Un souci? Appelez Key !

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Un souci? Appelez Key !

Message par Key le Ven Fév 21 2014, 22:41

Une fée sans aile ? Quelle ignominie !
Là, plantée sur un bout de nuage, Key attendait qu’une âme en peine daigne accorder la considération voulue à son carton d’invitation.
 
*Sont vraiment bizarres, ces humains !*
 
Que penser d’autre des êtres auxquels elle était supposé s’attacher alors que nul ne se manifestait ?  
Pourtant, à l’école, on n’avait pas arrêté de leur raconter – à elle et ses soeurs – que les mortels avaient la fâcheuse habitude de se fourrer dans des ennuis incroyables, et qu’ils ne cessaient d’implorer à l’aide. Oh oui, elle avait répondu à quelques appels de moldus qui cherchaient… leur clé de voiture ! Avec ça… Même pas un bourgeon d’aile ne s’était dessiné. Plus ardue serait la tâche, plus vite son dos s’embellirait.  
En désespoir de cause, elle déversa de nouveau une brassée de ses bristols si savamment pondus.  
Le nuage qui, jusqu’alors, survolait des contrées peuplées, changea brusquement de cap.
 
*Mince ! Une bourrasque !*
 
Réflexion faite, il s’agissait plutôt d’un emballement des éléments. L’accélération fut telle que Key préféra s’allonger et s’accrocher.  
 
*Un orage ? Pire ? *
 
Elle ne paniqua pas, se sachant parfaitement capable de remettre ces choses atmosphériques en ordre rien qu’en claquant des doigts. Seulement, la gamine était curieuse et… désoeuvrée. Autant se laisser porter au gré des vents.
 
*On verra bien où ça nous mènera !*
 
Pour ce qui est de voir, sous son léger duvet de vapeur, elle ne vit qu’une mer de plus en plus déchaînée qui gonflait des dos sombres comme animée d’une sarabande d’animaux furieux. Au-dessus, le ciel ressemblait à un embouteillage des cousins sauvages de son coussin de plume. À croire que la réunion de famille tournait plus qu’au vinaigre. Bientôt leur colère dégénéra et certains laissèrent éclater leur fureur en zébrures fulgurantes tandis que d’autres crevaient des larmes trop longtemps contenues.  Transformée en soupe, Key rigola d’être ballotée mieux que sur un manège en folie. Néanmoins, elle déchanta lorsqu’une ruade de son doux nuage expédia son sac de cartes par-dessus bord, sans qu’elle puisse le rattraper.
 
*Zut ! Vais devoir en réécrire une tonne !*
 
Bristols et trombes d’eau plurent abondamment sur le désert saumâtre d’une écume ténébreuse.  
Rien ne se calmant, Key soupira. C’était absurde de rester là, au bout du néant ; le jeu était fini pour elle. Cependant quelque chose d’indéfinissable la retenait encore d’aller voguer vers des cieux moins hostiles.
 
*Qui sait ? Un marin perdu lira peut-être ma carte de visite ? *  
 
Elle patienta malgré la lassitude et la nausée qui s’annonçait à force d’être secouée tout azimut.
Au bout d’un xième soupir, la petite fée crut avoir rêvé. Ne venait-on pas de prononcer son nom ?
Attentive, elle n’en revint pas quand le phénomène se reproduisit. Sous le choc, elle se redressa, son petit cœur battant la chamade :
 
*Allez, courage ! Encore une fois… dis-le, dis… le !*  
 
YEPPEEE !!!
 
L’effet fut immédiat. Fini le nuage, Key sentit un sol dur sous ses orteils nus. Étrange sensation, mais pas autant frappante que le décor inédit découvert par ses yeux de chat averti.
 
*Une cellule ? Mon patient est en taule ? Miam ! *
 
Voilà quelque chose de très excitant ! Qu’y a-t-il de plus désespéré qu’un condamné à mort ?
Des mirettes normales n’auraient pas distingué grand-chose dans ce réduit. Key s’arma de courage pour aborder la forme humaine ramassée contre le mur éborgné d’une solide grille par laquelle les lueurs du ciel d’orage, seules, pénétraient. Les ongles sales du pauvre agrippaient un bristol, son bristol, comme un naufragé sa bouée.
 
Monsieur ? Vous m’avez appelée monsieur ? Je suis là… Je suis Key.  
 
Une barbe hirsute se leva vers elle qui détailla aussitôt les caractéristiques de son possesseur.
 
*Wow ! Il est pas mal pour un premier vrai  désespéré !* Je suis venue vous aider, Monsieur !
 
Oh Seigneur, La démence ravageait déjà ce blondinet. Le rire qui fusa le prouva. Le sourire engageant de Key s’effaça :
 
Vous êtes déçu, c’est ça ?... non, je ne suis pas une naine, voyons !... Ni une hallucination non plus. Cessez de rire ainsi, vous moquer de moi est vexant à la fin,  Michael !
 
Tiens, elle l’avait intéressé. Un peu rassérénée, Key mit direct les choses au point :
 
Je suis petite, soit ! Je n’ai pas encore mes ailes, ni ma baguette mais ne suis pas idiote pour autant ni ne possède deux mains gauches… Je suis là pour aider, vous empêcher de sombrer, vous comprenez ?
 
Sa réponse valut une nouvelle douche froide à la gamine.
 

Euh… non. Je ne peux pas vous faire sortir d’ici, je… Restez correct, Michael De Brent ! Laissez-moi au moins une chance d’essayer… s’il vous plaît ( murmure implorant)
 
Ah, il se calmait à nouveau.
 
C’est bien de rester tranquille, comme ça je peux mieux lire vos pensées et comprendre ce que…
 
Une série de « oh » et de « ah » s’en suivit. Quelle histoire, celle de ce gars !  
 
Bien, bien… toussota-t-elle, à vrai dire dépassée.  Je… Avant tout, il faut que vous résistiez à l’emprise de ces créatures infernales… Moi ? Euh, non. Jamais croisée mais d’après ce que vous avez pensé, je sais ce qui les fera fuir, leur fera très peur… Maintenant, avec votre permission, je voudrais vous toucher, Michael. Je peux ?
 
Une menotte se posa sur la poitrine au souffle rauque. Une sorte d’aura rayonna autour de ce contact immatériel. Le thorax se souleva, plus fort ; les traits chiffonnés se détendirent ; l’œil éteint s’illumina.
 
Gardez cette chaleur en vous, Michael. Je vais revenir très vite... ben, secouer les puces à vos amis, bien sûr ! À bientôt !  
 
En se frottant les mains, Key rebroussa chemin.   
 
Moins d’un quart d’heure plus tard, elle revint auprès du prisonnier qui avait meilleure allure qu’en le quittant :
 
J’ai vu vos amis, Michael… oui… enfin, non, ils sont à cran mais feront tout ce que je leur dirai de faire… Non, je n’ai pas encore de plan précis, je… eh, calmez-vous ! Je lis vite dans les gens mais faudrait peut-être y mettre du vôtre ! Livrez-moi tout, je saurai qui vous en veut, et comment le battre…  
 
Moins de deux minutes plus tard, elle sut.      
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Re: Un souci? Appelez Key !

