CQFD

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Re: CQFD

Message par Angel Grisham le Dim Juil 27 2014, 09:30

Par amour pour J.O, Angel se devait d’être forte. Plus facile à dire qu’à faire dans de telles circonstances mais se laisser abattre aurait été tellement lâche alors que son mari luttait contre un ennemi invisible qui le rongeait de l’intérieur.  Seul « dérivatif » à son angoisse : le travail ! Ysaline lui avait proposé de ralentir mais, têtue, La duchesse avait refusé tout net, chose que ne comprit évidemment pas sa belle-mère :
 
Ma chère enfant, votre place est aux côtés de notre James, voyons !
 
Je passe des heures avec lui en journée, et toutes les nuits autorisées. C’est lui-même qui, parfois, me flanque dehors ! N’oubliez pas, « mère », qu’il est très fier et ne supporte ni pitié ni décrépitude !
 
Néanmoins, Mrs. Strang jugeait cette attitude incompatible avec sa « position » sociale.
 
Les œuvres que nous soutenons ne souffrent aucune négligence, Angel !
 
Vous faites ça tellement mieux que moi *et adorez que l’on vous plaigne, Magnolia !* Sans mon travail, je vais devenir folle. *Fichez-moi la paix !*
 
Lorsque J.O perdit ses cheveux, Angel trouva la force de rigoler, lui trouvant un look d’enfer. Il n’était pas dupe de cet entrain sonnant faux. Manque de sommeil, pleurs abondants, prières, sous-alimentation, si Angel faiblissait physiquement, son moral restait ferme :
 
*Il va s’en sortir ! Il DOIT s’en sortir !*
 
L’idée seule qu’il puisse l’abandonner si brutalement lui dévorait l’âme.
Que faire, que dire lorsque l’être le plus aimé vous balance :
 
Je vais mourir, Angel…mais toi tu as  droit à une vie pleine et heureuse…Je sais ce que je dis…écoute-moi…promets-moi d’être heureuse…
 
VA TE FAIRE FOUTRE ! Mais c’est quoi ce fatalisme ? Jamais, tu m’entends, jamais…  Si tu meurs, je meurs, comprends-tu ça ? Alors, si tu tiens à moi, bats-toi ! BATS-toi, je t’en conjure !
 
Pleurer ne servait à rien d’autre qu’un bref soulagement. Oh, Angel n’était pas seule à affronter le désespoir, loin de là. Grâce à ses amis, J.O souriait parfois, de plus en plus rarement, hélas.
Ne voulant pas lasser Opal, Justin et consort avec ses angoisses, Angel ne put se rabattre que sur l’unique personne avec qui elle partageait tout : sa grand-mère.  En super forme grâce au traitement volontairement absorbé, Rose n’en compatissait pas moins avec les peines de sa petite-fille à qui elle apporta fréquemment soutien et conseils.  
 
Essaye au moins de prendre un peu l’air, ma chérie. Ta mine de papier mâché ressort dessous ton maquillage malgré tes efforts de la dissimuler. J.O m’a dit s’inquiéter pour toi…
 
Tantôt, c’était au tour de Magnolia de lui tirer l’oreille :
 
Angel ! Ça fait la dixième fois que tu refuses de dîner avec moi. Je ne tolèrerai pas une onzième. James n’a pas besoin de te voir déjà en veuve éplorée !  
 
Ce soir-là, elle ne put déroger à une nouvelle invitation. Triste à en mourir, elle venait d’apprendre qu’à moins un don de moelle osseuse, J.O était condamné.  Eh, merde ! Pourquoi fallut-il que sa belle-mère ait invité d’autres personnes à dîner ?  
 
Tu te souviens sûrement de Margueritte et de George ? L’oncle de James… et voici leur fils Henry…
 
Piégée, aucun autre mot ne convenant à cette situation, Angel ne put que subir les amabilités de ces proches parents complètement oubliés.  Elle fit de son mieux pour répondre à ces démonstrations d’amitié alors qu’elle n’avait qu’un désir : fuir.  Loooooooongue soirée durant laquelle, à plusieurs reprises, elle s’obligea à la boucler. Mais lorsqu’elle les entendit évoquer le futur…
 
Ma pauvre Magnolia, lui tapota la main une Margueritte affligée, avec George, nous avons discuté de la succession. Un vrai Strang se doit d’habiter sous ce toit. Tu en es consciente, n’est-ce pas ?
 
Nos avocats ont l’affaire en main, poursuivit le frère d’Howard. Il va sans dire que ni toi ni Angel ne serez à la rue pour autant…
 
Un verre se fracassa sur la table. Tour à tour blême et cramoisie, Angel contrattaqua :
 
CESSEZ de parler comme si la messe était dite ! J.O EST VIVANT !!  
 
Des protestations, dénis, volèrent, elle s’en ficha :
 
Sachez que l’on recherche un donneur compatible partout dans le monde. L’idée ne vous est pas venue de vous faire tester ?? Et si, en dessert, je vous offrais une petite prise de sang, histoire de vérifier ?
 
J’en suis, déclara aussitôt Henry, sans plaisanter.
 
Pour la première fois de la soirée, Angel dévisagea ce cousin de J.O.  Des similitudes encore inaperçues se révélèrent mais elle ne s’attarda qu’à ce geste gracieux proposé :
 
Merci, Henry. C’est… la seule chance de James, vous comprenez ?  
 
À partir de cet instant, Angel eut une épaule sur laquelle s’épancher. Même si le résultat du test fut négatif, elle se surprit à prendre plaisir à rencontrer plus fréquemment ce jeune homme qui, sous certains aspects, ressemblait beaucoup à son cousin.
Les accouchements se succédèrent chez ses amies. Cœur serré, Angel félicita les mères radieuses en évitant de songer à ce qu’elle ne connaîtrait sans doute jamais au train où allaient les choses.
Triste Noël pour elle, Joyeux pour d’autres. S Alix recouvra ses sens et devint pis qu’une louve pour ses rejetons.
 
*Pourquoi J.O n’a-t-il pas droit à un miracle, lui aussi ? Pas un grand, juste un petit, un tout petit miracle…*  
 
Les voies de Dieu sont impénétrables…
Lorsqu’elle reçut le patronus d’Erik, Angel lança son missel en l’air et transplana à l’hôpital sitôt d’autres messagers expédiés.  
 
Je ne sais pas e quoi il s’agit, dit-elle à ceux qui la rejoignirent. Une bonne nouvelle, c’est tout ce qu’Erik a dit…  
 
Après une attente assez longue, Ysaline vint compléter les informations. Vu sa mine réjouie, Angel se sentit se liquéfier de bonheur :
 
Nous attendons le don d’une minute à l’autre. La greffe aura lieu aussitôt après.  La compatibilité est… incroyable ! Il faut prier...    
Que d’embrassades ! Au lieu de tomber en prières, quoique louant le Seigneur, Angel tomba dans les pommes.
 
Heures d’angoisses à nouveau. Vite ranimée, La Duchesse de Gilmore voulait croire en cette chance extraordinaire de revoir bientôt son époux sur pied. Pourtant, le beau cousin Henry tempéra ses espérances par des paroles très sensées :
 
Il va falloir de la patience, beaucoup de patience et… même s’il en réchappe – ce que nous souhaitons tous – il est à craindre que James ne soit plus exactement celui que vous avez connu, cousine Angel.  
 
Que voulait-il dire ? Angel s’en ficha. Pour elle, du moment que J.O puisse cesser de souffrir, respirer, vivre tout simplement, cela lui suffisait. Elle sourit :
 
Lors de son accident de voiture, J.O  s’est révélé beaucoup plus combattif qu’on le prévoyait. Comptez sur lui et sur moi pour surmonter tout cela !
 
Beaucoup plus tard, Ysaline et le docteur Maxwell virent annoncer que l’intervention s’était déroulée au mieux, vive la magie qui accélérait un procédé devant prendre plus de 10 jours. Le malade se reposait en chambre stérile où seul le personnel autorisé serait admis. Ils ne pourraient le voir que deux jours plus tard derrière une vitre et, si tout allait bien, enfiler une tenue de cosmonaute pour passer quelques minutes à ses côtés dans les jours suivants. Inutile donc de venir poireauter inutilement dans le couloir. Cependant, fidèle à ses obligations, Angel assuma les diverses analyses prescrites pour tous les patients, s’attachant particulièrement à certaines. Ses doigts tremblaient en déposant l’échantillon sanguin sur la lame à soumettre au microscope. Elle fut si stupéfaite qu’elle dut s’asseoir, alertant ainsi son assistante :
 
Ça ne va pas, Angel ?
 
Vé… vérifie toi-même, souffla-t-elle, blanche comme un linge.  
 
Çà alors ! Mais c’est magique ! exulta Miss O’Donnell. Ce sang est… quasi parfait ! C’est celui de…
 
Le hochement positif de la tête de la chef du labo déclencha la liesse générale. 
 
