Imbroglio

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Re: Imbroglio

Message par Erik Nielsen le Jeu Avr 24 2014, 23:35

Un tunnel, un couloir sombre, où était-il ?
Erik avançait un pas lourd après l’autre, encore, encore sans voir de bout à son chemin inconnu.  
 
*Avance, mon frère* lui susurrait la voix fielleuse. 
 
Et il marcha, encore, encore, en direction de ???
Parfois, une voix beaucoup plus amène l’encourageait autrement, un doux murmure qu’il aurait souhaité atteindre sans y parvenir. Mais la vipère revenait à chaque fois :
 
Je t’ai obéi, bâtard. Maintenant c’est à ton tour de subir MA volonté !
 
Tu vas adorer, j’en suis sûre…on y déménagera dès que ce sera prêt…mais on y sera avant Noël…
 
Était-ce une idée ou le décor changea ?
Les feuilles jaunirent, le temps se gâta encore plus souvent, qu’importait ?  
 
Pourquoi résistes-tu encore, Erik ? Il n’y a plus rien là-bas pour toi. Tu es tout seul dans ton obscurité, je suis la lumière, TA lumière. Viens me rejoindre, viens… viens...
 
Il se leva.
 
C’est bien, mon frère. Il est temps d’en finir et de nous réunir. Il fait chaud, tu ne trouves pas ? Un bain te ferait le plus grand bien. Viens…
 
Écharpe et veste ôtées, il avança. Tiens, ses pieds crissaient dans ??? Il s’en fichait, se dirigeant sans le savoir vers une rivière.
 
...Erik, mon amour…ne fais pas un pas de plus…je t’en conjure…
 
La voix gentille était là ? Quel dommage !  Il aurait aimé la connaître plus mais l’autre revint :
 
Saute, Erik ! Rejoins-moi !
 
Vous êtes jolie, mademoiselle…
 
On s’interposa :
 
ah, et toi, le paumé…pour si jamais…tu vas être papa, elle l’a su ce matin…au lieu de s’en faire une joie, tu lui fais ça…attends que je la pose au chaud et je te la casse, ta jolie gueule !
 
Sournois, l’esprit malin riposta :
 
Tu as trop chaud. Il dit des fables. Viens…
 
Je veux nager…
 
AH BON !? Triste connard…vais t’apprendre moi à avoir des idées glorieuses…
 
L’eau était vraiment bonne, Ariana avait raison. Il se sentit très bien. Néanmoins, il n’y baigna pas plus de 10 secondes avant que sa tête ne heurte le fond. La déchirure du cuir chevelu mêlée au froid eut un effet déterminant. Revenu en surface, il suffoqua, toussa, cracha l’eau aspirée.
 
*Opal*… OPALINE !!!
 
Le faible courant ne l’avait pas entraîné très loin. Il pataugea, s’étala plusieurs fois en grelottant et apparut dans l’habitation en offrant un triste spectacle dont il se ficha bien.  
 

OPALINE !!
 
Ne l’approche pas ! Notre mère arrive !
 
Ruisselant d’eau et de sang, Erik tint tête à Matt :
 
JE suis toubib, ta gueule. Où est ma baguette ! ACCIO baguette !  
 
Fidèle, l’objet lui arriva pile en main et Erik put établir un diagnostic précis.
 
*Par Merlin…*
 
Heureux et confus à la fois, il laissa de côté ses sentiments pour ne songer qu’à sa patiente. Des ordres fusèrent, nets et précis.
 
Tu as une tension trop élevée, mon amour. Ça va aller, je suis là maintenant !
 
Les potions exigées administrées, quelques formules bien appliquées plus tard, Opaline reprit des couleurs.
 
Repos obligatoire, ma belle ! Il… Il y en a deux. Je suis le plus comblé des hommes !  
 
Désolé frangin de t’avoir tapé dessus.
 
T’as bien fait. Suis out depuis quand ?
 
Ce fut Opal qui lui répondit d’une voix faible mais soulagée alors qu’il se mettait à tousser lamentablement.
 
