C'est beau, la vie!

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Re: C'est beau, la vie!

Message par Michael De Brent le Lun Sep 08 2014, 12:11

La perfection n’existe pas, c’est su ! Dès qu’on approche de cet état sublime, il y a toujours un changement qui chamboule tout ! Tout comme Michael l’avait craint, la défection d’Angel  à ses prestations à Stillworth amenèrent automatiquement qu’on fasse appel à son Alix chérie…et qu’elle accepte, ravie, quitte à des aller-retour assez fatigants à la longue…
Il n’en pipa mot mais quand Alix lui annonça que ses services à la Clinique ne seraient nécessaires qu’en cas d’urgence, Michael s’en réjouit même si se taxant d’égoïste. La vie au manoir ne pouvait être plus calme, réglée comme du papier musique. Les jumeaux grandissaient à vue d’œil, chaque jour plus éveillés et actifs, l’émerveillant toujours. Alix assurait qu’il raffolait carrément de la petite Cécile, il n’aurait su le nier, sa fille le tenait sous son charme et puis, elle ressemblait tant à sa mère…Cela ne signifiait d’aucune façon qu’il en aimât moins Lucas.
 
Et voilà, ma belle, finissons la purée…
 
Ça lui volait dessus alors que la mioche riait, ravie de son méfait. Et Papa s’en fichait de dégouliner de banane, pomme ou quoique ce soit…le rire de son petit trésor lui mettait le cœur en joie.  Bien sûr, Lucas qui occupait le siège voisin tira aussi parti de la situation et au bout d’un instant la rigolade folle alerta les elfes qui se pointèrent sur les lieux, laissés nickel peu auparavant.
 
Mon maître pas savoir !, couina Bikita, offusquée pour la première fois de sa vie, quel chahut…quels dégâts…
 
Si ses mots prirent Michael de court, voir les yeux de la petite elfe noyés de larmes, le laissa pantois mais avant de pouvoir en placer une, elle s’était évaporée en un crac énergique laissant à un Lormar s’occuper de l’affaire.  Papa exemplaire finit de nourrir ses enfants et les embarqua pour un nettoyage en toutes règles en attendant que Maman revienne de sa balade avec les chats.
 
Pas question qu’elle nous trouve comme ça…alors vous êtes sages, ok ?

 
Allez savoir pourquoi le Recurvite faisait tant rire les petits, d’autant que le sorcier sache, le sort ne faisait pas des chatouilles. Au retour, Alix les trouva tous trois propres et sagement installés dans un fauteuil. Un enfant dans chaque bras, Michael personnifiait satisfaction et fierté.
 
Oui, ils ont tout mangé…là, on bavarde un peu…on t’attendait pour le bain…

 
Et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
   
Dis-moi, mon chéri, tu ne trouves pas Bikita étrange ces jours-ci ?
 
Euh, non…, l’épisode de la cuisine plus tôt, lui était sorti de l’esprit, pourquoi ?
 
Amusé par les risettes de Cécile il ne pensait plus aux humeurs de son elfe. Les enfants couchés pour la sieste, il alla s’occuper à son bureau. C’est bien se la couler en douce, il fallait quand même suivre le décours de ses affaires en dehors de ce cocon privilégié. Pas de nouvelles de amis ; les actualités ne variaient pas trop, il y avait toujours  crises, guerres, famine ou autre misère, heureusement qu’on n’attendait pas de lui d’aller redresser un tort quelconque. Alix  lisait à la bibliothèque, sans la déranger, il communiqua à Lormar qu’il sortait chevaucher sur la lande et serait de retour avant le dîner des enfants.
Magnifiques alentours sauvages et solitaires. Ce qui l’accommodait très bien, pas question d’attirer l’attention de son prochain en galopant par-là suivi d’un cougouar de bonne taille. Il fut de retour, comme convenu, trempé de l’averse soudaine qui l’avait surpris en pleine balade sans pour autant le faire rebrousser chemin. C’était vivifiant, mais curieusement il avait eu la sensation d’être observé, supposant qu’il devait s’agir d’un berger ou peut-être un simple touriste paumé, il avait fait comme si rien.
Enfants nourris, baignés et mis au lit, on pouvait escompter avoir une soirée paisible au coin du feu. Eh oui, même en été les soirées sont fraîches dans le coin et Alix était frileuse.
 
Mon chéri, as-tu une idée sur la façon dont les elfes se marient ?
 
Voilà une question qu’il n’avait jamais envisagée. Pour lui, les elfes étaient là, point c’est tout et il n’était jamais allé chercher plus loin. Qu’il eut une très sincère affection envers Bikita, ne l’avançait pas plus.
 
Ah bon…parce qu’ils se marient ?...Mais à quoi vient…
 
La suite le laissa comme deux ronds de flan.
 
QUOI ?...Mais …ça arrive ? *Ben oui, idiot, ça vient bien de quelque part, les elfes !*, sauf qu’il avait du mal à l’imaginer.
 
C’était tellement débile et inattendu qu’il ne trouva mieux que de se marrer comme un dingue, à en avoir presque les larmes aux yeux, accompagné par l’hilarité de sa chérie, quoiqu’on pouvait se demander si elle ne se fichait pas plus de lui que de la situation.
 
Arrête cet air halluciné ! Il n’y a rien de dramatique, et d’apporter certaines connaissances à son ignorance totale, comme quoi ou le couple elfique était reconnu officiellement ou le fruit de leurs amours leur était enlevé et confié à un centre d’éducation.
 
Mais c’est quoi, ça…communauté elfique ?...Me dis pas qu’ils ont un syndicat tant qu’à faire ?...et d’où tu tiens tout ça ?
 
Je me suis informée, bien sûr, et c’est pas très ( grimace) coton… tu ne trouves pas que c’est moche s’ils doivent se séparer de leur enfant sitôt né ?
 
Affreux, oui…pas question de faire ça à Bikita…Par Merlin, suis soufflé…Mon elfe est enceinte et veut se marier !...Suis à coup sûr le seul sorcier avec des trucs pareils…Et…on fait comment ?...Et dans combien de temps ce sera ?
 
La chose était plutôt imminente, pas question de traîner en chemin. Bien sûr Alix, bien informée, savait exactement comment s’y prendre…pour les préparatifs du mariage elfique.
 
Le grenier fera l’affaire…ils s’y sentiront parfaitement à l’aise…en plus il y a de la place pour plein d’elfes…Seigneur, dois être devenu fou…je fais la déco pour les noces de mon elfe…
 
En parler à Bikita n’avait pas été aussi facile que supposé. La pauvre était en plein état d’âme, confuse, torturée de doutes, timide, ce qu’elle n’avait jamais été.
 
Calme-toi, Bikita…on dirait que tu n’as pas confiance en moi…pourtant, depuis le temps qu’on se connait…Rassure-toi…tout est réglé…Lormar et toi vous mariez ici…vous aurez votre enfant et il grandira ici, parmi nous…Allez, pleure pas, sinon je m’y colle…Chut…mais voyons, me sors pas des idées barbares...ton enfant sera aussi libre que tu l’es…Bikita, tu es de la famille…Vous, toi et Lormar, êtes notre famille…pas question d’aller chercher ailleurs…à moins que ça te chante !
 

On pouvait s’attendre à la réponse…ça couina très fort et pleura encore plus. Le mariage fut un succès, les De Brent méritèrent l’admiration et respect de la communauté elfique en plein,  même si le banquet de noces leur tourna un peu le foie.
 
Pas tous les elfes ne suivent les émissions culinaires comme Bikita…me parle plus de la soupe…Tu veux un Pur-Feu…pour passer ?
 

Ils riaient en se laissant tomber dans le divan, complices parfaits et heureux de l’être.  À l’étage, leurs enfants dormaient, placides et ignorants de tout. La fête des elfes se poursuivrait jusqu’à l’aube, sans doute. 
 
Pourvu que les petits dorment d’une traite !
 
C’est beau rêver.  Ils songeaient à peine à s’endormir quand Cécile changea la donne et signifia son besoin d’attention immédiat, comme d’habitude, Lucas, solidaire, suivit le mouvement. Nouvelles couches, petit biberon, berceuses à la clé. Les petits chéris prirent leur temps pour se rendormir, pour alors leurs parents tenaient mal debout. Ils allèrent s’écrouler dans leur lit et sombrèrent enlacés dans une étreinte rassurante.
Il ne dura pas autant que voulu, ce repos bienfaisant ! Tôt le matin, un renard argenté, passablement énervé, leur donnait des nouvelles des Davenport. Ils étaient de retour depuis quelques jours et là, Sam était à point d’accoucher.  Michael écouta le message en essayant de finir de se réveiller.
 
Quoi ?...Elle accouche déjà !?..., pas le temps de donner une réponse, la patronus s’était enfumé, mince…on dirait que Justin est un peu dépassé…il est plus bavard d’habitude !
 
Il est marteau, ton pote ! Ça peut prendre des heures !!, assura Alix en rigolant de s’imaginer Lord Davenport, toujours si posé en passe de perdre la tête.
 
Michael opta pour faire les choses comme il faut et prenant son portable appela directement le futur père pour avoir plus de détails. Ce fut Sam en personne qui répondit, apparemment beaucoup plus calme que son mari, elle arriverait largement à temps à la Clinique, et on les contacterait dès que la naissance serait imminente.
Vers 17 heures, la nouvelle arriva. 
 
Michael ? Ça y est… une fille, oui ! Euh… Satch… Passe quand tu sais !, court, concis informatif et surprenant.   
 
Satch !?...C’est quoi comme nom pour une gosse, ça !?...Il a perdu la boule du coup, le pauvre homme !...Peut pas faire ça à ma filleule !
 
Bikita et Lormar, encore un peu à l’ouest après leurs noces déjantées, furent néanmoins prêts à reprendre le service et veiller sur les jumeaux pendant leur absence.
Dès leur arrivée, on les convoya à la belle suite où la fête était organisée. Sam resplendissait, ravie de la blague quant au prénom, comme digne héritière du nom Davenport, la petite s’appellerait : Victoria Ellen.
 
Elle est parfaite…magnifique !, assura Michael en cueillant sa filleule et la berçant en père accompli, quelle frimousse d’ange…tout à sa maman…pour son bonheur !
 
Il dut un peu disputer ses droits au grand-père tout émoustillé et à l’arrière-grand-mère bien présente qui mettaient, mine de rien, les nerfs en boule à son copain.  La visite, fort joyeuse, ne fut pas bien longue,  la fraiche maman devait se reposer quoique celui qui semblait en avoir le plus besoin était Justin.
 
Le pauvre gars a besoin de vacances, il  nage en plein stress, là !, commenta Michael en arrivant chez eux, je ne l’ai jamais vu aussi…dépassé !
 