Ça marche ! Ça marche ! Loué soit le Seigneur !!     
 
Nombre de coups de fils s’échangèrent ensuite. Parenté et amis furent prévenus avant l’intéressé lui-même. Erik accorda à Angel le privilège immense de lui annoncer la bonne nouvelle.  
Lorsqu’elle entra, J.O tourna la tête dans sa direction. Faible mais très conscient, il suivit ses mouvements. Masquée, gantée, en blouse et bonnet, Angel s’approcha à le toucher. Les yeux s’accrochèrent, ceux d’Angel souriant :
 
Tout va merveilleusement bien, mon amour !! Dans quelques jours, je pourrai enlever cet attirail et t’embrasser comme j’en meurs d’envie !!
 
Quelle tentation ! Un gant effleura un doigt, elle se sauva en pleurant de joie, cette fois.  
 
Avec l’impression de flotter sur un petit nuage, Angel refusa néanmoins les invitations à célébrer le passage à l’an 2000 en joyeuse compagnie.
 
Merci, Mamy mais je suis certaine que toi et Karl Theodore serez mieux à deux !
 
Ne va pas t’imaginer que…
 
Allons, Mamy, on ne me la fait pas. Karl est un homme adorable et je suis certaine que ses attentions n’ont rien à voir avec ta nouvelle jeunesse. Vous avez réellement le même âge, non ?
 
Marrant de voir Rose rosir.
Magnolia, par contre, ne comprit pas son refus de participer aux réjouissances prévues :
 
James va bien, tu l’as dit toi-même ! Alors pourquoi te priver… ?
 
Je ne me prive de rien du tout, croyez-moi, « mère ».
 
Henry sera très déçu…
 
J’en suis désolée pour lui mais ma place est ici !  
 
Avec plusieurs membres du labo, elle rigola en préparant une mini fête. Du champagne dans des éprouvettes, et alors ?  Mais lorsque les alarmes à incendie se déclenchèrent, la fête tourna au cauchemar. Tant pis si elle se montra égoïste, Angel ne pensa qu’à préserver une chambre très particulière. Pas le temps d’enfiler la tenue, elle saisit l’interphone :
 
Mon amour, on a le feu dans l’aile gauche. Tous les filtres sont intacts mais je dois filer vérifier que ça tient !  
 
Beau sinistre mais, au final, hormis des dégâts matériels, nul ne fut atteint.  
Ysaline, revenue de son escapade tropicale en coup de vent, tint à s’assurer du bien-être de tous les patients et confirma que J.O allait très bien.  
 
Bonne année, mon amour, pleura-t-elle en prononçant ces mots si ordinaires d’habitude.
 
Là, pour celui à qui on ne donnait pas un mois de survie peu avant, la promesse contenue devait signifier énormément.  
Avec mille et une précautions, J.O put rentrer au manoir familial. Angel rigola sur son air grognon quand il lui fut précisé que toutes visites seraient brèves, les temps de repos longs et… obligation de lits séparés :
 
Arrête de râler ! Même si, pour ma part, je ne t’en adore que davantage car cela veut dire que tu vas vraiment mieux !... Non, non, pas question ! Si tu n’es pas raisonnable je ferai appel à cette bonne vieille  Sonia Wild…
 
Quel plaisir de le voir rire de nouveau !
 
La rémission semblait complète, tous les espoirs permis.
Durant cette première semaine idyllique, hormis les sempiternels Strang, nul ne les dérangea et J.O se porta de mieux en mieux. Du coup, le cercle des visiteurs s’élargit et c’est avec joie qu’ils reçurent leurs connaissances.  Les Smith et leur délicieuse enfant, furent les plus assidus aux rencontres.  Megan ne rata pas de leur apprendre que les menaces pesant sur la peau de John étaient enfin écartées mais, malgré une attitude relax, il sembla à Angel que ses amis lui taisaient des choses.
 
Meg, qu’est-ce qui cloche, souffla-t-elle à sa copine tandis que leurs époux causaient à seuls.
 
D’ordinaire si directe, Mrs. Smith prit la tangente, de quoi alarmer davantage Angel.
 
… ne me mens pas, Meg ! Je pourrais t’obliger à cracher le morceau mais je préfèrerais que tu le fasses de toi-même.
 
Lent, hésitant, le débit suivant laissa la duchesse de Gilmore sur les rotules. Les conclusions étaient sciantes :
 
Si John est, comme supposé, le donneur de J.O, alors… Oh, mon Dieu !!! Megan… cela fait des mois que l’on croit que J.O a un frère ! John serait donc l’aîné des Gilmore !!  Quand il saura ça, J.O sera… Non ? Comment ça, non ?
 
Selon Megan, c’était tout bonnement surréaliste. Certes pas impossible mais invérifiable.
 
… On compare les ADN, et…
 
Savoir était tentant mais les implications seraient tellement énormes, qu’il valait mieux rester dans l’ignorance.  
 
Bref, ni John ni toi ne voulez de notre place… Oui, suis déçue. J.O et moi on fondait tant d’espoirs dans cette recherche… Si vous y tenez tellement, je ne dirai rien à J.O…  
 
Deux jours plus tard, la belle santé de James s’altérait…
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Re: CQFD

Message par J.O West le Dim Aoû 10 2014, 23:46

Revivre ! Stupéfiante expérience subliminale, où tout, réalité comprise demeurait encore intangible, lointain et si proche à la fois. Comme celle d’un plongeur en profondeur, l’émersion  était lente, les paliers longs jusqu’à atteindre la surface, pour percevoir enfin la lumière, l’air…
Peu à peu, la conscience s’instaurait. James Oliver Strang-Westwood ouvrit les yeux dans la solitude aseptique de la chambre d’isolation, où le silence ouaté était à peine rompu par le bip discret des appareils auxquels il était toujours branché.
 
*Suis pas mort, finalement !*
 
Ses souvenirs étaient confus. Très confus. Difficile dans cet état, encore assez second, de distinguer où commençait la réalité et où finissait le rêve. Quelque part, dans ce flou impossible, il y avait même eu une fée.
 
*Mon vieux…tu hallucinais à fond de caisse !*
 
La porte coulissa doucement, livrant passage à un être bleu. Blouse, gants, bonnet. Cela tenait presque de la science-fiction mais même sous cet accoutrement aseptique, il  aurait reconnu son Angel. Il la devinait à ses gestes, ses mouvements alors qu’elle s’activait comme abeille laborieuse à vérifier que tout aille bien avant d’enfin s’approcher et le regarder longuement.
 
Tout va merveilleusement bien, mon amour !! Dans quelques jours, je pourrai enlever cet attirail et t’embrasser comme j’en meurs d’envie !!
 

Je t’aime !, il aurait voulu être capable de plus mais la forme n’était pas encore au rendez-vous.
 
Elle souriait, émue et se contenta de lui frôler un doigt du bout de son gant bleu avant de se sauver et le laisser béat d’un bonheur merveilleux. Il vivrait et elle l’aimait, plus que suffisant pour  le tirer finalement de son petit monde au ralenti.
Oui, tout allait bien. La greffe était un succès. Il pouvait se permettre de penser au futur mais bien sûr, avant de s’y mettre à fond, il fallait encore passer cette étape en cocon isolé.
Et puis, le soir de la St. Sylvestre, l’aile gauche de la Clinique flamba. Il n’en eut que des lointains échos, de ce sinistre. Angel le rassurait via interphone : le risque que le sinistre l’atteigne, lui, était écarté.
Bonne Année souhaitée en asepsie.
 
*Te plains pas, mon pote…t’es vivant, il y a de l’espoir !*
 
Fait confirmé quand Ysaline signa enfin sa sortie, pas sans une tonne de recommandations à la clé qu’il jura de suivre strictement, et en cas de manquement Angel serait là pour redresser la donne.  J.O maudissait sa faiblesse qui l’empêcherait  encore un temps de se déplacer comme tous et chacun et au lieu de cela devoir subir l’ignominie de se laisser pousser en chaise-roulante.
Accueil délirant de Maman. Révérencieux de Cebius. On ne s’attarda pas à faire défiler la domesticité au grand complet pas plus que la parenté qui sans doute attendait son tour. Invoquant son besoin de calme et repos, il fut directement transporté à ses quartiers.
 
C’est quoi ÇA !?, gronda t’il en découvrant les lits séparés.
 
Mal nécessaire, expliqua son aimée en assurant que cela obéissait à son besoin de grand repos.
 
Génial ! En plus grabataire, grabataire solitaire !…c’est trop fort…en quoi ça peut nuire  t’avoir près de moi ?...Ça me ferait le plus grand bien, crois-moi…
 
Et au lieu de s’émouvoir, Chérie se réjouissait de l’entendre râler, selon elle cela signifiait qu’il allait mieux.
 
