Qui veut la peau de...

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Re: Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Ven Aoû 29 2014, 05:56

Par chance, Megan en avait aussi marre que lui de L’Annabelle. La larguer dans les bras de son ex fut quasi un jeu d’enfant. L’amortentia, c’est Ysaline qui le lui avait fourni après avoir rigolé du futur plan. L’administrer aux deux quasi simultanément ne requit qu’un peu de doigté, chose que John maîtrisait parfaitement. Retrouvailles délirantes…
 
J’adore la magie, pouffa Meg avec qui il avait suivi le déroulement de l’opération « galante », voilà pour la bonne œuvre…tu es sûr qu’elle a TOUT oublié !?
 
Douterais-tu de mes capacités, mon amour ? Suis le champion des oubliettes express !!  
 
On se frotta les mains de ce succès mais cette petite joie ne fut que de courte durée même si plusieurs événements heureux survirent comme d’autres baptêmes.  C’est vrai que l’épouse de J.O n’avait pas particulièrement l’air en forme comme lui avait fait remarquer Megan. Autant qu’il sache, le couple de Strang redevenu Westwood allait… bien. Son frère n’avait évoqué aucun souci majeur de ce côté.  
Malgré ses activités prenantes, John devait s’avouer… s’ennuyer. Il n’avait rien d’un homme d’affaires… Pas qu’il fasse des bourdes en cette matière mais l’absence de Justin l’effrayait parfois dans des décisions à prendre sur le vif. Il était coincé et, à croire une épidémie, ses principaux contacts filèrent vers d’autres horizons. Pas dans sa nature d’appeler au secours, ni d’embêter quiconque. Il pensa requérir les conseils de J.O, bien plus habitué que lui dans ces arcanes financiers mais la nouvelle concernant Angel le scia comme beaucoup.
 
J.O, qu’est-ce qui lui a pris ??? … ah… Elle n’est pas au courant que tu as fait ce qu’il faut ?... Bon, qu’attends-tu de moi ?
 
Il tut ses propres tracas et distribua des oubliettes à gogo en croisant les doigts d’avoir bien visé tout le monde.   
Megan se leurra sur sa mine sombre après le départ de son frangin décidé à remettre Angel sur les bons rails :
 
T’en fais pas, mon amour…ils ne tarderont pas trop à rentrer !...C’est marrant comme tu t’en fais pour ton petit frère…
 
*Si je ne m’en faisais que pour ça !*
 
Elle extrapola beaucoup, touchant néanmoins quelques points sensibles comme sa propre famille qu’il ne pouvait revoir, pas plus qu’elle la sienne. Sa sœur Grace lui manquait. Lui, s’il désirait revoir les siens, c’était surtout pour une explication à chaud !  Il mettait juste le couvercle sur le chaudron…
Et de lui proposer :
 
Partons aussi en vacances…Beth a presque six mois, et changer d’air lui siéra aussi bien qu’à nous…Soleil, chaud…rien que d’y penser, je m’en régale d’avance…
 
*PAS QUESTION ! s’épouvanta-t-il*
 
Ce n’était vraiment pas le moment ! Mais, elle avait l’air d’y tenir tant… il feignit d’adhérer au projet.
Au moins ces idées occupèrent Meg dont il n’avait pas été sans noter un certain ras-le-bol du train- train quotidien. Entre couches et biberons… quelqu’un d’aussi actif qu’elle devait la trouver maussade.  
L’appel le surprit en pleine réunion avec le conseil d’administration du centre : Meg avait eu un accident. Jamais on ne vit mari débarquer si vite sur les lieux.
 
Mon cœur, ça va ? Dis-moi que ça va, s’angoissa-t-il en se penchant sur la civière où elle tenait encore son GSM.  
 
L’ambulancier le rassura tout comme elle : quelques griffures et une bosse. Mais, d’un coup d’œil, John sut que quelque chose avait changé chez sa femme.  On dit que les sorciers se reconnaissent d’instinct, et là, il sut.  
 
Ne l’emmenez pas dans cet hosto. Je veux qu’elle aille à Stillworth… je signe tout ce que vous voulez… Calme-toi, mon amour, c’est rien, rien du tout... *Merlin, protège-nous !*
 
À la première infirmière reconnue comme sorcière puisque le personnel était mixte, il confia :
 
Ses lésions sont bénignes, c’est certain. Je voudrais que vous testiez…
 
Le docteur Asimov adorait finalement travailler à temps partagé entre Stillworth et Ste Mangouste. C’était si… rafraîchissant. Le cas récent dont il avait dû s’occuper lui plaisait énormément. Au mari angoissé, il sourit :
 
J’ai tous les résultats…

Et… ?
 
C’est rare, mais pas inédit. Cela confirme vos impressions premières : la petite dame est sorcière !!  
 
John avait pâli. Peut-être avait-il craint l’annonce d’une maladie mortelle ou d’une nouvelle grossesse.  Mais la révélation le secoua.
 
Elle était absolument moldue ! Comment est-possible ? Pas que ça change quoique ce soit pour moi, mais…
 
Tout ce que je peux affirmer c’est que de près ou de loin, elle a manifestement une ascendance sorcière. C’est assez commun ça car, depuis que le monde est monde, les nôtres se mélangent. Gènes récessifs, dominants, refoulés… le choc en a réveillés…  On dirait que ça ne vous plait pas Mr. Smith…
 
Vous… vous ne connaissez pas Megan comme je la connais… Elle va… exploser !  Il ne se passe presque pas un jour sans qu’elle envie nos pouvoirs sorciers… Pensez-vous qu’elle sera douée, que ses dons se manifesteront de façon immédiate, progressive… ?

Tôt ou tard, elle s’en rendra compte. À vous de voir si vous le lui annoncez déjà ou laissez les choses évoluer. En tout cas : préparez-vous à des… changements !!  
 
En sortant de chez Asimov, John ne savait que décider. Il alla retrouver une Meg impatiente de rentrer chez elle non sans s’être un peu étonnée des tests subis.
 
Je voulais m’assurer que tout allait vraiment bien et que tu ne risquais pas de subir des effets… indésirables.
 
Au retour, il était toujours mitigé, ne sachant vers quoi pencher. Rien dire et laisser faire ? Pas dans ses habitudes ça, mais il avait déjà assez de soucis ainsi.  Après tout qui sait, peut-être Megan ne manifesterait rien avant très longtemps ?…
Des sponsors, il lui fallait des sponsors pour maintenir son centre à flot. J.O marcherait mais John était trop fier pour aller quémander, et son frère devait être très occupé ailleurs.  Il se refusait obstinément à toucher à un cent de plus des avoirs personnels mis de côté pour l’avenir de SA famille.
Marchant tête basse dans une avenue, il ne put rater un papier froissé, genre affiche publicitaire pour un spectacle de… magie.
 
*Ces moldus et leur crédulité…*
 
Non, il ne deviendrait pas artiste de foire même pour renflouer son centre, pas son genre du tout. Cependant, il rumina de plus belle :
 
*Un gala de bienfaisance… ça devrait…*
 
L’appel téléphonique de Meg coupa court ses réflexions :
 
Qu’y-a-t-il ? Beth ?... Calme-toi ! Je ne pige rien…
 
En fait si, il comprenait très bien. Les ennuis prévus commençaient…  Un coin discret, un transplanage plus tard, il tomba en pleine crise.  
Prenant sa chérie dans les bras, il tenta de modérer son énervement :
 
… je comprends ! Tu t’es énervée sur la bonne et un vase est tombé tout seul, du moins tu le penses *Et tu as sans doute raison* Il était peut-être en déséquilibre ou… Ah, tu es certaine que non, ok ! …
 
Mince ! Elle pensait que la maison avait subi un sortilège. Dans le fond, tant mieux…  
 
Je me charge de désenvouter les murs, ça te va ?
 
Comme une lettre à la poste… Rassurée, Megan se calma et servit le dîner.
La paix ? À d’autres ! Le lendemain, alors qu’il rédigeait des invitations pour son projet, un hurlement le fit se précipiter à l’étage. Beth n’avait rien mais, cette fois Megan pensait que le bébé était responsable de « l’incident ». Oh, là, là…
 
… non, non ma chérie, aucun sorcier de cet âge ne peut faire ça !... Bien sûr que j’ai désenvouté la maison… sais pas moi !  *menteur !*… L’emmener pour des examens ? NON !
 
Il inspira et expira, dur moment.  
 
J’aimerais que tu t’assoies… non, je ne pense pas du tout que tu sois folle ou aies des hallucinations…
 
Elle lui débita des tas  d’autres incidents, bénins, mais qui l’alarmaient fortement. Il déglutit :
 
… tu n’as pas… rêvé… Je m’en doute depuis ton accident, Asimov l’a confirmé : tu es maintenant… sorcière !
 
