Si j'avais su...

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Si j'avais su...

Message par Justin Davenport le Dim Juin 29 2014, 18:04

Lord Davenport, Milady, je comprends votre impatience mais cette histoire est si complexe qu’il va falloir des mois, sinon des années, pour éplucher tous les comptes de Mrs. McIntosh et récupérer l’entièreté de vos avoirs…
 
Que reste-t-il qui n’ait pas encore été monnayé ? s’enquit Justin parfaitement détendu.
 
Posément, avec les gestes lents prouvant sa minutie, Maître Chapman prit une à une les pages d’un épais dossier qu’il ne lut, heureusement, que dans les grandes lignes.
La liste semblait longue, de quoi intensifier le sourire de Justin.
Lassé de cette énumération pointilleuse, et conscient que cela barbait gentiment Sam, il se leva :
 
Je vois, Maître. C’est parfait ! Nous vous remercions de tout le travail accompli et ne tenons pas à vous faire perdre davantage de temps pour celui encore à venir.  
 
On se serra la main et, très satisfait, Davenport entraîna son épouse à l’extérieur des bureaux d’avocats qu’ils fréquentaient depuis de longues heures.
 
Ce sont d’excellentes nouvelles, mon amour. Que dirais-tu de fêter ça chez McLane ? … Bien sûr qu’elle retravaille !... tu ne connais pas ma copine comme je la connais. Viens !  
 
Pouvait-on être plus heureux ? Peut-être. Mais Justin aurait été le dernier des égoïstes pour se plaindre des bienfaits que la vie lui accordait. De ses mésaventures, voyage de noce raté, ruine, troubles de santé, il ne voulait en retenir que la meilleure part : Samantha. Ces épreuves n’avaient finalement fait qu’augmenter l’amour qu’il portait déjà à son épouse si fidèle envers et contre tout. Dans le fond, peu importait le fric puisque son plus grand trésor il le tenait là, côte à côte, jour après jour. Certes, elle avait apparemment pris un malin plaisir à lui infliger le traitement médical - ses fesses s’en souvenaient encore – mais jamais Sam ne lui avait tourné le dos et, au-delà de la gratitude, Justin se sentait le plus chanceux des hommes.  
 
Le petit restaurant était, comme d’habitude, bondé mais la table réservée aux amis était libre. Sans doute avertie par un garçon de salle, Opal ne tarda pas à pointer son petit nez.
 
Hello, ma belle ! Tu es radieuse, dis donc !... Et comment vont mes jumeaux préférés, mon filleul adoré ?... tu as  des photos ?
 
Ah, les enfants… soupir… Sans doute était-ce là le seul élément qui manquait à Justin pour baigner dans le bonheur total. Avec Sam, il n’en parlait que rarement, ne voulant pas lui mettre la pression. Ça viendrait quand ça viendrait… tant pis.  
On bavarda brièvement sur les bébés et leurs parents puis Opal repartit en cuisine. Avec un sourire attendri, il prit la main de sa femme au-dessus de la nappe immaculée :
 
Ils sont adorables, non ?
 
Il n’en dit pas plus, détaillant la carte avec soin. Commande passée, savourant son apéritif, il revint sur un autre sujet :
 
Avec Michael, ce week-end, on a prévu de faire de la voile. Tu en seras ou pas ?... Alix ? Non, je ne pense pas, elle est plutôt casanière ces temps-ci. C’est quand même fou ce qui leur est arrivé, hein ?
 
Il avait revu son pote à de nombreuses reprises depuis son retour d’une virée qui n’avait rien eu de ludique et, même si De Brent fut avare en détails, Justin comprit pourquoi son frère de cœur ne l’avait pas secondé davantage pendant ses propres ennuis. Qu’est-ce qu’il avait été embarrassé quand Justin lui avait raconté ses problèmes ! Pas rancunier pour deux sous, Justin savait que Michael aurait agi différemment dans d’autres circonstances et, puisque les Davenport lui devaient la vie…
C’était bizarre de voir son pote si bien casé et fou amoureux. Dommage qu’Alix soit si… Alix. Ils auraient pu en faire des choses marrantes ensemble !
 
Ils se régalèrent de la cuisine du McLane, allèrent embrasser Opal avec promesse de bientôt visiter les Nielsen puis baguenaudèrent un peu au chemin de traverse. En passant devant une officine bien connue, Justin ralentit encore :
 
Tiens, Angel a un assistant ? Je me demande comment ça fonctionne son couple. Ils sont si différents…
 
On ne s’attarda pas, assez de copinage pour l’instant.  
 
Et si on rentrait chez… nous ?
 
Si Sam pensa que, peut-être, son époux avait quelques idées pendables derrière la tête, elle fut certainement très surprise en se retrouvant, après transplanage, dans la large allée menant à l’immense domaine de Justin.  
Avec le sourire rengorgé de la fierté du propriétaire, Justin s’emplit les yeux du décor splendide des lieux.
 
McIntosh n’a pas eu le temps de le morceler, et personne n’a voulu se mettre un tel éléphant sur le dos… Je sais, c’est immense. Que penses-tu que nous devrions en faire ? Un hôtel, une maison de retraite ?  
 
Il adora son air d’incrédulité réjouie :
 
… en effet, je n’en veux plus. Je crois qu’il est plus que temps d’avoir notre chez nous, un endroit que nous choisirons ensemble sans avoir à utiliser le gps pour savoir où l’on se situe… Si on ne trouve pas, on bâtira… Hey ! Pas question d’un pavillon de banlieusards quand même, s’épouvanta-t-il.
 
Mais Sam rigolait, elle le connaissait suffisamment pour savoir que sans un ou deux bons hectares de terrain et une bicoque d’au moins 8 chambres, son excentrique époux serait à l’étroit.
À partir de ce moment, à chaque instant libre, ils consultèrent les annonces immobilières.  
La perle s’avéra capricieuse à saisir mais puisqu’il n’y avait pas urgence…
Entretemps, Justin ne lambina pas. Surveiller les cotations boursières, flairer les bonnes affaires, rengager du personnel pour les usines démantelées, l’occupa beaucoup. Tiens, il reçut la visite de John Smith.  Apparemment, le gars avait fait un héritage assez exceptionnel qu’il désirait faire fructifier au mieux.  Conseiller financier ? Pourquoi pas. Justin possédait un pif indéniable et aider l’ami d’un ami était toujours un plaisir.  Il aimait beaucoup les Smith rencontrés à diverses occasions. La pétillante Megan le faisait souvent rire. Même si ce couple conservait soigneusement ses secrets, il n’en demeurait pas moins charmant. Il n’avait pas fallu longtemps à Davenport pour identifier la compagne de John. Que diable fabriquait cette brillante journaliste moldue sous anonymat ? Pas son problème.  Pourtant, quand Miss Reese, ou peu importe son nom d’emprunt, lui envoya un SMS affolé, Justin n’eut aucune hésitation à répondre présent.
On avait tiré sur John en pleine rue ? Diable !  
Oh surprise ! Il ne fut pas le seul à accourir à l’hôpital moldu qui soignait le blessé. Non seulement Michael était là, mais également son frère et… Max Von Falkenberg.  Voilà bien un type que n’encadrait pas Justin en raison de quelques désagréments subis à Poudlard. Était-il vraiment devenu copain avec les autres ? Il savait qu’il avait participé à une chasse aux fantômes. Ceci justifiait-il cela ? Très entourée, Megan accepta leur proposition commune de rapatrier John à Ste Mangouste.  Il n’allait pas si mal que ça, le bougre de Smith, ouf !  
En soirée, lors des retrouvailles avec sa femme d’entreprises, autour d’un verre, Justin narra sa journée en restant assez songeur, ce que ne rata pas Sam :
 
… tu as raison, cette histoire me tracasse. Qui est ce gars en définitive ? À croire qu’il est tombé du ciel. C’est vrai quoi : on ignore tout de lui !  Il ne l’ouvre jamais sur son passé et que Megan Reese disparaisse comme elle l’a fait pour réapparaître très discrètement à ses côtés, tu avoueras… Et si c’était un criminel en cavale ?... sais pas, moi ! Peut-être un sorcier en protection à témoins qu’on aurait retracé et abattu ? Il a beaucoup de pognon en tout cas…   
 
Ils n’avaient pas le droit de se mêler de ça, néanmoins la curiosité de Justin était piquée. On passa très vite à des sujets plus divertissants : regarder les annonces immobilières.
Trop grandes, trop petites, pas assez d’espace vert autour, Tamise trop proche, trop loin, etc. Dur choix ! Néanmoins Justin appréciait beaucoup ces débats qui lui permettaient de mieux cerner les envies de sa chérie.
 
Ce jour-là, Davenport épluchait son courrier redirigé chez Sam en attendant mieux quand un carton d’invitation le fit sourire :
 
*Les Smith se marient ? Gentil de songer à nous… ils doivent être comme Angel, en panne de société… Ah, réception au « sense »… je pige mieux !*
 
Les occasions de sortir avec des amis étant relativement rares, pourquoi refuser ?  
Par habitude, il surfa ensuite sur les sites repérés en compagnie de Sam. C’est alors qu’il la découvrit, elle, sa future demeure. L’extérieur sur deux étages ne payait pas de mine mais l’intérieur, wow : la perfection ! Aussitôt, il empoigna son portable et prit un rendez-vous avec l’agence.
S’il n’avait tenu qu’à lui, Justin aurait immédiatement versé les arrhes conditionnant la promesse d’achat. Seulement, même s’il désirait surprendre Sam, il fallait visiter ensemble.  
Faisant des petits mystères, rigolant sous cape, il lui fit annuler ses rendez-vous aux dates et heure convenues pour  l’entraîner dans leur rêve de briques.  
 
Qu’en dis-tu, mon amour, elle est magnifique, non ?
 
Jubilation : Sam tomba sous le charme sitôt la visite entamée sous la houlette d’un agent très empressé de les satisfaire.  Même subjuguée, son épouse n’en demeura pas moins pratique, soulevant ici où là des questions pointues auxquelles Mr. Crow répondit sans détours.  Sur l’arrière, face au parc, il suffit d’un regard aux Davenport pour s’accorder. Restait à débattre du prix et des modalités de payement. La promesse fut signée dans l’heure avec juste un petit détail dérangeant :
 
Vous comprendrez, expliqua le notaire, que le vendeur désire tirer le meilleur parti de son bien. Votre proposition est la seule à ce jour. Si, dans la quinzaine, nul ne dit mieux, vous l’emporterez. Je vous rassure, très rares sont ceux qui sont prêts, comme vous, à une telle dépense…
 
Confortés dans l’idée d’être prochainement propriétaires de cette splendide demeure, Sam et Justin passèrent bien des heures à étudier les plans en vue de meubler correctement leur nouveau nid.
Ce soir-là, Justin était un peu morose en regagnant le « sense » où il avait pour habitude de filer un coup de main à Sam lors des coups de feu. Qu’en pouvait-il si un aiguillon de jalousie le chatouillait ? Michael, tel Artaban, venait de lui apprendre sa future paternité. Avec un peu de veine, Justin pouvait espérer être bientôt… parrain.  Enfin… mieux que rien.  
Affichant un air détaché, il décrocha son tablier quand son œil avisa la salle. Assis ensemble à une table, deux couples connus bavardaient avec entrain. Intrigué, il interrompit son épouse affairée :
 
Dis donc, ils se fréquentent depuis longtemps, ceux-là ? … ah bon ? C’est leurs plats ? Je peux… ?  
 
Ça le fit marrer de s’approcher en serveur stylé :
 
Milord, Milady ; Salut John ! Comment vas-tu Meg ?
 
Ils allaient tous bien, même mieux que ça, surtout pour la proche Mrs. Smith qui attendait un heureux évènement.
 
*Décidément…*
 
Félicitant la ronde, il retourna aux fourneaux, pensif. Un de ses « amis » avait émis une suggestion qui lui avait quasi valu le poing de Davenport sur la gueule, comme quoi si lui n’avait aucun souci de fertilité, peut-être que Sam en avait ou, pis, qu’elle s’arrangeait pour retarder une grossesse. Justin avait préféré en rire mais avait coupé les ponts avec cette langue de vipère dont le venin, pourtant, agissait.  
Nul n’ayant besoin de ses service en cuisine, Justin se chargea de superviser le service des tables. Son œil sagace ne loupa pas une manœuvre anormale de la part de l’aide sommelier.
 
Paul, ce verre vient d’où ?
 
Le jeune garçon bredouilla :
 
La table 8 a eu un accident. Je remplace…
 
J’en viens de la table 8, les verres sont au complet. D’ailleurs ce verre ne fait pas partie des nôtres. Qu’est-ce que tu trafiques ?  
 
Panique totale, transpiration abondante :
 
Je… ne dites rien à Milady Sam, patron. Je tiens à cette place. On m’a filé un gros pourboire pour changer ce verre contre celui du grand type brun de la 8.
 
Réflexion express :
 
*John…* Ok, je ne dis rien, file-moi ce verre et porte celui-ci, ça ferait tache autrement. Ton donateur est encore ici ?
 
Hélas, non. Le garçon portait des gants, lui pas. Justin emballa le récipient dans une serviette, le mit en lieu sûr, et reprit ses inspections comme si rien.
 
Sam le trouva taiseux et renfrogné lors de la fermeture du resto.  
 
J’ai reçu une mauvaise nouvelle, avoua-t-il sans parler de la substitution des verres. ON a surenchéri sur la maison ! Des mois sans acquéreurs, on se pointe, un autre aussi… non, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une manœuvre pour augmenter la mise. Nous avons de la concurrence, ma chérie. Il a intérêt à avoir les reins solides ce gars, j’ai relevé de 5000£.
 
Il se passait quoi, là ? Le lendemain, l’adversaire invisible en rajouta aussi. Qui diable osait le contrarier ainsi ?  1000 ici, 2000 là… en fin de mois la valeur réelle de la maison fut débordée.  
Bien sûr, le notaire refusa de révéler l’identité du rival.  Justin râlait mais tenait bon.
 
Vinrent les noces Smith. Petite cérémonie sympathique, émouvante, et tout et tout puis retour en fanfare dans la boîte de Sam. Elle voulait superviser son buffet, Justin lui fila allègrement un coup de main, commentant, çà et là, ses observations :
 
C’est un gentil couple, n’est-ce pas ? Marrant que John prenne J.O en témoin. Il veut dorer son blason ?... Note qu’ils se ressemblent… je sais, pas physiquement ( rire) taille différente, cheveux, yeux, etc. Je parlais des pansements… Ah ? Un accident de moto ? Quand ?  
 
Etrange, très étrange…
On rit, on dansa, c’était chouette de revoir la joyeuse bande au complet. D’un sujet à l’autre, on bavarda et, comme par hasard, les Smith aussi se cherchaient un gîte.
L’incontournable Von Falkenberg se mêla de la conversation et, incidemment, lâcha une information que Justin reçut comme un coup de poing dans l’estomac.
 
*NDD, c’est lui !*
 
Si les regards tuaient, Max aurait été réduit en cendres illico.  Néanmoins, Davenport sut se maîtriser et alla simplement, masque souriant plaqué au visage, demander à l’ex-serpentard, de bavarder à l’écart.  
 
Nous n’avons pas encore eu beaucoup l’occasion de causer depuis l’école… Comment ça roule pour toi ?... wow, tout ça ?...
 
Justin tomba des nues. Von Falkenberg altruiste ? C’était nouveau ça !  Mais lorsque Max se mit à parler de sa famille, trois enfants et un quatrième en route, Justin se sentit quasi misérable d’autant que son rival râlait ferme à l’encontre de celui qui n’arrêtait pas de lui faucher l’herbe sous les pieds.
 
Je… j’ignorais tout ça… suis sûr que ça va s’arranger et que ton con d’adversaire va jeter l’éponge. C’est un si bel endroit, vous y serez magnifiquement installés… euh… oui *La gaffe, andouille !* Ecoute Max, je ne veux pas la bagarre. Ma femme et moi on a été séduits et on tenait tellement à cette maison…
 
Mais Von Falkenberg l’avait mauvaise.  Il l’attrapa par le revers de sa veste et commença à lui débiter un truc tellement énorme que Justin en resta comme deux ronds de flancs.
 
… T’as été empoisonné à ma place ?? Raison de plus pour te rétrocéder la bicoque. Je ne suis pas aussi généreux que toi, suis simplement navré de ce malentendu. J’arrange ça avec le notaire demain, ok ?  Et avec Sam ensuite…
 
Son air piteux déclencha l’hilarité de son rival. Du coup, ils enflammèrent un cigare qu’ils tétèrent en évoquant le « bon » vieux temps. C’est alors que le portable de Davenport sonna :
 
Excuse-moi, vieux !... Andy, quoi de neuf… C’EST PAS VRAI !!!
 
Décomposé, il coupa la communication et se tourna vers un Max intrigué :
 
Tu connais bien Smith, toi ?... Si je te dis que j’ai la preuve qu’on veut le descendre, tu fais quoi ? …
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Re: Si j'avais su...

Message par Samantha Forrester le Dim Juin 29 2014, 18:14

Du Milord par- ci, du Milady par-là ! C’est fou ce que les britanniques peuvent être attachés aux titres et au protocole.  Elle qui se contentait, prosaïquement, d’un simple Madame, était servie. Le notaire parla, parla et continua de parler tout en épluchant un dossier gros comme la Bible.
 
*On sera des petits vieux chenus avant d’avoir le fin mot de l’affaire…Faut parler à François sur la livraison de langoustes… pourvu qu’il ait songé aux kumquats. Je dois appeler le livreur de vins…il fait du n’importe quoi quand ça lui prend…*
 
… il va falloir des mois, sinon des années, pour éplucher tous les comptes de Mrs. McIntosh et récupérer l’entièreté de vos avoirs…
 
Que reste-t-il qui n’ait pas encore été monnayé ?, son mari, le lord parfait, n’avait pas cillé comme si attendre 100 ans était une perspective acceptable.
 
Maître Chapman compulsa sa Bible d’un petit air de grave affectation.
 
*Peut-être pas 100 ans…75, devraient faire l’affaire...on devrait essayer ce nouveau soufflé…Les macarons d’Elaiza étaient…*
 
Encore heureux que Justin se rendit compte qu’elle avait la tête ailleurs et mit fin à la réunion. Il semblait parfaitement satisfait de la vie. Elle aussi, faut le dire, sa liste d’achats était complète.
 