Les elfes avaient repris tous leurs esprits, les enfants se portaient à merveille. Leur petit monde était en ordre, de quoi se sentir satisfaits de la vie qui ressemblait, pour le moment, à une ode joyeuse  du bonheur familial et la merveilleuse harmonie des esprits…
Mais bien sûr…
Alix était allée se balader sur la lande avec les chats. Il faisait beau et même chaud, cette après-midi, bien éveillés après leur sieste, les jumeaux occupaient leur père qui ne trouva mieux que de sortir avec eux au parc. Couverture sur le gazon, ils jouissaient des bienfaits du soleil et de l’air pur en toute joie de cœur. Cécile s’essayait, avec beaucoup de succès à marcher à quatre pattes et Lucas, plus tranquille s’adonnait au bonheur de sucer son gros orteil en riant tout seul. Papa, comme tout père orgueilleux qui se respecte, immortalisait ces moments parfaits  avec sa caméra vidéo.
C’est ce tableau familial à vous faire chaud au cœur que découvrit  l’invitée surprise escortée par Alix et les minets.  Michael resta un instant bouche-bée en reconnaissant la nouvelle venue mais se reprenant, se leva d’un bond.
 
Mais que diable faites-vous ici ?, comme bienvenue, il y avait sûrement mieux mais on ne s’attend décidément pas à voir la directrice d’un service très secret  se pointant chez vous avec l’air de qui passait dans le coin à tout hasard.
 
Je ne peux pas dire que l’hospitalité soit votre fort, ironisa la dame en souriant, votre femme a utilisé la même formule…je répèterai donc la même chose : tout le monde a droit à des vacances.
 
Sauf votre respect, M…vous êtes une piètre menteuse. Vos vacances vous les passez  dans une petite île privée aux Caraïbes, donc, venez pas nous raconter des salades.
 
Maureen Applewhite hocha la tête en souriant, inutile de jouer aux finaudes avec ces deux-là.
 
Soit, j’admets être ici dans le but unique de vous rencontrer. Bel endroit…un peu solitaire mais magnifique.  Et ces enfants…a-t-on vu quelque chose de plus mignon !?, elle s’approcha  et cueillit Lucas, pas à dire…votre portrait, Michael…Ne faites pas cette tête, Alix, je sais parfaitement m’y prendre, avec les petits…je suis trois fois grand-mère !
 
Le couple échangea un regard surpris. Que cette maitresse-femme put mener une vie normale comme tous et chacun était assez difficile à imaginer. Très à l’aise, Maureen fit des câlins à Lucas qui riait, ravi, puis à Cécile un peu plus réticente avant de tirer de son grand sac, deux paquets joliment enrubannés.
 
Cadeaux de baptême
, informa t’elle souriante pour après passer en ton confidentiel et grave, nous devons parler !
 

Et moi, je ne suis pas sûr qu’on ait envie de vous écouter, M…parce que vous ne venez pas parler de la pluie et le beau temps, n’est-ce pas ?...Nous ferions mieux de rentrer !
 
Alix n’avait pas l’air plus ravie que lui, mais il est des situations qu’on ne peut ni éviter ni contourner. Elle prit Cécile, car Mrs. Applewhite  ne semblait pas disposée à lâcher Lucas et se dirigea vers l’intérieur suivie de Madame le Boss. Michael leur emboîta le pas avec les chats sur les talons.
Maureen s’extasia de la magnificence du manoir, fit un effort pour ne pas hurler quand Lormar pointa son nez  pour s’enquérir sur les désirs des Maîtres.
 
Je pense que Madame prendrait volontiers du thé…à moins de préférer du plus fort ?, dit Michael, un brin poison en devinant que la dame avait un peu de mal à assumer certains faits.
 
Maureen avoua avoir besoin d’un remontant. Les enfants pris en charge par les elfes, on passa, sans détours à parler affaires.  Précise, concise et impérativement claire, Mrs. Applewhite exposa les raisons qui l’amenaient à requérir leurs services. Il s’agissait, logiquement, d’un problème délicat, qui méritant discrétion, doigté et bien entendu, emploi de certains talents singuliers. Mais avant tout, elle tint à faire un topo de la situation.
 
Comber Island est un endroit privilégié, n’acceptant  que des hôtes triés sur le volet qui désirent s’isoler du monde. En ce moment s’y trouvent réunies quelques personnalités…entre lesquelles un lord de l’amirauté, un autre membre de la noblesse, un homme d’affaires hollandais et son épouse, une ancienne gloire du cinéma et théâtre,  un écrivain français, un couple de riches américains et un éminent médecin suédois.  Jusque-là, rien d’extraordinaire si ce n’était que depuis un certain temps, il se passe des choses très étranges sur l’île.
 
Étranges ? Ne me dites pas qu’il y a des fantômes ?, ironisa Michael.
 
Les personnes disparaissent…et reparaissent quelques heures ou jours plus tard. Or l’île a été fouillée de fond en comble et rien n’explique ni le pourquoi ni le comment de ces disparitions. Il n’y a aucun moyen d’arriver à l’île ou la quitter sans que cela soit remarqué.
 
Et ces personnes ont-elles subi  quelque mal ?
 
Aucun, mais elles sont incapable de se souvenir de quoi que ce soit…Nous pensons qu’il s’agit d’une manœuvre experte pour soutirer informations qui autrement ne seraient jamais livrées…mais n’avons aucune preuve, il est impossible d’en avoir dans ces conditions…C’est pour cela que vous devez vous y rendre… tout est prêt…
 

Le contraire m’aurait étonné !, maugréa Michael alors qu’Alix  opposait énergiquement toutes ses raisons pour ne pas se laisser mener en bateau si facilement.
 
Cette affaire peut avoir des retombées dramatiques…
, inutile de dire que Maureen Applewhite n’y alla pas du dos de la cuillère pour brosser un tableau effrayant, exacerber leurs meilleures qualités d’esprit et autres arguments imbattables pour parvenir à ses fins.
 
Tu aurais dû laisser que les chats la bouffent !
, marmonna t’il après le départ de la fouteuse de trouble, mais au fond, il aimait bien cette femme énergique qui savait si bien s’y prendre pour faire tourner  son petit monde si secret.
 
L’endroit était magnifique. Rien à dire là-dessus. Leur  bungalow offrait tout le confort et luxe qu’on pouvait exiger. Ils avaient passé les deux premiers jours à  reconnaître les lieux, sans socialiser avec leur prochain, cela alimentait l’idée d’un certain mystère entourant leur couple et leur présence là.  L’appel de Justin le surprit sur le haut d’un coteau d’on on jouissait d’une  bonne vue d’ensemble de l’île et ses installations.
 
Michael ? T’es où… ah, silence radio. Le baptême aura lieu dimanche prochain… fais ce que tu peux !
 

Dimanche prochain ?...T’es pressé, dis donc… Justin, t’as des problèmes ?, il aurait juré que oui, ah bon…pas le temps d’en parler…on se voit alors…prends soin de…Tiens, il m’a raccroché…, il rejoignit Alix qui s’intéressait  à une touffe d’herbe sauvage,  du thym ?, hasarda t’il, sûr de se gourer.
 
Sa belle lui rit au nez, se moquant vertement de son ignorance en botanique et tout en le renseignant dument ils continuèrent leur prospection jusqu’à arriver au vieux phare dont la porte était fermée par un gros cadenas rouillé. Michael jouait avec l’idée d’un Alhomora quand une voix de femme, sévère, se laissa entendre à leur dos.
 
Ce phare est désaffecté, personne n’y vient et si c’est fermé c’est parce qu’on n’a pas besoin de curieux !
 
Retournés en bloc, ils dévisagèrent la sermonneuse. Michael lui trouva une si gênante ressemblance avec  Minerva McGonagall qu’il se sentit presque mal à l’aise mais se reprit d’immédiat.
 
Merci de l’information mais il se trouve que ce genre de constructions attirent toujours mon attention !, répliqua-t’il avec morgue, cela ne vous dérange pas, j’espère ?
 

Je suis Lillian Carruthers !, énonça t’elle, majestueuse, comme si cela voulait tout dire.
 
*La vieille gloire du cinéma…elle joue quel rôle là ?*

 
Force fut de se présenter sous l’identité voulue : Jim et Angela Chesterfield, en maudissant en son for interne M de leur trouver des noms pareils.
 
Ah !...Les nouveaux…ceux qui nous évitent ! Arrivés depuis deux jours et on n’a pas encore eu l’honneur de votre présence, laissa tomber la diva, dédaigneuse, des américains !
 
Apparemment un terrible défaut à ses yeux si britanniques. Faudrait faire avec. Mais ils surent se montrer si charmants, même avec leur accent du Sud et leurs manières d’outre-mer, que la dame ne put qu’accepter qu’ils étaient assez civilisés pour être des candidats potables pour les soirées, plutôt fades, à la main house.
Soirées auxquelles il ne fut plus question de manquer. Magie aidant, sous sort de Désillusion, Michael et Alix, connaissaient tous et chacun,  personnel de la maison inclus, autant que chaque recoin de la grande bâtisse centrale, mais jouèrent à la perfection leur rôle de richards américains dont on ne savait pas trop grand-chose, quittes à en choquer plus d’un.
Ambrose  Dashwood, Lord de Perth, semblait le candidat idéal pour un lavage de cerveau et confidences ultra-sensibles sur son travail au Ministère de la Défense.  L’autre noble en jeu, claqué de dettes mais dont le nom suffisait à ouvrir toute porte, n’était non négligeable à l’heure d’un savoureux chantage.  Van der Laye, l’industriel hollandais était impliqué dans un programme de développement industriel en Asie. Sa femme Margrit, souris grise d’aspect anodin ne faisait que suivre à l’ombre du mari. Le français, un tel Jean-Charles Duperrey, se donnait des airs de génie mais n’était qu’une grande gueule. Les autres américains, les Cabot de Boston, étaient irréprochablement parfaits et le docteur suédois,  Niels Peterson ne faisait que peindre à ses heures perdues pour oublier la psychanalyse, sa spécialité. Quant à Lillian Carruthers, outre son inoffensive folie des grandeurs, elle n’était qu’une vieille dame agréant mal âge et manque de gloire.
Le personnel administratif et domestique de Comber House fut, mine de rien, passé au crible, tant au sens propre comme au figuré, sans que rien ne retienne l’attention des enquêteurs. Tous semblaient être ce qu’ils affirmaient et aucune trace de magie ne put être détectée.
 
Ce qui finalement ne veut rien dire…on sait que ça peut se dissimuler avec un peu de savoir-faire…faut attendre que ÇA arrive…si ça arrive, bien sûr…M en a, des idées…
 
Disparaitre pour se rendre au baptême de Victoria Ellen Davenport ne demanda pas grande science, juste assez de discrétion pour ne pas être détectés par un éventuel sorcier dans les environs.
La première chose qui sauta aux yeux de Michael fut l’énervement, très palpable, de son meilleur ami. Justin semblait aux aguets mais en savoir plus fut impossible, le cher homme semblait vouloir être partout en même temps et bien entendu n’avait pas une minute pour la conversation.  Sam n’était pas trop tranquille, non plus et à peine si Michael tira d’elle des bribes d’information.
 