Le pavé lancé, il attendit les retombées…
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Message par Megan Reese le Ven Sep 05 2014, 14:07

Voilà ! Une seconde distraction ! Et c’en est fait de vous ! Suffit d’un motard idiot, même si c’est vous qui traversiez en rouge, et c’est parti…
Sacré roulé-boulé ! Pas qu’elle fut prête à la feinte parfaite, mais du coup, elle avait pris de l’envol avec l’élan de la moto…le reste, du pur réflexe ! Le fait est qu’elle finit sur le bitume humide, assez stupéfaite…la trouille, ça vient plus tard…au cas de venir, bien sûr !
Megan Reese en avait vu des belles et des moins belles dans sa vie de journaliste. On lui avait tiré dessus, elle avait slalomé entre les obus, s’en était tirée face aux Triades, ou les chefs de la corruption ici ou là dans le Tiers-mode, le deuxième où qu’il voulut être et le premier à l’occasion…bref, ce n’était pas un bête mec en petite moto qui allait avoir raison d’elle dans une rue londonienne.
 
Miss…Miss…z’allez bien ?...Oh Miss…suis désolé…j’ai averti les urgences…ça vient !
 
Pas de foin !...ça va aller…, elle voulut se relever mais ça tanguait un peu, le petit gars lui conseilla de rester gentiment là, au milieu de la rue…Ça  ne va pas, non ?...Un autre s’amène à toute et me met à ras avec la chaussée…Aide-moi…Ok, m’assieds sur le trottoir…allez, pleure pas, tu m’as pas tuée…Merde…où est mon téléphone ?
 
Elle plongea dans le fouillis de son sac, sans se demander par quel miracle ses affaires n’avaient pas fini éparpillées par-là, et finit par dénicher l’appareil. Impossible d’aller plus loin, dans un moment les Urgences débarquaient, l’évacuaient et pas question qu’un agent X appelle John pour le mettre au courant.  Police et ambulance ululaient au loin. Ce fut un petit appel rapide, clair et concis. Comme prévu, John fut là alors qu’on la mettait sur la civière.
 
Mon cœur, ça va ? Dis-moi que ça va !
 
Vais pas dire que suis comme une fleur…mais oui, ça va…suis encore d’une pièce…juste des plaies et des bosses…rien de grave !...Hey, ça va toi ?...t’es tout chose…c’est moi qui s’est fichue en l’air…
 
Bien sûr, le coup de la trouille, ça bouleverse.  Chéri, si plein de prévoyance décida qu’on devait l’embarquer direction Stillwoth Clinical et nulle part ailleurs. L’ambulancier rouspéta, allez savoir pourquoi, un truc sur le règlement et autres mais obtempéra finalement.
Meg fit sa petite balade en ambulance en tout calme et confort, en serrant la main de son John qui avait l’air un peu trop chamboulé pour si peu de chose. Arrivés sur place, on l’emmena à une salle d’examens et après s’être assuré qu’il ne lui manquait rien et que tout était à sa place, on la soumit encore à quelques épreuves bizarres qu’elle subit en se demandant à quoi ça voulait bien rimer, mais bien sûr, personne ne lui donna la moindre explication.
L’affaire en resta là. John la rapatria chez eux et la vie reprit, tout simplement…On ne parla plus des fameuses vacances mais qui pouvait encore y croire en voyant la tête de Mr. Smith, encore et toujours plongé jusqu’à la moelle dans ses affaires. Certes, l’homme n’avait jamais été trop bavard, mais là, ça commençait à frôler le vœu de silence.
 
*C’est vrai que ça laisse du temps pour penser…mais de tant faire, vais fondre mes cellules grises, moi !*

 N’empêche que tout allait bien.  Beth continuait de pousser comme un  gentil champignon, chaque jour plus alerte, souriante, son petit babil prenait corps, un peu plus et ça faisait conversation.
 
Oui, ma puce…parle vite…Papa, il est pas disert…alors on pourra papoter toutes les deux, oui !, c’est beau, l’espoir.
 
Entre ceci et cela, Meg poursuivait son brouillon de roman, en s’occupant de la bonne marche de son chez soi. Certainement pas la meilleure ménagère du monde mais elle savait bien déléguer. Sauf que parfois, les ordres corrects tombent en ouïes sourdes.
 
Mais voyons,  Patsy…c’est pas si malin que ça…on relève les choses…et on enlève la poussière…voyons…comme ça…, sauf que là, elle ne l’avait pas touché le vase et celui-ci lévitait gentiment, oups…, et plof !
 
La bonne fit mine de n’avoir rien vu et fila bon train. Meg, elle, souffla un bon coup sûre de ce qui s’était passé : le vase avait lévité.
 
JOHN !!!!
 
Pauvre homme ! Quitte à croire que sa maison brûlait de fond en comble, il fut là en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.
 
Pardonne-moi, mon chéri…mais là…suis abasourdie…j’ai pointé le vase du doigt et…il a lévité, je te le jure !!!...puis il est tombé et voilà…
 
Il n’y avait vraiment pas de quoi en faire un plat, du moins c’est ce qu’il laissa entendre.
 
Je comprends ! Tu t’es énervée sur la bonne et un vase est tombé tout seul, du moins tu le penses … Il était peut-être en déséquilibre ou…

 Ben non…il était bien à sa place…il a LÉ-VI-TÉ…je l’ai vu…John, la maison est ensorcelée !
 
Tiens, l’idée sembla l’accommoder parfaitement.  Il passa deux heures à lancer des contre sortilèges aux murs.
Or le lendemain, alors qu’elle changeait Beth ce fut le pot de talc qui entreprit une périlleuse migration.
 
John, tu crois que notre petite est capable de… ?, chez les sorciers on ne sait jamais.
 
Mais non, impossible. Pas à six mois, quand même. Pas question de faire passer des tests  au petit ange. À point de se sentir coupable de Dieu sait quoi, Meg  haussa un sourcil quand son mari lui demanda de s’asseoir.
 
*Ça y est…il va me larguer un truc impossible sur quelque hérédité sombre…ou m’envoyer chez le psy !*
 
Je ne pense pas du tout que tu sois folle ou aies des hallucinations…
 
Déjà ça, souffla t’elle soulagée, parce que là…il y a eu plein d’autres trucs bizarres que…
 
Ce n’était pas une liste extraordinairement longue mais quand même…trois trucs bizarres de suite…c’est quand même trois trucs bizarres de trop !
Et puis…la révélation. L’aveu.
 
Tu n’as pas… rêvé… Je m’en doute depuis ton accident, Asimov l’a confirmé : tu es maintenant… sorcière !

Il y a des vérités dans la vie qui vous laissent sans paroles. Celle-ci fut une d’elles. Sans doute, une de très peu capables de tel exploit chez Megan Reese alias Katherine Smith.
 
Bien sûr, ne s’agissant pas d’un choc majeur, causé par un coup brutal sur la tête ou accident nucléaire, Madame retrouva l’usage de la parole après un laps absurdement court, sans trop laisser le temps à son mari de puiser le courage, la force, l’endurance et toute autre vertu du genre, pour subir l’assaut suivant.
 
QUOI !?...JE SUIS SORCIÈRE !?...WOW !!! VRAI ? GÉNIAL …C’est merveilleux…unique…fantastique…je veux une baguette. Là, de suite…Comment que non ?...C’est confirmé…tu l’as dit…<oh, mon amour…c’est merveilleux…

Lui, n’avait pas l’air foncièrement ravi mais qu’à cela ne tienne, Meg elle, était absolument émerveillée, ce qui produisit un petit chaos domestique parce que compte tenu l’énergie dégagée par sa surprise et joie, certains objets crurent bon se mêler à sa danse endiablée. Il fallut que Monsieur tempère l’élan  général, calme sa femme et rattrape la plupart d’artefacts baladeurs afin d’éviter la casse.

Nuit de délire, dans tous les sens.  À croire qu’investie de magie, la vitalité montait d’un cran…ou deux ! Il fallut d’un gentil sortilège apaisant pour l’endormir en toute paix jusqu’au lendemain, quand au réveil, Monsieur avait déjà pris la clé des champs.

Vais aller loin comme ça…ça lui a fichu un drôle de coup …m’est avis qu’il me faut de l’aide !

Bien sûr, on n’a pas des amis pour rien. Pour sa chance, les Davenport étaient de retour. Sam ne serait pas de grande aide vu qu’elle était à point d’accoucher ou presque. Justin, le pauvre n’avait pas la tête à ça. Angel était Merlin sait où avec son ex-duc de mari. Meg avait un peu peur de Michael et Alix alors elle laissa tomber de ce côté-là. Max et Ysaline semblaient avoir d’autres chats à fouetter…restait Opal, parce qu’avec Erik impossible de compter.

Mrs. Nielsen était sans doute la sorcière moins sorcière du coin mais ne manquait pas d’entrain.  Une fois le S.O.S lancé, l’affaire était dans le sac. Opal délaissa, avec un certain soulagement ou un soulagement certain  la garde de ses jumeaux très actifs, aux nounous et vola au secours de son amie en détresse. La suite fut un poème.

