Il est difficile d'aimer

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Il est difficile d'aimer

Message par Ysaline de Bettancourt le Dim Juin 22 2014, 08:03

Inquiète ? Ysaline n’était pas du genre à se faire du mouron pour rien. Les analyses sanguines de Max après Tchernobyl avaient révélé la présence d’une substance non encore identifiée, hélas.  Alors oui, elle l’était surtout quand, ponctuellement, Max présenta des signes d’une fatigue inédite chez un homme si gaillard d’ordinaire.  Elle ne l’épargna pas en bilans de santé aussi répétitifs que poussés qui, zut, agaçaient chéri tout en lui mettant la puce à l’oreille.

Qu’est ce qui se passe ? Ysaline…il y a quelque chose qui cloche ? Maintenant que j’y pense…Que diables faisait Papa là à mon retour de Tchernobyl ?...

Mentir n’était pas le fort de Mrs. Von Falkenberg sauf pour la bonne cause. Elle avoua n’importe quoi pour endormir les soupçons de son époux.
Que de misères ensuite, un grand bonheur aussi puisque Michael ramena l’antidote et que Max fut sauvé !Mais après une courte virée au Kirghizstan, il fallut affronter une dernière révélation de la médium Megan. Il ne fit aucun doute de qui se sacrifierait pour obtenir la relique manquante : Michael. C’était sans tenir compte de l’amour fou qui l’unissait à Alix.
Dans les confidences de cette dernière, quasi contrainte de l’’assister dans un plan foireux, Ysaline donna le meilleur de ses connaissances au laboratoire où s’élaborèrent potions de mort et de vie. Restait à prévenir les autres…

Mon chéri, elle veut se tuer avec lui… Oui, vraiment mourir ! Mais on pourra les ramener… si, si, ça se tient !

Elle avait beau croire en la science de cette femme devenue amie proche qu’elle trembla en la voyant s’écrouler au sommet du volcan de Masaya bientôt suivie par un De Brent fou de rage et douleur mêlées.

Tic-tac… Décompte infernal en contemplant deux dépouilles. S’ils échouaient… Mieux valait ne pas penser aux conséquences.
Megan, entre son calepin et John, se rongeait les ongles. Max fulminait, la traitant de folle, Alix dans la foulée.

… Elle connait les risques ! C’est son choix…

Enfin, les minutes s’achevèrent. Vite ! On administra la seconde potion et les corps se ranimèrent dans des fumées nauséabondes. Le cœur issu des flammes de l’enfer pouvait retourner à sa propriétaire.
Pourquoi, au moment crucial de la jonction Alix en rajouta-t-elle ? La suite prouva son bon sens.
Dès son arrivée à Londres, malgré une migraine tenace et l’envie folle de serrer ses enfants dans ses bras, Ysaline voulut aller vérifier comment se portaient les Nielsen.

À merveille, lui assura Asimov. C’est un miracle !

Vous ne croyez pas si bien dire, docteur…

Mais déjà une urgence se présenta. À peine réveillée d’une heure, fêtant les retrouvailles avec son époux, Opal fut prise des douleurs de l’enfantement et, comme de bien entendu, le futur père paniqua. Il donna des ordres pour que l’on freine le processus et rendorme sa femme. Ysaline le contra :

ERIK ! Vous n’êtes pas en état de prendre ces décisions, vous sortez de rudes épreuves, et…

Elle se fit rabrouer comme du pus mais s’en ficha, entêtée :

Puisque vous l’avez examinée, vous êtes sûrement d’accord avec le Dr Asimov : tout va bien ! Les bébés sont un peu prématurés mais tout ira bien.  La nature a ses exigences et la contraindre est parfois plus risqué que de…

Là-dessus, elle pâlit en se touchant le ventre.

*Mon Dieu…*

Le Dr Nielsen tiqua mais elle s’était reprise :

… pas de souci, docteur. Je vous laisse gérer cela si bon vous semble, ma famille m’attend chez moi. S’il y a un problème, vous saurez me joindre.

Si le premier accueil au bercail n’avait pas été délirant de la part des petits délaissés, le second le fut beaucoup plus. Pas de doute, Max avait dû s’en mêler. Cette fois, son grand lui rendit son bisou même s’il conserva une certaine raideur.
Un dîner joyeux pendant lequel les parents rirent beaucoup du babil incessant de la petite demoiselle Sophie avec ses anecdotes pointues sur sa nounou. L’aîné, le dos en piquet, était méconnaissable par rapport au sauvage ramené d’Afrique. Stylé, guindé, presque gentleman, il rata pourtant l’admiration parentale quand il déclara, froid :

Cessez vos verbiages inutiles, nos oreilles s’offensent !

Interdits, Max et Ysaline le regardèrent bouche bée.  L’insolent le nota et rigola :

Je vous ai eus, là !

On passa l’éponge… pour cette fois.

Nuit magique ? Ysaline n’était pas d’humeur ; son époux était claqué, la veine !

Dors, mon amour ! Je suis contente que tout soit terminé !... Euh, non ! Je n’ai pas sommeil... Oui, j’aurais voulu voir naître ces bébés que nous avons tant protégés mais Erik n’a pas voulu… Ce n’est pas de sa faute, il n’est au courant de rien ! … Je vais attendre des nouvelles, au cas où… moi aussi, je t’aime !

Dès que Max commença à ronfler doucement, Ysaline quitta leur lit. Discrète, elle alla embrasser les fronts de ses chérubins puis s’isola dans son petit bureau. Pas besoin de passer au laboratoire, elle savait !
En rire ou en pleurer ? Souvent, elle avait souhaité donner un second fils à son Max mais avait fini par croire cet événement impossible après son atroce fausse-couche due à sa tentative d’évasion d’une maison maudite. Un bien, un mal ? Elle ne savait plus. Encore assez jeune pour enfanter, Ysaline se sentait plus accablée qu’heureuse maintenant qu’elle avait déjà trois petites âmes sur qui veiller.

*Tu parles d’une mère !*

Toujours en balade, pour le boulot ou la bonne cause, qu’avait-elle réellement offert à ses rejetons sinon un sentiment de profond abandon ?  Pas étonnant qu’Alex la rejette ! Elle ne l’avait même pas vu naître, ni n’avait pressenti la présence en son sein tant elle était occupée à autre chose. Elle avait accueilli Sophie en remplacement de la fille perdue à jamais, et elle était sienne autant que de sa chair et sang. Lors de la conception de Louise, Ysaline avait su, comme maintenant…

*Quatre, c’est ingérable !*

Dire, garder, perdre sans dire ? Elle se débattait face à un dilemme épouvantable quand un patronus sous forme de dogue allemand la pria de rejoindre Ste Mangouste.
Vive la distraction !
La naissance des jumeaux était plus laborieuse que prévue. La mère, exténuée, n’en pouvait plus malgré calmants et sorts apaisants.

Opal, vous allez le faire ! Ne nous forcez pas à vous ouvrir le ventre !

Une main sur un front, des paroles d’un autre âge, la parturiente se détendit et, bientôt, des vagissements fâchés retentirent sans qu’aucune claque ne soit nécessaire sur les fesses des nouveau-nés.

Nicolas et Matthew ? Jolis prénoms ! Félicitations, papa et maman !

Elle pleurait en rentrant  chez elle, et s’endormit deux heures en serrant dans ses doigts une fiole au contenu noirâtre.

Elle n’avait pas pu boire sa mixture, pas encore. La vie reprit son cours, en faisant mine de rien.
Déjà les envies de bougeottes de Max le titillaient. Lui avouer sa grossesse le freinerait-il ? Un autre événement s’en chargea.
Respectant son contrat horaire, Ysaline se montra très ponctuelle à la maison. Elle fut présente à tous les repas et activités familiales sauf urgence cataclysmique, heureusement rare. Oui, souvent son esprit s’égarait dans des pensées peu chrétiennes qu’auraient réprouvées sa mère adoptive et sûrement Max s’il avait su ce qui la rongeait.
Et vint ce soir où son époux annonça fièrement devoir s’absenter au moins un mois pour aider Lev et Ny’Ala au camp.  

… un mois ? *le délai sera dépassé* Je… je m’arrangerai, pas de souci.

Il faisait ses bagages avec son aide lorsqu’ils perçurent une vive conversation émanant de la chambre des filles. La voix d’Alex dominait :

Toi, la sang-mêlée, tu dois m’obéir à MOI qui suis pur !

C’est quoi sang-mêlé ?
disait innocemment Sophie.

Ça veut dire que TU me dois le respect, et dois m’obéir en tout. Mes chaussures ne sont pas assez brillantes ! JE rentre à Poudlard dans quelques mois, un bon elfe de maison ferait mieux que toi. Astique !

Ysaline se boucha les oreilles pour éviter d’entendre l’altercation qui suivit quand un Max hors de lui intervint.

La paix ? Peut-être… À partir de ce moment, Max décida de prendre lui-même les rênes de l’éducation de son aîné. Le précepteur reçut un coup de pied magistral au fondement ( ou plus ?) mais, au moins, fini l’idée d’un mois outre Méditerranée. Ysaline respira non sans reluquer du coin de l’œil une certaine fiole…
Une invitation à un mariage surprit beaucoup les Von Falkenberg. Elle émanait d’Opal Nielsen grande amie de la future épousée en mal d’entourage. Vaguement, Ysaline se souvenait d’Angel Grisham pour l’avoir croisée au chevet d’Opal. Après tout… Les occasions de faire la fête étaient si rares… On accepta.  
Dans l’ensemble, si la journée ne manqua pas de tensions, la suite fut plus détendue. Les Von Falkenberg s’amusèrent même assez bien surtout que l’occasion leur permit de revoir des têtes très connues que l’on aurait peut-être souhaité oublier plus longtemps, mais bon…  
Délaissées un moment par leurs compagnons, les trois chasseuses de fantôme eurent loisir d’échanger des confidences en dégustant des cocktails… sans alcool. Megan, particulièrement gaie, ne put se retenir de l’ouvrir en parlant des conséquences merveilleuses du bain forcé aux champs Phlégréens. Vu la tête tirée par Alix, Ysaline ne douta pas qu’elle aussi dissimulait un secret, un identique au sien.  Miss Reese ne rata pas leur air gêné et comprit au quart de tour avec un enthousiasme… amusant. Ysaline ne nia pas mais soupira :

… non, Max n’est pas au courant et j’ignore s’il le sera… John le sait ?... Je suis certaine qu’il en sera ravi. Et Michael, Alix ?...


Encore plus secrète qu’à l’ordinaire, Mrs. De Brent ne commenta pas.  Certains silences sont très parlants… On se promit de se tenir au courant en rigolant à la perspective de voir trois élèves de plus rejoindre Poudlard dans les 11 ans futurs.  
Plus vite lasse qu’à l’ordinaire, Ysaline alla tirer la manche de son époux :

Fais la fête autant qu’il te sied mon amour, je rentre… Si, ça va ! Ne t’inquiète pas. Bonne nuit !

Rentrée, elle passa directement vérifier que son petit monde était en ordre. Le garçon, tel son père, avait éjecté sa couette et s’étalait à l’aise dans tout l’espace de son matelas, serein.
Dans la chambre des filles, la sage Sophie, serrait sa peluche de licorne en rêvant le sourire aux lèvres. L’adorable blondinette de Louise, le pouce en bouche, ne se préoccupait de rien d’autre.  Et en embrassant les bouclettes soyeuses du crâne de sa dernière-née, Ysaline craqua. A genoux près du berceau, se balançant d’avant en arrière les mains sur le ventre, elle se lamenta en vidant son trop plein de larmes :

Mon bébé ! Maman t’aime tant… tu aurais dû venir plus tôt. Maintenant, je n’ai plus de force pour toi, plus assez. Je suis une mauvaise mère, tu seras si bien avec les tiens, mon ange. Je suis désolée, si désolée…

La fiole n’atteignit pas ses lèvres, elle valsa à l’autre bout de la pièce. Sur le seuil : Max…
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Re: Il est difficile d'aimer

Message par Max Von Falkenberg le Lun Juin 23 2014, 12:05

L’aventure, le risque, les émotions fortes. Oui, Max avait toujours aimé ça, mais là, c’était déjà un peu trop. On ne pouvait pas dire que ce qu’ils venaient de vivre avait été une simple aventure, cela tenait bien plus d’une Odyssée dans toutes les règles de l’art que d’autre chose.
Recomposer le puzzle macabre n’avait pas été sans peines, et pas des moindres. Il avait été à un pas d’y laisser la peau, vilement empoisonné par une espionne russe lors d’une balade à Tchernobyl, rien que ça ! Juste ce qu’il faut pour vous dégoûter à vie de ce genre d’expérience !
Connu le mot de la fin de cette inquiétante histoire, on s’était quitté en très bons termes  et sans le dire, avec le désir de ne pas se revoir avant longtemps. À chacun de reprendre sa vie, de se débrouiller avec et faire de son mieux. Amen.
 
Joyeux retour au bercail ? À d’autres. En tout cas, pas de fanfare. La  maisonnée ne se mit pas sens dessus dessous pour fêter le retour du maître et l’accueil de ses enfants fut à peine meilleur. La petite Louise sauva la mise en lui sautant dessus, piaillant, ravie. Sophie, plus modérée n’en fit pas autant mais ça fit chaud au cœur. Alex lui, considéra son père d’un œil censeur, comme s’il cherchait à reconnaître  un fier Von Falkenberg en cet individu efflanqué, tanné comme boucanier, mal rasé et sans doute en mal d’une bonne douche. Le gamin fronça le nez, hautain, avant de faire demi-tour. Il n’alla pas bien loin. Son père l’attrapa pratiquement par la peau du cou.
 
Où sont tes manières, Alex ? C’est quoi, cette attitude débile ?
 
Buté, le garçon resta coi mais le dévisagea avec une telle arrogance que Max dut prendre sur soi pour ne pas le secouer comme un prunier ou lui envoyer une gifle, ou les deux.
 
Il y a quelque chose qui cloche ferme, chez toi, mon petit pote. Soit, je reconnais que notre absence à Maman et moi a duré plus que prévu, mais ça ne te donne aucun droit de te comporter de la sorte.
 
Vous êtes partis en voyage, vous vous amusiez, vous nous avez oubliés !
 
Non, on ne s’est pas amusés, mais ce n’est pas le point ! C’est ton attitude qui me dérange, tu vas arrêter immédiatement de prendre ce petit air de M. Au-Dessus de Tout et te comporter comme un petit gars normal, compris ?, il voulut lui ébouriffer les cheveux comme toujours mais Alex s’esquiva, si tu cherches à m’énerver tu es à point d’y parvenir ! Va dans ta chambre et dans un moment, quand Maman sera là, j’entends que tu sois très gentil avec elle, tu piges, mioche ?...Sans ça, il va-t’en cuire ! Allez, fiche le camp !
 
Son fils ne se le fit pas répéter et déguerpit, il se tourna alors vers ses filles qui avaient suivi la scène, l’air effaré, elles ne connaissaient pas Papa si énergique, mais voilà qu’il s’accroupissait en ouvrant ses bras, elles s’y jetèrent, heureuses.
 
Vous m’avez tellement manqué, mes anges…Maman ne tarde pas…que diriez-vous d’aller égayer un peu les lieux ?…on dirait un mausolée !
 
Sans savoir de quoi il parlait, elles acquiescèrent, ravies. Ysaline eut droit à un accueil bruyant et chaleureux de la part de ses enfants, dans une maison pleine de fleurs et soleil. Si Alex songea à prendre un air pincé, le regard cinglant de Papa l’en déchanta.
 La cuisinière avait fait des efforts et le repas revêtait une ambiance festive avec le babil de Louise et les adorables potins de Sophie. Le petit guindé de service ne rata pas l’occasion mais sa remarque n’eut pas le résultat escompté, à part laisser ses parents interloqués, ce dont le mioche rigola.
 
*Il s’entraîne, celui-là, pour devenir un Serpentard à part entière, Dieu nous assiste !*
 
Reprendre des douces habitudes ? Pas ce soir. Max ne chercha pas à approfondir, ils étaient heureux mais fourbus, rien d’autre qu’un bon repos ne s’imposait.  Quand Ysaline le jugea  profondément endormi, elle se glissa hors du lit, or même endormi, il sentait sa défection. Depuis le temps, il y était habitué et savait que rien, ou presque, ne changerait sa femme et son hyperactivité. Ils s’aimaient autant, si ce n’est plus qu’au premier jour, tout allait bien.
Cette nuit-là, naquirent enfin les enfants d’Erik et Opal, qui heureux ignoraient toujours avoir été la cause de tant de déboires et n’en sauraient sûrement rien, à moins que le seul à avoir le droit de les mettre au courant ne décide le faire.
Et la routine des jours reprit ses droits. Partie tôt le matin, le Dr. Von Falkenberg  passait sa journée à l’hôpital alors qu’il vaquait à ses affaires, la plupart du temps sans quitter la maison. Téléphone et Internet aidant,  Max pouvait continuer son travail à distance. Tout était ponctuellement réglé, médicaments, ravitaillement de toute sorte continuait d’arriver en lieu voulu avec la même efficience de toujours. Lev, prodigue en informations de toute classe, allant du menu ragot au discours politique pointu  ou le débat économique algide en passant par les savoureux commentaires sur le jour à jour du campement, faisait naître en Max le jamais tari besoin de bougeotte. La vie simple menée en Afrique lui manquait tout autant que ses amis de là-bas, mais il luttait contre cette envie d’évasion.  Cette vie-là était finie, il se devait de l’accepter, ce qui n’était pas toujours évident.
Ce qui était chaque jour plus évident était le besoin de ses enfants de mener une vie normale et équilibrée, en comptant avec père et mère en constante présence pour y parvenir.
 
*Ouais…et on en a raté, des cases…faudrait rattraper !*
 
Il essayait de se souvenir avec exactitude de comment s’était déroulée son enfance et ce qui en découlait ne le faisait pas se sentir mieux. Sa mère avait été omniprésente, son père un peu moins même si toujours là. En petit cadet, il avait été surtout trop couvé, avec les résultats bien connus. S’il avait été l’aîné, sans doute ça aurait tourné autrement mais quatre dragons-femelles avaient veillé au moindre de ses besoins, réels ou imaginaires, surtout ces derniers.
 
*Mais Louise serait sans doute ravie qu’on la couve comme ça…Sophie aussi…et apparemment Alex aussi en a un peu besoin…il tourne mal, ce petit… tu es un piètre père, qui ne sais même pas t’y prendre, avec tes enfants !*
 

Il s’efforçait à prendre part active à la vie des chérubins mais ceux-ci avaient une existence réglée comme  papier musique. Les petites passaient leur journée avec la Nanny, une douce femme rondelette, férocement jalouse de son devoir qui le regardait de travers chaque fois qu’il faisait une apparition inattendue dans son petit royaume féminin. Alex, lui, ne lâchait pas son précepteur, Mr. Right, qui semblait avoir bien plus de succès comme professeur que Max comme père.
Max aurait volontiers avoué ne pas supporter ce binoclard érudit et empesé, s’il n’avait pas craint qu’on dise que c’était de la simple jalousie. Ce qui était pourtant le cas.
 
