Si j'avais su...

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Re: Si j'avais su...

Message par Justin Davenport le Dim Aoû 31 2014, 16:41

Heureux ? Justin n’était pas quelqu’un de particulièrement exigeant.  Très jeune déjà, il s’était fixé des buts de vie et, à présent, il pouvait s’estimer comblé.  Son travail avait porté ses fruits, plus aucun souci financier ne menaçait. Comment était-il parvenu à plaire à la femme la plus merveilleuse qui soit resterait un mystère mais il serait le dernier des imbéciles s’il s’en plaignait ! Oh, tout n’était pas absolument rose car Miss Forrester ne possédait pas que sa beauté extérieure en atout. Parfois, Justin redoutait de ne pas être à la hauteur. Parfois ? Euh, non, tout le temps en fait.  Avait-il tort de vouloir tout faire pour que celle ayant daigné lui accorder sa main soit radieuse ?  En faisait-il trop ? Souvent, oui très souvent, Justin s’interrogeait là-dessus. Néanmoins, il n’avait pas l’impression d’étouffer sa femme, quoique… Oui, d’accord, la grossesse en cours avait changé la donne, et pas qu’un peu. Pour SES femmes, puisqu’il y aurait bientôt une petite princesse avec eux, il se serait coupé en quatre (au minimum) afin de les satisfaire.  Depuis qu’ils avaient repris leurs quartiers à St Thomas, Justin avait senti d’où venait le vent : Mrs. Davenport s’ennuyait.  Une Sam inactive devenait triste et cela il ne le supportait pas.  Ce Jumanji, il l’avait acheté en douce. Issu du film du même nom, ce plateau devait être inoffensif. Jamais Justin n’aurait mis en péril femme et enfant !  Par sécurité, il l’avait même passé au specialis revelio sans que rien ne soit décelé, alors…
 
… je ne me sens pas trop le cœur aux jeux de société en ce moment…ne m’en veux pas, mon chéri…Excuse-moi, tu sais, les femmes enceintes sommes sujettes à des minables haut et bas d’humeur…les hormones, dit-on…  

*Elles ont surtout le chic pour vous faire tourner en bourrique avec les « je veux, je veux pas !*
 
Lui en vouloir, non ! Mais…  
Sans doute sentant son amertume de voir un beau plan échouer, Madame avoua se sentir fatiguée.  
N’étant pas à une comédie près, Justin joua le jeu en offrant immédiatement ses soins à la future parturiente.  Attentions qui déclenchèrent un sermon selon lequel, il en faisait trop, une fois de plus.
Bien évidemment, Sam savait comment le mener par le bout du nez et, avant même de s’en rendre compte, Justin oublia tout ce qui ne concernait pas le sujet lancé (comme par hasard) sur le tapis : le prénom.  Ellen ? Pourquoi pas ? Mary lui aurait été aussi bien. Dans le fond, il s’en fichait un peu du moment que la pauvre gosse n’ait pas à souffrir de ridicule, genre Pomme ou Groseille ou… pire.
Puis Madame décida qu’il était temps pour eux de quitter ce beau coin de repos.  Fallait croire que la réclusion avec lui pesait…  Il s’y plia, que faire d’autre ? Avouer qu’il crevait de trouille de la perdre, de LES perdre ?  Jamais !  
On rentra donc sans prévenir personne. Les elfes avaient bien entretenu leur gîte et la vie reprit sa « routine ». Pas de potes dans le coin, dommage. John croisé lui sembla nerveux mais ce taiseux ne souffla mot sur d’éventuels soucis. Par contre Megan avait rendu visite à Sam et ce qu’il apprit le scia :
 
…Comme ça, d’un coup ?  
 
Il ne put résister à cette attraction. Sam courait à gauche et à droite mais il savait toujours où et quand elle allait.  Pas qu’il l’ait équipée d’un GPS mais presque…  
 
Lorsqu’il débarqua chez les Smith, il trouva Megan échevelée, affolée mais l’accueillant comme un sauveur.
 
J’ai appris, félicitations ! Puis-je t’aider en quelque chose ?
 
Il fut quasi avalé tant l’ex-moldue le précipita par le bras dans un living-room ressemblant maintenant à… un chantier. Meubles, vaisselles brisés, des débris jonchaient un tapis jadis pimpant.
 
… ah, je vois…
 
Sans le vouloir l’apprentie sorcière avait déclenché une mini tornade avec sa baguette fraîchement acquise. Elle paniquait à l’idée que son mari constate les dégâts.  
 
T’inquiète pas, ça nous est arrivé à tous. Tu ne connais pas le réparo ?...  Ok, ok ! Je te l’enseigne de suite.  
 
Ce fut une séance distrayante.  Avec le bon geste, la bonne prononciation, Megan fut bientôt à même de tout remettre en ordre par ses soins.  
 
Petit conseil, ma belle, entraîne toi dehors.  Certains sorts ressemblent à d’autres mais leurs effets sont évidemment différents. Pourquoi John ne t’aide pas ? J’avais cru comprendre que c’était toi qui lui avais ré enseigné la magie… ?
 
Le bougre était occupé ailleurs et semblait se foutre, voire était irrité, de la nouvelle situation.
 
… parle avec lui ! Faut se parler dans un couple…
 
Beau conseil ! Si seulement Sam pouvait le mettre en pratique…  
Il quitta Megan avec promesse d’intervenir à la moindre autre cata.  
Eh merde ! Pendant qu’il papotait en enseignant, il avait loupé le rendez-vous chez la gynéco.  
 
QUOI ? Assieds-toi tout de suite. Qu’est-ce qu’il faut dans cette fichue valise ?.... Oui, oui, je sais que j’ai l’air énervé, que veux-tu que j’y fasse ? Je suis calme, très calme !  
 
Tu parles !  
Heureusement que les domestiques étaient prévenus sinon ils en auraient tiré des têtes en voyant se balader chaussettes, slips, langes, layette, etc. voler en travers les pièces pour se placer autant que s’ôter de LA valise.  
Sam s’amusait, au moins ça, lui pas.  
 
Michael ? On est de retour et Sam va accoucher… oui, oui, je te tiendrai au courant…
 
Bon Dieu ! Il avait eu beau se promettre mille fois de ne pas disjoncter mais là, ça dépassait tout.  Quand les contractions se précisèrent, il ne put se retenir d’emmener illico Sam à la clinique.  
 
Sois calme, respire ! Tu inspires sur RE, tu expires sur lax… encore… re… lax… re… lax…  
 
Il ne savait pas s’il s’adressait à elle ou à lui.  
Tiens, elle voulait de la musique :
 
…Veux pas accoucher avec Beethoven…ni avec Vivaldi…Suis pas énervée…veux Satchmo !!!
 
Celle-là, une autre ? On n’était pas à ça près. 
 
Lord Davenport, sans vous commander, pourriez-vous changer de place. JE dois voir…  
 
À contre cœur, sans lâcher la main de Sam, il céda les commandes au docteur Mayhew.
Anesthésiques et sorcellerie firent de cet accouchement une vraie fête. Justin crut qu’il allait défaillir en voyant émerger le sommet rousselet de SA fille qui sitôt posée dans les bras de sa mère reçut un patronyme à verdir :
 
 Satch Ellen Davenport-Forrester
 
*Oh mon Dieu, Elle est folle !*  
 
 Il s’en fichait ! ELLES étaient là, en peine santé toutes les deux, et le monde pouvait s’écrouler qu’il n’en pleurerait pas plus.    
 
Michael ? Ça y est… une fille, oui ! Euh… Satch… Passe quand tu sais !    
 
La nouvelle maman rayonnait. Lui, il avait besoin d’une douche mais n’aurait pas quitté ses deux filles pour tout l’or du monde.  Mais qu’est-ce que sa folle de femme avait prévu dans son dos ? Bientôt la suite luxueuse se transforma en salle de réception. Tous furent réunis avec des coupes de champagne.
Bienvenue Victoria Ellen Davenport Forrester !!  
 