Qu’est-ce qui se passe ici ? Mon petit… oh, Erik… Matt, où as-tu la tête ? Mets-le au lit avec de la pimentine. Opal, ma chérie…  
 
Avec Carreen à la barre, le navire pouvait voguer sereinement.
 
Le lendemain, un peu plus vaillant sur ses jambes après avoir eu les oreilles en vapeur toute la nuit, Erik retourna au chevet de son épouse à qu’il trouva bien meilleure mine. S’asseyant près d’elle, il ne put s’empêcher de se mettre à pleurer, bêtement :
 
Je suis tellement désolé, tellement dingue… Pardonne-moi de t’avoir imposé tout ça, d’avoir été absent si longtemps, de… Je voulais juste que tu sois fier de moi, ta famille aussi ! Plutôt que d’être un pauvre péquenot juste doué à forcer les autres à… Orgueil mal placée, sans doute mais toi et moi on se ressemble, non ? Tu es une battante, et tu veux réussir par toi-même, ben je suis pareil.
 
Ils se rassurèrent l’un et l’autre quant à leurs similitudes.
Vint le moment délicat, d’annoncer la couleuvre :
 
Opaline, j’ai téléphoné à un de mes professeurs. Il est d’accord avec mon point de vue… Non, non, les petits vont bien, rassure-toi mais… pour que cela continue ainsi, durant les cinq mois à venir, tu devras impérativement ne plus… euh… pas que de ne pas travailler : ne plus bouger, au minimum en tout cas...
 
Il s’attendait à la tempête et elle ne le rata pas. Il agita sa baguette au-dessus de la tête de mule :
 
T’énerver n’est bon ni pour toi, ni pour eux, mon amour. On fera avec... j’y ai déjà réfléchi, oui. Ecoute…  
 
En long, en large et en travers, il lui expliqua les dispositions envisagées.
 
Nous avons déjà Irma au ménage et à la cuisine, nous prendrons une infirmière et une intendante en sus… Pour le resto, t’en fais pas. Je ne me débrouillerai. J’ai été assez sous tes ordres pour être au courant de tout, donc… Euh, bien sûr que je compte exercer. Ste Mangouste m’a offert un poste… mais si, ça ira, te bile pas ! Ne t’occupe de rien, je m’occuperai de tout. C’est bien mon tour, non ?  
 
Il lut une sorte de scepticisme se peindre sur les traits adorés qu’il embrassa avant d’aller avertir sa belle-mère de ces décisions. Chez Carreen et Matt aussi, les appréhensions régnaient :
 
Tu vas te mettre trop de boulot sur le dos, fils !
 
M’Man a raison ! Et si tu crois pouvoir garder Opal oisive, tu rêves, frangin !
 

On s’arrangera, je vous assure. Si quelque chose cloche, vous serez les premiers avertis, ok ? En tout cas merci d’avoir… été là… je n’en reviens pas de ce qu’il m’est arrivé…  
 
Embrassades, promesses, etc. Le travail en Australie les réclamait.
 
La petite annonce placée dans la gazette porta ses fruits rapidement. Opaline tint elle-même à sélectionner le nouveau personnel, ce qui n’étonna pas Erik tout en lui plaisant car ça lui évitait une sérieuse corvée.
Un nouveau rythme de vie s’installa.
Le premier mois, cela alla plus ou moins. Parti tôt, rentré tard, Erik prenait soin de se ménager des soirées en compagnie de son épouse insatiable quant aux détails sur ses longues journées.  
 Sans faillir, il avait plaisir à relater les menus faits :
 
J’ai pu opérer deux fois aujourd’hui. Le professeur Asimov est très satisfait de mon travail… moi aussi, bien sûr !... le droit me manque un peu mais je ne peux pas me couper en deux… euh, oui c’est un point de vue, n’empêche c’est différent.
 
