Qui veut la peau de...

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Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Mer Juin 18 2014, 22:34

Qu’est-ce qu’ils avaient dégustés ! Les hommes en tout cas. Les dames, elles, s’en été tirées sans bobo pour le plus grand soulagement de leurs compagnons. Néanmoins, tous avaient été profondément marqués par ces déploiements de forces maléfiques et, comme c’est souvent le cas après des épreuves vécues en commun, on s’évita soigneusement quelque temps.
Enfin dans ses croutes, John décida qu’il était grand temps de franchir une étape qui lui tenait très à cœur : épouser Megan. Ce sujet n’avait plus été évoqué depuis sa demande acceptée à Noël. Sitôt les démarches entreprises en secret, John se heurta à une administration très pointilleuse. Sous quelle identité se marier ? Produire acte de naissance, état civil, certificat de ci, de ça, publier des bans ?
 
*Misère !*
 
Il ne disposait d’aucun document officiel à soumettre aux rouages légaux. Pour Megan, la situation n’était pas idéale non plus, hélas.  Si elle réapparaissait soudainement sous son identité réelle, pluie de tracas l’assaillirait. Créer de faux papiers ? C’était tentant mais embarrassant. Bref, il s’arrachait gentiment les cheveux à contourner les multiples obstacles soulevés quand une invitation impromptue leur arriva. Des amis de leurs amis allaient convoler et la future épouse rencontrée à la va vite au nouvel-an étant en manque d’entourage…
 
Qu’en dis-tu, Meg ? On fait une répétition du nôtre ?  
 
Elle n’y vit aucun inconvénient, assez contente de revoir ses amies avec qui elle voulait discuter d’histoire de filles. On rigola en choisissant un cadeau de mariage car, avec une parenté ducale, les jeunes mariés seraient sans doute plus que comblés par leurs proches.
On en visita des rayons d’accessoires.  Un électo-ménager ? Ça leur ferait une belle jambe de recevoir dix gaufriers, mixeurs ou percolateurs. Ils n’avaient aucune idée de ce qui agréerait ce couple à peine connu mais si reconnu ! Un chèque aurait été facile sauf que sans âme. Pourquoi diable Megan s’attardait-elle devant les layettes ?
 
Tu choisis pour les jumeaux ? J.O et Angel n’en sont pas encore là eux, ou si ?
 
Vivant comme eux à la fois chez les sorciers et les modus, qu’est-ce qui plairait à ce couple ? On opta pour une Cona, cafetière spéciale genre instrument de laboratoire qu’Angel utiliserait autrement au besoin.
 
Les articles de Megan dans la gazette connurent un franc succès. Bien que ravie, John pressentait un truc qui le dépassait.
 
*Je la prive de sa famille… ça doit être ça !*
 
Tout ravi d’un achat chez Angel, justement, il rapporta du polynectar :
 

Il suffit d’ajouter de l’ADN de n’importe qui pour prendre l’apparence de ce n’importe qui.
 
Le « non » reçu en pleine poire le prit au dépourvu. Qu’est-ce qu’il avait encore fait de travers ? Certes, Meg avait plus d’une bonne raison de lui en vouloir avec cette quête épuisante où ils avaient failli laisser leur peau, puis les soucis administratifs, et le reste…
 
Comme tu veux, soupira-t-il plus affecté que prévu.  
 
Ah le beau mariage… ou presque. On fit la fête avec les autres, ça changeait agréablement de la routine. S’il s’étonna de la grande intimité entre Michael et un certain Davenport, lui fut assez décontenancé par l’attitude du père du marié envers lui.
 
Mes respects, votre Grâce…
 
Tout juste s’il ne se prit pas un avada sur place. De toute la soirée, le Duc de Gilmore l’évita comme s’il était porteur de la peste noire.  
Et les dames papotaient, riaient…
 
Erik, vais avoir besoin de tes services pour régler des paperasses…
 
Le mot glissé en douce obtint une vague promesse, sans plus.
Avec Max, dans leur coin, il but peut-être un peu plus que de raison, se livrant à des confidences autrement tues :
 
Megan est bizarre ces derniers temps. Sais plus sur quel pied danser avec elle… Ah ? Ysaline aussi ? On a fait un truc qu’on n’aurait pas dû, à part participer à la chasse aux fantômes ?  
 
Apparemment Max en savait, ou en soupçonnait, plus que lui mais se marra en le laissant patauger dans la semoule.  
Cette soirée arrosée lui ficha un mal de crâne pas possible. Il ne se plaignit de rien, comme d’hab, adorant entendre Megan ronronner contre lui.
 
… oui, ça va. Tu causais de quoi avec les filles ?...
 
Silence, déviation de sujet :
 
… j’ai bavardé avec l’un ou l’autre. J’aime bien Davenport. Il est éclairé sur les placements. Le buffet de sa femme, wow !... euh, oui, elle est splendide aussi, quel rapport ?  Tu as vu les jumeaux ? Quelle merveille !... que… QUOI ? Qu’est-ce que tu essayes de me dire ou de me cacher, Meg ? … NON… c’est une blague ? Tu es… ?  
 
Si quelqu’un pourrait se vanter d’avoir vu John Smith pleurer, ce fut bien sa délicieuse compagne.
 
… Bien sûr que je suis heureux ! Je suis fou de joie, oui !! Pourquoi tu ne m’as rien dit plus tôt ?... Ouais, vaut mieux être prudent avec ces choses-là *Savais pas, moi* Et tu te sens bien, tu as consulté, tout est normal ???... bon Dieu Meg ; non j’ai plus sommeil du tout. Es… es-tu heureuse, au moins ?
 
Elle l’était, l’assura, le rassura. Un avenir radieux s’ouvrait… Sauf qu’il lui manquait toujours ces fichus papiers pour légaliser les noces.  
Au petit-déjeuner, John fit son possible pour gâter sa chérie qui se marra comme une dingue devant ses œufs très brouillés, sans sel.  
 
Hey ! Suis pas si ignare !... ok, j’ai potassé sur le Net mais n’empêche que tu dois vérifier ton cholestérol et tes sucres…. Oui, c’est le courrier. Sans doute des lettres de tes fans d’histoires… Quoi ?
 
Dans la majorité qui était dédiée à sa chérie, un pli s’adressait à lui. Il n’en crut pas ses yeux. Meg s’inquiéta de son attitude si paf. Fallait expliquer, il sourit :
 
Ça fait des semaines que je me débats avec l’administration et là… on a toutes les autorisations voulues mon cœur, je n’y croyais plus ! On peut se marier sous l’identité que l’on veut !! N’est-ce pas merveilleux ?
 
Cœur n’en revenait pas mais curieuse comme il se devait voulut savoir de quelle instance émanait cette missive :
 
… cabinet truc machin bidon… connais pas. J’ai tiré tant de ficelles que je m’en tape, j’ai dû actionner la bonne sans le savoir.  Je prends lequel de mes passeports selon toi ? Veux-tu devenir Mrs. Smith, Mrs. Lewis, Mrs. Kenwood ou…  ?
 
Ils rirent à s’en étrangler mais John prit soin d’empocher le pli à examiner en détail plus tard.
 
Quelle que soit l’identité d’emprunt, on lui garantissait la légalité de ses actes. Il y avait anguille sinon requin sous roche, là !  Mais cela ne l’affectait pas outre mesure pour l’instant tant il était heureux d’enfin convoler légalement avec, en plus, la splendide perspective d’être père dans quelques mois.  
Bon… à certains cadeaux clause particulière. Tout ce qu’on lui demandait en échange de ces passe-droits consistait en une visite au ministère de la magie. Comment s’y rendait-on ?  
Cabine téléphonique vétuste avec numéro glissé discrètement, vérification de baguette, tout y passa jusqu’à ce retrouver face à un gars en toge qui lui soumit un fatras de paperasse à signer.
 
Vous n’escomptez pas que je signe sans rien piger ?
 
Eh si, le préposé récidiva ses directives en lui désignant les cases à cocher ou phrases à compléter.
 
Allez aux diables. Je ne vois aucune utilité à ces formalités. Mes salutations à celui ou celle qui croit mener la danse !  
 
On l’avait tant mené en bateau depuis son accident d’avion, de quoi apprécier les transports moldus, qu’il n’allait quand même pas dire amen à m’importe quoi, non ?  
Adieu veau, vache, cochon, couvée… comment expliquer ce retard nuptial à Megan ?
Il rentra en rogne, s’octroyant un verre que, vu l’heure indue, Meg ne rata pas. Fallait qu’il s’en fasse le consola-t-elle.   
 
Dans son bureau, Howard Strang, Duc de Gilmore, reçut un fidèle compte-rendu de l’entrevue établie par ses soins. Il avait cru l’affaire dans le sac, or… Rien n’avait été signé, tout restait à craindre… James ne devrait jamais savoir, personne ne devrait savoir. Las, il décrocha son téléphone…    
 
John traversait sur le passage clouté, sens aux aguets, vieille habitude. Un miroitement l’alerta, le réflexe joua, il plongea sur la chaussée. Son voisin direct tomba aussi pour d’autres raisons.  
 
SNIPER ! cria-t-il avant de ressentir une douleur par trop connue en pleine poitrine…
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Message par Megan Reese le Mer Juin 25 2014, 10:44

La quête macabre était close.  Encore secouée, le cœur aux lèvres, Megan, fidèle à soi-même et ses engagements, rédigea l’article final de la série et l’apporta à Jeremiah Follett qui le lut presque sans respirer  pour finir pâle et assez décomposé.
 
Par Merlin, c’est affreux…je veux dire, ce que vous racontez est affreux…déjà le reste était terrible mais ça…
 
N’est que la stricte vérité, mot pour mot, Dieu merci, c’est fini !, avoua t’elle, c’est une expérience que je ne saurais recommander !
 
Si vous deviez résumer cela  Katherine, quels seraient vos mots ?, voulut néanmoins savoir Follett.
 
Bonne question…sans doute : Aller-retour en enfer, tout compris…c’est une notion très moldue de voyager, on vous emmène, on vous ramène et tout ce qui se passe entre départ et retour est compris dans le prix…Intéressant mais parfois sujet à des surprises…peu inspiratrices, si vous voyez ce que je veux dire !
 
Je vois !
 
Megan était sûre que ce n’était pas le cas mais n’avait aucune envie de s’éterniser avec les explications. Une seule envie la taraudait : rentrer chez elle, se couler un bain et dormir  d’un bon et lourd sommeil sans rêves, ce qui était déjà beaucoup demander.
Elle ne s’était jamais tenue pour une personne trop sensible. Pragmatique, logique, analytique, sensée, oui.  Superstitieuse, influençable, craintive, nerveuse, non. Jamais de la vie…or là, elle se sentait ballotée entre deux mondes dont les différences, parfois absurdement complexes,  menaçaient son mental. Soit, l’expérience vécue avait de quoi retourner le plus farouche des hommes, elle n’allait pas prétendre être au-delà de tout…
 
*Arrête d’y penser...ou penses-y et fais quelque chose d’utile avec !*
 
Follett, plein de compréhension, pensait qu’un petit congé l’aiderait à se ressourcer après l’odyssée vécue. Megan, contraire à ses habitudes de fonceuse sans pareil, avait agréé, en toute joie de cœur. Farniente ? Cela y ressemblait assez, oui.  John vaquait à ses affaires, plus ou moins secret, pour ne pas changer, ce qui lui laissait pas mal de temps pour des longues flâneries, pour s’asseoir dans un banc au par cet regarder les gens passer et réfléchir à des choses jamais envisagées auparavant. Pourquoi voir une mère jouant avec son enfant, écouter les piaillements joyeux des petits dans le bac de sable l’émouvait donc autant ? Elle, l’implacable Megan Reese, se penchait sur la frimousse d’un bébé dans son landau en sentant un pincement d’envie.
 
*Tu perds la perspective, ma pauvre !*
 
Et l’appétit, surtout les matins. Et la patience, quand son John chéri l’entourait d’attentions. Le sommeil  en pâtit aussi, multipliant les heures mortes à tourner en rond, la tête pleine d’idées farfelues, mais le pire était de se retrouver en train de pleurnicher pour n’importe quoi, n’importe où et quand.
 
*C’est le stress…quoi d’autre ?*
 
Congé écourté, elle se lança à corps perdu dans le travail. La bibliothèque sorcière exerçait une irrésistible fascination, les archives étaient une source intarissable d’information. Elle pouvait passer des heures à lire des grimoires centenaires ou à compulser des vieux dossiers.
Ces recherches, sans but apparent, perçaient, peu à peu, le voile de mystère qui entourait le monde sorcier, si plein d’embrouilles, intrigues et tragédies. Monde ancien, désuet mais mû par les mêmes principes que le sien : envies, ambition, pouvoir.
 
*Comme quoi, rien de nouveau…avec ou sans magie, on est tous logés à la même enseigne !*
 
La routine varia un peu avec l’invitation au mariage d’un couple entrevu casuellement, ami des Nielsen que John connaissait bien.
 
Qu’en dis-tu, Meg ? On fait une répétition du nôtre ?
 
Hein ?...Oui, bien sûr, pourquoi pas ? Ah, les autres en seront aussi, …revoir des vieux amis *Les seuls qu’on ait!* et bavarder entre filles, chouette !
 
Le marié était fils du Duc de Gilmore, du pur gratin, le cadeau devrait donc être en conséquence, Megan s’amusait beaucoup des idées de son  chéri, aussi peu versé qu’elle en la matière. Pourquoi devaient-ils passer près du rayon bébés ? Et pourquoi devait-elle rester là, à baver devant ces chaussons minuscules, ces petites brassières si douces, cette barboteuse si adorable ?
 
Tu choisis pour les jumeaux ? J.O et Angel n’en sont pas encore là eux, ou si ?
 
Euh…non…oui, les jumeaux…ils sont si mignons…
 
Elle choisit deux petits ensembles et essaya de n’y plus penser. Le fameux cadeau  trouvé serait livré, mais elle emporta celui pour les petits Nielsen. Cette nuit encore, l’insomnie sévit.  Tout bêtement, elle contemplait les vêtements des bébés quand une idée saugrenue lui traversa l’esprit. Sus au Net. Mots clés, résultats ponctuels qui la laissèrent rêveuse. Le lendemain, visite éclair à une grande droguerie et retour à l’appartement. Le test ne prit que cinq minutes, mais pour si jamais, elle utilisa les quatre différents kits, avec  quatre résultats absolument identiques.
 
*Doux Jésus… t’es pas folle, t’es enceinte…*
 
Elle vola se regarder dans le miroir. Rien n’avait changé à son apparence. Était-ce possible ? Rien. Toujours aussi mince en restant  athlétique. Il n’y avait que l’éclat de fou ravissement dans ses yeux et ce bonheur délicieux qui l’envahissait toute. Un bébé, l’enfant de John…Si quelqu’un l’avait vue valser dans l’appartement en chantant à tue-tête et riant aux éclats, il aurait sans doute cru qu’elle avait carrément perdu la tête.
Mr. Smith, lui, par manque d’information, devait se faire bien d’idées sur son comportement parfois erratique. Allez savoir à quelles conclusions il était arrivé pour lui proposer de boire du Polynectar.
 
Non mais… jamais de la vie je ne toucherais à ce breuvage immonde…
 
Comme tu veux, avait soupiré le pauvre.  
 
De quoi la faire se sentir presque méchante.
 
Je sais que tu te fais du souci pour moi…tu penses trop, mon chéri…on est ensemble, on est heureux…je ne veux rien de plus…Je t’aime !
 
Belle cérémonie avec surprise à la clé, marrante l’intervention du fou inoffensif, même si pas tous ne rigolèrent. Trop guindés pour le faire ! Réception chic de chez chic, côtoyant tout ce qu’il y avait de noble et riche dans ce milieu select. Félicitations aux nouveaux mariés, un magnifique couple. On circula par-là et finit, logiquement pas se réunir avec ceux qu’on connaissait.  Tout à la joie des retrouvailles, on bavardait, on riait, laissant à découvert  des facettes difficiles à percer auparavant chez Michael surtout qui rigolant, racontant des blagues se montrait parfaitement sociable et charmant. Un autre homme, à l’avis de Meg. Max, très détendu avait retrouvé sa belle humeur. On leur présenta un autre couple, les Davenport. Lui, grand ami de De Brent, un grand, blond, beau garçon et sa femme, une splendide beauté blonde.
 
*C’était donc lui, celui que la russe visait…c’est vrai que sans trop de détails, ça peut se prêter à confusion…un beau blond en vaut un autre, surtout quand on est pressé d’en finir…manque de pot, c’était Max qui était là…Enfin…*
 
Ces messieurs parlaient affaires. Mrs. Davenport partie de son côté, les trois amies cherchèrent un coin tranquille pour s’asseoir et bavarder. Une chose menant à l’autre, Megan, ravie, déballa son petit secret. La tête tirée par ses amies valait un aveu de vive voix, mais, chacune ses raisons, aucune n’avait encore fait part à l’autre partie intéressée. On ne s’étendit pas plus que ça, ou si peu, sur le thème.
 
Tu causais de quoi avec les filles ?
 
Elle leva la tête et le regarda avec un sourire innocent.
 
De ce que causent les filles quand elles sont ensemble…et toi ?...je t’ai vu très disert avec le copain de Michael, Davenport, non ? 
 
Il est éclairé sur les placements. Le buffet de sa femme, wow !...
 
Oui, c’était délicieux, j’ai entendu dire qu’elle a un succès fou avec ses restaurants…mais il n’y a pas que ça de remarquable chez elle, n’est-ce pas ?, le taquina t’elle.
 
Euh, oui, elle est splendide aussi, quel rapport ?
 
Aucun, voyons…aucun !*Tu veux rire !*
 
Nouveau changement de thème. Quel air attendri celui de son chéri en parlant des jumeaux Nielsen.
 
Ils sont adorables !
, puis avec un petit air de douce innocence, mais notre enfant, ou nos enfants seront aussi mignons…Enfin, on devra attendre pour savoir.
 
QUOI ? Qu’est-ce que tu essayes de me dire ou de me cacher, Meg ?
 
Elle se lova plus étroitement dans ses bras.
 
Je ne te cache rien, au contraire, je te le dis…

 
Sa tête valait de l’or.
 
NON… c’est une blague ? Tu es… ?
 
Oui…ce sera dans sept mois et demi aprox…Mais…Mon Dieu, tu pleures !...John, mon amour…si tu n’es pas heureux, je comprends…c’est un peu vite et…
 

Elle se trouva prise sous un tourbillon de baisers fous.  
 
