Imbroglio

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Imbroglio

Message par Erik Nielsen le Dim Fév 02 2014, 22:54

La sensation de tomber dans un puits sans fond a l’art de vous réveiller en sursaut.  Erik n’y échappa pas en faisant un saut de carpe qui le propulsa direct le nez sur… du gazon.  
 
Ça va, monsieur ?
 
Adèle, reviens ici tout de suite !
 
Le temps d’apercevoir une frimousse lui sourire, il vit des pieds menus courir vers d’autres plus grands puis les deux paires s’éloignèrent.
Personne ne l’aidant à se relever, Nielsen s’y employa seul en s’époussetant.  
Tiens, il était dans un parc. Contemplant les beautés de la nature environnante, il se rassit du banc où il s’était endormi et, apparemment, réveillé brutalement. L’horlogerie de son cerveau eut du mal de redémarrer des rouages. Néanmoins, il sentit confusément que quelque chose clochait. Que fabriquait-il torse nu dans un parc ? Pas étonnant qu’on le regarde de travers. Quoique… il faisait tellement chaud en cet endroit que d’autres jeunes hommes dispersés çà et là sur les pelouses arboraient aussi leurs pectoraux. L’air était bizarre. Marin ? Tout compte fait, la végétation aussi lui parut étrange. Confus, penaud, il se releva. Avait-il fait un rêve ? Dans son dernier souvenir correct Opal figurait en bonne place. Il revoyait une chambre miteuse avec deux Opaline puis… Rien.  
Mais quand on dit rien, c’est rien !
Mains dans les poches, il se mit à marcher dans l’allée sableuse. Yeux et oreilles grands ouverts, il ne rata rien des bribes surprises. Au passage près d’un couple trop occupé à se bécoter, il rafla le T-Shirt du gars, en s’excusant mentalement. L’enfilant avec dégoût, plus loin, il découvrit un plan d’orientation.
 
*Royal Botanic Gardens… Melbourne*
 
Mince ! Il était en Australie, la patrie de son Opaline adorée.
 
*Elle aurait dû m’avertir quand même ! pesta-t-il avant de réaliser. Si ça tombe, elle ne sait même pas que je suis là !*  
 
Il avisa des cabines téléphoniques mais n’ayant pas une pièce sur lui… Il poursuivit son errance. Peu importait les beautés du parc, il ne voyait plus que ses pieds… nus. L’importance de la circulation au dehors le prit de court, tellement de court qu’il ne vit pas la voiture avant qu’elle ne le percute de plein fouet.
 
Hey, ça va mon pote ?
 
Du bitume, un gars anxieux penché sur lui.
 
Sais pas…
 
On va à l’hosto, ok ?

Pas besoin. Ça ira…
 
La poigne du gaillard blond le remit sur ses pattes mais il y flageola bellement :
 
L’hosto ! déclara l’autre.
 
Non ! S’il vous plait, pas d’hosto, pas de flics, je… je vais bien.
 
Tu parles ! Il tourna de l’œil aussi sec.  
 
Combien de fois doit-on te répéter de ne pas ramener n’importe quoi ici ?
 
Maman, je ne pouvais rien faire d’autre ! Je suis responsable, je l’ai écrabouillé et…
 
T’avais bu, avoue ! On t’avait pourtant donné des instructions précises, tu devais juste refaire le stock d’antiparasitaire, comme tous les six mois. Pourquoi diables en rajoutes-tu toujours ? Une veine que personne ne t’ait vu revenir! Que va-t-on faire de ce gars ?
 
Retapé, il sera utile, crois-moi. Il est costaud, il s’en remettra.
 
Il n’a aucun papier, même pas de souliers. Si ça tombe, il est recherché par la police ! Tu sais qu’ils font la chasse aux irréguliers, non ? Que vont dire ton père et tes frères quand…     
 
M’an, laisse couler. J’allais pas risquer de…
 
Erik toussa pour se manifester, ça l’embarrassait d’écouter ainsi.
 
Ah ! Salut, mon pote, ça va mieux ?
 
Je crois bien, oui ! dit-il en redressant sa carcasse endolorie. Un peu mal à la tête, mais…
 
Mal à la tête ? s’effara l’imposante femme aussi blonde que ledit Matt. Ne bougez surtout pas ! Je prépare un truc qui arrangera ça.
 
Erik n’eut pas le loisir de protester, ni de faire quoique ce soit. Matt le tint au lit en s’excusant platement des maux causés.  
 
Suis Matt, elle c’est Carreen, ma mère. Je t’ai transporté chez nous puisque tu ne voulais pas d’hosto. T’es pas d’ici, hein ? Paumé, irrégulier, autre ?
 
Un peu des trois je crois. Je… je ne sais pas comment je suis là, et…
 
T’inquiète pas, je me charge de tout. Tu ne crées pas d’embrouilles, on ne t’en fera pas. Tu restes, c’est ok, tu veux partir : pareil. Tu es… ?
 
E… Erik…
 
Marrant, ma frangine a un copain du même prénom.
 
Buvez ça, Erik ! intervint la femme blonde qui lui tendit un bol fumant tandis qu’elle accrochait Matt du bras. Toi, on doit causer, ton père revient avec Junior.
 
On le laissa seul avec lui-même. Le breuvage lui fit du bien mais le laissa mou comme une lavette mal torchée.  La chambre était agréable, fraîche et nette. Après des efforts incommensurables, Erik parvint à se diriger vers la fenêtre où un spectacle inédit lui sauta aux yeux. Malgré la luminosité déclinante, il goûta le spectacle de vastes espaces vierges où, au loin, moutons et bœufs broutaient.
C’était bien beau tout ça, n’empêche qu’Erik n’avait aucune intention de rester là.
 
Opaline ! Faut que je lui dise….*
 
À pas de loup, il traversa la chambre, poussa la porte et entreprit de fouiner à la recherche d’un téléphone. Rien à l’étage. Restait le bas d’où montaient des éclats de voix peu engageants.  Ça bardait à… son sujet.
 
On doit le signaler, dit une voix mâle, sévère.
 
J’ai une dette, p’a ! On ne peut pas le renvoyer comme ça ! répliqua Matt.
 
Il a raison Jarrod, appuya Carreen. Tu te plaignais encore hier du manque de journalier. La saison des pluies arrive. On a besoin de bras. Laissons sa chance à ce gamin !  
 
Faut d’abord le tester, voir ce qu’il a dans les tripes, ton gars, grogna une autre voix mâle.  
 
Va le chercher, ordonna la mère.  
 
Tout se suspendit avec l’insistance d’une sonnerie bien connue.
 
*Ah, un téléphone en bas…* pensa Nielsen.
 
C’est encore toi ma chérie ? Qu’est-ce qui… Ne t’énerve pas ainsi ! Achètes-en une… va chez ta grand-mère… Oui, bien sûr que tu peux  venir !... comme tu veux ma chérie ! On t’attendra !  
 
Carreen raccocha :
 
Elle ne tourne pas très rond, notre fille. Elle va venir mais a des soucis. Bon. Matt, va chercher cet Erik.  
 
Vite, Nielsen réintégra son lit. Il fixait le plafond quand le grand blond se pointa.  
 
On te garde si tu veux ! Ma famille voudrait te voir.
 
À part le doux visage de la mère, trois mâles circonspects observèrent ce grand type mince flaqué du seul blond de la bande qui se joignit à eux. Erik avait la nausée, et l’accident n’y était pour rien. Tous les noms évoqués lui tournaient dans la tête. Quand Jarrod père lui tendit la main en se présentant, Nielsen tourna de l’œil pour de bon.  
 
Allez, allez, ça va aller !
 
Un revigor ? Erik réagit mais le sentiment de profond malaise demeura.  
Ce n’était pas possible ! Qu’est-ce qui s’était passé ? Comment avait-il pu atterrir pile poil chez les McLane, la famille d’Opal ? Certes, il désirait la rencontrer mais pas ainsi !  
 
Ça va mon gars ? Mon gamin disait que t’étais costaud, mais…
 
Je vais bien ! se redressa-t-il. C’est que je dois vous dire que…
 
Tu le diras après la soupe, décréta Carren. À table, tous ! Ce garçon en a besoin, j’en suis sûre.  
 
Refuser ? Impossible. Quoiqu’il tentât d’émettre, l’un ou l‘autre trouva toujours une occasion de l’empêcher de l’ouvrir si bien que, malgré lui, Erik se trouva empêtré dans un semi-mensonge ou une semi-vérité. Que faire d’autre que de suivre le mouvement ?  La famille l’adoptait, lui le paumé, l’inconnu. Embauché, gâté, il vécut plusieurs jours de labeurs quasi ininterrompus, n’osant ni se plaindre, ni  l’ouvrir, ni s’approcher du téléphone. Une tape par-ci, une bourrade d’encouragement par-là, Erik apprenait si vite les ficelles de l’exploitation qu’il se créa admiration autant que jalousie. Mais qu’est-ce que fabriquait Opaline ? Pourquoi ne débarquait-elle pas ?
 
Un orage de fin du monde se déclencha. Le travail redoubla. Avec Matt qui le couvait mieux qu’une poule son poussin, Erik chevaucha au rassemblement d’un troupeau rétif. Pour quelqu’un qui n’était jamais monté à cheval avant, il s’y prit plutôt bien. Trempés en soupe, ils rentrèrent crottés au bercail. Panne d’électricité ? Bah, le groupe électrogène allait prendre le relai. Mais qu’avaient-ils donc tous à les fixer ainsi ?
Jarrod fils s’avança et lui décocha le direct au menton le plus dur de son existence :
 
Traître !
 
Entre les trente-six chandelles apparues, Erik put voir Carreen enserrer de ses tendres bras une jeune fille noyée :
 
OPALINE !
 
Un nouveau gnon l’expédia dans les limbes…
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Re: Imbroglio

Message par Opal McLane le Dim Fév 09 2014, 18:27

Tout allait bien dans le meilleur des mondes! Son monde, son temps ! Sa vie était de nouveau en ordre. Sa famille, Kelamera ! L’extase ravi d’Opal dura encore un bon moment, se prélassant de toutes ces petites choses qui signifiaient que sa vie avait repris un cours normal. Puis, peu à peu, l’engrenage de ses idées se mit en marche.
 
Je suis là, chez moi…mais et Erik ?...On a tout fait ensemble…pourquoi pas revenus idem ? Hein Sage…qu’est-ce que tu en dis ?
 
Bien entendu le chat avait son opinion très personnelle sur les déboires de sa maîtresse qui, somme toute, ne faisaient que bouleverser l’ordre établi de ses petites habitudes à lui.  Pitance réclamée avec plus de vigueur, Sage vit, enfin, ses souhaits exaucés et laissa sa maîtresse à ses cogitations énergiques.
Erik n’avait pas de téléphone chez lui et connaissant sa mégère de logeuse, il faudrait aller prendre personnellement de ses nouvelles, à moins qu’il ne le devance et se présente chez elle.  Opal fila faire sa toilette et en attendant l’apparition de son bien-aimé, prépara le petit déjeuner, mais pas d’Erik à l’horizon. Dépitée, elle avala son café, sans appétit pour autre chose.
 
Vais envoyer mon patronus le chercher…
 
Le seul hic était que sa baguette resta introuvable. Opal était pourtant sûre de l’avoir encore lors de sa délirante rencontre avec les Bis. Pestant de plus belle, après avoir mis son chez soi sens dessus dessous, elle dut reconnaître l’ineffable. Sa baguette avait bel et bien disparu, à elle de se débrouiller avec les moyens à bord.
Et le seul à disposition, pour le moment, restait le bon vieux téléphone. Le numéro d’Angel fut composé à toute vitesse mais elle eut beau attendre, personne ne répondit.
 
Zut…enfin, elle est peut-être sortie…ou pas encore…revenue…Dis donc, Djinn, tu peux pas faire simple, pour tes petites embrouilles ?

Évidemment, pas de réponse non plus. Un coup de fil chez Justin, ne donna rien de mieux, un elfe au téléphone, ça ne donne jamais rien de trop concluant.
 
Comme quoi…nul de chez nul, ma vieille…Faudra faire toute seule !
 
Son idée de se rendre au Chemin de Traverse, au restaurant, tombait à l’eau. Impossible d’y arriver sans son bois magique.  Résignée à être exclue de magie pour le moment, elle ouvrit son petit coffre-fort pour ressourcer ses finances mais le trouva plus vide que prévu. Le souvenir de sa rafle avant de voyager dans le temps lui revint, la mettant de mauvaise humeur.
 
Bravo alors…suis là,  presque sans le sou, sans magie…C’est quoi ça, comme histoire !?
 
Sans plus de délai, elle alla chercher son Erik chéri, mais arrivé chez lui, sa logeuse, se chargea de l’informer que le jeune homme avait plié bagage sans espoir de retour. Pas de nouvelle adresse connue. Il était parti, point barre.
 