Ensuite, il fallait parler du sujet le plus palpitant pour Opal : le restaurant.
Bien sûr dire que tout allait bien ne suffisait pas à la pointilleuse patronne à qui Erik devait soumettre livres de comptes, précisions sur les menus en cours et évolution générale de son affaire.
 
… cette semaine le plat du jour sera tel que tu les choisis tous, mon amour… je sais que tu te sens bien mais une rechute serait catastrophique !
 
Invariablement, elle lui tirait la gueule se plaignant, pour la forme, de ses petits tracas quotidiens : ennui des lectures, télé et autres « distractions ».
 
… apprends le tricot !
 
Il faillit se prendre un livre à la tête.
 

… La musique, la peinture, etc. rigola-il en s’enfuyant.  
 
Comme Matt l’avait remarqué : faire tenir Opal tranquille n’était pas simple.
 
Parfois, ils discutaient de leurs amis dont ils étaient sans nouvelles depuis un bon moment.
Dans la presse, Opal avait suivi avec passion les remous sentimentaux entre J.O et Angel. Vu la situation, les Nielsen avaient dû renoncer à l’invitation des fiançailles. Ils avaient alors reçu une courte visite de leurs copains ravis d’apprendre l’heureux événement à venir puis tout avait basculé pour eux.  
De Michael, rien… Cela tracassait beaucoup Erik mais il était soumis lui-même à une telle tourmente qu’il laissa filer. De Justin et Sam ? Vague échos de mariage ensuite… ?  
 
L’approche des fêtes de fin d’année augmenta la pression.
Puisque déplacer Opal dont la taille s’était bien arrondie – ce qui lui allait magnifiquement  même si elle râlait – ils décidèrent de convier les Australiens et leurs amis à cette fête de famille.
Le restaurant afficherait complet le soir des deux réveillons ; de plus le service traiteur risquait de déborder malgré les extras engagés.
L’excès de tension nerveuse fut-il à l’origine de la réapparition de la voix fielleuse dans la tête d’Erik ? Probablement.
 
Salut frangin, je ne t'ai pas trop manqué? susurra-t-elle alors qu’il glanait quelques heures de repos pendant sa garde à Ste Mangouste.
 
La peur le baigna de sueur mais Erik reprit directement le contrôle en envoyant l’esprit mauvais aller se faire voir ailleurs. Il résista à l’emprise malgré les sollicitations nombreuses à le pousser hors du droit chemin. Hasard ? La belle infirmière Doherty ne trouva rien de mieux que de déployer son charme au  jeune nouveau toubib. S’arrangeant pour le soulager dans sa profession, il fut évident qu’elle n’hésiterait pas à le soulager plus en profondeur, au besoin.  
 
Ne te mens pas à toi-même, frangin ! Elle est craquante, non ? Surtout avec ta femme qui devient si… hideuse ! Tu ne l’as pas touchée depuis quand, ta femme ?  
 

Va te faire f****e !
 
Le 24 décembre arriva…
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Re: Imbroglio

Message par Opal McLane le Sam Mai 10 2014, 22:36

À quoi bon  se faire du mouron ? La vie n’était-elle pas belle ? Parfaite ? Opal était capable de donner du poison au premier qui aurait l’heur de tenir ce genre de propos.
Oui, la vie avait du bon, sans doute. Elle passait ses journées à se demander où était passé le bon de la sienne.
 
*Ouais, c’est si beau être là, échouée comme une baleine, à gonfler comme une montgolfière, à moisir d’ennui, avec défense de bouger…DÉBILE !!! Pas bouger ! Non mais…et en plus…deux mômes…comme si un seul n’était pas assez…t’es un monstre Opal McLane…tu dois être si heureuse…deux petits bébés, à Erik et à toi…c’est si mimi les bébés…Tu déconnes plein tube…les gosses ça braille, ça exige, ça a besoin de tout…ça bouffe ton temps, consume ta patience, te fout la vie à l’envers…Quel genre de mère dénaturée tu fais, pauvre cloche…*
 