Bien sûr que je suis heureux ! Je suis fou de joie, oui !! Pourquoi tu ne m’as rien dit plus tôt ?
 
Je voulais en être 100% sûre…on ne sait jamais trop bien avec les test-maison.
 

Il avait l’air un tantinet dépassé et commença de sitôt à se faire de la bile.
 
Et tu te sens bien, tu as consulté, tout est normal ???
 
Bien sûr que tout va bien, gros bêta, être enceinte n’est pas une maladie ni grave ni handicapante, c’est un état normal chez une femme jeune sainement constituée. Alors arrête de te faire du souci et dormons plutôt…ça a été une longue journée.
 
Bon Dieu Meg ; non j’ai plus sommeil du tout. Es… es-tu heureuse, au moins ?
 

Quelle question !!! Bien sûr que je suis heureuse…je suis follement heureuse, ravie, comblée, ce qui n‘empêche pas que j’ai sommeil, moi…je t’aime, John Smith…à demain !
 

Si avant de se savoir futur père John était aux petits soins, le lendemain de la grande nouvelle, il prouva pouvoir faire mieux : il se souciait de l’alimentation de sa chérie, qui opta pour rigoler de bon cœur, en rajoutant du sel à ses œufs brouillés alors qu’il se défendait en assurant s’être parfaitement informé sur les besoins d’une future mère.
 
John Smith, je vais avoir un enfant, pas m’entraîner pour aller à la Lune…Mon cholestérol  et mes sucres se portent à merveille et je refuse de manger fade…en fait je rêve d’un bon repas au resto de Samantha Davenport, on le dit sublime…
 

Elle commença à éplucher le courrier tout en croquant une tartine. Ses lecteurs se montraient très prolifiques comme correspondants, pas tous n’aimaient ce qu’elle écrivait, et ne se privaient pas de le dire sur tous les tons.
 
Aouch, celui-là, me descend en flammes…affabulatrice, menteuse…n’importe quoi !...enfin, tiens, mon amour, celle-ci est pour toi !
 
Il eut l’air bien surpris en recevant l’enveloppe cachetée, de caractère très officiel. Son expression en lisant le contenu valait bien la question :
 
C’est quoi ? Tu as l’air soufflé.
 
Son sourire la rassura, la suite l’émut…dernièrement ça faisait fort, les émotions ! Cela faisait un temps qu’il s’occupait à trouver la meilleure façon de régulariser leur situation et voilà que quand on s’y attendait le moins, la solution était là.
 
C’est merveilleux, oui…mais comme ça ? Sans préavis…ça vient de chez qui, John ?
 
Cabinet truc machin bidon… connais pas. J’ai tiré tant de ficelles que je m’en tape, j’ai dû actionner la bonne sans le savoir.  Je prends lequel de mes passeports selon toi ? Veux-tu devenir Mrs. Smith, Mrs. Lewis, Mrs. Kenwood ou…  ?
 

On se la joue à la courte paille ?
 
Qu’est-ce que ça pouvait lui faire le nom qu’il choisirait ? Elle serait toujours sa femme, tel comme le juraient les antiques romains «  Ubi tu Gaius, ego Gaia » et Megan comptait suivre le précepte au pied de la lettre.
L’entretien au fameux cabinet  fut loin de donner le résultat escompté. John rentra, l’œil torve, l’air qui disait : « Sans commentaires », et se servit largement à boire, alors qu’il n’était même pas midi. Megan abandonna son poste face à l’ordi et le rejoignit.
 
Pas besoin de le dire, ça n’a pas marché…sans doute une combine foireuse…, elle écouta attentivement ce qu’il raconta, énervé, non mais...se prennent pour qui ?...Pas d’explications, rien…comme si on allait être si…enfin, tu as bien fait de les envoyer se faire voir…On trouvera bien, mon amour…mais je me demande quand même qui peut prétendre faire gober un truc pareil !
 

Noce remise, pas question d’en faire une tragédie. Tout finirait bien par s’arranger, elle en était sûre et s’occupa à partager son optimisme de la meilleure façon.
Megan pressa le pas. Elle allait être en retard. John lui avait donné rendez-vous  pour faire des  courses ensemble avant d’aller dîner au Senses, devenu leur restaurant favori dans le Londres moldu.
En arrivant au coin de la rue, elle fut surprise de voir un attroupement inusuel, une ambulance, gyrophare en action, la police…Arrêt sur image ! Vilain pincement au cœur, prise d’un affreux pressentiment, Megan se fraya passage aux premières loges, en écoutant les commentaires des badauds.
 
Rien entendu, sauf le grand mec qui a crié Sniper…
 
Affreux, tous deux descendus là…en pleine rue…
 
*NON…NON…PAS JOHN !!!*
 
Mais même avant de le voir étendu dans la civière, elle avait su que c’était de lui qu’il s’agissait. Peut-on devenir folle en une seconde ? Megan fut près de le prouver.  Éperdue, elle avait rompu le barrage de sécurité, slalomé entre les policiers et arrivée à l’ambulance sans que rien ni personne ne puisse l’arrêter.
 
C’EST MON MARI !!!, hurlait-elle, JE DOIS ÊTRE AVEC LUI !!!
 
Aucun besoin d’une femme hystérique pour en rajouter une couche, on l’embarqua dans l’ambulance qui partit sur les chapeaux des roues. John, blême, mais encore conscient sous le masque d’oxygène, lui fit un clin d’œil avant de partir gentiment dans les vapes. Elle ne lâcha pas sa main de tout le trajet, alors que les ambulanciers s’échinaient pour  le stabiliser. Arrivés aux Urgences, on l’obligea à rester dehors, à se morfondre, seule. Une infirmière sortit pour lui remettre les objets personnels du blessé et murmura quelques mots rassurants avant de la laisser à nouveau seule avec son émoi.
Entre les effets remis, il y avait un téléphone portable. Elle l’activa. Pas de messages mais si une intéressante liste de contacts. Tous y étaient, Von Falkenberg, De Brent, Nielsen et même Davenport. Sans hésiter, Meg  commença à passer des appels au secours, sans se faire, il faut le dire, trop d’illusions. Pourtant elle dut s’avouer franchement surprise en voyant apparaître Max, suivi de très près par Michael et ô surprise, Justin Davenport arriva trois minutes avant Erik.
 
Wow…vous êtes merveilleux !, souffla t’elle en s’échouant dans les bras secourables de Max, on…on a tiré sur John, en pleine rue…un sniper…
 
Erik, en tant que docteur fit valoir ses droits et s’informa sur l’état de Mr. Smith. Lord Davenport qui semblait connaître tout le monde contacta la police pour connaître la procédure en cours. Michael réclama d’elle toute l’information susceptible d’intérêt. Elle n’hésita pas à livrer la version complète, sans omettre détail. Max s’occupa de faire la navette du café, en apportant ponctuellement quelques détails supplémentaires.  La fameuse lettre éveilla  pas mal de suspicions. John l’avait avec lui lors de l’attentat, Megan ne douta pas à la remettre à De Brent avec la nette assurance de pouvoir lui faire aveuglement confiance. Elle n’avait pas idée de quelles ficelles il tirerait ni quel étaient ses contacts, sa parole lui suffisait et le coup d’œil entendu de Max fut un aval supplémentaire.
 
John se réveilla le lendemain, au pavillon de Soins Intensifs. Il avait passé une bonne nuit et était en franche récupération, non ainsi Meg, qui était restée tout le temps  à son chevet, installée sur une chaise, lui tenant la main. Elle avait une mine de papier mâché mais souriait, ravie.
 
Tiré d’affaire, mon amour…tout va bien…j’ai eu si peur…Non ! Pas encore, tu es fou…Quelques jours, on ne va pas courir de risques…
 

Pour un homme qui revenait de loin, il gardait les réflexes intacts, selon lui, il n’était pas en sécurité là. Si on avait cherché à l’éliminer de la sorte, on recommencerait. De quoi la faire trembler de nouveau.  Mais apparemment, il n’était pas le seul à avoir eu la même idée. Un peu plus tard dans la matinée, Michael  et Max se présentèrent à l’hôpital, munis d’un ordre émanant de Dieu seul sait qui  disait, noir sur blanc que John Smith devait être transféré séance tenante. Cela fit un beau grabuge mais ils eurent gain de cause. Megan ne pigea pas grand ’chose mais suivit le mouvement sans mot dire.
John fut transporté  à Ste. Mangouste où, magie en action, il récupéra beaucoup plus vite que s’il était resté à l’hôpital moldu.
 
Nos amis ont été merveilleux…un appel, et ils étaient tous là…je n’y aurais jamais cru…Oui, mon chéri, j’ai tout raconté à Michael…il va nous aider et je sais qu’il le fera…Non, pas vu Alix…seulement Ysaline, elle t’a soigné…Oui, on dirait une vieille habitude ! Maintenant, dis-moi…as-tu idée de qui peut t’en vouloir comme pour commanditer un assassinat ?
 

Il n’en avait pas la moindre idée, ce qui ne les avançait pas plus. Autant qu’á la Police qui faute de mieux décréta qu’il s’agissait sans doute de l’œuvre d’un fou, ce que bien entendu, personne ne voulut croire.
 
*Si tireur il y a, commanditaire aussi…mais qui peut lui en vouloir ?...Quoique, c’est su que beaucoup de promesses ne sont pas tenues et il se pourrait que…*
 
Mais en y pensant bien, et De Brent était du même avis, si ceux à qui elle pensait avaient voulu se défaire de John, celui-ci serait mort il y a longtemps.
On essaya de reprendre la vie comme si rien, sans pouvoir éviter être toujours aux aguets, mais il ne se produisit rien. Megan entamait joyeusement son quatrième mois de grossesse, en parfaite santé malgré son régime à la noix, à l’avis de son chéri toujours si prévenant,  quand un soir Michael se présenta chez eux et remit à John une grosse enveloppe brune, assurant que ce qu’il y trouverait réglait tout problème qu’il put avoir, après quoi il prit congé avec un malicieux clin d’œil.
Regardant les documents étalés face à eux, ils avaient du mal à croire ce qu’ils voyaient.
 
Seigneur Dieu, John…ce sont des papiers d’identité parfaitement légaux…il ne manque rien…tout y est…et ce ne sont pas des faux, je t’assure que non…Bon sang, ce gars a des contacts très haut placés…Oui, mon amour, je crois que nous pouvons commencer à nous occuper de notre mariage…
 
Ubi tu Gaius, ego Gaia…
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Re: Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Dim Juin 29 2014, 18:15

Les pruneaux ? Il connaissait. Pas besoin de mémoire pour cela, il lui suffisait de regarder son torse dans le miroir chaque matin pour savoir que celui-là n’était pas le premier.  Les toubibs moldus avaient tiqué en constatant toutes les traces d’anciens sévices mais moins que lorsque John refusa l’anesthésie générale. Pas question de débiter n’importe quoi inconsciemment !
 
Doc, c’est mon problème. J’encaisse assez bien comme vous l’aurez remarqué…
 
N’empêche qu’il dégusta bellement lors de l’extraction du projectile et ses cautérisations.
Une transfusion ?
 
Non !  
 
Fièvre et état de choc eurent néanmoins raison de son entêtement, il sombra.
Réveil en sursaut. Megan était à son chevet, pâlotte, défaite :
 
Pardon de t’imposer ça, ma chérie. Suis dans le cirage depuis combien de temps ? … Je peux sortir ?
 
Non ! Pas encore, tu es fou…Quelques jours, on ne va pas courir de risques…
 
Megan, je dois filer. Je ne sais pas si j’étais visé ou pas mais on va pas attendre que ça recommence ! Puis, tu connais la police moldue…  J’ai pas envie de justifier un tas de trucs !
 
Il essaya de bouger, la douleur le transperça. Il devait bien y avoir deux ou trois côtes cassées par là...
Nuit et brouillard. Nouveau réveil, sens en alerte :
 
C’est Ste Mangouste ? Comment…  ben dis donc, tu as la cote pour qu’ils réagissent ainsi nos copains… Quoi ?? Tout raconté quoi à Michael ?
 
Ouf ! Dans les grandes lignes, Megan avait juste cafté pour les soucis de documents officiels, embrouillant suffisamment l’affaire sans en donner le fond réel. En fuite pour raison d’Etat suffisait.
Ysaline était venue ? Dommage qu’il n’ait pas été conscient…
 
 … Maintenant, dis-moi…as-tu idée de qui peut t’en vouloir comme pour commanditer un assassinat ?
 
Aucune, ma douce… *ou trop*… d’ailleurs, je le répète, je n’étais pas nécessairement la cible de ce tireur. On sait qui est le gars descendu en premier ?
 
Au fond de lui, John redoutait qu’on ne l’ait à nouveau dans le collimateur. Il avait pourtant été sage mieux qu’une image et n’avait soulevé aucune vague tel que le contrat le précisait.
Il sortit le lendemain et se remit aussitôt à la tâche avec maintes précautions cependant.
Chaque jour, il s’émerveillait des changements opérés chez Megan. Oui, il savait exagérer en la poussant à suivre un régime hypervitaminé mais ne pouvait s’en empêcher.
Arriva une grosse enveloppe brune : Michael n’avait qu’une parole.
 
… Oui, mon amour, je crois que nous pouvons commencer à nous occuper de notre mariage…
 

Que dirais-tu d’une petite réception au « Sense »… Arrête avec ça ! Ce n’est pas Samantha qui m’intéresse, c’est sa cuisine !! Au fait, tu devrais peut-être lui demander des leçons…
 
Ils rirent à en perdre haleine, ce que les côtes fraîchement ressoudées de John n’apprécièrent guère.  
 
C’est fou ce que les administrations peuvent être tatillonnes. Par quels méandres De Brent était-il parvenu à le faire passer pour un citoyen british bon teint ? Peu importait, cela valait vraiment le coup autrement ils auraient été dans la paperasse jusqu’au cou. L’autorisation ne tarda pas trop et, pour fêter ça, quoi de mieux que d’aller goûter les plats du « sense » et arrêter une date les agréant tous ?  
Le restaurant haut de gamme était prisé, preuve en était l’occupation.  
 
Nous souhaiterions une table mais aussi discuter avec la patronne…  John et Katherine Smith…  
 
Sam ne tarda pas à s’avancer dans sa beauté à couper le souffle. Que Meg le fasse retomber sur terre par un vilain pincement au bras, le fit marrer :
 
Salut Sam ! Dis, tu aurais cinq minutes pour nous ? … On voudrait te réserver une salle… c’est ça : on se marie !  
 
Dans un petit bureau, les agendas se comparèrent. Peut-être Lady Davenport déplaça-t-elle l’une ou l’autre réception ? Toujours est-il que le 31 juillet convenait aux parties.
On s’accorderait plus tard pour le choix des plats. Sam leur annonça qu’une table serait bientôt libre s’ils patientaient un peu. L’apéritif étant offert...
En attente, eux aussi, sa grâce le duc de Gilmore et son épouse, comme quoi pas de passe-droit avec ceux-là.  Et autour d’une coupe de Champagne la conversation s’engagea :
 
Je suis sincèrement navré pour ton père, J.O… ça ne doit pas être facile de lui succéder au débotté… Tu étais dans l’US army ? …Pas à dire, ça change… moi ? Bah, je vis et je vais épouser la femme la plus délicieuse du monde… après la tienne, bien sûr !
 
La table libérée, on ne désira pas se quitter. Megan et Angel semblaient en affinité et, curieusement, John se sentait en phase avec ce jeune gars blond.  
Des sujets de toutes sortes s’évoquèrent en évitant les trucs militaires, religieux ou politiques.
 
Tu fais du basket J.O ?...  Je m’étais inscrit à un club mais avec l’incident… Rien de grave, des côtes amochées… ça te dirait ? Vraiment ? Je suppose qu’avec tes responsabilités…
 
Ah, sa Grâce n’était pas conventionnelle et désirait piétiner la fourmilière des traditions antiques…  
 
Plus tard, après promesse de se revoir, John confia à Megan dont il lissait les cheveux avec amour :
 
… oui, une excellente soirée. J’aime bien ce petit gars… ok ( rire) pas si petit mais plus que moi, na ! Et la petite, là tu ne diras pas le contraire, Angel t’a fait bonne impression aussi, non ?  … tu as raison, mon cœur, élargissons notre cercle. Après tout avoir un duc dans la manche, ça doit servir… mais non, je ne suis pas opportuniste ! T’as pas idée du nombre de points communs que l’on a lui et moi… comme, euh… les sports… basket, natation, moto… ben oui, moto, ça t’étonne ? … je la planque dans le garage… aîe ! Ok, je t’emmènerai la prochaine fois que je la sors…. Sinon, je crois J.O aussi adepte que moi du sport… en chambre !  
 
Ils riaient encore en roulant sur la couette.  
 
Au fil des jours, tout en se consacrant à ses œuvres et aux préparatifs des noces, John et J.O se rencontrèrent fréquemment en duo ou quatuor.  Megan était enchantée d’une pommade fournie par Angel qui lui garantissait l’absence de vergetures et autres bobos de grossesse, de quoi devenir amies à vie.  
Qu’il survienne un autre incident dans le parcours de John incita ce dernier à revoir son opinion quant à l’éventualité d’être une cible pour… merlin savait qui.  
C’était si banal cet accident évité… fuite d’eau à la salle de bains… deux fils dénudés… sans ses semelles caoutchoutées, John aurait été électrocuté. Il n’en dit rien à Meg mais tous ses signaux d’alarme passèrent au rouge.
 
Faire-part expédiés, menu établi, chapelle réservée, ne manquait que la mariée qui s’adonnait de son côté à une foule de tâches secrètes dont il fut résolument exclu.  
 
Allô, JO ?... oui, oui, ça va mais suis nerveux… te fous pas de moi, je t’ai vu à ton mariage, vieux !  Ça te dirait une balade ?... Moto ? Ouais, bonne idée. Dans 1heure, ok !  
 
Tracer, il n’y a que ça de vrai pour se défouler un bon coup. Sans les filles pour ralentir leurs ardeurs, les copains s’en donnèrent à plein régime.  Ceux qui les virent passer les traitèrent sûrement de fous, peut-être qu’ils l’étaient.
Qu’est-ce qui se passa ? Son bolide lancé à fond, John sentit soudain la direction foirer. Il freina en douceur en signalant de la main qu’il arrêtait la compétition mais le blocage brutal du moteur le prit de court. Il décolla du véhicule et, sans son sort in extremis, se serait probablement écrasé telle une mouche sur un pare-brise.  Le bruit affreux qu’il perçut en même temps l’effraya. Réceptionné rudement au sol, il ne put que constater la collision entre les motos.
 
