Insidiae

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Insidiae

Message par Megan Reese le Jeu Oct 30 2014, 00:49

L’affaire de la vélane fut réglée, avec, bien entendu, la collaboration de ces chers hommes qui pensaient que le monde ne pouvait pas tourner sans leur aide. Inutile de discuter sur ce point, on n’y gagnerait que maux de tête et mines boudeuses.
Que John s’arrange pour éviter qu’elle s’y mette avec l’Avada n’étonna pas Megan et elle ne lui en voulut pas le moins du monde, assister comme témoin à cette juste exécution  la remua de toute façon plus que voulu. Celui-là avait été, bien ou mal, un acte de sang-froid duquel  pas tout le monde n’est capable.
La vie continua, n’empêche. Des changements ? Plusieurs. Celui qui surprit le plus Meg fut le départ, assez inopiné des Von Falkenberg, sans explications ni adieux compliqués. D’autre part, J.O et son Angel rentrèrent au bercail et attendaient leur premier enfant.
 
*Ouf…pourvu que ça lui remette les idées en place à Angel…la pauvre était si triste !*
 
Mais là, apparemment, tout allait à merveille et Megan retrouva avec joie son amie, qui pour les effets était aussi, pour ainsi dire, sa belle-sœur !
 
Tu resplendis, ma chérie…tu auras le plus beau bébé du monde…Oh oui ! On a plein de choses à faire ! Bien sûr qu’on peut aller courir les boutiques…il y a des petites choses absolument divines et il faut aussi que tu aménages la nursery…Oui, m’en doute, tous les hommes ne sont pas des as du bricolage et encore moins de la déco…
 
Et ainsi de suite, tout à la joie de cette future maternité. Mais bien sûr, il n’y a pas de paix vraiment durable. Le problème n’était pas des moindres. Max l’avait à peu près réglé avant de disparaître avec Ysaline mais les retombées ne s’étaient pas fait attendre. Les medias étaient dans le coup et Megan savait, par expérience, qu’un bon journaliste ne lâche pas facilement une histoire intéressante, quoique celle-là fût plus intrigante qu’autre chose. Un sérum miraculeux qui guérissait et rajeunissait ? De quoi faire courir de l’encre et délier les idées. Révéler la vérité n’entrait pas encore en cause, pour la simple raison que l’ingrédient principal de ce préparé unique n’était autre que du sang de vampire. On parlait de synthétisation mais en toute évidence, c’était plus facile à dire qu’à faire et en plus cela prendrait du temps. En attendant, on fit taire les rumeurs et ne trouva mieux qu’aller courir le vampire pour retaper les réserves.
 
Rien que ça ?...Oui, j’ai une idée d’où on peut en trouver...Je lis, mon chéri…je lis énormément…et laisse-moi te dire, que ça ne court pas précisément les chemins…On en a éliminé pas mal  ce dernier siècle et après leur allégeance à Voldemort, c’est pas allé mieux…Ah, on a une idée ?...La Forêt Interdite ?...Oui, je sais où ça se trouve…Oui, mon amour, encore mes lectures…Ah bon ? Avec Michael et Alix ?...Euh non…pour rien !
 
Ils lui fichaient tout juste un peu la trouille, ces deux-là ! D’autant plus que De Brent semblait, en plus de fort méchante humeur. Ils seraient huit à se lancer dans l’aventure. Deux groupes. Davenport et Nielsen d’un côté, iraient explorer les mystères de la Transylvanie…Eux, la forêt du coin !
 
*Ouais et en plus faudra se farcir la gueule de Monsieur…quel caractère de cochon, cet homme !*
 
On ne pouvait pas dire qu’ils improvisaient. Pas du tout ! Mrs. De Brent avait fait des exploits avec ses recherches. Bien sûr, en plus de belle, Alix avait de la suite dans les idées et comptait avec une bibliothèque extraordinaire à laquelle Megan rêvait de jeter un coup d’œil, ce qui bien s’avérait quasi impossible compte tenu que la femme de Michael jalousait énormément ses secrets.
 
Eh bien dis donc…avec ça…j’ai l’air de Barbarella ou va savoir quoi de très…futuriste. T’es pas mal non plus…mais je pense qu’à part nous protéger ça va les faire mourir de rire, les vampires !
 
Le cas étant, ils seraient bien les seuls à rigoler. Ses lectures avaient donné à Megan une idée, faut dire que très approximative, de ce qui les attendait. La Forêt Interdite méritait bien son nom. Plus lugubre que ça, tu meurs ! Elle n’était pas exactement peureuse mais eut bien envie de s’y mettre quand la nuit tomba et les lieux devinrent encore plus inhospitaliers.
 
Ça me donne des frissons…, susurra t’elle en serrant la main de son mari, tu entends ?...Des bruits…des murmures, des soupirs…on nous suit, ma main à couper !
 
Et puis les licornes ! Là, elle ne put réprimer une exclamation émerveillée. Quel spectacle plein de magique féerie, de quoi lui faire oublier la trouille. Mais bien entendu, elle se fit rabrouer par une Alix énergique.
 
*Houlà, ils se méritent bien l’un l’autre, ces deux-là…ce sont mes premières licornes !*
 
Comme quoi il ne fallait pas s’étonner, pas faire de commentaires, rien dire, la fermer à mort et endurer comme si on se fichait de tout. C’est pour cela que quand les centaures les encerclèrent, elle ne pipa mot même en bouillant d’envie. Après s’être payés leurs têtes, les magnifiques créatures les envoyèrent balader vers le Nord, où, aux dernières nouvelles, quelques vampires squattaient un coin.
 
Et pourquoi ne pas trasplaner ?, petite question innocente.
 
Non, Megan on ne peut pas trasplaner pour la bonne raison qu’on sait pas où on va !, grommela Michael.
 
Ah bon ?...Comme quoi…on est…paumés ?, cette fois, il n’eut même pas de réponse, *Oups…cela blesse des susceptibilités !*
 
Bivouac silencieux, pas d’histoires drôles au coin du feu, pas de marshmallows grillés sur la flamme. On mangea sans parler et Michael décida tout seul qu’il prendrait le premier tour de garde. Sans commentaires, Megan fila s’installer sous la tente, dans les bras rassurants de son amour et fatiguée comme étant ne tarda pas à s’endormir.
Elle dut s’avouer déçue, des vampires. Pas exactement sûre d’à quoi s’attendre, Megan s’était fait une idée plutôt romanesque de ces créatures de la nuit, quand en fait ce n’était que des pauvres hères de triste mine avec qui  conclure un marché ne fut ni difficile ni terrifiant.  John mena rondement l’affaire et ils purent, sans plus de délai, regagner leur gentil et confortable chez soi, après une brève visite aux Westwood, pour remettre à Angel le fruit de leurs efforts.
 
Et pour un certain temps, tout sembla aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Megan avait repris sa collaboration avec la Gazette mais le manque sidérant de nouveautés rendait parfois le travail lassant. Après un essai d’ouverture sur le monde moldu, Mr. Follett avait changé d’avis et préférait concentrer ses éditions au monde sorcier, en exclusive.
 
C’est pas comme ça qu’on ira loin, se plaignit-elle à John, c’est un monde fascinant, sans aucun doute mais franchement…pour excitant, on repassera !...Au fait, chéri, j’ai l’impression qu’on me file…oh, rien de bien méchant mais…enfin, tu comprends…Peut-être que quelqu’un m’a reconnue…pourtant je fais très attention…Et toi, qu’est-ce que tu as à raconter ?...Ah, le Centre marche à toute…Génial…J.O s’intéresse aux investissements dans l’immobilier ?...Ben oui, n’étant plus duc, faut chercher à quoi occuper temps et fortune…Oui, je suis sortie avec Angel…des courses, mon chéri,  puis on est allées manger au Senses…Sam m’a semblée fatiguée…euh non ! Pas de nouvelles de Max et Ysaline…mais j’ai rencontré la belle-mère de Max avec le petit, au parc…il semblerait qu’ils s’occupent d’un orphelinat au Kosovo…ils ont le chic pour changer de décor, ces deux-là…Non, là, je fais la liste des cadeaux pour Noël…pas question que ça me prenne de court, comme d’habitude… Avec Sam et Angel on a pensé à faire une belle réunion…entre amis…ce serait sympa !
 
Mais pour alors les Davenport, les Nielsen et De Brent se trouvaient en Écosse, célébrant en grande pompe le mariage de la mère de Michael avec l’illustre Lord Cavendish. Ils passèrent la fête chez eux, en compagnie de J.O et Angel, une merveilleuse réunion familiale, pleine de chaleur et beaucoup de bonne humeur. L’expérience avait été si agréable qu’ils décidèrent de récidiver pour la St. Sylvestre.
Le Chemin de Traverse apparaissait très animé, ce jour-là.  Les décorations de Noel étaient encore sur place et l’ambiance était festive. Tout le monde faisait des emplettes pour la fête de fin d’année, on échangeait des vœux, on riait…
Une rafale sombre, suivie d’une autre, puis d’une troisième balaya l’Allée marchande, figeant tout le monde sur place, muet de stupeur…avant que des éclairs rouges ne jaillissent semant la panique. Ce fut la débandade, un cri unanime et horrifié s’élevait :
 
MANGEMORTS !!!
 
Megan poussa Angel  dans une porte cochère pour la protéger de la ruée humaine.
 
Comment est-ce possible ?...Ils ont été vaincus !!!, mais ce n’était pas décidément le moment de se poser des questions mais d’agir, viens, ma chérie…on doit se tirer delà…On est tout près du Chaudron Baveur…ne me lâche pas…Non, Angel…on ne va pas se battre…pas maintenant…Tu es enceinte, bon sang…pense à ton bébé avant tout !!!
 
Course éperdue, passage franchi, elles gagnèrent le côté moldu. Meg arrêta un taxi et y poussa  son amie qui serrait les dents, tremblante de rage.

Tout va aller bien, ma chérie…peut-être que ce n’étaient que des idiots plaisantins !
 
Mais toutes deux savaient bien qu’il n’en était rien. Chez les Westwood elles trouvèrent John et J.O passablement agités, ce dernier venait de recevoir des nouvelles alarmantes sur des attaques généralisées dans la monde sorcier et pas uniquement le britannique.
 
C’est quoi ça !?...Le resurgissement du Mal ?, elle ne put pas éviter le ton un peu hystérique de sa voix, oui…on était au Chemin de Traverse quand ça s’est passé…pas à dire…la panique !...Je dois aller chercher Beth…ah, tu l’as amenée…merci, mon chéri…Mon Dieu, que se passe t’il ?
 
Au long de la journée, ils eurent plus de nouvelles. Une évasion massive d’Azkaban fut reportée, la pire racaille de la société sorcière courait librement la nature, une mobilisation immédiate des Aurors fut ordonnée, la Police magique redoublait d’efforts mais depuis la victoire sur Voldemort les Forces de l’Ordre s’étaient un peu amollies et face à cette menace brutale, c’était le chaos assuré.
Pour le Nouvel An personne n’avait envie de festoyer. Tous se terraient chez eux, en attente d’une accalmie qui ne vint pas. Les attaques et exactions ennemies se multipliaient semant la Terreur. La veille du jour de l’An, on enleva Alix De Brent alors que son mari gisait dans un lit d’hôpital.
 
*Pitié…ils reprennent les leurs !*… On ne va se laisser avoir comme des lapins apeurés…Il faut un peu de temps pour structurer une Résistance valable…pas question non plus de se lancer tête en bille, individuellement…c’est ça qu’ils veulent…provoquer…allez, j’ai vu assez de guerres dans ce monde pour savoir comment ça marche…Justin et Sam arrivent…on s’est parlés au téléphone…Oui, leur ai dit pour Michael…et Alix…Ne me dis rien, John Smith…j’ai une baguette et sais m’en servir…sinon, donne-moi un flingue et on verra de quel bois je me chauffe…
 
Le 2 Janvier une Marque spectrale plana sur le Chemin de Traverse et sur beaucoup de lieux magiques en Europe…
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Re: Insidiae

Message par John Smith le Sam Nov 01 2014, 20:33

Après la chasse aux vampires, que faire d’autre que de reprendre la routine ?  
Le retour au bercail de son demi-frère avec sa femme resplendissante dans son nouvel état fut un bon prétexte pour souvent les visiter. Quoi de plus normal ?
Évidemment, John n’en relâcha pas moins son éveil. Il détestait se sentir épié, cela déclenchait immédiatement chez lui une sorte de réaction épidermique très désagréable. Il aimait traquer, pas l’inverse !  Que Meg chérie ressente la même chose l’alerta au maximum :
 
… Peut-être que quelqu’un m’a reconnue…pourtant je fais très attention…
 
Il n’en doutait pas mais, par habitude, tut d’éprouver également cette quasi-certitude.
Megan semblait adorer partager le futur pouponnage de sa belle-sœur et n’avait rien à redire sur le fait qu’il passe beaucoup de temps avec J.O. Oui, il était exact qu’ils discutaient immobilier sauf que ce n’était pas que de ça…  
Après l’accolade devenue traditionnelle entre frangins, J.O le sentit immédiatement tendu :
 
… ouais, pas tort, on me file et Meg aussi… Pas encore eu le temps de vraiment me pencher dessus… non, pas méchant comme le dit Megan… suis sûr que c’est pas eux sinon, je ne serais plus là pour en causer…  
 
Direct, J.O proposa de l’aider, maintenant qu’Angel avançait doucement vers le terme, il se sentait plus libre. John sourit :
 
… Non, ça ira, merci ! Megan est une sorcière relativement novice mais elle a le bon instinct puis, à moi, on ne la fait pas facilement… Sinon, pour Noël, on vous invite chez nous, ça vous va ?
 
