Under the dome

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Under the dome

Message par Ysaline de Bettancourt le Ven Nov 07 2014, 07:54

Remporter une victoire n’est pas remporter la guerre. Ysaline le savait mais ne pouvait s’empêcher d’espérer qu’avec un peu de bonnes volontés, les maux s’aplaniraient.
L’illusion dura… ce qu’elle dura.
C’était néanmoins fantastique de voir ce qu’ils accomplissaient pour cette communauté, ces enfants qui retrouvaient le sourire rien que devant une assiette de bonne soupe. Le Dr. Zaline veillait à une réalimentation progressive quoiqu’efficace. S’ils n’avaient dû que compter sur les secours internationaux, tous auraient crevé de faim. Sœur Marie des Anges se révéla d’une incroyable efficacité dès qu’elle fut repérée et valorisée par une Mrs. Von Falkenberg déterminée.  Seule chose à déplorer : la façon de conduire de la bonne-sœur.
 
*Elle doit être entraînée à n’oublier aucun nid-de-poule…* songea Ysaline, un peu paniquée par tant de chaos.
 
Le camion antique tiendrait-il seulement la distance ?
Heureusement oui, et les deux femmes arrivèrent sans encombre à la ferme éloignée prévue par Marie des Anges. Depuis longtemps, elle suspectait le propriétaire de dissimuler des ressources aux instances en faction. Or, les vivres frais manquaient cruellement.
Jamais Ysaline n’aurait cru possible que la trop douce Sœur puisse se montrer un redoutable marchand de tapis. Menacé des foudres de l’enfer et des siennes propres, le pauvre Adem n’eut d’autres recours que d’accorder un lot gratuit de porc et des cageots de légumes divers.
Un accord eut lieu : toutes les semaines, moyennant un paiement raisonnable, il contribuerait aux efforts généraux.
 
Je suis… soufflée, dit Ysaline sur le chemin du retour.
 
Sans vous, votre foi en nous, je n’aurais jamais osé ! avoua la marchandeuse avec un grand sourire.
 
Tout semblait donc parfaitement fonctionner sauf que, mi-novembre, le monastère fut complètement livré à lui-même avec la désertion des troupes de l’OTAN. Ysaline joua celle qui ne pigeait pas les conséquences en vaquant inlassablement à ses occupations multiples. Que Max vienne lui faire un coucou en plein turbin était plaisant mais n’annonçait rien de bon non plus.  
Au moins, il parla sans détours : des soldats armés allaient investir le monastère, le temps d’éloigner la racaille locale qui le visait.  
 
...ça ne fera pas le plus bel effet et ça risque de rendre les enfants nerveux, ce serait bien si toi et les bonnes sœurs les emmenaient à la grande salle, tous…occupez les avec des films, n’importe quoi…qu’ils ne traînent pas dehors…
 
Jusque-là, ok, elle pigeait mais qu’il lui tende un flingue… 
 
Max, tu crois vraiment que c’est nécessaire ? Je sais tirer mais suis pas là pour ça !!  
 
 C’est juste pour si jamais, ma douce…je ferai en sorte pour que tu n’aies pas à t’en servir…
 
On prévoyait une attaque pour la nuit-même ! Là, elle paniqua un peu :
 
Promets-moi que nous pourrons y avoir recours… au cas où, comme tu dis…
 
Oui, ils utiliseraient la magie si besoin était.  
Ce ne fut pas le cas car les nonnes groupées expédièrent verbalement le chef des dissidents qui ne leur infligea rien… cette fois !
On rata le rendez-vous hebdomadaire avec les filles, hélas. M’enfin…
Le second fut rattrapé malgré le début des intempéries hivernales.  
Les filles firent un peu grise mine d’avoir été délaissées mais, dans l’ensemble, ça baigna. Autre est lorsqu’il fut question d’emmener Christopher avec eux. Rose et « cousin »Karl s’y opposèrent farouchement :
 
EMMENER UN BÉBÉ au centre d’un truc en pleine crise ? VOUS ÊTES IRRESPONSABLES, OU QUOI ??
 
Ysaline prit la mouche :
 
Ce qui est irresponsable c’est de laisser un orphelinat sans protection alors que les loups rôdent !
 
Ça tempêta encore. D’un soupir partagé avec son Max, elle accepta un compromis :
 
… Ok, on vous le laisse cette fois encore mais vous viendrez là-bas, tous, pour fêter Noël ensemble ! Marché conclu ?
 
Ils n’étaient rentrés que de quelques jours quand ils durent admettre la justesse des précautions de leur parenté. Depuis l’abandon des casques bleus, Ysaline avait pris pour habitude de faire patrouiller son patronus le soir. Elle n’en avait pas parlé à Max, persuadée qu’il pratiquait de même sans lui souffler mot. Le rapport de son compagnon argenté la cloua un instant sur place :
 
*Oh, m***e !*
 
On la vit partir comme une folle vers la porte extérieure. Elle n’avait pris le temps que celui d’enfiler sa cape fourrée pour sortir et, aussitôt, une baguette pointa le ciel ::
 
Protégo maxima !
 
Illuminant le ciel pour les sorciers patenté, des écrans se formèrent de haut en bas. Le périmètre à couvrir était si vaste. Elle commençait à désespérer lorsqu’elle aperçut d’autres éclairs dans le ciel étoilé. Bientôt, les époux Von Falkenberg s’embrassèrent sous la lune :
 
Max, mon amour, j’ai eu si peur !  
 
Maintenant, qu’il était là, avec son appui, tout irait bien.  
L’orage passa. Si des obus éclatèrent, leurs expéditeurs en restèrent comme deux ronds de flan face aux effets… inefficaces. 
Être convoqués par la supérieure n’avait rien d’étonnant. Très raide sur sa chaise, l’air sévère, Mère Anastasia les toisa à leur entrée, peu amène.
 
*Elle ressemble à Mme Maxime fâchée…*
 
Ils se tenaient devant elle, comme des gamins fautifs jusqu’à ce que, d’un commun accord muet, émergèrent lentement des baguettes prêtes à distribuer un oubliette magistral.
 
Toi, ou moi ? demanda-t-elle en regardant son époux dans les yeux.  
 
Mère Anastasia se leva aussitôt :
 
Eh, oh ! On se calme ! Je n’ai aucun besoin de vos, euh… trucs ou machins ! Je sais depuis belle lurette de quel bois vous êtes faits, très chers… sorciers !
 
Rarement, la supérieure n’avait autant ri que devant les yeux ronds de ses vis-à-vis :
 
J’ai amplement dépassé l’étroitesse d’esprit et ai compris que loin d’être maléfiques, votre, euh, « espèce » pouvait s’avérer très utile aux simples mortels. Sinon, vous pensez bien que je vous aurais chassés à coup d’eau bénite. Je vous indiquerai ceux et celles à qui il faudra peut-être néanmoins appliquer un bon sortilège.
 
On rit, que faire d’autre ?
Et Noël arriva avec famille et chants de louange.  Outre tous les Von Falkenberg, les de Bettancourt furent de la partie, de quoi se réjouir comme n’importe quelle famille unie. Ysaline, avec mère et belle-mère, donna un sérieux coup de pouce en cuisine. Multiples friandises pour les enfants, dindes, croquettes, fruits, bûches etc. Max, aidé des quelques soldats inutilement restés en place, avait ramené un gigantesque sapin qu’on illumina à la comme-on-peut et décora avec des boules très artisanales confectionnées par l’ensemble des bambins au regard brillant de joie.
Soubhan paraissait fascinée par Alex, un Alex plus mature, responsable, qu’à leur précédente rencontre. Il souriait plus, mais paraissait parfois absent lors des préparatifs. Ne désirant rien gâcher de ces instants magiques, Ysaline la boucla.  
Le plus beau des cadeaux leur arriva peu avant minuit. Soudains figés, Max et Ysaline écoutèrent leurs patronus leur chanter autre chose que des cantiques : un intrus !!!
Ils coururent à la porte, suivis par quelques sœurs qui savaient que ceux-là étaient différents.
 
Un intrus ? Comme est-ce possible, Max ? On a fait très attention à ce que nul malveillant ne franchisse le mur de protection.  
 
La réponse, ils la connurent très vite avec l’index accusateur de Sœur Marie Rédemptrice pointé
 Sur le fauteur de troubles :
 
Je te reconnais, Djordje Lukik ! Tu traînes avec ces bandits depuis des années, souille le nom du Seigneur par tes actes infâmes. Honte à toi !  
 
Je sais, je sais, pleurnicha l’individu hâve, hirsute, dépenaillé. Je voulais juste vous déposer ceci, ajouta-t-il en déposant vivement son panier de mauvais osier.  
 
 C’est quoi, une bombe ? s’effara la nonne en émoi.
 
En effet, c’en était une qui explosa quasi immédiatement avec les cris braillards d’un nourrisson malmené. Une histoire simple suivit. L’enfant avait été emporté après une razzia mais, trop jeune, il embêtait tout le monde. Djordje l’avait volé, espérant qu’il trouve un endroit meilleur pour se développer.  
Le petit Jésus rejoignant la communauté, les fêtes n’en battirent que plus leur plein.
Comme il aurait été doux de poursuivre l’esprit de Noël encore une semaine, mais…
Décidément, Alex ne lui semblait pas droit dans ses bottes. Quelque chose le tracassait terriblement, impossible autrement.
 
Tu as essayé de lui causer ? demanda Ysaline la nuit du 30 décembre… ah, rien dit… ? M’étonne pas…
 
Tirer les vers du nez de son garçon ne fut pas évident.  Il jouait souvent avec Soubhan et ses sœurs. Pas qu’Ysaline ait voulu espionner mais ce qu’elle surprit la fit frissonner. Alex, très conscient d’être l’aîné du groupe de donzelles, assuré, déclara, éteint :
 
… oui, rions encore tant que nous le pouvons…
 
Pourquoi tu dis ça, Al ?
 
Louise, tu ignores tout de tout. Si j’étais toi, j’irais me cacher, je me sauverais très vite, très loin…
 
Sophie intervint, sourcils frocés :
 
Qu’est-ce que tu ne dis pas, frangin ? On est menacés ?
 
Là, Ysaline verdit carrément. Affolée, elle se précipita sur son fils :
 
Je ne voulais pas mais j’ai entendu. Tu es sûr de ça ou ce n’est qu’une rumeur ? Parle… Parle !
 
Souffle court, elle entendit la confirmation.
Blême, elle saisit le poignet de fiston non sans distiller un léger oubliette à ses filles :
 
On va voir papa. Allez vous coucher !
 
Mini transplanage plus tard, elle menottait toujours Alex devant un Max très surpris en relevant les yeux du dessus de ses calculs.
 
Chéri, il faut absolument que tu entendes ça !! Allez, Alex, répète ce que tu as dit…
 
L’effet du récit fut celui prévu : Max verdit aussi.
 
C’est bien mon chéri, dit-elle à son Alex paumé. On va reprendre point par point, si tu veux bien. D’abord, tu vas boire du chocolat chaud, hein ?
 
Plus tard, lorsqu’un fils rompu alla se coucher, les époux tinrent un long conciliabule.
Se tordant les mains, Ysaline fit les cents pas :
 
Ça va reprendre ! Les bases sont installées… non, je ne déraille pas !... si les élèves serpentards sont au parfum c’est que c’est vrai !!... écoute, il est suffisamment mûr pour savoir la différence entre une rumeur et la réalité des faits… exact ! Suis d’accord d’aller vérifier sur place. On met au courant nos familles, on leur intime de rester ici pour protéger le monastère et ON Y VA !!

… Quoi ?...
 
Max était réticent, il n’y croyait pas.
 
… tu veux attendre qu’Azkaban soit détruite ? Moi, pas ! Nous n’avons pas participé à l’autre guerre… Je veux savoir si nous sommes en danger oui ou non, voilà tout !
 
Ils convinrent d’aller se renseigner, de voir si tout était prévu en Angleterre pour contrer une éventuelle recrudescence du mal total.
Au ministère, on leur rit au nez le 31 décembre. La nuit tout changea…
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Re: Under the dome

Message par Max Von Falkenberg le Ven Nov 07 2014, 12:03

« En te levant le matin, rappelle-toi combien précieux est le privilège de vivre, de respirer, d'être heureux.  »
Max s’appliquait à faire de cette pensée un exercice de vie et à faire possible que cela soit ainsi non seulement pour lui et sa famille mais aussi pour les plus démunis, ceux à qui la guerre avait ôté tout droit.
Voir fleurir des sourires dans ces petits semblants affligés, trouver un éclat d’espoir dans ces yeux tristes était la meilleure et unique récompense désirée. Cette Noel avait été merveilleuse. Tout s’était déroulé avec une rare perfection, sans aucune anicroche et même un petit miracle à point nommé.
La réconfortante sensation de réussite subsista quelques jours, à peine. Tout semblait se dérouler dans la plus parfaite harmonie et paix, les travaux étaient bien avancés, la menace extérieure avait été efficacement évitée et puisque Mère Anastasia, au courant de leur talent sorcier, n’y voyait pas d’inconvénient, cela  continuerait ainsi, garantissant la sécurité du Monastère et ses habitants.
Mais il avait suffi des aveux mitigés faits par son fils de 12 ans, pour que cette vision extatique de perfection vole en éclats. Un nouvel avènement du Mal se préparait, aux dires du gamin énervé. Cela aurait été facile de croire à des simples rumeurs, après tout, les Serpentard jouissaient, non sans tort, de la vilaine réputation d’être des vantards imbus de soi. Max aurait voulu s’en convaincre, mais savait, bien malgré lui, que son fils n’inventait rien et que ces rumeurs savamment colportées n’étaient autre chose que l’écho de ce que ces élèves entendaient dire chez eux. Ysaline s’était énervée face à sa façon de prendre les choses et insisté, sans loisir de déni, d’aller voir de leurs propres yeux ce qui se passait vraiment en Angleterre. Au revoir à la famille avec l’espoir d’être de retour aussitôt. 
Mais parfois l’optimisme n’est pas payant…
31 Décembre, Ministère de la Magie. Normalement tout celui qui connaissait l’astuce pour y accéder se retrouvait dans le hall mémorable mais ce jour-là les Von Falkenberg n’eurent même pas le loisir d'approcher la fameuse cabine téléphonique. Deux costauds, l’air pas commode, habillés, approximativement (très), en employés municipaux, les envoyèrent se faire voir ailleurs en termes peu choisis.
 
Ben, c’est pas là qu’on va nous dire quelque chose…allons à la Clinique, s’il se passe quelque chose, on finira bien par  le savoir…
 
Un trasplanage discret les mena jusqu’au bureau de Max où il régnait un ordre scrupuleux et pas le moindre indice de débâcle mais pas le temps de s’en réjouir, le Dr. Asimov s’engouffrait dans la pièce sans s’être annoncé, il avait l’air hagard.
 
Merlin soit loué, vous êtes là…je ne savais pas où vous joindre…
 
Asseyez-vous plutôt, conseilla Max en le poussant dans un fauteuil alors que le brave homme chancelait, respirez un bon coup…
 

C’est affreux…c’est fou…c’est inespéré…
 
*On tombe à l’improviste et il faisait la fête folle avec les infirmières ?*…Calmez-vous, docteur…De quoi parlez-vous au juste ?
 
Le digne praticien les considéra tour à tour, s’offusquant presque de les trouver si tranquilles.
 
Comment ?...Vous ne savez donc pas ?...Mais alors…comment cela se fait que…ILS SONT DE RETOUR !!!, sa voix s’éleva, quasi hystérique, ILS sont là…
 
Échange de regards abasourdis, cette déclaration hachée correspondait affreusement bien aux dires d’Alex.
 
ILS ?...Qui ?, question de confirmer le doute même s’il s’en voulut presque de savoir la réponse avant de l’entendre.
 
Le Dr. Asimov inspira profondément, puis essayant de paraître cohérent narra en détail les évènements suscités depuis la veille. Max et Ysaline l’écoutèrent sans interrompre, pas exactement par politesse mais simplement parce qu’ils étaient muets de stupeur horrifiée.
 
On est dans la merde jusqu’au cou, quoi !, très prosaïque de sa part s’exprimer de la sorte mais cela résumait assez bien la situation, et vous dites que c’est…généralisé…On a passé des infos à la TV ?
 