Message par Michael De Brent le Dim Fév 23 2014, 01:11

Sombre. Humide. Froid.  Le décor était le moindre mal en ces lieux oubliés de Dieu et Merlin.  C’était cette sensation de profond désespoir qui lui fêlait l’âme, réduisant à néant sa capacité d’espoir, vainquant sa résistance,  abrogeant  son arrogance.  Croupissant au fond d’une cellule à Azkaban, Michael De Brent, connaissait la turpitude ultime.
Par quelque misérable tour du destin, son existence était partie en cours de malheur assuré. Il pouvait mettre un nom à l’artifice de tant de misère  mais l’invoquer ou le maudire n’avait rien donné. On l’avait abandonné à son sort. Aux dires de ses geôliers, très bavards pour communiquer le pire, il devait son sort au colonel Davenport et à sa belle promise, Alix Blackstorm.
Ces aveux non requis l’avaient assommé. Justin  le trahissant, Alix lui tournant le dos. Trop étant trop, il avait cessé de réagir aux provocations de ses geôliers. Celle-là était une terrible charade, il avait joué sa vie au nom d’une noble cause, sachant sciemment que les retombées pourraient être dramatiques, mais jamais telles que celles endurées. Torture était son jour le jour, pour la raison qui soit. Interrogatoire serré ou simple saute d’humour du garde chiourme. On lui avait appliqué tant de Doloris qu’il était près de perdre le peu qui lui restait de raison.
Mais sa souffrance la plus cuisante, celle qui l’achevait était perdre Alix.  Dieu et Merlin lui en seraient témoins, il l’aimait comme on n’aime qu’une fois dans la vie. Temps précaire d’espoir, de rêve, il avait cru mériter une rédemption et droit au bonheur, comme tous et chacun.  Rêver d’un futur ensemble, de paix, d’amour, de famille. Il n’avait, jamais auparavant, envisagé d’y penser…pas de temps, pas d’envie, aucune des femmes croisées  avant Alix n’avaient mérité la moindre de ses considérations…Elles n’avaient été qu’un agréable passe-temps partagé en bonne connaissance de cause, mais Alix, c’était autre chose….Alix, c’était l’Amour pour de bon. Alix était tout… autant que Justin était plus que son frère…
 
Il avait perdu le décompte des jours. L’horreur de l’angoisse , la douleur de la solitude s’y  prenaient bien pour le situer parfois dans un limbe au-delà de la réalité, où tout n’était pas forcément  plus plaisant, il avait affaire alors avec des vieux démons, à  des souvenirs  de famille dont il se serait très volontiers passé.
 
Douleur  totale, l’enserrant dans un carcan sans miséricorde, le privant de tout droit de pensée cohérente. Recroquevillé dans un coin de l’infâme paillasse, cherchant à trouver un peu de chaleur  avec les loques misérables de ce qui tenait lieu de couverture, l’orgueilleux Michael De Brent essayait de s’accrocher au plus minime sens de survie…
Délire ? Folie ? Peu importait. Le bristol entra par la lucarne ouverte à vent et pluie, ondoya dans un courant d’air et vint de poser presque dans sa main, tendue dans un geste d’halluciné.
 
Dépannage express ? Key, Key, Key ! Résultats surprenants garantis! »

C’était si absurde que son rire de fou fusa pour crever en sanglot. Ironie douloureuse. Une invitation inédite à l’espérance tombée du ciel…Un signe ?
 
*Pour ce que tu as perdre…t’est mal foutu de toute façon…allez, viens m’aider donc Key…Key…tu es vraiment fou, mon porte…Key !*
 
Monsieur ? Vous m’avez appelée monsieur ? Je suis là… Je suis Key.  Je suis venue vous aider, Monsieur !

C’était trop pour lui. Il avait répété trois fois un nom et maintenant ça…Le rire revint, fusant aigu, dément déjà, irrépressible, effrayant presque. L’apparition cessa de sourire.
 
Vous êtes déçu, c’est ça ?...
 
Déçu ?...Déçu, moi…mais pourquoi donc ?, ironisa t’il d’une voix éraillée en riant toujours comme le fou qu’il était, d’abord le Djinn et maintenant…une naine…
 
La voilà pas contente du tout, elle fronça sa jolie frimousse et le considéra, pleine de censure :
 
 Non, je ne suis pas une naine, voyons !
 
Qu’est-ce que ça peut faire ?...j’hallucine…
 
Elle insista sur le contraire, véhémente en lui demandant de se taire d’une fois pour toutes. Peu importait ce que Ça pouvait être, en tout cas, Ça ne manquait pas de caractère et le fait qu’elle l’appelle par son prénom, le fit reconsidérer la situation. Il essaya de prendre une attitude un peu plus digne mais son corps endolori refusa tout mouvement.
 
T’es qui…ou quoi alors ?
 
La « petite » débita sagement son laïus où il était question d’ailes, de baguette, de ne pas être idiote et d’être là pour l’aider. Joignant laborieusement ces informations, Michael crut comprendre avoir affaire avec une fée. Il en avait entendu parler, comme tous et chacun dans  le monde sorcier .
 
Je suis là pour aider, vous empêcher de sombrer, vous comprenez ?
 
Vraiment ?, ricana t’il, alors sers toi de tes pouvoirs et sors moi de là.
 
Euh… non. Je ne peux pas vous faire sortir d’ici, je…
 
M’en doutais…allez, fous le camp…fous le camp !!!
 
Peine perdue, elle était tenace, la petite fée et lui, trop fatigué pour discutailler alors qu’elle l’implorait presque de se calmer pour pouvoir scanner son esprit. Vaincu par tant de candide empressement, il la laissa faire. Suivant ses exclamations surprises ou horrifiées, Michael eut presque honte de livrer si facilement les profondeurs de son âme à un être si doux et innocent, du moins en apparence.
Le résultat ne devait pas être bien fameux, mais courageusement, elle poursuivait sa mission de bonne foi. Elle assura même être en position d’épouvanter les Détraqueurs, s’il en avait eu la force, le prisonnier aurait rigolé mais déjà Key le surprenait avec une nouvelle requête.
 
Maintenant, avec votre permission, je voudrais vous toucher, Michael. Je peux ?
 
Te gêne pas, maugréa t’il en toussant, cette fois.
 
Quel contact subtil, lénifiant. Le premier geste de douceur  à son encontre depuis le début de ce cauchemar. Une bienfaisante chaleur sembla irradier tout son corps, l’emplissant d’une sensation  de merveilleuse énergie, comme un nouveau flux de vie. Le malaise abrutissant qui l’accablait s’estompa,  tout comme ce désespoir insidieux qui l’anéantissait.
 
Tu es vraiment une fée, murmura t’il, une petite fée…
 
Elle sourit, mutine et ravie.
 
Gardez cette chaleur en vous, Michael. Je vais revenir très vite...
 
Non, ne pars pas…pas si vite…Où vas-tu, si pressée ?
 
Ben, secouer les puces à vos amis, bien sûr ! À bientôt !
 
Le temps d’un battement de cils, elle avait disparu. Michael se laissa aller contre les froides pierres du mur avec une plainte sourde. Un rêve. Ce ne pouvait être que ça.  Dans sa folie, le besoin exacerbé d’une voix amie lui jouait des mauvais tours.  Il avait tout imaginé, pour nourrir son propre espoir mais peu à peu, une nouvelle certitude s’immisça dans son esprit troublé : le froid pénétrant dû à la présence constante des Détraqueurs avait disparu et avec, l’angoisse étouffante.
 
C’était vrai alors !, exclama t’il à voix haute, c’était vrai…Elle va revenir ! Elle a promis…
 
Dans un regain de force, il parvint à redresser sa carcasse endolorie, sans le loisir de faire un pas, vu la misérable longueur de la chaîne qui le retenait. Des idées folles cavalaient allègrement dans sa tête, misant sa chance sur la miraculeuse apparition, frôlant quasi l’optimisme, sans trop se demander comment « sa » petite fée s’arrangerait pour redresser tant de torts et le tirer de là. Il était là à savourer  ces promesses incertaines quand, sans préavis, elle fut de retour, comme escompté.
 
Tu as fait vite !, remarqua t’il, et alors ? Tu as vu Alix et Justin ?...Oui…et alors ?
 
Oui… enfin, non, ils sont à cran mais feront tout ce que je leur dirai de faire…
 
Parfait ! Et ce sera quoi ?
 
