La liberté, ça se mérite.

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La liberté, ça se mérite.

Message par Erik Nielsen le Dim Juil 13 2014, 08:09

Le temps se suspendit, les cauchemars point.  
Durant un bref instant d’accalmie, Erik réalisa que contrairement à ce que tout son entourage pensait, il ne dormait absolument pas. Le nécessaire avait portant été accompli. Opaline n’était-elle pas à l’abri, ses petits aussi ?  
 
*Nul n’est à l’abri, petit frère ! Tu m’as poussée aux extrêmes, tu vas payer au-delà de tout ce que tu pouvais imaginer ! Je suis morte par TA faute, je REVIVRAI par toi, à travers toi et DÉTRUIRAI ceux que tu aimes tant !  *
 
*Je n’ai pas exigé ta mort, juste demandé que tu n’embêtes plus Michael !*
 
*Ce qui revenait au même, donc : Vous mourrez tous, tous, TOUS !!!*
 
Et la voix honnie continua à le hanter jour après jour, soir après soir.  
Plus les fragments du corps d’Ariana s’accumulèrent, plus Erik souffrit le martyr.
 
*JE suis ton bras… Je suis ta jambe… bientôt je serai toi !!*
 
Il ne pouvait rien contrer, ne pouvant que subir inlassablement les discours dont l’abreuvait de plus en plus abondamment sa demi-sœur.  
Lorsque sa tête fut remplacée par l’autre, Erik se sentit investi de tant de pensées immondes qu’il souhaita ardemment que vienne la fin.
Bizarre, les suggestions d’Ariana ne parvenaient cependant pas à éliminer complètement ses propres pensées.
 
*Tu auras peut-être mon corps mais jamais mon âme, salope !*
 
Le fantôme rigola à gorge déployée :
 
*T’en fais pas, ça viendra. Tes soutiens sont si idiots qu’ils marchent comme de bons petits soldats !*
 
 Misère ! Qu’est-ce que cette démone avait envisagé ?  
Torse rendu, Ariana le tortura davantage, bourrant son esprit de projets infâmes.
 
*Ils ont mon cœur maintenant et, avec lui, je te possèderai entièrement ! Adieu frangin !*
  
L’éveil brutal lui fit remettre tripes et boyaux mais une unique pensée l’habita :
 
*Opaline !!*
 
Combien de fois le ramassa-t-on dans le couloir où, en pyjama, il tituba jusqu’à la chambre de sa femme ? Peu importait. Sous les caresses au visage, Opal ouvrit les yeux et sourit.
 
Mon amour, tu te sens comment ? Ça va, tu es sûre ?
 
Elle assura ; le monde était en ordre… ou presque.  
Très en forme quoiqu’encore faiblard sur ses guiboles, il trouva le moyen de s’accrocher avec le Dr. Von Falkenberg qu’il n’encadrait pas trop pour être le chouchou d’Asimov. Elle le prit plutôt… bien. Entrevoir Michael et d’autres le réjouit.
 
*Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à m’avoir cru à la dernière extrémité ?*
 
Il ne se souvenait que d’une chose : Ariana était partie de sa tête et Opaline avait besoin de lui !  
Les douleurs de l’enfantement débutèrent très peu après. Il pensa gérer mais se retrouva vite débordé par la situation.  
 
*Si tu t’entêtes, elle est perdue ; ils sont perdus !*
 
Ravalant sa fierté, il contacta Ysaline qui accourut.
 
Tu peux y arriver mon amour. Reste avec moi, je t’en prie, reste…
 
Tension en chute libre, affaiblissements, énervements puis…
 
Tu as été merveilleuse mon Opaline ! Félicitations, maman !
 
La famille, au grand complet, faisait les cent pas dans le couloir quand, enfin, il put présenter ses fils à l’assistance :
 
Nos bébés : Matthew et Nicolas !
 
 Qu’est-ce que l’on fêta dignement l’arrivée de ceux-là !  Au comble du bonheur, malgré les pleurs des gosses à des heures impossibles et le boulot que deux marmots représentaient, Erik en aurait bien oublié son contrat avec Ste Mangouste. Hélas le docteur Brahms voyait les choses différemment :
 
Dr. Nielsen, je ne vous féliciterai pas, l’accueillit- il d’emblée à son retour au travail. Et ce pour deux raisons. Primo, je trouve idiot de féliciter un nouveau père qui, au bout du compte, n’a fait que déposer sa semence où il fallait. Secundo : votre absence, ajoutée à celle du Dr. Von Falkenberg a créé une surcharge considérable de complications laborieuses dans cette institution. En conséquence, vous ne verrez aucun inconvénient à nous dédommager en acceptant les gardes de tous le mois à venir en plus de vos tâches ordinaires, bien sûr ! Bref, nous attendons que vous mettiez les bouchées doubles !
 
Erik, qui les mettait déjà chez lui, se demanda comment il allait s’en tirer. Donner sa démission sur le champ le tenta énormément. Après tout, ni lui ni Opal n’avaient besoin de travailler pour subvenir aux besoins de la famille… sauf que fierté oblige !  
La vie à quatre fut chaotique les premiers mois, le temps de trouver le bon rythme. Dès qu’il le pouvait, Erik rentrait chez lui assumer sa part de boulot et s’il lui arriva parfois de ne pas dormir 72 heures d’affilée, il ne s’en plaignit pas. Opaline se révéla très organisée, beaucoup plus que prévu devait-il se l’avouer. Même lorsque sa mère rentra enfin en Australie, elle parvint à maintenir le cap. Une baby-sitter occasionnelle vint s’installer chez eux un temps. Y aurait-il de l’eau dans le gaz entre les récents mariés de la bande ? En tout cas, Angel s’en tirait.  
Les préparatifs du baptême requirent de la diplomatie. Moitié De Brent, Erik aurait souhaité que son frère soit le parrain de Matthew. Docte, Opaline lui fit remarquer que, n’étant entourés que d’une majorité masculine, Alix serait la marraine rêvée pour le bébé déjà en passe de devenir un petit tyran qui serait mieux bridé avec un McLane en binôme, histoire de délocaliser les parrainages.
Assez débordé entre famille et boulot, Erik rata quelques cases concernant la vie de ses amis à qui, il avait fini par l’apprendre, il devait tant. Sans les De Brent, Smith et Von Falkenberg, il aurait perdu son âme au profit d’une Ariana réincarnée, rien de moins. Le décès brutal du Duc de Gilmore entraîna une succession de bouleversements dont un de taille : Angel, nouvelle duchesse, ne pouvait plus être baby-sitter.  On s’arrangea comme on put chez les Nielsen d’autant qu’Opal voulait à toute force reprendre la direction de son restaurant. Un boulot de plus ? Bah…  
 
*Vais encore me taper une déprim à ce rythme…*

Mais puisqu’aucune voix malsaine ne le hantait à présent, il s’estima heureux.
Il le fut moins quand il apprit qu’Ysaline était enceinte. Moins hyperactive, Brahms ne la rata pas et puisqu’il en voulait toujours à Erik, il se déchargea sur lui. Cela barda à Ste Mangouste :
 