Et ainsi de suite. Cinq mois à tenir à ce régime de repos forcé. Opaline chérie devenait folle rien que d’y penser.  Erik, son amour, se coupait en quatre, en essayant de lui rendre la vie le plus plaisante possible. Plein de petits détails charmants, son beau mari était sans doute le plus adorable des hommes. Opal ne pouvait  se plaindre d’un manquement quelconque, sauf qu’elle n’était pas faite pour cette vie d’inaction et était en passe de perdre la perspective !
Compte tenu que sa vie manquait de toute émotion, il fallait se contenter de suivre celle des autres. Opal devint une avide lectrice de potins, ce qui ne lui avait jamais ressemblé. C’est ainsi qu’elle se passionna pour les hauts et les bas du couple du moment : Angel et son héritier ducal.
De son copain Justin, pas une nouvelle. C’était comme si l’Auror avait disparu de la face de la planète depuis leur dernière aventure. De même pour son beau-frère et sa femme, pas un mot de lui, après s’être vus en Australie, pour ses noces.
 
*S’en vont…chacun fait sa vie…qui s’occupe d’une pauvre fille enceinte, enfermée chez elle ?*
 
Vive l’auto compassion ! Ça allait fort parfois, d’autant plus que les hormones lui jouaient des mauvais tours.  Ses sautes d’humeurs étaient devenues légendaires, et craintes.  Elle pouvait terroriser les domestiques pour après leur briser le cœur en éclatant en sanglots, pour un oui ou un non !
 
*À ce train-là, Erik finira par t’étrangler de ses mains, ou te noyer dans la baignoire…ou…peut-être, il fera simple et fichera le camp avec une autre moins affreuse que toi !*
 
L’idée avait de quoi la faire pleurer un bon coup, pour après  se mettre en rogne contre elle-même et ses bêtises. Bien entendu, mari chéri encaissait tout ça sans trop se démoraliser ni donner signes d’avoir développé un esprit assassin. 
 
J’ai pu opérer deux fois aujourd’hui. Le professeur Asimov est très satisfait de mon travail… moi aussi, bien sûr !
 
Génial, soupirait elle, essayant de démontrer un intérêt moindre …*Zut, j’ai envie  de croquer du poivre vert !*
 
Chéri aimait son boulot. Il aurait aussi voulu s’y mettre avec le droit, mais en toute évidence, le temps lui manquait.
 
Et…tout baigne au resto ?, s’enquérait-elle, avec un peu plus d’entrain, sachant adorer la suite, quand il lui présenterait les livres, les listes d’achats, les menus soigneusement planifiés. Là, elle se sentait revivre un peu, être utile, redevenir le chef, tu sais, je me sens si bien…regarde mes chevilles sont normales, je ne suis pas fatiguée…
 
Et lui de poursuivre, avec sa patience d’ange.
 
Cette semaine le plat du jour sera tel que tu les choisis tous, mon amour…
 
Veux pas le choisir, le foutu plat, veux le préparer… Arrêtez tous d’exagérer, de me couver comme si j’étais vraiment malade…je me sens bien !
 
Je sais que tu te sens bien mais une rechute serait catastrophique !
 
Et c’était reparti pour une ronde.  Pareil le lendemain, le jour d’après et encore la semaine suivante, tout du long. Et l’autre qui se trouvait encore l’esprit de faire de l’humeur en lui conseillant d’apprendre à tricoter, faire de la musique ou se mettre à la peinture.
 
VA AU DIABLE !!!
 
Et tout le monde avait une vie, là dehors, pendant cet hiver blanc et froid.  Ils pouvaient jouir de la neige, jouer avec ou se casser la gueule dessus, au choix. Elle, elle regardait de loin, bien au chaud, dès son beau divan, calée entre cent coussins, en croquant du poivre vert !
La maison marchait, forcément, au doigt et à l’œil. Dès son immobilité, Opal s’arrangeait pour mener le navire à sa guise, et pauvre de qui n’accomplirait pas ses ordres à la perfection. C’est ainsi, qu’elle mit tout le monde en branle-bas de combat, une semaine avant Noel, et discuta, haut et fort, avec la nouvelle cuisinière qui savait divinement son affaire mais avait un caractère digne d’un magyar à pointes
Maman McLane et l’indéfectible Matt, arrivèrent à l’avance, chargés de cadeaux et bonnes intentions, pour se trouver face à une Opal qui crachait du feu et pleurait comme une fontaine, tour à tour, alors qu’un Erik, mitigé, essayait de comprendre ce qu’elle voulait.
 