*Qu’est-ce que je fous ici ?...Un petit mois en Zambie me changerait les idées…le projet des nouveaux puits est si important et ils ont besoin d’un coup de main…*
 
En fait personne n’avait besoin de rien, il était le seul à broder sur l’idée et savourait d’avance sa petite évasion, ce qui ne l’empêcha pas de saisir quelques détails par ci, par là. Ysaline lui semblait un peu distraite, mais surtout lasse, morose aussi, comme si quelque idée extravagante la taraudait.  Il l’avait déjà vécue ainsi, quatre ans auparavant…et il y avait eu son adorable Louise !
 
*Encore un gosse…génial ! Mais quatre…pas facile, surtout qu’on n’est pas les meilleurs parents du monde…va falloir t’y mettre, mon vieux…*
 
Il respecta le silence de sa femme adorée, devinant que sous ses boucles brunes tout un film se déroulait, pas le plus joyeux à en juger par l’expression chagrine qu’il lui découvrait parfois. Mine de rien, il lui fit part de son projet de voyage.
 
Un mois ? Je… je m’arrangerai, pas de souci.
 
Je sais que tu t’arrangeras, tu le fais toujours, ma belle…mais si ça ne t’emballe pas *Tu veux rire !* tu me le dis et c’est bon pour moi…Je t’adore, mon Ysaline…
 
Ce n’est pas pour autant qu’elle lâcha le morceau et voulut même l’aider à faire ses bagages.
 
*Mon idée ou elle a vraiment envie de me voir prendre le large…que mijote t’elle ?* Pas besoin de tant de trucs, ma chérie…ce ne sera qu’un mois de rien du tout et tu sais que là-bas on s’encombre guère… Mais…qu’est-ce que c’est que ça ?
 

Ça, c’était une discussion en bonne et due forme, menée de voix chantante par un Alex, très imbu de soi.  Une petite dispute entre frères, va et passe, rien de plus normal, mais quand entendre son aîné traiter sa sœur de Sang-Mêlé en laissant clair que lui était Pur, était presque  plus de ce que Max pouvait supporter. La suite, lui fit carrément perdre la tête. Son entrée en coup de vent dans la chambre  surprit les deux enfants. Sophie, assise par terre arrêta d’astiquer les chaussures de son frère et regarda, bouche bée, son père assener un soufflet renversant à  Alex pour après le prendre de l’oreille alors que le gamin sidéré se mettait à hurler.
 
Va avec Maman, ma puce!...Toi, la ferme !
 
TU N’AS PAS LE DROIT !!!
 
Je l’ai et en ferai usage ! Ainsi Monsieur est un Pur…un pur idiot, oui !
 
Je suis orgueilleux d’être un Sang-Pur, moi !, riposta le gamin qui reprenait vite son aplomb méprisant, pas comme toi…qui côtoies Moldus et Sang de bourbe, les traitant comme tes égaux !
 
Un mot de plus sur ce ton, et je te jure que je te les fais ravaler…
 
Tu n’oseras pas me frapper une autre fois…

 
Vais me gêner !...Alors maintenant on parle de Moldus et Sang de Bourbe, Monsieur se croit au-dessus de tout, à ce que je vois ! Il y a peu de temps Monsieur les côtoyait en toute joie de cœur, ton parrain est un moldu, tes amis, aussi…et maintenant que Monsieur a découvert la supériorité de sa condition, ils ne méritent que ton mépris.  Tu ne serais pas un peu girouette, toi ?...Laisse-moi te dire une chose, Alexander, ni la couleur de ta peau, ni la pureté de ta lignée, ni ta bonne fortune ne te donnent droit de prétendre être au-dessus de quiconque…quant à ton sang, permets moi de te signaler qu’il est de la même couleur que celui de n’importe qui…et sert exactement à la même chose pour tous…
 

Mais…je suis un sorcier !
 
Ouais, et quoi ? Ça t’avance en quelque chose ? Crois-y et ça ne te fera que des problèmes ! Sois orgueilleux de ce que tu réussis avec ton propre effort et pas aidé par un sortilège de derrière les fagots, pour moi, c’est de la triche…Écoute-moi, je suis désolé de t’avoir frappé, ça m’a fait plus de mal qu’à toi…mais je ne peux pas tolérer  cette attitude envers ta sœur !
 

Elle n’est pas ma…
 
Elle est autant ta sœur que Louise et tu l’as toujours aimée jusqu’à ce qu’on vienne te farcir la tête de ces bêtises…Tous trois êtes nos enfants et on vous aime sans distinction, le petit baissa le nez, enfin penaud, Max lui releva doucement le menton, parce que tu sais que nous t’aimons, n’est-ce pas ?
 
Vous…me manquez…j’aimais mieux avant !
 
Moi aussi…mais on doit s’y faire…mais je te promets que tout va changer. Viens là, dis-moi que tu vas être de nouveau mon petit garçon qui aimait tout le monde et que tout le monde aimait…
 
Alex se laissa aller contre son père et commença à pleurer tout doucement. Max le berça, comme quand il était tout petit, en sentant un nœud lui serrer la gorge. Cela dura un moment jusqu’à ce que l’enfant se calme.
 
Maintenant, tu vas aller voir Maman et lui demander pardon, et à ta sœur aussi. On efface l’ardoise et recommence à zéro, d’accord ?...
 
Je t’aime, Papa !
 
Alors tout va bien, allez, vas-y !
 
Ysaline et les filles s’étaient réfugiées  dans le petit salon TV. Max entendit Alex  gambader dans le couloir et partit en direction contraire, vers le salon d’études. La scène qui  y eut lieu, fut aussi virulente qu’expéditive. Le précepteur fut renvoyé sans plus de cérémonies et Max ne le battit pas parce qu’il n’avait pas pour habitude s’en prendre aux plus faibles, ce qui sauva Mr. Right, fier sorcier de son état, aux idées  arrêtées et principes surannés, de se faire tailler en pièces.
 
Et après, il eut l’invitation à ce mariage de l’amie de la patiente d’Ysaline, dont le mari était frère de Michael, sans porter le même nom. On y perdait un peu son latin mais faute de mieux et  étant en manque de société, ils y assistèrent. Le marié était le fils d’un duc, comme quoi, gratin assuré. On déploya les bonnes manières et ne dépareillant d’aucune façon, tout le monde se montra charmant.
Ce fut aussi motif de retrouvailles avec leurs compagnons d’aventure au grand complet. On parla de la pluie, du beau temps, politique et de quoique ce soit sauf de leur unique point en commun. On but un peu trop et on s’amusait autant que possible en ces circonstances quand John, l’air un peu abattu rejoignit Max.
 
Megan est bizarre ces derniers temps. Sais plus sur quel pied danser avec elle…
 
IL regarda Mr. Smith avec un sourire compréhensif, c’est vrai que la reprendre, avec ses trous de mémoire n’était pas évident, et les subtilités de ces dames n’aidant pas.
 
T’en fais pas…des humeurs, de la fatigue…c’est pareil avec Ysaline…mais ça ira, crois-moi !
 
Ah ? Ysaline aussi ? On a fait un truc qu’on n’aurait pas dû, à part participer à la chasse aux fantômes ?
 
Euh…sais pas ce tu as fait, toi…moi, rien d’extraordinaire ! 
 
S’il pigea ou pas, son problème, il n’allait pas gaffer en parlant de trop, d’autant qu’il était censé de ne rien savoir.
 
Il abandonna Smith à ses cogitations et circula par-là, en rencontrant plus de gens connus qu’il n’avait escompté.  Ysaline s’approcha et lui fit part, discrètement de son envie de rentrer en lui assurant que tout allait bien et qu’il pouvait rester si ça lui chantait.
Rentré à peine un peu plus tard, Max s’étonna de ne pas la trouver dans leur chambre et se mit à sa recherche. La veilleuse était allumée chez les petites, Ysaline, à genoux près du lit de Louise, pleurait de toutes ses larmes en se lamentant. Terrible mélopée…
 
Mon bébé ! Maman t’aime tant… tu aurais dû venir plus tôt. Maintenant, je n’ai plus de force pour toi. Je suis désolée, si désolée…
 
Il devina la fiole plus que ne la vit, acte réflexe, la magie agit et le petit flacon décrivit une parabole parfaite avant de s’écraser contre le mur. Elle leva la tête et le regarda, hébétée. Sans lui donner le temps de parler, Max alla vers elle,  la cueillit dans ses bras avec toute la douceur possible sans rencontrer de résistance et l’emmena dans leur chambre.
 
Je t’aime, Ysaline, plus que ma vie…Chut ! Ne dis rien, mon amour…je sais et comprends et ne t’en aime pas moins…Oui, mon ange…je sais…quatre gosses, c’est énorme…non, mon ange, tu n’es pas vieille ni achevée…tu es dépassée et effrayée…Ysaline, tu n’as que 32 ans…c’est pas la mort, j’en ai 34 et ne me sens pas sénile…Chérie…écoute-moi…juste un instant…si tu n’en veux pas, de ce petit, je ne vais pas insister…c’est toi qui comptes pour moi…rien que toi…
 
Elle parla de ses doutes, ses angoisses. De ses manquements, réels ou imaginaires, se tenant pour une piètre mère, trop absorbée par son boulot. En bref, ses réflexions ressemblaient aux siennes à s’y méprendre. Ils avaient, jusque-là vécu une existence extraordinaire, qui semblait désinvolte, était en fait pleine de responsabilités externes à leur petit cercle familial, ne leur laissant pas trop le loisir de peaufiner le détail…les enfants étaient heureux, eux aussi, donc tout allait bien…mais bien sûr, tout avait changé !
Quand elle avoua sa honte d’avoir eu des idées pareilles, il la fit taire d’un baiser.
 
Aucune honte à avoir, tu as peur…c’est tout humain et normal…mais n’oublie pas qu’on est à deux, là…et qu’on ne manque pas de moyens pour nous rendre la vie facile…Non, je ne parle pas de ça, pas plus de nannies…Non, tu ne devrais pas non plus renoncer à ton travail, je sais que ça te tient trop à cœur…Je peux m’en charger, non ?...Ma chérie, suis un organisateur hors ’pair, si j’ai pu gérer mes réfugiés crois moi que je saurais m’en sortir avec mes propres enfants…en plus Alex part en pension en Septembre…et avec les filles, pas trop dur…
 
Il adora l’éclat soyeux de ses yeux de velours et sut avoir gain de cause et ne l’en aima que plus encore.
 
La vie reprit sous de meilleurs augures. Alex marchait droit, se montrant affectueux avec sa mère et ses sœurs, imbu d’un nouveau respect avec son père qui ayant pris le relais du précepteur, se chargeait de l’instruire sur ce que devait savoir tout jeune sorcier avant sa première rentrée. Ni trop ni trop peu, juste le nécessaire, pas question de lui emmêler les pinceaux. Il emmena son fils aux villages sorciers d’Angleterre pour qu’il se fasse sa petite idée.
Ysaline, comme toujours travaillait d’arrache-pied tout en respectant l’accord des horaires, mais elle était fatiguée et la patience lui faisait parfois défaut en fin de journée. Max mettait tout sa science pour lui procurer tout le bien-être possible, sans l’agacer de trop d’attentions qui risquaient de l’étouffer.
Le salut se présenta avec la visite-surprise des De Bettancourt qui, de retour au Vieux Continent, avaient décidé faire un petit crochet à Londres avant de gagner la France.  María Eli n’eut besoin que d’un petit tour d’horizon pour jauger la situation.
 
Pas question de continuer comme ça, Max…je connais ma petite Ysaline et sais qu’elle est grincheuse les trois premiers mois et avec trois enfants sur les bras, pas facile ni pour elle ni pour toi…Tu as beau savoir t’y prendre mais un petit répit ne saurait nuire…Tatata, suis en mal de petits enfants…et ça mettra Adémar un peu plus dans le bain, il râle toujours en disant que ton père emporte les palmes avec les petits !
 
Pas la peine de jouer les difficiles, l’idée tenait plus que bien le chemin ! Consultée, Ysaline fit quelques chichis, rechignant comme toujours de se séparer de ses  enfants.
 
Mon amour, ils ne peuvent être en meilleures mains…et ne seront pas bien loin, on pourra y aller les week-ends…Ta mère est très emballée et ton père, je ne dis  pas…tu l’as vu ?...C’est Papa qui va être jaloux…
 

Ils rirent en se souvenant de l’éternelle « dispute » entre les deux grands-pères gâteaux, pour décider lequel était le favori des enfants. Ce qui donnait comme résultat qu’ils gâtaient outrageusement leurs petits-enfants et ceux-ci en profitaient joyeusement.
Le départ des enfants créa un vide déprimant. La maison semblait immense et trop silencieuse. Max  admettait volontiers ne jamais avoir trop aimé l’énorme bâtisse et rêver, puisqu’elle lui appartenait, de la démolir et bâtir à la place quelque chose de plus agréable à vivre, mais cela équivaudrait à se mettre toute la famille de sa mère sur le dos et seulement d’y penser ça lui produisait des crampes d’estomac. Ysaline n’aimait pas plus que lui cet ensemble assez disgracieux et Louise s’y était déjà perdue pendant deux heures.
À son retour de l’hôpital, Ysaline le trouva plongé dans les méandres du marché immobilier, ce qui ne manqua pas d’éveiller sa curiosité.
 
Ben, j’ai pensé qu’étant donné que personne n’aime cette maison, autant s’en chercher une autre…grande, sans être démesurée, avec du terrain…en banlieue, il y a des très beaux endroits…Ça te dit ?
 
Elle ne dit pas non mais voulut savoir ce qu’ils feraient avec leur actuelle demeure.
 
Euh, celle-ci…on peut la vendre ou en faire quelque chose d’autre…une clinique, comme celle de Lavinia, par exemple…
 
Il laissa flotter l’idée et poursuivit avec ses recherches, sûr d’avoir retenu son attention …
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Re: Il est difficile d'aimer

Message par Ysaline de Bettancourt le Lun Juin 30 2014, 22:18

Le parcours amoureux d’Ysaline et Max était loin le refléter les contes de fées à la fin desquels le prince emporte sa princesse sur son destrier blanc et fin de l’histoire.  Ils avaient mis du temps à se convaincre de s’aimer, du temps de gagner le droit d’être libres de le faire dans le respect mutuel et le partage total malgré les innombrables obstacles qui s’étaient dressés sur leur route.  Et pourtant, ils étaient unis plus que jamais après plus de onze années de fréquentations houleuses. Voilà les deux tempéraments puissants qui se heurtaient parfois avec fracas mais que rien n’ébranlait. Pour se prouver leur attachement inconditionnel, pas besoin de grandes démonstrations et si, parfois, ils divergeaient en opinion, toujours l’amour était le plus fort.
Sauf que cette fois, trop c’était trop ! Elle ne voulait pas en arriver là mais cette grossesse inattendue l’épuisait tant… Elle avait l’impression que le bonheur si durement acquis, si fragile encore, allait disparaître en fumée. N’avaient-ils pas assez de soucis ainsi pour en rajouter ?  
Déjà qu’il fallait redresser les idées saugrenues d’Alex sur la valeur du sang, éviter que Louise ne devienne un gentil tyran domestique et, qu’au milieu, Sophie ne trouve pas ses marques... Où et comment trouver le ressort pour caser un nourrisson ?  
Heureusement, Max avait pigé à quel point sa famille avait besoin de sa présence en renonçant à ses projets d’évasion. Que n’aurait-elle pas donné, elle aussi, pour tout plaquer un temps ?  
On aurait pu croire que, dans le fond, c’était elle qui gagnait le plus dans leur « arrangement »
Ne travaillait-elle pas à ce qu’elle aimait réellement ? N’était-elle pas secondée en tout temps à la maison ? Eh bien, la réalité était autre. L’adorable Max, malgré sa bonne volonté, n’y connaissait rien de ce qui concernait la domesticité, l’entretien du train de maison, etc.  Bref, ces tâches incombaient à Ysaline qui, drillée chez elle puis par Maria-Eli, était à la fois grande dame et gestionnaire. Au boulot, le tableau n’était pas aussi idyllique que cela non plus. Si le docteur Asimov était absolument conquis et lui donnait quasi carte blanche en tout, les oppositions des barbons médicomages étaient légion. Combien ne lui fallait-il pas batailler au quotidien pour qu’ils admettent ses traitements novateurs ? Comme quoi, sans son amour-phare, Ysaline aurait déjà rendu les armes.
Max, son Max, que deviendrait-elle sans lui ? Jamais il ne devrait savoir qu’elle avait volontairement interrompu sa grossesse. C’était sans compter sur le flair de son époux…
La terreur la cloua au sol quand d’un geste de Max la fiole de mort lui échappa. Mille idées sournoises aussi qu’horribles lui sautèrent à l’esprit :
 
* Il va me maudire, me répudier, m’enfermer…*
 
Contre toute attente, l’explosion de colère prévue ne vint pas, au contraire. Avec une douceur incroyable, il la releva pour la conduire dans leur chambre où, la serrant, l’embrassant, il la berça en faisant preuve d’une générosité et compréhension extraordinaires, allant même jusqu’à, éventuellement, accepter sa décision radicale :
 
… si tu n’en veux pas, de ce petit, je ne vais pas insister…c’est toi qui comptes pour moi…rien que toi… 
 
Pleurer, pleurer encore et encore, vouloir disparaître sous terre d’avoir osé penser à l’innommable :
 
JE VOULAIS CET ENFANT ! JE LE VEUX TOUJOURS !  J’ai honte, tellement honte d’être… lâche, négligente, nulle ! Regarde-nous ! On bosse toute la journée dans des conditions bien pire qu’en Afrique, à mon sens. Être 24 h sur 24 sur le dos des gosses n’est pas bon non plus mais telle qu’est notre vie actuelle, c’est pas la joie pour eux non plus !  Je ne vois pas comment nous en sortir…  
 
Lui, il trouva :
 
 ..Ma chérie, suis un organisateur hors pair, si j’ai pu gérer mes réfugiés crois moi que je saurais m’en sortir avec mes propres enfants…en plus Alex part en pension en Septembre…et avec les filles, pas trop dur…   
 
Pour un peu, elle aurait rigolé de tant d’optimisme mais était si heureuse qu’elle agréa en toute joie de cœur.   
 
D’un commun accord, Max et Ysaline n’annoncèrent pas directement la future naissance à leurs autres enfants. S’ils s’étonnèrent de les voir plus fréquemment, nul ne s’en plaignit, surtout pas Alex qui adora ses virées privées avec son père. Ste Mangouste ne fut pas tenu au courant non plus car le docteur Von Falkenberg redoutait la déconsidération de la vieille garde pour qui une femme enceinte devait rester sous cloche 9 mois. Néanmoins, son hyperactivité naturelle marqua un recul que ne ratèrent pas ses principaux détracteurs, le docteur Brahms en tête.  
 