Qu’elle avoue ne pas avoir encore l’esquisse d’un plan, le fit voir rouge mais la petite fée fit vite de le tancer :
 
Eh, calmez-vous ! Je lis vite dans les gens mais faudrait peut-être y mettre du vôtre ! Livrez-moi tout, je saurai qui vous en veut, et comment le battre…  
 
Pas grand-chose à dire sur cela, il n’y qu’un être humain sur terre qui peut me haire de la sorte pour me faire subir ceci…ma sœur Ariana !

Cet aveu consterna Key, qui ne pouvait pas comprendre tant de noirceur d’âme pour flétrir un lien fraternel.
 
Pas eu de chance avec la famille, laissa t’il tomber, las, pas la peine de s’attarder sur le thème… mais dis…Alix va bien ?
 
Key n’avait pas eu le temps d’étendre ses considérations à ce point. Tous  ceux rencontrés étaient passablement exaltés,  énervés, confus. Entre autres elle mentionna son frère Erik, et il se sentit coupable de l’avoir presque oublié, centré sur sa propre misère. Elle voulut néanmoins le rassurer sur la teneur d’une possible relation entre Justin et Alix.
 
J’ai failli y croire ferme, avoua t’il, ils me l’ont tant rabâché…si ça avait été vrai…

Key le houspilla gentiment en lui conseillant d’oublier tout ce que ces « mauvaises » gens avaient voulu lui faire gober, que leur unique but était de le réduire en état de loque, tant au mental comme au physique, et il fallait dire qu’ils avaient été très près d’y réussir.
Elle resta encore un moment, devinant sans doute son besoin de parler à quelqu’un d’autre qu’à soi-même, puis, sur des derniers mots de réconfort et encouragement, s’en alla, avec la promesse de veiller sur le bon déroulement du plan qu’elle finirait bien par concocter et de revenir lui en donner des nouvelles.
 
 La soudaine célérité ministérielle pour expédier son cas avait de quoi surprendre. Après l’avoir laissé croupir impunément, l’ignorant comme au dernier rebut de la société, la machinerie se mettait en mouvement avec soupçonneuse rapidité.
 
Tu es verni, pourri…on te concède une audience pour toi tout seul…demain !, annonça le garde du soir au temps de lui passer la tambouille infecte qui passait pour nourriture.
 
Demain ?...Ici ?...

Aucune autre information ne fut fournie. Le lendemain on le tira de son cachot et Détraqueur à la clé, on le fit trasplaner hors de la prison.  Une forte escorte d’Aurors hargneux, l’entoura. Il avança, en traînant ses chaînes, le long d’un couloir mal éclairé.  On était au Ministère.
 
*Audience ? Tu veux rire…vais être jugé, sans plus !*
 
Cette idée le démoralisa. Il n’avait pas eu des nouvelles de Key depuis l’avant-veille et pour autant ignorait tout ce qui pouvait se tramer.  Il fut rapidement mis en connaissance de cause. On le fit entrer dans une salle semi circulaire, faite pour accueillir une nombreuse audience, mais déserte pour les effets.  Sur une estrade plus élevée, la place du juge et celle du procureur. Des documents empilés parlaient de l’imminence de ces présences. Par contre, la place qui aurait dû être destinée au défenseur, apparaissait tristement vide.
 
Une voix de stentor annonça le début des « réjouissances ».
 
Séance présidée par l’honorable Dolores Ombrage, procureur  au nom du Ministère de la Magie Britannique,  Sa Grâce le Duc de Gilmore, Howard Strang.

Il n’eut pas le temps de sortir de sa stupeur qu’on le forçait à s’asseoir dans un fauteuil face à l’estrade où des fers magiques l’emprisonnèrent.
 
Qui a permis la présence de ces personnes ?, gronda le Duc, visiblement hors de lui, celle-ci est une audience à huis clos…Sortez immédiatement !
 
D’où il se trouvait, Michael ne pouvait pas voir les interpellés mais un frisson lui courut le dos. Elle était là…Son Alix était là, bravant d'évidents interdits…
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Re: Un souci? Appelez Key !

Message par Michael De Brent le Ven Mar 14 2014, 00:31

Sa Grâce le duc de Gilmore ne nous reconnait donc pas ? N’est-ce pas elle-même qui nous a ordonnés d’être présents ?

Si Michael avait tressailli en entendant cette voix grave et assurée, que dire du Duc qui, après une minime hésitation, changea de ton et expression  en invitant gracieusement  « ses amis » à prendre place. Revirement assez incompréhensible. On remuait mal à l’aise dans les rangs du Magenmagot, mais rien de comparable à ce qui s’en suivit.
Entravé à sa place, Michael était perclus de fatigue, faim et autres menues misères, mais son esprit retrouva assez de vivacité pour suivre le décours ahurissant de cette audience. Une joute singulière opposait, de manière surprenante, Sa Grâce le Duc de Gilmore et la tant abhorrée Dolores Jane Ombrage qui, jusqu’à ce jour, avait fait et défait à sa guise au Ministère. 
Le prisonnier suivait le débat, comme tous et chacun, balloté entre la stupéfaction et la plus féroce des satisfactions.  Ombrage, sa bête noire par excellence, s’en prenait plein sa face porcine.  Avec pointilleuse exactitude, Gilmore abattait ses cartes et mettait à découvert, encore une, de ses immondes manigances.
 
N’est-ce pas vous qui êtes venue me trouver dans le bureau où j’étais reclus pendant ma « mort » me faire part d’un plan efficace afin de capturer celui poursuivi par votre haine implacable, ce depuis de nombreuses années ?

Voilà qui rendait l’affaire presque personnelle. Mais ce ne fut pas tout, le Duc ne se gêna pas pour enfoncer implacablement le clou. Il y allait de rétention de documents  de vitale importance, d’utilisation de sortilèges impardonnables et pour taire finalement tout essai de proteste, ce dont Mrs. Ombrage ne se priva pas, fit entrer un huissier très solennel qui exhiba un bien nourri dossier en expliquant, d’un  ton grave, l’avoir récupéré suite à la perquisition des bureaux de la Présidente.
Michael avait  le tournis, son cœur cognait si fort dans sa poitrine que ça faisait mal. Ces précieux documents étaient son passeport à la liberté et furent reconnus comme tel.
D’un instant à l’autre, ses fers disparurent.
 
MICHAEL !
 
Il n’avait d’yeux que pour elle. Son Alix, qu’il cueillit en une étreinte délirante où se mêlaient rires et larmes.
 
Mon amour…enfin…je ne le croyais plus possible !, murmurait-il entre deux baisers, je t’aime…
 
Sans la lâcher, il reçut l’accolade de Justin, celle de son frère…Si on lui parla, Michael n’en capta rien, étourdi d’émotion et fatigue, ne rêvant qu’une chose, sortir de là avec Alix, disparaître aux yeux du monde et avoir la paix mais il était dit que rien ne se passerait comme prévu…
Au milieu de la liesse des retrouvailles,  il perçut l’alarmante pâleur d’Alix et la sentit s’écrouler doucement dans ses bras.
 
Alix…qu’est-ce que…À L’AIDE !!! Bon sang…Alix se trouve mal !
 
Mais ce n’était pas que ça, plus que se trouver mal, elle allait mal…très mal ! Une équipe d’urgences médicale fut mandée et avant de se rendre vraiment compte de ce qui se passait, il se retrouva à Ste. Mangouste avec ses amis anxieux, bravant la sécurité de lieux qui voulait peu l’écrouer de nouveau en le croyant, les imbéciles, évadé de la prison. On les tira de la bévue mais à l’heure de vouloir accompagner sa chérie, le seul autorisé à le faire fut Justin, ce qui le rendit presque fou furieux.
 
Michael, Michael, c’était Erik, qui le retenait fermement en essayant de le raisonner, pour eux c’est lui le fiancé d’Alix. Laisse-le y aller, au moins on aura des nouvelles.  
 
