C'est beau, la vie!

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C'est beau, la vie!

Message par Michael De Brent le Dim Juin 29 2014, 12:26

Fin du parcours et de ce cauchemar à rallonge qu’avait été la quête. Ariana reposait là où il lui appartenant d’être : en enfer, sans espoir de retour ! Amen !
Repos. Juste un peu, question de reprendre un peu du poil de la bête et pas s’effondrer dans un coin, ivre de fatigue.  Mais il est dit que vouloir n’est pas toujours pouvoir. Cela ne faisait que trois petites heures qu’ils dormaient, serrés l’un contre l’autre en une étreinte rassurante, quand ce rêve de repos si bien mérité vola en éclats avec l’impétueuse, impossible autrement, apparition d’un Matt McLane ébouriffé et trépignant d’émoi.
 
C’est Opal…ÇA Y EST !!!
 
Encore sonné de sommeil, Michael eut du mal à interpréter d’immédiat. À ses côtés, Alix, ahurie essayait de s’y mettre aussi. À les voir si désemparés et perdus,  Matt crut bon étendre l’explication.
 
LES BÉBÉS !!!
 
Du coup tout fut parfaitement clair. Plus vite qu’il ne faut pour le dire, ils se retrouvaient à Ste. Mangouste, entourés de McLane au bord de la crise de nerfs.  D’Erik, pas de trace, rude épreuve pour lui, à peine revenu des limbes infernaux où l’avait traîné sa demi-sœur, il devait assister sa jeune femme pour un accouchement difficile. On attendit donc, en croisant les doigts et essayant de se distraire en parlant de tout et rien, art dans lequel les McLane excellaient.
Et enfin, se pointa Erik, pâle mais éclatant de fierté et bonheur. Son Opaline adorée avait donné naissance à deux garçons, parfaits et robustes : Nicholas et Matthew.
 
Je te félicite, petit frère…et suis très heureux aussi de te voir en forme…Moi ? Euh, ça va…un peu fatigué mais ça ira…Bien sûr qu’on restera pour le baptême des petits…et peut-être plus longtemps…pas de souci…on va pas squatter ton chez toi ! …Je fais mettre La Tanière en état et on y déménage…Alix se plaît en Angleterre, donc…
 

C’était tout dire. La conversation en resta là, déjà une infirmière arrivait avec deux paquets soigneusement emmaillotés et les présentait à la famille. Michael eut un coup au cœur en découvrant ses neveux, il ne pouvait pas s’empêcher de penser à ce qui aurait pu être si son propre enfant était né. Un regard vers Alix penchée sur les petits, suffit pour deviner qu’elle pensait la même chose. Celui-là était un thème douloureux, ils n’étaient jamais revenus dessus mais cela ne signifiait pas qu’ils y pensaient moins.
Les jours suivants tout tourna autour des naissances et de l’imminent retour de mère et enfants à la maison.  Carreen McLane tenait beaucoup à ce que tout fut nickel pour accueillir sa fille.  Michael échappa au recrutement en aidant Matt, aussi habile que lui, c’est-à-dire, presque nul, à assembler les berceaux dans la pimpante nursery. Les instructions moldues s’avéraient un mystère abscons et l’usage de la magie ne donna rien de trop prouvant.
 
On peut pas être si cons !, soupira Matt en se grattant la tête.
 
Dur à reconnaître, oui…mais attends, je vais demander de l’aide…ne dis rien de ça à personne !
 
Bikita ne fut pas longue à se pointer, plumeau en main. Elle faisait gentiment le ménage à La Tanière. Son maître bien-aimé lui expliqua rapidement le problème et résigné reconnut être le seul sorcier au monde  à avoir un elfe domestique qui se fichait de sa poire. Rigolant en douce, la petite elfe s’acquitta du service demandé et s’enfuma discrètement.
La décision de rester en Angleterre avait ravi Alix, qui même si se plaisant aux Bermudes, préférait le froid brumeux  au soleil et la plage, ce en quoi son mari ne lui ressemblait en rien mais dès qu’il s’agissait de faire plaisir à la femme de sa vie, Michael  était capable de n’importe quoi.
La Tanière, remise à neuf s’avéra un nid très douillet où s’installa la maisonnée rapatriée au grand complet. Elfes, chats, la serre et le laboratoire si chers à Alix. La vie reprenait sous des bons augures, ineffablement paisible et sans sursauts.
 
*Pourvu que ça dure !*
 
On retrouva  famille et amis lors du baptême des petits Nielsen. Erik les avait surpris en demandant à Alix d’être la marraine de Matthew, le plus turbulent des jumeaux. Matt McLane en serait le parrain, quant au sage Nicholas, on lui trouva un parrain à sa mesure, Justin et une douce marraine en la personne d’Angel. Michael ne songea même pas à se sentir vexé d’être exclus du rôle, il était très satisfait en tant qu’oncle des chérubins.
Émotive cérémonie pendant laquelle il ne rata pas l’expression de son Alix chérie avec le bébé dans ses bras. Émue au-delà de l’imaginable, surtout quand à la fin elle déposa un baiser sur le front du petit avant de le rendre à sa mère. Mais encore là, il n’en fit pas de commentaire.
L’ambiance était à la fête, même Erik semblait avoir laissé de côté son stress habituel, ce qui était beaucoup dire.
 
*S’il ne prend pas la juste mesure, il va se tuer à la tâche, celui-là !*
 
Mais déjà Justin venait le distraire de ses réflexions familiales. Son ami  avait fini par avoir le dessus sur ses ennuis à répétition. Éclaircie l’affaire, le cher homme redevenait le même d’avant et se montrait curieux d’en savoir un peu plus sur la dernière aventure  de son pote de toujours.
 
Ça n’a pas été une promenade santé …Non, c’est pas un secret, Justin, c’est que ça me retourne le foie d’en parler…C’est fini, je préfère oublier…Oui, c’était un coup d’Ariana…son dernier mauvais coup, mais j’ai eu de l’aide, sans quoi, serais sans doute pas là à t’en parler…John Smith, un ami d’Erik, sa copine, une moldue…et Max Von Falkenberg…oui, le même,  et sa femme, que tu connais déjà, Ysaline de Bettancourt…pas à dire, une sacrée femme celle-là !
 
On laissa tomber le thème, parler futur était décidemment plus plaisant.
 
On reste en Angleterre, Alix aime mieux…Oui, pluie, brouillard, neige et froid…m’en fiche si elle est avec moi…je boirais du thé s’il le faut aussi…fais pas cette tête…c’est pareil pour toi avec Sam…Oui, à la Tanière pour le moment…jusqu’à rendre habitable le manoir d’Alix…Et tes affaires ? Raconte…Bien que tu ais tes chevaux…pas volé, au moins !?
 

Et c’était parti pour la rigolade, comme au bon vieux temps.
 
Cela faisait une semaine qu’il suivait ses faits et gestes, faisant semblent de croire ce qu’elle voulait lui raconter. Mais, les jours passant, Michael se convainquit qu’Alix n’allait pas bien du tout. Elle était plus pâlotte que d’habitude, d’humeur changeante, parfois, lui semblait-il, sujette à des crises de mélancolie, son appétit d’oiseau semblait en pâtir entre autres et la voir subitement  courir s’enfermer dans la salle de bain ne lui disait rien de bon.
 
*Elle n’est pas boulimique, quand même !* Alix, mon cœur…dis-moi, quelque chose ne va pas bien ?
 
Rien de grave, assurait-elle. Le contre coup de tant de stress, un rhume qui couvait, le printemps et le pollen, du n’importe quoi mais si joliment tourné qu’il ne put que la croire, sans pour autant, cesser de l’observer du coin de l’œil. Ils rencontraient souvent Justin et Sam, question d’avoir un peu de vie sociale mais dès qu’il s’agissait de sorties prolongées ce soit balade, partie de voile ou quoique ce soit hors de quatre murs, Alix se décommandait gracieusement.
Le mariage de J.O et Angel leur donna l’occasion de rencontrer la clique aventurière au grand complet et si entre hommes on rigola pas mal, sans toutefois évoquer l’histoire en commun, Alix n’eut pas l’air trop ravie de se réunir avec  ces dames et sembla franchement soulagée quand il lui proposa de rentrer chez eux.
 
Je ne sais pas trop ce que tu as mais ça ne me plait pas du tout…tu es tout chose…ne me dis pas que c’est encore le rhume qui couve, ça ne tient plus le chemin…Alix, dis-moi, à la fin ?...Qu’est-ce qu’il y a ?...Non, mon ange, je ne suis pas fâché, en voilà une drôle d’idée…suis préoccupé, c’est normal, non ? Tu es mon tout…si quelque chose t’arrivait…
 
Michael eut beau y mettre toute sa science, elle ne parla pas, mais plus tard il l’entendit sangloter doucement en le croyant endormi. Sans rien dire, il la prit dans ses bras et l’y garda, en caressant ses cheveux jusqu’à ce qu’elle se calme et commence à parler d’une voix hachée. La vérité le prit de court, lui coupa presque le souffle, et lança son cœur en débandade.
 
C’est…c’est merveilleux…Mais, par Merlin, bien sûr que je suis heureux…le plus heureux des hommes…Mon amour…je sais, je comprends…mais tu aurais dû me le dire…Non, il ne va rien se passer…tout va aller bien…Demain on ira à Ste. Mangouste…
 
Elle ne voulait pas en entendre parler  mais le moment était venu de se montrer assez énergique comme pour la convaincre que plus tôt ils sauraient à quoi s’en tenir, mieux ce serait.
La médicomage les reçut, un peu étonnée que le mari veuille à tout prix être présent, ce qui allait assez en contre des habitudes en vigueur depuis des siècles, mais se plia à leur demande.  L’examen eut quand même lieu dans un petit cabinet annexe auquel Michael n’eut pas accès mais ne dura que quelques minutes.  Alix revint s’asseoir et chercha sa main.
 
Bien ! Tout va très bien, assura la médicomage avec un  sourire épanoui, je dirais même que parfaitement bien…dans sept mois et demi, vous serez bénis avec le plus grand bonheur…le développement des enfants est idéal, il faudrait que Maman prenne un peu de poids mais c’est normal d’en perdre, les trois premiers mois…
 
Enfants ?...Au pluriel ?, s’étrangla Michael alors que sa chérie lui broyait la main.
 
Sourire encore plus élargi de la spécialiste.
 
Oui, c’est exactement ce que j’ai dit…il s’agit d’une grossesse gémellaire…vous allez avoir des jumeaux !
 
Le Dr. Mayhew prit un petit air compatissant face à l’expression ahurie du couple et se lança dans le petit discours qu’elle avait toujours prêt pour parents abasourdis. D’abord, des mots lénifiants puis plus informatifs. Tout y passa. Conseils et recommandations à la clé, ils se retrouvèrent sur le chemin du retour, encore sous l’impact de la révélation.
 
Tu vois…tout baigne !
, dit bêtement Michael en la serrant contre lui, c’est tout simplement merveilleux !...C’est…fantastique !...Qu’est-ce que tu veux faire ? On peut aller où…Bon, à la maison…Ok, je ne courrai pas le raconter à Justin…à personne…Ok, ma douce…on attendra le temps que tu diras…Tout ce que tu voudras…
 
Bikita qui était plus futée que ce qu’on pensait avait vu clair dans l’affaire depuis un certain temps et en eut la confirmation rien qu’à voir l’air abêti de bonheur de son maître et celui rayonnant de sa maîtresse. Discrète,  elle agit en conséquence pour que tout soit plus parfait que d’habitude.
Et on reprit gentiment la routine des jours heureux. Alix, devenue casanière, trouvait son bonheur entre ses quatre murs, avec ses plantes et son laboratoire. Comme prévu par le Dr. Mayhew passé le cap des trois mois, tout malaise disparut, son appétit revint autant qu’un peu de couleur à son teint de lait. Toujours si mince, on décelait à peine les changements survenus. Michael lui, les remarquait tous et ne cessait pas de s’en émerveiller.
Qu’on abatte John Smith en pleine rue et en plein jour  chamboula le paisible jour le jour. Megan ayant demandé son aide, Michael accourut, surpris d’y trouver déjà Max et peu après de voir débarquer Justin et finalement Erik. Smith avait eu de la chance mais tout portait à penser que le cher homme était, pour des raisons inconnues ou pas inconnues que ça, cible d’un tueur à gages. D’après ce que Megan voulut bien lui raconter, il se doutait bien qu’elle en taisait plus que la bonne moitié, et ce que Von Falkenberg raconta entre ceci et cela, Michael  s’en convainquit. Il n’insista pas pour en savoir plus, le secret, il connaissait et cette affaire ressemblait trop à d’autres vécues. John fut déménagé côté sorcier et on s’en tint là. Quelques appels  à certains contacts stratégiques,  et le tour fut joué. Le statut « top secret » maintenu, John Smith et Katherine Osborne existaient désormais pour de bon avec les documents les créditant comme bons et loyaux sujets de Sa Majesté. Personne ne posa de questions, on lui devait encore quelques faveurs !
 
Que c’est beau, la vie ! La sienne, en tout cas !  Michael se plaisait, de plus en plus à y penser. Envolée toute crainte, Alix commençait des joyeux préparatifs et avait levé l’interdit de silence, d’autant plus que sa silhouette s’arrondissait doucement.
Jouer au golf avec Justin était toujours l’occasion d’une bonne conversation. On parlait affaires, on se souvenait de vieux trucs, on papotait un peu sur les autres. Davenport était parfaitement heureux avec sa Sam, ses affaires roulaient comme voulu mais quelque chose semblait lui manquer, Michael ne chercha pas trop à approfondir, son ex-Serdaigle d’ami pouvait parfois être très secret, par contre lui, ce jour-là se sentait très enclin à faire des aveux. Justin venait d’envoyer sa balle là où elle devait aller et en était très satisfait. Michael envoya la sienne se perdre dans les fourrés.
 
Ouais, le golf n’est pas mon truc…mais on s’en fout…J’ai quelque chose de plus sympa à te raconter…Vais être papa, mon vieux…tu peux croire ça !?...Des jumeaux !!!
 
Justin grommela quelque chose sur une épidémie puis se reprit et  le félicita sincèrement réjoui.
 
Tu en seras le parrain !
 
 Le mariage de John et Meg aurait pu être simplement l’occasion de retrouver des vieux amis, de se réjouir pour le bonheur des mariés, de parler futur, qui, à simple vue s’annonçait radieux pour quelques-uns mais au lieu de cela on tomba en plein dans une bonne intrigue…tentatives d’assassinat marinées en sauce secret d’état, en parler équivalait à se passer la corde au cou.
 
Je comprends qu’il ne veuille pas en parler, en fait ça ne change pas grand-chose, commenta t’il à Justin, le fait est que ça se tient…on lui tire dessus, accidents à répétition, poison dans son verre, qui que ce soit en veut à sa peau et comme je le vois, n’aura cesse jusqu’à l’avoir…alors voilà ce que nous allons faire…
 
On se passa le mot. Ils avaient déjà couru après un fantôme diabolique, traquer un simple tueur à gages ne devrait poser aucun problème…
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Alix Blackstorm le Lun Juin 30 2014, 22:41

Le cauchemar avait pris fin. Épuisés, les De Brent n’avaient pensé à rien d’autres qu’à leur lit après s’être assurés que tout allait bien pour Erik et Opal.
Ils dormaient comme des souches quand Matt McLane ne se gêna pas pour tonitruer :
 
 C’est Opal…ÇA Y EST !!!
 
Les bébés étaient en route, donc eux aussi s’y mirent.
Moments d’angoisse, quelque chose ne tournait pas rond pour qu’Erik fasse un appel catastrophé à Ysaline. Enfin, l’heureux père, les traits ravagés, vint leur annoncer la naissance de ses deux garçons. Alix jeta à peine un oeil aux poupons râleurs et rougeauds se concentrant sur les réactions de son mari.  Autant qu’elle s’en souvienne, jamais elle n’avait vu une pareille expression émue sur les traits de Michael qui souriait aux anges.
 
*Bonne chose ! Mais… *
 
Depuis la fameux plongeon au lac des champs Phlégréens, Alix savait…
Heureuse ? Oui et non. Avec tout ce qu’ils avaient dû encaisser depuis, elle avait de quoi se poser une foule de questions. Michael n’avait pas hésité à lui faire perdre leur premier enfant. Il avait eu raison, là n’était pas la question : leur fils aurait été l’incarnation du mal. Néanmoins, elle en avait très cruellement ressenti la séparation et, pour rien au monde, elle ne voulait risquer que ça recommence. Car il y avait de quoi s’interroger, non ?  N’avait-elle pas, une fois du plus affronté des démons ? Elle était même morte pendant une heure…  
 
*Je ne lui dirai pas ! Il ne me le prendra pas… pas cette fois…*  
 
Il finirait par s’en douter mais, alors, elle escomptait sur un peu de magie pour que le délai d’une interruption volontaire soit dépassé ou, au pire, elle fuirait avec son fruit aussi pourri soit-il.
 
Rester en Angleterre était idéal pour Alix qui, si elle se plaisait aux Bermudes, n’en adorait pas moins les landes sauvages, les houles de l’océan, la fraicheur quasi permanente. Michael avait accepté et réaménagé sa « tanière » de façon très satisfaisante. Revoir Bikita, Lormar, les chats redonna un peu d’entrain à la future mère, mais juste un peu…  
Moment douloureux que de tenir le petit Matthew sous les fonds baptismaux. Que les parents l’aient choisie elle plutôt que Michael pour parrainer un des rejetons ne cessa de l’intriguer tout en l’enchantant. Les femmes étaient rares chez Opal et Erik, donc… Choix judicieux en somme, d’autant que le petit Matt, à l’opposé de son jumeau Nicholas, était un vrai… diable qui donnerait du fil à retordre à son entourage. Avec ses parrains et marraines attitrés, il se calmerait… peut-être.
L’enfant qui se développait en elle lui pompait l’énergie. Était-ce… normal ? Ces nausées à répétitions n’étaient-elles pas dues au fait que ça clochait grave ? Et, comme un souci ne vient jamais seul, Michael devenait inquiet…  
Pour ces nausées qui affolaient son mari, elle eut toujours un bon prétexte :
 
*Retarder, retarder…*
 
Beau mariage que celui d’Angel… Mais la joie d’un futur enfantement chez Megan qui, allez savoir pourquoi se faisait officiellement nommer Katherine, démoralisa encore plus Alix. Apparemment, pas la joie non plus chez Ysaline.
 
