises. À la fée mutine succéda rapidement une autre apparition. Dans toute sa blondeur, avec son air d’innocente assurée, Miss Forrester s’avança comme si rien :
 
Bonsoir ! Je suis contente de vous trouver tous là réunis…Je t’avais dit que je viendrais, Justin…  
 
Jamais de la vie ! répliqua-t-il, rogue. Tu avais « vaguement » promis d’appeler.
 
Volontairement acide, il n’en oublia pas moins ses bonnes manières et s’enquit :
 
Puisque tu nous honores « enfin » de ta présence et que tu vas avoir besoin de beaucoup parler, puis-je te proposer une boisson ?  
 
 Semblant très à son aise, la Miss passa commande avant de déballer son sac, dans tous les sens des mots.
La ronde examina les documents remis, rien de moins que le fameux dossier manquant :
 
 Strictement confidentiel, c’est le dossier de Michael, la Ministère est censé de l’avoir en sa possession…Le Duc de Gilmore, pour être exacts or…on sait ce qui se passe…ou plutôt, on n’en a pas la moindre idée…
 
Les autres s’informèrent sur la provenance de ce document, répondant à Samantha qui, sans conteste, semblait très fière de sa récente prouesse.
 
…Il va sans dire, mes amis, que la situation est trouble et le danger immédiat…
 
Comme si on l’ignorait ! railla Justin. En tout cas j’applaudis des deux mains ton dévouement à la cause de Michael. Mais maintenant quoi ? On fonce au ministère en brandissant tes papiers ? Tu n’aurais pas amené Applewithe dans ton sac, des fois ? Ça, ce serait un argument de poids, car ces documents auraient pu être falsifiés ; ils ne prouvent rien ! Au mieux, ils créeront un doute puis on nous les renverra à la figure. Quelle poisse que J.O soit brouillé avec son père. Lui, il doit savoir où est passée la copie du ministère… bien sûr que j’ai essayé de le rencontrer ! Pas moyen de l’approcher... de façon classique... Oui, Opal, c’est à ça que je pense. Qui voit un inconvénient à rendre une petite visite d’impolitesse au Duc de Gilmore ?  
 
On débattit un peu sur cette éventualité en tombant d’accord ne n’enfreindre aucune loi en vigueur et d’y aller en douce. Mais Alix parut soudain se rappeler quelque chose qui lui était sorti de la tête avec toutes les interruptions de cette soirée :
 
… Quoi Bikita ? … Tu es sûre ?
 
La petite elfe fut mandée illico. Pas l’air heureux, elle tempêta :
 
Vous en avez mis un temps avant d’appeler !   En attendant, mon pauvre maître…
 

Pardonne-nous Bikita. Tu es certaine de ce que tu as dit à Alix ?  
 
Oui, elle en était certaine. Désirant comprendre d’où émanait la manœuvre ayant conduit à l’arrestation de son maître, elle avait enquêté :
 
Bikita connait beaucoup d’ennemis à Monsieur Michael. Elle s’est penchée sur ceux qui le détestent le plus : les membres de sa famille. Sans se faire voir, elle a filé Miss de Brent qui est sans conteste, la pire soeur au monde. Et Bikita l’a vue faire quelque chose d’interdit à un homme maintenu par d’autres.

Elle a torturé quelqu’un ? demanda Justin qui ne voyait aucun rapport de cause à effet.  
 
Pas bien, pas bien du tout ! Elle l’a envoûté, Bikita est sûre.  
 
Un imperium ? Qui est cet homme ? Tu as entendu son nom ?
 
L’elfe l’ignorait mais Justin ne put s’empêcher de verdir un peu quand elle acheva sa description :
 
Nom d’un gnome ! Ça correspond à celui que nous allons voir ! Faut explorer toutes les pistes.  Opal et Erik, sans vous commander, accompagnez Alix chez Ariana ; tâchez d’en savoir plus. Sam, tu viens avec moi… à moins que tu veuilles rester ici…  te reposer de tes voyages « forcés » ?
 
Avant qu’elle n’ait pu répondre, Miss Blackstorm s’imposa en argumentant sa décision de façon très sensée.
 
… c’est pas faux, reconnut Justin à contre cœur.
 
Changement de collaborateurs. Après tout, une spécialiste en sortilèges impardonnables ne serait pas de trop.  Tandis que le Suédois et son Australienne retraçaient la sœur de Michael, Justin et ses « fiancées » se matérialisèrent aux abords du manoir Gilmore.
Un chat très discret explora la bicoque puis revint indiquer la voie à suivre. Le trio put alors s’introduire jusqu’au chevet du Duc qui, par veine, faisait chambre à part avec son épouse.  
La manœuvre devait être simple selon Miss Blackstorm qui prétendait faire avouer n’importe qui rien qu’en lui pressant le poignet. Mal lui en prit ! À peine touché de deux secondes, le Duc s’éveilla et riposta en expédiant Alix valser à l’autre bout de la chambre.
 
Stupéfix ! clama Justin.
 
Sam, occupée à redresser une Blackstorm légèrement sonnée, lança un sort d’appoint.
Avec les deux combinés, le Duc aurait dû fléchir. Il n’en fut rien. Ébahis, les compères n’eurent aucun mal de décision, ni de honte à effectuer un transplanage express.
 
Mais qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? demanda Justin en distribuant des remontants.
 
Malgré la brièveté du contact avec le Duc, Alix en avait retiré deux éléments jugés capitaux.
Non seulement le Duc n’était pas envoûté mais possédé par une entité hostile ; de plus, un jugement aussi sommaire que d’exception se tiendrait le surlendemain soir, dans les sous-sols du ministère de la magie.
Justin essaya de combattre l’abattement général face à ces tristes nouvelles :
 
Ça nous donne quand même un peu plus de répit pour trouver la solution…. Oui, ma chérie, j’escompte bien aller forcer toutes les portes, faire jouer tous les rouages possibles, et… Ouais… vu ainsi…  
 
Foncer tête baissée n’aboutirait qu’à une chose selon les filles : l’arrestation.
 
Le retour des jeunes tourtereaux créa une légère diversion au marasme dans lequel ils s’enlisaient. Nielsen, grâce à son regard persuasif, avait fait chanter Ariana de Brent mieux qu’un rossignol. À l’origine de tout, elle avait fait appel au démon Obscurion qui lui obéissait. Investissant complètement l’esprit du Duc, cet allié dévoué le transformait en parfaite marionnette.
Justin ne put retenir plusieurs jurons :
 
Quelle pourriture, cette femme ! Je parie que sitôt Michael out, elle forcera le Duc à libérer tous les acolytes de Voldy ! Comment libérer Gilmore de ce démon ?
 
D’après les jeunes gens, seule Ariana en avait le pouvoir. Alors qu’ils cogitaient à toute vitesse, une gamine souriante réapparut :
 
Bonsoir ! Je vois que vous avancez bien !
 
Ah, tu trouves ? soupira Justin qui estimait les voies sans issues.
 
Miss Blackstorm est très capable d’affronter ce démon-là ! On a eu un cours sur lui à l’école des fées.
 
Alix se défendit de disposer du temps nécessaire pour préparer les potions adéquates à l’opération d’extraction.  
 
Le temps… Vous les mortels ne pensez qu’à cela. Si je vous disais que j’ai 125 ans de votre temps, vous seriez surpris, non ? Pourtant c’est le cas. Vous devez m’obéir, vous vous rappelez ?
 
Pas à dire, ils n’étaient pas fans de cette idée. Au point où ils en étaient…
Je suggère que Miss Alix se fournisse au plus vite des ingrédients prescrits et du grimoire très particulier gardé dans la salle sur demande de Poudlard. La formule d’accélération des ferments y est. Je m’engage à ce que le Duc possédé ne quitte pas son manoir avant qu’Obsurion ne l’ait abandonné.
 
Admettons ! se risqua Justin. On a la potion, on doit la lui faire avaler. Toutes les chances pour que ce démon nous fasse passer un sale quart d’heure !
 
Vous êtes cinq, non ? L’union fait la force ! Ah, un conseil : prenez un peu de repos. Vous n’avez pas bonne mine, savez-vous ?   
 
Plop ! Un clin d’œil, partie !  
 
On discuta, discuta puis Justin donna des ordres à ses elfes pour préparer les chambres des invités. Si Sam s’étonna ou pas d’être placée loin, à l’opposé de sa chambre personnelle, Justin s’en ficha, préférant mettre le plus de distance possible entre eux afin de freiner l’incontournable attirance qu’elle exerçait sur lui contre vents et marées.  
La douche ne chassa que peu les sentiments contradictoires qui l’animaient.
 
*Faudra pourtant bien lui causer tôt ou tard… Mais d’abord, Michael !*
 
Combien de fois dut-il se faire violence pour ne pas sortir de sa chambre ? Seule la poignée mainte fois touchée le sut. Crevé, le sommeil le surprit d’un coup.
Le 6ème sens des elfes domestiques ayant fonctionné, nul n’eut à souffrir de faim au réveil très matinal. Le petit-déjeuner en commun ressembla à un conseil de guerre. Sam ne connaissait pas Poudlard, Alix très peu. Lui, Erik et surtout Opal l’avaient fréquenté assez assidûment pour se rendre sans encombre au septième étage du collège. Pendant que ses « fiancées » partaient en course aux ingrédients, fort de sa réputation redorée, Justin parvint à faire admettre sans encombre les anciens élèves dans l’enceinte.
 
