la der des ders...?

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la der des ders...?

Message par Justin Davenport le Ven Nov 07 2014, 12:48

Content, satisfait ? Non, Justin ne l’était pas, mais alors pas du tout. ON l’avait expédié chez Morphée sans autre forme de procès, et il n’avait pas pu contribuer au sauvetage de sa famille, SA famille ! Il referma cette porte des rancunes, comme tant d’autres avant elle, mais n’en pensa pas moins.
Pandora, son affreuse belle-mère était out, tant mieux dans le fond. Sauf que Sa Sam souffrait…
Comme quoi même le pire des furoncles mal placé se fait regretter une fois excisé.
Pour se divertir ensuite, ils eurent matière. Une chasse aux vampires ? Qui avait conçu un plan pareil afin d’améliorer la formule de la petite Grisham ? Tant va la cruche à l’eau…
Puisque dans le bain, ils y étaient – pas encore de sang, ouf – autant faire au mieux.
Cela ne se passa pas exactement comme souhaité. Oui, des vampires ils en rencontrèrent et pas qu’un !
Le premier à se présenter ne fut pas des moindres : le compte Dracul en personne !
Justin savait beaucoup sur cet être devenu légendaire grâce aux récits de Bram Stoker. Mais si Vlad Tepes prenait plaisir en empalant ses victimes, celui qui l’avait remplacé le surpassait largement en ayant développé un besoin inépuisable de sang frais. La réalité avait débordé l’imaginaire : les vampires existaient bel et bien.
Beau ? Justin ne pouvait pas juger l’individu monté sur un étalon splendide, lui. Il avait un peu la tête à l’envers tout en souhaitant achever cette quête au plus vite.

Bienvenue, étrangers, vous me cherchiez ?... suivez donc moi…nous en sommes pas loin de mon château !

N’étaient-ils pas là pour ça ? La pédale d’accélération s’enfonça.
Quasi souriants, les abords du château les sidérèrent. Où étaient les trucs rouillés, toiles d’araignées, etc. ?

… je sais….il en court des histoires sur nous mais pas tout n’est vrai…je prends mes vacances aux Seychelles, c’est tout dire…et on ne mord plus n’importe qui n’importe où…

*Ben tiens ! Et moi, suis le roi des imbéciles ! *

Justin n’abondait en rien dans le sens désiré surtout avec un type apparu assis à l’arrière qui, sans vergogne, avouait ne pas détester l’ail. Lui qui s’en était goinfré à vous donner une haleine à reculer n’importe quel quidam, Davenport n’en perdit pas la tête ni le cou :

Très bien, comte ! Nous ne sommes pas des chasseurs de vampires, n’avons ni pieux, ni bible dans nos bagages *Ou juste des petits, et un crucifix au cas où...* Nous sommes en mission *suicide* afin de collecter du sang de votre espèce pour une noble cause : une cure de jouvence aux demandeurs. Vous n’en avez pas besoin, vous, n’est-ce pas ?

… Je ne vois aucun empêchement à vous le donner…Bien entendu, il nous faut de quoi nous reprendre !

Affaire conclue après un bal assez épique duquel Sam ne sut rien du combat de son époux.
La nuit durant, il dut lutter contre les charmes déployés de la très belle – extérieurement – Ludmila VanCartier. Une vraie sangsue, cette vampirella ! Il l’avait cru mortelle jusqu’à ce que leur couple se reflète dans un miroir… du moins son reflet à lui !
Face à ses vains efforts de lui croquer gentiment la jugulaire – ail, crucifix, autre, y contribuèrent-ils ? – elle se lassa. L’échange eut lieu sous les directives d’Erik Nielsen, concentré.

Tous étaient soulagés en rentrant au bercail. Cependant, Sam se languissait des siens…

*La barbe de Babs and co ! *

Être seul avec femme et enfant lui aurait suffi, à lui…
Mais avant le départ consenti par amour, il y eut Noël et… Aylinna.
La mère de Michael De Brent était réapparue soudainement. Pleine de bonnes intentions, elle n’aspirait qu’au pardon. Dieu sait si elle en avait des trucs sur la conscience, celle-là !
Justin ne l’encadrait pas plus que son pote. La façon dont elle l’avait largué, par lâcheté ou indifférence, aurait marqué n’importe qui !
Néanmoins, elle l’embobina bellement, sauf qu’il ne le sut que plus tard.
Après tout, c’était Noël ! Tout le monde semblait heureux à ces noces Cavendish. Pourquoi se serait-il méfié d’une étreinte de paix, de louanges, d’un verre d’amitié ?

Parlez-moi encore de ce serment inviolable partagé sous votre égide entre Michael et Alix ?

J’ai dit que jamais ils ne pourraient se trahir l’un et l’autre.

Quels sont les termes exacts de ce lien ?

Il dégoisa tout, inconscient d’être sous véritasérum. Tellement inconscient, qu’il crut bon d’avouer plein de choses à Sam lorsqu’elle le prit à part :

Tu sais, la vie sans toi me serait insupportable. J’ai plein de défauts, je le sais. Je m’en veux de te priver de ta parenté mais je te veux pour moi tout seul, à jamais… Babs me tape sur le système. Pas que je ne l’aime pas mais… J’aime beaucoup Gerry sauf que c’est moi ton protecteur maintenant…

Un inexplicable besoin de se confier l’avait saisi et, sans l’intervention de son épouse, Merlin sait ce qu’il aurait été révéler à n’importe qui…
Il fut piégé à Miami. Enfin… si cela plaisait à Sam…
Un « petit » réveillon avec rien que 200 invités, la plaie totale quoi !
Il fit contre fortune bon cœur, n’ayant rien offert à sa femme pour le nouvel an, enfin presque… Une bague banale à ses yeux et une nouvelle jument dans leur écurie, pas de quoi fouetter Bik ou Lor.
1er Janvier 2001.
Crevés, au bord de la piscine, Justin ne se gêna pas pour bâiller aux corneilles, écoutant distraitement ce que racontait chérie. Un trio de mot le réveilla :

… Chasse au trésor ?

Il semblait bien qu’untel Francisco désirait trouver une épave de galion espagnol péri jadis.
L’affaire était intéressante quoique, au vu de certains souvenirs…
Pourtant, jamais Justin n’aurait cru que sa virée serait aussi magistralement perturbée. Il prenait sa douche en sifflotant quand un patronus de guépard lui délivra un message des plus urgents.

Vous qui êtes ou avez été Aurors, votre gouvernement vous appelle. De source sûre, nous confirmons une évasion massive à Azkaban. Des Mangemorts, anciens et nouveaux, sont sur le pied de guerre, nous DEVONS l’être aussi. Déjà des exactions innommables sont commises. Nous vous attendons au ministère. Le code est…

Justin ne prit même pas la peine de se sécher. Il courut avertir Sam :

On bat le rappel des troupes ! Il se passe quelque chose de terrible… non *Pardon, le mensonge* je ne sais rien de plus. Reste ici avec Gerry, Babs et Vic, je…


Autant parler à un mur.
Elle ne voulut pas bouger avant d’en savoir plus. Les nouvelles parvinrent via Megan Smith alors que Justin bouillait sur place.
Du coup, on largua les amarres et débarqua en plein chaos.
Complètement à la masse, les Davenport coururent d’abord aux nouvelles des De Brent. Justin tomba des nues. Michael avait été hospitalisé ?

Bikita, raconte ! intima-t-il à l’elfe passablement déboussolée.

Apparemment, juste après la Noël et le remariage de sa mère, Michael s’était senti très mal. Il était resté dans le coltard plusieurs heures, mais allait bien.

… Que caches-tu Bikita ? Dis-nous, nous sommes ses plus proches amis… quasi frères !

Bikita a pas osé avouer à son maître que… que…

QUE QUOI ? s’énerva Justin.

Que maîtresse Alix n’allait plus le voir parce que… elle… partie…

Partie ? Elle le plante ainsi, sans un mot ? C’est impossible, voyons !

Maîtresse pas partie volontaire, eux venir, eux prendre. Enfants, saufs. Maître estomac trop fragile pour encaisser. Ami doit se taire ! Bikita rien dit.

Dehors, il déglutit difficilement :

Ils l’ont prise, tu te doutes pourquoi... oui, elle est symbolique, une sorte d’héritière. Misère, comment lui dire ça ?

Un miracle ? Michael était sous haute dose de sédatifs à la Stillworth s’ clinical. Pas qu’il veuille jouer les dégonflés, mais Justin préférait ça malgré ne pas avoir été sans remarquer à quel point le tatouage particulier de son ami s’était ravivé.

Mon cœur, reste près de lui. Préviens-moi dès son réveil. Je file au ministère !

Colonel Davenport, on se demandait quand vous arriveriez ! clama le grand ministre noir, invariablement habillé selon ses convictions tribales. Asseyez-vous, s’il vous plait !

Autour d’une vaste table ovale, plein de têtes très connues, d’autres moins, le saluèrent. Justin se posa, désorienté.

L’heure est très grave mes amis, enchaîna Shackelbolt. Aussi incroyables qu’ils puissent paraître, les faits sont hélas bien réels : ILS sont de retour.

Mais Potter a éliminé Voldemort, et… se leva George Weasley à l’instar de plus d’un.

Veuillez-vous taire et écouter ! La marque des ténèbres a flotté ce soir…

Brouhaha total qu’eut du mal à calmer le Ministre de la Magie :

IL EST IMPOSSIBLE, IMPENSABLE que ce soit celui qui se faisait appeler Lord Voldemort qui en soit l’auteur !

Des adeptes ? se risqua Justin.

Shackelbolt piqua du nez :

Plusieurs, selon nos sources. Dans divers points du monde, elle a flotté aussi. Il y a des pertes… moldues…

Un bilan, lourd, poignant, se révéla. Mais ce qui sidéra surtout Justin fut une décision in petto :

Que tous les Mangemorts, ou suspectés tels, courant encore la nature soient immédiatement incarcérés.


Williamson ricana à la gauche de Davenport :

Ton pote est cuit, cette fois !

Un poing se leva sur la tronche de cake :

Michael De Brent a risqué plus que sa peau, idiot ! Quiconque l’approche me verra devant lui. Il a toujours été notre allié, j’en fais serment sur ma vie. Il peut s’avérer un atout extrêmement précieux, cette fois encore, sauf que…

Que quoi ? Il a les chtons ?

Le poing s’abattit finalement, avec soulagement :

Crétin ! Michael est à l’hôpital, il ignore encore que sa femme, la nièce de Voldemort, a été enlevée…

Des oh, ah, hein s’élevèrent. Justin narra et conclut :

J’escompte qu’on lui foute la paix, je réponds de lui. On finira par savoir d’où vient ce mauvais vent…

Bien des discussions plus tard et quelques courses indispendables, Justin put rallier la clinique où ça s’affolait un peu mais sûrement. Il eut l’énorme surprise d’y croiser les Von Falkenberg en émoi.

Max ? Qu’est-ce que… Ah, tu savais ?... ILS N’ONT RIEN FAIT ?... les idiots !!
Veux pas être meneur ni oiseau funeste, mais là faut annoncer une cata à Michael… Alix a disparu…


Les épouses s’en chargèrent, bonshommes en retrait, prêts à toute éventualité.
Cloué sur son lit, De Brent rua comme un damné. Il fallait intervenir :

Du calme Michael ! On va la retrouver mais sache d’abord que cet incident est lié à de nombreux * trop nombreux* autres… Oui, cette fois on y est plein : guerre totale !

Peu après se pointèrent les Smith hagards suivis des Nielsen incertains.
Manifestement, Michael souffrait, et pas que dans l’âme. Sa marque était à vif : on le réclamait ailleurs.

Pour autant que l’on sache, les trucs moldus n’ont pas la cote chez ces types. Là, tu as l’attirail du parfait espion non sorcier. C’est toi qui vois. Je n’ai aucune envie de t’envoyer au casse-pipe, mais… on pourra communiquer sans risque et te localiser à tous les coups. Tant que ce voyant est au vert, ça baigne. Si tu pousses le rouge, on débarque… Bien sûr qu’on va la chercher aussi !!

Un instant plus tard, Michael s’évaporait...
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Re: la der des ders...?