Quoi ? Ta mère…je pensais qu’elle était…, il n’alla pas plus loin, on réclamait la belle Maman et sa filleule pour la cérémonie, étant donné qu’il était le parrain, il fallut s’amener aussi.
 
Moment  émouvants. Il prenait sur lui la responsabilité d’aimer et chérir cette enfant si ses parents venaient à manquer, d’être toujours là pour elle, d’être guide et conseiller…Il tenait le bébé dans ses bras, ému au-delà des mots, orgueilleux d’avoir mérité cette honneur quand au milieu de cette béatifique sensation de paix  Justin pâlissait en portant la main à sa poitrine avant de s’effondrer comme frappé par la foudre. Alix lui prit le bébé des bras juste à temps, il bondissait déjà vers son ami.
 
Bon sang, Justin…fais pas ce genre de truc !...Justin !!!...Erik…Ysaline…Vite !!!
 
Intervention immédiate. Transfert aux Urgences à Stillworth’s Clinical. Michael refusa de bouger de là jusqu’à avoir des nouvelles concluantes, même si guère réjouissantes : infarctus.  Il s’en tirerait mais ce n’était pas demain la veille qu’il quitterait la clinique. Michael était aux affres, déchiré entre amitié et devoir. Sa belle-sœur, Opal, femme pratique jusqu’au bout des ongles trancha pour lui. Elle prenait déjà soin de Cécile et Lucas pendant leur absence,  et pouvait tout aussi bien les tenir à la une des nouvelles concernant Justin, surtout que celui-ci était patient de son mari.
Retour à l’île avec l’âme à l’envers et se faisant un sang d’encre.
 
J’ai juré le remplacer auprès de Satch…Vicky…fallait pas me prendre au mot et rendre l’âme…je savais que quelque chose clochait…suis un con…j’aurais dû deviner…être là…Je ne me pardonnerais jamais si…
 

Alix essayait de le calmer quand des coups peu discrets furent frappés à leur porte. Énervé, Michael alla ouvrir, se trouvant nez à nez avec Lillian Carruthers, légèrement décomposée.
 
Ah !, vous êtes là…je me posais des questions…Margrit Van der Laye a disparu…Elle n’est pas chez vous, n’est-ce pas ?
 
Bien sûr que non…pourquoi…mais enfin…on ne disparait pas comme si rien…*Tu veux rire !*…
 
Les recherches sont lancées…vous en êtes ?, et plus qu'une question cela ressembla à un ordre.
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Alix Blackstorm le Ven Sep 12 2014, 07:58

Elle l’avait accepté pour époux ou, du moins, ils s’étaient acceptés l’un ET l’autre. Alix ne regrettait absolument pas sa décision même si elle avait été folle et perdue un moment.  Voir Michael et les jumeaux évoluer chaque jour était si... surprenant, à la limite de l’incroyable.  Et pourtant si, ce gars arrogant, imbu, fier, adorait sa – leur – progéniture.  Déçue ? Par pas lui, à aucun moment... passons l’épisode douloureux de Manon. Pas de sa faute à lui, pas de la sienne à elle non plus.  
Les noces elfiques ! Ah, quel grand événement.  Voldy devait retourner ses cendres quelque part en enfer s’il constatait que son héritière s’intéressait aux elfes domestiques.  Grand bien lui fasse !! Ça l’avait touchée, émue de voir le désarroi de Bikita et de son Lormar. Mais, il lui fallait avouer en secret que perdre son boulot au labo de Stillworth était un coup dur, bas.  
Elle s’en remettrait, le savait mais râlait en douce.  
Maureen Applewithe… Sous des dehors « innocents » cette M était quelqu’un de tenace qui – Alix ne fut pas dupe – considérait Michael comme un fils (ou, qui sait, peut-être plus).  
 
*Si elle avait trente ans de moins, je devrais faire gaffe… *
 
Lorsque M prit Lucas à bras, Alix dut prendre beaucoup sur elle pour ne pas se transformer en quelqu’un d’extrêmement méchant, genre louve-grizzli.
 
*Calme-toi, calme-toi ou tu ne sauras jamais ce qu’elle a en tête…*
 
Applewithe avait appris sa leçon, et évita tout contact direct avec les doigts d’Alix. Oh, bien sûr, il aurait été facile de la « contraindre » à vider son sac. C’était plus « marrant » de la voir esquiver les attaques verbales de Michael. Amusant, la rencontre elfes-M, mais des choses sérieuses se servirent en apéro. À l’entendre, quelqu’un sur Comber Island enlevait des hôtes privilégiés, leur pompait des secrets avant de les renvoyer sans aucun souvenirs de leur mésaventure. Vlam !
 
…n’avons aucune preuve, il est impossible d’en avoir dans ces conditions…C’est pour cela que vous devez vous y rendre… tout est prêt…
 
QUOI ? De quel droit disposez-vous de nous ainsi ? Nous avons des responsabilités ICI ! *On s’ennuie, mais bon…* Nos enfants priment sur tout le reste !  
 
Maureen était mal à l’aise face à l’opposition du couple très soudé mais elle avait bien préparé son topo :
 
Pour des sorciers aussi talentueux, ça prendra quoi… ? Une semaine au maximum. Imaginez que le ou la responsable détecte des secrets d’États… genre… qui est John Smith réellement…  Compromettriez-vous toute la vie d’un ami pour un peu de confort ? J’en doute…  
 
Là, elle avait touché leur point le plus vulnérable : l’amitié.  Somme toute, une semaine en tout confort, luxe et isolement…    
 
Tu aurais dû laisser que les chats la bouffent !
 
Je le regrette aussi ! Eh merde, elle nous a eus !!   
 
Endroit sublime s’il en est. Discrétion, calme, retraite idéale des stressés de la vie.  
Ils n’avaient pas ouvertement et, très volontairement, frayé avec les autres privilégiés, goûtant – en apparence – des commodités proposées. Une étude très subtile de chaque individu s’était effectuée en deux jours mais, au phare bouclé, ils croisèrent « Miss ». Carruthers.
Ils savaient tout au sujet de cette « diva » qui s’y croyait encore.  Fallut s’efforcer de maintenir la couverture sans mordre sous les piques de cette « grande » actrice qui manifesta hautement son dédain pour ces nouveaux hôtes possédant, en plus de leurs évitements, la nationalité américaine.  
Force fut de se mêler aux autres.  Michael paraissait tracassé par… autre chose. Le récent coup de fil de Justin sur un baptême hâtif, l’alarmait.
 
*Manquerait qu’il arrive un truc à son pote alors qu’on est en plein dans une mission…*
 
Les « soirées »… !!  
Selon Alix, de bons prétextes pour s’enivrer en prétendant que tout allait bien dans le meilleur des mondes.  À fond dans son rôle, pour brouiller les pistes au maximum, Mrs. Chesterfield la joua façon rigolote aimant lever le coude. Le prétexte de leur présence sur l’île : ressouder leur couple qui battait de l’aile. De mensonge en entourloupe, elle convainquit l’entourage en avouant – faussement pompette – que de ne pas avoir d’enfants ruinait leur mariage, que leur immense fortune n’arrangeait rien, etc.  Les Cabot, les seuls autres Américains, compatirent à raison… situation similaire. Tout était calculé pour établir de fausses sympathies et, étonnamment, cela marcha avec tous.  Le Suédois fut charmé quand Alix feignit s’intéresser à ses dons de peintre même si elle avait envie de gerber en contemplant ses « œuvres ». Par contre Lillian la méprisait encore et toujours tandis que Vander Laye jouait beaucoup au poker en souhaitant sans doute se renflouer. Un peu de magie ? Bah, pas à un tour près. Elle l’eut dans sa poche après avoir favorisé quelques mains heureuses.  
 
Restez près de moi, Alix. Vous êtes ma muse…
 
Je ne pense pas que Magritt appréciera, et Jim non plus.
 
Elle ne dira rien… comme d’habitude…  
 
Le ministre de la défense râla ce soir-là face à ses pertes.  
Le Français lui tapait sur les nerfs. Charmeur, il n’était que du vent, elle put très facilement le vérifier d’une petite pression du poignet.
Ne sachant plus trop vers qui porter leurs soupçons, les De Brent se rendirent au baptême de la « victoire » de Justin.
Pas très heureux, ce papa glorieux… par contre le parrain fut très fier du rôle accordé, assumé parfaitement.  
Sam, félicitations ! T’es sûre que ça va pour ton mari, il est si… tendu…  
 
D’un écho à l’autre, Alix comprit divers trucs mais, grand Dieu non, elle ne s’attendait pas à celui-là. Michael beugla :
 
Justin !!!...Erik…Ysaline…Vite !!!
 
Michael était très abattu en rentrant dans cette île dont il voulait foutre le camp au plus vite pour être près de son ami qui avait été à point de trépasser.  
 
… suis un con…j’aurais dû deviner…être là…Je ne me pardonnerais jamais si…     
 
Il va s’en sortir ! Il est entre les meilleures mains qui puissent exister et personne n’aurait pu deviner que…  
 
Toc, toc, toc, toc…   
 
Le tambourinement nécessita réaction. Plus arrogante que jamais, Lillian Carrutters les toisa :
 
Ah !, vous êtes là…je me posais des questions…Margritt Vander Laye a disparu…Elle n’est pas chez vous, n’est-ce pas ? … Les recherches sont lancées…vous en êtes ?
 
Un instant, s’il vous plait. On se change !    
 
Vlam ! Porte au nez.  
 
Mon chéri, ressaisis-toi ! On a une occasion, en or sauf que j’ai tout révisé de A à Z. On se joint à eux mais pas de magie, promets-moi de ne pas utiliser patronus ou autre… On sait que les enlevés reviennent toujours intacts, donc pas de soucis supplémentaires…

Lillian, choquée sur le coup, les vit apparaître habillés correctement pour une sortie nocturne de quoi justifier leur petite absence.
Tous, munis de lampe de poche assez puissante, parcoururent bien du périmètre.
Le Hollandais tremblait :
 
Mais que se passe-t-il ici ? L’ile est hantée, c’est ça ?
 
Ne soyez pas idiot, Johan ! pesta Duperrey. Ça se saurait puis ça n’existe pas !  
 
L’un et l’autre y alla de ses commentaires puis un cri :
 
PAR ICI !!!
 
Lord de Perth avait vu quelque chose. On se précipita et trouva une Magritt hagarde qui tomba dans les bras de son époux.  
Observer, observer... un sourire en coin se dessina et s’effaça sur les lèvres minces d’Alix.
 Réunion à la main house, réconfort et remontant pour tous.
 
Je pars demain à la première heure ! annonça Ambrose Dashwood tandis que Magritt grelottait en révélant son ignorance sur tout.  
Observer, observer...
 
Chacun se retira bientôt dans ses quartiers, apparemment ébranlé à l’unanimité.  
 
Michael était de mauvais poil. La mission ne donnait rien et il se faisait un sang d’encre pour son copain ainsi que sur le sort de ses enfants. Elle rigola :
 
… Opal s’en tire, t’en fais pas ! Et, si mon plan fonctionne, on saura tout demain soir… Ben… parce que je suis la prochaine sur la liste des kidnappés, voyons !  
 