Asimov lui décocha un regard meurtrier avant de lui faire remarquer que difficilement la BBC allait parler des Mangemorts  et leurs méfaits dans le monde sorcier. La nouvelle avait été diffusée par la radio sorcière ( ?) qui mettait sur avis la population d’une possible recrudescence des faits.
 
Et…on a l’un d’eux ici-même !...De Brent…il a la Marque et…aussi…on a su que sa femme a disparu…enlevée…enfin, vous comprenez…
 
Aucun besoin d’en dire plus, ils se rendirent au chevet de leur ami. Les Smith s’y trouvaient, leur air mitigé n’annonçait rien de bon. Michael ne risquait pas de se réveiller assommé comme il était par une dose massive de sédatifs. John ne tut rien de la gravité de la situation.  On se quitta avec un goût d’amertume, sans se trouver le cœur de faire des vœux pour le nouvel An, cela semblait absurde d’y penser. Une rencontre fut concertée pour le lendemain.
Lawson toujours aussi raide qu’un piquet, les accueillit avec une componction d’archevêque qui mua rapidement en moue tragique en découvrant leurs semblants défaits. Il s’enquit sur leur santé, sur celle des enfants, émit quelques commentaires et deux soupirs avant d’assurer que même dans cette urgence cataclysmique la cuisinière serait capable de leur concocter un dîner plus qu’acceptable pour cette nuit de réveillon absolument raté.
 
Quel monde absurde…Je l’ai toujours détesté et maintenant faut supposer qu’on s’attend que je m’y mette pour le défendre !, tirade enragée en posant brusquement les couverts alors qu’Ysaline lui décochait un regard insondable, qu’est-ce que je dois faire, à ton avis ? Dis-moi…parce que là, j’avoue que ça me dépasse…*Tant qu’à faire dis que tu es un lâche qui préfère se la jouer à l’humanitaire tue pas une mouche !*
 

Ce qui était, tout de même, assez loin de la vérité.  Aller régler son compte à un prochain gênant n’était pas exactement son idéal, mais sa femme chérie autant que lui savaient qu’à l’heure de défendre son fief Max pouvait être un ennemi redoutable.
Tout appétit envolé, il arpentait le tapis comme fauve en cage en se livrant à une dissection minutieuse de la situation entrevue jusque-là.
 
On ne sait pas grand-chose…on attendra la réunion…mais pour le moment toute cette folie signifie qu’il n’est pas question de ramener les enfants…Non, Alex non plus…lui encore moins…Si ces minables veulent frapper ce monde…s’en prendront d’abord au Ministère et après à Poudlard…Voldemort l’a fait, vois pas pourquoi ces crétins ne feraient pas de même…Voyons, ma chérie, tout le monde sait ça…même ceux qui n’y avons pas été…
 

Ce qui, soit dit en passant, ne lui pesait pas le moins du monde sur la conscience.  Une horloge, quelque part dans la maison, égrena les douze coups de minuit. La serrant contre lui comme s’il craignait de la perdre, Max embrassa son Ysaline. Pas de vœux de futur, cela semblait si incertain.
 
Je t’aime par-dessus tout, mon ange… Je ne sais pas combien de temps durera cette folie mais si tu es là, avec moi…on s’en sortira !
 
Les faits s’enchaînèrent rapidement, annonçant la couleur de ce qui suivrait. L’apparition de la Marque flottant sur divers endroits magiques du monde ne laissait place à aucune illusion. Cette fois, les forces du Mal n’allaient pas se contenter d’un petit bouleversement local. Le moment était venu de se montrer pragmatique. Il n’y eut pas d’hésitation à l’heure de prendre parti pour telle ou quelle faction. Michael, sans démontrer grand-émoi assura que rejoindre l’ennemi était sa seule option pour retrouver Alix. Davenport, de retour chez les Aurors en haut gradé lui fournit l’équipement nécessaire pour tout infiltré respectable et le vit partir en pinçant les lèvres, amer, avant de se tourner vers les autres en attendant qu’ils sautent sur leur patriotisme et se joignent aux forces de l’ordre. J.O lui fit plaisir, tandis que John, assurait avoir pour mission restructurer l’Ordre du Phénix. Erik, silencieux jusque-là, s’éclata en annonçant qu’il visait les Mangemorts pour la même raison que son demi-frère. Ainsi soit-il. Très peu probable que ces dames restent de bras croisés. Samantha s’unirait aux Aurors, sous les ordres de son mari. Opal, enragée de la décision de son chéri opta pour l’Ordre, tout comme Angel Westwood même enceinte jusqu’aux yeux. Megan, cela va de soi, suivrait John. Du coup, tous les regards convergèrent sur les Von Falkenberg qui avaient écouté sans piper mot.
 
Je pense à la population civile, se défendit Max, vertueux, oui…je sais que vous aussi…vous la défendez mais faut aussi l’alimenter et la soigner, non ?...Je ne vais pas intégrer l’Ordre et encore moins devenir Auror…Je vous assure que je suis beaucoup plus utile en m’occupant de la logistique et organisation que courant les rues pour trucider des Mangemorts…et Ysaline est et reste médecin, pas guerrier !
 

Tant pis si ça ne plaisait pas à tout le monde, en tout cas, le moment était malvenu pour atermoiements du genre qu’il soit.  Pour démontrer ses dires, Max étala une carte détaillée de l’enclave sorcière au Royaume-Uni et pointa son doigt sur les centres névralgiques.
 
Notre monde se targue d’être autonome, sans dépendance de celui moldu…mais que se passera t’il si on y ferme tout accès ? Pas d’entrée, pas de sortie ?...Oh, ils le feront, c’est la règle première de tout siège, je ne vous apprends rien…ben oui, c’est ça qu’ils sont en train de faire : nous assiéger, quoi d’autre ?...Oui, je sais, Justin, mon truc c’est l’humanitaire et justement pour ça j’en sais long sur la méthode pour soumette un peuple : isolement et famine. Rien de plus facile à convaincre qu’un estomac creux ! Et si nous voulons résister et vaincre, il faut pallier ces deux malheurs…Nous allons commencer par nous approvisionner à craquer, comme ça, les mesures ne nous prendront pas au dépourvu…après, on devra se débrouiller…et pour cela, je vais vous confier une paire de secrets…j’ai trouvé ça enfoui au fond d’un compartiment spécial à la bibliothèque de Stillworth House…
 
Nouvelle carte sur la première, beaucoup moins détaillée, elle ressemblait plutôt au parcours d’une énorme chasse au trésor.
 
Vous voyez ce pointillé…c’est un accès difficile, cette ligne définie : un tunnel. Cet ondulé : un lac , le double ondulé est une rivière…et tout cela est l’ensemble de passages secrets entre le monde moldu et celui sorcier. Cette carte a été établie par un de mes illustres ancêtres au 14ème siècle et depuis n’a été vue que par très peu de non appartenant à la famille, et encore là, la plupart n’en connait pas l’existence, j’en ai pris connaissance grâce à ma grand-tante et marraine…je pense que le moment propice pour s’en servir ne tardera pas !
 

Max mena sa campagne d’approvisionnement avec célérité et efficience, juste à temps. Le 20 Janvier, le Ministère tomba. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre semant la consternation et la peur, non sans raison. Le 21, la population sorcière se trouva face à toute les sorties de leur monde bloquées.
 
Le principe du piège, dit Max avec profonde amertume, ils sont partants pour toutes les exactions imaginables, sûrs de ne pas être arrêtés…
 
On était sans nouvelles directes des infiltrés, mais il y avait qui assurait que Michael avait pris part active à la prise du Ministère. Justin lui, en était convaincu, surtout que son pote de toute la vie avait rendue possible, par Merlin sait quels moyens détournés, la fuite du Ministre.
Une des premières mesures de coaction mises en vigueur fut celle d’interdire les soins à Ste. Mangouste à tout celui qui ne jurerait pas auparavant allégeance à la Cause.  La première mission de rescousse eut lieu la nuit, une tempête de neige facilitait les choses, peu étaient les Mangemorts à patrouiller par ce temps.
 
Mets quelque chose de bien chaud, on va se balader, ma chérie !, annonça Max apparaissant emmitouflé de sa cape de sorcier.
 
Ysaline n’hésita pas à le suivre. Ils quittèrent l’intérieur douillet pour se lancer à travers le parc couvert par une épaisse couche de poudreuse, résistant aux rafales de vent et neige. Parvenus au bois, la marche fut plus aisée.
 
On y est, dit-il en s’arrêtant face à un petit pavillon d’aspect délabré, avant on chassait dans le coin…Viens, attention, c’est plutôt vermoulu…Voilà, la porte est là !
 
Il écarta un tapis poussiéreux découvrant une large trappe qu’il souleva. Un escalier de pierre descendait vers les profondeurs sombres comme l’entrée de l’enfer. Ils descendirent lentement, éclairés par le puissant faisceau de la lampe électrique. Le tunnel était assez haut comme pour qu’il puisse y tenir debout sans se cogner le crâne contre le plafond de pierre et assez large comme pour permettre le passage de deux hommes côté à côté. C’était humide et glacial. Il prit la main d’Ysaline et ne la lâcha plus. Ils marchèrent assez longtemps, en silence, soucieux de ce qui pouvait les attendre de l’autre côté, mais comme prévu le mauvais temps jouait en leur faveur quand faisant glisser ce qui semblait un pan de mur solide, Max illumina un intérieur sinistre.
 
C’est un mausolée…on est dans la plus ancienne parcelle du cimetière…pas gai, mais personne ne songe à venir ici…il y a…Bonsoir, Lord Clementius, gardien des lieux…, salua t’il à l’apparition blême vêtue de la tunique des Templiers qui se dressait face à eux, nous ne faisons que passer…Voici le sceau qui prouve ma bonne foi…d’ores en avant, des amis viendront sans doute souvent pour venir en aide à ceux dans le besoin…
 
Hochement de tête, large geste de la main. Passage leur fut franchi et ils se retrouvèrent dehors.
 
C’est un de mes ancêtres coté Stillworth…un brave type, mort en 1300 et quelques…Ben oui, il hante les lieux et pauvre de celui qui n’a pas le sceau…d’où que personne ne s’aventure dans le coin…le vieux Clemens sait être très désagréable…
 

C’était un petit groupe. Deux jeunes couples avec des enfants. Une des femmes était enceinte et serrait contre elle une petite fille en pleurs. L’autre berçait un bambin aux joues rougies de fièvre qui toussait à fendre l’âme, tandis que deux mioches pas plus âgés que Louise s’accrochaient à ses jupes. Deux hommes, vraisemblablement leurs maris les accompagnaient. L’un d’eux avança vers Max, le semblant fermé de chagrin.
 
Ils nous ont mis à la porte…Ils voulaient…qu’on jure les servir…et ÇA…jamais…nous les Brewer ne nous soumettrons jamais…Emmenez les femmes, les enfants…Nous, mon frère et moi, on reste pour leur montrer qu’on n’est pas de lâches !
 

Cela vous honore, Mr. Brewer…ils seront à sauf, je vous le promets…qu’allez-vous faire ?
 
On rejoint la Résistance !
 
Max hocha la tête. Ysaline se penchait sur le petit malade pour lui administrer une potion qui le calma et fit de même avec la petite fille. Ce fut ce petit cortège qui se glissa à l’abri des ombres, alors que la tempête sifflait, jusqu’au domaine gardé par Lord Clementius Stillworth, Chevalier du Temple de son état et gardien du passage…
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Re: Under the dome

Message par Ysaline de Bettancourt le Sam Nov 08 2014, 12:55

Le mal était-il indéracinable ? Fallait croire que oui.  Leurs enfants bien à l’abri- ou au moins au plus sûr endroit connu – les époux Von Falkenberg allèrent à la source des nouvelles d’Angleterre sauf qu’ils se heurtèrent très vite à un mur d’opposition leur refoulant l’accès au Ministère.
Max suggéra de se rendre à leur clinique où un semblant de calme régnait. Semblant était le mot car un Asimov affolé les accueillit avec une joie non feinte :
 
C’est affreux…c’est fou…c’est inespéré…
 
La cata leur tomba dessus peu après cette emphase :
 
Vous ne savez donc pas ?...Mais alors…comment cela se fait que…ILS SONT DE RETOUR !!!... Ils sont là !
 
Ysaline, en bon toubib, possédait une remarquable déduction des faits à toute vitesse. 2 et 2 feraient toujours 4 et, même si la réalité faisait un mal de chien, il fallait accepter : Alex disait vrai.
Asimov les bombarda d’infos plus incroyables les unes que les autres dont deux en particulier :
 
On a l’un d’eux ici-même !...De Brent…il a la Marque et…aussi…on a su que sa femme a disparu…enlevée…

Inutile de se concerter, ils foncèrent au chevet de Michael avec probablement la même idée en tête sur les raison du rapt d’Alix. Mais Michael était sédaté :
 
*Sage précaution, jugea Ysaline*
 
En guise de réveillon de l’an neuf, les Von Falkenberg se retirèrent chez eux où le fidèle Lawton leur concocta un dîner qu’ils grignotèrent sans appétit tant la situation les tracassait.  
Max semblait à cran, sans doute se posait-il mille questions sur l’avenir, le leur, celui des sorciers. Bingo ! Il explosa soudain, avouant détester le monde de la magie.
 
…maintenant faut supposer qu’on s’attende que je m’y mette pour le défendre ! Qu’est-ce que je dois faire, à ton avis ? Dis-moi…parce que là, j’avoue que ça me dépasse…
 
Très posée, elle dit :
 
Tu feras ce que tu as toujours fait, mon chéri : le meilleur choix !
 
Plus tard, après des embrassades de minuit ressemblant plus à un réconfort mutuel aux angoisses qu’à des souhaits d’avenir, elle put débattre à loisir avec elle-même.  Elle rédigea des tonnes de paperasses à expédier via hiboux ou poste moldue. Son patronus vola vers l’Europe de l’Est ordonnant aux Von Falkenberg aînés de ne pas bouger quoiqu’ils entendent raconter. Elle donna de leurs nouvelles, rassura, évita de parler des Mangemorts.  
Elle connaissait Max par cœur, ne doutait pas. D’ailleurs, elle fut très fière de lui lorsqu’à la réunion du lendemain il osa parler de sa position personnelle :
 
Je ne vais pas intégrer l’Ordre et encore moins devenir Auror…
 
Il escomptait assurer la logistique, chose nécessaire, indispensable mais qu’il émît ensuite :
 
… et Ysaline est et reste médecin, pas guerrier !
 
Pas tort, mais zut,  de quel droit prenait-il position pour elle ?  
Tiens, fallait croire que chéri avait aussi réfléchi, voire était devenu stratège. Nul ne pouvait contredire ses vues pessimistes pleines de bon sens. Ne songeait-il pas à un blocus des alliés, à la famine pour amoindrir la résistance ?  
 
Nous allons commencer par nous approvisionner à craquer, comme ça, les mesures ne nous prendront pas au dépourvu…après, on devra se débrouiller…et pour cela, je vais vous confier une paire de secrets…
 
Et non des moindres ! Ysaline, pareille aux autres sinon plus, ouvrit des yeux ronds. Passages secrets, etc.
 