Message par Samantha Forrester le Sam Nov 08 2014, 21:23

Mon cœur, reste près de lui. Préviens-moi dès son réveil. Je file au ministère !
                                                   
Hochement de tête, sourire en coin. Dire que ce cher homme avait osé émettre le souhait de la voir rester à Miami mais n’avait pas insisté, ce qui aurait été parfaitement inutile et aurait donné lieu à une discussion dont nul n’avait besoin.
Restée seule au chevet du dormeur par obligation, Sam se livra à une analyse rapide de la situation. Pas une mince affaire vu le peu d’information à sa disposition. Une seule chose était sûre : les Mangemorts étaient de retour, et cela ne voulait jamais rien dire de bon. Il faudrait attendre le retour de Justin pour en savoir plus, puis se communiquer avec Applewhite qui, à coup sûr, en savait long sur les événements.
Michael s’agitait dans son sommeil. La Marque ignoble semblait vivante sur sa peau, s’il n’avait été pas plongé dans cette sorte de coma assisté, la souffrance aurait été sans doute à la limite du tolérable.
Les nouvelles rapportées par Justin  étaient aussi mauvaises que prévu si ce n’est pire.  Pour alors les Von Falkenberg avaient fait acte de présence et Michael donnait des signes d’un éveil imminent. Ces messieurs jugèrent préférable que ce soient leurs épouses qui révèlent la douloureuse vérité. Sam prit sur elle de le faire et la réaction de Michael fut celle attendue : il devint carrément fou, il fallut de la force allée de Justin et Max pour le retenir au lit. Cela faisait un mal fou de le voir s’effondrer de la sorte mais fidèle à lui-même, Michael De Brent se reprit rapidement, très conscient que le moment se prêtait mal aux longs conciliabules.
La suite fut la prévisible. Michael, dûment équipé par un Justin paré à toute échéance alla rejoindre ceux qui réclamaient incessamment sa présence. Samantha serra les poings en jurant entre dents  et s’approcha de son mari, abattu.
 
T’en fais pas pour lui…Il saura s’en sortir…Ce ne pouvait être autrement !
 
Vaillante consolation. Mais l’heure n’était pas aux atermoiements. On passa tout de suite à autre chose. Une réunion d’urgence s’imposait. Tous ceux qui devaient être présents l’étaient. Leurs amis, ceux avec qui ils avaient partagé des aventures singulières et aussi  fêté des événements heureux. Pas un ne manquait à l’appel, même Angel pourtant presque au terme de sa grossesse. Le choix des factions était limité et personne ne s’attarda à donner des longues explications sur sa décision.
Quand tous furent partis, Sam se laissa tomber dans un fauteuil, face au feu, en regardant Justin aller et venir comme ours en cage.
 
Je ne suis pas du tout surprise de leurs choix, dit-elle en rompant le silence réfléchi, pauvre Opal…dur pour elle qu’Erik ait suivi son frère mais c’était tout vu, le contraire m’aurait étonnée…Oui, j’ai pas dit ce que je ferais…tu devrais pourtant t’en douter, mon chéri…Non, ne me regarde pas comme ça…Je ne vais pas rester là, à faire tourner mon resto  ni à seconder la logistique de Max…Demain, j’irai avec toi au Ministère…et postulerai, tout comme J.O, à un poste chez les Aurors…
 

Elle le vit froncer les sourcils, prêt à rebattre sa décision  et énumérer quelques raisons invalidantes.
 
N’essaye même pas, mon amour…Oui, je sais…Lady Davenport et tout le baratin…on s’en balance… Je suis un agent expert, parfaitement entraîné, avec le rang très respectable de lieutenant-commander…une miette en dessous du rang de Major de Westwood et deux de celui de ton pote…comme quoi, inutile de supposer que je vais me tourner les pouces en regardant l’affaire de loin…Tu n’as pas besoin de me recommander, mon chéri…je ferai mes preuves, comme tout et chacun…mais en attendant, allons-nous préparer un gentil dîner…je vais appeler Gerry…
 

 Aurelius Tremayne était un vieux loup rôdé aux arts de la guerre, Auror hautement décoré et promu commandant en chef de la force armée depuis que Shakebolt était devenu ministre. Le retour inattendu des Mangemorts l’avait pris de court, comme à la plupart des sorciers anglais, qui, tout comme lui, avaient espéré avoir vu la fin des Forces du Mal à la défaite et mort de Voldemort. Il était dépassé par les événements et essayait de mettre un semblant d’ordre dans la pagaille initiale. L’optimisme n’était pas de la partie. Réunions hâtives, appel incessant aux anciens avec un résultat qui était loin de le satisfaire : ils manquaient d’effectifs pour faire face à la nouvelle menace. Recruter était la solution mais tous étaient conscients qu’on n’improvise pas un bon Auror en deux temps trois mouvements.
Il avait déjà, ce même matin, transgressé les bonnes vieilles règles aurores en acceptant dans leurs rangs un ex-soldat américain, fils d’un duc anglais. Trop heureux de l’aubaine, Tremayne lui avait décerné le rang de capitaine et expédié rejoindre les autres.
 
Soldat d’élite en plus d’excellent sorcier…qui a mieux ?, avait-il tonné à l’adresse de ceux qui faisaient la moue.
 
Le suivant candidat le laissa comme deux ronds de flan. Une femme. Pas n’importe laquelle. Il la reconnut de suite. Lady Davenport, épouse du colonel Auror du même nom qu’il avait en haute estime.  Le vieux loup se demandait que pouvait prétendre cette beauté là quand avant qu’il puisse en placer une, la belle se présenta :
 
Samantha Davenport, lieutenant-commander du B.I.C, forces spéciales d’intervention, sir !
 
Bien, tout ça…êtes-vous anglaise, madame ?, faute de mieux, celle-là lui semblait une question de rigueur.
 
Non, sir, je suis américaine mais je pense que le moment est malvenu pour les exigences de ce genre, je suis parfaitement entraînée au combat sorcier et moldu. Je pense que c’est un atour dont vous avez besoin compte tenu des circonstances.
 
Elle avait tout bon, impossible de réfuter ses arguments. Tremayne céda. Pas de rang spécial, question de ne pas avoir du tollé. Sam alla retrouver ses futurs compagnons et aurait eu droit à une réception plus enthousiaste si son mari chéri n’avait pas ressenti le vif besoin de mettre quelques points au clair.
 
Merci, mon amour…j’apprécie vraiment ton geste…Non, voyons, je ne suis pas fâchée…je sais que tu te fais de la bile pour moi…Je m’en fous de n’être qu’un simple Auror…je veux prendre part, c’est tout…ce n’est pas pour l’Angleterre que je me bats, Justin…c’est pour nous…pour que notre Vic ait droit à un monde en paix !
 

 L’Ennemi prenait une avance considérable, sans trouver grande résistance. Il jouissait de l’effet surprise sur une force de défense en pleine réorganisation. La Marque était apparue non seulement aux quatre coins du Royaume Uni mais on reportait des faits semblables, mais isolés un peu partout dans le monde.
La visite de Samantha ne  surprit pas du tout Maureen Applewhite et ce fut sans ambages qu’elle partagea les informations récoltées çà et là par ses effectifs et ses satellites espions.
 
Votre mari ne se trompe pas du tout en assurant que c’est une guerre totale, Sam…cette fois, ceux que vous appelez Mangemorts n’ont pas lambiné en chemin ni fait les choses à moitié…Ils comptent avec des mercenaires moldus…des hommes entraînés et prêts à tout. Vous comprenez très bien la teneur de la situation. Comptez sur nous pour toute l’aide nécessaire…Vous devrez contrer cette menace avant que les Moldus ne décident de s’en mêler…On l’a évité de justesse dans le passé…cette fois, ils ne mettront pas tant de temps pour réagir.
 
Tout était dit. Et il n’y avait pas de temps à perdre.
 
Justin, tu dois parler avec Tremayne, avec le ministre…cette affaire va au-delà de toute supposition faite jusqu’ici…Michael a vu juste…ILS ont recruté des mercenaires moldus, de quoi en faire une armée à laquelle on ne peut pas riposter avec nos baguettes !
 
Deux jours plus tard, elle reçut son avancement. Lieutenant-Auror, responsable de l’entraînement avec armes moldues. La plupart de ces braves Aurors, anciens ou nouveaux n’avaient, de leur vie, vu de près une arme moldue. Justin dut prêter main forte. Les premiers résultats ne furent pas trop encourageants. Ces sorciers purs et durs ne prêtaient aucune foi à la technologie moldue, dénigrée par tradition et conviction. Quelques démonstrations à la clé plus tard, Sam avait réduit à néant toute idée préconçue.
 
Soyons clairs…la Magie est sublime, les balles sont plus rapides ! Alors, si vous ne voulez pas vous faire massacrer comme des agneaux vous allez apprendre à vous servir de ces armes…À vous de donner l’exemple, Chef Commandant !
 
Tremayne fit la moue mais s’acquitta. Le fait d’avoir participé à quelques saisons de chasse moldues lui sauva la mise. Non ainsi le reste.
 
Je suis morte, crevée…est-ce si dur ?, se plaignit elle à son chéri, une de ces rares soirées où ils pouvaient être ensemble chez eux, nous mettrons des mois à les rendre capables de se défendre…Oui, je sais…on n’a pas des mois…quelque jours tout au plus…Des nouvelles de Michael et Erik ?...M’en doute…on doit les tenir à l’œil…
 

La situation se dégrada rapidement. L’hiver était rude mais l’exhaustive campagne d’approvisionnement menée à tambour battant par un Max consciencieux avait l’heur de les rassurer. Le bois et le charbon ne manquerait pas jusqu’à l’arrivée du bon temps. Les escarmouches Mangemortes se répétaient à un rythme exténuant. Le moral général restait assez bon mais le 20 Janvier, une attaque massive fut lancée sur le Ministère. Malgré les efforts de défense courageusement déployés, l’Ennemi prit le dessus et aurait fait prisonnier le Ministre et son staff direct si par un bienheureux hasard, ils n’avaient pas réussi fuir in extremis.
 
Shakebolt est formel…Un Mangemort a facilité sa fuite…tu penses la même chose que moi, Justin ?...Oui, c’était sans doute Michael…ou Erik…Ils portaient tous un masque…impossible d’en savoir plus !
 
Réconfortés par l’idée que leurs amis vivaient, ils purent passer une soirée moins lugubre. Le moral général était tombé au 36ème dessous et tomba plus bas que possible le lendemain quand le monde sorcier se retrouva enfermé dans une enceinte aussi invisible qu’impénétrable.
Le quartier général provisoire des forces sorcières, Ministère inclus avait été déménagé, dans l’ancienne demeure Davenport, mais la plupart des Aurors et autres employés se trouvaient au-delà de la frontière établie. La carte de Von Falkenberg régla beaucoup de leurs problèmes en leur montrant quatre différents accès au quartier sorcier.
Sam releva la capuche de sa cape et avança lentement sur les pavés verglacés du Chemin de Traverse. L’endroit ressemblait tristement à un village fantôme. À peine si des timides rais de lumière perçaient à travers  les volets clos et des minces filets de fumée échappaient aux cheminées. Le froid était mordant.
 
*C’est ridicule…on est fin Mars…de l’autre côté le printemps se pointe !*
 
Mais le monde sorcier semblait condamné à vivre sous la neige hibernale. Les ressources ne tarderaient pas à manquer, le réseau clandestin parait au mieux mais les conditions étaient de plus en plus difficiles. Les Mangemorts ne pouvaient pas tarder à se rendre compte que des familles entières leur filaient sous le nez, que les provisions semblaient ne pas tarir, qu’il n’y avait presque plus d’éplorés à quémander des soins à Ste. Mangouste.
 
*Ça ne tarde pas…alors ils infiltreront des espions…*
 

Alors, ma belle, on se promène toute seule ?, s’enquit une voix gouailleuse, suivie de rires avinés.
 
Sam s’arrêta, tête basse, en serrant très fort les pans de sa cape. Elle entendit des pas lourds faisant crisser la neige. Une main l’agrippa au bras, la forçant à se retourner. Trois  hommes d’aspect patibulaire et passablement ivre l’entouraient. L’un d’eux fit tomber la capuche et laissa échapper un sifflement admiratif.
 
Sacrée chance…quelle jolie caille !!!, il lui releva le menton de son gros doigt sale, pas à dire…une beauté…Où vas-tu, ma chérie ?
 