*Il…m’a laissée tomber ?...Comme ça ?...Sans un mot ?...Non, pas Erik, pas lui…Il doit bien avoir une explication !*
 
Retour chez elle, passablement chamboulée. Sus au téléphone, un peu de réconfort maternel ne lui ferait que du bien. Carreen McLane sembla très surprise en l’ayant, de nouveau, au bout de la ligne, en un laps si court de temps, mais sut, comme toujours, se montrer d’une incommensurable sagesse en lui conseillant d’aller chez ses grands-parents. Idée qui était très loin de l’enchanter.
Pour compliquer un peu plus les choses, Lord Augustus Abernathie et sa famille avaient migré à leurs quartiers d’été, à la campagne. Force fut de prendre le train pour joindre le coin idyllique qui campait comme refuge estival de la tribu au grand complet.
Des frissons prémonitoires la parcouraient. Daniel dans la fosse des lions avait dû sentir la même chose mais lui, avait sa foi inébranlable pour le soutenir.  Elle n’avait que la juste connaissance de cause et savait que rien ne serait aussi facile que souhaité. Cela ne rata pas ! Affection pincée en guise de réception,  Grand-Père tonna en demandant des explications et Grand-Mère ne fit rien pour adoucir la situation. À leurs yeux, Opal passait pour un de ces esprits farfelus et indomptables qui n’agissent qu’à leur guise en restant toujours en marge du comportement exemplaire souhaité chez une jeune fille de bonne famille, mais encore là, moue de dédain à peine dissimulée, on pouvait comprendre, compte tenu son côté farouchement moldu, triste héritage paternel.
 
Ok…on connait l’histoire, grommela t’elle, on se répète là…si je suis venue c’est parce que Maman me l’a conseillé…j’ai  perdu ma baguette et dois en acheter une autre…mais  logiquement ne peux pas me rendre au Chemin de Traverse…
 
Et bien sûr, mon enfant, tu attends que l’un de nous, ou un de tes oncles ou tantes, ou cousins, se dérangent pour subvenir à tes besoins…
 
Euh…ben oui !...Je déteste vous déranger mais là…c’est urgent !
 
Pas d’urgence qui vaille pour ces esprits bornés. Cela prendrait le temps que ça prendrait. Et ça le prit ! Trois jours plus tard, elle put, enfin, émouvoir le cœur de son cousin Arthur qui l’escorta gentiment au monde sorcier et l’y abandonna à son sort. La manœuvre n’avait pris qu’exactement trois minutes et demie.
Munie de son bout de bois, elle répertoria ses connaissances sur moyens de transport sorciers. Un trasplanage pur et simple ne risquait pas de l’amener en Australie.  Il fallut envisager un Portoloin, avec le risque de se gourer quelque part et se matérialiser à Tombouctou. Moldument vôtre, Qantas fit proprement l’affaire.
Il pleuvait dru à Melbourne. Qu’à cela ne tienne. La distance la séparant de Kelamera s’étant notablement réduite,  elle pouvait trasplaner.  Les perturbations atmosphériques ne furent pas pour aider à ses propos. Sans désartibulation apparente, déjà ça, elle se matérialisa  aux abords du ruisseau en crue au lieu de la véranda visée. Aveuglée de pluie, de vent, dépassée par cette arrivée ratée, Opal  sentit la terre s’effriter sous ses pieds et aurait basculé dans les eaux bouillonnantes si une main secourable ne l’avait retenue.
 
Franchement , mioche, ils valent rien, tes trasplanages !
 
La voix moqueuse de son frère Luke fut musique à ses oreilles, avec un cri jubilant elle lui sauta au cou, l’embrassant bruyamment.
 
Oui, suis nulle…mais ça fait rien si on a un super frangin comme toi !
 
Une véritable première vu leur éternelle relation houleuse mais Luke McLane ne demandait pas mieux, et c’est plus que content qu’il rentra au bercail, ruisselant, avec  sa petite sœur couverte de boue de la tête aux pieds.
 
Hey, regardez ce que je ramène !
 
Maman accourut étreindre son poussin, suivie de Papa, et Jarrod, Jr, réclamant tous des explications. Elle narra vite fait ses dernières misères et avait les larmes aux yeux en pensant à Erik.
 
…Disparu, pas de nouvelles…comprends rien…Bien sûr que je l’aime…plus que tout…
 
Que ce soit justement l’objet de son émoi qui se pointe en compagnie de Matt, la surprit tant et si bien qu’elle ne put qu’émettre un  cri tremblant.
 
E…Erik…
 
Tu le connais ?, sauta Jarrod, Jr.
 
C’est…c’est…mon Erik…
 
Taper d’abord, demander après.  Spécialité maison.  Son frère aurait démoli son chéri, qui ne se défendait pas, mais Opal n’avait aucune intention de le laisser faire.
 
Arrête, bon sang, arrête, Jarrod…Mon Dieu, tu l’as assommé…tu es une sombre brute ! Erik…a sans doute une bonne explication…faut encore qu’il revienne à lui !
 
Maman s’en chargea.  Sitôt esprits retrouvés, Erik serait passé à la sellette mais encore Opal trouva à redire, exigeant lui parler à seules. On leur envoya un sort de séchage et elle l’entraîna dans le bureau paternel. À peine la porte fermée sur eux, Opal se trouva prise dans une étreinte délirante, dont elle ne songea pas à fuir.
 
Attends un moment…oui, bien sûr que je suis heureuse de te voir, gros bêta…plus qu’heureuse…très heureuse…et soulagée…me suis fait une bile monstre en ne sachant pas te retrouver à Londres…pas de baguette, presque pas d’argent…C’est dingue !...Non, je pense que le Djinn s’est planté…Mais enfin…c’est pas tout…nous au moins on est ensemble maintenant…on va bien…c’est…ton frère, Erik…Michael est à Azkaban et le pire est que…ce serait Justin qui l’y aurait enfermé…avec l’aide d’Alix !...Bien sûr que je le sais innocent…la question ne se pose pas…mais les faits sont tels…Écoute, je pense qu’on doit tout raconter à ma famille…
 
À l’avis d’Erik, on les jugerait bons pour l’asile.
 
T’en fais pas, on a déjà eu des sacrés numéros dans la famille…on a l’esprit ouvert.  Tu verras, tout va aller bien…*enfin…j’espère !*
 
La famille en plein les attendait. Matt, plein de sollicitude offrit à boire, tous acceptèrent et une fois verre en main, sans plus de préliminaires Opal  commença à parler. À fur et à mesure de ses paroles, les autres échangeaient des regards entendus.  Elle ne les rata pas.
 
Ok, je sais que c’est pas facile à gober mais c’est bien ce qui s’est passé…On a des esprits farfelus ici aussi…le vieux George en parle tout le temps…sinon pourquoi les moutons sont devenus verts du jour au lendemain ?
 
Fait indiscutable et inexplicable. On accepta la version du Djinn loufoque.  La suite ne fut pas moins ébouriffante. Tout y passa. Leur séjour à Aurea, leur fuite pour se retrouver dans un monde semblable au leur sauf variations notables. Là, elle céda la parole à Erik pour compléter leur parcours accidenté puis la reprit pour raconter son retour. Celui de son chéri était de connaissance générale.
 
Et voilà…comme quoi, si bien tout semblerait en ordre, il y a quand même des trucs qui ne collent pas du tout…et logiquement, on peut pas rester de bras croisés en attendant que ça s’arrange tout seul…
 
Tu es chez toi ici, mon petit, assura son père, et bien sûr, Erik est le bienvenu…Restez à Kelamera…après ce qu’on vient d’entendre, un peu de repos ne vous fera pas de mal.

Il aurait été parfait ce retour aux sources, aux grands espaces, à cet air vivifiant, au  travail efforcé.  Tout le monde à Kelamera mettait la main à la pâte en égalité de conditions. Travailleurs fixes ou itinérants,  fils ou fille de la maison, maître de céans. On se lèverait tôt, on trimerait le jour entier et au soir, on se retrouverait autour de la table, en famille, pour discuter sur la journée, bavarder tout simplement ou rigoler de bon cœur des blagues qui ne manquaient pas… mais cela tenait du rêve et Opal le savait bien.
 
Tu vois…on est ici au bout du monde, si loin de tout autres tracas que les nôtres…on a même un ciel différent…regarde, là…la Croix du Sud…Tu sais, mon chéri, j’aime cet endroit, mes gens…mais ne veux pas t’imposer quoi que ce soit…je sais que tu penses à ce qui se passe en Angleterre…à ton frère…à toutes ces bizarreries qui ont mis nos vies sens dessus-dessous…Oui, je suis sûre que notre cher Djinn a eu son mot à dire…mais jusque-là, il ne veut plus se manifester…

Erik doutait qu’il le fasse un jour, sûr que le loufoque avait décidé de leur donner du fil à retordre pour qu’ils s’en tirent tout seuls.
 
Veux bien me débrouiller, moi…mais suis convaincue que Michael, à Azkaban risquant de se faire embrasser par un Détraqueur, n’est pas du même avis…et j’ai ma petite idée là-dessus…Le Djinn vient du monde des esprits…ici, on a aussi notre petit côté ésotérique…Suis sûre que si on consultait les Dieux de l’Uluru…on tirerait peut-être quelque chose au clair… savoir ? Moi ? Pas la moindre idée, je suis élémentaire et pratique mais compte tenu de l'état des choses…on n’a rien à perdre…on peut demander au vieux George qui s’y connait…mais bien sûr, c’est pas sur demande qu’on a l’entretien avec les esprits…et je sais que tu veux agir…et pas la semaine prochaine…

Cette fois, on y alla en Portoloin…
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Re: Imbroglio

Message par Erik Nielsen le Mer Fév 19 2014, 22:40

Sans doute les méritait-il ces coups ? N’avait-il pas trompé ces gens accueillants en leur taisant être le fameux Erik dont ils avaient entendu parler par la chouchoute familiale ?
Peu importait puisqu’Opaline était enfin là.
Remis sur pattes tant bien que mal, sur l’insistance de la demoiselle du cru, alors qu’il baissait la tête de honte, on leur accorda un aparté dans le bureau du père McLane.
 
Tout est si confus ! Mais tu es là, là, c’est tout ce qui compte !  
 
L’embrasser tint du délire. Opal semblait heureuse mais aussi rétive. Elle s’expliqua de manière très convaincante mais la joie des retrouvailles s’arrêta brutalement :
 
…c’est…ton frère, Erik…Michael est à Azkaban et le pire est que…ce serait Justin qui l’y aurait enfermé…avec l’aide d’Alix !
 
Encaisser cet uppercut le laissa sur les rotules. En anomalies, elle avait tout bon mais que pouvait-il y avoir de pire que de savoir son frère entouré de détraqueurs ?
 
IL N’A RIEN FAIT DE MAL !! s’écria-t-il fou d’angoisse. C’est dingue, dément. Un coup du Djinn ?  On doit partir immédiatement. Tu as un baguette toi, alors on y va !  
 
La miss, étonnamment sensée, préféra en référer d’abord au conseil de famille.  
 
Tout leur raconter ? Ils ne croiront jamais un truc pareil. La camisole nous guette.  Je m’en veux de les avoir induits en erreur, j’avais pas le choix, et…
 
Tu verras, tout va aller bien…
 
Elle ne cacha rien à sa famille attentive dont la mine refléta néanmoins un scepticisme compréhensible. Enfin son tour de justification vint :
 
Torturez-nous, soumettez-nous au véritasérum, la version d’Opali… de votre fille est exacte.  Je tiens particulièrement à m’excuser d’avoir tu ces faits qui, vous admettrez, seraient débiles hors preuves.  Nous-mêmes n’en revenons pas de ce qui se produit actuellement. Nous ne souhaitons qu’arranger les choses, et que vous nous laissiez agir *Et partir !*
 
On se montra compréhensif quoique désireux de les retenir au bercail, dans ce havre laborieux avec lequel – chose étrange – Opal semblait tant communier. Elle aimait ce coin, c’était indiscutable. L’en priver déchirait Erik qui, malgré tout, ne pouvait s’empêcher de piaffer d’impatience, en maudissant les manquements du Djinn, afin de voler au secours du seul lien familial présent dans son existence.
 
On reviendra. Merci pour tout !
 
Il faisait gris à Londres quand ils y débarquèrent. La pluie ne les transperça pas longtemps car d’une poigne ferme Erik les mena au chemin de traverse où il escomptait bien se dénicher une baguette digne de lui :
 
Me sens tout nu sans ce bout de bois !
 
L’affaire fut rondement menée quoiqu’une certaine anomalie ne soit révélée :
 
Tu te rends compte ? souffla-t-il à Opal en quittant le boutiquier. Nos baguettes ne sont plus les mêmes qu’à l’origine… ça veut dire que nous, nous aussi, nous avons… changé ! Je ne me sens pourtant pas… différent, sauf bien sûr que je pense avoir évolué après tant d’événements et… pour t’avoir enfin trouvée, toi, mon cœur.
 
L’heure n’étant pas aux échanges de sentiments, il fut décidé de se rendre dare dare chez Justin Davenport qui les reçut illico.
L’ambiance était loin d’être au beau fixe dans le vaste salon richement meublé où se tenaient deux de leurs amis
Opaline, qui disait toujours ce qu’elle avait sur le cœur, eut le chic de les apostropher d’emblée, leur reprochant leurs fraîches fiançailles. Action, réactions. Alix et Justin aboyèrent comme des chiens hargneux, chacun pour des raisons propres. Faillait calmer le jeu :
 
ON est tous énervés ! C’est tellement dingue !... On va bien Justin, mais on est fou d’inquiétude. Qu’est-il arrivé à mon frère ?
 
L’un après l’autre narra sa version. Néanmoins le bilan n’était pas heureux. D’après les dires de Justin, plus aucune preuve de la bonne foi de De Brent n’existait, de quoi se lamenter davantage.
 
… Ah, Sam a promis de…
 
Et Opal de s’interroger sur l’attitude « désinvolte » de l’Américaine qui les laissait tous tomber, Justin en particulier. Il râlait, c’était visible, mais encaissait. Alix, elle, se remettait moins vite qu’elle ne l’aurait voulu des blessures subies, maudissant son état sans lequel elle ameuterait ses collègues de l’Ordre pour capturer les vrais responsables de l’arrestation de Michael.
Nerveux, Erik n’en revenait pas qu’aucune solution ne se dessine malgré les efforts de cogitation de chacun. Il émit, agacé :
 
On fait le forcing ! Ensemble, on peut très bien attaquer Azkaban…
 
Tout juste si on lui rit pas au nez !
 