Mr. Ollivander gardait des souvenirs houleux de la première et unique visite, inoubliable de la lors Opal McLane chez lui et fut près de faire une crise de nerfs en la voyant apparaître avec un cas spécial. Il n’eut pas tort, le brave homme, Meg ne fut pas une cliente facile et lui trouver une baguette à sa mesure demanda doigté, patience et un haut sens de survie. La Boutique resta dans un état lamentable, le vieil homme songeant à la retraite et Meg, instituée en danger national, mais pas moins satisfaite pour autant. Sa mission accomplie Opal alla retrouver sa famille et son resto, laissant la nouvelle sorcière se débrouiller avec son art.

Partie de plaisir ?...Cela dépend du point de vue ! Meg avait aidé John à retrouver sa propre magie, ce qui signifiait qu’en théorie, elle en savait pas mal, mais, évidemment en magie…entre théorie et pratique il y a un abîme…de dégâts et autres menues catastrophes.

Justin, cher homme, lui sauva la mise à deux reprises et lui apprit les bontés du Reparo et Aguamenti, tes utile quand on veut mettre de l’ordre dans la pagaille et éviter l’incendie de la maison.

*Misère…je n’y arriverai pas toute seule…sans la bonne prononciation…je fous la pagaille partout…*
 
Triste réalité, encore plus quand le seul qui semblait enclin à l’aider eut une crise cardiaque au baptême de sa fille. Meg s’en voulait à mort, peu avant n’avait-elle pas demandé l’aide de Justin, le forçant peut être à des efforts dont il se serait bien passé ? Heureusement pour tous, le cher homme fut quitte pour une drôle de trouille mais fut mis au repos avec interdiction de faire autre chose que respirer et embrasser sa femme et enfant.

*Super…suis fine, sorcière sans instructeur…*
 
John n’avait, jusque-là manifesté le moindre intérêt, à croire qu’il espérait, cher homme, que sa magie disparaisse aussi brusquement qu’elle n’était apparue.
Ce soir-là, elle mit un soin particulier à sa mise et à l’ambiance, en priant le ciel et Merlin (ben oui, fallait s’y faire !) pour que son cher et tendre soit d’humeur moins taciturne que d’habitude. Bingo ! Sa journée avait été parfaite. Ses actions à la Bourse étaient à la hausse, ses investissements allaient bon train, le Centre marchait très bien. Il était relax et heureux, en plus que Beth fut tout risettes et  baragouina quelque chose de très ressemblant à : Papa…de quoi combler l’esprit le plus rude.
 
Mon chéri, c’était après le dessert, (très réussi), tu ne crois pas que le moment est venu de parler sérieusement de mon…euh…petit problème ?...Comment que de quel problème ?...John, le fait que je sois sorcière est prouvé…je le suis !!!...tu veux un aperçu !?
 
Faut dire qu’elle s’était entraînée, entre livres et bons conseils, ceux d’Opal entre autres, sa petite démonstration fut plutôt réussie. La valse d’objets dans le salon, les petits oiseaux jaunes voltigeant sur la tête de son mari, la métamorphose d’une petite lampe en chat (qu’elle ne sut pas rattraper !) et autre aménités du genre convainquirent Chéri.

Et ça ne va pas remettre comme un rhume…je t’ai aidé à retrouver tes pouvoirs…à toi de m’aider à bien canaliser les miens…c’est juste, non ?...Je veux être une sorcière à part entière…pas une faible imitation, genre cracmol surdoué…Oui, je peux déjà me rendre sur le Chemin de Traverse…Dieu merci, j’ai encore des amis qui me filent un coup de main…Allez, je prétends pas faire la concurrence à Merlin…mais attaque et défense me tentent…pourquoi ?...Tu vois dans quel monde on vit ?...Combien de misères on pourrait éviter ?
 
C’était juste là que se corsait l’affaire.  Long discours…ce qu’il faut, ce qu’il ne faut pas, ce que les autres ne doivent jamais savoir, ce qu’on en doit jamais faire…ni dire, ni penser…
 
Si on commençait par ce que je peux…ce serait déjà un début, non ?
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Re: Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Dim Sep 07 2014, 18:15

Certains soirs, en isolement, John pleurait. Il avait beau avoir recréé une famille pour laquelle il donnerait sa vie sans hésiter, le souvenir lointain de l’autre, ce qu’on lui avait fait, le rongeait souvent. Il avait pris son temps avec Megan, même si la tentation de tourner une page plus tôt avait été forte.  Il voulait être sûr de lui, sûr… d’elle. Chose faite, Beth était née. Tout baignait plus ou moins bien si l’on décomptait les soucis de finance.  Pas qu’il soit ruiné mais pas question d’entamer le pactole réservé à sa famille.  Le centre organisé devenait hélas une pieuvre vorace qui pompait beaucoup. En parler, lui ? Ah, non !  Geindre dans le giron d’autrui, très peu pour lui.  
La tuile du siècle, celle à laquelle il ne s’attendait pas et que personne n’aurait pu prévoir, se produisit à l’accident de Megan contre une moto. Lui qui avait épousé très sciemment une moldue se retrouvait avec une apprentie sorcière à gérer.  S’il lui tut la vérité, ce n’était pas par lâcheté ou peut-être un peu ? Il avait tant d’autres trucs sur le feu. Réunir des fonds pour maintenir à flot son centre était prioritaire.  
Comme il s’y était attendu, son épouse débordait d’enthousiasme. Elle voulait tout, tout de suite !  Il s’en voulut, fréquemment, de ne pas réussir à trouver un créneau pour satisfaire ses envies d’écolage. Il lançait des invitations partout pour concrétiser son projet, son grand projet…  Ça prenait temps, concentration, énergie. Entre-temps, il eut l’impression de jouer… les putes.  
Sous couvert de polynectar, il osa faire des trucs de ouf dont un : se produire en public.  Il avait contacté une agence de placement… cherchant quelqu’un susceptible de promouvoir ses talents d’ « illusionniste ».
Ed Sleeper n’était pas aussi endormi que le laissait supposer son nom. Petit rondouillard bien en chair, il avait l’esprit vif. Recruteur de talents, il était, certes, assez dégoûté face aux nullités qu’on lui soumettait tous les jours au théâtre. Cette fois, il lui fallait dénicher LE magicien !  Il avait déjà révoqué une dizaine de candidats et en avait franchement ras-le-bol des tours de cartes archi connus, des apparitions et disparitions bidons et autres mascarades mal exécutées par des gars infantiles.
 
SUIVANT ! beugla-t-il.
 
John attendait depuis près de deux heures son audition en se demandant toujours ce qu’il foutait là. Qu’avait-il espéré ? Être le seul à se présenter ?  Il avait vu beaucoup d’hommes et femmes entrer et… sortir tête basse, voire en pleurs.  Il y en avait encore trois devant lui, cinq derrière.  
Le « suivant » appelé avait l’arrogance d’un coq de combat. John l’avait observé s’entraîner, et – il faut l’avouer – avait enregistré ses « méthodes ».  Ah, il fallait des colombes planquées dans les manches, de même qu’une foule de cartes et foulards ?

Rentrez chez vous, rigola ce «magnifico » en quittant son siège, bande de minables !
 
Sans cette pique, peut-être que John aurait suivi le mouvement des désabusés qui désertèrent un à un aux premiers applaudissements perçus.  
 
Bravo, bravissimo ! Vous êtes le premier à m’émouvoir signore Magnifico ! Mais vous comprendrez, que je doive encore recevoir les « autres » *idiots*

Appelez, il n’y a plus personne. Ils ont reconnu leur maître…

Suis encore là, moi !  
 
Magnifico, de son vrai nom Jean Petit, tira la gueule et se terra dans un coin.

Ah… Mr… désolé vous n’avez aucun nom de scène ?
 
Tiens, il n’avait pas pensé à ça !

Mr... Myster, ça vous va ?
 
Et John sous l’apparence d’un quinquagénaire débonnaire barbu croisa les bras.
On s’interrogea. Que fabriquait ce gars à rester planté là ?
 
Allez, allez, montrez-nous quelque chose, un truc, n’importe quoi, on n’a pas que ça à faire ! s’énerva Sleeper.  
 
Que voulez-vous ? demanda le candidat. Que je lise vos pensées, arrête le temps, fasse flamber le rideau ?

OUIIII ! Bonne idée le rideau !
 
Et va pour un incendio !
 
Mais, mais… !!! Au feu !!!
 
Marrant, el Magnifico avait détalé. John souffla, le feu s’éteignit. Un discret reparo arrangea le pauvre rideau. Sleeper était soufflé aussi. Néanmoins… :
 
Euh… vous n’avez rien… d’autre ?
 
Sleeper se retrouva entouré de canaris et avec un bouquet d’orchidées en main.

Ça suffira, oui ou non ?
 
Je… je crois oui mais... Seigneur, qu’est-ce que vous nous faites, là ?

John ne faisait rien du tout, c’était juste le polynectar qui cessait son action.
 
*Eh Merde !*

Il se retrouva sous ses vrais traits, l’air fâché. L’autre était ravi.  
 
Vous devez signer, je vous veux ! cria Sleeper éberlué.
 