Dr. Von Falkenberg où sont les rapports de ces cinq cas ? Tout le monde sait que vous êtes le chouchou d’Asimov mais vous en prenez beaucoup trop à votre aise, ces temps-ci ! Je les veux dans une heure sur mon bureau. … dr. Von Falkenberg ces résultats d’analyse sont incomplets ! On se demande à quoi on vous paye !... Dr Von Falkenberg si je vous y prends encore à être assise au lieu de faire votre tournée, je vous virerai personnellement…  
 
Et ainsi de suite à longueur de temps…
Avec ça, il fallait préparer les rentrées scolaires. Pour Alex, pas de souci, on avait encore deux mois devant soi mais pour les filles il fallut en visiter des institutions moldues afin de décider laquelle serait la plus propice à la socialisation des demoiselles car, au départ, voulant éviter un autre mauvais précepteur, les Von Falkenberg envisageaient cette alternative. Hélas, le problème était loin d’être simple. Les écoles privées avaient déjà atteint leur quota d’élèves depuis, parfois plein des années auparavant, et les publiques n’étaient pas très, trop… De plus, on ne pouvait risquer que les fillettes, même déjà au point question discrétion quant à l’existence de la sorcellerie, caftent pas mégarde.  
Petits ou grands, tous ces tracas minaient Ysaline la rendant susceptible, à cran.  
Vint une bouffée d’oxygène inespérée avec le débarquement de ses parents qui ne furent pas long à capter la situation. Leur solution : prendre les enfants ces deux mois d’été.  
Pour la forme, Ysaline râla :
 
Max, ce sont NOS enfants, pas des colis encombrants ! Deux mois en France ? *Les veinards !* Ils ne nous reconnaîtrons plus au retour, nous n’aurons plus aucune autorité sur eux. Tu sais combien ils seront gâtés…  
 
Mon amour, ils ne peuvent être en meilleures mains…et ne seront pas bien loin, on pourra y aller les week-ends…Ta mère est très emballée et ton père, je ne dis  pas…tu l’as vu ?...C’est Papa qui va être jaloux…
 
Tope-la ! Affaire conclue.  Avec un sentiment de honteuse béatitude, Ysaline goûta pleinement cette sorte de retour aux sources sauf que si elle devait compter le nombre de jours passés en tête-à-tête avec Max, ils étaient si rares que c’en était effrayant.
Seuls, ils ne le furent jamais vraiment car il y avait toujours bien un domestique ou l’autre pour se plaindre et réclamer. Néanmoins, cette quiétude, ce silence apaisant possédait un aspect démoralisant.
Combien de fois Ysaline ne se surprit-elle pas à la porte des chambres des enfants, prête aux baisers et histoires du soir, avant de réaliser leur absence…  
À l’hôpital, bien qu’ayant recouvré beaucoup d’allant, Ysaline continua à affronter le front d’opposition.  Ces tensions perpétuelles l’épuisaient.
Ce jour-là, après une réunion particulièrement pénible avec le conseil des gestionnaires qui lui reprochait de dépenser les produits sans compter, elle rentra crevée. Elle eut la surprise de trouver Max en train de consulter fébrilement les marchés immobiliers. Elle tomba des nues quand il lui sortit désirer déménager.
 
Il… il est vrai que ce monstre, même aménagé agréablement reste… sinistre, avoua-t-elle en marchant sur des œufs… la banlieue changerait, oui… Mais qu’envisages-tu de faire de cette *antiquité* maison ?
 
Euh, celle-ci…on peut la vendre ou en faire quelque chose d’autre…une clinique, comme celle de Lavinia, par exemple…   

Oh la belle perspective…  
Elle freina le flot d’idées qui envahit son esprit, s’asseyant près de son époux pour consulter les pages de l’ordinateur. Quelle franche rigolade :
 
Regarde celle-là ! Elle est splendide, non ?... ah, oui, c’est loin de tout… Et celle-là ? J’aime beaucoup ce living si lumineux avec vue sur le lac… Là, quatre chambres c’est chiche, il nous en faut au moins le double, quoique…  Et le personnel d’ici, tu y as pensé ?
 
Il accorda ne pas trop y avoir songé encore. Tout à la joie de bâtir ensemble des projets sur la comète, ils s’en fichèrent un peu pour le moment. Seulement, leurs conciliabules ne tombèrent pas dans les oreilles de sourds…  
Un Lawton affolé courut aux cuisines, rameutant le petit monde des employés de maison :
 
L’heure est grave. J’ai surpris leur conversation : ils vendent le manoir !
 
Coup de tonnerre, stupéfaction ! Tous réclamèrent des détails sur le quand et comment. Un vent de rébellion souffla aussitôt. Des décisions furent arrêtées :
 
S’ils l’ont décidé, nous n’y changerons rien. Que chacun s’arrange à sa guise. Bonne chance à tous !
 
Dès le lendemain de l’évocation de l’hypothèse du déménagement, Ysaline constata des… changements. Si ses œufs au plat furent cramés, jamais on ne les lui changea si vite. Entre profonde déférence et manquements à tout respect, elle ne sut quoi penser en arrivant à Ste Mangouste où, une fois de plus, on critiqua tant ses méthodes que sa personne.  Il s’en fallut de peu qu’elle ne monte sur ses grands chevaux mais une diversion inattendue se présenta avec la disparition soudaine du Dr Nielsen.  Si la surcharge de travail lui fit dépasser ses récriminations envers la direction, le retour d’Erik faillit la faire disjoncter. Accompagné de personnes très connues, elle accrocha Max au passage :
 
Qui amenez-vous ? Pourquoi Meg est-elle là ? Ne me dis pas que c’est… ?
 
Hélas si, il s’agissait de John Smith qui avait été victime d’un sniper en plein cœur de Londres. Elle aurait voulu voler au chevet de celui qu’elle avait eu tant de mal à reconstruire en Afrique mais Brahms, sur ses talons, ne lui accorda que quelques secondes d’examens :
 
Nielsen s’en charge. Vous vous occuperez de ses patients, des vôtres et des miens, tant qu’à faire. J’ai une réunion très importante au Magenmagot pour des questions… budgétaires…  

Tout ça dans la foulée d’un sourire fielleux.
 
Tout cela perturba Ysaline. On avait déjà attenté à la vie de John. Ici… Hasard ou poursuite ? De plus, Mrs. Von Falkenberg dut constater qu’avec les sursauts de sa propre vie, elle avait vachement zappé celle des autres. Incrédule, elle en apprit des choses de la bouche de son mari :
 
… hein ? Le duc de truc est mort et c’est le jeune marié qui lui succède ? … la petite Angel duchesse ? Tu veux rire ?
 
Il ne riait pas. Constatation finale : leur vie sociale était vraiment nulle.  
Puisque John allait bien, on passa à autre chose. Les désaccords de leur personnel finirent par leur mettre la puce à l’oreille.  En ayant marre de trouver les plats ou trop cuits ou servis à peine assis, les vêtements ou propres ou froissés, Max remit les pendules à l’heure à sa façon en convoquant sa maisonnée à qui il donna le week-end pour décider de son attitude finale en précisant qu’aucun choix n’avait encore été tranché quant à un déménagement.  Pourtant, lorsqu’une Ysaline blême et tremblante rentra au manoir y prendre sa valise pour aller visiter ses enfants en France, ils surent devoir accélérer leur choix. La voyant au bord de la crise de nerfs, Max se précipita, la bombardant d’attentions et de questions. Elle déclara relativement ferme :
 
… je viens de donner ma démission à Ste Mangouste.  J’ai pris les devants de Brahms qui rêvait de me saquer… peu importe les détails. Là, ils discutent encore mais même avec un pont d’or, je n’y remettrai plus les pieds. Vendons, mon amour. Je t’en prie, réalisons nos rêves !
 
On verrait qui resterait après leur escapade.
Week-end de paix, à d’autres !  
D’ordinaire, c’était la fête que de revoir la marmaille, de constater ses évolutions, de batifoler avec elle.  Cette fois, les parents étaient si sérieux que les enfants se montrèrent quasi peureux surtout quand Max s’essuya les lèvres en fin de repas pour annoncer à la ronde plusieurs faits dérangeants qu’ils encaissèrent très… différemment.  
Dans l’ensemble, la nouvelles d’un déménagement fut agréée avec un certain enthousiasme. Certes, ils regretteraient peut-être leurs folles parties de cache-cache mais du moment que  chacun dispose de son petit univers, ça leur allait. Cependant, lorsque Max, ému et fier, annonça que la famille allait s’agrandir, si les filles bondirent de joie, Alex jeta sa serviette en travers de la table :
 
Quoi ? T’es en cloque ?
 
Tous furent tellement choqués que nul ne réagit direct. Le petit démon en profita :
 
J’aurais dû m’en douter avec cette taille de vache que tu prends ! Un pion, chasse l’autre, c’est ça ? C’est dégueulasse, je vous hais, JE VOUS HAIS !
 
Il tourna les talons en renversant sa chaise. Plus prompte que Max, Ysaline l’entrava proprement :
 
Ne t’en mêle pas, mon chéri. C’est entre lui et moi cette fois !
 
 Lévité en beauté jusque sur son lit, le saucisson déchaîné fut à deux doigts de subir un bloclang mais Ysaline préféra le Pax.
 
Tu dois m’écouter sans broncher Alex. Il est des choses qu’il est grand temps que tu connaisses sur papa et moi…
 
Comme quoi ? Que tu t’es toujours fichue de moi ? Je plains ce mioche de devoir se farcir une « mère » pareille !
 
Je ne suis pas idéale, j’en conviens. Quand tu  sauras tout, tu verras que je ne suis pas une maman si moche que ça, surtout en comparaison d’Adélaïde, ta grand-mère, ma mère biologique. Peut-être crois-tu que papa et moi avons mis en route ce bébé pour te remplacer ? Tu te trompes, Alex chéri. Laisse-moi te raconter une histoire. Elle est triste, très heureuse aussi. C’est surtout  une histoire vraie : la tienne, la nôtre !

Il était une fois, une très jeune fille qui ne savait pas comment occuper ses loisirs ni embêter ses parents…
 
Tout y passa, depuis sa rencontre avec Max dans un avion, leurs approches houleuses, hésitantes puis l’explosion de leur flamme avec la foule de conséquences dramatiques qui en découla.
 
Voilà mon ange, voilà pourquoi je ne t’ai pas connu avant tes deux ans, pourquoi à un moment donné je t’ai presque oublié, pourquoi Sophie nous a rejoints puis Louise et enfin… cet enfant-ci que, sans l’amour infini de ton père, j’étais prête à sacrifier pour toi et tes sœurs…  
 
Alex avait bien des défauts mais aussi beaucoup de qualités, et cette franchise totale, il l’apprécia à sa valeur, tel un cadeau en reconnaissance de sa maturité.  
Libéré d’entraves, il se comporta comme tous les petits garçons du monde en allant se blottir contre le giron le plus accueillant reconnu. En reniflant et bredouillant des excuses contre son emportement, il demanda, soudain sérieux :
 
Fille ou garçon ?
 
On n’était pas à une confidence près. Elle la lui souffla dans l’oreille et il rit.  
 
Ces mises au point achevées, on s’amusa énormément ce reste de week-end. On se quitta rassérénés avec promesse de visiter leur prochain home sitôt une liste fiable établie.
À leur arrivée, tous les employés au grand complet étaient présents. Transformé en porte-parole, Lawton s’avança à leur rencontre :
 
Madame, Monsieur, le personnel a décidé de rester à votre service le temps que vous jugerez bon de l’employer. Aucun manquement ne surviendra, nous l’assurons.
 
Un bien, un mal ? La sélection n’en serait que plus dure.
Et, tandis que Max peaufinait les annonces immobilières, Ysaline s’interrogeait : clinique privée simple, de luxe ou publique ? Quel débat !
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Re: Il est difficile d'aimer

Message par Max Von Falkenberg le Mar Juil 01 2014, 22:16

C’est beau, trouver une bonne idée ! Rien qu’à  voir l’expression rêveuse de son Ysaline, Max pouvait s’estimer le plus heureux des hommes. Il était parvenu à la distraire, facile à deviner, de ses parfois moroses cogitations.  Sans perte de temps, ils se mirent à  éplucher les pages de l’immobilier, et pas à dire, il y avait presque l’embarras du choix.
Mais bien sûr, ils étaient exigeants et savaient ce qu’ils voulaient. Avec quatre enfants, il fallait de l’espace, pour ne pas parler du reste de la maisonnée.
 
Et le personnel d’ici, tu y as pensé ?
 
Euh, à vrai dire…pas trop ! Faudra y penser quand même, on ne va pas les mettre à la rue !
 
Mais bien sûr, dans une maison comme celle-là, les maîtres parlent, les domestiques écoutent. Loi vieille comme les siècles. Ils n’avaient encore rien décidé que la nouvelle s’était répandue mieux que feu de brousse.
Qui fut l’artifice de la débâcle ? Inutile de chercher, personne ne dirait mot. Max connaissait cette solidarité aveugle entre des gens qui, ennemis la veille, s’unissent soudain face à un ennemi commun.  Cela marchait au fond de l’Afrique, il en allait de même à l’office de Stillworth House et l’ennemi à vaincre, c’étaient eux !
Résistance passive ? En tout cas, ça y ressemblait. C’est vrai qu’on ne les embusquait pas dans les couloirs sombres, la nuit tombée mais le service en général en pâtit  durement. On ne s’y retrouvait plus dans cette embrouille domestique.
 
Ils font le coup des babouins, qui ont découvert que l’union fait la force…une fois sur place, même pas un lion ne va leur disputer l’endroit…sauf que là…on se comprend, mon ange !, il se marrait en pensant à la tête de Lawton se sentant profondément outragé d’être comparé à un macaque, ça lui apprendra à écouter aux portes !

Mais la vie continuait, avec ou sans petite révolte domestique. Ysaline se dépensait à n’en plus pouvoir à Ste. Mangouste, où, Max en était sûr, on se la jouait aussi à la dure. Sa chérie ne s’en plaignait que rarement, mais il n’avait pas besoin de trop pour comprendre, il lui suffit de s’y pointer avec un John mal en point rapatrié d’un hôpital moldu, pour savoir de quoi il en allait. Impossible de rater les paroles distillant arrogance d’un certain Brahms.
 
C’est John…on lui a tiré dessus en pleine rue…à croire qu’on lui court toujours après !
 
Pour son bonheur John s’en tira quitte pour des bobos mineurs, compte tenu de l’intention première et rentra chez lui plus vite que prévu.
Sur la foulée, on apprit la mort du Duc de Gilmore, chez qui on avait festoyé relativement peu auparavant, lors du mariage de son fils.
 
Hein ? Le duc de truc est mort et c’est le jeune marié qui lui succède ?
 
Comme tu l’entends, ma chérie…paf ! D’un seul coup…un accident de la route, enfin…pauvre mec, je le plains…
 
Surtout qu’il pensait que c’était exactement ce qui se passerait avec lui au cas où son père mourait, mais valait mieux penser que Karl Théodor était immortel !
 
La petite Angel duchesse ? Tu veux rire ?
 
Ben non, ça s’est passé il y a plus d’une semaine…mais nous on a rien su…on vit isolés, ma douce…on devrait au moins regarder la TV !
 
Et faire des efforts de socialisation, entre autres !
Quand pour deuxième jour consécutif  on servit à Max du porridge, tiède par surcroît, alors qu’il détestait ça, le porridge s’entend, et que ses chemises apparurent comme si un gros chien y avait dormi dessus, il sut que le moment de mettre les choses au clair était venu.
 
Lawton, réunissez moi la compagnie, là, de suite ! Pas la peine de me regarder comme ça…suis fâché, que ça vous mette en ambiance.
 
Cela ne prit pas plus de cinq minutes et ils étaient tous là, du majordome au dernier des marmitons.
 
Ok, on va faire court…Madame et moi, on en a ras le bol de vos bêtises. Vous écoutez aux portes, comprenez ce qui vous chante et faites du n’importe quoi. Je me demande où vous voulez en venir ? Garder vos postes ? Sans doute, mais vous allez m’excuser, vous vous y prenez comme des vrais pieds. Avec cette attitude stupide on n’ira pas bien loin, surtout que rien n’est décidé. Vous avez ce week-end pour voir ce que vous allez faire. À mon retour lundi, je veux des réponses claires et attitudes conséquentes. Compris ?
 

Les laissant débattre, il alla s’enfermer dans la bibliothèque à attendre Ysaline. Celle-ci arriva plus tôt que d’habitude. Impossible de ne pas remarquer sa pâleur et son air défait.
 
Ma chérie…mais qu’est-ce que tu as ?...Qu’est-ce qu’il se passe ?...Tu ne te sens pas bien ?
 
Je viens de donner ma démission à Ste Mangouste.  J’ai pris les devants de Brahms qui rêvait de me saquer.
 

*L’imbécile !*
 
C’était fini, décidé, elle ne retournerait pas à Ste. Mangouste même si on lui suppliait de le faire.
 
Vendons, mon amour. Je t’en prie, réalisons nos rêves !
 
Bien sûr qu’on va le faire, ma douce, sois en convaincue ! Maintenant, faisons les bagages et filons…un week-end merveilleux nous attend !
 
Il ne fut pas si merveilleux que ça, leur week-end. Du moins au début ! Ils avaient décidé de mettre la famille au courant de leur idée de déménager et surtout de dire aux enfants qu’ils auraient bientôt un frère ou une sœur.
Personne ne s’attendait au tollé passionné que souleva cette dernière nouvelle.  La réaction éperdue d’Alex fut une rude épreuve. Si Ysaline se chargea de mettre les pendules à l’heure avec le mioche récalcitrant, Max lui ne savait plus à quel saint se vouer pour remettre son fils sur le droit chemin. Il croyait y être parvenu, mais apparemment à peine on le perdait de vue, le petit faisait ce qui lui passait par la tête.
 
Aller à l’école lui changera les idées !, se risqua à dire Adémar pour consoler son beau-fils dépassé.
 
J’en serais pas si sûr, maugréa Max, accablé, je ne comprends rien…il était un si gentil garçon et là…
 
C’est un petit garçon qui grandit, qui cherche ses repères, dit doucement Maria Eli, il est confus…mais finira par y voir clair…Calme-toi, Max…tout ira bien !
 

Il voulait y croire. Cette situation le blessait cruellement, lui qui ne voulait qu’une famille unie et heureuse. Ses filles semblèrent comprendre qu’il avait besoin d’être consolé et s’y appliquèrent avec entrain.
Après une longue conversation avec sa mère, Alex, l’air sincèrement contrit, présenta ses excuses à tout le monde et en spécial à son père. On essaya d’oublier les faits dérangeants et le week-end s’écoula tout aussi bien que possible.
 
Les domestiques n’étaient pas montés aux barricades en leur absence, déjà ça de gagné. Au nom du personnel, Lawton, assura leur loyauté et désir de rester au service en promettant qu’il n’y aurait plus de manquement  à reprocher.
 
Je peux presque comprendre pourquoi les sorciers préfèrent avoir des elfes, pas de problème avec eux…ça obéit, un point c’est tout !...M’enfin, on fera au mieux…on verra bien où caser tout ce petit monde !
 
Les recherches d’un nouveau foyer reprirent de plus belle, tout en réfléchissant que faire avec l’actuel. L’idée d’en faire une clinique plaisait à Ysaline mais décider quel genre d’établissement cela pourrait être se révélait ardu.
 