*Ben on est blindé, alors…*
 
On s’activa beaucoup après cette discussion. Les clans se formèrent. Michael, parti rejoindre les « siens » pour jouer auprès d’eux l’infiltré, fut bientôt suivi par son demi-frère, au grand dam de son australienne d’épouse. Ysaline ne chôma pas. Les contacts pris ne tardèrent pas à porter leurs fruits. Via John et J.O la grande Amérique du Nord fut tenue au courant et fournit bien des choses, ainsi que la France –sa patrie – l’Amérique du Sud, également, d’autres continents idem. Tous participaient car nul ne doutait être concerné avant peu.  
Le 20 janvier, alors qu’elle alignait les caisses réceptionnées dans leur cave agrandie secrètement, elle fut rappelée par une urgence :
 
*Bien choisi son moment pour accoucher, Angel !*  
 
Ce fut la seule bonne nouvelle de la journée car, avec effarement, ils apprirent la chute du ministère. Ça bardait partout en fait mais l’Angleterre jouissait d’un « soin » particulier semblait-il. Une sorte de mur infranchissable avait été créé, isolant les parts moldues et sorcières de la capitale.
Max la fit sortir par une nuit glaciale. Virée d’outre-tombe en quelque sorte puisqu’il la mena dans le fameux souterrain se trouvant sous un mausolée dédié à ses ancêtres. Rencontre désagréable au tournant :
 
Bonsoir, Lord Clementius, gardien des lieux… Voici le sceau qui prouve ma bonne foi…d’ores en avant, des amis viendront sans doute souvent pour venir en aide à ceux dans le besoin…
 
Le fantôme de l’ex-templier leur livra passage.  
Ils débarquèrent non loin du chemin de traverse qui était barricadé pour les non-adhérents au nouvel ordre en place. Soulager une famille rejetée plut à Ysaline ainsi que de l’évacuer à l’abri du Londres moldu encore intact.  
En fait, la résistance s’était mise en place rapidement et tout un réseau clandestin s’était ouvert sous terre puisque, en surface, plus rien de fonctionnait. Les passages habituels avaient été rendus hermétiques. Le chaudron baveur avait disparu, les hiboux se fracassaient les ailes contre un globe invisible. On évacuait les plus faibles, fournissait vivres et nourriture aux combattants de l’ombre. L’Ordre se révéla très précieux pour organiser la contre-offensive. À Poudlard, des cours très spéciaux se donnèrent par le jeune Potter et ses amis. Les Serpentards tièdes ou avérés pro-mangemorts s’éjectèrent. L’enseignement défensif et d’attaque progressa mais peu de résultats encore. Chose regrettable, la majorité des écoles sorcières à travers le monde fut bientôt sous contrôle ennemi.  Seuls Salem et Beauxbâtons résistaient.
Que des moldus détraqués enveniment les choses n’arrangea rien, que du contraire.  Des vagues folles de terrorisme sauvage se déclenchèrent partout. Les plus anciens citoyens anglais comparèrent bientôt l’atmosphère de la capitale à celle connue lors de la seconde guerre mondiale. Couvre-feu, sirènes d’alertes à la bombe, magasins dévalisés, vandalismes, agressions…   
Lorsque début février les sorciers hors du globe apprirent via le réseau des DDS ( défense des sorciers) que des moldus attaquaient ceux de l’intérieur, on paniqua un peu, cafouilla.
 
Ysaline n’était pas fatiguée malgré une journée de 20 heures non-stop entre ste Mangouste – visitée grâce à un souterrain révélé tardivement par Asimov – et La Stillworth s’clinical. Il était Deux heures du matin, Max lui manquait. Rentrée par le transplanage toujours efficace de ce côté, elle évita les barrages routiers et les postes de contrôles.  
Qu’est-ce que cette grande maison résonnait vide sans les gosses ! Cœur et jambes lourdes des peines de la séparation, elle ne s’étonna pas moins de voir encore la cuisine éclairée. Baguette brandie par prudence, elle avança puis la rabaissa en souriant de soulagement :
 
Ah, tu es là ? Je te pensais endormi *Quelque part…*
 
Les Von Falkenberg se voyaient peu ces jours-ci et toujours en coup de vent. Rares étaient les nuits partagées tant ils étaient affairés.
Sombre, Max la regarda à peine, replongeant dans un bol de soupe instantanée qu’il avait chauffé.
 
Tu veux que je te prépare quelque chose du plus consistant ? On a de quoi, tu sais…
 
La négation la fouetta telle une baffe. Il voulait surtout connaître ce qu’elle trafiquait de ses journées :
 
… ben, tu le sais, je soigne, j’opère, je…
 
Elle baissa le nez sous l’accusation suivante mais releva vite le menton :
 
… Oui, je participe aussi à des réunions, et alors ?... me battre ? Voyons, mon chéri, je ne tue pas les gens, j’aide tout le monde…
 
Mais, sans se départir de sa fureur à peine contenue, Max exigea qu’elle lui parle de leur cave.
 
*Zut !*
 
Elle s’assit calmement, se servit un double scotch qu’elle avala d’un trait avant de s’en verser un second qu’une main ferme l’empêcha de vider. Des éclairs fusèrent dans les regards échangés. Elle siffla :
 
Quel besoin avais-tu d’aller fouiller là-dedans ?
 
Par hasard, cherchant un remontant, il avait découvert la cache dans la cave.
Les reproches éclatèrent, elle ne répliqua pas de suite. Lorsque la poigne la libéra, elle enfila son verre, le reposa et avoua :
 
Oui, j’entretiens un réseau très particulier… Tu as vu le contenu des cartons, non ?... Ben oui, des médicaments tant sorciers que moldus, des lots de baguettes neuves, des vivres… Ah, les jouets ?
 
Elle rigola, ce qui ne plut pas à Monsieur croyant qu’elle se fichait de sa poire.
 
Viens plutôt avec moi. Une démonstration s’impose…
 
La cave s’éclaira. Au moins Max n’avait rien bousillé, tout était rigoureusement en place.  
Décidée, Ysaline alla prélever un paquet long, large et plat. Elle en souleva le couvercle. Apparurent plein de figurines plastifiées de petits soldats. Les sujets représentés portaient les équipements adéquats à la bagarre, notamment des armes.
Max se moqua, elle lui rendit la pareille :
 
Tu n’as encore rien vu !
 
Elle alla déballer une autre boîte qui contenait plein de minuscules fusils, pistolets, grenades, etc :
 
Choisis-en un, s’il te plait.
 
 Intrigué malgré tout, Max s’exécuta et dès l’objet en main, il connut la plus grande surprise de sa vie car, après un coup de baguette d’Ysaline, il se retrouva avec un splendide M16 prêt à fonctionner.  
 
… Je ne suis pas folle, Max ! Dans notre cave, il y a tout un arsenal miniaturisé allant du pistolet aux blindés en passant par trois corps d’armée tant de l’air que de terre. ILS NE GAGNERONT PAS !! Même si je répugne à utiliser ça, s’il le faut, ça sera !  

Vu les événements récents avec l’introduction d’armes automatiques contre les sorciers, les passages secrets véhiculèrent bien des choses…
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Re: Under the dome

Message par Max Von Falkenberg le Lun Nov 17 2014, 22:09

Depuis un certain temps, en se levant les matins, au cas d’avoir eu l’occasion de se coucher la veille, Max ne se trouvait plus l’esprit de penser au privilège de vivre et être heureux.
Son existence, désormais, se limitait à se démener comme un dingue, à passer des heures scotché au téléphone à discuter avec les fournisseurs ou à leur courir après au besoin. Des listes interminables de provisions, médicaments ou tout autre chose dont dépendait la survie, se succédaient inlassablement. À peine avait t’il fini avec l’une qu’une autre, plus nourrie encore, arrivait. 
On faisait régulièrement la navette pour ravitailler les piégés sous le dôme infâme mais cela ne semblait jamais suffisant pour subvenir à tous les besoins.  Et il fallait aussi s’occuper de ceux qu’on évacuait.
 
*Mine de rien…encore un camp de réfugiés…ta vocation, mon pote !*
 
Loger, nourrir, soigner et s’occuper d’eux par la suite. On ne déracine pas un sorcier pur et dur pour le planter en plein monde moldu avec l’espoir que tout sera un conte de fées. Il fallait gérer peur, dépaysement, curiosité et autres avatars plus ou moins pointus qui en d’autres circonstances l’auraient peut-être fait rire, ce qui n’était plus le cas.
Et si ce n’avait été que ça !  Pendant des siècles, les gardiens des passages n’avaient eu que  d’occasionnelles visites, la plupart des fois de quelque malheureux qui n’avait pas la moindre idée d’où il était tombé. Affaire rapidement expédiée, intrus dûment épouvanté et les esprits avaient la paix. La réactivation massive du réseau  n’était pas pour plaire à tous et si bien rodés à tout avatar de la vie ou la mort, les fantômes se révélaient pointilleux et décidément difficiles à vivre, comme Max en fit l’expérience, bien à ses dépens.  Lord Clementius en tant qu’aïeul du perturbateur de service, se chargea de lui faire part du mécontentement et ne trouva mieux que se pointer un soir, alors que Max claqué après une journée de fous, se séchait après quelques bienfaisantes minutes sous la douche, manquant de peu de lui provoquer un arrêt cardiaque.
 
Non mais, ça va pas !? On peut pas se pointer chez les gens comme ça !!!
 

Je te rappelle, mon garçon, que je suis un esprit, je vais et viens à ma guise ! Et là, je viens dans l’intention de parler sérieusement avec toi !
 

Ah bon ? Et ça pouvait pas attendre ? Je te fais remarquer que je sors de la douche, suis à poil et ça me met de mauvaise humeur, ce genre d’attentat contre ma vie privée.

Allez…suis mort et fais pas tant de chichis…et puis en tant qu’esprit, ma conscience du temps est disons…floue, dit-il, malicieux avant d’ajouter, plus composé,  les autres sont pas contents !
 

S’en suivit une mise à jour très claire. Les esprits gardiens des passages n’entendaient pas être dérangés à tout va chaque fois qu’un groupe clandestin voulait aller d’un côté à l’autre.
 
Ça va, ça vient…c’est la foire…un vrai bordel !
 
Serviette autour des reins, Max ne put que prendre son mal en patience et subir les remontrances de l’aïeul, tout en plaçant, dès qu’il lui en laissait l’opportunité, ses raisons.
 
La guerre…mauvaise chose, soupira Lord Clementius, je ferai part de tes soucis aux autres…mais t’étonne pas s’ils viennent se plaindre personnellement…ça leur fait plaisir !
 

En fait, cela ne semblait pas seulement leur faire plaisir, ils en raffolaient de venir lui rendre visite quand bon leur semblait. Pas toujours au meilleur moment, cela va de soi ! Ils se manifestaient sans aucun égard pour ses occupations ou le fait qu’il soit en compagnie d’autres personnes ou encore qu’il se trouve sous la douche.
La situation générale s’était détériorée et à travers le monde la recrudescence de la violence se faisait sentir à tout niveau. Émeutes, incendies, pillage étaient à l’ordre du jour partout dans le monde, suivirent des attentats, des coups d’état dans les pays les plus faibles. Le Chaos s’instaurait et la vie devenait partout difficile.
Max essayait de joindre les deux bouts mais cela prenait des allures de torture de Sisyphe. Sitôt entrevue une solution par ci, ça dégringolait par là. Il était fatigué, souvent à bout de forces, de patience, d’espoir. Sa femme, ses enfants lui manquaient. Un semblant de vie lui faisait défaut. Des amis, il n’avait que des rares nouvelles, s’ils se réunissaient, c’était sans lui, qui passait le clair de son temps claquemuré dans ses  responsabilités qui croissaient exponentiellement, ou battant la campagne à la recherche de ressources.

Il était tard, très tard quand enfin, après trois jours, ou peut-être quatre, Max rentra chez lui. La maison était plongée dans les ténèbres. Pas trace de Lawton ni personne d’autre. D’Ysaline encore moins. À son retour d’un voyage éclair à Berlin, il était passé à la Clinique pour la chercher mais on lui avait dit que cela faisait des heures que sa femme chérie était partie. Morose, fatigué et affamé, il avait fait le tour des placards et du frigo dans l’espoir de trouver quelque chose de prêt à manger. Rien. Dépité il pensa que boire un coup, lui remonterait un peu le moral mais le bar était vide. Il descendit à la cave chercher une bouteille. Là, la surprise le cloua pratiquement sur place. Autant qu’il s’en souvenait leur cave n’était pas si vaste ni était remplie de caisses. Pas des simples boîtes en carton mais des vraies caisses en bois portant des sigles qui sans être inconnus n’expliquaient pas plus la présence de ce matos.  Le contenu le laissa perplexe et fit augmenter d’un cran son énervement.
 
*Va falloir une bonne explication, là ! *
 
Ce qu’il était allé chercher trouvé, Max remonta à la cuisine déserte et s’enfila un scotch pur sans ciller puis s’occupa à préparer une soupe instantanée, son piètre talent de cuistot ne donnant pas pour plus.
 
Ah, tu es là ? Je te pensais endormi.
 
Il avait entendu la porte, puis ses pas mais leva à peine le nez de son bol de soupe, sans rien dire.

Tu veux que je te prépare quelque chose du plus consistant ? On a de quoi, tu sais…
 
Max retint mal une moue rageuse et avala une nouvelle cuillerée de soupe qui lui sut à fiel.
 
*Ouais…pour avoir on en a, pas à dire !* Non, ça me suffit comme ça !, mai repoussa le bol, agacé pour la dévisager, enfin, raconte plutôt ce que tu fais de tes jours !
 
Bien entendu, elle maintint mordicus que cela se passait entre soins et opérations, il n’en fallait pas moins pour faire démarrer la conversation, qui, comme on pouvait s’y attendre, s’envenima gentiment et prit un tournant algide quand Madame avoua, sans contrition, assister à certaines réunions.
 
Quel dévouement ! Tes moments perdus, tu les emploies à quoi ? À battre la campagne en tuant des Mangemorts !?
 

Voyons, mon chéri, je ne tue pas les gens, j’aide tout le monde…, clama t’elle, criante d’innocence mal perçue.  
 
Ouais…bien sûr…tant que tu y es…fais-moi un petit briefing sur ta caverne d’Ali Baba !
 
Elle tiqua à peine en prenant place face à lui et se servant un scotch enfilé sans respirer, quitte à renouveler la dose mais il l’arrêta, sec.
 
Tu parles d’abord, tu te soûles après !
 
Quel besoin avais-tu d’aller fouiller là-dedans ?

 
Non mais, franchement, c’est le comble…suis chez moi, non ? C’est mon bon droit, il me semble, que savoir ce qu’on fout chez moi dès que j’ai le dos tourné ! Parce qu’évidemment t’es pas seule dans la magouille…
 

J’entretiens un réseau très particulier !
 
Tant d’aplomb était déjà un peu de trop pour son humeur en vadrouille.
 
Madame entretien un réseau…et Madame comptait le raconter un jour à son imbécile de mari, ou ça pouvait encore attendre ?
 
Il se doutait bien de ce qui s’en suivrait. C’était toujours pareil avec Ysaline. Elle faisait ce qui lui passait par la tête, défendait son point de vue en prétendant que son égo trop sensible était incapable de supporter qu’on le laisse dans l’ignorance, (ce qui était bien le cas en ce moment), qu’il aimait toujours contrôler la situation et prenait vite ombrage quand on menaçait sa suprématie.
C’était possible qu’elle n’eut pas tout à fait tort mais Max n’était pas trop disposé à la laisser noyer le poisson si facilement mais pour alors sa chère et tendre l’invitait à la suivre à la cave de la discorde et lui faisait découvrir quelques trucs de ouf qui eurent l’heur de le surprendre, sans rien arranger à sa mauvaise humeur. Très sûre de son coup, elle passa en revue l’arsenal dément si bien dissimulé et non contente de cela, lâcha un petit discours vibrant de ferveur, appelé sans doute à éveiller, chez lui, quelque fibre d’esprit guerrier.
 
Tu as fini ?...on dirait un pamphlet de propagande…j’ai pigé…tu as pleinement saisi la notion de guerre totale et définitive…Tu as pris ta décision, te fous de la mienne et feras ce qui te semblera bon…Très concluant !  Je suis quand même déçu de ton manque de confiance *Ou plutôt devrais-je dire de cet abus de confiance !*...Tu veux faire partie de l’Ordre ? Vas-y, te gêne pas… Tu veux prouver Dieu sait quoi ? Ton problème…mais la prochaine fois que jugeras bon transformer notre maison en dépôt clandestin, s’il te plait fais-moi s’en part, ce serait sympa !
 

Il posa le fusil-mitrailleur sur la caisse et attendit qu’elle le rende à son état initial, puis la suivit en silence, de retour à la cuisine. Envoyant au diable ses bonnes habitudes, il se servit un scotch bien tassé et fit de même pour elle.
 
À la victoire !, dit-il sans pouvoir empêcher le fond d’amertume qui perça alors qu’il pensait plutôt à la fin du monde.
 