Jamais de sa vie, Ed n’avait vu un truc pareil. Il brandit un contrat en grimpant sur scène, prêt à tripler le montant des honoraires au besoin.
John lut le moindre détail, rectifia, exigea et obtint tout. Salaire de base énorme assuré, avec pourcentage sur les recettes, au moins ça.…
Il avait refusé de s’engager pour plus de six mois et ne presterait, en principe, que deux soirs par semaine mais son patron réclamait un peu de tralala. Selon lui, ce gars-là était doué, pas à dire ! Seulement, il l’avait aucun sens du décorum, du spectacle en général. Il ne souriait pas, ne pipait pas un mot sur scène. On devait absolument améliorer tout ça avant la première. 
L’instruction commença aussitôt pour la mise au point du « numéro ».  

Que savez-vous faire, au juste ? demanda Sleeper après lui avoir fait passer dix tenues pour décider finalement qu’aucun déguisement ne conviendrait à ce drôle de bonhomme.
 
À peu près tout ce que vous voulez.

Bien, bien, nous avons affaire à quelqu’un de supérieur mais modeste, c’est ça ?
 
Pas du tout.
 
Bon Dieu ce gars n’avait aucun sens de l’humour, ni de la répartie. Ed transpira d’avance. En tout cas le smoking lui allait à merveille, à celui-là.
 
Mais où sont vos accessoires ?
 
Quels accessoires ? Les cartes, colombes, foulards ?
 
Il en vola dans tous les coins, laissant Sleeper pantois, tellement ahuri qu’il vit enfin un petit sourire s’étirer des lèvres minces de son magicien.
 
Vous devriez faire ça plus souvent !
 
L’un parlait du sourire, l’autre crut à la démonstration.

STOOOP ! hurla Sleeper sous l’avalanche de volatiles et autres calamités qui lui tombèrent dessus.
 
Décidément, ils avaient du pain sur la planche pour mettre au point ce fichu numéro.  
Après trois heures de dur labeur, John rentra enfin chez lui, crevé mais pas autant que son patron qui dut s’aliter en urgence.     
Ses chéries avaient eu une bonne journée. Quitte à passer pour le dernier des indifférents, John fit ce qu’il faisait le mieux : se taire.
Exercer la magie sous le nez les moldus sans qu’ils en devinent la provenance demanda énormément d’astuces. La salle était bondée, Ed s’épongeait le front :
 
Nerveux ? demanda-t-il à son poulain.
 
Moi ? Pourquoi ?  
 
Décidément, ce type aurait dû se surnommer Iceman !  
Derrière le rideau, Sleeper se rongea les ongles mais les salves d’applaudissements de plus en plus enthousiastes élargirent son sourire.  La pub ne vantait que les mérites de Mr. Myster avec une silhouette en smoking et haut-de-forme sur un visage grisé. Aucune vidéo, photo n’était autorisées en salle et la surveillance était stricte. La transformation finale eut lieu pile à la minute prévue, déclenchant stupéfaction et exaltation. John sourit, salua d’un coup de tête puis déserta les lieux.
Cachet empoché, il s’évapora tout bonnement. Réglé mieux qu’une montre suisse, il arrivait à l’heure et repartait sans échanger aucun commentaire ni avec l’un, ni avec l’autre. Ed eut beau creuser le Net pour connaître les antécédents de ce prodige, il resta sur sa faim.
De recette en recette, John parvint à renflouer son centre.  Dégoûté de se prostituer de la sorte, il demeurait sourd aux appels à l’aide de sa femme qui ne pensait qu’à améliorer sa propre magie.  
Ah… Une petite princesse était née chez les Davenport. On alla féliciter les parents, « rigola » un peu, et approuva la date du baptême.
Ed se frottait les mains. Bon Dieu, son poulain était un pur-sang ! Fallait absolument augmenter le rythme des prestations. Imperturbable, John répondit :
 
Non
 
De quoi faire pleurer dans son coin son patron.  
Il assista au baptême de la délicieuse Victoria, un moment appelée Satch, allez savoir pourquoi.
On paniqua un bon coup à la fin de la cérémonie car Justin fit un infarctus foudroyant.  Veine d’être sorciers, de disposer de pouvoirs, mais contre la mort…  
Ouf, Davenport s’en sortirait et Merde, il était en retard sur scène. Le temps d’avaler du polynectar, il y transplana direct. Jamais Ed Sleeper n’aurait pu rêver d’une telle entrée. Lui qui se faisait déjà un sang d’encre en resta aussi épaté que toute l’assemblée.  
Il reçut un bonus supplémentaire et accepta de « jouer » un soir de plus en semaine.  Son contrat s’achevait et il était hors de question de prolonger ce cirque.  Le centre avait le vent en poupe grâce aux conseils judicieux des uns et des autres plus ses apports personnels donc…
Megan n’avait pas l’air heureux quand il rentra embrasser ses filles. Beth, petit cœur plein de gazouillis charmeurs autant que charmants, le dérida complètement. Tiens, pour une fois un dîner presque parfait. Qu’est-ce que ça cachait ?  Ça ne rata pas juste après le dessert :
 
… Quel problème ?
 
John, le fait que je sois sorcière est prouvé…je le suis !!!...tu veux un aperçu !?
 
Manquait que ça ! Notez qu’elle s’était bien entraînée et que les objets déplacés furent remis en place sans casse.
          
…Dieu merci, j’ai encore des amis qui me filent un coup de main…
 
Vlan, dans les gencives ! Dire ça et lui reprocher de ne rien faire, pareil au même.  
 
...Tu vois dans quel monde on vit ?...Combien de misères on pourrait éviter ?
 
Ben voyons ! il inspira et expira un bon coup, prêt à exploser puis lui prit les mains :

Chère, adorable petite sorcière bienaimée, les sorciers ont des contrats à respecter. Il nous est formellement interdit d’intervenir directement chez les moldus ! Tu veux te retrouvez à Azkaban ? Sais-tu seulement ce qu’est un détraqueur ? On peut faire des trucs mais surtout pas n’importe quoi comme de lancer des avada à ceux qui nous dérangent ou modifier des attaques nucléaires. Tu as raison sur certains points mais la magie ne peut s'exercer librement, qu’on le veuille ou pas. Penses-tu que si on avait le choix, on ne prendrait pas le pouvoir ? On lutte contre ça depuis des siècles ! 

Si on commençait par ce que je peux…ce serait déjà un début, non ?
 
Elle était désarmante… Ce soir-là, il lui enseigna l’expelliarmus.
De soir en soir, Mrs. Smith apprit Repulso, accio, jambencoton, etc. Douée, Meg progressait. Il n’avait somme toute que geste et prononciation à corriger.  C’était marrant finalement et, la voir ravie l’enchantait…

N’oublie pas qu’il faut sept ans pour former réellement un bon sorcier. Aussi, ne brûle pas les étapes. Demain, on transplane…
 
Pourquoi avait-elle acheté ces deux billets qu’elle lui brandit sous le nez, excitée :
 
… ah ? Le fabuleux Mr. Myster… un charlatan, comme beaucoup ! Tu serais déçue mon amour…    
 
Merde, merde, merde ! Et elle y tenait, la pauvre ignorante.  
 
… C’est pas nécessaire d’y aller… oui, ok, si tu veux mais… j’ai invité ce gars au gala de charité dont je t’ai parlé…
 
Ah ? Il n’avait parlé de rien ?  
 
… Mais si ! J’y ai convié tous nos amis aussi… ben, la semaine prochaine…
 
Quoiqu’il dise ou fasse, il fut quasi traîné jusqu’au théâtre.  
Elle était survoltée, lui mortifié.  Un grododo ? Il y songea mais n’osa pas.  
La salle hyper bondée s’impatientait. John crut avoir les fesses en feu tant il s’énervait.
 
Eh oui, dit Sleeper en nage au micro, les vedettes se font toujours attendre. Ce soir sera son dernier sur cette scène. Je vous promets de le convaincre de revenir… ou du moins d’essayer…
 
Tu vois, c’est bidon ! Ce gars n’a aucun respect du public ! Reste si tu veux, je fous le camp.
 
Un instant là, l’autre sur scène.
Écran de fumée, il apparut. Les tours s’enchaînèrent, assemblée captivée.   
Comment rattraper le coup ? Jusqu’ici, Meg marchait à fond dans l’illusion, émerveillée comme les autres. Mais le final approchait. Pour une fois, l’unique de toutes ces représentations, il ouvrit la bouche :

Pour cet ultime tour, je vais avoir besoin d’une assistante : VOUS !
 
Et avant, qu’elle ne puisse réagir, Meg fut désignée.
Robotisée par le sort d’influence, elle descendit des marches, en monta, sous les applaudissements d’encouragement.  
 
Meg, je t’aime, je t’expliquerai tout, joue le jeu je t’en conjure, lui souffla-t-il à l’oreille.
 
Ses yeux lançaient des éclairs peu engageants.

Est-ce que nous nous connaissons, Miss… ?
 
La négation fut très sincère. Dans le fond, elle ignorait tout de ce pantin barbu sur les planches.
Il la fit léviter à un mètre du sol puis la reposa en douceur.