Ce sont d’excellentes nouvelles, mon amour. Que dirais-tu de fêter ça chez McLane ?
 
Ah, Opal a repris ?...Un peu bourreau du travail, non ?
 
Il se trouvait que non. En fait elle lui donnait raison, à cette impulsive australienne, rester enfermée chez soi devait être galère pour quelqu’un d’aussi débordant de vitalité.
Le restaurant était bondé, pas à dire florissante affaire, conclut Sam en promenant un regard connaisseur sur l’ensemble. La table réservée aux amis de la maison, qui tombaient sans préavis ni réservation, les attendait. Opal ne tarda pas à faire une souriante apparition. Justin et elle se lancèrent aussitôt dans leur sujet favori : les jumeaux. On regarda des photos, à croire que les Nielsen passaient leur vie caméra en main. Les petits étaient adorables, rien à dire là-dessus.
Sam ne pouvait pas rater l’expression adoucie, ravie, attendrie de son chéri en parlant de son filleul, qu’il adorait irrémissiblement.
 
*Il sera un père merveilleux…quand ça viendra…et ça tarde… Quelque chose ne tourne pas rond chez toi, ce doit être ça !*
 
Cela faisait un temps qu’elle y pensait, sans trop vouloir approfondir la chose. Justin, bien entendu, ne pipait mot à ce respect, mais les signaux étaient  clairs : il en rêvait. Sam, sans rien dire, était allée consulter une éminence de Harley Street. Batterie d’examens divers pour conclure qu’elle était aussi saine que possible.
 
D’après ce que vous m’avez confié, ces derniers temps ont été très agités…le stress est un facteur important pour inhiber la conception. Mon conseil est : relâchez vous, n’y pensez plus, prenez des vacances et dans quelque temps tout ira bien…
 
Discours plein de bonnes intentions. Le stress, on ne pouvait pas dire qu’il avait raté un rendez-vous, celui-là ! Maintenant, puisque tout semblait rouler en douce…
 
Ils sont adorables, non ?
 
Retour à la planète Terre, Justin serrait sa main sur la nappe blanche, l’air si délicieusement amoureux qu’elle se sentit en faute d’avoir la tête ailleurs.
 
*Adorables ? Ah oui, les petits…* Oui, ils sont parfaits…
 
Avec Michael, ce week-end, on a prévu de faire de la voile. Tu en seras ou pas ?...
 
Ça ne la tentait pas vraiment. Dès que ces deux-là étaient ensemble, ils s’évadaient dans un monde à eux, cryptique et plein de souvenirs dont elle ne savait rien. Sans doute, un petit effort de sa part aurait été de mise mais…Qu’Alix ne soit pas de la partie fut une excuse tombée du ciel.
 
J’irai plutôt bavarder avec elle, depuis le temps !
 
C’est quand même fou ce qui leur est arrivé, hein ?
 
Assez effarant, oui, mais je ne connais pas plus de détails que toi…et je ne pense pas qu’ils en diront plus, ça les a drôlement remués en tout cas…En tout cas, c’est pas Alix qui caftera…tu la connais, elle est…enfin, tu sais comment elle est…
 
Il savait. On passa à autre chose, manger entre autres, et comme toujours cela valait le détour. Main dans la main, petite balade au Chemin de Traverse que Sam trouvait merveilleusement extravagant et hors-temps.
Et puis, la surprise du jour…de l’année, du siècle ! Justin avait décidé de se défaire de son immense domaine, heureusement sauvé d’une pièce, des griffes de Mrs. McIntosh et sa vengeance délirante.
 
Mais, Justin, tu adores cet endroit !
 
Je crois qu’il est plus que temps d’avoir notre chez nous, un endroit que nous choisirons ensemble sans avoir à utiliser le gps pour savoir où l’on se situe… Si on ne trouve pas, on bâtira…
 
Elle lui sauta au cou, délirante, un peu incrédule aussi.
 
Vraiment !?...Je t’adore, Justin…comment t’arranges tu pour être si merveilleux ? Une maison à notre goût…qu’on pourra arranger…avec un beau jardin…
 
Hey ! Pas question d’un pavillon de banlieusards quand même, s’épouvanta-t-il.
 
Elle éclata de rire et passant son bras sous le sien continua à avancer dans l’allée.
 
Non, je ne pensais certainement pas à un petit pavillon déprimant…j’aime aussi les grandes maisons…au fait, on devrait aller visiter Gerry un de ces jours…mais enfin, je disais, qu’il nous faut une gentille bicoque…10 chambres, ça t’irait ? Un beau parc, grand, sans être démesuré… et avec celle-là…franchement, vois pas qu’en faire…mais on trouvera bien, va !

À partir de ce jour, on se lança frénétiquement à la recherche  de l’objet de leurs rêves. Plusieurs faits divers parvinrent quand même à les distraire de leur quête.
 
Seigneur Dieu…écoute ça, Justin…le duc…le père de J.O s’est tué dans un accident de la route, c’est affreux…pauvre J.O…Il sera duc…et crois-moi, il déteste ça !
 
On assista aux obsèques, on présenta ses condoléances et on espéra que tout pourrait aller bien. En fait, le nouveau Duc de Gilmore s’en donna à cœur joie en mettant les conventionnalismes à l’envers.
 
*Brave gars…il fonce comme un Marine et voit après aux dégâts !*

Le deuxième fait les affecta aussi : John Smith, bon ami de Justin, en couple avec la si marrante Megan, se fit abattre en pleine rue.
 
Pas par un simple voleur de banques…par un sniper ! C’est dingue, Justin, ce gars n’est pas ce qu’il prétend être, ma main à couper…c’est simple, quand même…Les snipers, ça ne court pas les rues en descendant des simples citoyens pour le fun…M’enfin, suis heureuse qu’il s’en soit tiré !
 
Tu as raison, cette histoire me tracasse. Qui est ce gars en définitive ? À croire qu’il est tombé du ciel. C’est vrai quoi : on ignore tout de lui !  Il ne l’ouvre jamais sur son passé et que Megan Reese disparaisse comme elle l’a fait pour réapparaître très discrètement à ses côtés, tu avoueras…

Un peu gros, oui…
 
Et si c’était un criminel en cavale ?
 
Non, pas ça ! Il ne donne pas le profil, et je m’y connais, crois-moi…c’est bien plus que ça !
 
Les réflexions allaient bon train, là.
 
Sais pas, moi ! Peut-être un sorcier en protection à témoins qu’on aurait retracé et abattu ? Il a beaucoup de pognon en tout cas…  
 
Elle eut un petit sourire en coin.
 
Ça oui… Mais ce n’est pas une affaire de sorciers, non plus…Un sortilège de derrière les fagots dans un coin discret et le tour serait joué…Non, c’est du pur moldu, mon amour…mais enfin, on le saura en temps voulu…Regarde cette maison, plutôt !...

Il valait mieux vite noyer le poisson avant que son bienaimé ne se lance à remettre le monde en ordre.  Il le fit, heureusement pas de la manière que Sam craignait.
 
Qu’en dis-tu, mon amour, elle est magnifique, non ?

Il en avait fait, des mystères pour en arriver là, mais cela valait le détour.  La maison était parfaite, demandait une bonne mise à neuf et quelques réparations, mais rien qui pouvait lui ôter du charme. Rien qui ne put s’arranger. Sam était conquise. Laissant Justin régler les détails avec l’agent immobilier, elle s’accorda un nouveau tour  de l’intérieur imaginant déjà comment serait la décoration.
 
Quelques jours plus tard, John Smith et sa sympathique fiancée se présentaient au Sense avec l’intention d’y dîner mais aussi de réserver l’endroit pour y fêter leur prochain mariage. Un petit tour de force que de caser ça dans l’agenda plus que chargé, mais que ne fait-on pas pour les amis ?
Un peu plus tard, en passant un instant en salle, Sam les vit attablés avec les Strang, avec qui ils semblaient très bien s’entendre. Marrant de voir Justin jouer le maître d’hôtel stylé…Il en avait des idées, son mari, mais c’était ce genre de choses qui donnait au Sense un cachet unique. Milady à la cuisine, Milord surveillant le service…Génial.
 
*Misère…quelle tête…des problèmes ?*
 
Pas exactement, mais presque.
 
J’ai reçu une mauvaise nouvelle, avoua-t-il , ON a surenchéri sur la maison ! Des mois sans acquéreurs, on se pointe, un autre aussi…
 
Ça peut arriver…peut-être aussi que c’est une petite manœuvre d’appât.

Il croyait plutôt à de la concurrence et pour y pallier avait relevé la mise de 5000£, en assurant que le concurrent avait intérêt à avoir les reins solides. Il prouva les avoir compte tenu de la folle augmentation du prix à la fin du mois.
Le fin mot de l’affaire tomba lors du mariage des Smith. Sas aucun besoin qu’on e lui dise, Sam n’avait, entre deux aller-retour en cuisine, pas raté le tête à tête de son mari avec un grand blond qui n’avait pas trop l’air de se marrer. Elle aurait pu jurer qu’ils discutaient mais peu après, ils fumaient ensemble en devisant gentiment.
 
*Calumet de la paix ?*…Alix, ma chérie, qui est ce grand gars qui parle avec Justin ?...Ah, Von Falkenberg…non, connais pas du tout…comment te sens tu ?...Tu es splendide en tout cas, ça te sied, la maternité !...Euh, moi…ça  viendra. Michael plane sur un petit nuage, je ne l’ai jamais vu si heureux…
 
Sur ces entrefaites la belle jeune mariée s’unit à elles, assurant avoir besoin de s’asseoir un moment.
 
Ah ? Et alors vous étiez tous ensemble lors de…la virée…et vous êtes toutes deux enceintes…excusez-moi d’être indiscrète mais…il y a pas un petit secret que vous voudriez partager avec moi ?

Rien de plus constructif et rafraichissant qu’une conversation entre filles, d’autant que leurs maris, inclus le flambant marié, semblaient se livrer à quelque étrange sabbat en aparté.
 
Ils mijotent quelque chose…quels airs de comploteurs…Mais non, Megan, je ne pense pas qu’ils pensent jouer un mauvais tour à John…enfin, j’espère, franche rigolade, alors vous me disiez…Non, pas vrai ? Un lac…ah, bon ? Vraiment…Ben non, c’est pas un secret d’état mais on fera comme si…Pas de souci, mesdames, suis du genre débrouillard…mais au cas où vous n’ayez plus de mes nouvelles…vous pouvez cafter !
 
Cela faisait longtemps qu’elle n’avait autant ri, il faut dire que Mrs. Smith ne manquait pas de sel pour raconter une histoire. Finalement, la fête fut un franc succès, on s’amusa beaucoup et Sam avait une petite idée, plus au moins saugrenue, courant son ses blondes boucles.
 
*Justin  est heureux, oui…nous sommes heureux…c’est si parfait mais…je sais que…ÇA lui manque… je le vois dans ses yeux chaque fois qu’il parle du petit Nick…ou des futurs gosses de Michael…je ne sais pas quelle classe de mère je pourrai être…mais il n’y a qu’une façon de le savoir…*
 
Une réception par ci, un banquet par-là, le restaurant toujours plein à craquer, des réservations pour les six mois suivants se bousculant au portillon. Une vie sociale très animée depuis qu’on s’était découvert des bons amis avec qui il faisait bon être. Quel temps lui restait-il donc pour mener à bien son petit plan ? Pas beaucoup, à vrai dire. Justin, lui, à part être le plus merveilleux des maris, le plus parfait des associés, le plus de tous les plus, était toujours aux alentours ou pas trop loin en tout cas.
 
*Distraction…il me faut juste une demi-journée, pas plus…aller-retour rapide…Vais quand même pas lui raconter ce que je vais faire, non ?*
 
Elle n’eut pas besoin de le faire parce que ça tomba tout seul. Sans s’étendre sur le pourquoi du comment, Justin annonça qu’il devait se réunir avec Michael et Max, décidément ils étaient inséparables, et qu’il serait absent de la journée.
 
Pas de souci, mon amour, j’ai tant à faire que ça passera vite !...
 
François ne trouva rien à redire quand elle lui annonça prendre l’après midi libre.
Il faisait chaud à Pouzzoles en Septembre. Sam consulta la petite carte que Megan avait dessinée pour elle. Parvenir aux Champs Phlégréens ne demanda pas grande science. Il y avait des panneaux partout, à l’intention des touristes. Bien sûr, sur le chemin choisi, pas le risque  de croiser âme qui vive.
 
*Pas à dire, idéal pour une chèvre en balade !...alors on avance…Seigneur que ça pue… petites vapeurs…Là…un trou ?...Il doit en avoir des douzaines…Ok…juste près de la roche bizarre en forme de mort…sûr que c’en est pas un de pétrifié ?...M***e, quel trou…*
 
Puissante lampe de poche valant mieux que petit Lumos, Sam s’assura d’être à la bonne place, en tout cas, en bas, il y avait bien de l’eau.
 
*Goure-toi, et Justin est veuf !*
 
L’eau était délicieuse, parfaite pour la baignade surtout si on ne prêtait pas trop attention au peu accueillant des alentours. Pour une caverne sombre, celle-ci en était une et elle ne se sentait pas le cœur d’y barboter plus que nécessaire. Une petite demie heure devrait suffire, à son avis.
Retour aussi discret que le départ. Pas de témoins de son escapade. Il ne restait qu’à attendre…On verrait bien !
La patience n’était pas le fort mais la suite des évènements aida à la faire oublier le temps. Justin avait trouvé LA maison. Curieusement pas bien loin de celle qu’avaient remporté les Von Falkenberg. Cette fois, après que Sam eut visité et donné son plein accord, Lord Davenport s’assura de clore l’affaire sur le champ.
Quel délice que courir les magasins à la recherche d’échantillons de ce ou cela, choisir les couleurs, textures…et le clou : la cuisine qui méritait une attention toute particulière…
Octobre finissait avec éclat d’ocres et ors, quand elle sut et confirma.
 
*Bénie trempette…l’endroit ne paye pas de mine mais fait des miracles !*
 
Justin ne la rata pas alors qu’elle faisait un effort pour vaincre la vague de nausée à la vue du superbe filet de bison qu’on venait de livrer.
 
Hors de ma vue avec ça…charge toi s’en, François…Non, mon amour, je ne suis pas malade…faudra s’y faire pendant un temps…, elle lui entoura le cou de ses bras et l’embrassa sur le bout du nez, j’aurais voulu trouver un endroit plus adéquat pour te le dire…mais voilà…Dans huit mois, mon chéri…on aura un petit lord ou une petite lady…
 
Peut-on défaillir de bonheur ? Bien sûr que oui, c’est parfaitement acceptable !
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Re: Si j'avais su...

Message par Justin Davenport le Sam Juil 05 2014, 15:38

*C’est une épidémie !*
 
Dépité, un peu. Jaloux, sûrement ! Il n’avait aucune raison de se plaindre pourtant. N’avait-il pas des amis fidèles et une épouse merveilleuse à ses côtés ?
Le mariage des Smith avait été la source d’une grande révélation : Dans les affaires, s’entêter à vouloir gagner à tout prix n’était pas une nécessité. Cela pouvait même occasionner des misères aux autres. Preuve en était les torts causés sans le savoir aux Von Falkenberg qui, avec trois enfants et un quatrième en route, méritaient la maison visée bien mieux que lui.
Dès le lendemain, Justin mit tout en branle pour réparer afin que Max obtienne gain de cause sans une livre de plus à décaisser sur le prix initial de la propriété. Le notaire ne l’entendait pas ainsi ? Tant pis pour lui ! Un gentil sort de persuasion, additionné d’un beau chèque, régla l’affaire.
Si seulement le cas de John avait été aussi simple ! Hélas, non ! Vraie tête de mule, celui-là refusait de révéler quoique ce soit sur son compte. J.O, fort de ses privilèges chez les moldus, désira prêter main forte à celui qui était devenu un grand ami et Michael, sans doute en dette avec lui après l’aventure des fantômes, s’impliqua également. Ensemble, se rencontrant fréquemment, ils échafaudèrent mille stratégies pour coincer le tueur à gages moldu. Car ce ne pouvait qu’en être un, vu les méthodes employées.
 
Je m’occupe de pister le poison utilisé. Michael, sans te commander, regarde du côté des agences pas trop légales reconnues par tes services et toi, J.O, si tu peux, prétend qu’on en veut à ta peau ; ton service de sécurité fera le reste.  
 
Les intentions, aussi bonnes soient-elles, tombent parfois à plat.
Lorsqu’ils eurent vent d’une nouvelle tentative d’assassinat, le soir même des noces de John, on s’énerva, allant jusqu’à sortir les Smith de leur suite au Ritz pour les soumettre à un feu roulant de questions. L’enquête ne donna rien, l’oiseau de proie s’était envolé de l’immeuble d’en face sans y laisser la moindre plume. John avait-il tout déballé ou voulait-il faire cavalier seul, bonne question ? Toujours est-il que les « détectives » restèrent sur leur faim ne sachant trop s’il fallait croire au calme qui suivit ce nouvel essai de supprimer Smith.
Justin vit peu Max durant cette période paisible. Son gamin allait rentrer à Poudlard et, avec l’aménagement du fruit de leur accord final, les occupations ne manquaient pas chez les Von Falkenberg.
Quelle belle famille ! Ayant eu l’heur de rencontrer toute la clique, Justin ne put se départir de ce sentiment persistant de jalousie à l’égard d’une famille si bien nantie…  Lui vint alors l’idée de repasser ses tests de fertilité, les antérieurs remontant à loin. Les divers médecins consultés, moldus ou sorciers, confirmant que tout était en ordre de son côté, Davenport aurait pu soupçonner Sam de quelque manœuvre contraire mais il réfuta cette pensée. Si quelque chose clochait ça ne pouvait être que de son fait à lui. Ou les toubibs étaient des ânes, ou il avait fauté quelque part et une malédiction planait sur son couple.
Renseigné discrètement via le net, il s’ébahit du nombre élevé de suggestions. Du pèlerinage à St Jacques de Compostelle en passant par l’absorption de mixtures infâmes, Justin ne savait plus à quel saint se vouer.  À défaut, sans en toucher un mot à sa femme adorée, il entama une neuvaine à la Vierge Marie que suivit une autre à une Bienheureuse réputée mais cela ne donnant rien, il se résolut à recourir à des exercices plus pénibles comme de ne consommer l’acte de chair qu’après un jeûne sévère ou une flagellation dans les règles.
Une distraction bénéfique survint avec un appel de Max qui était tombé sur une aubaine immobilière et souhaitait en faire bénéficier les Davenport.
L’endroit ne pouvait que leur plaire puisque dans les environs immédiats du premier élu.  
Il s’amusa à voir Sam ravie de s’adonner à sa créativité pour transformer ce nid en un havre digne d’eux, requérant son avis sur tel ou tel détail.
Ils en partagèrent des rigolades !
La seule cachoterie de Justin, hormis celle touchant à la stérilité, concernait l’affaire Smith.
De temps à autre, avec Michael, il alla aux informations mais même si Kate-Meg l’ouvrait plus aisément que son époux, les copains n’avancèrent pas.  
 