C’est pas si compliqué que ça…cette guirlande-là, faut la mettre plus haut, l’autre plus bas…et ces lumières, elles sont toutes pelotonnées au même endroit…Mais voyons, mon chéri…t’as pas d’ yeux ou quoi ?...Non, je ne perds pas la tête *Je l’ai perdue il y a un moment !*…JE SUIS CALMÉE !!!...Personne ne me comprend…je finirai par le faire moi-même…oui, c’est ça, vais le faire…Si tu oses lever ta baguette sur moi, il va t’en cuire…J’EN AI MARRE !!!
 
Opal  Caroline McLane, tu restes à ta place et arrêtes de hurler comme une folle !
 

MAMAN !
 
Oui, je suis là et maintenant, ma chérie, tu te calmes !
, petit coup de magie, tu es magnifique, mon petit…comment se portent mes petits enfants ?
 
À partir de ce moment, elle n’eut plus le loisir de l’ouvrir. Maman aux commandes, Erik sembla prêt à pleurer de soulagement. Matt lui agita son bout de bois et mit le sapin en ordre, à son goût, ce qui n’était pas plus mal. Opaline chérie pleurnicha un bon coup, on la consola, force câlins et gâteries, lui promettant que si elle était sage, le 24 on la laisserait quitter son fichu divan.
Papa et les frangins arrivèrent le 24, dans l’après-midi, précédant de peu  les De Brent, qui comme promis se pointèrent avec deux invités inattendus : les Davenport. Opal en pleura de joie. Son humeur subit un changement favorable. Elle était déjà de très bonne humeur, riant comme pas depuis longtemps quand des nouveaux arrivants furent annoncés.
 
ANGEL , J.O…C’est merveilleux…Je suis si heureuse…Alors, vous vous mariez ou pas ? Ah bon ? Si vite ?...Je voudrais dire que je serai là mais on sait de quoi il en va…
 

Ravie présenta Angel et son fiancé à sa famille, pour les autres, ils étaient déjà des vieux amis. La réunion s’annonçait sous les meilleurs augures. La bonne humeur régnait, tout le monde était heureux et le repas s’avéra digne des palais les plus exigeants.
Et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes…
Opal déballait un des cadeaux reçus quand soudain tout sembla s’engouffrer dans un tourbillon effréné, elle soupira en portant une main à son front avant d’accrocher son mari de l’autre.
 
Sais pas…mais…ça ne va pas dut tout…
 
Elle perçut son expression angoissée,  alors que ses paroles se perdaient, mêlées au bourdonnement assourdissant qui lui battait les tempes. Elle n’eut aucune conscience de la suite…
Flotter. Que c’était bon. Pas d’encombrante gravité vous attachant au sol. Elle flottait comme une plume livrée à la brise, légère,  dans un crépuscule splendide,  dérivant vers l’horizon, sans angoisses, loin de tout, des tous, mais insouciante de cette paisible solitude.
Puis cette voix insistante, la pressant d’ouvrir les yeux, l’enjoignant de cesser son envol radieux. Opal résista de son mieux mais déjà la sensation d’être une plume s’estompait. Rattrapée, accrochée, elle voulut reprendre l’envol mais on la retenait.  La voix d’Erik…angoisse, chagrin, suppliques…
 
Mon Dieu, quel foin…Suis désolée de m’être endormie !
 
Elle regarda tour à tour Erik, qui souriait bêtement, sa mère qui épongeait une larme, une  jeune femme brune qui la considérait, soulagée.
 