Très bien. Fallait croire que la mère de J.O le bassinait plus que trop.  
On rigola beaucoup, festoya tels des rois. Angel n’avait rien perdu de ses talents culinaires et Meg suivait comme elle le pouvait.  
Panse pleine, cadeaux distribués, on remercia le petit Jésus en allant fumer un cigare et déguster un cognac à la bibliothèque où, pas la fenêtre entrouverte, les hommes contemplèrent la neige s’accumulant :
 
… c’est beau, confia John, même si je n’apprécie pas trop quand je suis en planque en montagne… Tu peux très bien imaginer, je suppose, ce que ça peut-être une « réunion » au sommet, les vrais sommets…
 
Mine de rien, ils en partageaient des souvenirs d’une époque passée. On changea vite de sujet.
 
Applewithe allait quitter son bureau pour aller fêter Noël avec les siens lorsque des mails s’éclairèrent à l’écran. Une brève hésitation plus tard, elle accepta leur accès, lut et pâlit un peu.
 
*Mince ! Manquait que ça !... ah, ça aussi… Bah, ça peut attendre demain…*
 
John avait scié du bois gentiment son reste de nuit. Le jour de la fête religieuse incontournable s’écoula en douceur et gentillesses sauf qu’il fallut tracter Meg pour l’amener à participer aux festivités du centre où tout se déroula au mieux.
La sensation désagréable ne l’avait pas abandonnée de la journée. Qui était le pisteur, à qui en  voulait-il ? À lui ou à elle ?  
Rentré au chaud de leur nid, il laissa une paire d’heures filer, le temps que Megan dorme et Elisabeth rêve, avant de filer aussi.  
Il la débusqua sans hésitation. Reporter ? Non ! La blondasse possédait du bon matériel mais pas l’attitude requise d’un espion qualifié non plus. Son sang ne faisant qu’un tour d’être un insecte sous le microscope d’un entomologiste, John fut prêt à foncer, sauf que…
Surgis de nulle part, deux treillis armés de baguettes surgirent. En deux temps, trois mouvements, Gloria Swan fut muselée et évaporée par un des sbires. Le second dit :
 
On vous attend, veuillez me suivre.
 
La pomme blanche ?
 
Un acquiescement, un portoloin…
 
En voilà des façons, râla-t-il d’entrée.
 
 Du calme, John. Ça me plait autant qu’à vous ! J’aurais préféré une méthode différente mais des événements récents font que…  
 
J’avais cette femme sous contrôle, et…
 
Il ne s’agit pas de cette chasseuse de tête qui oubliera très vite votre existence ainsi que d’avoir repéré votre épouse. C’est radicalement différent et, hélas, beaucoup plus grave. Regardez plutôt…  

Des images satellites, John en avait déjà tant vu qu’il soupira en contemplant celles-là :
 
*Des Djihadistes en mal de… *
 
Mais, de par leur netteté, John découvrit des masques inédits au lieu des turbans attendus.
Avec Megan, il avait pu réviser l’historique du monde sorcier et, là, s’il ne se trompait pas, il était question de :
 
Une attaque de mangemorts ??
 
Attendez !
 
D’autres images défilèrent, venant des quatre coins du monde.
Halluciné, John n’en revenait pas, il ne pigeait rien. Maureen Applewithe, grave, lui expliqua les conclusions des analystes :
 
Nous pensons être au début d’une nouvelle croisade mêlant sorciers à ceux que, comme moi, vous surnommez Moldus. Aucune perte civile n’a encore été déplorée ici.
 
Ce sont des imitateurs, des terroristes qui…
 
Sèment la pagaille, enflamment, cassent des trucs… pour le moment mais pas des imitateurs, John. Notez leur façon d’agir, ces éclairs ne fusent de rien de semblable aux armes traditionnelles… Il faut l’accepter John : ils sont de retour !
 
Dur, très dur à encaisser. L’esprit de Smith luttait contre épouvante et réalité.
 
Qu’attendez-vous de moi en retour pour m’avoir dévoilé ça ?
 
 Que vous soyez notre tête de pont en Angleterre où ces forces ennemies encore non-identifiées se concentrent. J’avais espoir de rallier Michael De Brent mais le pauvre à d’autres chats à fouetter.
 
John tomba des nues. C’était quoi encore cette embrouille ? Maureen éclaira sa lanterne, il resta paf un moment. De long en large, elle lui narra ses attentes. Force fut d’accepter, l’enjeu semblait énorme.  
 
N’avertissez personne encore. Tenez-vous-en à la stricte observation des troubles qui, hélas, surviendront. Nous devons savoir QUI ils sont, ce qu’ILS veulent. Au besoin, réorganisez l’ordre du Phénix…  
 
Pacte signé, il fut autorisé à vider les lieux.
Préparer le nouvel-an dans ces conditions ? John avait la tête ailleurs. Les secrets, il savait les pratiquer, et rien ne transparut auprès de ses proches. Sous prétexte de ses associations, il se dépensa beaucoup, ralliant autant que faire se peut, les anciens membres de l’Ordre.  Tels des St Thomas, la plupart lui rirent au nez. Seule Mrs McGonagall le prit au sérieux lors d’une audience particulière. Elle le darda de son regard bleu transperçant, à peine délavé par l’âge derrière ses lunettes carrées, pour conclure :
 
Le mal profond ne se déracine pas aussi facilement qu’une pousse de Mandragore bien que ça assourdisse les imprudents. Comptez sur moi, je préviens Potter et les autres…
 
Il joua les faux semblants tant qu’il le put allant jusqu’à apporter son trésor de fille chez son frère où la fête devait se dérouler.  J.O était nerveux, très nerveux, trop…  
 
Tu sortais ? dit-il en le voyant le manteau à moitié enfilé.
     
… c’est pas le point…Il y a du grabuge à l’Allée des Embrumes…
 
Une angoisse sans nom le saisit à entendre que Meg et Angel étaient en goguette à cet endroit.
 
On t’a donc rencardé ?
 
Oui, mon cousin est au Ministère…Attends, c’est encore lui !
 
Selon les commentaires perçus dans cet échange téléphonique, la situation empirait vachement. Nul n’était épargné. Puis, les filles débarquèrent.  
Ce qu’elles narrèrent leur fit hérisser les poils.  On les calma à la va comme on peut, puis elles montèrent laissant leurs maris seuls en attente de nouvelles qui ne tardèrent pas. Le frais Duc de Gilmore paniquait, apparemment. J.O résuma :
 
…Fugue massive d’Azkaban, l’oncle George a filé, tu sais bien ce que ça signifie… Nous l’avons envoyé pourrir en prison, il ne doit pas nous en être trop reconnaissant…
 
Dire ou ne pas dire… John préféra juste demander :
 
Que fait-on ?
 
On attendait, point barre. Un peu plus tard, se présenta Henry, le cousin Duc, plus fébrile tu meurs. Il narra des trucs de fous, rien d’autre que la préparation d’un conflit mondial. Aucun continent ne paraissait épargné par la vague d’exactions soulevées.  
Après des comptes rendus très alarmistes, on ne se souhaita pas la bonne année.
Rentrer, mettre à sauf les siens, tout ce qui importait, sauf que Meg était batailleuse :
 
… Ne me dis rien, John Smith…j’ai une baguette et sais m’en servir…sinon, donne-moi un flingue et on verra de quel bois je me chauffe…   
 
Ils avaient été visiter Michael et savaient que sa marque le brûlait, que tôt ou tard, il devrait suivre ou crever. La disparition d’Alix, torturante pour certains, rassurait plutôt John. Mais qu’Erik insiste pour rejoindre son frère dans sa quête n’emballa personne.  
En attendant des résultats, Megan et lui rentrèrent fort soucieux.  
On s’assit lourdement près de la cheminée et, bien sûr, Megan papota, révélant ses propres craintes, sauf qu’elles les concernaient directement :
 
… tu n’as pas tort, ma chérie : nul n’est à l’abri ! J’ai dû m’absenter et… aux USA… oui, l’inquiétude ronge aussi là-bas. Applewithe m’a demandé un « service »… une broutille, soupira-t-il, rien que de reformer un troisième ordre du Phénix.  
 
Il lui conta son contact avec McGo puis déclara :
 
On doit en faire partie, Meg… je ne vais pas rester les bras croisés tandis que d’autres se font descendre. J.O entre chez les Aurors, Justin n’a pas hésité à reprendre du service, Michael et Erik risquent leur peau dans l’infiltration. Suis certain que Max, sa femme et celles des autres suivront aussi… quoi Angel ?...

Il rigola sous cape :
 
Même à 1 mois du terme, elle sortira par la cheminée ou la fenêtre, ma main au feu.  
 
Redevenu soucieux en pensant au sort réservé à Alix, il n’en entendit pas moins ce que racontait Megan :
 
… se séparer de notre Beth, mais…
 
Hélas, là aussi, elle avait raison. La solution temporaire proposée méritait attention. Il n’en fronça pas moins le nez :
 
Tu es certaine que ta sœur accepterait ce « cadeau » ?... et elle habite où ?...
 
On prospecta un peu partout via patronus afin de ne pas viser à côté.
John, mal à l’aise, couvrait leur fille de chatouilles et bisous en compagnie de son beau-frère pas plus à l’aise que lui tandis que les sœurs discutaient ferme dans une pièce voisine. L’aînée des Reese était une femme décidée quoique plus calme que Megan toujours considérée comme une âme en perdition.
 
C’est… une bien belle enfant que la vôtre, se risqua le mari de Grace.
 
Merci.
 
Je suis certain que mon épouse acceptera de la garder, moi je l’aime déjà.  Si vous ne désirez pas nous donner les motifs, nous nous en passerons mais il faut une histoire plausible pour satisfaire les curieux, vous comprenez ?  
 
Avec Meg, il en avait discuté et ils étaient tombés d’accord sur une fable crédible qui ne nécessiterait qu’un peu de comédie et un petit déplacement en voiture. Une histoire simple, ressemblant beaucoup à celle de Sophie Von Falkenberg. Un couple d’amis sans parenté leur confiait leur enfant après un accident. Ils la garderaient jusqu’à l’adoption par eux-mêmes ou par un couple convenable.  
Lorsque Megan sortit enfin en compagnie de sa sœur de la pièce des débats, son visage démontrait nettement des signes évidents de nombreuses larmes.  John se leva, accourut vers elle et l’enserra étroitement :
 
Là, là ! Le plus dur reste à faire mon amour.  
 
Au jour dit, alors que les Smith étaient toujours sans nouvelles de Nielsen ou De Brent, les Stockwell  débarquèrent chercher Elisabeth dont les cris résonnèrent longuement dans les cœurs déchirés.
Contre toute attente, Meg se reprit vite. Malgré le bouleversement, John dit :
 
La première réunion a lieu ce soir. Tu en es, n’est-ce pas ?
 
Elle n’aurait raté ça pour rien au monde.  
Le 12 square Grimmaud est une des rares adresses jamais détectée par les Mangemorts. Grâce au mot de passe délivré uniquement aux invités, les Smith se saisirent à l’unisson en voyant une nouvelle façade s’incruster entre ses voisines. Sinistre hall ? Pas vraiment, des aménagements y avaient été apportés. Si Meg avait été au courant que jadis le mur admiré avec béatitude avait supporté une étagère ornée des têtes momifiées des elfes qui s’étaient succédés en ces lieux, peut-être aurait-elle été moins fascinée, quoique… Oui, les peintures murales bougeaient, une première pour elle…
Seconde surprise, il y avait foule dans la pièce principale, l’ancien grand salon des Black.  L’assemblée, haute en couleurs, s’écarta avec curiosité devant ce couple singulier qui visait le centre. Minerva tendit les mains à John :
 
Bienvenue, John. Votre épouse, je suppose ?
 
Voici Megan ou… Kate, au choix…
 
 Smith s’horripila des regards scrutateurs envers l’amerloque présenté à la ronde.  
Comme à l’école, McGo frappa ses mains, réclamant la fin des murmures.  
 
Silence !! Il est grand temps de taire nos suspicions envers des sorciers non anglais. D’ailleurs, Mrs. Smith est Anglaise bonne souche et, n’en déplaise à beaucoup, John aussi même si élevé outre Atlantique par un malheureux jeu du sort…
 
Delà à entrer dans le vif du sujet avec un jeu de mot, on écouta.  
 
John est revenu des USA avec des nouvelles alarmantes et une mission à effectuer : nous rassembler. Cette chose étant faite, voyons ce qu’il en est de la situation. Sir Diggory ?
 
 Ils sont nombreux, très nombreux et… pas tous sorciers. Actuellement, il semblerait que le plus gros de leurs forces se concentrent ici, en Angleterre. Le 1er ministre moldu et notre Ministre s’entretiennent en ce moment même. On nous demande avant tout de la discrétion et de la prévention.  
 
Désolé Sir, intervint un très jeune homme près de la vingtaine d’années. Ce n’est pas moi qui vous rappellerai que personne ne m’a cru après la funeste finale du dernier tournoi des trois sorciers mais les faits sont là !
 
Voyons, Harry ! On sait tous que c’est impossible, toi le premier, vu que tu l’as détruit…
 
Je sais de quoi je parle ! affirma Potter. Lorsque l’avada du seigneur des ténèbres m’a frappé, j’ai été, disons, transporté auprès du « fantôme » de notre regretté Albus Dumbledore. Il m’a montré quelque chose, quelque chose d’affreux…
 
Nul n’avait rien entendu de pareil. Le silence se fit pesant. McGonagall pâlit, approcha Harry et posa la main sur son épaule :
 
Parle, mon enfant, qu’était-ce, cette chose ?
 
 J’ai effectué des recherches, il semblerait qu’un reliquat ait survécu un temps.
 
Grand brouhaha.
 
Selon Dumbledore, ce truc était irrécupérable, voué à la mort. Maintenant, j’ai des doutes…
 
Alors, reprit Sir Diggory en haussant les épaules, cette chose a disparu. Il ne s’agit que d’adeptes, c’est tout ! Oublions ça ! Je veux, comme plusieurs ici, que les choses soient claires, précises. Nommons d’abord notre commandant en chef. Évidemment, je suis candidat. Qui d’autre ?  
 
À l’étonnement général, Minerva regarda John avec bienveillance :
 
Moi, je choisis John Smith !
 