Par Merlin, j’avais oublié à quel point cet endroit était un foutoir monstre !
 
Personnellement, en tant que préfet, il ne l’avait visité qu’une fois en compagnie de Michael qui désirait y cacher quelque truc illégal. Avec amertume, il s’imaginait déjà en train de fouiller ce fatras pendant des heures quand Opal eut une idée géniale pour amener l’objet visé à eux. La petite Key ayant malencontreusement omis de leur donner le titre de l’ouvrage désiré, il va sans dire qu’ils en feuilletèrent des livres avant que le bon n’arrive entre leurs mains.  
Midi sonnait quand ils rentrèrent se dépoussiérer avec leur butin chez Justin qui sentit son foie virer en constatant l’état de sa splendide cuisine transformée en laboratoire.  Sans se soucier de ses états d’âme, Alix s’empara du livre de recettes mais Sam assura que tout rentrerait dans l’ordre avant peu.  
Grognon, il se désola :
 
J’avais espéré me détendre en cuisinant… ah…
 
Elle avait tout prévu, et même si les plats n’étaient pas très recherchés en raison de l’urgence, on ne put se plaindre.  
Selon Alix, après récitation de formules bizarres, la potion serait prête le lendemain. Restait néanmoins de longues heures à tuer. Opal partie avec son amoureux surveiller l’avancée des travaux de son resto, Alix souhaitant rester à la cuisine, Justin se sentit coincé en compagnie de  Samantha.
 
Euh… tu voudrais faire quoi ? Appeler ton père, je suppose ?... Moi ? Vais aller défouler les pattes d’Athos. Tu peux utiliser la salle de sport, nager ou… monter Artémis si ma compagnie ne te gêne pas, à ta guise.      

Ah, ses chevaux ! Justin en était fou et se désolait de les négliger si souvent, surtout ces derniers temps. À son approche, les montures répondirent joyeusement. Elles devaient en avoir marre d’être confinées en enclos.
 
Tu es sûre de pouvoir monter à cru, Sam ?  
 
Ce fut une belle chevauchée parfois trépidante, parfois calme : du pur plaisir, de quoi se vider l’esprit. Bonheur aussi que de voir Sam détendue… heureuse.
Le soleil déclinant, il leur fallut renter. Peu de paroles s’étaient échangées, à croire qu’ils retardaient exprès les explications.
Tout en pansant son étalon noir, Justin hésita à affronter Sam. Il en avait gros sur la patate mais redoutait aussi de briser la complicité de nouveau installée entre eux. La jeune femme semblait si sereine…
Conclusion, ils n’abordèrent que des sujets banals, portant surtout sur les projets gastronomiques de Miss Forrester.
Rentrés, ils trouvèrent Alix en train d’épicer la tambouille moussante aux odeurs bizarres destinée au Duc.
 
Tu ne vas pas y passer la nuit, quand même ? On pourrait te relayer…
 
Tout juste s’il ne se prit pas un bouquin à la tête. Elle seule savait quoi et comment faire. La paix était sa seule revendication hormis de la lecture pour tuer les pauses.  
On lui fournit de quoi combler les heures creuses, puis dîna avec Opal et Erik qui avaient ramené des pizzas moldues pour nourrir un régiment.
Décidément, les surprises continuèrent. En plein dessert – des glaces issues du freezer – ils furent interrompus pas un bel oiseau argenté venu aux nouvelles. Apparemment, J.O et Angel s’inquiétaient sur leur sort. Justin se chargea de répondre succinctement :
 
Nous allons bien. Restez planqués jusque demain 19 heures. Rendez-vous au manoir Gilmore. J.O, ton père n’est plus lui-même.
 
La soirée fut un calvaire pour Davenport. Il redoutait l’affrontement tout en le souhaitant : intolérable. Pour meubler, à tour de rôle, ils allèrent tenir compagnie à Alix qui, à bout de force, accepta d'être enfin secondée :
 
Dors, tu en as besoin… On a pigé ! Si la vapeur vire au violet ou noir, on te réveillera.
 
Si Michael n’avait pas été en situation hautement précaire, Justin l’aurait envié. Le « veinard » disposait d’amis irréductibles et d’une amoureuse inconditionnelle ! Pouvait-il en dire autant ? Soupir…
Le relai fonctionna au chevet de la potion, Alix put ainsi récupérer de ses fatigues.
Suivit une loooooooongue avant-midi d’inaction au bout de laquelle Justin ne tint plus :
 
Il serait peut-être temps d’aller prouver aux sorciers du dehors que tu n’es pas l’épouvantail supposé, dit-il à Sam. Sortons déjeuner.  
 
Consentante ou pas, elle dut suivre.
Dans le seul resto valable du coin, ils s’affichèrent ouvertement, sûrs de déclencher foule de commentaires.
 
Quoique tu entendes dire, fais comme si tu m’aimais toujours, si ce n’est pas trop demander… parce que, entre nous, je ne supporte pas du tout d’être accolé à Alix.
 
Elle joua le jeu, mieux que prévu, au point que lui-même en aurait été quasi convaincu s’il n’avait pas eu tant de rancœur interne.  
Fatalement, une pipelette plus hardie que d’autre vint les contrarier en se planta résolument à leur table, ignorant Sam avec hauteur :
 
Colonel Davenport ? Mes amies et moi ( signe à un groupe de perruches enrubannées) nous ne pouvons que nous étonner de votre immense magnanimité. Serait-il arrivé malheur à cette pauvre Miss Blackstorm ?  
 
Sans le coup de frein brutal de sa pression sur la main de Sam, sûr qu’elle aurait bondi. Il tempéra :
 
Je ne suis pas condescendant, je suis amoureux. Miss Blackstorm se porte on ne peut mieux mais elle n’est pas l’élue de mon cœur. Qu’on se le dise. Bonne journée à vous aussi !
 
Ouf ! Au moins, une vérité étalée à colporter.  
Tête haute, s’affichant partout en couple heureux, Justin et Sam chinèrent à gauche et droite avant de rentrer, vannés.
La potion étant prête, on s’organisa pour aller l’administrer.
Par quelle ruse de Key le Duc avait-il été consigné à résidence, peu importait. Ils pénétrèrent sans résistance dans la vaste demeure du père de J.O.  
 
*Eh M***E !*
 
Peut-être auraient-ils dû accorder leurs montres ? J.O et Angel les avaient devancés sur place.
Plaqués au mur sous l’emprise du possédé, les jeunes gens n’en menaient pas large.
Cinq stupéfix de concert parvinrent à faire lâcher prise à l’entité. Leurs amis, à demi out, s’ajoutèrent au maintien d’un Gilmore enfin défaillant. Preste, Alix administra sa potion, insouciante des questions d’un fils passablement anxieux.
La pression se relâcha avec le changement d’expression du Duc qui se redressa en toussant puis, qui, à l’étonnement quasi général, se prosterna aux pieds d’Alix.  
 
C’est quoi, ça ? s’épouvanta Justin.  
 
On se ficha un peu des explications de la fautive tant le temps pressait.
Vraiment fastoche de s’introduire dans un lieu sécurisé quand on a l’atout parfait dans sa manche.
Le tribunal de sinistre réputation la méritait amplement. Tous les sept, groupés au fond, n’eurent pas longtemps à attendre l’introduction du prisonnier qu’accompagna la voix du greffier :
 
Séance présidée par l’honorable Dolores Ombrage, procureur  au nom du Ministère de la Magie Britannique,  Sa Grâce le Duc de Gilmore, Howard Strang.

Qui a permis la présence de ces personnes ? s’insurgea le Duc, celle-ci est une audience à huis clos…Sortez immédiatement !
 
Alix prit alors les commandes du jouet qu’elle s’était créé…
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Re: Je hais le Djinn

Message par Alix Blackstorm le Dim Mar 09 2014, 18:45

Pendant des années, Alix vécut par… procuration. Nièce de Tom Jedusor alias celui-dont-on-ne-doit-pas, etc… Alias, Voldemort, Voldy pour les ennemis… Bel héritage ! Alors qu’elle pensait enfin tourner cette page fatidique par sa rencontre avec Michael de Brent qui apportait un éclairage insoupçonné à son existence, voilà qu’à nouveau les ennuis lui tombaient dessus. La situation était catastrophique. Pour une raison absconse, le seul homme qu’elle ait aimé allait lui être enlevé à jamais par ceux-là-même qu’il avait voulu aider. N’importe quel tour, sort, ficelle, elle essayerait toutes les possibilités exploitables pour le sortir de la fatalité. Elle n’était pas seule à combattre, au moins ça ! Davenport, frère de cœur de Michael, se démenait de son côté.  Hélas, leurs libertés de manœuvres étaient faibles, quasi inexistantes.  Aux yeux de tous, elle et Justin étaient parvenus à piéger le Mangemort insaisissable. Peu importait à qui ou quoi ils devaient un tel malentendu, seul le résultat comptait.  
En désespoir de cause, Alix avait tenu à rencontrer Bikita, l’elfe domestique de Michael, liée à lui depuis sa naissance.  Bien que Alix ne se soit jamais trop préoccupée des elfes et de leurs sentiments, elle était persuadée devoir s’acquitter d’une espèce de dette envers cette créature qui vénérait son maître par-dessus tout.  Leur rencontre ne fut en rien réjouissante… au départ.    
Dès que Bikita fut enfin convaincue des bonnes dispositions d’Alix, que tous les racontars étaient fallacieux, l’elfe coopéra gracieusement :
 
Bikita a vu des choses pas propres…
 
Sommée de les raconter, le résultat fut effarant.
 