Pour des gentilles retrouvailles c’était fichu, la conversation était en point mort, alors ils finirent leur boisson et allèrent dormir. De tacite accord, ils se tournèrent le dos et passèrent  ce qui restait de la nuit à broyer du noir, chacun de son côté.
 
Max ne redescendit plus à la cave, ni posa de questions. Si Ysaline voulait raconter ce qui se passait chez l’Ordre, elle le faisait, si non, il ne démontrait le moindre intérêt. S’il savait que le chargement s’écoulait, c’était parce que le réseau fantôme ne manquait pas de l’en informer. Il se révélait être une précieuse source d’information, ce réseau-là. D’abord réticents à l’idée, ils s’adonnèrent prestement à l’observation intense des faits et gestes de l’Ennemi. Leurs notions de situation géographique étaient à la mesure de leur siècle quand le GPS et les données exactes ne songeaient pas à exister. Il fallait se contenter de descriptions approximatives, de repères surannés mais cahin-caha on arrivait à situer un ou tel endroit. L’incartabilité ne représentait pas un problème, ils allaient, venaient, traversaient murs apparents ou invisibles et avaient établi, un réseau de communication infaillible, après tout, compte tenu de sa réputation, le Royaume Uni était champion en question fantômes.
Des rapports détaillés étaient retransmis aux parties intéressées pour qu’elles agissent en conséquence, et Max se limitait d’assurer tenir l’information de source parfaitement fiable. Apparemment, son apport fut de quelque aide, si on en croyait aux énergiques actions de la Résistance.
 
La semaine avait été exténuante du côté moldu, les émeutes qui avaient agité les principales villes anglaises, muèrent en question d’heures en révolte sanglante. Les images d’horreur qui leur étaient parvenues d’autres pays se répétaient en live presque au pas de leur porte. La protection de la Clinique était assurée par un détachement  de gardiens privés armés jusqu’aux dents avec le modeste appui de deux patrouilles de la Police.  Mais en apprenant qu’une horde d’exaltés, armés et décidés à semer la terreur, avait fait irruption dans leur quartier,  Max abandonna son bureau et trasplana chez lui, décidé à défendre son fief. Les voisins, habituellement si calmes, avaient eu la même idée et si les vandales de services crurent en faire une bouchée de ce beau quartier tranquille, ils furent servis. Quand la Police, dépassée de partout, se présenta, les voisins tranquilles se félicitaient d’avoir mis l’ennemi en déroute en sachant que, si les choses continuaient comme ça, ce n’était pas la dernière fois qu’ils devraient faire usage de leurs carabines de chasse.

Entre toutes ces misères, celle qui sans doute agaçait le plus Max, mis à part les cachotteries de sa femme, était l’irrégularité du service électrique et les pannes continuelles d’internet.  Toute communication avec l’étranger devenait challenge et le téléphone jouait des mauvais tours aussi.  Malgré tout, il réussit à avoir des nouvelles de son père, au moins de son coin de monde isolé, Karl Theodor ne reportait que des histoires réjouissantes : les enfants allaient bien, Christopher poussait à vue d’œil et avait commencé à parler. Le fils de J.O et Angel était un petit ange que tous adoraient. Tout le monde allait bien mais se faisait du souci pour eux. Max se limita à donner un léger aperçu de la situation, son père comprit.
En Afrique, le panorama était bien moins engageant. Là, il ne suffisait que d’une étincelle pour que la violence se propage comme feu de brousse. Lev se voulait tranquille mais Max le devina plutôt affolé et ne pouvant rien faire d’autre pour le moment que lui recommanda de rester calme mais prévoyant. Lev comprit, aussi.
Ce qui le fit carrément disjoncter fut le message de sa sœur  aînée, exigeant de lui qu’il retourne en Allemagne pour, mots textuels, défendre sa famille. Malchance pour Barbara, le téléphone fonctionna à la perfection et Max put lui dire de vive voix, et de fort mauvaise façon,  qu’elle n’avait qu’à demander le service à son crétin de mari ou à ses beaux-frères, qui pour les effets, squattaient tous avec leurs familles, le manoir familial. Barbara, elle, ne comprit rien.

Les nouvelles parvenues de l’autre côté, par d’autres sources que les fantômes de Max, étaient inquiétantes et comme toute affaire impliquant des mages noirs, mystérieuses. On parlait d’une constellation de Maîtres,  au lieu d’un seul, des mystifications sur un certain Reliquat dont personne ne savait rien et d’un mariage prompt à se célébrer. On apprit, sur le tard, que la mariée n’était autre qu’Alix De Brent, unie par les sacrés liens du mariage sorcier à personne d’autre que le Grand Manitou en faction.
Peu après, en une action de grand éclat, la Résistance reconquit le Ministère. Enfin, mit en cavale les Mangemorts investis en maîtres des lieux et réduisit les lieux à un tas de ruines fumantes, ce qui, en plein cœur du Londres moldu, ne manqua de susciter bien d’émois, surtout que beaucoup assuraient avoir vu un dragon crachant du feu.
 
*Foutu pour la discrétion !*
 
Heureusement, façon de dire, l’attention générale était trop prise par d’autres événements nettement moldus. Des bombes explosant simultanément au Parlement et à Picadilly suffisaient pour détourner l’attention de quiconque sur l’existence d’un hypothétique dragon.
Parfois dans la vie, il suffit de se trouver au mauvais endroit, au mauvais moment. Max  quittait l’ambassade du Japon quand la bombe explosa. La force de la déflagration projeta sa voiture contre les grilles et il y resta coincé, parfaitement conscient de ce qui se déroulait autour de lui. Une scène dantesque. Il n’avait qu’une vision restreinte et le sang coulant de sa tête, l’aveuglait à moitié, mais il s’arrangea pour sortir de là, juste pour découvrir avoir du mal à tenir debout. La tête commençait à lui tourner bellement quand une femme  s’approcha pour le retenir et le faire asseoir sur le bord du trottoir.
 
Les secours sont en route…ne bougez pas…tenez, elle enleva son foulard de soie, en fit une compresse et la posant sur sa tête lui recommanda de la retenir fermement, tout va aller bien…
 
À comprendre qu’on pouvait s’attendre au pire. Max ne le savait pas encore, mais une blessure béante sur son crâne le faisait sembler presque à un scalpé. Il voulut remercier la bonne âme mais pas un mot ne franchit de ses lèvres alors qu’il se sentait basculer doucement vers le noir.
Quelques minutes après l’explosion, les premiers secours arrivèrent sur place, au milieu d’une pagaille monstre. Des gens éperdus hurlaient en demandant de l’aide, des blessés, des morts jonchaient rue et trottoirs.
Max évanoui, gisait près de sa voiture, sa blessure saignait mais la compresse de fortune aidant on le jugea hors danger immédiat, le secouriste qui l’examina chercha son portefeuille pour l’identifier mais juste à cet instant on requit son aide pour un cas beaucoup plus urgent, d’un geste mécanique il mit le portefeuille dans sa poche et alla s’occuper d’un blessé grave. En attendant, d’autres secouristes entrèrent en jeu, remarquèrent le grand blond dans les vapes et l’embarquèrent illico, pour se rendre compte, bien plus tard, qu’il n’avait aucune identification sur lui. Tant qu’à faire aux Urgences d’un hôpital londonien, l’inconnu X toujours inconscient fut passé au scanner  qui révéla une fracture de crâne grave. Il était dans le coma mais pour le moment, le service était trop dépassé comme pour songer à lancer un avis d’identification…

Le printemps était décidément dans l’air, au-delà du Dôme…
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Re: Under the dome

Message par Ysaline de Bettancourt le Lun Nov 24 2014, 11:28

Vivre avec Max n’avait jamais été évident sauf en Afrique, quand ils partageaient les mêmes aspirations. Avec le retour en Angleterre, les choses avaient souvent failli déraper entre eux mais, depuis le début de la guerre – car c’en était une – le fossé qui se creusait déjà avait augmenté.
Si elle avait cru qu’il pigerait le pourquoi de ses cachoteries et leurs aboutissements, Ysaline se trompa. Max lui en voulait. De quoi exactement, impossible de le savoir quand Monsieur tirait la gueule, sauf qu’il avait sa façon bien à lui de le faire sentir.  Il ne cherchait même pas à capter, il se murait dans un silence vexé qu’aucun geste ou parole ne pouvait briser.  
Loin d’arranger l’humeur d’Ysaline, cette attitude bornée l’énerva davantage. Résultat : son hyperactivité ne connut aucun repos.  D’un côté, tant mieux ! Ça lui évitait de trop se pencher sur ses soucis personnels tant il y en avait ailleurs.
Passer des armes en douce était une chose qui s’avéra de plus en plus périlleuse car les fantômes, parfois farfelus gardiens des lieux souterrains – devenaient facétieux.
Sam identifia plusieurs boyaux pouvant relier les leurs et ceux de manoirs jugés très suspects. Elle se chargea de les bloquer de façon irréversible, bien fait !  
Une semaine de pure galère. Il lui fallait être partout à la fois et Max lui tirait toujours la gueule. Les Von Falkenberg n’échangeaient que des banalités, le fossé se transformait en gouffre. De ce qu’il fabriquait réellement, elle n’en savait rien et puisque Monsieur se fichait de ce qu’elle-même faisait, on campa sur ses positions.  Leurs rares échanges se limitèrent à parler des enfants qu’ils ne parvenaient pas toujours à contacter ensemble ni via les voies moldues de plus en plus souvent aléatoires.  
Au tout début d’avril, L’Ordre dut faire des recherches approfondies sur des frères aux noms évocateurs d’une constellation de l’hémisphère sud.
 
*Le Sud voudrait régner sur le Nord ? *
 
Michael qui, grâce à Dieu, était intact et œuvrait en sous-marin avait transmis des trucs utiles à la résistance.  Mais le 5 avril nul n’avait vu arriver les attentats de Londres.  
 
En plein Piccadilly Circus ? s’épouvanta-t-elle devant le flot de blessés débarquant à la clinique.
 
Recoudre, réparer, régénération sanguine à foison. Angel fut réquisitionnée illico, on manquait de tout, la panique gagnait du terrain.  
Elle en rata ses passages à la maison, le boire et le manger. Juste le temps d’aller voir John qui se remettait d’une curieuse désartibulation sur les raisons de laquelle elle ne s’attarda pas trop prises de partout.
Enfin, le 6 au soir, elle put faire un saut chez elle. Manifestement, Max n’était pas rentré ni ce jour-là, ni les précédents. Pas de vêtements sales, casseroles, bols, draps utilisés : rien ne signalait son passage. Elle fronça les sourcils, vérifia son portable, sa messagerie : rien ! 
 
*Vu les coupures… *
 
Elle s’inquiéta à peine mais, à partir de ce moment, Ysaline surveilla courriers, médias, tout ce qu’elle pouvait.  Son faucon, expédié en dernier recours le 7, ne lui renvoya rien.  
 
¨Pas normal, ça ! On ne disparaît pas ainsi, sans traces… sans un mot…*
 
Quoiqu’elle ait fait qui fâche Max, elle ne méritait pas un traitement pareil !  
Le téléphone disjonctait, de plus elle manquait de temps pour sillonner elle-même les commissariats et hôpitaux. Les quelques contacts possibles l’avaient envoyé balader ; autres chats à fouetter. Puis, ça la prit d’un coup, sans avertissement. L’excès de tensions des derniers jours, les angoisses, l’hyperactivité l’expédièrent dans les limbes.  
 
Eh bien, soupira l’agent Parker devant la montagne de carcasses de véhicules endommagés à la casse, ça va en faire du boulot !
 
On a déjà pu localiser la majorité des conducteurs lésés, répondit l’employé en lui donnant la liste des plaques d’immatriculation des voitures broyées dans la fuite de gaz à Piccadilly. Il y a des abonnés absents. À vous de jouer.
 
*Fuite de gaz, mon œil ! * songea Parker en examinant une dizaine de noms sans réactions.
 
Le gouvernement taisait des trucs, il en était certain. C’est pas à un vieux briscard de son acabit qu’on allait la faire.  Ouais, ses potes se foutaient de sa poire, le prenaient pour un ramolli du cerveau qui voit des complots, des terroristes partout.  Proche de la soixantaine, on l’avait jugé inapte au terrain et relégué à de l’administratif. N’empêche que son flair demeurait intact, ses instincts aussi. Ce qu’il pressentait ne disait rien qui vaille.  Là, de suite, il entreprit des vérifications d’identité.  
Fichu téléphone ! Plus rien n’allait droit depuis quelques temps. Est-ce qu’il était seul à le remarquer ?  En voiture, il alla personnellement visiter les propriétaires des véhicules non réclamés.  
 

Mrs. Jones, bonjour, Je suis l’agent Parker des accidents routiers. Nos services ont signalé que…
 
La dame dans la trentaine portait un bras en écharpe. Ses traits devinrent douloureux à l’évocation de son accident.
 
Vous allez bien ?...
 
Excusez-moi, je suis perturbée depuis… ça !  Faites ce que vous voulez de l’épave, je ne veux plus en entendre parler.
 
Clac, porte au nez.  
 
Fréquemment, Parker eut droit au même accueil. Il n’en voulait pas à ces gens traumatisés, sauf que son boulot n’avançait pas. Néanmoins, il râla ferme quand chez trois candidats accidentés il ne fut pas reçu du tout.  Il laissa sa carte avec des instructions à suivre pour récupérer la dépouille, exécuter les démarches aux assurances.  
 
Linda Balfour, lingère de son état, était employée par une grosse teinturerie qui traitait avec beaucoup de services municipaux.  Le 6 au matin, son travail fut atroce.  Certes, elle était habituée à ce que les secouristes se tachent mais…  Comme plusieurs de ses collègues gantées, elle en vida des poches d’uniformes souillés de sang, ou autre.  On avait beau répéter les consignes, c’est fou le nombre de gens qui laissaient des trucs dans leurs vêtements.  Pas de souci, le  tri était sélectif. Le moindre objet serait placé dans un sachet étiqueté au nom du possesseur du badge affiché.  Tout y passait, du moindre mouchoir en papier jusqu’au portefeuille en passant par la monnaie ou le trombone. L’ambulancier Victor Helms en avait omis des choses !  L’uniforme vidé rejoignit ses camarades infortune, le sachet la filière prévue.  
 
Beaucoup moins rigoureux que sa collègue, Peter Watts aimait regarder le contenu des sachets à acheminer aux propriétaires. Tiens, un portefeuille… D’après la fiche dûment remplie, celui-ci devait   appartenir à Clarence Hopkins. Un œil à gauche, un à droite, correction d’étiquette signalétique, et hop, en poche. Plus tard, dans son appart, Peter dénombra sa manne du jour auprès de quelques étourdis. Parfois, un bijou le comblait, un lard-feuille aussi. Là, un peu de monnaie, pas de quoi jubiler. Par contre, quand il ouvrit l’unique portefeuille de son larcin, il tiqua :
 
C’est pas celui du destinataire… Bah, un boche, bien fait pour lui !  
 
Wow, cartes de crédits, biftons à gogo ! Finalement, la journée avait été très fructueuse.
En allant au boulot, il jeta le portefeuille dépouillé dans la première poubelle à portée.  
 
Des clochards consciencieux, oui ça existe. Frankie Burton était de ceux-là. Pas de sa faute si la boîte qui l’employait avait baissé le rideau. 5 ans de manches mais encore des réflexes de bons citoyens. Il fit donc acte de civisme lorsqu’il pêcha au fond de la benne un bel étui en cuir noir. Il regarda et sut qu’un certain Maximilian Benedikt Von Falkenberg avait été dépouillé. Rapporter l’objet lui vaudrait bien une pièce, non ? Fallait survivre en ces temps de plus en plus durs.    
Misère, le gars n’habitait pas dans le coin, m’enfin… les clochards ayant plus d’un tour dans leur sac pour circuler, il emprunta gratos divers transports et se retrouva devant une très chouette bicoque d’un quartier isolé des richards.  
 