Divisions, brouhaha. Cela risquait de dégénérer. John salua la noble vieille dame :
 
Je suis très honoré par cette proposition mais ici, je ne vois qu’une seule personne digne d’une absolue impartialité : vous-même, Madame !  
 
Minerva rosit, qui l’eut cru. Potter applaudit alors, bientôt suivi par Granger, les Weasley puis finalement tous.  
La réunion en resta là ce soir.
De retour chez eux, John n’était pas heureux pour autant. Beth lui manquait mais un autre tracas le taraudait. Il but son potage sans le goûter, perdu dans de sombres pensées que désira connaître son épouse chérie :
 
Tu veux vraiment savoir ce que je pense ? Assieds-toi, ça vaut mieux…. Voilà : si ce que Potter a dit est vrai, alors IL s’apprête à revenir… La clé, c’est Alix ! … tu ne comprends pas ? C’est clair pourtant : qu’elle le veuille ou non, son sang est partagé avec celui de Voldemort… Non, elle ne risque rien jusqu’à ce que le reliquat soit prêt à fonctionner… Après, c’est autre chose…
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Re: Insidiae

Message par Megan Reese le Mer Nov 12 2014, 23:52

Temporiser. Un peu, beaucoup, pas mal… Elle-même avait dit qu’il ne fallait pas se lancer tête en bille, mais là, entre ceci et cela, on perdait du temps. Pas facile, certes, de faire face à une situation pareille à laquelle personne ne s’était attendu.

*On y repasse pour le service de renseignements…Ils ont la tête où, ces sorciers ?...Ennemi vaincu, plus d’ennemis du tout ?...Optimistes ou cons ?...Enfin…cons optimistes…*

Michael De Brent lui ne temporisa pas, à peine ressaisi des révélations faites à son réveil, le cher homme réagit au quart de tour, prit sa décision et alla régler les choses à sa façon. Que son frère l’imite laissa plus d’un pantois, mais à la réflexion, pourquoi pas ?
Et après, comme on pouvait s’y attendre, ceux qui restaient choisirent leur faction et on dut s’y accommoder. Les choses étaient comme elles étaient et pas autrement !

*L’Ordre…t’as le chic pour te fourrer dans des trucs impossibles, ma vieille…me demande à quoi ils s’attendent, ces gens ?...et toi, Megan Reese, tu t’attends à quoi ?*

Bonne question. Elle n’en était pas sûre, là, les infos sur le dit Ordre du Phénix étaient, disons, succincts mais bien entendu, son mari adoré envoya valser ses pauvres doutes d’une chiquenaude en lui avouant avoir été contacté pour reformer un troisième Ordre du Phénix. De quoi tomber des nues, puisqu’elle ignorait qu’il y en ait eu deux versions périmées déjà…

Comme quoi…au moins suis sûre qu’on acceptera ma collaboration…

Les paroles de son chéri exprimaient les mêmes idées qui l’occupaient, elle. Tous avaient trouvé leur place, leur mission. En fin de comptes, c’était de leur destinée, à eux tous, qu’il était question. Elle se trouva le cœur à sourire quand John affirma qu’Angel, bien que presque à terme s’arrangerait pour n’en faire qu’à sa tête. Fini le commentaire il sembla se perdre dans quelque soucieuse réflexion mais elle avait gros sur le cœur, et cela la taraudait depuis l’instant où le réalité des faits lui était apparue dans toute son atroce clarté.

Ils ont tous mis leurs enfants à l’abri…c’est le plus logique à faire après tout…Max et Ysaline ont laissé les leurs au Kosovo…Les Nielsen les leurs en Australie…Sam et Justin ont laissé Vic à Miami. Je me demande ce qu’a fait Michael avec les siens…mais à coup sûr, ils sont en sûreté …c’est pour ça que je pense qu’on devrait faire de même avec notre Beth…

Vraisemblablement il avait tout écouté, sa réaction accablée, serrait encore plus le cœur. Meg se coula dans ses bras, luttant pour ne pas pleurer.

Se séparer de notre Beth, mais…

C’est affreux, oui…mais au train où vont les choses…loin de Londres elle sera plus en sûreté…encore plus si elle est chez des moldus qui n’ont absolument rien à cirer du monde sorcier…Je pense à ma sœur Grace…c’est une femme merveilleuse, rien de semblable à la folle d’Annabelle…elle te plaira, j’en suis sûre…

John émit ses doutes, posa des questions, somme toute justes, après tout il s’agissait de confier sa fille adorée à des, pour lui, parfaits inconnus.

Grace et Mark vivent près d’Oxford…mon beau-frère est professeur à l’université…trois enfants…Grace est une mère parfaite…et puis…c’est ma sœur…la seule avec qui…oh, mon Dieu…c’est si dur…mais il le faut, John…on ne se pardonnait jamais si Beth était en péril…et on ne va pas lâcher nos amis…

La rencontre avec sa sœur n’avait pas été aisée. Grace avait beau l’aimer, elle lui pardonnait difficilement le si long silence qui avait suivi sa disparition. Toute sorte de théorie hasardeuse s’étaient bâtie sur cela, la plus probable était celle de sa mort de main d’un de ses nombreux, et bien gagnés, ennemis. Les explications avaient été longues et laborieuses. L’affection sincère qui les avait toujours unies, malgré les différences de caractère, finit par l’emporter. La suite n’avait été pas facile non plus. Comment expliquer le besoin angoissant de mettre sa fille à l’abri d’une menace que Grace n’était pas prête à comprendre ? Megan opta pour raconter la plate vérité, sans détours ni fioritures.

Tu es devenue complètement folle ou es sous l’emprise de quelque drogue exotique ! Meg…comment veux-tu que je croie une histoire pareille !?

Je peux te démontrer ce que je dis, s’empressa-t-elle de dire en tirant la baguette de son sac.

Pas de fleurs jaillies du néant, pas plus que d’oiseaux pépiant au-dessus de leurs têtes, à l’avis de Meg cela faisait trop truc de magicien de foire. Elle préféra un convaincant Wingardium Leviosa qui fit léviter le gros coffre birman en bois, transformer une lampe en chat (elle adorait ça !) prenant soin de cueillir la bestiole avant qu’elle ne file se planquer, et faire danser follement sa sœur avec un Tarentallegra après avoir coloré ses cheveux d’un bleu électrique. Un Finite Incantatum plus tard, Grace admit qu’il y avait décidément quelque chose de vrai dans les affirmations de sa folle cadette, qu’elle mitrailla de questions auxquelles Meg répondit ponctuellement. Le tableau brossé n’était pas des plus engageants mais ne pouvait être plus explicite quant au besoin de mettre Beth à l’abri. Ce que Mrs. Smith tût fut que la possibilité de voir ce mal s’étendre au-delà du monde sorcier existait, mais ce n’était pas le moment de faire paniquer, encore plus, sa sœur.
John et Mark, son beau-frère semblaient s’entendre à merveille. Beth était un fameux point de concordance. Grace prit sa nièce dans ses bras et déposa un baiser sur son front.

Elle sera la fille que nous n’avons pas eue, nos garçons vont l’adorer…je le fais déjà et Mark a pris son air de papa-gâteau !

Suivant l’accord passé et l’histoire mise à point, deux jours plus tard les Stockwell allèrent chercher Elizabeth et l’emmenèrent avec eux. Megan resta sur le seuil, figée de douleur, laissant les larmes s’écouler sans retenue avant de se laisser aller dans les bras de John qui l’enserra dans une étreinte rassurante.

Notre bébé est à sauf !, dit-elle au bout d’un moment à pleurer contre son épaule, d’un geste décidé elle épongea ses larmes et prit une profonde inspiration, c’est ce qu’il fallait faire !

Il était aussi bouleversé qu’elle mais la réalité n’attendait pas.

La première réunion a lieu ce soir. Tu en es, n’est-ce pas ?

C’est quoi comme question, celle-là !?


Le n° 12 square Grimmaud n’était, absolument pas, un endroit comme les autres. En fait, l’adresse n’existait pas, pas comme les autres en tout cas. Merci un mot de passe connu uniquement de initiés, sa façade s’incrustait entre celles des maisons mitoyennes. Franchi le seuil, Meg se laissa aller à l’émerveillement de ce décor nettement sorcier mais cet état admiratif fut de courte durée, on passait au sérieux sans transition.
L’assemblée là réunie, pas des moindres comme elle le sut ensuite, les passa John et elle, en revue, sans gêne ni discrétion, vu les murmures chuchotés.

*Ouais…les nouveaux arrivent en cours et viennent de Mars !*


Minerva McGonagall imposait. Meg se sentit d’immédiat à l’aise face à elle qui se chargea des présentations après un rappel à l’ordre, très maitresse d’école à ses élèves indisciplinés. Un tel Diggory passa à faire la mise à jour, qui tut compte fait, n’apprenait rien de nouveau. Le Premier Ministre Moldu et celui sorcier s’entretenait et conseillaient : discrétion et prévention.

*Autrement dit planquez-vous et fermez-là !*


Le tout jeune homme qui prit parole ensuite rebattit ces arguments. John lui souffla son nom. Meg le regarda avec plus d’attention.

*Ainsi c’est lui…le Survivant…le Vainqueur du Mal…paye pas trop de mine, le petit gars mais il a tout bon !*

Somme toute personne ne voulait vraiment croire à la vraie teneur de la situation. Meg bouillait d’intervenir et leur dire quatre vérités bien senties mais la main ferme de son mari sut tempérer ses élans.
Et puis, le cher Harry parla de « la Chose », une espèce de reliquat monstrueux de celui qui avait voulu faire régner les ténèbres, voué selon un très docte avis, à une mort sûre, mais voilà que le héros national avait ses doutes, ce qui bien entendu souleva un fameux tollé.

*On ira loin comme ça !*

En fait, ils avancèrent jusqu’à l’élection du nouveau chef de la faction. Débat de courte durée, John proposé par McGonagall lui renvoya gentiment la balle et la vieille dame l’emporta par majorité absolue.
De retour chez eux, John n’y alla pas par quatre chemins pour exposer sa théorie, se basant sur celle de Potter. Le reliquat avait survécu et récupéré par les fidèles de la cause s’apprêtait à revenir à la vie et la clé de cette turpide histoire n’était autre qu’Alix De Brent.

C’est aberrant…mais au point où on est…Oui, je comprends…liens de sang…alors, au moins pour le moment…

Non, elle ne risque rien jusqu’à ce que le reliquat soit prêt à fonctionner… Après, c’est autre chose…

Aucun besoin d’en dire plus. Ils ne visualisaient pas encore les multiples possibilités de cette « autre chose » mais étaient sûrs qu’aucune ne serait pour plaire. La seule idée d’envisager un retour « en beauté » de l’Exécré par excellence avait de quoi donner des frissons à l’esprit le plus trempé.

La solution, émit elle, après un long moment de réflexion silencieuse, serait qu’on puisse mettre la main sur « la Chose » et la détruire avant qu’elle n’achève sa régénération…Oui, mon chéri, je pense bien sûr à Michael et Erik…les seuls à pouvoir envisager une action…après tout, ils ont plus de chances que nous d’y réussir…

On attendit. La discrétion était de mise, question révolte ou résistance. Les Mangemorts répétaient leurs exactions impunément. Le monde sorcier opta pour se placarder à l’abri, fermer magasins, cesser toute activité évidente.

*Lapins à vos terriers…attendez le renard qui vient !*

Megan était furieuse. L’inactivité passive ne lui ressemblant pas du tout, elle chercha occupation et la trouva. L’Ordre n’était pas près de prendre réellement les armes, on devait gamberger gentiment sur le comment et le où…Si John en savait plus long qu’elle, il se garda bien de le dire, mais Meg se doutait bien que son mari avait aussi trouvé un dérivatif à ce manque d’action.
Quoiqu’il en soit le Ministère tomba le 20 Janvier sans qu’on ne puisse rien faire pour l’éviter. Ce même jour, Angel accoucha d’un magnifique petit garçon. Andrew Samuel Westwood-Grisham leur mit à tous la joie au cœur. Une nouvelle vie, un rayon de lumière dans ces ténèbres ineffables qui menaçaient de tout engloutir. Ce soir-là, après avoir visité la jeune mère, contemplé l’enfant et prononcé des vœux, Meg pensa à sa fille et pleura comme elle ne l’avait pas fait lors de son départ.
Le lendemain, un nouveau coup fut assené au monde sorcier : isolation. Toutes sorties vers le monde moldu, bouclées, les sorciers étaient pris au piège. Très vite, les intentions du Nouvel Ordre furent mises en effet. C’était simple : Allégeance ou mort. Pas d’exécution immédiate, aucun besoin de débordement de sang : pas de soins, pas de provisions, pas de bois ni de charbon.

Charmant…ils laissent quand même le choix, du « marche ou crève » sans plus…ça donne matière à réflexion et crois-moi, mon amour, un ventre creux est mauvais conseiller…heureusement que Max a tout prévu !

Si leurs efforts conjugués mettaient quelque peu en échec le projet de soumission massive et immédiate, ils ne purent rien pour contrer l’hiver qui semblait s’éterniser sous le dôme invisible qui séparait les deux mondes, rendant la vie difficile à ceux qui s’obstinaient à résister. La clandestinité œuvrait plein temps, sillonnant le réseau de tunnels avec armes et provisions.
À la mi-Mars on reporta une recrudescence notoire des émeutes, soulèvements de tout genre dans le monde moldu. Megan, que personne ne sut arrêter, se rendit sur place, tout comme elle l’avait fait tant de fois comme journaliste. La brutalité de ces actions était sidérante. Destruction pillages, incendies, violence inouïe contre la population civile en pleine panique, les forces de l’ordre essayaient de repousser les attaques mais sitôt un coin apaisé, un autre foyer de violence s’activait ailleurs.

Ce ne sont pas des mercenaires, pas ceux qu’on s’imagine en tout cas…ce sont des voyous…des Skinhead, des néo-nazis…toute la racaille des bas-fonds…C’est la panique totale… Ils veulent mettre le monde à feu et à sang… ils savent qu’on est en train de leur damer le pion chez les sorciers…alors ils foutent la pagaille chez les Moldus…

L’assistance là réunie écouta poliment son exposé, sans sembler pour autant trop s’en émouvoir. Faisant fi des avertissements muets de son mari, Meg fustigea ce joli monde d’un regard envenimé.