Ariana a fait entrer un démon dans l’esprit de quelqu’un ? Qui est cet homme ? À quoi ressemble-t-il ?
 
La description n’évoquait rien à Alix qui se promit de tirer cela au clair.
 
Je vais en parler à Justin. Il saura peut-être.  
 
Bien décidée à s’en ouvrir au meilleur défenseur de celui qu’elle aimait, Alix ne put cependant pas l’ouvrir directement. Insidieuse fatigue ! Que lui avait-on fait qu’elle n’arrive pas à surmonter ?  Entre sa faiblesse et ses désirs de parler, elle fut interrompue par les récriminations de nouveaux arrivants, juste au moment où elle allait causer. Les accusations étaient tellement injustes, qu’elle en perdit le fil de son discours.  
 
On n’a rien fait du tout, ni rien provoqué ! Si vous pensez le contraire, sortez !  
 
Cela se calma un peu mais Alix se vit encore couper la chique par un débarquement plus qu’incroyable.
 
 *Une fée ? Pourquoi pas un Schtroumpf tant qu’à faire ? *
 
Ben non ! Key – puisque c’était le nom donné – leur assura son concours sans autre condition que celle d’une obéissance totale.
 
*Même pas en rêve !*
 
Néanmoins, puisque ladite fée était en contact avec Michael, Alix ne put qu’ajouter avant son départ :
 

Dites-lui que je l’aime, qu’on se bat pour lui…  
 
Peut-être était-ce le moment de révéler que... Raté ! Celle que l’on n’attendait plus – Miss Forrester – en profita pour s’amener l’air de celle qui sait tout et résout tout.
Pas plus qu’elle, Davenport ne fut dupe. Si – chose très probante – Samantha avait travaillé à leur cause, le résultat de ses trouvailles ne tiendrait pas la route en raison de leur possible falsification. 
 

Tu n’aurais pas amené Applewithe dans ton sac, des fois ? Ça, ce serait un argument de poids, car ces documents auraient pu être falsifiés ; ils ne prouvent rien ! Au mieux, ils créeront un doute puis on nous les renverra à la figure.
 
De l’eau dans le gaz chez ceux-là, pas à dire. ; pas ses oignons. Un peu perdue, Alix reprit néanmoins suffisamment d’aplomb pour enfin faire appel aux révélations de l’elfe de Michael :
 
J’ai été distraite par tant de choses ! Je pense que son témoignage est très important. Elle vous confirmera mes craintes.
 
But atteint ! Mais les déductions de Justin la scièrent :

Nom d’un gnome ! Ça correspond à celui que nous allons voir ! s’écria Justin.
 
Il bâtit un plan d’urgence contre lequel elle s’opposa :
 
Je suis certaine qu’Erik pourrait faire fléchir un Duc... normal. N’empêche que la seule à avoir fréquenté la magie noire, c’est moi. Je DOIS en être !
 
Raisons acceptées, Sam, Justin et elle allèrent demander des comptes au Duc de Gilmore, le désigné responsable et victime, des tracas actuels.  
La « rencontre » ne se passa pas du tout comme Alix l’avait escompté. L’entité qui possédait le père de J.O la contra après un bref contact.
Le poignet saisi se déroba alors qu’elle déchiffrait son essence :
 
*Oh, Merlin !!*
 
Repoussée avec violence, elle se sentit pire qu’une loque dans les suites. Elle tenta de narrer les faits :
 
Bikita dit vrai : c’est malpropre. Une entité démoniaque habite le Duc de Gilmore. J’étais… mal préparée. Ce qui est clair c’est que cette chose veut détruire Michael. Elle a convoqué une audience déterminante pour après-demain, soir.  
 
Par le retour du duo inquisiteur auprès d’Ariana, on en apprit un peu plus ; pas de quoi chanter victoire, hélas. Ariana avait enfoncé le dard, elle seule l’en retirerait.
 
*On est foutus !*
 
Miracle ? Key revint, souriante, l’inconsciente :

Miss Blackstorm est très capable d’affronter ce démon-là ! On a eu un cours sur lui à l’école des fées.
 
Je saurais me débarrasser d’un cas d’étude élémentaire mais, excusez-moi, la potion voulue nécessiterait près d’un mois de surveillance ! Nous ne disposons pas de ce temps !
 
Qu’à cela ne tienne, Key indiqua un raccourci passant par Poudlard.
 
Je trouverai plus vite que vous le bon ouvrage, plaida-t-elle en vain.  
 
Puisque ni elle ni Sam n’avaient fréquenté Poudlard, elles furent reléguées aux autres achats nécessaires à la confection de la potion d’extraction.
Soupirs…
Quand il faut y aller, faut y aller :
 
Passons d’abord chez moi, déclara-t-elle sans ambages, je dois vérifier la fraîcheur de certains ingrédients. Il me semble que cela fait des siècles que j’y ai mis les pieds, et la dernière me laisse un goût amer.

 
Un portoloin, une virée en Écosse.  
Même si l’aspect extérieur du manoir était sinistre, Alix adorait SON coin, SES murs.  
D’entrée, elle frissonna néanmoins. Lormar, plus radin qu’une femme en régime avec ses calories, avait négligé de chauffer l’endroit. Redevenue glaciale, l’immense demeure était fort rébarbative, mais cela n’entama pas la détermination des jeunes femmes.
 
Après un Accio à la bibliothèque, Alix révisa quelques notes du grimoire appelé puis se dirigea vers son laboratoire à la porte duquel elle planta Sam :
 
Domaine strictement privé, désolée. Je fais au plus vite. 
 
Pas question de dévoiler, même à une amie, ce qui se trouvait dans son antre sacré.
Par chance, quantité de substances avaient conservé leurs vertus. Cependant, deux fioles la firent grimacer :
 
*Zut ! Plus de Polypore Hexagonal ni de sporula négra !*
 
Son air tracassé au sortir du labo n’échappa pas à Sam qui poireautait gentiment :
 
… Pas grave ! On passe à la serre, puis on ira au chemin de Traverse…
 
Bien sûr, Sam eut droit aux mises en garde obligées dans le palais des plantes bizarres. Peut-être fut-elle surprise de la tendresse déployée par Alix pour faire pardonner ses manquements à leur entretien mais tout se passa bien.
Avec deux gros sacs emplis de fioles, poudres, et autres perlimpinpins, les filles rentrèrent en ayant échangé que de rares paroles.
S’activer dans la cuisine de Justin n’allait pas plaire à celui-ci selon Miss Forrester. Alix haussa les épaules :
 
… Vais rien encrasser, ni casser. On a… quasi tout mais il manque des trucs.  
 
En fait de chemin de Traverse, Samantha fit connaissance avec l’allée des Embrumes. Couvertes de leur capuchon, elles purent y circuler sans déclencher trop de curiosité. La boutique visée par Alix aurait frappé n’importe quel néophyte. Constatant l’impassibilité de sa compagne, Alix dut lui reconnaître un fameux cran surtout quand l’affreux propriétaire se pointa : Quasimodo était battu !
En guise de bonjours, Alix plaça directement une bourse rebondie sur la planche-comptoir, et passa commande :
 
5 grammes de Polypore hexagonal et 10 de…
 
Sporula Négra ! compléta le difforme. Ça va par paire, ces chouchous. On veut désenvoûter quelqu’un ? Ce sera le triple, ma jolie !
 
Wow, les prix avaient flambés. Alix avait prévu le double. Une discussion de marchand de tapis s’engagea. Sam y mit du sien, on se mit d’accord pour la somme préparée.  Seulement, quand les substances furent tendues et qu’Alix les vérifia, elle vit rouge :
 
 Il n’est que pentagonal ton Polypore ! Tu te fous de moi ? Viens, on s’en va !
 
Elle entraîna Sam en tentant de renverser son énervement.
 
… Oui, c’est embêtant. Il est le seul boutiquier à des lieues qui en fournisse ! On va pas se farcir le Japon pour en trouver, non… je… je ferai avec ce que l’on a. Tu sais comme moi qu’en cuisine on improvise, tu me l’as appris. En potions, c’est pareil !
 
Plus faux que ça tu meurs, mais à quoi bon alarmer Sam ?  
 
On se mit vite au travail dès rentrées chez Davenport. Une veine que Miss Forrester soit aussi habile avec les couteaux de cuisine !  Racines, feuilles, bulbes, rien ne résista à ses coups précis.
Les opérations s’effectuèrent dans un silence religieux, juste ponctué par les hachoirs. Qu’aurait dit Alix ? Non seulement elle devait se concentrer, mais ce qui se passait entre Sam et Justin n’était pas ses oignons même si ceux manipulés la faisaient larmoyer.
Le trio revenu de Poudlard, Alix dévora le livre attendu. Il était génial ! Cet exemplaire antique des pratiques douteuses, longtemps elle l’avait convoité. Les formules se récitèrent avec inspiration, tout s’accéléra. Un calcul savant permit à Miss Blackstorm d’évaluer le timing des ajouts. Entre les pauses, en surveillant l’infecte mixture, elle gambergea à toute.
 