Chez ma sœur, dit-elle sans baisser les yeux, pas de décret qui l’interdît, non ? Laissez-moi passer !
 
Elle veut passer !, rigola l’un d’eux, elle veut filer…on va pas la laisser…
 
Je ne veux pas d’ennuis,
répliqua t’elle, très sérieuse en fermant la main sur la crosse du pistolet sous sa cape, je n’ai rien fait de mal…ce n’est pas encore l’heure du couvre-feu !
 
Tout comme si, mon poussin, ici c’est nous qui décidons…et bien, c’est l’heure du couvre-feu !...C’est nous les Maîtres…tu comprends ça, ma jolie ?, s’esclaffa la troisième en montrant sa Marque hideuse.
 
Une porte s’ouvrit quelque part, un volet grinça. Un bruit de pas, on approchait rapidement.
 
Pas ici, pas ce soir !, dit Sam avec un drôle de sourire en reculant d’un pas puis d’un autre.
 
Ils avaient tiré leurs baguettes mais elle fut plus rapide, et les visa de son pistolet.
 
Je suppose que vous savez de quoi il s’agit…Beretta 9mm, 15 coups…et je suis une excellente tireuse, vous n’avez aucune opportunité…le temps d’épeler le moindre sort et vous êtes morts, tous les trois !
 

Quatre hommes, une femme. Baguettes brandies les uns, deux autres arme au poing. Ils délestèrent les Mangemorts de leurs bouts de bois. Un Imperium au trio et le cortège se mit en marche sans avoir échangé un mot, uniquement un hochement de tête, avec Sam qui continua son chemin jusqu’à une venelle déserte où elle tourna à droite et avança jusqu’à une porte à laquelle deux coups brefs furent frappés.
 
Désolée du retard, mauvaises rencontres mais ça fera déjà trois de moins…Dépêchons nous, on nous attend…la commande est prête !
 

Au point de rencontre prévu, ils trouvèrent une femme enveloppée d’une cape sombre, nul ne vit son visage. Ils  vidèrent la caisse d’armes et munitions miniature, qu’un coup de baguette suffirait pour rendre à la taille normale et un petit émetteur-récepteur  spécialement conçu dont le signal  passait le barrage. Ils repartirent sans faire de commentaires, se perdant rapidement dans la nuit.
 
Rentrons, ma chérie… Justin, s’il est rentré, risque de faire une jaunisse…et me doute que Max ne serait pas heureux non plus…Seigneur, ce qu’il fait froid ici !
 

Il neigeait dru quand elles se faufilèrent dans l’ombre glaciale. À peine sorties de l’autre côté, l’air presque doux de cette nuit de Mars les fit soupirer d’aise.
 
On y arrivera !, dit doucement Sam, en quittant son amie.
 
L’espoir fait vivre, dit-on et, pour le moment, mis à part leur ruse, c’était à peu près tout ce qui leur restait…
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Re: la der des ders...?

Message par Justin Davenport le Dim Nov 16 2014, 07:47

Non, Justin n’aimait pas du tout ce qui se préparait. Il était plus que clair qu’ils étaient de retour et qu’un énorme coup se préparait. Devoir laisser partir Michael fut très dur à encaisser mais qu’Erik veuille y aller aussi lui sembla folie. Néanmoins lorsqu’un De Brent a décidé quelque chose personne ne peut le freiner, il l’avait maintes fois appris à ses dépens.
Pour discuter, cela discuta. Un nouvel ordre du Phénix s’établit avec Mrs. McGonagall à sa tête, de quoi rassurer un peu. Son ex-professeur de métamorphose était la plus qualifiée à ses yeux puisqu’elle avait déjà accompagné les deux ordres précédents.  Que J.O désire adhérer aux Aurors était très logique et, bien sûr, John suivit. Opal lui faisait de la peine de la voir, perdue sans son Erik et avec ses enfants aux antipodes.  Elle rallierait l’ordre, le plus probable.  D’aucuns auraient pu penser que Max Von Falkenberg était un lâche de ne pas s’engager dans la lutte armée, pas Justin qui avait fini par apprécier cet ex-Serpentard. Mais, quand Max imposa presque à son épouse de rester médecin à l’hôpital, il capta le regard d’Ysaline et ne put s’empêcher de rigoler intérieurement :
 
*Encore un qui ne comprend pas sa femme…*
 
Rira bien qui rira le dernier…
Le soir-même des précisions de choix, Sam dévoila calmement son jeu quand il l’interrogea sur ses propres desseins :
 
Oui, j’ai pas dit ce que je ferais…tu devrais pourtant t’en douter, mon chéri… *Pas çà…* Non, ne me regarde pas comme ça…Je ne vais pas rester là, à faire tourner mon resto  ni à seconder la logistique de Max…Demain, j’irai avec toi au Ministère…et postulerai, tout comme J.O, à un poste chez les Aurors…
 
Depuis le temps, il connaissait Sam. Il la savait parfaitement capable d’efficacité mais ne put s’empêcher de râler.   
 
Ok, je te recommanderai, faciliterai ton admission, et…
 
Que nenni ! Lady Davenport entrerait en guerre par la petite porte, comme tout le monde !   
 
Réunions par-ci, examens des recrues par-là, débats en longueur de défenses ou d’attaques le colonel Davenport en vécut des vertes et pas mûres. Il rigolait pour lui-même en imaginant la tête que tirerait ce vieux Tremayne, le recruteur actuel. Mais il ne put s’empêcher d’aller passer un savon bien senti au scribouillard dès qu’il reçut la notification de la position de Sam sur l’échelle :
 
Vous vous fichez de moi Tremayne ? Lady Davenport est un agent TRÈS spécial ! La confiner là, c’est comme mettre un aigle avec des moineaux !
 
Enfin… Sam ne se plaignit pas.  
 
*Pauvres d’eux…*
 
Les premiers jours furent très durs en tensions plus qu’en actes. Mrs. McGonagall, au moins, avait la tête froide et des idées claires. L’enseignement du 2ème trimestre à Poudlard fut radicalement axé sur la DCFM mais pas que pour les élèves ! C’est fou le nombre d’engagés qui ne connaissaient même pas le bombarda ni l’expluso !
Un soir, il reçut la visite d’un très beau chat tigré. Poil assez gris, mais soyeux encore, il se transforma en la vieille dame appréciée :
 
Justin, il faut faire quelque chose ! Potter s’en sort bien avec les jeunes mais pas avec les adultes…
 
Euh… je peux vous trouver un autre prof, si vous voulez… 

Je l’ai, ce prof : TOI ! Ne tire pas cette tête, Justin. Tu fréquentes depuis suffisamment longtemps les Serpentards pour avoir plus appris que n’importe qui…  
 
Je… je n’ai pas le temps… ici aussi on a besoin de moi, et…
 
Qui te parle d’un boulot à plein temps ? Quelques heures par jour, pas plus…  
 
On ne résiste pas à Minerva, pas lui en tout cas.  Il osa émettre une suggestion, en fait la suggestion que Sam lui avait soumise peu avant :
 
J’accepte si, en retour vous accepterez aussi l’entraînement aux armes moldues.
 
La vieille dame accrocha son cœur, l’air effaré :
 
Des armes moldues à Poudlard ? Mais, mon enfant, c’est impossible…
 
Pourquoi non ? Lisez ces rapports confidentiels, vous comprendrez mieux urgence et nécessité.
 
Elle dévora les feuillets, horrifiée des faits exposés : ça bardait partout dans les mondes tant sorciers que moldus.
Et, en plus de son boulot, Justin devint instructeur. Pas évident du tout…
Smith avait fourni – Dieu sait par quel biais – des caisses d’armes et des munitions. Au moins ça… Mais les sorciers étaient durs à la détente au propre comme au figuré. Souvent, dans les simulations, les recrues dégainaient… leur baguette. Après 14 heures d’enseignement, peu évoluaient. Justin décida de porter un grand coup. Quoi de mieux qu’une démonstration fracassante pour prouver la nécessité d’action ?
Il s’arma d’un automatique chargé et engagea Potter à la lutte :
 
Choisis une autre baguette que ton habituelle, s’il te plait.
 
Le « gamin » s’exécuta après un choix difficile qui lui convenait quand même.
Placés à une quinzaine de mètres l’un de l’autre, armes brandies de part et d’autre, Justin ordonna :
 
Quand tu veux, Harry !  
 
Les spectateurs s’attendaient sûrement à voir le grand Potter désarmer ou expédier son opposant dans les airs quand, à la stupéfaction générale, la détonation du Browning les assourdit tout en fracassant la baguette d’Harry.
 
Comprenez-vous maintenant que ces machins vont plus vite que n’importe quel sortilège, même informulé ?  
 
On progressa enfin.  
Il voyait peu Sam. Il savait qu’elle aussi progressait. Souvent trop claqués pour causer longuement, les Davenport se croisaient ou si l’un rentrait l’autre dormait, ainsi de suite.
Le 20 au matin, Justin eut la surprise de découvrir un petit avion messager posé sur son bureau. Déplié, celui-ci lui révéla l’impensable. Il vola au 1er étage, réclamant d’urgence le ministre.  
 
Que voulez-vous Colonel ? grogna Shacklebolt de fort méchante humeur après une nuit d’insomnie.
 
Monsieur le ministre : ILS vont attaquer ce bâtiment !
 
Vous déraillez, laissez-moi vérifier ces dossiers, et…
 
Lisez ! C’était sur mon bureau…
 
L’autre lut et haussa les épaules :
 
Un plaisantin. C’est sans intérêt.

Ce plaisantin, comme vous dites, c’est Erik Nielsen qui s’est volontairement infiltré chez eux !

Je peux prouver que ça émane de lui.
 
De son portefeuille, Justin brandit une prescription d’Erik. Les similitudes d’écritures étaient flagrantes.   
Shakelboldt ajusta ses lunettes, compara, fit la moue :
 
Vous êtes malade, Colonel ?
 
Pas grave, un truc de prévention mais ce n’est pas le point. Nielsen nous avertit !
 
Qui vous dit qu’il ne s’agit pas d’une ruse pour prendre le bâtiment plus facilement, nous faire déserter ?
 
Parce que je connais très bien le Dr. Nielsen et ses convictions !
 
On s’affronta verbalement puis le Ministre soupira :
 
J’en réfère immédiatement avec le conseil.
 
Justin insista, il voulait assister aux débats.  
Palabres, palabres, réfutations, hésitations. Un long, long temps s’écoula avant que les andouilles acceptent un compromis. Des directives enfin claires, précises, fusèrent. On allait déménager les têtes pensantes dans un nouvel endroit qu’il faudrait sécuriser mais, pour éviter de donner l’alerte aux assaillants – s’ils débarquaient réellement – il ne faudrait pas leur laisser le champ libre trop facilement. Justin ne démordit pas là-dessus :
 
Il n’est pas question qu’ils apprennent que l’on nous a avertis, cela ferait sauter des couvertures.
 
Jamais le nom d’Erik ne fut prononcé, Justin y tenait. Seul Shacklebolt était au courant.
Et l’attaque eut lieu. Bigre, les gars étaient nombreux, pas mal entraînés en plus : un vrai raz-de-marée. L’ensemble du ministère avait vidé le bâtiment mais le capitaine refusait d’abandonner le Titanic. De force, Justin le poussa hors de son bureau. Ils ne purent traverser que trois couloirs avant que des masques leur tombent dessus. Quatre face à deux dont un ministre au teint gris de trouille. Justin ne comprit pas immédiatement ce qui se passa dans cet engagement car, à peine levait-il sa baguette qu’il vit un des Mangemorts fustiger ses comparses avant de… le saluer.
Aucun doute n’habitait Justin, il devait son salut et celui du Ministre à son pote Michael. Un sourire, un geste bien connu de reconnaissance, il dégagea vite fait avec son fardeau.
 
L’annonce de la chute du ministère fit grand bruit, cependant plus que les cris du 1er enfant des Westwood.  
 
Sam ne s’étonna pas de voir débarquer Justin un peu dépenaillé quoiqu’elle ne semblât pas se douter un instant qu’il avait été de la lutte, tant mieux. Il se fit vague quand elle dit :
 
Shacklebolt est formel…Un Mangemort a facilité sa fuite…tu penses la même chose que moi, Justin ?...
 