On attend quoi ?...Qu’ils décident de passer vraiment à l’action ?...ILS ne sont pas foncièrement stupides quand même…ILS savent que ça bouge en catimini…et croyez-moi, ça ne tarde pas à nous péter la gueule…sauf votre respect…Le réseau clandestin, c’est magnifique… mais le moment est venu d’agir…veux pas vous dire ce qu’il faut faire mais suis de l’avis que les faire sauter par ci par là ne ferait aucun mal…question qu’ils sachent qu’on n’est pas de pauvres petits lapins effrayés…

Bien sûr, question stratégie elle était loin du compte mais le besoin d’agir la taraudait. Elle n’était pas la seule, sans doute, mais cette passivité réfléchie affichée par ces, supposées, têtes pensantes, la mettait hors d’elle. Tout au long de son exposé passionné ils s’étaient contentés de la considérer non seulement avec suspicion mais aussi avec une certaine pitié, après tout, à leurs yeux de sorciers chevronnés elle n’était qu’une espèce de phénomène exaspérant.
Sans donner de temps à quelque réplique, elle saisit son manteau et quitta la maison en claquant la porte. John, sans doute occupé à calmer les esprits ne suivit pas d’immédiat. Square désert et logiquement pas un taxi en vue. D’un pas énergique, elle se mit en route vers la prochaine artère plus animée.
Une main se plaquant sur sa bouche étouffa son cri alors qu’un bras fort l’enlevait vers l’ombre d’une porte cochère. Son cœur battait à rompre, la panique était près de l’investir quand une voix, par trop connue lui conseilla de se tenir tranquille et ne pas faire du grabuge, le tout en la libérant.

Bon sang…tu veux quoi ? Me tuer de trouille !?...T’es en vie et d’une pièce…ça en réjouira plus d’un !

Pas le temps de bavarder. À peine quelques mots, au temps de lui remettre un objet extraplat destiné à Justin Davenport qui devait en prendre connaissance dans les plus brefs délais, la laissant avec cent question à bout de lèvres, il s’éloigna rapidement pour disparaitre au coin de la rue. Meg resta là, abasourdie et faillit hurler quand on la prit du bras. C’était John.

On s’en fout de ce qu’ils disent…on doit aller chez Justin, là, maintenant…Oui, c’est tard et quoi ?...Je viens de rencontrer Michael…c’est urgent…

C’était tout dire…
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Re: Insidiae

Message par John Smith le Sam Nov 22 2014, 07:54

Être à côté de ses pompes, John connaissait.  Cependant, même amnésique, il avait eu un but unique, précis. Maintenant, il se sentait coupé en trois et n’aimait pas ça du tout.  Entre l’Ordre, son devoir d’agent et sa famille… à qui donner la priorité ?  Tous le réclamaient, alors… Il courut d’abord partout. Navettes entre Amérique et Angleterre, pas évident. Il voyait trop peu Megan à son goût et, même en la sachant maintenant capable de se défendre, il ne pouvait s’empêcher de craindre pour elle. Crevé, claqué, les décalages horaires le tuaient à petit feu autant que les variations climatiques incessantes car le siège des factions avait déménagé par sécurité. Il fallait viser le Nevada profond à présent. Les sorciers de Londres cherchaient à limiter les dégâts, à localiser la « chose », le reliquat de Voldemort. Lui, il effectuait des navettes, ramenant des armes selon les vœux de Justin convaincu par Samantha de leur nécessité avant de filer à la chasse aux infos sur les projets des vilains.
La chute du Ministère sorcier anglais avait été « prévue ».  Dur de laisser s’établir les factions montantes. Il ne fallait pas se voiler la face, mine de rien ces gens étaient organisés. Heureusement, eux aussi même si les apparences signaient le contraire.  La clandestinité battait son plein, et le réseau donné par Max avait amené un véritable trésor.  Le ministre avait tiqué, on lui avait rabattu le caquet. Qu’imaginait-il Shacklebolt, que faisait-il sinon se terrer ? On l’avait pourtant connu plus combatif, il y a peu.
Museler Megan devenait de plus en plus ardu d’autant qu’elle ruait dans les brancards en croyant à la passivité des sorciers.  
Lors d’une réunion de l’ordre à laquelle il arriva à temps pour une fois, elle ne mâcha pas ses mots :
 
On attend quoi ?...Qu’ils décident de passer vraiment à l’action ?...ILS ne sont pas foncièrement stupides quand même…ILS savent que ça bouge en catimini…et croyez-moi, ça ne tarde pas à nous péter la gueule…       
Furieuse du manque de réactions, elle claqua la porte.
 
Tu ne dis rien, John ?
 
De son regard plein de malice, McGo couvait celui qui aurait pu devenir duc de Gilmore par droit d’aînesse.
 
Elle est incontrôlable ces temps-ci…
 
Ses propos sont très offensants, clama Sir Diggory.
 
Mrs. McGonagall poursuivit, ne s’adressant qu’à son protégé :
 
Sait-elle ce que nous faisons réellement, ce que TOI, tu fais ?
 
Je ne veux pas l’inquiéter inutilement.
 
S’ouvrir à quelqu’un n’est jamais inutile, John. Songes-y. Va la rejoindre…
 
Il salua la ronde et, dans le square désert, l’aperçut. Quel bond quand il lui prit le bras !
 
Rentrons ! Ça discute beaucoup sur ton compte là-bas…
 
La suite donnait matière à réflexion. La journaliste voulait visiter Davenport sur-le-champ :
 
… Je viens de rencontrer Michael…c’est urgent…
 
John trouva un peu étrange que De Brent ait justement choisi Meg pour porter un cd à Justin. CD qui se révéla bourré d’infos, celles cherchées depuis longtemps. Localisation des points d’approvisionnements en armement moldu en Angleterre, rien de moins ! Il fallait vérifier ça, être certain que Meg n'avait pas été abusée par quelqu'un se faisant passer pour Michael.
À peine de retour chez, eux, il embrassa la tempe de son épouse :
 
Je file… oui, encore ! Je dois transmettre ça ! C’est urgent !!
 
 Applewithe le reçut immédiatement. Il délivra ses informations captées au quart de tour.
 
Fabuleux, sacré Michael ! jubila-t-elle. On va s’en occuper mais… ce serait bien si l’on pouvait avoir des sorciers sur le coup, histoire de couvrir rapidement plus de terrain. En qui avez-vous totale confiance, John ?
 
Mon frère J.O, mes amis Von Falkenberg et autres mais tous sont débordés…
 
Je compte sur vous pour régler ça, John.  
 
Ben voyons…
Lessivé, il n’avait dormi qu’une paire d’heures. Ça ne pouvait plus durer ainsi. On l’attendait aux antipodes et, en même temps à Londres, ainsi qu’aux USA.  
Sa douche ne servit qu’à laver son corps, il était vidé.
 
*Vais aller réclamer un retourneur de temps, c’est l’unique moyen*
 
Hélas, seul – autant qu’il sache – le ministère en disposait, du moins avant l'attaque par Potter en 1996. Erik en avait utilisé un donné par McGo. Devait-il aller la supplier ? Torse nu, une serviette sur les reins, mains crispées sur le lavabo au miroir embué, il se sentait au bout du rouleau. Qu’est-ce qui lui prit de saisir sa baguette ? Intuition, désespoir ? Il la serra fortement en ne souhaitant qu’une chose :
 
Je voudrais être trois !
 
Isolé dans la salle de bains, il se mit à rigoler silencieusement pour lui-même.
 
*Je deviens dingue !*
 
La barbe naissante le démangeait, fallait se raser. D’une main, il essuya la buée et, quand il se vit, il faillit tomber par terre. Là, à ses côtés, se reflétaient… des doubles parfaits.  
 
HEIN ? crièrent-ils à l’unisson avec la même expression effarée.  QU’EST-CE QUI SE PASSE ?
 
Chaque parole qu’il émettait était immédiatement prononcée en trio, chaque geste répliqué. Les triplés cessèrent tout mouvement, s’observant consciencieusement en silence. Identiques ? Oui, et… non. À bien y regarder, se regarder, une infime différence existait dans la… transparence.  
 
*Je suis le créateur de… ces choses… je devrais pouvoir les… diriger ? *
 
Il commanda :
 
Pas un mot, vous deux ! Vous m’écoutez ! Je suis… *Bordel, je suis quoi ?* Je suis 1, toi 2, toi 3 !        
 2 Tu as rendez-vous au Nevada avec Applewithe. 3 tu vas en Asie y rencontrer Chang Sun. Pigé ? Euh… et si on s’habillait avant ? 
 
 Et hop, ils se vêtirent mêmement,  et envolèrent séparément.
 
  *Wow !*
 
John était soufflé. Il le fut davantage lorsque ses « doubles » lui transmirent en direct les résultats de leurs recherches. C’était génial que d’abattre autant de boulot à la fois. Bien mieux qu’un retourneur de temps, ce procédé offrait la communication directe et pas le décalage horaire.  Un gros souci ne tarda hélas pas à se manifester.  John 3 connut des ennuis au Japon. Il avait remonté la filière donnée par un certain CD et s’était fait méchamment coincer. Jusque-là, personne n’avait rien remarqué de différent chez John sauf, peut-être, qu’il était moins las qu’avant. Seulement, les « frères » ressentaient tout ce qu’ils subissaient. Aussi, lorsque 3 reçut un violent coup sur le crâne, 1 perdit connaissance. Il plaçait la vaisselle dans l’appareil ménager quand ça le frappa. Au bruit de l’assiette fracassée, Megan accourut et l’aida à se relever.
 
… Ouais, ça va, t’inquiète pas.  
 
Elle l’interrogea, voulut savoir ce qui s’était passé : il mentit :
 
J’ai glissé sur de l’eau. Bête, non ?  
 
Mais lorsque une demi-heure plus tard, il se mit à hurler comme un possédé sous la torture infligée à 3, son épouse disjoncta.  Lui, il tenta de résister. Après tout, que risquait-il d’essayer ?
 
Meg, chérie, flanque-moi dans les vapes puis contacte McGo ou Dexter, vite !
 
D’abord, elle refusa mais devant ses nouvelles contorsions douloureuses, elle lui octroya un stupéfix du tonnerre.
Lavinia avait beaucoup à faire. Les événements en cours l’appelaient fréquemment à gauche et droite. Elle rentrait enfin chez elle lorsqu’un coup de fil força son attention.  D’entrée de jeu, elle ne pigea rien.
 
John est malade ? Mais je viens de le quitter !... Calme-toi Megan, comment est sa crise… ah… euh… j’arrive.  
Mrs. McGonagall fermait des dossiers. Dans l’ensemble, les choses avançaient, lentement mais sûrement. Faire croire aux ennemis que vous êtes démunis et impuissants à réagir vaut parfois bien mieux que des actions insensées. Le patronus fureteur qu’elle avait appris à identifier lui présenta un cas très bizarre, urgent.
Oh, surprise, son amie Lavinia Dexter était là, déjà à ausculter John sous toutes les coutures.
Megan fut passée au crible des questions. Où, quand, comment la crise s’était-elle déclenchée ? Un stupéfix pour la stopper ? Les copines se concertèrent et tombèrent d’accord.
 
Oh que c’était bon de ne rien ressentir du tout.  Il voguait sur un petit nuage avant de papillonner des yeux pour percevoir trois visages anxieux proches.  
 
John, vous m’entendez, John ? s’enquit la dame âgée en freinant les élans d’une épouse soulagée.
 
J’entends, oui mais ne ressens plus rien. C’est… normal ?
 
Désolée, mon garçon mais nous avons été obligées de t’isoler, dit Lavinia. Ça dure depuis combien de temps, John ?
 
Euh… 1 mois…
 
Minerva sourit largement non sans lever un index réprobateur :
 
Jouer avec le feu n’est jamais bon ! Se dédoubler, encore moins ! Tu es bel et bien un Strang, seuls les aînés de cette branche en sont capables.  
 
Mais je n’ai fait que souhaiter me…

Quoi? s’inquiéta Lavinia.
 
Me couper en trois !
 
Consternation totale, désertion des savantes tandis que Megan lui caressait le front sans qu’il ressente la pression de sa main.
 
… Je suis désolé. Ce n’était qu’un vœu, j’étais si crevé !   
 
Leur conciliabule achevé, les sorcières revinrent à son chevet. Minerva déglutit :
 
Trois… c’est beaucoup à supporter. Là, apparemment l’un de vous a des ennuis sérieux, c’est ça ?
 
On le torture, essaye de lui faire avouer ses origines, son but ; mais je ne sens enfin plus rien grâce à vous, lui non plus.  
 
John, supplia Lavinia, rappelle-le. S’il meurt, tu peux mourir aussi !
 
Et je fais comment ?  
 
John, non ! Ne nous dis pas que tu ignores la formule ?
 
Il ne savait rien de rien. C’était venu, c’était là, point.  
Ça parla beaucoup à son chevet. Il tenait la main de Meg en attendant le verdict.  Minerva, soucieuse, déclara :
 
On va te sortir de cette bulle d’isolement. Puis, ensemble, toi aussi Megan tu t’y mettras, nous allons renforcer ton numéro… combien déjà ?
 
3
 
Ok, 3 sera plus fort, il se libèrera. Ensuite…
 
Tu t’arrangeras pour connaître le contre sort ! conclut Lavinia.  
 
À des kilomètres de là, 3 avait dégusté puis, oh miracle, la paix était survenue. Donc, il était le fruit d’un souhait fortuit. Son créateur se débattait pour le maintenir en vie. Il en profita mais resta en place.  Fuir ? John Smith était un roc, il encaissait bien plus que ces électrochocs ou taillades. Écouter l’ennemi, engranger les infos, voilà sa mission.  Et pour en entendre, il en entendit. Puis, lorsqu’il en sut assez, il s’éclipsa.   
 