*Bénies soient les eaux du lac… !*
 
Tu parles !
En rentrant, Michael ne cacha pas ses tourments à son encontre. :
 
Je ne sais pas trop ce que tu as mais ça ne me plait pas du tout…tu es tout chose…ne me dis pas que c’est encore le rhume qui couve, ça ne tient plus le chemin…Alix, dis-moi, à la fin ?...Qu’est-ce qu’il y a ?...
 
Te fâche pas, je suis patraque, c’est rien…
 
Il s’inquiétait simplement, comme tout bon époux amoureux le ferait.
Tant d’idées lui tournaient dans la tête. Les autres femmes seraient heureuses d’être dans son état avec un mari si attentif à leur côté, elle pas.  
 
*Veux pas qu’il le prenne…. Je ne le supporterai pas… *
 
Déchirée face à la future fuite qui devenait de plus en plus pressante, elle craqua en sanglotant. Elle ne voulait pas quitter Michael mais si la vie du bébé en dépendait, elle le ferait.  
Eh zut, Michael ne dormait pas. Pis, il l’entoura de tant de sollicitude, que les digues cédèrent, elle avoua, lamentable :
 
Il y a que je… j’attends un enfant, Michael !
 
C’est…c’est merveilleux… je suis heureux…le plus heureux des hommes…
 
Ce n’est pas si simple, mon chéri. Dieu que je voudrais que ce soit le cas ! Imagine… imagine qu’il soit comme l’autre…  on en a tant bavé, on a été jusqu’en enfer !!!  
 
 Mon amour…je sais, je comprends…mais tu aurais dû me le dire…Non, il ne va rien se passer…tout va aller bien…Demain on ira à Ste. Mangouste…
 
HEIN ??? Non, non ! Pas question *que j’avorte !*
 
Dans le fond, il n’avait pas tort : autant savoir à quoi s’en tenir. Les jambes en coton, le cœur à cent à l’heure, Alix subit l’inspection de la doctoresse dont les traits demeurèrent indéchiffrables jusqu’à ce qu’elle puisse rejoindre Michael en attente juste à côté. Inutile de dire sa peur, son corps parlait pour elle. Main dans la main, les futurs parents attendirent le verdict.
 
Bien ! Tout va très bien, assura la médicomage avec un  sourire épanoui, je dirais même que parfaitement bien…dans sept mois et demi, vous serez bénis avec le plus grand bonheur…
 
Vous êtes certaine, absolument certaine Docteur Mayhew ?  Pas la moindre chose qui cloche, pas de… malformation ?
 
Le développement des enfants est idéal, il faudrait que Maman prenne un peu de poids mais c’est normal d’en perdre, les trois premiers mois…
 
Son ahurissement valait bien celui de Michael, mais la médicomage confirma : ils attendaient des jumeaux.
Ils sortirent de là encore sonnés avec foule de recommandations pour que tout se déroule au mieux. Michael débordait de joie malgré tout :
 
… c’est tout simplement merveilleux !...C’est…fantastique !...  
 
On rentre à la maison ! C’est trop d’émotions et je t’interdis d’aller clamer la nouvelle partout !
 
 Ok, ma douce…on attendra le temps que tu diras…Tout ce que tu voudras…
 
Ce qu’elle voulait ? C’était être certaine à 100% du diagnostic, elle !  Le docteur désirait la revoir, le mois suivant ? Là, à sa façon, elle lui tirerait les vers du nez !  
 
Au moins, les nausées cessèrent sans avoir recours à la magie, celle de la nature suffisait.  
Bikita et Lormar se coupant véritablement en quatre pour la remplumer, Alix commença à se sentir mieux. La crainte sournoise était encore tapie dans les méandres de son esprit mais un espoir fou pointait en compagnie d’un autre affolement :
 
*Deux bébés ! Comment on va faire ??? Faudra que je demande conseil à Opal… *
 
Alix s’arrangea pour se rendre seule à la consultation prévue avec le Dr. Mayhew.
Reçue rapidement, elle se laissa manipuler en surveillant très étroitement la médicomage qui commentait l’examen :
 
Ils ont 11 cm et tout fonctionne normalement… trop tôt pour dépister le sexe mais vous devez le savoir mieux que quiconque, n’est-ce pas Alix ?  
 
Je le sais, oui dit-elle en se rhabillant. Par contre, j’aimerais que, sincèrement, vous me disiez de quoi il en retourne.
 
Mayhew se vexa :
 
Si vous doutez de mes capacités, je puis vous adresser à un confrère. Ce que je me demande, moi, c’est d’où vous vient cette obsession à les croire malsains !  
 
Ce serait trop long à expliquer Docteur, mais, je vous en supplie, dites-moi…
 
Mayhew avait l’habitude des lubies des futures mères et elle ne vit aucune malice dans la façon dont Alix lui saisit le poignet. Un instant plus tard, Alix éclata en sanglots.
 
Allez, allez, pas la peine de vous mettre dans cet état, c’est pas bon pour vous, ni pour les petits d'être si triste. Si vous n’en voulez pas deux, on peut…
 
Vous ne pouvez pas comprendre, dit Alix entre larmes et sourires. C’est merveilleux et, bien sûr je garde les deux !
 
À partir de ce moment, Mrs. De Brent put rayonner de bonheur et autoriser Michael à claironner la nouvelle à qui voudrait l’entendre.
Il ne s’en priva pas. Conscient du revirement, il n’en fit que mieux transparaître sa joie.
 
Un mariage, encore un.  Katherine-Megan épousait son John. Au moins, cette fois, Alix s’autorisa à bavarder, même à accorder une petite danse au cavalier qui le voulut. Elle s’étonna un peu des conciliabules Justin-Max puis des compères au complet avec John. S’il se tramait quelque chose, elle préféra s’abstenir de curiosité à cet effet.
 
Régulièrement, Alix visita ses neveux, n’hésitant pas à les changer, s’intéressant de très près à tout ce qui les concernait. Par de longues conversations avec Opal, la future mère compléta son éducation car, même si elle connaissait par cœur les détails médicaux, rien ne remplaçait le vécu.
Beaucoup d’achats s’effectuèrent aussi en compagnies des autres futures mères. Quoiqu’enceinte de jumeaux, Alix se félicitait de s’arrondir si peu ce qui lui valut plusieurs sermons du Dr. Mayhew qui finit pourtant son harcèlement puisque mère et enfants se portaient parfaitement.
Un jour qu’elle rentrait d’une longue balade en compagnie des chats, Alix les vit freiner leurs cabrioles à l’approche de la grande maison sous les arbres.
 
Allez, mes belles, assez joué, on rentre…
 
Au lieu de lui obéir selon la coutume, les félins hérissèrent leurs poils et feulèrent si méchamment qu’elle s’alarma.
 
*Un intrus dans la maison !*
 
Replaçant les chats dans leur vaste enclos grillagé, elle courut à l’habitation :
 
Michael, il y a…
 
Arrêt sur image. Face à face dans un fauteuil, Michael très détendu devisait gentiment avec une… inconnue. Son époux, radieux, se leva à sa rencontre et fit des présentations qui choquèrent Mrs. De Brent :
 
… Ma cousine Manon ? Je n’ai aucune cousine, moi !
 
Mais si Alix, puisque tu m’as, moi.  Je suis la fille de Jacques Guerrand, le frère de ta mère Cécile…
 
Jamais entendu parler, répliqua-t-elle glaciale.
 
On sait que Calysta n’appréciait pas ma tante autant que mon père désapprouvait l’union de sa sœur avec une branche Mangemorte notoire tels les Blackstorm. Que tu sembles sceptique, ma chérie ! J’essaye pourtant de te retracer depuis des lustres bien que papa m’ait interdit de le faire. Il est décédé en janvier dernier et n’ai eu de cesse de te rencontrer depuis…
 
Eh bien voilà, c’est fait. Merci d’être passée.  
 
La très belle jeune femme brune papillonna des cils sur un regard navré avec un soupir à fendre l’âme de… Michael. Il enserra Alix dans ses bras et lui murmura des paroles apaisantes qui la mirent mal à l’aise. Peut-être avait-il raison : elle jugeait hâtivement.
Faisant contre fortune bon cœur, elle accorda à Manon Guerrand de se rasseoir :
 
Vous comprendrez que je sois très *mais alors très* surprise… auriez-vous des…


Des preuves, ma chérie ? Mais bien sûr !  
 
Photographies, lettres officielles ou non, tout prouvait l’impensable : Alix possédait une parente.  
 
De vrais souvenirs, Alix n’en avait pas. Néanmoins, lors de ses excursions dans le sombre manoir de son enfance, elle était tombée une fois sur une boîte avec un contenu semblable quoique différent à celui exposé par Manon. Oui, ces photographies lui parlèrent. Entre un Jacques et une Cécile jeunes, des similitudes de traits existaient et, en regardant attentivement Manon, elles étaient présentes aussi. Radoucie quoique pas entièrement convaincue, Alix fit servir un goûter copieux à l’invitée surprise qui ne dédaigna pas de le dévaliser avec ardeur.
 
*Elle meurt de faim, ma parole !*
 
À bien l’étudier, Alix releva des petits détails qu’aucun regard masculin n’aurait détecté. Les vêtements de la demoiselle, bien que seyants, démontraient un long usage antérieur qu’aucune magie ne pouvait rendre invisible.  Les mains, aussi soignées soient-elles, témoignaient d’un labeur en désaccord avec la profession soi-disant exercée : secrétaire.  
Pourtant, son histoire se tenait de bout en bout…  
 
Et tu comptes rester longtemps en Angleterre ? lança Alix s’attendant au pire.  
 
Pour tout avouer, je ne roule pas sur l’or. La France est jolie mais je n’y ai plus aucune attache maintenant. Je pensais trouver un job, et…  
 
*MRD !*
 
Voilà Michael qui lui proposait tout de go de s’installer avec eux. Enceinte de jumeaux, Alix allait avoir besoin d’aide, la maison était grande, etc.  
Comme par hasard, Manon accepta avec joie. Alix beaucoup moins…   
Ce soir-là, elle bouda son mari :
 
Depuis quand j’ai besoin d’aide, dis-moi ?... Bikita et Lormar suffisent… C’est sans doute ma cousine oui, et alors ? Je ne me sens aucune affinité avec cette femme !  Bonsoir !   
 
Résolument, elle lui tourna le dos.
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Michael De Brent le Lun Juil 07 2014, 22:23

Beau mariage, intrigue inclus. Il voulait bien donner un coup de main mais l’intéressé  assura que s’il parlait leurs vies se verraient compromises, et que les derniers faits, à son avis, étaient complètement en dehors.
 
*De quoi, bon sang ?*
 
Il devrait se faire des idées tout seul ou passer l’éponge sur l’interlude mystérieux. Il opta pour la deuxième option et alla rejoindre son Alix et danser avec elle, c’était toujours beaucoup plus agréable que parler meurtre et Merlin sait quoi d’autre. Si sa chérie avait remarqué son aparté avec les autres, elle n’en dit rien, ce n’était pas lui qui allait en rajouter.
Le lendemain, on joua un petit temps supplémentaire répondant à un appel de Max, ralliant les alliés. On avait tenté de tuer John alors qu’il fumait au balcon. On gambergea sur l’affaire, sans en savoir beaucoup plus que l’avant-veille si ce n’est que tout avait commencé après l’arrivée d’une certaine lettre provenant d’un cabinet d’avocats que personne ne connaissait.
 
*C’est avec ça qu’on va aller loin !*
 
Il n’en avait aucune envie, d’aller plus loin. C’en était assez de problèmes et embrouilles.  Alix et lui avaient gagné le droit de vivre en paix, d’être heureux, d’attendre la naissance de leurs enfants dans la douceur paisible de leur foyer, de devenir une vraie famille, d’avoir des rêves…
Le temps s’écoulait agréablement, sans sursauts.  Leur cercle d’amis s’était élargi, et ils aimaient se réunir, de temps à autre autour d’un bon repas, pour fêter un anniversaire, une nouvelle maison ou tout simplement pour le plaisir de se voir.
Délivrée de ses craintes, Alix s’épanouissait en beauté. Il adorait la voir rire en faisant des projets pour la chambre des enfants, et l’aurait accompagnée très volontiers faire des achats en conséquence, si elle n’avait préféré y aller avec ses amies. Max, l’expérimenté du groupe, lui avait gentiment expliqué que les femmes aiment être entre elles pour parler de mille choses auxquelles aucun homme normal ne pige rien. 
Faudrait s’y faire ! Cela n’allait pas sans un peu de mal, compte tenu de sa nature possessive par excellence, mais Alix avait toujours démontré que même très  amoureuse de lui, elle gardait jalousement sa parcelle d’indépendance.
 
Le temps était beau et chaud, de quoi lui faire presque oublier qu’il se trouvait dans une terre de brume, pluie et froid. Il venait de rentrer. Justin qui avait enfin trouvé son bonheur dans la recherche d’une nouvelle maison, avait tenu à l’entraîner à la découverte de son prochain domaine. Michael n’avait pu que le féliciter de son choix.
 
Pas à dire, ça a l’air d’une maison normale, mon vieux, rien à voir avec la démesure de l’autre…au fait, tu penses en faire quoi ?...
 

Davenport n’en savait rien encore. Il le laissa débrouiller ses projets en se réjouissant d’avance de rentrer chez lui et retrouver son Alix. Mais une fois-là, Bikita lui avait annoncé que la dame de céans était partie se promener avec les chats. Prenant son mal en patience, il sortit  fumer au jardin pour guetter  le retour de sa chérie.
 
Excusez-moi, monsieur…
 
Cette voix féminine à l’intonation décidément française le fit se retourner. Une adorable créature se tenait à quelques pas de lui et le regardait en penchant un peu la tête au temps de révéler un sourire splendide.
 
En quoi puis-je vous être utile ?, s’enquit-il en souriant à son tour, sans même penser que c’était quand même assez extraordinaire de trouver une inconnue comme celle-là au milieu de ce nulle part apprivoisé  où on ne rencontrait jamais personne.
 
Je cherche quelqu’un…on m’a expliqué, à peu près, que je pourrais le trouver ici…ou près d’ici…enfin, je n’en sais rien, petit soupir contrit, battement de cils, je suis perdue !
 
Sans doute, personne d’autre que ma femme et moi ne vit à des miles à la ronde…si vous me dites le nom de cette personne alors peut-être je pourrai vous aider.
 
Manon Guerrand aurait trépigné de joie mais se garda bien de le faire. Non seulement elle était exactement où il fallait être mais en plus le sujet visé dépassait de loin ses espoirs les plus fous.  Réunir toute possible information sur sa cousine avait pris plus de temps que prévu mais finalement ses peines s’étaient vues couronnées de succès. Alexandra Blackstorm  vivait en Angleterre, et s’était mariée à un tel De Brent. On lui avait décrit l’individu comme étant grand, blond, bien fait de sa personne et très riche.
 
*Bien fait de sa personne ?...Seigneur…il est à tomber !*
 

Alexandra Blackstorm !, dit-elle doucement en lui adressant un regard soyeux, sur fond d’innocence, de ses grands yeux bleus, vous…la connaissez ?
 
Il éclata de rire mais se reprit aussitôt.
 
Oui, il se trouve que je la connais, et très bien d’ailleurs…c’est ma femme !
 

La suite fut tout un poème de  Ah ! et Oh !, de surprise si bien feinte ; de joie, très légitime ; de petites larmes, très opportunes, le tout enveloppé dans le voile ténu  de charme flagrant en branle-bas de combat. Irrésistible pour tout homme normalement constitué. Michael  tomba, sans hésiter, dans le panneau.
Cinq minutes plus tard, Manon installée dans le très confortable séjour de La Tanière, passait discrètement les lieux en revue, les jugeant de parfait bon goût, bon ton, parfaitement à la mesure de l’Apollon de service. Sirotant un Porto, quoiqu’elle aurait préféré du plus fort, elle livra une version revue et corrigée de son existence, en la faisant paraitre si émouvante et digne de foi, qu’entendre sa voix se briser à cette évocation, ne mit que plus d’huile au feu qui commençait à crépiter très doucement.
 
Père n’a jamais pardonné sa sœur son mariage, jugé mésalliance par la famille…vous savez…si conservateurs, si attachés à leurs traditions et…enfin, vous comprenez…mais il est mort et avec lui, tout lien que je pouvais avoir avec…les autres, alors j’ai voulu chercher ma cousine…la seule parente proche qui me reste…
 

Ces aveux si sincères, (eh oui, il y croyait ferme !) faits avec ce petit accent tout à fait craquant firent chanceler  tous les bons propos qu’il aurait pu avoir.
 
Vous avez bien fait, Manon…je peux vous appeler Manon, n’est-ce pas ?...Je suis Michael… et puisque je suis le mari de votre cousine, je suis un peu votre cousin…
 

Voilà, la belle famille ! Dix minutes plus tard, ils bavardaient comme les meilleurs et plus proches cousins du monde. Michael massacrait joyeusement son français, langue  de charme et prononciation mystérieuse, un vrai challenge linguistique pour tout anglais qui se respecte, ils étaient passés au « tu », si peu protocolaire et Manon, soupirait, battait des cils et souriait…Bon Dieu, quel sourire.
Bikita observait ce manège de charme et sentait l’envie de taper sur la tête de son maître adoré la démanger mais Lormar réfrénait ses élans justiciers.
 
Maître idiotisé…c’est une vélane…trèeeeeeeeees dangereux…Ouhla ! Ouhla ! Voici maîtresse Alix !
 

Michael, il y a…
 
L’interpellé abandonna sa si prenante conversation pour se tourner vers la nouvelle arrivante légèrement suffoquée.
 
Ma chérie, tu arrives enfin, il alla vers elle et l’embrassa, ravi, permets moi de te présenter ta cousine Manon, elle vient d’arriver de la France et te cherchait.
 
Assez interloquée, Alix le dévisagea avant de regarder la jeune femme qui s’était levée en souriant, angélique.
 
Ma cousine Manon ? Je n’ai aucune cousine, moi !
 
S’en suivirent quelques explications que sa femme chérie n’agréa pas de bon cœur, en fait elle avait l’air parfaitement butée et se montra glaciale.
 
Ma chérie, Manon s’est donné beaucoup de mal pour te trouver, tu es la seule parente qui lui reste au monde, c’est normal qu’elle veuille te connaître…
 
Alix ne cédait pas si facilement et réclama des preuves qui lui furent fournies illico. Impossible de les réfuter, vieilles photos montrant sa mère et le père de Manon ne pouvaient mentir, pas plus que l’air de famille certain.
 