Ouais…c’est bon, grommela t’il en se défaisant de sa poigne secourable, incapable de réagir autrement, laisse…ça va aller…
 
Rien n’allait sinon de travers. Il aurait dû être en train de fêter sa liberté et au lieu de ça, se morfondait d’angoisse dans un couloir d’hôpital. Il tenait à peine debout mais ne voulut rien savoir d’un quelconque secours ou appui, préférant aller broyer du noir dans un coin, se montrant suffisamment hargneux comme pour tenir tout le monde à l’écart.
Après ce qui sembla une éternité, Justin apparut en compagnie de la dernière personne censée de se trouver là  et qu’il n’aurait voulu voir, car sa présence ne pouvait signifier que danger imminent.
 
Question de vie ou de mort. Justin ne veut pas se prononcer sans votre accord, Mr. De Brent…
 
Tant de gravité ! Il se redressa, lui faisant face, tremblant déjà, pressentant le pire.
 
Qu’est ce…qu’y a-t-il ?
 
Il faut choisir… Alix ou l’enfant, votre enfant !
 
Un coup de massue n’aurait eu d’effet plus assommant, Justin le soutint à temps alors qu’il chancelait comme un ivrogne.
 
Enfant ?, répéta t’il abasourdi, je…je ne savais pas…Je veux voir Alix !
 
Oui, bien sûr !, elle le prit fermement du bras, tu es sûr de tenir sur tes jambes ?, s’enquit le Dr. Dexter en reprenant le ton amical qu’il lui connaissait, je suis venue au plus vite à l’appel de Sam…

Merci…mais que se passe-t’il ?...Suis paumé…je ne savais rien…

On l’avait informée de ses déboires  à son tour de le mettre au courant des faits en cours. La grossesse d’Alix  présentait des complications  de haut risque, corrélant avec le stress subi les derniers temps. Le diagnostic de Lavinia n’était guère encourageant.
 
La vie d’Alix est en danger, je ne vais pas mentir…Un choix s’impose : la mère ou l’enfant. Impossible de sauver les deux, je suis désolée Michael, tu dois prendre une décision.

Quelle question absurde ! Sauve Alix…rien d’autre ne compte…sauve la…seule, elle importe…
 
Elle ne veut pas !, dit doucement Lavinia, elle croit en la valeur immense de la vie de cet enfant…ton enfant…sang de ton sang…je pense que Miss Blackstorm donne beaucoup d’importance à…

Tu m’as posé la question, j’y ai répondu…Alix ne peut pas choisir…aucune femme ne saurait le faire…je dois la voir, lui parler !

Ne sois pas long…il faut agir au plus vite. Je l’ai stabilisée et elle est très consciente…vas-y !
 
Voir Alix, si pâle et démunie le remua à plus d’un titre. Faisant un effort pour rester serein, alors que folle envie de hurler, affolé, le taraudait, il tomba à genoux au pied du lit, s’emparant de sa main, la trouvant affreusement froide.
 
Ma chérie…tout va aller bien…tu vas aller bien…Non ! Je ne veux rien entendre de ça…garde tes forces au lieu de discuter, mon amour…NON ! Jamais de la vie, tu m’entends…TU ES MA PRIORITÉ…ma seule et unique priorité…tu es ma vie, Alix…

Il caressa son front moite, l’embrassa doucement alors qu’elle pleurait en silence.
 
Tu es mon tout…ne me lâche pas…reste avec moi, Alix…ensemble on fera le tour du monde et on choisira le plus bel endroit pour y vivre et être heureux…J’ai survécu à ce cauchemar en pensant à toi…Ne m’abandonne pas…ne t’abandonne pas…
 
Que ne dit-il pas pour la retenir auprès de lui, pour l’attacher, pour la convaincre de Son importance dans sa vie.  En aucun moment, il ne considéra la vie de l’enfant,  pour lui, il n’existait que comme menace de lui enlever la femme qu’il aimait au-delà de tout. Il n’avait que faire d’un hypothétique héritier s’il la perdait, elle.
Lavinia revint et administra une potion à la malade qui s’assoupit rapidement, sans avoir cessé de pleurer ni lâché sa main.
 
Rends la moi !, supplia t’il, rends la moi !
 
Tout va aller bien, Michael, mais je te préviens, ce ne sera pas facile à assumer pour elle, ce n’est jamais facile de renoncer à la vie de son enfant…son mental sera peut être affecté mais elle surmontera ça avec le temps…et il faudra être patient, parce que c’est à toi qu’elle en voudra…Maintenant, tu ferais mieux d’aller te reposer, tu en as besoin…Ce n’est pas en état de lavette que tu serviras à quelque chose.
 
Non, je resterai là jusqu’à savoir…, s’entêta t’il.
 
Impossible de discuter avec lui. Se traînant presque, il retourna auprès des autres qui l’entourèrent respectueusement.
 
Alix, dit Michael tout simplement et ce fut parfaitement clair pour tous en laissant bien en évidence son peu d’envie de dire quoique ce soit d’autre.
 
Le seul qui osa l’approcher pour une courte, mais très sentie, accolade fut son frère.
 
Si tu as besoin de quoique ce soit, contacte-moi et, si ça peut aider : Ariana n’embêtera plus, jamais !

Merci !, parvint-il à grogner avant d’aller s’installer à l’écart, hostile à tout.
 
Il fut à peine conscient du temps, de ceux qui l’entouraient, tout lui était étranger, sauf l’angoisse effroyable qui lui nouait la gorge, l’étouffant presque, accompagnée de cette peur indicible qui lui tordait les entrailles…et si malgré tout, quelque chose allait mal et Alix mourait ? Il resta là, recroquevillé dans son coin, tremblant  chaque fois que quelqu’un entrait ou sortait, s’attendant à chaque instant au coup de grâce…
La main apaisante de Lavinia Dexter se posant sur son épaule faillit le faire hurler.
 
Tout va bien, dit-elle doucement, Alix est tirée d’affaire, elle dort et le fera jusqu’à demain tard, j’y ai veillé. Il n’y a aucun problème à prévoir pour le futur, Michael…elle pourra avoir d’autres enfants, maintenant, que tu le veuilles ou non, tu vas aller te reposer et reprendre une allure humaine avant de revenir, entendu ?
 
Il ne répondit pas, il pleurait de soulagement.
 
Bikita, mandée par Justin, vint se faire charge de son maître, pour le ramener chez lui,  à La Tanière et prendre soin de lui avec l’abnégation d’une mère. Il se laissa faire sans avoir la force d’y résister. Seule une potion, administrée quasi de force et un sortilège plus tard, Bikita put se déclarer satisfaite en le voyant dormir.
 
Mon pauvre maître…que de misères !
 
Le répit du sommeil ne dura pas aussi longtemps qu’escompté. À peine éveillé, l’angoisse folle le reprit et la petite elfe dut jouer de tout son savoir magique pour le retenir le temps de faire une toilette rapide et  s’alimenter correctement, même s’il fut incapable d’avaler plus de deux bouchées. Son sortilège apaisant ne servit pas de grand-chose et sa proposition de l’accompagner fut refusée. Il avait beau avoir meilleure allure que lors de son arrivée, elle savait que Michael était à bout du rouleau mais aussi qu’il était plus têtu qu’une mule.
La Dr. Dexter était retournée chez elle mais avait laissé des indications précises, on  conduisit donc Michael au chevet de Miss Blackstorm sans poser de questions ni faire de commentaires.
Alix dormait encore sous les effets des potions. Posté à son chevet, tenant sa main, Michael guetta longuement son réveil. Combien de temps se passa t’il jusqu’à ce que le léger frémissement de ses cils annonça  son retour des limbes. Puis, elle ouvrit les yeux. Déboussolé au début, son regard se glaça en le découvrant penché sur elle. D’un geste rétif, elle ôta sa main de la sienne.
 