1 sursauta tel un poisson hors de l’eau sauf qu’il était au lit. Megan, aussitôt en éveil, s’inquiéta :
 
… non, ça va ! Je vais bien, les autres aussi. 3 va en Arabie, 2 est coincé avec Applewithe et le soutien à Salem. Je viens de recevoir un flot d’informations que je me demande comment transmettre à l’Ordre et au Ministère…. Tu crois vraiment qu’on ne m’internera pas si je leur dis d’où je le tiens ?…
 
Minerva, renseignée immédiatement, se chargeait de faire passer la pilule au reste des troupes.
Ces informations mélangées à celles de Michael se reliaient et parvinrent à déclencher plusieurs choses très intéressantes dont une préparation  d’une attaque massive du ministère.  
Bonne idée ? John en doutait car ce serait plus qu’une puce à l’oreille ennemie. On ne lui laissa pas le choix. Par les contacts de 3 en Asie, il savait qu’Erik vaquait avec une certaine Miko. D’ailleurs le dragon fut fourni par ce duo. Il s’empressa, tout roussi du combat démentiel, d’aller annoncer la nouvelle à Opal qui se consumait d’ignorance. Beaucoup avaient tiqué à la réouverture du « chez McLane ». John avait pigé le pourquoi de cette décision et avait laissé couler, même s’il doutait que sa chère Megan puisse vraiment cuisiner là. À la maison, elle avait progressé, mais de là à s'occuper de gastronomie... 

 Opal, Erik combat comme il peut…, je le sais. (effusions) Il nous a aidés pour le ministère… On risque de te soupçonner de jouer sur deux tableaux, veux-tu de l’aide pour faire front ? …
 
Comme attendu : refus.
 
Fais gaffe à ta peau !
 
Parfois, sous couvert de polynectar à l’image de deux inspecteurs sociaux, les Smith visitèrent leur Elisabeth. Elle s’épanouissait parmi des gens aimants, si bien que cela devint un tel crève-cœur, qu’ils se contentèrent de coups de fils occasionnels aux parents adoptifs.
Un certain gallion truqué, découvert par Sam, évita bien de surprises désagréables. Des contre-mesures furent prises après que les porteurs du code en vigueur par les défenses soient soumis, tous, au test du véritasérum. En cas de confusion : rejet du mot tabou qui les reliaient les uns aux autres. Mais ce que nul ne pigea ensuite furent les informations livrées par Opal et Angel absentes brièvement, le temps d’engraisser une personne destinée à devenir l’épouse d’un maître d’une Galaxie peu connue. Fait inquiétant, 3 lui transmit que le cri de ralliement des nouveaux djihadistes ne clamait pas le nom sacré d’Allah mais bien celui de… Voldemort ! De quoi donner à réfléchir…  
La situation évolua à nouveau début avril. Hélas, à ce moment, 2 fut percuté par une désartibulation catastrophique qui faillit lui coûter un bras. Par veine, on se contenta de le soigner sans poser de question, sauf Meg bien sûr.
 
… Salem va mal ! répondit-il en souffrant légèrement de son moignon en reconstruction accélérée, mais ils ont repris le contrôle… moi ? Je ne peux pas m’arrêter, mon cœur, pas encore…
 
Elle lui tut la disparition de J.O et de son cousin Henry.
 
Le 7 avril, Ysaline vint vérifier la repousse de son membre amputé en s’étonnant de la vitesse de croissance.  Elle avait l’air crevé, aussi aux abois.
 
Un souci autre que les habituels ? Au Kosovo ? …
 
Il savait qu’elle y planquait ses gosses, cependant il ne s’agissait pas de cela : Max ne donnait plus signe de vie depuis l’attentat de Londres !
John tomba des nues. Personne ne l’avait mis au courant. Bien sûr, elle avait passé au crible les hôpitaux du coin, mais tous l’avaient envoyé paître.
 
Ne panique pas ! Ça arrive qu’il s’absente longtemps, non ? … Ah… et ton patronus n’a rien trouvé non plus ?
 
Devant la réponse négative, il resta perplexe.  
 
Je ne veux pas t’alarmer mais soit il est en incartabilité, soit incapable de le percevoir. Je vais mettre Megan sur le coup… parce qu’avec ses correspondants moldus, elle saurait approcher le Pape au besoin !   
 
Son bras gauche enfin rétabli, John quitta Stillworth's Clinical. Juste à temps pour apprendre une affreuse nouvelle : Poudlard était aux mains ennemies. Coup insurmontable pour les sorciers dont la progéniture étudiait là-bas. Les soumissions, désertions, furent massives au sein de résistance et Ordre avec, en échange, promesse du retour des mômes. McGonagall brillait par son absence, hélas, capturée, elle aussi, du même que :
 
Justin ? Que faisait-il là-bas ?
 
Il avait bien choisi son jour d’instruction, celui-là !  Si l’ennemi en place le pinçait…  
On s’organisa à la va-comme-on peut, avec un ministre de plus en plus défaillant, bien planqué dans ses nouveaux quartiers jamais quittés.
Par des voies détournées, John sut que l’Arabie avait encore été soulevée d’une grande clameur annonçant la prochaine venue de leur futur dieu.  Pour l’heure, délivrer Poudlard des sévices créés par un fantôme rebelle était primordial. Ronald Weasley et Neville Londubat, seuls Griffondors rescapés furent d’une grande aide en forçant le fantôme de sir Nicholas de Mimsy-Porpington  à débusquer un passage plus si secret que cela maintenant.  Sam, évidemment, fut de la partie. De Megan et Max, pas de nouvelles. Ils n’étaient qu’une dizaine à se faufiler dans les boyaux souterrains les plus tordus jamais connus.  Nick quasi sans tête menait la troupe à contre cœur :
 
C’est bien parce que l’on m’a encore refusé l’accès au club des chasseurs sans tête que je vous aide…
 
Neville ne le rata pas :
 
Un vrai Griffondor reçoit toujours l’aide des siens ! Si vous voulez, j’appellerai l’épée qui a tué Nagini pour vous décapiter pour de bon cette fois !
 
Vous feriez-ça ? Alors, je cours, je vole !

Aucun barrage ne résista à la fougue d’un fantôme nécessiteux. Ils débarquèrent dans un puits à remonter à la force des lévitations.  
Sam et John retrouvèrent leurs instincts d’agents très spéciaux sur ce terrain où ils positionnèrent en silence prévu d’observateurs et attaquants.  On communiquait avec des appareils moldus de pointe.  
 
Clear, annonça John en rampant plus haut vers une cour intérieure.
 
Plus tard, viseur pointé, il dit :
 
Cinq, j’en ai cinq devant. Ils vont abattre… *Merde*...  
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Re: Insidiae

Message par Megan Reese le Sam Déc 13 2014, 11:29

Je file… oui, encore ! Je dois transmettre ça ! C’est urgent !!
 
Pourquoi ça ne la surprenait pas ? En fait, avec lui, rien ne la surprenait plus trop. Vivre avec John avait aiguisé, encore plus, son sens de la déduction, pour ne pas parler de celui de la divination et autres valeurs spirituelles qui vont de la main avec le fait d’être mariée à un homme qui ne dit jamais un mot de trop…ou parfois pas de mot du tout !
 
*Génial ! Fais avec, ma fille…*
 
Mais, peu à peu, John, mû par quelque sursaut de conscience ou qui sait si sage conseil, commença à livrer ses secrets, qui n’étaient pas des moindres.
 
*Et ben, dis donc !*
 
Si d’autres restaient assis à attendre que ça tombe tout cuit du ciel c’était bien parce qu’ils pouvaient compter sur des êtres énergiques, doués pour tout et prêts à sacrifier pour la bonne cause. Et bien sûr, son John à elle, était un de ceux-là. Il ne courait pas de droite à gauche comme tout le monde. Non ! Lui, il courait des USA aux Antipodes en passant par le Proche et Moyen Orient, et si besoin faisant un détour en Chine. Et on se demandait encore pourquoi le brave homme était toujours dans un état de fatigue si extrême qu’on avait du mal à imaginer comment il s’arrangeait pour tenir le coup.
 
*Il est endurant…kamikaze…trop dévoué ? En tout cas, c’est de l’abus !*
 
Et pendant que son mari sillonnait la planète, Megan se demandait comment s’y prendre pour apporter son petit grain de sable et faire quelque chose qui occuperait son esprit pendant ces longues heures mortes passées à attendre et à penser à son petit bout de fille, ce qui dérivait ineffablement en chagrin, larmes et désespoir.
Finalement elle décida que le mieux à faire était reprendre ses bonnes vieilles habitudes de journaliste d’investigation et, si pas le loisir d’aller descendre l’ennemi personnellement, au moins documenter dûment les faits.
Monde moldu ou monde sorcier. Deux mondes et un facteur commun : l’angoisse. Que les uns aient une idée d’où venait la menace alors que les autres enduraient sans savoir ce qui leur tombait dessus ni pourquoi ne faisait finalement pas la différence. L’appréhension campait.
L’insularité du Royaume Uni donnait un caractère assez unique à la situation.  Le Nouvel Ordre l’avait envisagé apparemment comme un avantage pour lancer les prémices de leur grand coup mais devait être en train de le reconsidérer rapidement. Armée, police et population civile réagissaient avec une énergie insoupçonnée du côté moldu, la Résistance faisait du sien du côté sorcier pour pallier les tièdes efforts du Ministère et ceux apparemment faibles de l’Ordre.
 
*Bon sang, depuis Guillaume le Conquérant on ne nous l’a pas fait, le sale coup…on a survécu aux bombes allemandes…on tiendra bon !*
 

Angus Hilderman  émit un hoquet affolé, porta la main à son cœur et recula de deux pas, sûr d’avoir affaire avec un fantôme. Mais Megan Reese semblait parfaitement vivante et de très bonne humeur, ce qui est plus.
 
Bonjour, Hillie…désolée de te ficher la frousse mais rien à craindre…je suis encore de ce monde !
 
OMG ! Meggie…tu étais…tu étais…
 
Elle lui fit signe de se taire et sans plus le poussa gentiment à l’intérieur de son gourbi futuriste, encore plus encombré de technologie qu’à son souvenir. Une fois installés, force fut de passer aux aveux, longs et consciencieux.
 
Comme quoi…ils t’ont fait disparaître…nouvelle identité et tu t’es mariée avec ton John…qui n’était pas John…et puis…ok, m’en fous…et maintenant tu es après …après quoi au fait ?
 
Hillie…la crise actuelle, ça te dit quelque chose ?

 
Geste théâtral, bruyant soupir.
 
C’est pas une crise, ça…c’est le début de la fin ! C’est le chaos total…le bordel partout…j’en ai vu des trucs, ma jolie, mais là, j’avoue que j’ai la trouille !
 

Tu n’as pas tort, Hillie…c’est vraiment moche…*et tu n’en sais que la moitié !*…J’ai besoin de toutes les infos…toutes, absolument, même celles qui te sembleront les plus improbables et je sais que si quelqu’un peut me les donner, c’est bien toi…TOUT ! Agences gouvernementales, privées, chaînes de TV…
 

Le brave gars soupira de nouveau et désigna un tas imposant de papier continu que l’imprimante ne cessait de faire croître.
 
Sais pas trop pourquoi mais j’ai commencé à faire ça dès le début…je dois aimer voir s’entasser les infos les plus saugrenues de ma vie…savais tu qu’il y a des gens qui ont un nouveau dieu ?...pas trois cons paumés…des milliers qui d’un jour à l’autre…et ces pannes qu’on subit presque tous les jours…c’est pas qu’ici…partout dans le monde…, et ainsi de suite avec une liste longue comme un bras des anomalies détectées ici et là.
 
Est-ce que je peux avoir tout ça, Hillie ?
 
Tu sais, Reese, je crois qu’au fond de mon cœur je savais que tu reviendrais un jour… Dis-moi où je peux t’envoyer le reste au fur et à mesure ?
 

Je viendrai le chercher…c’est pas sûr, le réseau…et avec les coupures de courant…Tu t’arranges comment ?...Système autonome ?
 

Pouce levé. Elle avait tout bon. Quelques heures plus tard, elle quitta  Angus avec un fardeau impressionnant réduit à la taille d’une boîte à chaussures. Il avait accepté sans faire du foin le fait qu’elle soit sorcière en assurant que l’existence de la Magie expliquait, à son avis, pas mal de phénomènes jusque-là inexplicables.
 
Ça me soulage de savoir que c’est vrai…commençais à croire que j’étais cinglé pour de bon !  Et pas de souci, tu sais bien, piperai pas mot…mais ça finira par se savoir, ça tu le sais, non ?
 
Oh oui, Hillie…je le sais !
 
Le grenier lui sembla parfait pour installer  ses quartiers. Un peu de magie aidant, Megan transforma les lieux. Ordinateurs, classeurs, panneaux d’information, une TV plus un poste-radio sorcier modifié pour capter les signaux malgré le Dôme. Et elle se mit au travail. Éplucher toutes les infos fournies par Hilderman n’était pas une mince affaire mais elle se fit devoir de tout lire attentivement, retenant les détails relevant même si insignifiants.
 
*Ce sont les petits ruisseaux qui font un grand fleuve…et là, ça commence à faire Amazone et ça déborde !*
 
La folle quête médiatique connut un frein abrupt quand John subit les ravages d’un douloureux triplement. Une de ces raretés absolument mystérieuses propres du monde magique. Il fallut faire appel aux grands moyens : McGonagall et Lavinia Dexter, pour parer au plus pressé de la crise en cours.  Meg dut des efforts pour saisir l’énormité du cas .
 
Et bien entendu, le cher homme ignorait d’où il tenait le pouvoir de se dédoubler, ou se de se tripler. Il en résulta que cela faisait partie de l’héritage Strang qu’il aurait si volontiers oublié.
 
Tu t’arrangeras pour connaître le contre sort ! conclut Lavinia.  
 