Un comble, non ? dit-il à son pote en rentrant chez ce dernier pour un dernier pot avant de retrouver Sam. On veut l’aider et il ne nous fournit aucun indice, aucune piste. Hey, tu m’écoutes ?
 
Déjà chez John, De Brent lui avait paru légèrement ailleurs. Là, c’était flagrant.  Que diable cherchait-il avec tant d’attention en passant d’une pièce à l’autre sans se soucier de son ami.
 
Mais t’en fais pas ainsi, Alix n’est sûrement pas loin. Elle sera à l’étage ou…
 
Au sourire épanoui de Michael, Justin se méprit :
 
*Elle est là !*
 
Lorsqu’il vit l’objet de la réjouissance de son hôte, il marqua un arrêt stupéfait. Là, parfaitement à l’aise, mollement étendue sur le divan un livre sur les genoux se tenait… une adorable créature.  La brune élancée leva aussitôt ses yeux de biche et un sourire lumineux vers les arrivants :
 
Michael ! Enfin de retour ?  On s’est languies de toi. C’est Justin ? Enchantée Justin, je suis Manon, la cousine d’Alix !
 
Cousine ? J’ignorais que…
 
Faites pas cette tête, Justin. Je suis là depuis peu. Ne me dites pas que Michael ne vous a pas parlé de moi ? J’en serais… déçue…  
 
Qu’est-ce qui se tramait sous ce toit ? Justin ne pigeait que dalle. Il aurait souhaité demander des nouvelles d’Alix mais aucun des présents ne lui en laissa l’occasion. Pris par la conversation – charmante, du reste – il en oublia l’heure et l’absence de la maîtresse des lieux.
Avisant sa montre, il s’effara :
 
Je dois rentrer, Sam n’aime pas me voir tarder trop. Merci pour ce verre et cette délicieuse conversation. Bien des choses à Alix.
 
Se reprenant soudain, il osa :
 
Où est-elle au fait ?
 
Au lit ! Rien de grave, elle fatigue beaucoup ces temps-ci. Michael et moi veillons sur elle, ne sois pas inquiet, Justin.  
 
Tout paf mais sans en comprendre la raison, il retrouva son home.
Pris par sa propre vie, il oublia cette rencontre. Ni les neuvaines, mortifications physiques et autres ne donnant les résultats escomptés, Justin envisagea très sérieusement de recourir à d’autres pratiques plus agressives quoique contraires au bon sens. Tandis que Sam convoquait peintres, plombiers et divers corps du bâtiment, il visita des antres peu recommandables.  De on-dit en indiscrétions sous le manteau, il consulta voyantes et rebouteux.  Dédaignant la plupart des conseils sulfureux délivrés contre gallions sonnants et trébuchants, il fut pourtant convaincu d’avoir enfin trouvé son bonheur en achetant à prix d’or un remède à l’efficacité garantie.  Néanmoins, en entendant l’énoncé de quelques ingrédients composant les mixtures, il s’abstint d’en absorber une goutte avant un temps, la fiole restant dans sa poche, en attente.  
Halloween approchait. Cette fête donnant lieu à de nombreuses réjouissances, le « Sense » se devait d’être à même de répondre aux exigences des goûts des clients.
La réception des livraisons matinales était un rituel incontournable. Justin adorait y seconder son épouse, pas qu’il doutât de ses capacités à agréer ou réfuter un article, mais juste pour le plaisir de partager ses passions.
 
*Bon Dieu, qu’est-ce qui se passe, elle est verte…*
 
Hors de ma vue avec ça…charge toi s’en, François…    
 
Ma chérie, ça va ? Tu es toute pâle ? Tu as choppé la grippe ?
 
Jamais, il ne l’avait vue dans un tel état lamentable.  Prêt à tout planter là et la ramener de force si nécessaire, il fut surpris par le ton employé, las et… mutin :
 
Non, mon amour, je ne suis pas malade…faudra s’y faire pendant un temps…
 
Un temps ? Une semaine, quinze jours. Un rhume, ça ne dure pas plus et, si tu veux on va de suite prendre de la pimentine…
 
Étrange attitude que de l’enserrer ainsi pour quelqu’un si mal en point. Un bisou, LA révélation :
 
j’aurais voulu trouver un endroit plus adéquat pour te le dire…mais voilà…Dans huit mois, mon chéri…on aura un petit lord ou une petite lady…  
 
Les mots eurent du mal à se frayer un chemin jusqu’au cerveau déboussolé. Il avait sûrement mal entendu ! Mais, devant l’évidence criée par les yeux lumineux de sa Sam, il ne douta plus et entraîna son épouse dans un tourbillon dément en l’embrassant comme un fou :
 
Alléluia ! Je t’aime, je t’aime, je t’aime…
 
Lorsqu’il la reposa sur le sol, il éclata de rire, les larmes aux yeux. D’un geste symbolique, il sortit la fameuse fiole nauséabonde de sa poche et la jeta à la poubelle :
 
Merci de m’éviter cette purge du diable. Je t’adore ! François, vous vous chargerez de tout aujourd’hui. Ma femme est en congé !  
Mais future super maman refusa de laisser le chef seul face à la quantité de travail, pis, elle envoya gentiment, très gentiment même, balader son mari.
 
Ok, ok boss ! Surtout ne te fatigue pas, hein ! Je t’adore !
 
Il dansait presque en sortant du restaurant.  D’aucuns disent « partage ta joie, elle augmente ! » Justin dut faire un gros effort pour éviter de mettre ce dicton en pratique. Sam préfèrerait certainement annoncer elle-même la nouvelle quand elle le jugerait bon.  
Désœuvré, Justin ne l’était jamais mais là, il mit les bouchées doubles. Passage express à la joaillerie préférée de Sam, chez le fleuriste, et retour à l’appartement qu’il astiqua comme jamais. Le frigidaire fut dévalisé savamment, et son labeur ne connut de répit qu’après avoir fait un saut à l’épicerie fine. Table dressée, fleurs partout, arômes délicieux, il ne manqua plus que la principale intéressée qui, heureusement, ne tarda pas trop. Dès qu’elle entra, il l’embrassa comme un fou et l’empêcha de pénétrer à la salle à manger, la menant fermement à la salle de bains afin qu’elle puisse s’y détendre tout à son aise. Une eau tiède, parfumée délicatement, l’y attendait ; il l’y laissa faire trempette pour peaufiner le moindre détail de sa « surprise ».
Lorsqu’elle reparut, en peignoir éponge avec les cheveux noués dans une serviette, elle s’effara de la transformation de la pièce :
 
… Tu es parfaite ainsi ! Inutile d’aller te changer. Assieds-toi, laisse-toi faire. Je suis ton valet préféré, non ?
 
Si elle mangea peu, elle goûta néanmoins chaque plat qu’elle sembla beaucoup apprécier.
 
… J’ai innové un peu… si ça te plait, c’est tout ce qui compte, mon amour ! J’espère que tu aimeras aussi… ceci…
 
L’écrin se tendit, la parure de diamants bleus resplendit.
 
…Non, ce n’est pas de trop ! Ces pierres ont la couleur de tes yeux, ma mie, mais n’égaleront jamais la grandeur du cadeau que tu nous donnes…  
 
Moments de liesses. En rigolant au coin du feu de la cheminée ouverte, Justin lui avoua peu à peu ce qu’il s’était infligé, de quoi la faire se marrer un peu plus. Cependant, redevenant sérieux, il lui confia aussi les dispositions prises :
 
J’ai pris un rendez-vous avec le réputé docteur Weber d’Harley Street… ah ? Bon, j’annulerai. Mais aussi avec la médicomage Mayhew qui suit Alix, si tu préfères… Ok, on ira ensemble demain, alors, hein ? … il faut aussi que je te dise un truc… non, ça ne concerne pas la maison. La nursery y est prévue de longue date mais, euh… on va avoir un autre bébé à la maison, avant le nôtre d’ailleurs…
 
Qu’imaginait-elle ? Vu son air suspicieux, il rit :
 
… pas du tout, c’est d’un bébé chien dont je te parle, un labrador de concours… Juste parce que… je pensais que… ça aiderait, et que…  
 
On se marra puis Sam demanda s’il avait déjà averti leurs connaissances. Sérieux, il répondit :
 
… Pour qui me prends-tu ? C’est à toi de décider quand et à qui… Michael ? Euh… non… je ne crois pas qu’il en fera un plat ; il est occupé à… autre chose.  
 
Impossible de résister à Sam quand elle avait décidé de le faire parler. Il déballa l’affaire en la commentant à sa manière :
 
Cette Manon a l’air d’une chouette fille… Alix ? Sais pas. L’ai pas vue… migraine, je crois… Que montes-tu comme scénario ? Elle va bien, elle est entourée de gens qu’elle aime et qui l’aiment…  

Ok, si tu veux, on ira les voir demain, après la visite chez le docteur…
 
 La doctoresse consultée confirma la grossesse en cours en assurant que tout se déroulait au mieux. Exercices, vitamines, rendez-vous dans deux mois sauf souci, ils purent aller chez leurs amis. Drôle d’ambiance chez les De Brent !  Aux côtés d’une Alix arrondie mais relativement peu, très pâle et alanguie sur ses coussins, un couple très animé les reçut. Pourquoi Sam insista-t-elle pour bavarder seule en compagnie d’Alix ? N’en faisant pas un foin, les autres se replièrent dans une pièce voisine où Manon tint haut le crachoir, ravie de voir son auditoire masculin suspendu à ses lèvres. Ce qu’elle raconta, qu’il soit damné, Justin fut incapable de le répéter à une Sam assez énervée en le récupérant.
Le sermon qui suivit leur rentrée le sidéra :
 
… m’enfin, ma douce, tu exagères !... Tatata, ils sont heureux ainsi, on l’est encore plus, pourquoi chercher des poux où il n’y a rien…  Et si on visitait notre chantier ?  
 
Pour cette fois, il obtint gain de cause…
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Re: Si j'avais su...

Message par Samantha Forrester le Sam Juil 12 2014, 13:50

Alléluia ! Je t’aime, je t’aime, je t’aime !
 
Et de la faire tourbillonner en une valse folle sans arrêter de l’embrasser, en pleurant presque, le tout avant de sortir une fiole de sa poche et l’envoyer dans la poubelle.
 
Merci de m’éviter cette purge du diable. Je t’adore ! François, vous vous chargerez de tout aujourd’hui. Ma femme est en congé !  

Le cher François qui avait assisté à tout ce débordement émotif, souriait, ému et amusé. Pour un anglais si réglo et pincé, Milord venait de dépasser les bornes des us et coutumes locaux…enfin !
 
Pardon de donner mon avis…mais là, c’est moi le boss et je reste…je t’adore autant, Justin, mais si je vais m’absenter chaque fois que je suis follement heureuse…on peut fermer…le bonheur fait bon ménage avec la cuisine, allez…va faire ce que tu as à faire, on se voit à la maison…Je ne tarderai pas trop…
 

Ok, ok boss ! Surtout ne te fatigue pas, hein ! Je t’adore !
 
Un dernier baiser délirant et elle le mit carrément à la porte, en riant. Ce fut alors le tour à François d’ameuter tout le monde pour les mettre au courant de LA nouvelle. On déboucha du champagne, les vœux fusèrent, une qu’autre larme idem.
 
Mais je vous interdis d’aller avec la nouvelle  à la Presse, ok ?
 
Ils en firent serment et on reprit le travail, en évitant que Sam croise un morceau de bison cru. De retour à l’appartement, elle ne manqua pas de remarquer que son chéri s’était pris aux sorts ménagers avec entrain, même les plantes brillaient d’un nouvel éclat. Elle adora ses cachotteries et plongea avec délices dans le somptueux bain parfumé qui l’attendait.
 
*J’ai le meilleur mari du monde…le plus merveilleux et fou…Seigneur, j’en ai de la chance !*
 
La suite fut un poème de perfection. Justin avait pensé à tout. Rien ne manquait. Fleurs, bougies et le plus délicieux repas que main humaine puisse préparer. Son appétit n’était pas celui de toujours, fichues hormones qui mettent tout sens dessus-dessous, mais elle goûta tous et chacun de ces mets  élaborés avec tant d’amour.
 
C’est parfait, mon chéri…absolument délicieux…
 
J’ai innové un peu… si ça te plait, c’est tout ce qui compte, mon amour ! J’espère que tu aimeras aussi… ceci…
 
Et de glisser sur la table un écrin qu’elle ouvrit, les doigts tremblant d’émotion. Un Oh ! de surprise, en rien exagéré ni feint lui échappa en découvrant la sublime parure de diamants bleus.
 
Bonté divine, Justin…c’est…euh…trop…merveilleux… mais…
 
Non, ce n’est pas de trop ! Ces pierres ont la couleur de tes yeux, ma mie, mais n’égaleront jamais la grandeur du cadeau que tu nous donnes !
 
Elle ne finissait pas de s’habituer à la magnificence de son Justin. Il était comme ça, pas pour se faire valoir ni pour n’importe quoi d’autre. C’était dans sa nature, être magnifique !
 
Justin, mon amour…c’est notre bébé…veux pas m’imaginer ce que tu aurais fait si j’avais dit qu’il s’agissait de triplés !
 
Le rire partagé est grand compagnon du bon amour. Et Dieu sait s’ils pouvaient rire ensemble, surtout quand Justin commença à parler de tout ce qui lui était passé par la tête en croyant à un problème d’infertilité.
 
Tu n’as pas pensé à t’essayer dans le roman-fiction, mon chéri ? Tu as plus d’imagination que le commun des gens…
 
Et bien sûr, Milord avait, sur la foulée, tout organisé. Rendez-vous chez une éminence de Harley Street, surtout que c’était le même qu’elle avait consulté sans lui en dire mot.
 
Non…pas d’éminence grise…je ne les aime pas, ils sont empesés et te larguent des discours abscons…j’irai chez le même docteur d’Alix…elle m’a dit que c’était très bien…*au fait, je me demande ce qu’elle devient…ça fait un bail que je ne sais rien d’elle*…Tu me disais, mon chéri ?...Sur la maison…
 
Non, ça ne concerne pas la maison. La nursery y est prévue de longue date mais, euh… on va avoir un autre bébé à la maison, avant le nôtre d’ailleurs…
 
*Hein !*DE quoi tu parles, Justin Davenport ?, on pouvait légitimement s’imaginer n’importe quoi, de quel bébé…Ne me dis pas que tu as un enfant secret !?
 
L’explication était si simple qu’elle en pleura de rire. Pensant rompre un peu le stress, idée nettement masculine, il avait fait l’acquisition d’un chiot de labrador, évidemment presque aussi noble que lui-même.
 
Tu es unique, Justin…*Un petit chat tout commun aurait suffi !*…au fait, tu en as déjà parlé à nos amis…du bébé, idiot, pas du chien…Même pas à Michael ?
 
Michael ? Euh… non… je ne crois pas qu’il en fera un plat ; il est occupé à… autre chose.  
 
Voilà une réponse qui méritait d’être tenue en compte.
 
Occupé…à quoi ? Pas une autre mission, quand même ? Applewhite peut être vache mais elle l’adore, et ne lui ferait jamais ça…Qu’est-ce qu’il mijote, ton copain ?
 
Ce que Justin déballa après un peu de pression la laissa assez paf.
 
Quoi ?...Une autre femme squatte son chez lui ? Une française nommée Manon, en plus…et Alix, elle crache du venin, je suppose !
 

Pas le moins du monde, enfin, d’après les appréciations de Justin, chez les De Brent, on baignait dans l’harmonie la plus parfaite, comme quoi Alix vivait entourée d’amour.
 
Ouais…commune hippie tant qu’à faire.  Comme je la connais, Alix n’est pas de celles qui laissent qu’une autre pose un œil sur son Michael…
 
Pourtant il fallut s’en convaincre le lendemain, après sa visite à Ste. Mangouste, ils allèrent rendre visite aux De Brent. Dès l’instant où cette beauté brune à l’accent ronronnant leur ouvrit la porte, Samantha flaira l’embrouille. Michael semblait le plus heureux des hommes, Alix offrait l’image d’une paisible madone, belle, éthérée, languide mais parfaitement heureuse, elle aussi…quant à Manon…
 
*Chat qui a trouvé son pot de crème !* Alix, ma chérie…ça fait si longtemps…cela ne vous dérangerait pas, vous trois de nous laisser un moment à seules ?
 
Ils migrèrent sans protester, une minute plus tard Sam les entendait rigoler dans la pièce à côté.
 
Alix…dis-moi…tout va bien ?...Cette fille…c’est qui ?...Ah bon ta cousine…elle est adorable…*Un peu trop, non ?*Tu l’aimes beaucoup…mais oui, c’est bien ça ! *Tu veux rire !* Oh, et elle s’occupe bien de Michael…*De ça, mon chou, je m’en doute bien*…Ok, Michael est heureux, tu es heureuse aussi…le bonheur universel quoi !*Seigneur, elle déconne plein tube !*…Tu n’as pas beaucoup grossi, toi…que dit le docteur ?...Tout baigne…oui, c’est vrai, tu ne fais pas gros, toi…sais pas comment je me verrai…sans doute comme une vache...Alix, je suis enfin enceinte !  *Coucou !!!* …C’est bon, ma chérie…je te laisse te reposer…À bientôt !
 