On fait quoi alors ? On se tourne les pouces et on prie ?
 
Les demoiselles pensèrent à demander aide et conseils aux absents, en l’occurrence J.O et Angel. Sur eux non plus, les nouvelles n’étaient guère reluisantes. Pour une raison encore indéterminée le Duc de Gilmore père était non seulement bel et bien vivant mais, en plus, il semblait avoir pris en grippe autant fils qu’amie.
 
Essayons quand même de les contacter.
  
Plusieurs patronus revenant bredouilles, la dépression guetta.
Le Suédois ne tenait plus en place. Pour un peu, il aurait regretté de ne pas avoir été consulter le « chaman » envisagé par Opaline. La tête entre les mains, prêt à s’arracher les cheveux, il arpenta le tapis, maudissant en vrac tous les esprits, quels qu’ils soient :
 
Qu’ils aillent aux diables, ces ****, ces*****, ces***** … hein ?
 
Le tiraillement de sa manche obligea Erik à se tourner vers l’empêcheur de tourner en rond.
Quel ne fut pas son étonnement en contemplant la frimousse d’une gamine passablement vexée.
 
… D’où tu sors, toi ?

 
L’étonnement des autres valait le sien, surtout quand d’un ton mi-rieur mi-sérieux, l’intervenante répondit calmement par une histoire… démente.
 
Je suis Key ! Fée patentée quoique sans ailes ni baguette.
 
Diverses réactions s’en suivirent, il y avait de quoi !
 
Un esprit, encore un ? Vous vous êtes donné le mot pour nous pourrir la vie ou quoi ?
 
Contre toute attente, le discours tenu par la petite éveilla aussitôt l’attention générale :
 
Votre ami Michael fait moins de chichis que vous pour m’accepter.
 
TU L’AS VU ? s’exclama Nielsen, à l’instar des autres.
 
Bien sûr que oui ! Je suis à son service pour résoudre ses problèmes. Il est…
 
La pauvre Key, présentée par elle-même comme future fée – parut ébranlée par le feu des questions. Soudain, elle se gifla puis recouvra son calme souriant.
 
Ça te prend souvent ? demanda Erik, plutôt sidéré.
 
Pas que je sache. Faut une première à tout. Vous… m’agacez, simplement.
 
… Ok, passons. Dis-nous tout s’il… te plait.
 
En gros, Michael avait répondu positivement à son invitation d’intervention, preuve qu’il allait très mal. Key, bien que novice, déclara se dévouer entièrement à sa cause.  
 
… Ben, claque des doigts, si tu es si forte ! ironisa Erik qui se bidonna bientôt devant les tentatives d’explications de la fillette.
 
Si c’était si simple… Parfois ça l’est mais ces cas sont peu valorisants... J’ai besoin de cas complexes, le vôtre est parfait… Riez si le cœur vous en dit, Michael, lui, ne rit pas du tout ! … eh, oh ! Pas tous en même temps, s’il vous plaît. Nous devons gagner du temps pour lui. J’ignore encore qui est responsable mais…
 
Que sais-tu, en définitive ? Parce que là, j’ai plutôt l’impression de perdre le mien !
 
Tous semblaient d’accord : une fée qui ne sait rien, ne sert à rien.  
 
JE sais que les heures de Michael sont comptées parce que quelqu’un l’a voulu ainsi ( réactions diverses) Je pense qu’il serait utile de joindre nos efforts.
 
Erik le trouvait aussi ridicule que pathétique, ce morpion soi-disant fée :
 
Du blabla, du vent, voilà tout ce que tu nous apportes ! Mon frère s’est dégotté une belle aide, franchement !
 
Opaline dut le juger bien sévère car elle tenta de calmer le jeu, laissant Key poursuivre ses idées :
 
… Je lis les cœurs, les pensées et les âmes. Si Michael avait été un pourri, On m’aurait refusé de l’approcher. Je vais m’employer à récolter tous les éléments. Ensuite, vous devez me promettre une chose…
 
Un « QUOI ? «  général s’éleva :
 
… de m’obéir sans poser de questions. Je vais de ce pas assurer Michael de votre collaboration à moins que vous n’y voyez d’inconvénients ?  
 
L’un après l’autre, ils promirent, non sans une certaine suspicion.
La fée disparue, ils restèrent circonspects :
 
On doit croire cet « esprit » ? Perso, après les tours du Djinn, j’aimerais autant que nous agissions par nous-mêmes !
 
Mais puisque nul plan ne se dégageait…
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Erik Nielsen

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Re: Imbroglio

Message par Opal McLane le Lun Mar 10 2014, 00:30

Et hop! Pas de temps de s’appesantir sur quoi que ce soit ! Kelamera serait toujours là à leur retour, du moins c’est ce qu’Opal voulait penser, parce qu’avec toutes les bizarreries des derniers temps, rien ne semblait sûr.
 
*Fichu Djinn !*
 
Au revoir Maman, Papa, les frères. Bye Australia ! Bienvenue la pluie, ce vent frisquet, et dire qu’on était soi-disant en été…Débile ! Mais pas le temps d’y penser. Erik l’entraînait déjà au Chemin de Traverse, pressé d’acquérir une nouvelle baguette.
 
Me sens tout nu sans ce bout de bois !
 
Comme tout bon sorcier respectable, soupira t’elle en se disant qu’elle pouvait des journées entières sans penser à utiliser la sienne…bien sûr, ces deniers temps, ça avait été autrement.
 
Ce fut Erik qui remarqua l’anomalie pour leurs baguettes, elle n’y aurait jamais fait attention et s’en souciait très peu, même après que Mr. Ollivander le lui en ait fait le commentaire à peine trois jours auparavant.
 
Ça veut dire que nous, nous aussi, nous avons… changé ! Je ne me sens pourtant pas… différent, sauf bien sûr que je pense avoir évolué après tant d’événements et… pour t’avoir enfin trouvée, toi, mon cœur.

Il était tout simplement adorable, mais les circonstances se prêtaient mal à des déclarations d’amour ou manifestations du genre. Prochaine escale de la virée : chez Davenport.
Installés en tout confort dans ce décor somptueux, Justin et selon les dernières nouvelles, son actuelle fiancée.
 
WOW ! Pas à dire…ça va vite, là ! Sais pas ce qui se joue pour le moment, mais perso je trouve ça presque de très mauvais goût. Excuse -moi, vieux frère, mais suis à point de souffrir une crise de déception !

Ça ne rata pas !
 
STOP !  Pour qui vous prenez-vous pour critiquer une situation que nul n’a voulue ? Vous imaginez quoi ? Que ça nous plait et qu’on se la coule douce ?, gronda Mr. Davenport, emporté.
 
Opal lui coula un regard pointu et haussa les épaules, aussi fâchée que lui.
 
À toi de nous le dire, au lieu de gueuler ! Admets que c’est plutôt…dérangeant comme évidence de vous trouver là, tous les deux…

Et Miss Blackstorm d’en ajouter une couche :
 
On n’a rien fait du tout, ni rien provoqué ! Si vous pensez le contraire, sortez !  
 
Ouhla, c’est bon…!, dit-elle en levant la main d’un geste voulu apaisant même si ses yeux lançaient des éclairs et pas précisément amicaux.
 
Erik, beaucoup plus diplomatique, intervint à point avant qu’on en commence à se crêper sérieusement le chignon.
 
ON est tous énervés ! C’est tellement dingue !... On va bien Justin, mais on est fou d’inquiétude. Qu’est-il arrivé à mon frère ?
 
Reprenant une attitude professionnelle, Justin  donna sa version des faits.
 
C’est fou ! J’ai passé des heures au ministère où, malgré ma « position » avantageuse, je n’ai pas pu accéder à certaines pièces du dossier. Dans celles consultées, il ne subsiste que les preuves impliquant gravement Michael. Or, par Alix et Sam, je sais que d’autres documents à décharge existent. À croire qu’ils se sont envolés ou sont… ailleurs…
 
De quoi se poser pas mal de questions mais pour les effets la jeune australienne préféra la fermer un moment et écouter ce que les autres avaient à dire, cet état de grâce ne dura malheureusement pas trop longtemps. La récapitulation des faits était navrante, pour ne pas dire pathétique et catastrophique. Après une mise à jour de leurs misères personnelles, on jeta un coup d’œil à celles des autres. Michael, le pauvre était le pire loti de tous et pour autant Alix était au 36ème dessous. De J.O et Angel pas de nouvelles directes mais on savait que rien n’allait bien pour eux non plus, quant à Justin, si gris et sévère en ce jour, la défection de son américaine semblait en être la cause. Opal eut beau se mordre la langue, son avis lui échappa :
 
Elle en aura marre de tant d’embrouilles…bien sûr, si elle a promis…on verra bien !
 
L’expression quasi féroce de l’auror  était plus qu’un ordre gueulé, elle se tut en se disant que là, il y avait vraiment anguille sous roche et que la désertion de la miss obéissait à des raisons qui lui échappaient. La conversation se poursuivit, saccadée d’angoisse, de doutes. On émettait des idées, quelques une très décousues, nées du désespoir comme celle d’Erik de faire du forcing et attaquer Azkaban.
 
*Ouais…on appelle Superman et les Avengers à la rescousse… et quoi plus !?*
 
On fait quoi alors ? On se tourne les pouces et on prie ?
 
*Ça aide au besoin mais là…* Pourquoi plutôt on ne demande pas autres de nous rejoindre…en fait, je m’attendais à les trouver là, J.O et Angel…que deviennent-ils ?

Encore des nouvelles bouleversantes. Sa Grâce ressuscitée, toujours sans explication valable,  avait fait un retour en force et, encore sans qu’on y pige quelque chose, l’avait prise contre son fils unique et la douce Angel, son indéfectible compagne. Tout patronus envoyé les quérir revenait brédouille.
 
*Comme quoi, on est dans le m***e jusqu’au cou, mais on sait pas exactement le pourquoi du comment…*
 
On discourait, à tort et travers, sans rien trouver de valable quand ce qu’on s’attendait le moins, arriva. Une apparition. Encore une, mais cette fois, il ne s’agissait pas de l’esprit hurluberlu  déjà connu, mais une fillette au minois de minet enjoué.
 
Je suis Key ! Fée patentée quoique sans ailes ni baguette.
 
Bonjour, ma mignonne…, commença à dire Opal qui avait toujours eu un faible pour les fées.
 
Un esprit, encore un ? Vous vous êtes donné le mot pour nous pourrir la vie ou quoi ?, râla Erik, fort et clair, de concert avec les autres bougons.
 
Laisse la parler !, souffla-t’elle à son chéri.
 
La petite fée se défendit bien toute seule en leur assurant que Michael, au milieu de ses misères, avait été bien plus réceptif. Ceci dit, elle obtint leur attention totale, enfin, plus ou moins, questions fusèrent, on se ficha un peu de sa frimousse de débutante, etc, mais la petite savait s’y prendre :
 
JE sais que les heures de Michael sont comptées parce que quelqu’un l’a voulu ainsi … Je pense qu’il serait utile de joindre nos efforts.
 
Erik ne l’avait pas à la bonne et rebâtit amèrement.  
 
Du blabla, du vent, voilà tout ce que tu nous apportes ! Mon frère s’est dégotté une belle aide, franchement !
 
Mais laissez-la perler, tout de même…une aide est une aide, Key au moins a vu Michael, elle lui a parlé…s’il a accepté son aide, le moindre qu’on peut faire est écouter ce qu’elle a à nous proposer, non ?
 
La petite fée eut un petit sourire ravi et poursuivit avec son idée, qui n’était pas bien compliquée ni manquait de logique : à son avis, si De Brent avait été aussi pourri qu’on le supposait, la guilde des fées ne lui aurait pas permis de l’approcher, elles avaient leurs règles à observer et n’aidaient que ceux qui le méritaient.
 
*Et voilà, plus simple que ça tu meurs…*
 
Ça l’était  mais demandait tout de même un sacrifice…de rien du tout : Obéissance totale. Faute de mieux, on promit et Key, la fée s’en alla poursuivre sa délicate mission, sans qu’on sache comment elle pourrait s’y prendre mais supposant, du moins Opal qui lui laissait le bénéfice du doute, qu’elle aurait plus d’un tour dans son sac.
Bien entendu, cela n’évita pas qu’on se montre judicieusement suspicieux, parce que les fées, vous savez, jusque-là, juste bon pour les contes…Mais les cogitations n’allèrent pas trop loin. Samantha Forrester  fit une apparition très remarquée…impossible autrement.
 
Bonsoir ! Je suis contente de vous trouver tous là réunis !
 
L’ambiance devint dense, à couper au couteau. Un échange de politesses, à peine digne de ce nom eut lieu, pincé. La miss, avec une maitrise de soi enviable, fit comme si tout le monde était  ravi de la voir et se livra tranquillement, en apparence, à un déballage des informations qu’elle avait réunies. Entre autres, elle exhiba un joli petit dossier bien nourri : celui de Michael.
 
Le Ministère est censé de l’avoir en sa possession…Le Duc de Gilmore, pour être exacts or…on sait ce qui se passe…ou plutôt, on n’en a pas la moindre idée…

*Super, ont est pas près de sortir de l’auberge !*

Opal préféra taire ses commentaires, les autres étaient suffisamment exaltés comme pour encore mettre un peu de son huile au feu.  Elle ignorait ce qui avait pu réellement se passer entre Justin et sa blonde mais en toute évidence, ce n’était pas la joie, mais on devait reconnaître l’effort de Samantha, elle avait réussi là où leurs efforts auraient échoué. Davenport ne mâcha pas ses mots en exposant sa pensée. Opal le trouva trop amer et sarcastique mais au fond il n’avait pas tort. Bien joli avoir ces documents, cela ne ferait pas le poids à son avis. En plus, le Duc s’avérait injoignable et le seul qui aurait pu leur filer un coup de main, à savoir le fils de ce dernier, courait la nature en vadrouille.
 