Alix, ma chérie…je suis là…tout va bien !
 
Après ce que lui avait dit Lavinia il aurait pu s’attendre à sa réaction mais celle-ci le prit de court, le décontenança, le blessant cruellement.
 
Non…ne me demande pas de partir…je t’en prie…Alix…je t’en supplie…
 
Rien n’y fit. Face à son refus de bouger de là, elle se mit à crier, tant et si bien qu’une minute plus tard, on intervenait en force pour le faire sortir séance tenante.
 
La patiente est encore dans un état d’altération mentale, Mr. De Brent, il ne faut pas la contrarier, en ce moment…Peu à peu, ça ira mieux…Il faut du temps, de la patience…
 
Combien de temps ?, voulut-il savoir.
 
Cela dépend de beaucoup de facteurs…

Explications à rallonge, regards compatissants. Au troisième jour, sans toujours avoir accepté de le revoir, Alix quitta Ste. Mangouste et d’après les informations que la fidèle Bikita glana auprès de son très acquis Lormar, avait regagné ses pénates écossaises.
Si Alix avait décidé de mener son entêtement aux extrêmes, Michael ne demeura pas en reste. Il ne s’y prit pas avec la délicatesse qu’on attend d’un amoureux transi, pas de fleurs pour la belle, pas plus que des  gâteries charmantes ou messages d’amour mièvres, il la connaissait assez pour savoir que tout ça ne ferait que la mettre en colère.

Imaginer Alix seule dans cet énorme manoir sombre et froid, le désolait. Trop de solitude pour mieux alimenter son chagrin, ses doutes et Merlin sait quoi d’autre. Lui-même en avait, des doutes et mille questions, mais ayant volontairement coupé les ponts avec le reste du monde, difficile d’en savoir plus. Si Lavinia lui avait donné des explications, il n’avait rien retenu, Bikita n’en savait pas trop ou ne voulait rien dire, allez savoir.  Ce fut en grattant l’oreille d’Apache que l’idée lui vint…sa compagnie silencieuse comblait pas mal de ses propres vides…pourquoi  ce ne pourrait être de même pour son Alix ?

Il s’y prit comme voleur discret. Déposée sur le perron, la bestiole ne tarda pas à succomber à la curiosité propre à tout félin et serait partie en balade si d’un sortilège bien ajusté, il ne l’avait fait miauler à fendre l’âme…Lormar, mis au parfum par sa complice bien aimée, ouvrit la porte et acte suivi appela sa maitresse à cor et cris. Voir Alix cueillir le petit jaguar avec soin, le regarder, sourire et enfoncer le visage dans la tendre fourrure, faillit lui tirer un sanglot…mais il se reprit, maudissant tant de sensibilité à fleur de peau.
 
Bien, bien ! Elle est contente, et toi ?
 
Cette voix doucement moqueuse le fit pratiquement bondir sur place.
 
Bon sang, tu peux pas t’annoncer !
 
La prochaine fois, je jouerai de la clochette, promit la petite fée en souriant, mais revenons à toi…tu souffres à cause d’elle, alors qu’il suffirait de la comprendre et attendre.
 
Il se passa la main dans les cheveux, abattu.
 
Si je pouvais comprendre la raison de tout ça, ce serait plus facile…mais, si tu es là, peut-être vas-tu me donner une bonne explication…toi qui est censée de tout savoir !
 
Je sais, oui…mais nous ferions mieux de rentrer chez toi, c’est une longue explication.

Ce ne fut pas la longueur de l’histoire mais sa teneur qui l’accabla, l’horrifiant.
 
Et tu dis que pour me sauver…Alix a bravé Obscurion…et payé de soi le défi…elle…
 
Elle craignait, sans être sûre mais son amour pour toi l’a emporté…maintenant le remords la ronge…elle ne sait pas…sa confusion est grande et elle se croit coupable d’une faute immense…elle croit que tu sais…que ton choix a été uniquement pour éviter la venue au monde d’un…démon.
 
C’est absurde…je n’aurais jamais…même en sachant…tu dois m’aider, Key…tu sais comment, n’est-ce pas ?...Fais lui comprendre…fais lui savoir…

La petite fée accepta la mission de bon cœur, c’était son fort, les bonnes œuvres. Quelques petits conseils plus tard, elle s’enfuma laissant en gage son rire argentin.
 
Le cottage au bord du lac offrait un avantage énorme, qui surpassait les courants d’air et l’humidité de certains murs, il s’élevait en ligne quasi droite, face au manoir Blackstorm, moyennant du lac entre eux, sans aucun obstacle pour gêner la vue imprenable  de l’ensemble…Alix serait bien surprise en découvrant l’identité de son nouveau voisin, même si celui-ci, ne fit aucun effort pour faire connaître sa présence…sauf peut-être  laisser sortir son énorme chat doré qui aimait courir la lande…
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Re: Un souci? Appelez Key !

Message par Alix Blackstorm le Sam Mar 15 2014, 20:38

Manque de jugeote ? Pas question de la part d’Alix. Elle aurait voué son âme au diable pour sauver la peau de Michael. Elle ne croyait pas si bien dire...  
En toute sincérité, novice dans les histoires d’amour, que dire des relations corporelles, jamais Miss Blackstorm n’avait songé aux conséquences de jouissances partagées. Si les rêves d’enfant la prirent de court, elle tut sciemment ces signes, les refoulant dans la case des non-sens.  Même quand ses faiblesses s’amorcèrent, elle refusa l’évidence, la bloqua aux tréfonds de son être en se concentrant à son unique but : sauver Michael d’une position insoutenable.  
Elle ne se préoccupa ni d’elle-même, ni de l’être à venir. Cependant lorsqu’elle sut ne pas pouvoir réaliser la potion nécessaire pour extraire le démon, elle devint quasi folle : c’était un terrible risque pour une femme enceinte que de commander les forces obscures !  
Qu’importait ! On verrait ensuite.
Si elle refusa l’aide de quiconque, ce n’était pas par crainte qu’ils  découvrent la vérité mais qu’ils bousillent la potion, la seule chance de Michael. Elle ne trouvait pas non plus ses complices nuls en quoique ce soit, sauf que si l’un d’eux foirait, elle savait lui en vouloir à mort ensuite. Prenant l’entière responsabilité des événements, elle assuma jusqu’au bout.
Dieu quel soulagement, quelle joie quand le plan prévu fonctionna en tout !
Michael blanchi, impossible de ne pas voler vers lui ; seul l’instant présent compta.  
Bonheur immense, terrible douleur. Elle en avait pourtant déjà supporté de dure mais celle-là, fulgurante, la scia en deux.  
Le reste, elle le vécut dans des vagues d’orages sanglants.  
 
*Le prix de la faute… *  
 
Á son chevet défilèrent bien des blouses blanches.  On l’interrogea, la retourna sous toutes les coutures, les médicomages semblaient perplexes. Puis, on lui ficha la paix avec ses douleurs incessantes et son « fiancé » pour lui tenir la main.
Elle n’entendit que ses propres hurlements qui, soudain, cessèrent avec le cauchemar des entrailles en feu. Qu’est-ce que ce docteur Dexter racontait ?
 
Mal en point… l’un comme l’autre. Faut que le père décide qui doit vivre ou y passer. Elle pourra en avoir d’autres.
 
C’est à moi de décider, crut-elle crier alors que sa voix n’était un souffle ténu.  
 
Vous n’êtes pas en état de décider de quoique ce soit !
 