Te casse pas la tête, mon amour…Il y a tellement de place que tu peux faire ce que tu voudras…On aménage une partie pour une clinique pour les démunis et l’autre pour des clients privés, bien nantis qui aiment  qu’on soit aux petits soins avec eux…du coup, les domestiques peuvent choisir…ils restent au service de la clinique ou nous suivent au risque de ne pas l’avoir si facile…
 

Affaire réglée !
La maison était parfaite, correspondant parfaitement à leurs attentes. Un vrai coup de cœur ! Sans perdre du temps, Max s’adressa à l’agent immobilier et fixa un rendez-vous pour le lendemain.
Ample, lumineuse, avec assez de chambres pour caser famille et invités occasionnels.  Place pour bureau-bibliothèque, une somptueuse cuisine et un parc magnifique. Des annexes judicieux, et un petit cottage, parfait pour un couple de domestiques qui assureraient la bonne marche de l’ensemble. Il fallait faire quelques rénovations et adaptations mais Ysaline semblait aussi enthousiasmée que lui.  Un seul hic, un autre couple avait visité la veille et avait fait déjà une offre.

Ce n’est pas un problème, assura tranquillement Max à l’agent, je relève l’offre, disons de 5000£, ma femme et moi voulons cette maison…tenez moi au courant.
 

Mr. Crow, l’agent avait du mal à y croire. Depuis des mois que cette maison était en vente et personne ne s’y intéressait, et voilà que d’un coup, deux propositions d’achat se succédaient en question de 24 heures.
 
Si la contre part ne fait pas mieux d’ici 15 jours, elle est à vous !
 

Tope-là ! Mais l’affaire n’était pas pour autant dans la poche.
 
Crow a appelé…l’autre a encore relevé notre proposition…j’ai fait de même !...T’en fais pas, mon cœur, elle sera à nous, tu as ma parole !
 

Il aurait décroché la lune pour la voir contente, donc, quand on lui annonça que le prix avait encore augmenté, Max fit encore une contre-proposition, assez irrésistible.
 
 *À ce train-là, le propriétaire va empocher une véritable fortune !*
 

Si l’argent ne posait pas de souci, ça l’énervait quand même d’avoir à affaire à quelqu’un d’aussi têtu que lui. Dise ce qu’on dise, la vie dans la cambrousse était beaucoup moins stressante, mais bien sûr, pas question d’en parler.
Sur ces entrefaites, arriva l’invitation pour le mariage de John et Megan. Ils choisirent soigneusement un cadeau pour leurs amis mais le jour  venu, Ysaline souffrant d’une migraine, désista d’y aller,  et assurant se trouver mieux dans sa chambre en demi-pénombre, en silence, ne laissa à son mari d’autre recours que d’y aller tout seul.
Petit comité. Haut niveau. On se connaissait tous, plus ou moins. Les amis des amis. Max se scotcha un sourire bon enfant et se joignit à la fête en pensant que la cravate l’étranglait et qu’il se sentait plus à l'aise discutant bétail avec un chef tribal que là, à départir de thèmes divers, la pluie et le beau temps inclus, en si bonne société.
Une chose menant à l’autre il se trouva en bavardant avec Lord Justin Davenport, ex-Serdaigle, qu’il avait toujours tenu pour pincé et imbu de soi.  Marrant, l’autre ne semblait pas avoir eu un meilleur concept de lui, mais là, dans cet élégant restaurant, portant des toasts pour leur ami John, on réalisait que la vie avait joué son rôle. Et comment !
Entre ceci et cela, parlant biens immobiliers, ils réalisèrent être le train de se damer le pion mutuellement pour la maison de leurs rêves. Instant de flottement. Comment réagit-on dans ces cas ? Justin ne semblait pas trop à l’aise, Max était carrément de mauvaise humeur. Ce type présomptueux qui ne l’avait jamais encadré, et c’était réciproque, était mine de rien coupable de pas mal de déboires l’atteignant. Pourquoi lui sortir le truc du poison à Tchernobyl ?...En tout cas, la noblesse d’âme étant le fort de Davenport (le sien aussi, mais pas en ce moment) Max, pour une des rares fois dans sa vie, en profita allègrement avec son meilleur air d’ange innocent.
Il avait l’air sincèrement affecté, mais Max ne discuta pas. Ysaline serait ravie avec la nouvelle, voilà de quoi la distraire de ses multiples préoccupations.
On passa plutôt à parler d’autre chose, en fumant un cigare, comme des bons vieux camarades d’école, contents de se retrouver, ce dont Max n’était pas sûr que ce soit le cas. Ils avaient des intérêts communs, qui l’eut dit ! Qu’il en sache long sur inversions et placements sembla assez surprendre Justin, qui vraisemblablement le tenait pour un casse-cou altruiste, sans plus.
Un appel sur son portable fit pâlir son interlocuteur de façon assez alarmante. Il raccrocha, décomposé.
 
Dis donc, ça va, toi ?
 
Tu connais bien Smith, toi ?... Si je te dis que j’ai la preuve qu’on veut le descendre, tu fais quoi ? …
 

Encore !?, ce n’était sans doute pas la réponse attendue, on se doute bien que si on lui a tiré dessus ce n’est pas force de l’avoir pris pour un canard…Ah bon ? Encore un essai…du poison ?...Il y a vraiment quelqu’un qui le veut hors de son chemin…La seule chose qu’il reste à faire, à mon avis, est de le prévenir, tu ne crois pas ?
 

Mr. Smith bavardait avec le Duc de Gilmore, ils foncèrent pratiquement sur lui pour l’entraîner un peu à l’écart. Manœuvre qui ne passa inaperçue pour personne.
 
Mais c’est quoi ça, riait-il, un peu éméché. Une sorte de bizutage du nouveau marié ?
 
Désolé, mon pote, rien d’aussi marrant…On t’a de nouveau dans la mire…pas nous, John…les AUTRES !
 
Les vapeurs éthyliques ne l’empêchèrent pas de recevoir 5/5, en un instant, il avait la tête claire. Max résuma les informations, la réaction de John  fut celle qu’on pouvait attendre : selon lui, personne ne pouvait lui en vouloir à ce point.

 Une balle dans le buffet, du poison dans le vin et Dieu sait quoi d’autre encore…plus discret que l’autre fois mais la fin visée est la même…, une paire de détails pour mettre Justin au parfum, un ennemi puissant, jadis…cette fois, je dirais qu’il fait moins voyant.
 

Michael qui les avait rejoint avec J.O voulut en savoir plus mais John refusa de parler en assurant que de le faire, leurs vies seraient compromises. On échangea des regards d’intelligence, cette mise en garde voulait déjà beaucoup dire.
 
Je suis persuadé qu’il s’agit d’une chose complètement en dehors…

 
*Bon Dieu, il attire les emmerdes mieux qu’un paratonnerre la foudre !*
 
On se quitta sur la promesse de se tenir au courant et de ne pas l’ouvrir, pas question que la belle Mrs. Smith n’ait vent de l’embrouille.
 
*Futée comme elle est, Meg en sait sûrement plus que nous !*

 
Ysaline lisait, installée en tout confort au fond du divan. Pete à ses pieds et Pepe dormant dans son petit hamac. Max resta sur le seuil du petit séjour à s’emplir les yeux de cette scène si paisible. Elle releva la tête de son livre et sourit, alors qu’il se défaisait de la cravate et faisait tomber sa veste.
 
Ça va mieux, hein ?, il s’accommoda auprès d’elle, oui…c’était sympa tout plein…belle cérémonie, le restaurant est magnifique…on devra y aller…mais j’ai surtout une super nouvelle, mon cœur : la maison est à nous ! , il raconta par le menu sa rencontre avec Justin, mais non, voyons, l’ai pas menacé…tu en as des idées…suis sûr que ce sont nos trois enfants et demi qui ont fait pencher la balance…Comment se porte mon fils, ce soir ?...et la plus belle maman du monde ?...et parlant de mamans…pas à dire, c’est l’explosion démographique là…tu savais qu’Alix attend des jumeaux ? Michael est au septième ciel !
 

Le lendemain, au petit déjeuner, John Smith appela : on avait essayé de l’abattre cette nuit ! Max passa la voix et une heure plus tard, cinq hommes circonspects se penchaient sur le peu d’information dont ils disposaient. Megan-Katherine Smith, qui, comme avait supposé Max, en savait pas mal, prit part aux débats et ses remarques aiguës donnèrent de quoi  réfléchir.
 
Et tu dis que tout a recommencé après  cet entretien bizarre ?...Ça s’est passé au Ministère ?...Oh, moi…j’en sais rien, j’avoue n’y avoir jamais mis les pieds…ouais, drôle de sorcier…Mais, toi, J.O…t’es un des grands manitous là-bas, non ?...Non, Michael, c’est juste une idée…c’est la remarque de Meg qui m’y a fait penser…Ne nous racontons pas des histoires…c’est vous les experts…
 

Experts ou pas, ils restèrent sur leur faim. Après l’épisode du Ritz, il n’y eut plus de tentatives pour tuer John Smith.
 
M’est avis que ce n’est que partie remise…
 
Cela resta sans commentaire, ce qui ne signifiait pas qu’on y pensât moins. Chacun fit semblant de croire que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes et passa à s’occuper de ses affaires.
Impatience et magie aidant, ils déménagèrent avant la rentrée d’Alex. La nouvelle maison comblait la famille, il manquait encore un détail ci, un détail là mais l’ensemble était très réussi.  Préparer la rentrée de son aîné, ramena Max loin en arrière. Que de souvenirs ! Ça avait été si différent pour lui, qui ne rêvait que de prendre la clé des champs. Alex lui était tout émoustillé et absolument impatient de découvrir Poudlard. Karl Theodor qui avait tenu à être présent, sur le quai 9 ¾  se souvenait en riant d’avoir dû quasi stupefixer Max pour le faire monter dans le train, alors que son petit-fils prit congé de ses parents et fila comme le vent prendre place à bord.
 
C’est dingue ce que le temps a filé, souffla Max à son Ysaline, émue presque aux larmes, on ferme un chapitre et on en commence un autre…
 

Le Poudlard Express s’ébranla dans un nuage de vapeur et un sifflement strident…23 ans auparavant, Max avait pensé que cela tenait du cauchemar…là, il s’émerveillait d’avoir tenu si longtemps et d’être, bon an mal an, devenu un sorcier décent et un père accompli…
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Re: Il est difficile d'aimer

Message par Ysaline de Bettancourt le Sam Juil 05 2014, 16:20

À plus d’un titre Ysaline fut dépitée d’apprendre qu’une autre offre avait été faite avant la leur pour la maison fantastique dénichée par Max. Elle était si… tout ! Là, non seulement elle pouvait leur passer sous le nez mais, en plus, cela risquait de retarder de beaucoup la mise en place des transformations prévues pour le domaine. Or, depuis que sa décision de quitter Ste Mangouste était tombée, Le Dr Von Falkenberg rêvait éveillée.  Même si sa grossesse freinait son hyperactivité, elle n’empêchait en rien Ysaline de gamberger des heures durant. Que faire d’autres, du reste ? Libérée des contraintes du boulot, à part s’occuper des plans, à quoi aurait-elle dépensé son énergie ? Elle transplanait bien deux fois par semaine plutôt qu’une en France où tout baignait mais cela ne suffisait pas à son manque d’activité. Alors, en attendant la rentrée du 1er septembre, grâce à Max qui connaissait un type dont l’ami de l’ami était architecte sorcier, on se mit à l’ouvrage pour bâtir le futur.
John se mariait. Sincèrement, Ysaline en était très heureuse mais une fichue migraine, comme elle en avait de plus en plus fréquemment ces derniers temps, la priva le festoyer avec la clique.  Dormir ? Elle aurait aimé aussi. Hélas, ce soulagement lui était interdit et puisqu’elle ne voulait d’aucune drogue dans son état…
Il n’était pas très tard lorsque Max rentra des noces.
 
Déjà ? Ça a été ?... moi ? Un peu mieux… Mais dis-moi tout !  
 
 C’était sympa tout plein…belle cérémonie, le restaurant est magnifique…on devra y aller…mais j’ai surtout une super nouvelle, mon cœur : la maison est à nous !
 
Hein ? Comment ? Par quel miracle…  
 
Nom d’un gnome ! Davenport avait été leur rival ? Il abandonnait en raison de leur statut familial ?

Quel galant homme, rigola-t-elle. Une veine pour lui que nous ne l’ayons pas su avant que ça s’arrange. Je lui aurais réservé une surprise cuisante… comme un furonculus mal placé !
 
Max s’esclaffa copieusement en imaginant sans doute les fesses de Davenport. Puis, mi-sérieux mi-mutin, il prit des nouvelles du bébé en gestation et confirma ce qu’Ysaline soupçonnait déjà au sujet d’Alix, même qu’il s’agissait de jumeaux car le Dr Mayhew n’avait pu s’empêcher de l’ouvrir entre consoeur, s’étonnant qu’une femme mette en doute son diagnostic et veuille tant d’assurances quant à la bonne évolution de ses fœtus. Mayhew en avait pris pour son grade lorsqu’Ysaline lui avait répliqué que si elle avait lu attentivement le dossier de Mrs. De Brent, elle aurait été bien plus compréhensive.
 
La période suivante fut riche en occupations. Partagés entre deux chantiers, Ysaline et Max ne chômèrent pas. La magie, discrète mais de bon aloi, soulagea tout le monde.  
La maison était un rêve bien tangible maintenant ! Du personnel de Stillworth, seul Lawton fut retenu. Une intendante et deux chambrières externes complèteraient le service. La nurse engagée - une certaine Rose Peventies – se montra une quarantenaire aussi  dynamique que savante. Même si les époux eurent une impression de déjà croisé, aucune allusion ne filtra sur le passé de cette employée qui se dévoua entièrement aux petites Misses durant les absences de leurs parents tellement en mouvement.  
Quand vint l’heure de la séparation avec Alex sur le quoi 9 ¾  , Ysaline ne put s’empêcher de verser quelques larmes. Son beau-père l’enserra doucement :
 
Il fera mieux que Max, j’en suis certain !
 
C’est pas ça… je perds mon grand *et ma jeunesse folle avec lui…*
 
Karl Theodor prouva qu’il n’avait rien perdu de sa fougue d’antan. Curieux de voir ce que son fils avait décidé de fabriquer avec son héritage, une fois au courant, il ne cessa d’insister pour participer à l’immense projet de ses enfants.  
 
Révolutionnaire ! J’adore l’idée ! Moldus et sorciers soignés aux petits oignons, les riches crachant pour, et non sur, les moins nantis : ça va créer des remous…  

Mais dites-moi, la nurse… Rose, elle est mariée ?  
 
Que le grand-père s’installe à proximité n’étonna personne d’autant qu’il prouva sa sagacité à plus d’un titre.
 
Il va falloir créer une barrière invisible entre les castes… Et le personnel soignant ?... Avez-vous étudié les problèmes juridiques, ceux de l’intendance… ?  
 
Misère ! Ça en faisait des choses à régler avant ouverture !  
 
Le personnel, Ysaline s’en chargea seule.  Les hiboux envoyés reçurent beaucoup de réponses positives. Que Ste Mangouste soit dépossédé de plusieurs praticiens de renom ne la gênait en aucune façon. À croire que Brahms en avait soulé plus d’un.  
Qu’Erik Nielsen soit le premier à se présenter à l’entretien n’étonna pas trop Ysaline qui avait de grands projets pour ce prodige de la médecine doublé d’un doctorat en droit, des deux côtés de surcroit. Pour appâter celui qui, sans trop le savoir, devait la vie aux Von Falkenberg et consort, elle n’y alla pas avec le dos de la cuillère : il serait directeur général, au même statut qu’elle-même.  
Qui pourrait résister à une telle offre : ne plus avoir de chapeau poussiéreux à dos ?  
Un laboratoire de pointe fut bâti dans les règles de l’art. Pour le diriger, Ysaline aurait souhaité qu’Alix en soit. Vu son état… sans doute plus tard. Ce fut la nurse Rose qui lui suggéra d’embaucher Angel Strang-Westwood-Grisham en précisant qu’il faudrait certainement laisser des « libertés » d’expérimentation à la duchesse.
Pour veiller sur les démunis, immédiatement, Ysaline pensa à John Smith.
Ils s’entretinrent longuement et, même s’il agréa aussitôt, Ysaline ne put se départir d’une sorte de malaise à son endroit. Avec la grossesse qui s’avançait, les pressentiments d’Ysaline croissaient.  Une ombre planait au-dessus de son ami, elle l’aurait juré.  
Ce soir-là, après avoir couché les filles, enfin seule avec son époux qui, gentiment, lui massait le dos, elle demanda :
 
Tout va bien avec John ? Il ne m’a pas paru en superforme, comme si quelque chose le tracassait…
 
Les révélations hésitantes d’abord, plus fluides ensuite de son Max, la firent bondir :
 
…Quoi ? Et c’est seulement maintenant que tu me le dis ?
 
Par deux fois connues, on avait à nouveau tenté de le descendre. Cela, plus divers accidents…
 
… Tu es certain que ça n’a pas de rapport avec son passé ?... Ok, plus rien depuis sa nuit de noce mais… Rien trouvé ?... Dommage…  
 
Octobre se pointa. Alex, évidemment expédié à Serpentard avant même que le choixpeau n’ait touché ses blonds cheveux, donnait régulièrement des nouvelles. Il adorait les cours de potions et de métamorphose, s’entendait bien avec la plupart de ses condisciples, rêvait de quidditch.  
Prévue pour le 15, l’inauguration de la clinique fut reportée par un détail juridique. Ste Mangouste appuyait de tout son poids pour empêcher les portes de s’ouvrir.
Loin de ces débats, Ysaline tenait des consultations privées, pour s’occuper. Angel, qui piaffait d’impatience pour utiliser les facilités du labo, l’appela, catastrophée. Au sortir d’une séance particulièrement houleuse du Magenmagot, J.O s’était senti mal ; il refusait de consulter quiconque.  S’y rendant, Ysaline ne put observer son patient qu’à distance. Ce qu’elle flaira n’était pas engageant :
 
J.O, j’aimerais procéder à…
 
Tintin ! Il l’envoya paître… dommage.
 
Autre sujet de tracas : Alix.  
Informée par Samantha Davenport avec qui bien des relations amicales s’étaient nouées après la rivalité immobilière, il semblait que les De Brent soient sous l’influence néfaste de la cousine de madame. Se renseignant en douce auprès du Dr Mayhew, Ysaline n’en crut pas ses oreilles :
 
Je ne comprends rien à cette femme ! Régulière les premiers mois, toujours anxieuse, elle a annulé ses derniers examens.
 
Elle s’est décommandée ?
 
Pas elle, sa cousine a téléphoné à chaque fois…  
 
Sam, très embêtée d’interférer ainsi chez les De Brent, marquait cependant une opinion tranchée sur cette envahissante Manon.  
 
… Et Michael comme Justin approuvent ça ? J’en parlerai à Max.
 
Chacune des dames promit de veiller au grain.
 
Max, mon chéri, as-tu pu discuter avec Justin récemment ?... Et Michael accepte cette… invasion ?... sois gentil, va les voir, s’il te plait…
 
Son rapport la scia : Manon était aux petits soins pour Alix avec laquelle elle s’entendait parfaitement.
Opal, belle-sœur des De Brent, ne mâcha pas ces mots concernant l’attitude de la « cousine ». Son Erik était convaincu de sa bonne foi, comme tous les hommes aussi.  
 