Maintenant, Miss veuillez ôter mon masque, s’il vous plait…
 
Il reçut la baffe retentissante attendue, et redevint lui-même après quelques contorsions. Rideau.  
Ovation délirante, rappel ? Il s’en foutait. Dès l’obscurité, il empoigna Meg et transplana dans le parc voisin.
Oh la belle engueulade ! Furieuse, déchaînée, elle lui en sortit des vertes et pas mures. Il le méritait et le savait.  Il laissa l’orage passer, sans s’énerver.  

Tu veux que j’en place une ou pas ?... Tu me connais, non ? Crois-tu sincèrement que j’aime faire ça ? … oui, je t’ai fait un discours sur l’éthique mais tu avoueras que je ne l’ai transgressée en rien !... j’avais un besoin urgent de fonds pour soutenir le centre et ne voulais pas toucher à un cent de la part réservée aux miens, ni déranger qui que ce soit. J’ai détesté chacune des minutes passées sur les planches. Bravos, admirateurs, m’en tape !  Le chèque tombait, c’était suffisant… oui, Mr. Myster fera une dernière apparition au gala prévu et… (air piteux) s’il pouvait bénéficier d’une charmante assistante, ce serait mieux, non ?  
 
Plus que probable et très compréhensible qu’elle lui tape dessus.  Bon, elle ne le transforma pas en crapaud, sans doute par crainte de ne pas savoir lui rendre sa forme, déjà qu’on cherchait encore le chat-lampe. Dans le fond, ce n’était pas si mal de l’ouvrir un peu.  
Ensemble, ils préparèrent les prochaines festivités non sans oublier l’écolage de Madame.

Répète après moi avec souplesse du poignet : Speero Pat-troo num !  
 
Filet de fumée, déception.
 
Allez, plus souple le poignet ! Pense au truc le plus heureux de ta vie en prononçant la formule… euh, moi ? Je pense à toi à chaque fois mais si tu préfères la confiture de framboise, ça marche aussi…
 
Lorsque la forme argentée se précisa, Megan en pleura presque de joie. Il n’osa pas lui demander à quoi elle avait pensé.  
 
Belle assemblée gratinée.
Le « Sense » et le « chez McLane » fournissaient le buffet.
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Re: Qui veut la peau de...

Message par Megan Reese le Mer Oct 01 2014, 19:30

Pourquoi avait-elle parfois l’impression que quelque chose ne tournait pas rond ? Megan avait beau se faire des idées, avoir des sensations, ça ne l’avançait pas plus, d’autant que son cher mari s’obstinait à jouer les carpes.  Il allait, venait, se taisait, et pas qu’une fois, elle surprit son expression lointaine, sombre, celle d’un homme accablé mais bien sûr, sitôt conscient d’être observé, tout changeait et alors il pouvait se montrer adorable, enjoué, le parfait mari et père aimant.
 
*Mais que diable le tracasse donc tant ?*
 
Sans explications de son sphinx de mari, Megan devait se remettre à son intuition mais même celle-ci lui jouait des mauvais tours face à tant de  secret hermétisme.
Au moins dut il reconnaître qu’elle n’était pas la dernière des cruches à l’heure d’assimiler les enseignements qu’il tint, enfin, à lui prodiguer pour maitriser la magie.
 
N’oublie pas qu’il faut sept ans pour former réellement un bon sorcier. Aussi, ne brûle pas les étapes. Demain, on transplane…

Je ne vais pas passer sept ans, ça peux le croire !, informa t’elle un dernier sortilège réussi.
 
Le transplanage était une autre paire de manches mais Meg ne se laissait pas décourager facilement, quoique pour une fois elle préféra miser sur la patience pour gagner en assurance, surtout que si ça ne marchait pas comme voulu il y avait risque de désartibulation et en faire l’expérience ne la tentait guère.
 
Et puis vint l’absurde affaire de Mr. Myster. Tout le monde, ou presque, chez les moldus en parlait de ce phénomène de théâtre capable d’accomplir les tours les plus inimaginables et tenir l’assistance émerveillée avec ses moindres faits et gestes.
 
Je veux aller le voir…j’ai deux billets !
 
John, lui, ne sembla pas du tout emballé avec l’idée. En fait il essaya par tous les moyens de la faire désister de se rendre au spectacle.
 
C’est pas nécessaire d’y aller… oui, ok, si tu veux mais… j’ai invité ce gars au gala de charité dont je t’ai parlé…
 
Gala de charité ?...Excuse-moi, mon chéri, mais c’est la première fois que je t’en entends parler…
 
Il eut beau insister sur le contraire, Meg soutint mordicus sa position  mais arrêta de discuter en se rendant compte que son chéri avait décidément la tête ailleurs, ce qui ne lui épargna pas la corvée de l’accompagner voir le magicien à l’œuvre. Salle archi-comble, public impatient et point de Mr. Myster sur scène. Pourtant d’après les infos glanées çà et là sur l’individu, il était toujours absolument ponctuel. Coup d’œil de biais sur son mari dont l’énervement était de plus en plus perceptible.
 
*Il n’est pas du genre à s’énerver pour des broutilles…encore moins pour ça…à moins que...Allez, sois pas sotte que va faire John en…*

Tu vois, c’est bidon ! Ce gars n’a aucun respect du public ! Reste si tu veux, je fous le camp.
 
*Ben voyons…*
 
Qu’à l’instant suivant cette défection le tel Myster soit sur scène  mit en rapide mouvement ses petites cellules grises. Le show était parfait, rien à dire là-dessus. L’illusion sublime, pour tous les moldus là réunis !
 
*Jolie façon de s’y prendre…*
 
La suite échappa à son entendement. Elle se dirigeait vers la scène, on applaudissait.
 
Meg, je t’aime, je t’expliquerai tout, joue le jeu je t’en conjure, lui souffla-t-il à l’oreille.
 
*Tu perds rien pour attendre…*
 
Et pour jouer, elle joua, suivant sa demande. La gifle finale lui produisit une énorme satisfaction. Le public était au paroxysme de l’émotion. Quelle ovation !
 
*Pauvres idiots !*
 
Le transplanage ne la surprit pas, pas plus que se retrouver dans un parc désert.
 
Mais bravo…bravissimo ! Monsieur s’emmerde donc tellement qu’il monte sur les planches maintenant !?...Tu sais, John Smith, je commence à en avoir un peu marre de tes silences, tes secrets…, elle hurla tout ce qui lui passa par la tête, raison ou pas. Elle était furieuse, vexée, dépassée et bien sûr lui, demeurait d’un calme aplatissant, de quoi la faire enrager un peu plus.
 
Tu veux que j’en place une ou pas ?
 
Encore une de tes salades…j’en ai ras le bol…
 
Tu me connais, non ? Crois-tu sincèrement que j’aime faire ça ?
 
Là, elle le dévisagea, décomposée.
 
Te connaître ? Ben je pensais le faire, oui…mais me retrouve avec …avec ÇA!,  s’en suivit un émouvant discours qui aurait dû la calmer mais Meg avait encore envie de crier et lui  taper dessus, tu veux me faire pleurer ?...Monsieur ne voulait pas toucher à un cent des revenus familiaux ?...Tu veux que je rigole, John Smith ?...Quel esprit buté, le tien…Monsieur avait besoin d’un chèque…À croire que tu penses toujours comme un SDF…Oui, je suis enragée…c’est…humiliant…et puis, tu sais, j’en ai marre…tu veux la mener tout seul, la barque et bien débrouille toi…
 
Pas à dire, il avait de la suite dans ses idées.
 
Mr. Myster fera une dernière apparition au gala prévu et… (air piteux) s’il pouvait bénéficier d’une charmante assistante, ce serait mieux, non ?
 
Meg  prit une profonde inspiration avant de lever sur lui un regard étincelant.  
 
Ben non…compte pas sur moi, désolée…tu fais cavalier seul et bien vas-y…tu en es très capable…Tu sais, John Smith…je déteste qu’on se foute de moi et il faut dire que tu sais t’y prendre de maitresse façon…Tout ce temps…que des mensonges… On avait confiance l’un en l’autre, tu t’en souviens !? Qu’est ce qui s’est passé avec toi ?...Je ne suis plus bonne à partager tes angoisses ? …C’est comme ça que ça devenait se passer…pour le meilleur et pour le pire !...Et puis, j’en ai marre de discuter avec toi…veux rentrer !

Elle le laissa la ramener mais n’était pas moins rassérénée pour autant, préférant monter directement voir la petite Beth. Le lendemain, elle semblait plus tranquille et fit comme si rien. John, ô surprise, crut bon la mettre au parfum des préparatifs du fameux gala et demanda son avis.
 
Tu ne manques pas de toupet, toi…Oui, suis encore fâchée…mais ça passera… *ou pas !*
 
Son écolage se poursuivait néanmoins de manière très satisfaisante. Produire un Patronus n’était pas aussi facile que supposé. Penser à un moment heureux, faire le bon mouvement, avoir la bonne intonation.  Le filet de lumière argentée prit enfin forme : un furet.
 
Wow…l’image de mon esprit est…un furet…Euh, non ! Il est très mimi…ah, le tien est un carcajou…et ils sont de la même famille…ma foi, si tu le dis…mais quand même…eh non, pas à la confiture de framboise…à moins que tu te considères comme tel !