Sa tête ahurie lui valut un long baiser en compensation.  Ils passèrent quasi leur reste de nuit à peaufiner les détails.  
Selon Mrs. De Brent, le rapt de Mevrow Vander Laye n’était qu’un leurre afin de s’assurer qu’aucun sorcier ne rodait dans le coin. Rassuré, le ravisseur frapperait incessamment. Dans son pavillon, Alix avait « laissé » traîner des documents compromettants, c’est-à-dire mal cachés exprès.  Ces papiers révélaient la fausse identité des Chesterfield, en fait recherchés pour différents trafics. Si, comme pressenti, le ravisseur voulait surtout obtenir des moyens de pressions contre fric…
Il est des choses que beaucoup d’individus préfèrent taire à jamais, quitte à débourser le pactole.
La fable délivrée valait le détour. On verrait qui mordrait à l’appât juteux à souhait.
 
Même en étant sur ses gardes, Alix fut prise au dépourvu par le sortilège assommant qui l’expédia dans les limbes alors qu’elle prospectait sur la côte. Elle avait amplement parlé de sa passion pour les plantes, et il était donc normal de la voir errer seule avec loupe et sac de récolte.  
 
*Merde !*
 
Le revigor la secoua sur la chaise où elle était saucissonnée, et elle ne put s’empêcher de tomber des nues en voyant la tête de la responsable.
 
Regardez-moi bien car vous oublierez tout d’ici peu. Juste le temps que vous chantiez mieux qu’un canari.
 
Occlumens depuis des lustres, Alix rigola intérieurement. Si son oncle honni ne l’avait pas percée à jour, ce n’était pas cette sorcière de pacotille qui y parviendrait. Elle joua la terreur :
 
Ne me faites pas de mal ! On me cherche sûrement déjà ! Jim…  

Vous voulez parler de Piotr Dolinski ?  Il est occupé ailleurs…  Johan sait capter l’attention quand il veut, même s’il n’a pas mes talents !  
 
Talents ? Quels talents ?
 
Vous voyez cette boisson, c’est notre sérum de vérité, en quelque sorte. Tout, absolument tout ce que vous cachez me sera révélé. Après, vous cracherez au bassinet, comme les autres !
 
Mais… comment, pourquoi moi ???
 
Une bonne sorcière se faufile partout et… trouve tout ce qu’il lui faut. J’ai eu des doutes sur vous avant ces documents révélateurs. Rassurez-vous, pas mon style de torturer, le véritasérum suffit.  
 
*Michael, où es-tu ?*  
 
Boire ça ? Plutôt crever. Immunisée contre beaucoup, Alix redoutait quand même la faille fatale.  
Où se trouvait-elle ? Pas difficile à deviner : au phare bouclé.  
Bon, ça traînait, là. Ils s’étaient mis d’accord sur le lieu le plus probable de détention mais… Fallait noyer le poisson.
 
Écoutez, Magritt vous vous trompez complètement… avez-vous entendu parler de Tom Jedusor alias Voldemort… ?
 
La tête de l’autre valait de l’or. Capter son attention, la dévier du but initial à tout prix.
 
Je… oui ! Mais vous, comment ?
 
Parce que je suis sa nièce, rien que ça ! Et vous n’imaginez pas ce qu’une héritière en colère peut vous faire !!  Libérez-moi de suite ou subissez mon courroux !!  
 
10 secondes d’hésitation et… rien.
Un grand rire retentit :
 
Bel essai, mais vain. J’ai jamais utilisé l’avada si tentant, mais avec vous, vais me faire plaisir...  
 
Ouf, Zorro arriva…
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Michael De Brent le Dim Sep 14 2014, 17:54

Indiscutable, la dame avait du caractère et jouait à fond  le rôle endossé pour les effets. Une fois de plus la ressemblance avec  McGo  le fit se sentir comme élève rabroué. Alix, sans arrière-pensée claqua la porte au nez de Miss Carruthers en lui disant d’attendre.
 
Mon chéri, ressaisis-toi ! On a une occasion, en or sauf que j’ai tout révisé de A à Z. On se joint à eux mais pas de magie, promets-moi de ne pas utiliser patronus ou autre.
 
Chéri obtempéra sans jouer les difficiles. Cette mission n’avait rien d’un traquenard sanglant, si on devait mourir de quelque chose, ce serait sûrement d’ennui. Dame Lillian les attendait sur le pas de la porte, semblant fermé, lèvres pincées, regard hautain, tel un général prussien  prêt à ordonner un raid sur l’ennemi.
 
Allons rejoindre les autres !
 
Elle aurait été sans doute ravie s’ils s’étaient mis au garde à vous mais dut se contenter de voir qu’ils étaient dument équipés pour la virée nocturne. Le groupe était réuni sur le sentier principal dans une ambiance en dents de scie très propice pour mettre tout le monde à l’aise. Ça discutaillait par ci, par-là, sans apporter rien de nouveau. Van der Laye jurait que l’île était hantée,  Duperrey lui riait au nez en assurant que ça n’existait pas.
 
Si j’étais vous, je n’en serais pas si sûr, se mêla Michael, poison.
 
De quoi rassurer tout le monde et améliorer l’ambiance. On ne tarda rien à retrouver l’enlevée qui tomba dans les bras de son mari en tremblant comme une feuille.
 
*Kidnapping express…ou la bonne femme n’avait rien à raconter ou c’était une petite épreuve pour savoir à quoi s’en tenir…Intéressant, on dirait que ça commence à tourner !*
 
Petit sourire d’Alix, aucun besoin de se parler, ils se comprenaient rien qu’en se regardant. Toute cette petite histoire de perdu et retrouvé sonnait faux de partout toute comme la représentation éplorée d’une Margritte à bout de nerfs. Bien entendu, elle ne savait rien, ne se souvenait de rien…
Dashwood fit part de son départ, voulant sans doute s’épargner l’opprobre d’être mis sur la sellette par le « fantôme » et chanter mieux qu’un canari en livrant des substantiels secrets d’état. On ne lui tint par rigueur de vouloir filer et on alla plutôt chercher le sommeil au lieu de perdre du temps à se débiter des sornettes sans intérêt.
 
Vivement  que quelque chose se passe…j’en ai marre de tourner en rond, comme si on n’avait pas mieux à faire. Je devrais être auprès de Justin et Sam…Nos enfants ont besoin de nous…
 

Certes  c’était toujours plus confortable que se faire tirer dessus à tout bout portant ou être poursuivis par les forces du Mal, mais cette inactivité quasi oisive lui tapait sur le système. Alix, par contre semblait prendre le tout très tranquillement.
 
Opal s’en tire, t’en fais pas ! Et, si mon plan fonctionne, on saura tout demain soir…
 
Ah bon ? Et qu’est qui te fait croire ça ?, grommela t’il de mauvais poil.
 
Ben… parce que je suis la prochaine sur la liste des kidnappés, voyons !
 
Elle en avait des bonnes à l’heure de la déduction, sa chérie  et le mieux est qu’elle n’avait pas du tout tort. Avant d’éclairer sa lanterne, elle rasséréna ses esprits avec un long baiser délicieux. Le plan exposé était d’une simplicité réjouissante. Selon Alix l’enlèvement de Margritte  Van der Laye n’avait été qu’un bluff destiné à mettre en évidence un hypothétique sorcier sur place.
 
J’y avais pensé aussi, avoua t’il, et avoir laissé traîner ces documents  est l’appât parfait…sûr que ça a mordu, ce matin il y avait des trucs déplacés ci et là…au début, me suis dit que c’était peut-être la femme de ménage, mais elle n’est venue qu’après…Comme quoi, si on est dans le collimateur, avec nos secrets inavouables…
 

Ils en rigolèrent. Celui ou celle qui se livrait à ce manège était sans doute un esprit criminel avec une paire de bonnes idées mais pas aussi futé qu’il ou elle ne le croyait. Qui d’autre qu’un amateur chanceux pourrait croire que quelqu’un sous fausse identité va laisser traîner des documents incriminants ?
 
Piotr Dolinski ? Faut dire que M ne lambine pas à l’heure de me dégoter des identités perverses…mais je préfère ça que celle de la star de rock…te dis pas, quel chambard !, il n’en dit pas plus se concentrant plutôt sur les possibles suites de l’affaire.

Et comme prédit par Alix…elle disparut le lendemain  lors d’une de ses promenades en solitaire. Ils avaient peaufiné leur petit plan mais apparemment le kidnappeur aussi.  Michael n'ameuta pas  le voisinage, se la jouer en cavalier seul lui seyait mieux, il est des habitudes qu’on ne change pas facilement !
Il avait perdu un temps précieux, sans pouvoir fixer avec exactitude l’heure de l’enlèvement. Alix était partie après le petit déjeuner et là c’était près de 11h du matin.
 
*En presque trois heures il peut lui être arrivé quoi que ce soit…T’es archi-con, De Brent…t’aurais dû la suivre…elle a pas voulu…et toi… obéis au doigt et à l’œil…*
 
Se traiter de tous les noms d’oiseau n’arrangeant rien, il passa en mode fin espion doublé de sorcier compétent. Le Cougouar argenté ratissa les lieux et revint avec une annonce prévue : incartabilité, sauf que le génie de service manquait de doigté et n’avait rendu incartable que le lieu même où il se tenait.
 
*Pauvre idiot !*
 
Le cadenas rouillé sauta sans problème. L’intérieur du phare offrait un aspect vermoulu et délaissé destiné à tromper un fouineur quelconque mais le vieil escalier en colimaçon était bien plus solide qu’il n’en avait l’air.
 
Libérez-moi de suite ou subissez mon courroux !! , c’était bien la voix d’Alix mais au moment où il posa le pied sur le palier, un tentacule vert s’enroula autour de sa cheville.
 
Ah non, pas ça…j’en ai marre des Tentacula Vénéneuses…elles me pourrissent la vie…Tractaris, pourriture !...Ça sert, les bouquins de ma femme…
 
Entretemps il avait raté la suite de l’entretien à huis clos mais ce qui lui parvint à travers le panneau ne laissait lieu à aucune hésitation.
 
Bel essai, mais vain. J’ai jamais utilisé l’avada si tentant, mais avec vous, vais me faire plaisir...  
 
Les effets d’un bon « Bombarda » sont spectaculaires, bruyants à souhait et ont le don de surprendre toujours. Margritte Van der Laye, mutée en méchante sorcière avait perdu du gris et gagné du noir, ce qui ne l’empêcha pas de rester là, bouche-bée, baguette en l’air à regarder le diable blond qui faisait irruption dans son sancta sanctorum si secret.
 