Ben, si on n’y arrive pas par voie officielle, il reste toujours d’autres moyens, risqua Opal, presque timide.
 
Bingo, elle avait tout bon !
 
Qui voit un inconvénient à rendre une petite visite d’impolitesse au Duc de Gilmore ?  
 
Personne.  Mais il manquait encore l’intervention d’Alix et plus tard celle de Bikita, l’elfe dévouée de De Brent.  Pour alors, Opal luttait pour garder les yeux ouverts. La fatigue et émotions des derniers jours commençaient à peser lourd. Elle posa la tête contre l’épaule d’Erik et ferma les yeux.
 
Juste une petite minute, se promit-elle, un instant…
 
La voix de Justin lui parvint, floue, lointaine, l’obligeant à quitter ce doux repos.
 
Opal et Erik, sans vous commander, accompagnez Alix chez Ariana ; tâchez d’en savoir plus.

*Hein ?...Quoi ?...* Sorry, j’ai raté une case, souffla t’elle à son chéri, on va où, faire quoi ?...Ah bon ? La sœur de Michael ?...Tu la connais ?
 
Pas exactement mais aucun besoin de le faire pour savoir que ce n’était pas exactement ce qu’on peut appeler une personne recommandable.  En fait, on la considérait comme dangereuse, tordue, mauvaise comme le diable et surtout comme la pire ennemie de Michael.
 
Et on doit passer lui dire coucou ? On arrive chez elle et on sonne ?... Non, c’est pas ironique…c’est de l’agacé, c’est tout…Oui, allez, les enfants, cherchez la grande méchante sorcière…Tu sais où la trouver ? Tu as un plan ?...
 
Pas de plan A. Encore moins de B. Vive les joies de l’improvisation. 
Ariana De Brent, Mangemort notoire, au contraire de ses collègues éparpillés à tous les vents, fuyant la justice, vivait comme qui n’a pas un compte à rendre. La mort de Son Maître tant révéré  l’avait cruellement atteinte mais elle n’avait pas perdu le temps à se lamenter, il fallait penser au futur, or celui-ci se voyait menacé, encore et toujours, par son odieux frère cadet. En tant qu’unique mâle survivant de la lignée De Brent, Michael n’hésiterait pas à faire main basse sur fortune et possessions mais, bien entendu Ariana n’était pas du tout disposée à le laisser faire. La tournure des événements à la fin du règne de Voldemort  ayant confirmé ses doutes quant à la loyauté de son frère, elle ne se voyait que plus confortée dans l’idée de se défaire de lui de façon éclatante et définitive. De manière assez inespérée, Miss De Brent avait trouvé la complice parfaite pour son intrigue : Dolores Ombrage, haut placée au Ministère,  qui faisant honneur à son nom, ouvrait dans l’ombre, appuyant une cause que tous pensaient elle combattait. Un point commun unissait les deux femmes : Michael. Toutes deux le détestaient, chacune pour des raisons différentes, mais le fait demeurait. C’est ainsi qu’Ariana apprit la « non-mort » du Duc de Gilmore et s’en servit allègrement. Tout allait bien. Très bien même. Tant et si bien, qu’elle était d’humeur fort joyeuse en faisant ses emplettes au Chemin de Traverse…
 
Bonjour, Bonjour !, Opal souriait de toutes ses dents en se plantant face à la femme blonde qui la considéra, hautaine, je fais de la pub pour mon resto…il va rouvrir dans quelques jours…
 
Dégagez, je n’ai que faire de ces idioties !
 
Ouhla ! Si c’est pas méchant ça…Désolée mais on a d’autres plans !, avant que l’autre ne réagisse, elle l’avait retenue alors qu’Erik la prenait de l’autre bras,  tout doux, Miss …ce qui vous pique les côtes, c’est ma baguette…et ce jeune homme ne veut que vous dégommer illico…alors on y va avec du calme…
 
Vous êtes fous, vous ne savez pas qui je suis…vous ne…
 
Mais au contraire, on connait parfaitement votre identité…pas à dire, il y a un air de famille, là ! Venez !
 
Ils l’entraînèrent dans le chantier de Chez McLane, désert à cette heure. Le bureau avait résisté au feu, ils s’y enfermèrent avec leur captive qui les maudissait copieusement.
 
Écoutez, Miss De Brent, on a pas de temps pour les civilités !, dit-elle doucereuse alors que l’envie de lui envoyer des baffes la démangeait, vas-y, mon chéri, plus vite on en finit, mieux ce sera !
 
La suite alla très vite. Erik utilisa son pouvoir de conviction à toute sa puissance et Ariana De Brent ne sut, ni put le contrer. Docile comme un agneau soumis, elle déballa ses vérités, qui n’étaient pas bien belles à entendre. Une fois la séance d’aveux non volontaires, terminée, Erik ordonna à sa demi-sœur  de faire de son mieux pour  ne plus laisser entendre parler d’elle. L’usage qu’elle ferait de ces ordres subliminaux restait nettement de son ressort, mais cela, ils ne le sauraient que beaucoup plus tard…
De retour chez Davenport, on fit le point. La virée chez le Duc avait été accidentée mais l’information glanée là correspondait pile poil avec celles fournies par Ariane De Brent, Erik en fit la narration d’une voix saccadée de dégoût et amertume.
 
Tous conclurent que la sœur de Michael était un être abject, pourri dans tous les sens, mais bientôt il fit plus qu’évident que la maudire à tort et travers n’aiderait en rien à leur entreprise. Une nouvelle apparition de la petite fée remit les pendules à l’heure. La fée de l’optimisme, celle-là ! Au contraire qu’eux, elle avait un petit plan bien concocté, la mioche, et puisqu’ils s’étaient engagés à l’obéir au doigt et à l’œil, c’est justement ce qu’ils firent.
D’abord, aller à Poudlard fouiller dans la Salle sur Demande et y dénicher un grimoire extraordinaire. Ceci fait, il faudrait encore s’y prendre avec la potion…
 
L’union fait la force ! Ah, un conseil : prenez un peu de repos. Vous n’avez pas bonne mine, savez-vous ?  
 
*Alléluia ! *
 
S’il n’avait tenu que de lui, Erik aurait continué à trimer le reste de la nuit mais personne ne tenait presque plus debout.
 
Allons dormir, Erik…on n’arrangera rien en allant par là en zombies…quelques heures de sommeil et on y verra plus clair !
 
Y voir clair ! Juste façon de dire ! Une embrouille compliquée mérite des solutions adaptées, c’est à dire compliquées. Pour qui n’avait idée de que faire la veille, on pouvait dire que le groupe était parfaitement organisé le lendemain. Chacun fit sa part et le soir venu, on vit les résultats…assez extraordinaires et inattendus, il faut le dire !
C’était la première fois qu’Opal revoyait son amie Angel depuis leur retour du 17ème siècle.  Miss Grisham lui sembla plus assurée, beaucoup moins timide mais surtout très attachée à J.O qui n’en menait pas du tout large après le traitement de faveur accordé par son possédé de père. Pas le temps de fêter des retrouvailles, même pas d’échanger deux mots dignes de ce nom. Le temps pressait ! par un de ces tours du hasard et la magie, Alix Blackstorm avait maintenant le contrôle d’Obscurion, le démon de service. Opal ne s’attarda pas à demander des explications et suivit le mouvement, curieuse et impatiente de connaître le fin mot de cette histoire.
Et pour une fin, celle-ci ne manqua pas d’éclat.  Revirement spectaculaire de cette audience destinée à condamner un homme  et non pas à redorer son blason. Au grand dam de quelques-uns, surtout de Dolores Ombrage, qui sans savoir qui lui damait si vilement le pion, alla prendre la place de Michael aux bons soins des Détraqueurs.  Le sieur De Brent, lavé de toute faute, fut libéré ipso facto, alors que les honorables du Magenmagot discutaient avec ardeur, les amis du prisonnier se ruaient à sa rencontre. Opal  se montra discrète, consciente que d’autres avaient priorité.  Le baiser échangé par Alix et Michael en fit soupirer plus d’un, Opal en plus versa une petite larme émue, puis en voyant Erik retrouver son frère, pleura pour de bon.
 
*Tout est bien qui finit bien…*
 
Opal Caroline McLAne Abernathie !, tonna une voix qui fit trembler les murs.
 
Arrêt sur image. Paralysée ou presque, Opal  reconnut son grand-père, Lord Augustus Abernathie qui, blême de fureur non dissimulée, avançait vers elle, tel un dieu justicier.
 
Gra…Grand-père…que…quelle surprise !
 
Surprise, dis-tu ?, gronda l’auguste personnage, infamie, dirais-je…quel opprobre…te retrouver ici, mêlée à cette bande de mécréants, te réjouissant de ÇA !
 
Euh…, effort pour récupérer ses esprits et surtout son aplomb, euh…ça, comme tu dis, grand-père, c’est de la justice, rien d’autre…
 
Tatata…Justice, un bien grand mot pour qualifier cette charade…et vous, Davenport, je vous croyais correct…et vous, Strang …, il visa J.O d’un regard furieux, quelle indignité…
 
Opal crut bon tirer la manche de Grand-Papa qui pestait contre tous et chacun.
 
Pardon mais c’est justement Sa Grâce le Duc de Gilmore, père de cet indigne, qui vient de mettre les pendules à l’heure…
 
Vous vous serez arrangés pour le…soumettre…sans doute un Imperium…et condamner Dolores…mais c’est un vrai cirque…Gardes, empêchez…Je ne permettrai pas que  cette immonde racaille de De Brent s’en sorte comme une fleur…tous sont des pourris dans sa famille…depuis la nuit des temps…
 
Et comme ce ne pouvait qu’être, Erik bondit à l’arène des passions et revendiqua  le bon droit de défendre le bon nom de son frère. Feu aux poudres ! Sauve qui peut ! On dut soutenir Lord Abernathie qui tournait presque de l’œil, suffoqué, haletant comme asthmatique. Mais le brave défenseur de la morale se reprit mieux que prévu et saisissant sa petite-fille du bras, fit l’essai de l’entrainer à sa suite.
 
Tu viens avec moi, Opal Caroline, tu ne restes pas une seconde de plus avec ce…avec ce…
 
AH NON ! STOP !...Ça suffit avec ton numéro de l’outrage…vais nulle part, moi…nulle part sans Erik, en tout cas !

Cet homme est le frère de cette crapule…il ne doit pas valoir mieux, je reconnais ce regard vicieux et arrogant !
 
Mets tes binocles, Grand-Père et reviens au présent…
 
Erik ne demeura pas en reste et dit haut et clair le fond de sa pensée, ce qui, on pouvait le prévoir, fut très loin de plaire à ce digne représentant des bonnes mœurs et autres perfections sociales, habitué à n’en faire qu’à sa volonté. Or là, la résistance s’avéra  fougueuse. Opal ne voulant rien entendre, il brandit sa baguette  pour soumettre l’indocile.
 
Tu perds ton temps, Grand-père, je vis ma vie…rien de ce que tu diras ou feras ne me fera changer d’avis…J'aime Erik, un point c'est tout et rien d'autre ne m'intéresse, comprends le, Grand-Père!

 
Le grand homme était cramoisi de rage mais se rendit compte que toute action punitive en cet instant serait inutile. Personne, parmi les présents n’avait raté miette de la désolante scène familiale. Opal fit demi-tour, plantant là l’illustre aïeul. Un gros nœud lui serrait la gorge, et ce ne fut qu’au prix d’un énorme effort qu’elle rejoignit ses amis, soutenue par un Erik, furieux.
 
Désolée…mais il est du genre radical…parfois, c’est pas ce qu’on veut, la famille !
 
Commentaire assez malheureux, mais qui voulait tout dire…encore et toujours !
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Re: Imbroglio

Message par Erik Nielsen le Mer Mar 12 2014, 23:17

Une fée ? Même minable, pourquoi pas les G.I ? En fait ils arrivèrent bientôt avec le débarquement de la copine de Justin. Pensait-elle tout arranger en s’étant procuré le dossier de Michael ? Si Erik en conçut un espoir, Davenport se chargea d’en rabaisser le niveau.  
Néanmoins, un créneau se dégagea, fourni par Opal en commentaires du maître des lieux :
 
 Ben, si on n’y arrive pas par voie officielle, il reste toujours d’autres moyens.
 
Voilà qui plut aussitôt à Nielsen : de l’action !
 
Qui voit un inconvénient à rendre une petite visite d’impolitesse au Duc de Gilmore ?  
 
Allons le faire avouer, ce pourri ! Je peux l’influencer, et..

 
Mais Opal et lui furent désignés à une autre tâche induite par Alix sur de révélations de Bikita, l’elfe personnelle de Michael.
Sa chérie qui avait raté des cases – pauvre chou – en raison de fatigue demanda :
 
Ah bon ? La sœur de Michael ?...Tu la connais ?
 
 Comment veux-tu ? *Je ne désire pas la connaître, non plus ! *
 
Non mais ! Personne ne réfléchissait dans cette baraque ? Lui demander, à lui, d’aller soumettre Ariana de Brent, sa propre demi-sœur ?  D’accord, elle ne concordait en rien avec Michael. N’empêche qu’ils partageaient une part de même sang, aussi fêlé soit-il !
 