Vous en faites des têtes…mais…où sommes-nous ? C’est pas ma chambre !!...Chéri…que…se passe-t’il ?
 
Erik, ému au-delà des mots l’étreignit délicatement avant de céder la place à sa belle-mère.
 
Opal, ma petite fille…que tu nous as fait peur…, sanglotait Maman en la serrant doucement dans ses bras.
 
Ce qu’on lui rapporta par la suite faillit la renvoyer dans les vapes. Cela faisait plus d’une semaine qu’elle voguait dans les limbes.
 
QUOI !? J’ai raté le Nouvel An ?
 
On le fêterait de nouveau, au besoin ! Remis plus ou moins des émotions, Erik voulut lui présenter la Dr. Von Falkenberg, à qui, selon ses dires, elle devait sa vie et celle des bébés. La jeune femme assura ne pas avoir été seule dans cette lutte efforcée, avant d’ajouter d’une voix douce et grave, que pour que tout finisse bien, il fallait du temps pour que les bébés soient assez mûrs pour vivre et que pour cela, le plus absolu des repos  serait nécessaire.
 
Et…je parie que cette notion d’absolu n’admet aucune nuance, n’est-ce pas ?
 
Ysaline Von Falkenberg sourit en lui passant sa main fraîche sur le front en disant quelques mots dans une langue inconnue qui eurent l’heur d’apaiser son esprit.
 
Alors…je vais dormir…jusqu’au printemps, soupira Opal en serrant la main de son chéri, je serai sage…vais dormir…je t’aime…je …
 

Black-out…
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Re: Imbroglio

Message par Erik Nielsen le Jeu Juin 05 2014, 10:31

Un cauchemar, l’enfer au quotidien, voilà ce que vivait Erik Nielsen depuis des semaines. Le pire est qu’il n’osait l’ouvrir à personne, tentant encore de se persuader que la voix qui le hantait n’était que le fruit d’une perturbation psychique. Pourquoi cette voix avait-elle les inflexions de sa sœur ? Elle l’appelait frangin, donc… Mais pourquoi son esprit créait-il cette torture mentale ?
 
*Parce que tu deviens dingue ! Je demanderai à Michael s’il y a des cas de folie chez les de Brent… à moins que du côté de ma mère… ?*
 
Il ne savait plus à quel saint se vouer tout en faisant de son mieux pour que nul ne remarque à quel point il était perturbé.
Entre un boulot monstre tant à l’hôpital qu’au resto et à la maison où il devait subir la sempiternelle mauvaise humeur d’Opaline chérie, Erik se sentit au bord du gouffre vers lequel, régulièrement, la voix l’attirait.
Quand il réalisa que, pour un peu, il se serait trompé avec le traitement prévu pour la brûlure magique d’un sorcier maladroit et, qu’en plus, il avait plusieurs fois lorgné le généreux décolleté de l’infirmière Doherty, il déclara :
 
Je prends la semaine entre les fêtes, Dr Asimov. Ce n’était pas prévu, je sais. Virez-moi ou trouvez un remplaçant, je suis à bout.  
 
Son chef n’était pas un tyran, ni un idiot. Il avait repéré le talent de Nielsen ainsi que les signes avant-coureurs de dépression. Erik avait carte blanche aussi longtemps que nécessaire :
 
Revenez-nous au top, DR Nielsen. Joyeux Noël !  
 
Tu parles ! Chez lui, Erik perdait la boule… de Noël. Opaline avait décidé un grand réveillon et le voulait parfait. Évidemment, rien de ce que faisait Erik ne l’agréait :
 
…cette guirlande-là, faut la mettre plus haut, l’autre plus bas…et ces lumières, elles sont toutes pelotonnées au même endroit…Mais voyons, mon chéri…t’as pas d’ yeux ou quoi ?...
 

Fais ce que je peux… Reste calme, mon amour…
 
JE SUIS CALMÉE !!!...Personne ne me comprend…je finirai par le faire moi-même…oui, c’est ça, vais le faire…Si tu oses lever ta baguette sur moi, il va t’en cuire…J’EN AI MARRE !!!
 