J.O ? J.O, ça va ?
 
Grâce à Dieu, à part quelques plaies et bosses, les deux hommes ne souffraient de rien. Ils en rigolèrent en se jurant de taire cette mésaventure à leurs compagnes.  
 
Son cœur criait Megan, sa bouche dit :
 
Katherine, reçois cet anneau signe de mon amour et de ma fidélité…
 
Sa taille s’était un peu arrondie ? Et alors ? Pour John, aucune femme n’égalait la beauté rayonnante de SA femme !  
 
Félicitations, embrassades, instants mémorables de bonheur complet.  
La fête battait son plein. Petit comité certes mais tous les présents s’amusaient, le principal.  Même Alix ne refusa pas de valser avec lui qui ne put s’empêcher de déplorer l’absence d’Ysaline qu’une affreuse migraine retenait au lit.  Avec Michael, il rigola :
 
Tu ne trouves pas quand même curieux que les trois femmes ayant baigné le lac des champs Phlégréens soient enceintes en même temps ?... Sais pas le sexe, et je m’en fous !
 
Il rigolait en compagnie de son témoin de mariage lorsque fondirent sur lui Max et Justin.  Quelles têtes ils tiraient !
 
Eh, les gars, c’est la fête… me causer de quoi ?  
 
Pas le temps de dire ouf, il fut emmené quasi manu militari dans une pièce à côté.
 
Mais c’est quoi ça, riait-il, un peu éméché. Une sorte de bizutage du nouveau marié ?
 
Sa griserie s’évapora aussitôt que ses potes l’ouvrirent l’un après l’autre.  Ainsi, Davenport avait subtilisé un verre qu’on lui destinait. Confié à l’analyse, le récipient s’était révélé imbibé d’un poison lent… mortel.
  
… c’est ridicule, crâna-t-il. Personne n’a de raisons de m’en vouloir à ce point !  
 
Max était d’un autre avis et ne mâcha pas ses mots et révélant des choses que John aurait souhaité taire aux oreilles des autres. J.O et Michael remarquant le conciliabule les avaient rejoints…
 
*Eh merde !* Comme l’a dit Max, on m’en a voulu à un moment donné mais cette affaire-là est close à jamais… désolé Michael, je ne peux rien dire. En cas contraire, ni vos peaux ni la nôtre à Meg et moi ne vaudrait tripette, ça vous suffit ? … Je suis persuadé qu’il s’agit d’une chose complètement en dehors… Ok, on fouillera. Merci, les gars ! Pas un mot à Meg, hein !  
 
La nuit au Ritz ne parvint pas à chasser ses tourments même s’il donna le change autant que possible.
 
La patience était le plus grand point fort de Ronald Browning. Contacté par sa filière habituelle, il accomplirait la mission confiée quel qu’en soit le délai, et puisqu’aucun n’avait été fixé, ce John Smith disparaîtrait tôt ou tard. Il avait un bol du tonnerre ce mec !
 
*À moins que tu ne perdes la main…*
 
Sûrement pas. Jusque-là, Ronald n’avait pas eu de chance, voilà tout. Il est vrai que jamais il n’avait eu affaire à une telle anguille qui disparaissait si brusquement de sa lunette que c’en était dépitant.  Saboter la moto, empoisonner un verre, provoquer un court-jus, lui tirer dessus et… rien. Un contrat étant un contrat, personne ne l’arrêterait.  
Une indiscrétion en entraînant une autre, Ron sut exactement quelle chambre occuperaient les Smith pour leur nuit de noces.  Bien planqué dans l’immeuble d’en face, Brown avait une vue idéale sur le balcon de la suite nuptiale.
 
Allez mon gars, sors ! T’aime bien en griller une dehors, surtout après la baise… Allez, sors !
 
Le doigt sur la gâchette, il ne relâcha pas son attention.
Ah ! Du mouvement…
 
Allume-la… C’est ça ! T’es bien nerveux, ce soir. Arrête de faire les cent pas…  Mais… c’est pas possible ! TU ME FIXES ?
 
L’index pressa la détente…
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Re: Qui veut la peau de...

Message par Megan Reese le Dim Juil 06 2014, 19:15

Comment Michael De Brent s’était arrangé pour réussir ce tour de force ? Megan ne se posait plus de questions, sûre que de ce côté-là, elle n’aurait jamais de réponse concluante. Autant passer un trait, bénin, sur sa curiosité légendaire et occuper ses idées à d’autres plus divertissantes que dénouer des secrets  très secrets.  Et puisqu’il n’y avait plus d’empêchement, elle pouvait légitimement s’adonner à un plaisir très féminin : préparer son propre mariage !
Megan n’avait jamais été du genre romantique-fleur bleue mais une fois ne faisant pas coutume, elle s’y prit avec entrain, à concocter  son petit plan.  John, lui, n’avait pas perdu le temps, non plus ou il y pensait depuis un bon moment.
 
Que dirais-tu d’une petite réception au « Sense »…
 
Elle lui coula un petit regard amusé.
 
Pas à dire la sublime Lady Davenport a su retenir ton attention !
 
Arrête avec ça ! Ce n’est pas Samantha qui m’intéresse, c’est sa cuisine !! Au fait, tu devrais peut-être lui demander des leçons…
 
Non, vraiment ?...Je ne vois pas ce que tu veux dire !...Mon Dieu, je ne voulais pas te faire rire…ça fait trop mal encore, tes côtes ?
 
Apparemment oui, mais ça ne l’empêcha pas de continuer à rigoler. C’était si bon de le voir si détendu, heureux, insouciant.
 
*Pourvu que rien ne vienne entacher ça…*
 
Avec les documents fournis, obtenir la licence de mariage ne prit que le temps réglementaire, pas une minute de plus. Megan, devenue par le besoin de la cause Katherine Osborne, commença à penser que son futur mari, complotait allégrement à son dos. Parce que fixer le samedi 31 Juillet comme date de leur mariage n’était pas simplement fruit de l’impatience surtout en se montrant si assuré quant à la présence de leurs amis.
 
*Enfin…si ça lui fait plaisir, je me laisse surprendre !*
 
Tout comme arriver au Sense, bondé comme prévu, demander à parler à Lady Sam qui, ô miracle, avait justement un fameux trou dans son agenda, sans doute archi-comble. Tout le monde savait qu’obtenir une réservation dans ce temple de la haute cuisine, était presque aussi difficile que demander une audience privée au Pape sans motif très valable !
 
*Ne disons pas tout le resto !*
 
Mais bien sûr, John était ami de Justin, et celui-ci mari de la madone blonde…deux et deux faisant presque toujours quatre…ça tombait tout seul. Presque autant que la mâchoire de son fiancé en suivant des yeux l’élégant déplacement de la dame de céans.
 
Tu as intérêt à regarder ailleurs, sans ça, on le fête chez McDonald’s, notre mariage !
 
Homme adorable, qui se contenta de sourire, angélique.  Avoir une table pour dîner ce soir-là ne posa, non plus, aucun problème.
 
*C’est beau, les influences !*
 
Attendre un peu en prenant un apéritif ? Qu’à cela ne tienne. Une autre couple, et pas des moindres, patientait également comme le fait le commun des mortels, ce qu’ils n’étaient pas le moins du monde : le duc et la duchesse de Gilmore, je vous en prie !
C’est vrai qu’ils avaient été à leur mariage, mais alors ils n’avaient pas le très haut rang social actuel, Megan se demandait quelle attitude prendre, on ne sait jamais avec les nobles quand son John adoré régla l’affaire de manière on ne peut plus démocratique, ce que le jeune duc agréa, sincèrement ravi, tout autant que son adorable petite épouse avec qui Miss Reese engagea rapidement conversation, après tout elles s’étaient déjà rencontrées chez Opal. On parlait de tout et de rien jusqu’á ce que Mrs. Strang associe son nom avec l’auteur de certaines parutions  dans la Gazette.
 
J’ai lu tes articles ! WOW, ton truc sur la chasse au fantôme ! Tu y étais, vraiment ?
 
Et comment…une chance qu’on m’ait laissé les accompagner !
 

Et ainsi de suite. Une chose menant à l’autre, on en apprend des choses, certaines qui vous rapprochent, vous mettant en confiance. Elle n’aimait pas être duchesse, travaillait toujours au grand dam de sa belle-mère très à cheval sur les us et coutumes, on pouvait la comprendre.
 
Alors comme ça tu attends un heureux évènement ?
 
Megan s’étonnait d’en être si facilement arrivée aux confidences, mais il est vraie qu’elle n’avait jamais eu une véritable amie ni le besoin de parler de trucs de filles.
 
Oui, c’est pour Décembre…mais ça ne se remarque pas encore, ou oui ?...Comment tu…ah bon, les sorcières ont une perception plus aiguisée, intéressant ça !...Excuse-moi si je semble encore toute ébaubie avec la magie…je m’y ferai bien un jour…mais et vous, pas d’enfants pour le moment !
 

Non, on n’est pas pressé du tout !
 
*Je n’y aurais pas pensé avant un bon moment…sauf que ce bain…enfin…*
 
La table prête, reçut quatre convives au lieu de deux et on continua de papoter comme les meilleurs amis du monde, ce qui apparemment, ils étaient en passe de devenir.
 
Quelle chance de les avoir rencontrés…un couple parfait, ils sont si naturels et peu imbus de soi…
 

John fut d’accord avec elle. Il s’était trouvé beaucoup de points en commun avec le jeune duc, entre autres les balades en moto, ce qui ne lui plut pas trop, mais son chéri avait un art bien à lui pour la convaincre de ses raisons.
 
Magazines de mode, catalogues divers, idée par ci, idées par là. Megan mesurait l’étendue de son ignorance sur une affaire aussi sérieuse, et compliquée, qu’est organiser son mariage.
Mrs. Strang s’étonna sans doute un peu de la voir débarquer dans son officine, un peu hors d’elle.
 
Excuse-moi de me présenter comme ça mais là…sais plus que faire…ou pas…suis perdue…en d’autres circonstances ma mère et mes sœurs auraient filé leur coup de main…mais enfin, tu sais…Ben oui, j’ai besoin d’une robe de mariée…et de plein de trucs…je suis une minable femme d’intérieur mais je sais que…ah bon ?...Tiens, j’y avais pas pensé…est ce que tu aurais un petit peu de temps pour m’aider ?
 

Avec les bons conseils d’Angel et de sa sémillante grand-mère Rose, les soucis de Megan se diluèrent dans du pur plaisir. La modiste parfaite fut trouvée,  sorcière aux idées évoluées, cette femme aux doigts de fée fut capable de créer la plus merveilleuse robe de mariée et garnir son trousseau de quelques frivolités délicieuses. Mamy Rose guida ses autres achats avec un tact délicat dine de la meilleure des mères, elle y alla d’une paire de petits conseils toujours utiles alors qu’Angel,  un véritable génie créatif de la cosmétique, lui fila quelques-unes de ses crèmes, dont une qui lui éviterait  les bien connus désagréments qui accompagnent la grossesse.
Choisir le menu fut tâche aisée avec le docte conseil de Sam, trouver la chapelle fut encore œuvre de Mamy Rose. John s’était occupé d’envoyer les faire-part et semblait regretter n’avoir plus à faire pour parfaire encore l’événement le plus important de leurs vies, en ce moment mais il n’était pas question de le laisser s’immiscer dans cet univers jalousement féminin.
Emportée par le tourbillon des derniers préparatifs et son adieu définitif à  sa vie de célibataire Megan ne perdait néanmoins pas sa perspicacité, c’était décidément une seconde nature, si bien elle rata le retour en catimini de son chéri, quelques éraflures absentes la veille ne lui échappèrent pas.
 
*Ça y est…il s’est fichu en l’air avec sa  moto…mais il est d’une pièce, déjà ça…il est nerveux, mon amour !*
 
Megan avait imaginé, enfin le peu de fois qu’elle y avait pensé, son mariage tout autrement. Son père la conduirait à l’autel, sa mère sangloterait discrètement dans son mouchoir de dentelle, ses sœurs officieraient en dames d’honneur…
Elle avança le long de l’allée, seule, le cœur battant la chamade. Ses amis, les seuls qu’elle eut dans cette nouvelle vie, étaient tous là…et John l’attendant face à l’autel.
Cérémonie courte mais émotive. Katherine Osborne devint Mrs. Smith…Megan Reese était Mrs. Smith!
 
Je t’aime, John Smith !
 
La belle réception ! Tout était parfait, Samantha avait su transformer le Sense en un rêve fleuri et magnifique, de quoi combler les illusions romantiques de toute jeune mariée.
Qu’il faisait bon de bavarder avec ses amies. Ysaline n’avait pu venir, clouée au repos par une migraine, avatars de la grossesse. Alix par contre resplendissait. Sam, curieuse avait voulu connaître la recette secrète de leurs maternités en série. On la lui livra en rigolant au souvenir de cette aventure, qui somme toute avait été une des plus bénignes de celles partagées.
Pas une ne manqua de remarquer l’attitude de leurs cher et  tendres. Réunis dans un coin, en cercle étroit, ça discutait ferme-là.
 
Tu dis bien, Sam…quels airs de comploteurs…ils auront trouvé quelque autre bizarrerie sur laquelle se pencher !
 
Elle ne savait pas si bien dire.  John avait tenu à bien faire les choses et réservé une somptueuse suite au Ritz.  Rien ne manquait, pas un détail d’oublié.  Musique, lumières, champagne, l’ambiance parfaite  sauf que…
 
Mon chéri, tout est merveilleux…mais si tu finissais de me dire ce qui te turlupine, cela le serait plus encore…
 
Bien entendu cet entêté jura sur tous les noms qu’elle se faisait des idées et s’arrangea, avec beaucoup de succès de distraire son attention de tout autre chose qui ne fut pas leur bonheur.
Megan sommeillait, comblée et heureuse,  John avait quitté le lit et fumait au balcon, ne voulant pas la déranger. Elle se prélassait comme chat satisfait en repassant, avec un sourire béat, les instants parfait de leur vie en commun quand un bruit inédit la fit bondir…Un bris de carreau. Net, sec…elle savait trop bien de quoi il s’agissait.
 
JOHN !!! Mon Dieu…JOHN !!!
 
Il revenait dans la chambre, pâle mais apparemment intact, elle lui sauta pratiquement dessus.
 
Dis-moi que tu vas bien…tu n’es pas blessé ?...Comment que de quoi je parle ?...John Smith, le fait que je sois folle amoureuse ne me rend pas idiote et encore moins sourde…Je sais ce que j’ai entendu…On t’a tiré dessus…j’ai entendu le carreau qui sautait…
 
Bien sûr, il ne restait plus aucune trace du méfait et Monsieur insistait, très véhément, à lui faire croire qu’elle avait rêvé.
 
Je n’ai rien rêvé…Je sais…Oui, tu as tout arrangé d’un tour de passe-passe…Bon sang, John…on a passé beaucoup de trucs ensemble…ce n’est pas me dire la vérité qui va me rendre folle…c’est ne rien savoir qui va le faire ! PARLE !!!
 
On peut s’imaginer une nuit de noces tout autrement. Elle le cuisina avec tant d’insistance qu’il finit par déballer  au moins part de son histoire.
 
Et tu pensais que ce serait facile de passer ça sous silence ? …Qu’on te descende en pleine rue se prêtait déjà à interprétation, mon amour…Que quelqu’un en veut à ta peau vient d’être confirmé, encore heureux que tu t’y sois attendu et aies pu parer la balle, sans ça je serais déjà veuve…et crois-moi, ça ne me tente pas du tout !...Me doute bien qu’ils t’ont offert leur aide, alors on va l’accepter…c’est ça, entoure nous d’un sortilège de protection et retournons nous coucher…
 

Le lendemain la clique des justiciers répondait indéfectiblement à l’appel. On débattit de long en large et cette fois, Megan prit part active à la discussion en apportant  ses déductions personnelles.
 
Tout a commencé après cette fichue lettre du cabinet Trucmuche…, et de raconter par le menu les faits tels qu’ils s’étaient présentés.
 
Aida, aida pas ? Difficile de tirer des conclusions. Ils avaient des indices si pauvres que cela ne semblait mener nulle part. La seule chose digne d’être tenue en compte fut que celui ou ceux qui se livraient à cette traque étaient moldus.
 
*Seigneur…que c’est rassurant !*
 
Mais cela l’était finalement. Les sorciers avaient des moyens très efficaces pour contrer  certains problèmes issus des moldus. Déménager corps et biens en territoire sorcier aurait été une solution, mais John  refusa carrément de vivre cloitré dans un monde si restreint.
 
*Comme quoi, on fait avec !*
 
Et c’est ce qu’ils firent d’autant plus que le mystérieux ennemi ne se manifesta plus. La vie reprit de son mieux.
Megan collaborait toujours avec la Gazette mais ce n’était pas un emploi à plein temps, ce qui lui laissait l’opportunité de s’occuper à autre chose, comme chercher une maison, par exemple, ou prendre des cours de cuisine aussi…entre autres.
Se réunir avec les amis était une belle habitude que Megan chérissait de plus en plus.  Elle se sentait merveilleusement à l’aise  avec Angel, Opal, Sam Ysaline et Alix, et se disait souvent que les choses avaient changé, dans sa vie d’avant, elle n’avait jamais eu le temps pour cultiver ce genre de relations.
Et puis voilà qu’un beau jour, alors qu’on discutait allègrement des nouveaux et futurs aménagements des uns et des autres, Michael De Brent fit son apparition avec une belle brune qui n’avait rien, mais alors là, rien à voir avec Alix. Ravi, ce qui est plus, il la présenta à la ronde comme étant la cousine de sa femme.
 
*Tu parles d’une cousine !* Et Alix ?
 

C’était la question que toutes posaient et furent plus ou moins outrées de le voir répondre, désinvolte, que sa chérie ne se sentant pas au top de la forme préférait se reposer chez elle.
 
*Hein ? Et il est là à butiner autour de cette française qui lui fait des yeux doux ?...Il est devenu idiot ou quoi ?*
 

Et s’il avait été le seul.  Comme pris d’un envoûtement  tous ces messieurs orbitaient autour de la belle Manon, qui était décidément ravie de tant d’attention.
 