Quel nom de famille as-tu dit Opal ? Guerrand ?  Mince, je la connais !  Pas elle directement, mais sa famille, oui !  Du sang de vélane coule par là… La mère de Manon était une garce notoire qui a provoqué la ruine de cette branche… Papa aimait bien Jacques, le père… mais n’a jamais voulu que je rencontre sa fille trop… évaporée…  
 
On parla, parla. Un plan se dégagea pour sauver les De Brent des griffes de cette entremetteuse.  
Hélas, autant s’adresser à des murs…
 
*On file droit à la cata…*
 
Mi-Novembre, la clinique ouvrit enfin grand ses portes…   
 
Belle réception !
Toutes les autorisations en poche, des vastes compromis accordés et attestations signées par les parties, on régala la cantonade en commençant par le gratin. Sam, rayonnante auprès de son époux enchanté, annonça aux dames enceintes qu’elle rejoignait leur club. Tous étaient là à festoyer, se congratuler, envisager l’avenir, tous ceux plus ou moins impliqués dans l’aventure, sauf les De Brent…  
 
Opal, ton beau-frère n’a pourtant pas annulé…
 
Il débarqua un peu tardivement flanqué d’une créature agréable à l’œil mince comme un roseau, épanoui, heureux…  
 
À plusieurs, on lui tomba sur le râble :
 
Où est Alix ? Comment va-t-elle ?
 
Bien selon ses dires, préférant rester seule vu ses faiblesses.
Aucune des dames ne fut dupe. Impossible pourtant de quitter l’assemblée. Ce fut une petite elfe blonde qui provoqua l’esclandre en interrompant brusquement les amabilités en cours :
 
Maîtresse pas bien ! Vite !  
 
On planta le beau monde sorcier pour filer à la rescousse et rapatrier en urgence la première patiente des nouvelles installations...
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Message par Max Von Falkenberg le Jeu Juil 10 2014, 22:58

Nouveau chapitre. Vent de renouveau. Réalisation d’un rêve. Bâtir le futur …On pouvait donner le nom qu’on veut à cette espèce de folie organisée qui s’était emparée de leurs vies, le fait était que s’ils ne faisaient pas attention, cela finirait par les dépasser, les submerger et sans doute les rendre fous.
Max n’était pas à son premier projet-tour de force, mais celui-là allait plus loin que n’importe quel autre entrepris auparavant.  Son sens de l’organisation était proverbial, mais  l’aide, si spontanée, proposée par son père fut plus que bienvenue.
 
*il doit s’ennuyer, le pauvre, avec les Alpes en fond de décor et mes sœurs sur scène…à moins bien sûr que Nanny Rose n’ait quelque chose à voir…*
 
Mais l’idée lui sortit de la tête en révisant les plans soumis par Geoffrey Lindley-Wren. La rencontre avec cet architecte talentueux avait été une véritable aubaine.  La cinquantaine pleine d’entrain, Lindley-Wren n’était pas seulement descendant de l’illustre  Sir Christopher Wren (une de ses œuvres majeures est la cathédrale de St. Paul à Londres) mais aussi un sorcier d’ample vision, dont le travail était loué et reconnu, autant par moldus comme sorciers. Il ne fut pas difficile pour Max de s’entendre avec lui qui comprit vite, et très bien, ce que les Von Falkenberg envisageaient de faire. L’ambitieux projet était un défi  tout comme l’architecte les aimait.
Mais il n’y avait pas que le chantier qui occupait Max. Il fallait pourvoir sur tous les fronts. Les installations médicales méritaient toute son attention et pour cela il fit appel aux plus prestigieuses firmes internationales qui n’hésitèrent pas à se lancer dans un concours de propositions. Il en alla de même pour tout le reste. C’était un travail minutieux qui demandait toute son attention et surveillance.  Une chose était bâtir un petit hôpital en brousse, toute autre mener à bien un projet aussi téméraire où se conjuguaient tant de détails, tous de capitale importance.
 
Révolutionnaire ! J’adore l’idée ! Moldus et sorciers soignés aux petits oignons, les riches crachant pour, et non sur, les moins nantis : ça va créer des remous… Il va falloir créer une barrière invisible entre les castes… Et le personnel soignant ?... Avez-vous étudié les problèmes juridiques, ceux de l’intendance… ?  

Karl Theodor n’en ratait pas une, il s’investissait dans le projet tant et si bien, qu’il finit par déménager à Londres et laisser ses pénates allemandes aux bons soins de ses trois, trop envahissantes, filles.
Ensemble, ils choisirent les meilleures propositions, qui n’étaient pas toujours les moins chères, mais il n’était pas question de lésiner sur le moyens. Ce serait la qualité du service, en plus des compétences médicales, qui  marquerait la différence. Du côté sorcier, Ste. Mangouste menait haut le ton, par manque de concurrence. Du côté moldu, il y a en avait pour tous les goûts, à eux de savoir se démarquer, ce qu’ils entendaient très bien faire.   
Ysaline révisait encore des dossiers, réglait des détails avec le personnel ou autres quand Max rentrait en fin d’après-midi, assez claqué de sa propre journée. Alors entrait en jeu, l’accord qu’ils avaient passé et on cessait toute activité qui n’eut pas de rapport direct avec la famille. Nanny Rose descendait avec  Sophie et Louise et on passait la soirée comme une famille normale. Karl Theodor se joignait souvent à eux, régalant les enfants de ses histoires et surtout, on le remarqua un peu sur le tard, à faire charmante causette avec la sémillante gouvernante des filles.
 
On dirait que Papa est sous le charme…c’est vrai que Nanny Rose est assez unique…Mais non, voyons, qu’est-ce que je vais avoir en contre ? Suis le type le plus démocratique de la planète…si mon père est heureux, suis heureux avec lui…

Ysaline se moquait un peu de lui et de ses idées, mais n’en pensait pas moins. C’était si bon rire ensemble, la sentir si proche, partageant le même rêve et luttant pour le faire réalité. Mais quand le plus gros du travail fut fait, on était déjà début Octobre et si pris dans leurs diverses obligations, s’étaient un peu,  pas mal isolés de leurs amis. Temps de remettre les pendules à l’heure. Ysaline s’était gentiment arrondie et malgré tout son entrain, ne se sentait plus trop en capacité de courir après chaque détail.
 
Tout sera prêt à temps, mon cœur…tu auras la plus belle clinique du monde, la meilleure aussi !
 
Elle l’adorait pour cela mais avait aussi d’autres préoccupations en tête.
 
Max, mon chéri, as-tu pu discuter avec Justin récemment ?...
 
Euh, non…enfin, à peine…oui, il m’a raconté quelque chose sur  Michael …la cousine d’Alix qui vit chez eux…

Et Michael accepte cette… invasion ?... sois gentil, va les voir, s’il te plait…
 
Drôle de mission, mais puisque sa chérie voulait, autant lui faire plaisir. Il se présenta à La Tanière, mine de rien, en fin de comptes, quoi de plus normal que visiter de temps à autre les amis. Il fut reçu très amicalement par un Michael très content et une magnifique créature dont le sourire divin lui fit presque oublier la raison de sa visite. Alix semblait un peu lointaine et parla très peu,  mais la belle Manon, c’était le nom de l’ensorceleuse cousine, la couvait  admirablement de petites attentions avec le zèle d’une sœur aimante. Bien sûr, elle portait le double d’attention au mari de Madame, mais Max n’y trouva rien à redire et l’envia même un peu…Ce qu’il, bien entendu, n’avoua pas à sa femme chérie !
 
Tout baigne chez les De Brent, on n’a plus essayé de descendre John, Justin est heureux comme un pinson avec sa maison et la nouvelle du bébé…J.O n’a pas l’air en pleine forme mais qui le serait avec tout ce qui lui tombe dessus…Tu vois, mon ange, aucun besoin de te faire du mouron pour nos amis…
 
Plutôt simpliste, sa façon de voir les choses mais il n’avait jamais été trop porté pour cette socialisation à fond. Si pas de guerre, épidémie ou menace d’exil, ce petit monde pouvait très bien se débrouiller, d’autant plus qu’il avait assez à faire comme pour s’encombrer de la surveillance des faits et gestes des autres.
 
Ste. Mangouste fait du grabuge, hein ?...Le contraire aurait été étonnant, ma chérie, après tout, tu les as délestés de quelques éléments très brillants…Non, ma belle, aucune loi n’a été contrevenue mais fais comprendre à ces bornés des bontés de la saine concurrence…au fait, Lindley-Wren a fini l’aménagement du pavillon pédiatrique…
 
Et de faire un compte rendu complet et exhaustif des dernières avances, tout en massant doucement le dos endolori de sa femme chérie.
 
Tu devrais te reposer un peu plus, ma douce…Tout est prêt…si on ne peut pas inaugurer en Octobre alors ce sera le mois prochain…Nous devrions partir en vacances…
 
L’Idée, évidemment, ne rencontra pas l’écho espéré, il s’y était attendu. Ysaline était un bourreau du travail, tout comme lui. Elle était capable de travailler jusqu’au moment de l’accouchement, comme lors de la naissance de Louise.
 
Bon, si pas en vacances alors on va s’occuper d’autre chose que du chantier…Acheter des choses pour le bébé…il manque plein de trucs à la maison…puis on pourrait sortir avec les petites… 

C’est ainsi qu’on arriva à Novembre et à la fameuse réception d’inauguration. Tout se déroulait à merveille. Ysaline resplendissait. Leur rêve  se réalisait en beauté. Très en beauté, il faut dire. Cette assistance triée au volet ne tarissait pas d’éloges pour ces installations superbes…
Ceux-là furent les derniers moments vraiment joyeux, avant longtemps.
Remettre les pendules à l’heure demanda science et rigueur. Michael fut ramené, de force, à de meilleures considérations. Ce qui put se passer avec la vélane resta dans le mystère et personne ne se sentit le courage d’aller demander des explications.
Alix se mourait presque, ses enfants, si prématurés et faibles, demandaient des soins extrêmes, Michael sombrait dans la folie ; J.O, victime d’une leucémie aigüe se débattait entre la vie et la mort avec une chimiothérapie qui ne finissait pas de donner les résultats attendus.
La naissance de la fille de John et Megan apporta un peu de joie à la grisaille de ces jours tristes.
Et la vie continuait. Le succès de la clinique avait été immédiat.  La demande dépassait espérances et presque capacité. 
 
La semaine prochaine nous avons un sheik, il voulait tout l’étage et était prêt à débourser une fortune, racontait Max au dîner, il a fallu lui faire comprendre que c’est une clinique privée…pas le Ritz !...Il a pas mal de demandes spéciales…enfin, on fera avec …Oui, ma chérie, je me suis occupé de tout…tu ferais mieux de prendre les choses avec un peu plus de calme…Non, mon ange, Alex ne sera là que le 22…On a largement le temps…

De faire ceci ou cela. En plus d’administrer la clinique, il fallait veiller à leur chez eux. Nanny Rose faisait des merveilles, habilement secondée  par un Karl Theodor jouant les grands-pères de conte, tant il était parfait.
Max avait néanmoins la sensation d’être, de nouveau, en train de tout gâcher niveau vie de famille.
 
Nous devons apprendre à déléguer, Ysaline…on ne voit plus nos enfants…Tu as un staff magnifique, pas besoin d’être dessus toi toute seule…Ouais…j’ai le même problème…mais faisons l’effort…Pas après, maintenant…tu arrives presque à terme…tu vas attendre jusqu’à quand ?
 
Jusqu’à la veille, et encore il avait fallu insister. Elle le tira doucement de son profond sommeil pour lui annoncer qu’elle avait perdu les eaux. Max avait beau savoir qu’il restait suffisamment de temps, il s’arrangea pour perdre un peu la tête. Son père lui avait envoyé un petit sort calmant alors que Nanny Rose accourue avec le grabuge, s’occupait d’aider Ysaline à s’habiller.
 
Tout va aller bien, ma chérie, tout est prêt pour te…Oui, je sais que tu t’en es occupée…je viens de…ah bon ? Tu as déjà envoyé…Mon amour, pour une fois, contente toi de faire une chose à la fois…accouche, je fais le reste !...Oui, je sais, tu es énervée…je t’aime !...Oui, je serai avec toi…

La Dr. Mayhew, encore une brillante tête, enlevée à Ste. Mangouste, ne trouva rien à redire d’être tirée de son lit à une heure indue, en cette froide nuit de Décembre et se présenta, pimpante, au chevet de sa patiente et chef.  Un bref examen confirma ce que toutes deux savaient : le moment était venu.
 
Vous pouvez rester, dit-elle à Max, à condition de ne pas perdre la tête et de ne pas vous évanouir !

Ferai de mon mieux !, assura t’il, en serrant la main de sa chérie, nous allons avoir le plus beau bébé du monde, mon amour !

Christopher Von Falkenberg-De Bettancourt  naquit  au petit matin de ce jour de la mi-Décembre, alors que dehors, il neigeait doucement.  Vigoureux et brailleur, avec une houppe de cheveux sombres couronnant son petit crâne et des yeux aussi  foncés que ceux de sa mère.
 
Il te ressemble !, balbutia t’il, ému, en embrassant son Ysaline extenuée mais souriante, je t’avais dit…c’est le plus beau bébé du monde !
 
Le petit Christopher était, comme tout bébé qui se respecte, rougeaud, fripé, et plutôt moche. Ses sœurs le regardèrent, mitigées et ce fut Louise qui prit la parole, en fronçant son bout de nez :
 
Mais tu vas l’arranger, hein, Papa ?
 
Il va s’arranger tout seul, ma puce…tu verras dans quelques jours !
 
Alex, fut un brin plus lapidaire en connaissant son frère qu’il considéra longuement avant de soupirer :
 
On va en avoir, du boulot !
 
*On est prêts…j’espère !*
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Message par Ysaline de Bettancourt le Jeu Juil 17 2014, 22:33

Pour pester, il pesta, il fulmina même ! Non mais, pour qui se prenaient ces jeunes médicomages ? Newton Brahms ne décolérait pas depuis que cette stupide Ysaline Von Falkenberg avait décidé de mettre les voiles.  Asimov le tenait principal responsable de la défection d’un membre qu’il estimait hautement, accusant ouvertement son confrère d’avoir pourri la vie d’Ysaline et l’avoir forcée à cette extrémité.
 
Quelle aille se faire voir ailleurs si elle l’ose, avait tempêté Brahms. Avec un caractère aussi indiscipliné, elle ne fera pas long feu nulle part.  
 
Ne vous rendez-vous pas compte de ce que cette perte implique ? beugla Asimov, outré.
 
Elle ne drainera aucun de nos patients derrière elle, si c’est à cela que vous pensez. Ste Mangouste est solide et peut très bien se passer de ces dissidents.
 
Nicolas Asimov haussa les épaules devant tant d’hermétisme mais les premiers temps donnèrent raison à Brahms qui pensait, qu’après tout, il y avait suffisamment de jeunes recrues pour assumer tout le boulot.  
Pourtant, lorsque la rumeur commença à circuler qu’il se pourrait qu’Ysaline Von Falkenberg ouvre sa propre clinique, Newton verdit sous sa barbichette blanche. Il se mit à épier son personnel avec encore plus d’attention, et ce qu’il découvrit le fit devenir cramoisi de rage.
Il explosa dans le bureau d’Asimov :
 
Non mais vous vous rendez compte ? Cette peste tente de débaucher nos gens ? Elle les appâte avec des promesses fallacieuses, gros salaires, horaires stables ! Ça ne tiendra jamais la route !
 
Alors pourquoi venez-vous me déranger, Brahms, si vous êtes tant sûr de votre affaire ?
 
Furieux, Newton sortit avec fracas tandis que, dans son dos, Asimov rigolait :
 
*Sacré Ysaline !! Merlin que je l’envie de pouvoir s’envoler ainsi…*
 
Lorsque Nielsen déclara forfait également, bientôt suivi par infirmières et certains autres médecins d’exception, Brahms se refusa à composer un requiem à Ste Mangouste. Sur ses fonds propres, il leva une légion de juristes afin de faire capoter un projet devenu triste réalité. Rien n’y fit. Qui aurait pu se douter que Nielsen soit également si pointu en droit ?  
Tout était légal à présent et… il avait perdu.
 
*Je leur réserve un chien de ma chienne à ces ingrats, ces vipères qui ont profité de mon enseignement pour me faire un enfant dans le dos !*
 
Prudent, lent et minutieux, un plan de revanche s’élabora…  
 
Mon chéri, réveille-toi. On doit y aller…
 
Le terme, enfin ! Épuisée plus qu’elle ne l’aurait voulu, Ysaline avait accepté de lever le pied la veille… Max avait raison : elle était bien secondée à la clinique. Mais tant de choses réclamaient son attention.  
Dès l’inauguration, il avait fallu faire face à une urgence, non des moindres. Très mal en point, Alix avait dû être délivrée prématurément par césarienne dans l’indifférence totale d’un époux manifestement envouté. Puis, alors que Michael revenait à la raison, Alix perdait la sienne en ne prétendant pas reconnaître ses bébés qui luttaient pour survivre.  Comble de tout, J.O, le duc de Gilmore, avait été amené en catastrophe avec tous les signes – prouvés, hélas ensuite – d’une leucémie aigüe.  Dur, très dur d’admettre que le traitement appliqué ne fonctionne pas comme prévu. Déjà la douairière envisageait de sortir son fils de cette clinique de bons-à-rien, pour le remettre entre des mains jugées meilleures.  Sans Angel et la détermination du Duc, Magnolia serait parvenue à ses fins.  Contenir les médias avait été un poème aussi…
Au moins, la clinique tournait et Megan y avait accouché d’une magnifique petite fille sous l’œil ému de son époux.  John… son tourmenteur avait-il cessé ses actions ? Calme plat de ce côté-là, ouf !  
 
Réveille-toi, chéri… la clinique est prévenue mais je ne veux pas y aller sans toi à moins que tu veuilles m’assister ici, je préfère pas tu vois…       
 
Mon amour, pour une fois, contente toi de faire une chose à la fois…accouche, je fais le reste !...Oui, je sais, tu es énervée…je t’aime !...Oui, je serai avec toi…
 
L’expression « comme une lettre à la poste » fut très adaptée à cet accouchement express, sans complications ni douleurs exagérées.  
Max, ravi, béat, se comporta comme si Christopher était son premier-né :

Il te ressemble !, balbutia t’il, ému, en embrassant son Ysaline extenuée mais souriante, je t’avais dit…c’est le plus beau bébé du monde ! 
 
Merci pour le « plus beau » : il est affreux ( rire) mais c’est normal !  
 
Chose dont il fallut convaincre les autres petits Von Falkenberg qui, chacun à leur façon, critiquèrent le nouveau frère.
 
Si les choses avaient été différentes, moins stressantes, peut-être que pour une fois Ysaline aurait réellement pris un congé de maternité. Hélas Erik, avec toute sa bonne volonté et ses talents, ne pouvait rivaliser avec les Von Falkenberg question gestion. Puis, il y avait les cas de J.O et d’Alix. L’un allait mal au physique, l’autre au mental.
Lorsque Noël se pointa, le staff avait décidé de donner le recueillement nécessaire à cette fête sacrée en proposant une crèche vivante aux hôtes de la clinique. Convaincre l’officiant que deux bébés seraient parfaits pour cette occasion fut assez houleux mais, reconnaissant que le miracle de la nativité pouvait concerner n’importe quels enfants, il dit amen et célébra dignement la messe de minuit.  Lucas et Cécile De Brent se montrèrent à la hauteur de leur rôle mais le meilleur vint quand une Alix très consciente apparut en réclamant sa progéniture.  
Joies et larmes, du pur bonheur.  
 