Je me sens mieux…vraiment mieux…Tu es sûre qu’on ne pourrait pas contrevenir cet ordre ?...Je ne ferai que dormir, promis ! *Comme si tu pouvais faire autre chose !*
 
Non, non, pas question ! Si tu n’es pas raisonnable je ferai appel à cette bonne vieille  Sonia Wild…
 
Pas gentil de me menacer avec ça ! , rigola t’il, vaincu par son regard mutin mais déterminé, c’est bon…tu gagnes…
 

Première semaine de rêve ? Presque. Oncle George & Co. n’en rataient pas une. À peine feu vert donné pour des courtes visites, ils s’incrustèrent. Charmants, soi-disant ravis de le trouver en franche récupération, ils ne se privaient pas de l’examiner du coin de l’œil en attente, sans doute, de le voir défaillir au moindre effort. De ces trois-là, le seul que J.O gobait, plus ou moins, était son cousin Henry qui lui semblait moins intrigant que ses parents qui ne finissaient pas de lui en vouloir d’être l’héritier ducal. Henry, lui, avait d’autres intérêts. Impossible d’ignorer son manège autour d’Angel.
 
*Tiens donc…un autre qui regrette mon numéro de Lazare se relevant de la Mort !*
 
John et Megan furent les premiers amis à le visiter dès permission donnée. Ils lui présentèrent la petite Elisabeth, sa future filleule qu’on baptiserait dès qu’il serait assez en forme.
 
Ouais…pas question de laisser tomber cet ange dans les fonds baptismaux…ce serait minable de ma part !...*Un jour, peut-être…*
 
Suis si content, mon pote ! disait John après une franche bourrade, t’as vraiment l’air en forme !
 
Ça va de mieux en mieux chaque jour…sans cette greffe, on sait où je serais…mais et toi ? Ça va ?...Oui, c’est fantastique que vous ayez pincé ce type…Sais-tu, à la fin, qui en voulait à ta peau ?
 
L’expression de Smith lui sembla un peu étrange, sa réponse d’un flou signifiant haut et clair que ce n’étaient pas ses oignons. On passa à autre chose. Ces dames papotaient avec grand entrain non loin de là.
 
Je tenais depuis longtemps à te remercier, John, d’avoir été là tout ce temps…suis pas lâche, tu sais, mais à moment donné…j’aurai bien voulu que ça finisse d’une fois pour toutes…mais vous étiez là, Angel, toi…Sam…les autres pour m’enguirlander quand je lâchais prise…
 

Sourire en coin, hochement de tête, regard grave mais plein de compréhension, paroles rassurantes. Changement de thème, valait mieux parler futur. Ce fut une visite courte,  besoin de repos obligeant.
 
C’est bête d’avoir été si à côté de mes pompes…j’ai raté plein de cases, suis paumé…John m’a semblé, sais pas, gêné…coincé…en tout cas, il fait des mystères…Meg et toi avez bavardé…elle t’a dit quelque chose ?
 
Angel tiqua, il la connaissait trop bien comme pour ne pas le remarquer.
 
Ma chérie, qu’y a-t-il ?...Pas la peine de dire que rien, il y a quelque chose…je le sens.  C’est à propos de quoi ? Le tueur de John ?...John lui-même ?...Ça me rend fou d’être là sans rien comprendre…
 
Il pouvait être du genre tenace le moment venu, mais Angel l’était, apparemment autant ou plus que lui, elle ne lâcha pas un mot à ce sujet se contentant d’accommoder ses oreillers et lui conseiller de dormir un peu.
 
Encore ?...J’ai assez…
 

Petit sortilège discret et hop, le voilà parti au monde des rêves voulus insouciants. Sauf qu’ils ne le furent pas trop, ses rêves. Mots, gestes, bribes égarées de conversations, situations et les photos…ou plutôt une d’entre elles. Il l’avait regardée en riant puis oublié l’affaire et là…
Il se réveilla brusquement avec l’idée lui tournant dans la tête. On l’avait laissé seul pour sa petite sieste. Se lever ? Faire l’essai fut assez concluant, il tenait encore mal sur ses guiboles mais bon an mal an parvenait à se déplacer.
 
Bon Dieu, que faites-vous là, Milord !?
 
L’exclamation ahurie de Cebius qui entrait à l’instant rompit sa concentration et il faillit s’étaler de tout son long, ce que le fidèle domestique évita de justesse.
 
Bien que vous soyez là, Cebius…vous allez me filer un coup de main et surtout ne rien dire ni à ma femme ni à ma mère !
 

On pouvait toujours compter avec lui pour marcher dans une combine où il était question de silence et loyauté. Cinq minutes plus tard, J. O avait ce qu’il voulait. La photo en question ne fut pas longue à être trouvée.
 
C’était donc ça…, murmura t’il, rêveur, avant d’ajouter à voix haute, vous pouvez ranger tout ça, Cebius…merci ! Oui, vais me reposer !
 
Quand Angel vint à son chevet un peu plus tard, il suffit de lui fourrer le cliché dans la main et attendre. Un arc en ciel de roses et rouges soutenus.
 
Ça se tient, non?...C’est lui, le donneur, n’est-ce pas ?...Non, personne ne m’a rien dit…J’ai déduit tout seul…Il le savait…avant, je veux dire ?
 
S’en suivit une mise à jour qui le laissa encore plus pensif qu’avant.
 
Non…pas fâché…pourquoi le serais-je ?...Une compatibilité pareille est plus que digne de suspicion…je ne suis pas idiot à ce point…quand j’ai vu cette photo la première fois j’ai pensé que c’était John…et c’est mon père…deux et deux ça fait toujours quatre, mon ange…Ah, il ne veut rien savoir de se faire endosser le titre ?...Ça m’étonne pas…pas de lui ! John est le type le plus intègre que j’ai connu,  cette situation doit lui remuer les tripes…
 
Il pouvait se faire toute sorte d’idées, tisser des conjectures, avancer des conclusions périlleuses et plus ses réflexions allaient loin, plus un soupçon gênant perçait. Il disposait largement de temps pour repasser une et une autre fois la dernière conversation avec son père, l’unique et seule où le grand homme eut laissé percer  un émoi qui ne lui était pas habituel.  Surtout ses derniers mots : « Ta mère et toi avez été les seuls êtres à compter pour moi, les seuls dignes de ma véritable affection, je veux que tu n’oublies jamais cela. »…Pourquoi avait-il mit tant d’emphase dans cette dernière déclaration ?
 
*IL se sentait coupable !...De quoi ?...Mais voyons doc…c’est clair…il avait gros sur le cœur, la conscience le travaillait…il avait un secret qui le taraudait, ça on le sait…et il…*
 
L’entrée de sa mère coupa court ses cogitations pour le moment, elle annonçait des visites. John et Meg, Sam et Justin et les incontournables Strang.
 
Ton oncle est si heureux de savoir que tu vas si bien, mon chéri !
 
*Tu parles…ça l’aurait mieux accommodé venir à mes funérailles !*

 
La gentille réunion.  Faute de mieux, on se limita aux banalités sociales de rigueur. Hasard malheureux, Howard Strang présidait, dès son tableau, ce qui ne manqua pas de susciter une réaction en chaîne chez ses amis. J.O fit comme si rien, d’ailleurs son cousin s’enquérait sus ses projets à futur.
 
S’il n’en tenait qu’à moi, ce serait ficher le camp avec Angel et me la couler en douce…
 
Qui ne rêverait pas de ça ?, reprit Henry avec un sourire enjoué tout en coulant un coup d’œil discret vers la compagne idéale.
 
*Cours toujours, elle est à moi !*
 
Oncle George s’en mêlant, la conversation devint vite assommante. Les copains ne tardèrent pas à prendre congé sans qu’ils aient eu le temps d’échanger  des confidences. Il aurait voulu en profiter pour filer aussi mais déjà Magnolia improvisait une invitation au dîner que les Strang acceptèrent avec empressement.
 
Alors, mon cher garçon, on reprend vite du poil de la bête ! ? Tu te sens beaucoup mieux, n’est-ce pas ?
 

J’ai eu des meilleurs jours, laissa t’il tomber, rogue en acceptant le verre que son oncle lui fourrait dans la main.
 
Trinquons donc à un prompt et complet rétablissement…À Sa Grâce, le Duc !

J.O n’y pensait plus, à ce toast, ce soir-là quand le malaise sournois ne faisait que croître et qu’il vomissait du sang sous les yeux épouvantés de sa femme.  Emmené illico à Stillworth House, on le soumit à une batterie d’examens alors qu’il  avait la sensation, tristement connue, de sombrer dans un gouffre.
Que se passait-il ? Que lui fit-on ? Il n’en eut presque conscience.  En pleine confusion, il rata toutes les cases possibles sauf celle de la fin quand on lui communiquait qu’on l’avait empoisonné avant de lui faire avaler la potion la plus infecte dont il eut mémoire.
Il avait été dans les vapes presque deux jours  pendant lesquels il s’en était passé, des choses.  À son retour  au manoir, Angel voulut d’abord le voir installé en tout confort avant de le mettre au courant des derniers événements : l’arrestation et jugement d’Erik Nielsen  dont la liste d’inculpation était aussi longue qu’improbable. Une enquête était lancée pour pincer son empoisonneur.  Il y avait aussi quelque chose qu’elle devait lui dire au sujet de sa grand-mère mais ça pouvait attendre…
Ça attendit, vu que le cher oncle George ne manqua pas de se pointer en compagnie de son fils. Ils venaient à nouvelles, préoccupés après avoir appris dans la Gazette qu’il se mourait, de nouveau et apparemment ravis de le voir sain et sauf. Cette fois, J.O s’abstint de trinquer au futur !
 