Elle trouva les trois autres en train de se marrer de Dieu sait quelle trouvaille de la brune de service. Deux véritables idiots baveux, pâmés, prêts à gober n’importe quoi. Elle connaissait ce genre de réaction.
 
Justin Davenport, on rentre !...On se voit, Michael…Manon, que dire sans mentir…Adieu, si possible !
 
Chéri suivit le mouvement car trop poli pour protester en public.
 
Non mais, franchement…t’es aveugle ou quoi ? Cette garce flirtait avec vous deux…bien sûr avec Michael ça va à fond de train…et toi ? Bon sang, Justin, plus grave que ça on meurt…Alix est à côté de ses pompes…ailleurs et elle s’en fout…la garce lui chipe le mari sous son nez et elle…adore sa cousine…écoute, si je ne connaissais pas Alix, comme pour croire qu’elle est idiote…mais je la connais et elle se laisserait plutôt tailler en morceaux que laisser qu’une autre s’approche de son amour…or là, elle s’en fiche…Justin , c’est moche de chez moche…
 

M’enfin, ma douce, tu exagères !... Tatata, ils sont heureux ainsi, on l’est encore plus, pourquoi chercher des poux où il n’y a rien…  Et si on visitait notre chantier ?  
 

*Misère…dix minutes et il a le cerveau ramolli…Michael est perdu !* Oui, mon chéri, allons-y, au chantier !
 
Cela lui fit oublier, pour un moment, le désagrément extrême ressenti chez les De Brent.  Justin s’arrangea, par la suite de l’occuper si bien à leur projet qu’elle eut peu de temps pour se élucubrations, n’empêche qu’elle y pensait quand même.
 
Ysaline, je te dis que ça ne marche pas rond, là…suffit de voir la cousine, l’attitude d’Alix et  l’air trop ravi de Michael…il bave, je te jure…je lui aurais fichu des claques…et Justin qui trouve ça parfait… Faut qu’on sache qui est cette fille…non ! À mon avis, cette garde est une vélane…je sais que ça ne court pas les rues mais là…ça m’en a tout l’air…qu’est-ce qu’on peut faire ? Bonne question…pour que ça cesse, ce doit être volontaire…et me doute beaucoup que la telle Manon veuille lâcher ce morceau ! 
 

La suite ne lui donna que raison ! La belle Manon était effectivement ce qu’elle avait soupçonné et jouissait, ce qui était pire, d’une réputation d’évaporée, mauvais héritage de sa mère qui avait bien su ruiner la vie de plus d’un.
 
*Comme quoi, on est frits…Justin qui jure par ses beaux yeux, et avec lui tous les hommes qu’elle approche…ne disons pas cet idiot de Michael, servi en plateau d’argent…Mon Dieu, pauvre Alix !*

Unir les forces ? Elles avaient beau faire, dire ou penser. Dès que leurs maris étaient dans le rayon d’action de Mlle. Guerrand, ils mutaient en  baveux finis.
 
Suis de l’avis qu’on devrait la descendre…
 
Mais bien sûr, on ne pouvait pas arriver à de tels extrêmes, quoique vu la suite, il aurait peut-être valu mieux le faire !
 
Justin, mon amour…promets-moi de ne pas l’approcher, oui…Non, ce ne sont pas des lubies de future mère, je t’assure…Angel n’est pas enceinte et jure que J.O se comporte comme un crétin chaque fois qu’elle apparait…Chéri…cette fille est une vélane…de la pire espèce, c’est une femme sans morale…ÉCOUTE-MOI…elle veut Michael et passera sur tout et tous pour l’avoir !!! *Si elle ne l’a pas déjà !*
 

Ils avaient aménagé dans leur nouvelle maison, et, bien entendu, ils invitèrent tous les amis pour inaugurer leurs quatre murs. La fête faillir tourner à l’aigre à cause de Manon. Sam qui n’avait pas la langue dans sa poche, la prit à part, mine de rien.
 
Un mot et je te fais la peau ici même, compris ?...Je sais quel genre de garce tu es…pour le moment, je ne peux pas te contrer, mais pas de souci, on trouvera bien comment…alors, rends toi service et fiche le camp…disparais…
 
Michael viendra avec moi !, avait riposté la mijaurée.
 
Sans doute, tu l’as sous ton joug, mais ça ne durera pas…tout ton pouvoir n’ira jamais au-delà de ce qui l’unit avec Alix…
 
Dix minutes plus tard, elle avait feint Merlin sait quelle faiblesse, Michael, asservi, avait disparu avec la pomme de la discorde.
 
Mesdames, on a un problème…un gros…Nos chéris ne valent pas une chique…nos pouvoirs conjugués, pas grand-chose…il n’y a qu’un peu de magie noire pour contrer une vélane…et la seule spécialiste en la matière est out…notre seul espoir est…un elfe !...Ben oui, ils ont des pouvoirs énormes…Bon, les seuls que je connaisse sont ceux de Justin et…Bon sang, bien sûr…Bikita !!!
 
Mais on n’était pas près de sortir de l’auberge.  Bikita intervenait, certes, en allant contre les ordres de son maître subjugué, ce qui était déjà beaucoup demander d’un elfe fidèle. Ses efforts ne suffisaient apparemment pas pour arrêter cette machinerie diabolique.
 
Et on fait quoi ?, tempêtait Sam, on reste là à regarder ton copain devenir plus indolent qu’un Veracrasse ?
 
Justin n’en savait pas plus et il suffisait qu’il croise la belle Manon pour qu’il oublie une quelconque bonne intention.
 
*Misère de ces hommes abrutis !*
 
Un jour. Une semaine. Un mois…Novembre se pointa en un clin d’œil. Il y avait tant à faire, avec le restaurant toujours plein, l’aménagement, jamais fini, de la chambre d’enfant que Justin changeait à chaque bout portant, assurant tous les jours avoir trouvé mieux. Le jeune toutou, aussi noble soit-il, semant allègrement la pagaille avec son entrain juvénile et comme cerise au gâteau Gerry et tante Babs s’amenant en visite surprise.
 
*Seigneur…quelque part ça cloche…ça cloche ferme, je le sens !*
 
Chéri assurait que son doux état la rendrait un peu parano, il n’avait sans doute pas trop tort, mais quand même. En plus, depuis un temps, elle remarquait l’air maladif de son copain le duc de Gilmore mais celui-ci, adorablement pâle et défait, jurait au nom d’un rhume.
 
*Ben dis donc…sacré rhume, ça tient depuis un bail !*
 
Elle admirait Ysaline, qui ronde et radieuse, continuait aux commandes de son rêve, contre vents et marées. Megan toute aussi épanouie s’avérait une amie sûre, avec un sens de l’humour inégalable et un optimisme merveilleux même si l’épée de Damoclès suspendue sur la tête de son mari n’avait rien de quoi ravir quiconque. Opal, fidèle à soi-même avait bellement repris du poil de la bête et entendait que tout marche idem, et bottait le train de son mari, l’hyper occupé Erik, qui avait trop peu de temps pour aller regarder ce qui se passait chez son frère pour alors l’enfant problème du groupe, même si à le voir, il personnifiait le bonheur parfait. Angel, promue chef de laboratoire de la nouvelle institution, prise entre ses responsabilités et ses expériences scientifiques, délaissait un peu son beau mari « enrhumé ».
 
*Sais pas pourquoi me je pressens qu’on file droit vers la cata totale !*
 
Quelle réception ! Certes elle et Opal avaient apporté de leur talent pour assurer le succès. Le gratin là réuni se régalait de leur meilleur art gastronomique et ne tarissait pas d’éloges. Les installations sublimes avaient de qui émerveiller le plus exigeant.
Et on était là, à papoter gentiment, tous beaux et élégants quand cette harmonie délicieuse fut rompue par l’apparition de Michael avec son appendice indéfectible, qui, il fallait le dire, était très en beauté. Défection masculine en masse.
 
Ils ne perdent rien pour attendre !
 
Panique du côté filles. Bikita, apparue en clamant de l’aide pour sa maitresse mit fin à leur fête. On se répartit les taches, Sam transplana chez les De Brent avec Angel, pour découvrir un spectacle lamentable.
 
Mon Dieu, Alix…ma pauvre chérie…
 
Elle n’a pas perdu les eaux mais ça tarde pas. Que lui a-t-on fait, Seigneur Dieu !, s’exclamait la Duchesse.
 
Sais pas exactement…mais rien de bon, crois-moi ! Tiens bon, ma belle on t’emmène chez Ysaline…tout va aller…Alix, un effort, je t’en supplie…
 

Retour en catastrophe  à la Clinique où tout était prêt, bénie soit Ysaline, pour accueillir l’urgence. Alix fut emmenée aux Urgences. Sam et Angel retournèrent au grand salon où la fête se poursuivait comme si rien. Manon tenait la vedette et sa cour d’admirateurs bavait.
 
Alix va au plus mal…Les filles, ou on y va là…ou on n’y va jamais !
 
Ça et crier « Jeronimo ! » en se lançant à la mêlée équivalait au même. Chacune s’en prit à son chacun et toutes à Michael et Manon, qui évacuèrent rapidement la zone.
 
M’en fous de ce que tu peux penser, Lord Davenport…cette garce ne mérite aucun égard…et maintenant, on doit trouver un moyen pour la contrer et sauver Michael de ses griffes, avant qu’il ne soit trop tard, compris !?...Pour Alix…pour les bébés…et pour ton con de copain aussi !
 
Samantha se pencha sur le berceau- couveuse et sourit. Le petit Lucas ouvrit les yeux, elle approcha son index au bébé qui l’agrippa.
 
Mon tout beau…tu as réussi…ta sœur aussi…faudra aider Papa et Maman à faire de même !, susurra t’elle en le soulevant doucement, viens là, mon ange…tu as besoin de chaleur humaine…Tante Sam est là pour ça…que tu es beau, mon tout petit…tout pareil à ton papa…Chut, Justin…dis pas le contraire…Oui, mon petit bout de chou, ce monsieur c’est ton oncle Justin…et la petite belle qu’il tient, c’est ta sœur Cécile…
 

Elle sentait son cœur se ramollir d’amour quand c’était son tour de tenir compagnie aux jumeaux De Brent, qui une fois tirés de l’impasse, poussaient mieux que des champignons. Le père, perclus de remords ne valait pas grand-chose, sans son Alix, Michael était moins que rien, alors, en attente que tout rentre en ordre, leurs amis s’étaient relayés auprès de leurs enfants…
Sam n’oublierait jamais la première fois que Michael avait tenu ses enfants dans ses bras. Elle l’avait connu dur, fier, arrogant, imbuvable, furieux et dangereux mais là, en s’essayant, de gestes gauches, de sembler un père moyennement potable, et pleurant sans honte, il l’avait fait flancher. Très maternelle, elle lui avait caressé les cheveux, le rassurant, sans vouloir se souvenir que peu avant elle avait envisagé lui envoyer un mauvais sort. Justin venu en renfort, avait complété le tableau de la parfaite compassion.
 
Allez…si on chiale de concert, on n’en finira jamais…Justin, bon Dieu…sais que c’est triste…mais pas tragique, tout le monde est vivant….Michael, Alix a besoin de toi, pas d’une lavette…
 
Ça avait marché. Ce petit bonheur ressourçait. Dans une aile contiguë de la Clinique, Sa Grâce le Duc de Gilmore, se mourait.  Après une chimiothérapie exténuante, J.O ne donnait aucun signe de récupération. Les éminences penchées sur son cas perdaient l’espoir d’une heureuse issue.
 
Mon Dieu, J.O !…te laisse pas aller…tu es fort…Oui, je sais qu’en ce moment ça va pas trop dans ce sens mais…Veux pas entendre un mot sur ça ! Tu vas t’en sortir…pense à ton Angel…après tout le mal que tu t’es donné…tu vas pas lâcher…c’est ça, j’adore ton sourire …j’ai toujours aimé ton sourire…On trouvera une solution…je te promets…
 

En sortant elle rencontrait John et Meg, avec leur Elizabeth, et ne pouvait pas s’empêcher de pleurer contre la première épaule secourable, celle de Meg d’habitude, vu que Mr. Smith ne lâchait pas son trésor de fille.  Et Les Von Falkenberg avec leur Christopher…
 
C’est si dur…tant de bonheur d’un côté…tant de misère d’un autre…Oui, mon amour, moi je vais bien…Bébé va bien…je dois t’avouer quelque chose…j’ai lancé une recherche internationale pour donneurs de moelle…pour J.O ,oui…c’est le dernier espoir…Bof, une manipulation par-ci…une autre par là…Bien sûr que j’ai demandé l’autorisation à Ysaline…c’est que, disons, j’ai plus de moyens que le commun des gens…Quelle question, Justin…bien sûr que j’aime J.O…ne sois pas idiot, pas de ce genre d’amour, sot que tu es…on a toujours été amis…depuis mes 11 ans, à Salem…Allez, arrête de dire des âneries, Milord, laisse-moi arranger ta cravate…tu es beau , mon amour…ce soir, on fête Noël…autant se voir bien…on priera pour des miracles, on en a besoin !
 
Le son ténu des clochettes …Sam poussa doucement son coude dans les côtes de son Justin…Alix venait d’entrer, comme céleste apparition, avançant vers la crèche vivante, vers la Vierge et St. Joseph, chacun avec un poupon dans les bras…
 
Ce sont les miens, n’est-ce pas ? Je peux ?
 
Et juste un peu en arrière, hors de la vue de tous, resplendissant, avec ses belles ailes frémissantes, la petite Key souriait. Sam pleurait de bonheur, le visage enfoui dans l’épaule de son mari qui faisait des efforts pour en pas s’y coller aussi, comme tout le monde, alors que Michael enlaçait sa femme et ses enfants  et que les musiciens attaquaient un Alléluia retentissant…
 
Tu vois, ça existe, les miracles…Tu crois que le Père Noël aussi !?

Dling! Dling!
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Samantha Forrester

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Re: Si j'avais su...

Message par Justin Davenport le Mer Juil 23 2014, 18:51

Le bonheur existait ! Justin aurait été le dernier des ingrats à prétendre le contraire alors qu’un  horizon magnifique s’étendait devant lui. Une nouvelle maison parfaite, un bébé  - sûrement parfait – en route et, à ses côtés la femme la plus adorable que la terre ait porté. Que demander de plus ?  
Égoïstement, Justin savoura chaque minute de la période vécue dans la béatitude… quasi « parfaite ». Mais – il y a toujours un mais dans le meilleur des mondes – la situation de ceux qui lui tenaient à cœur étant loin d’être aussi idyllique que la sienne lui gâcha beaucoup de son plaisir. Michael ne se comportait-il pas comme un rustre imbécile ? J.O n’avait-il qu’un rhume à rallonge comme prétendu ?  Et la menace sur John était-elle vraiment passée ? On survécut en attentant un orage qui finit hélas par éclater avec fracas lors de l’inauguration de la clinique des Von Falkenberg.  S’étant investis dans ce projet somptueux, les Davenport trinquaient avec les autres lorsque Michael ne trouva rien de mieux que d’amener sa sangsue favorite.  Sue le coup de la séduction, aucun des hommes ne réagit beaucoup contrairement à leurs épouses très remontées. Mais lorsque débarqua une Alix mal en point, amenée par Sam et Angel, il ne fallut pas beaucoup le secouer pour le faire réagir. La semonce de sa Sam lui fit l’effet d’une douche glacée :
 
…cette garce ne mérite aucun égard… Pour Alix…pour les bébés…et pour ton con de copain aussi ! 
 
Max : avec moi !
 
Et le veracrasse  - comme aimait à le comparer Sam – arrêta enfin de se pâmer devant Manon une fois le portrait défoncé. Le voir au lit avec Manon fit sortir Justin de ses gonds. Jamais il n’oublierait cette vision, ni l’immense satisfaction de frapper son pote jusqu’à ce que l’enseignement rentre enfin, par la force additionnée des sortilèges combinés par le couple elfique et de la contrainte imposée à Manon par les « chats » domestiques.
Pas brillant, son pote, avec pareille mise à jour.
 
*Au moins, il pense encore à Alix…*
 
Leur mission accomplie, Justin et Max n’en étaient pas plus fiers pour autant. Qu’allait-il advenir des De Brent, Alix survivrait-elle, ses bébés aussi… ? Ils naquirent prématurément laissant leur mère indifférente et leur père atrocement bourrelé de remords.  
 
La vie perdit de sa saveur mais elle devait se poursuivre, aussi les Davenport invitèrent-ils chez eux les Strang. Misère, c’est vrai que J.O avait fondu ! La soirée débuta en évitant les tristes sujets, Angel tentant de dissimuler – mal – certains tracas. Incapable de se mouvoir pour passer à table, le duc de Gilmore s’effondra. Tout fut mis en œuvre mais…
Voir J.O dans cet état déclencha chez Justin une réaction protectionniste à l’extrême. Puisque les saloperies n’épargnaient personne, il se devait d’agir en conséquence.
 
*On se croit jeune et invincible, puis…*
 
Ses dispositions furent ratifiées et les assurances contractées eurent au moins pour effet de faire le bonheur des courtiers.  
Sam se portait comme un charme, tout baignait alors que Noël approchait.  Après l’accouchement de Megan suivi de celui d’Ysaline, certains sourires revinrent mais peu après une convocation chez John le prit de court. L’air très pressé, sans un mot de trop, lui, Max et Michael  se virent confier une grosse enveloppe brune qu’ils détaillèrent chez Justin peu après. La lecture les laissa pantois.
 
Ben dites donc ! C’est du « du tout ce que vous voulez savoir sur Ronald Browning » ce truc ! Où a-t-il eu ça ?  
 
En catimini, les détectives amateurs se mirent à l’ouvrage.  Michael, heureux de trouver un dérivatif à son marasme, fit de l’excès de zèle. Si Max s’occupa des déplacements du gars, retraçant des trajets très moldus, Justin s’occupa de la moitié des relevés téléphoniques. De Brent avait fait le reste.  Leurs recoupements les sidérèrent tous :
 
 Le Duc de Gilmore lui a téléphoné ??? NDD, l’étude des documents soumis à John au ministère émanaient d’un assermenté du Magenmagot…
 
Le filet se resserra fortement autour de Browning.
Noël arriva avec une navrante constatation : J.O était foutu, sauf miracle d’un don. Un bonheur atténua légèrement cette nouvelle car, à la fin de l’office de minuit, Alix manifesta enfin de l’intérêt pour ses enfants.  
Dignité oblige, Justin ne chiala pas, mais presque en assistant à la réunion tant attendue de tous le De Brent. Sam commenta :
 

Tu vois, ça existe, les miracles…Tu crois que le Père Noël aussi !?
 