Dommage que les miracles ne se fassent pas sur simple commande, soupira-t-elle à son époux…. Oui… J.O en aurait vachement besoin !
 
Dans le grand hall animé, on festoya gaiment.
 
Samantha, j’adore tes plats… Mayhew te suit ? C’est pour quand ?... Oui, c’est magnifique tous ces bébés. Notre petit Christopher a déjà bien changé… Oui, Elisabeth est adorable mais… pourquoi John n’est-il pas là ?  
 
C’était plus fort qu’elle, il fallait toujours qu’elle s’inquiète de ce patient peu ordinaire.  Sam ignorait tout, Megan aussi. Mais, l’instant d’après, comme si de rien n’était, voilà Smith que se pointait. Elle l’entrevit de loin mais était alors en grande discussion avec Opal McLane au sujet de ses bébés et de Michael :
 
… Vous a-t-il raconté ce qu’il était advenu de Manon ?... tu rigoles, je m’en fous autant que toi, voyons ! C’est que je redoute un acte… violent…
 
Voilà Erik qui lui lançait une de ses regards dont il avait le secret. Impossible de s’y tromper, il sollicitait son aide pour John qu’il tentait d’embarquer dans une salle d’examens.
 
Ton mari me réclame, excuse-moi !  
 
Pratique ! John ne savait quasi rien lui refuser. Ysaline en profita pour l’examiner de pied en cap et elle demeura sidérée lorsque sous la douce contrainte mentale d’Erik, Smith avoua être donneur potentiel de moelle depuis un bail et qu’il venait de remplir son contrat.   
Le où, quand et comment, fut plus dur à se débiter. Ce diable d’homme résistait à se révéler et Nielsen n’osa pas pousser trop loin ses investigations. John fut relâché avec promesse de prendre le repos nécessaire ; la fête se poursuivit un temps.
 
Enfin, chez eux !
Nanny Rose avait veillé toute la soirée, et elle n’était pas la seule… Karl Theodore avait, comme par hasard, tenu à lui tenir compagnie.
 
*Les enfants ont bon dos !*
 
Il devenait plus que clair que son beau-père fondait pour la quadragénaire, et nul n’y voyait d’inconvénients sauf que cette Rose était assez particulière, mine de rien. Pourquoi, en effet, à chaque retour de la clinique, Max et elle étaient-ils bombardés de questions, non des moindres, souvent sur le même sujet :
 
Et comment va le Duc ? A-t-il assisté à la veillée ? Sa femme était-elle là ? Comment supporte-t-elle… ?  
 
Nanny ayant avoir affirmé être très attachée à la noblesse, quoi de plus normal ?
À mille lieues d’imaginer le pot-au-rose, Ysaline fut franche :
 
Il faut prier… Il lui faut un donneur, et vite !  
 
Son beau-père fut aux petits soins auprès de la nounou larmoyante tandis que l’on baisait des fronts juvéniles rêvant aux anges.
Ayant donné sa journée à Rose, Ysaline se leva tôt ( comme d’hab) pour assumer la matinée avec entrain. Pancakes, croissants, chocolat chaud, etc.  Quelle joie que de voir filles et ainé courir au sapin richement décoré pour déballer en riant les nombreux paquets à son pied. Max n’avait droit qu’à une enveloppe somme toute assez banale mais, quand il l’ouvrit, il en resta muet de saisissement :
 
… oui, mon chéri : 15 jours, tous ensemble, aux Îles Vierges… Tu m’as dit de déléguer… ben voilà. Tu es d’accord ?
 
Oh oui, qu’il l’était malgré une légère réticence dont elle ne sut la teneur que peu après. Ils rigolèrent de cette sorte de retour aux sources. Sauf que…
 
… Si, je dois répondre, je ne serai en congé que demain !
 
La dinde aux marrons achevait sa cuisson quand elle reçut l’appel le plus attendu qui soit. Adieu veau, vache, cochon, couvée :
 
MAX, c’est extraordinaire : J.O a son donneur !!  Faut que j’y aille, tu comprends n’est-ce pas ? Tout est prêt en cuisine. Tu laisses encore 20 minutes au four et, avec du bol, je serai là pour la bûche !
 
Erik et Maxwell avaient rondement avancé les choses. En chambre stérile, J.O était paré.  Quiconque avait croisé avant le fringant James West-Strang actuel duc de Gilmore, ne l’aurait pas reconnu dans le spectre aussi blanc que les draps où gisait son corps.  Dans la pièce voisine, une Angel rapetissée, grise, était encadrée par deux femmes et un jeune homme attentif : un dénommé Henry, Magnolia Strang et…
 
*Nanny ??*

La ressemblance entre Angel et la nounou la frappa mais elle ne s’y attarda pas, désirant délivrer les dernières informations :
 
Nous attendons le don d’une minute à l’autre. La greffe aura lieu aussitôt après.  La compatibilité est… incroyable ! *Extraordinaire, même !* Il faut prier...  
 
Rentrée vers 15h, juste pour déguster le dessert en famille, Ysaline ne put cacher son excitation à son mari :
 
C’est le bol du siècle ! J.O répond très bien. Tout s’est déroulé à la perfection mais… oui, il y a un mais. J’ai eu des mots avec Erik… NON ! On s‘est pas engueulé, loin de là : on s’interroge. Tu ne trouves pas bizarre que John ait subi un prélèvement de moelle osseuse et, que moins de 24 heures plus tard, un don nous tombe du ciel pour sauver J.O ??  
 
Restait à poser les bonnes questions en attendant des résultats probants. Mais Max lui révéla aussi un truc dont elle n’avait même pas idée : ce cachotier de John avait confié à ses potes des documents importants qui ciblaient son tueur à gages.  Divers relevés téléphoniques étudiés semblaient prouver que… :
 
LE DUC ? Le père de J.O aurait eu des contacts avec ce Browning ?? Pourquoi le duc en voudrait-il à la peau de John… ?
 
Nul n’en savait rien mais cela se creuserait sans eux. Confiant J.O et la clinique aux mains d’Erik et de l’équipe, les Von Falkenberg s’envolèrent pour jouir d’un nouvel an au soleil.
Folles parties de pur bonheur et plaisirs partagés. Parfois, Alex fronçait le nez, surtout lorsqu’il voyait sa mère nourrir son frère.
 
C’est dégoutant…
 
Rien ne vaut l’alimentation naturelle, mon grand. Toi… c’est ici même que, ton père et moi, nous nous sommes retrouvés… tu avais un peu plus qu’un an… J’ai perdu ta 1ère sœur peu après… Quand Sophie nous a rejoints, je n’avais pas de lait, pas plus que pour Louise, plus tard. J’en ai pour Christopher et, je t’en prie, ne sois pas jaloux et ne me compare plus à une vache s’il te plait !  
Détails techniques à l’appui sur les vertus du lait maternel, l’affaire passa.  
Heureux ? oh oui… trois jours en tout cas.
Les préparatifs du réveillon familial avançaient bon train. Avec ses 6 heures de retard sur Londres, Ysaline et Max levèrent leur coupe à l’avance avec une pensée à ceux de là-bas.
 
C’est chouette, non ? On le fêtera deux fois ! Qu’est-ce que tu penses de Nanny Rose, toi… Tu n’as rien remarqué avec Angel… ben la ressemblance…
 
Max trouvait cela absurde et rigola franchement, levant sa coupe dans des souhaits délirants.
Ils triquaient en s’embrassant comme des fous quand le patronus de dogue allemand changea l’atmosphère.
Le message était terrifiant.
 
… J’y vais Max ! Reste ici, attends-moi… ou remballe tout et rejoins-moi. Suis…
 
Dingue était le mot.
Lorsqu’elle débarqua à la clinique, elle resta figée quelques secondes. L’aile des SDF était la proie d’un immense incendie.  Pour une raison obscure actuellement, l’écran magique de la façade avait cédé et les flammes se voyaient à tout azimut.  Camions de pompiers, sirène, affolement et évacuations : le désastre.
En arrière, barrière traversées, les sorciers y allaient bon train. Smith, Nielsen, Davenport et De Brent expédiaient des trombes d’aguamenti sur le gigantesque sinistre.  
 
Que s’est-il passé ? Michel, réponds-moi ! Sam, c’est quoi ce bordel ?
 
Faute de renseignements, elle y mit du sien aussi.  
Si les secouristes crurent à leur sauvetage, ils ne surent rien du véritable succès des sorciers.  
Pas de victimes, que de légers blessés. On pouvait s’estimer heureux.  
 
L’aile droite n’a rien ? s’informa-t-elle auprès de Megan.
 
Eh merde ! Un court laps de temps, la barrière magique séparant privilégiés friqués et SDF avait été rompue. Les conséquences seraient probablement plus désastreuses que l’incendie lui-même. On tenterait de minimiser l’impact, mais…
 
L’an 2000 s’annonçait en fanfare, pas à dire...
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Re: Il est difficile d'aimer

Message par Max Von Falkenberg le Jeu Juil 24 2014, 01:19

Heureux ? C’était peu dire. Il débordait de bonheur, en resplendissait, ça lui sortait par tous ses pores, le plongeait dans un état de félicité extatique et parfaite. C’était merveilleux se sentir hors d’atteinte de toute misère…mais bien entendu la réalité était bien présente et se chargeait, ineffable, de remettre les pendules à l’heure.
Si quiconque avait cru, supposé, attendu qu’Ysaline succombe au ravissement de la maternité avec son Christopher et prenne un long congé pour pouponner à longueur de journée, c’était rêver et peu la connaître. Remise de ses couches si peu pénibles, en temps record, Maman reprit du poil de la bête et se pointa à son lieu de travail, deux jours après la naissance de son fils. Max n’essaya même pas de protester, c’était cause perdue d’avance, alors il prit sur lui de se montrer à la hauteur des circonstances et se fit plaisir en pouponnant en toute joie de cœur chaque fois que ses propres responsabilités lui en laissaient l’occasion.
Et elles ne manquaient pas, les responsabilités et les menus problèmes allant avec. Son travail, nettement administratif l’enfermait le plus clair de son temps dans son bureau mais il se trouvait le temps pour parcourir la clinique pour vérifier tout détail non consigné et aussi pour rendre visite aux deux cas-insigne : J.O et Alix. L’un ne répondant pas au traitement se mourait sous leurs yeux, sans espoir. L’autre se perdait dans un monde parallèle, sourde à toute supplique ou injonction. Il fallait des miracles pour les sauver, malheureusement Max n’en disposait pas dans son ample panoplie de possibilités.
Alex revint pour les vacances de fin d’année, plus grand de quelques centimètres, fier petit Serpentard, la tête pleine d’idées, jurant par la magie en général et les potions, qu’il trouvait fascinantes, en particulier. Il ne sembla pas  cent pour cent ravi avec son petit frère et ne se priva pas d’en faire le commentaire, soupir résigné, comme pour tout, il faudrait du temps!
Et comme si cela ne suffisait pas John Smith en rajouta une couche en les convoquant lui, Justin et Michael pour leur remettre en vitesse une grosse enveloppe brune qu’ils ouvrirent une fois chez Davenport.
 
Ben dites donc ! C’est du « du tout ce que vous voulez savoir sur Ronald Browning » ce truc ! Où a-t-il eu ça ?, s’était ahuri Justin après avoir jeté un coup d’œil  aux documents étalés sur le bureau.
 
Sacré bonhomme, il a plus d’un tour dans sa poche
, dit Max, songeur, finira pas de me surprendre, celui-là, je m’occupe de vérifier les déplacements de Browning, mais là, je dois y aller, surcharge de travail à la clinique…on reste  en contact, les gars !
 
À mesure qu’il détaillait les allées et venues  de  leur suspect, Max se convainquait, sans l’ombre d’un doute,  qu’il s’agissait d’un moldu. Deux jours plus tard, nouvelle réunion. Tous avaient trouvé quelque chose et l’ensemble les menait à un point commun,  très troublant.

Le Duc de Gilmore lui a téléphoné ??? NDD, l’étude des documents soumis à John au ministère émanaient d’un assermenté du Magenmagot.
 

Pas facile à croire…mais rien ne doit nous surprendre… peut-être que le Duc avait un compte à régler…vous savez, secrets fâcheux et ce genre de choses, enfin, on en saura plus en temps voulu…
 
On en resta là pour le moment et ils se quittèrent avec la promesse de se retrouver à la fête de Noël à la Clinique.
La célébration avait demandé, mine de rien, plus de préparation qu’on ne pouvait croire mais à part choisir les services  de chez McLane et du Sense, Max fit ce qui lui coûtait le plus : déléguer et ça ne marcha pas plus mal.
La surprenante idée d’une crèche vivante, avec deux enfants Jésus, vint d’Ysaline après avoir obtenu la permission de Michael  pour donner à ses enfants, les petits miraculés comme on les appelait, le rôle stellaire. Quelle qu’ait été la fin poursuivie, cela donna un brillant résultat. Fine psychologie ou merveilleux miracle ? Sans doute un peu des deux. Alix, intervenue à point nommé, sans qu’on sache exactement comment, reconnut ses enfants, retrouva la raison égarée et Michael ressembla plus que jamais au pécheur absous de ses fautes. Ysaline versa quelques larmes,  Max  avait un nœud à la gorge. Ils n’étaient pas les seuls. Au moins une histoire qui finissait bien.
 
Dommage que les miracles ne se fassent pas sur simple commande, soupira Ysaline, serrée contre lui, J.O en aurait vachement besoin !
 

Qui sait ?...Avec un peu de chance !, mais son optimisme sonna un peu faux.
 
Les De Brent au grand complet escortés à leurs appartements à l’étage, on  oublia un peu les amertumes  pour se joindre à la fête qui allait bon train dans le hall. C’est là qu’apparut John Smith  dont l’absence  au début des festivités n’était pas passée inaperçue. Le brave homme n’avait l’air trop fringant, ce qui, en connaissance de cause, ne manqua pas d’alerter Erik qui, en bon docteur, décida que Smith était bon pour un examen complet avant que quiconque puisse placer un mot et encore moins poser une question.
 
Megan…tu sais quelque chose ?...D’où venait John ?
 
Elle n’en savait pas plus que lui. Son mari était parti deux jours auparavant sans dire où il allait. Max ne se sentit pas le cœur de l’interroger et préféra s’extasier devant le minois délicieux de la petite Elisabeth. De toute façon, le dit-examen ne tarda pas trop et John se reconnaissant fatigué, ce que personne ne contredit, opta pour rentrer chez lui avec femme et fille.
 De retour à la maison, ils furent un peu surpris de trouver Nanny Rose en compagnie de Karl Theodor, rentré tôt de la veillée  à la Clinique.
 
Rose ne voulait pas aller se reposer avant que vous ne rentriez, informa Papa Von Falkenberg, je n’ai pas voulu la laisser s’ennuyer toute seule.
 
*Et bien sûr, toi, grand-cœur, t’es ennuyé avec elle…il perd pas son temps, mon père !* Alors, puisque vous êtes là, prenons encore un verre !
 
Que Nanny saute sur l’occasion pour s’enquérir sur la santé du duc ne les étonna pas plus, elle le faisait tout le temps, qu’elle insiste pour avoir des nouvelles de la Duchesse fit penser que sa loyale admiration pour la haute noblesse britannique était montée d’un cran.
 
Angel,…euh, Madame la Duchesse a assisté au service religieux puis est allée rejoindre Sa Grâce, qui lui, ne pouvait pas quitter ses quartiers.
 
Va-t-il si mal ?, demanda Nanny Rose d’un fil de voix à point de se briser.
 
Il faut prier… Il lui faut un donneur, et vite !, dit franchement Ysaline loin de s’imaginer que cela provoquerait ce flot de larmes.
 
Max lança un regard-demande de secours à son père et prenant sa femme de la main, assura aller voir les enfants.
 
Pas à dire, ça l’a secouée, pauvre Nanny…pas de souci, je pense que Papa s’y prendra mieux que nous pour la consoler !
 

Ils rirent complices et allèrent embrasser leurs petits anges endormis. Le lendemain, la journée commença tôt, impossible de retenir  Alex et ses sœurs de se précipiter pour ouvrir leurs cadeaux sous le somptueux sapin.  
 
Papa, ça c’est à toi !, piailla Louise en lui tendant l’enveloppe qu’il s’empressa d’ouvrir pour rester ébaubi de surprise.
 
C’est possible ?, s’enquit-il tout bête en couvant sa femme d’un regard d’adoration.
 
Oui, mon chéri : 15 jours, tous ensemble, aux Îles Vierges…
 
*Avec tout ce qu’il y a à faire !?*

Ysaline ne fut pas dupe de sa micro-hésitation.
 
Tu m’as dit de déléguer… ben voilà. Tu es d’accord ?
 
Mais bien sûr que je suis d’accord…tu m’as surpris…c’est tout !...C’est merveilleux, oui, absolument merveilleux !, et de l’embrasser comme un fou heureux, on part quand ?...
 
C’était pour le lendemain, au même endroit de jadis lors de leurs retrouvailles. Ils se refusèrent de penser à ce qui s'en était suivi, pas besoin de se gâcher la fête qui de toute façon ne dura pas bien longtemps. Un coup de téléphone cassa la magie du moment mais la raison de cette interruption ne pouvait que les réjouir au-delà de toute prévision : on avait trouvé un donneur pour J.O. Le miracle avait eu lieu et Max se retrouva seul avec quatre gosses et une dinde aux marrons.
Ce ne fut pas exactement le repas de Noël qu’il s’était imaginé et l’arrivée providentielle de son père n’arrangea  pas grand-chose. L’affaire partit un peu en joyeuse pagaille et pour mettre la cerise au gâteau Christopher se réveilla, affamé.  Tout était prévu pour l’échéance et Max s’en chargea de main de maître sous l’œil attendri de son père et celui curieux du reste de ses enfants.
Ysaline fut de retour pour le dessert, porteuse de bonnes nouvelles. J.O avait reçu sa greffe de moelle dont la compatibilité était extraordinaire. Tout semblait se dérouler à merveille et tous les espoirs étaient permis mais se poser certaines questions était plus que légitime.
 
Tu ne trouves pas bizarre que John ait subi un prélèvement de moelle osseuse et, que moins de 24 heures plus tard, un don nous tombe du ciel pour sauver J.O ??
 
Oui, pas à dire…décidément tout est un mystère avec ce mec…je ne t’avais rien dit, parce que jusque-là rien de trop prouvant mais John nous a remis, à Justin, Michael et moi, certains documents sur le type qui veut le coincer…or, des relevés téléphoniques mettent en relation le tel Browning avec  feu le Duc de Gilmore, Howard Strang… 
 
Pourquoi le duc en voudrait-il à la peau de John… ?
 
Celle-là, mon amour, est une question qu’on cherchera à répondre à  notre retour…à partir de cet instant, je déclare que nous sommes officiellement en vacances…elles remontent à loin, nos dernières !
 