*Peut-être un jour de chance ?*
 
Il sonna, re sonna longuement, nul n’ouvrit. Pourtant un véhicule stationnait dans l’allée du garage…
Hésitant, ne voulant pas que l’on imagine une tentative d’effraction, il fit prudemment le tour en tentant de voir à l’intérieur. En tout cas ces gens-là vivaient plus que bien, sauf qu’aucun n’était là, zut !
Glissé à l’arrière, il eut une œil sur la cuisine des Von Falkenberg. Là, il demeura stupéfait car, à n’en pas douter, une femme gisait sur le sol carrelé. Pas de sang autour, ouf. Il aurait pu fuir à toutes jambes mais… Il commença à appeler en frappant doucement la vitre :
 
Madame, madame ! Eh, oh ! Vous entendez ?
 
Aucune réaction de l’autre côté. Cris et coups devinent plus puissants et, sans qu’il le veuille, un carreau se brisa. À la guerre comme à la guerre, il passa son bras par la brèche, fit tourner le loquet et entra.  
 
*T’es bon pour la taule, Frankie… *
 
Geste idiot ? Il ôta son bonnet en s’approchant du corps inerte, face contre terre. Ouf, la femme respirait.  
Se dandinant d’un pied sur l’autre, il osa encore :
 
Madame… ça va, madame ?
 
 Tout son être lui hurlait de foutre le camp mais si Frankie avait des défauts, il ne savait pas résister à la détresse humaine.  Alors, il s’accroupit et retourna le corps glacé mais pas rigide.  La dame n’était pas morte, au moins ça. On aurait dit qu’elle… dormait.  L’avait-on chloroformée ? Aucun signe d’effraction, de lutte nulle part, tout était ordonné. Il secoua un peu, puis beaucoup la belle au bois avant d’employer les grands moyens. Là, des verres, là les robinets.  Sous la douche forcée, Ysaline sursauta violemment.  Déjà, Frankie battait en retraite quand :
 
Hey ! Filez pas ainsi… qui… êtes-vous ? Que faites-vous ci… ? Suis là depuis quand ?  
 
Il fit face à la belle jeune femme paumée qui, lentement s’épongeait la tronche en se redressant difficilement. Il accourut l’aider à tenir debout jusqu’au premier siège disponible et emplit une autre verre d’eau tandis, elle se frictionnait les membres, perdue.
 
Je suis Frankie, Frankie Burton, m’dame. Je ne voulais pas casser votre carreau. J’ai eu peur en vous voyant par terre.  S’il vous plait, n’appelez pas les flics, je disparais. Buvez, ça fera du bien.
 
Ysaline avala goulûment d’un trait.
 
Merci ! dit-elle avant que l’autre ne déguerpisse. Je suis Ysaline Von Falkenberg. Puis-je savoir ce que… ?
 
Je venais faire ? Ben… juste rapporter ceci. Attention, moi, je n’ai fait que le trouver dans une poubelle et l’ai ramené…  
 
Elle pâlit affreusement. Le portefeuille était celui de Max, pas besoin de l’ouvrir pour l’identifier. Ses sens revenaient mais, avant tout, elle posa une question qui pouvait sembler complètement idiote :
 
Quel jour sommes-nous ?   
 
Ben, madame, on est le 10 avril…
 
Choc ! 4 jours dans les vapes ? Ça ne lui était jamais arrivé aussi longtemps, cette narcolepsie maudite.
Elle calma la nervosité montante en inspirant et respirant avec ampleur :
 
Dites-moi tout. Où, quand, comment cet objet est-il venu entre vos mains ?
 
Elle enregistra les informations, en notant quelques-unes par sécurité, puis dit :
 
Vous ignorez à quel point vous me soulagez Mr. Burton. Mettez-vous à l’aise, nous allons manger.
 
Pour se régaler, le clochard se délecta même s’il pensait que la « patronne » de l’auberge était givrée.  À l’en croire, elle avait roupillé plusieurs jours couchée par terre, était toubib, et sans nouvelles de son mari depuis autant.  
 
Surtout ne bougez pas, servez-vous à nouveau, je monte me changer puis nous y allons.
 
Y aller ? Mais où ? Bah, pas tous les jours que l’on mangeait gratos.  
Fraîche comme un gardon, élégante, Ysaline enfila son manteau et l’entraîna vers sa voiture. Il hésita à se poser sur le cuir des sièges.
 
Faites pas le difficile, Frankie, vous n’imaginez pas sur quoi j’ai déjà dû m’asseoir.
 
 Direction : la police.
Le teint du clochard vira au gris :
 
Mais m’dame…
 
Pas de souci, vous êtes un témoin Mr. Burton. Nul ne vous causera d’ennuis, que du contraire.  
 
L’agent de faction en avait déjà vu, des furies. Celle-là valait le détour. Bien roulée, même si flanquée d’un personnage douteux, on ne pouvait douter que la petite Miss savait ce qu’elle voulait.  
 
Je suis le Docteur Ysaline Von Falkenberg. J’ai signalé la disparition de mon époux, il y a des jours. On vient de me rapporter ses documents d’identité découverts par Mr. Burton dans une poubelle de Soho.  Il aura été agressé, que sais-je. Et où est sa voiture ? J’avais donné son immatriculation au cas où on l’aurait signalée trouvée…  
 
Docteur, nous sommes submergés, et…
 
M’en parlez pas ! Ecoutez, je suis quasi certaine que l’accident de Piccadilly et la disparition de mon mari coïncident. Vérifiez !
 
L’employé suait à grosses gouttes. Mais aux mots accidents, il eut une étincelle d’intelligence :
 
Les accidents de la route, c’est Parker que vous devez voir.
 
Adresse en poche, le drôle de couple fila encore.  
Frankie était gris de trouille. Il était tombé sur une folle à lier. Pourquoi l’entraînait-elle là-dedans ? Cramponné à la poignée de la portière, il pria en silence.
 
De bureau en bureau, on finit par voir Parker se pointer.
 
Mrs. Von Falkenberg ? Enfin ! Depuis le temps que j’essaye de vous joindre…
 
Solide poignée de main avec elle, plus circonspecte avec Frankie.
 
Vous avez essayé de…
 
Confrontée à ce qu’avait causé la narcolepsie, Ysaline piqua du nez :
 
J’étais…
 
Dans les vapes. Je jure que je n’y suis pour rien !
 
Les bourgeoises qui picolent, Parker connaissait. Pourtant, celle-là n’en avait pas les allures. Enfin, l’habit ne fait pas le moine.
 
Peu importe le pourquoi j’étais out. Là, on m’a dit que vous aviez des renseignements sur la voiture de mon époux.
 
Oui, Madame.
 
D’un air grave, il ouvrit un dossier et, au vu des clichés, Ysaline chancela brièvement.  Frankie lui offrit un bras secourable, Parker un siège et un verre d’eau en catastrophe.  
Tant de sang dans la voiture ! Pourtant les morgues n’avaient rien signalé, les hôpitaux non plus.  
Elle attaqua bientôt :
 
Où les blessés collectés ont-ils été emmenés ? Est-ce possible d’obtenir la liste complète ? Y aurait-il de victimes non-identifiées ?
 
 Pas à dire, même choquée, cette dame gardait la tête froide.  Parker s’activa, la laissant avec son curieux compagnon poireauter dans la salle d’attente.
Une heure plus tard, l’agent revenait avec la liste attendue :
 
J’ai avancé les recherches. Un seul établissement soigne un John Doe au signalement correspondant. Voulez-vous de l’aide, Docteur ?  
 
Merci Mr. Parker. J’ai celle qu’il me faut. Je n’oublierai pas !
 
Et hop, nouvelle virée d’enfer avec un Frankie vert, cette fois.  
 
L’infirmière Gates occupait l’accueil depuis des années. Sérieuse, revêche en cas de besoin, elle filtrait les inconvenants sans hésiter à avoir recours à la sécurité, au besoin.  Le doigt sur la sonnette sous son guichet, elle reçut une espèce de folle dont le compagnon était plus que douteux.  
 
Vous désirez ? ( ton faussement mielleux)
 
Je suis le Dr. Von Falkenberg. Cet homme est-il chez vous ?
 
Le mot docteur était magique en ces lieux, mais sans preuves, Gates se ferma.  
Ysaline ne s’énerva pas. Elle posa ses papiers d’identités près de ceux de Max, en ajoutant :
 
Je dirige Stillworth's Clinical. Téléphonez, demandez le Dr. Asimov.  
 
Le nécessaire fut entrepris. Restait à patienter à faire les quatre cents pas dans un hall bondé.
Burton s’était assis, ne pigeant pas comment une petite bonne femme pareille pouvait dépenser autant d’énergie d’un coup.  Il ne l’ouvrait plus, recevant par intermittence des boissons ou en cas par le fauve encagé.  Enfin, une blouse blanche s’intéressa à eux, main tendue :
 
Dr. Von Falkenberg ? Dr Franken, désolé pour l’attente. Voulez-vous me suivre ?  
 
Oui, à condition que ce monsieur m’accompagne.
 
Peut-être, finalement aurait-on dû biper la psychiatrie ? Franken opina et dirigea le duo vers l’arrière du bâtiment, non sans lire à haute voix le dossier ouvert entre ses mains :
 
Individu de race blanche, type caucasien, anglais parfait, parlant parfois des dialectes étrangers. Amené, le 5 avril en soirée, crâne ouvert. Trauma profond détecté tardivement. Voici les scans.

Nous étions submergés, on a raté l’enfoncement… Le sujet a repris conscience le lendemain, après un arrêt des fonctions cérébrales quelques minutes. Il va… bien néanmoins, jugez vous-même, docteur.  
 
La porte du jardin s’ouvrit et, d’emblée, elle le reconnut.  
En fauteuil roulant, la blondeur des cheveux disparaissant sous un gros bandage, il souriait bêtement à sa nounou très… sexy.  
 
Une fois de plus, le bras de Frank fut utile pour soutenir le choc. Avancer, un pied devant l’autre, avancer.  Elle s’écroula aux pieds de son mari, lui prenant la main :
 
Max, c’est moi, Ysaline, ta femme, tu te souviens ?  
 
Il fut surpris, répondit dans un dialecte africain qu’elle traduisit aussitôt avant de le reprendre :
 
… Peu importe si tu ne sais pas, moi, je sais. Nous rentrons chez nous mon chéri.  
 
La nurse ne fut pas la seule à tiquer. Le patient se déchaîna dans divers langages, s’agitant au point de verser son fauteuil.  L’envie de le stupéfixer la prit mais elle résista. Tous les droits, toutes les preuves, elle les possédait. Ni Merlin, ni Dieu ne pourraient l’empêcher de ramener Max chez lui.
 
Passage à la Stillworth's Clinical obligé. Là, Frankie fut remercié, une fois Max alité sous sédatifs dans l’aile psy.
 
Mr. Burton, Frank, je vous dois nos vies, celle de mon époux et la mienne. Aucune compensation ne pourra éponger notre dette envers vous. Voici une adresse où vous serez soutenu sans question. J’y ai joint des espèces et une proposition d’emploi durable. Faites le bon choix, merci pour tout.
 
Un bisou à la joue râpeuse, elle détala vers ses obligations.  
Asimov était furibard. Ysaline s’était absentée sans motif de nombreux jours. Lui qui aimait se décharger sur elle, en était pour ses frais. Déjà qu’avec Nielsen Merlin sait où... Comme d’habitude, Zaline sut lui clore le bec avec véhémence.  
Elle vaqua entre la chambre de Max et ses autres cas. Elle en avait raté des trucs en quelques jours. L’enfoncement temporal loupé chez Max expliquait l’atteinte de l’hippocampe, région de la mémoire.  Ce n’était pas irrécupérable. Dexter fut appelée en urgence. Entretemps, Ysaline apprit des choses : J.O avait disparu, Angel répondait aux abonnés absents, Alix avait été mariée à un Eridan et le pire : Poudlard était tombé.  
 
*Veine qu’Alex n’y soit plus…*

Égoïste ? Qui ne l’est pas dans des moments pareils ?  
Aussi souvent que permis, elle visitait son mari qui, non content de l’ignorer, lui tournait le dos, réclamant sa nurse Jane. Physiquement, il allait bien. Bras et jambes fonctionnaient au point qu’elle fut contrainte de l’attacher :
 
Pardon mon amour, c’est pour ton bien…

Plus tard vint la question :
 
*Pour son bien ou le tien ?*
 
Encore plus tard, avec de grands cernes sous les yeux, elle put contacter Karl Théodore, son beau-père :
 
… je sais que suis affreuse mais Max ne récupère pas de son accident… non, pas la peine de venir. On s’en sort quand même. Comment vont-ils là-bas ?
 
Karl rassura autant qu’il put mais rien n’aurait pu l’empêcher de débarquer à Londres.
Il voulut se charger de Max à domicile, pas à la clinique. Il assumait tout après la délicate intervention chirurgicale de Lavinia sur le crâne fracturé.  
Ysaline se démultiplia autant qu’elle put. Zahdil, Azah, Sceptrum étaient éliminés, Michael avait pris place au firmament, Poudlard était sauf.  
Lasse, lasse, elle rentra chez… eux ?  Il ne tolérait pas sa présence créant en elle un mal de chien torturé.  
Karl, compatissant, lui tapota l’épaule, elle se dégagea :
 
J’en ai marre de tes « ça va aller ». Moi, ça va pas. Mais qui s’en tape ? Ce soir, j’ai dû abattre un ado, UN ADO !! Arrange-toi pour la bouffe, je monte. Demain, je lui ramène sa nurse puisqu’il ne jure que par elle. Je divorce !!  
 
C’est alors qu’elle perçut son prénom issu du salon où Max était supposé sommeiller…
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Re: Under the dome

Message par Max Von Falkenberg le Mar Nov 25 2014, 11:18

C’est ça, la vie ! Des coïncidences, des surprises, des coups de chance et aussi des manques de pot ! Et pour en être un, celui-là l’était et de taille ! Déjà mauvais se retrouver à l’hôpital, moche ne pas savoir pourquoi, pire encore ne pas avoir la moindre idée de qui il était, et comme cerise sur le gâteau, pas de papiers d’identité.
C’est comme ça que de M. Untel, on passe à être un John Doe parmi tant d’autres. On lui avait donné des explications, auxquelles il avait pigé que son crâne s’était fêlé comme une pastèque  et qu’il avait roupillé comme un ange pendant un jour entier, au bout duquel, ses réflexes étaient bons, et qu’à part être paumé de chez paumé, tout baignait. L’attention était passable, la bouffe infecte mais Nurse Jane était magnifique et si patiente. En fait, elle était aux petits soins avec lui.
 
*Mémoire en cavale mais rien qu’à le voir on sait que c’est un friqué et si mignon, en plus…qui sait ? Avec un peu chance Jane Sawyer et tu es tombée sur une mine d’or !*
 
Et de lui faire avaler un peu de pudding au tapioca en riant de ses grimaces et se demandant ce qu’il pouvait bien débiter quand ça lui prenait de parler en Dieu sait quoi, parfois en allemand, ou chinois ou africain ou Dieu sait quoi encore.
 
*Grand voyageur?...Agent secret ?...Érudit ?*
 
En tout cas, elle faisait des progrès. Il avait une façon si adorable de lui sourire, de dire des petits trucs si gentils. C’est vrai qu’une belle alliance en or n’avait pas quitté son annulaire gauche…mais quel genre de femme égare un exemplaire pareil et ne le cherche pas comme une folle ?
 
*Des idiotes il y en a partout !*
 
Il faisait vraiment bon au jardin. Nurse Jane avait poussé son fauteuil roulant  près d’un massif de rhododendrons magnifiquement fleuri, s’enquérait sur un besoin quelconque, accommodait la couverture sur ses genoux, flattait gentiment sa joue et lui offrait du thé, mais ça, il était sûr de ne pas vouloir. Bavarder avec elle était, pas la moindre idée de pourquoi, réconfortant, sa conversation n’avait rien d’extraordinaire et avait beaucoup du badinage mais ça suffisait pour le combler.
Et voilà que cette aimable entente était brisée par une jeune femme hagarde qui tombant à ses pieds prenait sa main en disant :
 
Max, c’est moi, Ysaline, ta femme, tu te souviens ?
 
Faut avouer que si vous êtes paumé, en plein flirt avec l’infirmière et qu’une beauté brune débarque en vous identifiant pleinement et déclarant être votre femme, il y a de quoi perdre un peu plus la perspective.
 
Non…pas du tout…je ne sais rien…de rien !, ce qui était la pure vérité même si énoncée en swahili.
 