Vous conseille pas d’essayer…c’est un sortilège très moche et je me verrais obligé de vous rendre la pareille…Expelliarmus !...Ça va, ma chérie ? …J’ai tardé à cause d’une fichue plante là dehors…Non, c’est réglé…Et maintenant, on s’occupe de vous Mrs. Van der Laye ou plutôt, Margaretta  De Kruijff…oh, faites pas cette tête…deux et deux ça fait toujours quatre…j’ai dû y réfléchir un moment puis c’est venu tout seul…les De Kruijff ont toujours fait partie de la faction néerlandaise des Forces du Mal continentales…Vous voyez, on se retrouve au détour du chemin…De Brent, pour vous servir, sauf que là…vous êtes fichue !
 
Livide, défaite, cette fois elle tremblait pour de bon.  Alix récupéra sa baguette et se chargea d’entraver leur prise.
 
Ce bon Van der Laye, eh oui, c’est bien son nom n’a  fait rien de trop mauvais, à part suivre les idées pendables de Madame…Allez, on vous embarque, il y a quelques personnes qui vont raffoler de votre histoire.
 
Je ne dirai rien !, crâna- t’elle.
 
Petit sourire mauvais à souhait, manqua qu’il lui tapote la joue.
 
Vous en faites pas…on est plutôt doués pour parvenir à nos fins…et tenez en compte que ce que vous a dit ma femme sur sa filiation est absolument vrai…donc, ça vous donne une petite idée, hein ?
 
Maureen Applewhite buvait du petit lait, satisfaite, fière de son savoir-faire et des résultats de la mission à Comber Island.  Margaretta De Kruijff avait fait des aveux  complets  et irait purger ses fautes dans une prison de haute sécurité…à preuve de sorciers. Van der Laye quitte pour une peine mineure et la trouille de sa vie, subirait un Oubliettes ponctuel.
 
L’affaire est close.
 
Nous espérons que ce ne sera pas que cette affaire, M, vous savez aussi bien que moi que le service actif est terminé pour moi…et il va de soi qu’Alix n’a rien à faire avec vos magouilles.
 
J’en prends note, assura la Dame avec un petit sourire entendu, merci pour tout, Michael…Alix !
 
On se quitta sur les meilleurs termes, façon de dire, sûrs comme ils étaient que ce ne serait pas la dernière fois qu’ils auraient affaire avec cette dame charmante.
 
Retour à la normalité. Enfants récupérés  chez les Nielsen où régnait l’état d’urgence. Matt et Nick marchaient et parlaient. Assez précoces, les petits mais très imbus de leurs nouveaux talents. Si à quatre pattes ils semaient la terreur, à deux, ça demandait de l’endurance. Leur babil endiablé ne cessait que quand leur mère, un peu à bout, leur appliquait un Bloclang pour avoir la paix. Opal s’en tirait à merveille mais avouait se faire de la bile pour Justin qui avait quitté la Clinique et était reclus chez lui, sous surveillance stricte.
 
Et malheureux comme pas deux de ce fait. Michael lui trouva tout de même bonne mine.
 
Michael, suis si content !!... désolé vieux de t’avoir fichu la trouille ! Je te sers un verre ?
 
Pas d’alcool dans le coin. Sam avait lancé sa version personnelle de la Prohibition. Michael voulut bien enfreindre la loi mais ça n’alla pas si bien que voulu et Justin verdit au premier coup.
 
Hey, toi…
 
Non, t’inquiète, vais pas vomir, c’est juste que j’ai des anges gardiens pointilleux…  Comment vont mes filleuls, ta femme ?

Tiens, Key est dans le coup aussi ?...File lui un coucou de ma part…Tes filleuls se portent comme un charme, ils font leurs dents…ça braille…ça grandit,  tu les verras dès que tu seras en forme…Alix aussi va bien…on a dû s’acquitter d’une petite mission, rien d’énorme mais on a pincé les méchants…mais Alix fait des mystères depuis un temps…en fait depuis qu’elle a rencontré Sam…t’as une idée de ce qu’elles font ? …parce qu’Erik assure qu’Opal fait pareil…sais pas comment avec ces diables de gosses…
 
Pauvre Justin ! Il demanda une promenade à cheval, comme au bon vieux temps, mais à peine entamé un petit galop, le voilà qui verdissait de nouveau. Force fut de prendre les choses avec du calme et s’allonger sur l’herbe pour contempler le ciel et passer aux aveux.
 
Sam me couve à mort ! Elle freine tout, j’ai droit à quasi rien…
 
Te plains pas, mon pote, c’est normal…après tout tu as failli y passer, c’était pas de la rigolade.
 

NORMAL ?? Tu trouves ça normal ? J’ai même pas pu la toucher depuis mon infar !!! NDD j’en ai marre !!
 
Calme-toi ! Écoute, Justin…je comprends bien Sam, je ferais la même chose à sa place…t’étais mort, mon vieux, bel et bien mort…et si on t’a ramené de justesse c’est par miracle ou parce que tu as des bons contacts dans l’au-delà…Tu nous a fichus à tous, la trouille de notre vie et on veut pas te voir récidiver, tu entends…alors, tu te soignes, subis ce que Sam t’impose et ne compte pas sur moi pour braver les interdits…assez bête de t’avoir offert un coup à boire tantôt…Et maintenant raconte plutôt ce qui te tracassait tant ce jour-là, au baptême…parce qu’il y a bien quelque chose de grave, non ?...Ben, on n’a pas un infarctus pour des prunes, mon ami…Déballe…
 
Ce que Justin raconta le laissa pantois.
 
Ta belle-mère vélane ?...Sacrée misère…et elle veut Vic…un peu siphonnée, belle-maman…ben oui, les vélanes sont pas bonnes à prendre avec des pincettes, à part ta femme, ce sont toutes des garces finies…bon, il y a des exceptions mais c’est rare…Manon ?...euh, elle a eu pour son compte, et non…je ne l’ai pas tuée mais c’est sans doute pire…tu sais, suis tordu à mes heures mais ce qu’elle nous a fait ne méritait pas mieux… Il s’agit d’une potion qui n’annule pas ses pouvoirs mais qui provoque à chaque fois qu’elle songe à en faire usage qu’elle montre sa véritable face aux autres…et crois-moi, avec une âme si pourrie, elle était pas jolie à voir…Oui, était…vivre ainsi lui a été insupportable…tu devines la suite !...Non, je ne me sens pas du tout coupable alors si tu veux…on peut en filer un peu à ta belle-mère chérie…
 
IL s’abstint de dire que connaissant Samantha Forrester, cette solution lui semblerait un peu pauvre, mais il valait mieux éviter à son copain plus d’idées noires à broyer.
Alix se trouvait à la nursery, suivant la progression des jumeaux qui exploraient les lieux à quatre pattes. Cécile menait la ronde, Lucas suivait, efforcé se laissant aller au bout d’un moment sur le ventre pour entamer une série de roules-boulés qui le ramenaient vers sa mère. Il adorait qu’elle le prenne dans ses bras et le dévore de baisers et lui fasse des chatouilles. En voyant son père, Cécile fila vers lui pour réclamer son lot de câlins.
 
Je viens de voir Justin…pauvre gars, Sam est un vrai sergent…mais il va bien…un peu tracassé quand même…tu sais, sa belle-mère !, il adora son regard voulu surpris et lui relevant le menton, l’embrassa doucement, je sais tout…enfin, pas tout mais je devine aisément…Ben, tu disparais…Opal fait de même, Ysaline autant…il parait que même Meg y met du sien…et bien sûr Sam mène votre petit sabbat…alors raconte, ma chérie, qu’est-ce que vous complotez ?
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Alix Blackstorm le Dim Sep 28 2014, 08:27

Sans cape, ni lasso, cheval ou grand chapeau, son Zorro était arrivé avec un Bombarda impétueux, en s’excusant du retard causé par une plante croisée en chemin.
Affaire close !
Bien sûr, on pouvait compter sur Maureen Applewithe pour les sortir de leur ennui au cas où ils auraient l’occasion de le subir. Aucun des De Brent ne fut dupe de son petit air entendu :

… Merci pour tout, Michael…Alix !


S’ennuyer ? Avec des jumeaux en plein développement ? À d‘autres ! C’est fou ce que ça évoluait vite, la marmaille, surtout quand elle avait été mêlée à deux autres compères.
Alix se retrouva rapidement débordée. D’autant qu’un évènement, pourtant prévu, se déclencha lors d’une absence de Michael. Alors qu’elle tentait vainement de se reposer d’une nuit « dentaire », un Lormar affolé apparut :

Maîtresse, ça y est ?

Ça y est quoi ?

Mince ! Elle avait oublié l’état de Bikita !

Le bébé arrive ? Euh… que veux-tu que j’y fasse ? Je ne connais rien aux bébés des elfes…

Lormar a essayé contacter grand sage mais occupé. Tous occupés. Que vous, maîtresse…

Et… toi ?

Mari peut pas. Interdit. Femme avec femme ou grand sage, nul autre.

*Et c’est sur moi que ça tombe !*

Pendant qu’elle gravissait lourdement les marches de l’étage, son elfe veillerait sur ses enfants. Les cris et halètements perçus étaient… déchirants.

Bi… Bikita... ça va ?

Maîtresse Alix ? Fallait pas se déranger… ( cri affreux ensuite, suivi d’un… clin d’oeil) Bikita en rajoute pour époux. Elle va bien.

Complètement à la masse, Alix ne savait s’il fallait rire ou réellement s’inquiéter tant la sueur de la future mère était profuse et le teint cireux.

Euh… tu veux de la camomille, autre chose ?

Éloigner mari, prioritaire, souffla l’elfe malicieuse. Bikita encore crier puis bébé là.

Comme de juste, les oreilles d’Alix tintèrent comme jamais. Fou, ce que ça peut être aigu, une elfe en accouchement. Mais la stupéfaction de Mrs. De Brent ne s’arrêta pas là. Devant ses yeux ahuris, Bikita fit… un œuf.

*Ils pondent des œufs ??? *

Elle en avait appris long sur leurs rituels, mais apparemment pas assez. Bikita rigola en lui tendant la coquille rosée qui venait de sortir de son corps.

Premier visage vu, fidélité à vie. Pour vous, maîtresse.

Misère, que voulait-elle qu’elle fasse avec ce machin ? C’était un œuf. Pas de bouche, ni d’yeux, ni nez, ni oreilles ! Elle le tint en main à peu près trente secondes, le temps de la mutation. D’un coup, la coquille se fendit et un être minuscule aux gros yeux la regarda bien en face.

C’est Vorondil, fils de nous !

Prestement, Alix se délaissa de son léger fardeau pour céder la place à un Lormar larmoyant de bonheur.
Et un brailleur de plus à la maison, un !
Lorsqu’elle reçut un appel quasi désespéré de Samantha Davenport-Forrester, Alix aurait baisé les pieds de l’émettrice pour la sortir des tâches ménagères et des hurlements d’enfants.
En fait, toutes les amies étaient réunies pour une séance on ne peut plus informative sur la situation critique : Pandora voulait Victoria. À la lueur des explications, Alix pigea beaucoup de non-dits. Sûr que l’infarctus de Justin était directement en rapport avec une telle menace.
Ysaline semblait farouche, les autres aussi révoltées qu’elle-même.

On lui fourre quoi ? Des chocolats ?