Qui sait ??  
 
Pas de grands tralalas chez les Davenport pour célébrer en privé cette solennité. N’étaient-ils pas déjà repus des agapes de la fête à l’hôpital ? Justin, évidemment, n’avait cependant pas pu s’empêcher de déposer un paquet sous le sapin. Il rigolait en douce de sa surprise, sauf que celle-ci fut éventée magistralement pas les aboiements furieux de leur nouveau compagnon, ou plutôt copine : la chienne Ursula Wistham de mouron rouge, au pédigrée à rallonge, la magnifique golden retriver arrivée à 4 mois et déjà pleine d’entrain.
Sam courut soustraire la boîte enrubannée à Urs et, lorsqu’elle l’ouvrit, elle rigola.  
 
M’en veux pas, dit Justin pas embarrassé pour autant. Les ai trouvés dehors… avec ce froid…
 
Mélange incertain, Bik et Lor ( abréviations d’elfes très connus) entrèrent dans la famille pour leur plus grand bonheur et… désagréments immédiats. Folle, Urs sauta partout, renversant le sapin, la crèche et autres décorations. Les maîtres s’en épongèrent les yeux de rire, ça leur fit un bien fou, pas à dire après tant d’émotions malgré l’angoisse permanente au sujet de J.O.  
Sur l’oreiller, dès le calme revenu, Justin se laissa aller sur un sujet tu jusqu’alors :
 
J’ai aussi une autre nouvelle, au sujet de John… Ouais, on a poursuivi l’investigation surtout qu’il nous a fourni les éléments manquants, ce diable de taiseux ! … On est sur le point de ferrer son assassin… Avec Max et Michael, oui… tu vois, on pense à ton ami d’enfance !! … un truc étrange dont nous ne cernons pas encore tenants et aboutissants… Gilmore y serait mêlé…  On pioche sur le pourquoi…
 
Rêveuse, ayant sans doute ses idées à part, Sam s’étira… comme les chatons lovés contre eux.
Plusieurs jours s’écoulèrent. Pour une raison inconnue, ils ne purent pas visiter J.O. Ysaline déserta la clinique et Erik se montra ferme dans le blackout.  
Le nouvel-an approchait à grands pas, avec les De Brent une réunion était prévue pour franchir ce cap du saut de millénaire. Néanmoins, quelques obligations primaient avant de se rendre chez leurs amis, notamment celle de balader Urs. Justin aimait cette « corvée », loisir qui lui permettait de dresser convenablement la chienne tout en l’habituant à des déplacements… peu ordinaires. Le 31 au soir, il ne manqua pas à son devoir et transplana avec le labrador. Visiter, de loin, son ancien domaine, flanquait toujours la nostalgie à Davenport. Pas qu’il n’appréciât pas sa nouvelle demeure, loin de là. Mais imaginer que pleins d’étrangers fréquentent bientôt ses murs, même ce fait étant voulu…
Les travaux avançaient bien. L’immense bâtisse serait une annexe de la proche clinique des Von Falkenberg, de quoi assumer longs séjours et retraite aux demandeurs dans un cadre idyllique.
 
Pied, Urs !
 
Docile, la chienne suivit les pas de son maître qui la dirigea vers Stillworth House.  
Était-ce une idée ?  
 
Urs, calme !
 
Ça sentait vraiment le cramé.  
 
*NDD !!*
 
Les partonus s’envolèrent…  
 
La pauvre Urs fut évaporée vers son gîte tandis qu’au compte-gouttes, les potes débarquèrent.
 
C’est affreux, dit-il à Michael, la partie des soins gratuits est ravagée. Erik demande à ce que l’on s’occupe d’évacuer l’autre !
 
Ce fut le chaos. D’un côté les pompiers moldus arrosaient ce qu’ils voyaient, de l’autre la brigade magique alliée aux sorciers présents fait le reste. Déménager tout le monde demanda réflexions et précautions. Aguamentis et oubliettes furent distribués largement tandis que de nombreux transplanages se pratiquèrent avec brio. Il fallut mêler secouristes moldus et sorciers pour sauvegarder tout le monde mais le bilan fut assez positif au bout de quelques longues heures de lutte acharnée.
Magie aidant intensément, on minimisa l’aspect extérieur de l’aile gauche, histoire de la rebâtir plus aisément ensuite. Néanmoins, effacer toutes les mémoires était impossible...
Crevé, Justin enserra Sam :
 
Ça va être coton de démêler ça ! Il n’y a pas de victimes, ouf ! Tu sais que j’adore quand tu sens le cramé ma douce, mais on ferait bien de rentrer nous changer… Non, pas chez eux. Opal a convaincu tout le monde d’aller chez elle… Sais pas si Alix sera d’accord… on verra.    
 
Chez les McLane, ambiance ! Finalement, les De Brent se pointèrent aussi pour le plus grand soulagement d’Erik passablement débordé avec sa clique familiale. Pas de Von Falkenberg à l’appel, par contre. Marrant de voir Opal en parfaite maîtresse de céans, elle qu’il l’avait connue si brouillon jadis. Avec Matt, son frangin parrain de son homonyme, l’entente coulait de source. Les Smith, présents également, festoyèrent aussi joyeusement que les autres en exhibant leur petit trésor de fillette qui rejoignit rapidement la nursery surpeuplée. L’air soucieux de Michael attira fatalement Justin à s’approcher de son pote peu entrevu depuis le miracle de Noël :
 
Dis-moi, ça va comme il faut avec ta famille ?  
 
La réponse affirmative manquait de… sincérité. Pas dupe, Justin crut bon d’extrapoler :
 
Tu sais… après ce qu’elle a subi, je crois que c’est assez normal qu’Alix soit si… « louve »… ah… oui, 20 fois par nuit, pas la joie *Pourvu que Sam ne fasse pas pareil !*… Laisse-lui le temps de se reprendre en main…
 
Apparemment, Mrs. De Brent ne s’éloignait quasi jamais des louveteaux… Ils n’évoquèrent pas les suites des ravages causés par Manon, se contentant des réjouissances actuelles et de leur « affaire » :
 
Je voudrais, qu’avec Max, on discute sérieusement pour John… Ah ? Toi aussi ?...
 
Se sentant un peu exclu de sa « Tanière » Michael avait beaucoup débroussaillé le chemin menant à l’exécuteur nommé Browning. L’écheveau de ficelles allait éclater.
 
Aux douze coups, Opal leva sa coupe :
 
Bienvenue l’an 2000… Ce qui tombe se reconstruit…Nos malades guérissent, nos enfants grandissent, d’autres vont naître…nous sommes heureux, unis…et vivants !
 
 J’adore déjà l’an neuf, ma chérie, dit-il en embrassant follement sa Sam. Il ou elle sera avec nous, ce sera le plus bel enfant du monde !!
 
 2 Janvier
Relâche au restaurant, yepee ! Ravi d’avoir son épouse tout à lui, Justin lui avait préparé un somptueux petit déjeuner qu’il lui porta au lit très… Occupé.
 
Urs, dégage de là !  Bik, Lor, vous avez un panier !! Ouste !
 
Plateau enfin posé, il s’assit près de son épouse, lui versant son café :
 
Grande nouvelle pour commencer cette matinée : J.O va très bien ! Il pourra sortir fin de la semaine… non, on ne va pas l’embêter avec ça ! On attend d’en savoir plus au sujet de l’implication de son père. Michael pense mettre la main sur Browning aujourd’hui ou demain… John ? Sais pas… pas causeur ce mec.
 
L’instant suivant, Michael appela. Bondissant du lit, Justin enfila une veste :
 
On va cuisiner ! Je t’adore, je te tiens au courant !
 
Lorsqu’il se matérialisa à l’adresse indiquée, Justin vit débarquer Max quasi en même temps auprès d’un Michael furax : l’oiseau s’était envolé. Pourtant la piste était encore chaude, voire bouillante comme l’attestait une cigarette fumante sur la table près d’une tasse au breuvage  brûlant.
 
Il n’a pas pu s’évaporer ainsi, il n’est pas sorcier !
 
Leurs conclusions allèrent droit dans la même voie : on les avait devancés. Qui ? Pas de magie pour deviner :
 
John ! Ça ne peut être que lui !  
 
Max qui le connaissait le mieux expédia un patronus de recherche et, bientôt, ils déboulèrent à trois dans une sorte de cave où un homme ficelé subissait un interrogatoire musclé.  
 
Expelliarmus !
 
La baguette s’échappa de la main de Smith tandis que Max le ceinturait et que Michael lançait un revigor au malmené.
Calmer John ne fut pas une mince affaire mais, raisonné, il s’expliqua et l’interrogatoire interrompu reprit. Que n’avaient-ils de véritaserum sous le coude !
Max transplana en chercher auprès de sa femme.
 
On te terrorise, pas vrai Browning. Tu ne t’attendais pas à cela, non ?
 
Vous êtes fous, des monstres ! Mon Dieu, aidez-moi !
 
Avec le véritaserum et quelques baffes pour se défouler, l’oiseau chanta. Histoire simple, finalement. Un coup de fil, une cible donnée, meurtre assuré. Beaucoup de pseudonymes se révélèrent, cette organisation aimait l’anonymat.
Emballé et pesé, le colis fut livré aux autorités moldues mais la grande question demeurait : pourquoi feu le Duc de Gilmore en voulait-il à la peau de John ?  Même avec le contrat stoppé, nul n’en savait plus.  
Les quatre justiciers en débattirent à seuls autour d’un verre chez Michael où Alix brilla par son absence.
 
John, t’es devenu très pote avec J.O mais c’était après le décès de son père… Tu as vraiment eu l’impression qu’il voulait te descendre au mariage ? …
 
La conversation tourna autour des Gilmore et Max osa soulever un pan de secret professionnel dévoilé par son Ysaline. Apparemment, John avait tu de nombreuses choses dont un don de moelle osseuse.
 
Et ça ne t’a pas semblé étrange que J.O en subisse une peu après ? Si ça tombe, vous êtes parents !
 
CQFD ?...
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Re: Si j'avais su...

Message par Samantha Forrester le Sam Aoû 02 2014, 18:25

La magie de Noël était bien là ! Pas de père Noël avec traîneau et rênes mais on avait le cœur en fête et ça suffisait largement !  Ce qui s’en suivit, à leur retour à la maison, manqua sans doute de solennité mais ne fut pas moins une expérience trépidante.
 
Bon sang, folle bête, pas touche mon paquet !
 
Sans se soucier de sa belle robe, elle s’assit à même le tapis, et défit soigneusement le ruban du cadeau. Pendant un instant très bref, Sam resta interloquée face aux deux minets, qui serrés l’’un contre l’autre, la regardèrent avant de commencer à miauler.
 
Des…chats !...Ce sont de chats !!!, s’exclama  t’elle en riant, des petits chats !!!
 
M’en veux pas, dit Justin pas embarrassé pour autant. Les ai trouvés dehors… avec ce froid…
 
T’en vouloir ?...Tu es dingue…c’est le plus merveilleux cadeau qu’on m’ait jamais fait…c’est merveilleux…eho, vous deux…où…URS !!!
 

La golden retriever avait fourré le nez dans la boîte, trop pour les deux chats qui déguerpirent à toute, suivis à l’instant par la chienne qui croyait au meilleur jeu du monde. En moins de cinq minutes le séjour ressemblait à l’épicentre d’un séisme.  Les minets, du haut de l’étagère à livres la plus haute, reprenaient leur souffle et narguaient Urs qui aboyait comme dingue.
Cela prit un moment apaiser les esprits exaltés.  On baptisa les minets Bik et Lor, en honneur des deux elfes bien connus, et après des présentations en bonne et due forme on laissa les animaux régler l’affaire à leur façon, ce qui n’alla pas plus mal.
Les aveux faits par Justin un peu plus tard, dans leur nid douillet la laissèrent songeuse.
 
Ainsi John vous avait tu cette information…Drôle de pion, ce John…Non, je l’aime bien, au contraire, mais tant d’embrouilles, ça donne de quoi penser…oui, surtout  savoir que feu le duc trempait dans l’affaire…Pourquoi ? La question est bonne, mon chéri…et me doute que la réponse n’en sera que plus surprenante…
 

Pas timides pour deux sous, les minets trouvèrent le chemin du confort assuré et s’installèrent, sans demander l’avis de personne, entre eux, bien au chaud. Sam souriait aux anges en s’endormant.
 
La semaine après Noël fut assez calme au restaurant, lui laissant le temps de souffler et s’occuper à autre chose. Justin avait pas mal sur les bras avec sa chasse à l’homme, elle en profita pour commencer à décorer la pièce destinée au bébé.  Fêter le Nouvel An avec son père et tante Babs lui aurait plu, cela faisait un bout de temps qu’ils ne s’étaient pas vus. Gerry était en pleine campagne de  promotion de son dernier roman et tantine connaissait un succès fou avec sa nouvelle pièce de théâtre. 
 
*Bien joli tout ça…mais ils me manquent…on devrait leur faire une visite-surprise…*
 
C’était un peu tirer des plans sur la comète vu l’emploi du temps plutôt serré et compte tenu que de l’autre côté de l’Atlantique on ne semblait pas s’ennuyer non plus, faudrait vraiment faire des efforts pour trouver LE créneau.
L’appel exultant d’Angel  communiquant que J.O avait eu droit à son miracle lui fit oublier toute autre chose. La greffe de moelle avait eu lieu le jour de Noël et grâce à une compatibilité extraordinaire, tous les espoirs étaient permis.
 
*Décidément, cette année finira mieux que prévu, après tout !*
 
Justin avait à peine passé le seuil  que Sam lui tombait dessus mode tourbillon joyeux pour lui donner la nouvelle du jour.
 
Il va s’en tirer…J.O va mieux ! Ils n’avaient rien dit jusqu’à être sûrs que ça marchait… et voilà : c’est confirmé…On peut pas le visiter pour le moment mais Angel a promis de nous tenir au courant…C’est merveilleux…j’adore quand les choses marchent si bien !
 
Mais bien sûr, tout n’est pas exactement comme on s’y attend. En guise de joyeux réveillon de la St. Sylvestre ils se retrouvèrent à éteindre un incendie. Pas des moindres : la nouvelle Stllworth House Clinic flambait comme feu de joie.  Heureusement que l’intervention conjointe de moldus et sorciers, sans soupçon de part et autre, mit fin au sinistre avant que cela ne s’étende à catastrophe de grande envergure.
 
Encore une chance que tu sois nostalgique, mon chéri…si tu n’avais pas baladé Urs dans le coin…Dieu sait ce qui serait arrivé !...On a un de ces airs…jouer les pompiers, c’est affreux pour la mise, rigola t’elle une fois en sécurité dans ses bras.
 
Pas de victimes à déplorer, de quoi réjouir tout le monde et de chambouler un peu les plans de la soirée.
 
Ah bon ? On va chez Opal et Erik…J’espère qu’Alix agréera…Oui, allons-nous changer, on verra bien après !
 
On devait le reconnaître, les McLane avaient le chic pour animer une soirée.  Tout le monde s’amusait joliment…sauf Alix De Brent, à moins que sa façon de le faire soit de passer tout le temps à surveiller le sommeil de ses enfants.  Une des fois où la mère dévouée abandonna la réunion, Sam lui emboita le pas.
 
Je suis très contente de te voir si bien portante…et les enfants sont merveilleux…Oui, je comprends que tu veuilles être avec eux mais…Ah bon ?...Tu ne voulais pas venir et Michael a insisté…Oui, les hommes…*Sais pas, moi…le mien est parfait !* faut le comprendre, ma chérie, c’est son frère…tu sais, la famille, c’est important…
 
Son petit discours si gentil  et réconfortant passa de large, sans que la maman ne s’en émeuve. En fait Sam eut l’impression qu’elle s’en fichait comme d’une guigne. Essayer de la convaincre pour qu’elle se joigne aux vœux pour le nouvel an se solda par un échec. Résultat, un Michael passablement mal luné, le reçut l’an 2000 sans sa femme et cela, foi de Sam, semblait drôlement l’affecter.
 
Les vœux d’Opal furent reçus avec  une ovation émotive alors que Sam rayonnait de bonheur en échangeant les siens avec son Justin.
 
J’adore déjà l’an neuf, ma chérie, dit-il en l’embrassant follement,  Il ou elle sera avec nous, ce sera le plus bel enfant du monde !
 
Je t’aime, Justin Davenport et ELLE sera l’enfant la plus comblée du monde…comme ça, tu seras entouré de femmes qui t’adoreront irrémissiblement.
 
Quel début d’année ! Les bonnes nouvelles, pour une fois, se bousculaient au portillon. D’un côté, J.O en franche rémission  rentrerait chez lui très bientôt, d’autre part, le tueur à gages qui courait après la peau de John Smith fut finalement pincé, écroué et livré à la justice.
 
*Oui, mais il reste pas mal de questions en l’air !*
 
Il était peut-être temps de réunir ces messieurs, si secrets dernièrement, et les passer tout bonnement à la question avec exposition claire des tenants et aboutissants obtenus jusque-là. Mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Michael  s’avérait plus ou moins inabordable, Max vivait en plein stress de reconstruction, John jouait les sphinx, Erik, lui, vivait dans son limbe médical et ne devait rien ou à peu près rien savoir, quant à J.O, pas question de le mêler à un truc aussi sordide sans avoir des preuves. Restait donc son Justin chéri qui ne la voyait pas trop venir ni le ferait…à moins d’ être mis sur la sellette, sans préavis…
Mais avant que tout cela ne se passe, des événements inattendus vinrent, encore une fois, chambouler cet ordre si laborieusement établi, alors qu’on croyait, vive l’optimisme, la plupart des pions en place et une solution quasi plausible, (Sam ignorait laquelle), à portée de main…
L’ambiance était festive chez les Strang pas qu’on fit la fête au sens propre mais compte tenu de l’affluence d’amis qui sans s’être donné rendez-vous, arrivaient tous voir J.O, la petite visite de courtoisie finirait par prendre des allures de joyeuse sauterie.
Pâle, émacié, J.O était encore loin de retrouver son fringant entrain. Il venait de s’en sortir de justesse d’une épreuve terrible et une longue convalescence l’attendait, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir l’air d’être le plus heureux des hommes, en couvant sa duchesse d’un regard qui disait long sur les sentiments que ces deux-là partageaient si bien.
 