La réception était un franc succès. Mr. Myster était une des attractions. Mi-figue, mi-raisin, Meg consentit à jouer les assistantes du mage coqueluche du moment mais apporta un petit changement de dernière minute au show, à l’instant où le mage finissait son acte, elle prononça une formule farfelue et Mr.Myster  disparut de la scène sous le regard abasourdi de l’assistance qui applaudit à tout rompre en réclamant sa réapparition.
 
Oups… ça…sais pas comment faire !
 
Éclat de rire général. L’ambiance était à la parfaite bonne humeur, ce qui joint à la perfection du service et la magnificence des buffets, exacerbait la générosité de tout ce beau monde.  Leurs amis n’avaient pas manqué au rendez-vous. Même  les Davenport furent présents et le but de la soirée fut largement atteint.
Quand Samantha avait fait part à ses amies de ses ennuis avec sa mère toutes avaient pensé que cela finirait par se tasser dès que la vélane trouverait mieux à faire mais apparemment ce n’était pas près de se passer. Quelques jours après le gala, l’isatis de Lady Davenport se présenta avec un appel au secours. Sans donner trop d’explications, Megan parla d’un problème de filles et transplana chez les Davenport, s’émerveillant, comme à chaque coup d’y arriver d’une pièce.  Rencontrée sur le pas de la porte Opal la félicita chaleureusement de ses progrès.
 
Tu as idée de ce qui se passe ?...Non, moi non plus…mais Sam semblait agitée…
 
Et elle avait plus que raison de l’être. Dès qu’Alix et Ysaline furent présentes, la blonde lady parla :
 
Désolée de vous déranger à cette heure mais…Pandora est revenue…je l’ai fichue à la porte et…la guerre est déclarée !...Elle n’aura cesse jusqu’à avoir Vic…
 
*Elle est folle, cette femme !* Comment pouvons-nous aider, Sam ?
 
L’affaire n’était pas si simple que ça. Pandora Newcomb n’était pas un adversaire facile à cerner et encore moins à circonvenir. Elle ne voulait qu’une chose : l’enfant de sa fille et n’aurait cesse jusqu’à l’obtenir.
 
Monstrueux et inimaginable…jamais on ne permettra une chose pareille…*Faut encore savoir comment s’y prendre !*
 
Leurs réunions tenues sécrètes finirent tout de même par éveiller l’attention de leurs maris qui tout adorables qu’ils pouvaient être n’étaient pas moins perspicaces et rapides aux conclusions.
 
Ben oui, on aide Sam…que voulais-tu ?...C’est mon amie…notre amies à nous toutes…une histoire de femmes, John…vous ne pourriez pas nous laisser débrouiller ça à  notre façon ?

Apparemment ces messieurs se croyaient indispensables.  Merveilleux chéris, s’ils avaient su de quoi étaient capables ces épouses décidées ! Megan avait été mise au parfum pour Brahms et déplorait chaque jour de ne pas avoir pu être de la partie mais en ce moment-là, ses pouvoirs ne s’étaient pas encore manifestés.
 
Qu’est-ce que tu crois, John ?...Si une menace pareille pesait sur ma fille, je n’hésiterais pas à tuer…Non, mon chéri, ça ne me poserait pas le moindre problème…j’ai déjà eu à me défendre dans le passé et crois-moi, ma conscience ne s’en porte pas plus mal…
 
À bon entendeur…
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Re: Qui veut la peau de...

Message par John Smith le Ven Oct 17 2014, 16:58

La dernière chose que John souhaitait était de fâcher la femme qu’il aimait. Oui, il était secret, cela devait être ancré en lui, et il ne savait pas se défaire de cette habitude. Heureusement, la rancœur de son épouse ne dura pas, si bien que l’assistante de Mr. Myster en fit rigoler plus d’un au gala de charité qui récolta bien de fonds, mais pas qu’eux…  

Gloria Swan portait bien son nom. Fière, détachée de tout pour ne pas dire blasée, elle consacrait son temps libre à la découverte de talents. Cracmol de naissance, elle n’avait de cesse que de frayer avec de vrais sorciers et, à moins qu’elle se goure complètement – ce que son flair ne tolérait pas – ce magicien d’exception en était un. Il était… trop parfait, surtout trop discret pour être innocent…  
Antennes déployées, elle creusa le « sujet », sans résultat.
Remuer Ciel et Terre ne dérangeait pas la pulpeuse blonde mais, quoiqu’elle fasse, elle se heurta à un mur : celui du silence.  

*Étrange… Impossible… sauf si…*

De suppositions en affabulations allant du complot à la protection à témoins, Gloria était tout émoustillée. Un tilt se produisit lors de la dernière prestation de Mr. Myster. Même grimée, elle l’aurait reconnue n’importe où cette Megan Reese. Cette belle journaliste prometteuse avait disparu mystérieusement peu après un banal article sur les sans-abris londoniens, et là, sur scène, elle paradait… Aucune photo ni vidéo des spectacles de Mr. Myster n’étaient autorisées en salle sauf que nul n’est incorruptible pour laisser passer un poudrier ou pseudo tel.
Gloria cassa ses magnifiques dents sur l’identification qui ne donna rien.

*Polynectar… le plus probable…*

Suivre Megan devint impératif et cela fonctionna quoique dérapa parfois.

*Reese est moldue !! C’est pas possible qu’elle transplane !*  

Un mouchard, très discret, fut appliqué dans une boutique où Mrs. Smith – ou soi-disant telle – faisait ses achats habituels. Ah ! Elle se rendait fréquemment chez les Davenport ou au « Sense », resto en vogue.  Puis, il y eut une photo, unique en son genre, celle des époux Smith en compagnie d’un bébé. Là, Miss Swan mit la gomme pour découvrir l’identité réelle du mari…

C’en était terminé des tours de passe-passe. Le gala avait été un succès et la générosité des joyeux donateurs plus que suffisante pour boucher les trous du budget alloué au centre de Smith. Tout baignait donc d’autant que la nouvelle aile médicale fonctionnait parfaitement grâce à l’organisation des Von Falkenberg. Quelque chose avait cloché chez ceux-là. Quoi ? John n’en savait rien, peut-être n’était-ce qu’une impression après tout.
J.O lui manquait. Où diable était-il passé avec sa folle de femme ? L’affaire avait été étouffée mais quand même ! Voler un bébé n’était pas très… normal quoique…  
Lorsqu’enfin les Westwood rentrèrent en Angleterre, la vie en général reprit son cours.  John était complètement fou de ses deux femmes, et ne regrettait rien de son passé tortueux désirant surtout l’effacer définitivement.
Seule petite ombre au tableau : les absences fréquentes de Megan. Il est vrai que depuis que certaines facultés s’étaient révélées chez Meg, John tremblait plus souvent. Pas qu’il n’ait pas confiance en elle, loin de là !  Mais sa charmante petite sorcière bienaimée ignorait encore beaucoup du domaine exploré, ce qui – en soi – était à la fois bon et… inquiétant.
Pas un instant, il n’imagina qu’elle puisse déserter leur home pour aller s’envoyer en l’air. Cependant, ayant eu vent des échos d’autres potes mariés soumis au même régime, il sut que quelque chose se tramait dans leur dos. Les détours artistiques n’étant pas son fort, il attaqua lors d’un retour de sa chérie :

Alors, comme ça, tu manigances un truc avec la femme de Justin et tes comparses ?

La franchise totale régnant, Megan répliqua en honnêteté :

Ben oui, on aide Sam…que voulais-tu ?...C’est mon amie…notre amie à nous toutes…  

Pourquoi nous exclure ? Nous sommes tous très solidaires ! Que se passe-t-il ? Dans quelle histoire vous impliquez-vous ?

…une histoire de femmes, John…vous ne pourriez pas nous laisser débrouiller ça à  notre façon ?  

On veut jouer aux vengeresses ? Je sais qu’un truc menace les Davenport…


La suite le laissa sur les rotules quand, sans fioritures, Meg lui annonça être prête à tuer au besoin.  
Défendre bec et ongles son poussin était on ne peut plus naturel. Que l’ensemble des mères partage des idées pareilles n’en demeurait pas moins sciant. Quoiqu’il doutât que sa chérie soit capable d’abattre quelqu’un de sang-froid, il ne fut pas question de la laisser s’embarquer là-dedans sans supervision. Aussi John participa activement aux réunions où tous complotèrent allègrement dans le même but : mort à la vélane traîtresse !
Comment s’y prendre pour saisir l’insaisissable ? D’abord, les messieurs eurent droit à une potion infecte destinée à les prémunir contre les charmes des « beautés » infernales dont une en particulier. Signalée en France, puis en Italie, à nouveau en France, les sorciers étaient assez déboussolés par la vanité de leurs efforts pour cerner la peste visée.
Ysaline conçut alors le seul plan valable pour attirer la garce honnie. Mais il fallait que Sam soit supposée seule, quasi veuve. Justin n’eut pas le temps de répliquer qu’Alix se chargea froidement de l’expédier dans les limbes. Un pseudo nouvel infarctus ? Qui n’y croirait pas ?
La femelle attendue arriva, comme prévu.
Qui visa le plus juste ? Pas lui en tout cas car il avait essentiellement veillé à détourner la baguette de Megan afin de lui éviter les affres du remords.