Tu vois, ma chérie, Manon ne ment pas !

 
Il eut droit à un regard mitigé mais déjà sa chérie reprenait son rôle de parfaite dame de céans et peu après  on leur servait un  copieux goûter auquel Manon fit honneur avec un bel appétit.
 
*La pauvre…elle aura subi des privations !*
 

Pour entrer dans les bonnes grâces de cette cousine si réticente, Manon se lança dans un récit étendu de sa situation actuelle. Jusqu’à peu auparavant, elle avait travaillé comme secrétaire dans une entreprise moldue qui avait fait faillite.
Minute de silence, instants de flottement, puis Alix voulut savoir si sa cousine pensait rester longtemps en Angleterre. Et l’adorable Manon d’avouer, en baissant les yeux, d’être en mal de fortune et vouloir se chercher un job.
 
J’ai une idée…Manon pourrait rester ici…tu es enceinte, mon amour, et fatiguée parfois, la maison est grande…elle pourrait te donner un coup de main et comme ça…on serait tous arrangés !
 

Quelque part, l’impression  qu’il aurait mieux fait de la fermer flotta dans son esprit,  mais déjà  la belle cousine sautait sur l’aubaine et affaire conclue.  
Alix le bouda carrément et après un sec « bonsoir » le planta là avec ses idées faramineuses. Il fut tenté de la suivre mais se rappela que Manon était restée seule au séjour et attendait sûrement quelques précisions sur son aménagement.
 
Tu dois excuser Alix, elle a un peu mauvais caractère…
 

Je l’ai surprise, elle ne m’aime pas !
 
Quelle idée, voyons, ça l’a prise un peu, enfin, pas mal de court mais demain ça ira mieux…Tu peux rester ici dès ce soir même…je vais dire à Bikita d’arranger de suite ta chambre et…
 
Il ne s’attendait pas à sa réaction si intempestive, lui sautant pratiquement au cou et lui plaquant deux bisous sonores sur les joues.
 
Tu es merveilleux, cousin Michael…tu as si bon cœur…tu es le meilleur des hommes !
 
C’était si délicieusement convainquant que s’il lui restait l’ombre du moindre doute, celui-ci s’effrita, se désagrégea, se perdit, disparut à jamais de son esprit. Bikita, de très mauvaise humeur, s’acquitta de son travail, non sans lancer des regards houleux vers cette chère Manon, qui, femme prévenante, avait ses bagages sur elle.
 
J’aurais fini par trouver un petit hôtel…ou quelque chose…, soupir.
 
Michael De Brent se sentit comme le preux chevalier à la brillante armure qui sauve la dame en péril du dragon maléfique.
 
Merveilleuse Manon. Le lendemain, elle avait convaincu sa cousine de sa bonne foi. Michael, levé un peu plus tard que ces dames, les trouva en train de bavarder cordialement autour d’une tasse de café. Alix, parfaitement détendue et souriante, acceptait de bonne grâce les attentions de cette cousine tombée du ciel.
Et c’est ainsi que Manon Guerrand  prit place dans leurs vies, s’y accommodant placidement, sans que rien ni personne put s’y opposer. Bon, c’est vrai que Bikita la boudait ouvertement, mais elle avait toujours été très possessive avec son maître.
 
C’est normal, disait Manon, elle t’aime trop, ta petite elfe…elle est tout simplement jalouse…parce que je t’aime aussi.
 
Ce genre de petites déclarations allaient droit au cœur. (Facile quand on a le cerveau ramolli !)
Alix s’avouait facilement fatiguée, elle ne voulait pas sortir préférant rester tranquillement  allongée, laissant Manon s’occuper des menus détails domestiques, ce que celle-ci agréait avec un sourire d’ange.
Davenport et lui étaient allés aux nouvelles chez les Smith. Heureusement pas de changements de ce côté-là. Ils rentrèrent à La Tanière pour un dernier verre avant que son copain ne file rejoindre sa femme.  Manon l’y attendait et se montra charmante avec Justin qui en oublia presque son rendez-vous avec Sam.
Qu’il revienne, quelques jours plus tard, avec sa Sam chérie, n’étonna personne. Y a-t-il quelque chose de plus rassurant qu’avoir des amis qui se souciaient de leur bien-être ?
Samantha souriait mais cela n’allait pas au-delà des lèvres. Justin par contre sembla ravi de revoir la belle cousine. Que Mrs. Davenport veuille s’entretenir à seules avec Alix étant tout à fait normal, on les laissa en tête à tête.
 
Manon est une aide précieuse…elle soulage Alix de beaucoup, ma chérie est si fatiguée dernièrement  et puis…elle est si charmante et bonne compagnie…
 
C’est toujours un plaisir de pouvoir se rendre utile !
, assura doucement Manon.
 
La fatigue d’Alix devenait chronique, à peine si elle quittait sa chambre, d’où Michael avait été gentiment chassé sous prétexte qu’il ronflait l’empêchant de dormir. Lubies de future mère, hormones en folie, rien de plus normal, tout passerait une fois les bébés nés…mais Manon était toujours là, pour s’occuper de tout…d’Alix, qu’elle aimait comme à une sœur, de la maison qu’elle égayait de fleurs, de son rire, de ses chants joyeux, de sa présence lumineuse et , cela va de soi, de lui, pauvre mari écarté, si esseulé que l’ignorer aurait été un crime de lèse-humanité.
Chaque jour, Michael passait des petits moments avec sa femme, la trouvant languide et lointaine, parfois agacée. Elle allait bien, les bébés aussi. Il devait sortir, voir ses amis, pas besoin de se cloitrer avec elle qui n’avait qu’envie de sommeiller en attendant que le temps passe plus vite.
 
Et ça ne te fait rien que je sorte tout le temps avec ta cousine ?...Ah bon ! Si tu trouves ça normal… Non, si ça te va, c’est bon pour moi !
 

Manon était si compréhensive.
 
Ne t’en fais pas, cousin…tout va aller bien ! Oh, tu as mal à la tête ?...C’est toute cette tension…il faut se relâcher…
 
Et de masser gentiment ses épaules, son cou, puis ses petites mains savantes de s’appliquer sur ses tempes douloureuses, en délicieux cercles concentriques.
 
Tu es merveilleuse !
 
Oui, elle l’était. Manon le savait et s’en réjouissait follement. Il était le bonus de son plan, un bonus extrêmement séduisant, qui en ce moment avait tellement besoin d’être réconforté. Elle y appliqua toute sa science…
Les amis de Michael venaient prendre des nouvelles, elle les recevait, tout sourires et gentillesse, racontait ce qu’ils voulaient entendre, les embobinant sans aucun mal. Ils s’en allaient parfaitement heureux faire part à leurs femmes du bonheur qui régnait chez les De Brent. Ces dames, elle les avait rencontrées, à un ou autre événement, où le fait de la voir apparaître du bras du fringant Michael soulevait un discret tollé. Son charme indéfectible n’atteignait pas les femmes, c’est su, mais il suffisait d’avoir leurs maris acquis à sa cause pour que tout marche sur des roulettes.
 
Ne t’en fais pas, Michael…les femmes aiment faire des intrigues de tout…Tu es heureux, c’est tout ce qui compte pour moi !
 
Et apparemment aussi pour lui, même si pas exactement comme Manon avait escompté. Ce cousin, si adroitement conquis, cédait sans trop de mal à ses manœuvres d’approche et y correspondait très chaleureusement.
 
Tu es un séducteur impénitent, lui souffla t’elle à l’oreille alors qu’il dévorait son cou de baisers brûlants.
 
Je dirais la même chose de toi, Manon…c’est toi qui m’as séduit…
 
On n’allait pas s’encombrer de petits détails insignifiants. Qui séduisait qui ? Quelle importance, tant que séduction il y avait. Mais, il y a toujours un mais pour déranger les plans les mieux conçus, alors qu’elle le croyait prêt à s’emmêler passionnément dans ses filets, Michael semblait prendre conscience de ses obligations et l’écartait, la laissant transie de désir inassouvi.  Ce petit jeu durait déjà depuis un certain temps mettant les nerfs de Manon à rude épreuve.
 
Mais…je t’aime Michael…et tu m’aimes aussi !, avait t’elle protesté.
 
Il releva la tête et la considéra avec un rien d’ironie.
 
Non, je ne t’aime pas…je ne peux pas t’aimer et tu le sais…c’est elle la seule femme que j’aimerai jamais…
 

De rien ne servirent ses douces protestes, ses câlins appuyés, il demeura irréductible.
 
*Satané bonhomme…ça  changera quand elle ne sera plus…*
 
Seul dans sa chambre, Michael avait beaucoup de mal à trouver le sommeil. Des idées, plus ou moins absurdes, cavalaient dans sa tête. Il se sentait  tantôt coupable, tantôt innocent, savait, ou croyait le faire, que la situation sous son toit n’était pas précisément idéale. Il aimait Alix mais désirait Manon. Sa femme jouait aux abonnés absents depuis un bon bout de temps, alors que sa délicieuse cousine était omniprésente. Sa chérie le regardait, au cas de le faire, d’un œil paisible et assurait, au cas de lui parler, que tout allait bien, que Manon était unique. C’était un peu, à l’avis du mari dérouté, comme donner sa bénédiction, ce qui resta pratiquement confirmé le jour où, supposant Alix endormie dans le divan du séjour, cousine chérie l’avait embrassé  avec grande science, pour l’instant d’après s’horrifier en découvrant que Madame les regardait, un doux sourire aux lèvres, sans l’ombre d’un reproche.
 
Tu vois…elle comprend !, avait chuchoté Manon en se serrant contre lui.
 
Que le diable m’emporte si je comprends quelque chose, moi !
 
Il n’y a rien à comprendre, Michael chéri !

 
Ainsi soit-il, mais ce n’était pas pour autant qu’il se décidait à franchir le pas.
 
Dépêche-toi, Manon, on est déjà en retard à la réception !

 
Miss Guerrand fit son apparition, resplendissante dans son élégante robe de soirée, belle à couper le souffle.  Leur entrée en scène fut assez remarquable, impossible autrement, mais au lieu de leur souhaiter une chaleureuse bienvenue, ils eurent plutôt droit, surtout de la part de ces dames, à un accueil très mitigé, résumé en une seule question, répétée à satiété par toutes et chacune.
 
Où est Alix ? Comment va-t-elle ?

 
Bien, fatiguée, elle préférait rester seule…, une et une autre fois sans que cela paraisse convaincre ces esprits féminins, inquisitifs et bornés.
 
Et puis la surprenante apparition de Bikita hors d’elle, son elfe à lui, qui l’ignorant clamait à l’aide en s’adressant à ces dames. Réuni un peu plus loin avec le cercle masculin suspendu aux lèvres de Manon, Michael suivit d’un œil distrait le mouvement paniqué du côté féminin puis continua de bavarder comme si rien ne l’atteignait. En fait, pour eux, la fête continuait comme si rien.
 
Mais il fut impossible d’ignorer l’intervention musclée de sa belle-sœur transformée en furie tout autant que celle de Mrs. Smith qui ne mâchait pas ses mots.
 
Mais vous avez tous perdu la tête !
, hurla t’elle, vous n’êtes que des imbéciles…et toi, la cousine…triple garce !
 
Qu’elle gifle Manon faillit déclencher une émeute et lui tout le premier intervint, outragé de voir une moldue se mêler si fraichement de ses affaires mais avant qu’il ne s’avise à l’ouvrir, la virago de service l’apostrophait, furieuse.
 
Et n’ose pas la défendre…je dis ce que j’ai à dire…Bougez-vous, bande d’abrutis… RÉAGISSEZ , BON SANG !!!
 
Après ce fut le tour d’une Sam très fâchée qui annonça qu’Alix venait d’être admise aux Urgences. Nouvelle positive, pas la peine de courir de risques, la future mère était entre on ne peut meilleures  mains. L’ambiance était cependant tombée et il était temps de rentrer.
À La Tanière, Bikita refusa de le servir et envoya Lormar à sa place. Ce dernier tut toute explication et disparut dès qu’on lui en laissa l’opportunité. Dans leur enclos, Apache et Bagheera, remuaient, inquiètes. Manon avait très peur des « chats » qui n’avaient foulé la maison depuis qu’Alix ne s’en chargeait pas.
Ce soir-là, les efforts, et il faut dire qu’elle en fit, de la belle Manon s’avérèrent plutôt nuls pour remonter le moral à un Michael d’humeur plus que morose. Qu’il finisse par s’endormir dans ses bras ne changeait rien puisqu’il ne fit autre chose que ronfler gentiment. Le lendemain, ce fut elle qui lui conseilla d’aller voir sa femme à la clinique, cela apaiserait un peu les esprits exaltés.  
Un sentiment indéfinissable lui alourdissait le cœur, mélange de chagrin, culpabilité et confusion. Alix souffrait, ne trouvant pas de mots pour le réconforter il se contenta de tenir sa main, ce qui sembla la calmer un peu. Cela dura trois, quatre minutes pendant lesquelles, elle appela trois fois sa cousine.
 
Elle…viendra plus tard…sans doute !, promit-il avant de se lever et sortir en coup de vent.
 
Dans le corridor il croisa son frère mais ne resta pas pour savoir ce qu’il avait à dire, Manon l’attendait.  Ce fut une journée bien remplie et profitable, pour elle. Michael était très généreux, elle ne laissa pas passer l’aubaine. Au soir, elle voulut sortir, pluie et froid ne furent pas un empêchement pour lui faire plaisir. Folle soirée. Au retour, assez éméché, Michael  se montrant charmant et enjoué, Miss Guerrand n’hésita pas à lancer son grand ’jeu. L’issue aurait été l’espérée si dans l’ombre d’autres forces subtiles mais puissantes n’avaient efficacement agi.
Étonnant réveil. Sans rien comprendre et encore à moitié endormi, Michael fut pratiquement arraché à la douce étreinte de la belle dormeuse  par un Justin hors de lui secondé par un Max passablement hargneux.
 
Mais qu’est-ce qu’il vous prend !?, gueula Michael en se débattant comme un diable alors que Manon, tirée si brusquement de son sommeil hurlait de plus belle.
 
Justin ne se priva pas de lui envoyer un direct à la mâchoire qui le laissa à moitié assommé, alors que Max saisissait la miss qui essayait de filer.  Ces deux –là ne lambinaient pas avec les moyens, en un tour de main, ils avaient la situation sous contrôle. Manon entravée et muette ne ruait pas moins dans les brancards alors que Michael, bien malgré lui, avait droit à une fracassante mise à jour, accompagnée de quelques sortilèges extravagants lancés par Bikita et Lormar pour être docilement repris par Justin et Max, qui s’y prenaient avec grand entrain, alors qu’un peu plus loin, mais assez près de Miss Guerrand, venaient se poser deux gros minets d’humeur peu jouette qui montraient amicalement leur crocs.
 
Vous voulez dire que…Une vélane ? Mais comment… ?...Combien de temps ?...Non, ce n’est pas possible…TROIS MOIS !?...Mon Dieu…ALIX…OÙ EST ALIX ?
 
Il avait récupéré la raison pour la perdre aussitôt. Ce fut un fou hagard qui se présenta à la clinique. Ysaline en personne l’accueillit, fermée. Elle ne mâcha pas ses mots, et si bien reconnaissant que rien n’était de sa faute, elle ne lui fit pas d’aumônes en brossant un tableau désolant de la situation.  Alix allait très mal et ses enfants étaient si petits et faibles qu’il faudrait un miracle pour les sauver.
 
Pardonne –moi, mon amour…pardon…pardon pour tout…ne me quitte pas…je t’en supplie…si tu m’aimes encore un peu…ne me quitte pas…, il serrait sa main en pleurant comme un damné, guettant un geste, un signe de conscience.
 
Patiente, Ysaline lui expliqua qu’Alix était sous calmants et ne se réveillerait que dans plusieurs heures, si on réussissait à stabiliser son état et surtout à contrer la drogue présente dans son organisme.
Découvrir ses enfants, isolés dans leurs couveuses, le bouleversa au-delà des mots et à son atroce chagrin s’ajouta une fureur sans nom. Transformé soudain en fou furieux, il évada tout celui qui chercha à le retenir  et s’enfuma sans qu’on sache l’en empêcher.
Il trouva Manon là où on l’avait laissée, sous la placide mais très effective surveillance de Bagheera et Apache. En le voyant, elle sut que ce n’était pas de sa main que viendrait le salut.
 
Maudite garce, tu vas payer très cher tant de misère…Non, je ne vais pas te tuer…ce serait trop peu, j’ai mieux pour toi !
 
Il sortit mais ne fut pas long à revenir, tenant une petite fiole à la main.
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Alix Blackstorm le Dim Juil 13 2014, 08:21

Dès ses craintes au sujet de ses enfants envolées, Alix avait connu les jours d’intense bonheur. Choisir la layette en compagnie de ses amies, penser décoration de chambre et nursery, quels plaisirs. Avec Michael, ils avaient arrêté des prénoms des jumeaux en échafaudant mille suggestions très hilarantes pour tomber d’accord dans la simplicité. Puis, Manon Guerrand avait débarqué et tout avait changé.
Au départ, Mrs. De Brent était prête à flanquer dehors sans ménagement, cette cousine envahissante mais, elle fut la première surprise en réalisant que la belle Française s’était bel et bien installée dans leurs murs.
 
*J’ai dit oui à ça ?*
 
Mince, elle ne s’en rappelait pas. Chaque matin, décidée à en terminer, sa résolution fondait sitôt le petit déjeuner avalé.  Aux jours succédèrent des semaines qui devinrent des mois et Manon était toujours là, plus présente. Pourquoi lui en vouloir à cette âme charitable qui la soulageait de tant de…
 
*De quoi me soulage-t-elle sinon de Michael… ?*
 
L’instant d’après, elle pensait :
 
*C’est un ange, cette fille ! Une veine qu’elle soit là, je suis si fatiguée…*
 
Parfois, elle reçut des visites, elle qui n’avait ni courage ni envie de sortir. Mais même les sermons perçus ne la réveillèrent pas de l’apathie qui l’enlisait.  
 