*Sans ces ingrédients, Obscurion ne sortira pas, pire, il possèdera le premier humain à portée le rendant pantin… Pantin ? Pourquoi pas ? *
 
Les autres se fichant pas mal de ce qu’elle tramait, Alix put réviser ses plans initiaux.
Si le démon ne quittait pas le Duc de Gilmore, il pourrait néanmoins servir un autre maître que celui qui l’avait invoqué et, par le biais, leur cause !
Risqué ? Oh que oui ! La surveillance de la potion s’accrut, les substances prévues s’échangèrent contre d’autres.  

Tu ne vas pas y passer la nuit, quand même ? On pourrait te relayer…
 
VOUS N’Y CONNAISSEZ RIEN ! C’EST HYPER COMPLEXE ! Un seul faux pas, c’est raté. * Et moi suis fichue !*  
 
N’empêche que quelques heures plus tard, malgré tous ses efforts, Alix dut rendre les armes. Sans repos, c’était elle qui engendrerait la catastrophe. Tous jouèrent le jeu, lui octroyant par leur relai le salutaire relâchement.
 
L’enfant rieuse tétait goulûment un sein généreux ; quatre pattes couraient dans le sable à l’ombre d’un cocotier ; Michael souriait, heureux…
 
Le rêve vola en éclat avec la secousse imposée d’Opal : la potion atteignait le point final.  
 
Mais où étaient passés Angel et J.O ?
Selon ce qu’elle avait surpris en échos, ceux-ci auraient dû être là pour l’estocade.
Il n’en était rien quand les cinq conspirateurs se rendirent à nouveau chez le Duc de Gilmore. Ou plutôt si, ils y étaient mais pas comme supposé. Tableau effarant s’il en est de voir un père torturer son fils. Pas besoin de télépathie :
 
STUPEFIX !
 
Elle marchait drôlement bien la baguette fournie par Lormar. D’accord, les autres avaient aidé à l’entrave…  
 
Maintenez-le !
 
Elle déversa le poison obtenu en ne pouvant s’empêcher de prier :
 
*Merlin, que ça marche !...*
 
 C’est quoi, ça ?       
 
Le Duc se prosternait devant elle, si bien qu’Alix faillit s’en évanouir de bonheur :
 
C’est… pas grave, dit-elle en justification de sa défaillance. Obscurion est sous mon contrôle total. ( Elle s’adressa mentalement démon  ensuite) TU N’OBEIS PLUS QU’À MES PENSÉES OU PAROLES ! LIBÈRE MICHAEL de BRENT de façon… normale !  
 
À ses compères, elle confia :
 
Panne d’ingrédients, j’ai fait avec. Ça devrait aller.  J’aimerai d’abord interroger notre démon.

Obscurion, dis-moi où, quand, comment le Duc de Gilmore a fait disparaître les preuves de l’innocence de Michael.
 
Les révélations donnèrent beaucoup à penser à chacun. Le temps pressant, tenant compte des avis des uns et des autres, Alix trancha :
 
Voilà ce qui devrait se passer…  
 
Jamais les barrages de sécurités ne furent si vite franchis. Le Duc-Obscurion avait accepté à la lettre ses ordres mentaux. N’empêche que ses premières déclarations faillirent faire à nouveau s’évanouir Alix. Déjà que de voir son Michael ainsi malmené…
Sa voix s’éleva, à peine tremblante, dans la salle en attente d’explications :
 
Sa Grâce le duc de Gilmore ne nous reconnait donc pas ? N’est-ce pas elle-même qui nous a ordonnés d’être présents ?
 
Oh, mais bien sûr ! Où ai-je la tête ? Prenez place mes amis.
 
Léger remous de l’assistance réduite mais déjà Gilmore s’adressait à ses pairs :
 
Honorables membres du Magenmagot, nous sommes ici pour statuer sur le sort du prévenu Michael de Brent.
 
Je croyais la chose entendue ! pinailla doucereusement la présidente tout en rondeur, du haut de son estrade. Il est clair que l’homme placé devant nous n’est qu’un des suppôts de…
 
Rien n’est moins certain. Divers éléments laissent à penser que…
 
Quels éléments ? Voyons Howard, vous sentez-vous bien ?
 
Parfaitement, merci. Et vous Dolorès, comment vous sentez-vous pour avoir condamné injustement cet homme ?  
 
Injustement ? Mais, mais… vous déraillez, vo… votre grâce !
 
Je crains que ce ne soit vous qui ayez fortement dérapé dans cette histoire, madame La Présidente. N’est-ce pas vous qui êtes venue me trouver dans le bureau où j’étais reclus pendant ma « mort » me faire part d’un plan efficace afin de capturer celui poursuivi par votre haine implacable, ce depuis de nombreuses années ? Vous qui m’avez emprunté une série de documents ultra-sensibles sans jamais les rendre, vous qui – enfin – avez suffisamment désorientés Justin Davenport et Miss Blackstorm pour qu’ils piègent leur ami sans méfiance. N’auriez-vous pas osé employer un sortilège impardonnable contre eux ?  
 
Dolorès Jane Ombrage cessa de sourire. Dans toute sa splendeur furibonde, elle se redressa :
 
Ramassis de mensonges éhontés ! Je vais suspendre l’audience et réclamer votre admission à Ste Mangouste sur-le-champ !
 
Avec mes excuses à l’honorable assemblée, si je mens, comment puis-je être en possession de cela ? Faites entrer l’huissier.
 
Blême, Ombrage se rassit alors que paraissait un petit sorcier portant sobrement sa robe de fonction. Avec précaution et déférence, il déposa une chemise rouge sous le nez retroussé de dégoût de la présidente.  
 
Maître, veuillez signaler à la cour la provenance de ce dossier, s’il vous plaît, reprit Gilmore.
 

Suite à la perquisition des bureaux de Mme la Présidente, ordonnée par Votre Grâce il y a une demi-heure, nous avons découvert ces documents estampillés par le bureau des agences américaines. Ils certifient l’infiltration du sieur de Brent au sein de l’organisation dirigée par les Mangemorts. En outre, ils lui confèrent l’immunité totale quels qu’actes commis.  
 
Stupeurs et sourires fleurirent dans la salle chamboulée.  
 
Gardes, arrêtez cette femme ! Libérez cet homme !  
 
HOWARD ! VOUS ÉTIEZ D’ACCORD ! Vous éti…
 
Ses protestations résonnèrent longuement dans les couloirs tandis que du haut des tribunes dévalaient sept personnages réjouis.
 
MICHAEL !
 
Débarrassé de ses entraves, le jeune homme put enfin se retourner et cueillir dans ses bras une Alix en larmes.  
 
Évidemment, tout n’était pas réglé…  
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Re: Je hais le Djinn

Message par Samantha Forrester le Mer Mar 12 2014, 12:15

En tout cas j’applaudis des deux mains ton dévouement à la cause de Michael. Mais maintenant quoi ? On fonce au ministère en brandissant tes papiers ? Tu n’aurais pas amené Applewithe dans ton sac, des fois ?
 
Sam leva le nez de ses papiers et considéra Mr. Davenport d’un œil critique, personne ne l’aurait soupçonné mais elle prit sur elle de ne pas lui envoyer le reste des documents à la figure pour lui effacer ce petit air narquois et lui faire ravaler ce ton infatué avec lequel il poursuivit son savant exposé, auquel, malgré la moutarde qui commençait à lui monter au nez, elle ne trouva rien à redire.
 
*Mais quelle mouche le pique, celui-là ?...Je jurerais qu’il m’en veut…mais pourquoi ?...On verra ça après !*
 

En effet le temps se prêtait mal aux élucubrations personnelles. Entre autres, Justin proposait de rendre visite à Duc, n’y voyant aucun inconvénient, elle assura sa participation. Personne n’ayant songé à la mettre en antécédents, elle tira toute seule ses conclusions. La situation était encore pire que supposée. Impossible de compter avec l’appui logistique de J.O au Ministère puisque son Duc de père, revenu à la vie allez savoir comment, l’avait pris en grippe et pour mieux faire avait envoyé la police à ses trousses et par ajout, à celles d’Angel.
 
*Bon Dieu, c’est pire qu’un télé feuilleton...*
 
Et voilà que pour en rajouter une couche, Alix se rappelait d’avoir quelque chose d’important à dire. Selon elle, la petite elfe de De Brent détenait une information importante. On manda la créature qui déballa ce qu’elle savait sans se faire prier.
 
*De mieux en mieux…la sœur maudite de Michael s’en mêle…wow, envoûter un Duc, rien que ça…ils ne prennent pas les choses à la légère dans le coin…*
 
Et Justin en parfait pince sans rire, lui tirant, quasi ouvertement, la gueule.
 
Opal et Erik, sans vous commander, accompagnez Alix chez Ariana ; tâchez d’en savoir plus. Sam, tu viens avec moi… à moins que tu veuilles rester ici…  te reposer de tes voyages « forcés » ?
 