Cette fois, cela ressembla à un merveilleux retour aux sources. Alex avait alors un peu plus d’un an, et eux se retrouvaient après pas mal d'embûches et amertumes. L’endroit  demeurait aussi paisible et charmant que jadis, mais pour leur bonheur, beaucoup de choses avaient changé depuis ce temps…Sophie et Louise se couraient après en poussant des cris dignes de sioux en pied de guerre tandis que Max  expliquait à son aîné les rudiments du snorkelling. Ysaline suivait la leçon d’un œil dubitatif.
 
Pas de souci, ma chérie, Alex nage comme un poisson et on n’ira pas bien loin…juste jusqu’à ces rochers là-bas en face…si je n’ai rien oublié, on y trouve des magnifiques langoustes…on en ramènera quelques-unes pour le déjeuner…
 
En bon Serpentard Alex aurait préféré mort et torture avant de reconnaître que les langoustes lui fichaient la trouille. Après avoir vu son père en attraper trois, il osa s’y risquer, ce qui n’alla pas sans peine mais il réussit à mettre la bestiole récalcitrante dans le filet.  Ils s’amusèrent comme des dingues et rentrèrent à la maison où Alex joua les héros du jour en racontant les péripéties de la pêche à ses sœurs pâmées d’admiration.
 
Il fait bon vivre, hein ?
, il s’était accommodé aux côtés d’Ysaline dans le grand hamac. Leur petit dernier, repu après sa tétée, dormait niché contre son cou et il lui tapotait doucement le dos, me souviens plus de quand j’ai rêvé d’un moment pareil…je suis si heureux, ma douce…regarde nous, on est une belle famille…
 

Il faisait du bien ce bonheur tranquille, ces heures magnifiques  d’amour partagé, de joies ineffables. Leur réveillon serait tranquille,  seuls avec leurs enfants, musique, bon repas et feux d’artifice. Ils commencèrent  leur petite fête un peu à l’avance en pensant à ceux restés en Angleterre.
 
C’est chouette, non ? On le fêtera deux fois ! Qu’est-ce que tu penses de Nanny Rose, toi…
 
Qu’est-ce que je vais en penser ? C’est une femme charmante, intelligente et  mon père semble très sensible à tout ça…
 

Tu n’as rien remarqué avec Angel…
 
Selon elle, Angel et Nanny se ressemblaient de manière frappante.
 
Allez, Ysaline, tu te fais des idées…en quoi elles vont se ressembler ?...Non, ma douce chérie…tu divagues, là…Oui, tu divagues !, et de l’embrasser pour lui changer les idées ce qui lui réussissait très bien.
 
Ils auraient oublié la question et tout le reste si l’apparition d’un patronus n’avait ruiné l’ambiance.
 
Et merde…qu’est-ce qu’il veut Erik, juste maintenant !?
 
Seulement leur annoncer une catastrophe en cours. Un incendie d’envergure s’était déclaré à la clinique.
 
Le temps d’enfiler quelque chose de plus habillé que son paréo de plage, elle était partie, le laissant parfaitement déconfit et affolé. Il était seul, à une plage des Îles Vierges, avec quatre enfants dont le dernier âgé de 15 jours. Pendant les cinq minutes qui suivirent le départ de sa femme, Max céda à  la panique.
 
L’attendre ou  tout remballer et la rejoindre … Elle en a, des bonnes…quatre mômes…je fais comment là ?
 
Cinq minutes plus tard, il fut clair qu’il avait un beau problème sur les bras. Les enfants rentrèrent de leurs jeux,  salés, couverts de sable, affamés, assoiffés, réclamant leur mère.
 
Maman a dû  partir d’urgence…quelque chose de pas sympa se passe à la Clinique…
 
Elle revient de suite ?, voulut savoir Sophie.
 
Elle nous a lâchés, comme ça…sans dire au revoir !?, fulmina Alex.
 
Veux Maman !, pleurnicha Louise.
 
Max se passa la main dans les cheveux en essayant de prendre son meilleur air de père paré à toute urgence.
 
D’abord, on se calme…vous prenez votre bain, on mange…et puis, on se débrouille !
 
Il convoya son petit monde sous la douche, s’occupa des derniers détails de ce qui était destiné à être une superbe dîner de réveillon, alimenta la troupe et trinqua tout seul à l’année qui allait se pointer. Christopher se réveilla et commença à hurler de toute la force de ses petits poumons. Il avait faim. Dieu merci, Ysaline était une femme prévenante et songeant à n’importe quel imprévu qui pourrait tarir son lait avait inclus biberons et lait spécial dans leurs bagages.
 
Et on rentre comment, Papa ? Parce qu’on rentre, non ?, voulut savoir Alex.
 
Ben oui, impossible autrement…écoute, mon pote, va falloir que tu me files encore un coup de main…Je vais préparer le sofa en Portoloin, pas idéal surtout pour ton petit frère…mais c’est une urgence. Je prendrai  Sophie et Chris, toi, tu t’occupes de Louise…je vais les endormir, ce sera plus facile !
 
Karl Theodor  bavardait gentiment avec Nanny Rose, en attendant minuit  quand leur placide et quasi romantique soirée se vit brutalement interrompue par l’atterrissage fracassant d’un sofa au milieu du salon. Un sofa d’où émergèrent son fils et petit-fils. Le premier portant deux enfants, le second, sa petite sœur.
 
Mais, Seigneur Dieu…que signifie ceci ? Max…que se passe-t’il ?
 
Tu ne sais donc rien ?…la Clinique brûle…Ysaline est partie en catastrophe…nous on a suivi à la comme on peut…Oui, Nanny…merci,…non, ils dorment…un Grosdodo…Oui, Alex, tu peux rester avec ton grand-père …je dois aller voir ce qui se passe là-bas…
 
Papa lui recommanda de troquer ses bermudas par quelque chose de plus chaud, il avait commencé à neiger dehors. Un trasplanage le mena sur les lieux du sinistre, il n’y restait plus grand monde, l’incendie avait été maîtrisé mais les dommages visibles étaient importants. Son patronus avait situé Ysaline dans l’aile intacte, passant revue de ses patients.
Elle avait l’air un peu hagard et une petite tache de suie sur la joue en quittant l’anti chambre pré-stérile jouxtant la pièce spéciale où reposait le duc de Gilmore.
 
Hey, toi…Bien sûr que je suis venu, mon amour…arrive en retard mais on est tous là…Viens là !, l’enserrant en étroite étreinte il la garda ainsi un moment en l’écoutant narrer la catastrophe évitée de justesse, là…tout va bien…tout le monde est à sauf…on pensera au reste demain…en plus, oublie pas que tu es encore en vacances…Oui, je suis fou et quoi ?...On va la fêter quand même notre nouvel an…Papa et Nanny sont à la maison…
 
C’est ainsi qu’ils reçurent le nouvel An, en compagnie de Karl Theodor, la Nanny de leurs enfants qui en y pensant bien ressemblait vraiment à la Duchesse, Alex qui s’endormait, un guépard ronronnant et un chimpanzé paresseux.
 
Bienvenue à l’An 2000, mon amour…je t’aime à la folie, mais jure moi qu’on fera la grasse matinée…promets !
 

Ils riaient. C’était déjà un magnifique début. La paix, délicieuse même si pas silencieuse dura jusqu’au 2 Janvier vers 9.30 du matin. Un cougouar argenté le sommait de se présenter à l’adresse indiquée dans les plus brefs délais.
 
Vive la ligue des justiciers ! C’en était fait de ses vacances.  À croire que Michael n’avait eu rien de mieux à faire qu’à traquer la proie jusqu’aux dernières conséquences…ou presque, vu que là, elle venait de s’envoler pratiquement sous leur nez.
 
Il n’a pas pu s’évaporer ainsi, il n’est pas sorcier !
, grogna Justin, arrivé en même temps que lui.
 
Arriver à la conclusion que  John Smith les avait devancés ne leur prit qu’une demi-minute. Son faucon argenté ne fut pas long à retracer le sorcier et sa proie. Intervention musclée pour éviter le pire. John n’agréa pas follement leur intervention, Max l’amena à de meilleures considérations.
 
Amoché ou mort, il ne nous sert à rien…alors, tu te calmes et on y va mollo…Vais chercher le Veritaserum.
 

Sans explications à rallonge, il embrassa sa femme et chipa sa réserve de sérum de la vérité en assurant que c’était pour une bonne cause.
On en apprit, des choses, ce matin-là, avec Browning qui chanta sans contrainte. Après avoir remis le tueur en mains de la Police, ils allèrent faire le bilan chez Michael.
Apparemment, John avait croisé Howard Strang, alors Duc de Gilmore au mariage de J.O et Angel, pour la première fois de sa vie mais avait eu la nette impression de ne pas lui être du tout sympathique.  Les conclusions auxquelles ils étaient arrivés parlaient pour elles : ce manque de sympathie aurait été plutôt une haine tenace puisque tout indiquait que le Duc était le commanditaire du contrat.
Max laissa les amis tourner autour de la question alors qu’une idée lui tournait dans la tête, assez absurde au début, mais prenant forme et tenant le chemin par une logique assez audacieuse mais logique enfin..
 
Je sais que je ne devrais pas en parler mais…il y a une paire de détails sur lesquels on devrait se pencher…tu as bien fait un don de moelle pas plus tard que le 23 Décembre, non ? Aux USA, si je ne me trompe…Sorry, John…on finit par tout savoir…
 

Justin saisit au quart de tour.
 
Et ça ne t’a pas semblé étrange que J.O en subisse une peu après ? Si ça tombe, vous êtes parents !

Moment de flottement, mais l’idée tenait bon.
 
Oui, ça semble assez invraisemblable mais pas impossible…Ysaline parle d’une compatibilité extraordinaire, très, mais très rarement à trouver ailleurs que dans une fratrie…Réfléchis, John…la lettre reçue…elle provenait d’un assermenté du Magenmagot…qui dit ça dit Gilmore…le bonhomme devait avoir des très puissantes raisons pour te vouloir hors de son chemin…
 
Michael qui s’était tu jusque-là, en énonça quelques une dignes d’être retenues.
 
Pense, John…on n’a pas tort d’y penser, tu as un passé plein de trous…que tu aies oublié ne veut pas dire que les autres l’aient fait…peut-être, oui…va savoir ? Tu as peut-être mis à découvert quelque chose de gênant… je pense qu'il doit s'agir un truc plutôt moche dont personne ne devait rien savoir...
 

Vraiment très personnel, ce qui ne résulterait pas évident à élucider, compte tenu que le principal impliqué était mort et enterré. Si grand secret il y avait, interroger famille et amis ne donnerait pas grand-chose. Restait le domestique de confiance, mais si loyal comme supposé, il se laisserait écorcher vif sans l’ouvrir. L’hypothèse émise par Davenport  prenait chaque fois plus de corps.
 
Je n’ai vu le fameux duc qu’au mariage de son fils, noble personnage, imbu de soi, sans doute respectable au-delà de toute suspicion…Parcours sans tache…mais qui sait, une erreur du passé lui pesait lourd sur la conscience…je connais des gens à ce niveau, capables de faire n’importe quoi pour cacher un secret de famille…*Ma mère, par exemple, pour ne pas aller plus loin !*
 

Michael qui semblait en savoir pas mal décanta l’idée et Justin affina le résultat final ce qui finit par faire tordre le geste à John.
 
Ouais…une vraie couleuvre mais crois-moi, mon pote, ces choses arrivent…On ira nulle part force suppositions, faut des preuves…on en trouvera, pour le moment ce qui compte est que Browning est  en prison et y restera…Tu peux dormir tranquille…Maintenant, si vous m’excusez, j’ai pas mal sur les bras…Oui, j’ai un coupable dans la mire, mais encore là, faut des preuves…Ysaline ne s’est pas fait que des amis en ouvrant la Clinique…deux et deux faisant quatre, on cherche et on trouve  qui avait le plus de raisons pour détester le projet…Newton Brahms, mais bien sûr, le bonhomme aura bien ficelé son affaire…
 

Ses amis promirent, on ne s’attendait pas à moins, de mettre le grappin sur le coupable de tant de désagréments pour donner un nom poli à l’affaire.
 
*Emmerdes à rallonge, oui !*
 
Chacun rentra chez soi pour ruminer à loisir. Max resta face à la fenêtre à regarder neiger, des idées plus ou moins extravagantes courant dans sa tête. Le retour d’Ysaline d’une discrète virée d’inspection à la clinique le trouva à la même place, en pleine cogitation.
 
Alors, tout baigne ?...J.O va bien…quelle superbe nouvelle…Non, j’ai  été avec les gars…Oui, on l’a pincé mais il ne savait pas grand-chose…Feu le Duc était bien le commanditaire…on a le fait mais nous manque la raison…quoiqu’en y pensant bien…il ne peut que s’agir d’un fâcheux secret de famille...ou quelque chose de ressemblant…mais enfin, on trouvera bien…*Comme que John et J.O sont frères , quel pétard !*
 
Mais  Ysaline avait d’autres problèmes en tête que les embrouilles ducales. Il lui livra le fond de ses pensées à ce sujet, qui, ô coïncidence,  avaient suivi le même décours des siennes.
 
On aura le fin mot de cette histoire, ma chérie…promis !
 
Deux jours plus tard les travaux de reconstruction commençaient. Alex retourna à Poudlard. Sa Grâce le Duc de Gilmore, sauvé in extremis par un don anonyme, comme tout don qui se respecte, put quitter la chambre stérile pour reprendre, peu à peu, une vie normale…
 
Tous et chacun essayèrent faire de même, ce qui (entre nous) n’était pas toujours évident…
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Re: Il est difficile d'aimer

Message par Ysaline de Bettancourt le Mar Juil 29 2014, 22:55

Bienvenue à l’An 2000, mon amour…je t’aime à la folie, mais jure moi qu’on fera la grasse matinée…promets !
 
Merveilleux Max ! Ysaline s’en voulait beaucoup de l’avoir planté ainsi alors qu’ils avaient enfin pu dégager un créneau pour se retrouver tous ensemble, sans personne pour les juger, les observer, les critiquer. Moments inoubliables que ceux-là ! Trop courts, hélas.
Max débarqua à la fin du drame. Moins conséquent qu’il n’en avait l’air depuis le dehors, l’incendie avait été circonscrit rapidement sans pertes humaines, fort heureusement. Et son époux qui voulait poursuivre le réveillon…
Ysaline fit de son mieux pour donner le change mais elle avait plus envie de pleurer que d’autres choses.  
Grasse matinée, mon œil ! Chris était un petit bonhomme goulu, réglé déjà mieux qu’une horloge. Autant en profiter car ces instants privilégiés ne dureraient pas. Ysaline n’avait pas pu nourrir Louise plus d’un mois, ce qui fit dire à certaines autochtones du camp que le Dr Zaline n’était pas « maternelle ». Qu’en pouvait-elle si son lait se tarissait vite en comparaison à celui de ces femmes qui produisaient parfois deux années d’affilée…
 
*trop de soucis… la semaine prochaine, ce sera fini…*
 
Repu, le bébé exécuta son rototo puis fut recouché après l’avoir changé. Pratique d’être sorcière : un récurvite et hop !
Pendant que Max roupillait encore, Mrs Von Falkenberg transplana à la clinique vérifier certains cas dont celui qui lui tenait à cœur : le duc de Gilmore.
Quelle bénédiction que ce don de moelle venu si opportunément…
Ses conclusions, elle se les garda pour elle, un temps du moins. Erik, co-directeur, tint à une réunion d’urgence. Max et John, prévenus par patronus, s’y joignirent.
Bilan : incendie criminel. Responsable ? Tout convergeait vers Brahms.
En attendant de prouver quoique ce soit, ils devraient délocaliser :
 
… tu te rends compte de ce que ça implique, Erik ? ne put-elle s’empêcher de remarquer. On ne va pas installer un labo chez John, et nous on devra…

Mais Nielsen y avait déjà réfléchi et, foi d’Ysaline, c’était très faisable.
Le 2 janvier, Ysaline alors plongée dans des calculs de restaurations et réorganisation fut dérangée par son époux qui ne lui réclama rien de moins que du Véritasérum :
 
C’est pour qui ?
 
Elle le sut plus tard. Max, Michael et Justin avaient trouvé et fait avouer celui qui visait John.
 
… il ne savait pas grand-chose… Feu le Duc était bien le commanditaire…on a le fait mais nous manque la raison…il ne peut que s’agir d’un fâcheux secret de famille...ou quelque chose de ressemblant…mais enfin, on trouvera bien…
 
Comme moi, tu penses à une parenté très proche… t’en fais pas, je comparerai les ADN demain…
 
Demain devint des jours qui s’écoulèrent, plus ou moins paisibles. Comme prévu, les changements d’organisation furent bien perçus dans l’ensemble. Les oubliés de la société parurent même très favorables à accepter les soins dans un établissement plus à leur portée. Les nantis, eux, avec plus d’espace libre…
Tellement perdue dans ses tracas logistiques, Ysaline ne remarqua pas qu’Erik avait changé de secrétaire. Il est vrai que Poppy, si elle était gentille et mignonne, n’avait pas de la lumière à tous les étages.  Autre chose qui intriguait Ysaline : les expériences d’Angel.  Qu’une duchesse travaille dans un labo était déjà assez singulier mais qu’elle y passe plus que le temps requis demandait… réflexion. Elle n’approfondit cependant pas les investigations en ce sens, jugeant Angel assez mûre pour ne pas se lancer dans des trucs stupides.
En plus de tout cela, il fallait penser au baptême de Christopher.  Ny’Ala et Lev étant déjà parrains et marraines des autres enfants, choisir des européens leur sembla indiqué. Sam et John ne seraient-ils pas idéaux ?  Somme toute, Justin et Max s’entendant à merveille, et elle avec Samantha…
On préparerait cela pour février.
 
L’enquête sur l’incendie piétinait.
 
Quand même un comble, pesta-t-elle un soir auprès de son époux. Les enquêteurs moldus ne trouvent évidemment rien et les sorciers n’osent pas déranger Brahms que sa notoriété immense rend quasi intouchable… Pour changer de sujet, dis-moi un truc au sujet de ton père : c’est sérieux avec Nanny Rose ou je me fais des idées ?... je sais, d’accord, c’est pas nos oignons. Je trouve que c’est étrange voilà tout, mais pas plus que la ressemblance entre Angel et Rose… tiens ? ( petit rire) toi aussi, tu as finalement remarqué ? Note que si Rose ne s’était pas autant intéressée au cas de J.O, je n’aurais sans doute rien vu… euh, si ! Elle passe assez souvent à la clinique, en effet…
 
De fait, Rose lui amenait régulièrement les enfants. Se pourrait-il qu’aussitôt déposés,  la nanny aille ailleurs ? Ysaline n’eut guère l’occasion d’approfondir car une urgence la sortit du lit : le duc de Gilmore rechutait.
Branle-bas de combat !
Malgré son affolement manifeste, la duchesse tint à effectuer elle-même les analyses. En attendant les résultats, le cas présenté requit des ajustements en fonction des altérations notables. Le Dr. Maxwell – plus spécialiste que les autres en ce domaine – fut hélas injoignable.  
On ne pouvait rien donner de très sérieux à J.O avant d’être certain qu’il s’agissait bien d’une rechute. Ysaline en avertit l’équipe en place puis fila au labo aider la duchesse.  
Une fameuse activité régnait là.  
 