Dr. Brahms, je supporte vos remontrances injustifiées depuis suffisamment longtemps. Nous ne sommes pas vos esclaves ! Poursuivez dans cette voie et…
 
Et quoi ? Vous irez chercher bonne fortune ailleurs ? Sachez, jeune homme que nul ne vous engagera du côté sorcier, j’en ai fait une affaire personnelle. Partez, et la médecine sera terminée pour vous…
 
Eh merde ! Erik n’avait pas l’équivalence moldue. Certes, il aurait pu plaquer médecine et se consacrer au droit, sauf que…
Qu’à cela ne tienne, il l’obtiendrait la conformité de diplômes.  
Ysaline l’aida beaucoup durant cette période studieuse. La pauvre en subissait des vertes et des pas mûres auprès d’un chef aussi capricieux qu’injuste.  Enceinte, comme la majorité des épouses amie – étrange, non ?- elle ne pipait mot mais c’était clair : la crise couvait.
Des incidents, sur lesquels il eut du mal de se pencher comme il l’aurait voulu, se produisirent.
Ainsi, quelqu’un en voulait à la peau de John Smith. L’avoir connu plus pauvre que job pour le revoir très nanti ensuite avait dérouté Erik.  Maintenant Smith fréquentait assez assidument le frais duc de Gilmore qu’il choisit comme témoin de mariage.  Peu après, Nielsen sut qu’un autre attentat avait été évité mais, heureusement, les choses s’étaient calmées. Avec tout ça, le Dr.  Nielsen se sentait très isolé socialement parlant. Son frère lui manquait, même sa propre famille lui manquait. À peine s’il voyait ses gosses grandir !  
Ce qui devait arriver arriva : Ysaline péta un câble et envoya proprement paître Brahms en claquant violemment la porte de Ste Mangouste.
Les discussions qui s’en suivirent marquèrent les esprits.
Se « délassant » à la cuisine du « chez McLane », il put en toucher deux mots à son Opaline :
 
Ça va être l’enfer à l’hosto… Non, je ne laisserai pas tomber… Je ne peux pas Opal ! Exercer fait partie de moi ! Je me suis renseigné, Brahms m’a véritablement torpillé partout.  
 
Et le miracle survint avec une proposition irrésistible. Il transplana illico chez lui, riant comme un fou, faisant valser femme et enfants dans une danse endiablée :
 
Je quitte Ste Mangouste ! Ysaline ouvre une clinique privée et veut que j’en sois au même titre qu’elle !  
 
Cela signifiait tant de choses ! Finies les gardes à rallonge, du temps libre pour les siens, exercer à la fois magie et médecine traditionnelle : le pied total.  
L’opposition fut farouche à la création d'un centre de soins révolutionnaire. Erik se retrouva bombardé conseiller juridique.  Un des juges du Magenmagot n’étant autre que le duc de Gilmore, l’affaire fut menée rondement.
Les Von Falkenberg avaient bien fait les choses. Sous la houlette de Max, le domaine se dota de deux portions prêtes à accueillir tant les richards que les plus démunis. Tous avaient hâte de s’y mettre. John, contacté, marcha à fond dans la combine et, les grands esprits se rencontrant quand il le fallait, nombre de médicomages grossirent les rangs de la nouvelle équipe.   
L’inauguration se déroula en grandes pompes, côté friqué, of course.  Tout joyeux de revoir Michael, Erik tomba des nues en le rencontrant flanqué d’une parfaite inconnue.  Où était Alix, qu’est-ce qu’il avait raté ?  La mise à jour n’eut pas lieu immédiatement car une urgence concernant sa belle-sœur prévalut sur tout. Mahew l’avait pourtant prévenu qu’Alix ratait des rendez-vous. Là, le travail s’était déclenché avec plus d’un mois d’avance.  
Quelle nuit de folie à tenter de sauver la mère et ses enfants. Il fallut pourtant requérir aux grands moyens vu que rien ne fonctionna pour ralentir le travail et que l’éclampsie guettait.  
Le 15 novembre, Cécile et Lucas naquirent par césarienne. De l’avis général, on assisterait bientôt à un triple trépas.  S’il n’avait tenu qu’à lui, Erik aurait été tabasser son frère pour avoir tant négligé sa femme. Il ne pigea rien avant un bon moment.  
Régulièrement, Michael vint à la clinique où les choses ne s’étaient pas aggravées sans pour autant être couronnées de succès.  Alix survivait dans un monde à part, complètement désintéressée par ses petits si chétifs que l’on craignait encore de perdre à tout instant.  
Megan Smith accoucha le 3 décembre. La petite Elisabeth réjouit la clinique par ses vociférations friponnes.  
 
Manque plus qu’Ysaline, rigola-t-il auprès de son Opaline… Ouais, j’assumerai, t’en fais pas…. Je sais, on est full et  la liste d’attente s’allonge… j’aime surtout les consultations gratuites…  Quoi, Brahms ?... Non, calme plat de ce côté… Allez, au boulot ma belle, nous avons une centaine de plats à livrer demain…  
 
Le Dr. Von Falkenberg fut délivrée le 15 décembre. Le 17, elle reprenait le collier.  Ce n’était pas lui qui s’en plaindrait car il se sentait moins investi qu’elle dans la gestion.  
Peu avant Noël, il eut l’occasion unique de pouvoir bavarder à cœur ouvert avec son frère.  
 
Michael, je voudrais m’excuser d’avoir été si peu présent quand les choses ont dérapé entre toi et ta femme… ne culpabilise pas ainsi, s’il te plait, tu n’étais pas toi-même ! Je m’en veux tu sais, de n’avoir rien vu alors que je vous dois tant… Ouais, occupé est le mot… mais n’empêche… Peut-être que c’était écrit quelque part et que nul ne pouvait l’empêcher. Maintenant, ce qui est clair, c’est que tu dois veiller sur tes enfants, ceux que l’on surnomme déjà « les miraculés »… je n’ai pas dit ça ! Je crois sincèrement qu’Alix peut surmonter si… tu n’abandonnes pas toi-même.  Viendras-tu à notre veillée le 24 ? Ysaline voudrais que Lucas et Cécile soient les enfants-Jésus.
 
Ça ne l’intéressait pas vraiment, mais il accepta en soulevant une question qui tracassait tout le monde : J.O.  
 
C’est moche de chez moche, très agressif. Cette saloperie va plus vite que nous et pourtant, on est dessus sans arrêt. Avec Ysaline, et l’oncologue Maxwell, on est d’accord sur une greffe de moelle osseuse… si on trouve un donneur compatible, évidemment.  
 