Satch était une blague. Mais il est des blagues qui vous collent à la peau le reste de la vie…  
Pour le moment, on s’organisa. En fait, tout était paré depuis longtemps mais la réalité vous sciait, parfois.  
Sam, très en forme, ne désirait que la paix, s’emplir les yeux de la nouvelle coqueluche. C’était sans compter sur certains intrus…
Il avait bien fallu prévenir les Forrester qui, comme par hasard, baladaient non loin. Gerry faisait la promo d’un nouveau bouquin et, toujours scotché avec Babs, il débarqua. S’emparant du poupon, il l’éleva en pleine lumière, de quoi réveiller quiconque à moins d’un kilomètre :  
 
Quelle merveille ! Merci, mon pote ( bourrade dans le dos) et toi, ah, toi : félicitations !  Alors on l’appelle comment ce petit bout ? Satch était pour rire, hein ?  
 
Laisse-la moi ! l’écarta l’arrière-grand-mère.  Oh, mon Dieu, elle aura tes yeux, Sam ! C’est magnifique, elle n’a rien de vous, Justin !!
Entre rires et pleurs, Justin se sentit un peu… perdu. Il appréciait sa belle-famille sauf qu’il la jugeait un peu… envahissante.   
Ils ne s’incrustèrent que cinq jours, fort heureusement car entre les cris de Victoria et les conseils à la noix de Babs, il commençait à râler.
Ben non, il ne fermait plus l’œil. Pouvait-on lui en vouloir ?  Le repos de Sam était capital, alors il assuma tout.  La petite était mouillée, hop changée. Colique, cauchemar, autre ? Il veillait à tout.  
 
…Mais non j’ai pas une mine de zombie !  Euh… oui, dormi deux heures, pourquoi ?  
 
Tiens, Sam s’inquiétait plus pour lui que pour Vic.  
 
T’en fais pas, je gère ! Faut que ton lait se renforce. Je t’ai préparé un poisson dont tu me diras des nouvelles !  
 
Il courait du soir au matin, et du matin au soir. Puis, sans crier gare, il LA trouva sur le canapé :
 
QUI êtes-vous ? Comment vous êtes-vous introduite ici ?  
 
Du calme, monsieur je gère tout ! dit la créature en expirant une bouffée de sa cigarette plantée sur un long  engin métallique. Expelliarmus !
 
Désarmé, Justin serra les poings. Un sort de freinage ralentit sa lancée :
 
 Ma fille est une belle idiote, je confirme et déplore. Son choix d’un tel époux… franchement Juju, vous ne valez guerre mieux que mon crétin de mari.
 
Je vous interdis de proférer…
 
Nouvelle bouffée de fumée :
 
Je me fous de vos interdits. Suis juste passé voir le fruit de cette ridicule union. Vos barrages sont… assez efficaces, j’avoue. Mais JE VEUX LA VOIR !
 
Qu’est-ce que cette créature essayait sur lui ? La voilà qui se tortillait dans sa direction. Il éclata de rire :
 
Pandora, c’est absolument ridicule ! Je suis vacciné à vie contre les vélanes, autant vous adresser aux murs.  
 
Ah ? Tant pis ! Allez, Juju, tu ne vas pas refuser à une grand-mère de voir sa petite fille ?  
 
Une Sam flamboyante de colère apparut.
 
… euh… et si on faisait du thé ou un café… ?
 
Rencontre mère et fille, les murs allaient trembler. Il avait récupéré sa baguette et se sentait un peu plus assuré en préparant le breuvage quoiqu’il hésitât entre le bon vieil arsenic et quelque chose de plus subtil.
Ouf ! Les tasses posées, pas de cadavre à déplorer.  
 
… je reconnais tous mes torts ma chérie… bon, Sam, si tu veux. N’empêche que tu es ma fille et que j’ai toujours veillé sur toi comme sur chacune d’elles…
 
Une bombe atomique n’aurait pas déclenché, pire.
 
Vous avez d’autres enfants ?
 
Geste large du porte-cigarette allongé :
 
Ici, où là, peu me chaut !  Chérie… Sam, tu es la seule à avoir une fille et j’exige de la voir. C’est mon droit, non ?  Je t’ai apporté deux cadeaux, un pour Victoria et un pour ton anniversaire...
 
Une impression ou la température montait ?  
Jamais il n’avait vu les joues de Sam s’empourprer autant. Les paquets s’évaporèrent. Sam fulminait.
 
PAX ! cria-t-il en agitant sa baguette. Maintenant, vous sortez Pandora !
 
Sa main broyant celle de Sam, il se leva :
 
Ou c’est volontaire, ou nous vous y forçons ! DISPARAISSEZ !
 
Faites-vous y, Juju (ton hautement sarcastique) Les Vélanes sont ainsi. Elles pondent puis vont voir ailleurs. C’est tout vu ! On se reverra !   
 
Une seconde plus tard, il récupérait une Sam tremblant de rage.  
 
Là, là ! Tout ira bien ! On peut partir où tu voudras, si tu veux…
 
Non, elle ne le désirait pas. Pas question de faire croire à sa mère qu’elle leur avait fait peur. Avec lui, en tout cas : but atteint. Il mourrait de trouille.   
 
Pandora enrageait en rentrant dans sa suite. Les filles, seules les filles comptaient ! Sam était sa plus belle réussite mais quelle affreuse fin.  
 
*Épouser un idiot ! Bon, j’ai fait pire… Ce Juju est sorcier, lui au moins !*
 
Gerry Forrester… Ça remontait à loin… Elle n’avait plus un sou devant elle lorsqu’elle le remarqua. Fallait être tombée très bas pour en arriver à déployer ses charmes à un moldu !  Moldu ou pas, celui-là avait du fric. Pandora aimait ça, et ses hormones réclamaient un accouplement urgent.  De plusieurs façons, Gerry Forrester la combla mais le maximum s’atteignit avec sa nouvelle grossesse. Une fille, ce serait enfin une fille !  Alors, histoire de voir, Pandora attendit un peu avant de s’envoler ailleurs.  Merde ! Le mélange sorcier-moldu ne lui donna aucune satisfaction. Sam était belle, serait sorcière mais rien n’annonçait son appartenance à… l’exception, à ce truc qui fait une Vélane hors pair. Foutu pour foutu, Pandora chercha fortune vers d’autres horizons. Oh, elle était bonne pondeuse. Ici ou là des fils, encore et toujours puis des filles… Son sang s’affaiblissait-il avec l’âge ? Seule Samantha avait réellement hérité de quelque chose venant d’elle. Son dernier époux avait été saigné à blanc question finance. Pandora savait ne plus pouvoir procréer mais était à l’abri. Très au courant de la vie de ses filles, elle n’avait pas raté l’annonce… Voir cette Satch, ou truc machin, devint primordial.  Deux sorciers dont une demi-vélane avaient conçu… tous les espoirs étaient permis !  
Elle voulait voir cette chose, enfin pouvoir éteindre cette soif reproductrice.  
Ils l’avaient jetée à la porte ? Qu’importe ! Elle entrerait par la fenêtre.  
 
Mon amour calme-toi !
 
Justin était aux quatre cents coups après cette visite surprise.  
 
… oui, on va pallier aux effractions. Ça n’arrivera plus. Bois un peu, s’il te plait… ben oui, du vin, et alors ? C’est pas un verre qui tournera ton lait, ma chérie.  
 
Ils étaient d’accord : jamais Pandora Newcomb ne verrait sa petite-fille.  
On dormit sur ses deux oreilles ou fit semblant…
Sam serait-elle comme sa mère ?
 
*Idiot ! Elle est sang-mêlé ! C’est pas pareil !*
 
Protections en place, Justin crut bon d’organiser dare-dare le baptême de l’enfant chérie.  Une garantie de plus ne pouvait nuire, non ? Il se démena :
 
Michael ? T’es où… ah, silence radio. Le baptême aura lieu dimanche prochain… fais ce que tu peux !
 
Zut ! Peut-être pas de parrain…
Course :
 
Max ! Ça va ? Oui, tout baigne mais on voudrait de vous dimanche en 15… ok, fais au mieux.
 
Courir, encore, toujours.
 
Megan ? QUOI ? Le feu !! J’arrive !
 