*Ouais, sûr…parce que c’est sans doute un truc de connaissance générale…Entre les frousses qu’il me fiche et la folie régnante, tu y passes, ma belle…déjà que tu es à moitié dingue !*
 
Parce qu’entre ceci et cela, ils se trouvaient, Dieu merci, le temps, pour faire des apparitions sous polynectar chez Grace et Mark pour visiter leur petite Beth, et après chaque visite, elle revenait le cœur brisé.
Bénie soit Opal McLane qui décida de rouvrir son restaurant. Bravache, l’australienne avait tenu tête à tout celui qui voulut la faire changer d’avis, mais selon elle, c’était sa façon de résister…en espionnant allégrement sa clientèle et pour cela toute aide serait la bienvenue.
Marrant de se trouver embrigadée dans cette aventure à connotations si gastronomiques alors qu’à grand peine elle faisait correctement cuire un œuf. Pourtant tout marcha comme prévu et le petit restaurant, précédé par son impeccable réputation  eut droit à une inauguration dans toutes les règles de l’art, comptant pour clientèle un gratin choisi de gros pontes du Nouvel Ordre.
Brillante distraction. Ce jour-là, le Ministère fut investi et détruit.
 
Je dirais, mesdames, que dans tous les cas de figure…c’est un début parfait !, assura Opal en levant son verre dans le restaurant soudain si bellement déserté.
 
On ne pouvait pas dire mieux. Les temps qui s’en suivirent furent si mouvementés que Megan en perdit presque la chronologie. Elle ne voulait même pas penser à ces jours pendant lesquelles elle dut s’occuper toute seule de faire marcher Chez McLane alors qu’Opal et Angel étaient requises pour une mission étrange et qu’à leur retour elles racontèrent une histoire invraisemblable.
 
*Bizarre…dingue…malade !*
 
Et si à cela on ajoutait les nouvelles données par les infiltrés, ça donnait un tableau complet de la plus parfaite tragédie des temps modernes. Pour parfaite l’image d’apocalypse en marche, le 3 Avril des inconnus (par trop connus !) enlevèrent J.O et son cousin le Duc. Le 5 l’opinion mondiale fut secouée par les attentats de Londres.
Sa source d’information continuait à nourrir sa petite centrale d’intelligence et Meg était sûre d’être à point de mettre le doigt sur quelque chose de très important quand John subit encore des séquelles d’être un Strang. Avec l’aide d’Angel, elle mit presque à sac le bureau de feu le Duc, père de J.O et finirent par tomber sur la formule salutaire au fond d’un coffre dans le grenier.
 
*Comme quoi, même les gros secrets finissent là…pourvu que John en fasse usage !*
 
Ce dont quoi, elle doutait fortement. John seul était sur plus de fronts que permis, avec deux doubles de lui courant la nature, c’était la couverture totale ou presque !
 
*Faut en laisser un peu aux autres…et s’ils se la bougeaient, ce serait encore mieux !*
 
Et à tout cela, Max avait vraisemblablement disparu le jour des attentats et Poudlard était tombée sous la coupe du Nouvel Ordre. De quoi se morfondre de rage et désespoir mais un appel de Hilderman la fit tout lâcher et courir aux nouvelles.
 
Ça n’arrête pas depuis hier soir !, dit-il consterné en lui montrant la pile de papier accumulée, m’est avis que ça ne tarde pas à nous tomber gros sur la patate…c’est l’émoi total, là !
 
Cela l’était, ni plus ni moins ! Des mouvements de troupes partout dans le monde. Les USA fermaient leurs frontières…avec le Canada ? La France s’isolait en Europe ? L’Allemagne renforçait la surveillance sur son territoire ? La Russie se lançait dans des « exercices » militaires musclés ? Une recrudescence jamais perçue avant de violence gratuite se déclenchait en Inde ? Des attentats terroristes mettaient le sud-est asiatique à feu et à sang ?
 
Mais pourquoi ?...Tout en même temps…ils se sont mis d’accord ou…
 
C’est de ça que je voulais te parler, Reese…Meggie…j’ai épluché, décortiqué, analysé…et il n’y que ça en commun…
 
Ahurie elle prit la feuille imprimée que lui tendait Hillie et commença à se décomposer au fur et à mesure de sa lecture.
 
Une…épidémie de grippe ?...Tu en es sûr ?...Je dois avoir toutes les données…et le communiquer aux autres…
 
Elle n’eut presque aucune conscience d’avoir passé les dernières 48 heures chez Angus Hilderman à réviser toute l’information au fur et à mesure qu’elle arrivait…sans pause !
 
Sauf qu’à son retour, elle se retrouva avec un chamboulement impossible. Non seulement son chéri avait contribué à la libération de Poudlard, mais J.O était de retour…juste pour se faire arrêter par les gens du Ministère et Justin, en mauvais état se trouvait à l’hôpital…
 
Oui…oui, je vais avec toi, bien sûr que je t’expliquerai…
 
Cela dut attendre encore un bon moment. On tira J.O des griffes du Ministère en folie, on enleva le Ministre quittes à se faire accuser de sédition et traitrise et on attendit que Justin reprenne ses esprits pour tirer l’embrouille au clair.
Le scoop de Meg fut devancé par celui de J.O qui revenait de chez l’Ennemi avec plus d’information que la CNN à ses meilleurs jours.
 
Le ministre est infecté, dis-tu ? Par quoi ?

Justin posait la bonne question mais ni CNN, BBC et tout ce qu’on voudra ni Michael tout puissant seigneur de guerre n’en savait pas plus. Meg laissa les grands esprits gamberger tout leur soûl et dès qu’ils lui laissèrent l’opportunité d’en placer une, elle brandit son demi-kilomètre de paperasse.
 
Ben, moi, je sais…enfin, Hillie et moi on en est à peu près sûrs…Oui, mon chéri, je l’ai mis au courant de ma non-mort…et son aide est précieuse…Non, Justin, pas un journaliste, le meilleure hacker de tous les temps et analyste de première ligne…Si contamination il y a…ben, c’est un virus modifié de la grippe…rien de mortel…mais infectieux…j’ai quelques kilos  de données filtrées et analysées…on en a beaucoup plus…je n’exagère rien…Hillie a suivi les événements depuis leur début et tout enregistré …
 
Les présents la considérèrent avec un rien de suspicion. C’est vrai que sa mine et mise ne disaient rien. 48 heures non-stop d’être penchée sur les écrans d’ordi ou en train d’éplucher les infos imprimées, ça laisse des traces.
 
Je ne suis pas folle, ni dépassée…je ne fais pas de burn-out…
 
Entre ses infos et celles de J.O, on finit par tirer deux trois trucs au clair. Effectivement, un virus mutant avait contaminé grande partie des populations en franche rébellion et opportunément quelques hauts placés. Kingsley Shakebolt fut demis comme ministre, sans qu’on l’entende s’en plaindre et après une séance, à huis clos, des grands esprits de la nation sorcière, il en ressortit que compte tenu du besoin d’un esprit éclairé, fort et déterminé, doublé de jeunesse et énergie le seul correspondant À ces attentes n’était autre que…Lord Justin Davenport.
 
À la santé du Ministre !
 
Loin d’être une réunion entre potes celle-là était plutôt un sommet social  de tout ce qui restait de bon sous le Dôme maudit dont on avait déjoué presque tous les tours, sauf l’hiver éternel.
 
C’est beau l’histoire du rhume contaminant…ça marche pour les masses…mais explique moi pourquoi certaines choses n’ont pas changé ?...Non chéri, pas faute de les avoir fumigés comme à plaie de sauterelles…Maintenant, on a Justin à la tête des sorciers mais l’étoile de l’autre côté, même en ayant De Brent dans ses rangs rapprochés continue de scintiller et que partout dans le monde ça continue à aller dans le mauvais sens ?
 

Bien entendu, l’occasion se prêtait mal  à ce genre de contemplations. On avait trop pâti dans cette galère comme pour ne pas s’accorder un petit instant de répit. Boire et s’amuser un peu ne pouvait nuire à personne…du moins on voulait croire ça !
 
*C’est vrai que d’après ce qu’on sait…ça ripaille pas mal de l’autre côté mais suis sûre qu’il y en a au moins un qui n’arrête pas de gamberger !*
 
Le mois de Juillet arriva. Plusieurs coups d’état plus ou moins sanguinaires modifièrent le profil africain, des guerres civiles entrèrent en plein essor en Amérique du Sud, l’Asie faisait bonne figure mais encaissait des défaites, une politique d’élitisme blessant prenait les devants en Europe continentale, les USA bloquaient leurs frontières, le Canada, pays paisible par excellence, s’insurgeait. L’Australie, elle, tenait bon, dans son isolement.
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Re: Insidiae

Message par John Smith le Sam Jan 10 2015, 13:26

Si vivre en dédoublé était déjà dur en soi, que dire du triplement ?  Aux yeux de plus d’un, refuser de redevenir « un » pouvait paraître très étrange ; John souffrait en silence.  Cette situation, il l’avait souhaitée sans en mesurer entièrement les conséquences néfastes mais s’en fichait tant qu’elle lui était utile, et Merlin sait qu’elle l’était dans cette lutte implacable !
Ses « frères » étaient actifs autant qu’efficaces, pas de quoi se plaindre.
La nouvelle de propagation virale dans divers coin du monde avait créé un vent de panique car des dirigeants se mettaient à faire n’importe quoi avec le fléau « spécial » made in Eridan. Preuve en fut l’arrestation quasi immédiate de J.O après sa disparition dont nul n’avait trouvé judicieux de l’avertir. De quoi râler… sans piper mot. Au moins ses « lui » lui avaient fichu la paix lors de la reprise de Poudlard sinon il se serait considéré comme banal agent de liaison. Grand moment que de voir Samantha sur le terrain. Loin de ses fourneaux, elle se débrouillait plus que bien, et l’un égala l’autre au tir mouche. Bon an mal an, tous s’en sortaient. Bon, Justin avait dégusté, il s’en remettrait, alors...
Autre chose fut la suite avec l’internement forcé d’un ministre déraillant pour placer un plus sain à la tête.  
 
*Justin ? Bah, ouais…*
 
John aurait nettement plébiscité son frangin, lui.
Enfin… Davenport n’ayant pas trop le choix, au vu des circonstances, on ferait mieux avec que sans.
 
Avec Megan, John subissait des tiraillements d’un autre ordre. Comment les choses auraient-elles pu aller droit quand l’un comme l’autre courait partout ? Dédoublée à sa façon, lui triplé à la sienne, fou ce que les Smith se marraient…
Leurs soirées ressemblaient à ceci :
 
…Suis claqué, bonne nuit !... Faut que je voie Justin et J.O, bye… On a eu des nouvelles des infiltrés, ah… toi aussi ? Raconte…  
 
On se narrait les potins, elle surtout, lui… ne l’ouvrait jamais assez, il le savait. À son corps défendant, John, d’un naturel taiseux, était tellement investi par les informations de ses autres lui qu’il en perdait encore plus le verbe. Impossible d’en vouloir à Meg lorsqu’elle tirait la gueule, c’était de sa faute, il pigeait mais ne parvenait pas à réagir correctement. Dépassé ? Sans doute. Néanmoins, il persévéra dans ses présences-absences de corps et d’esprit. Pas marrant d’être à quatre dans un lit…
Comme par un hasard comique, alors qu’il aurait désiré un gros câlin, 2 ou 3 se manifestaient, coupant net tous les élans du monde des plaisirs de quoi bousiller le meilleur des plans de séduction. Meg semblait compatir, au moins ça :
 
*Elle n’en pense pas moins…*
 
Il était quasi certain que les reproches s’accumulaient et que, tôt ou tard, les nuages crèveraient leur fiel. Tant va la cruche à l’eau…
 
Ce jour-là, John était bien décidé à rattraper son coup, son couple. Pour une fois, il s’octroya du temps libre, et se prépara à donner pleine satisfaction à son épouse. Le repas commandé au « sense » serait divin, mise soignée, jusqu’à la cravate préférée de Megan, il escomptait tout autre chose que le fiasco qui survint.
 
Tu ne vas nulle part, moi non plus, pas ce soir, ma chérie…
 
Ambiance doucereuse. Quoiqu’un peu rétive de prime abord, Meg entra dans le jeu sitôt les signaux captés. Pratique d’être sorcière, elle se changea en un tour de baguette. Gauche, pantois devant la fée apparue de la salle de bains, il s’étrangla :
 
Tu es… parfaite. Tu prendras un peu de champagne ?  
 
C’était fou, déjanté, tel un premier rendez-vous où les partenaires se cherchaient en sachant se trouver à la fin.  Romantique ? Pas Mr. Smith. Dans une autre vie, peut-être ?   
Tout se déroula bien, non sans quelques bourdes comme de présenter des petits fours au foie de volaille quand l’invitée particulière a horreur de ça, m’enfin l’intention y était. Caviar et foie gras firent franchir cet écueil culinaire. La conversation, elle, rama allègrement. Il essaya :
 
Opal nous a trouvé un rôti d’antilope… ( soupir) Angel est triste, sa chatte va mal, l’âge…
 
Voyant ses efforts vains, il tenta encore entre deux zakouskis :
 
Je pensais prendre un chien ? Ça te plairait ? Il y en a tant d’errants…
 
Un sourire, enfin !  Encouragé, il embraya :
 
Tu voudrais quoi ? Un bouledogue, un braque allemand, un lévrier ou un corniaud ?
 
Là, elle rit franchement, et l’amour que John lui portait s’affola.  Autant profiter de l’aubaine pour … piquer du nez dans un Mea culpa réfléchi :
 
Je suis conscient de m’être mal comporté avec toi ces temps-ci. Je ne suis pas doué avec les mots, tout ce que je peux espérer c’est… ton… pardon. Pardonne-moi d’être un ours souvent mal léché, d’être un homme si obtus, si… con !... Non, laisse-moi achever, c’est assez difficile ainsi pour moi.  
 
Il but une gorgée de vin pour se donner le courage d’aller au bout de sa tirade :
 
J’ignore si je saurai m’améliorer mais je te jure de tout faire pour ça. Je voudrais te porter un toast… si, si, debout !  
 