Une voix céleste intervint miraculeusement :

Opal  Caroline McLane, tu restes à ta place et arrêtes de hurler comme une folle !
 
Belle-maman ! Avec elle à la barre, sa diablesse d’épouse rentrerait dans le rang.
Extrêmement reconnaissant, Erik put se consacrer au « chez McLane » où les commandes débordaient.
Pour combler son épouse, il aurait fait n’importe quoi. Aussi, n’avait-il pas hésité à convier au réveillon quelques têtes très connues. Elle sembla aux anges quand ils débarquèrent, donc il le fut aussi. Tout tournait autour d’Opal et de sa précieuse portée. Lui qu’était-il sinon le responsable des ennuis de santé de son épouse ? Il aurait souhaité pouvoir au moins bavarder à bâtons rompus avec son frère mais Davenport l’accaparait :
 
*Normal… ils sont frères depuis plus longtemps que nous…*
 
Parfois, il sentit peser sur lui le regard sagace de sa belle-sœur.
 
*Ne reste pas dans son champ de mire, c’est une ennemie ! Elle est jalouse qu’Opal soit enceinte et pas elle !*
 
Sa mauvaise conscience avait sûrement raison, il obéit.
Le repas, concocté de mains de maitres par Sam, Justin, Alix et lui-même, reçut un franc succès.
Minuit sonna, on s’embrassa. Puis tout partit en vrille, Opal en tête.  
Tentant de freiner sa panique face au tableau désolant offert par son épouse en pâmoison, Erik se montra très professionnel. La baguette promenée sur la patiente ne lui révéla aucun signe de la redoutée éclampsie. Tous les signes vitaux étaient en folie, Opal souffrait, les bébés aussi.  
 
 Erik, puis-je…
 
L’ennemie, la jalouse voulait intervenir ?
 
*Elle va leur faire encore plus mal !* lui insuffla la voix fielleuse.  
 
JE T’INTERDIS DE T’APPROCHER SUPPÔT DE SATAN ! Moi seul vais m’en occuper !
 
Complètement à la masse, Erik prit la seule décision sensée selon lui : direction Ste Mangouste.  
 
Aux urgences, il débarqua comme un fou :
 
C’est ma femme ! Je veux une chambre privée, des analyses, appelez Asimov !
 
Le personnel, reconnaissant le doux Dr Nielsen dans l’être hagard qui vociférait, se plia aux injonctions.
Erik trembla et transpira en installant son adorée dans des draps frais. Par contre sa main fut ferme en ponctionnant les liquides nécessaires au dépistage du mal étrange qui abrutissait son épouse.  Le Dr Asimov, grognon d’être rappelé de son réveillon, ne put que confirmer les dires de Nielsen :
 
Ça ne concorde avec… rien ! Tout risque d’empoisonnement doit être écarté. Résultats d’analyse ?
 
Négatifs ! J’ai hautement surveillé sucre et salinité, tout est normal. La recherche de toxine en dira peut-être plus…
 
Soyez courageux, Dr Nielsen… parfois, nous devons faire des choix difficiles…
 
ILS VIVRONT ! TOUS LES TROIS !
 
Nuit de folie. Noël, Noël ? ! À d’autres !
 
Ne me fais pas ça, ne nous fais pas ça !! Opaline, mon cœur…
 
Une dure lutte s’engagea avec des hauts et des bas. L’unique personne hors cercle médical qu’il autorisa à approcher fut sa belle-mère. Lorsque Carreen était au chevet de sa fille, celle-ci semblait mieux.  
Qu’y a-t-il de plus affreux qu’un soi-disant puits de science tari face au cas le plus intime ? À part se frapper la tête aux murs, Nielsen était acculé. Lavinia Dexter, appelée Merlin sait pas qui, en perdit aussi son latin. Comme Asimov, elle ne suggérait que l’avortement thérapeutique d’au moins un des bébés. Erik l’envoya aux diables !  
N’empêche qu’il gambergea à toutes pompes malgré son abrutissement de plus en plus marqué.  
Michael avait dû faire un choix, lui aussi. Il avait préféré Alix plutôt qu’un être diabolique. Serait-il possible que les gosses se battent en Opal ??
 