Enfin seuls ! Il se serait éternisé Tonton si tu ne l’avais pas mis poliment à la porte !...Je vais bien…du moins, je me sens en forme…la potion d’Alix était fameusement dégueulasse  mais  ça a marché…Oui, ma chérie, on dirait que ça cloche de partout…mais crois-moi, il n’y a pas de rapport entre mon empoisonnement et les problèmes d’Erik …je dois parler avec John…C’est bon, ça attendra à demain…mais en attendant, je veux que tu mettes fin à cette charade des lits séparés…tu as confisqué ma baguette, sans ça je m’en chargerais moi-même…allez, fais-moi plaisir, mon ange…tu as été à point de me perdre deux fois…qui sait de quoi demain sera fait…
 

Il eut gain de cause, entre rires et baisers et se serait endormi dans ses bras en pensant qu’il faisait bon vivre si l’apparition de Cebius n’avait mis fin à ses plans.
 
Milord excusera cette intromission, mais  le Dr. Ysaline Von Falkenberg  sollicite incessamment à vous parler.
 

Ce devait être grave pour que la femme de Max apparaisse à cette heure.  Elle n’y alla pas par quatre chemins, directe et déterminée après s’être excusée de cette visite intempestive. Angel assura avoir fait les vérifications du cas et n’avoir relevé de détail suspect.
 
Des visites depuis ton retour, J.O ?...
 
Mon oncle et mon cousin !
 
Comme par hasard, les deux !  L’un d’eux s’est-il absenté, trafiqué quelque chose ? Car la récidive aura lieu… elle ne peut qu’avoir lieu…
 

Cela l’aurait estomaqué s’il n’avait pas eu la même idée. Il se trouvait qu’oncle Georges avait bel et bien quitté le salon et été absent un moment.
 
Je suppose que tu es arrivé aux mêmes conclusions que nous tous, non, J.O ? Tu sais que John est plus que probablement ton frère, hein ?
 

En effet, on dirait bien que c’est le cas…certaines preuves parlent d’elles seules…
 
Force était de s’étendre un peu sur le thème mais Ysaline était pressée d’arriver au but.

Si l’on s’en doute, je crois que ton oncle aussi… Il brigue le duché et vous faire tomber toi et John est capital. Ça t’ennuierait de revoir tes bouteilles fraîches ?
 
Angel s’en chargea. L’évidence était claire. La bouteille d’eau, à son chevet, pourtant scellée, avait été trafiquée.
 
J.O, sans te commander, ne fais rien ce soir. Nous devons avoir des preuves contre le responsable. Demain, on t’admettra en urgence ok ?
 

Et je serai mort le lendemain, c’est bon pour moi...
 
Ysaline partie, Angel voulut qu’il retourne dormir mais il insista pour rester seul.
 
Il y a quelque chose que je dois faire…donne-moi ma baguette, s’il te plait !
 
Un peu plus tard, alors que l’aube colorait à peine le ciel, son aigle chauve délivra son message et quelques minutes plus tard, celui attendu se présenta.  Pendant un instant, les deux hommes se regardèrent en silence, puis J.O se leva et avança  vers le nouvel arrivant, la main tendue.
 
On n’est plus seuls…frère ...et on a du pain sur la planche!
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Re: CQFD

Message par Angel Grisham le Dim Aoû 17 2014, 09:06

S’il avait fallu du temps à Angel pour se convaincre de l’amour sincère de J.O à son égard, maintenant elle en était bleue, et cet amour avait encore grandi après l’effroyable épreuve traversée. Le perdre aurait été la fin du monde. Que lui serait-il resté ? Sa grand-mère, son travail, ses amis ? Non, non, non, c’était lui qu’elle voulait à ses côtés pour une longue existence.  
Bénis soient Dieu, Merlin, et le donateur anonyme : J.O s’en sortait.  Douter ? Oh oui, elle l’avait fait. Toujours elle se souviendrait des paroles qui, même chargées d’affection, furent blessantes. N’avait-il rien compris ? Comment pouvait-il imaginer qu’elle soit heureuse une fois ses yeux  définitivement fermés ?  Sans lui, la vie était tout bonnement impossible, fade, sans but, nulle. Aussi, en secret, avait-elle préparé une potion de mort.
 
*Si tu pars, je pars avec toi !*
 
C’était à l’encontre à tout ce qu’on lui avait enseigné mais Angel s’en foutait.  La vie sans J.O ne l’intéressait pas. L’instinct de conservation lutta pourtant. Elle se serait raccrochée à n’importe quoi, n’importe qui.  Henry… il était bien gentil ce Strang mais jamais il n’arriverait à la cheville de J.O, jamais.  Au moins représentait-il une épaule secourable où pleurer, et tant pis si elle gâchait son beau costume en dégoulinant dessus.
Les miracles existaient donc ?? Une allégresse sans nom la bouleversa toute. Mais chéri devait être ménagé encore.  
Maintenir un éloignement physique lui demanda bien des efforts mais pour la bonne santé de J.O elle aurait consenti à n’importe quoi.  
Avec le retour à la maison, il fallut subir les incontournables visites de compassion et autres. Prouvant qu’il avait recouvré toute sa tête, J.O ne la rata pas :
 
…Meg et toi avez bavardé…elle t’a dit quelque chose ?... il y a quelque chose…je le sens.  C’est à propos de quoi ? Le tueur de John ?...John lui-même ?...Ça me rend fou d’être là sans rien comprendre…
 
Il comprendrait vite, sans aide, la vérité mais Angel ne voulait pas brûler les étapes et s’était contentée d’accommoder ses oreillers :
 
Il n’y a rien, tu te fais des idées. Dors, mon amour…
 
Elle aurait tant voulu retarder l’instant fatidique des révélations. Hélas, Monsieur était sagace, il conclut seul :
 
...Une compatibilité pareille est plus que digne de suspicion…je ne suis pas idiot à ce point…quand j’ai vu cette photo la première fois j’ai pensé que c’était John…et c’est mon père…
 
Je ne voulais pas t’embêter avec ça mais ce sont bien les  conclusions tirées. John est celui qu’on cherchait : ton frère…  Mais pas la peine de rêver lui refiler la charge, il n’en voudra pas…
 
Et des visites, encore ! Pourquoi Henry la coinça-t-il à mi-chemin de la cuisine pour lui parler ?
 
Tu sembles si heureuse, cousine. Je m’en voudrais de parler d’une éventuelle rechute mais tu dois y penser, penser à… nous…
 
 Si Henry reparut la joue rougie, nul ne posa de question.  Cependant, il devait être écrit quelque part qu’à grand bonheur grand malheur.  Elle bordait son chéri quand celui-ci se trouva mal, si mal qu’elle s’affola complètement :
 
AU SECOURS ! CEBIUS, MÈRE… 

Du sang, tout ce sang…
 
*NON, non, non, pas une rechute, pas ça….*
 
Il fallait s’y attendre, soupira un Henry contrit dans la salle d’attente.
 
NON, aboya-t-elle broyée de douleur. Il allait bien, parfaitement bien ! C’est autre chose !  
 
La suite lui donna raison. Si l’on désirait connaître tout ce qui s’était produit depuis le retour de J.O chez lui, ce n’était pas sans raison.
 
*Empoisonné ? Mais par qui, pourquoi ???*
 
Incapable d’assumer ses tâches à la clinique, Angel fut sidérée en apprenant qu’Alix s’en mêlait.
Néanmoins, la connaissant, avec elle au labo, on trouverait vite le fauteur de trouble.  
La compassion des Strang la révulsa, elle explosa :
 
FOUTEZ-NOUS LA PAIX ! Oui, même toi Chère belle-mère ! Je ne veux personne auprès de J.O… PERSONNE !!
 
Second miracle ? Substance identifiée, contrée, J.O revint à lui.
 
On doit une fière chandelle à Alix, mon coeur ! Tu es sauf ! Euh… Oui, un hic : Erik a été arrêté et, si tu veux savoir, je me fiche du comment et du pourquoi. Je t’aime !
 
Oncle, tante, neveu s’étaient pressés au portillon :
 
*Me soutenir ? Mon œil !*
 
Elle rua, refusa tout contact mais quand J.O rentra, ils affluèrent encore :
 
Vous voyez : il va bien ! Laissez-nous, je ne le répèterai plus. Merci d’être venus.  
 