Apprentissage de l’aguamenti, Justin distribua ses autres invitations.  
 
*Bon, bon, j’ai rien oublié ?*

Des sortilèges avaient été jetés avec l’un ou l’autre comparse qui, tous, lui trouvaient un air… déjanté.
Pas de sa faute, il regarda peu la cérémonie, reluquant plutôt les voûtes, s’apprêtant à tout moment à voir apparaître la mère de Sam. Ça faisait mal à gauche dans sa poitrine.
Tadam, tadam, tadam…  battements de cœur affolés.
 
*Calme-toi, tout va bien*
 
Tadam, tadam…
 
Mer… merci d’être là…  
 
Il serrait des mains, recevait des accolades. Tadam, ta… dam…  Un raté, un autre. Ses dents étaient parfaites, pourquoi cette douleur dans la mâchoire ?
 
Sam, je… je peux… pas…     
 
Douleur fulgurante. Quel beau tunnel ! …
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Re: Si j'avais su...

Message par Samantha Forrester le Dim Sep 14 2014, 13:08

Satch !? Bien sûr que c’était une blague !...Bon Dieu, que ces anglais étaient coincés ! Pas du sens de l’humour ! Mais enfin, peu  importait, Sam était heureuse. Heureuse comme jamais auparavant, comblée, fière, comme si à elle toute seule se devait ce petit miracle braillard !
C’est vrai que leur fille était parfaite…Bon, un peu fripée, rougeaude et de mauvais poil, mais qui pinaille au détail. Justin ressemblait à un fier paon. Michael, le parrain était ému aux larmes, et le reste s’extasiait face à ce petit chef d’œuvre de l’amour le plus parfait du monde.
Mais pourquoi avait-elle ce pressentiment ridicule de catastrophe imminente ? Lavinia, son amie si chère, passée en coup de vent, assurait que c’était juste le contre coup de tant d’émotions ajouté à un peu de dépression post-natale due au chamboulement des hormones.
 
Ma toute belle… tu es bête d’y penser…regarde-les, ta fille et ton merveilleux mari…je t’ai déjà dit que si j’étais pas mariée je te le chiperais !?....Il est si…, soupir, tu sais comme il est…tu as de la chance, ma chérie…Les Dieux t’aiment !
 
Tant que Justin l’aimerait, ça lui suffisait largement !  Gerry et Babs qui ne pouvaient pas manquer l’occasion, se manifestèrent dans tout leur éclat et pendant cinq joyeux jours mirent à rude épreuve les nerfs de Justin et un peu aussi ceux de Sam, en passant.  Au moment de prendre congé, personne n’était vraiment désolé. On se quitta sur la promesse de visites futures, on respira un bon coup et passa à autre chose.
Victoria Ellen était une caractérielle. Adorable, oui, tout autant qu’adorée et c’est bien sans doute de cela qu’elle profitait du haut de ses quelques jours, suffisants pour imposer sa petite loi exigeante...câlins…câlins…câlins…et Papa était si chou, qu’il se pliait à tout, en joie de cœur ce qui est plus…
Sam s’en voulait, essayait d’y remédier mais se faisait adorablement rabrouer et renvoyer au repos. Justin avait fait une affaire de capitale importance de cette histoire de repos, à croire qu’elle était si extenuée par l’épreuve, alors qu’il n’en était rien, et que le fait d’être mère la fragilisait à l’extrême de la faire presque se sentir comme une handicapée. Si Vicky se réveillait la nuit, c’était lui qui se levait, c’était encore lui qui la baignait, la changeait, la berçait. Encore heureux qu’il ne put pas l’allaiter, sans quoi, Maman n’aurait eu rien à faire.
 
Justin, mon chéri, tu exagères *Comme toujours !*…je peux très bien m’occuper de notre fille…et puis tu as chaque jour plus l’air d’un zombie…tu ne dors pas…te démènes comme un dingue…
 
Bien sûr, Monsieur avait la réplique rapide et assurait qu’il n’en était rien.
 
Ben oui, ça l’est et pas qu’un peu…que veux-tu ? Te rendre malade ?...Justin, Vic et moi on a besoin de toi…mais pas ainsi…Je suis une mère tout à fait normale…pas une poupée de porcelaine, vais pas me briser…*Il me semble dire tout le temps ça !*…Je sais que tu gères…enfin, si c’est ça gérer…tu es en train de te tuer à la tâche !...
 
Et l’autre de lui parler d’une nouvelle recette et de renforcer son lait.
 
*Comme si j’en avais besoin !* Ça suffit, mon amour, ça suffit…je veux aussi avoir part active à la vie de ma fille…À partir de maintenant…on agit comme un couple normal, compris ?...Oui, normal…on partage les tâches…
 
Mais bien sûr c’était comme parler au vent. Il continua d’en faire à sa tête et se multiplier pour être présent partout où il jugeait être nécessaire.
 
*Il va faire un burn-out et là on sera fins !*
 
Ayant finalement eu gain de cause, pas sur tous les points, mais déjà ça, Sam avait repris son rôle de maîtresse de maison et maman.  Pour le moment, pas question de songer à reprendre au restaurant, Justin aurait fait une crise, mais elle se déclarait satisfaite avec les comptes rendus que lui faisait parvenir François et les autres gérants des Senses à travers le monde.
Nourrie et bercée, Vic s’endormit comme un ange et se laissa poser dans son berceau sans protester  comme elle le faisait d’habitude avec son père.
 
*Bien ça, ma puce…tu sais reconnaître l’autorité !*
 
Elle resta là, à contempler sa fille en sentant une bouffée de fol amour maternel lui chauffer le cœur. D’un doigt elle flatta doucement la joue de la petite dormeuse et quitta la chambre sur la pointe des pieds. À mi escalier, elle resta immobile. Des voix lui parvenaient du séjour. Pas spécialement amicales, ce qui la mit sur le qui-vive. Justin discutait avec…une femme. Au fur et à mesure de la conversation captée Sam sentait une colère folle l’envahir, surtout qu’elle avait parfaitement reconnu  cette voix de femme…même si cela faisait 25 ans depuis la dernière fois que Sam l’avait entendue.
 
Ma fille est une belle idiote, je confirme et déplore. Son choix d’un tel époux… franchement Juju, vous ne valez guère mieux que mon crétin de mari.
 
Je vous interdis de proférer…, grondait Justin mais son interlocutrice se moquait vertement de ce qu’il put vouloir ou pas.
 
Le cœur battant à un rythme fou, Sam essayait de se calmer et comprendre mais c’était impossible. Les échos parvenus montaient de ton, elle fonça, déboulant en scène.
 
Pandora, c’est absolument ridicule ! Je suis vacciné à vie contre les vélanes, autant vous adresser aux murs.  
 
Ah ? Tant pis ! Allez, Juju, tu ne vas pas refuser à une grand-mère de voir sa petite fille ?
 
JAMAIS !!! Jamais, tant que je vivrai…, elle avait hurlé en se plantant face à l’élégante et très belle femme qui dévisageait Justin d’un air d’odieuse supériorité, tu n’as absolument rien à faire chez nous…
 
Oh !, mais je vois que tu me reconnais, ma petite chérie !, roucoula la vélane en souriant, toute hargne effacée, tu es vraiment devenue toute une beauté…faut reconnaître que…
 
TAIS-TOI !!! Et sors de cette maison, Pandora Newcomb…
 
Je suis ta mère et tu me dois respect !
 
Respect !?...Tu as perdu ce droit il y a 25 ans quand tu nous as largués Papa et moi, sans te préoccuper du mal que tu pouvais nous faire…mais on s’est vite rendu compte que c’était la meilleure chose qui avait pu nous arriver…On t’a oubliée, Pandora, toi et  tes intrigues !
 
Rire de gorge, geste olympien de sa blanche et belle main.
 
M’oublier ? Impossible…Je suis…
 
Une garce perfide, on le sait très bien !...Tu n’as aucun droit de venir ici…insulter mon mari et exiger quoi que ce soit…
 
La suite fut un chef d’œuvre de la diplomatie déployé par un maître de céans soucieux. On accepta cette espèce de trêve, truffée néanmoins de reproches et suspicion, ce qui n’améliora en rien l’ambiance chargée d’électricité meurtrière.
 