Un de nos amis, sans doute…
 
Une soirée de repos ? La première depuis longtemps, peut-être la dernière avant plus tardif encore…
Il ne désirait pas de conflits avec son épouse, préférant éviter qu’elle sente combien il se tracassait pour… tous. Alors, on fit mine de rien, taisant ses craintes profondes, bavardant de tout et n’importe quoi en évitant les mauvais sujets comme de se raconter leur journée.  Impossible pourtant de ne pas deviner que sous ses airs paisibles, Sam tramait des trucs bien secrets. Ils n’allumèrent pas la télé, ni la radio, veillant à la chandelle pas que pour économiser l’électricité qui devenait aléatoire.
Ils purent téléphoner à Gerry, s’enquirent de Vic via l’ordinateur puis, simplement cuisinèrent avant de s’étreindre en douceur sur le divan où ils s’endormirent, claqués.  
Les jours suivants furent encore plus infernaux de part et d’autre des mondes. Justin, ainsi que les autres Aurors se rendit fréquemment au nouveau quartier général du ministère en déplacement. Il eut beaucoup de mal à empêcher la diffusion des informations sur la radio pirate des sorciers comme quoi le ministre était sauf et que tous travaillaient activement. Cela barda plus d’une fois devant son obstination à taire des trucs. Shacklebolt enfin convaincu, n’admit plus autour de lui que des conseillers pointus, un staff restreint auquel Justin prit encore plus d’ascendant, y introduisant également J.O et Smith, les seuls sur qui on pouvait réellement compter sans risquer de fuite. Ceux-là étaient en relations directes et fréquentes avec les cousins d’Amériques qui dégustaient aussi.
 
Ça y est, soupira Justin au staff : ils ont bouclé le monde magique de celui des moldus. Les vérifications sont probantes et les rapports indiquent que la sélection raciale a commencé en force. Là-bas, l’hiver règne en permanence, privant des centaines de foyers de chaleur, de nourriture. Max Von Falkenberg, un pote…

 Non engagé ! releva le ministre, l’air dédaigneux.
 
Les demi-frères et Davenport n’hésitèrent pas à lui aboyer dessus pour l’empêcher de dénigrer davantage leur ami. Lorsque la mini tempête verbale cessa, Justin reprit calmement :
 
Je disais donc que Max m’a transmis ceci.
 
La carte aux passages secrets se révéla. Du coup J.O se souvint s’être paumé une fois dans le parc des Gilmore, être tombé, avoir erré avant de se retrouver aux abords de Poudlard.
 
Ça a dû te prendre des jours de marche ? s’étonna Justin.
 
Mais non ! Selon J.O la longueur des tunnels était virtuelle, magiquement raccourcie. Un spectre lui avait barré le passage, réclamant l’anneau ducal pour avancer encore.
Évidemment, la fois d’après, J.O le possédait…
 
Génial, dit Justin. Je vais pouvoir reprendre mes cours à Poudlard !
 
On se ficha de sa poire en ne voyant pas l’intérêt de prendre des cours.
 
Je n’étudie pas : j’enseigne !  
 
Tant pis si ça faisait rigoler. Nul pourtant n’ignorait que Davenport n’était pas que maître en affaires et cuisine.
Les plans des réseaux s’étoffèrent de nouveaux boyaux. On allait pouvoir soutenir activement la résistance locale et aller frapper, en douce, ceux qui se croyaient intouchables.
 
Cette nuit-là, Justin connut une échauffourée très sérieuse. Apparemment, les adeptes du nouvel ordre sorcier disposaient d’un signal inconnu afin de démasquer les espions. Son déguisement était parfait pourtant. Qu’est-ce qui foira ? Au moins, les opposants n’avaient pas pensé à installer des antitransplanages, sans ça… Il soignait à la va-comme-on peut ses bobos dus aux sorts et chute dans le tunnel quand Sam rentra tardivement. Immédiatement, elle prit le relai des baumes et bandages.
 
…C’est rien, juste une altercation… et toi, d’où sors-tu ?
 
Oui, même entre eux des secrets existaient. On les libéra devant un bon plat de pâtes très spéciales.  
 
Ainsi, Lady Davenport était fournisseur d’armes ? Il rigola.  
 
Moi, j’enseigne l’attaque et l’usage des flingues à Poudlard, entre autre… là, me suis fait surprendre en train d’écouter l’ennemi. Saurais-tu des trucs sur un mot de passe, un signe de reconnaissance infaillible entre ces gens ?  
 
Elle avait capté des choses sans les comprendre jusque-là. Le lendemain, Justin la fit monter en grade et l’admit au nouveau Staff.
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Re: la der des ders...?

Message par Samantha Forrester le Dim Nov 23 2014, 18:46

Temps étranges, ceux-là ! 

Auror : membre d'une élite spéciale du Ministère de la Magie.   Sam regarda l’enseigne qui l’accréditait comme tel et la retourna un moment entre ses doigts avant de la balancer, sans le moindre respect, sur sa coiffeuse. Elle avait imaginé l’affaire tout autrement et ne pouvait que se déclarer déçue.
 
*Vaillante élite spéciale…ça fait un bail, qu’elle est passée, sa gloire !*
 
Ce n’était pas seulement le nombre insuffisant d’effectifs mais aussi leur peu pratique notion de discipline. Chacun se voulait plus savant que l’autre et ceux qui avaient combattu lors de l’ère Voldemort, se gaussaient d’une suprématie couronnée de lauriers. Les femmes Auror étaient rares et devaient se hisser avec grand effort hors de l’ombre masculine qui dominait la scène et le faisait sentir.  Que Samantha démontre rapidement sa supériorité et devienne instructrice, ne lui fit pas gagner des sympathies et le fait qu’elle soit l’épouse du colonel Davenport n’arrangea décidément pas les choses. Au moins personne ne pourrait parler d’abus de charme pour soumettre ses collègues réticents compte tenu que dès le premier jour elle avait ajouté une bonne dose de potion anti-vélane au thé qu’ils buvaient à toute pause.
L’instruction sur usage d’armes moldues progressait lentement. Il n’y a pas de plus sourd que celui qui ne veut pas entendre !  Sam prenait son mal en patience et entre ceci et cela, occupait son temps à d’actions plus fructueuses. Elle soupçonnait Justin de faire de même, car supposer qu’il passait le plus clair de son temps dans le bureau du Ministre était tout simplement absurde.
Le réseau clandestin s’élargissait, s’activait. Aux passages connus grâce à la carte de Max s’étaient ajoutés d’autres, apparemment toutes les grandes demeures de sorciers vivant côté moldu comptaient avec leur accès secret au monde sorcier, ce qui était un avantage mais aussi  un danger. Pas toutes les familles sorcières n’étant pas foncièrement fidèles à la bonne cause.  C’est ainsi, qu’une fois liste en main de ceux censés ne pas être du bon côté, un groupe de loyaux dont Sam, avaient formé une équipe de sapeurs qui fit consciencieusement sauter  certains passages jugés aptes pour le mauvais usage.
 
Si plainte…qu’on nous traîne en justice !, assura t’elle une fois le dernier passage  mis hors’ service, il s’agissait de celui reliant le Manoir Malfoy à l’Allée des Embrumes.
 
Il restait bien un nom sur sa liste, mais elle ne voulut pas y toucher, pas encore, et bien entendu n’en fit pas part à l’équipe de sapeurs.
 
*S’il se trouve, Michael saura en faire bon usage !*
 
Le trafic d’armes allait bon train. La cave des Von Falkenberg, transformée en dépôt, recelait un véritable arsenal qu’Ysaline et Sam écoulaient savamment. Le seul hic de cet arrangement était l’ignorance de Max quant à cet arrangement jusqu’à un certain soir où il découvrit le pot aux roses. Ysaline ne donna pas de détails mais on pouvait se douter que la mise à jour n’avait pas été des plus plaisantes.
 
*Pas la joie…mais faut ce qu’il faut !*
 
Comme espionner un peu chez l’ennemi, par exemple. Rien de bien méchant, juste se mêler au petit monde ténébreux de l’Allée. Polynectar aidant, Sam  prenait l’allure d’une vieille sorcière dont l’aspect rébarbatif  la laissait passer absolument inaperçue. Alors, elle observait à son aise, écoutait des échanges qu’autrement jamais elle n’aurait écoutés, se moquant parfois d’une voix cassée mais gouailleuse, se faisant rabrouer entre gros rires.
La « vieille » n’avait pas bougé de sa place, emmitouflée dans sa cape mitée, sans se soucier de la neige qui tombait doucement. L’altercation, à trois pas d’où elle se trouvait retenait toute son attention.  Quatre conte un, qui était en mauvaise posture. Et se fit rosser en conséquence, l’affaire serait allée plus loin, s’il n’avait réussi à prendre la poudre d’escampette et trasplaner.
 
Ces imbéciles !, grommela un des quatre, ils croient que c’est facile de nous berner…Heureusement qu’on l’a, notre truc…
 
Rigolades, tapes dans le dos en regardant une espèce de pièce, qui disparut vite dans la poche de  la grande gueule de service. Ils bavardèrent encore un moment avant de se séparer.  L’un d’eux s’engagea dans une venelle sombre, les autres trois entrèrent dans un pub enfumé. Ils auraient été bien surpris de voir la vieille femme se relever prestement et suivre leur camarade.  Il ne sut jamais ce qui s’était passé dans cette ruelle solitaire.
 
Le petit pavillon du jardin servait parfaitement pour ses arrivées intempestives après une mission d’observation. Elle attendait que les effets du Polynectar s’estompent, se changeait et regagnait la maison en pensant que faire de sa soirée solitaire…mais ce soir-là, ô surprise, Justin l’avait devancée.
 
Mais…Mon Dieu, qu’est ce qui s’est passé !?...Justin…tu es blessé !
 
C’est rien, juste une altercation.
 
Oui…une fameuse raclée…laisse-moi m’en occuper, mon chéri !, elle s’activa avec baumes et bandages, tu auras un peu mal mais rien de cassé, une chance…Mauvaise rencontre ?
 

Plutôt contre question.
 
Et toi, d’où sors-tu ?
 
Sam vérifia le dernier bandage et se redressant le dévisagea avec un sourire en coin.
 
Par là…Tu ne crois pas, Justin, qu’il est grand temps d’arrêter avec les cachotteries ?...De se raconter des histoires à la con comme si on ne savait pas ce qui se passe ?, elle l’embrassa tendrement en passant ses doigts dans ses cheveux humides, on est assez grands pour assumer, non ?...Viens, faisons ça sympa…j’ai envie de manger des pâtes…Linguini alla verità…ça te dit ? 
 
Il accepta sans hésiter. Qu’elle avoue s’adonner au trafic d’armes le fit rire, pas moins qu’elle ne le fit en l’imaginant en instructeur à Poudlard.
 
Là, me suis fait surprendre en train d’écouter l’ennemi. Saurais-tu des trucs sur un mot de passe, un signe de reconnaissance infaillible entre ces gens ?
 

Petit sourire malin en levant sa coupe de vin.
 
Je sais beaucoup de choses, mon colonel…entre autres que ce n’est pas un mot de passe…c’est plutôt ÇA!, d’un geste de magicien de cirque, elle fit apparaître une monnaie en or, et ce n’est pas un Gallion…regarde-là bien…en tout cas, le Nouvel Ordre s’en sert comme signe de reconnaissance…celle-ci, je l’ai tirée de la poche d’un des types qui t’ont rossé …tu vois bien…qui fait attention à une pauvre petite vieille ?
 
En tous cas, lui, fit très attention, c’est vrai qu’elle avait décidément meilleure allure que peu auparavant.
Sa promotion et admission au nouveau Staff en fit râler plus d’un, on parla très vite de favoritisme, abus de pouvoir et autres aménités du genre, que Sam ignora carrément pour continuer de faire son travail avec plus d’énergie, si possible.
À la mi-Mars, la situation connut une tournure inattendue quand Michael s’arrangea, enfin, pour donner de ses nouvelles, sans qu’on sache, pour le moment, comment et pourquoi il avait choisi Megan Smith pour lui remettre un CD recelant des précieuses informations.
Dûment équipée et entraînée, la Résistance, pour une fois, en action conjointe et parfaitement synchro avec les Aurors infligea une grave défaite au Nouvel Ordre en détruisant le Ministère. La prestation, tout feu et flamme, d’un grand Noir des Hébrides, scella avec éclat cette première et notable victoire.
Réunion au Ministère, tout le monde était joyeux, célébrant la défaite de l’ennemi. Beaucoup croyaient voir déjà la lumière au bout du tunnel. Sam ne resta pas longtemps, elle n’était pas aussi optimiste que ses collègues mais ne voulait pas non plus jouer les trouble-fête. Rentrée chez elle, son unique souci fut de pouvoir téléphoner à Miami. Les nouvelles étaient plutôt réconfortantes de ce côté-là. Peu de grabuge, quelques émeutes avaient été matées non plus par la Police mais par la Garde Nationale. Le temps était au beau fixe et Vic grandissait à vue d’œil, couvée d’amour et protection. Elle essaya de minimiser les problèmes anglais mais Gerry ne fut pas trop dupe et changeant de thème raconta n’importe quoi, en la faisant même rire alors que son cœur se déchirait et une folle envie de pleurer lui nouait la gorge.
 