Tu vois bien…te revoilà parmi nous !, dit Sam en l’embrassant bruyamment, faut dire que tu nous en as fichu, une drôle de frousse…faudra venir souvent au Senses, faut décidément te remplumer…
 
La duchesse douairière, qui agissait toujours comme si cette maison était la sienne, fit migrer ce petit monde au salon, assurant qu’on y serait plus à l’aise.
 
Je me demande comment notre petite Angel supporte sa belle-mère !,  souffla Sam à son mari, Magnolia n’est pas méchante, loin de là, mais veut toujours avoir la vedette, surtout avec J.O…elle ne lâche pas son poussin, celle-là !, elle se tourna vers Megan Smith suivait la scène de l’installation d’un œil exercé et se marrait, elle aussi, en douce, la belle scène familiale…pas à dire, il est empressé l’oncle George…Oui, Justin le connait bien, je dois dire ne pas pouvoir trop le souffrir…il me semble un peu faux…enfin…
 
Ce qu’elle allait dire resta en l’air, son attention venait de tomber sur un détail assez extraordinaire. Le duc, son oncle et John Smith, étaient placés presque en dessous d’un très beau table représentant le défunt Duc de Gilmore et sa femme en tenue de grande soirée.  Sam fronça un peu les sourcils alors que son regard allait du tableau aux trois messieurs et de ceux-ci au tableau.
 
Mince alors…, laissa t’elle échapper d’un fil de voix en se tournant vers Justin qui avait, vraisemblablement remarqué la même chose qu’elle, c’est…incroyable !
 
Megan n’avait non plus manqué de tomber sur l’évidence. Heureux ou malheureux hasard ?  J.O ne tenait pas trop de son père, il était plutôt Westwood, par contre, et contre toute attente, entre feu Howard Strang et John Smith, la ressemblance frappait d’autant plus que l’air de famille avec George Strang était plutôt flagrant.
 
Voilà qui en explique, des choses !, murmura t’elle, sentencieuse, Meg…ce serait mieux si John ne restait pas sous le tableau…
 
La jeune femme avait compris au quart de tour et alla, en toute naturalité rejoindre son mari qu’elle s’arrangea pour éloigner de l’évidence. L’arrivée de nouveaux visiteurs fit distraction. John était trop perspicace comme pour ne pas se douter qu’ils cachaient quelque chose. Justin, très diplomate, le mit au parfum de leur découverte, ce que le brave homme ne put réfuter, depuis le temps que certaines coïncidences s’entêtaient à le confirmer.
 
Non, bien sûr que non, on ne va rien dire à J.O, pas pour le moment…Ah bon ? Angel se doute de quelque chose ?...Ah, plus que ça, elle sait…Non, je ne pense pas qu’elle en parlera…mais bien sûr, tôt ou tard, J.O finira par tirer ses propres conclusions, s’il n’avait pas été si malade, il aurait déjà mis le doigt dessus…ce qui sera plus rude à gober est que son père voulait John mort…et maintenant on sait pourquoi…
 
Silence plein de componction s’en suivit. On aurait pu presque entendre le rouage de leurs cerveaux où cavalaient les idées les plus folles.  Avant que Magnolia Strang n’émette l’idée de retenir tout le monde à dîner, ils prirent poliment congé. J.O qui ne semblait pas trop accorder ses violons avec la famille paternelle aurait voulu sans doute les retenir mais il avait l’air fatigué.
 
Ce qui n’empêche pas que nous pourrions dîner ensemble, quand même…Oui, je sais que vous deux, parents exemplaires voulez retrouver votre petite Beth…mais ça peut s’arranger…suffit d’un petit tour de passe-passe et nous aurons un dîner délicieux…Ok, chez vous alors…
 
Peu après, le service-traiteur du Senses livrait le dîner promis. Laissant ces messieurs discuter au séjour, Meg et Sam s’occupèrent de dresser la table et donner les dernières touches au repas, tout en bavardant.
 
Alors, comme ça…Angel et J.O voulaient pister le frère perdu…Dieu, et dire qu’il était tout le temps si près…Comment le prend John ?...Oui, me doute bien qu’il ne veuille rien savoir des Strang…mais je suis sûre que J.O sera très heureux de savoir que c’est lui, son frère…tu sais, je le connais depuis très longtemps …être fils unique lui a toujours pesé…surtout avec un père pareil…enfin…
 

Ce fut une agréable soirée entre amis, mais il faisait bon rentrer à la maison et retrouver chien et chats en bon ménage.
 
Si toutes les histoires pouvaient finir si harmonieusement…, soupira t’elle en distribuant des câlins, mais ce serait trop facile, non ?...
 
La suite des événements ne tarda pas à lui donner raison.
Le téléphone sonna juste au moment où se matérialisait le patronus. L’appel venait d’Opal, le patronus d’Ysaline et les deux avaient en commun d’être porteurs de mauvaises nouvelles.
 
J.O empoisonné…Erik arrêté ! ?...Mon Dieu, Justin, on est en plein délire…On est convoqués, chéri…à la Clinique…
 
La Police était au rendez-vous…Tout comme John Smith, convoqué aussi. Michael ne tarda pas à apparaître de fort mauvaise humeur, réclamant des explications sur l’arrestation de son frère. L’inspecteur en chef Crowley  l’ignora de son mieux, chose difficile et fit sa petite déclaration :
 
Les faits sont les suivants, messieurs-dames, Sa Grâce le duc de Gilmore a été, vraisemblablement victime d’une tentative de meurtre, vous tous, ayant été présents en heure et lieu lors des faits supposés êtes tenus, raclement de gorge gêné, comme suspects …
 
S’en suivit un petit discours à peine édulcoré fait par un inspecteur mal à l’aise face à ces « suspects » qui le dévisageaient d’un air pas commode du tout.
 
Je veux bien être suspectée, c’est normal, assura Sam très calme tout en promenant son regard sur les présents, mais il me semble, cher inspecteur qu’il manque du monde…Lord George Strang, par exemple, son épouse lady Marguerite et leur fils, Henry…
 
Air ahuri, voire outragé du représentant de l’ordre.
 
Madame…Lord George est au-dessus de tout soup...

Elle ne se gêna pas le moins du monde de lui couper gracieusement la parole.

Mais je vous en prie, être l’oncle de James Strang n’est pas garantie d’innocence, bien au contraire, à mon avis…puisque vous nous suspectez, nous, les amis de Sa Grâce, je ne vois pas pourquoi il n’en serait de même pour la parenté qui, si vous y pensez bien, a bien plus de raisons pour baigner dans l’intrigue…
 
L’inspecteur Crawley maudit sa chance…
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Re: Si j'avais su...

Message par Justin Davenport le Ven Aoû 08 2014, 23:19

Une fille ? Sam attendait une fille ? Ô merveille ! Cette révélation au réveillon laissa Justin  absolument ravi, enchanté, béat. À l‘encontre de beaucoup de mâles, il se fichait que son héritier soit une héritière au final. 
 
Je t’aime, Justin Davenport et ELLE sera l’enfant la plus comblée du monde…comme ça, tu seras entouré de femmes qui t’adoreront irrémissiblement.
 
Que souhaiter de plus ??
 
Bah, j’aurai Voronwé et Lor dans mon camp, avait-il rigolé en enlaçant son adorée.  
 
Peu de temps ensuite pour se pencher sur les jolis prénoms auxquels il s’attarda autant que possible car la ligue des justiciers mit la main sur le fameux Browning. Pas évident de faire causer le gars. Ils n’en tirèrent qu’une confirmation : le duc de Gilmore commanditait l’assassinat de John.  Ce dernier niait l’évidence. Pour tous, il ne faisait aucun doute qu’il était l’aîné des Strang.
Somme toute, Justin pouvait le comprendre :
 
*Pas évident d’hériter d’un titre pareil sans préparation et d’apprendre que votre géniteur a voulu vous descendre…*
 
Rendre visite à J.O enfin sorti d’affaire, et de l’hosto, était plus un plaisir qu’une formalité amicale. Sam ne le connaissait-elle pas de longue date ? Y retrouver les Smith était très… naturel.
 
*Les deux font la paire, même s’ils ne l’admettent pas… encore…*
 
Bien entendu, les autres Strang proches se pointèrent également.  Que dire à leur sujet ? Henry était, selon Justin, un mou. Pas qu’il soit incapable de voler de lui-même mais étouffé par des parents surprotecteurs, son parcours à Poudlard le démontrait. Nul au quidditch, fuyant les Serpentards comme la peste, Henry ne faisait QUE ce qu’on lui disait de faire… maman Marguerite, surtout. George, le frère d’Howard, Justin l’avait plusieurs fois croisé en affaires. Ils ne sympathisaient pas…
 
*Genre de type sournois… m’a jamais plu…*
 
Eh merde ! Le hasard du déplacement au salon assit John et George côte à côte sous le grand portrait de famille. Il ne fut pas le seul à remarquer la ressemblance extraordinaire :

Mince alors, c’est…incroyable ! lui souffla Sam.
 
Chut ! murmura-t-il en retour.
 
Megan avait aussi réalisé la chose et, fort habilement, elle poussa son époux loin des évidences.  
 
*Lui dire ou pas ??*
 
 Se jetant à l’eau dès qu’il en eut l’occasion, il accrocha Smith :
 
Mon pote… pas facile à dire mais ce que l’on a évoqué est plus que flagrant, là…
 
John réagit avec fougue :
 
STOP ! Même, je dis bien même, si ce que tu avances est vrai, je ne veux pas en entendre parler, compris ?
 
Comme tu veux, mais tôt ou tard tu n’y couperas pas !  

 D’autres arrivants firent diversion, temps de s’éclipser non sans que Sam ne lance une perche aux Smith :
 
… parents exemplaires voulez retrouver votre petite Beth…mais ça peut s’arranger…suffit d’un petit tour de passe-passe et nous aurons un dîner délicieux…Ok, chez vous alors…
 
Là, Justin essaya encore de faire entendre raison à John qui se mura, quasi hostile, sous des dehors affables.
 
Drôle de mec, celui-là ! finit-il par dire à sa femme après une soirée plutôt cool au bout du compte.
 
Sam ne pensait qu’à câliner… les bestioles, il fit avec.
Un jour sans pépin ? À d’autres !  L’appel nocturne émanant d’Ysaline les prit de court :
 
 J.O empoisonné…Erik arrêté ! ?...Mon Dieu, Justin, on est en plein délire…On est convoqués, chéri…à la Clinique…
 
C’était pire que du délire, surtout après le petit discours navré de l’inspecteur Crowley qui ne tergiversa pas en… les suspectant hautement de la tentative d’empoisonnement sur J.O.  Sam ne garda pas sa langue en poche :
 
… il me semble, cher inspecteur qu’il manque du monde…Lord George Strang, par exemple, son épouse lady Marguerite et leur fils, Henry… 
 
Elle n’avait pas tort mais comment espérer que cet obtus pointilleux ose admettre une telle éventualité ?  Le pire fut que son épouse chérie indique :
 
… puisque vous nous suspectez, nous, les amis de Sa Grâce, pourquoi il n’en serait de même pour la parenté qui, si vous y pensez bien, a bien plus de raisons pour baigner dans l’intrigue…
 
Que n’avait-il le don du bloclang à distance ?  
C’est assez énervé qu’il escorta sa femme chez eux. Un double scotch le calma à peine :
 
Te rends-tu compte de ce que tu as suggéré à cette fouine ?... nous avons fait le rapprochement existant entre J.O et John, crois-tu Crowley incapable de faire pareil ? Il ne voudra pas entacher les intouchables Strang. John est un magnifique suspect à présent !
 
Fâché, non ! Tracassé beaucoup. Se faire pardonner son énervement fut, heureusement, relativement aisé. Parler du futur bébé aplanissait bien des choses :
 
… j’ai pensé à Dorothy, à moins que tu ne préfères Molly ou Barbara… oh, pardon, j’avais oublié ta grand-mère…
 
Le mois précédent, les Davenport avaient osé avouer l’heureux événement et, comme de bien entendu, il fallut démontrer beaucoup de diplomatie pour éviter l’envahissement des Forrester.  
Quotidiennement, Sam recevait des coups de fil ou des mails pour s’informer...
 
*Une veine qu’ils ne soient pas sorciers, sinon les patronus seraient légion ici…*
 
… note que je n’ai rien contre Ellen, comme ma mère… Mary est un peu trop commun… Enfin, on a le temps devant nous… Mais, pardon si je saute du coq à l’âne, si je puis dire, faut sortir Erik de cette embrouille. Je connais un peu Albermale, avocat… antique… L’ennui est qu’il n’accepte que très peu d’affaires… Ah ? Les Von Falkenberg ont eu affaire à lui ?
 
Décidément, entre femmes certains potins circulaient.
Le lendemain, Justin se fit un devoir d’aller réconforter Opal, sa copine depuis des lustres :
 
Tu sais comme moi, qu’Erik est incapable d’un tel acte criminel… Les apparences sont contre lui mais je suis sûr qu’il y a une explication très logique… Max et Ysaline l’ont recruté ? Bigre ! Attendez-vous à du n’importe quoi de… fracassant…
 
Michael, évidemment, puisque frère de l‘accusé, n’était pas à prendre avec des pincettes. Bizarrement, son pote lui sembla cependant plus serein qu’à leur dernière rencontre. Alix serait-elle enfin revenue à de meilleurs sentiments ? Quoiqu’il en soit, on débattit de Nielsen avant tout. Ce que lui apprit De Brent au sujet de la disparition « définitive » de l’assistante personnelle du toubib lui fit dresser les cheveux :
 
… Si falsification de dossiers il y a eu, elle était au première loge… c’est moche !  Qui sera président du procès ?... Merde, c’est pas vrai ???

Par quel maléfice cette sorcière était-elle revenue en haut lieu ? Déjà qu’elle voulait la peau de Michael, celle de son frère serait un régal pour elle…
 
Pourvu qu’Albermale la fasse révoquer…
 
Salle bondée, etc. Habitué à ces séances auxquelles il avait souvent participé en tant qu’Auror, Justin ne s’émut point du « spectacle » offert. Par contre, ce qui le sidéra fut l’introduction du défenseur. Ne voilà-t-il pas qu’il réclamait des mesures de protections contre les influences possibles d’Erik envers la cantonade ?
Il n’avait pas tort, dans un sens… cela prouverait l’impartialité du suspect, et donc des débats. L’accusation ne rata pas son entrée non plus :
 
Afin de rappeler les faits, Dr Nielsen, il est avéré que certains de vos dossiers sont, sans conteste, complètement fallacieux. Vous avez été testé négatif aux drogues citées, que faisiez-vous des quantités inventées ? Vous les revendiez ?

Objection ! Conjecture dans le but d’influencer l’honorable cour, souleva Albermale.
 
REJETÉ ! Tous les éléments doivent être révélés, frappa le maillet de la présidente.  Poursuivez donc, maître.
 
Dieu qu’il détestait cette femme ! Justin n’était quand même pas le seul à remarquer les sourires satisfaits, bourrés d’ironies sadiques, de cette ennemie de De Brent ?
 
Quelle étaient vos relations exactes avec votre assistante, la regrettée Miss McPherson… professionnelles ?… Commode…
 
Objection ! Sous-entendu préjudiciable…
 
On négligea la remarque. La suite ne fut qu’une longue énumération des motifs – très valables, hélas- qui auraient poussé Erik à des actes répréhensibles.
 
Albermale n’avait pas pu en placer une… on se jetait droit dans le mur.
Soirée paisible au coin du feu avec un bras autour des épaules de Sam et une main sur son ventre qui s’arrondissait un peu :
 
… Pas géniale cette 1ère journée de débats, conclut-il morose. Des nouvelles de J.O ?... sais pas si le silence de Crowley est bon signe… Pour en revenir à Erik, Michael à qui j’ai pu toucher deux mots à la suite de cette comédie de procès a quelques idées intéressantes… t’as tous bon !
 
Faire comparaître le Dr Brahms, ou le confronter à Alix serait sans doute révélateur. Le tout était de favoriser les situations…
 
La nouvelle séance se tiendrait à 9 heures, cette fois. En compagnie de Sam, Justin déjeuna avec les De Brent. Bien sûr, la majorité de la conversation tourna autour du procès en cours. Alix était d’accord de coincer Brahms mais, plus habile qu’une anguille, l’éminence des médicomages déjouait toutes les tentatives d’approche.
 
… Ouais, à croire qu’il connait le pouvoir de ta femme pour connaître les secrets les plus enfouis… Au tribunal ? Il est entouré d’une escorte solide… vous avez pu voir le corps de McPherson ?... Merde !
 
L’assistante avait été retrouvée bourrée de médocs, précisément ceux supposés avoir été détournés par Erik. De plus, le décès remontait à une heure de repos du suspect officiel qui avait donc eu le « loisir » d’effectuer le crime.
 
Ne manquerait qu’une paire d’idiots pour jurer avoir vu ton frère chez elle, ce qui – avec du polynectar – est tout à fait possible… Il nous faudrait un témoin de la présence d’Erik à la clinique Stillworth au même moment…
 
Michael s’arrachait les cheveux : Ysaline ne pouvait le certifier.
 
Et le jour de l’incendie ?
 
Pas plus de certitude, Nielsen se déplaçait aussi vite que tout bon sorcier là où nécessaire.
Petite lueur d’espoir : des rapports d’interventions avaient été consignés par d’autres mains que celles de McPherson, ce jour-là. Justin, loin d’être optimiste pour autant, soupira :
 
Erik utilise depuis longtemps un retourneur de temps… pas impossible non plus qu’il puisse apparaître deux fois au même moment en des endroits différents.