On s’organisa aussi rapidement que secrètement. Du moins, on le crut. S’absenter régulièrement pour des débats, ne passa pas réellement inaperçu. Michael la coinça alors qu’elle rigolait des manœuvres de ses petits diables :

… je sais tout…enfin, pas tout mais je devine aisément…Ben, tu disparais…Opal fait de même, Ysaline autant…il parait que même Meg y met du sien…

Elle y alla sans faux-fuyants :

Brahms y a eu droit. Pandora n’y coupera pas.

Besoin de se justifier ? Non ! Elle commenta cependant :

Brahms a pourri bien des vies, il n’a eu que le sort qu’il méritait. Samantha nous a appelées, nous avons répondu. Atteindre à l’un d’entre nous, c’est nous atteindre tous. Nous ne laisserons pas une telle ignominie se produire. Vic n’est même pas Vélane !! Je le sais ! Elle a quelques gènes par là mais rien de semblable à ceux de sa grand-mère mais si elle met la main dessus, elle pourrait renverser la vapeur… Non, je ne l’ai pas dit aux autres. Sam le sait, j’en suis certaine.


Michael tiqua et réclama plus d’infos. Comment lui détailler ces arcanes sorciers ? Elle essaya :

Si Pandora ne l’a pas fait avec Sam c’est à cause de Gerry, père moldu. Victoria est d’ascendance sorcière de père et de mère, là est le danger d’autant que c’est son chant du cygne. Elle veut Vic pour la continuité de sa race infecte de séductrice sans foi ni loi autre que ses propres. On ne peut pas tolérer ça !

Les réunions s’enchaînèrent, époux présents cette fois car tous avaient fini par piger de quoi il retournait.
L’infâme semblait se balader impunément aux quatre coins du globe, Insaisissable. On tournait en rond.

Gérer, il fallait gérer.
Ysaline n’y alla pas par des détours : Vic et Sam seraient les appâts idéaux pour la soif de Pandora. Justin refusa tout net, qu’attendre d’autre ? Mais Sam voulait en finir une bonne fois…
Impossible de lui refuser ce « service ».
Alix exposa froidement sa théorie :

Si nous relâchons la sécurité en place, elle se méfiera hautement. Justin, désolée, tu retournes à l’hosto !


Un grosdodo lui régla son sort.

Sam, avec lui dans les pattes, le plan est irréalisable. Pandora doit croire aux failles virtuelles que nous allons créer, sinon…

Justin était le gardien des alarmes. Hors course, tout demeurait possible.
Samantha berçait sa chérie dans le jardin, très convaincante dans le rôle d’épouse et mère éplorée. Il fallut moins d’une heure après diffusion de la nouvelle attaque de Davenport pour que se matérialise celle que tous attendaient. Le piège se referma, implacable.
Michael était à ses côtés. Meg et John en retrait suivaient chaque déplacement de la créature. Ysaline et Max s’étaient abstenus sitôt la trappe close. Les Nielsen participaient, également sous invisibilité.
Mielleuse, fielleuse, Pandora ondula vers l’objet de tous ses désirs :

DONNE-LA-MOI ! Il t’en fera un autre s’il s’en sort, mais JE LA VEUX !

Une discussion s’engagea. Alix sentit des frisettes lui boucler la nuque : ça allait mal, Sam flanchait. Alors, Némésis se révéla, d’autres aussi :

ON NE TOUCHE PAS AUX ENFANTS !!

Des baguettes se levèrent, le sort de Pandora fut scellé.
Que Sam tourne de l’œil en lâchant la poupée ressemblant à Victoria déclencha entourage et sollicitude. Justin pesta d’avoir raté le final ? Tant pis.

Emmène-nous loin, loin de tout mon amour, je t’en conjure !

Parfois, des tremblements la surprenaient la nuit. Qui avait lancé le sort fatidique, elle, tous ? C’était le premier sortilège de mort jamais issu de sa baguette. La sienne ? Celle d’un comparse, Michael, tous ?
Les jumeaux, son chéri, rien d’autre ne comptait dans un petit coin de paradis déniché par son mari. Mais il est des colliers auxquels on ne peut échapper.
Un hibou les trouva :

M**¨*E ! Il y a une fuite sur la cure de jouvence au labo !!! Je dois rentrer.

Créé par Angel, cet élixir faisait des miracles. Une des assistantes avait cru bon d’en faire profiter sa vieille mère ! Au final, ou semblant l’être, l’assistante coupable se tut :

*Ouais, après ce sera le grand-père ou l’arrière-grand-mère… *

Mais qu’est-ce qu’il prenait à Ysaline et Max de quitter le navire sitôt l’affaire peut-être close ?

Ça ne va pas en rester-là ! Les journalistes ont eu vent de quelque chose qui pourrait se transformer en ouragan, déclara-t-elle à un petit staff d’intimes. … ce que je pense ? Que nous devons améliorer la formule d’Angel. Me suis un peu penchée dessus, trop peu… pas le temps. Mais le potentiel est… gigantesque ! … le sang de vampire ? Et alors ? Aucun effet secondaire n’a été détecté et j’ai, Ysaline et toi aussi Angel, nous l’avons décortiqué jusqu’au noyau cellulaire : on ne peut pas s’en passer mais la source de la jouvence y est !... bien sûr que non ! Nous n’irons pas traquer des vampires sauvages pour en avoir, quoique… Faudra le purifier et l’affaire est dans le sac… Euh… la synthétisation n’est pas exactement de mon ressort…

Erik s’en chargerait. Quant à la chasse aux vampires…

Megan était excitée comme une puce aux côtés d’un John fidèle à lui-même. Seuls Angel et J.O s’étaient désistés et on pouvait comprendre ces futurs parents de ne pas risquer la morsure dans des lieux où il fallait être dingues de se balader. Ils formaient donc deux groupes pour cette première traque. Sam et Justin veilleraient sur Erik et Opal en explorant la Transylvanie tandis qu’elle-même et Michael accompagnaient les Smith dans… la forêt interdite.
L’ex-Serpentard connaissait le « coin » pour avoir souvent bravé le très juste interdit. Alix en avait en entendu de belles au sujet de ces bois qui abritaient une faune très peu recommandable. De jour, l’endroit devait déjà être lugubre. De nuit… affreux.
Naturellement, les pisteurs n’étaient pas partis sans « bonbons ». Leur équipement les auraient sans doute fait passer pour des martiens dans leur combinaison étanches. Seuls les visages étaient exposés à l’air frais du dehors.

*Au moins ça tient chaud…*

Ces combinaisons adaptables, ils les avaient réalisées de leurs propres mains, grâce à de vieux grimoires des Blackstorm. Avec des améliorations « modernes » on pouvait espérer que…

… Meg ! Ferme-la !

Michael lui pressa la main pour maintenir la colère qui montait. D’accord, l’ex-journalise, fraîche sorcière, bouillait de curiosité mais quand même !

On ne va pas à la chasse aux vampires comme on va aux champignons, grinça-t-elle pour les seules oreilles de son mari.

Il fallut qu’ils tombent sur un petit troupeau de licornes, ce qui déclencha des exclamations de la part de la novice. John eut toutes les peines du monde à freiner son épouse mais le quatuor parvint à se détourner sans effrayer ces paisibles équidés. Autre chose est avec les centaures qui les cernèrent bientôt…

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Alix Blackstorm
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Re: C'est beau, la vie!

Message par Michael De Brent le Ven Oct 17 2014, 12:26

Ben voyons ! Rien de meilleur qu’une bonne intrigue bien menée pour se remettre d’aplomb, pour éloigner un quelconque soupçon de banalité. Tout compte fait, on ne pourrait jamais appliquer une épithète aussi peu conséquente à leurs vies.
 
Brahms y a eu droit. Pandora n’y coupera pas.
 
On pouvait s’y attendre. En fait, le contraire aurait beaucoup étonné Michael, qui eut, en sus, droit à une explication  qui confirmait en force la décision d’arrêter de manière radicale les méfaits tortueux de Pandora Newcomb.
 
*Pauvre Justin, manque de pot se dégoter une belle-mère pareille !*
Donc, si je pige bien…Vic n’en est pas une mais a du potentiel… pourtant Sam, elle…
 
Il se manqua de peu pour qu’Alix soupire face à un esprit aussi borné mais eut le bon cœur d’étendre l’information qui finit par un très formel :
 
On ne peut pas tolérer ça !
 
Bien sûr que non ! *Super, c’est parti pour une nouvelle galère !*
 
Et pour une galère, s’en fut une ! Pandora jouait bien son jeu, était perfide et futée à souhait, et leur menait quelques longueurs d’avance, malgré tous leurs efforts conjugués.
Rien comme une mission menée bon train par ces femmes déterminées.
 
*Elles pourraient faire une solide concurrence à M…*
 
Et bien sûr, ces épouses exemplaires entendaient que leurs maris suivent docilement les consignes, ce qu’aucun de ces braves gars n’essaya même pas de contourner. On leur disait d’y aller, ils y allaient mais leur proie avait l’art d’esquiver habilement toute manœuvre d’approche.
 
On peut se crever à lui courir après, ronchonnait Michael lors d’une de leurs réunions mise à jour.
 
Curieusement, Von Falkenberg était exactement de son même avis,  John se garda son opinion, Erik grommela un avis indistinct mais avait l’air plutôt mécontent. Justin, on pouvait bien s’en douter était sur les nerfs, ce qui n’était guère à conseiller dans son état. Ces dames échangèrent des regards entendus et ce fut Ysaline qui  résuma court et tranchant, l’idée qui  trottait depuis un moment dans l’esprit de tous : Sam est la petite Victoria étaient, décidément, le seul appât auquel céderait la satanique de service.
 
Calme-toi, mon pote, dit Michael en retenant Justin qui avait bondi, s’opposant, très véhément, à pareille ressource, c’est la seule façon de la pincer…je sais, pas réjouissant comme perspective mais on sera tous là pour empêcher que ça tourne mal…Calme-toi, bon sang, ou tu vas encore nous faire un de tes trucs !
 
Et comme on ne voulait pas que cela arrive, et qu’en plus ne pas l’avoir dans les pattes les arrangeait mieux, le cher homme fut magistralement envoyé dans les vapes et par la suite à l’hôpital avec déclaration publique, et navrée, sur la soudaine détérioration  de l’état de santé de ce cher Lord Davenport, pilier de la société et tout le blabla de rigueur.
 