*Ça commence à bien faire, là…* Mais voyons, je ne raterais ça pour rien au monde !, assura t’elle aussi enjouée que possible, j’ai toujours rêvé de voir comment vit un duc !
 
On se fichait comme d’une guigne de ce qu’elle pouvait ou pas dire, Miss Blackstorm retenait de nouveau l’attention générale, en assurant être plus utile en allant chez Sa Grâce qu’avec Opal et Erik. Faute de mieux, Sam suivit le mouvement en se posant un tas de questions qui restèrent reléguées à l’oubli compte tenu de l’algide de la situation avec un Duc pas commode du tout qui les obligea à se battre en retraite à la comme on peut.
Alix qui connaissait bien son affaire rendit verdict, et ce n’était pas la joie : le duc était, non pas envoûté, mais possédé, nuance, par Merlin sait quelle entité maléfique. En plus, un jugement d’exception, du genre sommaire, aurait lieu deux jours plus tard. Inutile de mander qui on allait juger, ça faisait la une des nouvelles du jour !
Elle prit la boisson présentée par un Justin, à peine un peu décoincé, ou était ce encore un tour de son imagination ?
 
Ça nous donne quand même un peu plus de répit pour trouver la solution…
 
C’est toujours beaucoup mieux que rien, tu feras, je suppose, jouer toutes tes influences, n’est-ce pas ?, le tout, du ton le plus doux et mesuré dont elle disposait sans avoir l’air de supplier son attention.
 
Oui, ma chérie, j’escompte bien aller forcer toutes les portes, faire jouer tous les rouages possibles, et…
 
*Ma chérie !? Enfin…ça me manquait tellement !*…Mais, faudra y aller mollo…si ça fait trop de remous, ça éveille de soupçons et mine de rien…au lieu d’aider Michael, on va lui tenir compagnie…
 

Le retour d’Erik et son australienne coupa court tout échange. Ils avaient accompli leur mission et le résultat ne les surprit presque pas. Bikita avait raison. La sœur de son maître adoré avait bel et bien allié ses forces à celles d’un démon…ce qui en résultait, ils le savaient déjà !
Dans cette histoire, le répit n’avait pas lieu d’être. Pour rehausser les émotions du jour, la petite fée se pointa de nouveau, loua leurs avances, en exigea d’autres, donna des conseils et s’enfuma comme d’habitude en les laissant à se poser des questions. Leur petite conférence au sommet ne donnait rien deux ou trois heures plus tard mais la fatigue se faisait drôlement sentir. Sam se garda bien de piper mot à ce respect, le teint gris d’Alix se chargea de mettre fin au débats.  Un des elfes l’escorta jusqu’à sa chambre, au bout d’un long couloir…loin, très loin de celle de Justin. Elle se laissa tomber sur le grand lit avec un soupir amer.
 
*Où me suis trompée ? Qu’ai-je compris de travers ?...Qu’ai-je dit ?...Fait ?...C’est vrai que cette histoire à quoi de lui retourner les sangs mais quand même…je sens qu’il m’en veut…à mort !...J’en ai marre de cette histoire tordue…veux y voir clair…*
 
Une douche relâcha ses muscles tendus  mais le sommeil fut très long à venir. Énervée, presque au bord des larmes, ce qui ne lui ressemblait pas trop, elle attendit en vain qu’on vienne frapper à sa porte. Ce fut un elfe qui le fit, le lendemain de très bonne heure, pour lui annoncer que le petit déjeuner était servi.
 
Pas le temps d’échanger un mot avec le maître de céans. Il partait à Poudlard avec Erik et Opal. Elle devrait accompagner Alix. Étrange journée à suivre Miss Blackstorm docilement, sans poser des questions.  Aucune affinité spéciale ne les unissant, les deux femmes firent de leur mieux ce qui leur était dévoué et rentrèrent chez Justin pour entamer la phase finale et pour cela, il fallait investir le règne sacré de Mr. Davenport : sa cuisine.
 
Il ne va pas être trop content…sa cuisine est son antre et…
 
Vais rien encrasser, ni casser, se défendit Alix, on a… quasi tout mais il manque des trucs.
 
Et on les trouve où ?, question idiote, elle aurait bien pu s’en douter.
 
La virée à l’Allée de Embrumes résulta néanmoins très instructive pour Sam. Son propre travail lui avait fait fréquenter des lieux…infréquentables et plus que douteux mais celui-ci avait presque battu les records.  Elle prit sur elle de ne pas laisser paraître ses émotions et se tint à l’écart, en tiers attentif.  Fâchée, Miss Blackstorm rejetait la marchandise et l’entraînait dehors.
 
Mais s‘il manque cet ingrédient…qu’est-ce que tu vas faire ?
, voulut savoir Sam alors qu’elles trottaient vers la sortie de cet enfer.
 
Oui, c’est embêtant, reconnut Alix,il est le seul boutiquier à des lieues qui en fournisse ! On va pas se farcir le Japon pour en trouver, non… je… je ferai avec ce que l’on a. Tu sais comme moi qu’en cuisine on improvise, tu me l’as appris. En potions, c’est pareil !
 

*Mais bien sûr…Seigneur, ça va donner du n’importe quoi !...*

 
Bien sûr, elle fit comme qui ne pige rien à la préparation d’une potion. Personne ne s’était donné le mal de lui demander quelles étaient ses connaissances. Un O aux Aspics parlait bien de cela mais le moment n’était pas à encenser quoique ce soit. Au lieu de cela, elle aida Alix de son mieux et ce fut un long et minutieux travail. Les ingrédients de la potion spéciale étaient prêts avant le retour des autres.
 
Je vais préparer un repas rapide…Ils auront faim en rentrant, après tu auras la cuisine pour toi toute seule…tu te sens bien Alix ? Tu as mauvaise mine…
 
La miss assura que ce n’était que le stress, des mauvaises nuits…
 
*Si Justin était à Azkaban…serais pas mieux que toi…*
 
Et justement c’était lui qui s’amenait, mal luné, comme ça commençait à être habituel depuis son arrivée si malvenue.
 
J’avais espéré me détendre en cuisinant…
 
Désolée mais la cuisine est réquisitionnée comme labo…Il y a un petit buffet prêt pour tous.
 
Ah…
 
Oui, ah…suis du même avis !...
 

Repas quasi sur le pouce, tout le monde avait à faire…ailleurs. Alix dans son labo. Erik et Opal au Chemin de Traverse. Eux, ils restèrent là, à se regarder en chiens de faïence  sans trop savoir que dire ou faire. Situation absurde.
 
*Bon sang, qu’est ce qui a pu tellement changer ?...Je suis une étrangère ici…il me voit ainsi…Dieu du ciel, Justin…qu’est ce qui se passe ?*
 
Euh… tu voudrais faire quoi ? Appeler ton père, je suppose ?...

 
Vois pas le besoin d’appeler Gerry, il est encore à Bolifushi, je leur ai recommandé de prendre des bonnes vacances…et toi ? En quoi comptes-tu occuper ton temps ?
 
Moi ? Vais aller défouler les pattes d’Athos. Tu peux utiliser la salle de sport, nager ou… monter Artémis si ma compagnie ne te gêne pas, à ta guise. 
 

Sam soupira en secouant la tête, abasourdie de tant de…elle ne savait même pas de quoi, mais ça la rendait folle ! 
 
Eh non, voilà, ta  compagnie ne me gêne pas…pas autant que la mienne à toi, mais on fera avec…je veux bien faire connaissance avec Artémis !
 
La belle jument pommelée qui piaffait dans  son box, ravie à la perspective d’une promenade. Elle lui flatta l’encolure.
 
Du calme, ma jolie…on va te sortir de là !...Viens…, elle lui passa le licol et la mena dehors pour la préparer, sans la seller.   

Tu es sûre de pouvoir monter à cru, Sam ?
 
Oh que oui. Pas de souci, Mr. Davenport, votre précieuse Artémis est en bonnes mains !
 
Et de le lui prouver jusqu’à ce qu’il ne reste l’ombre d’un doute. Quelle merveilleuse balade, celle-là ! On sembla oublier les tracas pour un moment pour s’en donner à cœur joie en galopant sans contrainte ou mettant leurs montures au pas, pour rester côté à côté. Il y a des ententes qui nécessitent que peu de mots, même si la banalité de leur conversation était loin de combler certains vides instaurés. Sam ne força rien, se contenta de regarder son compagnon de chevauchée du coin de l’œil. Sa bouche tendait à se pincer et son regard à se glacer, comme si des pensées insidieuses envenimaient tout effort pour sembler détendu.
 
Il y a un nouveau projet…ouvrir une succursale à Moscou, mais j’avoue que ça ne finit pas de trop me tenter…par contre l’idée d’un Senses au Cap m’enchante…
 
Peu importait…elle aurait pu dire qu’un Senses faisait fureur à Shangri-la, Justin aurait réagi de même…Retour à la maison. Dîner pizza avec conversation  entretenue par Opal et Erik. Alix tournait toujours sa tambouille et on en serait restés en point mort si un patronus très représentatif ne s’était pointé.
 
*En voilà un qui a l’esprit patriotique…*

 
L’aigle chauve de J.O demandait des instructions qui lui firent livrées avec un laconisme épatant.
 