Vous n'avez pas le droit ! C’est l’enfant de Michael, veux pas que…  
 
Le sort employé par Lavinia calmait la douleur mais lui embrouillait vachement les idées aussi.  
Puis, enfin, il fut là, tout chamboulé :
 
Ma chérie…tout va aller bien…tu vas aller bien…
 
Mon amour, fais pas ça ! Laisse-moi…  
 
Il ne comprit pas ce qu’elle tentait de lui expliquer dans un débit fort peu clair, il est vrai. Mais Michael jura :
 
TU ES MA PRIORITÉ…ma seule et unique priorité…tu es ma vie, Alix…
 
Le reste se perdit dans une semi-conscience :
 
*Tu dis ça aujourd’hui, demain tu me haïras. Plutôt mourir que de vivre ça !*
 
Des larmes inutiles coulèrent. S’il voulait qu’elle vive, c’était sans doute pour mieux la torturer plus tard.  Goût amer en bouche, noir total.  
Ses limbes ne furent pas sereins. Dans son coma artificiel, des images et des sons s’incrustèrent confusément si bien qu’elle n’en garda aucun souvenir immédiat.  
À son réveil, aucune douleur :
 
*Au moins ça ! Oh ! il est là ! *
 
Réflexe, elle retira sa main et se durcit.
 
Alix, ma chérie…je suis là…tout va bien !
 
Rien ne va, rien n’ira plus : va-t’en !
 
Elle dut hurler et s’agiter comme une diablesse pour qu’enfin on l’évacue de sa vue.
Enfin seule, elle put déverser le torrent de larmes qui lui ravageait âme et cœur.
Peu après elle donna ses ordres au personnel, en se montrant la patiente la plus mal lunée du monde sorcier :
 
Plus de potions, plus rien. Vais me remettre, soyez-en sûrs. Aucune visite, sauf de mon elfe. LORMAR !!!  
 
Il apparut presque instantanément. Les directives fusèrent :
 
Arrange tout au manoir ! Cette fois, mets le chauffage ! Je rentre bientôt.  
 
Dès qu’elle fut d’aplomb, ses propres sortilèges aidant, Alix sortit contre avis médical.
Ses livres, ses plantes, son monde ! Monde qu’elle n’aurait jamais dû abandonner pour courir dans les bras de… Gomme en action.
Oublier jusqu’à son nom ? Très tentante la potion d’oubli. Le cœur se calmerait, la douleur s’effacerait mais…
 
*je dois payer pour ma faute ! Il ne m’a choisie que parce qu’il savait que l’enfant serait… et voudra me le faire payer. Je dois expier. Mais pas par ses mains… *
 
Mortification ? Peut-être. Drillée à subir pire que pendre de la part de son oncle en cas de manquement, Alix n’y trouvait rien à redire. Plus vite elle oublierait le sujet de son mal-être, plus vite elle se remettrait.
 
*Me remettre pour quoi, pour qui ? *
 
Devant elle ne s’étendait qu’un long tunnel sombre et vide, une voie dont l’unique issue serait… le néant.
 
Maîtresse doit manger… Maîtresse devrait se promener… Maîtresse pourrait…
 
Sourde à tous les conseils de son domestique malheureux du dépérissement de sa vénérée, Alix s’avança progressivement sur le chemin choisi. À quoi bon lutter contre l’inévitable ? Cet homme était son pain, son eau, mais elle refusait de souffrir par lui, c’était au-dessus de ses forces.
 
*D’ici une semaine, si je compte bien, mes cendres iront fertiliser la terre de mes chéries. Je devrais rédiger un testament…* 
 
Moi, Alix Blackstorm, saine de corps et d’esprit, déclare par cet acte les dispositions suivantes :

50% de mes avoirs iront à…
 
MIAOOOOOOOOOOOOW !  
 
Ce cri à glacer le sang, lui fit lever les yeux des papiers en rédaction. Qu’était-ce ? Son elfe s’était-il fait mal ? L’écorchait-on ?  
 
Lormar, ça va ?
 
Maîtresse, Dame Alix venez voir, vite !
 
Lâchant sa plume, elle accourut à l’entrée où, sur le perron, elle avisa… l’être le plus mignon du monde.   
 
Mais qu’est-ce que tu fais là, toi ? Tu es... perdu ?
 
C’était impossible, ça !  La cigogne aurait confondu la jungle et l’Ecosse en déposant un bébé jaguar devant sa porte ? À d’autres ! En attendant, cette boule de poils clamait haut et clair son désespoir. Puisqu’elle en partageait un similaire, Alix le souleva dans ses bras et plongea son nez dans le pelage soyeux :
 
Bienvenue chez toi, ma belle.
 
Un sourire depuis longtemps éteint étira ses lèvres en embrassant le jaguar.
 
Lormar, il me faut d’urgence tous les renseignements possibles sur les soins à apporter à ce type d’animal. Je veux savoir ce que ça mange à cet âge, les vaccins, tout. Il faut une litière, un panier, des jouets, des couvertures, et peut-être des biberons.
 
Tenant toujours le bébé à bras, Alix l’emmena dans le salon près de la cheminée. Arrêt sur image. Un splendide couffin garni de lainages y trônait déjà, plein de babioles jointes.
 
Lormar ? (Sourcil arqué, ton suspicieux)
 
Il a osé… anticipé.
 
Les jours suivants furent folie. Bagheera, nom trouvé après recherches dans les livres, fut plus qu’adoptée, ne la quitta plus, pour son plus grand plaisir. La fillette Jaguar préféra nettement le grand lit chauffé par Alix plutôt que son panier soigné. Jouette, pas difficile quant à la nourriture, la maîtresse des lieux se surprit plusieurs fois à rire de ses cabrioles démentes.
Les consignes de l’elfe furent strictes : aucune issue disponible jusqu’à adaptation totale.
Portes closes, fenêtres identiques, Alix et Bagheera disposaient d’assez d’espace pour jouer ensemble à l’intérieur. Seul accès interdit au félin : la serre. Lormar veillerait.  
Sauf qu’un jour…
 
Bag ? Bagghee ? Minou minou, ma toute belle…
 
Alix crut le sol s’effondrer sous ses pieds en voyant l’entrée grande ouverte.  
 
*Non, non ! Le lac, la lande… NON !* 
 
Folle d’angoisse, elle sortit en courant, appelant à cor et à cri celle qui lui avait ravi une part d’elle-même, la seule qui restait.  
Son poussin n’était heureusement pas loin. Cependant le tableau surprit la fit se figer. Là, roulant joyeusement ensemble dans l’herbe, s’ébattaient deux fauves, un petit et un… grand.


A… Apache ?
 
Élan de joie, frein des déductions.
Le puma délaissa le lionceau pour se jeter sur la femme. Point de crocs, seulement une langue râpeuse, des retrouvailles d’anciens jeux. Alix pleura :
 
Suis contente aussi de te voir mais… c’est un traquenard de ton maître, hein ? M’en doutais… Suis désolée.  
 
Elle s’essuya le nez, se redressa et embarqua son jaguar. Lorsqu’elle se retourna, il était là : superbe, mitigé, en attente.
Elle se ferma :
 
Nous n’avons plus rien à nous dire. Merci du « cadeau », va-t’en.  
 
Un lionceau dans les bras, un puma lui mordillant la manche, un homme décidé de face, Alix osa braver :
 
Tu veux savoir quoi, à la fin ?... juste pourquoi ? Eh bien, je vais te le dire mais je garderai Bagheera !... Michael, je t’ai aimé beau... beaucoup trop. Après ce que j’ai fait, tu es en en droit de me haïr. J’ignorais porter ton enfant, je connaissais les risques de commander un démon. Mais je ne supporterai pas de nouvelles tortures. Tôt ou tard, tu me l’aurais reproché, vaut mieux, en rester là…
 
Elle voulut le contourner…
Il se passa alors quelque chose d’inattendu, du moins pour elle. À croire que ses pieds étaient soudés au sol.
 
Arrête ça ! rouspéta-t-elle, le croyant responsable de son immobilité forcée.
 
Il n’y est pour rien, Alix ! C’est moi !
 