Ça et dire une chance sur… beaucoup trop…
 
Ce Noël fut radicalement différent du précédent, heureusement. Néanmoins, Erik ne put s’empêcher de redouter un os de derrière les fagots à la dernière minute. Tout se déroula pourtant en harmonie parfaite. L’office fut recueilli à souhait et, aux douze coups de minuit, Marie et Joseph traversèrent le grand hall pour prendre place dans la crèche, chacun tenant un adorable poupon. Deux minutes plus tard, une personne inattendue se présenta, figeant l’assemblée. Il fallut batailler pour empêcher des assistants d’intervenir. On retint son souffle, angoissés. Lorsque les choristes entamèrent un joyeux Alléluia, on respira enfin. Liesse générale : Alix avait reconnu ses enfants ! Opal pleurnichait contre lui, il sourit, très ému aussi :
 
Joyeux Noël, ma chérie !! Ne t’évanouis plus, hein ! Là, je file remettre Alix au lit avant qu’elle ne nous fasse une pneumonie. Dis, t’as pas vu John ?  
 
Étonnant, Smith avait raté la fête. Meg participait avec leur fillette mais point de John.  
 
Michael lâche-les un peu ! Bon retour parmi nous Alix mais tu dois te mettre au chaud dare-dare.
 
Son frère dut user de diplomatie pour convaincre son épouse de se séparer des enfants, assurant qu’ils seraient tous les trois à veiller sur son sommeil. Une chambre spacieuse du corps principal les recevrait. Si progrès manifestes, Alix rentrerait chez elle le lendemain.  
 
Quand, il descendit après avoir embrassé la ronde, il put goûter aux plats savoureux préparés par le « sense » et le « chez McLane ». Occasion en or d’accrocher Megan :
 
Salut ! Joyeux Noël ! Quelle splendide petite fille ! Mes garçons se battront pour des yeux pareils ! Mais où est l’heureux père ?
 
Appelé Merlin sait où, John avait quitté leur habitation vers midi. Mrs. Smith n’était pas inquiète. Elle assura ignorer le but de son déplacement mais assura qu’il était sans rapport avec les tentatives d’assassinat antérieures.  
Quand on parle du loup…
 
Hello, John ! Joyeux Noël mon vieux ! T’en fais une tête, ça va pas ?  
 
Sous l’œil investigateur du Dr. Nielsen les dires de John sonnèrent affreusement faux.  
 
La grippe ? *Bon dos, celle-là !* Tu as l’air crevé et, ne mens pas : tu souffres !

Meg, tu permets, je t’emprunte ton mari, le temps de l’examiner.
 
L’autre refusa mais Ysaline, captant le coup d’œil d’Erik, arriva à la rescousse. Ensemble, ils parvinrent à leur fin, d’autant que John manifestait des défaillances de résistance.  
Oh le beau don d’Erik qui pouvait obliger quiconque à lui révéler ses secrets…
Ysaline qui avait entendu la confession en demeura aussi paf que lui. La tentation fut grande de pousser les investigations plus en profondeur, mais jugeant à un viol d’intimité, Erik en resta là.  
Smith refusa de rester à l’hôpital. Oui, il se reposerait, etc.
La fête se poursuivit alors un peu, puis les Nielsen rentrèrent chez eux.  Dans quelques heures, Opaline chérie ouvrirait son cadeau ! Erik s’en réjouissait d’avance même si ce 25 décembre signifiait aussi l’invasion des McLane au grand complet.  
Hélas, à cinq heures du matin, la sonnerie du téléphone insista : debout toubib.  
Maxwell exultait quand il arriva :
 
On a une compatibilité ! Vous remercierez Lady Davenport pour la requête internationale lancée. La moelle vint des USA. On doit préparer le Duc !  
 
Irradiation complète, chambre stérile et tout le toutim.  Très pensif, Erik agit en conséquence, aidant l’oncologue en manque de personnel vu les fêtes.  
Bizarre quand même, non ? John venait d’avouer avoir fait un don de moelle et, quelques heures plus tard, J.O trouvait une compatibilité…  Hasard, ou… À qui en parler ????
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Re: La liberté, ça se mérite.

Message par Opal McLane le Lun Juil 21 2014, 23:41

Que dire ? Que penser ? Pas grand-chose, elle dormait. Oui, c’était bien cela qu’on avait voulu qu’elle fasse. Les explications du pourquoi du comment lui avaient semblé suffisantes et Opal n’avait pas fait de foin. Obéissante, avec un seul chagrin énorme : être séparée de son Erik.
Et cela avait été comme un long et intéressant parcours dans un monde merveilleux et paisible où le temps n’existait plus :celui des souvenirs. Tout y était passé, depuis sa première enfance pour l’amener doucement jusqu’á ce jour où…

Mon amour, tu te sens comment ?

Erik ?...Wow ! Suis réveillée…euh non, enfin oui…me sens bien…

Ça va, tu es sûre ?

Elle se redressa un peu sur son lit, l’écarta un peu pour le regarder lui trouvant une mine de papier mâché, soupira, se passa la main dans les cheveux, puis sur le ventre le trouvant extraordinairement rebondi.

Je crois, oui…j’ai vraiment dormi tout ce temps !?

Apparemment, oui ! Et il s’en était passé, des choses en attendant…par exemple : ses bébés étaient arrivés à terme et là, séance tenante, ils avaient envie de naître. La suite fut exténuante mais pas moins extraordinaire et la seule chose qui compta après fut contempler les frimousses rougeaudes et fripées de ses enfants.

Ils sont parfaits !, assurait-on en souriant.

*Moches comme pas deux…mais on dit que ça s’arrange !*

La suite promettait. Nicholas et Matthew, si semblables et pourtant si différents. Le premier, ange de sagesse, le second un véritable petit démon. Cela resta établi dès leur premier jour en ce monde. Nick gazouillait, Matt braillait. Ça ne changea pas et il fallut s’y faire.
Maman McLane était restée pour aider et instruire sa fille dans ses premiers pas dans l’intrinsèque monde de la maternité et contre toute attente Opal, la toujours impulsive et impatiente, assuma être mère avec grande sagesse et un sens de l’organisation tout à fait admirable.
Leur première sortie en famille, à l’occasion du mariage d’Angel et son J.O, fut toute une expérience de laquelle Opal tira une leçon importante : sortir avec les jumeaux et mener une vie sociale acceptable était à peu près incompatible. Ce qui resta largement démontré par la suite…mais bien entendu, Opal ne comptait pas rester enfermée entre ses quatre murs, esclavagée par sa condition de mère aimante et épouse parfaite. Sa mère était restée quelque temps pour lui filer un coup de main, son frère Matt qui semblait ne pouvoir se détacher de ses neveux fut un peu plus long à lâcher prise mais vint le jour où Opal dut faire face à ses obligations toute seule.
Erik, son adoré, était plein de bonnes intentions mais le cher homme insistait à démontrer qu’il était capable d’être le Dr. Nielsen à Ste. Mangouste et Me. Nielsen aux tribunaux. Comment s’arrangeait-il ? Opal avait sa petite idée là-dessus mais préférait se taire en le voyant s’acharner comme un dingue…enfin, le voyant quand il rentrait, à des heures impossibles, si claqué qu’il était impossible de lui tirer un mot…
Les jumeaux poussaient mieux que des champignons, toujours aussi décalés que possible. Nick, tout douceur, était le bébé le plus facile du monde, par contre son frère, ah, celui-là !, il avait un caractère de tous les diable et comptait se faire entendre quand l’envie lui en prenait.