*Non mais…* John, mon chéri, pourrais-tu m’apporter un peu de limonade ?...Bonjour, alors vous êtes la cousine de notre chère Alix ? En vacances dans le coin ?
 
Ben non ! Pas en vacances. Apparemment la belle s’était découvert le devoir de veiller sur sa cousine  et de la soulager de tout ce qui pourrait l’incommoder, vu son état…etc…etc.
 
*Oh oui, t’es pleine de bonnes intentions, toi…tu ne voudrais pas l’alléger  de son mari, tant qu’à faire ?*
 

Megan  fit un effort pour se montrer charmante et polie, tout comme ses amies, mais les jours passant, réunion après réunion, il fut plus qu’évident que la telle Manon avait bel et bien décidé de se jouer le tout pour le tout et le pire est que Michael, plus abêti que ça on meurt, marchait à fond dans sa combine.
 
Opal finit par s’informer sur le nom de famille de la demoiselle qui tournait si bien la tête de son beau-frère, Ysaline dévoila le reste.
 
Guerrand ?  Mince, je la connais !  Pas elle directement, mais sa famille, oui !  Du sang de vélane coule par là… La mère de Manon était une garce notoire qui a provoqué la ruine de cette branche… Papa aimait bien Jacques, le père… mais n’a jamais voulu que je rencontre sa fille trop… évaporée…  
 
Évaporée ? Si ce n’était que ça…elle s’accroche comme du lierre…Bon sang, qui aurait cru que cet homme pouvait être aussi stupide ! Bien sûr, une vélane…la seule que je connais c’est toi Sam…
 

Et selon Angel, elle était l’exception confirmant la règle, vu que les vélanes, par règle générale, étaient des pestes.
 
Celle-ci n’est pas une peste, c’est juste là le danger …il n’y a qu’à voir comment elle évolue au milieu de son parterre d’admirateurs…c’est une garce finie…et nos maris des pauvres idiots…il n’y a pas un moyen pour contrer ce fléau ?
 

Rien de trop spécifique ! Megan arrangea les choses à sa façon, c’est-à-dire avec une scène bien sentie qui fit trembler les murs et rendit John à des considérations plus rationnelles, jusqu’à la prochaine rencontre avec la belle plante.
 
Octobre arriva ainsi. Ils avaient fini par trouver une belle maison à leur goût, entre aménagement, installation, John avait accepté l’offre d’Ysaline  pour collaborer dans le fantastique projet de sa clinique dont Megan écrivit un bel article. 
Et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes ?  Pas exactement.
 
Mais qu’est-ce qu’il a, J.O ?...Ça fait quinze jours que je ne l’avais pas vu et là…il est pâle et a perdu du poids…ah bon ? Un rhume ?...Et Alix ?...On a de ses nouvelles ? …Qui l’a vue dernièrement ?...Ah, Michael assure que tout baigne…Mince, des problèmes avec Ste. Mangouste ?...Pas étonnant, Ysaline leur a raflé quelque éminences…ça doit râler ferme !
 
Novembre vint et avec, la grande inauguration de la clinique d’Ysaline. Magnifique réception, ternie par l’apparition de Michael avec Manon…et un peu plus tard, d’une elfe affolée clamant au secours pour sa maîtresse mal en point : Alix.
La suite fut catastrophique. Samantha et Angel se lancèrent à la rescousse alors qu’Ysaline se préparait au pire et que ces messieurs continuaient de festoyer tranquillement.
 
Mais vous avez tous perdu la tête !, hurla Megan en se plantant au beau milieu du joyeux groupe, vous n’êtes que des imbéciles…et toi, la cousine…triple garce !, et de lui envoyer une gifle féroce, ce qui déclencha des remous outragés, elle se tourna alors vers Michael, et n’ose pas la défendre…je dis ce que j’ai à dire…Bougez-vous, bande d’abrutis…et toi tout le premier, John Smith…RÉAGISSEZ , BON SANG !!!
 
Opal y mettait aussi du sien avec  des meilleurs résultats. On en vit des étincelles voler par là. Erik fut dépêché aider Ysaline et les autres allèrent chercher leur salut ailleurs, alors que Michael disparaissait, furieux, avec son pot de colle.
 
C’est intolérable, John…intenable…cette attitude de paumés, vous tous…même J.O qui  a l’air d’aller de mal en pire avec son soi-disant rhume…Mais tu ne te rends pas compte ? Cette femme vous  envoûte et  vous perdez vos moyens…le plus grave c’est Michael…sais pas ce qu’elle lui a fait…mais s’il arrive quelque chose à Alix par sa faute…NON !; Fiche moi la paix…OUI , JE SUIS FÂCHÉE…TRÈS !
 
Elle ne sut pas exactement ce qui s’était finalement passé, sauf que les bébés étaient-nés, qu’Alix allait mal. Soirée tranquille, à deux, chez eux, question de se calmer un peu après tant de houle. Mais cela n’alla pas comme prévu, un coup de fil alarmé de la part de Justin les informa que J.O était au plus mal et avait été emmené à la nouvelle clinique.
 
On est venus au plus vite, Angel, ma pauvre chérie…mais qu’est-ce qu’il s’est passé ?...Comment va J .O ?...Oh, mon Dieu…non !...mais…c’est…sûr ?
 
Question absurde dictée par le fol espoir d’entendre le contraire.
 
Me suis pas trompée, je le crains… mon pauvre chéri… m’en veux, m’en veux tellement ! J’aurais dû le contraindre, l’obliger… des semaines, oui…  Que vais-je dire à sa mère ? Que vais-je lui dire ?
 

Megan l’étreignit autant que lui permettait son ventre énorme, en faisant un effort pour ne pas pleurer avec elle.
 
Ma chérie…ma petite Angel…J.O est fort et jeune…de nos jours la médecine fait des miracles…il s’en sortira…quant à sa mère…ben faudra lui dire la vérité…dur, mais impossible autrement…je parlerai avec elle…ne t’en fais pas…Nous sommes là pour t’aider…Est-ce que J.O le sait déjà?
 

John prit sur lui de parler avec son ami. Megan, tenant sa promesse intercepta Magnolia Strang dès son arrivée et la mit au courant de la tragédie qui se jouait là. La duchesse veuve fit une crise de nerfs !
 
Décembre se pointa, morose et froid. Leur petit monde plus ou moins chamboulé essayait de se remettre. J.O, lui, luttait vaillamment.
 
John…euh, je ne pense pas que nous sortirons ce soir…Non, pas spécialement mal mais là…juste là, je crois que…Mon chéri…ne perds pas la tête…je pense que…le bébé ne  tarde plus !
 
Le cher homme n’avait rien perdu de se réflexes rapides. Avant que Megan n’en place une de plus, elle se retrouva à la clinique. Elle avait entendu des histoires impossibles sur les accouchements…ça fait mal, ça dure des heures, c’est terrible…
À peine si elle eut le temps d’entrer en salle… Elisabeth Jane Smith vit le jour sans effort,  à vitesse record et hurla de toutes ses forces pour manifester sa présence.
 
Bienvenue, mon petit ange…dis bonjour à Papa !
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Megan Reese

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Re: Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Ven Juil 11 2014, 19:21

Tous ces « accidents » n’étaient pas le fruit du hasard, même en essayant de s’en persuader du fond de cœur. Ses amis s’inquiétaient et ils avaient de quoi. Seulement, il n’était pas question de leur dévoiler le peu qu’il savait de son propre passé. John, homme de parole, avait juré de se taire sur certains événements… tant pis s’il paraissait buté, voire borné. Qui avait-il gêné cette fois pour mériter un tel traitement de faveur ?  Il avait beau se torturer l’esprit, il n’entrevoyait aucun bout de piste à cette affaire. Et Megan ? Rester à ses côtés ne constituait-il pas un risque pour elle et leur enfant ? Tracassé au plus haut degré, John avait assumé le devoir conjugal comme il pouvait puis, les mauvaises habitudes reprenant le dessus, il était sorti fumer dehors, la tête emplie de projets plus débiles les uns que les autres :
 

*Je dois partir, sans elle… T’es malade ? Elle t’est aussi vitale que l’air respiré !... S’enfermer chez les sorciers, là on sera hors d’atteinte !... Ben voyons, fuis donc, espèce de couard ! *
 
Non, décidément rien ne le satisfaisait.  
Flaira-t-il le danger d’être ainsi exposé malgré les précautions prises dans sa réservation au Ritz ?  Autre chose ? Toujours est-il qu’il sut exactement d’où le coup allait venir.  Il fixa aussitôt l’immeuble d’en face, précisément la cinquième fenêtre du sixième étage en même temps qu’il lançait son protego totalus. La vitre sur sa gauche n’en bénéficia pas et vola en éclats.
 
MEGAN !!

 
Dieu soit loué, elle ne s’était pas levée derrière lui mais ne tarda pas à apparaître, affolée comme il se devait. Oh la belle engueulade ! Inutile de feindre, son épouse avait pigé… Restait à expliquer :
 
Je n’ai rien dit pour ne pas t’affoler mais oui : on en a encore après moi… t’inquiète pas, nos potes sont au courant et contribuent… Je vais prendre toutes les précautions d’usage et nous prémunir…
 
… c’est ça, entoure nous d’un sortilège de protection et retournons nous coucher…
 
Mon amour, ne sois pas si amère. Je te jure que depuis que nous sommes en Angleterre je ne trempe dans rien d’illégal, sauf si on considère la chasse aux fantômes comme l’étant…
 
Madame était fâchée ; John comprenait. Il fit un saut à l’immeuble d’en face pour n’y constater que le néant. Le tueur connaissait le mode opératoire…  
Gardant sa femme contre lui leur reste de nuit, petit sort apaisant à la clé, John ne ferma pas l’œil, lui. Quasi chaque minute des mois antérieurs fut révisée en profondeur.  À part un détail idiot sur lequel il passa vite au mariage de J.O, il ne comprit toujours rien à cette situation absurde.
Le lendemain, sous l’insistance de Meg à rameuter la clique, ses potes se pointèrent. Si lui l’ouvrit peu, sa fraîche épouse cafta un peu plus :  
 
Tout a commencé après cette fichue lettre du cabinet Trucmuche…   
 
À eux de se pencher là-dessus, comme si John n’avait pas déjà tenté d’en savoir davantage là-dessus.
 
*NDD de NDD*, pesta Browning.
 
De sa longue carrière de tueur à gages, jamais Ronald n’avait été confronté à un tel cas. Ce que ce gars avait fait avec un bout de bois était… stupéfiant.  Sans ciller, Ronald avait tiré et vu, vu comme un écran bleu s’interposer entre la balle et la cible. Machine arrière à toute !! Douille empochée, fusil démonté en express, il avait filé le diable quasi à ses trousses.  
Dans son véhicule, assuré que nul ne le pourchasse, il attendit que les battements affolés de son palpitant décroissent.
 
*Il m’a vu, je le jurerais ! Et ce bouclier, c’était quoi ? Ce gars est un X-men, ça existe vraiment ces gars-là ?*
 
Croire, douter ? Browning ne savait que penser sinon qu’il allait devoir s’y prendre radicalement différemment s’il voulait honorer son contrat. La trouille aux tripes, il démarra.  
 
Heureux ? Ben oui ! De jour en jour Meg s’arrondissait doucement et l’ambiance sereine était apparemment revenue. Tout autre que lui aurait peut-être cru que l’assassin quasi démasqué avait préféré mettre les voiles une bonne fois pour toute. John n’y adhérait pas.  Quelque part, tapi dans l’ombre, on le guettait…
Même si la vie parut reprendre un rythme normal, jamais Smith ne cessa d’analyser les éléments à disposition et, unique constante… un regard assassin de la part de feu le duc de Gilmore.  
 
*J’ignorais jusqu’à son existence avant le mariage de J.O… lui et moi, on est devenu si potes… Pourquoi son père m’en aurait-il voulu ? Ça n’a aucun sens, tu débloques, John.*  
 
Trouver un nid adapté, monter le trousseau du bébé, semblait être devenu les activités essentielles de Mrs. Smith.
 
*Tant mieux, pendant ce temps, elle ne pense pas à la menace…*  
 
Mais d’autres tracas couvaient. Wow, la belle cousine ! D’où sortait cette Manon Guerrand ? Á l’instar de ses copains, John se sentit conquis par cette pétillante et fraîche créature avec qui Michael – le veinard – entretenait d’étroites relations. Pas ses oignons ! Même s’il ne pigea pas le front d’opposition féminine à l’encontre de la Française, John était ravi à chaque fois qu’il la croisa :
 
*Elles sont jalouses de sa jeunesse et ses formes si…*  
 
Misère ! Meg lui fit une scène du tonnerre dont il ne s’échappa qu’en promettant de reluquer moins… sans conviction. Après tout, si Dieu avait jugé bon de donner des yeux aux hommes, c’était bien pour s’en servir, non ? Tant qu’il ne touchait pas, il ne voyait pas où était le mal.  
 
Dans sa tête, mille fois au moins, John précisa un portrait-robot du tireur à peine entrevu à distance. Grand, voire efflanqué, quasi chauve… peu.  La police officielle à qui il confia ses détails sous couvert de se sentir observé, pensa différemment surtout le lieutenant Crowley. Cette petite femme rousse sembla très intéressée par ses déclarations et lui soumit un vaste éventail d’individus louches :
 
La majorité de ces gars sont suspectés dans de nombreux cas non-résolus d’ "accidents ». Je ne suis pas la seule à penser qu’ils agissent dans un réseau d’exterminations « anonymes »… Depuis votre « incident » en rue, nous avons pu remarquer au moins un accrochage de moto douteux ainsi qu’une tentative d’empoisonnement. Reconnaîtriez-vous l’un d’eux ?  
 
Le gars fiable de Justin avait-il été percé à jour ? John, imperturbable, vit défiler bien des clichés. Le fichier complet y passa sans qu’il dénote le moindre intérêt pour aucune des photos. Il remercia, se navra, et sortit avec un matricule bien en tête.  
Qu’avait J.O ? Meg le prit de court avec sa question. Pris par ses propres recherches, John dut avouer ne rien avoir remarqué. Il est vrai qu’à bien y penser…
 
Il croule sous le boulot et, selon moi, Angel se soucie plus de ses affaires personnelles que des siennes, excuse-moi de le dire ! Oublie Manon, laisse Michael rigoler un peu. Au fait, j’adore tes progrès culinaires, ce steak est à point et la salade parfaite. Avec un peu d’application, notre fils aura des bouillies non cramées…
 
Autant en rire…  
 
Autre chose en fut lors de l’inauguration de la clinique d’Ysaline et Max.  
D’emblée, John avait agréé le projet. Pas seulement parce que Mrs. Von Falkenberg en était à l’origine.  Offrir des soins gratuits aux SDF, depuis le temps que Smith bataillait pour les obtenir... Il sauta à pieds joints dans l’aventure, non sans délaisser quoique ce soit de ses enquêtes personnelles. On fêtait cela gentiment, poliment quand Michael eut le malheur de s’amener non avec son épouse mais avec sa cousine.  
 
*Oh, oh…*
 
Comme de fait, les dames n’apprécièrent pas. Pis, Bikita, l’elfe de De Brent sonna l’alarme en réclamant de l’aide pour Alix. Toutes, Meg en tête, secouèrent leurs époux :
 
Cette femme vous  envoûte et  vous perdez vos moyens… s’il arrive quelque chose à Alix par sa faute…NON !
 
Cool, ma douce… Pas besoin de se mettre dans ces états…
 
Fiche moi la paix…OUI , JE SUIS FÂCHÉE…TRÈS ! 
 
Rentrer, et vite, en tentant de lui faire oublier…  
 

On prendra des nouvelles, toutes les heures si tu veux. Je pense à toi et à notre enfant. Te mettre dans cet état pour des trucs qui ne nous concernent pas ne vaut pas la peine… tout doux, là, là…  
 
Tant de choses en tête… Ronald Browning était insaisissable… J.O avait l’air moche, c’était vrai… Alix en train d’accoucher sans que Michael s’en soucie ? Mais à quoi pensait Dieu ??
 
Il a d’autres chats à fouetter selon moi, même si jamais l’idée ne lui viendrait d’infliger un tel traitement à ces magnifiques animaux…
 
HEIN ?? Qui parle ?
 
Ça y était, il devenait fou.  
 
Non, John, puisque l’on t’appelle ainsi… Tu n’es pas plus fou que moi…
 
 Qui… Qui êtes-vous ? Où êtes-vous ?  
 
La lumière éclatante l’éblouit. Lorsqu’il rouvrit des yeux douloureusement crispés, John découvrit… l’incroyable. Assise sur le dossier du canapé, une créature aux courtes ailes lui souriait dans un rayonnement chaleureux :
 
Je suis Key, une fée maintenant ailée grâce à tes amis auxquels je me suis très attachée.  
 
Vous connaissez J.O, Max, les autres… ?
 
Tous, absolument, assura l’être lumineux. Je les ai aidés, ils m’ont aidée en retour…
 
Ah… C’est donnant, donnant, chez vous ? Dommage que vous n’étiez pas là plus tôt quand Ariana nous a emmerdés !
 

Change de ton, John ! Je savais que vous vous en sortiriez sans moi, et une fée ne mute pas en un claquement de doigts !  
 
Ok, ou devrais-je dire Ô Key ?  Sais pas à quoi vous servez ou croyez servir mais si vous pouvez faire quelque chose, un coup de pouce serait bienvenu !  
 
Es-tu désespéré à ce point ?
 
Pardon ? Si vous entendez par là que j’ai l’impression d’être coincé dans un cube hermétique, on peut dire ça, oui. Si je puis me permettre : ça marche comment, votre truc ?
 
Key expliqua rapidement comme quoi chacune de ses bonnes actions lui valait un agrandissement de ses ailes, que Michael avait été son premier « client » et que grâce à lui et aux siens, elle pouvait à présent intervenir plus vite.
 
… Ah, ben serait vachement temps de sprinter, ma jolie ! Notre pote est devenu complètement taré à cause de sa Vélane de cousine, et…
 
Une Vélane ? C’est pas vrai ? Je savais pas ! s’épouvanta Key… Note que ça expliquerait pourquoi je n’ai perçu que du bonheur chez lui… Je file de suite, merci de l’info !  
 