Opaline ne songea qu’au côté pratique de la chose :
 
  Tu sais où la trouver ? Tu as un plan ?...
 

Fais défiler l’alphabet complet, ni A, ni B, jusqu’à Z.  Je sais juste que si elle est responsable, elle paiera ! On va savoir où la trouver : SPERO PATRONUM !
 
Le souvenir du premier baiser d’Opal permit à Erik d’expédier un dogue allemand en reconnaissance. Résultat : Ariana de Brent vivait insouciante, innocente.
 

Tu as entendu Achille ( prénom qu’il donnait à son extension) Elle va parader demain au chemin de Traverse. Tu l’aborderas, je ferai le reste ! 
 
Beau plan… Opal s’y prit magnifiquement et il n’eut qu’à cueillir la fleur capturée. Comment éviter son regard ? Michael avait su, dès la première tentative, contrer sa domination. Il laissa donc Opal mener la garce dans les vestiges renouvelés du « Chez McLane », et s’arma mentalement :
 
*Coupable, elle disparaîtra !*
 
… vas-y, mon chéri, plus vite on en finit, mieux ce sera !   
 
 Les pupilles dilatées d’Erik plongèrent dans les eaux sombres de celles de Miss de Brent :  
 

Avez-vous nui récemment à Michael, votre frère ?
 
Oui…
 

Comment avez-vous procédé ?
 
Je dirige Obscurion, démon à ma solde désormais. Avec Dolores Ombrage…
 
Ce qu’il entendit faillit donner la nausée à Nielsen.
 

Pourquoi tant de haine ? ne put-il s’empêcher de demander.
 
Michael est pire qu’un sang-de-bourbe ! Il renie notre ascendance pure mais en accepte pleinement les avantages matériels. Père l’a désigné comme seul mâle digne. Je suis pourtant son unique parfaite héritière !    
 
Tu tuerais ton frère pour du fric ???
 
Dépassé, Erik ne réfléchit pas trop à la sentence qu’il imposa sous le coup de l’émotion :
 

*DISPARAIS ! Ne nuis plus jamais à ton sang !*
 
Il n’en mena pas large, ni très étroit même, après ça.  Ils rapportaient des confirmations incontestables, mais pas de solution pour autant.  
Key, encore elle, leur souffla des réponses.  Oui, ça le fit.  Ils fournirent à Alix de quoi accélérer sa potion d’extraction du démon mais se trouvèrent à un cas de figure : Obscurion changea juste de maître. Alix dirigea le duc possédé jusqu’à l’éclatement souhaité : l’immunité de Michael.
 
Tu es libre mon frère, libre !
 
Une accolade l’aurait enchanté, mais Alix avait priorité. Erik se serait bien contenté du second ou troisième rôle si Opaline n’avait pas été soudainement prise à parti avec un des magistrats :

Opal Caroline McLane Abernathie !
 
Les échanges entre grand-père et petite-fille ne manquèrent pas de sel. Mais quand il osa :
 
Je ne permettrai pas que  cette immonde racaille de De Brent s’en sorte comme une fleur…tous sont des pourris dans sa famille…depuis la nuit des temps…
 
Un déclic furieux fit bondir Erik :
 
Pourris vous-même qui ne voyez même pas les failles de votre cher système !
 
Belle partie de ping-pong inter génération. De quoi faire mousser le prétendant qui contra chaque attaque :
 
Changez de siècle, Monsieur ! La valeur du sang n’a de sens qu’à qui sait s’adapter. JE suis un bâtard De Brent, et fier de l’être en sachant que mon frère n’a rien à se reprocher sinon des origines dont il se serait bien passé ! Adaptez-vous ou…
 
Il aurait bien ajouté « crevez » si Opal n’avait contourné le geste ultime.  Elle défendit bec et ongles sa position, tourna le dos à l’illustre et soupira :
 
 Désolée…mais il est du genre radical…parfois, c’est pas ce qu’on veut, la famille !   
 
Merlin t’entende, ma douce : on ne choisit pas. Mais c’est quoi, ça ?
 
L’émotion ? En tout cas Miss Blackstorm si rayonnante l’instant d’avant était livide. Un Michael énervé l’allongea en douceur sur le sol en beuglant après de l’aide. Un secouriste manda l’équipe d’urgences médicale, tous se retrouvèrent à Ste Mangouste en train de se ronger les sangs.
1er obstacle : la sécurité. Davenport régla ce problème et évita à de Brent d’être écroué illico. Mais quand le médecin-chef demande à parler à Justin, cela faillit déclencher une bagarre. Erik crut bon d’éviter un autre drame :
 
Michael, Michael pour eux c’est lui le fiancé d’Alix. Laisse-le y aller, au moins on aura des nouvelles.  
Raisonné ? Pas sûr. Plus renfrogné que jamais, le demi-frère s’isola dans un coin.  
 

Tu as une idée de ce qui se passe ? souffla-t-il à son Opaline chérie.  
 
Oui, non, peut-être... Lui, tout ce qu’il voyait c’était la douleur de son frère.
 
Je deviendrais fou si, au lieu d’Alix, c’était toi, là-bas, dans un lit avec on se sait quoi !
 
Angel vint aux nouvelles, mais sans J.O. Elle ne semblait pas aller trop fort, elle non plus.
Lorsque Justin revint leur causer en compagnie du Dr Dexter appelé en renfort, vu sa tête, Erik crut le pire arrivé. Il n’en était rien… pas encore, mais une âme quitterait cette Terre selon le choix de Michael qui encaissa rudement le choc.
Tandis qu’ils attendaient le verdict, Angel dut filer rejoindre sa mère. Cela n’affecta pas du tout Nielsen focalisé sur son frère. Livide, il leur fit part de sa décision avant de se murer dans un silence à la limite hostile.
 

… Oui, on est de trop, je crois, murmura-t-il à Opaline désirant renter.
 
Dans une courte étreinte à Michael, il souffla :
 
Si tu as besoin de quoique ce soit, contacte-moi et, si ça peut aider : Ariana n’embêtera plus, jamais !

 
Chez Miss McLane où ils transplanèrent ensuite, Erik ne refusa pas un doigt de pur feu dans un café serré. S’il avait aimé le tabac, il aurait sûrement grillé une cigarette, comme Michael le faisait souvent. Il sursauta presque quand sa douce exposa des faits que, dans la succession d’événements, il avait quasi oubliés :
 
…Euh oui… Ton grand-père… je crois que ça va être coton de le séduire, celui-là…
 
Selon Opaline, ce serait peine perdue. Sans restriction, le côté maternel réfuterait obstinément sa candidature de futur époux.  
 
*… manquerait qu’ils apprennent que j’ai été tenté de dévier*
 
Il écouta attentivement le discours de son adorée qui semblait décidée à braver tous les interdits. Les arguments ne manquant pas, il dit :
 
… Je ne veux, en aucun cas, déclencher un conflit entre toi et ta parenté. Je crois que tes pères et mères ont pigé de quel bois je suis vraiment.  Opaline, tu es toute ma vie. Sans toi, autant me jeter dans la gueule d’un troll ou d’un dragon… Je te veux pour femme, complice de vie, éternellement. Alors de deux choses l’une : ou je vais correctement demander ta main à tes parents, ou… on se passe des consentements et …on file à Las Vegas. Qu’en dis-tu ?  
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Re: Imbroglio

Message par Opal McLane le Jeu Mar 20 2014, 01:29

Adieu Grand-Père ! Bienvenue, les ennuis ! Opal avait du mal à y croire. Ne venaient-ils pas de surmonter une crise d’envergure et réussi la liberté de Michael ? Bon, pas qu’elle ait trop fait pour y arriver, mais quand même, il y avait de quoi se sentir impliquée…après tout De Brent n’était-il pas le demi-frère de son Erik adoré ?
Et voilà justement que c’était  la chérie de Michael qui causait du remous…et quel remous ! Évanouie dans les bras de son aimé, la belle était plus pâle qu’un linceul. Secours ameutés, sans trop savoir comment, Opal se retrouva accrochée au bras de son Erik, dans un couloir de Ste. Mangouste.  Qu’il ne s’agissait pas d’un simple malaise dû aux émotions, resta vite établi. Pire que ça, une vraie tragédie s’annonçait…

Tu as une idée de ce qui se passe ? s’enquérait Erik, en murmures.  
 
Sais pas…mais pas du joli…Mon Dieu, c’est pas juste…
 
Je deviendrais fou si, au lieu d’Alix, c’était toi, là-bas, dans un lit avec on se sait quoi !
 
Que dire ? À part lui sourire en serrant très fort sa main, souhaitant que jamais cela n’arrive.  On était là, à l’attente de nouvelles quand celle qui débarqua, seule, fut Miss Grisham. Dans cette ambiance tendue, avec les nerfs à fleur de peau, voir arriver sa bonne amie fut un soulagement.
 
Hey toi…Ça va ? Et J.O ?...Je vous faisais à roucouler après la frousse avec son père…, c’était juste un petit commentaire idiot, pour faire conversation mais la miss n’était, définitivement pas d’humeur.
 
Moi ? Je… mais non je ne roucoulais pas ! Je crois même qu’avec un peu de « chance » c’en est fini avec J.O, alors fous-moi la paix, veux-tu !
 
Oh la…tout le monde est …bah, oublie ça !, grommela t’elle en essayant de trouver un dérivatif pour son propre énervement, sans le trouver.
 
Erik se faisait de la bile pour son frère, Justin pour toute la situation, Sam pour Justin, Michael effondré dans son coin vivait son cauchemar et tous pensaient à Alix. D’ailleurs Angel  ne tarda pas à s’en aller en disant avoir reçu un message de sa mère qui désirait la voir.
 
*Nouveau, ça…ils avaient pas coupé les ponts ?*…Vas-y, ma chérie…on se parle…*un de ces jours, si les Abernathie ne me mettent pas au cachot !*
 
Parce qu’elle se doutait bien que son puissant grand-père n’allait pas rester de bras croisés après le retentissant éclat de ce soir.  Lord Augustus  n’était pas de ceux qui laissent passer un affront….ne disons pas pareil affront.  Il jouerait des pieds et des mains pour leur mettre les bâtons dans les roues et ne se contenterait certainement pas que de ça,  découvrir la filiation d’Erik avec les De Brent, lui avait fourni une précieuse arme qui, bien fourbie, pourrait causer des dégâts irréparables.
Elle fut tirée de ses mornes réflexions par le retour d’un Michael livide. D’après ce qui se jouait là, il avait fait son choix et Opal n’en fut nullement surprise, le contraire aurait signifié s’être trompée de bout à bout sur lui.
 
*Pauvre homme…tant de souffrance, on comprend qu’il veuille être seul !* Erik…chéri, je pense que…
 
Quel bonheur cette entente tacite, on pouvait se passer de longues explications !

Oui, on est de trop, je crois, murmura-t-il .
 
L’étreinte dont il octroya son frère disait long sur l’affection portée. Ils avaient beau ne se connaître que depuis relativement peu de temps, Erik serait pour lui le frère sur lequel Michael pourrait toujours compter, à différence de cette sœur maudite qui n’avait voulu que sa perte.
 
*Pas à dire, la famille, ça peut être un fameux lest parfois !* Rentrons à la maison…on a besoin de se retaper un peu…
 
Trasplanage direct chez elle. Ce brave Sage passa outre sa présence pour aller faire des beaux yeux à Erik, dont, chat traître, il ne tira rien vu l’état d’âme du jeune homme.
 
Tiens, du café…un peu de Pur-Feu ?..., elle servit et prit place près de lui, perdu dans quelque pénible pensée, je sais que c’est dur…mais Michael ira bien, tu verras…et Alix aussi…elle vivra…l’Amour fera le reste !...En ce moment, pas que je sois égoïste perdue, ce qui me met sens dessus dessous est…ce que fera Grand-Père…parce qu’il va faire quelque chose, ça, c’est sûr…
 
Et voilà qu’il ripostait, plutôt distrait.
 
Euh oui… Ton grand-père… je crois que ça va être coton de le séduire, celui-là…

 
Erik, le vieux bonhomme est un dur à cuire…c’est pas lui que tu vas prendre au dépourvu…et il y a pas que lui…c’est pas une famille ça, c’est une tribu et lui le grand chef, s’il  dit de sauter, les autres demandent jusqu’où…et le pire et qu’ils font bon nombre…, elle se coula dans ses bras, rassurée par sa proximité, mais, tu sais…m’en fous…tant que tu es avec moi, tout va bien…Ils peuvent pester, menacer, crever de rage…
 

Je ne veux, en aucun cas, déclencher un conflit entre toi et ta parenté.
 
Très noble de ta part, mon amour, mais là…c’est raté et tu sais quoi…on s’en fout !, assura t’elle, résolument sans s’attendre à ce qui s’en suivit, preuve indubitable du bon sens de son chéri, mais surtout de son amour pour elle.
 
Je crois que tes parents et frères ont pigé de quel bois je suis vraiment. Opaline, tu es toute ma vie. Sans toi, autant me jeter dans la gueule d’un troll ou d’un dragon…
 

Elle se redressa un peu pour le regarder, les yeux pleins d’étoiles, le cœur battant soudain la chamade folle mais le romantisme dans sa plus pure essence et Miss McLane, ça faisait deux :
 
Wow…tant que ça !?
 
Faisant cas omis de ce manque élémentaire de sens poétique, il poursuivit sur la lancée :
 
Je te veux pour femme, complice de vie, éternellement. Alors de deux choses l’une : ou je vais correctement demander ta main à tes parents, ou… on se passe des consentements et …on file à Las Vegas. Qu’en dis-tu ?
 