*Sera pas content, celui-là…avec ce qu’il aime tout redresser lui-même !*
 
Et ainsi fut fait ! Petit plan peaufiné à la perfection, mise en scène digne de Spielberg, Pandora eut droit à un one-way ticket en Enfer, sans escales.  Les protagonistes de ce fait d’éclatante justice ne commentèrent pas. Il n’y avait rien à dire. En toute évidence, cela en marqua d’uns plus qu’à d’autres, après tout, le seul habitué à dépêcher son prochain aux enfers avec un Avada était bien Michael, et sans doute aussi le seul aussi à ne ressentir aucun besoin d’avoir la moindre once de remords. John, taciturne et mal luné entraîna sa Megan en état de choc, même si elle était la seule à ne pas avoir pris directement part à l’exécution. Erik demeura sombre tout du long, Opal encaissait à sa façon, elle qui avouait ne pas pouvoir tordre le cou à un poulet. Les Von Falkenberg, eux, avaient décliné, dès un début, leur participation. Alix, plus pâle que d’habitude essayait de sembler tranquille. Sam s’était carrément évanouie terrassée d’horreur, après tout la vélane morte avait été sa mère.
Justin, lui, représenta une autre paire de manches et bien entendu, ce fut sur Michael qu’échut d’aller lui annoncer la « bonne » nouvelle. Il le trouva hors de lui, pestant contre l’humanité entière et contre lui, en particulier. Michael encaissa sa hargne avec un haussement d’épaules et un sourire désabusé.
 
Dis ce que tu voudras, m’en fiche ! Ta femme et ta fille vont bien, ta belle-mère est en enfer et moi, je tire ma révérence parce qu’entre nous, mon pote, j’en ai un peu ras le bol…j’ai besoin de vacances !

Il n’était pas le seul. Alix, fragilisée par la dernière expérience ne voulait que prendre leurs enfants et changer de décor, loin de tout et de tous.  Trouver le coin de monde parfait pour leur besoin d’isolation et paix ne fut pas difficile, depuis le temps qu’il en rêvait.
Sans qu’elle en touche un mot, Michael devinait aisément l’angoisse qui rongeait sa femme. Il n’est guère facile pour un débutant  en la matière sortilèges de mort d’envoyer un Avada et faire mouche, ou du moins supposer l’avoir fait. Alix n’avait jamais tué quelqu’un directement, sa façon à elle de se défaire des tiers gênants était plus subtile et discrète qu’un sortilège fulminant. Tuer est un fait qu’on doit assumer ou devenir fou à force de se torturer l’esprit, il l’avait appris à ses dépens, d’abord comme soldat après comme Mangemort patenté. Mentir à Alix en lui assurant qu’elle avait raté son coup était une alternative mais restait peu crédible. Au moment de frapper Pandora elle était aussi remontée que les autres et la cible n’était qu’à quelques pas. Le plus probable, et tous le savaient, était que leurs sortilèges conjugués aient atteint leur but.
 
Tire un trait sur cela, ma douce, tu n’es pas plus mauvaise pour ça…ton angoisse te rédime de toute faute, cela prouve que tu es un esprit noble…*Comme quoi, toi qui ne ressens rien, es un pourri de première ligne !*, il la serrait dans ses bras, rassurait ses craintes et essayait, du même coup, de ne pas penser aux siennes (au cas d’en avoir).
 
Bonheur tranquille, à ne rien faire d’autre jouir de cette paix merveilleuse, de s’aimer, de partager avec leurs enfants ces instants idylliques, de rêver à de meilleurs lendemains…
Mais, bien entendu, ce fut un bonheur de courte durée.
 
M**¨*E ! Il y a une fuite sur la cure de jouvence au labo !!! Je dois rentrer.
 
Michael qui s’apprêtait à partir pêcher ne put s’empêcher de jurer sur tous les tons.
 
Non mais, qu’es- ce qu’ils croient !?...On est les bonnes à tout faire ou quoi ? Ils sifflent et on accourt…Après tout, ma chérie, c’est pas notre affaire…Ouais, tu y es mêlée…J’en ai ras le bol, moi…la prochaine fois, je nous rend incartables…, et ainsi de suite alors qu’il la suivait pour préparer le départ.
 
Impossible garder une once de bonne humeur. Tant pis s’il faisait figure d’énergumène, ce qui, de toute façon, ne sembla étonner personne lui laissant le loisir de tirer la gueule tout du long.
Explications par ci, raisonnements par là. Commentaires divers, actions en conséquence. Max joua les Ponce Pilate, largua un discours, laissa aux autres se débrouiller et s’en alla, sans aucun remords, chercher son bonheur ailleurs avec sa femme chérie, qui semblait aussi décidée que lui à mettre de la distance entre eux et les turpitudes de ce monde absurde.
Bien sûr, le meilleur était à venir et il faut dire que Michael encaissa mal, très mal en fait, d’aller, devoir, à nouveau, battre la campagne.
 
Mais vous déconnez ferme, là…Des vampires ! Vous en parlez comme s’il s’agissait d’aller traquer le daim…Qu’est-ce que j’en sais de la synthétisation !...M’en balance en fait de votre fichue potion… Me raconte pas des salades, Alix…c’est le truc le plus débile des derniers temps…et pourquoi en fin de comptes ?...Ouais, ça va faire un carton, révolutionner le monde scientifique…tu sais ce que ça va faire, à mon avis, nous attirer encore plus de problèmes que nous n’en avons…Tu mates un peu le nombre d’ennemis que ça va faire à gérer ?...Comment qui ? Toute l’industrie pharmaceutique…la cosmétique et j’en oublie pas mal…Seront pas ravis que l’invention de la petite Angel leur souffle monopole et fortune…on a vu des têtes rouler pour moins que ça…

Ce qu’il tenait pour un raisonnement juste ne connut pas l’écho espéré, bien au contraire, le résultat fut d’accélérer les préparatifs. Alix alla fouiller sa bibliothèque et revint avec quelques idées novatrices, enfin façon de dire. Il s’agissait de se prémunir contre les divers dangers qu’ils pourraient rencontrer lors de leur singulier périple. Qu’il leur fasse, sagement remarquer que la Forêt Interdite, lieu visé pour leur prospection, était propriété privée de l’école de Poudlard ne freina l’élan de ces redresseurs de tort. Il ne voulait pas s’imaginer la tête que tirerait la directrice de ce haut lieu de la sorcellerie s’il se pointait demander la permission de fouler ces lieux.
 
On se passera de la permission, on y trasplanera loin de l’école…si on se fait pincer ? Eh bien, tant pis pour nous…et je ne dis pas pincer par McGo, celui-là est le moindre de mes soucis…Non, Megan, ce n’est pas une gentille forêt où on va se balader en joie de cœur…enfin, tu verras par toi-même !

Justin réhabilité dans ses fonctions de meneur d’hommes s’était vu déléguer le rôle de chef de l’expédition qui irait en Transylvanie.  Erik et Opal iraient avec lui et Sam.
 
Alors, le plan est trouver quelques vampires, leur laver le cerveau et leur demander quelques litres de leur sang pourri, c’est ça ?...Euh, non, je voulais tout simplement m’assurer qu’on est tous tombés sur la tête !
 
En apparence, l’idée était d’une simplicité fracassante. Selon Megan qui avait plus d’information que l’agence Reuters, la chose était faisable, les vampires n’étaient pas aussi mauvais bougres que ça, ils n’étaient qu’une minorité vilipendée par la société, etc…etc…
 
Le pire est qu’elle y croit ferme…ça va donner n’importe quoi ! Non, ma chérie, je ne suis pas mal luné…suis même plus fâché…suis résigné…*Mais pas heureux pour autant !*
 
Une fois la nuit tombée, la forêt, qui n’était pas déjà trop engageante de jour, prenait des allures sinistres. Les animaux de jour se cachaient et une vie singulière prenait le relais. Les êtres nocturnes devenaient alors maîtres des lieux et c’était parti pour un concert de bruits étranges, cris, grognements, murmures, bruissements, craquements, plaintes, ululements.  Michael avançait en tête puisque tous semblaient supposer qu’il connaissait l’endroit comme sa poche. Il y avait un petit fond de vérité dans cette présomption. En bon Serpentard il ne s’était pas jadis privé de braver l’interdiction expresse de visiter l’endroit, mais il n’était jamais allé si loin…en fin de comptes, s’il y amenait une fille ce n’était pas exactement pour l’épouvanter. Évidemment, il se garda bien de s’étendre sur ce fait.
Les licornes, c’est magique, beau et attendrissant. Les centaures, toute une autre histoire. Mal lunés, caractériels, en voulant, à juste titre à tout humain et sorcier en particulier, ils ne se montrèrent pas précisément amicaux mais non plus trop hostiles et après s’être copieusement payés leur tête, Firenze, le chef, donna une direction à suivre et leur souhaita, en rigolant toujours, bonne chance…
 
On en aura sans doute besoin, marmonna Michael, on va vers le Nord alors…Non, Megan on ne peut pas trasplaner pour la bonne raison qu’on sait pas où on va… Faisons une pause, on peut camper ici, près de ce ruisseau…ce n’est pas cette nuit que nous arriverons là où on va…Faisons un bon feu, ça tiendra éloignés les indésirables..., il aurait voulu sonner décontracté et assurer que ce serait comme faire du camping à la bonne franquette, il n’y croyait rien lui-même. *Suffit que les Acromantulas nous flairent pour qu’on ait droit à un fameux quart d’heure !*
 
Pas un ne pipa mot sur les présumés dangers qui pouvaient roder et personne n’eut idée de raconter des histoires farfelues. À vrai dire, compte tenu de son émoustillement, il avait bien craint que Megan ne le fasse, mais la jeune femme resta sagement silencieuse  et écouta les directives sans commentaires.
Alix et lui prirent le premier tour de garde. Il restait en silence, regardant le feu et essayant d’oublier la cuisante sensation de brûlure à la bouche de l’estomac qui le taraudait depuis le début de cette histoire débile. Le connaissant comme elle le faisait, Alix ne fut pas dupe de sa moue plus endolorie qu’amère, ce qui en plus de son humeur hargneuse devait révéler plus que voulu.
 
Non…c’est rien…enfin, juste un vieil ulcère qui se réveille de temps en temps…ça passera, t’en fais pas…mais une fois qu’on en aura fini ici il me faudra des vacances…des longues vacances, il laissa échapper un petit rire sans joie en secouant la tête, ce serait bien de pouvoir retourner aux Bermudes…On était bien, là-bas…*Tu étais bien, nuance…Alix n’en raffolait pas trop…*…Non, c’est juste une idée, comme n’importe quelle autre…pas de souci…Va plutôt te reposer, ma douce, peux pas dormir de toute façon…Oui, ça passe…ça ira bien dans un moment !
 
Elle proposa une de ses potions que Michael avala pour lui faire plaisir, sachant qu’une fois l’effet calmant passé, le malaise reviendrait en force, ce qu’il se garda bien de dire, pas question de l’alarmer. Un baiser plus tard elle avait rejoint leur tente, le laissant seul face au feu avec ses réflexions peu engageantes sur celle forêt sombre, pétrie de mystères et dangers. La sensation d’être observé le tira de ses pensées, il se leva, baguette en main et scruta attentivement les alentours trompeusement calmes.  Personne en vue, son Hominum Revelio informulé ne révéla rien, mais cela ne voulait rien dire, dans cette forêt n’importe quoi pouvait être en train de les suivre et observer leurs mouvements.  Quand John Smith vint prendre son tour, il ne vit pas le besoin de l’informer, si quelque chose se manifestait, l’américain serait le premier à s’en rendre compte. Rejoignant Alix sous la tente, il essaya de dormir un peu mais cela s’avéra impossible, la brûlure ne le gênait plus trop mais ses sens en alerte rendaient impossible de concilier le sommeil.
La réputation des vampires n’était plus à faire. Leur allégeance aux Forces du Mal contribua à leur définitive tombée en disgrâce. Ceux qui n’optèrent pas pour la fuite, s’exilèrent au fin fond de la Forêt Interdite où ils vivotaient misérablement.
 