Je reconnais tous mes torts ma chérie… bon, Sam, si tu veux. N’empêche que tu es ma fille et que j’ai toujours veillé sur toi comme sur chacune d’elles…
 
QUOI ?...Chacune d’elles…ça veut dire que…, s’abasourdit Sam.
 
Vous avez d’autres enfants ? , s’étonna Justin.
 
Et l’autre de riposter, imbue d’un calme impérial.
 
Ici, ou là, peu me chaut !  Chérie… Sam, tu es la seule à avoir une fille et j’exige de la voir. C’est mon droit, non ?  Je t’ai apporté deux cadeaux, un pour Victoria et un pour ton anniversaire...
 
DROIT !?...Le seul que tu aies est celui d’aller en enfer…triple vipère à la langue fourchue…dénaturée, monstre immoral !!!, d’un coup de baguette elle fit disparaitre les cadeaux en réfrénant l’envie d’en faire de même avec sa mère.
 
Ou c’est volontaire, ou nous vous y forçons ! DISPARAISSEZ !
 
Faites-vous y, Juju (ton hautement sarcastique) Les Vélanes sont ainsi. Elles pondent puis vont voir ailleurs. C’est tout vu ! On se reverra !  
 
Sam resta là, incapable de bouger, agitée de tremblements de rage incoercibles, son cœur semblait vouloir lui éclater dans la poitrine. Quand Justin la prit dans ses bras, elle se serra contre lui, affolée de colère, ressentiment, chagrin et peur. 
 
Là, là ! Tout ira bien ! On peut partir où tu voudras, si tu veux…
 
Profonde inspiration, invocation au calme.
 
Non, on ne va nulle part, on ne fuit pas…on ne cède pas d’un pouce… Elle veut dominer la situation, la manipuler à sa guise…mais non ! Ça ne marche pas !!!
 
Mon amour calme-toi !
 
Me calmer ?...Tu veux rire…Cette femme…je ne peux pas croire qu’elle ait eu le culot de se présenter ici…et…dire tout ça… des sœurs…des frères…et s’en complaire !...quel genre d’être humain est-ce là ?...et cette insistance pour voir Vic…Oh non ! Je n’admettrai ça jamais…Oui, j’ai peur…mais on ne va pas se laisser abattre…*Celle qu’il faudrait abattre c’est bien elle !*
 
Entre ceci et cela on oublia même son anniversaire et on s’adonna plutôt à mettre sur pied un système de défense infaillible pour éviter une nouvelle intrusion de Pandora. Jamais femme n’avait mieux mérité son nom, l’ex-Mrs. Forrester était bel et bien une  perfide boîte à surprises !
Sam voulut avertir son père pour le prémunir contre quelque coup bas manigancé par son ex-femme de triste mémoire, la sachant capable de n’importe quelle manœuvre pour parvenir à ses fins. Elle fit parvenir à Gerry une préparation spéciale qui saurait le mettre hors d’atteinte des charmes, toujours, ravageurs de la vélane.
 
Et si tu as l’opportunité, Dad…tire à vue !
 
Tous deux savaient qu’il en serait incapable mais le conseil donnait le ton du désespoir senti. Outre les protections créées  Justin pensa que baptiser Vic au plus vite la munirait d’un protecteur supplémentaire en rien négligeable. Tous deux savaient de quoi pouvait être capable Michael De Brent.
 
Oui, faisons…faisons au plus vite…prends la moitié de la liste, j’en prends l’autre, on ira plus vite comme ça…Oui, je m’occupe du buffet…en parlerai à Opal, bien sûr qu’elle voudra mettre la main à la pâte, c’est la marraine…
 
Tout fut organisé dans les délais les plus courts dont on eut mémoire et le jour du baptême arriva sans que Pandora eut donné signe d’être dans les alentours, mais Sam pressentait qu’elle ne devait pas être bien loin. Une discrète enquête l’avait aidée à retracer les faits maternels de ces dernières années, et il fallait dire que la dame n’avait pas fait dans la dentelle.  Liaisons, mariages et enfants…sept aux dernières nouvelles, desquels quatre filles…et elle était la seule qui ait eu à son tour une fille.
Les mots prononcés par sa mère luit tournaient dans la tête : « Elles pondent puis vont voir ailleurs », des longues heures de lecture enfermée dans la bibliothèque l’avaient pas mal renseignée sur les vélanes et leurs coutumes dissipées. Leur mission en ce bas monde était de se reproduire pour perpétuer leur race mais rarement les produits de leurs unions donnaient les résultats voulus. Il était chaque fois plus rare, dans le monde sorcier de croiser une parfaite vélane.
 
*Elle peut courir en croyant que je lui ressemble…jamais !...et ne permettrai non plus que Vic subisse son influence…S’il le faut…je la tuerai de mes propres mains…*
 
La cérémonie touchait à sa fin. Michael était si fier avec sa filleule dans les bras et Opal souriait, ravie, en accommodant les plis de la robe de Vic quand l’inimaginable se produisit : Justin s’effondrait comme frappé par la foudre, pâle comme un linceul, se comprimant la poitrine d’une main.
 
JUSTIN…NOOOON …NE ME FAIS PAS ÇA !!!!
 
Elle releva sa tête et eut droit à un regard épouvanté, hagard.
 
Sam, je… je peux… pas…     
 
TU PEUX…LUTTE…TE LAISSE PAS ALLER ! JUSTIN !!!!
 
Mais déjà Michael accourait au secours. Ysaline et Erik volèrent examiner le défaillant. Trasplanage catastrophé à la Clinique. Diagnostic : Infarctus.  Sam s’effondra dans des bras secourables avec un cri de bête blessée.
Quelqu’un lui envoya un sort apaisant, sa respiration reprit un rythme normal, l’angoisse folle céda d’un cran. On la rassurait : Justin s’en tirerait. De critique son état était passé à stable et tous les espoirs étaient permis. Celle-là n’avait été qu’une petite crise, résultat d’un stress extrême, mais il faudrait un changement d’habitudes, un train de vie plus calme et sain, loin de problèmes et tracas.
 
*Sans Pandora, ceci ne serait jamais arrivé !*
 
Michael, la mort dans l’âme, prit rapidement congé dès la bonne nouvelle communiquée. Alix murmura une excuse où perça le nom d’Applewhite. Sam comprit sachant qu’il serait de retour au chevet de son ami dès que son devoir le permettrait.
Nuit blanche à veiller le sommeil paisible, merci sédatifs, de son amour. Elle tenait sa main, caressait ses cheveux, murmurant des mots doux, des aveux sincères, le suppliant de ne pas lâcher prise, devinant quelle vile angoisse devait le tarauder.
 
Pandora ment, mon amour…jamais je ne serai comme elle…jamais je ne m’écarterai de ton côté, tant que tu voudras de moi, je serai tienne…Mon Justin !
 
John et Meg, indéfectibles, tout comme Opal, se disputèrent presque pour décider qui emmènerait Victoria. Les Smith remportèrent la joute en toute justice en assurant, pas à tort, que l’australienne avait déjà assez sur les bras avec ses jumeaux et ceux des De Brent. Le lendemain, de bonne heure, les deux amies furent de nouveau là pour s’occuper de Sam qui avait l’air d’un fantôme gris. À peine si elle se donna le temps de prendre une douche rapide et se changer de vêtements. Justin dormait toujours alors Meg et Opal insistèrent pour qu’elle prenne son petit déjeuner, servi dans le petit salon de la suite où on avait transféré le malade une fois son état jugé stable.
 
Ysaline et Erik assurent qu’il ira bien…qu’on pourra rentrer à la maison bientôt…Oui, je me fais du souci, Opal…des gros soucis pour dire vrai…Non, Meg…tout va bien entre nous…impossible autrement avec Justin…tout ceci est la faute à ma mère…oui, la vélane…, et de raconter les menus faits de ces terribles retrouvailles,  on a fait tout le nécessaire, renforcé les sécurités, mis en place tous les sorts anti-intrusion connus…mais on ne peut pas vivre prisonniers de nos craintes…et je sais…je suis sûre que Pandora veut ma fille…elle n’a pas dit son dernier mot…moi non plus d’ailleurs !
 