Des cloches! Elle entendait des cloches, tout aussi bête que cela pourrait sembler. Un envol jubilant de cloches en carillon joyeux.  
 
Euh…Je…Mon Dieu…Erik…tu…tu…viens de me demander en mariage !...et oui, enfin, au cas de vouloir une réponse : OUI…je veux…excuse-moi, je…suis si bête…, elle se jeta dans ses bras en riant puis, sans qu’on puisse s’y attendre, en pleurant, Je t’aime Erik…je t’aime tant…Bien sûr que je ne pleure pas pour ça, patate…suis heureuse, ça me chamboule alors je pleure aussi…
 
Un baiser délirant plus tard, elle reprit consciencieusement le poil de la bête et  examina les alternatives présentées :
 
Tu as raison en disant que ma famille, et quand je dis ça…c’est à ceux de Kelamera que je parle, savent bien quel genre d’homme tu es… Ils sont rudement bons juges de caractères…donc, l’idée d’aller se balader à Las Vegas et se marier à la sauvette, comme des grands coupables, ne se pose pas…Oui, ça veut dire qu’on rentre à Kelamera…
 
Si cela avait été si facile ! 
 
Le lendemain, à première heure, un hibou grand-duc, impatient s’acharnait sur la fenêtre de la cuisine.
 
Ça commence bien…, marmonna Opal en lisant le message, je suis convoquée à Windover, la maison de mes grands-parents…seule !...Ça sent l’entourloupe à dix lieues…Non, mon chéri…pas de souci…Milord veut faire les choses à sa façon mais on va lui servir un plat à la mienne…Je vais y aller, tu peux le jurer, mais pour si jamais…tu mettras ceux de Kelamera au parfum…Ils sauront que faire !
 

Elle prit son temps pour faire sa toilette, soigneusement sorcière, pour une fois et après un dernier baiser, trasplana chez les Abernathie.
Comme on pouvait s’y attendre, la famille au grand complet, ou presque, était présente, aux abois.
 
*Ouais, à la sellette, ma jolie !*
 
Opal Caroline McLane…
, commença sa grand-mère, d’un ton tragique et empesé.
 
Pas la peine de répéter mon nom, tout le monde sait qui je suis…alors, on va au grain, j’ai à faire !, ce disant elle sentait les jambes en gélatine et le cœur faisant des ratées mais plutôt morte que l’avouer, je n’ai même pas eu le temps de prendre mon petit-déjeuner…
 

Trêve de sornettes, jeune dame, on est ici pour parler très sérieusement alors démontre un peu plus de respect, gronda Grand-Père, imposant, à partir de cet instant tu es sous notre protection, loin de toute pernicieuse influence.
 
Ah bon ?...Et depuis quand  vous vous octroyez ce droit ?...Non, laissez-moi deviner…depuis que vous savez que je suis avec Erik, c’est ça ?...Eh bien, pour votre information…Un peu tard, l’amour filial…c’est foutu de votre côté, je l’ai dit hier soir et je le maintiens…J’aime Erik Nielsen, tout bâtard De Brent qu’il soit…Je me fiche comme d’une guigne de vos histoires de pureté de sang, de castes et autres bêtises du genre…Erik a, dans son petit doigt, plus de noblesse d’âme que vous tous réunis …
 

Ma pauvre enfant, tu es définitivement plus affectée que prévu !, se lamenta une de ses tantes.
 
Plus heureuse, oui…parfaitement heureuse…ce qui est différent. Vous n’avez rien à dire, rien à juger…cette messe est dite et on passe à autre chose !
 

Elle voulut les planter là et trasplaner mais cela s’avéra impossible, ce qui la mit de fort méchante humeur.
 
Ou vous me laissez partir…ou ce sera du moche !
 

Grand –Père souriait. Il l’avait là où il voulait. Seule et démunie. Soumettre cette forte tête ne demanderait pas de grands efforts, plus tard, elle et le reste de sa famille saurait n’y voir que les bienfaits de cette action.
Béni soit Erik qui avait suivi ses indications au pied de la lettre…bénis soient les McLane qui savaient réagir à la troisième vitesse.  Lord Augustus Abernathie et sa tribu ne comprirent pas tout de suite ce qui se passait. Ils s’étaient bien prémunis contre toute intrusion mais voilà que de manière éclatante, un sauvage blond, taillé en armoire à glaces et de mauvais poil, faisait irruption en plein salon.
 
Salut, Grand-Père…pardon pour la casse…j’adore briser des sorts…Ça va, petite sœur !?
 
Matt…quel style !
, rigola Opal en se jetant dans ses bras.
 
Suivaient Maman, Papa, Jarod et Luke…les deux moldus un peu chavirés mais ravis du mauvais tour joué. Erik se pointa en tout dernier.
 
C’était quoi que tu allais faire, Grand-Père ?...Tu vois, nous…on les fait autrement, les choses ! Sans préjugés, sans chichis…
 
Sauvages des Antipodes !
, hurla Milord, cramoisi.
 

Et ravis de l’être, assura Papa McLane qui n’avait jamais gobé son sorcier de beau-père, allons, ma fille…on rentre à la maison...Fiston, tu mènes la danse !, et il cligna de l’œil à Erik.
 
*Tout est bien qui finit bien…pourvu que ça tienne !*
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Re: Imbroglio

Message par Erik Nielsen le Dim Mar 23 2014, 09:07

Opaline… Son rêve, sa foi, sa merveille pleura dans ses bras. Qu’avait-il donc dit de si dramatique pour déclencher un tel déluge ?
 
… Je t’aime Erik…je t’aime tant…
 
Tu dis oui et tu pleures ? Je suis désolé mon amour, désolé de te créer autant d’ennuis… Je…
 
Heureusement, elle ne pleurait que de bonheur, et puisqu’un baiser délirant suivit, Erik se rassura. Fidèle à elle-même, Miss McLane mit les choses au clair et on se prépara à une virée australienne.
Son reste de nuit, Nielsen le passa entre douche froide et calculs pendant qu’aux anges Opaline confiait ses rêves. Dans la tête d’Erik tournèrent les mille et une façons de demander correctement la main de sa chérie à ses parents. Aucune formule ne lui convint. Crevé, ne pouvant s’empêcher de penser en même temps au désarroi de son frère, il finit par s’assoupir.  
Le toctoc répété au carreau de la cuisine le tira des limbes.
 
*Qu’est-ce qu’il y a encore ?*
 
Craignant soudain qu’il s’agisse d’un appel de Michael, il fut sur pieds et retrouva une Opal soucieuse en train de lire un message :
 
je suis convoquée à Windover, la maison de mes grands-parents…seule !...Ça sent l’entourloupe à dix lieues…
 
Comprenant au quart de tour, il s’insurgea :
 
Tu n’es pas un objet ! S’ils veulent la bagarre, ils l’auront. Prépare-toi : on y va !
 
Elle voulut y aller seule, non sans lui confier la mission suprême d’alerter la branche australienne en renfort, au cas où.  
Merlin qu’elle était craquante en tenue sorcière.  
 
Tu es certaine de vouloir y aller ? Je…  
 
Un bisou lui cloua la bouche, la belle s’évapora.
Un portoloin plus tard, Erik en costume chic osa frapper à la porte des McLane.
Le soir tombait, une rude journée de labeur s’achevait enfin. À ses fourneaux, la mère d’Opal mettait un dernier grain de sel à son ragout quand on frappa à l’huis.
Ne pouvant quitter la tambouille destinée à ses hommes, elle appela :
 
MAAATTT ! On frappe, ouvre !
 
Finie la douche délectable. M’an ordonnait, fallait se grouiller.
Une serviette nouée à la taille, encore semi trempé, Matt descendit, rogue, voir de quoi il retournait. Sur le seuil, son quasi frère en grande tenue, l’air aussi énervé qu’un ibis à qui on vole son nid :
 
Hey, Erik, ça va ?
 
Oui, non, pas vraiment. Je dois vous parler à tous et ça urge !
 
En un clin d’œil tous furent rameutés, disposés à écouter l’hurluberlu qui dérangeait le repas du soir.
 
On est tous là, Erik que se passe-t-il ? Un souci avec ton frère ?
 
Oui, non ! Ça ira, merci. Je suis là pour deux choses : J’aime Opal et vous demande officiellement sa main.
 
Déjà on applaudissait, mais Erik était très pressé :
 
L’ennui est qu’un grand-père a convoqué Opaline à Windover…   
 
Mon père ? se redressa  Careen. Ce vieil hibou ?  Il va m’entendre, nous entendre ! On y va !
 
Ah, au fait, demande agréée, fils ! ajouta le père.    
 
Sorciers et moldus confondus prirent un portoloin.
 
On s’en occupe, tiens-toi à distance.
 
L’ordre de Matt était correct, les affaires de familles primaient…
N’en étant pas encore, il rongea son frein, n’en pensant pas moins en raison des échos perçus suite à l’intrusion, puis entra.      
 
Sauvages des Antipodes !
 
Digne, froid, Jarod aîné remit les pendules à l’heure :
 
…allons, ma fille…on rentre à la maison...Fiston, tu mènes la danse !
 
Déjà, il accrochait la main de sa douce qu’un rugissement outré se produisit :
 
Bloquez tout !   
 
Tel un seul homme, tous les sorciers du clan Abernathie agirent.
 
Vous ne pensiez pas vous en tirer à si bon compte ? Careen, Eleanor, Jane, Abernathie ( crachat) McLane, fille désavouée, comment osez-vous encore entacher notre sang, accepter l’union d’une des nôtres avec ce… bâtard reliquat Mangemort ?
 
Misère ! L’outrage atteignit de front tout le clan McLane qui riposta vertement. Alors Erik lâcha la main de sa chérie qu’il regarda intensément :
 
Je ne voulais pas ça, je t’adore.
 
Puis calme, il affronta la tribu Abernathie :
 
On va régler ça comme les pères de nos pères, et tous ceux avant eux : je réclame un duel !  

Désignez qui vous voulez, JE veux épouser Opal. Aille au diable qui essaye de m’en empêcher !
 
Lui parla-t-on ? Il n’écouta rien. Les meubles écartés, on lui opposa un cousin à l’air mauvais. Le rituel appris du défunt Rogue joua. Baguette contre nez, salut, position…
 
Jamais il n’attaqua mais tous les sortilèges expédiés par l’autre furent déviés, immanquablement. Pas à pas, il s’approcha du cousin qui, vu sa tête, commençait à douter de ses capacités personnelles. D’un regard appuyé, Erik savait pouvoir circonvenir son ennemi à sa volonté, ce n’était pas cela qu’il escomptait, sauf contraint.  Et, quand il fut à 20 cm du tarin du cousin, il entendit :
 
STOP !
 
 Milord pliait ? Alléluia.  
 
Bien des bourrades et embrassades plus tard, Erik s’assit à la grande table du clan McLane. Opal lui sourit… mitigée( ?) Son père lui flanqua une grande tape dans le dos et un document dans les mains :
 
Voilà les termes de la dot et du contrat. Remplis les deux et ma fille sera ta femme.
 
Mince… 
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Re: Imbroglio

Message par Opal McLane le Sam Mar 29 2014, 16:17

Ah, la famille ! De cette partie-là, Opal s’en serait très volontiers passée. Tous étaient coupés dans la même toile. Vive les entremetteurs, redresseurs de torts, vigiles stricts des mœurs, plut-il ou pas aux autres. Ils imposaient. C’est ça le problème quand les gens pensent avoir la raison de leur côté !
L’ordre de grand-papa ne la surprit pas du tout. Pas plus qu’au reste du clan. Milord n’avait pas l’habitude de se laisser faire si facilement et voilà qu’en plus, il s’en prenait à sa mère :
 
Carreen Eleanor Jane  Abernathie ( dédain absolu) McLane, fille désavouée, comment osez-vous encore entacher notre sang, accepter l’union d’une des nôtres avec ce… bâtard reliquat Mangemort ?

Oh là avec ton cirque, Grand-Pa…, gronda Opal, là vraiment, tu  exagères !
 
Remerciez votre âge, Augustus, sinon, je me ferais un plaisir de vous faire avaler vos dents !, Jarrod Sr était décomposé de rage.
 
Je suis un sorcier !, jubila Milord en brandissant sa baguette, pauvre Moldu bon à rien…
 
C’est bon là, grand-père ou pas, je lui refais le portrait !, et Matt avança avec son bout de bois en position d’attaque suivi de près par Luke, Carreen et Opal.
 
Mais ce fut Erik qui régla l’affaire, au nom de sa future famille.
 
* Comme les pères de nos pères, et tous ceux avant eux : je réclame un duel !... JE veux épouser Opal. Aille au diable qui essaye de m’en empêcher !...J’adore cet homme…tout le monde adore cet homme…mon Erik !*
 

Avec un éclat digne des meilleurs sorciers, il affronta le cousin Rupert,  tenu comme le champion de la famille en question duels. Bon ou pas, le cher Rupert n’en mena pas large face à un Erik parfaitement maître de la situation et Grand –Père Abernathie dut reconnaître sa défaite.
On ne s’attarda pas sur les lieux. Beau déménagement général qui les mena, en gentille cohue jusqu’au prochain point de référence : chez elle. Là, on s’organisa et Portoloins à point, on évacua le clan sous d’autre cieux plus cléments…enfin, plus familiers, parce que l’orage tonnait bellement en y arrivant.
 
Opal aidait sa mère à servir un dîner vraiment tardif quand les paroles de son père chéri la firent freiner sec :
 
 Voilà les termes de la dot et du contrat. Remplis les deux et ma fille sera ta femme.
 