Sam émit alors un « plan » pour forcer Brahms à quitter sa réserve…
 
*Ma foi…*

Audience full, une fois de plus. Sur le même banc, Justin était placé entre Sam et Alix. Max, un peu plus loin, suivait les débats en déplorant l’absence d’Ysaline. De son coin, Opal dévorait des yeux son mari entravé au siège des accusés.
Début houleux où l’accusation marqua des points en relevant tous les indices évoqués par les amis une heure plus tôt. Impossible de mettre au courant Albermale dans ce laps de temps. Il contra bec et ongles mais la présidente était pourrie… On allait jouer gros sans quasi de préparatifs. La clique des justiciers avait bien fait son boulot. Dans la salle, les seuls médicomages reconnus étaient Brahms et Nielsen. Soudain, très pâle, Sam sembla réclamer soutien de son mari. L’instant d’après, elle tournait de l’œil.
 
À l’aide ! supplia Justin. Ma femme est enceinte de quatre mois !

Erik étant cloué à son siège, après un flottement, Albermale apostropha Brahms :
 
Qu’est-ce que vous attendez ? Qu’elle perde son enfant ? Bougez-vous !
 
Les pieds de plomb face à l’auditoire, l’éminence alla vers la souffrante. Alix ne le rata pas…
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Re: Si j'avais su...

Message par Samantha Forrester le Jeu Aoû 14 2014, 10:35

Te rends-tu compte de ce que tu as suggéré à cette fouine ?
 
Justin n’était pas content, eh bien, elle non plus. Sam haussa les épaules, énervée.
 
Je sais exactement de quoi il en va, mon chéri. S’il n’est pas idiot, Crowley le fera, le rapprochement et comme tu dis, fera des pieds et des mains pour endosser à John toute la faute…c’est exactement ce que veut Strang, et ça le fera se sentir à l’aise pour agir à sa guise…et on sait de quoi on parle, non ?
 
Adorable, son mari changea radicalement de thème, mais Sam, la tête ailleurs, se livrait à d’autres réflexions.
 
… j’ai pensé à Dorothy, à moins que tu ne préfères Molly ou Barbara…
 
Et hop ! Retour au moment présent. Pendant deux secondes, elle considéra Justin comme s’il venait de lui parler en chinois.
 
Euh…c’est mignon que tu y penses déjà…voyons…Dorothy…*On n’est plus au Kansas, Toto !*Ça ne te plait pas vraiment, hein ? *S’il se trouve sa tante adorée, d’en avoir une, s’appelle ainsi…la gaffe !* Molly ?...Franchement …Barbara ?

Oh, pardon, j’avais oublié ta grand-mère.
 
Rien à voir avec ça…j’adore Babs…mais…non ! Pas plus que Géraldine ou Prudence…ou Pétunia, vous les anglais avez des idées très florales pour les prénoms…Dahlia, Amarilys…enfin…

Il aimait bien Ellen, comme sa mère. Mary ne lui disait rien puis tout de go, comme il avait entamé l’idée, Justin passa à autre chose et revint à leur présent tracas : Erik. Affaire difficile qui ferait des remous, surtout si l’avocat élu, une vénérable antiquité, s’avérait comme assurait Justin, d’une efficience fracassante.
Le moins que put penser Sam en assistant à la première journée de débats, fut que Me. Albermale avec son air désuet et folichon plein d’originalité, était plutôt dépassé par la situation. Que la cession soit menée de voix chantante par la Présidente au détriment du Procureur, agaça plus d’un mais l’odieuse de service entendait faire les choses à sa façon.
 
*C’est pourri de chez pourri !*
 
Erik, le pauvre n’en menait pas large et on commençait à s’énerver sévèrement dans les rangs des supporters de la cause.
 
*J’espère qu’Opal ne va pas mettre son boomerang en action…*
 
Elle n’en fit rien, mais l’envie l’en démangeait, Sam l’aurait juré. Michael écumait de rage et les raisons ne lui manquaient pas face à l’attitude de Dolores Ombrage, présidant avec le manque d’impartialité le plus flagrant jamais constaté.
C’est avec un soulagement non dissimulé qu’elle se laissa aller dans le divin divan après de son mari qui faisait le bilan, assez disgracieux, de la journée au tribunal.
 
Pas géniale cette 1ère journée de débats, conclut-il, morose, des nouvelles de J.O ?
 
C’était minable, le pauvre vieux n’en plaçait pas une, on devrait interdire à cette femme d’exercer…c’est honteux, une charade de la justice, se révolta Sam nichée au creux de ces bras rassurants, pauvre Erik…se voir mêlé à une histoire pareille…J.O ?...Il sera de retour chez lui, je m’imagine, celui-là par contre, a une chance folle…enfin, façon de dire…il s’en tire à chaque coup ! *Leucémie, poison…pas évident !*
 
On était sans nouvelles de Crowley, ce qui pouvait signifier n’importe quoi. À l’avis de Sam, qu’elle tut, le fameux inspecteur nageait dans la semoule sans espoir de s’en sortir ou peut-être tirait des brillantes conclusions et ne voulait les partager avec personne.
 
Pour en revenir à Erik, Michael à qui j’ai pu toucher deux mots à la suite de cette comédie de procès a quelques idées intéressantes…
 
M’en doute bien, il est tout chamboulé avec les mésaventures de son frère…La seule ressource, je suppose, est amener  le tel Brahms à vider son sac mais compte tenu que le bonhomme se méfie, on ne l’aura pas facile du tout !

C’était exactement de cela qu’il s’agissait. Ils devraient  trouver la manière de pousser le médicomage à passer aux aveux mais en ce moment, Sam n’avait pas trop la tête à ça ! Elle était fatiguée, énervée et préoccupée tant qu’à faire. Le Dr. Mayhew, qui suivait sa grossesse n’était pas trop satisfaite de la voir perdre du poids au lieu d’en gagner, même si pour les effets la santé du bébé était splendide.
 
Vous vivez en un état de stress constant, ma chère Lady  Davenport, je sais que vous y êtes habituée mais en ce moment, vous êtes enceinte et il faut se calmer un peu…Du repos, c’est de cela que vous avez besoin, à moins de vouloir naître votre fille avant terme…
 
*Pas de stress ! Avec tout ce qui nous tombe dessus…et le restaurant en plus…*
 
Elle dut promettre faire des efforts pour prendre les choses avec plus de calme, mais encore là, c’était plus facile à dire qu’à faire. Dans leurs mails et appels Gerry et tante Babs assuraient la même chose, sans se douter de la situation.
Le lendemain, c’était reparti pour une nouvelle ronde. Au petit déjeuner, en compagnie de Michael et Alix, décidément  en parfaite harmonie. Les dernières nouvelles n’étaient, hélas, guère encourageantes. L’assistante d’Erik morte par overdose et bien sûr les drogues étaient justement celles qui…et Erik qui utilisait un rétourneur de temps…parfait pour épaissir l’embrouille…
 
Je pense avoir une idée pour pincer Brahms…le type est médecin, un de très bon selon ce que je sais…si une urgence se suscite au tribunal il ne pourra pas se refuser à aider…Être enceinte et se trouver mal, ça va souvent ensemble…rien de quoi éveiller de suspicion !
 
On fait comme ça…au point où en sont les choses, ça ne peut pas empirer !, soupira Michael, lapidaire.
 
*C’est mort pour l’optimisme !*
 
Le début de la séance du jour concorda parfaitement aux idées défaitistes de la ligue au grand complet. Albermale se faisait anéantir par l’action conjointe, quoique non volontaire, du Procureur agacé, et de la Présidente infatuée qui buvait du petit lait avec cette descente en flammes de la Défense. Sam se sentait révulsée de dégoût face à cette attitude que personne ne songeait, ou ne savait comment contrer. Mais ce n’était pas seulement cela, depuis un moment, elle avait commencé à se sentir toute bizarre et ce ne fut pas dans le cadre de leur petite idée qu’elle accrocha le bras de son chéri.
 
Justin…ça va pas bien…je…je me sens vraiment mal !
 
La suite fut celle prévue sauf qu’elle ne jouait pas la comédie et s’évanouit pour de bon, ratant de bout à bout  ce qui se passa après.
En ouvrant les yeux, après ce qu’elle pensait un instant, Sam se retrouva allongée dans un lit, manifestement pas au Ministère avec un Justin livide penché sur elle, tout comme Ysaline et le Dr. Mayhew.
 
Mon Dieu…que …ah bon ? Tombée dans les pommes pour de bon ?...Oui, je ne me suis pas sentie trop bien…
 
Elle s’était trouvée mal, le Dr. Brahms accouru, bien malgré lui, à son secours, avait diagnostiqué un coup de stress ce en quoi les deux doctoresses présentes étaient tout à fait d’accord.
 
Prenez du recul, envolez-vous !, conseilla Ysaline en souriant.
 
Je concorde 100%, s’empressa d’ajouter le Dr. Mayhew, nous en avions parlé, ma petite dame, maintenant c’est confirmé…Il vous faut du repos…du recul comme dit ma chère collègue. Ne vous angoissez pas, Lord Davenport, votre épouse est têtue mais je suis sûre que vous n’aurez aucun mal à la convaincre…tout ira bien et vous aurez une fille superbe !
 
Sam aurait voulu avoir son petit mot à dire mais ces trois-là se conjuraient pour contrer tout avis qu’elle puisse émettre. À peine de retour chez eux, Justin, prenant au pied de la lettre les conseils médicaux exigea qu’elle se mette au lit et y reste, pendant qu’il s’occupait de tout.
 
De tout quoi !?...Tu vas t’occuper du resto ? Gérer tes affaires et aider Michael ? Tout en même temps !?...Mais non, voyons, je ne m’énerve pas…qu’est-ce que tu crois ?...Vais pas en faire une maladie, je me refuse à me laisser…Justin, non !...je ne vais pas…
 
Qu’il était obstiné son mari ! Le voilà qui prenait, joyeusement, sa vie en charge, rigolant de ses sautes d’humeur, assurant que tout irait à merveille.
 
Je ne vais pas rester au lit !...Bon…ok, pour aujourd’hui…mais après…Mais qu’est-ce que tu mijotes ?...Allez, dis-moi…Quel cachottier tu fais, mon amour…oui, je sais que tu te fais de la bile…je vais bien…ta fille aussi…Ah bon ? On ira mieux après…après quoi ?
 
Comment s’y prit-il ? Sam n’eut pas droit aux menus détails mais connaissant son cher et tendre, elle était sûre que tout frayait la perfection la plus absolue. Justin avait le don merveilleux de la débrouillardise en situations d’urgence et cette fois ne fit que le confirmer. Au deuxième jour de sa mise au repos, Chéri revint du tribunal, la mine réjouie, porteur de très bonnes nouvelles : Ombrage révoquée grâce aux bonnes œuvres d’Albermale, les débats avaient pu se poursuivre de manière idéale sous la présidence de Lord John Cavendish, connu par son sens de justice et probité et après une prestation spectaculaire de la Défense, Erik avait été  reconnu non coupable et libéré.  Seul point noir : Brahms avait pris la clé des champs.
 
Pas grave, il ira faire ses preuves dans quelque coin perdu…grand bien lui en fasse !...Je voudrais aller visiter les Nielsen et…comment que pas question ?...Non mais, tu ne prends pas les choses un peu trop au sérieux, toi ?...Ah bon, on prend l’avion dans deux heures ?...Pour aller où ?
 
Il en faisait des secrets, cet homme merveilleux.
Un long vol, tout confort. En fait, en jet-privé, tout le monde aux petits soins avec elle, le voyage tint du rêve pour Sam, dont la seule fatigue  fut celle d’essayer de deviner leur destination, mais Justin avait bien ficelé sa surprise et personne ne voulut lâcher le moindre indice. Rideaux fermés, elle dut se contenter de faire toute sorte de suppositions jusqu’au moment où le jet s’arrêta sur le tarmac et qu’on ouvrit la porte.  Une bouffée d’air chaud, aux senteurs de mer et tropique, la surprit.
 
Tu es unique, mon amour…absolument unique…comment savais tu pour cet endroit  que j’adore ?
 
La mer, toute proche scintillait de soleil. C’était juste le coin de monde où personne n’avait jamais entendu parler du stress…ou faisait semblant de l’oublier !
 
St. Thomas…on y passait nos vacances !...Comment as-tu su ?...Gerry t’en a parlé ?, elle se demandait bien quand l’opportunité s’en serait présentée mais toute à sa joie, suivit docilement le mouvement dicté par son chéri.
 
Il avait sorti le grand numéro, limousine inclus ! À son plus grand bonheur, ils dépassèrent Charlotte-Amalie et suivirent la route en bord de mer. Elle resta scotchée à la vitre, s’emplissant les yeux de ce paysage si familier qui lui avait tant manqué. Quand ils sortirent de la route principale pour emprunter un chemin privé, elle crut que son cœur s’arrêterait de battre illico.
 
Mon Dieu…ce n’est pas possible !
 
La maison surgit au suivant détour, nichée au creux de ce jardin féerique dont elle gardait de si bons souvenirs.  Les yeux noyés de larmes, elle se tourna vers Justin.
 
Je…je ne sais pas comment tu t’arranges… tu es l’homme le plus merveilleux du monde…tu me rends mon enfance, là !
 
Mais elle n’était pas encore au bout de ses surprises. À peine la longue limousine arrêtée face au perron, la porte s’ouvrit et Gerry suivi de tante Babs se pointèrent sur le seuil, en souriant de toutes leurs dents.
 
Au diable la retenue et les belles manières de la parfaite lady. Sam jaillit de la voiture comme diable heureux de sa boîte, en riant et pleurant en même temps. Belles retrouvailles, en vérité ! Justin avait bien orchestré sa surprise et lui offrait le paradis sur terre.
 
Je ne sais pas comment tu t’arranges pour être si merveilleux…Me sentir bien ?...quelle question, je ne me suis sentie mieux de ma vie !!!
 
Gerry et Babs restèrent trois jours, pas plus ! Suffisant pour combler son besoin de chaleur familiale. Papa continuait sa tournée, interrompue pour s’ajouter à la surprise monumentale. Tantine reprenait les répétitions de sa pièce.
 
Ciao ! Au revoir…à bientôt !, la voiture se perdit au détour du chemin, Sam se pendit au cou de son adoré, je les aime par-dessus tout…mais j’avais follement envie de rester enfin avec toi !...Il y a tant de choses qu’on va faire…Oh oui ! J’ai plein d’idées…
 
Nager, faire du windsurf, de la plongée, de la voile, explorer par ci, par là…et bien entendu, le marché local où Sam adorait se rendre de bon matin, panier au bras prête à piller les étals.
Après des journées au soleil, s’adonnant à diverses activités ou simplement à lézarder au soleil, à la tombée du jour, ils cuisinaient…des vrais et somptueux banquets, surtout pour le simple plaisir de se trouver ensemble aux fourneaux.
Et le soir, ils s’installaient dans la super balancelle au bord de la piscine, à deux pas de leur petite plage rien qu’à eux. Sam s’épanouissait à vue d’œil, et en rigolait.
 
Si je continue comme ça…je ressemblerai  à une vache suisse…même si je n’ai pas trop envie de brouter…Londres ne te manque pas ?...*Michael et ses emmerdes ?...Celles des autres ?* Non, à moi non plus…je me sens plus à l’aise sous le soleil…et pour ça, on repasse, là-bas ! …Vivre ici ?...Tu parles sérieusement ? Tu aimerais ?...Moi, mon amour, je suis heureuse là où tu seras…*Pas au Groenland quand même !*…Oui, on est en paix, ici…les gens sont sympas…c’est chaleureux et il y a peu d’ouragans…mais il faudrait trouver de quoi s’occuper. C’est beau les vacances mais…au bout d’un moment…
 
Le baptême du petit Von Falkenberg était le premier de la liste. Suivrait celui des jumeaux De Brent et finalement celui de la fille de John et Meg, ce qui signifiait un retour aux brumes anglaises le temps d’expédier tout devoir mondain et d’annoncer aux amis leur défection aux rangs…
 
Mais bien sûr, parfois, ça ne suffit pas de l'avoir, l’intention…
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Re: Si j'avais su...

Message par Justin Davenport le Ven Aoû 22 2014, 14:46

Ah le beau plan ! Permettre à Alix de percer à jour Brahms était magistral sauf que…
 
Sam, bordel, SAM !!
 
L’évanouissement n’était pas celui prévu à moins que son adorée soit capable de réguler ses fonctions vitales.  
Absolument fou de terreur, Justin put enfin évacuer son épouse et la faire examiner à fond.  
 
Il vous faut du repos…du recul comme dit ma chère collègue. Ne vous angoissez pas, Lord Davenport, votre épouse est têtue mais je suis sûre que vous n’aurez aucun mal à la convaincre…tout ira bien et vous aurez une fille superbe !
 
Ne pas s’angoisser ? Elle en avait de bonnes cette toubib !  
 
Vonronwé ! Prépare immédiatement la chambre ! Toi, tu files au lit… au lit, j’ai dit !  
 
Elle râlait mais se laissa dorloter quand même.  
 
Voilà, voilà, tu es bien ? dit-il en accommodant les oreillers. Ne te soucie de rien, je m’occupe de tout…  

  De tout quoi !?...Tu vas t’occuper du resto ? Gérer tes affaires et aider Michael ? Tout en même temps !?
 
Ne t’énerve surtout pas !  Ce n’est pas bon. Je vais gérer tout ça.
 
Grogne, rogne, ça ne l’amusait pas de la contrarier mais s’il le fallait… il aurait fait… n’importe quoi !
Un changement radical, voilà ce dont sa Sam avait besoin, le reste il s’en foutait.  
En douce, il prit les dispositions nécessaires.  
 
Allô Gerry… Allô, Tom…
 
D’un coup de fil  à l’autre, il organisa une virée jugée salutaire. Si des clients du « Sense » trouvèrent leur sauce plus épicée qu’attendue ou moins fouettée, nul ne se manifesta. Justin assuma.
Des échos lui parvinrent sur l’affaire Nielsen dont il se coupa volontairement. Sa femme et sa future fille le méritaient, non ?  
 
Sam se rebiffait :
 
 … Je voudrais aller visiter les Nielsen et…
 
Et rien du tout ! On s’en va. Notre avion décolle dans deux heures. Les bagages sont faits, ne t’occupe de rien !  
 
Dur de tout larguer ? NON ! Justin était fou de sa femme et ne laisserait personne ou quoique ce soit interférer dans son bonheur à elle !
 