Manon se frotta les mains. Tout baignait, non ? Bon, d’accord, pour une raison qui lui échappait le beau Michael hésitait encore à la mettre dans son lit, mais ça ne tarderait plus. Dès qu’Alix serait morte, ce serait plus simple. Ce n’était quand même pas de sa faute si les hommes étaient des idiots ? Belle proie que celui-là ! Inattendu bonus pour une ensorceleuse aussi avide que dénuée de scrupule. Persuadée n’en faire qu’une bouchée, la résistance de l’individu la surprenait et amadouer sa cousine n’était pas une mince affaire non plus. Manon pouvait se vanter d’avoir réussi un coup de maître avec celle-là !  Si l’empoisonner avait été l’idée première, Manon avait vite réalisé qu’avec l’entourage des De Brent, ça ne collerait pas.
 
*Trop brutal, sujet à caution…*
 
Plan B ! La substance hypnotique achetée à prix d’or fonctionna parfaitement sauf que cette garce d’Alix avait parfois des éclairs de lucidité fulgurants qui obligèrent Mademoiselle Guerrand à augmenter le dosage initial. De cinq gouttes on dut passer rapidement à 10 puis à vingt, et ce, non en hebdomadaire comme disait la notice mais au quotidien.
 
*Plus rapide en sera l’issue, mais faudrait pas en perdre tes gosses, connasse ! *
 
Dans le fond, Manon se foutait de ce qu’il adviendrait des enfants. Pour le moment, elle les considérait comme un atout majeur dans la partie à gagner avec le futur veuf affligé. Ensuite… bah !
Persuader à répétition Alix qu’elle était entre de bonnes mains n’était pas de tout repos, lassant même ! La décourager une bonne fois devint essentiel pour contrer toute rébellion. La solution vint presque par hasard quand elle vit sa cousine régurgiter un de ses repas :
 
Ma chérie, avait-elle dit en la rafraîchissant. Tu vois à quel point manger te rend malade.
 
Je dois manger pour eux et pour Michael qui n’aime pas que je sois pâle…
 
Il ne t’en voudra pas, ma belle…  on ne voulait pas te le dire…
 
Me dire quoi ?

Je ne peux pas, j’ai promis… Tu… le docteur nous a fait promettre de…
 
Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ?  
 
Je suis tellement désolée, mon Alix : tu es mourante… En t’obstinant à manger, tu ne fais que rallonger ton trépas…

Je le dois pour mes enfants, pour Michael…
 
On peut essayer de te mener à terme à condition que tu ne boives plus que cette tisane. Tu verras, tu te sentiras bien mieux…
 
Et Michael sait ? Je m’en veux de devoir l’abandonner…
 
Je veillerai sur lui et sur eux, si… tu veux…  
 
Oh oui ! Fais tout, tout ce qu’il faut pour qu’ils soient heureux… Merci, Manon…  
 
Lorsqu’Alix s’endormit enfin, Melle Guerrand rigola à perdre haleine. Avec l’aval d’Alix en sus, Michael était cuit.
 
C’était quand même étrange de sourire béatement tandis qu’au fond d’elle son cœur saignait des tableaux entraperçus çà et là.
 
*Il se console déjà… c’est bien, le mieux à faire… pourquoi ça fait si mal alors ?*
 
Ponctuellement, Bikita osait une approche quand Manon et Michael étaient de sortie.  
 
Maîtresse Alix pas bien dans tête et corps. Bilkita remettre en ordre.  
 
Tu es gentille, mais je vais bien, laisse-moi.
 
Rien n’y faisait, Alix devait subir les purges concoctées par l’elfe en révolte contre ce qui se passait sous son long nez, d’où ses vomissements et éclairs de lucidités, hélas vite contrés par la vipère locale.  
Ce soir-là, Michael était superbe dans son smoking quatre épingles. Il lui parla de quoi ? Une inauguration ?
 
Amuse-toi bien avec Manon !
 
La cousine s’attarda auprès d’elle avant de filer aussi :
 
Bois tout !
 
Selon ses estimations, Alix roupillerait quasi deux jours avec cette dose.
Porte à peine close, Bikita se pointa :
 
Avalez-ça de suite, Maîtresse Alix.
 
Marre des mixtures… me sens pas bien… Aide-moi plutôt à m’allonger…
 
Boire d’abord, puis vomir, puis dormir.  
 
Le début du programme se déroula parfaitement car trop faible pour résister, Alix consentit à ingurgiter la boisson pour avoir la paix. Seulement, cette fois, son organisme entier se révolta. Secouée de nausées incessantes, broyée d’une douleur inconcevable, Alix crut sa dernière heure arrivée. L’elfe n’en revint pas de ces effets violents qu’elle tenta d’apaiser de son mieux quitte à s’en arracher les cheveux. Mais rien n’y fit. Les cris d’Alix la tétanisant presque, Bikita réagit enfin dans le bon sens et alla réclamer du secours au seul endroit qu’elle connut où l’on puisse l’écouter.
Était-elle morte ? En tout cas, ça y ressemblait. Le paysage était paisible, au moins cela. Atterrie Dieu sait comment sur la berge d’un lac d’eau sombres perdu au milieu d’une forêt aux couleurs d’or et cuivre, Alix contempla les alentours que nul souffle de brise n’agitaient.  
 
*Drôle de Paradis, et ce n’est pas l’enfer non plus…*
 
Pas âme qui vive à des lieues à la ronde semblait-il ; aucun oiseau ne fendait les airs, seul le silence régnait. La douleur physique avait cessé, celle du cœur pas. Une vague de désespoir dans laquelle  se mêlaient chagrin, remords, amour, haine et colère, déferla en elle. Elle éclata en sanglots déchirants contre le premier tronc d’arbre à portée, ses poings frappant l’écorce rugueuse sans souci des blessures infligées :
 
MICHAEL ! Comme je t’aime et te hais, JE TE HAIS de nous avoir fait ça…. Et nos pauvres enfants que nous n’avons pas connu vont mourir ici, seuls avec moi par ta faute, TA faute !!  
 
Es-tu bien sûre de ce que tu racontes, ma fille ?
 
Alix haussa les épaules en s’essuyant les yeux d’un revers de poignet :
 
Qui que vous soyez, fichez-moi la paix, allez-vous-en.

 Non, je ne m’en irai pas tant que ma fille se comporte comme une imbécile.  
 
Imbécile vous-même ! Vous ne savez rien.
 
Je sais beaucoup de chose, Alexandra, mon enfant…
 
Cessez ce jeu, ma mère est morte ! Et…
 
Si tu prenais la peine de bien me regarder, tu comprendrais, Alix…  
 
Au travers du brouillard de ses larmes, la désespérée détailla l’intervenante. La ressemblance la scia :
 
Manon ??

La belle jeune femme émit un triste sourire tandis que des détails se révélèrent. La dame près d’Alix possédait bien des points communs avec sa cousine mais était en plus… racée, plus grande et… plus douce aussi :
 
Ma… Maman ? Alors je suis morte aussi ?
 
Au train où tu y vas, c’est bien parti, mais pas encore… Est-ce ce que tu veux, ma chérie ?
 
Oui, je le veux !  Michael ne m’aime plus, alors…
 
Sotte que tu es parfois, ma belle ! Il a eu des dizaines d’occasions de te tromper mais, que je sache, il n’en a rien fait.
 
C’est simplement le serment inviolable échangé qui l’en a empêché ! Je l’ai vu, JE LES AI VUS !  
 
Certes… mais tu avoueras que tu t’es bien laissé berner…
 
Oh oui ! Il m’a bien eue avec ses mensonges !
 
Il ? Enfin, Alix… Je crois que les drogues t’influencent encore, mon petit. Tu en as pourtant recraché les trois quarts, cette fois !
 
Des drogues ? Qu’est-ce que sa mère racontait ? Bikita lui faisait boire des trucs infâmes mais jamais elle n’aurait essayé de lui nuire… Lentement, la mise à jour se fit. Énorme, inconcevable, la vérité l’éblouit :
 
C’était Manon ? MANON ?? Oh, quelle garce, quelle vipère, quelle…
 
Sans s’en rendre compte, elle beugla tant d’imprécations nommées à l’encontre de sa cousine, que ceux qui assistèrent à son débat terrestre crurent qu’elle réclamait sa cousine alors qu’elle tentait de transmettre un message de l’au-delà où elle avait un pied.
 
Pas la peine de t’énerver, ils ne comprendront pas. Tu devras faire le travail toi-même… Tu ne vas quand même pas la laisser gagner, rassure-moi ?  
 
Peux-tu me jurer que Michael est innocent ?
 
Il t’aime Alix, avec ou sans serment inviolable, et n’a rien commis de bien répréhensible…
 
N’empêche qu’il brûlait de le faire !
 
Avec ta bénédiction, ma chérie ! Si tu n’avais pas gobé le fiel de cette poison…
 
Ben voyons, ça va être de ma faute, maintenant ?
 
Pas plus que celle de Michael… Je te pose une dernière fois LA question : veux-tu partir avec moi, Alexandra ?  
 
NON !
 
Alors souffre, et GAGNE !!  
 
Si elle avait cru réintégrer son corps physique aussi fougueux qu’avant, animé par un esprit revanchard à toute épreuve, Alix fut déçue. Elle revint à la conscience dans un état lamentable avec une très vague idée des événements antérieurs. Les mots des visiteurs effleuraient à  peine son entendement. Elle perçut la présence d’un Michael bourrelé de remords, des visages connus et inconnus sans parvenir à atteindre le ressort qui l’aurait tirée d’affaire.
En fauteuil roulant, on l’avait poussée dans une pièce immaculée bourrée d’appareils étranges autour d’aquariums où végétaient péniblement de curieuses larves quasi inertes. Qu’attendait-on d’elle ? Lorsque la pédiatre voulu lui mettre une de ces choses dans les bras, Alix se cabra :
 
Je ne veux pas voir ça !... non, ce ne sont pas les miens… Les miens sont… morts…  
 
Son entourage se navra, se révolta, rien ne changea. Fidèle au poste, Michael passait souvent de longues heures avec elle, l’engueulant parfois de son désintérêt total pour lui, leurs enfants, leurs amis, la vie en général :
 
À quoi bon... ce que je veux ? Mais rien… et, tu sais, tu n’as pas à te sentir obligé de venir me voir… J’aurais dû accepter d’accompagner ma mère…
 
De l’obstétrique, Alix déménagea en psychiatrie. La vue sur le parc enneigé était splendide, si calme…
Décembre vint. Megan et John, rayonnants, lui présentèrent la petite Elisabeth… Miracle ? Alix réagit en tordant un pâle sourire :
 
Elle est parfaite… vous avez de la chance ! *Voleurs !*
 
Il fallut deux jours pour calmer la crise de larmes qui suivit, puis l’apathie revint détruisant les espoirs nourris de la voir enfin s’intéresser aux aquariums où les larves avaient un peu grossi.  
Lorsque Max et Ysaline passèrent quinze jours plus tard en portant fièrement un joli paquet tout bleu, Alix conforta ses idées folles :
 
*Les Smith m’ont pris Cécile, eux ont Lucas… C’est un complot !*
 
Tiens, une fête s’annoncerait-elle ? Sapins décorés, guirlandes, air joyeux chez tous sauf chez elle. Qu’en avait-elle à cirer ? Pourtant, on sembla insister pour qu’elle participe aux réjouissances. Les « aliénés » festoieraient vers 18 heures, avant que le personnel ne les bourre de leurs pilules pour avoir la paix ensuite.  Un peu de salade de volaille, une bénédiction et des médocs plus tard, Alix reçut les bons vœux de mari et amis avant d’aller écraser.
 
Gling, gling…

Pourquoi sonnait-on des clochettes si dérangeantes ?
 
Gling, gling…
 
Levée, Alix regarda par la fenêtre. Rutilant de lumières et décorations, le bâtiment principal brillait de mille feux. Insistantes, les clochettes retentissaient toujours, comme la poussant à avancer… Le loquet des vitres se déverrouilla. En fine chemise, les pieds nus dans la neige, guide vers le phare, Alix tituba dans la nuit.  
L’apparition quasi spectrale d’une jeune femme hagarde et bleuie au beau milieu du grand hall où se déroulait la crèche vivante créa un remous effaré. Si d’aucun voulurent la stopper, d’autres les en empêchèrent.
Depuis quand la vierge Marie avait-elle accouché de jumeaux ? Toujours est-il qu’elle et Joseph tenaient bin chacun un nourrisson dans leurs bras. Irrésistiblement attirée, Alix traversa l’assistance médusée, insensible à quoique ce soit d’autre que les bébés exposés. Il y eut un grand moment de flottement quand la grande jeune femme, reconnue comme étant mentalement dérangée, s’arrêta près du couple d’acteurs :
 
Ce sont les miens, n’est-ce pas ? Je peux ?
 
Ysaline, qui avait choisi Cécile et Lucas, les petits enfin rescapés, pour concrétiser le miracle de la nativité, étouffa un sanglot d’émotion, comme tous les présents connaissant l’histoire d’Alix et Michael.
Enfin heureuse avec ses enfants dans les bras, ployant les genoux, Alix pleura…
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Michael De Brent le Dim Juil 27 2014, 19:13

« Non coupable, Votre Honneur, je plaide non coupable.
 
Mais le jury au grand complet donnait son verdict : COUPABLE.  Le juge ratifiait, l’accusé était reconnu coupable, écroué et conduit au cachot…Et tous et chacun avaient le même visage : celui d’Alix… »
 
NOOOON !, son propre cri le réveilla. En nage, le souffle court, dans son lit défait, au milieu d’un désespoir sans nom.
 
Mon maitre doit se calmer !, assura Bikita apparue en un clin d’œil au temps de lui envoyer un gentil sort apaisant, tout va bien…mauvais cauchemar…Maître innocent, Bikita sait...même si dur à croire !
 
Michael reprenait ses esprits en maudissant la repoussante habitude de son elfe de dire toujours le fond de sa pensée.
 
Comme quoi…suis fichu de toute façon !
 
Maître toujours le chic pour embrouille…mais Maître dormir, maintenant !, et d’un autre sortilège de son cru l’envoyer rêver aux anges, sans plus de sursauts, du moins c’était son intention.
 
La conscience de Michael  était presque toujours la plus forte et c’était fichu pour un sommeil reposant. Invariablement, au bout d’un moment à se retourner sans cesse, il finissait par se lever et vaquer comme âme en peine jusqu’à l’heure de se rendre à la Clinique.
 
Alix, ma douce…reviens moi…reviens nous…Tout va bien…tu sais…Lucas et Cécile vont chaque jour mieux…ils sont sortis de la couveuse…Regarde moi, mon amour…dis-moi ce que tu veux…je t’en supplie…
 
Sa réponse, la seule qu’il ait eue, le scia.
 
À quoi bon... ce que je veux ? Mais rien… et, tu sais, tu n’as pas à te sentir obligé de venir me voir… J’aurais dû accepter d’accompagner ma mère…
 
Mais, Alix…ma chérie…ta mère…, il se tut, conscient de l’inutilité d’une mise à jour.
 
Visiter ses enfants était par contre une source de bonheur assuré.  Les jumeaux avaient surmonté la crise de leur naissance prématurée, avaient pris du poids et était devenus des bébés ravissants, les plus beaux du monde pour lui qui passait des heures à la nursery, se chargeant, sous l’œil ému des infirmières, de les alimenter, les changer, les bercer, s’emplissant le cœur d’un amour splendide et dévoué, essayant d’oublier alors l’affreuse amertume qui lui broyait l’âme.
Justin ne se privait pas de le secouer un peu en le mettant au courant des embrouilles en cours, dans l’espoir de le distraire. Opal ne manquait pas de style pour le ranimer, tout autant que son frère qui ne dérogeait pas de son droit pour lui larguer des sermons bien sentis entre autres.
L’ambiance festive de la veillée de Noel était le déprimait un peu plus si possible mais bon an, mal an il avait promis d’être présent puisque ses enfants y seraient en tant qu’enfants-Jésus dans la crèche vivante organisée par Ysaline.
Il avait suivi l’office, la tête ailleurs, repassant les faits des derniers jours. L’enveloppe remise par John Smith plus taiseux que jamais s’était avérée une indiscutable source d’information sur les activités du tel Browning, à ce train-là, ils ne seraient pas longs à lui mettre le grappin dessus.
Des exclamations surprises fusant parmi l’assistance le tirèrent de ses réflexions pour rester tout aussi ébaubi que le reste : Alix, pâle, un peu chancelante et assez frigorifiée avançait vers la crèche. Il se fraya passage pour la rejoindre, sa femme s’était arrêtée face à Marie et Joseph et regardait les bébés.
 
Ce sont les miens, n’est-ce pas ? Je peux ?
 
Arrêt sur image. Tout le monde, lui inclus, retint sa respiration. Alix insista doucement après une légère hésitation l’actrice qui jouait la Vierge Marie lui remit Lucas, aussitôt imitée par Joseph. Les deux enfants dans ses bras, Alix pleurait en les serrant contre elle.
L’illusion d’une absolution dura le temps de se retrouver en tête à tête dans la chambre préparée pour eux et les enfants qu’Alix ne voulait pratiquement pas lâcher.  Michael, bien que mal finit de la convaincre de lui laisser Cécile pour lui donner son biberon alors qu’elle s’occuperait de Lucas.  Il resta vite clair, que Papa s’y prenait mieux que Maman, ce qui faillit provoquer une petite crise de nerfs, car Alix entendait être la seule à s’occuper de « ses » enfants.  Elle se calma en les regardant dormir, ses petits chéris alors que Michael, dans un regain d’optimisme attendait son tour d’être tenu en compte. Vain espoir ! Avec un dédain olympien, sa belle décida qu’elle allait dormir. Point barre.
Le lendemain, Alix, bien malgré elle, dut s’éloigner de ses enfants, pour passer une batterie d’examens, d’ où il ressortit que si bien récupérée au physique,  son mental demeurait fragile, ce qui était compréhensible après l’expérience vécue.  Michael fut instruit, sur tous les tons, sur le besoin de se montrer doux, patient, compréhensif, de ne jamais la brusquer, etc… Il promit être exemplaire et put emmener, enfin, sa famille au foyer.
Bikita mise au courant avait préparé une bienvenue somptueuse. La Tanière avait été astiquée de fond en comble, était pleine de fleurs et la chambre des enfants, véritable cocon douillet et parfaitement équipé n’attendait que les petits locataires.  Alix protesta vertement que la chambre n’était pas attenante à la sienne.
 