T’es bien McLane de partout, toi…mais va falloir se calmer, mon petit chou…Maman n’a pas beaucoup de patience…Papa est crevé…et ton frangin voudrait bien dormir, lui…alors, mon ange…on ne se raconte plus d’histoires, tu prends ton biberon et roupilles, ok ?

L’adorable diablotin gazouillait, lui tendant les bras et Maman fondait d’amour, ce qui ne l’empêchait pas d’avoir une tête de déterrée le lendemain.
Le baptême des jumeaux mérita toute son attention par la suite. D’abord, question primordiale et de haute diplomatie, le choix des parrains et marraines.

Chéri, pas facile, le choix, je sais…mais…et surtout crie pas au fou, je pense qu’au lieu de ton frère…ce serait mieux si Alix était la marraine de notre Matt…avec mon frère Matt pour parrain…le mioche est un dur à cuire, il faut du caractère avec celui-là…et j’aime beaucoup ma belle-sœur qui ne se laissera pas avoir avec ses éclats...et mon frère…eh ben, lui ressemblant…ça compensera…pour Nick, Angel sera la marraine rêvée et Justin fera un parrain idéal…Mais non, suis sûre que Michael ne trouvera rien à redire…tu l’as vu avec les petits, un véritable oncle gâteau, celui-là…veux le voir avec ses propres enfants, ça va valoir le détour…

En définitive, rien à redire avec son choix. Que les parrains de Matthew aient une certaine influence avec le petit, ça resterait à voir, en tout cas, le petit resta fidèle à lui-même tout le long de la cérémonie et encore après…et pendant les mois qui suivirent…comme quoi, ça viendrait plus tard !
Le départ de J.O au Kosovo en mission de paix prit tout le monde de court et laissa Angel comme âme en peine. Que de mieux pour lui changer les idées que demander gentiment son aide ? Opal s’en voulut d’être si affreusement pratique, mais si elle pouvait avoir deux oiseaux d’un coup, pourquoi pas ? Angel avait de quoi se distraire avec les jumeaux, impossible autrement, elles se faisaient compagnie à des heures indécentes quand le cher Matty réveillait son frère avec ses hurlements de sioux et cela leur permettait de se mettre à jour avec leurs vies si chamboulées depuis un temps.

Ma chérie, tu es la baby-sitter idéale…en plus d’être ma meilleure *et unique* amie…je sais, c’est un peu débile et abusif de ma part…mais tu sais, j’adore ces moments rien qu’à nous…bien sûr, avec les marmots ça change un peu…Oui, je suis heureuse…plus que ça, impossible, Erik est merveilleux…enfin, quand il est là…Ouais…on a des maris victimes de leur devoir, si on veut le voir comme ça !

Mais du jour au lendemain, la douce Angel fut propulsée vers des sphères très hautes, absolument contre sa volonté et se vit promue au rang, stratosphérique de…Sa Grâce la duchesse de Gilmore. Impossible de continuer à compter sur elle pour ces nuits blanches à se raconter des histoires en berçant les jumeaux.
Bon an, mal an, Opal ne se laissa pas abattre et songeant à un retour en beauté au monde des affaires gastronomiques, prit des résolutions stratégiques. Engager du personnel, c’était son fort. En deux temps trois mouvements, elle apprit l’art de déléguer un peu et du jour au lendemain son petit bastion domestique se vit agrémenté de certains éléments indispensables pour que tout se déroule à souhait. Une bonne, une cuisinière choisie avec beaucoup d’exigences, un jardinier homme à tout faire et finalement, le plus dur, une nanny pour les jumeaux.
Nanny Williams était une perle rare. Femme intègre avec une patience de bon aloi et à toute épreuve, car là, il ne s’agissait pas seulement de batailler avec les petits mais aussi avec la mère-poule qu’était Mrs. Nielsen.

Je ne veux pas les perdre de vue, assurait Opal, je sais, Nanny, que vous êtes capable de vous en tirer toute seule mais ce sont mes petits…et je me sens déjà assez coupable de ne pas être avec eux tout le temps comme pour en plus ne les voir que le soir…et encore…alors, voyez-vous, j’ai fait aménager une nursery à l’étage, au resto…comme ça, on sera tout près…et puis, vous aurez droit au meilleurs service restaurant du monde…

Cela et un salaire magnifique avait de quoi convaincre âme plus endurcie, et Nanny Williams avait un faible pour la bonne cuisine. Là, elle était gâtée. Affaire réglée de ce côté-là, Opal put se lancer à corps perdu dans son affaire de prédilection et « Chez McLane » revit avec joie, et soulagement, le retour du boss.
Vie sociale en point presque mort ? Qu’à cela ne tienne, on faisait avec. C’est vrai que le temps manquait et tout le monde semblait avoir des agendas bien remplies mais on s’arrangeait pour être au courant, plus ou moins des évènements importants en cours. Pendant un moment le couple John-Megan fut à la une, d’abord parce qu’on avait voulu tuer le premier, après parce qu’ils allaient se marier et finalement parce qu’ils étaient devenus les nouveaux meilleurs amis de M. le Duc et Madame la Duchesse.
Après, cette épidémie de maternité qui sembla atteindre presque tous les couples du groupe. Opal se trouva à penser, assez épouvantée de la perspective, que cela pouvait être contagieux, mais ni elle ni Angel ne souffrirent de cette explosion démographique à petite échelle. Elles n’en connurent la raison que beaucoup plus tard.

*Bon de savoir que c’est à cause de ce lac…pour n’y jamais mettre les pieds !*

En attendant, Erik continuait de bosser comme un malade sous le joug tyrannique de son chef à Ste. Mangouste, surtout après qu’Ysaline Von Falkenberg ait pris le large.

Ça va être l’enfer à l’hosto, se plaignit Erik un de ces rares soirs de relâche.

Ben, tu ferais bien de l’envoyer balader comme a fait Ysaline…ce type est un monstre.

Et mari chéri de plaider sa cause en assurant qu’il ne pouvait cesser d’exercer, surtout parce qu’il adorait le faire et après parce que le tyran de service s’était chargé de torpiller toute aspiration de liberté.

Ouais…il fiche en l’air tes aspirations d’aller voir ailleurs et te ruine la vie en passant parce qu’il sait, à coup sûr, ne pouvoir s’en sortir si tu lâches aussi…

C’est bien pour ça qu’un de ces jours, quand il rentra sans préavis et commença à la faire danser autour de la pièce, Opal crut que son chéri avait fini par péter un câble ou deux. Dieu merci, il n’en était rien, que du contraire.

Je quitte Ste Mangouste ! Ysaline ouvre une clinique privée et veut que j’en sois au même titre qu’elle !