*Surtout ne pas craquer…c’est pas le moment !*
 
La disparition d’Opal et Angel mit tout le monde sur des charbons ardents mais contre toute attente, les deux jeunes femmes furent de retour sans avoir subi aucun mal mais ayant une extraordinaire histoire à raconter. Que le Nouvel Ordre ait requis de leurs services pour faire plaisir à une dame exigeante  était en soi assez surprenant, mais quand Opal dévoila l’identité de la dame, il y eut de quoi tomber à la renverse.
 
*En plus de guerre…on aura un drame passionnel !*
 
Mais au moins, on savait qu’Alix et les  infiltrés étaient vivants. Ces derniers en outre semblaient gravir rapidement des échelons et jouir de plus de liberté de mouvement, ce qui leur permettait de filtrer des informations vitales, comme celle qu'Erik leur fit parvenir:

On est au courant des passages secrets. Des fantômes exigeants les gardent, encore heureux. Il existe des traîtres aussi, soyez vigilants. Ce qu’il est primordial d’assurer actuellement est de connaître pourquoi cette pourriture d’Eridan veut s’accoupler, lui qui ne prise que les jeunes garçons.

Il y avait, en effet, de quoi se poser des questions. Eridan? Personne ne semblait avoir entendu parler de lui, pas plus que de ses préposés qui répondaient à des noms assez farfelus, si en croyait à ce qu'avait transmis Michael dans son CD.

Zhadil, Zaurak, Beid, Keid, Theemin...cela me dit bien quelque chose, soliloqua Sam avant de sauter de son siège et sortir en courant pour revenir peu après avec un gros livre d'Astronomie, ne me regardez pas ainsi...je savais que
ça correspondait à quelque chose...et voilà...ce sont tous des noms d'étoiles...des étoiles de la constellation d'Eridan...comme quoi, on a affaire avec un cinglé qui se prend pour un astre brillant...au moins, il a l'heur d'être plus imaginatif que Voldemort qui était...euh, plus terre à terre!

Ce qui ne les avançait pas plus. Imaginatif ou pas, l'ennemi demeurait tel et n'était pas moins dangereux.

*Perverti souffrant de folie des grandeurs et aimant l'astronomie...combinaison plutôt débile...tant qu'il ne sort pas avec le numéro de la supernova...*

Temps incertains, tantôt d’un calme trompeur, tantôt rompus par un éclat brutal. Les rencontres avec les amis s’étaient espacées à peu ou pas du tout. Chacun courait de son côté, occupé  à son apport personnel à cette guerre. John semblait se la jouer sur plusieurs fronts à la fois mais même sa femme n’aurait su dire ce qu’il faisait exactement. Max entretenait son réseau clandestin ainsi que, on le sut plus tard, d’extraordinaires relations avec les gardiens des passages. J.O passait le plus clair de son temps en mission pour les Aurors mais entraînait aussi la population civile. Opal, Angel et Megan faisaient tourner le restaurant tout en glanant d’intéressants renseignements.
Avril s’annonçait splendide hors du Dôme. Sous la coupole invisible l’hiver sévissait toujours. Le 3 Avril le Duc de Gilmore et son cousin James Oliver Westwood furent enlevés au domicile du premier, les déclarations d’un domestique décomposé permirent d’établir clairement l’identité des ravisseurs : des Mangemorts.
Le 5 Avril (jeudi), deux attentats à la bombe en plein centre de Londres commotionnèrent l’opinion publique nationale et internationale. Celui au Parlement, causa surtout des dégâts matériels mais celui de Picadilly eut un lourd bilan de victimes civiles, soulevant une houle de panique au sein de la population moldue. On mit un certain temps à associer ce dernier fait à la disparition de Max Von Falkenberg.
Mais on était loin du compte quant aux mauvaises nouvelles. Au début de la deuxième semaine d’Avril, les forces du Nouvel Ordre occupèrent Poudlard.
 
Ils se sont servis de certains passages tenus pour secrets…et maintenant, ils retiennent les élèves comme otages !
 
Sombres jours en perspective…
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Re: la der des ders...?

Message par Justin Davenport le Ven Déc 12 2014, 11:14

Lorsque l’on est amené à prendre des décisions difficiles, il est parfois dur de savoir si l’on a raison ou tort.  Pour une fois, Justin la mit en veilleuse. Il haïssait l’idée que son pote soit parti en guerre …sans lui, qu’Alix soit livrée à Merlin sait qui ou quoi, qu’Erik ait suivi la même voie aléatoire. Qu’en plus sa fille soit loin d’eux, et imaginer Samantha impliquée à fond… voilà de quoi commettre des erreurs de jugements. Unique certitude : l’ordre devait régner.  Peu importait les considérations personnelles dans le cas présent. Fallait faire avec, point.
Sam qui s’y connaissait mieux que lui en maints domaines débusqua des similitudes troublantes entre les noms des responsables et certains astres :
 
Zhadil, Zaurak, Beid, Keid, Theemin... .ce sont tous des noms d'étoiles...des étoiles de la constellation d'Eridan...comme quoi, on a affaire avec un cinglé qui se prend pour un astre brillant...     
 
Belle perspective mais on n’avançait pas pour autant.  
Qu’un soir solitaire chez lui, Davenport reçut les Smith au comportement bizarre ne le surprit pas plus qu’ainsi. Megan prétendit, avec justesse, avoir croisé Michael qui lui avait remis alors un CD dont la lecture les rendit paf. John savait comment utiliser ces infos, le veinard !  Justin se sentit frustré, à la limite du vexé d’être si… nul. Il servait à quoi ? Servir, éduquer des gens obtus ??
Il progressait à Poudlard, au moins un peu lors des heures creuses au ministère provisoire où
Shaklebolt le débectait par son inaction notoire.
 
*Faut croire que la fonction entraîne la trouille… pour rester aussi passif…*
 
Via les réseaux secrets, la résistance tenait, déjà ça !
 
 De ce jour-là, Justin devrait se souvenir le reste de sa vie.  Il s’entretenait avec Mrs. McGonagall quand Ça se produisit.  Ça, c’était l’inimaginable : la prise de Poudlard !  
Tels des diables sortis de leur boîte, ils surgirent en nombre et force.  L’alarme fut donnée mais, très vite – trop – les élèves furent cernés, professeurs détenus.  
 
Madame la directrice, il y a un passage qui nous permettrait de…
 
Non, avait tristement souri la vieille dame. Poudlard meurt mais ne se rendra jamais !
 
Ensemble, depuis la fenêtre du bureau, ils avaient assisté à l’attaque éclair.  Du vite fait très bien fait, sans morts encore à déplorer, juste quelques blessés très légers.                      
 
Justin, partez. Je le dis sérieusement : fuyez.  
 
JAMAIS !
 
Cette racaille ne tuera jamais l’esprit de cette école, j’en fais serment. Mais votre famille et amis ont encore besoin de vous. Votre sacrifice serait vain : fuyez !  
 
Il entrevit Sam, Vic, Michael, Opal dans une sorte de flash mais fut stupéfixé avant d’avancer ou reculer pour se retrouver roué de coup sous des rires gras :
 
Un colonel ? Ô la belle prise ! Qu’est-ce qu’on en fait ?
 
On l’entrave, l’amène en bas, que tous voient qu’ils sont sans défense.  
 
 Instant de bref répit sans attaques physiques.  
Les salauds d’envahisseurs firent défiler tous les élèves devant les profs rescapés et leur directrice saucissonnée.  Triste spectacle.  
 
Voyez, et apprenez ! La loi du plus fort est toujours la meilleure…
 
Tiens, vous citez Jean de Lafontaine, fabuliste moldu par excellence, crâna Minerva.
 
 Cela lui valut un doloris de derrière les fagots, au grand dam d’un Davenport réduit à l’impuissance.
 
*Tu ne l’emporteras pas au Paradis, crapule ! *
 
Il se démena tellement qu’on s’amusa beaucoup à ses dépens.
Il s’évanouit une durée incertaine. Rompu de partout, il souleva une paupière bouffie face à l’environnement glauque. L’image se précisant, il se mordit la lèvre tuméfiée pour ne rien laisser transparaître de ses soudains sentiments joyeux :
 
*Michael ? Oui, c’est lui…*
 
Impénétrable, l’homme en noir l’apostropha mi-surpris mi-inquiet :
 
 Mais que diables fous tu ici ?   
 
Jouer le « jeu », montrer une pseudo haine :
 
Suis pas comme toi qui vires de bord au plus offrant, salaud ! J’apprends aux mômes à résister, moi !  
 
 Tu as le sens de l’opportunité…donner des cours ? Fichu Serdaigle…
 
Puis, le ton arrogant se transforma en murmure :
 
Où est McGo ?...
 
Dans son bureau, en mauvaise posture…  
 
Me ferai tuer mais vais te sortir de là…promets-moi de ne jurer aucune allégeance, ok ?...Tiens bon, Justin…
 
Justin haussa le ton, provocateur :
 
Fils de pute ! Si tu crois que je vais renoncer, tu te goures !!
 
Le temps d’un clin d’œil complice, il se prit un coup de plus.  Bah… la sauce avait pris pour l’auditoire…  
Une prière insensée émergea dans l’esprit embrouillé de Davenport. Si farfelue que ça ? Restait à le prouver. Tout loyal Serdaigle avait le pouvoir d’appeler à l’aide le fantôme de sa Maison. Aussi, Justin n’hésita pas à requérir le soutien de la dame grise emblématique qui se rendit alors visible à ses seuls yeux. Terrible effort pour cette grande timide.   
 
Tu m’as invoquée, je réponds.
 
*Noble dame, je suis peiné de vous ennuyer mais votre soupirant a été très vilain…*
 
C’est dans ses habitudes, hélas ! Je ne le contrôle pas, pas plus que les autres fantômes…
 
*Il ne faut pas que plus d’ignominies s’accomplissent ! Libérez-moi si vous ne pouvez agir par vous-même ! C’est votre devoir…* 
 
Que risquait-il à tenter le coup ? Mimi Geignarde avait su expédier un bouquin depuis ses tuyauteries ordinaires… Pourquoi Helena ne secourrait-elle pas un de ses disciples ?
Bingo !!
Une dague effilée rejoignit les poignets entravés dans le dos d’un calamiteux dévot.
Libre ? Libéré en tout cas. Brièvement, Justin remercia l’intervenante puis joua les inconscients, le temps de ramper vers l’un ou l’autre élève tout en recommandant le silence.  
Dur, très dur de ramper de l’un à l’autre sans éveil de suspicion. Mais quatre le furent, les plus aguerris aux yeux de leur prof :
 
On y va en douce, chuchota-t-il…
 
 Apparemment, il se préparait quelque chose à l’extérieur puisque leurs gardes fixaient les carreaux plus que les captifs.  Pas de baguette, pas d’automatique à portée. Pas évident, le deal.  
 
*faudra que j’apprenne à devenir animagus…*
 
Il ne restait que la bonne vieille méthode.  
 
Chahutez !! ordonna-t-il à bas bruit aux entravés qui n’avaient rien raté de la manœuvre entamée.
 
Fatalement, un des matons se retourna vers eux pour maîtriser la rébellion en cours.  
Justin détestait briser des nuques à mains nues, un tranchant au larynx fit l’affaire. Bon, le voilà fin avec un bois inadapté certes, mais magique quand même. Un œil au dehors le glaça.
 