Mais, ma chérie…notre chambre est à deux pas…juste en face…
 
Elle ne voulut rien entendre. Il fallut que Bikita et Lormar mettent en branle-bas de combat toute leur créativité elfique pour réaménager l’étage selon les souhaits de Madame. Michael suivit le mouvement, assez dépassé mais luttant contre la mauvaise humeur qui menaçait.
Les jours suivants ne furent pas pour l’améliorer, son humeur. Alix demeurait distante, très en fait avec lui, ses jours…et ses nuits, elle les dévouait à « ses » enfants, de lui, Madame n’avait rien à cirer. Plus loin il se tiendrait et mieux c’était. Tout essai de rapprochement se soldait par un regard de travers ou un commentaire sec, ce qui était mettre à rude épreuve sa patience qui d’ailleurs n’avait jamais été sa plus belle vertu.
 
Alix, je comprends que tu…Oui, figure-toi, j’en comprends, des choses… que tu m’en veux, par exemple ! Mais on ne peut pas continuer comme ça…Vide ton sac, à la fin…dis-moi ce que tu veux…
 
Pas grand-chose, à part aller s’occuper du bain des petits et qu’il lui fiche la paix. Mais au lieu de s’enfumer, comme souhaité, il lui emboîta le pas et prit part active au bain, en ignorant les regards furibonds de sa chère moitié. Contrairement à ce qu’elle semblait supposer, il s’y prenait très bien et très vite Cécile se retrouva talquée, langée et prête pour la nuit.
 
Ce sont mes enfants aussi, Alix…tu ne peux pas  vouloir m’en séparer…je les aime…je t’aime et être ainsi exclu de vos vies...Alix, tu me rejettes…je sais que tu me tiens pour coupable…Oui, c’est moi qui ait introduit Manon dans nos vies mais c’était contre mon gré et ça tu le sais…Quoi ? Je joue les victimes ? C’est ça ton avis ?...et bien, alors oui…suis aussi victime que toi des mystifications de cette femme…NON ! Je ne t’ai pas trompée…Euh, ça se prête à interprétation sans doute mais le fait demeure…c’est toi que j’aime Alix…
 

Croyait, croyait pas ? La conversation, si on pouvait appeler ainsi cet échange s’acheva là.  L’idée de passer le réveillon de la St. Sylvestre avec Justin et Sam fut tout de même assez bien reçue.  L’incendie déclenché à Stillworth House demanda une intervention immédiate. Justin avait bien ameuté tout le monde et au lieu de festoyer gentiment on se retrouva à lutter contre les flammes, évitant de justesse une catastrophe majeure.
Il rentra chez lui, sentant le roussi, couvert de suie mais satisfait du boulot effectué. Mise au courant des faits, Alix sembla soulagée d’apprendre que le pire avait été évité mais changea radicalement d’humeur quand il lui fit part de l’invitation chez les Nielsen.
 
Comment ça non ?...Oui, je sais ce qu’on avait dit mais on peut changer d’idée, non ?...ne fais pas de chichis, Alix, il ne va rien arriver aux petits si on les sort à cette heure…On va chez mon frère, bon sang, pas se balader au Pôle Nord…on peut emmener Bikita si tu veux, elle veillera…Ça suffit, Alix…sais plus quoi faire…mets un peu de ta part aussi…Non, je ne suis pas fâché…suis en passe de devenir dingue, c’est tout !
 
Avoir gain de cause ne signifie pas être ravi pour autant. Discuter avec Alix le minait et la voir si lointaine et fermée n’arrangeait rien.  Drôle de réveillon, celui-là, avec sa femme qui passa la plupart du temps veillant au confort de ses enfants. Aux douze coups de minuit, Opal porta un toast bien senti à la nouvelle année, embrassades, accolades, vœux…Alix était à l’étage. Le prétexte donné fut que le bruit avait réveillé Lucas.
 
*Ouais, dans une pièce insonorisée…*…Mais ils dorment tous, là, comme des anges, tu peux redescendre avec moi…*Me souhaiter une bonne année…être sympa avec les autres…*
 
Valait mieux pas y penser. Ni Erik ni Justin n’avaient manqué de remarquer que quelque chose clochait mais Michael préféra ne pas en parler, que dire d’ailleurs ? Raconter ses misères, se laisser plaindre et écouter des conseils, ne le tentait guère.  De retour à La Tanière, Alix coucha les enfants et assurant être fatiguée alla dormir. Sans plus.
 
*Bonne Année, mon pote !*
 
Il s’enferma dans son bureau, révisa encore une fois le dossier Browning en buvant du Pur Feu et finit par s’endormir, renversé dans son fauteuil.  Jour ordinaire à se bouder chacun de son côté. Le lendemain on aboutit en beauté, ou presque, à l’arrestation de Browning, qui pincé de belle façon apporta quelques éclaircissement à la douteuse affaire. Il était chaque fois plus évident que feu le duc de Gilmore était impliqué jusqu’au cou dans cette histoire. Les raisons qu’aurait pu avoir un si noble personnage pour commanditer un crime sur la personne de John commencèrent à se préciser suite à un commentaire somme toute presque banal fait par Justin, sur certaines coïncidences, entre lesquelles le don de moelle fait par Smith.
 
Et ça ne t’a pas semblé étrange que J.O en subisse une peu après ? Si ça tombe, vous êtes parents !
 
Max donna son avis et Michael  tira les conclusions.
 
Le brave duc n’aurait jamais permis qu’un bâtard puisse accéder au titre…c’est comme cela que ça se passe…la loi est claire…le fils aîné…personne ne parle de légitime ou pas…ça ferait un esclandre de fin de monde, il a voulu éviter ça, c’est tout !
 
Max avait d’autres préoccupations sur les bras, John n’était pas d’humeur. En prenant congé à son tour Justin s’étonna de ne pas avoir vu Alix.
 
Oh, elle est avec les petits…Cécile couve un petit rhume…rien de grave, mais tu sais comme elle est !...Non, à quoi bon mentir, ça ne tourne pas trop rond entre nous *Ça ne tourne pas du tout même !* Passera, passera pas, j’en sais rien, moi…Ce serait peut-être mieux si je disparaissais un temps…Allez, te fais pas de souci…vais pas m’éclipser sans te le dire…Mon bonjour à Sam !
 

Il raccompagna son pote à la porte et retournait à son bureau quand il découvrit Alix, au bas de l’escalier le regardant d’un drôle d’air. Apparemment elle avait entendu partie de sa conversation.
 
Oui, c’est bien ce que je pense…t’es pas heureuse, moi non plus…je te dérange, autant foutre le camp, non ?...Écoute, Alix, veux pas discuter avec toi mais ça devient difficile, là…Non, je ne veux pas t’abandonner, tu m’y forces…Je t’aime mais ça t’est égal…
 

S’en suivit une tirade qui le scia, le pire était qu’elle y croyait ferme.
 
L’INVIOLABLE !?...C’est ça que tu crois ?...Que je suis avec toi à cause de ce serment à la noix ?...Tu crois vraiment ça !?...Quel genre d’animal penses-tu que je suis ?...Ah bon, sans cela…tu penses que je ficherais le camp pour aller courir après n’importe quelle jolie fille…Oui, il y a sans doute des plus facile à vivre que toi mais voilà, c’est toi que j’aime…ou…peut-être c’est toi qui ne m’aimes pas…et seul l’Inviolable te retient…c’est ça ?
 

La seule idée l’anéantissait mais Alix crut bon, Merlin soit loué, donner quelques explications comme quoi elle n’avait aucune intention d’aller voir ailleurs.
 
Dans ce cas…la seule solution est défaire le fichu serment ! Comment ?…qu’est-ce que j’en sais, moi ?...Il n’y a, à ma connaissance, qu’une façon de briser ce genre de serment…tu sais sans doute laquelle, non ?
 

Elle le savait et vu son expression ce n’était pas la solution voulue.
 
On trouvera bien, va…en attendant c’est l’heure du biberon…Non, je ne vais nulle part ailleurs que voir nos enfants…avec toi !
 
Pour la première fois depuis très longtemps, elle souriait…
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Alix Blackstorm le Sam Aoû 02 2014, 15:17

Qui la comprendrait ? Alix s’en fichait un peu. D’ailleurs elle se foutait quasi de tout ce qui ne concernait pas SES enfants. À tout bien réfléchir, elle ne les avait réellement attendus que quoi, trois, quatre mois ? Avant confirmation de leur bonne santé elle n’en voulait pas, puis il y avait eu… un blanc signé Manon, après lequel seul un profond sentiment de perte immense l’avait anéantie.  En pleine connaissance de ses capacités – faux mais c’était bon de rêver -  elle ne désirait qu’une chose : rattraper le temps perdu. Elle ne fut pas longue à réaliser qu’être maman, quasi du jour au lendemain, était une nouveauté très… envahissante qui requerrait des connaissances inédites.  Bien sûr, elle se rappelait les conseils d’Opal Nielsen, mais tout un travail psychologique préparatoire avait été raté si bien que, trop souvent à son goût, elle se sentit nulle, dépassée. De plus, il lui fallut admettre que Michael se débrouillait mieux qu’elle avec les enfants, un comble !  
 
Bikita... oui, oui, je vais mieux merci… oui, la maison est superbe *Qu’est-ce que je m’en tape !*  ! Toi et Lormar devez me changer tout ça, désigna-t-elle les installations en place pour les bébés. Il est inconcevable que j’en sois si loin !
 
Mais, ma chérie…notre chambre est à deux pas…juste en face… crut bon d’intervenir Michael.
 
C’est trop loin ! le fustigea-t-elle, outrée. 
 
Qu’il le prenne comme il le voulait, elle était persuadée avoir raison.
 
Mes chéris, mes amours, pardon, pardon d’avoir été si absente ! murmurait-elle tour à tour aux jumeaux heureusement dociles.

Ses nuits et ses jours étaient de véritables cauchemars. Sans cesse, il lui semblait les entendre l’appeler, crier, lui reprocher…
Aller vérifier, même dix fois la nuit, ne la dérangeait pas : c’était un devoir sacré.
Que Michael veuille à tout prix participer à ce trio l’agaçait. Après quelques jours de mise au rebut, il rouspéta :
 
… figure-toi, j’en comprends, des choses…
 
*ça m’étonnerait !* Comme quoi ?
 
… que tu m’en veux, par exemple ! Mais on ne peut pas continuer comme ça…Vide ton sac, à la fin…dis-moi ce que tu veux…
 
Sourire moqueur de sa part :
 
*j’en sais rien !* Être tranquille ne serait déjà pas si mal. Je dois retrouver ces enfants, voilà tout. Et là, c’est l’heure de leur bain.  
 
Elle n’ajouta pas « et va te faire foutre » mais c’était tout comme. Cependant, du genre têtu, Michael ne se laissa pas évincer facilement. Bizarre de le voir si habile avec de si jeunes enfants…
 
*Les aime-t-il vraiment ?*
 
Petit sermon à la clé, il lui jura aimer LEURS enfants et de lui avoir été fidèle quoiqu’elle en pense malgré ses aveux d’avoir introduit le loup dans la bergerie.
 
*T’en étais ravi, menteur !!* Je fais un trait sur Manon, fais en autant !  
 
Qu’était-elle advenue cette vipère ? Alix n’en avait cure. Elle se voulait mère irréprochable en amendement de ses torts à elle, point.  
Le nouvel an…
 
*Déjà ?*
 
Bon Dieu, elle perdait la notion du temps. Il fallut donner un coup de main à Stillworth clinic pour un incendie… À contre cœur, elle confia les bébés aux elfes, s’évapora quelques instants avant de constater que si l’on se débrouillerait bien sans elle, elle n’était pas nécessaire et donc rentra. N’avaient-ils pas prévu de recevoir les Davenport à ce réveillon ? Voilà qu’un Michael roussi chamboulait tout.
 
Aller chez les Nielsen ? Non ! Qu’ils y aillent tous, vas-y si tu veux, moi je reste !  
 
… On va chez mon frère, bon sang, pas se balader au Pôle Nord…on peut emmener Bikita si tu veux, elle veillera…
 
Vas-y, fâche-toi, tant qu’à faire !
 
Non, je ne suis pas fâché…suis en passe de devenir dingue, c’est tout !
 
*Bienvenue au club. Chacun son tour !*
 
Peut-être parut-elle étrange à plus d’un, Alix s’en moqua éperdument ainsi que du léger discours de Sam au sujet de la famille.  
Zut, elle avait raté les douze coups… Bah, une fois de plus ou de moins qui s’en souciait ?
Au moins, les jours suivants, elle eut la paix car Michael fut occupé ailleurs, à Dieu sait quoi.  Par chance, nul ne se demandait comment elle s’en sortait. Qu’importe puisque de toute façon, elle ne désirait rien d’autre que ses enfants. Zut, Cécile avait attrapé un rhume, une babiole qui n’en alarma pas moins cette mère-novice.  Elle n’allait quand même pas faire venir Erik ou Ysaline pour si peu.
 
*Dommage que les gosses ne soient pas fournis avec un mode d’emploi…*
 
Impossible aussi de les renvoyer à l’expéditeur quand disfonctionnement !  La pimentine serait trop agressive sur un si jeune organisme, selon ses connaissances. Pourtant Merlin sait si elle en avait dévoré des bouquins sur le sujet depuis son retour à la raison.  
 
*Vais aller demander à Michael. Il saura sans doute quoi… il sait toujours tout, celui-là !... Sauf différencier une vipère d’une couleuvre !*  
 
Elle descendait de son pas feutré quand il lui sembla que ça discutait en bas.
 
*Zut, Justin… !*
 
N’ayant toujours pas envie de frayer avec quoique ce soit, elle s’abstint de se manifester, forcée d’écouter malgré elle la conversation entre potes :
 
… tu sais comme elle est ! *C’est de moi qu’il cause ?*… ça ne tourne pas trop rond entre nous *Ah ? Qu’est-ce qui cloche encore ?*…  Ce serait peut-être mieux si je disparaissais un temps…Allez, te fais pas de souci…vais pas m’éclipser sans te le dire…Mon bonjour à Sam !

Heureusement qu’elle était assise sur les marches, elle en aurait été foudroyée. IL songeait à la quitter, mais pourquoi ??  
 
*qu’est-ce que j’ai encore fait de travers ? N’est-ce pas normal que je m’occupe des enfants ?...*
 
Des idées sournoises l’atteignirent :
 
*Il veut prendre le large… rejoindre Manon, qui sait  ?... Ça ne se passera pas comme ça ! !*
 
Depuis longtemps, elle ruminait sur les événements antérieurs tels qu’ils lui furent relatés, sans s’étaler, of course.  Ses réflexions l’avaient amenée à une vérité incontournable : sans le serment inviolable qui les unissait, Michael aurait fichu le camp depuis longtemps.
 
*Faut cesser ce jeu stupide ! Il veut papillonner ? Grand bien lui fasse !*
 
Remontée à bloc, Alix l’attendit dans l’escalier :
 
Alors comme ça, tu vas partir ? Merci de l’info !
 
Oui, c’est bien ce que je pense…t’es pas heureuse, moi non plus…je te dérange, autant foutre le camp, non ?...Écoute, Alix, veux pas discuter avec toi mais ça devient difficile, là…  
 
C’est si... facile, si élégant de ta part d’abandonner le foyer si durement bâti : bravo !
 
Non, je ne veux pas t’abandonner, tu m’y forces…Je t’aime mais ça t’est égal…
 
Estomaquée quelques secondes, elle inspira un grand coup et sa tirade ne fut pas piquée des vers :
 
 JE T’Y FORCE ? Et TOI, oui toi, à quoi m’as-tu forcée sinon à te regarder peloter outrageusement et embrasser à la renverser celle que TU as fait entrer chez nous ?  Sans le serment inviolable, je serais cocue et, très probablement, morte. Je veux que l’on brise ce sort stupide !

Tiens, il se défendait d’avoir eu une telle idée, prétextant même :
 
… ou…peut-être c’est toi qui ne m’aimes pas…et seul l’Inviolable te retient…c’est ça ?
 
Et c’est moi que l’on dit malade ??? Je ne veux pas briser ce serment pour aller ailleurs, il n’a jamais été question QUE DE TOI dans ma vie et… et c’est pas près de changer !  
 
Du coup, il lui renvoya la balle. Si le serment devait se briser, qu’elle se débrouille… Pour l’heure, il n’avait aucune intention de déserter, juste de donner des biberons… en SA compagnie…  
 
Intérieurement, elle sourit, puis le suivit.
Cécile et Lucas étaient des gosses parfaits dans tous les sens du terme. Il était bien trop tôt pour juger des caractères mais certaines tendances se dégageaient déjà. Ainsi, le demoiselle tétait mieux si elle était supportée par le bras gauche et Lucas par le droit. Sa fille, leur fille, lui ressemblait beaucoup. Fort à parier qu’elle hérite de ses yeux d’ombres sombres tandis que son frère serait… un Michael bis…
 
*Il sera plus commode... moins volage... j’espère…*
 
Elle tenait Lucas, lui Cécile, charmant tableau pour regard non averti. Alix réfléchit beaucoup, trop peut-être. Alors que son goulu de fils rotait en lui tapotant le dos, elle lâcha :
 
Je sais comment briser ce serment, évidemment. Faudra juste que Justin accepte… Ah ? T‘es d’accord ? *Zut !* Ce sera comme tu voudras. On sera libre de faire comme on veut ( haussement d’épaules) c’est d’ailleurs ce que tu as toujours fait…. Ma mère m’avait suggéré autre chose, c’est dommage… mais non, je ne retombe pas en folie ( froncement de sourcils contrariés) J’ai peut-être halluciné un moment, c’est possible mais j’aimais bien cet état, ces échanges avec elle…
 
Il voulut savoir le sujet de sa conversation avec le fantôme de Cécile 1ère du nom. Alix lui rit au nez :
 
Cours toujours ! Pour ce que ça servira… Ben, puisque tu es persuadé que c’est fichu, c’est que ça l’est, non ? Alors bon vent mais je garde les enfants ...
 
Quel bel emportement !  Les mouflets reposés dans leur couffin ne remarquèrent rien de l’empoignade de leurs parents. Il tempêta bellement, l’accusant, s’accusant de tous leurs maux si bien qu’Alix ne put que réagir d’une façon dont elle s’était abstenue avec lui depuis longtemps : elle lui saisit le poignet.
 