Angel, tu devrais nous laisser faire et rester avec ton mari… tu es trop directement impliquée !
 
Ouf ! La duchesse ne le prit pas comme une sanction à une possible inaptitude et, docile, accepta de laisser les commandes à chef et l’assistante.  
Dès qu’elle eut posé les yeux sur le microscope, Ysaline flaira l’embrouille.  
 
Ce n’est pas la leucémie qui revient, O’Donnell !  Entamez immédiatement une recherche de toxique.  
 
Toxique, mais…
 
Faites-le ! Dites-moi, où Angel range-t-elle les dossiers roses ?
 
Rose ? Dans son bureau, troisième tiroir, répondit l’assistant à cran.  
 
Ce sur quoi tomba Ysaline la laissa comme deux ronds de flan. Lorsqu’elle avait demandé le dossier, elle pensait à la couleur, pas au prénom. Elle qui ne désirait réviser que les caractéristiques des récidivistes, lut avec effarement les résultats d’une très, mais alors très singulière expérimentation sur… Nanny…
 
*NDD !!*
 
Mais ce n’était pas le moment de débrouiller cette affaire. Elle replaça le dossier de Rose Penventies, et trouva enfin ce qu’elle voulait.  
En comparant avec les premiers résultats des tests sanguins, Ysaline sut qu’elle avait raison : on avait empoisonné le duc de Gilmore.  
 
*Vais pas le crier sur les toits, ni alerter qui que ce soit avant d’en savoir plus* O’Donnell, poursuivez et bipez-moi, rien que moi, dès que vous aurez l’ombre d’une piste. Il va nous falloir des renforts…
 
Dans un couloir, elle croisa Max venu aux nouvelles. Elle l’accrocha :
 
Va chercher Alix ! On a un besoin urgent d’un spécialiste en poisons… Sais pas moi ! Tire-la par les cheveux si nécessaires, ramène-la à tout prix !
 
 Ne doutant qu’à peine du résultat, elle alla rejoindre Angel qui s’énervait auprès de sa belle-mère. D’emblée, elle déclara :
 
Désolée, on n’est encore sûr de rien. J’ai besoin que vous me contiez fidèlement tout, je dis bien tout – même les détails idiots – sur ce qu’il s’est passé pour J.O entre son dernier bilan et sa dégradation.  
 
Ysaline prit des notes au fil des narrations, parfois contradictoires des deux femmes :
 
…Non, Angel, vous êtes rentrés vers 17 heures, pas plus… ah… peut-être, oui… mais non, les Davenport étaient là avant Henry…
 
L’un dans l’autre, se fiant plus aux dire de l’épouse, Ysaline cerna les potentiels responsables.  Une question directe d’Angel la désarçonna un poil :
 
… C’est que… si cela ressemble à une rechute, je ne pense pas que c’en soit une !
 
C’est un comble ! Vous ne pensez pas ? s’insurgea Magnolia. Moi, je pense que vous êtes des incapables et je vais ordonner que mon fils soit transféré à Ste Mangouste de suite !  
 
Ysaline préféra déserter l’empoignade entre belle-fille belle-mère et retourner au laboratoire où elle donna un coup de main en espérant la cavalerie.  
Quand elle débarqua, Mrs. De Brent semblait furieuse. Max leva les yeux au ciel en soupirant : il ne l’avait pas eu facile.  Cela se calma dès qu’Alix pigea ce que l’on désirait.  Plongée à fond dans ses analyses, elle parut oublier tout le reste et, en cinq minutes, confirma le pré-diagnostic d’Ysaline qui ouvrit les yeux en soucoupe :
 
Du... quoi ?? … jamais entendu ce nom-là !... si, si, je te crois ! Et ça se combat comment ?  
 
Le long séjour en Afrique, loin de la sorcellerie européenne, avait fait zapper quelques trucs au Dr. Von Falkenberg. Sous la houlette d’Alix, elle s’appliqua à concocter un remède.
Deux heures de macération…
 
Vais voir comment va J.O ! Merci, Alix… je…  
 
Tiens, ça lui arrivait de sourire à cette femme ?  
Elle arriva pile poil pour éviter à Erik de commettre une bévue monumentale :
 
STOP !! Il a besoin d’une dialyse d’urgence ! On ne peut le soutenir qu’avec des électrolytes, et un sang purifié en attendant l’antidote… oui, t’as pigé : empoisonné !
 
Quel combat ! Nielsen tournant en rond, Ysaline le renvoya dans son foyer.
 
Mon amour, dit-elle en aparté à son époux encore sur place où il avait réconforté les Mrs. Strang, ça va aller pour J.O dès que le traitement sera au point. Tu as laissé les enfants à… nanny, oui, évidemment ( pensive) Effondrée aussi, m’en doute bien… oui, je sais des choses. Va la rassurer. On se parle tantôt.
 
Tantôt devint un tant tard car la police magique débarqua :
 
*Déjà au courant ? Comment ??*
 
Mais, il ne s’agissait pas de l’empoisonnement du Duc. Mandat à l’appui, on venait saisir tous les dossiers…
 
Les dossiers du Dr. Nielsen ?? Mais pourquoi ?  
 
Pas de réponse. Devant obtempérer, elle accompagna les officiels au lieu visé.  Ça lui fit mal au cœur de voir ainsi malmenées les affaires d’Erik. Un peu déboussolée, elle n’en poursuivit pas moins sa tâche et, quand J.O manifesta enfin des signes d’améliorations, elle réclama un temps-mort :
 
Je vais chez moi une paire d’heures. S’il se passe quoique ce soit, prévenez-moi mais, surtout, que personne d’autre que le personnel en place n’approche de sa Grâce !  
 
Max s’étonna de sa mine de papier mâché. Nanny Rose était à ses côtés, réconfortée par une tasse de thé fumant, yeux rouges.  

Il va bien, ça s’améliore ! Max, on peut causer ?

 
Se couler dans les bras musclés de son époux revigora passablement le toubib crevé. Elle prit quelques minutes de délice avant de lâcher LES morceaux :
 
J.O a été empoisonné. Alix a identifié un truc rare que seul un sorcier peut se procurer. Si on n’avait pas fait gaffe, on l’aurait traité « normalement » et il serait sans doute déjà mort… Qui ? Je l’ignore mais j’ai donné des consignes d’isolement… même pour Angel, peux pas faire autrement ! Mais, il y a un autre truc : Erik a dû être arrêté… JE N’EN SAIS RIEN ! La police a fouillé ses affaires, embarqué des dossiers sans explication… Et… un autre truc… ouais, encore… Quel âge donnes-tu à Nanny Rose ?... ben, non, t’as tout faux : elle a 72 ans…
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Re: Il est difficile d'aimer

Message par Max Von Falkenberg le Mar Aoû 05 2014, 13:44

Existence tranquille, routinière, sans grandes surprises, peu de changements, peu ou aucun sursaut, stress en dose suffisante, rien de bien effrayant…Ça, c’est bon pour les autres !
En tout cas, la vie de Max n’avait rien d’une routine tout repos.  Les défis, c’était son fort et là où un autre aurait perdu son latin et sa patience, il œuvrait  avec un calme admirable, mettant de l’ordre dans le chaos en essayant de ne perdre ni perspective ni sourire,  ce qui n’était pas toujours évident !
L’incendie, à part de ficher en l’air les vacances familiales, avait des répercussions à divers niveaux. Il ne s’agissait pas uniquement de rebâtir mais aussi de délocaliser leurs patients les plus démunis à des installations pas aussi pimpantes que celle de Stillworth House. Qu’à cela ne tienne, on saurait s’arranger. John mettait ses locaux à disposition, suffirait de les requinquer, adaptant les installations et ajoutant ce qui manquait. Max n’était pas trop heureux en renonçant à cette partie de son projet initial mais les évidences pesaient lourd.  Les patients d’élite se multipliaient, les démunis se sentaient plus à l’aise dans un environnement plus familier…la décision tombait seule ! On rebâtirait en conséquence.
Pour ce qui allait de l’enquête, on piétinait encore pas mal même si tous avaient la même certitude sur le coupable. Erik, qui, il fallait croire, était partout en même temps, avait déjà mené ses recherches. Pour lui, comme pour Max et John, l’hypothèse d’incendie accidentel était récusée et un seul responsable entrait en question : Brahms. Le bonhomme avait toutes les raisons du monde pour leur en vouloir et était du genre à mener la vindicte à ses dernières conséquences. La possibilité d’une récidive n’étant pas à ignorer, les mesures de sécurité avaient été renforcées et le seraient encore plus dans les jours à venir.
Max avait l’habitude de faire sa petite tournée dans les installations et  visiter certains patients particulièrement chichiteux, ce qui, à part les flatter  réussissait à les rendre un peu plus raisonnables dans leurs demandes, parfois d’une extravagante absurdité.
Halte obligatoire chez le Duc de Gilmore qui se remettait rapidement de ses déboires.  Angel se trouvait avec son mari mais elle n’était pas la seule.
 
Tiens, Nanny…quelle surprise, je vous faisais avec les enfants…
 
J’ai l’habitude de les amener voir leur Maman, assura-t’elle tout sourires, et c’est l’heure d’alimenter le petit Chris, Madame est très exigeante avec ça…alors j’en ai profité pour venir voir comment se portait Sa Grâce !
 
*Quel dévouement!*
 
Pour l’instant d’après remarquer la ressemblance, étonnante, entre Angel et la nanny de ses enfants, ce qu’il oublia tout de suite pour passer à autre chose. Il poursuivit sa tournée et après une paire d’heures à son bureau, il se dépêcha de rentrer chez lui. Max avait toujours hâte de retrouver son petit  monde et prendre part active à la vie de famille au moins à leur fin de journée.  Que son père s’y trouve ne l’étonna pas le moins du monde, Karl Theodor était devenu un assidu de la maison. Ils bavardèrent peu alors qu’en père exemplaire, il faisait la fête à ses filles et s’occupait de son petit dernier sous l’œil vigilant mais attendri de Nanny Rose qui ne tarda pas à ordonner la retraite enfantine, laissant père et fils en tête à tête.
 
Voudrais pas m’en mêler, Papa mais ça devient évident…
 
Si tu parles de Rose, je te dirai uniquement que c’est une femme merveilleuse !
 

Ça, je sais…elle est unique avec les enfants qui l’adorent…mais et toi ?...Suis pas né de la dernière pluie et je  jurerais que tu lui tournes autour...j’imagine rien, non ?
 
Karl Theodor sourit, malicieux.
 
Cela te dérangerait, Max ?
 
Non, pas le moins du monde …ça ne me regarde pas…c’est ta vie, Papa…Tu veux boire quelque chose en attendant Ysaline…elle ne devrait pas tarder mais tu la connais, première arrivée, dernière partie…
 

Ils s’installèrent pour une gentille conversation. Tout y passa, mais on ne revint pas sur le thème Nanny. À bon entendeur !
 
Avec Ysaline, plus tard, cela allait autrement. Elle enrageait de la lenteur de l’enquête, les moldus n’y voyaient rien et les sorciers freinés par la notoriété du présumé coupable.
 
Ouais, ils ne feront rien à moins d’avoir des preuves irréfutables, ce qui n’est pas pour demain la veille…mais on trouvera rien, mon amour, tu verras…
 
Pour changer de sujet, dis-moi un truc au sujet de ton père : c’est sérieux avec Nanny Rose ou je me fais des idées ?
 

Quelle curieuse tu fais, ma douce…qu’est-ce que ça peut faire ? C’est leur affaire, pas la nôtre !
 
Elle se le tint pour dit mais revint, encore une fois, sur la ressemblance entre Nanny et Angel. Force fut de lui donner, enfin, raison mais ils n’allèrent pas plus loin, un appel d’urgence de la clinique l’obligea à reprendre le service à une heure imprévue. On avait admis de nouveau le duc de Gilmore dans un état alarmant.
 
*Pas une rechute, quand même !*
 
Il la rejoignit un peu plus tard. Activité décuplée, ça bourdonnait mieux que ruche, là.
 
Va chercher Alix ! On a un besoin urgent d’un spécialiste en poisons…
 
La belle mission ! Trasplanage à La Tanière en priant Dieu et Merlin pour que les De Brent ne soient pas aussi mal lunés que d’habitude et lui refassent le portrait. Ce n’était décidément pas une heure pour déranger les gens chez eux.
 
Désolé de vous embêter mais là, ça urge… on a besoin d’Alix à la Clinique…on y a ramené J.O très mal en point…Pas sa leucémie, Ysaline est convaincue que c’est du poison !
 
Madame se fit prier un peu, mais Max se montra ferme, à ses risques et périls, et finit par la convaincre. De retour à Stillworth House. Il ne fallut que quelques minutes d’analyse profonde pour qu’Alix mette le doigt sur la teneur du problème. Laissant ces dames s’occuper de leur affaire, il alla rejoindre Angel qui discutait ferme avec sa belle-mère hors d’elle. Ça prit son temps calmer les esprits exaltés mais finalement on put avoir un semblant de paix quand Mrs. Strang Sr, opta pour se retirer. Ysaline était un peu plus tranquille en comptant avec l’aide d’une experte telle qu’Alix. Une fois l’antidote administré le duc de Gilmore serait tiré d’affaire, encore une fois !
Un spectacle de désolation humaine l’accueillit au retour chez lui. Nanny Rose, éplorée, attendait des nouvelles  que maints appels à la clinique n’avaient su lui fournir.
 
Voilà, je vous rassure Nanny…on travaille sur l’antidote, le duc va se remettre et…sa femme ? Elle va bien aussi…*Mais à quoi vient cette affection démesurée pour les Strang ?*
 

Seules les bonnes manières tant rabâchées évitèrent que Max se lance dans un interrogatoire approfondi, au lieu de cela il alla préparer un thé pour la nanny qui soupirait discrètement en s’épongeant les yeux.
En arrivant, Ysaline le trouva à faire causette avec Nanny qui buvait son thé d’à petits coups posés.  Rassurée par le comte rendu fait par la dame des lieux, la nanny des enfants se rétira, prête à reprendre ses fonctions au réveil des anges de la maison.
 
Tu as un air qui ne dit rien qui vaille, mon amour…Viens là !, il la cueillit dans une étreinte chaleureuse en déposant un baiser sur sa tête, quelle soirée…Tu dois te reposer, mon ange…
 

Elle préférait parler, lui apprenant une paire de choses.  Le duc avait été sauvé de justesse d’un empoisonnement à la sorcière, qui si pas détecté à temps aurait mérité un traitement incorrect qui l’aurait très efficacement tué.
 
Comme quoi…pas tout le monde n’aime notre cher duc…C’est pas tout ? Encore une embrouille…QUOI ?...On a arrêté Erik ? Mais pourquoi ?
 

Personne n’en savait rien. La Police Magique s’était présentée chez lui et l’avait embarqué sans donner d’explications, pour après se pointer à la clinique et confisquer ses dossiers après avoir retourné son bureau. Tout à fait inusuel.
 
Quel âge donnes-tu à Nanny Rose ?...
 
C’est quoi ça comme question ?...On parlait d’Erik !...
 
Mais Chérie voulait absolument avoir son avis.
 
Euh, sais pas, c’est pas dans son dossier ?...Sais pas, au pouce je dirais qu’elle est dans la quarantaine, non ?
 

Et la surprenante réponse qui le laissa comme deux ronds de flan :
 
Ben, non, t’as tout faux : elle a 72 ans…

 
Tu veux rire !?...Elle n’a pas plus de 45 ans…suis pas doué pour ça mais impossible que ce soient 72…c’est débile !...Tu en es sûre ?... Les dossiers d’Angel ? Mais que mijote la Duchesse au labo ?...ah bon…rien d’autre qu’une cure de jouvence !?...C’est dingue…et puis…je me demande ce qu’en pensera Papa…Ben il a beau jouer les circonspects polis…il est bleu de Nanny !...Entre nous, faut dire qu’elle est sacrement bien roulée…euh, pur une femme de son âge, je veux dire…Faudrait en parler à mon père…
 

Vite dit ! C’était assez gênant tout de même envisager une conversation sur la vie amoureuse de son père, avec celui-ci. Lâchement, même si cela ne lui ressemblait guère, Max remit la mise à jour. L’affaire Nielsen était assez corsée comme pour se laisser distraire par les menus problèmes du quotidien.
La plupart le tenait pour un centenaire farfelu et sa mise pleine d’originalité ne le démentait pas, mais sous cette allure peu fiable se cachait un fameux maître du barreau : Artemius Albermale.
Leur dernier entretien datait mais Me. Albermale n’avait pas oublié Max Von Falkenberg qui  ne perdit pas de temps pour le mettre au courant du présent problème.
 
Quelle intéressante affaire ! Bien sûr que j’accepte ! Rien n’est plus tentant qu’une bonne embrouille envenimée !
 

Il va sans dire que tout le monde fut assez surpris quand Max leur communiqua avoir embauché Albermale pour assurer la défense d’Erik. Michael eut son mot à dire, heureusement Justin sembla d’accord avec sa décision.
 
Oui, c’est une antiquité  mais plein de sagesse avec plus d’un tour dans son sac, je sais de quoi je parle…il nous a tirés, Ysaline et moi d’un sacré pétrin il y a quelques années et cela chez les moldus…sa réputation, comme dit Justin, n’est plus à faire…Ne t’en fais pas, Michael, on aura gain de cause pour ton frère…
 

Ysaline, elle, s’était marrée une fois mise au courant de ses démarches.
 
Il nous a rendu Sophie alors qu’on avait presque perdu l’espoir…Ce vieil homme est capable de vendre du sable à un bédouin, ce ne sera pas du tout triste…j’espère que cet animal de Brahms ne ratera pas sa prestation…dès qu’on aura des preuves suffisantes, ce sera son tour !
 
C’était la première fois de sa vie que Max pénétrait dans l’antre sacré de la justice sorcière.  Il s’était attendu à quelque chose de plus impressionnant  que cet énorme amphithéâtre,  plutôt sombre et froid. Rien de trop engageant ni invitant à penser à la majesté de la justice.
Salle du tribunal bondée. Le Magenmagot siégeait prête à entendre la cause  de la société contre Erik Nielsen.
L’entrée en scène d’Artemius Albermale avec les atours  de la profession flottant sur sa silhouette maigre, sa blanche chevelure partant dans tous les sens et cet air guilleret de kobold farceur, mérita un rire peu discret de la foule présente. Il se faisait suivre par une pile impressionnante de volumes et documents divers qui furent posée à grand fracas sur le bureau de la défense. Il salua la cour avec grande déférence avant de se tourner vers son client à qui il tapota paternellement la joue. Très rassurant.
 
*Seigneur…quel cirque !*
 
Avant d’entamer la procédure je voudrais demander aux honorables membres de cette cour de s’entourer des pertinentes protections, mon client est maître en manipulation des esprits !
 
*HEIN !?...Il est dingue !*
 
Ce qui n’était nullement le cas, comme démontré plus tard avec grand art, au grand déplaisir de certains, entre lesquels le Dr. Brahms, qui comme espéré, suivait très attentivement le déroulement des événements …
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Max Von Falkenberg

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