Son époux en sembla enchanté :
 
Enfin seuls !...  je veux que tu mettes fin à cette charade des lits séparés… fais-moi plaisir, mon ange…tu as été à point de me perdre deux fois…qui sait de quoi demain sera fait…
 
Espèce de salaud !! Ne me fais plus jamais ça !!
 
Dormir à ses côtés ? Depuis qu’elle en rêvait. Mais, décidément, les ennuis perduraient.  
 
… le Dr. Ysaline Von Falkenberg  sollicite incessamment à vous parler.
 
Eh zut !!!
Une Ysaline énervée les attendait dans le vestibule.  Angel eut beau jurer avoir tout vérifié, il s’avéra que la bouteille d’eau à portée de main de J.O contenait aussi du poison.  Un semblant de plan s’amorça entre Ysaline et lui.  Les quelques mots que cette dernière lui souffla figèrent Angel :
 
Je sais tout pour Rose !
 
J.O réclama sa baguette. Qu’allait-il en faire ? Pourquoi ne lui disait-il rien ? Elle ne méritait pas d’être écartée ainsi !  
Elle ne lui donna pas son bout de bois, elle le lui balança quasi à la figure :
 
Amuse-toi, bien !
 
Si J.O, la chose désirée accomplie, espérait la retrouver sagement endormie à l’attendre dans leur lit, il fut très déçu. La chambre où elle se réfugia était à toute épreuve et si on y tambourina - ou pas – cela demeura hermétique. S’arracher les cheveux, pleurer ? Ça ne servait à rien.  Tant de trucs en tête, Angel en perdit le sommeil. Ysaline savait pour Mamy… Max aussi, le plus probable. Qui d’autre encore ? Qu’avait-elle involontairement déclenché ?
Jouer la comédie de l’affligée, le lendemain ? Puisqu’elle n’était bonne qu’à la figuration, Angel s’y plia avec brio. Coup de théâtre ! Crowley avait pigé, tonton George fut inculpé, amen.
Au moins son chéri ne risquait plus rien. Néanmoins, un profond ressentiment subsistait.
Les remous d’Erik lui passèrent par-dessus la tête. Angel ne désirait qu’une chose : la paix avec l’homme qui l’avait séduite.  Elle ne lui en voulait pas trop de l’éviction subie, mais quand même. Fallait-il croire qu’un demi-frère compte plus qu’une épouse ?  Sans doute…
Elle se mura en chambre privée plusieurs jours et soirs durant, essayant de rassembler assez d’idées et d’arguments pour appuyer ses intentions.  
Manger ? Bah ! Elle grignotait et ne faisait que se défiler à longueur de temps.  Ce fut l’intervention du père de Max qui mit le feu aux poudres et déclencha la réaction en chaîne.
 
J’en veux !
 
Pas besoin de dessin, Angel savait de quoi il causait. Elle fut ferme :
 
NON ! C’est expérimental. Mamy Rose l’a pris dans mon dos et je n’autoriserai personne à en user sans que l’innocuité soit prouvée.
 
Rose a pris le risque, je le prendrai aussi ! J’aime cette femme plus que j’ai aimé… passons. J’aime ta grand-mère. Suis grand-père aussi ! Avec ton truc, on pourrait avoir une fin de vie merveilleuse… Je signerai tout ce que tu voudras !  
 
Lourde, cruelle décision, et personne à qui en parler. J.O, revenu d’entre les morts, ne pensait qu’à son frangin, Les Nielsen goûtaient un énorme soulagement. Les Von Falkenberg étant directement impliqués, elle osa contacter Max.
 
Aide-moi ! Dis-moi quoi faire ?  Ton père veut épouser ma grand-mère !!!
 
Ah ? Il n’y voyait pas d’inconvénient…  Karl-Théodore signa à deux mains les décharges nécessaires. Fermer les yeux fut…. difficile. Et si c’était toxique, et si leur vie était menacée, et s’il en prenait trop ? Sa main trembla en versant les gouttes voulues dans un verre devant une Rose et un Karl attentifs. Elle ne donna pas la boisson, la laissant sur la table à côté du flacon.
 
Si vous en buvez Karl, vous dormirez puis… Excusez-moi !  
 
Elle s’en alla en reniflant.
Le mariage très privé eut lieu.  Fou ce que rajeuni Karl et son fils se ressemblaient !
Un verre, un morceau de gâteau, des vœux, bon vent ! C’est vrai qu’ils avaient l’air si heureux…
On baptisa le petit Christopher peu après. Belle fête… le malaise d’Angel persista. Par devoir, elle avait retrouvé le lit conjugal, et si elle adorait toujours son époux, Angel gardait au fond du cœur un profond sentiment de vide.  
J.O dévorait la vie à pleines dents. Normal.  Lorsqu’il lui annonça son intention de donner titre et fonction à Henry, elle opina du chef :
 
Comme tu veux !
 
Cela leur ouvrait des portes de liberté mais pour en faire quoi ? Tracer la route à moto ? Très peu pour elle !  Elisabeth Smith reçut le sacrement. Qu’il était heureux son parrain de J.O !
Opal ne rata pas sa petite mine chiffonnée mais sans doute ne s’attendait-elle pas aux pleurs déclenchés par ses quelques questions innocentes :
 
… non, je ne vais pas bien !... non, il n’y a rien qui cloche avec J.O, tout va très bien… Oui, je pleure, et alors, j’ai le droit, non ?
 
Misère ! Opal mit juste le doigt dessus avec le mot… enfant.
 
J’en… nous n’en aurons pas, jamais ! Je vous vois tous pouponner allègrement et moi, je… je…

Il a été irradié à fond, À FOND, tu piges ? Bien sûr, reste l’adoption mais… C’est pas pareil, non ? … Je ne lui ai rien dit, évidemment ! Me doute qu’il y songe aussi… LE QUITTER ? Non, non ! Il ne mérite pas ça et… je l’aime trop.
 
Le mal d’enfant est une maladie que seules des femmes peuvent comprendre. Certaines pondent mieux que des lapins, d’autres ont le ventre sec. Ces dernières doivent se contenter de regarder les autres, jouer aux marraines, tatie, ou autre facsimilé, mais toujours demeure un puissant manque.
Le baptême des petits De Brent fut la goutte d’eau en trop.
Dépression ? C’était plus que cela. La folie pure guettait. Une sorcière dingue peut en commettre des folies !
Comme il était mignon, ce petit bout de chou dans son landau. Sa mère devait être irresponsable pour le laisser dehors ainsi ? Angel ne réalisa même pas ce qu’elle fit en s’emparant des poignées de la voiturette.
 
Coucou, mon cœur ! Je vais être ta maman, tu veux ?
 
Elle ramena son trésor au manoir, ordonnant joyeusement à Cebius de tout préparer pour accueillir son fils. Moins d’une heure plus tard, un J.O pâle comme jamais débarquait avec les forces de l’ordre.
Maîtrisée, elle rua :
 
C’EST MON BÉBÉ ! Je vous interdis d’y toucher…
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Re: CQFD

Message par J.O West le Ven Aoû 22 2014, 23:48

Comment savoir ce que les femmes ont dans la tête ? J.O n’était sans doute pas le premier ni le dernier homme à se poser cette question.
Qu’elle lui balance sa baguette pratiquement à la figure le surprit assez mais il mit cela au compte des nerfs que la visite surprise d’Ysaline avait de nouveau chamboulés mais sa rencontre avec John, accouru d’immédiat à son appel, lui fit un peu oublier les états d’âme de sa femme.
Pas d’émotions extrêmes, ils n’étaient, ni l’un ni l’autre, de nature effusive, la chaleureuse sincérité de l’accolade échangée suffisait largement. John était peu ami des longs discours et lui appréciait le style direct pour dire les choses. Il avait fait donation de sa moelle sans savoir à qui elle était destinée, les coïncidences suivant, il avait fallu se rendre aux évidences.
 
Disons que ça a été un bienheureux hasard, alors …laissons de côté  les détails de cette affaire, je suis content que ce soit toi mon frère, point c’est tout !
 

Apparemment John était du même avis et on passa diplomatiquement sous silence les soupçons mués en vérité que tous deux avaient sur l’implication de leur père le duc, au lieu de quoi J.O parla de la visite d’Ysaline Von Falkenberg , ses soupçons et ses propres conclusions sur la possible implication de ses proches parents  dans la tentative d’empoisonnement.
 
Oncle George ne m’a jamais voué la moindre sympathie, il me tient pour un yankee sans manières inapte pour tenir ce haut rôle…Selon Ysaline, il récidivera, suis d’accord avec elle…
 
C’était trop tôt, ou trop tard, au choix, un verre fut servi. La conversation était facile entre eux, tous deux amis de la concision ils ne tardèrent pas à toucher le thème algide, sans difficulté. Sans aucun besoin de tourner autour du pot, J.O exposa son idée première et avoua connaître déjà le refus de John.
 