*Vrai ! Tout est vrai !!!*
 
Elle en fut comme deux ronds de flan et, aussi inconcevable que cela l’était la minute d’avant, elle fondit en embrassant follement son mari :
 
Je t’aime aussi, triple idiot !! Oui, je t’en ai voulu, je t’en veux sans doute encore mais puisque tu m’aimes…

Réconciliation sur l’oreiller ? Presque. Il fallut que Cécile pleure, aussitôt imitée par Lucas. Les mioches étaient fiévreux. Somnolente, elle pensait sincèrement demander de l’aide à  la clinique quand Max Von Falkenberg s’annonça.
 
… quoi ? s’énerva-t-elle à Michael. La réponse est non ! Non, je ne vais pas quitter nos bébés parce que sa grâce… ah ? …
 
Mince ! Il s’agissait d’une réelle urgence, d’une suspicion d’empoisonnement sorcier. Angel débordée, Ysaline aussi… ne restait qu’elle…
 
OK ! J’ai pigé. Mon chéri, tu vas assumer, hein ? Je sais que tu peux voyons ! Je rentre dès que possible.
 
Un bisou et hop, la voilà dans des installations top niveau.
La tâche requise était élémentaire pour une sorcière aguerrie. L’identification du mal de J.O résidait en mots simples : Hémophormus proliferea, bref une saloperie.
Des heures seraient nécessaires à l’élaboration d’un antidote performant.  Ysaline passa de temps à autre, dépassée mais opérationnelle, comme elle aussi. Attendre ? Toute potionniste devait être nanti d’une sérieuse dose de patience même en escomptant sur l’accélération de certains procédés.  Étonnamment, pour quelqu’un qui ne voulait pas y aller, Alix se plut dans cette atmosphère où la recherche primait. D’accord, elle mit son fin nez un peu partout, notamment dans le bureau personnel d’Angel, la new Duchesse.
 
*MDR ! La révolution est en marche ! Le sait-elle, au moins ?*
 
L’antidote enfin prêt, Alix n’avait plus aucune raison de rester sur place.  J.O irait mieux, sa tête à couper. Reprendre là où elle avait laissé son époux ne fut pas du gâteau :
 
… oui, ça a été… plaisant même !... non, je ne pense pas qu’ils aient besoin de moi pour plus que ça, on verra. Mais toi, ça va, pas de souci avec les gosses ?
 
Il n’en avait eu aucun et semblait même plus décontracté que ces derniers temps.
 
Tu as mangé, au moins ?... rien que ça ? Elle pense à quoi, Bikita ? Moi, je meurs de faim. Je nous fais des pâtes ou on commande chez McLane ?
 
Apparemment, il aimait la regarder aux fourneaux quoique les pâtes soient à la portée de tous.
Alix s’était beaucoup améliorée en cuisine pour avoir été à bonne école. Puis, dans le fond, cet art ressemblant beaucoup à la confection de potions… Elle aimait ça.
Sa sauce ne serait fatalement pas ordinaire, ni issue d’un pot tout prêt. Que Michael lui propose son aide la fit marrer :
 
T’es déjà pas fichu de monter un berceau, et tu crois pouvoir manier un couteau sans y laisser un doigt ? Laisse-moi faire. Comme se complait à le dire avec justesse ton pote Justin : cuisiner détend.  
 
Dans une ambiance bien plus chaleureuse que d’ordinaire, les époux arrivèrent même à plaisanter. Il est vrai que les anecdotes sur le jumeaux ne manquaient pas :
 
… Je te dis qu’il nous faudra garder l’œil sur Cécile plus que sur son frère… je sais ce que je dis : elle a mon fichu caractère…
 
Un verre de vin, un bon plat, un autre verre… Le rapprochement devint inévitable. Michael était… magique. Qui pouvait lui résister ? Pas elle en tout cas qui lui était dévouée corps et âme. Mais voilà qu’au beau milieu de prémices somptueux, un appel flanqua tout par terre : Erik avait été arrêté. La police magique avait déboulé chez lui et à l’hosto où tous ses dossiers avaient été saisis. Pas de quoi tergiverser, ils devaient y aller.  
 
…Non, je ne reste pas ! Il s’agit d’Erik, ton frère. On ne va pas le laisser accuser à tort de merlin sait quoi.
 
Pour eux, aucun doute : il était innocent.  
La suite fut un poème de rebondissements. Erik était gardé au secret, son cas nécessitait un très bon avocat. Tous les copains furent contactés et, grâce aux Von Falkenberg ayant déjà eu affaire avec lui, Maître Albermale fut recruté in petto.  
Des faits exacts, on connaissait peu la teneur.
 
*Falsifier des documents ? Prescriptions aberrantes ? Drogue... ?*
 
C’est IMPOSSIBLE ! avait-elle réagi face au rabougri centenaire de défenseur. Erik est droit.
 
Hélas, des documents semblaient attester des manquements accusateurs. Delà à lui mettre sur le dos d’incendie, il n’y avait qu’un pas que les enquêteurs avaient allègrement franchis.  Réconforter Opal dans ces circonstances ne fut pas aisé.
 
Allez, ma chérie, on est tous avec vous ! Comment allait Erik depuis le baptême ?...
 
Selon elle, il allait bien quoique débordé par ses responsabilités. Il n’était pas exclu qu’il ait commis une, voire des erreurs.
Lorsqu’ils apprirent que le cadavre de Miss McPherson, l’assistante d’Erik, avait été retrouvé, un coup de massue ne les aurait pas mieux assommé.
De retour chez eux, les De Brent n’en fermèrent pas l’œil. Des retrouvailles sur l’oreiller ? Pas le cœur à ça.  Blottis l’un contre l’autre, ils gambergèrent parfois à voix haute, parfois en silence.  
 
… demain, on s’arrangera pour voir ce cadavre et remonter son parcours depuis qu’elle a quitté son poste. Faudra aussi voir comment certains rapports d’Erik sont parvenus, comme par hasard, dans les bonnes mains… Bien sûr que c’est un coup monté… Brahms, son ancien chef ? … Ma foi, c’est très possible… Ok ! Demain, je passerai à Ste Mangouste…
 
Le plan était simple comme souvent les plus efficaces. L’incriminé se laisserait-il seulement approcher ?...
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Michael De Brent le Sam Aoû 09 2014, 10:52

Les voies de Dieu sont impénétrables, dit-on.  Ce n’était pas Michael qui allait en discuter. L’instant d’avant Alix menaçait  presque de l’exclure du cercle familial, et là elle lui sautait au cou pour l’embrasser prise d’une délicieuse folie.
 
*Amen !*
 
Je t’aime aussi, triple idiot !! Oui, je t’en ai voulu, je t’en veux sans doute encore mais puisque tu m’aimes…
 

T’aimer est peu dire !

 
Et ce fut tout ce qu’il dit. Qui voulait discuter sur les pourquoi du comment ? Pas lui. Instant béni de douce entente, rompue, ô dérision par ceux qui avaient été à point de devenir pomme de la discorde.  Michael l’accompagna calmer leurs angelots, s’émouvant de la voir si angoissée par une petite fièvre de rien du tout.
 
C’est pas grave, ma douce…un rhume sans doute…

 
S’il n’avait tenu qu’à elle, Alix les aurait presque emmenés à la Clinique mais l’arrivée intempestive d’un Max Von Falkenberg assez agité coupa court le débat. On réclamait incessamment la présence d’Alix à Stillworth House pour un cas d’empoisonnement sur la personne du Duc de Gilmore.
 
*Bon sang, ce pauvre mec n’en rate pas une !*

 
Convaincre sa femme de la gravité de l’affaire fut une autre paire de manches.
 
Non, je ne vais pas quitter nos bébés parce que Sa Grâce…

 
Il se meurt, ma chérie. Empoisonnement sorcier, ça te dit ? Vas-y…pas de souci, m’en sors ici !
 
Un instant plus tard, elle trasplanait avec un Von Falkenberg soulagé, le laissant en tête à tête avec  ses enfants fiévreux.  Cécile braillait plein poumons, plus fâchée qu’autre chose, son frère, solidaire, suivait le mouvement sans trop de conviction.  Sans perdre la tête, ou essayant de ne pas le faire, Michael repassa les multiples conseils fournis par sa belle-sœur qui en savait pas mal sur jumeaux caractériels.
 
Allons, mes anges…pas de Pimentine…au lieu de ça, vive les moldus…des petites gouttes goût à la framboise…
 
Il les berça, câlina, leur raconta des histoires jusqu’à ce que les jumeaux, apaisés par le médicament ou assommés par son monologue, ne s’endorment, pouce en bouche. 
Bikita eut le bon cœur d’interrompre le visionnage de son émission culinaire favorite pour lui servir un en-cas à la va vite avant de retourner se scotcher à la T.V.
Alix tarda un peu à être de retour, elle avait l’air particulièrement satisfaite de sa prestation et était sûre d’avoir tiré le duc d’affaire. A son aveu de n’avoir eu droit qu’à un sandwich, sa belle s’étonna du laisser-aller de Bikita et passa illico s’activer aux fourneaux. Michael la suivit, docile et ravi allant même jusqu’à proposer son aide, ce qui la fit se marrer en bonne et due forme :
 
T’es déjà pas fichu de monter un berceau, et tu crois pouvoir manier un couteau sans y laisser un doigt ? Laisse-moi faire. Comme se complait à le dire avec justesse ton pote Justin : cuisiner détend.
 
Fais donc, ma douce, je te regarde…ce qui me plait déjà énormément.
 
Bavarder, rire avec elle, la regarder à s’en emplir les yeux et pouvoir l’approcher sans qu’elle se rebiffe, indifférente et lointaine.  Le repas fut délicieux, la suite encore plus mais il était écrit quelque part que ce ne serait pas ce jour-là qu’ils se retrouveraient pleinement. La suivante interruption fut trop saisissante comme pour songer à autre chose. Erik arrêté, inculpé de Merlin sait quoi, on avait saisi tous ses dossiers. Opal qui avait téléphoné, était, on peut bien se l’imaginer, au bord de la crise de nerfs.
 
*Encore une histoire de dingues !* J’y vais de suite, ma chérie…te tiens au…
 
Mais à sa grande surprise, sa belle réquisitionna Bikita et Lormar pour veiller sur les jumeaux, chose à laquelle elle n’aurait songé quelques heures plus tôt et le suivit à la Clinique où régnait un beau grabuge. Ils y tombèrent en plein.  Apparemment il n’y avait pas que les faits et gestes de son frère qui intéressaient la Police qui, dans la foulée enquêtait aussi sur l’empoisonnement du Duc et tenait pour suspect personne d’autre que les Davenport et les Smith.
Qu’il débarque, furieux, n’arrangea rien et le fichu Inspecteur Crowley se fit plaisir en l’ignorant tout du long, ce qui n’améliora en rien sa croissante mauvaise humeur.
Heureusement que ça allait vite, la communication entre amis.  Erik, gardé au secret se voyait endosser non seulement quelque embrouille obscure avec ses dossiers, on le voyait déjà comme coupable de l’incendie de la Clinique et comme si c’était trop peu, on avait découvert l’assassinat de son assistante …le restait allait tout seul.
Max Von Falkenberg n’avait pas lambiné en chemin et recruté sans hésitation une des légendes du barreau sorcier : Maître Artemius Albermale.
 
*Par Merlin, il vit encore ? Il doit avoir 200 ans au moins !*
 
Et il n’était assurément pas le seul à y penser. Sa belle-sœur, déjà plus calme, faillit repiquer une crise quand s’amena ce vieillard chenu aux allures assez farfelues.
 
Sois confiante, Opal…on assure qu’il n’y pas meilleur que lui ! *Pourvu que ce soit vrai !*
 
Peu importait son âge, la vénérable antiquité n’était pas moins brillante pour autant et n’allait pas par quatre chemins pour mener son affaire.
 
Le Dr. Nielsen a de puissants ennemis, de cela aucun doute, sinon, pourquoi donner à une affaire, somme toute assez banale un éclat pareil ?, soliloqua l’éminent, un incendie, c’est vite arrivé, qu’un homme surpassé fasse des erreurs, cela se voit tous les jours, qu’on assassine une femme…pfft !
 
*Mais bien sûr, voyons…on ira loin avec celui-là !* Maître, qu’on endosse tout ça à un seul homme, cela ne me semble pas si banal! Et cet homme est mon frère et il est droit…absolument droit.
 
Me. Albermale avait hoché la tête, compréhensif et avait poursuivi sa ronde de questions destinée à apporter une certaine lumière, si possible, à son esprit éclairé.  Tout le monde eut son mot à dire, avec un point en commun : tous et chacun visaient  Le Dr. Newton Brahms de Ste. Mangouste comme artifice de cette intrigue à rallonge.
 
Ils rentrèrent claqués. Heureusement les enfants dormaient sagement et selon Bikita pas trace du moindre petit malaise ou fièvre.  Rassurés sur ce point, ils purent enfin songer à se reposer, sans avoir la tête à autre chose…sauf que le sommeil les fuyait, tous deux.
 
Ça se pointe mal, dit Michael, accablé de pessimisme, les évidences le signalent indubitablement…Il avait où la tête, le petit, pour faire autant de conneries et ne pas s’en rendre compte ?...Veux bien qu’il ait cafouillé avec ses dossiers…mais tuer cette fille et foutre le feu à la Clinique ? C’est dément…
 
Alix, elle, restait pragmatique, comme toujours.
 
Demain, on s’arrangera pour voir ce cadavre et remonter son parcours depuis qu’elle a quitté son poste.
 
*Facile comme bonjour…*
 
Faudra aussi voir comment certains rapports d’Erik sont parvenus, comme par hasard, dans les bonnes mains…
 
Mon amour, c’est plus clair que l’eau de roche : Brahms, on en a parlé à tort et travers….IL est furieux qu’Ysaline et Erik aient déserté ses rangs et veuillent, en plus lui voler la vedette.
 

Demain, je passerai à Ste Mangouste…
 
Tu te doutes bien que le mec sera sur ses gardes.
 

Elle le savait mais avait aussi des moyens pas à portée de tout le monde.  Comme prévu, le Dr. Brahms s’avéra inabordable mais ce ne fut pas la seule déconfiture du jour.  Quand Me. Albermale communiqua la composition du tribunal pour le jugement  Michael  blêmit de rage.
 
OMBRAGE !? Mais comment est-ce possible ? Elle était hors circuit…Cette femme me hait et hait tout ce qui me concerne…
 

Quel point intéressant
, jubila Albermale, si ravi qu’on crut que la sénilité l’avait investi pour de bon, cela servira…oui…oh que oui !
 
On n’en tira pas plus de lui qui du coup ressemblait au chat qui a trouvé le pot de crème.
 
Le pauvre bougre radote, souffla t’il à l’oreille de sa chérie, c’est fichu avant d’avoir commencé.
 
Alix le calma d’un de ces regards dont elle avait le secret, tout en serrant sa main. Une courte réunion avec Justin, ne le rassura pas plus. Justin avait tout bon en disant que c’était moche, mais bien sûr, il y avait pire.
 
Ombrage préside, tu me diras…ça commence à bien faire, la justice dans le coin !
 

Pourvu qu’Albermale la fasse révoquer !

 
Sais plus, moi…le vieux fou avait l’air ravi, tantôt…mais n’a pipé mot !
 

De quoi se faire des idées.
 
Se retrouver dans cette salle de tribunal, où il avait tenu le rôle d’accusé condamné, n’était pas pour réjouir Michael. L’endroit était bondé mais grâce aux bonnes influences de Justin, ils eurent droit à de très bonnes places.  Tous les membres de la « ligue de justiciers », sauf Megan, étaient présents.  Voir Dolores Ombrage s’installer au siège de la Présidence, lui remua les tripes mais pas autant que voir Erik enchaîné au siège des accusés. Le Procureur était un tel Stewart, qu’on disait fort habile. Grand, la cinquantaine très alerte, air de grand sportif, sourire éblouissant et carnassier, il imposait plein d’assurance, de quoi rendre encore plus ridicule le personnage de la Défense.
 
*Il va en faire une bouchée, du pépé !*
 
Ce fut la triste impression que tous eurent après la première session. Expérience éprouvante que de voir Albermale rabroué comme débutant. Les non-lieu  contraient les timides objections de la défense. Le Procureur n’en ratait pas une et en toute joie de cœur rebattait les arguments, plutôt tièdes de la défense, alors que la Présidente ne se privait pas de déverser son fiel  en se mêlant à l’interrogatoire avec son sourire cynique.
Michael se sentait plus abattu que jamais après cette première journée catastrophique. Un Pur-Feu ne parvint pas à le ranimer, qu’Alix se blottisse à ses côtes dans le divan, l’amena à de meilleures considérations  mais impossible d’éviter des sombres pressentiments.
 
À ce train-là, mon frère finira ses jours à Azkaban…Pessimiste, moi ?...Ouais, ça me prend…difficile autrement, non ?...Tu étais là, Albermale est largué de chez largué et Ombrage se délecte de chaque seconde …j’aurais dû la tuer quand j’en ai eu l’opportunité…c’était il y a longtemps…pas la peine de revenir là-dessus…*Mais elle n’a pas oublié…moi, non plus !*
 
La deuxième journée de la descente aux enfers, commença par un petit déjeuner partagé avec les Davenport. Mise à jour de rigueur, mauvaises nouvelles à gogo.  L’assistante McPherson était morte suite à ingestion massive de drogues, les mêmes répertoriées détournées par les « bons » offices de l’accusé.
 
Ne manquerait qu’une paire d’idiots pour jurer avoir vu ton frère chez elle, ce qui – avec du polynectar – est tout à fait possible… Il nous faudrait un témoin de la présence d’Erik à la clinique Stillworth au même moment…
 
C’est fou ce que tu me remontes le moral, mon vieux…La fille est morte après l’incendie…ou pendant, va savoir, personne ne l’a vue ce jour-là…Oui, il y a des rapports signés par d’autres mais comme on sait tous très bien…
 
Justin lapidaire compléta l’idée :
 
Erik utilise depuis longtemps un retourneur de temps… pas impossible non plus qu’il puisse apparaître deux fois au même moment en des endroits différents.
 

Bingo…avec ça et un peu d’imagination, on devine où ça va finir !

 
Personne ne se trouva le cœur de prétendre le contraire. L’avenir s’annonçait sombre mais au milieu de tout cela, Sam émit une idée pour coincer Brahms qui s’avéra très digne d’être tenue en compte.
 
On fait comme ça…au point où en sont les choses, ça ne peut pas empirer !
 