Oui, il avait bien préparé son coup et le résultat fut à la hauteur de ses espérances. Sur une île pas déserte, une maison…  Gerry avait marché à fond dans la combine en lui prêtant cette villa en bord de mer, celle-là même où Sam avait passé beaucoup de vacances, enfant.  
Si elle était heureuse, il l’était aussi et peu importaient les dépenses, son sourire le comblait.
Gerry et Babs les accueillirent après un voyage sans histoire et il aurait bien pleuré de ces retrouvailles. Épanouie, satisfaite, Sam rayonna. Après le départ de sa belle-famille, Justin put enfin contempler des rondeurs charmantes s’amorcer.  
 
Ça te va à merveille, mon amour !
 
Si je continue comme ça…je ressemblerai  à une vache suisse… 
 
J’aime beaucoup la Suisse mais, si tu veux, on s’installe ici à demeure…
 
Ni oui, ni non ! Il se fichait de tout ce qui ne soit pas elle, faudrait qu’elle pige ça un de ces jours.
La vie était simple à St Thomas.  Au matin balades ou natation puis courses et préparations culinaires en duo.  Dire que Justin se la coulait douce sans regarder ce qui se passait ailleurs serait mentir. Parfois, il s’enfermait longuement avec un ordi portable et suivait quotidiennement les cours de la bourse. Ruiné une fois, cela suffisait. Pas qu’il méprisât les moins fortunés mais dépendre des autres lui était odieux.  Peu à peu, ses affaires personnelles reprenaient. Beaucoup de plumes restaient encore dans les mains crochues de McIntosh mais le plus gros rentrait. Un contact ou l’autre avec ses potes l’informa de leur évolution personnelle. Tout baignait même s’il était à craindre que Brahms envolé ne frappe à nouveau.
Le baptême du dernier Von Falkenberg en date fut une occasion de renouer avec la compagnie. Il avait dû se passer quelque chose chez les De Brent et Nielsen mais du diable si on le mit au parfum.
Une phrase émise par sa Sam lui trottait en tête :
 
 C’est beau les vacances mais…au bout d’un moment…    
 
Comme quoi, sa belle s’ennuyait. Là, toute en rondeur elle était calme et sereine, pas comme Angel qui, à bien l’étudier, lui sembla… ailleurs.   
 
J.O, mon pote, suis vraiment ravi que tout s’arrange. Ta femme va bien ?... Non, juste qu’elle paraît un peu… morose… QUOI ? Sa grand-mère et le père de Max ?
 
Zut ! Lui qui la désirait aussi comme nounou… Incroyable, ça !
 
Les Davenport se permirent plusieurs allers et retours afin d’assister aux différents offices des futurs sorciers en herbe.  
Samantha serait parfaite marraine de la petite Elisabeth sage telle une madone.  
 
Opal, ma chérie, Angel est toujours ta copine, non ? Qu’est-ce qui cloche ?...
 
Apparemment, il était le seul à l’avoir remarqué. Il est vrai qu’il avait plus de recul que les autres… Ceci expliquait-il cela ?  
 
À son tour d’être parrain, une fois de plus !  Peut-on tomber amoureux d’un bébé ? Justin était absolument fou de Cécile qui n’avait pourtant rien d’un ange, qu’à cela ne tienne.
 
J’espère vraiment que notre petite lui ressemblera : à la fois énergique et douce. Comme toi, ma chérie !  
 
Au cours de la fête, il eut l’occasion de causer un peu avec Michael. Ce qu’il apprit lui vira le foie mais, dans le fond, il fut très heureux que tout était rentré dans l’ordre sans avoir à en être mêlé.  
Quelques jours plus tard, le Net lui arracha un cri de rage :
 
Je SAVAIS ! EH MERDE !
 
Alarmée, Sam lui demanda des comptes. Justin hésita : oubliette ou pas ? 
 
Ne t’énerve pas ! Cela ne nous concerne pas directement… c’est Angel : elle a pété un câble…  

Un vol de bébé !! … arrêtée et internée, la pauvre… euh, non ? Pourquoi y aller ? Qu’est-ce que notre présence changerait ? Sauf si tu y tiens, bien sûr…
 
À croire qu’elle en avait vraiment marre de ce coin de paradis.
 
Ok ! On prend la température là-bas puis on rentre où tu voudras, ici ou ailleurs… TU DOIS TE MÉNAGER SAM !
 
Être ferme pour deux n’était pas évident avec une épouse telle que la sienne.
Ils n’avaient rien à faire de particulier en Angleterre. Apporter leur soutien, quoi d’autre ? Les restaurants de Sam tournaient sans elle, qu’elle le déplore ou pas la machine était bien huilée. Mais elle commençait à s’ennuyer ferme et ça Justin ne le supportait pas.  
 
*Une occupation… quelque chose… n’importe quoi… de cool*
 
Ils se promenaient main dans la main en bordure de plage. Ciel magnifique, pas d’orage à suspecter :
 
Alors tu décides quoi ? On reste, on s’en va ? Si tu ne me dis rien comment veux-tu que je le devine ?... Ça m’est égal, tout m’est égal sauf toi, mon amour… Oh ? tu as entendu ?... si, ça tambourine dans ce coin-là…
 
Ils furetèrent un peu et tombèrent sur…
 
Un Jumanji ! J’ai toujours rêvé d’y jouer… ça te dit ?  
 
Mordrait, mordrait pas ?
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Re: Si j'avais su...

Message par Samantha Forrester le Sam Aoû 30 2014, 11:01

Trois baptêmes. Trois voyages. Toujours les mêmes commentaires, questions et réponses. Sam commençait à trouver que s’entourer de tant de secret était un peu ridicule. Que craignait donc Justin ? Que leurs amis débarquent pour une visite surprise ?
 
*En tout cas, ça me ferait plaisir, moi…voir un peu de monde !*
 
S’il s’était passé quelque chose d’important en leur absence, elle n’en eut que des vagues échos.  Sa vie était devenue  une ode sublime au farniente.  Isolée dans ce cocon doré, plein d’amour que Justin avait bâti autour d’elle.  Une autre femme que Sam aurait été  transportée au septième ciel  tant tout était si merveilleusement parfait.  Elle n’avait qu’á émettre un souhait pour le voir réalisé par son mari chéri ravi de lui faire plaisir.
Pourtant Sam avait l’impression que si bien tous deux parlaient la même langue au départ, là il lui semblait parfois s’exprimer en quelque patois abscons que Justin interprétait comme il pouvait ou encore mieux comme il voulait.
 
JE SAVAIS ! EH MERDE !
 
Une exclamation pareille au milieu de tant de paix, dans leur merveilleux refuge avait de quoi attirer l’attention de Sam qui vola aux nouvelles.
 
*Super ! Il se passe enfin quelque chose !* Mon chéri, tout va bien ?...Je t’ai entendu jurer…des problèmes ?
 
Au lieu de répondre tranquillement, il sembla mesurer les possibles répercussions d’un aveu transcendant.
 
Ne t’énerve pas ! Cela ne nous concerne pas directement…
 
Mais je ne m’énerve pas, voyons…parle à la fin !
 
L’affaire était plutôt corsée, mais pas de quoi lui faire perdre le contrôle de ses nerfs qui, aux dernières nouvelles allaient aussi bien que toujours.  Angel, elle, avait tout bonnement perdu la tête et enlevé un bébé. On parlait d’arrestation et internement, ce que Sam, en tout bon sens, refusa de croire.
 
Mais on ne l’a pas arrêtée, n’est-ce pas ?
 
Euh, non ? Pourquoi y aller ? Qu’est-ce que notre présence changerait ? Sauf si tu y tiens, bien sûr…
 
Pas que j’y tienne particulièrement mais ce serait sympa de faire savoir à nos amis qu’ils peuvent compter avec nous !
 

Ce n’était qu’une idée comme n’importe quelle autre mais voilà que Justin pensait allez savoir quoi.
 
Ok ! On prend la température là-bas puis on rentre où tu voudras, ici ou ailleurs… TU DOIS TE MÉNAGER SAM !
 
Bon sang, Justin…Je me ménage…tu me ménages, de tant me ménager je vais finir par devenir idiote et inutile. Je suis enceinte, pas malade…À moment donné ça m’a un peu dépassée, mais avoue qu’on l’avait à la rallonge alors…Je vais bien, notre fille va bien…et arrête de te faire des idées !
 

Parce qu’il s’en faisait, elle aurait presque pu entendre les rouages de son cerveau tournant à toute pour pallier tout inconvénient et  sans doute trouver un dérivatif à tout possible stress.
 
*Il exagère…Mon Dieu, il exagère !*
 
Mais bien sûr, en discuter ne saurait rien donner de bon. Au lieu de contrarier les bonnes intentions de son chéri, elle accepta plutôt une balade à la plage. C’était toujours bon pour rasséréner l’esprit ! Mais ce fut tout de même lui qui remit la question sur le tapis.
 
Alors tu décides quoi ? On reste, on s’en va ? Si tu ne me dis rien comment veux-tu que je le devine ?
 

Elle leva le nez et le regarda avec un petit sourire amusé.
 
Je ne veux pas que tu devines quoi que ce soit, mon chéri…Dis plutôt ce que tu veux, toi, sois sincère, être là-bas te manque…tes affaires, tes amis…*les embrouilles des uns, les emmerdes des autres*
 
Ça m’est égal, tout m’est égal sauf toi, mon amour…
 
C’est adorable de dire ça, Justin…mais ta vie ne peut pas se résumer à orbiter autour de moi, c’est injuste et au bout d’un moment tu risques d’en avoir ras le bol…
 
Oh ? Tu as entendu ?...
 
Pourquoi quand on énonce enfin une vérité plus que valable il faut être détourné du thème ? Sam soupira.
 
Non, j’entends rien à part les vagues et le cri des mouettes !
 
Si, ça tambourine dans ce coin-là…
 
*Génial…il a choppé un tinnitus !*
 
Content comme gosse curieux il l’entraîna dans des recherches  qui donnèrent tout de même un résultat. Calée contre un tronc sec  une boîte subissait l’assaut des vaguelettes qui faisaient rouler des coquillages.
 
Le voilà,  ton tambourinement !
 
Justin n‘allait pas se déclarer satisfait pour si peu, il alla ramasser l’épave.
 
Un Jumanji ! J’ai toujours rêvé d’y jouer… ça te dit ?
 
Elle lui décocha un regard presque censeur mais moyennant un effort parvint à sourire, mitigeant un certain agacement qui se pointait.
 
Euh…si je dois être sincère, je ne me sens pas trop le cœur aux jeux de société en ce moment…ne m’en veux pas, mon chéri…Excuse-moi, tu sais, les femmes enceintes sommes sujettes à des minables haut et bas d’humeur…les hormones, dit-on…
 
*Les hormones, l’inactivité…l’ingratitude…T’es une vache, Forrester !*

 
Justin, l’adorable homme prit sur lui de ne pas aller plus loin avec l’histoire et ils rentrèrent gentiment à la maison…avec le Jumanji. Sam demeura silencieuse, l’air rêveur, la tête ailleurs, ce qui bien sûr n’échappa pas au mari attentif et attentionné.
 
Non, je t’assure…tout va bien…Juste un petit peu fatiguée mais tu le serais aussi si tu devais te balader avec ça, et elle souriait en caressant son ventre très rebondi, en plus…Mademoiselle est très active et n’arrête pas de bouger, je crois qu’elle est pressée de sortir voir de quoi on a l’air…
 

Cela suffit pour déclencher un état d’alerte totale. Divan, coussins pour le dos, pieds relevés, boisson désaltérante, mille petites attentions qui auraient ravi toute femme sensée mais qui au bout d’un moment étaient à point de la faire hurler.
 
Ça suffit, Justin…assieds-toi, calme-toi…j’ai dit « un peu fatiguée » , c’est tout…c’est normal, mon amour…Seigneur, si tu continues comme ça, pendant que j’accoucherai tu devras faire une cure pour les nerfs, dès qu’il fut à portée de main, elle l’accrocha pour le rapprocher et l’embrassa, consciencieuse,  je t’adore, Justin Davenport…tu es la meilleure chose qui soit arrivée à ma vie…mais tu et fais trop de bile…je te jure que je ne vais me briser…suis pas une porcelaine fragile, seulement la future mère de ta fille…et parlant de notre petite miss…il faudra décidément lui trouver un nom…sans ça on sera encore à débattre pendant l’accouchement…Oh, t’en fais pas, je n’ai aucun penchant pour l’exotique...mais je voudrais que son deuxième prénom soit Ellen, comme ta mère…
 

Les idées allaient bon train. Tout y passa,  tombant sur des combinaisons hurluberlues qui les faisaient pleurer de rire. Ce fut une joyeuse soirée, lénifiante, détendue. Justin  venait d’éteindre la lampe de chevet et s’accommodait, Sam se glissa tout près de lui.
 
Tu sais…je voudrais quand même rentrer…Je sais que la date est fixée pour la mi-Juin…mais vaut mieux être à la maison…tu sais, les derniers détails…et puis, la Clinique est tout près… C’est juste une idée…Chut, t’en fais pas…dors maintenant !
 
Deux jours plus tard, ils regagnaient leurs pénates londoniens, pour découvrir que quelques choses avaient changé en leur absence.  Les De Brent avaient migré en Écosse, les Westwood  ex-ducs de Gilmore cherchaient leur paix sous d’autres cieux, les Von Falkenberg passaient par une petite crise. Les seuls qui semblaient continuer comme d’habitude étaient les Nielsen avec leur vie à cent à l’heure qu’ils géraient si bien. Ce qui se passait chez les Smith éclatait carrément les annales de la normalité et ce fut Megan, en personne qui se chargea de les mettre au courant, en se présentant leur donner la bienvenue.
Sam resta interloquée, donnant mal crédit à ses oreilles.
 
Tu n’es pas en train de te payer ma tête ?...Tu es…Oh, mon Dieu…c’est incroyable…toi, sorcière…wow, c’est absolument hors-norme…oui, me doute bien que John soit un peu dépassé…mais bien sûr, voyons, quand tu voudras…enfin, dès que je pourrai…
 

Elles avaient rigolé ensemble et passé ensuite à s’occuper de la chambre d’enfant de la future Miss Davenport.
Début Juin, Sam avait été prise de la fièvre de la layette, ce qui faisait beaucoup rire son mari en la trouvant entourée de pelotes de laine disputées joyeusement avec  Lor et Bik qui s’en donnaient à cœur joie, sous l’œil désabusé d’Urs qui n’attendait que son tour pour se mêler à la joyeuse pagaille.
Elle avait insisté pour faire un tour au restaurant mais Justin, qui la connaissait mieux que personne s’était bien chargé que ce ne soit qu’un petit tour de rien du tout et l’avait ramenée à la maison avant qu’elle ne commence à rectifier les sauces ou inspecté le frigo. Sam s’était laissée faire, sans avouer que les derniers jours, un certain mal au dos la taraudait.
La visite chez le Dr. Mayhew, cet après-midi même avait été très rassurante mais aussi alarmante.
 
Voilà ce que fait un bon repos, ma jolie dame…vous êtes merveilleusement en forme et votre bébé est en train de prendre ses marques pour prendre le départ…
 
Déjà ?...Ça veut dire que…
 
Vous pouvez préparer votre petite valise et les nerfs de Milord…ça peut arriver n’importe quand entre demain et la semaine prochaine…
 
*C’est parti pour état d’alarme rouge !*
 
C’était peu dire. Justin qui râlait d’avoir raté la consultation, sembla prendre la nouvelle avec un grand calme, mais ce n’était qu’apparences. Du coup il annula toute activité susceptible de l’éloigner plus de cent mètres de sa belle, mit la maisonnée en branle-bas de combat, alerta la Clinique de se tenir prête à toute éventualité, fit en défit le bagage de Sam trente-cinq fois et se mit en état de veille permanente.
Qu’à cela ne tienne. Bébé donna les premiers signaux de son arrivée à 14h, une heure très décente, pour ne prendre personne au dépourvu ni tirer ses parents du sommeil.  Préavis en douce, perte des eaux, contractions régulières mais pas extrêmes. Sam n’eut pas le temps de dire ouf qu’elle se trouvait déjà à la Clinique, en salle de travail, dument installée et entourée d’une équipe parfaitement préparée. Justin, à peine livide sous son bronzage caribéen, se défaisait en mots apaisant et bons conseils.
 
*Me demande d’où il a été sortir tout ça, mon cœur !?*…Suis calme, chéri…*Ça fait mal mais c’est supportable…Ferme-là, Justin !*…Oui, chéri, je respire…je ne fais que ça !!!...Changez plutôt cette musique… un peu de jazz…Pour les nerfs ?...Les nerfs de qui, bon sang ?...Veux pas accoucher avec Beethoven…ni avec Vivaldi…Suis pas énervée…veux Satchmo !!!
 

La venue au monde de la fille de Lord et Lady Davenport fut saluée par la voix unique, rauque et cassée de Louis Armstrong. Il était 18h, du 10 Juin 2000…
 
Satch Ellen Davenport-Forrester
, annonça fièrement Sam avant d’éclater de rire devant la mine horrifiée de son cher et tendre, entre nous…ça sonne bien…rassurez-vous, messieurs-dames…on trouvera mieux !
 
De sa vie, le Dr. Mayhew n’avait vu une nouvelle accouchée avec tant d’humour et en si parfaite forme, elle ne semblait même pas fatiguée et si on ne l’avait obligée à rester au lit, elle se serait sans doute arrangée pour faire la fête.
En fait, Sam s’arrangea pour la faire, la fête, dans sa suite…si Justin avait tout prévu de son côté, elle n’avait pas manqué de le faire du sien avec la complicité de Meg et Opal…
 
Pas de souci, mon amour chéri…Ysaline est dans le bain !...Bois un peu de champagne et relâche-toi…tiens, voilà Michael et Alix !...Non, mon chéri…ce n’est pas une fête folle et déjantée…c’est une réception pleine d’amour pour toi et ta fille, mes trésors... Je suis heureuse…si merveilleusement heureuse…que dirais tu de…Victoria Ellen Davenport ?...Avec des prénoms pareils, rien ne peut clocher avec votre fille, mon milord adoré …et ça sonne rudement mieux que Satch, non ?
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