*Un peloton d’exécution ?*
 
 Ils étaient huit à cerner un Potter agenouillé tandis qu’un futur bourreau prononçait la sentence mortelle :
 
Toi, dont nous raierons définitivement le nom ce jour, tu es responsable d’une séparation effroyable. Sache que ta tentative a été vaine : IL VIT, IL VIVRA À JAMAIS !
 
Des baguettes se levèrent dans un « bel » ensemble. Justin brandit son quasi inutile bois pour contrer mais, au lieu de l’avada présumé, précéda une détonation bientôt suivie d’autres.  
Cela ne pouvait signifier qu’une chose : la résistance était là ! Sam, peut-être ?  
Tout s’enchaîna dans une spirale ahurissante.  Stupéfaits, les ennemis semblèrent désorientés, ce dont profitèrent les opposants. Potter, à sauf, ne joua pas les héros, s’aplatissant alors que sorts et tirs d’armes moldues se succédaient.
 
Libérez-les tous ! hurla Justin à ses élèves tandis qu’il anéantissait les quelques gardiens sous le choc du spectacle externe.
 
Lui, il pensait à McGo et Michael ; il fonça vers les étages. Zut, une guibole fonctionnait de travers, sans compter une bizarre angulation de mâchoire.  Clopinant, il parvint à son but et se pencha sur la directrice amochée :
 
Suis tellement désolé, ça va quand même ? Où est Michael ?
 
Là où il doit être comme toujours, sourit faiblement McGonagall avant de fermer des paupières lourdes.
 
Non loin, un corps abattu  par tir à bout quasi portant.  
 
*Signé Michael !*
 
 S’occuper de Minerva, agencer la scène de crime, ne prit que quelques minutes. Cependant, la résistance vint s’interposer, l’obligeant à batailler férocement. Hélas, sa baguette d’emprunt ne parvint pas à le dégager complètement des sortilèges adverses. Il se prit en plein côté droit un très vilain sectum sempra. On le laissa pour condamné à mort proche avant de fuir. Vaguement, alors que sa dextre pissait de partout, il perçut des « hourrahs » provenant de la cour. La suite, il ne la sut qu’un peu plus tard.
Une main apaisante sur son front, un baiser… Elle !  
Sans ouvrir les yeux, il dit :
 
Tu étais là, je l’ai senti…Je t’aime. On a gagné ?
 
À son réveil réparateur dans tous les sens du terme, Justin reçut diverses informations ou en déduisit.  Ah, il avait perdu pas mal de sang mais s’en tirait, déjà ça. Poudlard restait Poudlard et McGo récupérait des mauvais traitements infligés. Angel et J.O étaient de retour…
 
… Ils n’étaient pas là ?...
 
Pas à dire, il avait raté des cases. James Oliver, ainsi que son cousin Henry, avaient été un moment « enlevés » par l’ennemi, probablement par le propre père du duc du Gilmore entièrement dévoué aux vilains. Mais le pire ce fut Angel et Megan qui le lui apprirent. Westwood venait d’être arrêté :
 
… Hein ? On l’accuse de collusion ? Ils deviennent fous au ministère. Foi de moi, ça ne se passera pas ainsi !
 
Il voulut aussitôt s’extraire de son lit, un vertige et une douce main l’en empêchèrent. Justin dut se contenter d’un résumé des faits distribué par les femmes l’entourant.
Ainsi, J.O avait ardemment souhaité lui parler sauf que les circonstances faisaient que…
Impossible de déterminer le sujet de tant d’attention de la part de Westwood, même son épouse ignorait la teneur du message à délivrer.
 
…ça doit venir de Michael. Il était à Poudlard…

Opal insista sur le fait qu’Erik avait contribué à l’évasion des Strang.  Son frère Matt avait rejoint la résistance. Le connaissant, Justin fut satisfait d’une telle aide. Selon Megan, son John était toujours un peu à la masse avec son triplement. Les Von Falkenberg avaient eu un passage à vide, trop pris dans la tourmente mais ça s’arrangeait. Bref, tout baignait sauf pour J.O.  
Il fallut une dose massive de calmants pour freiner ses élans vers le new ministère en pagaille. L’Ordre ne se portait pas mieux aux dires des dames.  Et, partout dans le monde, les « incidents » se multipliaient.
Contraint, Davenport subit une journée supplémentaire d’alitement. Il lui en aurait fallu au moins trois de plus mais il s’en fichait.
Profitant d’une désertion de nurse et épouse, il s’habilla puis prit la clé des champs. Impossible d’espérer aller chez Ollivander because fermeture par les nouveaux maîtres en place. Ces salauds avaient tout prévu en privant les sorciers démunis d’un bois efficace ! Certes, son coffre personnel recelait de baguettes de secours mais il n’avait pas renouvelé son stock depuis le changement opéré dans sa personnalité. La meilleure tactique demeurait la possibilité dans la rafle subie par Poudlard.  Si, comme escompté, celle-ci avait bien eu lieu, son bois préféré serait récupéré par… le ministère.
 
*D’une pierre deux coups !*
 
Tant qu’à faire…
À son arrivée, plusieurs sbires se mirent au garde à vous. Plaisant d’être connu et reconnu !! Autre chose est avec le préposé aux saisies. Le maigrichon binoclard ratatiné qui conservait les pièces l’interpela d’entrée :
 
Identification !
 
Justin connaissait la procédure en vigueur : on s’identifiait en présentant sa baguette…
 
Je suis le Colonel Davenport, Lord Justin Davenport. Je viens récupérer…
 
Présentez votre bois, c’est la loi !
 
Comment voudriez-vous que je vous donne un objet que je viens réclamer ? s’énerva Justin.
 
Pas de baguette, pas d’accès, c’est la loi !
 
Les jambes en coton, transpiration frontale abondante, Davenport visa un siège où il se posa lourdement :
 
Je sors de l’hôpital pour un sort que cette stupidité n’a pas pu contrer, soupira-t-il en exhibant l’emprunt.
 
Après tout… Peut-être que ce machin l’aiderait au final… ?
 
Accio baguette Davenport !
 
Un remue-ménage plus tard derrière la grille du conservateur, Justin reçut le prolongement de son égo. Tout juste s’il ne tira pas la langue au sous-fifre, il se contenta de hausser les épaules en empochant son arme personnelle.  
C’est fou ce que le fait de disposer de son bois magique rendait des forces au propriétaire légitime. Ragaillardi, Justin franchit aisément tous les obstacles jusqu’au bureau du ministre.  
Shacklebolt était l’ombre de lui-même. Avachis sur son fauteuil, il baillait aux corneilles quand Justin entra.  
 
Ah, c’est vous ? dit-il en redressant à peine un menton mou. On vous croyait indisponible encore un moment…
 
Désolé de vous décevoir mais j’ai appris pour Westwood, et…
 
Nous sommes au courant de votre amitié, ce qui ne change rien aux charges : il est coupable !
 
COUPABLE DE QUOI ?? De s’être évadé avec des complicités douteuses ?
 
Il s’énervait tellement que des sutures fraîches lâchèrent. Un malaise saisit le Colonel. Son vis-à-vis en profita pour le bassiner sur les faux-semblants, etc.
Dans une sorte de brouillard, Justin demeura sur ses positions :
 
Si vous refusez de le libérer sur le champ, j’exige d’au moins lui parler, et que ça saute !  
 
Vous dépassez les bornes, Colonel. Rentrez dans le rang ou je me chargerai personnellement de vous rabaisser à simple trouffion !
 
Qu’est-ce qui t’arrive, Kingsley ? haleta Justin. Tu avais plus de discernement… avant…
 
J’ai un regard différent maintenant. Je sais où est l’avenir réel de notre monde !
 
Malgré sa faiblesse, Justin gambergea. Seul un impéro très particulier pouvait être responsable du cafouillage de l’esprit du grand noir dressé devant lui. Il se leva, osant brandir sa baguette sous nez du ministre :
 
J’ignore ce qui t’affecte, mais tu te goures ! Donne l’ordre de levée d‘écrous pour James Oliver Westwood, et que ça saute !  
 
Pour sauter, cela péta bel et bien.  Murs et sol vibrèrent, expédiant les opposants au tapis. Des cris fusèrent au dehors :
 
Intrusion ! Évasion…
 
C’est de votre faute, clama Shacklebolt se redressant plus vite que Justin affaibli. Vous avez tenté de me distraire pendant qu’une évasion était en cours, vous allez payer…
 
Même s’il n’était au courant de rien de ces reproches, Justin sourit de plaisir :
 
Quel qu’en soit le prix, ça valait le coup !
 
Résigné, il attendit le sort mortel réservé par un ministre halluciné. Sauf que déboulèrent quatre personnages mal lunés. J.O, Megan et John 1, 2 ou 3, réduisirent Kingsley à l’inaction tandis que Samantha relevait son époux défaillant en le traitant de tous les noms d’oiseaux possibles.
Il ne restait qu’une solution : la fuite. Shacklebolt fut embarqué dans la foulée.  
Une bonne dose de régénération sanguine plus tard, Justin fut mis au parfum :
 
… je sais que j’ai déconné mais… ah ? Le ministre est infecté, dis-tu ? Par quoi ?
 
On l’ignorait mais il semblait que plusieurs haut-gradés disjonctaient également. J.O, au moins, était sauf. Il ne désira causer qu’à ses seules oreilles et ce qu’elles perçurent le fit frémir.  Ainsi, une sorte de virus contaminait les hautes sphères.  Beaucoup retournaient leur veste sans même s’en rendre compte. Ysaline avait mis au point un dépistage des infectés. Tous devraient subir les examens régulièrement. En attendant, le ministère se cherchait un nouveau dirigeant de poids. Sur qui pensez-vous que la charge retomba… ?
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Re: la der des ders...?

Message par Samantha Forrester le Lun Jan 12 2015, 11:19

Cinq, j’en ai cinq devant. Ils vont abattre…
 
*Le Survivant…Il leur fait encore peur !?*
 
Elle les avait dans la mire aussi.
 
Clear ! Feu à trois !
 
Comment était on arrivé à ça!?  Comment le monde avait-il pu connaître un chamboulement pareil ? Comment sa vie avait-elle basculé de la sorte ? Dans la cour de l’école  régna un silence de mort, brisé soudain par une proclamation fanatique et deux rafales expertes qui fauchèrent les exaltés en deux secondes. Le grand héros de la guerre contre Voldemort s’était aplati sur les pavés protégeant la tête de ses bras.
Un fantôme à moitié décapité les avait conduits jusque-là laissant la résolution de la crise à d’autres plus vivants que lui. L’affaire fut vite réglée d’autant  qu’à l’intérieur du château la Résistance s’était aussi improvisée. Poudlard était sauvé ! Pour Sam ces murs anciens ne représentaient rien mais elle savait quelle valeur énorme lui prêtaient les sorciers anglais. C’était un symbole. Un puissant symbole de liberté qui ne devait jamais se retrouver en pouvoir ennemi.
Des partisans du Nouvel Ordre, d’uns cherchèrent à prendre la fuite mais se retrouvèrent dans l’impossibilité de le faire, un Detrasplano les bloquait sur place et le passage employé pour entrer était définitivement fermé. Ceux qui voulurent résister furent réduits ou simplement tués. Sans états d’âme, Sam fit ce qui restait à faire tout en cherchant son mari.
Elle le découvrit dans un couloir à l’étage, au milieu d’une pagaille indescriptible et en vraiment piteux état.
 
Mon Dieu, Justin…mon amour !!! Dis-moi quelque chose…Justin…mon chéri !, mais Chéri était décidément dans les vapes.
 
Des ordres hurlés dans son casque de communication amenèrent les secours sur place. Sortilèges, soins d’urgence, il réagit enfin. Sam pleurait en caressant son front, l’embrassant doucement.
 
Tu étais là, je l’ai senti…Je t’aime. On a gagné ?
 
J’irais en Enfer pour t’en tirer, mon amour…oui, on a gagné !, elle fut à point de dire que tout allait bien mais s’abstint, ce serait mentir, maintenant on file à la Clinique !
 
Il ne protesta même pas, preuve qu’il n’était pas trop vaillant. Jugeant en avoir assez fait pour la journée, Sam dirigea l’évacuation de son mari et ne le lâcha que quand on lui exigea de quitter la salle de soins à Stillworth’s. Peu après on vint lui donner des nouvelles du Colonel Davenport. Il avait perdu pas mal de sang, après un Sectum Sempra vicieux mais se remettrait après quelques jours de repos.
Sam se laissa choir au pied du lit, en tenant la main de Justin qui dormait encore. Harassée de fatigue, dépassée par les bouleversements à répétition, elle se sentait perdre le fil de ses jours dans une espèce de de flou confus où les événements se succédaient sans qu’elle puisse vraiment maîtriser la réalité.
 