*Laisse tomber ta femme ! Des dizaines d’autres s’offriront à toi. Garde un enfant si tu veux mais ce n’est pas obligé. Tu seras tellement plus libre…*

 
*FOUS-MOI LA PAIX !*
 
Le 31/12, il le passa entièrement au chevet d’une Opal en grande défaillance. Que faire ? Les fœtus étaient inviables à ce stade de développement, même pour des sorciers. Une exsanguination totale peut-être ?
En désespoir de cause, Erik fouilla son portefeuille et, par hasard, tomba sur la carte laissée par John Smith. Ce gars-là, il s’en souvenait à peine mais ses dernières paroles l’avaient frappé :
 
Erik, Opal et toi vous m’avez dépanné plus d’une fois quand j’étais pauvre comme Job. Si je peux t’aider… Voici mon numéro…     
 
Le portable s’activa :
 
John, c’est Erik… Bonne année aussi mais tu m’as proposé ton aide et je ne sais plus à qui m’adresser. Ma femme va au plus mal, j’ai tout tenté…
 
Tu ne pouvais pas mieux tomber. Je t’amène la meilleure au monde, panique pas !  
 
Smith ne mentait pas. Erik le pigea dès qu’il croisa le regard du Dr Von Falkenberg. Dare dare amenée au chevet d’Opal, Ysaline le questionna de façon incisive. Lorsqu’elle l’éjecta en réclamant Alix, il perdit les pédales. La vérité révélée ensuite l’anéantit. Il dut avouer :
 
J’ai beaucoup réfléchi mais oui… c’est possible que ce soit un envoûtement… j’ai contrarié quelqu’un qui avait appelé un démon… La voix que je perçois n’est que le fruit de ma culpabilité, rien d’autre… Ça s’est passé ainsi…
 
Et de raconter sa banale intervention sans mentionner de nom.
 
Pour Alix et Ysaline il ne faisait aucun doute qu’une entité le possédait, le contraignait à agir en dépit du bon sens.

Tout ira bien maintenant à condition que vous vous éloigniez d’elle ou que vous éliminiez votre démon.
 
Alors c’est bien de ma faute ? J’ai tué quelqu’un qui se venge sur moi à travers eux ? Je ferai tout ce qu’il faudra…  
 
Facile à dire…  
Opaline battit des paupières et considéra la petite assemblée d’un œil circonspect :

Vous en faites des têtes…mais…où sommes-nous ? C’est pas ma chambre !!...Chéri…que…se passe-t’il ?
 
Rien, rien, tout ira bien maintenant, s’étrangla-t-il en l’embrassant doucement.
 
Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire. Au moins, sa femme sembla comprendre qu’il était impérieux qu’elle se déconnecte plusieurs mois encore.
 
C’est pour ton bien et celui des enfants, mon amour. Je t’aime à l’infini… 
 
Alors…je vais dormir…jusqu’au printemps, je serai sage…vais dormir…je t’aime…je …
 
Il pleura sans retenue tandis qu’on le retirait de force de son adorée.
Entraîné contre sa volonté chez lui, il fut soumis à « la question ». Ses juges : Carreen, Alix, Matt et Michael.  Apparemment, ils désiraient lui faire cracher le morceau, révéler l’identité de l’esprit mauvais qui l’obsédait.
 
Je n’ai jamais dit à quiconque de se tuer, protesta-t-il avant de se murer dans un silence obstiné.  
 
*Te laisse pas faire, frangin. Ils mentent, ils mentent tous ! * 
 
Vrai, faux ? Ce qui est sûr c’est que sa garce de belle-sœur, aidée des autres le clouant à la renverse, lui fit avaler un truc qui l’expédia dans les limbes.
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Erik Nielsen

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Re: Imbroglio

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