Ils étaient trois. Tristes êtres pâles, émaciés, hargneux, aux canines menaçantes. Pas le moment de perdre contenance, ils avaient l’avantage du nombre et d’être, vraisemblablement, en meilleure forme. De toute façon, leurs costumes et le reste de leur attirail semblait faire son petit bonhomme d’effet, le trio vampire gardait ses distances.
Michael demanda à parler au chef de la pâle bande, un type long comme un jour sans pain, blême, avança en s’essuyant le coin de la bouche d’où coulait un petit filet de sang suspect, il tenait un lièvre mort à la main. Il dit se nommer Armand.
 
*Pas fameux, le régime !*Nous ne vous voulons aucun mal…au contraire, nous avons un marché à vous proposer…, compte tenu de la moue haineuse entamée, ça ne donnait pas grand-chose*Tu y repasses, comme médiateur !*, nous avons besoin de votre sang…pour une bonne cause…*Plus con que ça, tu meurs !*

On n’en a rien à foutre de vos motivations ! Nous sommes des exclus, des parias, et vous souhaiteriez que, volontairement, nous vous accordions notre sang ?
 
Que vous soyez des parias n’est pas de notre fait, et cela vous le savez aussi bien que nous.  Notre requête est pour une bonne cause et si vous nous aidez, nous pourrions faire en sorte d’améliorer au possible votre condition…
 
Bien sûr, cette assertion demeurait de douteuse crédibilité. John Smith était décidément plus doué que lui. Des pourparlers plutôt tranquilles eurent lieu et Mr. Smith, merci une bonne dose de diplomatie gagna sur le terrain d’entente. L’aperçu du contenu d’un sac finit par convaincre les trois compères qui devaient en avoir marre de devoir chasser du petit gibier pour tarir leur soif d’hémoglobine.  Marché conclu plus bonus pour bonne foi, on ne se fit pas prier pour filer au plus vite et trasplaner dès que possible.
John et sa Meg regagnèrent Londres. Michael, décidé à ne pas aller plus loin fut très aise de rentrer chez eux, retrouver ses enfants et laisser que le monde se débrouille sans ses efforts. Pas de nouvelles de Justin pour le moment, à vrai dire, il s’en fichait un peu, sachant que son copain saurait parfaitement se tirer tout seul d’affaire.
 
Non, vais pas me tracasser…on saura bien assez tôt quand ils seront là…et s’ils ont besoin d’aide, on ne manquera non plus d’être au courant…, il se laissa tomber dans le divan face à la cheminée, et accommoda résolument la tête sur les genoux de sa femme avec un profond soupir d’aise, on va supposer que tout est bien qui finit bien…du moins pour aujourd’hui… on a, enfin, un petit moment pour nous, il aurait pu ronronner en sentant les doigts d’Alix filer dans ses cheveux et un sentiment d’ineffable paix le fit soupirer de nouveau, tu sais…je donnerais n’importe quoi pour que notre vie ressemble toujours à ça…c’est notre droit mais ça commence, de plus en plus à ressembler à un privilège…
 
Privilège qui fut de courte durée.  Réveillés de leur sieste les enfants réclamaient leur attention. Dès que les enfants entraient en jeu, Michael devenait le papa-gâteau par excellence pour le grand bonheur des jumeaux…et le sien ! Alix semblait beaucoup s’amuser en voyant son mari qui, un instant auparavant se plaignait presque de sa vie, oublier ses problèmes réels ou imaginaires, pour se rouler par terre avec les petits ou les poursuivre à quatre pattes dans le séjour. Au bout d’un moment, elle se leva pour aller préparer un gâteau, le laissant faire le dingue avec les jumeaux.
La cloche de bronze qui tenait lieu de sonnette, résonna puissamment, faisant cesser illico les jeux fous.  Alix était à la cuisine, Lormar et Bikita semblaient aux abonnés absents, il ne resta à Michael qu’à cueillir sa fille, alors que Lucas s’accrochait à Apache et aller voir qui venait troubler ce moment de paix domestique.
Il resta quasi pétrifié sur le pas de la porte en découvrant la personne qui se tenait sur le perron.  Le temps avait été bénin, les malheurs à répétition qui avaient jalonné partie de sa vie ne semblaient pas avoir laissé de trace. La maturité de l’âge seyait à sa beauté de princesse lointaine et son regard jadis dur ou triste s’était adouci et à cet instant, pétillait d’une malice que Michael ne lui avait jamais connu.
 
Et tu vas rester là, bouche-bée, comme un nigaud, sans rien dire ?, voulut-elle savoir, quelle adorable enfant…elle ne te ressemble pas trop, je présume qu’elle ressemble donc à sa mère…, Lucas et Apache entraient en scène, par Merlin…mais cet angelot…c’est ton portrait tout craché à son âge…Seigneur, Michael…dis quelque chose !

Maman…
 
Enfin, je commençais à craindre que tu ne m’aies pas reconnue…Puis-je entrer ou me faudra t’il regarder mon fils et mes petits enfants du seuil de leur demeure ?
 
Il s’effaça comme un automate, incapable de mettre frein aux battements erratiques de son cœur et à la sarabande affolée de souvenirs qui cavalaient dans sa tête. 17 ans ! Cela faisait 17 ans qu’il n’avait revu sa mère et la dernière fois avait été lorsque son père le battait à mort sans qu’elle ne lève le petit doigt pour l’en empêcher, et cela lui avait fait plus de mal que les coups portés.
 
J’ai quitté ton père  deux ans après, dit-elle soudain comme si elle suivait le décours de ses pensées, suis partie le plus loin possible…de lui, de ton frère et sœur…j’ai beaucoup voyagé, Michael…essayé d’oublier…mais tu as été toujours mon enfant chéri…je devais revenir…te revoir, savoir si tu as pu exorciser tes démons et trouvé le moyen de pardonner mes manquements comme mère…j’avoue avoir peur, ton attitude n’est pas des plus encourageantes…
 
Que veux-tu ?...Tu l’as laissé presque me tuer…
 
Il ne t’es jamais venu à l’idée que je n’agissais pas de mon gré ?...Je sais…je sais…17 ans pour plaider ma cause, c’est trop de temps…J’ai songé à te chercher avant…mais la  vie que tu menais alors ne me permettait pas de t’approcher…et après tu  L’as rejoint, lui, l’artifice de tous nos malheurs…je suis repartie alors…cela m’était trop insupportable…

Mais te voilà !, grommela t’il presque à contre cœur.
 
Elle se pencha pour cueillir Lucas qui la regardait, ébaubi et ne protesta pas de se retrouver dans les bras de cette dame inconnue.
 
Quel enfant merveilleux…, elle se tourna vers lui et levant la main lui flatta la joue, il te ressemble tant...ce sera un bel homme, comme toi…et tu seras un bien meilleur père que le tien ne l’a été…Oui, je suis revenue, il y a peu…Une personne qui m’est très chère m’a convaincue que non seulement tu n’étais pas celui que je croyais mais que tes faits méritaient plus qu’admiration…j’avoue avoir été profondément soulagée mais ce n’est pas pour autant que j’ai eu tout de suite le courage de venir te voir…

Étonnée de ne pas le trouver au séjour, Alix venait d’aboutir dans le hall et se surprit en découvrant la scène.

Je dois supposer que cette charmante personne est ton épouse…impossible d’en douter, la petite vous ressemble trop, ma très chère…et puisque Michael semble avoir perdu le don de la parole je me présenterai toute seule, je suis Aylinna Wallace, la mère de ce jeune homme…et pour autant votre belle-mère même si je trouve cette appellation effrayante…ça traîne une réputation abominable !

Tiens…tu fais de l’esprit !, remarqua bêtement Michael.
 
J’en ai toujours eu, mon petit, malheureusement dans le passé, n’ai pas trop eu l’occasion de m’en servir…mais on dit que le bonheur aidant on retrouve bien la joie de vivre…Enfin, puisque nous y sommes, ce serait mieux de t’annoncer aussi que je pense me remarier…

Ah ?, c’était exactement le genre de commentaire qu’on attendait de lui mais sa mère contourna habilement son peu d’apport à la conversation et entre un câlin à Lucas, un autre à Cécile, des mots aimables échangés avec Alix qui avait plus de présence d’esprit que lui, elle dévoila l’identité de son futur époux, ce qui le laissa encore plus comme deux ronds de flan, Lord John Cavendish !?...Ce Lord Cavendish qui…

Il n’y a qu’un seul Lord John Cavendish, Michael, assura sa mère, et maintenant, je pense qu’il est temps que tu réagisses…je veux entendre ce que tu as à dire, bonté divine, ne me laisse pas torturée par les affres de ce doute…puis –je espérer un peu de clémence ?
 
La brûlure de son estomac se manifesta, faisant écho  au chamboulement qui l’agitait. Pendant des années le souvenir de l’indifférence de sa mère l’avait hanté sans que jamais l’idée, pourtant logique, qu’elle eut pu être sous l’influence d’un Imperium, par exemple, n’ait croisé son esprit. Il avait fui, mis de la distance, essayé d’oublier, fermé son esprit…
 
Genre…enterrons le passé et Carpe Diem ?
 
Aylinna eut un sourire en coin, identique à celui de son fils et hocha la tête en posant sa main sur la sienne.
 
Dans le genre, oui !
 
La petite chapelle du manoir Wallace offrait un aspect féerique décorée de fleurs et cierges. La musique accompagna l’entrée de la mariée. Michael se demanda pour la énième fois  comment il en était arrivé là mais un coup d’œil à sa mère, radieuse, lui sembla une explication convenable. Il la conduisit vers l’autel où attendait Lord John Cavendish décidément majestueux. Son futur beau-père, écossais pur et dur qui portait le kilt avec la même élégance qu’un autre un queue de pie…
Lui, il ne sentait pas exactement ravi en portant le costume local mais si Alix assurait qu’il faisait très bonne figure, il devait y avoir quelque chose de vrai. Les jumeaux se tenaient sagement, de quoi se demander s’il n’y avait pas eu un petit sortilège perdu par là. Ils avaient juste un peu plus d’un an et ce jour-là, à part le mariage de Grand-Mère, on célébrait aussi Noël
Erik, son frère était là. Tout comme Justin et tous les autres. Aylinna y avait expressément tenu, pour effacer d’une bonne fois, le passé et recommencer  sans aucun poids sur le cœur.
Renouveau total ? Un nouveau départ ? Pourquoi pas ?...On lui en offrait le privilège, autant en profiter…
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Michael De Brent

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Re: C'est beau, la vie!

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