Ces aveux donnèrent lieu à un gentil débat entre amies. Entre conseils, mots rassurants et une paire de blagues à pleurer de rire racontées par Opal, Sam se sentit ressourcée, réconfortée et assurée de pouvoir compter avec ses amis en général…et ses amies en particulier.
De retour à la maison, Justin dut accepter, bon an mal an, que c’était son tour de se laisser choyer et dorloter, qu’il était soumis à une autre loi que la sienne, et Sam savait se montrer adorablement stricte quand ça lui prenait. Mine de rien, elle menait maison et affaires d’une main de fer dans gant de velours, avec des magnifiques résultats.
Dès que les docteurs le permirent, elle soumit son chéri à une routine d’exercices simple mais effective, en commençant par jouer au golf tous les matins, nager puis faire une promenade à cheval. Sam prenait un soin particulier à la nourriture, refusant de servir un régime fade partant de la saine conviction qu’une nourriture triste rend les gens plus tristes encore.
 
Je t’assure que plus sain que ça, difficile à trouver…c’est une nouvelle recette qui s’ajuste à la perfection à ce que prescrivent les toubibs qui eux, manquent d’imagination…ton cœur a souffert, mon chéri…faut le mettre en joie…Non !…les problèmes restent sur le pas de la porte, mon amour…Tout marche à merveille…entreprises , investissements, tes actions se portent bien, merci…Oui, ces messieurs de la Directive s’arrangent très bien avec moi…Mes restos vont très bien…l’inauguration au Cap est remise, on ira quand tu seras en forme…Chut, veux rien entendre…Tout va bien, Justin…je te promets…tout va bien…Je t’aime !
 
Mais tout n’allait pas aussi bien que voulu. Si les affaires marchaient au rythme souhaité, non ainsi les efforts pour maintenir Pandora éloignée de son but. Approcher directement sa petite fille lui résultait certes impossible grâce au cercle de protection mis en place mais la menace persistait, latente. Sam en eut la confirmation un soir au restaurant quand  Pandora s’y présenta accompagnée d’un parterre d’admirateurs.
 
Tu vois bien, ma fille chérie, tu ne pourras pas éternellement m’éviter…je sais tout sur toi…absolument tout, je sais te cerner où que tu ailles dès que tu quittes ton ridicule réduit ultra protégé…je dois admettre que tu as des amis plutôt doués…
 
Cela commence à bien faire, Pandora…tu me harcèles…je ne veux rien à voir avec toi…si tu continues comme cela, je me verrai obligée à prendre des mesures radicales…
 
Tu es ma fille, tu ne peux renier de cette hérédité…tu m’appartiens…ta fille aussi…surtout ta fille, reste avec ton idiot de mari si ça te chante mais la petite est à moi !
 
JAMAIS DE LA VIE!!!Tu ne sais pas à quoi tu te risques …tu ne signifies rien pour moi et ôte toi de la tête que je puisse te ressembler…et maintenant, rends toi service et disparais…Il n’y a pas de place pour toi et ta petite cour ici…Je me réserve le droit d’admission !
 
Tu te repentiras lourdement de ceci, Samantha…crois-moi, tu t’en repentiras ! Et tu sais ce que cela signifie, ma fille !
 
DEHORS !!!
 
François resta pantois en recevant l’ordre de faire reconduire la rutilante dame et ses amis à la porte, jamais auparavant il n’avait vu une expression semblable figer le visage de Sam.
 
Ça y est…c’est fait…mais tu te sens bien ?
 
Elle secoua la tête tout en se laissant tomber sur une chaise, pâle et défaite.
 
Tu veux que j’appelle ton mari ?, s’enquit François de plus en plus soucieux.
 
Surtout pas ça…jamais de la vie tu ne devras souffler mot de ce qui s’est passé ce soir…je vais au bureau…t’en fais pas…ça ira !
 
Une fois à seules, elle envoya son patronus  quérir ses alliées. Megan et Opal furent les premières à arriver, suivies de près par Ysaline et Alix.
 
Désolée de vous déranger à cette heure mais…Pandora est revenue…je l’ai fichue à la porte et…la guerre est déclarée !...Elle n’aura cesse jusqu’à avoir Vic…
 
Qui n’a pas entendu parler d’un sabbat de sorcières ?
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Re: Si j'avais su...

Message par Justin Davenport le Ven Sep 19 2014, 18:53

Extraordinaire ! Peut-être qu’à un autre moment, Justin aurait été heureux de se trouver là tant c’était beau.  Des récits sur le passage vers l’autre rive, il en avait entendus, et pas qu’un peu.  Cette étape était-elle différente pour chacun ? En tout cas la sienne valait le détour sauf qu’il ne désirait absolument pas rester. La lumière aveuglante le surprit et l’entraîna à la dérive. Aucun contrôle possible. Ah, ça changea encore. Le voilà maintenant vêtu de blanc, face à un trio  d’autres hommes en blanc.  
 
Euh… St Pierre ?
 
Gros rire :
 
Appelle-moi comme tu le souhaites Justin, et bienvenue !!  
 
Une seconde de réflexion, le « nouveau » osa :
 
Désolé mais je dois vous quitter, on m’attend ailleurs... en bas.  
 
Ils disent tous cela !  Tu t’y résoudras comme eux.  C’est ce qui arrive lorsque l’on brûle la chandelle par les deux bouts…
 
Sauf que moi, j’avais de très bonnes raisons de le faire !  
 
Stupéfaction des trois juges qui s’entreregardèrent.  
 
Explique-nous donc en quoi tu te sens si indispensable sur Terre, dit celui du milieu.      
 
 Je ne sais pas. Je ne me juge pas indispensable à quiconque, tel n’a jamais été mon but de vie mais… je viens d’avoir un bébé, une adorable gamine. L’idée de laisser seule ma fantastique épouse à l’élever me rend… malade. J’aimerais voir grandir notre fille entourée de parents aimants, j’aimerais pouvoir encore combler ma femme de petits présents, j’aimerais continuer à aider mes proches même sans rien en retour. Tout m’est égal. Là, ma famille est sous une grande menace ! J’ignore si je puis la contrer mais… faut me renvoyer d’où je viens, je vous en supplie...
 
Les trois compères se consultèrent à nouveau du regard.  Une idée ou ils se marraient ?  
 
Es-tu conscient d’avoir une chance incroyable, Justin ? reprit le « chef ».
 
Évidemment que je le sais !  J’ai des amis en or et absolument tout ce que je désirais le plus au monde !
 
Et tu récidiveras dans tes tâches… bien sûr…
 
Pourquoi non ??? Est-ce si mal de vouloir aider ceux qui en ont besoin dans les limites du possible ?

 
Ouais… quitte à tirer le diable par la queue…
 
Pas de ma faute s’il me la montre, sa queue !
 
Pour la 1ère fois depuis des siècles, les juges rigolèrent de très bon cœur.
Justin, lui, ne savait sur quel pied danser. Il voulait repartir, et vite !  
 
Justin, ton cœur ne bat plus depuis 15 minutes… tes fonctions cérébrales, comme vous les appelez, vous les humains, sont plates… tu es mort…
 
NON !! Je refuse catégoriquement ! Je ne suis peut-être pas indispensable à quiconque mais suis certain de pouvoir encore faire beaucoup sur Terre !!  
 
Oh, mais que vois-je ? sourit celui de gauche. Ces médicomages frisent la magie noire pour te ramener… faut-il qu’on tienne à toi…  
 
Les laisserez-vous se damner pour moi ? Renvoyez-moi !!!
 
La dernière chose de cet espace hors du temps que Justin garda en tête fut des échos de rires énormes.  
 
J’AI UN POULS ! !  cria quelqu’un.  
 
Scopes de retour, dit un autre.  
 
Sam, où est S…
 
Dodo.  
Il était sous narcotiques mais, parfois, perçut des trucs :
 
… tant que tu voudras de moi, je serai tienne…Mon Justin !
 