Ça ne m’a pas étonné…en fait, d’avoir eu le choix, j’aurais fait la même chose.
 
Ça va rien changer, je t’aimais déjà avant de piger.
 
Un aveu qui faisait chaud au cœur. Il n’avait pas besoin de plus. Son frère se fichait, autant que lui du titre et ses avantages (et emmerdes !), ne voulant que vivre en paix avec sa femme et sa fille.
 
Je rêve de la même chose mais tu as raison…tu me comprends, je te comprends et tout baigne de ce côté-là  mais avant de savoir comment on s’arrange avec, faut savoir qui est celui qui veut changer la donne  et à mon avis, c’est l’oncle George…Henry n’est pas mauvais bougre, il voudrait me chiper Angel mais enfin…pense pas qu’il m’empoisonnerait pour ça…
 

John concordait avec son idée et aussi avec la façon de mener à bien la suite, qui, si tout marchait comme supposé, coulerait de source.
Chambre en pénombre, lit vide. Pas trace de la douce Angel qu’il avait rêvé d’y retrouver. C’était une heure bien trop matinale pour qu’elle soit déjà partie à la Clinique. Une rapide investigation plus tard l’informa sur la teneur de sa solitude : son épouse avait décidé de déménager corps et biens dans une autre chambre qui s’avéra, pas faute d’avoir essayé, aussi inexpugnable que Fort Knox.
 
*Que le Diable m’emporte si je pige quelque chose !*
 
De rien ne servirait tempêter ni se donner en spectacle en tambourinant comme un dingue la porte de l’épouse revêche. Surtout pas question d’attirer l’attention des domestiques et encore moins celle de sa mère toujours aux aguets. Dépité, il gagna ses pénates et essaya de dormir une paire d’heures, sans y parvenir.
Angel était une artiste de la simulation. Tous n’y virent que du feu. Lui, n’eut même pas droit à une minime explication.
 
*À toi de te débrouiller pour deviner ce qui va de travers !*
 
Il mit un bout de temps à trouver. Pas qu’il fut lent d’esprit, mais avec tout ce qui se déroula par la suite, le temps manqua pour le livrer à de profondes analyses de sa situation conjugale. La mise en scène de sa mort donna le résultat voulu. George Strang tomba plein dans le panneau, fut arrêté et incarcéré en attente de jugement. John était lavé de tout soupçon et J.O put ressusciter tranquillement, juste pour voir la famille lui tomber dessus comme nuée de sauterelles.
 
Je n’ai rien à dire. Remettez-vous tous aux faits, si encore des prétendants à ma peau…prière de déposer vos sollicitudes !
 
Le beau remue-ménage. Retraite outrée. Seule Maman resta là pour défendre ses raisons, allez savoir lesquelles !
 
Mais quelles manières…je pense que tu as perdu la tête, James !
 
Voyons…il y aurait bien de quoi, non ?...J’en assez de cette charade…c’est fini ! Tu dois commencer à penser à ton retour, Maman…à la maison…s’il ne tient qu’à moi, je ne serai pas bien plus longtemps duc de Gilmore…inutile d’invoquer l’honneur de la famille et tout le blabla !
 
Mais…et Angel ?...Que pense t’elle de cette idée débile ?...Elle n’a pas l’air de trop agréer, compte tenu qu’elle ne dort même plus dans votre…
 
Maman, je t’adore, mais mêle toi de tes affaires et laisse-moi m’arranger avec ma vie !
 
Ce ne fut pas facile de survivre avec les soupirs de Magnolia mais bon an mal an elle désista de se plaindre vu le succès obtenu. J.O tint bon une paire de jours encore avant d’aller chercher sa femme à la Clinique, la surprendre dans son labo et exiger des explications…qu’elle ne lui donna pas, mais pour alors il avait pigé que l’exclusive attention portée à son frère la faisait se sentir…évincée.
 
Je ne sais pas d’où tu sors des idées pareilles, ma chérie, celle-là n’a jamais été mon intention…j’avais tout simplement besoin de parler avec lui à seules…Bon sang, Angel…c’est pas dur à comprendre…c’était un moment très spécial…pour moi…pour lui…C’est tout…Je t’aime, Angel, tu es ma vie…
 
Les problèmes des autres, qui n’avaient pas été des moindres, lui étaient passés à côté mais personne ne sut lui en vouloir. On se réjouissait plutôt de le voir de retour au monde des vivants. La vie reprit comme elle aurait dû être sans tant de misères, ou du moins de façon assez ressemblante.
Il faisait bon vivre et J.O comptait s’y appliquer avec tout l’entrain du monde. Il se remettait magnifiquement de ses déboires et en compagnie de John, s’appliqua consciencieux, à retrouver la forme perdu.  Jours d’insouciance, de bonheurs simples.
L’annonce, faite par une Angel mitigée, du mariage de sa grand-mère avec le père de Max, le prit décidément de court. La petite mise à jour allant de la main avec la nouvelle, le laissa comme deux ronds de flan,  rencontrer les fiancés le jour venu demanda une belle maitrise de soi pour ne pas rester bouche-bée comme le dernier des imbéciles.
 
Tu aurais pu me prévenir …enfin, plus explicitement !, souffla-t’il à l’oreille de sa chérie, c’est incroyable !
 
Sans aucun doute, mais Chérie ne finissait pas de digérer l’affaire, ce qui était très compréhensible. Vint le baptême du petit dernier des Von Falkenberg, suivi de près par celui d’Elisabeth, sa filleule dont il s’avouait volontiers dingue. Impossible ne pas remarquer que l’humeur de son Angel chérie subissait des hauts et des bas chaque fois qu’il en parlait mais il l’attribua, tout bêtement au fait d’être agaçant avec le thème.
Vint le tour des jumeaux De Brent. Belle cérémonie, joyeuse réunion, du moins pour lui, mais encore là, il ne put que remarquer le long aparté de Chérie avec son amie Opal et son retour, les yeux rougis, faisant l’essai, assez raté de sembler aussi contente que le reste.
 
*Bon Dieu, les femmes…qui les comprend ?*
 
Il avait beau demander, s’enquérir, se défaire en attentions, Angel avait la tête ailleurs, semblait abattue et même plus que ça : elle était triste.
L’Idée de céder titre et obligations l’avait longtemps taraudé. John, en tant qu’aîné y avait tous les droits mais ne voulait rien savoir. Oncle George croupirait le reste de sa vie à Azkaban pour payer ses méfaits, le seul candidat en vue était Henry. Il en avait discuté avec Angel et celle-ci avait donné un accord distrait.  Son cousin était un bon garçon, droit, éduqué dans le sens voulu pour un futur duc, son père briguait le titre et était sûr de l’obtenir, pas à dire.
Henry Strang fut très surpris d’être convoqué chez son cousin Sa Grâce le Duc de Gilmore et le fut encore plus quand celui-ci, sans grands préambules lui fit part de sa décision.  Le premier émoi passé, on parla affaires.
 
Tu seras le prochain Duc de Gilmore, très bientôt…pas de souci, je ne pense pas me faire sauter la cervelle… désolé, l’actuelle duchesse ne fait pas partie de l’arrangement, il se trouve que le titre lui sied encore moins qu’à moi…Écoute, Henry, ça aurait été si facile nous entendre de bonne façon, mais ton père a été, disons, impulsif…On va faire les chose très faciles, on commence à se faire à l’idée de me voir disparaître, et c’est juste ce que je vais faire…James Strang cessera d’être et je serai désormais J.O Westwood, aussi simple que ça…Tu emportes le gros du lot mais je reste avec la fortune personnelle de mon père, rien qui soit inhérent au titre…Disons que ce sera un dédommagement pour la peine…et tu sais de quoi on parle !
 

Le cousin Henry, qui n’avait rien d’un imbécile pigea au quart de tour. On se donna une bonne accolade, restant dans les meilleurs termes, on se souhaita bonne chance et chacun partit arranger sa vie sous les nouvelles conditions.
J.O finissait de signer la tonne de paperasse légale qu’entraînait cette nouvelle tournure de son existence quand  un appel, affolé, du fidèle Cébius lui fit lâcher ce qu’il avait entre les mains et se ruer comme un fou chez lui.
Leur belle maison de campagne, cadeau de Papa le Duc lors de leurs noces, avait eu droit à une sublime mise à neuf et semblait le cadre parfait pour un nouveau recommencement mais ce jour-là, cela ressemblait peu au parfait nid d’amour tant rêvé. La Police, l’ayant précédé de peu, investissait déjà les lieux.
 
C’EST MON BÉBÉ ! Je vous interdis d’y toucher…

*Pitié, elle est devenue folle!*
 
C’était bien le cas de le dire. Pour quelque raison, en apparence obscure, la douce Angel avait enlevé un enfant, en plein jour, au vu et au su de tout le monde et l’avait amené chez eux où elle comptait, en toute évidence, le garder. Inutile essayer de la raisonner, éperdue, hors d’elle, sa femme adorée n’entendait aucune raison. LA seule solution qu’il trouva, après avoir calmé les policiers assez dépassés mais rassurés de savoir le bébé en parfaites conditions, fut d’appeler Mamy Rose à la rescousse.  Elle fut là en moins de temps qu’il ne faut pour le dire en compagnie de son frais mari.
 