*Tu es là…tu es là…tout doit aller bien…*
 
Mais tout allait comme ça voulait aller…De nouveau propulsée au milieu de l’action, Sam se retrouva au Ministère à faire sauter des portes et soumettre des Aurors, allant contre la loi établie pour libérer J.O. La suite fut presque cocasse, même si personne n’en rit. Sous l’influence d’un étrange virus concoctée et mis en cours par Eridan, M. le Ministre avait…viré de bord et servait, sans le savoir, pauvre homme, aux noirs desseins du Nouvel Ordre. Sans plus de préambules, on embarqua le Ministre et on le démit de sa charge.
Justin qui, bien entendu, avait cru bon s’en mêler, fut ramené dare-dare à la Clinique. Pour alors Sam suivait le mouvement en qualité d’automate à point de griller un circuit.
 
*Super…un virus court la nature, ça vire de cuti au quart de tour et le Ministère est en acéphalie…et maintenant quoi ?*

Elle y penserait après. Un de ces jours, là, il lui fallait dormir, s’isoler de cette ambiance de catastrophe. Justin était de retour à la Clinique, se trouvait sous sédatifs  et dormirait sans doute 24 heures d’affilé, question de pouvoir le soigner sans risque de le voir se tailler à la première opportunité venue pour aller sauver le monde.
Samantha resta un moment face au miroir qui lui renvoyait l’image d’une femme extenuée, à bout. L’œil terne, cernes profonds, pâleur cireuse. L’appel passé quelques instants auparavant à Miami n’avait pas eu le résultat lénitif espéré.  Gerry mentait mal et ses essais de minimiser la situation chez eux n’avaient abouti qu’à l’affoler un peu plus si possible. Elle prit une douche et alla se coucher après avoir pris un cachet fourni par Ysaline dans l’espoir de dormir, rêver de jours meilleurs, de sa petite Vic, de soleil, de mer…de paix ! Sommeil inquiet peuplé de cauchemars débiles, au petit matin, elle était presque aussi éreintée qu’en se couchant.
La suite des événements fut assez prévisible. Après maintes réunions, la résolution générale visait uniquement à se faire d’un ministre raisonnable, immunisé contre les influences nocives, ayant si possible fait ses preuves quant à capacité et loyauté. Apparemment ça ne courait pas les rues, les hommes réunissant toutes ces qualités. Lord Justin Davenport fut élu par unanimité.
 
*Et il n’aura même pas songé à se récuser !...Génial !*
 
Elle essaya de se convaincre que c’était un honneur mais l’idée ne prenait pas. C’était une plaie. Contre mauvaise fortune bon cœur ? À d’autres. Sam se contenta de ne pas faire ouvertement la tête, personne ne réussit à la voir sourire.
 
Ben non, tu vas m’excuser si je ne saute pas de joie…être ministre en ce moment équivaut à se passer la corde au cou et je tiens à toi, figure-toi !...Non, mon chéri…je suis fatiguée, c’est tout…Oui, bien sûr, il faut songer à une réception…pas question qu’on croit qu’on est vaincus et morts de peur !
 
Il n’était, vraisemblablement, pas plus heureux qu’elle et tout aussi claqué. Et pour apporter un grain de joie à leur morosité, Michael trouva le chemin pour se joindre à la petite réunion privée entre vrais amis mais, évidemment, il ne venait pas faire la fête mais donner des informations, entre autres avouer qu’il avait pour mission « infecter » le nouveau ministre. Bien entendu, les nouvelles étaient mauvaises, très mauvaises et encore pires, comme quoi, garder un quelconque optimiste tenait de la dérision. Erik apparu de suite après eut l’heur de surprendre en annonçant être en contact avec Alix. Sam ne rata pas l’expression féroce de Michael.
 
*Jusqu’où va-t-il tenir sans déraper ?*
 
Les jours passant, on ne pouvait pas dire que la situation empirait. En fait, elle stagnait, ou semblait le faire, du moins en Angleterre. Entre les informations des infiltrés et celles de Megan Smith on avait un tableau plutôt effrayant de ce qui se jouait dans le reste du monde.
Entre temps, Ysaline avait retrouvé son Max, victime de l’attentat de Picadilly et après un certain temps à couteaux tirés tout semblait aller pour le mieux. En ces moments incertains de lutte contre les virus fous, Mrs. Von Falkenberg et ses chercheurs étaient leur meilleure arme.
Être l’épouse du Ministre ne rendit pas les choses plus plaisantes pour Sam, que du contraire. Elle était lieutenant des Aurors en éternel désaccord avec son supérieur, Tremayne. Si avant elle ne se privait pas de lui donner son avis sans plus, avec la météorique ascension de son mari chéri, n’importe quoi sonnerait à de l’abus de pouvoir pur et simple. Sam donna sa démission et nul ne songea à discuter.
M. le Ministre rentrait tard, elle était habituée. Il avait des problèmes avec son nouveau poste, elle n’en manquait pas avec ses occupations de résistante à plein temps. Leurs soirées étaient nulles, à peine s’ils se trouvaient le cœur de manger s’il y avait lieu avant de s’écrouler à la recherche d’un sommeil parfois très difficile à trouver, serrés l’un dans les bras de l’autre, essayant de calmer l’angoisse qui les taraudait.
 
J’ai peur, tu as peur, on a peur…ils sont à point de gagner, hein ?...C’est odieux, ça nous consume et on ne sait rien faire…Michael va craquer un de ces jours…c’est trop pour un seul homme, tout ça…Oui, je sais qu’il a  l’air de tenir mais c’est inhumain…tu le sais, je le sais et on le connait tous deux…et puis, qui dit qu’Eridan n’aura pas songé à l’infecter ?...Ce serait logique, non ? Il l’admet dans ses rangs, l’élève au-dessus de tous, contre toute prévision…ne me dis pas que c’est pour le compenser de lui avoir chipé sa femme…Non, non…oublie ça, c’était juste une idée stupide…*Ou pas ?*

Livraison sans embûches, pour une fois. Le risque de tomber sur des petites frappes voulant se faire valoir était toujours un risque à courir, mais au point où on était, c’était presque bienvenu d’avoir à découdre, ça vous secouait les idées, vous tirant un peu de ce marasme absurde où on s’engluait à force d’attendre le rebondissement qui ne venait pas.
Dans son laboratoire, Ysaline Von Falkenberg avait finalement mis à point un « vaccin » contre les premier virus détecté, celui destiné aux masses. Restait à découvrir les composants et antidote de celui qui visant l’élite pensante du monde, dont l’infection pouvait transformer un affable ministre en arme redoutable.
Juin se pointa au calendrier alors qu’on se tournait plus ou moins les pouces entre petits faits sans grande relevance appelés surtout à rappeler au monde que la Résistance n’avait pas baissé les bras.  Et un de ces soirs, tièdes et sereins d’avant l’été, pendant un de ces très rares moments de loisir, Michael De Brent déboula en scène et fit compte rendu à rallonge, fichant en l’air la douceur de la soirée. Sam lui trouva un air de déterré  chagrin mais fidèle à soi-même l’étoile montante de la constellation Eridan se remit aux faits, sans fioritures ni lamentations inutiles.
 
Je pense être en pouvoir de te livrer les identités de la Constellation…tu vas tomber de haut !, dit-il en glissant vers Justin un CD d’aspect plus qu’anodin.
 
Sam dut faire un effort pour ne pas s’emparer du petit disque et en prendre connaissance d’immédiat, elle attendit que son camarade d’armes ait fini son exposé, fait une allusion rapide à Alix, sa surprenante grossesse et un épouvantable soupçon, avant de se lever pour prendre congé et disparaître avant qu’on n’ait songé à le  retenir.
 
IL va faire un malheur, crois-moi…un drôle et énorme malheur !, soupira Sam en devinant de son mari pensait la même chose, on regarde le CD ?
 
Michael n’avait pas exagéré en disant qu’on tomberait de haut. L’information fournie était saisissante, incroyable.
 
Quelle machination habile…Spencer, département de la Défense, Grover celui de l’Intérieur…Hubbard…les USA sont infestés…Seymour au Canada…Scheverenko au Kremlin…, la liste était longue et détaillée, tous les gouvernements étaient infectés,  ça va faire des remous…mais comment a-t-on pu ignorer que ces gens sont des sorciers patentés…on aurait dû…
 
On aurait dû, on aurait pu…si on avait su… Vive le conditionnel dans toute sa splendeur qui signalait haut et clair une longue liste de manquements dus à l’ignorance, au manque de suspicion, à l’aveugle croyance d’une suprématie qui avait cessé d’exister depuis trop longtemps. Un coup bas aux imbus de soi qui pensaient dominer la scène alors qu’on était en train de les en chasser à coups de bâton !
Informations transmises à qui de droit, on assista dès le lendemain à un début d’expurgation dans les règles de l’art qui souleva une houle d’ahurissement et encore plus de crainte. L’ennemi s’était faufilé au sein même du pouvoir et on n’y avait vu que du feu !
Ménage consciencieux s’il en est mais pour exhaustif qu’il fut, s’avéra insuffisant, d’où tombait une tête en jaillissaient deux. Le virus contaminant agissait plus vite qu’on ne savait le contenir. On le baptisa avec un nom chargé de mauvais augures : Hydre.
Et les victimes ne se comptaient pas uniquement au sein des gouvernements mondiaux.
 
 Il s’agit d’une réelle urgence : Ysaline est morte, nom de Dieu !
 
Un accident au laboratoire ! Contaminée, le Dr. Von Falkenberg avait quand même réussi à duper son petit monde et mener à fond de train une étude approfondie du mal qui la rongeait mais apparemment avait perdu cette dernière bataille…ou gagnée, façon de voir les choses ! L’arrivée intempestive de Megan apporta un sursis minime d’espoir : on pouvait encore sauver Ysaline mais le temps pressait, il manquait un élément essentiel à la formule salvatrice et la seule, à l’avis de tous, capable de résoudre l’énigme n’était autre qu’Alix.
Au bord du malaise, physique et mental, Sam en apprit des choses. Entre autres que son cher et probe époux aurait contemplé une variation du virement de cuti, avec des hautes intentions, cela va de soi, induit par certains commentaires que son indéfectible De Brent  avait, mine de rien, glissés à l’oreille d’Eridan.
 
*C’est parti…on devient tous dingues !*
 
Mr. Smith régla l’indécision à sa façon en partant en mission kamikaze auprès du Seigneur de La Constellation. Entre temps, on faisait des bouchées doubles du bon côté.  Tout allait si vite que Samantha avait la sensation de rater des cases à répétition.
 
*Tu es trop fatiguée…ça va de mal en pis…*
 
Elle perdait la tête pour des broutilles, s’enlisait à l’heure d’une explication, ne savait plus lutter contre l’angoisse insaisissable qui l’étouffait, succombait à des crises de mélancolie, ressassait des souvenirs et se cachait pour pleurer son soûl. Essayer de paraître forte donnait des résultats médiocres mais pour le moment tout le monde était trop occupé comme pour se rendre compte de ses faiblesses.  Jusqu’au jour où Voronwé la trouva évanouie dans la cuisine.
 
Maitresse va illico voir docteur !, assura l’elfe, assisté avec véhémence par sa sœur Aranwë.
 