On ne se disputa pas le dessert, tous n’avaient qu’une envie : repos. Elle y eut droit après un relais à la cuisine pour surveiller la fameuse potion qui se tint à carreau pendant son tour. Enfin sous ses draps, elle eut le loisir de réfléchir, faute de mieux.
 
*Récapitule, ma jolie…les tours du Djinn t’arrachent aux bras de Justin alors que tout allait très bien…réveil chez Gerry, la folie en plein, communication impossible et quand enfin…il se pointe à Bolifushi et…il a clairement dit… « Tu ne risques rien ici ! »…ça voulait dire quoi ? Que je reste planquée…et puis après… « Une dernière fois, Sam, je t’en prie ! Je dois sauver Michael du baiser du Détraqueur. Après, je te jure, on ne pensera plus qu’à nous… »…Il voulait quoi  à la fin ?...Que je reste là-bas ou…m***e, s’il voulait que je parte avec lui, pourquoi ne pas l’avoir dit ?...Comme quoi, maintenant il pense sais pas quoi…Oui, je n’en sais rien de ce qu’il a en tête…Je lâche tout, me décarcasse pour avoir des infos, arrive ici et…vive la gueule !...à moins que…Oh, non Dieu…il pense que je fais ça pour Michael…bon, je le fais pour lui, oui mais…à cause de toi,  Justin…Mon Dieu, que tu es bête, mon amour…de Michael s’occupe le B.I.C…mais toi, mon cœur, toi, tu veux sauver ton copain à tout prix…tout le monde veut le sauver, ton copain…Il en a de la chance, celui-là, mine de rien…Justin, Alix, Erik…et par ajout Opal, moi…J.O parce qu’il ne peut autrement…Angel parce que J.O…et tous parce que Michael...Faut que je parle avec Justin…faut qu’il comprenne…*
 

Le sommeil la surprit en plein brainstorming solitaire mais fut de courte durée, il fallait déjà s’atteler à la journée suivante.
Éternelle matinée. Sam se trouva à vaquer comme âme en peine après avoir fait du jogging, nagé, joué avec les chiens, pris une douche, essayé de bavarder avec l’un ou l’autre mais tous avaient l’air de naufragés en quête de salut. Et puis voilà, que de la plus inattendue des façons, Justin se plantait face à elle en disant :
 
Il serait peut-être temps d’aller prouver aux sorciers du dehors que tu n’es pas l’épouvantail supposé. Sortons déjeuner.  
 
*Ma foi, demandé comme ça…* Bien sûr, allons-y…*Suis un épouvantail ?*
  
Quoique tu entendes dire, fais comme si tu m’aimais toujours, si ce n’est pas trop demander… parce que, entre nous, je ne supporte pas du tout d’être accolé à Alix.
 
*Enfin, il parle !* Faire semblant ?...SI tu veux croire ça…Sais pas d’où tu sors des idées pareilles, je t’aime, Justin Davenport…mais quelque chose cloche ici…on doit parler très sérieusement, elle s’approcha et lui frôla la bouche d’un baiser.
 
Ça ne rata pas. Acte suivi on eut droit à une scène d’outrage citoyen en toute sa splendeur  qui mérita une riposte magnifique de la part d’un Justin prêt à sauter sur le râble de l’outrecuidante.
 
Je ne suis pas condescendant, je suis amoureux. Miss Blackstorm se porte on ne peut mieux mais elle n’est pas l’élue de mon cœur. Qu’on se le dise. Bonne journée à vous aussi !
 

Le cœur de Sam avait fait un bond et battait à l’accéléré, sans se soucier des perruches de service, elle afficha le plus ravi de ses sourires  et l’embrassa de nouveau.
 
Je suis heureuse que ce soit comme ça, colonel Davenport, vraiment très heureuse !
 
Instant parfait ? De courte durée, oui. La suite s’enfila, rapide, étrange choquante, sublime. La vérité éclata avec un feu d’artifice de mensonges déjoués. Michael fut libéré sans plus de compromis et pour un instant, tout sembla entrer dans les annales de la perfection…mais encore là, le temps fut trop court pour s’en réjouir vraiment…Au bonheur succéda rapidement la tragédie…
Au petit matin, les dés du Destin étaient tirés…Ils ressemblaient tous à des fantômes gris. Alix avait perdu son bébé, Michael était devenu presque fou, Erik ne savait plus que faire…
 
Laissons-le tranquille
, dit doucement Sam en serrant la main de son amour accablé, cette fois on ne peut rien faire pour l’aider …Crois-moi, Justin, tu ne peux donner plus de toi…personne ne peut faire plus…C’est une affaire que seulement eux, seuls, pourront surmonter…Nous ne pouvons plus rien faire…Michael a fait un choix, son choix…et pour moi c’est l’aveu d’amour le plus grand…mais en ce moment, ça le dépasse…Il y verra clair demain…ou un peu plus tard…il a besoin de recul…et toi aussi ! Viens !
 

Sans faire attention à ses faibles protestes, elle l’entraîna hors de ces lieux de malheur, sans se soucier de ce que pourraient faire les autres. Dès que possible, un trasplanage les ramena chez Justin.  Voronwé se présenta illico sans qu’on l’appelle, mu par ce 6ème sens inné des elfes pour savoir quand on a besoin d’eux.
 
Je m’occupe de ton maître, Voronwé, va te reposer…ça a été une longue journée !
 
Elfe expédié, Sam se tourna vers Justin qui s’était écroulé dans un fauteuil, l’air éperdu. Sans rien dire, elle alla servir des Pur-Feu et revenant vers lui, fourra un verra dans sa main.
 
C’est bon, Justin Davenport, je comprends que cette tragédie te touche mais on ne va pas en faire un drame…Alix n’est ni sera la première ou dernière femme à faire une fausse-couche, ça tombe mal en ces circonstances, c’est vrai, mais elle n’en est pas morte et selon Lavinia pourra avoir tous les enfants qu’elle voudra dans le futur…
 

Regard ombrageux. De quoi penser qu’il la tenait pour la méchante de l’histoire. Genre cœur de pierre ou Dieu sait quoi d’autre.
 
Justin…Michael est ton meilleur ami, mais pas un appendice dépendant de toi…Oui, je sais, il a demandé ton aide cette fois…enfin, quand cette histoire a débuté…mais suis sûre qu’il ne pensait pas que cela s’étendrait de la sorte ! Oui, j’aime bien Michael…et que ce soit clair…c’est un collègue de travail…on ne peut même pas dire qu’on soit amis…Si je me suis foulée à faire tout ce que j’ai fait c’est parce que c’était important pour TOI…je te crois capable de donner jusqu’à la dernière goutte de ton sang pour lui…Oh, il ferait sans doute la même chose pour toi…Ah bon ? Tu trouves que tout le monde se casse en trois pour lui ? Euh…oui, en quelque sorte mais tiens en compte qu’Alix est amoureuse de lui, qu’Erik est son frère…le reste, ben… on est là parce que peu d’alternatives, tu ne crois pas ?...IL a de la chance, oui…de t’avoir comme ami, en tout cas…du reste, il n’est pas à envier, le gars…suffit de voir ce qu’a voulu lui faire sa sœur !
 
Sam qui s’était assise, se releva, énervée, allant se poster face à une des fenêtres.  Le jour se levait, déjà.
 
Le premier jour du reste de notre vie…qu’allons-nous en faire ? Je suis prête à tout pour toi, Justin Davenport…si tu veux de moi, bien entendu. Je suis prête à changer les schémas établis de ma vie pour mieux partager la tienne, à rester près de toi pour te chérir et être ta compagne, mais ne me laisse pas jouer aux devinettes pour essayer de savoir ce qui te tracasse, dis le moi, simplement, elle fit deux pas en sa direction, j’ai compris beaucoup de choses ces dernières heures…j’ai compris et accepté…qu’il y a des faits qu’on ne pourra pas changer. Michael sera toujours ton ami, le frère que tu n’as jamais eu tout autant que ma famille aura toujours une place importante dans ma vie, dans la nôtre, si tu le veux ainsi…Ce n’est pas une imposition forcée, c’est tout juste comme ça mais cela ne signifie pas qu’on en dépend absolument…Suffit de réunir le tout et en tirer le meilleur parti…Je t’aime au-delà de tout, Justin…c’est la seule vérité qui m’atteint en ce moment…
 

Le cœur battant la chamade, elle tendit les mains vers lui…
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Re: Je hais le Djinn