*Et voilà !*

Tout est bien qui finit bien ? Ce serait trop beau.
Tout baignait dans la paix et l’harmonie. Opal s’entendait à merveille avec tout le monde, que ce soit avec sa belle-sœur qu’elle aimait sincèrement, ou avec Sam avec qui elle partageait la même passion pour la haute cuisine, avec Ysaline Von Falkenberg si pleine de bon sens et magnifiques idées ; Megan Smith la fascinait avec son humour et histoires. Bien sûr, celle qui l’emportait toujours était Angel, qui duchesse ou pas, demeurait encore et toujours l’amie-sœur par excellence.
Les maris de ces dames ne faisaient pas exception dans ses sympathies. Justin était son meilleur ami ; Michael son beau-frère bien-aimé ; Max était du genre à se faire aimer de tous avec son caractère facile et son optimisme ; J.O duc de charme malgré lui qui affectionnait si peu le protocole et les chichis ; John demeurait mystérieux mais toujours charmant.

*Comme quoi on est tous jeunes, beaux et adorables, la vie nous sourit et on est heureux…c’est si parfait que ça fait presque peur !*

Elle devait s’en vouloir terriblement d’y avoir pensé quand la suite se chargea de ternir tristement cette délicieuse image d’Épinal.
Mais que diable faisait Michael à s’afficher comme ça avec cette fille ? Cousine de sa femme ou pas, la créature en question ne semblait pas précisément attirée par des liens fraternels avec le sieur De Brent.

Erik, mon chéri, je pense que ton frère est en train de faire des conneries !

Et encore, c’était peu dire. Opinion partagée avec ces dames alors que leurs chéris, le sien inclus, trouvaient la telle Manon « absolument charmante », ceci énoncé avec un sourire baveux et un regard rêveur.
Il suffit d’un nom au hasard d’une conversation houleuse entre amies, discutant l’affaire pour qu’on soit fixés sur la « Cousine » en question.

Du sang de vélane coule par là… La mère de Manon était une garce notoire qui a provoqué la ruine de cette branche, assura Ysaline.

Et celle-là veut s’assurer d’en ruiner une autre…triple garce, mais on ne va pas la laisser faire !

Facile à dire ! Les bonnes intentions ne suffirent pas et on s’attendait au pire qui ne tarda pas trop à se déclencher de la manière la plus pathétique qui soit. L’admission d’Alix aux Urgences de la clinique frais inaugurée fut le premier pas vers l’horreur. Elle se mourait, ni plus ni moins. Comment s’arrangèrent Justin et Max pour ramener Michael sur le bon chemin, Opal ne le sut pas et à vrai dire ne l’intéressait pas du tout, elle souffrait de voir sa belle-sœur s’éteindre comme un flambeau au vent, ses enfants se débattre entre la vie et la mort alors que le père et mari fautif malgré lui, bourrelé de remords était en passe de devenir carrément fou.
Et comme si ce n’était pas assez de misères, J.O dut être interné, lui aussi d’urgence avec un diagnostic épouvantable.

*Je me disais bien qu’il durait déjà longtemps et causait trop de dégâts, son fameux rhume…*

Jours de confusion et chagrin, seule lumière dans cette grisaille : les naissances, à quinze jours d’intervalle de la fille des Smith et du petit garçon des Von Falkenberg.
Jouant des pieds et des mains, déléguant par-ci par-là, Opal se trouvait du temps, tous les jours, pour se rendre auprès d’Angel, qui vivait en perpétuelle angoisse au chevet de son mari dont l’état était loin de s’améliorer. Que dire en ces circonstances si malheureuses ? Se montrer optimiste lui semblait presque insultant, dire n’importe quoi tenait de l’absurde, alors elle se contentait de serrer très fort son amie et la laisser pleurer tout son soûl en se sentant presque coupable de n’avoir aucune misère à déplorer dans sa vie.
À une de ces visites elle avait croisé une belle femme dans la quarantaine très bien tenue, au regard affable et avait failli crier au fou quand celle-ci se donna à connaître.

Dieu tout puissant, Mamy…vous êtes allée prendre un bain dans la fontaine de Jouvence !...Extraordinaire…Ah bon ? Angel et ses expériences…oui, bien sûr, je la ferme…Tante Rose…Ok, comme vous voudrez…C’est chouette quand même que ça marche…cela va faire un fameux foin quand se sera de connaissance publique…Oui, qui y pense maintenant…mais dites-moi, tante Rose…c’est qui le beau gosse qui tient la main d’Angel ?...ouais, ce qui manquait, le cousin prévenant, on en a un peu ras le bol, des cousins…non, non…faites pas attention…

Mais elle y faisait attention, elle et la situation était assez claire comme pour la faire enrager.

*Il a de la suite dans les idées, ce cousin Henry…notre pauvre J.O en passe d’aller voir au-delà du voile et lui, pile poil pour consoler la veuve…pire que les vautours !*

Noël, fête de paix et amour. De l’amour on en avait à en revendre mais cela ne suffisait pas pour effacer les chagrins. Sauf un miracle, J.O était perdu, et cela lui brisait le cœur. D’un autre côté, Alix voguait perdue dans quelque limbe inaccessible, si loin de tout et de tous qu’elle ne sut même pas que ses enfants, tirés d’affaire avaient quitté leurs couveuses. Michael, lui, ne dérogeait pas de son rôle de père attentif et passait des heures avec les bébés.

Ils sont parfaits…Cécile va ressembler à sa mère…Allez, Michael…elle va se remettre…Non, ce n’est pas de ta faute…alors c’est de la faute à tous qui n’avons rien pu faire pour parer ce coup vache…laisse-moi prendre Lucas…Mon Dieu, qu’il est beau, ce mioche…C’est dingue l’air de famille avec Nick et Matt…le beau trio de tombeurs qu’on va avoir là…*Tais-toi, cloche…parle pas de tombeurs, coureurs du jupon…ça ravive le remords !*

Mais le mari repenti eut droit à son absolution et tout le monde à un soulagement intense quand cette nuit de Noël se produisit un des miracles tant souhaités. Alix récupéra raison, mari et enfants. De quoi pleurer un bon coup dans l’épaule secourable de son Erik.

Joyeux Noël, ma chérie !! Ne t’évanouis plus, hein ! Là, je file remettre Alix au lit avant qu’elle ne nous fasse une pneumonie. Dis, t’as pas vu John ?

Non…maintenant que tu le dis, il n’y a que Meg avec la petite… Va lui demander, je dois regarder si toute est ok avec le buffet…

Mais chemin faisant elle croisa Ysaline. Papoter un peu enfants était de rigueur pour ces mères accomplies puis une chose menant à l’autre on parla des autres.

Justin est dingue de bonheur, c’est vrai que le pauvre verdissait gentiment d’envie avec tant de bébés naissant autour de lui (rigolade)…Il sera un père merveilleux…tout comme Michael…oui, je suis si heureuse que ce soit fini ce cauchemar…

Vous a-t-il raconté ce qu’il était advenu de Manon ?