Angel a perdu la tête, Ma…euh, Rose…elle n’écoutera que vous !
 

La suite s’écoula dans une espèce de cauchemar étrange. Karl Von Falkenberg était un sorcier très doué. La Police comprit soudain l’inutilité de sa présence sur les lieux, s’excusa et s’en alla. Le bambin fut rendu à ses parents qui, curieusement ne trouvèrent rien à redire de la petite mésaventure, en fait, ils l’oublièrent à tout jamais. Angel soumise à une série de sorts apaisants plus quelques potions  spéciales dormait du sommeil du juste.
 
Je…suis perdu…Pourquoi faire une chose pareille ?...Tout allait si bien, je pensais que…
 
Tu pensais, nous pensions mais voilà qu’elle pensait à tout autre chose, dit doucement Rose, ma petite Angel, ma douce chérie…tant de misères, tant de préoccupations, cela mine, James…elle a cru te perdre… Dieu sait quel effort cela lui a coûté de garder toute sa tête alors…
 
Mais…je suis là…je l’aime et elle... *Préfère plus y penser…elle m’aime plus ou quoi ?*
 

Bien sûr, on était là à décortiquer l’intrinsèque du problème quand Opal Nielsen fit une de ses exubérantes apparitions, sans rien savoir de ce qui se passait, dans le seul but de visiter son amie. Force fut de la mettre au parfum. Avec la vivacité assurée de qui n’a pas raté une seule case, à différence d’autres, (l’un affairé à ressusciter à tout go et d’autres à refaire leur vie de façon singulière), l’australienne leur livra, impitoyablement,  sa version du drame en cours.
 
*Déprime à fond de caisse ?...Mal d’enfant ?* Mais…pourquoi ne pas me l’avoir dit ?
 
On le regarda avec la pitié que mérite un simple d’esprit pour reprendre avec grande douceur les explications pertinentes en termes faciles à  la compréhension de son esprit obnubilé (façon polie de dire lent et attardé !), avant de lui donner toute sorte de bons conseils et le larguer face à la redoutable réalité : venir à bout des chagrins de sa belle et s’assurer que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
 
Bonjour, mon cœur…Bien dormi ?...Chut, tout va bien, ma douce…tout va bien…*Mince, Mamy elle aurait pu faire mieux avec son petit sortilège !*…Non, on ne va nulle part aujourd’hui…Non, je ne rigole pas !...On part en voyage…non, pas encore à une de ces aventures folles que j’aime tant…*Décidément, elle me la pardonne pas la lune de miel !*…Un endroit des plus civilisés…Disneyworld, ça te dit ?
 

Quelque part ça devait lui dire quelque chose de sympathique parce qu’elle finit par se dérider et mettre un certain enthousiasme aux préparatifs de voyage.
 
Au fait, voici ton nouveau passeport…ben oui, fallait changer le nom…t’es plus la duchesse de Gilmore, mon ange…on est des  simples citoyens…Mr. et Mrs. Westwood…le cher Henry assume en toute joie de cœur…*Il a assez de quoi s’occuper comme pour penser à me chiper ma femme !*
 
Sans prendre congé de personne, ils s’envolèrent vers les USA. J.O avait préféré le voyage à la moldue, espérant que cela distrairait sa chérie. C’était sans compter qu’il y avait un couple avec bébé à deux places d’eux. Angel fit des efforts mais au bout de trois heures de vol, elle se leva et alla se pencher sur le couffin du petit pour revenir en larmes.
 
Ma chérie…te mets pas dans cet état, nous aurons des enfants…je te le jure…Oui, c’est ce que j’ai dit…viens là !, peu importait le reste du monde, il la prit dans ses bras et l’embrassa doucement, tout va aller bien…Tu as confiance en moi ?...ben, tant mieux…parce que j’ai tout prévu pour qu’on ait des vacances inoubliables !
 

Disneyworld  la fascina. Lui, ne faisait qu’attention à elle, si Angel était heureuse, il l’était aussi, le seul problème est que l’endroit était truffé de gosses  mais ils s’amusaient si bien, qu’elle semblait ne pas trop y penser. Apparences ! La récidive fut évitée de justesse.  Il ramena une Angel en larmes et pleine confusion à leur hôtel.
 
Ça va, mon ange, je comprends…je comprends tout…tu es si impatiente…tu m’y gagnes presque, là…Calme toi, ma chérie…tout va aller bien, nous allons rencontrer quelqu’un qui va nous aider…et je suis sûr qu’après tu seras de nouveau aussi heureuse qu’avant ! *Ou bien plus, sans doute…parce que parfois, il y a de quoi douter qu’elle ait été trop heureuse avec toi !*
 

Lavinia Dexter était experte pour les mises en confiance.  Charme, énergie, humour et une énorme connaissance de la nature humaine aidant, elle parvenait toujours à ses fins. Une conférence avec Ysaline Von Falkenberg  fut la mise en antécédents.
L’endroit était parfait. Calme, merveilleux, isolé. Ils pouvaient faire des longues, très longues randonnées sur la plage, parler ou rester en silence, ensemble. Livrant peu à peu, ce qu’ils avaient enfoui au fond d’eux-mêmes, se découvrant comme jamais ils n’avaient pu ou su le faire au milieu de tous les bouleversements survenus dans leurs vies.
Les sessions avec Lavinia apaisaient tous les doutes, aplanissaient tout obstacle, rassérénaient les esprits, pour parvenir, le moment venu, au point crucial qu’Angel  accepta les yeux brillant d’un nouvel éclat.
 
Ça va marcher, tu  verras ! *Je ferais n’importe quoi pour te voir heureuse, mon amour…et si ça ne va pas comme tu veux, quoi ?*
 
Valait mieux pas y penser. Il ne restait qu’à attendre…et prier !
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Re: CQFD

Message par Angel Grisham le Ven Aoû 29 2014, 05:50

Quiconque avait connu ou connaissait Angel Grisham aurait pu, la main sur le cœur, jurer à quel point cette jeune femme était sensée. Altruiste, téméraire dans les limites du raisonnable, elle n’aurait jamais volontairement fait de mal à une mouche ni entrepris quoi que ce soit qui nuise à autrui. Pouvait-on cependant à ce qu’elle demeure imperméable à tout ? Des électrochocs auraient été préférables à tout ce qu’elle encaissa.  J.O était la meilleure chose qui lui soit arrivée, mais…
Qu’en pouvait-il si duché et responsabilités lui étaient tombés dessus : RIEN !! Lutter pour leur indépendance s’avéra épuisant. Elle avait de si grands projets pour eux deux…
Pourquoi fallut-il qu’un soir un sorcier étrange entre dans sa boutique ; elle venait de l’ouvrir à l’époque. Il s’appelait Dexter Morgan… Sa requête scia Angel sur le coup :
 
Je suis vampire…
 
Sa baguette s’était brandie prête à refouler une attaque mais Dexter était pacifique.  
 
J’ai un gros souci Miss Grisham. Disposeriez-vous d’une potion qui remplace l’hémoglobine ? Je ne mors plus aucun humain depuis que Mary est entrée dans ma vie, mais j’en ai marre aussi de m’en prendre aux animaux en compensation… Ayez pitié, on m’a jeté partout…  
 
De fil en aiguille, le courant passa entre ces deux êtres si opposés. Après plusieurs tentatives de mixtures, Angel tomba sur la bonne. Infiniment reconnaissant, Dexter fut prêt à tout pour remercier la potionniste.  
Les études sur les vampires n’avaient jamais été développées.  Angel était fascinée, même si elle tremblait parfois devant celui devenu son ami.  Il répondit à toutes ses questions et demandes avec chaleur à celle jugée comme sa bienfaitrice.  
L’immortalité, la jeunesse et la santé, qui n’en rêve pas ?
Des années de labeur l’attendaient ? Angel s’en ficha.  Avec son bête microscope, ses burettes et chaudrons, elle sut isoler les cellules responsables du maintien du bon état des vampires même privés de vrai sang.  Elle ne pensait pas sérieusement à exploiter sa découverte… Les suites la prirent de court, de très court.  Mamy l’avait devancée…
Puis survinrent les ennuis de santé de J.O. En même temps, elle devait assumer les suivis du labo de Stillworth ‘s clinical et affronter d’autres décisions.  
Avait-elle réellement disjoncté ? Pas sûr ! Sur le coup, prendre un enfant abandonné en rue lui avait semblé la chose la plus élémentaire à effectuer.
Oui, bon, peut-être avait-elle exagéré en voulant le garder comme sien…   
 
Bonjour, mon cœur…Bien dormi ?...Chut, tout va bien, ma douce…tout va bien…
 
Ça ne va pas du tout ! J’ai commis un grave délit. Je vais en prison, c’est ça ?  
 