Message par Justin Davenport le Ven Mar 14 2014, 20:18

Dire qu’il aurait pu disposer d’une existence rêvée que beaucoup lui envieraient ! Eh non…
On ne se refait pas en un jour, et Justin Davenport ne dérogeait pas à l’adage.  
Parfois, il s’en voulait d’être si… terre-à-terre. D’un autre côté comment aurait-il pu être autrement ?  La famille, pour lui, comptait plus que lui-même, plus que… n’importe quoi, tout. Or, malgré les multiples avantages dont la vie l’avait nanti, Justin ne possédait rien, rien qu’un pote avec lequel il se sentait lié à jamais. Était apparue Samantha ! Outre par sa beauté, la jeune femme l’enflamma. Vive, intelligente, sensible, etc. Il était muet de tant de perfection, de correspondance avec ses aspirations propres. Qu’elle partage ses vœux, son existence, le rendit fou d’espoir jusqu’au moment où un doute effroyable, LE doute par excellence, vint l’enquiquiner. Qu’elle le relègue au second plan, fasse primer les siens avant lui, ne le dérangeait pas, il pouvait comprendre ça. Qu’elle les ménage était en soi un signe très important à ses yeux,  mais qu’elle ne se bouge les fesses QUE parce que Michael De Brent était en danger de mort le scia complètement.  Amer il était, amer il resta tout en tentant, par diverses tentatives de rapprochements, de prouver son attachement à cette… promise.
Rien ne lui facilita la tâche, en plus !  
L’attitude de Sam le désarçonna cependant plusieurs fois. N’avait-elle pas accepté de monter Artémis ? Avait-elle seulement idée de ce que ça lui coûtait de la lui prêter, à lui qui se sentait aussi proche de ses animaux qu’un père avec ses gosses ? Néanmoins, elles étaient superbement accordées, ses adorées ! Maudits soient ses projets :
 
… ouvrir une succursale à Moscou, mais j’avoue que ça ne finit pas de trop me tenter…par contre l’idée d’un Senses au Cap m’enchante…
 
Il fit la sourde oreille, ruminant de sombres conclusions :
 
*Elle veut voler... sans toi… *  
 
Puis cette balade à l’extérieur… Sam fut… Sincère ou seulement eut envie de foutre une baffe à sa mauvaise réputation ? Ses baisers et dires tendaient à…
 
Je suis heureuse que ce soit comme ça, colonel Davenport, vraiment très heureuse !
 
Que n’aurait-il pas donné pour la croire, y croire ?  
Hélas, pas le temps d’approfondir, les événements se précipitèrent et on assista à l’aboutissement tant espéré : le blanchissement de Michael.
Il en aurait sauté de joie si à ce bonheur ne s’ajoutait un drame : Alix se trouva mal.  
Une main sur l’épaule de son pote, Justin fit jouer ses prérogatives de colonel, autant que ça serve :
 
URGENCE MEDICALE !
 
À sainte Mangouste, ce fut l’enfer.
 
*Hein ? Moi seul ? *
 
Déjà qu’il avait dû défendre l’entrée de Michael, voilà qu’on ne requérait que lui auprès d’Alix. Fichus retards de communications !
 
Votre fiancée semble en proie à une fausse-couche, colonel. L’enfant sera viable si on le soustrait au corps de sa mère qui, nous le craignons, ne survivra pas à l’intervention. Pour une raison inexplicable actuellement, ils sont toxiques l’un envers l’autre. Choisissez ! Elle ou lui ?
 
Je … Je ne suis pas le père. Je ne peux pas prendre une décision pareille ! Lav… Lavinia ?
 
Sam m’a appelée. Je déteste interrompre mon golf mais ne peux résister à ses suppliques.

Tssss ! Pas bon, ça !
 
Un examen rapide d’Alix l’amena à la conclusion :
 
Mal en point… l’un comme l’autre. *S’il nait, ce gosse sera maudit à jamais* Faut que le père décide qui doit vivre ou y passer. Elle pourra en avoir d’autres *J’espère*
 
 Si Sam avait été dans la même situation, Justin aurait su quoi faire : il l’aurait sauvée elle, sans restriction. Là…
Michael trancha alors que l’esprit de Justin cavalait tout azimut.
 
*Oui, oui, il a raison ! Mieux vaut pas de descendance directe que de perdre celle qui…*  
 
Néanmoins, c’était cruel, un deuil dur à assumer. Michael se ferma à toute approche. Sam le tira dehors :    
 
 Michael a fait un choix, son choix…et pour moi c’est l’aveu d’amour le plus grand…mais en ce moment, ça le dépasse…Il y verra clair demain…ou un peu plus tard…il a besoin de recul…et toi aussi ! Viens !
 
Je pourrais... je voudrais…
 
Ne sachant plus quoi, il rentra avec elle.
Beau sermon quand elle eut renvoyé l’elfe prêt à satisfaire leurs moindres désirs.  Que cherchait-elle, lui remonter le moral en renvoyant Voronwé et proposant de s’occuper elle-même de lui ?  
 
*Intéressant…*
 
Raté ! Puis, coup de poignard :
 
… Oui, j’aime bien Michael…
 
J’avais remarqué, merci de le rappeler !
 
Le ton changea, tendre et chagriné, révélant des choses qu’il n’osait plus espérer. Il pinailla pour la forme, sentant irrésistiblement son cœur s’accélérer.  Elle aurait aidé Michael uniquement pour l’aider…LUI ? Dieu qu’elle en avait pigé des choses, mettant au clair des suppositions qu’il avait tues tant elles étaient évidentes pour lui.    
 
Je suis prête à tout pour toi, Justin Davenport…si tu veux de moi, bien entendu. Je suis prête à changer les schémas établis de ma vie pour mieux partager la tienne, à rester près de toi pour te chérir et être ta compagne, mais ne me laisse pas jouer aux devinettes pour essayer de savoir ce qui te tracasse…
 
Le reste ne fut pas triste non plus :
 
Je t’aime au-delà de tout, Justin…c’est la seule vérité qui m’atteint en ce moment…
 
Mains tendues, mains saisies avidement :
 
Mon amour, s’étrangla-t-il presque, tu m’as tant manqué ! Tout cela n’était donc qu’un malentendu ? C’est vrai que je suis taiseux à mes heures mais je te promets de m’améliorer et de tout partager avec toi désormais, si tu fais de même, bien entendu !
 
Des sourires fleurirent. La dévorant des yeux, il maintint cependant encore une minuscule retenue voulant à toute force la lumière complète :
 
Je t’aime, Sam, comme je n’ai jamais aimé aucune femme. Bien sûr que je veux de toi pour le reste de ma vie mais, de grâce, ne change rien : tu es parfaite ! Pas besoin de te conformer à MES désirs ou attentes… un peu quand même serait pas mal (rires).  Néanmoins, pas question que tu abandonnes TES rêves pour les miens, néglige ta famille à cause de moi, ça non ! Tu as la chance d’en avoir une, pas moi, et je l’accepte telle quelle. Pardonne-moi juste d’avoir douté de toi.   
 
L’embrasser comme un dingue devint priorité absolue. Si du haut de son nuage la petite Key eut  à rougir ensuite, nul ne le sut.  
 
Quasi midi ? Mince, ils en avaient du sommeil en retard ! S’extrayant du lit avec la délicatesse d’une plume, Justin contempla brièvement celle qui l’accompagnerait jusqu’à son dernier souffle.  
Attendri au-delà des mots, il fila par peur de succomber à nouveau. Pas que ça lui aurait déplu, loin de là, mais il est des cas où il faut faire abstraction de ses propres désirs pour nourrir ceux de l’être adoré.  
Nouant un court tablier sur sa robe de chambre, il fut face à un dilemme :
 
*À cette heure… petit ou grand déjeuner ? *
 
Il laissa son imagination créer une alternative : un brunch.  Sans en avoir conscience, il sifflotait gaiment en plein préparatifs quand son elfe apparut, mitigé :
 
Mon maître a-t-il tout ce qu’il souhaite ?
 
Et plus encore, sourit largement Justin. Tu en tires une tête, que se passe-t-il *encore* ?  
 
Vonronwé ne voudrait pas embêter un maître si content…  
 
Vide ton sac, mon cake n’attend que ma baguette.
 
Bikita est partie, Lormar aussi.
 
C’est… normal. Leurs maîtres ont besoin d’eux.
 
Voronwé comprend. Il comprend aussi que maintenant situation changée, lui et Aranwé doivent partir.  
 
QUOI ? Mais qu’imaginez- vous ? Vous voulez quoi, une augmentation ? Accordée d’avance.  
 
Les maîtresses de mon maître ont toujours dénigré Aranwé et Voronwé. Miss Forrester a éjecté l’elfe hier…
 
Samantha est différente, radicalement différente ! D’abord, ce n’est pas une maîtresse, elle sera bientôt mon épouse donc VOTRE maîtresse. VOUS restez dans cette maison, c’est la vôtre autant que la nôtre, pigé ?
 
Mince ! En effusions larmoyantes, Justin se serait bien passé de celles de son elfe. Recevoir le long nez pointu de Voronwé en plein nombril, il y a mieux. Il y eut même beaucoup mieux quand Sam pointa le sien, si délicat.
L’elfe lui accorda une accolade similaire, ils rirent :
 
Tu as tout entendu je parie, et je ne retire aucun mot.
 
Ô délices ! Joyeuse, elle contribua largement à combler cœur et estomacs.  Communion totale.  
Tout en dégustant les plats préparés de concert, il fallut cependant en venir aux détails techniques :
 
J’ai pas mal réfléchi… Mais si, j’ai eu le temps pendant que tu jouais les marmottes !
 
Tiens, elle aussi. Justin se lança en premier :
 
D’abord, je démissionne de mon poste au ministère. En ai marre, on a mieux à faire non ? (clin d’œil) Puis, je crois qu’aller rendre une petite visite à Gerry et ta tante grand-mère ne serait pas de trop. À ton avis, je devrais faire quoi ? Débarquer en smoking blanc bouquet d’une main, bague dans l’autre, ou quoi ?    
 