À quoi elle répondit, dans la même langue qu’on s’en fichait s’il ne savait rien, qu’elle en savait pour deux. Cette promotion in petto de M.Doe à Max, mon chéri  lui fit un drôle d’effet et sans même savoir pourquoi le mit dans tous ses états.  Rien  à faire, Madame avait des preuves, et seule sa volonté, et elle en avait à en revendre, fit le poids. On lui laissa à peine un instant pour dire au revoir à Jane avant d’être embarqué manu militari avec destination inconnue, pour lui.
Vive la confusion ! M. Von Falkenberg par ci, Max chéri par-là, on le trimballa où on voulut le trimballer, fit passer des examens, poireauter dans le scanner pour enfin, après une éternité affligeante, l’installer dans un chambre somptueuse en comparaison à la salle générale où il avait passé ces derniers jours et l’envoyer faire un tour sans les limbes.
Le lendemain, à peine s’il eut droit à une visite rapide sa femme qui lui annonça tout de go qu’il allait au billard. Commis l’impair de demander Jane il n’eut droit qu’à un regard navré, pas l’ombre d’un sourire et bien entendu pas l’espoir d’un câlin ou ressemblant.
 
*Peut-être que c’est ta femme…mais son chéri, mon œil !*
 
Cette idée l’accompagna au bloc et le berça alors que l’anesthésie faisait son effet.
Curieux éveil. Du coup tout était clair, enfin, autant que possible. Il était vaseux, assoiffé et chamboulé, même si cette fois il savait pourquoi.
Cela revenait, suite ordonnée. Détaillée. C’était dingue la netteté des souvenirs. Comme s’il avait enregistré le plus minime détail et là, déroulait le film. Tout y passait. La folie des derniers mois, le travail de fous, la fameuse cave, la discussion avec Ysaline…quoiqu’il avait plutôt discuté tout seul, et les jours suivants.
Soit, il avait, expert en la matière, tiré la gueule. Et Ysaline, fidèle à soi-même, l’avait ignoré. Entre bouderies et indifférence, le silence s’était instauré, le fossé élargi et vers la fin à peine s’ils se voyaient. Et ça faisait mal ! Un mal de chien à vrai dire parce qu’elle lui manquait.
 
*Quel con !*
 
Tout à fait ! Mais en plus drapé d’amour propre ou comme on veuille nommer cette fierté idiote qui empêche les gens de l’ouvrir, reconnaître leurs torts et les redresser. Et si on ajoutait que le temps faisait défaut, que chacun courait de son côté pour s’occuper de ses affaires pour finir le tout en beauté en se faisant sauter dans les airs par une bombe anonyme face à l’ambassade du Japon…et la suite déjà connue de tous.
Ysaline allait et venait. Faut dire qu’elle n’y manquait pas, mais jamais de tout jamais autre chose à part s’enquérir si bobo, si vue trouble, tel ou quel souvenir…
 
Oui, sais quand même comment s’appellent mes gosses…, et de réciter leurs prénoms et dates de naissance, oui…oui…c’est revenu…ma mémoire est intacte…j’ai rien paumé en chemin...*À part  l’amour de ta femme, triple idiot !*, et de lui tourner le dos.
 
Comme quoi restait confirmé ce dit antérieurement, parce qu’il y a, quand même, façon et façon !
S’il n’avait pas eu la caboche déjà amochée, il se la serait tapée contre les murs. L’efficience même, la femme de sa vie, le traitait avec la même déférence qu’à un de ses malades…bon, elle laissait aller un « chéri » par ci, un « mon amour » par-là, mais à part ça…pas un geste, pas une caresse rassurante,  rien ! Mis à part qu’elle s’excusa presque de l’attacher à son lit dès qu’il insinua vouloir se lever.
 
Pardon mon amour, c’est pour ton bien !
 
 Mon bien !?...Voulais me lever pas aller courir la prétentaine…pas à dire, (grosse erreur !), elle était plus gentille, Jane !
 
Dieu merci, Ysaline était un être hautement civilisé, sans élans meurtriers (pas encore !) qui se contenta de le foudroyer d’un regard à congeler l’enfer et serrer plus fort les courroies.
 
*Ça va de mieux en mieux !*
 
Bien sûr, ça ne pouvait pas rester comme ça, et il se fit plaisir en faisant un tapage  de tous les diables. Le corps médical en plein, Madame en tête (le plus sûr !) fut d’accord pour calmer tant d’agitation. Un petit coup de diazépam à la veine et affaire réglée.
 
Eh bien dis donc, on dirait que tu l’as fait bonne cette fois ! Allez, finis de te réveiller !, et de le secouer un peu.
 
Il faisait un beau rêve. Jane lui apportait un gâteau au chocolat et voilà que cette intervention musclée le laissait sur sa faim. À contre cœur, très, Max se força à décoller une paupière puis l’autre et les refermer d’immédiat en se disant qu’il rêvait encore.
 
Maximilian Benedikt !
 
Ça, c’était pas un rêve. Ça, c’était vraiment Papa et ça sonnait à engueulade sûre.
 
Tiens…et tu fais quoi, là ?
 
La mémoire, les manières et quoi encore !? Comment te sens-tu ?
 
Euh…sais pas, abruti ?
 
Karl Théodor prit place à son chevet en secouant la tête, résigné mais prenant sa main, la tapota, très paternel, même si pour les effets on l’aurait pris pour le frère qu’il n’avait pas.
 
Ysaline nous a mis au courant.
 
Soupir râleur. Surpris de se trouver libre d’amarres, il se redressa dans son lit et fit une moue.
 
Ouais…m’en doute, je suis…
 
Si tu vas dire une bêtise, abstiens-toi…elle ne voulait pas que je vienne mais je suis là quand même. Ysaline est mariée avec toi mais je suis ton père et te connais mieux que quiconque et quand tu prends cet air de bourrique obstinée on peut s’attendre à n’importe quoi !
 
Ben, merci… ravi de te voir, moi aussi…tiens…on est plus à la Clinique !
 
Papa expliqua le pourquoi du changement, en tournant le tout de manière charmante, parce que Papa était charmant même pour envoyer quelqu’un frire en enfer. Max encaissa le sermon, c’en était un sans le moindre doute, et admit, sans le dire, qu’une certaine contrition serait la bienvenue, sauf qu’entre intention et action il y a parfois une paire d’idées…
 
Ce serait réjouissant de voir qu’un homme de ton âge, qui est père de famille et qu’on tient pour responsable soit capable de redresser une situation absurde qu’il a lui-même provoquée !
 
Max regarda son père en se demandant s’il avait ajouté la legilimancie  à ses multiples talents, mais évident, pas demain la veille qu’il irait reconnaître une raison aussi  éclatante.
 
Ah bon ! Je vois qu’elle a vidé son sac…elle a tout raconté…absolument tout ?...Ses cachotteries, son petit trafic, la cave-arsenal…
 
TOUT ! Plus ta réaction de gosse enragé, ton humeur de chien…TOUT !

 
Et bien sûr, elle a tout bon, suis un imbécile et…
 
Grondement paternel.
 
On voit bien d’où tient Alex son caractère de gosse pourri, sauf qu’il a 12 ans, lui !
 
*Ça, c’est bas, comme coup !*

 
La suite fut un panégyrique sincère sur les vertus de Madame (la plupart on ne peut plus vraies !) et, on pouvait s’y attendre, l’énumération des tracas subis… stress, narcolepsie, peurs, ras le bol, et, logiquement, ressentiments divers entre lesquels le fait qu’il invoquât une telle Jane à tout bout portant.
 
*AH bon ?...Elle est pas jalouse, quand même…ou oui ?*
 
C’était ridicule mais ça lui mit la joie au cœur. Ysaline, son Ysaline, sa superbe Ysaline, jalouse d’une petite gourde,  bien roulée, attentive et douce, mais gourde enfin ! C’était vrai que les femmes se font parfois des drôles d’idées sur ce que pensent les hommes mais quand même…Il ne lui avait donné jamais un motif pour penser que…mais ce n’était pas que cela, il le savait…
 
*J’ai tout fichu avec l’histoire de la cave…et qui sait si plus…Tout ce temps, à devenir dingues…sans les gosses…cette guerre…Et toi qui crois porter tout seul le poids du monde…et attends…sais pas quoi, mais tu attends quelque chose alors qu’elle attend sans doute aussi…la même chose…*
 

C’était stupide et pourtant…Si fossé il y avait, cela devenait gouffre. Le silence blessait, l’indifférence faisait le reste. On n’allait pas parler d’intolérance mais ça ne tardait plus. Papa jouait les états tampons, sans succès, ces deux états là  s’ignoraient si bien que pas la peine d’éviter quoi que ce soit.
Ysaline rentrait de la Clinique ou d’où qu’elle soit allée, passait le voir, affichant un air las et fermé, à peine s’ils échangeaient deux mots. Il ressassait ses torts mais était incapable d’en parler, convaincu qu’elle n’aurait pas écouté. Et ça lui faisait mal à en mourir. Pourquoi ce ne pouvait pas être autrement ? Combien de fois ne joua t’il pas avec l’idée de se glisser dans leur chambre, parce que depuis le temps, il dormait dans une de celles d’invités mais imaginer la scène qu’elle pourrait faire, le clouait à son lit et le faisait passer la nuit à fixer le plafond dans le noir.
 
Tu as une triste mine…tu ne dors pas ou quoi ?, voulut savoir son père en observant ses cernes sombres et son teint gris, tu manges mal et fais la tête…on va aller où comme ça, Max ?...Ysaline ne vaut pas mieux et en plus travaille comme une folle…Où voulez-vous arriver, vous deux !?
 

T’as qu’à lui demander !
 
Se fichant de son crâne fraîchement raccommodé, Papa lui envoya une claque sur la tête comme quand il était petit.
 
C’est à toi que je le demande…à toi qui joues le martyr outré ! On se demande bien pourquoi d’ailleurs !...C’est dément…jamais vu deux ânes aussi bâtés que vous deux…sais pas lequel est pire que l’autre…parce qu’elle y va pas de main morte, ta petite femme…Créature adorable s’il en est mais, Seigneur ! Qu’elle est dure à la détente…tout comme toi ! Et vous êtes là, comme deux enragés à attendre que l’autre fasse le premier pas…
 

*Pas à dire…il connait le nom du jeu !*
 
Écoute moi, Max…les femmes, c’est pas facile à comprendre…enfin, ta mère était un nœud d’embrouilles, Rose, elle est différente…Cela fait pas mal de temps que vous êtes mariés, Ysaline et toi, vous avez quatre enfants merveilleux…et vous allez foutre tout ça en l’air à force d’être obstinés comme des vieilles mules ? …Allez, penses-y, mûris et peu mais en attendant…essaye de dormir !
 
Bonne idée. Mais ça ne dura pas bien longtemps. Ça bardait gentiment à côté. Chérie était rentrée, Papa l’avait happée au passage et essayé son truc du sermon paternaliste…et ça marchait pas trop. Max, censé dormir, aiguisa l’oreille.
 
J’en ai marre de tes « ça va aller ». Moi, ça va pas. Mais qui s’en tape ? Ce soir, j’ai dû abattre un ado, UN ADO !! Arrange-toi pour la bouffe, je monte. Demain, je lui ramène sa nurse puisqu’il ne jure que par elle. Je divorce !!!
 
*HEIN !? Non…pas ça… *

 
Levé d’un bond, pour découvrir ne pas tenir bien debout, fameux comme effet, il se rattrapa de justesse avant de se ficher en l’air.
 
YSALINE !
 
C’est vrai que l’appel avait eu une consonance alarmante, voire un peu tragique mais il ne s’était pas attendu à la voir apparaître sur le seuil aussi vite. Max se redressa le mieux qu’il put mais quelque part ça faisait l’effet d’avoir les jambes en gélatine. Toubib avant tout, béni soit le serment d’Hippocrate, elle s’élança le soutenir puis le pousser en douceur dans le divan.
 
Ça va…merci !...Non, attends !, et pour si jamais la retenir, sans brutalité,…je ne dormais pas, fameux début, j’ai…j’ai entendu ce que tu as dit…
 
Elle haussait un sourcil et son regard se faisait incisif. Le moment était venu de ravaler toute cette idiote fierté, de faire table rase, de dire ce  qu’il fallait dire et essayer de sauver ce qui pourrait l’être.
 
Ysaline…je…nous…écoute, ce que tu as dit…sais pas  comment on en est arrivés là… Ou plutôt, oui…je sais…c’est ma faute…suis…Pour commencer, cette Jane ne signifie rien…Non…rien, je dis…Regarde-moi, Ysaline…
 

Elle était tendue, prête à la riposte ou à s’en aller en courant. Papa lui, avait fait le numéro du fantôme et s’était enfumé.
 
Suis désolé…pour ça…pour avant…pour tout ce que j’ai fait de travers, ce que j’ai pas compris…ou pas voulu comprendre et surtout pour ce que j’aurais pu dire et n’ai pas dit…
 
Là, elle eut son mot à  dire et ce ne fut pas peu de chose. Harassée, dépassée, désenchantée, furieuse, triste. Tout s’y mêlait, prêt à exploser.
 
Je me sens pareil, admit-il, humblement,…pire encore parce que…c’est de ma faute…Non, je ne joue à rien…je me suis comporté comme le dernier des attardés…Oui, ça m’a vexé que tu me fasses pas confiance…Je sais, je tire la gueule…et pas à dire, toi aussi…je voulais te dire…le soir de la cave…je suis allé te chercher à la Clinique pour t’emmener dîner, pour que nous ayons un moment rien qu’à nous…pour oublier un moment toute cette misère…je t’ai pas trouvée et après…enfin, tu sais…et puis, tu étais si occupée…moi, j’avais plein sur les bras…les fantômes faisaient du grabuge…ben, ça les prend…et après, il y a eu la bombe…Sais même plus…c’était si confus…
 

Les questions ne manquaient pas. Pourquoi avait-il insisté à ce comportement enfantin et absurde ? Pourquoi son indifférence ?...Pourquoi ceci…cela…
 
Sais pas…c’était idiot, je le reconnais…mais du coup…je voulais savoir si…si tu m’approcherais…C’est bête, mais j’avais besoin que tu me rassures…Arrête de parler de cette femme !...c’est toi que je voulais, Ysaline…rien que toi…et tu passais, en coup de vent, sans un mot. Tu attendais, j’attendais…on va rester là, comme des hallucinés à attendre que ça nous tombe tout cuit du ciel ?...Suis difficile, t’es pas facile non plus…mais on a su être heureux, avec nos hauts et nos bas…
 

Moyennant un louable effort, il se leva, attendit à s’affermir sur les jambes,  fit deux pas sans s’étaler, sous l’œil attentif d’Ysaline et finalement parvint à la cheminée. Il prit une photo encadrée sur le manteau et la regarda : la famille réunie. On l’avait prise à Ténériffe. Ysaline y rayonnait, il avait l’air si heureux avec le petit Chris dans les bras, Alex crânait et les filles riaient.
 
Vous êtes mon tout…les enfants et toi…et suis plein de craintes pour eux…comme tout père, je suppose… m’en veux d’être loin d’eux…ça me rend dingue imaginer plein de trucs qui pourraient leur arriver…cependant ça me rassure de savoir qu’on les aime, qu’on veille sur eux…mais ma plus grande peur…en fait la somme de toutes mes peurs est de te perdre, toi…Je t’aime, Ysa…
 

Le reste de sa déclaration se perdit noyée par un « Bravo, enfin !* jailli de nulle part. Ysaline dut le prendre pour un fou en le voyant se retourner et regarder partout en pestant de plus belle pour enfin s’arrêter et invectiver méchamment quelqu’un qu’elle, en toute évidence, ne voyait pas.
 