Dès le début de l’audience, Albermale se fit rabrouer vilainement, autant par le Procureur comme par la Présidente, qui poursuivait avec ses interventions envenimées, destinées à influencer la Cour. La Défense poursuivait vaillamment mais on n’eut pas droit à une de ses ripostes éclatantes, pleines de génie qui avaient rendu jadis célèbre l’ancêtre du barreau.
Stewart venait de descendre Erik en flammes, avec grand style, le laissant éreinté et à bout de nerfs, sans doute peu capable d’avoir une pensée cohérente dans cette débâcle innommable.  Dolores Ombrage crut bon enfoncer encore plus le clou par une de ses tirades pointées d’un petit rire odieux. Plus d’un parmi l’assistance et la Cour ne sut retenir un geste de suprême agacement.´
C’est le moment que  Lady Davenport choisit pour se trouver mal et son mari de crier en demandant à l’aide. Albermale, sans être au courant de leur idée fut prompt à la réaction en pointant le Dr. Brahms du doigt :
 
Qu’est-ce que vous attendez ? Qu’elle perde son enfant ? Bougez-vous !
 
L’autre ne put qu’obéir et ce faisant, être coincé par Alix, qui en un tour de main s’était emparée de son poignet et procédait à un scanning de son esprit tordu. Il suffit d’un geste, un regard, Michael comprit, il posa lourdement sa main sur l’épaule de Brahms qui lui aussi avait saisi.
 
Bien, cher Docteur…
 
Vous ne pouvez rien prouver !

 
Tout comme si…Je sais, pour moi, c’est un aveu…et si vous savez qui je suis, ça devrait vous suffire pour imaginer la suite !
 

Brahms avait pâli, n’empêche que ses yeux avaient un éclat meurtrier qui resta, on se doute bien, sans aucun effet sur Michael.
 
Maintenant…soyez un bon médecin et rassurez nous sur ce qui accable Lady Davenport, s’il vous plait !, murmura t’il d’un ton trompeusement affable, pour le reste, nous en parlerons plus tard !
 
Très professionnel, Newton Brahms suivit le conseil et livra son diagnostic : mauvais coup de stress, légère baisse de tension, rien de grave mais Madame devrait se reposer. Après quoi, ne laissant rien voir de sa dignité piétinée regagna sa place.
 
Il est cuit et le sait…reste à circonvenir adéquatement Ombrage et on aura ce qu’on est venus chercher…, ce qu’il ne dit pas est que l’idée de comment y parvenir manquait encore.
 
Après l’interlude médical, pendant lequel Justin évacua sa belle vraiment un peu trop pâle, l’audience se poursuivit, cette fois avec un regain d’énergie et éclat de la part d’Albermale  qui d’un détour savant, s’arrangea pour laisser en entre dit l’impartialité de la Présidence ce qui déclencha un beau tollé, vu qu’il n’était pas le seul de cet avis. Le Procureur essaya par tous les moyens de contrecarrer cette mauvaise impression mais public et cour penchaient déjà, dangereusement, vers le terrain si bien ratissé par le vénérable ancêtre.
 
Je devrai revoir mes impressions sur ce grand-père…d’un moment à l’autre, il nous surprend !
 
Il le fit, avec une  virevolte inattendue et spectaculaire, alignant paragraphes, alinéas et Merlin sait quoi d’autre pour démontrer avec incontournable éclat que Madame la Présidente abusait de son pouvoir, ne savait point exercer sa charge et méconnaissait la loi. Dolores Ombrage était verte de rage mais même le Procureur, à qui elle avait volé la vedette tout du long, ne put que confirmer les assertions de Me. Albermale.
La session fut levée au milieu d’un début d’esclandre de bonnes proportions. La reprise était fixée pour le lendemain 10am. On ne permettait pas de visites pour l’accusé mais Michael eut le temps de lui faire un geste encourageant avant de le voir disparaître dans les méandres du Ministère.
 
Ça tourne mieux qu’espéré…avec un peu de chance, demain on aura le fin mot de cette embrouille…Justin va râler d’avoir raté ça… Non, mon amour, je ne vais pas aller le voir…on reste à la maison et on passe  la journée tranquillement…nous et les enfants…ça te dit ?
 
Ça lui disait.  Michael pensa que la vie était belle et que tous les espoirs étaient permis…
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Alix Blackstorm le Ven Aoû 29 2014, 05:42

Pardonner n’était pas le fort d’Alix. Pas obtuse pour autant, elle savait Michael innocent des faits reprochés. Néanmoins… tant de souffrances ne s’effaceraient pas d’un trait de plume hélas.  Leurs enfants méritaient bien mieux que des parents en guerre, non ? Donc, Alix prit sur elle de mettre de côté sa vindicte et de recoller les morceaux de sa vie.  
Alors que s’entamait la réconciliation, elle dut répondre à une supplique de Max Von Falkenberg. Ce gars n’étant pas du genre à plaisanter, ni à jouer les trublions pour rien, l’affaire était sérieuse.
Étrangement, se retrouver dans un laboratoire ultra perfectionné plut énormément à Alix qui y vit de nombreuses opportunités à exploiter. Bon, là elle n’était qu’ »invitée » à participer à une recherche spécifique, mais… intéressant quand même.  
Habituée au vieux chaudron sur feu de bois, elle ne mit cependant pas longtemps à se familiariser avec cet environnement neuf, pigeant un peu plus ce que la jeune Angel aimait dans ce lieu de travail. N’empêche, la bonne vieille méthode d’identification des substances nocives fonctionna plus rapidement que les appareils hautement sophistiqués à disposition.
Ayant mis l’antidote en route, sa présence n’était plus nécessaire à la clinique. Et même si elle s’était beaucoup amusée dans ce laboratoire, rentrer voir ses amours était vital.  
Accro ? Sans honte, elle s’avouait que oui.  Accro à ses enfants à LEURS enfants ? Oh, oui ! Et, par le biais, accro à leur père dont une seule défection la plongeait dans l’affliction.
Sans briguer les talents d’Opal McLane, ni ceux de Samantha Forrester, Alix s’était beaucoup améliorée question culinaire. Élaborer des plats novateurs était, finalement, très stimulant pour les sens.
Et un hic de plus, un !  
Cette fois, il s’agissait d’Erik. Dans quoi le jeune frère de Michael s’était-il encore fourré ? Des preuves flagrantes l’accablaient. Les démonter ne serait pas du gâteau.
À Ste Mangouste, c’est bien simple, leur principal suspect fut inabordable.
 
*Il sait que nous savons et sait des trucs sur nous…*
 
Sinon, pourquoi refuser une banale entrevue ?  
Les De Brent conjugués n’en restèrent pas là. Examiner le cadavre ne fut pas aisé vu les barrages à franchir. La fin justifiant les moyens…
 
*Ouais, absorption massive d’alcool et antidépresseurs… un suicide ? Mon œil !*
 
Méticuleusement, ils retracèrent les allées et venues tant d’Erik que de son assistante. De plus en plus, Alix se convainquit qu’un impérium avait été jeté sur la pauvre fille. Mais le procès allait démarrer rapidement sans preuve indiscutable de l’innocence d’Erik dont le défenseur serait une antiquité ambulante apparemment méprisable et méprisée. Comble de tout : Ombrage présidait ! Par quels détours était-elle parvenue à revenir sur scène, celle-là ?
 
*Si elle connait la filiation entre Erik et Michael, il est foutu…*
 
Vengeance par intermédiaire, du pur Dolorès Ombrage…  
Lors de la première audience, il fut clair à tous que les dés étaient pipés. Michael en fut très abattu :

À ce train-là, mon frère finira ses jours à Azkaban…    
 
Sois pas négatif à ce point, mon chéri. Suis certaine qu’Albermale a plus d’un tour dans son sac *Même si ce sac est aussi mité que lui…*  
 
Trop énervé, agacé, un Michael amoureux n’en était pas moins inaccessible.  
 
*Il a l’esprit de famille… un bon point dans un sens mais quand on sait ce que la famille peut vous apporter…. Manon, un jour, je te coincerai !*
 
L’état d’esprit n’étant pas à la fête, les époux se contentèrent d’écraser une paire d’heures dans les bras l’un de l’autre.    
Avant l’audience, ils déjeunèrent en compagnie des Davenport, Justin se montrant assez sévère dans ses déductions, preuve qu’il potassait les questions. Mais la solution vint de la Belle Samantha qui, outre sa splendide tête de vélane, en avait dans le ciboulot :
 
…Être enceinte et se trouver mal, ça va souvent ensemble…rien de quoi éveiller de suspicion !   
 
Oui ! Avec ça, ils sauraient LA vérité, au moins si leurs soupçons étaient réels sur le responsables des faits : Brahms.  

On fait comme ça…au point où en sont les choses, ça ne peut pas empirer ! 
 
Alix se retint de lui expédier un sortilège de confiance. Déjà l’audience s’ouvrait. 

Certes, mon client a utilisé, et utilise encore je suppose, un retourneur de temps, sinon comment serait-il aussi performant ?... Aperçu près du domicile de la victime ? Quiconque peut posséder du polynectar en est capable, non ?
 
Un à un les arguments de l’avocat étaient réfutés sans que cela ne l’affecte. Puis, plus tôt que prévu, Sam se trouva mal. Jeu d’enfant que de saisir le poignet du seul médecin disponible. Ce bref contact l’éclaira toute. Les idées se bousculaient chez Alix. Elle savait tout mais ne pouvait s’empêcher de penser à Sam dont ce malaise-là n’était pas prévu. Après évacuation sanitaire, le débat reprit :
 
Savoir n’est pas pouvoir, Michael…
 
Ô Albermale ! Pourquoi douter de lui et de ses ficelles ? Il n’était au courant de rien sur cet « incident » mais en profita largement :
 
Nous sommes tous sous le coup de l’émotion et souhaitons ardemment que Lady Davenport aille bien.  Cependant, au vu de l’aliéna 432 bis, il est attesté que si l’un des officiants au tribunal est impliqué explicitement dans une affaire en cours, il doit être révoqué. Je demande donc la cassation immédiate de Mme la présidente qui, pour des raisons évidentes sur lesquelles il est inutile de s’éterniser, a un râtelier complet à l’encontre de mon client au su de sa filiation avec le sieur De Brent hautement détesté. Nierez-vous, Madame, haïr le frère de mon client ?

…on reste à la maison et on passe  la journée tranquillement…nous et les enfants…ça te dit ?
 
Oh que oui, ça lui disait. Sauf que :
 
Je dois mettre Albermale au courant de ce que j’ai lu dans Brahms. Il faut boucler ce gars immédiatement !

Trop tard… Le rapace s’envola. Néanmoins l’avocat sut que faire des informations fournies. Il le démontra dès le lendemain après une nuit de ouf, passée le plus clair du temps à rigoler entre les couches, biberons, et nez bouchés des petits qui accaparaient les amoureux.  
 
Le très honorable Lord Cavendish fut désigné à la succession de Dolorès Ombrage. N’ayant aucun lien connu avec le suspect et sa famille, les espoirs d’impartialité étaient permis et furent démontré. Le procureur Steward en ravala son dentier. Ses arguments tombèrent un à un, la défection de Brahms signant la culpabilité très potentielle de ce dernier.
Son emploi du temps établi, Brahms avait tout monté de A à Z. Même sans aveux, il était cuit. Un mandat international de police magique fut exercé. En attendant, tout rentra dans l’ordre.
 
Michael était sombre en massacrant les pauvres patates confiées à l‘épluchage pour le repas :         

Arrête de t’en faire pour les Davenport. Leur déménagement n’a rien à voir avec toi, avec nous… ils ont bien le droit à… mais, si, je suis certaine qu’ils ne rateront pas les baptêmes, voyons !
 
Le petit Christopher Von Falkenberg fut le premier à recevoir le saint sacrement. Curieuse réception que celle-là ! Pourquoi les Smith étaient-ils accompagnés par cette fille ?  On la leur présenta comme sœur de Megan.  
 
*Une croqueuse d’hommes… pauvre d’elle !*  
 
Comme de juste, l’Annabelle essaya d’exercer ses charmes sur tous les mâles présents. Ce n’était qu’une banale moldue en quête d’époux, riche si possible. La situation aurait pu être marrante si Alix n’avait pas été cruellement avertie d’un possible revirement d’affection.  Pas qu’elle doute de ce qui la liait à Michael mais… les hommes sont faibles, telle était son éducation stricte.  
Monsieur s’amusait à flirter avec la belle-sœur de John ?  Juste pour ajouter du piment à leur relation, Alix s’intéressa de près au père du baptisé.  Sujet de rapprochement ? Aucun au départ hormis qu’Ysaline la désirait au laboratoire de leur clinique. C’était tentant mais avec deux bébés sur les bras…
 
Comment vous faites pour gérer la marmaille ? Ça m’épate, moi suis débordée même si Michael prend souvent plus à sa charge que prévu… Sophie adoptée, je l’ignorais. Et tout baigne… vraiment ?
 
Oui et non… Comme tout un chacun Max avait ses soucis. Il rêvait d’Afrique et de réfugiés. Très peu pour elle ! Néanmoins compréhensive, elle eut grand plaisir à discuter longuement avec lui.  
Au retour chez eux, prenant un dernier verre avant de monter embrasser les enfants confiés aux elfes, Alix s’amusa de la rogne de son époux qui lui reprocha ses longs apartés avec Max. Tac au tac :
 
…Et toi et Anna ?... Jalouse ?? Tu divagues. Et toi, mon chéri…  
 
Ils en rirent avant de pleurer.
 
OU est Lucas ??
 
Bikita et Lormar étaient supéfixés. Ranimés, ils ne purent que balbutier :
 
Attaque surprise. Sort puissant... Impossible contrer…  
 
Les jambes lui manquèrent. Sans le soutien d’un Michael blême, elle se serait écroulée.
 
Pré… Préviens Erik de suite !! souffla-elle avant de tourner de l’œil quelques secondes.  
 
La vengeance de Brahms était en marche…
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Message par Michael De Brent le Ven Aoû 29 2014, 12:32

Ça suffisait ! Trop était trop ! On en avait marre !
Dès qu’un aperçu de bonheur parfait se pointait, ça reprenait et c’était reparti pour une ronde !
Michael en avait vécu, des aventures. Il en avait vu, des vertes et des pas mûres. La mort l’avait frôlé plus d’une fois.  De quoi lui faire perdre chaque fois un peu plus, la foi en son prochain. Il aurait fini désabusé, amer et solitaire si son chemin n’avait croisé celui d’Alix Blackstorm. Le leur avait été, depuis le début, une histoire singulière mais, contre toute attente, ils avaient fait en sorte pour que ça marche ! 
Et voilà que Newton Brahms commettait l’erreur d’enlever Lucas. Erreur, grosse erreur, pour lui, bien entendu. Une grossière interprétation du pouvoir. Michael en avait vu trop d’autres comme pour se laisser aller au désespoir. Alix avait tourné de l’œil, juste un instant, avant de se reprendre et focaliser l’affaire avec son pragmatisme habituel.
 
Tu as raison, ma chérie, il ne lui fera aucun mal…sa seule intention est…
 
L’apparition quasi simultanée de deux patronus différents, un dogue allemand et un milan royal, mirent fin à sa phrase. Les créatures de lumières étaient porteuses d’un message identique.
 
Un de mes neveux et le petit de Max…l’animal les a enlevés aussi !
 
Branle-bas de combat serait peu dire. Dix minutes plus tard, pères et mères confus et furieux faisaient le bilan et arrivaient au même consensus : vengeance ! Que le pleutre de service ait en plus le toupet de demander une rançon de roi pour leurs rejetons mit le feu aux poudres.
 
Eh bien, il aura ce qu’il veut…et nous aussi !
 
Max se montra tout aussi lapidaire que voulu :
 
D’abord on a les enfants, après on pourra faire de la pâtée  pour chiens de cet imbécile !
 
Pas question de débattre là-dessus, la motion était acceptée sans aucune discussion. Pincer le Dr. Brahms fut un jeu d’enfants.  Le bonhomme ne semblait avoir songé en aucun moment, même si dument averti sur ce point, avoir affaire avec des sorciers si endurcis, surtout que là il s’en était pris à leurs enfants, déclenchant une dévorante soif de revanche aussi  inextinguible qu’ un Feudeymon. La suite fut rapide, expéditive et surtout, jouissive.
 
Je vous avais pourtant averti, Brahms, souffla Michael à l’oreille du détenu, dument ligoté, peux être très mauvais quand ça me prend…et mes amis sont pas contents !
 
L’autre eut l’heur d’invoquer les garanties demandées mais jamais accordées. On se ficha allègrement de ses droits et on l’envoya sous les verrous sans plus de cérémonies.  Il finirait ses jours à Azkaban, et si Michael ne se gourait pas, ce ne serait pas pour longtemps. Il connaissait trop bien Alix ! Chacun reprit son enfant et rapatria sa partie de la rançon en bon lieu avant de se quitter avec un sourire entendu.
Alix veillait au chevet de Cécile endormie quand il se pointa avec son petit trésor qui gazouillait ravi. Il le remit dans les bras de sa mère en l’embrassant longuement.
 
Nous sommes au grand’ complet maintenant !, assura t’il en découvrant Apache, Bagheera et les elfes dans un coin, et il est temps de prendre le large aussi…
 
Alix le considéra, suspicieuse, craignant sans doute qu’il n’ait quelque idée pénible à endurer.
 
Pas de souci, mon amour…cette fois, je suis sûr que tu vas adorer!
 
Ce n’était pas exactement pour le lendemain mais Michael sut se taire pour que la surprise, le moment venu, soit parfaite. Justin avec qui il avait à peine parlé lors de la réunion après baptême était reparti, sans laisser d’adresse. Erik vivait à cent à l’heure, pour changer et le reste du monde s’occupait à vivre sa vie de la meilleure façon possible.
Bikita et Lormar, dans leurs petits souliers, faisaient en sorte que les choses marchent pile poil comme voulu, et il faut dire qu’ils s’y prenaient à merveille.
 
C’est prêt, mon maître…comme vous vouliez !, couina  la petite elfe en souriant, ravie, comme dirait mon maître…c’est bon, on peut y aller ! Maîtresse Alix ne se doute de rien…ce sera…tip top ! Super, quoi !

Il n’alla pas chercher d’explication au langage déluré de son elfe. L’influence de la TV devait y être pour quelque chose mais ce ne serait pas lui qui irait s’en plaindre.
Ysaline Von Falkenberg avait demandé la collaboration d’Alix à la Clinique et sa femme chérie jouait avec l’idée. Michael ne doutait pas que cette offre l’alléchait plus qu’avoué. Alix était potionniste et la recherche la passionnait. Il ne voulait pas ‘imaginer ce que cela donnerait : sa femme chérie dans un labo ultra moderne, avec des moyens jamais soupçonnés et liberté d’action.
 