Un tintement de clochettes ? John se retrouva seul en se traitant d’idiot.  Voilà qu’il rêvait à des trucs déments…
 
*Meg croulera de rire quand je lui raconterai ça…  *
 
En attendant, pensant réellement avoir élucubré à fond la caisse, il était loin d’être consolé mais parvint à prendra quelques heures de repos méritées.
Lorsque son portable sonna, il flaira cependant une cata :
 
*Alix est morte…*
 
Justin fut bref : J.O s’était évanoui pendant une soirée chez eux avec une hémorragie des gencives.  
Meg ne voulut rien en entendre et elle l’accompagna aussitôt à la clinique où ils trouvèrent une Angel catastrophée, en épave.  Le diagnostic sonnait affreux. Il n’était pas médecin mais, comme tout un chacun, John connaissait les mots terribles. Il agrippa Erik au passage et se fit expliquer les suites possibles avant de prendre son courage à trois mains pour affronter son grand ami.  
Même préparé au pire, Smith encaissa mal le tableau offert par un J.O cerné, aussi pâle que ses draps. Qu’il parvienne à lui tordre un sourire sembla lui coûter des efforts titanesque :
 
…  je ne dirais pas ça… je pense que Lazare avait meilleure mine que toi au sortir du tombeau et c’est ce que tu vas faire, mon pote : t’en sortir ! Je n’irai pas par quatre chemins car il est inutile de se leurrer, de te leurrer toi surtout : c’est très grave, J.O… On fera tout ce qu’il faut, toi le premier… ouais, chimio intense… t’inquiète, Angel adorera ta nouvelle tête !... bien sûr qu’elle est là, juste à côté. Ta mère ne tarde pas…
 
Content de sortir de là, assez, oui. Il laissa les dames visiter mari et fils, se sentant quasi coupable d’être si heureux quand tant de malheurs frappaient à proximité.  
Michael, l’esprit plus clair, apparemment, lui fit de la peine d’être si déboussolé en allant visiter femme et enfants. Le réconforter ? Pas ce soir de tristesse, non.
 
La vie a toujours le dessus. Très pris par ses diverses obligations entre son association privée, Meg et la clinique, John s’évadait autant que possible des souffrances endurées par son copain qu’il ne manqua pas de visiter tous les jours de ce sinistre novembre. C’est fou ce que tous endurèrent ce laps de temps interminable. Alix n’en finissait pas de se remettre de ses couches, ses bébés toujours en couveuse… Michael hagard. Justin et Sam couraient de l’un à l’autre secondés par une Opal dynamique qu’un mari débordé délaissait souvent. Ysaline, bientôt à terme, fatiguait, Max faisant ce qu’il pouvait.  J.O… dépérissait, Angel à l’avenant.
 
Crevé, John pesta en avisant ses pantoufles qu’il aurait tant souhaité enfiler ce soir-là. Hélas, les Smith s’étaient engagés à participer à un gala charitable au bénéfice de leurs protégés moins nantis. Meg, l’air paniqué, confia :
 
John…euh, je ne pense pas que nous sortirons ce soir… Mon chéri…ne perds pas la tête…je pense que…le bébé ne  tarde plus !
 
*Hein ?*
 
Paniqué ? Pas du tout. Surpris, oui ! Tellement pris par les tracas des autres, il en avait quasi omis l’imminence de ses propres responsabilités.  Néanmoins paré de longue date, le plan d’urgence fonctionna à merveille, et s’il s’était attendu à des heures d’angoisse, John fut paf de chez paf en assistant au miracle de la vie. Plus tard, il se souviendrait peut-être d’avoir soutenu Megan dans ses efforts, d’avoir coupé le cordon ombilical de cette chose gluante et beuglante avant de la confier aux infirmières qui la déposèrent, propre et nette, dans les bras de sa mère. Là, au comble de l’ahurissement, il versa des larmes de pur bonheur :
 
Bonjour, Elisabeth, ma fille… Merci, mes chéries !  
 
La béatitude, il l’aurait bien goûtée plus longtemps. Enfant parfaite, sage comme une image, dodo, tétée, dodo, Beth était un ange tombé du ciel qu’adoraient les béats de services : ses parents. Si seulement les nouvelles concernant la santé du futur parrain avaient été meilleures…
1mois de chimio : bilan très mitigé.
Très abattu au retour de la clinique où il avait relayé Angel auprès de son mari pendant l’administration du « poison », John ne put cacher son abattement malgré les risettes d’Elisabeth :
 
J’ai discuté avec Ysaline et Erik… l’oncologue est pessimiste. J.O ne répond pas correctement au traitement… Tu le verrais… Non ! Je ne veux pas que tu y ailles ! … Angel ? … tu ne la reconnaîtrais pas, elle non plus… Parfois j’aimerais que mes hallucinations soient vraies et qu’une fée bienveillante existe… C’est rien, j’avais rêvé, oublions ça.
 
Pas faute d’essayer mais il ne cessait d’être tracassé au-dessus des soucis de J.O. Sa propre affaire, même en sommeil, le taraudait encore.
 
*Et si maintenant, Browning s’en prenait à elles ?*
 
Combien de fois n’avait-il envisagé le pire ? On lui enlevait Meg ou Elisabeth, ou les deux… Si assassin en sommeil il y avait toujours, une telle occasion de le piéger ne se raterait pas ! Ses nuits étaient hantées par des souvenirs anciens… Caroline, les gosses… Allait-on tout lui prendre à nouveau ?  
Mettre les voiles l’avait séduit à maintes reprises, mais…
 
*Elles seront bien mieux sans moi… Dès J.O sorti d’affaire… Fée, t’es où ?? *
 
*Es-tu désespéré ?*
 
Mince ! Voilà que ça lui reprenait !  Il fut à deux doigts de se flanquer des baffes quand il réalisa avoir brièvement fermé les yeux dans le fauteuil de son bureau. Devant lui, une pile de courrier en attente le narguait. Las, il l’éplucha :
 
*Facture, facture, administratif, facture… C’est quoi, ça ?*
 
Ça, c’était une enveloppe brune épaisse, non timbrée. Une veine qu’il soit assis car son contenu l’aurait fait choir.  Un organigramme complet des activités de… Ronald Browning. Lieux, dates, relevés bancaires, téléphoniques et autres…
 
Max, Michel et Justin furent contactés à la hâte. Il attendit leur arrivée quand un coup de fil le fit sursauter :
 
… C’est moi, oui… répétez ?
 
Il était convoqué séance tenante aux USA…  
Le temps de confier l’enveloppe à ses potes, il prenait un portoloin après absorption de polynectar.
 
Bien calée dans le fauteuil de son bureau, Maureen Applewithe jubilait. Elle qui adorait fréquenter les sorciers allait en rencontrer un nouveau, totalement inconnu au bataillon des services. Lorsque Michael De Brent lui avait demandé une « faveur » particulière, elle n’avait pas posé de questions directes, sachant la réponse à l’avance. Mais, la curiosité étant une « faiblesse » de la directrice, elle n’avait pas pu s’empêcher de creuser depuis cette démarche. Un passeport établi au nom d’une Katherine Osborne l’intrigua car il n’émanait pas de la filière traditionnelle ; de plus la photographie scannée lui apprit bien des choses. Les John Smith, par contre étaient légions…  impossible de déterminer lequel était celui à qui étaient destinés les faux-vrais documents fournis à son sorcier favori. N’étant pas à une transgression près, Applewithe avait fait pister l’entourage direct de Michael en Angleterre et, lorsqu’elle obtint un cliché du John Smith fréquenté, elle n’avait eu de cesse que de fouiller les bases de données.  Les caractéristiques faciales donnèrent des résultats surprenants : John Smith avait été Warren Fletcher, un gars supposé décédé depuis… des années. Pourtant, ce nom transparaissait ici où là dans des rapports extrêmement raturés qui seraient restés abscons sans le recours à une certaine élite connue d’elle seule. Bon, Maureen était sur des charbons ardents, désirait en savoir plus, mais n’avait aucun motif valable pour provoquer une confrontation avec Smith-Fletcher, sauf que les miracles existaient… Le mot clé encodé avait clignoté tout récemment sur les écrans. Le contexte dans lequel il apparut sidéra Maureen :
 
*Une recherche internationale urgente de compatibilité de greffe ? Fletcher compatible à 95%... ? Mais considéré comme mort…  *
 
Wow, pour déclencher ça, le receveur devait être un Britannique important…
Qu’à cela ne tienne, elle possédait à présent un appât capable d’attirer John Smith.
Le téléphone sécurisé se connecta :
 
Allô, je parle bien à Warren Fletcher Alias John Smith… (Le flottement ne lui échappa pas) Il s’agit d’une question de vie ou de mort. Couvrez-vous d’un de vos trucs et venez, je vous attends…

 
Moins d’une heure plus tard, Maureen exulta en recevant Warren Fletcher dans son antre :
 
Eh bien dites donc ! Votre camouflage est parfait… je vous rassure de suite, il ne s’agit en rien de votre histoire antérieure, nul ne sait ni ne saura que vous n’avez pas tenu parole rentrant au bercail…

 
Très mitigé, John Smith écouta. L’entrevue fut houleuse mais, si anonymat garanti, il accepta qu’on lui prélève un litre de moelle osseuse. Si un mort pouvait sauver une vie…
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Re: Qui veut la peau de...

Message par Megan Reese le Sam Juil 26 2014, 01:07

Et voilà ! Le miracle de la vie, les bonheurs de la maternité, la plénitude, la réalisation… C’était bien beau, tout cela mais correspondait mal à la réalité. À la sienne, du moins !
Elle était très heureuse, certes. Être mère la comblait, Beth était le bébé le plus merveilleux du monde, surtout comparée à d’autres brailleurs de sa connaissance. John était le mari rêvé, toujours attentionné, la gâtant avec des petits détails adorables et ne rechignant jamais à filer un coup de main pour s’occuper du bébé.  N’importe quelle femme sensée se serait damnée pour avoir une vie aussi parfaite que la sienne…n’importe quelle gentille femme d’intérieur à l’aise dans ses quatre murs !
 
*Tu es une idiote, ingrate, égoïste bonne femme…*
 
Il y avait un peu de ça, mais on ne se refait pas en un jour, tout le monde le sait et Mrs. Smith n’était pas une exception. Sa vie avait radicalement changé, rien à faire et c’était bien elle qui l’avait voulu ainsi. Pas question de s’en plaindre, là ! Elle ne le faisait pas en fait, c’était juste que parfois cette nouvelle existence, si placide, lui était un petit peu…étroite ?
 
*Te prends pas la tête, ma vieille, tu fais un début de dépression post-natale…enfin, je suppose que ce doit être ça !*

En parler à ses amies aurait été de grande aide mais compte tenu que ces dames avaient leurs propres problèmes, elle ne se trouvait pas le courage d’aller les embêter avec ses incertitudes qui étaient des moindres à côté de celles d’Angel qui voyait dépérir son mari, ou Alix qui à moitié folle ne reconnaissait ni enfants ni mari. Opal avec ses jumeaux et son restaurant n’avait pas le temps de dire ouf et Sam vivait affairée elle aussi.
Son travail lui manquait mais impossible d’y penser tant qu’Elisabeth ne serait pas plus grande et pourrait se passer de maman pendant quelques heures d’affilée.
 
*Mon Dieu, mon petit ange…je suis une mère affreuse…tu mérites mieux qu’une névrosée stupide  et mesquine…je t’adore, mon bout de chou…tellement… *
 
Mais elle oublia ses menues misères en se rendant compte que John était rentré et ne payait pas de mine même en se penchant sur le berceau où Beth gazouillait doucement.
 
Que se passe t’il, mon chéri ?...Des mauvaises nouvelles ? C’est J.O, non ?
 
Mauvaises ? C’était peu dire. Le jeune duc de Gilmore ne réagissait pas à la chimiothérapie agressive, son état déclinait rapidement et sauf une greffe de moelle rien ne saurait le sauver.
 
C’est si triste, un homme comme lui…et tout si soudain, si tragique…Je sais que tu préférerais m’épargner de le voir ainsi mais Angel est mon amie et elle a besoin de mon soutien…
 
Et voilà que  son cher et tendre parlait d’hallucinations sur une fée bienveillante ! De quoi la déconcerter un peu …comme quoi, il n’y avait pas qu’elle qui disjonctait parfois.
 
John, je comprends que cela  t’affecte…J.O est un bon ami…mais il n’y a pas que ça, non ?...Des nouvelles sur  « l’Affaire » ?
 
C’était rêver qu’il en piperait mot. Quand cela lui prenait, John Smith pouvait être l’homme le plus secret et hermétique qui soit. C’est bien pour cela que quand il lui annonça, tout de go, devoir s’absenter, sans dire où il allait ni pour combien de temps, Megan opta pour le prendre le plus philosophiquement possible. Inutile d’aller chercher dans son bureau, Chéri ne laisserait jamais traîner quelque piste compromettante.
La fête de Noël à la Clinique, à laquelle elle dut assister seule, faute de mieux, fut solennelle et émotive avec une culmination merveilleuse : Alix, apparue sur scène de manière inattendue, reconnut ses enfants, retrouva la raison et son mari-âme en peine en passant.
 
*Au moins  ce chapitre-là qui finit bien !*
 
Tout le monde semblait partager la même opinion, de quoi rendre l’ambiance un peu plus festive. John se présenta avec un beau retard et elle ne fut pas la seule à remarquer sa mine grise de fatigue et Dieu sait quoi d’autre. Qu’il prétendre faire gober qu’il avait la grippe ne prit pas.
De retour chez eux, Megan s’occupa d’abord de la petite Elizabeth que l’agitation de la soirée n’avait pas dérangée. Sage comme un ange, elle se laissa gentiment mettre au berceau après avoir été dûment alimentée.
 
Et maintenant, ton tour, mon chéri…Non, je ne compte pas te bercer et te mettre au lit, même si tu as l’air d’en avoir drôlement besoin…Tu ne penses pas que le moment est venu d’en finir avec les cachotteries ?...Ne prends pas cet air innocent…Voyons, tu pars sans dire où, et rentres deux jours plus tard avec l’air qui ne dit rien qui vaille…à d’autres avec la grippe…
 

Passer aux aveux n’était pas son fort mais elle insista tant et si bien, que John finit par livrer les faits, du bout des lèvres.
 
Un prélèvement de moelle ?...aux USA ? Mais John…comment ça contacté en grand secret ?...Seigneur, quelle histoire !...mais pourquoi tout ce…Ok, je comprends…on suppose que tu es mort et enterré, ça tient le chemin comme argument…mais qui ?...Secret ?...On en a un peu ras le bol de tant de secrets…mais non, voyons, pourquoi serais-je fâchée ? Je passe deux jours à me poser des questions…à me faire du mouron…mais puisque c’est secret…
 
On en resta là. Noël mitigé, John était décidément à bout de rouleau. Megan ne fit plus de foin et s’ingénia pour que leur petite célébration toute paisible soit tout aussi réussie que prévue. Ils étaient ensemble, s’aimaient et avaient leur trésor de fille…que vouloir de plus ?
Essayer de visiter J.O s’avéra impossible. Erik ne donna pas d’explications. Les Von Falkenberg étaient partis en vacances. Et personne d’autre ne semblait savoir plus qu’eux.
Et puis, vint l’appel d’Angel. Surprenant, inattendu, pour leur annoncer, d’une voix enrouée de bonheur, que LE miracle avait eu lieu.  On avait trouvé le donneur idéal et J.O ayant reçu la greffe salvatrice évoluait très positivement. Tous les espoirs étaient permis.
Pour Megan le moment était venu de se pose des questions, d’aligner les faits et tirer des conclusions.
 
Tu disparais deux jours, fais une donation de ta moelle et voilà que, ô merveilleuse coïncidence, une compatibilité extraordinaire se pointe et J.O est sauvé…Bonté divine, John Smith, c’est beau croire à l’intervention divine, restons pragmatiques…Qu’est-ce que je veux dire ?...Ne viens pas me dire que tu n’es pas en train de penser exactement la même chose que moi !!!
 
Ni oui ni non. Il pouvait parfois être exaspérant son mari, avec ses silences réfléchis !
Ils eurent, comme le reste de la clique, droit à un singulier réveillon de la St.Sylvestre lorsque, au lieu de festoyer gaiment en attendant l’an 2000, ils se retrouvèrent tous à  lutter contre le feu qui menaçait de dévorer la Clinique. Une catastrophe majeure put être évitée de justesse avec un déploiement ingénieux de magie et savoir-faire. C’était la première fois que Megan assistait à un travail conjoint si parfait…pompiers moldus et sorciers s’activant  pratiquement côté à côté, sans se soupçonner les uns les autres. Finalement il n’et que des dommages matériels à déplorer et les derniers foyers éteints on put songer à vraiment faire un peu la fête.
 
Bonne Année, mon chéri
, souffla t’elle en embrassant son John adoré qui sentait un peu le roussi, il faudra, décidément qu’on trouve des manières moins incendiaires de réveillonner !
 
Les nouvelles, pour ce début de l’an 2000, furent rassurantes. D’un côté, la ligue de justiciers improvisés finit par mettre le grappin sur le tueur qui traquait John, et d’un autre Sa Grâce, le duc de Gilmore put, enfin, rentrer chez lui.
 
Faut encore attendre quelques jours pour aller le visiter, ce qui nous donne largement le temps pour discuter l’affaire, John…et non, tu ne vas pas m’esquiver…c’est mon droit d’être tenue au courant…de tout ! Je t’ai suivi dans cette vie et ce n’est certainement pas pour être tenue à l’écart…
 
Chéri parla enfin, et il en dit des choses ! Sans taire aucun détail, ou presque, il mit Meg au parfum de tous les déboires surmontés pour en arriver à des conclusions effarantes : le défunt duc de Gilmore était le commanditaire de ces tentatives d’assassinat.
 
D’après ce qu’on sait de lui, il incarnait la profité et la justice, parcours sans tache, une vie d’exception… …Pilier de la société respectable et admiré…il n’y a qu’une raison valable pour qu’un type comme celui-là commette un crime : taire un secret gênant qui mettrait en péril cette image si…parfaite !...ou se débarrasser  du secret !...Et si on contemple certains aspects de cette situation…la réponse tombe presque toute seule : tu es ce secret !...Seigneur, John, ne sois pas buté...c’est plus clair que l’eau de source : tu es le frère de J.O…le frère aîné. Une erreur de jeunesse…mais dans le cas de cet homme sans tache…une vérité irréconciliable avec son image !
 