*Non mais…l’humour McLane à l’attaque !*
 
Et compte tenu la mine affichée par son amour, ça allait fort, là ! Papa restait parfaitement sérieux, même si l’éclat de ses yeux était de la pure malice, mais Erik n’était pas encore placé pour le savoir. Cela viendrait avec le temps. En retrait, les frangins buvaient du petit-lait.  Maman secoua la tête en soupirant et fila dans la cuisine.
 
Veux voir !, chantonna Opal en prenant les papiers de  la main d’un Erik en pleine confusion, non mais…Dix chameaux…trois chevaux…Cinquante moutons mérinos ?...C’est quoi ça de 200 poules pondeuses ?
 
Un bon poulailler !, assura Jarod, Jr, très sérieux.
 
Erik avait l’air de qui se demande dans quel genre de famille il était tombé, tout en se livrant à des calculs rapides.
 
Opal révisa le fameux document, en se mordant la lèvre pour ne pas rire et décochant, en passant, un coup de pied au tibia du frère le plus proche.
 
Lis jusqu’à la fin, mon chéri…et pardonne-les…ils peuvent pas s‘empêcher de faire ce genre de choses…
 
« …Si un jour sans elle te semble éternité, si son rire te manque à en pleurer, alors aime la jusqu’à la fin de tes jours et rends la heureuse jusqu’à la fin des siens… »
 
Très poétique…je vois la patte d’ours du blond qui se marre, là…t’en fais pas, mon chéri, ça veut dire qu’ils t’aiment bien et que tu es le bienvenu au clan…Tu sais, Erik, la vie à la campagne…ça donne des gens simples avec des plaisirs simples…comme se payer la tête des autres !...Papa, tu devrais avoir honte…des autres on s’attend à n’importe quoi…, et sans aucune honte, elle embrassa son futur mari avant de s’asseoir près de lui, en revanche, messieurs, à vous de faire le service, ce soir !
 
Maman riait de bon cœur en prenant place alors que mari et fils se défaisaient en attentions.
 
C’est merveilleux…Quel jour heureux pour cette famille. Merci, Erik…ce que tu as fait aujourd’hui signifie beaucoup pour nous tous…tu es un des nôtres…Je peux dire en ce jour que j’ai un nouveau fils !
 
Amen. Alléluia !
 
Acte suivi, on passa parler mariage. Surgis en un instant, des projets se bâtissaient avec grand entrain. Impossible faire simple, pas pour la fille McLane de Kelamera, voyons !  Opal pressentait que tout ce qu’elle pourrait dire ne changerait rien, alors valait mieux sourire et suivre gentiment le mouvement !
Adopté d’emblée, Erik était devenu l’un d’eux à part entière et comme tel, devait se décarcasser du matin au soir, comme tous et chacun.  Faute de mieux, quand elle pouvait échapper à sa mère, en pleine folie de wedding-planer, Opal allait donner un coup de main avec vaches ou moutons, ravie de voir que l’amour de sa vie se débrouillait comme s’il n’avait fait que ça toute sa vie !
Quand elles étaient seules, Maman en profitait pour parler chiffons. Selon elle, elles devraient se rendre à Melbourne pour faire des emplettes. Opal l’écoutait, sagement, avec des frissons d’horreur lui courant le dos, pour elle rien de moins engageant qu’une bonne partie de shopping et connaissant sa mère, ça risquait d’y aller fort et à fond. Mais en y pensant bien, la chère Mrs. McLane n’avait pas eu trop le loisir de se faire plaisir avec ces activités si féminines…pas avec quatre hommes à la maison et une seule fille qui ne s’occupait pas de ça, autant lui faire plaisir.
Le mariage devait avoir lieu quelques jours plus tard et tout était à point, mené de main de maître par une Carreen qui s’était surpassée. Opal  venait d’essayer, encore une fois, sa robe de mariée, arrivée la veille de Sydney. Maman était sans doute à la cuisine donnant ses directives  à Mrs.Tibbs  et ses filles qui venaient souvent donner un coup de main quand il y avait une fête. Papa et les gars devaient se reposer au séjour. Les chiens aboyaient comme des dingues, selon leur habitude quand arrivait de la visite.
 
*C’est mieux qu’une sonnette, ces deux clebs !*
 
Michael avait tenu parole. Il était là, avec son Alix, plus beaux et unis que jamais. Pour Opal voir son chéri si heureux,  réuni avec son frère, suffisait largement. Mais son futur beau-frère se chargea, à lui tout seul, de changer un peu la donne quand, juste la veille du mariage, il déclara avoir partagé en parties égales l’héritage De Brent, entre lui et son petit frère.
 
*Et mince alors !*
 
Son Erik n’était pas plus beau, ni meilleur…c’était impossible, il était tout simplement plus riche…ce qui ne semblait pas l’affecter le moins du monde…pas plus qu’au reste de la famille qui n’avait que faire de ce revirement de fortune  pour apprécier plus ou moins celui qu’ils avaient accueilli sans même savoir qui il était ! Selon eux, si Opal était heureuse, c’était tout bon !
Vive le trac ! Opal n’avait jamais été du genre nerveux mais le matin de ses noces, elle ne tenait plus en place.  La maison avait eu droit à un coup de neuf, de fond en comble, le jardin était transformé  et prêt à recevoir les 300 invités attendus. Un dais fleuri tiendrait rôle d’autel…Matt la trouva en train de déambuler comme esprit dérangé entre les chaises blanches. Pieds nus, encore en pyjama.
 
J’aurais dû accepter d’aller à Las Vegas…d’incognito !...
 
Radote pas ! Ce sera super, mioche…LA fête…on va en parler dans le bled…et tu seras la plus belle mariée qu’on ait jamais vue.
 
C’était gentil tout plein mais cela n’eut pour effet que de la faire pleurer comme une Madeleine. Erik que personne n’avait réussi à retenir dans la maison, vaquait lui aussi à ses réflexions et finit, indéfectiblement par tomber sur sa fiancée en larmes et son futur beau-frère dans le rôle de consolateur, s’y prenant comme un pied.
 
Mais non…pleure pas parce que je vais me marier avec toi, idiot…suis nerveuse !...Ben oui, pas je sois timide…mais…sais pas pourquoi…c’est normal, non ?, elle leva le nez et s’essuya bien que mal les larmes pour regarder son chéri,…j’ai un peu la trouille…et puis…Mon Dieu…on dit que tu ne dois pas me voir avant…Zut, j’ai tout bâclé…
 
Et de s’enfuir comme lapin affolé en laissant  futur mari et frère complètement interloqués.
 
Elle est dans tous ses états, la petite…mais pas de souci, elle tiendra le coup !, assura Matt dans un essai pourri de diplomatie.
 
Trois cent paires d’yeux suivirent la progression de la fiancée au bras de son père, orgueilleux comme paon mais très ému aussi. Quelques artifices magiques avaient permis qu’ Opal ait une allure sublime, dans sa longue robe blanche, sans traîne. Elle avait néanmoins refusé de porter le voile traditionnel en assurant n’avoir aucune envie de s’emmêler dans le moustiquaire, préférant une simple couronne de fleurs.
Erik, flanqué de son frère et témoin  l’attendait au pied de l’autel. Beau comme un prince dans son queue de pie gris. Alix serait le témoin d’Opal.  Les derniers accords de la musique éteints, Jarrod Sr. se décida enfin, à céder sa fille chérie.  Larmes dans l’assistance.
 
Cérémonie courte mais pleine de chaleur et émotion.  Dans ce coin de monde, tous se connaissaient de longue date, prêtre et fonctionnaire civil inclus ce qui finissait par donner  à ce mariage des airs de grande famille réunie.
 
Oui, bien sûr que je veux !, s’exclama Opal pour répondre à la question cruciale.
 
Larmes et rigolade générales.
 
C’est une question idiote, souffla t’elle à son flambant mari en l’embrassant avant même la bénédiction finale, suis là, avec toi…pour le meilleur ou le pire…je t’aime, Erik…
 
On fêta dignement l’événement avec une réception fastueuse, chose assez inédite dans cette campagne d’hommes rudes et femmes énergiques.
 
Tu vois, on sait quand même faire autre chose que courir après les vaches !
 
Opal dansa la valse inaugurale avec son mari…après avec son père, puis  avec chacun de ses frères et finalement avec son beau-frère pour revenir enfin aux bras de son aimé.
 
Et on attend de nous qu’on danse jusqu’à l’aube…t’es prêt !?
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Opal McLane

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Re: Imbroglio

Message par Erik Nielsen le Sam Avr 05 2014, 18:49

Le mariage…
Erik n’y avait pas songé au premier regard échangé avec Opal. Cependant, lorsque celle-ci se montra réceptive à ses sentiments, l’idée s’était implantée avec de plus en plus de force dans la tête de Nielsen. De toutes les femmes du monde, seule Opaline règnerait sur son cœur et nul n’entraverait cette promesse.  Il avait joué franc jeu, de bout en bout, tout au long de leurs mésaventures sans user du don particulier qu’il maîtrisait parfaitement. Certes, cela l’aurait amusé de soumettre ces – pardon Carreen – idiots d’Abernaties, mais bon…  Après tout, ils avaient plié, cela suffisait.  
Il avait conquis Opal, qu’importait le reste ? Que sa famille l’ait adopté aussi, tant mieux.
N’empêche qu’Erik se sentit affreusement solitaire malgré l’enthousiasme général à son propos. Responsabilités, devoirs futurs, il gèrerait point par point mais n’avoir aucun ami, ou parent à opposer aux 300 personnes prévues pour les noces…  
Michael n’imagina pas le bonheur immense que sa venue intempestive déclencha en Erik.  Son cadeau, sa faveur, il s’en ficha royalement. Le fait qu’il soit présent le comblait tellement.  
Merlin que les femmes sont complexes ! Pourquoi cette crise opaline ?
Matt, bon frère savant, en fut retourné également :  
 
Elle est dans tous ses états, la petite…mais pas de souci, elle tiendra le coup !
 
Manquerait que ça !! Déjà Erik s’imagina planté face à 600 yeux tournés vers lui dans l’attente d’une fiancée qui tardait. Heureusement, il n’en fut rien. Pourquoi ses genoux tremblaient-ils, sa gorge se nouait-elle ainsi, son cœur battait-il à l’infernale ? Oui, elle était belle à tomber à la renverse mais seul le regard comptait. Et à l’instant précis où leurs mains s’unirent, il eut la certitude que rien ni personne ne romprait cette fusion :
 
… suis là, avec toi…pour le meilleur ou le pire…je t’aime, Erik…  
 
Je t’adore ! Je fais serment de ne jamais te faire regretter ce jour béni…    
 
Vint ensuite le plus déjanté des buffets de noces.  Bon prince, Erik se prêta à tout mais quand Opal enfin récupérée après passage en de multiples bras lui annonça :
 
Et on attend de nous qu’on danse jusqu’à l’aube…t’es prêt !?
 
Il consulta sa montre, fermé :
 
Non, désolé ! Dans une heure on file, pas une minute de plus. Tes bagages sont prêts ?
 
Il rit en l’entraînant dans un rigodon mode australienne, but largement avec l’un ou l’autre des beaux-frères, promit tout ce que le beau-père, et attendit à l’endroit prévu. Misère, pourquoi cette air de petite fille livrée au grand méchant loup ? Un portoloin bleuit.
Le massif de L’Esterel les reçut dans un petit mas isolé près des calanques.
 
C’est pas Byzance, je sais… Toutes mes économies y ont passé, je ne pouvais pas prévoir disposer de la moitié des biens De Brent, sinon…

 
Elle ne lui en voulut pas.  
 
Semaine enchanteresse en découvertes multiples. De timide en passionnée, repassant allègrement de l’un à l’autre sans avertissement, Erik en vit de toutes les couleurs avec sa fraîche épousée mais ne s’en plaignit aucunement. 
Là, sur la plage de galets douillettement amollis, Erik osa parler futur :
 
Je suis navré de couper court à nos rêveries mais… oui, faut redevenir concrets… D’emblée, il est hors de question d’aller habiter ton apparat… Non, il est très bien, c’est pas ça !  Tu as vu la tonne de cadeaux offerts, où mettrions-nous tout ça ?  
 
On les avait plus que gâtés, de quoi louer les services d’un garde-meuble, un grand.  
 
Elle n’était heureusement pas contre l’idée de déménager. De ce fait, ils passèrent assez bien de temps à regarder les annonces immobilières concernant Londres et ses abords. Par veine, leurs goûts correspondaient. Restait à dénicher la perle rare…  
La semaine idyllique s’acheva sans qu’ils aient pu trouver leur nid d’amour parfait. Alors tant pis, les cadeaux demeurèrent chez les beaux-parents tandis qu’ils occupèrent temporairement l’appartement d’Opal.  
La vie, la vraie, à deux commença. La fraîche Mrs. Nielsen filait tous les matins peaufiner les détails du nouveau « chez McLane ». Erik l’y aurait volontiers accompagné sauf que son emploi du temps personnel était plus que saturé. Suivre de front des doubles études radicalement opposées demandait une attention quasi constante. Impossible pour Erik de trancher s’il préférait plus l’une que l’autre de ses matières. Il affectionnait les deux et escomptait bien les pratiquer de concert.  La seule concession qu’il agréa fut d’opter pour les études sorcières… dans un premier temps. Il passerait ses équivalences moldues plus tard. Cependant, même ainsi, il se retrouva coincé dans des soucis de planning quasi impossibles à résoudre. La solution aurait peut-être été de suivre certains cours le soir mais il ne voulait en aucun cas sacrifier sa vie de couple, il rentrait déjà suffisamment tard comme ça !
Gling, gling ! La petite fée, ravie d’aider – quoiqu’elle jugeait ses huit patients particulièrement éprouvants – lui apporta, sinon la clé d’une maison, une géniale issue.  
Tout baigna un mois. Opaline, prise dans le tourbillon de l’ouverture de son restaurant, ne remarqua  rien ou… si peu. Il rentrait à l’heure, veillait à son confort avec une habitation en ordre, l’écoutait sur sa journée, blaguait, allant jusqu’à accepter une balade ici ou là. Mais dès que la belle dormait à poings fermés, il travaillait ses matières, pire qu’un forcené.
 