Il accompagna son geste et, lui faisant face, leva sa coupe :
 
À la plus merveilleuse femme qu’il m’ait été donné de rencontrer, à celle qui me supporte envers et contre tous, à la mère géniale d’un trésor parfait… à toi que j’aimerai… toujours !  
 
On vida son verre et, entre émotions souriantes, Megan s’approcha. Puis…
 
*Eh MERDE !*
 
Fichu téléphone ! Qui était l’andouille ayant inventé ce truc débile, celui capable d’interrompre n’importe quoi d’important ?  
Meg s’y colla dans une pirouette (salvatrice ?) Au vu de la tête qui s’allongeait, John devina un drame en cours. Il n’interrompit pas la brève conversation, attendant le verdict.  Décomposée, sans trop oser le regarder en face, elle avoua l’impensable. Il rugit :
 
QUOI ?? Ysaline, mais…
 
Déjà Megan enfilait un manteau, lui tendait le sien alors qu’assommé, il flanchait :
 
*Ysaline ? Non, NON ! Pas elle !*
 
Emporté malgré lui dans un transplanage urgent, il vécut la suite dans un état second.  Les autres rameutés également partageaient le même désarroi. Le même ? Peut-être pas, non.  
Pour John, Ysaline représentait tellement !  Amoureux ? Non ! C’était autre chose quoique… sans Max et surtout sans la venue de Miss Reese dans sa vie, il aurait peut-être tenté le coup, mais…
On refusa en masse l’inévitable spectacle d’un corps allongé sous un drap aussi immaculé que le teint de la défunte. Pourtant…
 
Ce n’est pas possible, murmura-t-il tandis qu’autour de lui des voix s’élevaient dans la ouate qui lui bourrait le crâne.  
 
Il aurait voulu gueuler mais laissa ce soin à l’époux vers lequel John, bloqué, n’osa pas s’avancer. D’autres s’en chargèrent ? Il n’en sut rien, rien d’autre qu’un vague souvenir d’éclats, de couloirs, d’une main serrant la sienne.  S’il vida le verre proposé à ses lèvres, il n’en eut conscience qu’avec le feu de l’alcool lui brûlant la gorge.  Un déclic se produisit quand des mots le frappèrent. Megan, attentive à ses réactions, mesura ses paroles en lui annonçant que rien n’était joué encore : un espoir subsistait.
 
… Tu es sûre ? se dressa-t-il d’un coup de reins nerveux… Alors, on va… on va contacter Alix, il le faut… Non, suis pas fou ! Je n’ai pas confiance en cette bécasse d’Angel qui, même en étant ma belle-sœur, n’en reste pas moins une empotée, aussi douée soit-elle !  
 
Il lui fallait s’expliquer davantage ? Il ne s’en priva pas :
 
… via Erik ou Michael. Erik, le plus sûr puisque c’est par son intermédiaire que le soi-disant remède a été créé. Alix sait sûrement plus ! Elle doit savoir, elle le doit !  
 
Sa voix s’étrangla dans une sorte de sanglot que n’apprécia pas du tout Mrs. Smith. Il haussa les épaules en réponse et, puisqu’il portait encore son manteau, sortit.
Marcher seul le calma un peu. Megan ne méritait franchement pas d’être traitée ainsi mais, là, il débloquait d’autant que ses « frères » se mettaient à le conseiller à distance.  
 
*Fonce voir Alix, tu sais où elle est !* dit 2.
 
*Va voir Erik, rends-toi aux Mangemorts au besoin !* dit 3.   
 
Foutez-moi la paix ! grogna-t-il avant de transplaner à l’abri des regards indiscrets.
 
Il n’écouta pas ses « voix », estimant  préférable de se rendre direct chez les Davenport.
Un serviteur discret l’introduisit aussitôt annoncé. Samantha, belle malgré les pleurs récents, le serra fortement dans ses bras, comme si elle compatissait à sa torture.
 
…Je, j’avais espéré que Justin… Ah ?
 
Le ministre était absent de chez lui, une fois de plus.
 
Il est au courant, au moins ?

Sans doute que oui, mais qui savait réellement ce dont on l’informait ?
Installé confortablement, un remontant en main, les amis discutèrent le coup.  Calme, très posée, Sam relata les aléas de la nouvelle fonction de son époux.
 
… Pas marrant tous les jours, je vois…
 
On s’enfila gentiment deux whiskies en parvenant à éviter le gros nœud qui les préoccupait puis John n’y tint plus. Reposant son verre à le fracasser, il grinça :
 
On ne peut pas laisser cette ignominie s’accomplir… ouais, Angel bosse dessus… non, bien sûr que je ne doute pas de ses capacités mais je veux que ça aille vite, très vite… Mais non, je ne vais pas commettre de bêtises, je suis ici et pas chez eux, non ? Il faut que je rencontre Justin. Peux-tu le joindre… sais pas, moi ! Vous n’avez pas un numéro, un code d’urgence entre vous ?   
 
Si fait mais il ne concernait que les problèmes familiaux, autrement dit en cas de pépin d’elle-même, leur petite Vic ou les grands-parents.  
 
Je prendrai les reproches à ta place, t’en fais pas. Contacte-le, de grâce…
 
Et après Merlin sait quel truc échangé, Justin apparut, hagard, affolé. Vite rassuré par une Sam mitigée, Davenport ne cacha pas sa rogne. Comme promis, John prit tout sur lui :
 
J’ai forcé Sam, je suis le seul à blâmer !... Mais pas du tout, il s’agit d’une réelle urgence : Ysaline est morte, nom de Dieu !
 
Sous le choc, le ministre s’assit. Sam, s’occupa de lui alors qu’on sonnait à la porte. Le visiteur tardif ? Megan…
 
Écoute, je…
 
Fermée quoique pas trop énervée, son épouse exposa clairement les faits sur ce qui l’amenait : elle aussi voulait aider si possible.  La reconnaissance de John faillit déborder, sauf qu’il était et restait peu démonstratif, surtout en public. Il se contenta donc d’un pâle sourire et d’une pression de main tandis que Davenport reprenait ses esprits.  
Il n’avait pas été averti, le barrage du new ministère freinait tous les messages sauf les vitaux.  
 
… pas besoin de justifier quoique ce soit, Justin. On voudrait juste savoir si des contacts sont possibles avec Eridan ou ses sbires sans compromettre les couvertures établies.  
 
Oui… Des pourparlers étaient en cours. Difficiles, imprécis, peu fiables mais bel et bien là.  
 
Génial, s’emballa John, on peut imaginer une rencontre, alors ?
 
Pas évident ! Eridan exigeait, ni plus ni moins, la reddition pleine et entière, sans compromis.  
 
Ouais, s’énerva John. On marche ou on crève ! Lui a-t-on au moins signifié que des troupes sont parées, qu’il risque l’atomisation pure et simple ?
 
Oh que oui seulement, persuadé de sa suprématie absolue, Eridan riait d’autant que…
 
… QUOI ? Tu es considéré comme prochain traître, vraiment ?
 
Inimaginable mais vrai !  John tomba des nues en entendant un récit débridé où il était question de De Brent et de Nielsen qui faisaient croire, à bon entendeur, que Justin était prêt à virer de bord.  
L’intègre Davenport supposé félon ? En d’autres circonstances, John aurait ri. Mais il se mit à gamberger furieusement ; Megan aussi. Lèvres pincées, elle semblait dire :
 
*N’y songe même pas !*
 
Passant outre, il déglutit, puis sourit :
 
Justin, tu viens de te trouver un ambassadeur auprès de l’ennemi !
 
Les mines reflétèrent des réactions diverses, passant de l’outrée révoltée à stupéfaite.  
Cependant, avant que nul n’ait pu émettre un avis, d’autres visiteurs réclamèrent audience.   
Max, flanqué de son père, s’encadrèrent bientôt. Brièvement mis au parfum du récent débat, eux aussi avaient des choses à déclarer, non des moindres.
Karl Théodore, très sérieux, annonça d’emblée :
 
Je sais ce que nous traversons. Avant tout, il faut que vous sachiez qu’Angel se bat comme une lionne.  J’ai relu les formules avec elle mais Alix, ma chère élève, a toujours été… cryptique. Ne blâmez ni l’une, ni l’autre : elles partagent le même but, et on le serre de près, croyez-moi !

On ne demandait qu’à le croire sur parole. Néanmoins, des précisions étant nécessaires, John ramena la conversation sur ses rails :
 
Nous sommes tous d’accord : il faut impérativement des éclaircissements au risque de la bourde du siècle. J’y vais !
 
Max réagit vigoureusement, persuadé être le seul en mesure de convaincre Eridan de lui accorder audience.
Ce fut son père qui le tempéra :
 
John a raison, mon petit. Il n’a aucun lien direct connu avec nous… Laissons-le y aller. Il en va de la vie d’Ysaline...
 
À la guerre comme à la guerre. Peu étaient pour mais rien n’entamerait SA décision. La discussion s’envenima puis s’apaisa.   
 
Villa d’Eridan
 
Sur une espèce de trône, le chef absolu – ou qui se croyait l’être – toisa de haut en bas l’individu osant se présenter en conciliateur. John s’était préparé. Peut-être l’aurait-il été mieux en étant… lui ? La puissance de l’astre le frappa avec tant de vigueur qu’il en chut presque par terre.  
 
MENTEUR ! hurla aussitôt Eridan. Tu es ici avec un but tout autre ! J’ignore encore lequel mais je saurai te faire cracher le morceau après tes dents !  
 
L’occlumentie, il avait dû l’apprendre à un moment donné, sauf que là…
Alors qu’il se tordait sous un doloris du tonnerre des dieux, John perçut des voix contraires aux ordres. Trois en fait. Si deux masculine plaidèrent la clémence avec plus ou moins de fermeté, une féminine les dépassa, lui insufflant des mots bizarres.  
 
*La formule ? Alix, c’est toi… ?*
 
Avec le peu de ressource dont il disposait encore, Smith invoqua ses doubles. Immédiatement, il se sentit mieux, beaucoup mieux.  
 
Il est résistant ! grinça Eridan. Au cachot ! Nous poursuivrons l’interrogatoire au matin.
 
Aucun repas, aucune boisson deux jours durant, du moins estimés tel. Contrairement à sa prédiction, Eridan lui ficha la paix… lui au moins. Les interrogatoires se succédèrent d’heure en heure. La cellule, sombre et froide de 2m sur 2 ne s’ouvrait que sur une porte magiquement close. Pas de fenêtre, que l’obscurité humide, glaciale. Heureusement, il ne reçut pas que la visite de tortionnaires.
Trois alliés vinrent le soutenir en douce. Intrusions furtives, pressées mais très appréciées surtout celles d’Alix. Allez savoir comment, elle avait pigé ce qui amenait John en ce lieu de désolation. La solution au problème rencontré avec Ysaline, elle la possédait. Après un passe-passe d’informations, John la connut en intégral sauf qu’il était coincé de chez coincé.
Que se passa-t-il ? Il avait perdu la notion du temps, de l’espace, de tout quand, brusquement, une main vigoureuse l’empoigna pour le jeter dehors, sa baguette ajoutée furtivement.
Désorienté, John transplana à la-va-vite. Trop vite ? On rassembla les morceaux à Stillworth ’s Clinical où il se réveilla en accrochant le premier bras à portée :
 
J’ai la formule complète pour tirer Ysaline, le Dr. Von Falkenberg de son coma… je… Oh, Meg, mon amour… oui, ça va, mais il faut dire à Angel que…

Ce qu’il entendit ensuite le renfonça dans son oreiller… Tout ça pour rien… ou  presque ? C’était fou !  
Calmement, aimante malgré une certaine froideur, Megan lui annonça l’incroyable : Ysaline se  portait comme une charme ! Soutenue par Karl Theodore, Angel avait réussi à créer la bonne formule !
 
Ah… Elle va s’en remettre, alors ?
 
Tout allait « bien » dans le « pire » des mondes !  Vaccin en route, cette menace-là s’estompait.  
 
Bien d’autres soucis nous attendent, je dois…
 
Il était hors de question qu’il aille ailleurs que dans ce lit. Pantois, il resta comme deux ronds de flan en entendant le diagnostic. Vu sa dénutrition, sa déshydratation sans compter sa désartibulation, Smith était au rebut pour quelques jours encore.
 
…Ok ! Si je ne peux pas balader, d’autres doivent venir ici, ça urge !!
 
Un bref bisou plus tard, Megan partie alerter le ministre et acolytes, John gambergea. Comment annoncer cela ?... 
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Re: Insidiae

Message par Megan Reese le Jeu Jan 22 2015, 23:57

Tu ne vas nulle part, moi non plus, pas ce soir, ma chérie !
 
*Hein ?...C’est quoi ce ton adouci et ce regard ?...Dis donc, Reese, à moins d’être en plein délire on dirait que…*
 
Apparemment pas de délire à craindre. Il est des signaux qu’une fille sait quand même interpréter, alors pour bien faire, vite fait elle troqua sa mise de journaliste de camp par celle de femme prête à la séduction…en espérant ne pas s’être gourée de signal.
Musique, lumières, tout y était, composant un tableau charmant.
 
*Ben dis donc!*
 
Il était adorable, un peu gauche et perdu dans sa petite mise en scène mais l’effort donnait chaud au cœur. D’abord du champagne,  suivi de la promesse d’un repas sybaritique. Chéri avait vraisemblablement du mal à démarrer avec une conversation à ton avec l’ambiance et parla du chat d’Angel qui prenait de l’âge. Le chat, pas Angel. Pour après faire allusion à un possible animal de compagnie.
 
Je pensais prendre un chien ? Ça te plairait ? Il y en a tant d’errants…
 
Il était attendrissant, que faire sinon sourire ce qui déclencha un éventail d’alternatives canines ce qui finit par la faire franchement rigoler, produisant un effet non cherché ressemblant fort à un mea culpa étourdissant. Il reconnut des erreurs, vraies ou imaginaires, interprétant ses sentiments à elle puis fin adorable :
 
J’ignore si je saurai m’améliorer mais je te jure de tout faire pour ça. Je voudrais te porter un toast… si, si, debout !  
 