*Ouais, du coup…tu la vois plus que quelques heures et à toi de jouer en solo le papa parfait !*
 
Sans vouloir être le dernier des égoïstes, l’idée lui convenait autant que la peste noire.  Il aborda la question avec la délicatesse d’un diplomate rompu aux exercices de conciliation.
 
Le printemps se profile en beauté, cette année… Quoi, mon commentaire ? On ne peut pas parler du beau temps ?...Ah bon, ça me ressemble pas…tu as raison…enfin, ça te dirait changer un peu de décor ?...Tu as encore du temps pour répondre à Ysaline, en attendant…Tu veux, dis ?
 
Elle se marrait plus qu’autre chose de le voir tourner autour du pot et, avec un peu de chance, la curiosité naturelle, l’emporta.
 
Génial ! On y va de suite alors !
 
Si Alix pensa qu’il avait un peu perdu la tête, elle n’en démontra rien et suivit le mouvement de très bonne humeur, sans trop protester quand il fut question de transformer le 4x4 qu’il affectionnait tant en Portoloin avec leurs enfants à bord.
Conjuration céleste ? Allez savoir. Le climat écossais se résume simplement : il peut ou il va pleuvoir. Or, ce jour-là, du moins à l’instant  de leur matérialisation au détour du chemin, en haut de la lande, il faisait si beau qu’on se serait presque cru ailleurs sans le paysage si bien connu. Le loch scintillait sous le soleil et dominant les alentours de sa masse énergique, le manoir apparaissait sous son meilleur jour. Moins gris, moins trapu, presque doré, tapi au creux d’un parc inexistant auparavant.
 
*Sacré boulot !* Bienvenue chez toi, mon amour…
 
Si l’extérieur était charmant, l’intérieur lui, était bluffant.  Bikita, tout elfe qu’elle était n’avait pas accompli seule le miracle. Cela faisait un bon bout de temps que Michael s’y était appliqué, en fait peu après leur mariage. Les Moldus savent bien faire les choses quand les moyens ne manquent pas, et de cela, pas question. Peu importait le prix, il briguait la perfection absolue. Et, c’était bien le cas de le dire, c’était réussi.
 
Plus de courant d’air, chauffage central, électricité…suis sûr que tu vas aimer ta nouvelle salle de bains…on a TV, Internet et téléphone…Tu m’en veux pas d’avoir investi ta propriété sans demander ton avis ?...
 
Apparemment, elle ne lui en voulait pas trop. Merlin soit loué.  Les elfes de service avaient bien fait les choses, il y avait des fleurs partout, c’était briqué comme sou neuf, et ça embaumait à foyer !
 
Maureen Applewhite eut une de ses rares sourires. En coin, discret, pas question de trop s’épancher. Les photos étaient concluantes, sans besoin de commentaires. Depuis des mois, elle menait une très discrète surveillance de son sorcier favori. Le sujet la fascinait. Rien à voir avec son apparence de jeune premier, son sourire craquant ou son regard mélancolique (entre nous, mélange explosif non apte pour cœurs sensibles !), Michael réunissait toutes les qualités requises pour un agent de première ligne, ce qu’il avait très bien démontré dans le passé. Et voilà que ce superbe guerrier moderne, roué comme pas deux, rompu à tous les arts de la guerre et intrigues de tout genre,  avait définitivement viré sa cuti.
 
*Qui l’eut dit ?...De super agent…à papa gâteau !*
 
Parce que les évidences ne mentaient pas. Impossible de s’y méprendre. Suffisait de le voir avec ses enfants.  Il les adorait tous deux mais bavait littéralement pour sa fille.
 
Pas de quoi s’étonner, soliloquait Mrs. Applewhite en examinant le cliché, la petite est le portrait de sa mère et pour celle-là, il se damne, ce cher garçon… pour elle, c’est  le petit…Oui, bien sûr, Papa tout craché, le môme…Quelle belle famille…Ils se méritaient l’un l’autre en bon droit, Dieu en est témoin, d’être heureux et vivre en paix mais ce même Dieu sait que j’en ai absolument besoin, de ces deux-là…
 
Juin 2000…
 
À six mois, Lucas et Cécile étaient des enfants très éveillés. Lui, tout blondeur, elle brune comme Maman. Les mioches les plus adorés, gâtés et heureux qui soient. Leur vie était un poème de perfection et amour illimité, avec des parents qui n’avaient d’yeux que pour eux…enfin, façon de dire, ils étaient leur priorité absolue après leur autre priorité absolue : leur amour à eux. Bref, les petits ne manquaient de rien et poussaient mieux que des champignons pour le bonheur de tout le monde et leurs parents chéris, dont l’amour s’épanouissait  dans ce décor de rêve médiéval rénové.
Net, quand tu nous tiens ! Michael aurait donné cher pour pouvoir s’en passer, mais hélas, on ne se refait pas en un jour…(ni jamais, en fait !).
 
Pas la joie chez les Strang, selon ça…Angel aurait pété un câble…tiens, J.O a finalement eu ce qu’il voulait…Quoi ?...ben, il est plus duc !...Sais pas comment il aura fait…m’enfin, son affaire…Non, ma chérie, c’est vieux déjà, comme nouvelle…
 
Alix s’intéressa à ce fait divers  mais les informations qui suivaient n’étaient pas des plus explicites, mais cela finit pas éveilleur un certain intérêt sur le devenir de leurs amis, si bien remisés à l’oubli dans leur refuge écossais.
 
On s’en fout un peu de ce qu’ils deviennent, non ?...Ah bon ? Me dis pas que ça te manque…Moi ?...Mon amour, je n’ai besoin que de savoir que tu es là et que nos enfants vont bien, rien de plus…Non, ma douce, je ne changerais pour rien ce qu’on a…ici, maintenant…toi, nos enfants, c’est ça l’unique vie dont je rêve…Je t’aime, Alix…j’aime Cécile et Lucas…vous êtes ma vie, je vois ai, tous les trois…que puis-je vouloir de plus ?

Mais on sait tous, que la vie n’est pas seulement ce que l’on veut…malheureusement !


Dernière édition par Michael De Brent le Lun Sep 01 2014, 17:38, édité 1 fois
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Message par Alix Blackstorm le Sam Aoû 30 2014, 16:28

La paix existait-elle ? Alix en doutait sérieusement.  Après avoir perdu jeune ses parents, elle avait été sous la coupe d’une grand-mère affreuse avant de tomber sur pire : son oncle, le trop célèbre Voldemort.  Murer sans cesse son esprit face à ce démon lui avait forgé un caractère bizarre, un mélange d’hérédité tout en douceur et volonté de fer. Seul Michael De Brent l’avait percée à jour et … comprise ou peut-être pas…  Elle adorait cet homme même s’il lui en avait fait voir de toutes les couleurs depuis leurs relations mais ne s’en plaindrait pas car, au fond d’elle, elle savait…
Ils partageaient bien plus que des échanges physiques. N’étaient-ils pas issus de situations semblables quoique différentes ?  Lui aussi avait dû se battre pour résister à certaines emprises mais l’un comme l’autre en était sorti vainqueur !
Où l’hérédité se nichait-elle ?
Parfois Alix tremblait en regardant les jumeaux issus de son grand amour. L’un ou l’autre, les deux ? Le mal se cachait-il en eux ?  À les contempler, si beaux, si purs et innocents, fallait être tordue pour imaginer qu’un jour peut-être…  
 
*ON veillera à ce que ça n’arrive pas !*
 
Persuadée y arriver en conférant à leur progéniture plus d’amour qu’à aucun autre enfant, Alix s’appliqua à distribuer son affection autant à fils qu’à fille. Qu’y pouvait-elle si elle craquait irrésistiblement pour Lucas ? Peut-être que Cécile était trop son propre reflet… Mais Lucas était celui complet de son père !  
Le sentiment de culpabilité pour avoir négligé ses gosses quelques mois était puissant. Surprotectrice ? Un peu, beaucoup, énormément et… pas assez. Elle crut mourir quand elle constata la disparition de son préféré.  Puis, froide, la résolution se prit.  Tôt ou tard, Brahms paierait son acte !  
Elle avait eu mal au cœur quand elle comprit que le kidnappeur assassin n’irait qu’à Azkaban.  À ces yeux, c’était trop bon pour lui.  Comment Michael avait-il pu contrer son désir de l’écharper tout cru ?  Elle lui aurait donné sa bénédiction, aurait applaudi à deux mains !  Mais non…
Heureusement, la mère frustrée n’était pas la seule à penser pareil.  Ysaline et Opal subissaient les mêmes affres. Déjà complices à bas bruit avant de réceptionner leurs enfants, elles le furent davantage lors du baptême des jumeaux :
 
La corruption règne à Azkaban, me suis renseignée….
 
Opal confectionna la gâterie prévue, Alix fit mijoter le poison en chantonnant :
 
Un peu de poivre, un peu de sel ; beaucoup de haine et de fiel…  
 
La mixture serait indétectable même à sorcier aguerri.
Michael lui parla d’une future surprise. Elle le chérit encore davantage pour ces attentions mais cacha les siennes.  Un souci se pointa avec l’annonce d’un autre enlèvement concernant Angel.  Qu’Ysaline la réclame à nouveau au labo était… tentant.  Au même moment, Michael annonça :
 
… ça te dirait changer un peu de décor ?...Tu as encore du temps pour répondre à Ysaline, en attendant…Tu veux, dis ?
 
J’ai envie de retravailler, c’est vrai ! Mais tu sembles si… attaché, si mystérieux, que je ne peux résister ! Où va-t-on ?  
 
Mystère encore ! Un 4/4 transformé en portoloin, la lande… SA lande chérie. Elle en eut d’emblée les larmes aux yeux :
 
Bienvenue chez toi, mon amour…

Son manoir avait été relooké complètement à l’intérieur.  Maintenant, aucun vent froid ne coulisserait, ni d’araignée ne tisserait. Douillet, chaleureux, confortable… le foyer idéal !
Stupéfiant !  
 
C’est… C’est… non, bien sûr que je ne t’en veux pas ! Ce qui est à moi est à toi, voyons !  
 
Période heureuse, insouciante… sauf que les allées et venues entre Londres et l’Ecosse, ça pompe l’énergie.  
La vengeance assouvie avec le décès de Brahms gourmand lui avait mis du baume au cœur. Néanmoins, travailler au labo de Stillworth s’clinical était comme une drogue dont elle ne voulait pas se passer.  Il arriva un truc concernant les Von Falkenberg mais cela ne l’atteignit pas directement. Max avait pris la clé des champs et, Ysaline l’avait suivi sauf que lui rentra et elle pas.  
 
Tu ne trouves pas cela bizarre ? dit-elle en revenant un peu claquée de ces allers retours.
 
On s’en fout un peu de ce qu’ils deviennent, non ?
 
Ne me dis pas que tu ne te soucies pas d’eux, comme des Davenport, Nielsen et autres, je ne te crois pas !
 
… ici, maintenant…toi, nos enfants, c’est ça l’unique vie dont je rêve…Je t’aime, Alix…j’aime Cécile et Lucas…vous êtes ma vie, je vois ai, tous les trois…que puis-je vouloir de plus ?   
 
Ysaline rentra finalement, pas en forme mais très présente. Puisqu’elle était aussi potionnisiste, les tâches d’Alix s’allégèrent.  
 
*Manque plus qu’Angel retrouve ses esprits, et je n’aurai plus rien à faire d’autre qu’à pouponner…*  
  
Alix aimait ce travail d’autant qu’elle avait relevé certaines choses très… bizarres, des secrets, des non-dits au sujet de deux dossiers.  Amenée involontairement à se pencher sur certaines analyses, elle en verdit quasi de frayeur :
 
*Angel est folle à lier !*
 
Mais Ysaline lui coupa l’herbe sous le pied, et Alix ne put approfondir… LA chose.
Alix regretta d’être mise à l’écart. Non qu’elle s’ennuyât. Comment s’ennuierait-on avec deux bébés à la maison. Elle se marrait, parfois, en voyant son cher époux transformé en papa gâteau, surtout vis-à-vis de Cécile. Il était sans cesse à l’affût d’une risette, d’un gazouillis et ne râlait jamais contre elle si de la bouillie lui atterrissait sur la chemise.  À l’inverse des jumeaux Nielsen, les deux De Brent étaient parfaitement synchronisés et… très sages. Oh, certaines nuits furent mouvementées mais la nouvelle maman ne pouvait pas se plaindre de manque d’aide. Papa se chargeait de fifille, elle du petit gars et, s’ils étaient claqués, les elfes prenaient le relai ce qui donnait aux parents des loisirs bienvenus. Les elfes…
 
Dis-moi, mon chéri, dit-elle en changeant prestement la couche de Lucas, tu ne trouves pas Bikita étrange ces jours-ci ?
 
Le cher homme n’avait, évidemment, rien relevé.  Pourtant, Alix était sûre d’avoir capté certains détails donnant à penser que… Histoire de confirmer, elle convoqua l’incriminée dans sa chambre tandis que Michael baladait ailleurs.
 
Bikita, qu’est-ce qui cloche ?
 
Maîtresse a vu des défauts ? Bikita négligente va réparer…
 
Non, non ! Mais tu es moins attentive, moins… allante, plus… fatiguée ces jours-ci, non ?
 
L’elfe se tortillait sur elle-même comme confrontée à un dilemme.  
Sa torture interne fit de la peine à la nièce de Voldemort, qui l’eut cru.  
 
Ne t’en fais pas, ton service est impeccable quand même. Ménage-toi un peu plus, c’est accordé, sourit Alix, condescendante.
 
En douce, elle prit renseignements et dispositions. Le soir-même, elle ne put résister à mettre Michael au courant :
 
Mon chéri, as-tu une idée sur la façon dont les elfes se marient ?...
 
Il en tira une tête ! Pas plus au courant qu’elle quelques heures avant, apparemment.
 
… c’est parce que ta Bikita et mon Lormar vont bientôt être parents aussi…
 
Rire faisait un bien fou.  La tête de Michael valait de l’or en barre.
 
Arrête cet air halluciné ! Il n’y a rien de dramatique. Mais la communauté elfique a ses règles, elle aussi. Si le couple n’est pas officiellement reconnu, l’enfant sera immédiatement confié à leur centre d’éducation…. Je me suis informée, bien sûr, et c’est pas très ( grimace) coton… tu ne trouves pas que c’est moche s’ils doivent se séparer de leur enfant sitôt né ?... euh…

Quelle durée de gestation chez les elfes ?
 
Deux… trois mois, pas plus… ben oui, c’est imminent ! C’est pour ça que j’ai pris la liberté de…
 
Et de lui exposer sa planification. Il se chargerait d’annoncer la nouvelle aux heureux futurs époux.  
 
Ensemble, ils préparèrent tout, complices comme jamais.
Ce fut… bizarre. Recevoir au grenier rénové tant d’elfes en fête, leur mit la tête à l’envers. La communauté elfique régla les détails officiels et organisa le « banquet » de noces.
Inédit, étonnant !  Ils en rirent longtemps quand on leur permit de quitter le « bal ».  
 
Tu as aimé cette soupe de fleurs de salsepareille ?... non !, j’ai eu envie de gerber ( rires) Et cette limonade, Ô mon Dieu !
 
Au moins, ils s’endormirent heureux d’avoir rempli parfaitement leur rôle de maîtres attentifs.  La nuit fut courte. Un Davenport alarmé les informa très tôt que non seulement lui et Sam étaient de retour et que l’accouchement était très proche.  
 
… Il est marteau, ton pote ! Ça peut prendre des heures !! dit-elle en riant d’imaginer la tronche d’un Justin affolé.
 
Michael, lui, prenait la chose plus au sérieux. Il voulait être informé de l’évolution des choses afin d’être prêt à foncer à la clinique.  À 17 heures, ils furent avertis.  
 
Rarement, Alix avait vu Sam aussi radieuse et Justin aussi fier.  Le parrain fondit complètement devant la frimousse cramoisie de colère de la petite nouvelle venue.
Qu’est-ce que les parents avaient à rigoler avec le prénom de leur enfant ?
 
… Non, sérieux ? Satch ?
 
Ce n’était qu’une blague de Sam car la petite porterait sûrement mieux ses vrais prénoms : Victoria Ellen.  
 
On trinqua un peu mais des bébés bien à eux les attendaient pendant que les elfes se remettaient de leurs noces déjantées.
 
La lande embaumait en ce mois de juin. Les arômes seraient encore meilleurs une fois l’automne venu mais Mrs De Brent ne laissait pas de la parcourir en compagnie de ses compagnons félins pendant que Michael veillait sur les gosses. Une sorte de « chacun son tour » était advenu, elle ne s’en plaindrait pas.
Au détour d’un sentier, elle remarqua immédiatement l’attitude des fauves. À n’en pas douter un intrus était passé par là.
 
Apache, Bag, cherchez !
 
Un cri de terreur la fit cavaler dans la direction de la falaise.
 
Au seco…

Une femme terrorisée s’appuyait contre un tronc, un browning en main.
 
MAU… MAUREEN ??  STOP ! Ne tirez pas ! Repos, ordonna-t-elle aux félins qui menaçaient de leurs crocs la petite dame aux cheveux blancs.
 
Ils obéirent immédiatement. Maureen Applewithe, main sur la poitrine, haleta :
 
Ben dites donc, vous avez un fameux système de sécurité, vous deux !  
 
Mitigée, Alix arqua un sourcil :
 
Désolée de vous avoir effrayée de la sorte. Que diable venez-vous faire ici ?
 
Tout le monde a droit à des vacances, non ? redressa le menton cette maîtresse femme qui n’en fixait pas moins méfiante les bestioles. Vous êtes sûre qu’ils sont apprivoisés ?
 
Elles le sont ! Que nous voulez-vous Maureen ? Pas de mensonge ! Vous savez que je peux tout deviner d’un simple geste…
 
Ne vous donnez pas cette peine, très chère. Votre époux est là ? J’ai… apporté un cadeau de baptême… c’est en retard mais vous comprendrez que…
 
*Toi, tu mijotes quelque chose, harpie !* Suivez-moi, je vous prie.
 
Alix n’appréciait pas cette intrusion car, la main au souffle du dragon, elle signifiait : problèmes…
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