Pas un mot, il n’en parler jamais, si tu veux mon avis et pour tout dire je m’en fiche allègrement…ça te tracasse, toi ?

Tu rigoles, je m’en fous autant que toi, voyons ! C’est que je redoute un acte… violent…

Soupir, Opal hocha la tête en disant d’un ton mitigé.

Tu sais, ça ne m’étonnerait pas s’il lui avait fait la peau mais elle l’aura bien gagné…et de ça aussi, je m’en fiche…en fait, je lui aurais filé un coup de main au besoin…Tiens, voilà John…Seigneur, il en tire une tête, celui-là !

Impossible d’ignorer son air de souffrance, d’ailleurs Erik réclamait déjà Ysaline et Opal s’en alla voir le buffet qui connaissait un succès parfait après elle s’assura que les jumeaux dormaient comme des anges sous la tutelle de Miss Williams.
De retour à la maison, enfants au lit, Opal se mit en tête de mettre à point les derniers détails pour le lendemain quand toute la famille débarquerait au grand complet. Sous le magnifique sapin, les cadeaux joliment enrubannés n’attendaient qu’à être découverts.

J’ai très envie d’ouvrir le mien…c’est plus fort que moi, Erik…gosse il fallait presque m’attacher au lit pour que je ne descende pas au milieu de la nuit…c’est une coutume barbare devoir attendre au lendemain…on ne pourrait pas… ?

Pas question, Erik était très regardant de bonnes vieilles coutumes. Opal louchait sur le petit paquet qui portait son nom, sûre que Chéri avait aussi remarqué le sien, mais dut aller se coucher sans avoir assouvi sa curiosité.

Mais il était écrit que rien ne se passerait comme rêvé…à cinq heures du matin un coup de téléphone tira Erik du lit et eut comme résultat immédiat de le faire filer dare-dare à la clinique.

Joyeux Noël à toi, Opaline !, rigola t’elle en se regardant dans le miroir, allez…ce sera pour après…

Ponctuels au rendez-vous, les McLane au grand complet furent sur le seuil de la porte et deux minutes plus tard la maisonnée bouillait de vie et rires. Ce serait un Noel bien diffèrent au dernier, cette fois. Les jumeaux, ravis d’être le centre d’attention générale se chargèrent d’égayer l’ambiance avec leurs rires contagieux et de faire fondre les cœurs avec leurs bouilles d’angelots innocents.

Oui, Maman…ils ne sont plus aussi décalés que ça…c’est pire encore, ils sont complices en tout…Matt mène le train, Nick suit de bon cœur et ils se marrent, ces petits diables…dans peu de temps…ils sauront marcher et parler…tu vois un peu ce que ça donnera ?

Carreen McLane coula un regard adouci vers son Matt à elle puis sur sa fille et sourit.

Oui, ma chérie, très bien d’ailleurs… mais pas de souci, on survit à tout et finalement ça ne donne que du bon…il n’y a qu’à vous voir, ton frère et toi…

Faudra supposer que c’est un compliment…

Plutôt une constatation, ma chérie !...Erik ne tarde pas, j’espère, nous l’attendrons pour passer à table !

Il a une urgence à la clinique, Maman, ça peut prendre son temps…si tu peux t’occuper de l’apéritif, vais voir la dinde…le jambon est prêt…et les puddings aussi…

Elle arrosait la cuisson quand l’apparition du dogue argenté d’Erik faillit la faire lâcher la cuillère, le message délivré la fit pousser un cri de joie et quitter la cuisine en coup de vent pour se mettre à valser avec le premier qui croisa son chemin, son père.

C’est merveilleux…merveilleux…écoutez tous…On a trouvé un donneur compatible avec J.O…un miracle…Mon Dieu, quel Noël fantastique !!!...Maman, surveille la dinde, ça ne tarde pas mais là, je dois aller voir Angel…je ne serai pas longue à revenir !

Comme on pouvait s’y attendre, son amie n’était pas seule. Sa belle-mère était là, tout comme « tante » Rose et encore le dernièrement indéfectible Henry.

Erik m’a donné la nouvelle, Angel, ma chérie, je suis si heureuse…maintenant oui, je vais me montrer optimiste, tout va aller merveilleusement bien…J.O va se remettre et…

Il ne faut pas s’emballer si vite, interrompit le cousin à qui personne ne demandait son avis, ces questions de compatibilité sont si délicates.

Opal se tourna vers lui, le regard étincelant.

Ah non ! Pas de trouble-fête ici…J.O va s’en tirer, un point c’est tout !...Oui, Angel j’ai compris que c’est le cousin de J.O…et quoi ?...C’est pas ça qui lui donne le moindre droit de se montrer si infatué…à moins bien entendu d’être une éminence de la médecine…mais entre nous, il ne me donne pas trop l’air d’être une éminence en quoi que ce soit…

Erik, tout joyeux, vint les rejoindre, et confirma la bonne nouvelle de quoi laisser coi le cousin. J.O avait subi le traitement conséquent pour le préparer et été installé en chambre stérile. Dans un laps de 24 heures, le jeune duc de Gilmore recevrait la greffe destinée à lui sauver la vie. Il ne restait rien d’autre à faire qu’à attendre et prier.

Joie au cœur, tout espoir permis, le repas de Noël fut une joyeuse expérience, tout autant que la répartition des cadeaux. Opal et Erik avaient démontré qu’on pouvait rester pratique en étant amoureux et ayant de l’humour…Elle aurait droit à un renouveau total de sa cuisine et lui une superbe trousse médicale mixte.
Semaine de folie à se partager entre la famille et le restaurant, avec les préparatifs pour le Nouvel An qui réunirait la clique au grand complet ce qui, avec les McLane en sus, faisait pas mal de monde.
Mais la nuit de la St. Sylvestre n’était pas destinée à se passer aussi heureusement que prévu. Ayant fini au restaurant, Opal avait trasplané chez elle et donnait les dernières touches au superbe buffet qui serait servi aux invités quand le patronus de Justin mit le feu aux poudres. Fourneaux éteints, ordres hurlés à tout azimut, rassurée Miss Williams sur une défection massive, McLane moldus et sorciers confondus volèrent au secours de Davenport…qui ne courait aucun péril non ainsi une des ailes de la clinique d’Ysaline qui brûlait comme feu de joie.
Pagaille en toutes règles. Pompiers moldus à la rescousse, sorciers faisant l’impossible de leur côté, le tout dans le sain esprit de la discrétion, puisqu’il n’était pas question de faire empiéter les deux mondes et mettre le secret à découvert. Or là, au beau milieu du sinistre qu’on commençait à contrôler, la barrière magique séparant si judicieusement riches de pauvres céda. Ce fut question d’instants mais déjà plus d’un œil avisé avait remarqué la bizarrerie.

Je jurerais avoir vu…, commença un des pompiers éberlué.