Force fut de suivre le mouvement, de plus en plus émue, alors qu’il déclarait véhément : 

À la plus merveilleuse femme qu’il m’ait été donné de rencontrer, à celle qui me supporte envers et contre tous, à la mère géniale d’un trésor parfait… à toi que j’aimerai… toujours !  
 

Elle mesura sa propre réaction et au lieu de lui sauter carrément au cou, s’approcha, le cœur battant et c’est alors que, ô misère, , la sonnerie du téléphone brisa la magie du moment.
 
*Je déteste ce truc !* Allo ! Bien sûr que c’est moi…oui…QUOI !?, elle sentit ses jambes se dérober, NON ! CE N’EST…Mon Dieu…Bien sûr…je lui dis…Merci  de nous avoir prévenus… !, elle raccrocha, la bouche sèche, tremblante, luttant contre les larmes, c’était Angel…Un imprévu…C’est affreux…Ysaline…une rechute…on sait pas trop bien…John…Ysaline est morte !!!
 

QUOI ?? Ysaline, mais…
 
Qui peut être dupe de cette expression de douleur, d’horreur qui figeait les traits chéris. Il avait un mal de chien. Sans chercher à approfondir elle changea sa mise d’un coup de baguette et  tendit sa veste (on est en Juillet) à John qui semblait à deux pas de se mettre à hurler.
 
On y va, accroche toi !, dit-elle d’une voix neutre.
 
Cela faisait vraiment mal au cœur ce spectacle tragique. Max effondré de chagrin, se refusant de laisser son Ysaline, hurlant qu’elle n’était pas morte, secondé par une Angel très énergique. Meg n’entendait rien, ne voyait rien d’autre que le semblant accablé de son mari.
 
*Pitié…il l’aimait…il l’a toujours aimée !*
 
Ce n’est pas possible,
murmurait-t-il, sans oser s’approcher du mari éperdu.
 
Suis désolée…, elle l’était, très sincèrement et pas seulement par cette mort absurde, viens !
 

Elle voulait surtout s’éloigner de là, le plus vite, le plus loin possible avant qu’on ne couvre le cadavre d’un drap, affirmant ainsi sa mort. Elle eut écho d’un chœur de protestations mais s’arrangea pour entrainer John hors de là. Assommé de chagrin, il la suivit sans rien dire. Que faire ? Elle le laissa dans un coin attente, seul avec ses réflexions en vadrouille et regagna les lieux du drame. La crise se tassait. Angel avait pris les commandes avec une énergie inusitée et assurait, tout comme Max, très peu convaincu de son veuvage, qu’Ysaline était plongée dans une espèce d’état second, plus proche à la mort qu’autre chose dont on pourrait l’en tirer avec la formule exacte, vu que celle que son mari lui avait fait boire était vraisemblablement incomplète.
 
Le virus dort, l’hôte aussi !, clama Mrs. Westwood.
 
*Dieu t’entende !*
 
John lui, n’avait pas bougé, Tétanisé d’horreur. Sans rien dire, elle le ramena chez eux, lui fourra un Pur-Feu dans la main et attendit qu’il retombe sur terre.
 
Bien, te voilà de nouveau parmi nous…Pour ton information, ton Ysaline chérie n’est pas tout à fait morte…
, et de rapporter fidèlement les infos glanées.
 
La réaction de Monsieur était prévisible, il accrocha la possibilité de sauver Ysaline comme un naufrage accrocherait une planche salvatrice, assura qu’Alix était la seule capable de trouver la formule, traita Angel d’empotée et finalement fit demi-tour et s’en alla chercher salut et inspiration ailleurs.
 
Grand bien t’en fasse, triple idiot !, gronda Meg en fracassant la carafe de whisky contre le mur, bravo…wow ! Si c’est pas du sentiment, tout ça…Tu es une imbécile, Reese…tu n’étais qu’une remplaçante…
 

Elle se sentait étouffer de ressentiment mais aussi de chagrin.  Son affection pour les Von Falkenberg était sincère et de bon aloi mais découvrir la teneur des sentiments de son mari envers la belle Dr. Zaline allait au-delà de sa compréhension.
 
*Ouais, le cœur a des raisons que la raison ne comprend point…ce doit être ça ou dans le genre !*
 
Débattre avec ce chaos de sentiments ne donnait rien, passant plutôt en mode pragmatique,  Megan envoya son raton laveur en prospection. John squattait le salon du Ministre.
 
*Super et puis quoi !?*
 
On ne sembla presque pas surpris de la voir débarquer sans rendez-vous. John les avait mis au courant et tous semblaient bouleversés. Faisant abstraction des émotions chamboulées, elle donna sa version d’une façon très professionnelle, claire et cohérente. S’en suivit un débat intense, où tous et chacun essayaient de trouver raison.
 
*On n’est pas sortis de l’auberge et à ce train, doute qu’on n’en sorte un jour !*
 
John disait. Justin contrait. Sam ajoutait du sien. Meg se taisait mais avait envie d’envoyer une paire de claques à bon escient même si les arguments n’étaient pas faux.
 
*Il irait en enfer pour ces beaux yeux !*
 
Elle n’aurait pas cru si bien penser, voilà que pour mettre la cerise sur le gâteau, son mari chéri annonçait :
 
Justin, tu viens de te trouver un ambassadeur auprès de l’ennemi !
 

*Mais voyons…et quoi plus !?*

 
Que les autres, Max inclus flanqué de son cher papa, se pointent faillit ne plus surprendre personne. On discuta. Meg la ferma, gambergeant à sa guise, sûre du résultat final.
 
*Mon Dieu, que ça raisonne…on y passera la nuit !*
 
Finalement, John l’emporta haut la main.
 
*Vas-y, meurs pour elle…pour ce que ça va nous avancer !*
 
Il revint pourtant. Pas exactement d’une pièce, mais vivant quand même. Détenant la formule magique qui sauverait la belle endormie. Meg qui avait attendu, au bord d’un gouffre de sombre angoisse, en sentant son cœur se briser en morceaux, ne put, au diable fureur et logique, que se réjouir de ne pas être encore veuve. Même si voulant s’en défendre pour s’éviter plus de dommages, elle aimait à la folie cet homme obstiné.

J’ai la formule complète pour tirer Ysaline, le Dr. Von Falkenberg de son coma… je… Oh, Meg, mon amour… oui, ça va, mais il faut dire à Angel que…
 

Soupir. Profond soupir en se taxant d’idiote au temps de caresser son front moite mais sans pouvoir éviter une certaine ironie dans sa voix.
 
Mon pauvre John, tant de mal pour rien…Vois-tu, moins de 24 heures après ton départ, pour t’offrir sur l’autel du sacrifice, Angel, ton empotée de belle-sœur et Karl, le père de Max, ont mis à point la bonne formule…Ysaline l’a bue et elle est saine et sauve, coulant le parfait amour avec son mari bien-aimé !

Ah… Elle va s’en remettre, alors ?
 
Non, mon amour, elle s’est déjà remise !!!
 
Bien entendu, ça ne pouvait pas finir là, pas si facilement. Monsieur avait encore des informations ultra sensibles à transmettre  et comme, désartibulation obligeant, il était cloué au lit, le temps de se raccommoder, il insista sur la présence de tous ceux à qui de droit.
 
Bien sûr, chéri, j’y vais prompte, les informer de l’échéance !
, elle  ne put se priver de l’embrasser, sur les bout des lèvres avant d’aller accomplir la mission échue.
 
Assistance attentive, s’attendant au pire, après tout, au train où ça allait, tous étaient déjà rodés à tout genre de misère, pourtant ce que raconta John dès son lit, eut l’heur de tous les remuer.
 
Alors le bébé d’Alix ne serait autre que…Voldemort !? …Le fameux Reliquat ?...Ok, résumons, Alix est enceinte et ce qu’elle accouchera donnera le pouvoir total à Eridan, c’est ça ?... Veux bien savoir comment il pense s’y prendre…mais enfin…sans doute un truc de magie noire…Ce qui corrobore finalement les infos qui courent sur l’Avènement d’un nouveau Dieu…, on la regarda avec intérêt, ben oui…ça fait un moment que quelques millions de fidèles attendent ÇA…comme quoi le bonhomme a bien préparé le chemin…Et… ? Ah bon, elle ne peut s’en défaire, son sort étant lié au sien…*Charmante façon de régler les affaires de famille…* On fait quoi au juste ?
 

Cela donna lieu à un débat encore plus long, étant donné que personne n’avait une idée vraiment valable de comment procéder. La seule qui leur venait à l’esprit était trop affreuse comme pour la tenir en compte, quoique Meg ne fût pas trop sûre que ce ne soit celle adoptée.
 
*Monstrueux…épouvantable…les tuer tous deux, mère et enfant !?...Michael  nous fera la peau sans contemplations ou il faudra le descendre, lui aussi !*
 

Le lendemain, après une houleuse nuit sans repos, à ressasser la solution unique et cherchant, sans savoir où, une solution moins drastique, Meg, avec une mine de papier mâché, se rendit au chevet de son mari, et le trouva en grande conversation avec Ysaline Von Falkenberg. Elle se colla un sourire ravi aux lèvres, fierté oblige. La présence de Max, veillant au grain, rasséréna un peu son esprit. John récupérait rapidement, et on signa sa sortie le lendemain.
 
Allonge-toi au lieu de tourner par là comme âme en peine…tu dois encore te reposer !...Que je suis bizarre ? Tu trouves ?...Mais voyons, suis du genre endurant mais pas inébranlable tout de même…, elle eut presque pitié de sa mine désolée mais avait dépassé le créneau femme complaisante prête à gober n’importe quoi, ah, tu ne vois pas pourquoi !?...Tant pis pour toi,  John Smith, ça te fera un casse-tête de plus alors…Tu vas m’excuser mais là je dois sortir, Hillie m’attend…Tu peux t’arranger tout seul, non ?
 

Et avant de flancher avec les bonnes résolutions, prit son sac et laissant son mari accommodé dans le divan, sortit en claquant la porte.
 
*Il s’en rend même pas compte…ou il pense que…Arrête, Reese, arrête de te prendre la tête…Tu le savais depuis le début, non ? Et c’est toi qu’il a choisie !...Ouais, par manque d’alternative…si Max venait à disparaître… Reese, tu dérailles…tu déconnes plein tube…*
 
Une visite à Hilderman n’apporta rien de nouveau à ce qu’elle savait déjà. Partout on parlait de ministres, secrétaires d’état, personnages d’influence qui tout à coup disparaissaient de la scène mondiale.
 
On fait le ménage, Hillie…ça commence à marcher dans le bon sens, dirait-on…mais cette cochonnerie a bien mérité le nom qu’on lui a trouvé…Hydre…on retourne aux sources de la bonne vieille mythologie…ce serait joli d’avoir Hercule pour s’en occuper…Non, Hillie, je divague, suis fatiguée, tu sais…
 
À bout, oui…t’en peux plus, ma jolie, raconte-moi plutôt quel mal t’afflige vraiment…parce que là…cela me semble trop personnel comme pour avoir trait avec la mythologie grecque !
 

Cela ne lui ressemblait pas de passer aux aveux de la sorte, avec larmes et hoquets. Hillie mit une boîte de Kleenex à sa disposition ainsi que son épaule de bon frère-ours et écouta, ému, une des plus belles histoires d’amour jamais entendues.
 
Là, là…ma pauvre Reese chérie, ça t’a frappée en plein, pas à dire…mais ta petite tête si pensante, si logique, si pragmatique, ne vaut rien à l’heure de voir clair dans ce genre de situation…Écoute moi plutôt…le connais pas trop bien, ton John…il avait l’air plutôt paumé mais après tout ce que vous avez vécu ensemble…IL t’aime, mon bout de chou…suis sûr qu’il t’aime…sans doute est un peu con pour savoir en parler mais pas tous les hommes ne sont doués pour ça…pour cette Ysaline, suis sûr qu’il l’aime aussi…elle lui a sauvé la vie, non ?...Mais c’est après toi qu’il a couru, non ?...Et pour un type comme lui, ça veut déjà beaucoup dire tout le mal qu’il s’est donné…Va le trouver, fous lui des claques si tu veux…ça reviendra au même…il t’aime et tu l’adores alors…arrête de te faire du mouron…
 

Remarquable discours d’un homme apparemment intéressé seulement par la technologie. Megan essuya ses larmes, l’octroya d’un bruyant bisou et rentra chez elle pour trouver John endormi là où elle l’avait laissé.
 
Tu es sans doute le plus grand coincé du monde, mon amour, mais on se mérite…je suis la plus grande idiote que la terre ait portée, aveu passé au silence, il ronflait tranquillement alors mettant à l’œuvre ses connaissances, elle le fit léviter jusqu’à leur chambre, l’installa dans leur lit et s’accommoda à ses côtés, attentive de ne pas le réveiller. Mais quelque part dans la nuit, elle se retrouva au creux des bras et s’y réveilla, au matin. Il la regardait, avec un de ses sourires en coin qui lui étaient particuliers. Megan ne bougea pas, et sourit à son tour, avant de dire, d’un petit ton casuel :
 
Tu sais…j’ai pensé au respect du chien, ça me plait comme idée…un bouvier bernois, ça te dirait ?...C’est grand, poilu et bon gardien…
 
Cette fois, Merlin soit loué, aucun téléphone n’interrompit leur tête à tête.
John s’arrangea pour lui faire plaisir quant au toutou et c’est ainsi que malgré les avatars à répétition s’abattant sur le monde, Meg se retrouva avec un magnifique chiot de bouvier bernois qu’elle baptisa Chance, nom qui sembla aller pile poil avec le décours des événements qui se suscitèrent à vitesse grand V.
Le Dôme disparu, la menace enrayée. La fin fut si abrupte que ne l’avait été le commencement. Ce fut comme s’éveiller d’un cauchemar, s’ébrouant encore épouvanté, pour réaliser, les yeux encore mi-clos, qu’on est à sauf !
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Re: Insidiae

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