Bon sang, ça suffit…Montre toi, vieux fou…de quel fichu droit tu…Pardon, ma chérie…c’est le vieux Clarence…un autre de la clique…lui, a laissé la peau à Waterloo…enfin…après…il est venu mourir chez lui…
 

Le général Clarence Stillworth, choisit de se matérialiser, face à Ysaline, l’œil goguenard en se courbant en une révérence très gracieuse,
 
Honneur soit faite à tant de beauté, si je n’étais pas mort, Madame…
 
Mais tu es mort et on en a marre…tu n’as pas entendu parler du…
 
La ferme, gamin…que je me réjouisse tranquillement, de voir qu’enfin tu as retrouvé la jugeote et le pouvoir de me voir et entendre…On se faisait de la bile, je te dis…on a même cru que tu viendrais nous rejoindre…
 

Accablé, Max préféra retourner s’asseoir mais en voyant Ysaline rire de bon cœur avec le discours pompeux de cet autre aïeul décousu, il ressentit même une certaine affection pour le cher défunt.
 
Désolé, les enfants, d’interrompre ces aveux d’amour…il a tout bon, le petit, mais cela fait des jours que je veille à l’éveil du gamin…parce que si tu n’es plus…les passages que tu as ouvert, se fermeront jusqu’à ce qu’un autre prenne le relais…et ce ne peut être que ton fils…parce qu’entre nous, tes cousins, des imbéciles…C’est dit, c’est fait…je transmettrai la bonne nouvelle…et vous deux, finissez de vous réconcilier…c’est un vrai roman feuilleton, cette histoire…
 

Non mais!…ça veut pas dire que…
 
On hante le coin, on s’ennuie comme des rats morts…quand enfin il y a quelque chose de passionnant…on suit…c’est mieux que ce machin que vous appelez TV…mais  pas de souci…on reste toujours à la limite de la décence et du respect !...Bonne nuit !
 
Nouvelle courbette et plof.
 
Suis désolé…ils font n’importe quoi…ça te fait rire ? Tant mieux…ça me manquait drôlement, ton rire…alors…tu crois que…Tu ne vas quand même pas discuter…enfin, oui…on discute si tu veux…mais avant…dis-moi une seule chose…Tu…divorcerais vraiment ?
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Re: Under the dome

Message par Ysaline de Bettancourt le Dim Déc 21 2014, 09:14

Les mots sortent parfois sans en penser un traître.
Il est vrai, qu’en rage, elle y avait songé au divorce. Elle devait se battre face à tant de trucs que la meilleure constitution se serait affaiblie à moins. Vaincue, non ! Lasse, oui !
Cela allait mal partout, si mal ! Et, comble de tout, lorsqu’elle rentrait c’était pour recevoir… une fin de non-recevoir. Son beau-père Karl était adorable, lui ! Il la soutenait, ne reprochait rien, jamais. Mais Max, Max était le reproche incarné qui, pour l’agacer d’avantage, jouait le vilain garnement privé de son doudou, en l’occurrence sa nurse.
De ce soir-là, Ysaline allait être marquée à vie. D’ordinaire, elle n’effectuait que de rares sorties vers le Londres englobé. Il fallait bien quelqu‘un pour effectuer les transits entre les mondes coupés, non ? Son arsenal miniature changeait de main à l’occasion et des informations également. Son carton sous le bras à la sortie du souterrain, elle avait attendu la manifestation de son contact habituellement ponctuel. Au bout de dix minutes stériles, passées à ruminer de mauvaises pensées envers son mari, Ysaline avait franchi le périmètre imparti.  Quel autre choix ? Rapporter la boîte d’armes sans savoir ? Hors de question ! Elle n’avait pas marché vingt mètres quand ils l’avaient cernée. Dressée de son mètre 68, elle avait crâné face à quatre individus encagoulés heureux de l’aubaine :
 
On espérait un passeur, c’est une passeuse ! Ôte la capuche, que l’on voie ta mise, drôlesse !
 
Elle ne bougea pas.
 
Allez, dit un autre masque, ne nous force pas à être méchants. Si tu escomptes un simple retard de tes potes, tu peux courir. Ils sont en train de raidir dans la ruelle.
 
Comment avez-vous su ? brava-t-elle en retombant sa coiffe.
 
Même dénutri, blafard, le visage d’Ysaline sembla impressionner les sbires du nouvel Ordre par sa beauté éthérée.
Du flottement de ce contraste marquant entre noir et blanc, elle profita ; sa baguette frappa. Ses tourmenteurs furent assommés sans avoir eu le temps de dire ouf sauf que d’autres idiots s’étaient rapprochés. Cela commença à chauffer entre attaques et ripostes. Merlin qu’elle était fatiguée !La pression fut telle que l’unique issue fut de sortir un Browning :
 
Reculez ! Foutez le camp !
 
Certains détalèrent aussitôt l’arme exhibée. Un tir en l’air en effraya la plupart, pas tous. Le boyau visé à reculons était si proche… Pourquoi, pourquoi un petit encagoulé amorça-t-il un avada ? Le masque fut arraché par le projectile qui atteignit le sommet du crâne. L’image de la tête en citrouille d’un très jeune homme la hanterait le reste de ses jours.
Alors oui, elle était à bout de tout en rentrant chez elle. À son « je divorce » avait répondu un « YSALINE » angoissé. De quoi penser n’importe quoi et foncer :
 
Max, tu te sens mal ? avait-elle crié en déboulant au salon.  
 
…je ne dormais pas, j’ai…j’ai entendu ce que tu as dit…
 
Ah ? Elle avait dit quelque chose ? Curieuse, elle freina son retrait puisqu’il semblait désireux de l’ouvrir.
 
…c’est ma faute… suis… Pour commencer, cette Jane ne signifie rien… Non…rien, je dis…Regarde-moi, Ysaline…

Des aveux ? Un sentiment de culpabilité ? La nouveauté la força à écouter un débit hésitant, décousu mais sincère. Elle n’avait pas besoin de ça, pas maintenant. Elle était trop meurtrie par les récents évènements pour réagir correctement. Aussi lâcha-t-elle, vindicative :
 
Chacun sa conscience. Heureuse que la tienne te tourmente enfin !  
 
Tiens, il abondait dans son sens, se justifiant, maladroit…  adorable.
Ne pouvant résister à pousser le bouchon, elle qui l’avait en travers depuis des semaines, elle le força dans ses retranchements :
 
Pourquoi tu m’en veux autant ? Tu crois que ça m’amuse d’être soldat ? *D’être toute seule face à tout*  Depuis ton accident, tu n’es qu’un sale môme à gifler ! Jane par-ci, Jane par-là. Que crois-tu que ça me fasse ?

Arrête de parler de cette femme !...c’est toi que je voulais, Ysaline…
 
Moi, je t’ai cherché partout *Je te cherche encore…*
 
Puis, il fit vibrer la corde sensible, celle de la famille. Louables efforts que d’atteindre le manteau de la cheminée où était posée une photo merveilleuse d’eux tous. Mais ses déclarations touchantes furent interrompues par un spectre inattendu qu’elle ne perçut que lorsque Max s’énerva contre le vide. Comment résister au général Clarence Stillworth ? Plein d’une grâce enrobée perdue en près d’un siècle, le fantôme n’en mâcha pas ses mots, soi-disant passionné par le remous sentimentaux de son descendant. Faute de mieux, Ysaline se marra. Cela faisait un bien fou ! Max, toujours inquiet, poursuivit :
 
… ça te fait rire ? …ça me manquait drôlement, ton rire…alors…tu crois que…Tu ne vas quand même pas discuter… dis-moi une seule chose…Tu…divorcerais vraiment ?  
 
J’ai… dit ça ? … je te crois et, tout bien réfléchi, c’est une option envisageable… sauf si, bien sûr (sourire en coin) tu cesses tes simagrées une fois pour tou…
 
Sa phrase se perdit dans des baisers délirants.  
 
Retrouver son Max fut à Ysaline comme une pluie salvatrice à une plante assoiffée. Pour une fois, ils discoururent longuement entre deux flambées de folle passion, s’excusant tour à tour de leur bêtise car, sans erreur possible, ils n’étaient rien l’un sans l’autre. D’autres sujets que leurs propres tracas durent s’évoquer, hélas. Max accusa le coup d’avoir raté l’affaire Poudlard. Elle le tempéra :
 
Tout a été vite. Aucune victime chez nous. Mrs. McGonagall a bien été assez malmenée mais pas trop sérieusement… Justin nous a causé plus de souci avec un sectum sempra vicieux… il va bien. Sam l’a déjà fait sortir... J.O a été retrouvé mais arrêté ensuite… ben pour trahison !... Ne t’énerve pas, tout rentre dans l’Ordre, si l’on veut…

En fait l’Ordre était décapité et le ministère également puis Shacklebolt reconnu inapte suite à une infection inconnue était démis.
 
Je travaille dessus, un test de dépistage est correct.
 
Comme si cela ne suffisait pas, les recoupements d’information des Smith n’annonçaient rien de bon. Bref, de quoi dormir en paix… 
 
Karl Theodore se montra la discrétion même, et si le salon avait été squatté autant que ravagé par les jeux des époux, il ne put que s’en réjouir au point qu’il leur prépara un splendide petit déjeuner en tête-à-tête avant de prendre congé des tourtereaux réconciliés.  
La routine des courses de dingue reprit trop vite à leur goût, mais la guerre n’en avait que faire des sentiments.
La majorité de son temps, Ysaline le passa entre laboratoire avec Mrs. Westwood additionnée d’une saloperie virale insaisissable et la bibliothèque. Le ministre n’étant pas le seul infecté, Ysaline avait insisté pour déterminer le patient zéro afin de remonter à la source du virus. Elle trima beaucoup sans se plaindre grâce au regain d’énergie de sa réunion matrimoniale. Ses enfants lui manquaient. Elle n’était pas différente des autres mères. Voir Angel serrer les dents envers et contre tout forçait la détermination :
 
*Plus vite on trouvera une solution, plus vite la normalité reviendra…*
 
C’est beau l’espoir !
 
Ce soir-là, Max rentra après elle, un record ! Agité, fermé, il en fallut des câlins avant de lui desserrer les dents :
 
… Ah ? Ça barde en haut-lieu ? Qu’y a-t-il de changé ?...
 
Le Mangenmagot avait tenu séance particulière pour élire une nouveau ministre. Résultat du scrutin :
 
… Hein ? Justin est notre Ministre ?? Il a refusé, au moins ?...
 
Non ! Pressé mieux qu’un agrume, Davenport avait accepté, devoir quand tu nous tiens…
On s’échangea plein de nouvelles. Au vu des épidémies en cours dans le monde entier, on se devait de réagir. En soupirant, Ysaline avoua :
 
Nous, on en est toujours à aucun résultat avec ce truc tordu qui affecte les cerveaux. J’ai l’impression d’être nulle, si nulle !... Merci, c’est gentil de me remonter le moral. Dis, tu as bien envoyé à Lev ce que j’avais préparé ?
 
À la va comme on peut, on prémunissait le maximum de gens dans les continents, mais…
 
Penchée sur son microscope, Ysaline sursauta quand Max déboula. Davenport convoquait tout le monde. Un bisou entre deux captures d’images, on ferait en sorte d’être à l’heure.
Ysaline était contre l’expérimentation in vivo des animaux, cependant… Aux rats avaient succédé des singes. Elle était pourtant certaine d’avoir déjà vu ou lu un profil semblable quelque part… or, rien ne collait.  
Elle traversait des couloirs, se pressant vers la bibliothèque, quand elle tomba sur Erik. Surprise, joies, échanges. En quelques mots directs, tout fut clarifié.
 
… merci ! Ça m’oriente une peu… Opal est au resto, comme d’hab…
 
Elle chercha à s’en exorbiter. Crevée, elle râla. Le rendez-vous serait raté mais plus urgent il y avait.
 
*Comment j’ai pu louper ça !!!*  
 
Tout était là ! Un mutant du virus des oiseaux. Vite, vite, accélérer les modifications. Ses assistantes en bavèrent. Elle n’en voulut à personne de s’écrouler face aux fioles et cobayes. Malgré des recherches stériles quant à la primo infection, elle détenait peut-être LA solution.
Fébrile, elle ne ménagea ni temps ni organisme.  Elle allait enfin relier début et fin quand, d’un coup, la nature exigea son dû. La narcolepsie frappa, la tête rencontra violemment la lame virale, le front saigna…
 
Le lendemain…  La brume, une voix…
 
*Tu es à moi… maintenant, toujours…*
 
Crâne lourd, tempes battantes, Ysaline ouvrit les yeux sur un Max anxieux :
 
… mais non ! Je vais très bien ! Je dois juste…
 
Euh, quoi ? Désorientée, elle chercha dans les replis cérébraux :
 
… Je dois… résoudre un problème. Merci de t’être soucié de mon sort.  
 
Son époux ne l’entendait pas de cette oreille. Resserrant les liens des poignets, il prétendit n’importe quoi :
 
… C’est toi qui es tombé sur la tête ! Je vais parfaitement bien. Écoute, mon chéri, je suis sur le point d’éradiquer ce virus.
 
Qu’est-ce qu’il leur prenait, à Max, aux autres ?  Ah, bon ? On la croyait infectée ?
 
Suis pas idiote, j’ai pris des précautions ! Je comprends que vous vous inquiétiez mais il suffit de me tester, vous verrez que je n’ai rien, rien qu’un travail urgent à terminer. Libère-moi…
 
*Tu es à moi… trompe-les !*
 
Qu’est-ce que Max pouvait être chiant quand il voulait ! Elle eut beau plaider, il ne céda rien jusqu’aux résultats des tests effectués juste après qu’on l’ait découverte inconsciente. En ricanant, elle nota l’expression dubitative de son époux en lisant le rapport.
 
Négatif, non ? Je te l’avais dit ! Allez, c’est vraiment capital ce truc, libère-moi !
 
À contre cœur, il accorda, avec condition expresse de recommencer les examens le lendemain.  
 
…Oui, oui ! Je le ferai, pas de souci ! *Tu parles !*
 
Le virus sur lequel elle travaillait était un mutant intelligent. Conçu magiquement, il mettait trois jours pleins avant d’être décelé après sa prolifération générale. L’infection, elle, s’installait immédiatement par contact sanguin. Aussitôt exposé, le sujet perdait le contrôle de ses décisions personnelles, ne répondant plus qu’à « la voix » abrutissante.
De par ses travaux, Ysaline l’avait capté mais n’avait révélé aucun détail à personne. Tout était consigné dans un journal secret, illisible par le commun des mortels. Elle ne disposait que de 48 heures pour vaincre la bestiole envahissante. Après, si nul ne trouvait, elle serait réduite à l’état de pantin. Elle lutta.
 
*Déchire ces notes ! Déchire, détruis !*
 
*Va te faire foutre !*
 
Maligne, la bestiole lui embrouillait les pinceaux. Elle se surprit en train de recommencer la même épreuve pour la 4ème fois de suite. Lorsqu’Angel le releva, Ysaline faillit mordre :
 
Qu’est-ce que tu en sais de ce que je fabrique ? T’es pas toubib, laisse-moi travailler !  
 
Elle avait dû quasi tout reprendre à zéro. Le virus se sentait-il menacé ? Elle voulait 1 goutte du révélateur dans sa préparation se retrouva à en verser 5 ! De nouveau, Mrs. Westwood remarqua l’erreur.  Ysaline l’envoya balader :
 
… Je sais qu’il ne faut qu’une seule goutte, tu piges ?
 
Ouf ! Capté 5 sur 5. Angel se chargea de la manipulation. Comme souhaité, la solution vira à l’azur.  
 
*Renverse tout !*
 
Ysaline vit sa main tremblante s’étirer vers la fiole que lui rafla, in extremis, une Angel pas contente. Tant pis pour elle !
Effarée, le docteur contempla sa victime allongée par terre sans comprendre ce qui s’était passé. Angel roupillait ? Elle en avait de la chance ! Survint un renard argenté signalant une réunion dare dare. Son hôte involontaire la poussa à tout laisser tomber, histoire d’aller écouter.  
 
Ils étaient tous là, ou presque. Max s’inquiéta encore ; elle le rembarra :
 
… parfaitement bien, merci !... Angel ? Elle est restée au labo où ça avance à grands pas.  
 
Davenport avait plusieurs fois rencontré Tony Blair qui, très au fait de ce qui se passait entre les mondes, redoutait des catastrophes en masse. Les autres rapportèrent diverses actions, les unes plus intéressantes que les autres. Ainsi les fléaux mondiaux perdaient d’intensité, on bouclait à tour de bras des personnalités jugées « possédées ».
 