*Ma douce, mon cœur, ma vie…*
 
Gling, gling !
 
*Encore toi, fée clochette ?*
 
Appelle-moi par mon nom, je te prie ! Alors ça te plait de jouer les marmottes ?
 
*Pas de ma faute !*
 
Ah non ? Si j’étais-toi, je lèverais le pied et appuierais sur le frein, celle du milieu dans vos véhicules.  
 
*Fous-moi la paix, suis fatigué !*
 
On le serait à moins !  Là, juste à côté, il y a une très belle jeune maman qui crève de trouille. Fais un effort !!!
 
Hello ! Ça va ? demanda-t-il plus vaseux que ça tu meurs.
 
Examens, contrôles. Erik et Ysaline hésitaient à le laisser filer.
 
Vous ne lui avez pas dit, n’est-ce pas ?... que j’étais mort 15 minutes… Ben oui, je le sais ! Me demandez pas d’où, sais plus. C’est très bien ainsi… oui, oui, je sais, appuyer sur le frein, on me l’a dit aussi…
 
Lorsque son adorable épouse le ramena enfin chez eux, s’il escomptait lever un doigt, Justin fut rabroué aussitôt :
 
Hey ! Je peux voir notre fille, au moins ?   
 
La voir oui, s’en occuper non.  
Ce chamboulement dans l’ordre établi le tracassa.  Ce n’était pas lui l’enfant de la maison !   
Sa bouffe changea, quasi tout changea sauf la tendresse de Sam, quoique… C’était inédit, ça aussi :
 
 Je t’assure que plus sain que ça, difficile à trouver…c’est une nouvelle recette qui s’ajuste à la perfection à ce que prescrivent les toubibs qui eux, manquent d’imagination…ton cœur a souffert, mon chéri…
 
Pas besoin de me le rappeler ni de me dorloter ainsi. Pas que je m’en plaigne mais je ne peux pas m’empêcher de penser… à ta mère, ses menaces. C’est fini ?
 
Espoirs vains, mais Sam veillait au grain…en fait sur tout.  
Elle avait reporté l’inauguration au Cap ? Avait tout fait fonctionner ???
 
*Je sers à quoi, moi ?*  
 
Tout va bien, Justin…je te promets…tout va bien…Je t’aime !
 
Je t’adore ! Ne me quitte pas…
 
Un élancement le fit tiquer, un « gling » lui rappela la pédale de frein. Il laissa couler.  
La terreur l’obsédait pourtant. Il savait- de source sûre- que Pandora était restée six ans avec sa fille avant de tout larguer. Sam était différente, absolument, résolument, différente et tout le prouvait.  Quitte à étrangler de ses mains sa belle-mère, Justin décida :
 
*Ça n’arrivera jamais !!*  
 
Ouiii ! Il suivit à la lettre les prescriptions médicales et matrimoniales.  Chevaucher Athos était un vrai plaisir. Sauf que l’animal ne savait plus pousser de pointe de vitesse, de même que sa voiture de sport. Nager, oui ! Mais à croire qu’il avait oublié le crawl !  
 
*Me reste le Net pour me défouler…*
 
Raté !!Connexion refusée.
 
*Sam, t’exagère !!*  
 
Victoria souriait, alors il oubliait tout jusqu’au moment de la changer, tâche qu’Aronwé s’empressait d’exécuter.  
Qu’en était-il de ses amis, de leur vie ? Englouti dans un cocon de confort, Justin se sentit étouffer.  Des visites, il en reçut mais c’était à croire qu’un interdit général de diffuser la moindre info négative avait été donné.
 
Max !! Salut mon pote ! Oui, ça baigne ! Comment autrement quand on n’a rien à foutre… Tu avoueras que c’est lassant, à la fin ! Comment ça va chez toi ?... réconciliés ??? Pourquoi vous avez eu des soucis ?... Je n’en savais rien, on ne me dit plus rien. En passant, j’aimerais remercier Ysaline pour son intervention… Ah ? Elle s’absente, s’agite… Sam aussi. Qu’est-ce qu’elles fabriquent à ton avis…
 
Michael, suis si content !!... désolé vieux de t’avoir fichu la trouille ! Je te sers un verre ?
 
Eh merde ! Pas moyen de mettre la main sur une bouteille de scotch ou un cigare. Son air dépité amena un sourire aux lèvres de son pote.  Lui, il portait un petite flasque de whisky et brava les interdits.  Quelle délectation !  Gling !
 
*Zut !*… non, t’inquiète, vais pas vomir, c’est juste que j’ai des anges gardiens pointilleux…  Comment vont mes filleuls, ta femme ? … AH BON ?? …  
 
Il en avait zappé des choses, mine de rien.  Mission secrète, arrestations, puis…
Alix disparaissait souvent, tout comme Sam et Ysaline…
 
Et ta belle-sœur ? Opal m’évite aussi… Tenez, tenez… Ça te dit de monter Artémis ? Ou Athos, au choix ? Allons galoper comme avant… please !
 
Justin n’alla pas très loin. Plusieurs « gling » l’obligèrent à ralentir. Étendu sur l’herbe, contemplant le ciel, il en pleura presque :
 
Sam me couve à mort ! Elle freine tout, j’ai droit à quasi rien… NORMAL ?? Tu trouves ça normal ? J’ai même pas pu la toucher depuis mon infar !!! NDD j’en ai marre !!
 
Gling !
 
 Son pote le rassura, tout irait bien s’il se ménageait et modérait ses impatiences. Et il parla d’un truc dont Justin n’avait pas eu d’échos sur sa belle-cousine… très belle du reste…
 
* WOW !*
 
Ce soir-là, il négligea toutes les directives. Son esprit créatif avait largement eu le temps de concocter de nouveaux plats à soumettre à son épouse suis-là, pas-là. Il envoya paître ses elfes, s’occupa de sa fille et fit la cuisine.    
 
GLing, gling !
 
Il n’écouta rien. Sa sauce prenait, il se sentait bien. Victoria avait gazouillé et il avait pu la chouchouter, lui donner son bain et tout et tout.
 
Assieds-toi, mon amour ! Tu as un homme nouveau à tes côtés… Euh… oui, un peu enfreins mais… Sam chérie : pitié !!! Je n’en peux plus, trop c’est trop ! … je sais que t’as eu peur et… moi aussi. J’ai pigé… si, je te jure : j’ai pigé !... ben que je dois t’accorder des libertés d’actions et que…
 
NDD, il flaira quelque chose. Quoi au juste, il n’en savait rien mais lança l’hameçon :
 
… que tu manigances un truc pour te débarrasser de ta mère !
 
Il n’était pas devin mais l’éclat fugace du regard de Sam, il ne le rata pas. Aussitôt, il lui prit les mains :
 
Je ne t’en veux pas, pas du tout et si tu permets, j’aimerais beaucoup t’aider…  
 
Aveux lents, douloureux, pénibles, puis finalement complets. Justin sourit :
 
Z’êtes plutôt radicales, vous autres ! Figure-toi que, malgré tous tes efforts pour m’empêcher  d’accéder à des infos, j’en sais long sur les Vélanes ainsi que sur belle-maman… Euh… pas seul, Michael m’a… Hey, ne lui en veux pas, il m’a dit ça juste pour aider…  On peut s’y prendre autrement, Michael l’a fait avec Manon ...
 
Était-ce la solution ? l’avenir le dirait…
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Re: Si j'avais su...