Vu quoi ?, voulut savoir Opal qui passait justement par là et qui avait remarqué la même chose, mais il n’y a rien à voir à part que ça fume joliment…Oubliettes ! C’est fou ce que ça peut donner des impressions étranges…le feu…

Que faites-vous là, ma jolie dame ?, voulut quand même savoir le brave homme en reprenant du poil de la bête, faut rester derrière la barrière de sécurité…

*Pas si sûre, mon cher !*

Elle distribua des Oubliettes et toute sorte de sortilèges repousse-moldus pour parvenir à ses fins. Les autres en faisaient de même. Patients et personnel avaient été dûment évacués de l’aile sinistrée, sans cas de gravité à déplorer. Du côté des « privés » à part un peu d’odeur à roussi, rapidement éradiquée grâce à quelques coups de baguette. Le personnel se démenait pour calmer quelques esprits exaltés et si un curieux eut vent de la tombée de la barrière, il l’oublia de sitôt. Aucune évacuation ne fut nécessaire de ce côté-là.

Je rentre, Erik…oui, quand vous aurez fini là, tout le monde vient à la maison…on aura besoin d’un bon remontant…et puis, bien ou al, cette fichue année finit…faut fêter celle qui vient, dans l’espoir que ça ira mieux…

Ce fut un groupe de sorciers fatigués, dépenaillés, d’humeur très mitigée qui se réunit peu avant minuit, mais ce n’est pas pour autant qu’Opal se laissa avoir par cette ambiance presque lugubre.

Allez…ça finit dans un moment…au diable cette année folle…bienvenue l’an 2000… Ce qui tombe se reconstruit…Nos malades guérissent, nos enfants grandissent, d’autres vont naître…nous sommes heureux, unis…et vivants !

On croisa les doigts !
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Re: La liberté, ça se mérite.

Message par Erik Nielsen le Mar Juil 29 2014, 22:45

Pour quelqu’un aimant l’action, le Dr Nielsen n’eut pas à se plaindre d’une fin d’année trépidante. De temps à autre, il se demandait si, réellement, il méritait la place de directeur si généreusement offerte par Ysaline Von Falkenberg car, ce bourreau du travail faisait plus que sa part de boulot. Bien sûr, Ysaline était secondée par son Max qui gérait l’administration comme personne. Lui, Nielsen, n’avait qu’à assumer la partie qu’il adorait : traiter des cas ardus et soulager gracieusement les bobos des rejetés de la communauté.  
Il ne fallait pas espérer d’Erik qu’il fasse le gratte-papier à longueur de temps : pas son truc. Tenir à jour ses dossiers était déjà une fameuse corvée, quoique tâche indispensable. Sa secrétaire – Poppy McPherson - était parfaite pour ça ! Pas très futée, mais laborieuse, elle recopiait fidèlement tous les rapports qu’Erik lui transmettait via dictaphone. Elle était tellement assidue à sa fonction, qu’Erik en oublia bientôt de relire ses écrits avant de les signer tant c’était une perte de temps idiote. Il avait d’autres chats à fouetter, non ? Deux bébés à la maison, un restaurant à dépanner en coups de feu… une épouse à combler.  
En fait, tout baignait malgré la tonne de trucs à assumer. La chance n’était-elle pas avec eux ? Un
de ses cas les plus douloureux était en rémission !
 
*Chance ou…*
 
Peu importait dans le fond à qui J.O devait sa grâce. Il allait mieux, rien d’autre ne comptait.  
Fameux réveillon de la saint Sylvestre. Est-ce que tous les ans seraient pareils ?
Alors qu’il s’apprêtait à rentrer soulager Opal dans les préparatifs de la fête, voilà que l’alarme incendie se déclenchait. Tant pis s’il gâchait les vacances des Von Falkenberg, il prévint Ysaline en catastrophe. Qu’elle veuille assumer ensuite ne le dérangea pas trop puisque la fête prévue chez les Nielsen allait encore augmenter en convives.
Très charmant réveillon, un poil déjanté comme d’ordinaire quand les McLane au complet se réunissaient. Voir Alix s’éclipser souvent auprès de ses mioches amenés quasi de force par un Michael sombre, fit présager de futurs soucis dans ce couple-là.
 
*Faudrait qu’elle pige qu’ils sont parents à part égale…*
 
Histoire de donner l’exemple, il s’occupa beaucoup de ses propres gamins dont il ne cessait de s’émerveiller au fil des jours. On est supposé aimer ses enfants indifféremment. Pourtant, il fallait reconnaître sa préférence pour Nicholas. Impossible de ne pas aimer ce bout de chou, coqueluche générale. Matt, par contre…  Aussi, s’intéressa-t-il d’avantage à ce vilain petit canard que l’on se refilait très rapidement de main en main tant il manifestait son mécontentement face à la foule festive.
Carreen qui aimait bien son gendre, ne le rata pas à un détour entre service aux hôtes et pouponnage :
 
Je suis ravie de la façon dont vous menez votre barque, toi et mon Opal.
 
Mais ? Il y a un mais, n’est-ce pas…
 
Elle rit puis reprit son sérieux non sans un clin d’œil malicieux :
 
La prochaine fois que vous faites des jumeaux, faites-moi des filles !!
 
 On… on y pensera ! s’enfuit-il, épouvanté.
 
Plus tard sous la couette, à son Opaline, il devait narrer cette petite remarque de sa belle-mère, en tournant néanmoins autour du pot :
 
Es-tu heureuse, ma chérie ?... Moi ? Pleinement, voyons. On aura encore plus de boulot avec l’acte criminel de cette nuit mais on gèrera… Non ! Aucun de nos protégés n’est responsable : j’ai fait une inspection, brève mais assez concluante… Les experts se chargeront du reste, tu sais pour les assurances, tout le bazar. Mais j’aimerais que tu me dises franchement… Désires-tu agrandir encore la famille ?...
 
Cette question déclencha l’hilarité de son épouse qui, hélas, ne dit ni oui ni non, voulant juste savoir le pourquoi de cette question :
 
… c’est ta mère… elle nous voit avec deux filles… euh… pas que ça me dérangerait *Menteur !* Mais deux, c’est bien, non ? … oui, d’accord, on a largement le temps d’y penser. Dis-moi, tu prends la pilule maintenant, j’espère ?
 
Ses intentions étant plus que claires, Opaline rigola beaucoup. Elle avait raison, on n’attrapait pas un gosse à chaque fusion corporelle. OUF !
 
Un 1er janvier en famille ? Fallait pas rêver. Ne voulant pas laisser aux Von Falkenberg l’entièreté du boulot, Erik se mêla de recruter les équipes de reconstruction. En façade, l’établissement semblait très mal en point. Les spécialistes ayant œuvré toute la nuit, on put laisser des barrières de protection donnant l’impression que toute activité était suspendue dans l’aile gauche.
Une brève réunion du comité de gestion eut lieu. John et Max, co-responsables, étaient présents.
Très vite, le bilan général du sinistre s’établit. Erik le résuma sans détours :
 
Inutile de se voiler la face : il va falloir délocaliser tout ce qui concerne les démunis. John, ton immeuble n’est pas loin… si on agrandit… Ouais, ce sera moins pratique puisqu’il nous faudra courir de l’un à l’autre et dédoubler certaines installations de soins, mais ce ne sera que temporaire, juste le temps de donner le change aux moldus avant de revenir à…
 
Max n’aima pas trop ce qu’il ajouta mais il devait le faire. Somme toute, en tant que propriétaire de l’énorme propriété, ses décisions pesaient lourd.
 