*Me défendre tu dois ! Multiplie-moi !*
 
La suggestion était forte, terriblement tentante. Elle résista encore :
 
*NON !*
 
Mais, effarée, elle vit qu’elle s’était coupé l’intérieur de la paume. Alors, elle réagit en se propulsant en arrière avec un « NON » audible de tous. Biche affolée, elle ordonna :
 
RECULEZ ! Il m’a eue !    
 
*Sème, sème…*
 
Max s’avança, elle s’épouvanta :
 
Arrière ! Je n’ai que quelques heures de ma tête puis…
 
Un sort lancé par qui ? Peu importait. Elle se réveilla dans un lit, entravée à nouveau. Max était présent ainsi que des amies. Très doux, son époux lui résuma les dernières heures. Alix, via Erik, avait transmis ses résultats. Angel effectuait des vérifications :
 
… c’est à moi de m’en charger, il faut que…
 
On ne voulut rien entendre.
 
*Pleure !*
 
*Non !* Quelle heure est-il ?... Mon Dieu, si tard ? Espèce d’enfoirés, libérez-moi !
 
Elle se mit à jurer dans toutes les langues connues, luttant contre tous et… elle-même.
Angel poussa la porte. La mixture d’Alix était en bonne voie de finalisation et une interruption suivante força les assistants à déserter aussi. Un grand bouleversement était en cours mais nul ne lui dit rien à ce sujet.
 
*Sors-toi de là, détruis le remède !*
 
Elle savait parfaitement ce qu’il fallait faire, ce qu’elle allait faire.  
 
Infirmière ! Miss Collins, au secours !
 
Pauvre gourde ! La novice à son service n’eut pas le temps d’appeler qu’elle se retrouva dans les limbes. Profitant d’un scalpel, Ysaline se délivra avant de filer, pieds nus, en blouse d’hosto, dans les couloirs très connus. On ne la remarqua même pas !  
Le labo s’ouvrit. Personne, chic !
Sur la table principale des notes, des fioles.
 
*Détruis !*
 
*Je lis d’abord !*
 
L’azur était la bonne solution, elle en était certaine.  
Quel combat étrange contre soi-même. L’hôte exigeait, elle freinait. Combien d’allers et retours effectua-t-elle entre la fiole et la porte ? Cela dura. Enfin, elle céda un cran, saisit la potion :
 
*Jette-la ! Détruis !*
 
Oui…
 
Elle l’avait en main quand, à la volée, Max surgit…   
 
Laisse-moi la… détruire ! … non, je veux la boire, je dois…
 
Elle était torturée, il agit…
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Re: Under the dome

Message par Max Von Falkenberg le Lun Jan 19 2015, 16:09

Capitulation et armistice. La paix était signée, acceptée…célébrée ! Leur paix à eux, pas celle du monde, celle-là, elle devrait attendre son tour ! Pour Max retrouver son Ysaline était la seule et unique priorité gouvernant sa vie. Point barre !
Bien sûr, il fallait quand même se mettre un peu à jour puisque apparemment il avait raté quelques cases. Poudlard tombé en mains ennemies puis reconquise lors d’une action de commando, J.O enlevé par le Nouvel Ordre, revenu sain et sauf pour se faire de suite arrêter et accuser de trahison.
 
Non mais, franchement…ils ont tous perdu la tête !
 
Ne t’énerve pas, tout rentre dans l’ordre, si l’on veut…
 
Vais faire semblant de te croire, rigola t’il en l’embrassant, mais on sait bien de quoi il en va !

À quoi bon se faire des fausses illusions ? Ministre out, McGo absente. La situation empirant de partout, épidémies en goguette.  Ysaline travaillait sur un test de dépistage pour ce nouveau virus.  L’autre, celui qui affectait les masses de population, était en passe d’être soumis.
Karl Theodor pouvait s’avouer satisfait. Sa mission avait été un franc succès. Max était non seulement tiré d’affaire mais avait fait preuve d’humilité et bon sens en mettant les choses au clair dans son couple. Vaillantes têtes de mules, ces deux-là, mais en toute évidence leur amour était encore plus têtu qu’eux.
À son retour au Monastère,  il distribua les vaccins préventifs dont l’avait chargé sa belle-fille avant de rejoindre les dépendances de la famille. Les De Bettancourt et Rose bavardaient tranquillement à l’ombre d’un chêne alors que Chris barbotait dans une petite piscine gonflable. Les corvées communautaires étaient terminées pour la journée, on se reposait en jouissant de cette belle fin de journée estivale.  Belle image bucolique. Karl soupira en remerciant le Ciel d’avoir au moins épargné, jusque-là, ce petit coin de Paradis  de la folie régnante.
En le voyant, son épouse se leva et le rejoignit. Le temps d’une brève étreinte, puis les questions plurent. Il répondit de son mieux. Adémar et Maria Eli se faisaient un souci monstre et pensaient se rendre en Angleterre pour donner un coup de main. Karl freina leurs élans.
 
Ysaline travaille d’arrache-pied…les temps se prêtent mal à une visite de famille…pour le moment. Sans doute plus tard…après…
 
Comprenne qui pourra.  Le réveil du petit Andy Westwood qui dormait dans son couffin créa diversion. Le petit garçon était un régal pour les yeux, si mignon, si éveillé pour ses six mois. Sophie et Louise rentraient pour le repas du soir, pris toujours en famille, sous la sage houlette de leur aîné, Alex, suivi par la jeune Soubhan que quelques mois de tendresse et bonne alimentation étaient en passe de transformer en une véritable beauté.
 
Comment vont Papa et Maman ?, voulut savoir Alex, comment se passent les choses là-bas ?
 
Tout va aussi bien que possible, mon garçon…tu connais tes parents, s’en faut bien plus pour leur faire baisser les bras !
 
Je veux y aller…je peux aider !, assura le gamin, je peux…
 
Karl lui entoura les épaules de son bras et le mena un peu à l’écart. Ce faisant, il se souvenait de son propre fils à cet âge. Max n’avait jamais été facile à convaincre et son fils lui ressemblait énormément. Et avec Ysaline pour mère, on pouvait se douter que le petit avait un bagage génétique qui le signalait tant que décidément…têtu.
 
Alex, tes parents ont trop sur les bras, là-bas…c’est une affaire compliquée…tordue…de grands, tu me comprends !
 
Et bien entendu, il avait compris ce qu’il voulait comprendre et il fallut déployer des trésors de diplomatie pour apaiser cette force de la nature en cours de déchaînement.
Mère Anastasia gérait son petit monde avec une main de fer gantée de velours et la force inébranlable de sa foi. Le tout additionné d’un peu, pas mal, de magie de bon aloi, marchait presque sur des roulettes. Bien entendu, un problème par ci, un pépin par-là, ne manquait jamais mais elle arrangeait tout en assurant que Notre Seigneur nous envoie des épreuves pour nous faire plus forts. Amen.
La sonnerie de son portable surprit Karl. Personne ne l’appelait depuis le temps, en voyant affiché le nom de Max, il ne s’étonna qu’à moitié, son fils et la magie…mais il suffit d’entendre le ton terrifié de sa voix, le sanglot coincé pour comprendre que quelque chose d’affreux se passait.
 
Papa…Mon Dieu, Papa…tu dois venir…Ysaline…Ysaline…on dit qu’elle…qu’elle est morte !!!

Alex n’était pas habitué à voir « l’oncle Karl » avec son mobile collé à l’oreille. Qu’il pâlisse comme un mort, lui sembla terriblement digne de soupçon, l’entendre farfouiller des mots apaisants, l’effraya. Il le rejoignit en courant alors que Karl, défait contemplait le téléphone comme s’il était à point de lui éclater dans la main.
 
Qu’est ce qui se passe ?...Tu as une tête…c’était qui, Opa ?...C’était qui ?

Pas de réponse. Il lui prit le mobile, jeu d’enfant découvrir de qui était le dernier appel.
 
C’était Papa…qu’est-ce qu’il y a ?...Tu es tout drôle…C’est Maman !!!...Il lui est arrivé quelque chose !, hurla Alex,  je veux savoir…j’ai le droit…suis plus un bébé…
 
Karl chercha ses mots, essaya de dissimuler la teneur de la nouvelle…rien n’y fit, il aurait pu s’y attendre.
 
Tu y vas…j’y vais ! C’est MA mère…et Papa a besoin de moi !
 
Max était l’ombre de lui-même. Hagard, pâle, défait, il ne réagit pas quand Karl entra dans la chambre. Ysaline gisait dans le lit, la pâleur cireuse de la mort figeant son visage de madone. Elle était si belle. Max tenait sa main, serrée entre les siennes, et parlait, parlait, en murmures, racontant Dieu sait quelle histoire entrecoupée de sanglots.
 
Je suis venu, mon petit, aussi vite que possible…Max, je suis là !, il dut poser sa main sur son épaule pour lui faire enfin lever la tête.
 
Elle n’est…pas morte…Angel dit qu’elle dort…le virus dort aussi…elle n’est pas morte, tu sais…faut trouver…Ysaline…elle va pas me quitter…elle avait promis…

Je sais, petit…je sais…mais maintenant, je dois avoir accès à toute l’information, tu comprends !?...Je dois parler avec Angel, là, maintenant !!!
 
Il lui aurait donné des baffes au besoin pour le faire réagir,  mais Max sembla comprendre l’urgence…à sa façon.
 
Peux pas la laisser, tu sais…si jamais…Angel est au labo, je crois…

L’apparition d’Alex à côté de son père le surprit au plus haut point. Il fronça les sourcils, prêt à se fâcher, sans doute, mais le garçon devança tout éclat en se précipitant dans ses bras.
 
Suis là, Papa…je t’aime…j’aime Maman…je voulais être avec vous…On va l’aider… Opa va l’aider, il peut, tu sais…
 
Max serra son fils dans ses bras, abasourdi, affolé de tendresse, de gratitude. Son petit à lui, son trait d’union avec Ysaline, celui qui avait rendu possible de la retrouver.
 
Elle n’est pas morte…elle va revenir, tu verras, se trouva t’il en train de dire, elle t’aime tant…Reste avec Maman, Alex…parle avec elle…

Ce qui se passa par la suite fut pour Max une espèce de cauchemar assisté. Tout semblait se mouvoir dans un en ensemble d’ombres glauques, dans un décor flou. Il ne parvenait pas à penser clairement, son esprit bloquait, fixé sur l’instant atroce où il avait forcé Ysaline à boire la potion azur…et qu’elle était morte dans ses bras. Distorsions et réalité. Se frayer un chemin dans cet incertain affolant demandait un effort qu’il ne se sentait plus capable de fournir. Papa s’arrangea pour le rendre à une réalité terre à terre.
 
Elle ne veut pas te voir sombrer, bon sang…Tu dois être là pour elle, tu entends, pour elle et tes enfants !!!

Réagir ne lui servit pas à grand-chose, s’il voulut être qui irait clamer justice auprès de l’ennemi, on se chargea gentiment de le rabrouer en assurant que de tous les candidats, il était certainement le seul capable de faire tout foirer sans avoir à ouvrir la bouche. John Smith alla à sa place alors que Papa se claquemurait dans le laboratoire avec Angel à la recherche de la formule salvatrice.
 
ON L’A, FISTON….ON L’A !!!
 
Alex dormait, roulé en boule dans le divan, à côté du lit. Lui n’avait pas abandonné le fauteuil, ni lâché la main d’Ysaline quand Papa releva la tête de sa belle-fille et fit s’écouler, entre ses lèvres exsangues le contenu d’une fiole. Deux secondes plus tard, les doigts glacés qu’il retenait, serrèrent les siens.
 
YSALYNE !!!...Tu es là, je le sais…Ouvre les yeux, mon amour…ouvre les yeux !!!
 
Son regard de velours sombre fut flou, elle semblait encore perdue au creux de Dieu sait quel rêve mais lentement, un sourire se dessina sur ses lèvres qu’il embrassa comme un fou. Alex éveillé en sursaut, sauta pratiquement sur sa mère en pleurant comme un petit garçon, la serrant dans ses bras.
 
Tu nous as fait si peur, Maman…si peur !!!
 
Ça  va aller, Alex…elle est de retour… Ma chérie, ma douce…oui, c’est Alex…Tout va bien…tout va aller bien…

Ysaline reprenait vite du poil de la bête. Passé le premier émoi, elle réclama des explications après avoir assuré se sentir à peine un peu fatiguée.
 
T’en as des bonnes, Maman, rigola Alex, après tout ce que tu as dormi…, le tout niché au creux de ses bras, rayonnant de bonheur, tu me manquais, tu sais…j’aime être là, avec toi…sans les filles et Chris pour me voler la vedette !
 
Outrepasse pas tes droits, mon pote, après tout, c’est moi qui l’ai vue en premier !, se marra Max en lui ébouriffant les cheveux. En cet instant, il n’y avait homme plus heureux dans tout l’Univers.
 
John Smith fut de retour le lendemain, passablement désartibulé après une fugue assez extraordinaire, mais porteur d’importantes informations auxquelles seul le Ministre, c’est-à-dire, Justin, n’eut droit.
Sans vouloir pécher d’indifférent, Max ramena Ysaline chez eux en compagnie de Karl et Alex, et jura qu’au moins pendant deux jours rien ne pourrait l’atteindre hors de son petit cocon de bonheur.
 
C’est pas beaucoup demander après tout ce qu’on a enduré…Oui, je sais, ma chérie, le monde a toujours besoin de toi…mais 48 heures ne vont pas faire la différence, en plus d’autres s’en occupent, de ton virus…et le vaccin-antidote mis à point par Angel et Papa marche à merveille…tu en es la preuve…

Ysaline resplendissait. Ce n’était pas seulement être revenue, pratiquement de l’au-delà, la présence de son grand garçon qui la rendait si fière. Alex était aux petits soins avec sa mère. Tendre, dévoué, adorable. Il les charmait tous avec les histoires de sa vie entre nonnes et gosses.
 
En plus avec deux grands-pères et deux grands-mères, sorciers patentés…suis prêt pour revenir à Poudlard et rentrer en 3ème année…

Il avait de quoi avoir ces prétentions. Peu de petits sorciers ont droit à un écolage particulier de la part d’un maitre en potions tel que Karl Theodor Von Falkenberg, ou de Défense des forces du Mal d’un expert comme Adémar de Bettancourt, sans parler des connaissances poussées en Botanique et autres fournies par Rose, plus certains mystères de magie exotique révélés par Maria Eli. Oui, le petit avait une chance incommensurable…et le savait.
 
72 heures plus tard, moyennant quelques protestes véhémentes de la part de leur fils, Max et Ysaline renvoyèrent leur petit monde de retour au Kosovo.
 
Nous irons vous retrouver le plus vite possible…mais il y a encore pas mal à faire ici…
 
Avec les informations fournies par Alix, mettre à point le vaccin contre Hydra demanda concentration et longues heures de travail mais on fut finalement sûrs d’avoir trouvé la formule parfaite. Ce serait encore une affaire de longue haleine atteindre tous les infectés mais on était sur le bon chemin.
Max continuait d’assurer l’administration  de ce qu’on devait administrer en plus de veiller sur le bon écoulement de tout ce qui devait être écoulé, à savoir armes et autres engins de guerre pour fournir la Résistance qui allait de coup d’éclat en coup d’éclat.
 
Et puis, un beau matin  le Dôme avait disparu.
 
Sacré Justin…il aura eu le dernier mot avec ses briseurs de sorts…

Mais peu de temps après, l’aigle chauve de James Oliver Westwood transmettait la nouvelle dont tous rêvaient.
 
C’EST FINI…C’EST FINI !!!...

Comment, quand exactement, pourquoi ? Voilà des questions que Max ne se posa pas. Il se limita à assimiler  le fait de ne plus avoir un ennemi dans l’ombre quitte à lui tomber dessus, passa le mot à ses fantômes, réjouis d’avoir un sursis après tant de remous, prit sa femme et  l’entraîna dans un petit tour en Portoloin qui les mena dans la cour d’un certain Monastère…
 
Bon Dieu…tu as vu Chris…ce qu’il a grandi !!!
 
Aussi brusquement qu’elle n’était partie en vadrouille, leur vie leur revenait de plein droit…
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Max Von Falkenberg

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