Ouvert à toutes suggestions, il écouta.     
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Re: Je hais le Djinn

Message par Samantha Forrester le Sam Mar 22 2014, 23:32

Je t’aime, Sam, comme je n’ai jamais aimé aucune femme…
 
C’était tout ce dont elle avait besoin ! Cet aveu, unique et précieux, suivi de mots parfaits, promesses d’un avenir magnifique. Leur avenir !
Et, en plus, il acceptait sa famille ! Bien sûr, son adoré ne savait pas encore ce que cela pouvait signifier…enfin, pas exactement ! Ça, il fallait le vivre ! Mais penser à Gerry et tante Babs fut relégué à l’oubli, comme tout autre chose qui ne fut pas Justin.
Dieu ! Que ça faisait du bien se réveiller et ne pas avoir un seul souci…Elle s’étira comme chat paresseux, découvrant être seule.  Dire qu’elle n’avait même pas senti qu’il se levait.
 
*Super…tu fais bonne impression dès le premier jour, marmotte !*
 
Douche éclair, coup de brosse rapide, peignoir enfilé, elle descendit les escaliers en courant, le cœur léger, sûre de savoir où trouver l’homme de sa vie.  Mais Justin n’était pas seul, il tenait un singulier conciliabule avec son elfe qui finit en larmes de reconnaissance, desquelles elle eut son lot.
 
Tu as tout entendu je parie, et je ne retire aucun mot.
 
Oh oui, j’ai tout entendu, assura t’elle en lui entourant le cou de ses bras et l’embrassant, mutine, et c’est parfait ! Bonjour, M. Davenport …tu aurais dû me réveiller…Miam ! Que ça sent bon !...Je peux  aider ?
 
Elle pouvait et s’en donna à cœur joie en le secondant à la préparation d’autres délices qu’ils partagèrent entre rires, confidences et projets.
 
Et tu as eu le temps de beaucoup penser ?, s’enquit-elle, rieuse.
 
Mais si, j’ai eu le temps pendant que tu jouais les marmottes !
 
La faute à qui ?...Mais enfin, moi aussi j’ai eu une paire d’idées…mais dis d’abord.
 
Qu’il veuille démissionner au Ministère ne l’étonna pas trop, en fait, après tout ce qui s’était passé on pouvait presque s’y attendre.
 
Puis, je crois qu’aller rendre une petite visite à Gerry et ta tante grand-mère ne serait pas de trop. À ton avis, je devrais faire quoi ? Débarquer en smoking blanc bouquet d’une main, bague dans l’autre, ou quoi ?
 

Avant de dire quoique ce soit, elle l’embrassa, follement attendrie.
 
Merci d’y avoir pensé, mon chéri…C’est une idée merveilleuse…aller les voir, je veux dire. Te présenter en smoking blanc avec fleurs et bague risque de déclencher une crise de panique à la Forrester…et crois-moi, tu peux t’en passer, elle  ne put pas s’empêcher de pouffer rien que d’y penser, on ira les voir…tout de suite, si tu veux…Ils sont encore à Bolifushi, ça nous ferait des petites vacances au soleil…et Dieu sait si on en a besoin, de vacances !
 
Planifier ce voyage éclair ne leur prit pas beaucoup de temps. Justin avait le don de l’organisation, Sam, aux anges, n’eut qu’à créer le Portoloin qui les amènerait  au Paradis.  
Le départ intempestif de Samantha, après son petit sermon-mise à jour -gentils reproches, avait quelque peu démoralisé Gerry et sa mère, Babs, mais l’abattement avait été de courte durée. Ils connaissaient trop bien  leur enfant chérie et savaient, l’espéraient du moins, que son action était fondée sur des faits dont ils ignoraient l’exacte teneur…comme c’était habituellement le cas !  
Gerry laissait courir sa prolifique imagination et travaillait sur un nouveau projet de roman. Babs  repassait pour une pièce de théâtre et avait, pour cela, requis la collaboration de quelques membres du staff qui s’en donnaient à cœur joie, le résultat était un peu farfelu mais on n’était pas à ça près.
Et puis, comme s’il n’y avait rien de plus normal, le petit bateau accosta et un couple radieux en descendit, la main dans la main.
 
Bonté divine…c’est Sam !!!...GERRY…Samantha est de retour !!!, Babs planta là auditoire et collaborateurs pour aller au-devant de l’enfant prodigue, reconnaître son compagnon la fit tordre le geste mais se reprit admirablement en se scotchant un sourire resplendissant, Samantha, ma chérie…Justin, quelle surprise !
 
Gerry arrivait au petit trot, ravi de voir sa fille, beaucoup moins en découvrant celui qui ne lâchait pas sa main.
 
Ne dis rien d’affreux, Gerry, dit Sam en le devançant et l’octroyant d’un énorme bisou bruyant, tout va bien…il ne s’agissait que d’un terrible malentendu, mais tout a été éclairci et nous voici…pour nous marier !
 
Le bel émoi ! Babs y alla d’une tirade digne de Macbeth et Gerry, incapable d’articuler un traître mot, ne put retenir ses larmes tout en serrant Sam dans ses bras comme si elle lui avait annoncé sa mort imminente. Justin, lui, semblait pris de court par cette démonstration de sentimentalisme flagrant mais resta vaillamment en attente de pouvoir en placer une.
 
Bon Dieu, Gerry…fais pas tant de foin et toi, tantine arrête de déclamer…Justin m’aime et je l’aime autant…vous voulez que je sois heureuse, voilà je suis la femme la plus heureuse du monde…
 
Ma petite fille !, parvint enfin à balbutier le cher Gerry en essayant de se reprendre avant de se tourner vers son futur gendre et faute de meilleure inspiration, lui tendre la main, puis le pensant bien, lui donna une accolade d’ours, Sam est mon trésor…
 
Et le mien, renchérit tante Babs en s’épongeant les yeux avec un minuscule mouchoir en dentelle, mais avant de passer aux réjouissances, il serait intéressant d’entendre votre version de cette histoire,  mon cher Justin.
 
Ainsi fut fait. Version courte, concise et claire. Tout doute écarté, Babs  assuma son rôle de reine mère dans toute sa splendeur et assura déjà aimer Justin comme à un fils.
 
T’es cuit, mon amour…tu comprendras plus tard !
, rigola Sam en le sauvant de l’énergique dame, et maintenant…si on passait à l’organisation de l’événement.
 

Mais voyons, mon ange
, roucoula Babs, nous avons le temps…ce sera magnifique…tu feras une merveilleuse mariée…que choisiras tu…Valentino ? Dior ?...Et la cathédrale sera parfaite… la réception sera au Plaza, bien sûr et…
 

Sam échangea un éloquent regard avec son chéri, avant de prendre tante Babs du bras.
 
Je sais que tu adorerais que ce soit une cérémonie fabuleuse et réception idem…mais Justin et moi avons décidé de nous marier…ici…demain si possible !
 
Suffocations, plaintes, arguments variés.  Babs allait du sien, Gerry en rajoutait. Sam essayait  de calmer les esprits craignant, en toute justice, que son chéri ne pense être tombé dans une famille de fous délirants.
À quoi bon vouloir faire facile, si on peut se compliquer ? Énigme insoluble. En tout cas, ce n’était pas  Barbara Forrester qui laisserait passer l’opportunité. Madame avait ses idées et pauvre de celui qui voudrait les contrevenir.  Gerry le savait, Sam aussi. Justin devrait faire avec.
 
Faut excuser Maman, soupira Gerry en enfilant un whisky bien tassé pour rasséréner ses nerfs assez éprouvés, elle n’en fait qu’à sa tête, en toute bonne foi, cela va de soi…Elle adore Sam !
 
L’adorée en question se marrait en douce, décidée à ne pas perdre la tête et jouir de chaque seconde de cette folie pré-matrimoniale.  En plein entrain créatif, tante Babs avait mis en branle-bas de combat tout habitant de l’île susceptible d’aider à ses projets.  Fonctionnaire et curé furent mandés. Ce qui manquait viendrait par bateau, en hélicoptère au besoin. L’argent de posant pas de souci, Madame agissait en fonction, mettant tout le monde sur les nerfs. En un rien de temps, elle avait même décidé le menu de noces, et le pauvre cuistot fit des longues heures supplémentaires pour réussir un gâteau qui, sans être dans la ligne traditionnelle, ne manquait pas d’originalité.
Sam voulait se marier en paréo, pieds nus dans le sable, face au soleil couchant. Soit…mais bien sûr, pas si simplement que ça…
 
Je sais, Justin…on aurait dû s’enfuir à Gretna Green et se passer de tout ce foin…mais comment pourrais-je la priver de ça !?...Bon, je me sauve, mon amour...tu sais tradition, tradition…selon Babs ça porte malheur de se voir avant la cérémonie…Je t’aime...
 
Le soleil se fondait presque avec l’horizon, palmiers ondoyant dans la brise. Un quartet de cordes entama une douce mélodie, sous le dais fleuri attendaient un magistrat souriant et  un Justin nerveux. Sam avança du bras de son père, vêtue, selon ses souhaits, d’un simple paréo blanc, une couronne fleurie ornant sa coiffure sans artifices. Pieds nus, sans bijoux, quasi sans maquillage, son sourire comme seule parure…point de vélane d’étourdissante beauté, tout simplement une fille follement amoureuse…
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