… C’est vrai que la demande de soins privilégiés augmente et que la place manque, mais…
 
John affirma que ses propres installations feraient l’affaire. De plus, chose non négligeable, dans un milieu familier, les démunis seraient plus à même d’accepter examens et traitements.
Ce point réglé, on en vint évidemment aux causes possibles de l’incendie.
 
J’ai relevé trois points d’origine du feu ; l’accident est donc exclu. Je suppose que nous pensons tous que le responsable indirect n’est autre que Brahms, n’est-ce pas ?
 
Qui d’autre, en effet, aurait eu intérêt à bousiller le fruit de leurs efforts ? Néanmoins, le prouver serait une autre paire de manches. On en discuta beaucoup, chacun y allant de sa solution pour faire cracher la vérité au vieux bouc de Ste Mangouste, mais aucune ne les satisfit vraiment.
 
Il est à craindre qu’il récidive ! On fait quoi pour se prémunir ?
 
Renforcement des mesures de sécurité, caméras, vigiles, etc. se proposèrent.
 
J.O se portait merveilleusement bien lorsqu’Erik le visita et il l’autorisa à rentrer non sans maintes recommandations à la clé : contrôle hebdomadaire des fonctions, énormément de repos et paix. Ysaline avait fait les mêmes et Angel se portait garante de respecter les consignes.  
Souvent Erik s’était demandé ce que fabriquait en secret la duchesse dans le labo. Curieux de nature, il savait pouvoir percer ce mystère facilement sans que l’intéressée ne soit au courant. Seulement, il est des choses que l’on ne pratique pas entre amis.
 
Des semaines s’écoulèrent sans problèmes majeurs. Erik n’avait pu la boucler complètement à son épouse au sujet des Gilmore et Smith. Ils œuvraient de concert au « chez McLane » quand il lâcha :
 
Est-ce que tu trouves que John et J.O se ressemblent ?...
 
Sa petite futée d’épouse avait tiré ses propres conclusions sur ce sujet et ne se priva pas de le mettre au parfum :
 
… ça se tient, oui ! Mais pourquoi en faire tant de mystère ?... ah, oui… le fric, titre and co… Oui, je le pense vraiment tiré d’affaire. Son bilan d’il y a deux jours était parfait !
 
Pourquoi alors J.O fut-il ramené en catastrophe à Stillworth house ?
 
 Ysaline et lui s’en arrachèrent les cheveux quelques heures tandis qu’Angel accélérait les résultats d’analyse. Il fut vite clair que rien ne correspondait à une réapparition du mal et l’on dut orienter les recherches différemment.
Il ne put passer qu’en coup de vent chez lui ce soir-là :
 
C’est à perdre la boule, ma chérie… non, pas la leucémie, on penche pour un empoisonnement… bonne question ! On sait John à sauf, voilà que l’on s’en prend à J.O…
 
Ce qu’elle traduisit le laissa sur les rotules :
 
Eh, merde ! Si tu as raison… je file.
 
Il n’en eut hélas pas l’occasion car des coups furieux à la porte résonnèrent : police.
La porte intriguée s’ouvrit :
 
Dr Nielsen, vous êtes en état d’arrestation.
 
Hein ? Vous plaisantez, j’espère ! Quel motif ?
 
Avons-nous l’air de plaisanter ? Incendie volontaire et falsifications de dossiers. Tout ce que vous pourrez dire…
 
La police magique n’était pas à contrer. Après un regard éperdu d’incompréhension vers son épouse affolée, Erik fut embarqué manu militari.
 
Les geôles du ministère n’étaient pas réputées pour leur confort. Avec le système en place, on était coupable jusqu’à preuve du contraire et aucune faveur n’était accordée au prisonnier.  
En raison de l’heure tardive de son appréhension, Erik fut jeté en tôle sans ménagement aucun et… oublié.
Rouspéter, tempêter ? À quoi bon ? Avec les assurdiotos en vigueur…  
 
*Calme-toi ! Tu n’as rien fait d’illégal depuis… longtemps. Leurs accusations sont d’un ridicule que ça s’arrangera tout seul !*

Confiant, Erik tenta de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Cependant, ses pensées se tournant sans cesse vers sa famille, il en eut le cœur serré :
 
*Ma pauvre chérie… nos petits... *
 
Si J.O avait été en fonction, l’affaire aurait été vite réglée. Elle le serait, d’une façon ou d’une autre car il était innocent de toute malveillance.
 
*Demain, je réclamerai mon dossier. Faut savoir ce qu’ils me reprochent au juste… Peuvent pas refuser, je serai mon défenseur… Quand Michael sera au parfum, ça bardera… Pour autant qu’il y songe vu ses tracas persos… Les McLane me soutiendront, mes potes aussi… *
 
Là, privé de baguette, avec pour seul horizon couche dure, bassin, pichet d’eau et seau magique, il haussa les épaules, s’allongea et vida son esprit.
 
Dès le 1er jour, Erik s’étonna de ne recevoir aucune visite. On lui glissa juste un plateau avec une ration qu’il prit la précaution de faire durer ; elle fut la seule jusqu’au lendemain.  
 
*Au secret ? Ça n’a aucun sens ! *
 
La procédure était totalement inhabituelle, même pour un grand criminel.
Le second jour, enfin la porte s’ouvrit sur :
 
Opaline, mon cœur ! Désolé d’être si moche. Salut, Angel ! Bonjour, monsieur… ?
 
Je suis maître Albermale, avocat recruté par vos amis Von Falkenberg…
 
Je suis capable de me défendre…
 
Nous n’en doutons pas, jeune homme ! Mais, étant donné les charges, et que l’opposition sera dirigée par…
 
Opal compléta, laissa Erik pantois :
 
QUOI ? Le vieil Abernathies m’en veut encore ?... Mais dites-moi : de quoi suis-je accusé en définitive ?  
 
Il dut s’asseoir. Outre les charges déjà évoquées, s’y ajoutait celle de meurtre. Poppy McPherson avait été retrouvée sans vie, assassinée peu après l’incendie.
 
Quelles étaient vos relations avec cette jeune personne, Erik ? Elle rédigeait vos rapports, c’est cela ?
 
Elle était intègre, je n’ai jamais eu à douter de…
 
Vous auriez dû. Sachez que plusieurs de vos dossiers comportent d’étranges remarques… Vous auriez prescrit des doses anormalement élevées de substances illégales… Répondez-moi franchement : vous droguez-vous, Dr Nielsen ?
 
Là, Erik se vit perdu…
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