Nom d’un gnome, voilà que la petite fée se rendait visible. Toujours mignonne et souriante, elle claqua des doigts, coupant la chique à une Miss Blackstorm furibonde.
 
*C’est pas gentil de m’insulter de la sorte, Alix. J’entends tout, savez-vous ? Calmez-vous*

Ah, mes amis ! soupira-t-elle ensuite comme attendrie. ( Apparemment, Michael ne savait pas en placer une non plus). Vous êtes des mules, de belles mais sacrées têtes de mule. Pas à dire :  j’ai du boulot avec vous deux ! On va jouer à un petit jeu, d’accord ? J’adore jouer !  
 
*Je refuse ! Je veux rentrer chez moi, libérez-moi !*
 
Key n’était pas de cet avis. Elle ne les libèrerait que s’ils répondaient à ses questions, en toute sincérité.
 
Alors, je commence : Michael, aimes-tu Alix de tout ton coeur ?... Bien ! En voudras-tu à Alix pour ce qu’elle pense avoir fait de travers ? … Encore mieux ! Alix, aimes-tu Michael de tout ton cœur ?
 
Tu crois vraiment que j’aurais fait tout ça sinon ?
 
Oui, ou non, Alix !
 
Oui, mais…  
 
Pas de mais ! Il vient d’avouer la vérité. Je lis en vous deux, et sais que vous ne mentez pas, ni l’un, ni l’autre. Moi aussi je vous aime, même si on s’en moque en ce moment. Mon plus grand souhait est que vous soyez heureux ensemble. Alors Alix, cesse de te tourmenter pour des idées farfelues. Mon dernier vœu : que cela soit !  
 
Key les avait-elle poussés l’un vers l’autre ? À cet instant, ils s’en fichèrent royalement en s’embrassant éperdument.  
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Re: Un souci? Appelez Key !

Message par Michael De Brent le Mer Mar 26 2014, 23:25

L’art de la patience s’apprend en faisant. Il avait eu une rude école, des circonstances singulières et selon d’autres, un but altruiste.  Maintenant, il s’agissait de toute une autre situation. Pas de méchants à vaincre, pas de monde à sauver…Là, c’était de sa vie qu’il en allait ! De sa vie avec la femme aimée par-dessus  tout. 
Il avait suivi, dans la mesure du possible, chaque fait et geste d’Alix.  Ce n’était pas facile, vu que la miss avait élu de se claquemurer avec son minet, sans aucune intention évidente de remettre le nez dehors.
 
*Key a promis !*
 
Cela aidait, penser aux promesses de la petite fée.  Après tout la mignonne n’avait pas failli alors que l’affaire était pointue, sans doute convaincre une femme réticente d’y voir clair, était plus facile que dénouer l’embrouille qui avait failli lui coûter la vie. Il attendait donc.
Et ce fut Apache qui, mine de rien, se chargea de la logistique.  Sortir devenait impératif pour ne pas devenir dingue et son gros chat aimait se dégourdir les pattes, chasser un peu, ou faire semblant de...Curieux, il l’avait suivie et voilà que déboulant sur la lande, il surprenait un spectacle qui le laissa muet de tendresse.  Des retrouvailles entre vieilles amies. Alix pleurait en prodiguant des câlins à la minette surdimensionnée alors que le petit jaguar privé d’attention, protestait.
 
C’est un traquenard de ton maître, hein ? M’en doutais… Suis désolée.  
 
Elle se trompait. Il n’avait rien fait mais bien sûr, n’en pipa mot. Preste, son jaguar dans les bras, elle eut le « grâce » de le remercier du cadeau.
 
Pas comme ça…veux savoir quand même…
 
Minable plaidoyer qui n’alla pas plus loin, elle étala ses arguments, et chaque mot lui fit un mal de chien.
 
Michael, je t’ai aimé beau... beaucoup trop.
 
*Temps passé ?...Aime t’on trop ?*…Alix…

 
Et ses craintes, peur de sa rancune à lui pour l’avoir privé de son enfant.
 
Tu ne sais pas ce que ….Alix, je t’en supplie…
 

Elle aurait filé comme le vent si une intervention inattendue ne l’en avait empêchée. Key. Fallait dire que la petite fée savait s’y prendre pour contraindre les gens à écouter…et dévoiler leurs véritables desseins. Adorable, elle les  souda au sol et leur cloua le bec,  question de mener le jeu à sa façon. Comme on pouvait s’y attendre, Alix était furieuse, lui, commençait à s’amuser un peu. Key y alla sans détours. Définitivement de l’efficacité à l’état pur. Il adora son jeu questions-réponses…L’aimait-il? L’aimait-elle?  Dans les deux cas, la réponse fut on ne peut plus positive, mais pour ne pas se plier si facilement, Alix trouvait à redire. Key ne se gêna pas pour autant :
 
Pas de mais ! Il vient d’avouer la vérité. Je lis en vous deux, et sais que vous ne mentez pas, ni l’un, ni l’autre.
 
Le reste de sa déclaration se perdit dans un tourbillon vertigineux qui les poussa l’un vers l’autre, sans qu’ils aient idée de s’en défendre.
Alix était là, dans ses bras et il pouvait l’embrasser à en perdre haleine, et elle en faisait autant. Un «  Que cela soit ! » sonna comme bénédiction céleste alors qu’une folle étreinte les soudait.
 
Il avait commencé à pleuvoir, ce qui n’avait rien de trop étonnant, compte tenu qu’on considère qu’en Écosse il n’y a que deux saisons : celle du parapluie et celle de l'imperméable.
 
Je t’aime, Alix…mais on est en train de se tremper…au choix…chez toi…chez moi ?
 
Le petit jaguar n’agréant pas trop la tournure d’être si fraîchement délaissé, brailla à sa façon, et en riant, ils migrèrent  à l’abri du manoir suivis d’Apache qui ne voulait pas perdre de vue ce nouveau compagnon de jeux. Un Lormar, exquis au détail, les accueillit avec un feu ronflant dans la cheminée, des en cas, des boissons et une délicate diplomatie en embarquant les chats sous sa houlette et les laissant seuls.
 
As-tu une idée de combien j’ai attendu ce moment ?
 
Elle l’avait.  De son côté, ça n’avait pas été la joie non plus. Sans l’arrivée de Bagheera, Merlin sait ce qui se serait passé.
 
Tu avais commencé à faire ton testament ?...Tu me laissais quelque chose,  au moins ?
 
Il se prit quelques coussins sur la tête mais elle finit dans ses bras, aussi heureuse que lui, à échanger des longs baisers, de plus en plus torrides.
 
Avant que je ne t’enlève et disparaisse avec toi, ma douce, on va laisser ça au clair…jamais de tout jamais tu ne douteras plus de ce que tu signifies pour moi…tu es la seule, l’unique…tu es ma vie…sans toi, rien n’a plus de raison d’être…et quand je dis rien, c’est exactement de cela qu’il s’agit…est-ce clair ?
 

C’était clair !
Que Bikita et Lormar, sans aucune contrainte ni soupçon de repentir, reconnaissent, beaucoup plus tard ce jour-là,  en leur servant un fantastique dîner face au feu, avoir été complices , et ravis de l’être, d’une certaine fée, ne fit que confirmer que tout allait parfaitement bien.
 
Pas de souci, vous deux, ce n’est pas moi qui aura quelque chose à dire…et toi, ma chérie ?
 
Chérie était aussi heureuse que lui. Tous les espoirs étaient permis !
Pluie, beau temps, encore pluie. Vent. Frais, froid. Courants d’air. Le manoir Blackstorm n’était pas le summum du confort et même si s’en défendant, Michael était un grand douillet. 
 
Le cottage n’est pas mieux nanti…on y caille…
 
Alix avait rigolé en le regardant, le sourcil arqué, en attente de quelque idée faramineuse.
 