Depuis son bureau américain, Maureen Applewithe n’en gardait pas moins un œil sur étalon et poulain potentiel. Le cas Smith était très, mais alors très intéressant. Certes, le dossier complet était censuré en majeure partie, mais elle savait beaucoup.  Le fruit devait encore mûrir un peu avant d’être cueilli.  Seulement, malgré son flegme habituel, Mrs. Applewithe tomba des nues en voyant plusieurs récentes notices arriver sur sa table de travail :

*Hein ??? M***E !*

Des ordres fusèrent :

TOUT, je veux tout savoir sur Gloria Swan !


Le traqueur devint traqué…  

Inconscient de l’intérêt suscité, John baignait dans une douce euphorie, chose rare.  Oh, il lui avait bien fallu expliquer à son épouse pourquoi il l’avait sciemment empêchée de commettre un sort impardonnable mais tout était rentré dans l’ordre. Tout ? À d’autres !
Des réflexes, John en possédait, non des moindres. Au début, il crut narcissiquement à une banale curiosité, peut-être due à son physique avantageux, mais… Il y avait plus que cela, sa main au feu.  
Mine de rien, il vaqua à ses occupations traditionnelles non sans garder un œil derrière lui.  
Il tiqua fortement en constatant que non une mais deux factions épiaient ses faits et gestes.

*Cela n’a aucun sens !!*

Un soir, il aborda son frangin :

J.O je sais que je te demande beaucoup sur ce coup-là mais je dois savoir qui est en train d’éplucher ma vie…

Son demi-frère se serait coupé la main droite pour l’aider mais… avec la récente grossesse d’Angel…

Ok, pas grave.  

Les Davenport se remettaient douloureusement du choc de la mort brutale de la mère de Samantha. Les Nielsen ? Entre jumeaux et boulot, pas question de les emmerder.  Les Von Falkenberg ? John ignorait encore où le bât blessait mais ils recollaient des trucs. Les De Brent ? Euh… pas qu’il ne les appréciait pas mais il les redoutait un poil. Ne restait que Megan.
Cent fois, il tourna ses idées sur la manière d’aborder le sujet sans effrayer sa chère et tendre ; cent fois, il renonça.  
Et vint la fuite à l’hosto. Tôt ou tard, l’élixir d’Angel serait une cible. Mieux valait être paré à assumer les conséquences et posséder assez de matos pour faire face.  
Un pour tous, tous pour un ! Il aurait pu plier bagage avec femme et gosse, il l’avait déjà fait sauf que là… il devait beaucoup à cette fratrie illégitime…  

La forêt interdite…
Apparemment, Michael savait où il mettait les pieds ; pas eux.
Silence hautement recommandé, combinaison bizarre mais… sexy. Le cuir allait très bien à Megan. Alix n’était pas mal non plus dans cet accoutrement genre distille du film Dune. Un œil à Michael suffit à John pour éviter les embrouilles : regarder oui, toucher non.

*Comme si je n’avais pas le meilleur rôti du monde à la maison…*

Peur ? Contraire= mensonge. Pas pour lui la trouille ! Mais Megan et Elisabeth étaient tout ce qu’il visait.

*Eh merde !*

Megan s’était sans nul doute renseignée sur la forêt interdite. Entre connaissance livresque et réalité, il y a une large marge…  
Dans leur robe argentée sous la lune, les licornes sommeillaient. Beau, très beau spectacle… paisible, quasi irréel.  Fatalement, cette rencontre déclencha ce qu’il redoutait et bâillonner Meg fut impératif afin de lui éviter les foudres de Mrs De Brent :

… Chut, chut ! Je sais que c’est splendide mais faut pas le crier sur tous les toits… lui chuchota-t-il au creux de l’oreille.

On réussit à contourner le gentil troupeau sans créer de vagues.
Au fond de ses tripes, John ressentait la pression. Chasser des  vampires était une chose… Là, ils pouvaient tomber sur n’importe qui ou… quoi.  

Reste près de moi, s’il te plait, chuchota-t-il, inquiet.

Une cinquantaine de mètres plus loin, ils étaient bien une dizaine à les encadrer.  

Des sorciers idiots ! cracha l’un des centaures apparemment de mauvais poil (ou crin)  

Megan béait tellement que John hésita à lui retenir la mâchoire tombante. Pourtant, ce fut elle qui sauva la situation précaire en évoquant un reportage sur les us et coutumes des centaures depuis la grande guerre. Michael en rajouta une couche puis Firenze intervint.  
Royal dans sa robe blonde teintée d’argent, il rigola doucement :

Les humains ont tendance à nous prendre pour des idiots, des simples… chevaux à manipuler à leur guise ! Pourquoi mentir ? Vous désirez une chose en venant ici, laquelle ?

Alix tenta une échappatoire, Michael et lui lui saisirent une main chacun :

Nous désirons du sang de vampire, dit John plus sérieux qu’un nonce apostolique.

Ces quelques mots déclenchèrent une énorme hilarité chez les centaures.

En général, ce sont eux qui veulent de l’hémoglobine, piaffa Firenze. Décidément, vous êtes marrants vous quatre. Dans le fond, peu importent vos raisons, on en a signalé au Nord. Allez et revenez… si vous le pouvez…  Bonne chance…

Qu’allait-on encore croiser ? Des acromantulas, des géants, des trolls ?
Eux qui cherchaient furent trouvés.  Quatre baguettes dressées contre six canines pointues et baveuses, prêtes à l’action…  
Un dialogue s’engagea entre Michael et le « chef » de bande.

…On n’en a rien à foutre de vos motivations ! Nous sommes des exclus, des parias, et vous souhaiteriez que, volontairement, des buveurs de sang vous en accordent ?

Des rires énormes suivirent.  Alors John ouvrit le sac apporté…  
Un deal restait un deal. Le tout était de se mettre d’accord sur le prix à payer.

*Une poche de sang par tête de pipe, c’est pas si cher…*  

Marché conclu !! On respira beaucoup mieux en rentrant.
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John Smith

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Re: Qui veut la peau de...

Message par Megan Reese le Mar Oct 21 2014, 23:24

L’Affaire de la vélane fut réglée, avec, bien entendu, la collaboration de ces chers hommes qui pensaient que le monde ne pouvait pas tourner sans leur aide. Inutile de discuter sur ce point, on n’y gagnerait que maux de tête et mines boudeuses.
Que John s’arrange pour éviter qu’elle s’y mette avec l’Avada n’étonna pas Megan et elle ne lui en voulut pas le moins du monde, assister comme témoin à cette juste exécution  la remua de toute façon plus que voulu. Celui-là avait été, bien ou mal, un acte de sang-froid duquel  pas tout le monde n’est capable.
La vie continua, n’empêche. Des changements ? Plusieurs. Celui qui surprit le plus Meg fut le départ, assez inopiné des Von Falkenberg, sans explications ni adieux compliqués. D’autre part, J.O et son Angel rentrèrent au bercail et attendaient leur premier enfant.
 
*Ouf…pourvu que ça lui remette les idées en place à Angel…la pauvre était si triste !*
 
Mais là, apparemment, tout allait à merveille et Megan retrouva avec joie son amie, qui pour les effets était aussi, pour ainsi dire, sa belle-sœur !
 
Tu resplendis, ma chérie…tu auras le plus beau bébé du monde…Oh oui ! On a plein de choses à faire ! Bien sûr qu’on peut aller courir les boutiques…il y a des petites choses absolument divines et il faut aussi que tu aménages la nursery…Oui, m’en doute, tous les hommes ne sont pas des as du bricolage et encore moins de la déco…

Et ainsi de suite, tout à la joie de cette future maternité. Mais bien sûr, il n’y a pas de paix vraiment durable. Le problème n’était pas des moindres. Max l’avait à peu près réglé avant de disparaître avec Ysaline mais les retombées ne s’étaient pas fait attendre. Les medias étaient dans le coup et Megan savait, par expérience, qu’un bon journaliste ne lâche pas facilement une histoire intéressante, quoique celle-là fût plus intrigante qu’autre chose. Un sérum miraculeux qui guérissait et rajeunissait ? De quoi faire courir de l’encre et délier les idées. Révéler la vérité n’entrait pas encore en cause, pour la simple raison que l’ingrédient principal de ce préparé unique n’était autre que du sang de vampire. On parlait de synthétisation mais en toute évidence, c’était plus facile à dire qu’à faire et en plus cela prendrait du temps. En attendant, on fit taire les rumeurs et ne trouva mieux qu’aller courir le vampire pour retaper les réserves.
 
Rien que ça ?...Oui, j’ai une idée d’où on peut en trouver...Je lis, mon chéri…je lis énormément…et laisse-moi te dire, que ça ne court pas précisément les chemins…On en a éliminé pas mal  ce dernier siècle et après leur allégeance à Voldemort, c’est pas allé mieux…Ah, on a une idée ?...La Forêt Interdite ?...Oui, je sais où ça se trouve…Oui, mon amour, encore mes lectures…Ah bon ? Avec Michael et Alix ?...Euh non…pour rien !
 