L’état de J.O évoluait très favorablement, tant et si bien que les visites furent autorisées.  S’il n’avait pas encore retrouvé son allure gaillarde, le jeune duc de Gilmore n’arborait pas moins un sourire ravi et son regard avait retrouvé éclat et malice.
 
Je suis heureuse de voir que tu reprends un peu tes couleurs, ma chérie…Tout va aller bien, J.O est jeune et fort, il n’est que question de temps pour qu’il soit celui de toujours…Après, ce qu’il vous faudra ce sont des longues vacances au soleil…
 
Et ceci et cela, les amis en commun, la petite Elizabeth qu’on baptiserait dès que le parrain serait d’aplomb, le tout sans pouvoir éviter regarder en direction de John et J.O qui bavardaient  un peu plus loin. Sans presque s’en rendre compte, elle était en train de les observer en cherchant  une ressemblance quelconque, un petit air de famille, un geste en commun… Angel ne la rata pas.
 
Meg, qu’est-ce qui cloche ?, s’enquit la jeune duchesse.
 
Euh ? Clocher ? Mais rien voyons, tout va bien…C’est que…je m’émerveille toujours de les voir s’entendre si bien…et que nous aussi soyons si amies…c’est…
 
C’était sans compter avec la perspicacité de son interlocutrice.
 
Ne me mens pas, Meg ! Je pourrais t’obliger à cracher le morceau mais je préfèrerais que tu le fasses de toi-même.
 
Profond soupir en pensant à toute vitesse comment s’en sortir, mais il fut très clair qu’Angel ne lâcherait prise si facilement.
 
*Après tout, elle a le droit de savoir ce qui se passe…mais comment lui débiter ça, sans l’affoler !?*
 
Prenant son courage à deux mains, elle serra les mains de son amie entre les siennes et commença à parler. Au fur et à mesure que ses paroles dévoilaient l’intrigue, l’expression d’Angel changeait, de crispée à ahurie, en passant par horrifiée pour finir abasourdie, sans pouvoir donner crédit à ce qu’elle entendait.
 
Si John est, comme supposé le donneur de J.O, alors… Oh, mon Dieu !!! Megan… cela fait des mois que l’on croit que J.O a un frère ! John serait donc l’aîné des Gilmore !!  Quand il saura ça, J.O sera…
 
Non, Angel, ne t’emballe pas…ce ne sont que des hypothèses *Tu veux rire !*…Tu ne dois rien dire à J.O…il vaut mieux qu’il ne le sache pas…
 
 Non ? Comment ça, non ?
 
Ma chérie…je comprends ton émotion, mais ce n’est pas si facile que tu peux le croire…en fait, disons que même si ce n’était pas impossible, il n’y a aucune façon de vérifier cela…Oui, je sais, tu penses à une comparaison d’ADN…mais comprends, ce que je viens de te raconter est un secret…un énorme et lourd secret, pour les effets  John n’existe pas…pour tous le donneur  anonyme est mort depuis longtemps et doit, pour le bien de tous, le rester…Si certaines gens avaient vent que mon mari vit encore…ils se chargeraient, très efficacement de nous rayer des cadres…Oui, moi aussi suis impliquée…très impliquée…C’est ainsi que John ne peut, ni veut, crois-moi, revendiquer le titre de Duc…au cas d’être celui-là le cas…
 
Bref, ni John ni toi ne voulez de notre place…, soupira la duchesse avec une moue désappointée, J.O et moi on fondait tant d’espoirs dans cette recherche…
 
Peux bien m’en douter, ma chérie…
 
Elle se doutait aussi de quelle aurait été la réaction de Mrs. Strang en apprenant que son beau-père avait fait tout son possible pour se défaire de John. Il est des vérités qu’il vaut ne jamais connaître !
Solennel, le maître d’hôtel annonçait d’autres visiteurs, Angel, en parfaite dame de céans, les accueillit et procéda aux présentations.
 
*Et voilà oncle George, le cadet…prétendant sûr au poste et sa charmante famille !*
 
Le cher Lord Davenport et la belle Sam arrivèrent presque en même temps et Magnolia, qui tenait à toujours mener le tout la voix chantante, décida qu’ils seraient plus à l’aise au salon. Megan suivit le mouvement avec un sourire, en regardant  oncle George disputer à John le droit de convoyer J.O à sa nouvelle place, ce que ce dernier agréait avec un sourire coincé.
Megan n’avait jamais prêté spéciale attention à la décoration des lieux mais là, il fut impossible de ne pas le faire. J.O venait de s’installer à sa place, John restait à sa droite et oncle George à sa gauche, derrière eux, et dominant l’endroit de sa présence, un grand portrait de feu Howard Strang, semblait narguer l’assistance d’un œil rogue.
 
*Seigneur pitié !*
 
Elle avait porté la main à la bouche pour taire l’exclamation de surprise, ce qui n’échappa pas à Samantha Davenport ni à son mari. Leurs regards allèrent du tableau au trio installé en dessous puis croisèrent celui de Meg. Aucun besoin de paroles. L’évidence était flagrante. J.O ne ressemblait pas trop à son père, il tenait plus de la branche Westwood, décidément américaine, par contre John et George avaient un indéniable air de famille avec le défunt, surtout le premier. Même port de tête, même regard métallique et ce sourire en coin…
 
*Avec ça…quel besoin d’une examen d’ADN !*
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Re: Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Sam Aoû 02 2014, 15:00

Pour John, préserver la vie d’une honnête personne prévalait sur beaucoup d’autres considérations. Enchantée de sa décision à donner de sa personne, Maureen Applewithe le renseigna sur la procédure envisagée dans son « cas » particulier. N’étant pas à une fausse identité près, John accepta de revenir deux journées supplémentaires à l’hôpital désigné pour lui prélever sa moelle osseuse. Bien qu’il n’aimât pas mentir à Meg, il fut heureux qu’elle ne lui pose aucune question au sujet d’un second déplacement :
 
Je serai là pour fêter Noël avec vous deux, *quoiqu’il m’en coûte !*
 
Salle d’op stérilisée, anesthésie – ça, il n’aimait pas, mais fallait bien – il subit les manipulations  de mains étrangères, osant placer sa confiance dans la directrice d’une organisation top-secrète qui n’avait aucun intérêt direct dans cette affaire sinon que de, comme lui, aider quelqu’un dans le besoin.  
Le réveil fut particulièrement douloureux mais John avait connu pire que des trous dans le bassin. Lorsque l’opérateur le retrouva habillé, près au départ, il s’énerva :
 
Êtes-vous fou ? On ne peut pas se déplacer de suite après une telle intervention !

J’en prends l’entière responsabilité. Je veux fêter Noël chez moi !
 
*Crâneur !* pensa-t-il sitôt débarqué à proximité de Stillworth House.
 
Il dégusta bellement, mais pas le buffet du « sense » ni du « chez McLane ». Pourquoi fallut-il que Nielsen remarque son teint cireux et ses sueurs ? Il fut passé à la loupe et contraint d’avouer :
 
Ces plaies s’expliquent : j’ai rempli mon devoir de donneur de moelle.  Je compte sur vous deux pour que le secret médical soit préservé.  
 
Les regards échangés entre Ysaline et Erik ne lui échappèrent pas mais qu’en avait-il à cirer ? Il ne désirait que deux choses : son pieu auprès de son épouse et faire risette à la petite merveille d’Elisabeth.  C’était beau rêver… Sa délicieuse épouse ne le rata pas sitôt soins et câlins au bébé achevés :
 
Ne prends pas cet air innocent…Voyons, tu pars sans dire où, et rentres deux jours plus tard avec l’air qui ne dit rien qui vaille…à d’autres avec la grippe…
 
Inutile de la mener en bateau. Lorsque Meg voulait parvenir à ses fins…
 
J’ai été contacté par une agence américaine… secrète, très au courant de ma situation irrégulière. Il se trouve que je suis compatible avec un pauvre gars à l’autre bout du monde. J’ai fait ce que j’avais à faire avec ma moelle.
 
Secret ?...On en a un peu ras le bol de tant de secrets…mais non, voyons, pourquoi serais-je fâchée ? Je passe deux jours à me poser des questions…à me faire du mouron…mais puisque c’est secret…

J’en sais autant que toi. Laisse tomber, veux-tu. Suis claqué.  
 
Vive les antalgiques et le repos ! Se contentant de passer d’un fauteuil à l’autre, John boitilla néanmoins jusqu’à son bureau y relire la copie des documents transmis à ses potes, travaillant lui aussi sur son affaire.
 
*À quatre sur le coup, on en tirera bien quelque chose !*
 
Bizarre, il n’eut aucune nouvelle directe de la part de ses amis ni ne put visiter J.O ce qui le plongea dans l’affliction :
 
*Si on nous le cache ainsi, c’est qu’il va plus mal…*
 
Chienne de vie, saloperie de maladie !  Peut-être le fait que son nouvel ami ait eu besoin d’un don de moelle avait influencé sa décision ? Ysaline n’avait encore que fait appel à la famille proche dont il était très loin.
 
*Dommage…*
 
Puis, alors qu’il se morfondait à travailler sur les indices reçus de façon si mystérieuse, un appel
Leur fit caser Elisabeth en catastrophe pour voler au secours de l’incendie de Stillworth House. Vrai miracle : pas de victimes mais… Bonne année quand même !  
Repos ? Que non ! Grand conseil administratif dès le lendemain où l’on débattit reconstruction et réorganisation.
 
Le « welcome » peut être aménagé pour des installations sanitaires… pas besoin du top niveau mais tout sera mieux que le dispensaire actuel serait parfait, assura-t-il.
 
Enfin des bonnes nouvelles ! Angel les contacta, émue : J.O allait mieux grâce à… un don providentiel.  
 
*Hein ? Je viens de subir une ponction et… Non ! Tu dérailles, John. C’est impossible !*

Mais apparemment, il n’était pas le seul à dérailler puisque Meg tirait les mêmes conclusions que lui, sauf qu’il les réfutait intérieurement. Cela aurait signifié… trop de choses auxquelles il préférait ne pas penser. Le pire fut que les révélations des documents transmis, si opportunément, tendaient à prouver la véracité des suspicions.
Savoir ou ignorer ? Quelle que soit la vérité, il devait l’affronter et la meilleure façon lui sembla d’aller lui-même cueillir son exécuteur.  Le pauvre gars ne s’attendait pas à ce qui lui tomba dessus quand un sorcier mal luné le cerna dans sa retraite :
 
Par ici, Browning. Nous devons causer.
 
Vlam, un stupéfix et embarqué.  
Interrogatoire musclé ? Bah ! Ce gars avait voulu sa peau, non ?
L’ennui fut que Browning s’avéra coriace. John se défoula un peu, pas trop, juste assez.
 
JE SAIS QUE TU AS ÉTÉ contacté par Gilmore ! Est-ce lui qui a réclamé ma peau ?  
 
Un petit doloris se perdit dans la foulée des baffes. Mais l’interrogatoire tourna court avec l’arrivée intempestive des « justiciers » qui préférèrent une tactique plus douce, hélas.  On ne reçut qu’une confirmation sans plus de détails. Browning n’était qu’un exécuteur contractuel.  
Dur de vivre avec une femme aussi tenace que Megan. Mis au pied du mur par ses soins, il avoua :
 
Browning était commandité par Howard Strang !  
 
Aussitôt son épouse brûla les étapes vers la révélation la plus possible :
 
C’est plus clair que l’eau de source : tu es le frère de J.O…le frère aîné. Une erreur de jeunesse…mais dans le cas de cet homme sans tache…une vérité irréconciliable avec son image !
 
NON ! se rebiffa-t-il. Cela ne se peut. Tu n’imagines pas les conséquences même si j’avoue que ça ne me déplairait pas d’avoir un frangin. Mais, grand Dieu, pas un duc, ah non !  J’en connais assez sur cette hiérarchie démodée. JE SUIS AMÉRICAIN et le resterai ! 
 
 À elle de deviner tout ce qu’il lui tut.
 
*Bâtard Strang ! Ma mère et cet imbu de soi, rigide, sans âme… pitié !... M’ont tous menti alors… Veux plus y penser !*
 
En dépit de ces considérations, John appréciait énormément J.O et sa santé lui tenait beaucoup à cœur. Aussi, quand Megan lui apprit qu’après des semaines de rétablissement, ils étaient autorisés à lui rendre visite, il ne put résister.  
 
Suis si content, mon pote ! lui dit-il dans une franche bourrade. T’as vraiment l’air en forme !... *Ouais… un don du ciel…*  
 
Ils rigolèrent, heureux de se retrouver ailleurs que dans un hosto. Peu après, Justin et Sam se joignirent à eux quasi en même temps qu’un trio de personnes : les autres Strang. Henry lui parut sympa sauf qu’il reluquait un peu trop du côté d’Angel. À plusieurs reprises, il remarqua être lui-même souvent l’objet d’une attention soutenue. Megan, par contre, parut fascinée par le portrait qui dominait toute l’assemblée. John ne s’y attarda pas : il détestait le mec représenté-là, celui du commanditaire de son assassinat en omettant sciemment la possibilité d’une filiation  possible avec l’individu. Cela en fit des messes basses entre filles ! Convivial, John parla à tous sur le même ton ( sauf avec J.O, of course). Henry demanda innocemment:
 
Ça fait combien de temps que vous vous êtes rencontrés ?  
 
J.O ne rechigna pas à répondre, émaillant son récit de détails que les Strang ne ratèrent pas :
 
De la moto ensemble ? s’épouvanta Marguerite. Je déteste ces engins moldus… désolée Magnolia, je ne disais pas cela pour toi, bien sûr.
 
La mère de J.O tordit un sourire de compréhension, veillant surtout au confort de son fils chéri :
 
Tu devras cesser ces activités dangereuses encore de longs mois, n’est-ce pas Angel ?
 
Encore une qui subissait un joug malgré elle.
Que lui voulait donc Meg de s’asseoir à ses côtés pour ensuite le pousser gentiment loin de la famille. Ne voilà-t-il pas que Justin le prenait à part ? Dès qu’il ouvrit la bouche, John se cabra :
 
STOP ! Même, je dis bien même, si ce que tu avances est vrai, je ne veux pas en entendre parler, compris ?
 
On se le tint pour dit. Non mais, c’était compréhensible, non ?   
 
Après avoir fui la compagnie des Strang and co, John accepta néanmoins le dîner improvisé avec les Davenport. Là, il réitéra clairement ses souhaits :
 
Nous pensons tous pareil et, que je le veuille ou pas, je dois admettre que cette pourriture de Strang est très certainement mon géniteur ainsi que celui qui a désiré me faire crever. Nul n’est responsable de son hérédité. J’encaisse très mal, aussi qu’on s’en tienne-là, s’il vous plait !  
 
Chez eux enfin, John se dérida un peu en chatouillant le poupon débordant de vie. Ému plus qu’il ne le souhaitait, il lui murmura :
 
Même si tu es duchesse, tu es MA princesse !  
 
Mettant de côté ses ennuis collatéraux, John dut courir de gauche à droite afin de mettre aux normes son immeuble bientôt destiné à l’accueil sanitaire des démunis. Lourde tâche, longues absences.
Son pote Wiseman gérait très bien les allées et venues de ses communautaires protégés. Cependant, ce soir-là, il crut bon de téléphoner :
 
Faut que tu viennes au centre… c’est peut-être qu’une coïncidence, mais tu dois savoir et voir
 
Pourquoi demander sa présence dans la salle des SDF ? Pourquoi cette fille-là en particulier ?
L’épave venait d’être ramassée au coin d’une rue, errant depuis un bail aux dires des habitués.
 
Écoute Wis, j’ai autre chose à cirer que de m’occuper de…

Annabelle Reese, ça te parle pas ?
 
Merde ! Wiseman devait avoir des antennes partout pour connaître le vrai nom de Megan, alias Kate Osborne. Le fait était là, couché sur un des matelas du centre : la sœur aînée de sa Meg.  
 
D’après ce que l’on sait, il y a eu un divorce pénible aux torts de la dame qui a sombré très… bas, compléta Wiseman. Qu’est-ce que l’on en fait ?
 
Elle est devenue quoi au juste ? Junkie, horizontale, les deux ?
 
Drogue, à coup sûr, le reste… ?
 
Il rentra très abattu au point que son épouse ne rata pas son air perdu :
 
… ouais, un verre, un double…
 
Il avala d’un trait puis posa le récipient pour se masser les tempes. Un soupir à fendre l’âme, il saisit les mains ‘une Meg très inquiète :
 
On a un souci… oui, un gros… non, pas les Strang, plutôt les… Reese
 
Papillonnements de cils, émois. Il resserra sa poigne :
 
Annabelle va bien ! Elle est dans une mauvaise passe mais rien de définitif… En effet, au centre…
 
Misère ! La retenir frisa le grododo.
 
Je t’y conduis sitôt Beth casée, c’est d’accord ! Mais faudra réfléchir aux conséquences…

John la transplana au centre où il dut l’abandonner à cause d’une autre urgence : J.O allait de nouveau mal.
 
Je file à Stillworth. Fais ce que tu juges bon, on en parle après, embrassa-t-il brièvement son épouse.
 
À la clinique, consternation générale : J.O manifestait des signes d’empoisonnement et Erik avait été arrêté pour d’autres raisons obscures.
 
Sam et Justin venaient d’être soumis au grill des enquêteurs. L’antidote était en cours mais à son tour John fut soumis à la question puisqu’on l’avait sous la main. 
L’inspecteur Crowley lui déplut aussitôt entrevu. C’était le stéréotype de la fouine têtue. Long et maigre de partout, la calvitie avancée, il possédait, de plus, un tic absolument énervant en se suçant les incisives comme si un aliment dérangeant y était coincé en permanence.
 
Mrs. Davenport nous a très « élégamment » *Tu parles d’une emmerdeuse* suggéré de nous intéresser aux proches, très proches, contacts de sa Grâce le Duc de Gilmore. Vous en faites parties, selon nos rapports. Et, puisque vous avez très récemment rencontré sa Grâce…
 
Fidèlement, John retraça la brève visite à J.O deux jours auparavant puis, se foutant de cet inspecteur, il dit :
 
J’aime James comme un frère mais là vous allez devoir en rester avec vos suppositions idiotes. J’ai des trucs plus urgents à faire que d’écouter vos âneries !
 
 Il vexait Crowley ? Et alors ?
 
Sam, Justin, vous avez des nouvelles ?...
 