Le premier signe de surmenage, peut-être le vit-elle ? Il s’était écroulé le nez sur ses parchemins savamment rédigés quand une humidité anormale l’avait réveillé. Sous ses yeux horrifiés, tous les documents étaient maculés de cachets très… félins. La rage le saisit au point que le pauvre minet n’eut d’autre ressource que de se précipiter sur les draps de sa maîtresse aux bras de Morphée.
 
(Jurons multiples) JE VAIS TE CREVER, SALOPERIE !
 
Le regard lourd de reproches de son Opaline sonna sa reddition :
 
… C’est rien… juste de ma faute… un récurvite, ça ira ! … non, suis un peu à cran, c’est tout…
 
Ah ? Il avait une mine de déterré, les yeux en soucoupe, maigri ?
 
… Sais pas. J’ai rattrapé mon retard en cours, j’ai bientôt des exams…

 
Bientôt était peu dire.  Lorsqu’il reçut sa grille horaire, Erik faillit s’évanouir. Ils s’étaient donné le mot ou quoi ?  Tout était dédoublé, pile poil ! Il devait être au barreau et en salle d’op en même temps, deux jours de suite. Par quel miracle tint-il ? Bonne question ! Mais le coup de grâce vint avec convocation express de ses maîtres :
 
21h ablation méningiome cérébro-spinal, salle 8. 21h défense juridique d’Aloïs Compton accusée d’accointances avec l’ennemi.  
 
Les cartons d’Opal en lettres d’or annonçaient :
 
21h réception inaugurale des nouvelles installations : buffet à volonté sur présentation.
 
Se couper en deux était dur. En trois : impossible !  
Opal ne lui pardonnerait pas une défection. Déjà qu’il ne la secondait quasiment jamais…  Elle tenait tellement à cet événement, s’était tant décarcassée pour atteindre ce sommet !  Tout serait nickel, il en était persuadé mais que lui, son mari, n’en soit pas… Il planifia comme il put et, bien évidemment, s’emmêla les pinceaux. En toge, il apparut en pleine salle d’op :
 
… Cette femme est accusée à tort, nous le prouverons !  
 
Docteur, votre patient dort…
 
Rectification, changement de décor. À la cour, il se présenta en tenue chirurgicale :
 
Nous commencerons par une trépanation qui…
 
Maître, est-ce raisonnable ?  
 
Il était encore en toge quand un toast général salua l’ouverture du « Chez McLane » :
 
Elle n’a rien à se reprocher, juste d’avoir été au mauvais endroit au… au… mauvais…
 
 Avant, arrière, présent, tout se mélangea allègrement. Combien de temps dura son absence ? Il n’en eut aucune idée avant longtemps.
Des mots incompréhensibles passèrent sur lui sans l’atteindre :
 
… dépression… surmenage… déconnexion…
 
Fixant l’horizon, son regard flou ne distinguait que deux silhouettes enlacées dansant pour l’éternité…          
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Erik Nielsen

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Re: Imbroglio

Message par Opal McLane le Ven Avr 18 2014, 00:05

De rêve à cauchemar ! Son monde basculait, se brisait en éclats. Effroyable. Et elle n’avait rien remarqué…ou si peu ! 
 
*Tu es un monstre d’iniquité, une mauvaise épouse…une idiote perdue…*
 
Tout y passait. Blâmes, reproches, remords, sans rien changer.  Erik, son amour, son beau mari voguait dans quelque limbe incertain d’où, semblerait-il, rien ni personne, ne savait l’en faire revenir.  
 
Mr. Nielsen s’est lui-même soumis à une terrible pression pour mener à bon but ses aspirations. L’emploi d’un retourneur de temps s’avère pratique dangereuse, informait le Dr. Asimov, éminent médicomage-psychiatre de Ste. Mangouste, tout en coulant un regard  aigu à la jeune Mrs. Nielsen qui avait l’air de ne pas savoir de quoi on lui parlait.
 
Ah ! *Un  retourneur de temps ? Mais où a  été t’il dénicher un truc pareil ?...Et celui-là qui me regarde comme si c’était de ma faute !*
 
Impossible ne pas se remettre à pleurer. Le bras protecteur et rassurant de Matt lui entoura les épaules.
 
Tout doux, ma puce…ça va aller ! Tu verras, il va surmonter ça…C’est un dur, ton Erik !
 
Le psy, casse-bonbons de son état, ramena doctement ses binocles sur son long nez avant de déclarer, emphatique.
 
Mes collègues et moi concluons que cet état est lié à une profonde dépression, à un terrible surmenage, ce qui conduit ineffablement à cette déconnexion totale de la réalité.
 
Déprimé ? Pourquoi serait-il déprimé, il venait de se marier avec ma sœur !, protesta Matt, indigné, il était le plus heureux des hommes !
 
Un homme heureux qui a voulu être à la hauteur, dirons-nous, de la flatteuse position sociale et économique de son épouse. Ce jeune homme s’est éreinté pour atteindre des sommets très hauts…ne vient-il pas de boucler, avec succès, des études de droit et médecine…en même temps ?
 
Alors…c’est comme si c’était…de ma faute ?, renifla Opal, perdue.
 
Il peut dire ce qu’il voudra !, s’emporta Matthew McLane,  sauf votre respect, Dr. Asimov, éminence ou pas, vous êtes un abruti sans cœur. Vous vous lancez dans des appréciations aventureuses, car, pour votre information, la position sociale et économique de mon beau-frère n’a pas à pâlir face à la nôtre ! Mais ce n’est pas le point, vous pourriez monter un peu plus de tact…ma pauvre sœur est folle de chagrin et préoccupation, alors, au lieu d’allusions intrépides, dites-nous ce que nous pouvons faire pour aider Erik !

Se mesurer avec ce grand blond très indigné, de son juste droit ce qui est plus, n’était pas pour mettre à l'aise le médicomage, si peu diplomatique, qui ne trouva mieux que d’appeler ses non moins éminents collègues en renfort.
Sommet de grands esprits. Doctes opinions. Hochements de tête. Regards entendus. Conclusions plus ou moins identiques.
Matt, érigé en gardien et sauveteur, ramena sa petite sœur chérie chez elle, la laissa pleurer tout son soûl pendant un moment puis lui servit un bon Pur-feu et s’assit face à elle.
 
Bon, mon chou, se lamenter soulage l’âme mais comme ça, on ne va nulle part ! Erik n’est pas un petit esprit et toi tu es une battante. Soit, le mec est out pour le moment, ça prendra le temps que ça prendra mais il finira par réagir, tu as bien entendu ce que disent les toubibs.
 
Oui…j’ai entendu…je suis une horrible femme, Matt…j’étais si prise avec le resto, il y avait tant à faire…et puis on cherchait la maison…et… il se démenait comme un dingue pour en finir avec les études, il voulait tant démontrer qu’il…était digne de moi ! C’est si bête…comme s’il y en avait besoin…

La sympathie que portait Matt à son beau-frère grimpa encore de quelques crans. Depuis le soir de l’inauguration, quand Erik avait déboulé en maître du barreau, réclamant les droits de l’accusée pour après tourner de l’œil et être illico emmené à Ste. Mangouste, Matt avait pris les rênes de la situation. Il était resté au resto jusqu’à ce que le dernier invité ait vidé les lieux avant de rejoindre le reste de la famille à l’hôpital. Parents et frères avaient dû retourner à Kelamera, impossible d’abandonner les tâches de la grande ferme en main des employés. Lui, était resté soutenir sa sœur préférée et l’aider à surmonter la crise.
Bon an, mal an, la vie reprenait son cours. Ses droits. Erik avait quitté l’hôpital, mais on le faisait consciencieusement suivre son traitement, sans amélioration perceptible. Son esprit était ailleurs. Loin. Très loin….pour tous, sauf pour Opal. Elle continuait à le traiter comme s’il pouvait l’entendre, la comprendre, maintenant des longs monologues, pointés de commentaires, de remarques, de petits rien du tout du jour le jour.
L’automne était bien là. Splendide en or, rouge et ocre. Des rosiers tardifs embaumaient l’air dans ce jardin revenu un peu à son état sauvage. La maison était en très bon état, même si inhabitée depuis des années. Opal visita chaque pièce, examina chaque recoin, s’émerveillant du potentiel des lieux, sans en faire état à la courtière guindée qui se chargeait de la visite.
 
Tu vas adorer, annonça t’elle, j’en suis sûre…on y déménagera dès que ce sera prêt…mais on y sera avant Noël…
 
Parfois, il lui semblait capter un petit éclat au fond de ses yeux, mais si petit, si minime qu’elle se maudissait de prendre ses rêves pour réalité  et s’acharnait encore plus à la tâche, dans l’essai, vain, de s’étourdir, d’oublier pour tant soit un instant l’amertume qui l’étouffait. Rénover la maison,  diriger le restaurant, se disputer avec les fournisseurs ou avec quiconque contrevenait ses ordres. Matt en vint même à lui reprocher d’être en train de se transformer en une espèce de mégère insupportable.
 
J’en suis une et quoi !?...Donne-moi une seule raison valable pour ne pas tout envoyer au diable ?... J’EN PEUX PLUS !!!
 
Un tel défaitisme ne ressemblait guère à l’Opal, sempiternelle optimiste que tous connaissaient et chérissaient, mais personne ne se trouva le courage de ne pas reconnaître que ce n’étaient pas les raisons qui lui manquaient pour sombrer dans le désespoir.  Cela faisait deux mois déjà  que le fringant Erik de jadis vivait perdu dans un univers parallèle auquel elle n’avait pas accès. Il était là, sans l’être, sourd à suppliques ou remontrances, agissant comme automate qu’il fallait guider dans tous ses gestes. Il obéissait, certes, sans quitter jamais son cocon de silencieuse absence.
Et puis vint cette nuit de Novembre, la première neige avait fait son apparition et l’air était glacial. Quelle étrange lubie fit qu’Erik bouge sans qu’on l’y engage ? Le fait est qu’il sut quitter la maison pour s’aventurer dehors.
Le miaulement pressant de Sage la fit relever la tête du livre de comptes.  Ravi d’avoir enfin attiré son attention, l’abyssin sauta sur la table et la fixa de son regard vert.
 
Tu veux me dire quelque chose, chat ?...Tu as pourtant à manger, ta litière est propre…Laisse-moi travailler, mon joli, suis en retard partout…va plutôt faire des câlins à Erik…on dirait qu’il aime bien ça…, profond soupir fini en sanglot, va, minet…
 
Mais le chat refusa d’arrêter son cirque, l’agaçant à tel point qu’elle l’envoya paître d’un revers de main, une première, sauf que Sage était de genre têtu et revint à l’assaut, avec tant d’insistance, qu’Opal n’eut d’autre recours que el suivre, puisque celui-là semblait être ce qu’il voulait.
Le fauteuil qu’occupait Erik, face au feu, était vide.  Matt, à la bibliothèque parlait au téléphone avec animation et la porte-fenêtre donnant au grand jardin était grand-ouverte.
 
Mon Dieu…ERIK !!!
 
S’élançant dehors, Opal ne fut pas bien longue à découvrir la trace de ses pas, sur la fine couche de neige. Ses cris finirent bien par ameuter la maisonnée.  La bonne arriva la première sur le pas de la porte et ajouta son émoi au sien, finissant par attirer Matt sur les lieux, pour alors, Mrs. Nielsen courait, éperdue, sans se soucier du froid ou de la neige.
Erik s’était arrêté, au bord de la petite rivière, l’air aussi perdu que toujours.
 
Bon sang, homme têtu, vas-tu arrêter de me faire mourir de trouille !...Erik, mon amour…ne fais pas un pas de plus…je t’en conjure…, elle arriva près de lui et prit son bras, viens…rentrons mon, chéri…tu en as des idées, faire une balade…par ce temps…Tu m’as fait si peur…tant que la tête me tourne…attends…sais pas ce que j’ai…Erik…je ne…

Un malaise absurde lui ôta la parole, l’engourdissant toute, elle s’accrocha au bras de son bel absent mais s’effondra quand même sur la neige, sans qu’il cherche à la retenir…Matt arrivant à la rescousse releva sa sœur en un clin d’œil.
 
Bon sang, toi…reviens d’où tu sois, tu ne vois pas que ça la tue…Ça suffit avec l’auto compassion, mon pote, réagis…elle a besoin de toi…Suis, si tu veux…Opal, ma puce…ça va aller…vais appeler Maman…ah, et toi, le paumé…pour si jamais…tu vas être papa, elle l’a su ce matin…au lieu de s’en faire une joie, tu lui fais ça…attends que je la pose au chaud et je te la casse, ta jolie gueule !

Reprenant un peu ses esprits, Opal faillit les perdre à nouveau en entendant une réplique inattendue…et la réaction conséquent de son impétueux grand frère.
 
AH BON !? Triste connard…vais t’apprendre moi à avoir des idées glorieuses…, et sans gêner ni lâcher sa sœur, de lancer son poing direct vers le paumé de service qui bascula gentiment dans les eaux glacées, allez, on rentre, ma toute douce,  t’en fais pas pour lui…traitement de choc, qu’on dit…
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