Ils lui fichaient tout juste un peu la trouille, ces deux-là ! D’autant plus que De Brent semblait, en plus de fort méchante humeur. Ils seraient huit à se lancer dans l’aventure. Deux groupes. Davenport et Nielsen d’un côté, iraient explorer les mystères de la Transylvanie…Eux, la forêt du coin !
 
*Ouais et en plus faudra se farcir la gueule de Monsieur…quel caractère de cochon, cet homme !*
 
On ne pouvait pas dire qu’ils improvisaient. Pas du tout ! Mrs. De Brent avait fait des exploits avec ses recherches. Bien sûr, en plus de belle, Alix avait de la suite dans les idées et comptait avec une bibliothèque extraordinaire à laquelle Megan rêvait de jeter un coup d’œil, ce qui bien s’avérait quasi impossible compte tenu que la femme de Michael jalousait énormément ses secrets.
 
Eh bien dis donc…avec ça…j’ai l’air de Barbarella ou va savoir quoi de très…futuriste. T’es pas mal non plus…mais je pense qu’à part nous protéger ça va les faire mourir de rire, les vampires !
 
Le cas étant, ils seraient bien les seuls à rigoler. Ses lectures avaient donné à Megan une idée, faut dire que très approximative, de ce qui les attendait. La Forêt Interdite méritait bien son nom. Plus lugubre que ça, tu meurs ! Elle n’était pas exactement peureuse mais eut bien envie de s’y mettre quand la nuit tomba et les lieux devinrent encore plus inhospitaliers.
 
Ça me donne des frissons…, susurra t’elle en serrant la main de son mari, tu entends ?...Des bruits…des murmures, des soupirs…on nous suit, ma main à couper !
 
Et puis les licornes ! Là, elle ne put réprimer une exclamation émerveillée. Quel spectacle plein de magique féerie, de quoi lui faire oublier la trouille. Mais bien entendu, elle se fit rabrouer par une Alix énergique.
 
*Houlà, ils se méritent bien l’un l’autre, ces deux-là…ce sont mes premières licornes !*
 
Comme quoi il ne fallait pas s’étonner, pas faire de commentaires, rien dire, la fermer à mort et endurer comme si on se fichait de tout. C’est pour cela que quand les centaures les encerclèrent, elle ne pipa mot même en bouillant d’envie. Après s’être payés leurs têtes, les magnifiques créatures les envoyèrent balader vers le Nord, où, aux dernières nouvelles, quelques vampires squattaient un coin.
 
Et pourquoi ne pas trasplaner ?, petite question innocente.
 
Non, Megan on ne peut pas trasplaner pour la bonne raison qu’on sait pas où on va !
 
Ah bon ?...Comme quoi…on est…paumés ?, cette fois, il n’eut même pas de réponse, *Oups…cela blesse des susceptibilités !*
 
Bivouac silencieux, pas d’histoires drôles au coin du feu, pas de marshmallows grillés sur la flamme. On mangea sans parler et Michael décida tout seul qu’il prendrait le premier tour de garde. Sans commentaires, Megan fila s’installer sous la tente, dans les bras rassurants de son amour et fatiguée comme étant ne tarda pas à s’endormir.
Elle dut s’avouer déçue, des vampires. Pas exactement sûre d’à quoi s’attendre, Megan s’était fait une idée plutôt romanesque de ces créatures de la nuit, quand en fait ce n’était que des pauvres hères de triste mine avec qui  conclure un marché ne fut ni difficile ni terrifiant.  John mena rondement l’affaire et ils purent, sans plus de délai, regagner leur gentil et confortable chez soi, après une brève visite aux Westwood, pour remettre à Angel le fruit de leurs efforts.
 
Et pour un certain temps, tout sembla aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Megan avait repris sa collaboration avec la Gazette mais le manque sidérant de nouveautés rendait parfois le travail lassant. Après un essai d’ouverture sur le monde moldu, Mr. Follett avait changé d’avis et préférait concentrer ses éditions au monde sorcier, en exclusive.
 
C’est pas comme ça qu’on ira loin, se plaignit-elle à John, c’est un monde fascinant, sans aucun doute mais franchement…pour excitant, on repassera !...Au fait, chéri, j’ai l’impression qu’on me file…oh, rien de bien méchant mais…enfin, tu comprends…Peut-être que quelqu’un m’a reconnue…pourtant je fais très attention…Et toi, qu’est-ce que tu as à raconter ?...Ah, le Centre marche à toute…Génial…J.O s’intéresse aux investissements dans l’immobilier ?...Ben oui, n’étant plus duc, faut chercher à quoi occuper temps et fortune…Oui, je suis sortie avec Angel…des courses, mon chéri,  puis on est allées manger au Senses…Sam m’a semblée fatiguée…euh non ! Pas de nouvelles de Max et Ysaline…mais j’ai rencontré la belle-mère de Max avec le petit, au parc…il semblerait qu’ils s’occupent d’un orphelinat au Kosovo…ils ont le chic pour changer de décor, ces deux-là…Non, là, je fais la liste des cadeaux pour Noël…pas question que ça me prenne de court, comme d’habitude… Avec Sam et Angel on a pensé à faire une belle réunion…entre amis…ce serait sympa !

Mais pour alors les Davenport, les Nielsen et De Brent se trouvaient en Écosse, célébrant en grande pompe le mariage de la mère de Michael avec l’illustre Lord Cavendish. Ils passèrent la fête chez eux, en compagnie de J.O et Angel, une merveilleuse réunion familiale, pleine de chaleur et beaucoup de bonne humeur. L’expérience avait été si agréable qu’ils décidèrent de récidiver pour la St. Sylvestre.
Le Chemin de Traverse apparaissait très animé, ce jour-là.  Les décorations de Noel étaient encore sur place et l’ambiance était festive. Tout le monde faisait des emplettes pour la fête de fin d’année, on échangeait des vœux, on riait…
Une rafale sombre, suivie d’une autre, puis d’une troisième balaya l’Allée marchande, figeant tout le monde sur place, muet de stupeur…avant que des éclairs rouges ne jaillissent semant la panique. Ce fut la débandade, un cri unanime et horrifié s’élevait :
 
MANGEMORTS !!!
 
Megan poussa Angel  dans une porte cochère pour la protéger de la ruée humaine.
 
Comment est-ce possible ?...Ils ont été vaincus !!!, mais ce n’était pas décidément le moment de se poser des questions mais d’agir, viens, ma chérie…on doit se tirer delà…On est tout près du Chaudron Baveur…ne me lâche pas…Non, Angel…on ne va pas se battre…pas maintenant…Tu es enceinte, bon sang…pense à ton bébé avant tout !!!

Course éperdue, passage franchi, elles gagnèrent le côté moldu. Meg arrêta un taxi et y poussa  son amie qui serrait les dents, tremblante de rage.
 
Tout va aller bien, ma chérie…peut-être que ce n’étaient que des idiots plaisantins !
 
Mais toutes deux savaient bien qu’il n’en était rien. Chez les Westwood elles trouvèrent John et J.O passablement agités, ce dernier venait de recevoir des nouvelles alarmantes sur des attaques généralisées dans la monde sorcier et pas uniquement le britannique.
 
C’est quoi ça !?...Le resurgissement du Mal ?, elle ne put pas éviter le ton un peu hystérique de sa voix, oui…on était au Chemin de Traverse quand ça s’est passé…pas à dire…la panique !...Je dois aller chercher Beth…ah, tu l’as amenée…merci, mon chéri…Mon Dieu, que se passe t’il ?
 
Au long de la journée, ils eurent plus de nouvelles. Une évasion massive d’Azkaban fut reportée, la pire racaille de la société sorcière courait librement la nature, une mobilisation immédiate des Aurors fut ordonnée, la Police magique redoublait d’efforts mais depuis la victoire sur Voldemort les Forces de l’Ordre s’étaient un peu amollies et face à cette menace brutale, c’était le chaos assuré.
Pour le Nouvel An personne n’avait envie de festoyer. Tous se terraient chez eux, en attente d’une accalmie qui ne vint pas. Les attaques et exactions ennemies se multipliaient semant la Terreur. La veille du jour de l’An, on enleva Alix De Brent alors que son mari gisait dans un lit d’hôpital.
 
*Pitié…ils reprennent les leurs !*… On ne va se laisser avoir comme des lapins apeurés…Il faut un peu de temps pour structurer une Résistance valable…pas question non plus de se lancer tête en bille, individuellement…c’est ça qu’ils veulent…provoquer…allez, j’ai vu assez de guerres dans ce monde pour savoir comment ça marche…Justin et Sam arrivent…on s’est parlés au téléphone…Oui, leur ai dit pour Michael…et Alix…Ne me dis rien, John Smith…j’ai une baguette et sais m’en servir…sinon, donne-moi un flingue et on verra de quel bois je me chauffe…
 
Le 2 Janvier une Marque spectrale plana sur le Chemin de Traverse et sur beaucoup de lieux magiques en Europe…
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Megan Reese

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