Voilà Michael qui rappliquait. Normal puisque son frère était désigné coupable de l’incendie de Stillworth.
 
… euh… si Alix dirige  le labo, ça ira. Erik, va falloir lui trouver un avocat super… T’en as un, Max ? Ok ! Fais au mieux ! Là, vous m’excuserez, Meg a besoin de moi. Au besoin : patronus !
 
Il fila comme avec le diable aux trousses…
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Re: Qui veut la peau de...

Message par Megan Reese le Mar Aoû 05 2014, 23:28

Mais, grand Dieu, pas un duc, ah non !  J’en connais assez sur cette hiérarchie démodée. JE SUIS AMÉRICAIN et le resterai ! 

Et voilà, tout, ou presque était dit dans ce refus passionné. Vive la démocratie, tant qu’à faire ! Meg la ferma, sachant qu’il serait inutile d’insister. John avait de puissantes raisons pour se mettre dans cet état sans que l’aristocratie à rallonge de l’impliqué y ait quelque chose à voir. Elle était sûre que sa réaction avait été la même si on lui avait dit qu’ au lieu de Sa Grâce le Duc de Gilmore il s’agissait d’un Vanderbilt ou un Rockefeller !
 
*Mensonges, mystères, embrouilles…pas de quoi vouloir combler les trous du passé avec ça !*
 
Et cela n’alla pas mieux par la suite. L’épisode du tableau révélateur chez les Strang, les conclusions de Justin et Sam, que de l’huile au feu. Quitte à sembler hargneux, John n’y alla pas par quatre chemins pour demander à ses amis de ne plus se mêler de cette histoire, somme toute très personnelle mais non moins tragique pour autant.

*Comme quoi on passe à autre chose en attendant que ça se tasse…si ça se tasse un jour !*

En tout cas, ce n’étaient pas les occupations qui manquaient. John avait pas mal à faire avec les nouvelles installations médico-sanitaires dans son immeuble, il s’absentait souvent laissant  sa petite famille se débrouiller sans lui. Megan ne voulait pas se plaindre, cela lui ressemblait mal, mais sa propre inactivité commençait peser lourd. Être une mère accomplie était aisé, Elisabeth était un adorable bébé, merveilleusement facile à vivre, qui ne faisait jamais de chichis pour rien. Tenir leur nouvelle maison aurait dû l’occuper mais son mari avait embauché des domestiques si compétents qu’elle se retrouvait la plupart du temps à se demander que faire pour pallier à l’ennui qui guettait, embusqué dans ses heures mortes. Visiter ses amies ? Elle aurait bien voulu, au cas où celles-ci auraient gentiment vaqué à ne rien faire de leurs journées.
À la Gazette, Mr. Follett avait été charmant mais aussi embarrassé en lui signifiant que, pour le moment, ils devaient se passer de ses services. Megan savait ne pas avoir tort en pensant que certains de ses collègues sorciers avaient eu leur mot à dire.
Baisser les bras ? Se laisser aller mollement à la situation ? Cela aurait été trop commode, faisant fi du découragement naissant, Megan commença à  explorer un univers inconnu pour elle : l’écriture. Pas l’exposition de faits connus, qu’il fallait analyser, étudier pour en tirer des conclusions et en faire un article saisissant. Mêler réalité et fiction ? Pourquoi pas ! Sa vie, telle qu’à ce jour, n’était-elle pas un véritable roman d’aventures ?
Installée au bureau, Megan faisait le tri de ses notes, véritable un bric à brac d’information abscons pour un non initié. Elle souriait ou rigolait franchement avec certains passages tout en faisant des annotations dans un cahier. Très occupée à son épluchage elle ne remarqua pas que son mari était rentré jusqu’à l’avoir debout face au bureau jonché de papiers.
 
Hey, toi…je ne t’ai pas entendu…Ça va ?
 
Question purement rhétorique, sa mine chiffonnée ne disait rien qui vaille. Lâchant ce qu’elle avait dans les mains, elle se leva et le rejoignit.
 
Non, ça ne va pas du tout…encore des ennuis ? …Je te sers quelque chose à boire et tu me racontes...
 
Ouais, un verre, un double…
 
Elle était à mille lieues de s’imaginer ce qui allait lui tomber dessus mais se doutait que ce que John avait sur le cœur ne devait pas être de toute gaité. Après un soupir, ce qui ne lui ressemblait pas, il prit ses mains et la regarda.
 
Bon sang, John…dis-moi…tu sembles…éperdu…Un souci ? Les Strang ?...J.O va …
 
On a un souci… oui, un gros… non, pas les Strang, plutôt les… Reese…
 
Voilà qui avait de quoi la prendre de court. La suite, elle, faillit l’assommer pour de bon.
 
QUOI !? Comment sais-tu tout ça ?...Que…que lui est-il arrivé ?

Annabelle va bien ! Elle est dans une mauvaise passe mais rien de définitif…

Ma sœur…dans une mauvaise passe ? Pas elle, voyons, il doit avoir une erreur…mais où…Non…ne me dis pas…au Centre des SDF ?
 
On y avait recueilli sa sœur avant que la Police ne l’embarque. Megan encaissa ces quelques vérités sans pouvoir presque y donner crédit. Si John pensa qu’elle était au bord du désespoir, il se méprenait. Elle était sidérée face à cette situation tenant du plus total absurde.  La très fine, sophistiquée, admirée, choyée, enviée Annabelle Reese,  épouse du très distingué Colin Fanceworth-Lynch et mère parfaite de Jonathan et Rosalie, dans un refuge de sans abri ?...C’était trop gros pour l’admettre sans ciller !
 
Je dois aller la voir…je dois…c’est impensable…mais…
 
Je t’y conduis sitôt Beth casée, c’est d’accord ! Mais faudra réfléchir aux conséquences…
 
Oui…les conséquences…*ÇA peut foutre en l’air nos vies, oui !* Emmène-moi, mon chéri…on trouvera bien une solution…
 
John l’embarqua dans un trasplanage qui les mena au centre d’accueil qu’il avait créé, mais à peine y étaient-ils arrivés qu’un message urgent émanant de la Clinique le força à l’abandonner là après moult recommandations.
Wiseman n’avait guère changé, son regard empreint de sagesse mais aussi de malice était celui d’un homme qui ayant confronté toutes les misères, y avait survécu pour venir en aide à d’autres plus démunis que lui. Sans rien dire, il la guida vers la petite chambre où se trouvait sa dernière bonne œuvre.
Megan s’approcha lentement vers la forme recroquevillée dans le lit, tournant le dos à la porte.
 
Anna…Annabelle, c’est toi ?, elle osa à peine toucher son épaule, Anna !
 
La réaction de la femme allongée la surprit. Se détendant brusquement, elle se redressa sur son séant et tournant la tête vers elle lui lança un regard ahuri.
 
TOI !?...Tu es morte !!!
 
Non, non…je suis là…Anna…, elle allongea la main pour écarter les cheveux sales et embroussaillés qui tombaient sur le visage, toujours si joli malgré la crasse qui le couvrait, mais l’autre l’en empêcha d’un geste brusque avant de se mettre à hurler, hystérique.
 
Tu es morte…tu as disparu…enfin !!! Je ne veux pas te voir…tu es venue me hanter !!! Tu es morte…tu es enfin morte…tu nous as enfin fichu la paix !
 
Meg retint mal un hoquet de surprise endolorie. Elle savait sciemment n’avoir jamais emporté les palmes de l’amour filial mais les mots de sa sœur la blessaient cruellement.
 
Je ne suis pas morte, Annabelle, je suis là…je t’expliquerai après…
 
Les cris d’Annabelle se poursuivirent de plus belle, aucun raisonnement ne venait à bout de son opiniâtreté  puis tout à coup, elle éclata en sanglots et se recroquevilla de nouveau à sa place. Assez décomposée, Meg se tourna vers Wiseman qui avait assisté à la scène. Plein de commisération, il prit Meg du bras et l’entraîna hors de la chambre, dont il prit soin de fermer la porte à clé.
 
Pour sa propre sécurité …ses réactions sont…imprédictibles !, assura t’il de sa voix douce, les drogues font encore leur effet !
 
Depuis quand…est-elle ici ?
 
Hier soir…mais je ne suis parvenu à connaître son identité que ce matin, alors j’ai averti John…pas de souci…ton secret est entre de bonnes mains !,  clin d’œil, entre temps, me suis livré à une petite enquête…

Très complète, au contraire, son enquête. Il avait retracé la vie d’Annabelle Reese, si splendidement déployée par la chronique sociale qui ne pardonnait rien. Gloire ou déchéance, par égal, ça faisait toujours des bonnes ventes.
 
*St. Colin l’a envoyée au diable, lui a pris les gosses et tout le reste…Mise au ban de la société…Rude coup pour elle qui est la fierté incarnée !*
 
Une triste histoire avec un aboutissement misérable. Wiseman qui connaissait pas mal les rouages de la misère humaine ne s’en surprenait pas. Plus haut on est, plus dure est la chute. À son avis, à tenir en compte, Annabelle n’était pas depuis longtemps aux prises avec la drogue et qu’il était encore temps de la soustraire de ce cercle vicieux.
 
Retrouver un milieu familier, entourée de ceux qu’elle aime devrait l’aider à surmonter cette crise.

*Annabelle n’a jamais aimé d’autre que soi-même…mais enfin…*
 
Pendant ce temps, l’ex-Mrs. Fanceworth-Lynch, plus remise qu’on ne le soupçonnait se livrait à d’exhaustives réflexions. Revoir sa sœur tenue pour morte depuis pas mal de temps, avait été un choc. Megan n’avait pas précisément l’air de croupir dans la misère la plus abjecte, bien au contraire, il lui avait suffi d’un coup d’œil pour jauger sa mise bon chic bon ton. Elle n’avait jamais aimé cette cadette rebelle, autosuffisante, autoritaire qui avait si bien su se rendre célèbre et célébrée. Tout le monde l’adorait, admirait son succès même son imbécile d’ex-mari qui la trouvait divinement sensationnelle.  
 
*Et elle est là et se fait de la bile dirait-on…de la bile pour moi !...Qui sait, avec un peu de chance…si elle a si bon cœur comme on le pensait…*

Après sa longue conversation avec Wiseman, Megan retourna auprès de sa sœur, la trouvant beaucoup plus calme et bien plus accessible.  Annabelle était en très triste état, ses vêtements sales, déchirés par endroits, sa chevelure d’un blond cendré autrefois impeccable partait dans tous les sens en mèches ternies, ses belles mains jadis si soignées, sans bijoux, aux ongles cassés, sales.
 
Ma pauvre Anna,  murmura t’elle, dépassée face à la déchéance mais le regard bleu glacier de sa sœur freina court tout épanchement de pitié, lui pinçant le cœur mais la décidant à passer aux faits,  comment es-tu arrivée à ça ?
 
Ça t’intéresse ?...Demande à ton ex-beau-frère, il a toutes les explications sous la main !, riposta Annabelle, cinglante.
 
*En pleine crise il y a un moment…elle se reprend rudement vite, là !*
 
Megan avait toujours tenu Colin Fanceworth pour un crétin imbu de soi, imbuvable faisant un couple parfaitement assorti avec son-ex. Pas demain la veille qu’elle aille lui demander des comptes.
 
Je suis désolée…enfin, le divorce et tout le reste.
 
Laisse-moi rire, persifla l’autre, tu nous a tous plantés sans rien dire…disparue sans te faire le moindre souci et te voilà, pimpante et bien vivante sans avoir donné un signe de vie…Il y en a qui t’on pleurée mais bien sûr, la miss s’en fout…sans doute une de tes magouilles, un nouveau coup pour augmenter le rating ?

Dis pas de bêtises, Anna…ce n’était pas voulu mais nécessaire…c’est une longue histoire mais ce n’est pas ce qui nous occupe en ce moment…
 
La porte s’ouvrant livra passage à un John un peu essoufflé.
 
C’est qui, celui-là ?, voulut savoir Annabelle en le jaugeant d’un regard appréciateur.
 
Mon mari…John…ma sœur, Annabelle !
 
Ah, parce que tu t’es aussi mariée…des enfants, tant qu’à faire ?, s’enquit-elle, mordante, c’est vrai que cela fait un bail que tu as…disparu ! *Bel homme…belle mise…pas à dire, sœurette nage dans l’aisance et en bonne compagnie !*

Une fille…elle a deux mois…Elisabeth !...Excuse nous un instant, Anna…je dois parler à mon mari !, elle se leva vivement et accrochant John sortit au couloir, c’est affreux, mon chéri…tu as vu dans quel état calamiteux elle est…Oui, je sais…on doit préserver le secret mais je ne peux pas tout bonnement l’abandonner à son sort…C’est ma sœur quand même…Non, on ne s’est jamais trop bien entendues…*Tu parles, elle t’a toujours détestée !*…Nos parents ?...je ne connais pas le fond de l’histoire mais c’est très moche…John, je ne peux pas la laisser ici…comme ça !

C’était tout dire.  John donna gravement son avis pour après la mettre au courant de ses autres préoccupations  qui n’étaient pas des moindres : l’empoisonnement de J.O et l’arrestation d’Erik.
 
Ça ne finira donc jamais ?...Ah, Max s’en charge, de l’avocat…Opal doit être dans tous ses états…Michael est furieux, impossible autrement…On s’en sortira, comme toujours…
 
Se mettre d’accord sur le sort d’Annabelle demanda encore un court conciliabule. La seule solution trouvée n’était sans doute pas l’idéale mais l’éventail de choix était restreint. Wiseman consulté agréa, selon lui, il n’y aurait pas de rechute…John trasplana préparer le terrain. Megan se débrouillerait avec un taxi…
Annabelle suivit docilement le mouvement. Qui aurait cru sa sœur capable de pareil dévouement ? Elle nettoya doucement son visage, chercha à mettre un peu d’ordre dans sa coiffure et finalement lui fit enfiler son  manteau.  Le taxi fila vers la banlieue. Elle reconnut rapidement leur destination et s’en félicita. Un coin huppé qui avait décidément tout pour plaire. La maison l’enchanta même avant d’y entrer.
 
Un bon bain et au lit…je te monterai un plateau-dîner…tout va aller bien, Anna !
 
*Bien sûr, petite sœur…tout va très bien, déjà !*
 
Le jugement d’Erik  connut des rebondissements décoiffants et Meg rata tout, très à contre cœur. Impossible qu’une moldue pénètre l’enceinte d’un tribunal sorcier. Point barre. Le résultat final fut tout de même celui escompté, quoique le coupable de l’incendie courait toujours la nature. On finirait bien par avoir le fin mot de l’histoire, un jour ou l’autre.  J.O  était tiré d’affaire et poursuivait sa convalescence sans sursauts.  Toute à sa bonne œuvre, Mrs. Smith suivait les événements de loin et Annabelle reprenait bellement du poil de la bête.
Bien sûr, dès qu’elle eut vent de la réception chez les Von Falkenberg pour le baptême de leur cadet, dont John serait le parrain, elle insista…insista…insista…
 
Ma sœur Annabelle…
 
Enchantée !, roucoula t’elle en papillonnant des cils, vraiment enchantée…*Impossible autrement…quel beau parterre d’hommes sublimes… *, ravie de vous rencontrer, M. le Duc…Milord, le plaisir est à moi…
 
Anna, ce sont tous des hommes mariés !, souffla Megan à son oreille.
 
Mais pas morts pour autant, n’est-ce pas ?, rit-elle.
 
*Non, ma sœur…mais toi, tu risques la peau…là, c’est chasse gardée!*
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Re: Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Ven Aoû 15 2014, 07:58

Un frère ! Il avait un frère ! Pas des moindres en plus : un duc !  L’évidence des faits sciait John.
Il ne parla à personne, même pas à son épouse adorée, des tourments traversés pour admettre ce… truc. Plusieurs fois il fut à deux doigts de filer aux USA retrouver sa mère pour lui arracher la vérité sur ses origines. Son père n’était donc qu’un beau-père et ses sœurs des demi-sœurs ? À moins que ce ne soit même pas cela mais que sa génitrice l’ait fait adopter.  Peu importait, dans le fond.  Toute son enfance, adolescence, sa vie dont il recollait à peine les morceaux volait en éclats. Quoiqu‘il en soit, rien n’affecterait sa sympathie pour J.O, pas le fait que leur père ait voulu sa peau en tout cas.
 
*Ce vieux connard de Strang doit se retourner dans sa tombe ! Bien fait !*
 
Débats internes en solo, ennuis logistiques à gogo et – touche finale – Annabelle !
 
Emmène-moi, mon chéri…on trouvera bien une solution…
 
Tu parles d’une solution ! Rien de mieux que d’introduire chez eux une vipère odieusement séductrice.  John ne fut pas long à remarquer qu’une fois la crasse ôtée, la sœur de Megan était… belle. Mais sous cette façade de Mater Dolorosa se cachait un cœur de pierre aux intentions plus qu’évidentes.
Heureusement pour John, il put s’échapper souvent de leur résidence où l’Annabelle, « ana-conda » selon lui, convainquait Megan de n’être pour rien dans sa décrépitude actuelle.
Il n’avait pas que ce souci comme raison pour déserter le nid. Avec J.O empoisonné et Erik en taule… sans compter les remaniements de son centre d’accueil… Bref : débordé.
1ère journée de procès peu engageante. Il aurait souhaité parler à l’un ou l’autre mais devait faire face à ses obligations familiales… Au moins J.O s’en remettrait grâce à l’intervention d’Alix.
Rentrer chez lui demandait des ruses de sioux pour éviter le serpent qui, comme par hasard, s’arrangeait toujours pour se retrouver seule en sa compagnie. Il aurait pu transplaner direct mais avec une moldue en place – Meg était habituée, elle – fallait faire vraiment gaffe.  
 
*Eh merde !*
 
Ça ne rata pas, Annabelle le coinça dans le vestibule :
 
Hello John, ça va ? Meggy est en haut avec baby. Marrant de la voir en maman attentive.
 
Je dois lui raconter l’audience, excusez-moi…
 
Pas si vite ou je vais finir par croire que vous m’évitez.
 
*Tout juste* Mais non voyons, quelle idée…
 
Alors si nous buvions un verre en attendant qu’elle descende…
 
Il n’en était pas encore au stade de l’impolitesse marquée et, par respect pour Meg, il accepta quoi que préférant le café à cette heure. Une fois installé au salon, la jeune femme claqua la langue et attaqua en roucoulant :
 
Dites-moi, John, j’ai bien tenté de percer le mystère de votre rencontre avec Meggy mais elle se montre d’une discrétion qui frise le ridicule.
 