Message par Samantha Forrester le Mar Oct 21 2014, 23:19

Justin avait vu juste. Comme toujours. Il avait voulu adoucir les choses, cela lui ressemblait bien. Peut-être la potion de Michael…qui sait si un sortilège spécial. Il avait un cœur d’or, cet homme mais elle…elle n’avait pas de si bons sentiments, pas le pardon facile et surtout une trouille épouvantable de perdre leur petite Vic.
Ses amis ne l’avaient pas déçue mais cela avait été quand même une épreuve terrible. Assister froidement à l’élimination d’un danger, va et passe…mais quand ce danger est représenté  par la propre mère, cela devient un peu plus dur à surmonter.
Pandora avait été la personnification parfaite du cauchemar. Enfant, Sam l’avait vue comme un rêve irréel et comme tout rêve elle s’était enfumée dans la réalité. Oui, elle avait eu du chagrin, après tout elle n’était alors qu’une petite fille de six ans mais peu à peu la vie s’était chargée de lui faire voir les nuances et elle avait surmonté l’absence. L’oublier ? Non, jamais elle n’avait pu oublier cette enchanteresse à la voix veloutée qui, pendant un temps ridiculement court, avait joué le rôle de mère dans sa vie. Après, Babs avait pris vaillamment le relais et il faut dire que sa personnalité farfelue avait bien réussi à donner le nord précis, une ancre exacte pour rassurer ses jours et ses nuits, la sauvant de ce cap de tourmentes douloureux qu’est toute adolescence. Et Gerry, son rocher immuable, son phare, toujours présent, si fort, si réel, parfois un peu dingue, sans doute aussi adolescent qu’elle, plus ami que père…
 
Je me sens si affreusement coupable !, c’était la première chose que Sam avait gémi en reprenant ses sens après l’exécution alors que Michael, semblant fermé l’emportait loin de ces lieux de malheur.
 
On lui assura qu’il n’y avait pas de quoi se sentir ainsi. Pandora ne méritait pas mieux. Sans doute…mais quand même, c’était sa mère. Personne ne se sentant ni force ni courage de s’épancher sur l’affaire, Sam n’avait eu d’autre ressource que se maitriser, relever la tête et sembler capable de reprendre le cours de son existence avec tout le savoir-faire et élégance qu’on attendait d’elle.
Justin, remis de tous ses maux, fut rapidement de retour à la maison. Curieux diagnostic, celui des spécialistes, selon lequel, s’ils n’avaient pas eu à soigner Lord Davenport de son urgence cardiaque, ils auraient pu jurer qu’il avait toujours joui d’une santé enviable. Son cœur n’avait aucun problème et il était en parfait état de santé. Bien entendu, la même affaire débrouillée à la sorcière, parlait plus clair que l’eau de roche, d’un mauvais sortilège destiné à mettre ce cher homme à l’envers.
 
*Elle a voulu tuer Justin…que veux-tu de plus, idiote ?…elle ne méritait rien de mieux !*
 
Qu’on les envoie chasser le vampire en Transylvanie semblait beaucoup à une manœuvre de distraction. Justin en était ravi d’autant plus que leurs compagnons d’aventure n’étaient autres que sa chère amie Opal et Erik, son mari. Cela promettait bien de joies, explorer ces hauts lieux réputés d’avoir hébergé le plus sanguinaire, ou du moins le plus connu, des vampires : Dracula. L’idée ne finissait pas de plaire à Samantha qui aurait pu trouver mieux comme exutoire de ses angoisses.
Le décor en soi suffisait pour avoir des frissons. Forêt dense, sombre, brouillard laiteux à peine percé par les puissants phares de la Range Rover. Justin conduisait en bavardant à bâtons rompus avec son australienne d’amie qui avait, comme toujours, la réplique facile et l’humeur à ton. Erik ne semblait pas le plus heureux des hommes et se contentait d’un oui ou un non, semblables à des grognements d’ours. Sam le trouva décidément très ressemblant à son demi-frère.
 
Tu es sûr qu’on va dans la bonne direction ?, question nettement rhétorique, elle savait que son chéri se trompait rarement mais là, elle avait la désolante sensation d’aller vers nulle part, ça fait des heures qu’on longe cette forêt…et jusque-là…pas un village, pas une chaumière…rien !
 
Et puis, ça ! Un cavalier solitaire surgissant de la brume, le magnifique étalon noir se cabrant au milieu de la route, coup de frein à mort. Ils furent à quatre pour considérer ce spectacle inattendu, même Opal s’était tu, ce qui voulait déjà tout dire. Et l’apparition, d’aspect pourtant très consistant de faire caracoler sa splendide monture en s’approchant du véhicule.  Un beau jeune homme, brun, au regard sombre, au sourire envoûtant, si on faisait cas omis de ses canines un peu développées.
 
*Bingo ! Il s’appelle comment le jeu ? Cours après moi que je t’attrape ?*
 
Apparemment, oui !
 
Bienvenus, étrangers, vous me cherchiez ?
 
Il avait tout bon et ils étaient décidément trop évidents. Bien sûr, après avoir jalonné leur chemin de questions aux autochtones, difficile de passer inaperçus !
 
Je suis Vlad, comte Dracul… le 5éme du nom !
 
Oh ! Ah !...C’était quand même surprenant se retrouver face à face avec le vampire par excellence, sauf que celui-ci avait un beau teint, peu de cernes et pas du tout l’air de craindre la lumière du jour, même si dans cette forêt, la luminosité était assez piètre.
 
Vous savez, les histoires…ça raconte n’importe quoi…ça peut nous ficher la vie en l’air et nous faire une vilaine réputation, mais on fait avec !, en plus, il avait le sens de l’humour, suivez donc moi…nous en sommes pas loin de mon château !
 
On dit d’y aller alors on fonce ! C’est exactement ce que fit Justin. Le cavalier les précédant ils aboutirent après un moment face à un décor plutôt inattendu. Qui a entendu parler du fameux comte Dracula s’imagine aisément un château sombre, lugubre, juché sur une colline, tout aussi sombre et lugubre, dominant un paysage  tout aussi…idem ! Or là, vive les surprises,  ils aboutirent à une charmante, et très large, clairière où trônait un magnifique manoir entouré de verdeur fleurie et baigné, ô miracle, d’un rayon de soleil.
Arrêt sur image. Échange de regards surpris dans la voiture.
 
Pas exactement ce qu’on avait en tête…c’est le bon ?
 
Petit rire amusé qui les fit sursauter tous, voilà que le sympathique Vlad était avec eux dans l’habitacle.
 
Désolé de vous effrayer, mais faut s’amuser de temps à autre…c’est un peu triste la vie sociale dans le coin…Faites pas cette tête, oui, je sais….il en court des histoires sur nous mais pas tout n’est vrai…je prends mes vacances aux Seychelles, c’est tout dire…et on ne mord plus n’importe qui n’importe où…
 
Définitivement rassurant. Sam se félicita quand même de porter son parfum, spécialement concocté par Angel  avec un délicat arome …à l’ail ! M. le comte fronça son joli nez et sourit, en fin de comptes il devait être habitué !
 
Je l’aime plus avec les gambas au grill, assura t’il charmant, mais si cela vous rassure…
 
À bon entendeur !
 
La situation était on ne peut plus particulière, étonnante, saisissante. Leur hôte avoua, sans aucune contrition, être bien un vampire mais aussi quel les habitudes qu’on leur endossait si volontiers n’étaient plus de mise depuis un long temps…une centaine d’années, plus ou moins. De là, à que Justin expose le but de leur voyage, il n’eut qu’un pas.
 
Quelle idée extraordinaire, s’exclama Vlad, et tout à fait légitime…nous sommes immortels, entre nous, c’est à peu près garanti pour l’ennui, nous restons toujours jeunes et beaux…ce qui n’est pas aussi chouette qu’on prétend, mais enfin…Vous savez ce que ça donne de ne pas changer d’un poil en 100 ans ? Et puis…trouver une compagne…je vous dis pas…enfin, vous voulez un peu de notre sang, je ne vois aucun empêchement à vous le donner…Bien entendu, ajouta-t’il, malin, il nous faut de quoi nous reprendre !
 