Elle se souvenait d’avoir résisté, du sort de sa grand-mère et l’amertume de la potion lui collait à la gorge. J.O insista :
 
…on ne va nulle part aujourd’hui…
 
Tu plaisantes ? Je DOIS aller en prison ! Ce que j’ai fait est infâme… 
 
… Non, je ne rigole pas !...On part en voyage…

Tu comptes faire quoi ? M’apprendre à piloter un avion, à sauter d’un pont avec un bout d’élastique au pied ?
 
Au lieu des sports extrêmes, il lui proposa Disneyworld.  
Il y en a qui voient des nains partout, elle ne voyait que des gosses partout !  Comment J.O s’y était-il pris pour lui éviter Azkaban demeura en suspens. Elle ne savait pas trop où il voulait en venir et joua… le jeu comme elle put, c’est-à-dire en pleurant comme fontaine dès qu’il était question d’enfant.
 
Ma chérie…te mets pas dans cet état, nous aurons des enfants…je te le jure…
 
Et c’est elle qu’on traitait de folle ? Elle n’allait pas lui mettre le couteau sur la gorge, le forcer à admettre qu’il était à présent stérile.  Les nerfs d’Angel furent à la hauteur des montagnes russes visitées. Des enfants partout… forcément. Puis… :
 
Non mais tu te rends comptes de l’inconscience de ces gens ? Qu’est-ce qu’un bébé de trois mois en a à cirer de Mickey ? On le prend ?... Non ? Comment ça non ? Tu avais dit que…
 
Et hop, à l’hôtel. Elle ne savait vraiment plus sur quel pied danser et, à défaut, pleura beaucoup.  . 
 
Ça va, mon ange, je comprends…je comprends tout…tu es si impatiente…tu m’y gagnes presque, là…Calme toi, ma chérie…tout va aller bien, nous allons rencontrer quelqu’un qui va nous aider…
 
Une agence d’adoption ? Elle ne voulait pas adopter, elle ! Mais l’endroit où il la conduisit ressemblait plus à un complexe de vacances qu’à autre chose même si très vite Angel pigea du quoi il retournait en fait. D’abord elle s’irrita, imaginant que J.O voulait l’abandonner dans ce haut lieu de la psychanalyse. Mais l’accueil chaleureux de Lavinia Dexter fit rapidement disparaître cette angoisse.  Ils allaient rester là, à deux, un bon moment.  
Qui aurait pu croire que de longs moments en quasi solitude pouvaient provoquer des confidences inédites, faire naître une telle complicité ?  Il est vrai que les Westwood – leur nouvelle identité – n’avaient strictement jamais eu droit à ces instants bénis de tête-à-tête. Sans retenue, ils se livrèrent l’un comme l’autre à une profonde introspection en osant les échanger. Angel fut totalement sidérée en apprenant que, sur les conseils d’Ysaline, son mari avait fait congeler sa semence juste avant l’irradiation complète. Oui, J.O lui avait effectivement parlé d’un truc de précaution mais elle n’avait pas capté ce que cela voulait dire, pensant juste qu’il s’agissait des paperasses en cas de décès. C’est qu’il avait été si près d’y passer, et plus d’une fois, Seigneur !
 
Parfois, j’ai eu le sentiment que je te portais malheur… la vie sans toi ne m’intéresserait pas… oui, j’ai un truc énorme sur le feu. Je m’en veux d’ailleurs de l’avoir laissé dans d’autres mains, et…
 
Il avait raison, il fallait laisser les ennuis à la maison. Si elle désirait être mère, rien ne s’y opposerait sauf, peut-être, la nature...
 
Comprenez bien dans quoi vous vous embarquez, ma petite dame, sourit Lavinia.  Nous devons d’abord préparer votre corps, le rendre le plus propice qui soit à recevoir la vie. Je vais vous prélever un peu de sang pour voir le taux de vos hormones. Ensuite, nous procéderons à un examen gynécologique complet avec étude des trompes et de l’utérus. Parfois, certaines malformations infimes peuvent compliquer les choses. Avez-vous des questions ? Tout est-il clair ?
 
Euh… par examen complet, vous entendez quoi ?
 
Lavinia éclata de rire devant l’air contrarié de sa patiente :
 
Rien de dramatique, nous sommes entre sorciers ! C’est une veine, je vous assure car les méthodes moldues sont plutôt… barbares !  Ici, rien de tels ! Une injection de contrastant, un scan externe par baguette, et hop fini !
 
J.O se voulut rassurant :
 
Ça va marcher, tu  verras !      
 
Elle avait pleine confiance en Lavinia mais… les risques d’échecs à répétition étaient à craindre.  
La comprenant peut-être mieux qu’elle-même, Lavinia lui tapota la main :
 
Si nous devions constater une infertilité de votre part, Angel, nous procèderons à la réimplantation de vos ovules fécondés en externe. Ce n’est pas une garantie non plus car il faut que ces cellules se fixent aux parois de l’utérus… Allez ! Hauts les cœurs ! Oubliez tout sauf de surveiller votre température Angel !  
 
Et… et si je n’étais pas une bonne mère ? J’en vois tant qui font n’importe quoi avec leurs gosses…
 
Pas de panique !! Je vous ai observés, tous les deux, avec les quelques enfants du centre et je suis certaine que tout ira bien ! On va booster un peu vos hormones, et… croiser les doigts !

S’aimer, s’aimer follement, c’était marrant. Pas de Magnolia derrière leur dos, ni personne pour les juger, les critiquer ! J.O parla plus qu’il ne l’avait jamais fait. Proposant, bâtissant maints projets.
Le pic attendu ne tarda pas à se produire. Énervée, à la limite de la panique, Angel se relaxa sous la douce voix de Lavinia.
 
Tout ira bien Angel. Je surélève tes jambes, et j’accélère les petites bêtes !  
 
Moins d’une semaine plus tard, tous pleuraient de joie. Le 1er Westwood était en route.   
 
Oh, mon Dieu !!Du premier essai ! Ivre de bonheur, elle embrassa son époux :
 
Merci, merci, merci !
 
Oui, oui, bien sûr, il ne fallait jurer de rien avant les trois premiers mois. On attendrait pour annoncer la nouvelle à l’entourage.
Lavinia insista pour garder ce charmant couple encore un peu avant de le larguer dans les tracas de la vie active.  
Ce fut une période bénie, adorable autant qu’adorée.  
Cet endroit était franchement unique en son genre autant qu’Angel sache. Ils y croisaient d’autres patients mais, étrangement, l’isolement primait. Aucun patronus ne franchissait les barrières, aucun coup de fil, pas de Net : la paix totale.
J.O avait fini par avouer ses projets d’avenir. Outre surtout s’occuper d’elle et de l’enfant, il envisageait essentiellement veiller sur son patrimoine.
 
… Vraiment ? T’es sûr ? Plus de réenrôlement, de transfert au bout du monde ?... euh… tu vas t’ennuyer alors pendant que je serai au labo… mais bien sûr que je vais y retourner ! Une femme enceinte n’est pas obligée de vivre sous cloche or rien ne cloche !!... oui, mamy et maintenant Karl me tracassent malgré tout... parce que j’ai… j’ai… un des ingrédients de leur potion est peu, très peu commun…
 
Il rigola, plaisanta, évoqua n’importe quoi jusqu’à tomber sur le bon. Rouge aux joues, elle admit :
 
… si, c’est du sang de vampire… Il est inoffensif, je t’assure… un vrai agneau parce qu’il est amoureux… il n’y a pas de risque… j’admets oui, avoir quand même des doutes aussi, tu comprendras que nous devrions rentrer maintenant…  JE TE JURE que je n’aurai plus d’idées farfelues. Je porte TON enfant, mon cœur. C’est tout ce que je voulais !  
 
Londres en juin. Temps mitigé, comme d’hab. Ils étaient bronzés et rayonnants en réintégrant la maison précédemment acquise mais abandonnée suite aux événements.  
Lorsqu’ils se présentèrent à la clinique, de nombreuses choses leur parurent étrangement différentes. Oui, Angel conservait sa place, pas de souci. Seulement, il y avait eu une fusion avec Ste Mangouste ce qui impliquait de se démultiplier.  Alix avait assumé avec joie le labo ; Ysaline, cernée comme jamais, salua son retour avec entrain mais fatigue.  Angel dut s’asseoir quand des questions directes la prirent de court :
 
… ils vont bien, non ?... Ouf ! … mais si, bien sûr que je savais ce que je faisais…. QUOI ???
 
Non, ni Rose, ni Karl ne développaient de symptômes de vampirisme mais une fuite s’était produite.
Qui en était responsable, quelles en seraient les conséquences… ? Les médias s’affolaient…  Eux aussi…
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Angel Grisham
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