Enfin, pas que ce soit mal ici…moi, suis heureux n’importe où si tu es avec moi…mais…un changement de décor, ça te dirait ?...j’ai eu des nouvelles d’Erik…il va se marier avec Opal…en Australie…
 
De quoi se faire des idées, après tout l’Australie, même avec Portoloin à la clé, ce n’est pas la porte à côté. Alix n’était pas trop friande de l’idée de déménager corps et biens à l’autre bout du monde.
 
Mon amour, je sais que tu tiens à tes quatre murs, à tes plantes, aux chats et à ton elfe, mais rien ne nous empêche d’y aller tous, ailleurs…où il fasse plus chaud, un peu plus de soleil…Non, si on va en Australie ce sera pour deux jours, le temps de voir mon frère, lui donner son cadeau, regarder les alentours et rentrer….Tu sais, il y a des bestioles adorables, qui sait, tu pourrais vouloir un koala…
 
L’aimer. L’aimer à s’en rendre fou de bonheur. À en devenir dingue et faire n’importe quoi…comme remplir, ce qu’il n’aurait osé avant, sa chambre de fleurs ou la tenter avec des chocolats belges dont elle raffolait. Il pouvait apparaître avec un flacon de son parfum favori  ou la surprendre avec une superbe bague ornée d’un solitaire.
 
C’est vrai qu’on est déjà liés, à la vie à la mort par un Inviolable…ça te dirait de faire un peu plus…À nôtre façon ?...Sans contraintes…Veux-tu de moi, Alix ?...Pour toujours ?

Apparemment, oui !  Elle voulait courir le risque. Tout à son bonheur Michael  eut quand même l’heur de penser à son meilleur ami, perdu de vue avec tant de misères.  Ce que son patronus rapporta ne le surprit pas trop, alors qu’il était lui-même à penser à son futur,  projets merveilleusement partagés,  sur et sous les fourrures, étalées face au feu.
 
Justin et Sam se sont mariés…ils voguent vers les mers du sud…sais que c’est méchant de ma part, penser à apparaître comme si rien …mais voudrais lui faire une surprise…on apportera un cadeau…oui, mon amour on sera civilisés de bout à bout…bonjour, au revoir…et on file…après lui avoir demandé de nous marier…
 

Vive l’insouciance !  Délivrés de la rigueur exténuante qui avait régi leurs vies, sous le règne des Ténèbres, oubliés  malheurs et misères, heureux et complices, ils s’en donnèrent à cœur joie en préparant leur voyage.
Darwin est réputée pour être la ville où se produisent le plus d'éclairs orageux dans le monde. Manque de pot ! C’était justement là que Justin avait choisi de faire une escale d’approvisionnement. Michael opta pour taire ce fâcheux détail météorologique à sa bienaimée, se jurant disparaître de là au moindre signe de perturbation atmosphérique. 
 
Trouver Justin ne sera pas un problème
, assura t’il alors qu’ils longeaient le quai du port de plaisance, suffit de chercher le plus grand et beau des yachts et ce sera le sien…
 

Ils ne furent pas bien longs à tomber sur l’objet de leur quête. Le Lady Sam accaparait les regards et l’admiration des badauds. 
 
Pas à dire, ce gars a le sens des grandeurs, rigola Michael, et parlant du loup…le voilà !
 
Justin s’occupait à recevoir une importante livraison de vivres et procédait à une consciencieuse vérification quand une voix rieuse le fit faire un bond d’un demi-mètre.
 
Permission pour monter à bord, capitaine !
 
Lâchant ce qu’il avait dans les mains, Mr. Davenport dévala la passerelle alors que Michael riait. Une accolade d’ours les réunit.
 
Félicitations, mon vieux…Bien sûr que je sais tout… demande pas, j’ai mes moyens ! …J’ai enfin réussi à convaincre Alix que je suis celui qu’il lui faut et nous voici…
 

Nouvelle accolade. Sam fit son apparition et se mêla aux réjouissances de la rencontre. Tout le monde à bord. Mise à jour  rapide autour d’un verre, dans le salon délicieusement frais après qu’Alix se soit, à peine, plaint de la chaleur humide.
 
Et voilà…nous ne faisons que passer, pas question de nous incruster dans votre voyage de noces, et puis tu en auras plus qu’assez de m’avoir dans les pattes…On voulait juste vous féliciter, et  vous donner notre cadeau…
 

Alix souriait en tirant de son sac à malices un petit paquet joliment enveloppé et enrubanné, qu’elle rendit à sa taille normale d’un petit coup de baguette.
 
Vous l’ouvrirez à notre départ, indiqua Michael, malicieux, mais avant de nous en aller…il y a quelque chose que tu peux faire pour nous…
 

L’expression de Justin le fit rire. Le pauvre homme s’attendait sans doute, à qu’il lui demande quelque horreur qui ficherait en l’air sa paix, si durement acquise.
 
Fais pas cette tête…c’est pas si affreux que ça…tu vois, Alix et moi on a pensé que puisque tu nous as déjà  unis avec ton Inviolable chelou, le moindre à faire serait d’accommoder légitimement…alors, tu veux ?
 
Rarement, il avait vu Justin si ému.  Sam ne se priva pas de verser une larme opportune et entraîna Alix à sa suite pour parfaire sa mise en vue du futur événement.
 
Merci, Justin…et pardon de tant d’égoïsme…Tu as tant fait pour moi, et le fais encore…Je t’en suis redevable pour le restant de ma vie et la prochaine…Tu es plus qu’un pote…t’es mon frère…Allez, trêve de sentimentalismes ou on finira par chialer, c’est pas l’idée…Raconte plutôt quels sont tes plans ?...Les miens ?...Ils sont simples, tu sais, j’ai tout ce qu’il me faut : Alix…on ira par-là, jusqu’à trouver l’endroit qui nous plaira…
 
Il fallut tout de même attendre arriver hors des eaux territoriales australiennes pour que le capitaine du navire puisse agir de plein droit.  Quelque part entre l’Australie et la Nouvelle-Guinée, ils échangèrent leurs vœux. Le temps d’un toast et une accolade, leur Portoloin virait au bleu.
 
Après une nuit inoubliable à Melbourne,  Michael, impatient comme un gamin, voulut se rendre à Kelamera.  Un trasplanage approximatif les situa dans les alentours, dans leur voiture de louage.
 
Pas le fort pour les panneaux indicateurs, dans le bled…faudra faire avec !
 

Patronus en action, la direction à prendre fut vite trouvée. L’après-midi tombait en beauté lorsqu’ils aboutirent, enfin,  après  pas mal de kilomètres et barrières à bétail à ouvrir et fermer, dans la cour centrale de la « ferme » McLane.
 
Pas exactement dans le sens petite ferme anglaise…ça en fait, des grands espaces, ici…On descend et on sonne…on verra bien après…
 
Aucune besoin de sonner, deux chiens de berger australien, manifestement promus en alarme visiteurs, se chargèrent d’annoncer leur arrivée avant qu’ils ne songent descendre de la voiture.  Une belle femme en tablier et cheveux légèrement ébouriffés apparut sur la veranda.
 
Bienvenus à Kelamera, dit-elle en souriant,  nous n‘attendons pas de visites, donc je déduis que vous êtes perdus.
 
On se rendait compte d’où Opal avait hérité son style direct. Il y avait en outre une ressemblance certaine, sauf que la dame était blonde.
 
Mrs. McLane, nous ne sommes pas perdus…en fait, je suis Michael, le frère d’Erik…
 
Deux minutes plus tard, le clan au grand complet se pointait. Entre eux, la nouvelle recrue de la famille qui avait du mal à croire ce qu’il voyait.
 
Oui, c’est bien moi…Tu vois bien…Tu te maries, suis ton frère, quoi de plus normal ?...Alix et moi, on ne voulait pas rater ça…
 
La suite fut tout simplement…McLane !
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Michael De Brent

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