Encore plein dans le mille ! Ils avaient quelques litres de bon sang frais, Dieu merci les banques de sang , les surprenantes relations de Justin chéri et les influences de M. le docteur Nielsen. L’affaire était pour ainsi dire, dans le sac. Fallait encore affronter la dernière épreuve : le bal.
On pouvait le comprendre, ce cher vampire en mal de vie sociale. Pour une fois qu’une nouveauté se pointait, il fallait partager avec les amis, ces bons donateurs et leur donner un peu pour leur sacrifice sanguin.
Avez-vous dansé avec un vampire ? Moyennant une conversation prenante et beaucoup de charme, il faut toujours le tenir à une distance modérée de votre cou, mais bien sûr si vous comptez avec une création unique en parfum genre Alium tenuis, il n’y a aucun souci à se faire…
 
Tu sais, mon chéri, c’est vrai qu’un peu de variété ne nuit pas à un couple…mais pour la prochaine fois j’aimerais mieux autre chose…les vampires, l’ail…tu sais…ça ne me botte pas trop !...Je voudrais rentrer chez les miens…j’ai besoin de Gerry et Babs...de Miami, de soleil…

L’idée était bonne et encore plus, très acceptable mais bien sûr, rien n’est jamais comme on s’y attend. Au lieu de bronzer au bord de la piscine paternelle, Sam se trouva en train de danser une gigue endiablée dans un somptueux manoir écossais.
Un mariage ! Un beau mariage, tel qu’on les aime. Décor parfait. Ambiance  idem. Des mariés majestueux, on ne pouvait pas moins dire. Mais bien entendu, ce n’était pas aussi simple que ça !
 
*La maman de Michael, qu’on ne connaissait pas épouse Lord Perfection et on est tous contents !...Veux aller chez Gerry, moi !*
 
Les tenants et aboutissants de l’affaire lui échappaient, mais pour peu qu’elle sut,  la famille de Michael n’avait jamais accepté son amitié avec Justin, question de pureté de sang et autres aléas, pourtant là, ça faisait vraiment bon ménage. La nouvelle Lady Cavendish et son chéri, tout lord sang-mêlé bavardaient comme des bons vieux amis, ce qui semblait mettre Alix dans un état d’extrême énervement.
 
Sam j’ai peur… je ne sais pas. Appelle ça une intuition. Va empêcher Justin de boire ce qu’Aylinna lui apporte, je t’en prie.
 
Euh…oui, si tu veux *Elle ne serait pas un peu siphonnée, celle-là ? Elle le couve un peu trop, son Michael *…si tu veux mais là…c’est raté…il a bu…mais dis-moi, Alix, que crains-tu ?
 
Elle n’en savait trop rien mais la suspicion était de mise.  Un quart d’heure plus tard Sam dut se convaincre qu’il y avait quelque chose de vrai dans les doutes d’Alix. La conversation, si amicale avec Milady avait pris, tout à coup, des allures de séance d’aveux en toutes règles, et il faut dire que son chéri semblait en raconter des choses, même en valsant avec la mariée. Sam attendit que la danse s’achève pour lâcher son partenaire du moment, et foncer éloigner son mari de cette dame si curieuse qui, pour les effets, arborait un air radieux et satisfait.
 
Dis donc, tu sembles très bien t’entendre avec la mère de Michael, j’aurais pourtant juré que…Ah bon ? Elle voulait tout savoir sur son fils ?...Euh, je la comprends…un sacré retard, oui…Ben, 17 ans, c’est du temps alors toi…QUOI ? elle t’a donné ÇA !...Non mais, faut pas manquer de culot…Viens, mon chéri, mine de rien elle l’avait entraîné dans un petit salon désert et avant qu’il n’en place une, l’avait envoyé dans les limbes avec un petit sortilège à ton, je t’adore, Justin…c’est juste pour limiter les dégâts ! *Tu veux rire, après tout ce qu’il a papoté…Tout y sera passé !*

Abandonnant Justin placide aux bras de Morphée, Sam alla chercher Alix qui circulait entre les invités.
 
Que se passe-t-il ? Justin est malade ?
 
Malade ? Non, pas du tout…Ta belle-mère n’y est pas allée de main morte…ce qu’elle a donné à Justin était du Veritaserum et bien sûr mon mari a chanté mieux qu’un canari…

Ce n’est pas possible ! Du véritasérum ? Mais pourquoi Aylinna lui en aurait-elle donné ?
 
Ben, ma chérie, pour la seule et unique raison qu’on en donne à quelqu’un…Elle voulait TOUT savoir sur ton mari !...Non, je ne connais pas les détails mais on peut s’imaginer ce que ça a pu donner…Non, il dort pour le moment…dans une paire d’heures l’effet du Veritaserum se sera estompé…, soupir, j’espère que ça n’ira pas plus loin !
 
En toute évidence, Lady Cavendish était satisfaite avec ce qu’on lui avait appris et le reste de la réception s’écoula sans surprises ni soubresauts. On se quitta avec la promesse de se retrouver bientôt, on échangea des bons vœux et les Davenport s’envolèrent vers Miami, l’ensoleillée.
Merveilleux changement de décor. Finie la grisaille anglaise, la brume, la pluie, le froid. Là, les palmiers ondoyaient dans la brise chaude, chargée de senteurs tropicales et de mer, sous un ciel dégagé. Gerry et Babs étaient ravis de compter avec leur présence et surtout avec celle de la petite Victoria dont ils raffolaient.
 
Non, Gerry…c’est gentil tout plein d’y penser mais on préfère se la couler au calme…on a déjà eu notre lot de fêtes et autres aménités…Bien sûr, pour le nouvel An on fera une exception…ah bon ? 200 invités…Oui, je sais que Babs adore fêter en grand…Non, on ne va pas emmener Vic à Disneyworld…elle n’a que six mois, Gerry…dans deux ou trois ans, quand elle pigera quelque chose…
 
Babs avait mis les petits plats dans les grands. Ce serait LA Fête par excellence, après tout ce n’était pas tous les jours que la fille de la maison était là avec son noble époux, un véritable Lord anglais, ce qui est toujours une marque de suprême chic. Et Babs n’allait pas se priver du plaisir de faire verdir d’envie ses amies.
Impossible autrement, ce fut une réussite sociale et on s’amusa follement jusqu’aux premières lueurs de ce 1er. Javier 2001. Un nouveau siècle venait de débuter et avait été reçu en toute splendeur.
Vers midi, après quelques heures de repos bien mérité, ils étaient réunis au bord de la piscine, en tenue ultra relax, à déguster un brunch délicieux sans penser aux lendemains. Il faisait décidément bon vivre, ce jour-là.
 
Oui, demain fait une petite virée avec Francisco et ses amis…Il veut faire découvrir à Justin les délices de la plongée chasse au trésor…c’est sa marotte…Qui sait, mon chéri, tu auras peut-être plus de chance que lui qui n’est pas encore tombé sur L’Épave…il n’en perd pas l’espoir, remarque !

Ils ne plongèrent jamais. Au soir de ce premier jour de l’An, un message urgent signé Shakebolt parvint à Justin et fit voler en éclats toute sensation de calme et paix.
 
QUOI ?...Repartir sur le champ !?...Oui, je comprends, quelque chose d’affreux se passe…mais quoi ?...Ah, il n’en dit rien !...Oui, un appel au ralliement de tous les Aurors…en service ou pas…Bien sûr que je vais avec toi…jamais de la vie je ne resterais ici à attendre de tes nouvelles…
 
Justin eut beau dire ou faire, Samantha refusa de rester planquée chez son père alors qu’il allait affronter Merlin sait quoi. Au lieu de quoi, elle envoya son patronus à tout azimut dans l’essai d’en savoir plus. Joindre Alix ou Michael s’avéra impossible, par contre Megan Smith fut une étonnante source d’information : elle prit le téléphone et les mit au parfum d’une situation qui dépassait tout entendement.
 
QUOI ? Les Mangemorts !?...Mais…Ah, fugue massive d’Azkaban…Oui, bien sûr…tout le monde est sur la tête…
 
Mis succinctement au courant de ce nouveau déboire, Gerry insista pour qu’ils laissent Vic à Miami, assurant qu’elle y serait plus en sécurité alors que ses parents ne manqueraient pas de se trouver au cœur de faits pas trop engageants. La mort dans l’âme, les Davenport cédèrent à cette requête.
À leur retour dans un monde sorcier chamboulé, les nouvelles étaient effrayantes, les faits constatés consternants : Alix avait disparu sans laisser de trace, Michael, à demi fou se remettait mal d’une opération d’urgence alors que la brûlure de la Marque devenait insupportable…
 
Ils battent le rappel…Mon Dieu, Justin…Ça va recommencer …
 
Erreur, cela avait déjà recommencé…
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Samantha Forrester

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