Il faillit pouffer car si c’était de lui qu’elle désirait obtenir des infos : tintin !  Il se contenta de hocher la tête en restant le coude posé contre la cheminée.
 
C’est vrai quoi, j’ai le droit de savoir, non ? On ne disparaît pas de la surface de la terre ainsi sans raison… et puis vous venez d’où ? John Smith, excusez-moi, c’est un peu passe-partout…
 
Ses battements de cils, sa façon d’avancer le buste, ça c’était ridicule. Il vida son verre d’un trait et la fixa, sans rire :
 
Protection à témoins, vous connaissez ? Si pas, c’est le même prix. Et, désolé mais Smith est mon nom ! Sur ce…
 
Verre posé, il décampa.
Sa femme embrassée comme il se devait, câlin au beau bébé, il soupira :
 
Ouais, ça a été… si l’on veut… suis grognon ? Pardon : c’est ta sœur ! Ça va durer combien de temps ?... Elle vient d’arriver, je sais mais elle m’énerve… non, il ne s’est rien passé de plus que d’habitude. Elle aguiche, prêche dans le vide… faut que l’on solutionne ça, ok ?
 
Décidément, Meg avait trop bon cœur. Elle ne voulait pas relâcher Annabelle avant que le sevrage soit complet et effectif.
En attendant, ils étaient privés de téléphone fixe et de Net puisqu’il était souhaitable d’éloigner la belle-sœur de contacts externes.
 
Dès qu’elle sera « rétablie » je la réexpédierai chez les moldus avec un oubliette magistral ! conclut-il ce chapitre.
 
La seconde journée de procès, John la zappa, la réorganisation de son centre lui ayant bouffé tout son temps. J.O avait dû rentrer chez lui, il l’avait raté à la clinique. Il en eut des échos plus tard, comme quoi Samantha s’était senti mal et que le Leprechaun de service, Albermale, avait su révoquer Ombrage. Il était à peine revenu au domicile conjugal qu’un patronus l’y surprit.  Meg dormais déjà mais pas Annabelle qui poitrine en avant, sourire peps, lui offrait un verre. Elle le vit se figer sur une attention dont elle ne faisait partie :
 
Qu’est-ce que tu as Johnny, t’as l’air bizarre…
 
Le message capté, il lui tourna un sourire mauvais :
 
Mon prénom est John ! Je dois  ressortir…
 
Il la planta là et transplana dès à l’abri des regards.
Introduit par un Cebius mal luné, John se vit accueillir à bras ouverts :
 
On n’est plus seuls…frère ...et on a du pain sur la planche!
 
Les démonstrations d’émotions et John, ça faisait deux. Même si ce n’était pas la première fois qu’il étreignait J.O, celle-ci fut différente. Elle signifiait tant…  
 
*Il sait... bon Dieu, il sait…*
 
Aussi brève qu’intense, cette accolade fraternelle s’acheva par :
 
Suis satisfait de ne pas avoir à te le dire, et d’avoir pu contribuer à… Je ne savais rien, d’ailleurs je n’ai jamais rien su…
 
On s’assit autour d’un verre. J.O avait reçu Ysaline peu avant. Selon elle, George ou Henry ou les deux, voulaient titre, baraque et fortune allant avec, J.O penchait dans cette optique. C’était si… naturel !  
Fumer était une habitude ou une réhabitude à laquelle John céda après accord. Les frères avaient plus d’un fardeau sur le dos, là.
 
… ça va rien changer, je t’aimais déjà avant de piger… merci !... me fous du titre et avantages liés, moi ! Veux juste la paix avec mes chéries : Meg et Beth… Ok, je comprends mais comprends-moi aussi… Faut prouver lequel des deux t’en veux… Tu penches pour qui ?... moi aussi : George !... ouais, ça marche ! Je ferai comme tu veux.
 
Ils discutèrent un brin de l’affaire, n’osant ni l’un ni l’autre aller plus avant et se quittèrent non moins chaleureux.  
 
Comme « prévu » J.O ne tarda pas à être à nouveau admis à la clinique avec signes évidents d’empoisonnement.          
 Penché à fond dans cette affaire, il zappa les détails de celle d’Erik.
J.O, cette fois, de l’avis des spécialistes se demandant encore comment il tenait, fut déclaré au seuil du trépas. John soutenait Megan tandis qu’Angel s’accrochait à… Henry. George et Marguerite, l’air grave, attendaient le verdict final d’Ysaline qui apparut, sombre.  
George réagit :
 
Comment ça, il veut parler à Smith ? ON DOIT L’INTERDIRE ! C’EST LUI QUI A VU JAMES EN DERNIER !
 
Et d’où savez-vous cela, Sir Strang ? susurra Crowley surgissant dans la salle d’attente comme un diable de sa boîte.
 
George se décomposa une fraction de seconde :
 
Je… je l’ai vu… Voulant surveiller mon neveu, j’ai placé…
 
Un haut dispositif externe que mes agents ont très vite relevé. Smith ferait un coupable idéal, non ? Frère secret de la victime, il aurait tout à y gagner.  
 
Qu’est-ce que vous racontez ? s’empourpra Henry. C’est absurde !
 
Observateur et pointilleux, le lieutenant-inspecteur Crowley n’avait pas été long à établir le rapprochement physique entre les Strang. Néanmoins, qu’il se fasse remonter les bretelles par une agence américaine ne l’avait pas enchanté. Ce qu’elle lui livra le dépassa : pas touche à Smith ! Il était le donneur de la moelle qui avait sauvé J.O de sa leucémie et était sous protection. Avec de tels arguments, toutes les suspicions tombaient d’elles-mêmes. Pourquoi sauver la vie d’un type pour le descendre ensuite ?  Certes, Smith aurait pu ignorer à qui son don irait et vouloir accélérer les choses ensuite mais ça ne collait pas avec les faits…  Le seul à qui un crime profitait ne pouvait-être que :
 
Sir George Strang, je vous inculpe pour double tentative d’assassinat contre votre neveu James Oliver Strang.  
 
All is well that ends well… Les soucis à régler chez J.O ne seraient pas des moindres mais, là, John était confiant. Le procès d’Erik se trouva ajourné car le suspect principal s’évapora dans la nature avant d’être ferré. Ne restait… qu’Annabelle.
 
Enfin convaincue que quoiqu’elle fasse, les charmes déployés seraient inutiles sur lui, Smith la vit les exercer sans vergogne sur ses amis.
Au baptême du petit Christopher Von Falkenberg, la « Manon » de service se cassa les ongles sur la carapace des avertis contre le déploiement de charmes.  Ravi d’avoir été choisi en parrain, John avait beaucoup bavardé avec Lev et Ny’Ala, invités aussi. Comme le dépaysement était tentant… Mais, au vu des manœuvres à peine dévoilées de sa belle-sœur, John prit des mesures radicales. Il les exposa le soir-même à sa Megan :
 
Je n’en peux plus ! Désolé mais ta sœur est un boa constrictor : un anna-conda ambulant !
 
La comparaison la fit beaucoup rire. Sérieux ; il ajouta :
 
Faut agir. Deux options : amortentia au premier quidam venu ou à son ex St Colin ?
 
Elle pencha pour le second...
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Re: Qui veut la peau de...

Message par Megan Reese le Mer Aoû 27 2014, 00:24

Les temps n’étaient pas aux réflexions profondes mais aux actions rapides. Avec Annabelle orbitant dans les parages il valait mieux être prête à intervenir  en tout moment. La réception chez les Von Falkenberg fut exemple suffisant  et Meg en souffrit chaque instant. Sa sœur s’en donnait à cœur joie en déployant les ailes de son charme.
 
*Elle va se prendre un mauvais sort, celle-là !*
 
Les manœuvres de la belle ne rencontraient, Dieu merci, pas l’écho voulu, très polis et charmants, ces messieurs lui signifièrent n’être plus des cœurs à prendre, surtout si on tenait en compte que mine de rien, leurs épouses veillaient au grain d’un œil suspicieux, même si elles avaient l’air de prendre la chose à la légère.
 
Ça suffit, Anna, tu te mets péniblement en évidence…Tu as perdu tout sens du décorum, ce sont mes amis…respecte un peu, voyons !
 

Ce n’est pas à toi de me dire que faire ou pas !, riposta vivement la miss, toi qui as fait allez savoir quoi de ta vie…
 
Je n’ai pas envie de me disputer avec toi, Annabelle…mais tu te tiens ou on rentre d’immédiat !
 
Peine perdue ! Elle la retrouvait bien, sa sœur. La même qui avait si bien su lui pourrir la vie étant encore gosses et avait fait de son adolescence une expérience amère et difficile à vivre.  Anna était la plus belle, la plus gâtée. Elle était parfaite à l’avis de Maman et pour autant aussi de Papa. Anna qui remportait tous les prix, toutes les louanges au détriment de ses sœurs cadettes.  La pauvre Grace, si douce et Megan, qui encaissait mal. Logiquement, Miss Perfection, qui  menait la voix chantante et attendait que tous se plient à ses caprices, avait fait le plus beau mariage avec celui que tous trouvaient parfaitement assorti à la rutilante étoile qu’était Annabelle Reese. En fait, ils se méritaient bien l’un l’autre, ces deux fats si imbus de soi !
La voir se livrer à une drague immodérée avec le cousin de Max, sorti d’où on ne savait où et marié depuis très peu avec la tante d’Angel, fut la goutte qui combla le vase.  Que sa victime semble prendre la chose avec beaucoup d’humour ne changea rien, Megan fonça, hors d’elle, cueillit sa sœur du bras et l’entraîna vers la sortie sans faire attention à ses protestes.
 
On s’en fout de tes cris de goret…je t’avais avertie…monte dans la voiture, j’ai dit !
 
Et tu abandonnes mari et gosse juste pour te faire plaisir de me ruiner la fête !?
 
Je n’abandonne personne, un mot de plus et je te fiche la paire de claques que tu mérites !
 
Et l’autre de lui rire au nez, assurant qu’elle n’oserait jamais pareil outrage. Megan ne s’en priva pas et en tira une profonde satisfaction.
 
Ne me défie plus, Anna…les temps ont changé ! ALLEZ, MONTE !!!
 

Sans plus de cérémonies, elle ramena sa sœur à la maison, l’enferma à double tour dans sa chambre après s’être assurée qu’il était impossible de s’enfuir par la fenêtre.
 
Glapis tout ton soûl…les domestiques sont prévenus : tu es folle, faut te laisser hurler !
 
Taxée de monstre sans cœur et autres noms d’oiseau sans que cela ne l’incommode, Megan retourna chez ses amis. Tous ayant compris la raison de son absence on passa un trait sur les faits et la fête se poursuivit en toute convivialité sans vampiresse dans le coin.
En rentrant, le calme régnant les surprit un peu mais Annabelle devait avoir des antennes pour savoir qu’ils étaient de retour et ses cris reprirent de plus belle.
 
Fais quelque chose, mon chéri, si tu ne veux pas que je monte et lui tire dessus !
 

John avoua en avoir ras le bol aussi et compara sa belle-sœur à un boa constrictor.
 
Un  Anna-conda ambulant !
 
Cela faisait du bien, rire de la sorte.
 
C’est la chose la plus juste qu’on dira d’elle !, dit Meg en s’épongeant les yeux, ça me rappelle  une certaine scène du livre de la jungle…heureusement qu’aucun de nos amis ne lui a fait confiance !
 
C’était bon, la rigolade mais il fallait envisager un moyen sûr de se défaire de cette menace ondulante. 

Deux options : amortentia au premier quidam venu ou à son ex Colin ?

On ne va pas rompre l’ordre établi des choses, assura t’elle sentencieuse, qu’ils se supportent le reste de leurs vies, ce sera une bonne revanche !
 
En attendant, un bon sortilège fit taire l’outrecuidante, leur laissant le loisir d’une soirée paisible comme pas depuis longtemps.
 
Je suis si heureuse d’avoir enfin un  peu de paix, souffla t’elle, en se lovant aux creux des bras de son chéri, j’ai l’impression d’avoir raté plein de trucs…Hein ?...J.O renonce au titre ?...Savais pas que ça pouvait se faire !...Tu es heureux de l’avoir pour frère, non ?...Tu sais que oui, je les aime beaucoup, tous les deux…Angel m’a semblé un peu triste dernièrement…tout va bien entre eux ?...C’est vrai, avec tout ce qui leur est tombé dessus en peu de temps !...Dès qu’on aura largué Anna, on les invitera dîner…
 
Colin Fanceworth-Lynch ne sut jamais ce qui lui arrivait…ni comment c’était arrivé. Jusqu’à l’instant d’avant son unique priorité était profiter à fond de sa nouvelle vie de célibataire et puis voilà qu’apercevoir Annabelle, à deux pas de lui avait eu le même effet que les flèches de Cupidon transperçant son cœur…Il aimait cette femme, il était fou d’elle, ne voulait qu’elle…
 
J’adore la magie, pouffa Meg qui suivait de loin le spectacle de ces retrouvailles passionnées, voilà pour la bonne œuvre…tu es sûr qu’elle a TOUT oublié !?
 
John en était convaincu. Temps de respirer un bon coup et reprendre leurs vies là où l’apparition de sa sœur les avait chamboulées.
Mais bien sûr, la paix, c’est une simple apparence…et dure peu !
Certains faits se suscitèrent sans qu’ils en aient d’échos directs. L’enlèvement des enfants de leurs amis, perpétré par le Dr. Brahms ne parvint à leur connaissance qu’une fois l’affaire résolue et classée en un rien de temps.  Elle n’en voulait à personne de ne pas les avoir mis au courant et comprenait que tout le monde veuille oublier l’affaire au plus vite.
 
*Tant mieux si ça a été du vite fait…ils n’auront pas eu le temps d’en souffrir les affres !*
 
Sam et Justin revinrent, encore une fois, de leur « exil » volontaire, sans vouloir dire où se trouvait leur coin de paradis, mais Meg déduisit qu’il devait y faire plus beau qu’à Londres vu leur enviable couleur biscuit. Le baptême de Beth se déroula merveilleusement bien et fut l’occasion de se revoir en toute joie. Encore cette fois, Meg ne put que remarquer l’air plutôt mitigé d’Angel alors que J.O, qui reprenait bellement du poil de la bête, était tout bonheur avec sa filleule.
Pour clore la saison des baptêmes, ce fut le tour des jumeaux De Brent et encore là, la future ex-duchesse de Gilmore arbora un petit air perdu qui serrait le cœur et Megan ne fut pas la seule à le remarquer. 
 
*Ça ne me dit rien de bon…un de ces jours, elle nous fait une déprime ou pire encore !*
 
Le quotidien reprenait ses droits. John toujours occupé au Centre ou à ses autres affaires passait des longes heures hors de la maison. Megan assumait et cultivait doucement la nostalgie d’autres temps. Elisabeth poussait mieux qu’un champignon, était mignonne comme tout et Meg tirait une folle fierté quand lors de leurs sorties au parc, d’autres mamans se penchaient sur le landau pour s’extasier de tant de perfection.
 
*Bonté divine, Meg Reese tu es en passe de te convertir en une gentille petite bourgeoise tout ce qu’il y a de plus rangé !*
 

La papotage sans transcendance était un art finement développé par la plupart de femmes rencontrées au hasard de ses balades.  C’est fou ce qu’elle apprit sur  les arts ménagers, les soucis avec les domestiques, la recette de la tarte aux pommes, celle des lasagnes, la mode en général, les régimes et la vie des « people » qui semblait exercer une fascination morbide.
 
*Comme quoi…ces pauvres femmes n’ont rien dans la cervelle !*
 
Un sort tout à fait indigne, à son avis, qu’elle ne méritait pas. Décidant que Beth aurait du temps pour peaufiner les relations avec son prochain le moment venu, elle limita ses sorties à se poser dans le jardin, fort beau, quand le temps le permettait et commencer le brouillon de l’idée de roman qui la taraudait depuis pas mal de temps.
Des amis, on ne savait pas grand-chose, ce qui au docte avis de Meg signifiait qu’il n’y avait aucun problème en cours. Les Davenport  étaient de nouveau partis. Les De Brent prirent le large pour d’horizons plus paisibles, les Nielsen, comme d’habitude vivaient à 100 à l’heure. Chez les Von Falkenberg, Max fit sa petite révolution et partit seul en vacances.
 
*L’affreux égoïste…comme si Ysaline n’en avait pas besoin !*
 
Et puis, la nouvelle bombe qui tomba quand on s’y attendait le moins. Angel avait enlevé un bébé, ramené chez elle et décidément pété un câble !
 
*C’est beau, les mioches mais en arriver là…quand même !*
 
Bien sûr, personne ne demanda son avis. J.O redevenu citoyen du commun régla l’affaire par des moyens discrets, sans doute avec un coup de main de son frère bien aimé qui, secret comme curé avec secret de confession, ne pipa détail.
 
*On en est déjà aux secrets de famille ?*
 
Les Westwood, nouveau patronyme des ex-ducs, allèrent se perdre de l’autre côté de l’Atlantique en attendant que les choses se tassent  et soigner les nerfs chamboulés de Madame.
 
T’en fais pas, mon amour…ils ne tarderont pas trop à rentrer !...C’est marrant comme tu t’en fais pour ton petit frère…mais crois-moi, le brave gars est très capable de s’en sortir tout seul… Ironique, moi ? Sais pas d’où tu vas sortir ça !...Je constate, simplement…Oui, je sais, cela compense un peu  de ne pas pouvoir rencontrer ta mère et sœurs…*S’il se trouve, il n’en a même pas…tant de mensonges, on sait plus que penser !*…Oui, je comprends très bien, figure-toi…Revoir Annabelle m’a fait penser, de plus en plus souvent aux miens…surtout à Grace…elle est l’opposé d’Anna, elle te plairait, elle…
 

Soupir. Elle se reprocha l’amertume qui avait pu percer dans ses mots et fit de son mieux pour noyer le poisson.
 
Partons aussi en vacances…Beth a presque six mois, et changer d’air lui siéra aussi bien qu’à nous…Soleil, chaud…rien que d’y penser, je m’en régale d’avance…
 
L’Idée avait bien pris, le moment était aux projets de toute sorte.  Megan y pensait joyeusement en traversant la rue…le gars en moto ne put rien faire pour l’éviter…
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