Je ne vais nulle part et vous la fermez !...Je vais bien…
 
Rien à faire, les deux entêtés de service jurèrent silence mais se chargèrent de l’escorter à la Clinique où elle s’arrangea, faute de mieux, pour ne pas tomber sur quiconque la connaissant. Quoiqu’il en soit, un bel émoi y régnait, les recherches approfondies et exhaustives menées par Angel et le père de Max avaient enfin abouti et Ysaline était sauvée. Sans pouvoir s’en empêcher, Sam pleura un bon coup en se glissant dans la consultation du Dr. Mayhew. 
Une demi-heure plus tard elle en ressortait. Elle ne pleurait plus mais était partagée entre une douce euphorie et une espèce de terreur absurde.  Quand Justin avait le temps de remarquer qu’elle était pâle, elle assurait que ce n’était que de la fatigue, si elle n’avait pas d’appétit, c’était encore la même raison et si on insistait, elle se fâchait pour de bon.
Juillet arriva et avança sans qu’il n’ait de changements notoires dans la situation. Les Forces du Nouvel Ordre campaient en terrain conquis et on arrivait, en serrant les dents, à faire semblant de mener une vie normale. On croisait l’Ennemi à chaque coin de rue au Chemin de Traverse et partout dans le monde magique, pour les faits l’hiver sous le Dôme avait cédé, enfin, place à un printemps hésitant, laissant un minime espoir de temps meilleurs à venir.
Le mois arrivait à sa fin quand un soir Opal se pointa, porteuse de nouvelles. Depuis un temps, elle avait ouvertement rejoint son Erik qui régnait confortablement dans son fief conquis par la force des armes, enfin, façon de dire assura l’Australienne, puisque pour y arriver il n’avait trouvé mieux que trucider son Maître Zaurak.
 
*Quelle charmante famille !*
 
Mais Mrs. Nielsen n’était pas venue parler de son mari mais de son beau-frère, devenu fou furieux en découvrant LE DÉTAIL par excellence, affreusement scabreux en relation avec la grossesse d’Alix. C’était plus que le pauvre homme pouvait encaisser sans perdre carrément la tête et il caressait fiévreusement l’idée de lancer ses mercenaires contre le fief du Grand Eridan. Justin hurla au fou, il avait bien de quoi. Sam se contenta de soupirer et leva la main pur calmer les esprits exaltés.
 
C’était à prévoir…C’est trop pour lui…Oui, il va faire sauter sa couverture mais je ne pense pas que cela ait la moindre importance après ça…Il va tuer Eridan aussi sûr que deux et deux font quatre, après quoi ce sera lui le Maître…
 
Silence pesant alors qu’elle entreprenait de croquer une pêche. Opal ne se priva pas de donner son avis, selon lequel si Michael décidait de s’ériger en Maître tout puissant Erik n’était pas prêt à s’engager sur ce chemin douteux.
 
Ni lui ni personne ayant un peu de sens de la loyauté envers notre Cause, cela va de soi…et cela correspond parfaitement au but visé…comme quoi, il n’y aura qu’Eridan qui saura de quoi il en va et en Enfer ça ne lui servira à rien…Être le Maître équivaut à un accès sûr à tous les secrets et magouilles…Virus et antidotes…Ça ne vous dit rien !?...Bien sûr que oui, on ne fera que changer le nom du Boss…pour les effets, on aura toujours le même ennemi…alors dis plutôt à Erik de ne pas monter sur ses grands chevaux et de seconder son frère…
 
La pêche était succulente, Sam en prit une autre alors qu’on la regardait avec grandissante suspicion.
 
Pas la peine de penser que je suis tombée sur la tête…je ne fais qu’analyser la situation  et ne me dites pas que vous n’avez jamais entrevu un dénouement comme celui-ci…NON ! Michael n’est pas infecté d’un virus quelconque…Oui, je le défends parce que je le connais..., M. le Ministre rebattit ce fait,  Sam hocha la tête,  ok, Justin, pas autant que toi mais suffisamment tout de même…certes en ce moment, il ne doit pas avoir toute sa tête et est assoiffé de vengeance, c’est absolument son droit…peut-être pas dans les règles de l’art mais ménage est ménage…quand ça se tassera il redeviendra lui-même et on aura la paix…et un monde propre…Pourquoi j’en suis si sûre ?...Mais voyons…parce que je ferais exactement la même chose à sa place !
 
Justin semblait plutôt à point de se convaincre que sa femme adorée était devenue carrément folle pour se lancer à de pareilles assertions mais eut le bon goût d’attendre qu’Opal vide les lieux, d’assez mauvaise humeur, pour faire part de ses propres pensées.
 
Oui, mon chéri…je sais que tu penses que je radicalise sauvagement là, mais cette histoire doit avoir une fin et je ne vois vraiment pas quelle autre ce pourrait être…en plus, Justin Davenport, M. le Ministre, j’ai drôlement hâte de voir la lumière au bout du tunnel…je ne veux pas que nos enfants voient le jour dans un monde à l’envers…

Parfois il suffit d’un simple petit aveu pour changer l’esprit de la discussion…
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Re: la der des ders...?

Message par Justin Davenport le Dim Jan 18 2015, 09:40

Être promu ministre n’avait jamais été dans ses intentions. Justin voulait une vie simple – aisée, of course – mais ordinaire avec femme et enfants. Rares étaient ceux qui pouvaient comprendre ce besoin de liens, de racines à ancrer sinon quelqu’un qui, comme lui, aurait été privé trop tôt d’attaches familiales. L’épouse et mère parfaite, il avait mis du temps à la découvrir, la conquérir, l’adorer à l’infini. L’enfant, le seul actuel, leur chère Victoria leur manquait à tous les deux de façon cruelle.  Les minimes nouvelles à son sujet les angoissaient sans s’en ouvrir l’un à l’autre, entièrement.
 
Si certains croyaient qu’être ministre de la magie était un boulot de tout repos, ils pouvaient aller se faire voir ailleurs. En ces temps obscurs, Justin se retrouva du jour au lendemain dans des situations détestables. D’abord, il devait contacter fréquemment le premier ministre anglais, mais pas que lui.
Une réunion ici, une téléconférence là avec bien des dirigeants mondiaux ; cela ajouté à l’organisation des défenses sorcières additionnée de celle des problèmes habituels entre mages : il devenait dingo. Il savait que son nouveau statut déplaisait à son épouse qui, malgré tout, le soutenait à fond, de quoi le forcer à aller jusqu’au bout.
Quel bout ? Justin avait appris tant de choses en quelques mois d’activité qu’il en avait le tournis. Freiner la percée moldue, protéger les uns et les autres d’une folie meurtrière primait. Sauf que peu lui accordaient voix.  Il avait beau parlementer à longueur de temps, affirmer que des alliés de l’ombre agissaient, rien n’y faisait :
 
*Autant prêcher dans le désert…*
 
Le souci majeur résidait dans l’éradication du virus bizarre qui infectait tant sorciers que moldus. Si Shacklebolt en avait été victime nul n’était à l’abri. On ignorait tout à son sujet, du mode de transmission, etc. On savait qu’il existait, point !  Ysaline et Angel – les meilleures selon lui – se penchaient activement dessus. Cependant, il fallait se méfier de tous. Sam, elle-même, doutait, en s’inquiétant pour… Michael :
 
Il l’admet dans ses rangs, l’élève au-dessus de tous, contre toute prévision…ne me dis pas que c’est pour le compenser de lui avoir chipé sa femme…Non, non…oublie ça, c’était juste une idée stupide…
 
Pas si stupide, oh non !
 
*Et si on l’infectait ELLE pour m’atteindre moi ?*
 
Cette idée le tarauda au point d’augmenter encore, si possible, les mesures de prévention.  
Puis vint une visite intempestive de son copain infiltré. Pas pour la causette mais révéler des trucs et en faire avouer d’autres :
 
 … Ta mère m’a drogué, envoûté, je n’ai pas su éviter de lui donner la formulation exacte du serment inviolable…
 
Les dés étaient jetés. Maintenant, Michael pouvait s’imaginer n’importe quoi, agir n’importe comment en conséquence.  
Comme si un fardeau ne suffisait pas, un CD glissé – une manie de son pote, sans doute – révéla l’incroyable que commenta Sam avide à la lecture à ses côtés :
 
… Spencer, département de la Défense, Grover celui de l’Intérieur…Hubbard…les USA sont infestés…Seymour au Canada…Scheverenko au Kremlin…
 
Misère : il côtoyait ces gens quasi au quotidien !
 
Urgence !
Débouler dans un staff en émoi par les mesures drastiques à prescrire. Téléconférence express :
 
Lord Davenport, savez-vous l’heure qu’il est ?
 
Je sais Monsieur le 1er ministre mais j’ai reçu des informations de première main qui…
 
De votre De Brent ? J’ai toujours eu des doutes sur ce sombre individu ! Il vous manipule Davenport.
 
Absolument pas ! Écoutez plutôt la liste remise. Voyez ce CD….
 
Longues secondes silencieuses au final desquelles son interlocuteur resta suspicieux. Justin poussa le bouchon :
 
Un test a été créé ici. Il suffira de l’appliquer, et…
 
Suffira, suffira… Savez-vous ce que vous me demandez ? Tout bonnement d’obliger tous ces dirigeants à être considérés comme des cobayes !
 
Justin explosait rarement mais, face à une telle idiotie, il aboya :
 
Que préférez-vous ? Que des infectés foutent la pagaille ou froisser quelques personnes ? Le test est fiable ! Regardez !
 
Tous les jours il s’y soumettait. Une fois de plus, bah !
 
Ah… il ne s’agit que de cela ? Je… je vais le proposer, et…
 
NON ! Avec tout le respect que je vous dois Monsieur le 1ère ministre, il faut l’imposer ILLICO !
 
On lui obéit, qui l’eut cru ? L’écartement des suspectés alla bon train, l’épuration était en marche, sauf que l’on n’avait toujours pas résolu l’éradication complète de l’Hydre, ce fichu virus tournant la tête aux exposés.
Le comble du moment lui explosa à la face avec l’atteinte d’Ysaline Von Falkenberg. Une erreur de manipulation ? Il n’en crut rien mais le fait était là. Pire, elle avait essayé de se soigner mais en était… morte. Aussi, quand Smith vint se proposer en ambassadeur, il fut impossible de ne pas lui accorder cette « faveur » :
 
Reviens-nous entier… *Avec la formule…*
 
La formule, la formule ! Il la fallait par tous les moyens.  Il n’y avait plus qu’Angel Westwood aux commandes du laboratoire. Y parviendrait-elle seule ?  
 
Sans gling, gling ou quoique ce soit de similaire, le miracle survint. Entretemps, Justin ne mangeait que sur le pouce, ne voyait presque personne sauf ses écrans et son staff.   
 
Maître a oublié ses médicaments…
 
Voronwé, merci mais j’ai d’autres chats à fouetter.

Mince ! Ses minets n’apprécièrent pas, à croire qu’ils captaient tout, ceux-là. Urs, le chien, lui, jappa heureux d’une caresse sur l’oreille. L’elfe disparu, Justin travailla beaucoup.
 
Où en est-on du dôme ? Les briseurs de sorts chôment ou quoi ?... Faut-il que je m’en mêle aussi ?
 
Il beuglait des ordres, expédiait mails et patronus quand, enfin deux bonnes nouvelles : Ysaline allait mieux - Angel avait résolu le souci – et John était revenu de sa virée chez Eridan plus ou moins intact.
Peu après, ce fut Megan qui se pointa exigeant à sa façon qu’il aille au chevet de son mari. Qu’avait-il donc de si grave à raconter ?
Le choc ! Alix lui avait causé, révélé… une part des plans infâmes de son nouvel époux.  
 
Il en discuta avec l’unique personne capable de bon sens à ses yeux : Sam.
Pour une fois il fit abstraction des urgences en cours, tentant de leur préserver un peu d’intimité. Était-ce une idée ou Sam était… différente ? Certes, ils ne s’étaient croisés qu’à l’occasion, mais… ?
  
On dégusta un bon cru, faute de mieux. La conversation bloquait lamentablement.  Il n’arrivait pas à lui sortir l’énormité ouïe un peu plus tôt. Il préféra avouer, piteux :
 
Ce n’est que temporaire, je te le jure. Tout va rentrer dans l’ordre, et je promets de…
 
Dring ! Au diable l’inopportun !
 
Il s’agissait d’une inopportune : Opal.  
Pour les impatients de connaissances, elle leur en délivra des informations, non des moindres :
 
… je viens de là-bas…
 
*Merde, merde, merde !!!*
 
Michael allait disjoncter avant peu, sauf qu’il ne savait pas ce que lui avait appris ! Et, pendant tout ça, Samantha ne songeait qu’à croquer des pêches, non sans émettre des remarques ici ou là dont celle-ci où elle défendit bec et ongles... Michael, comprenant soi-disant mieux que personne, ses choix :
 
… c’est absolument son droit…peut-être pas dans les règles de l’art mais ménage est ménage…
 
Selon elle, Michael prendrait les rênes et mènerait à un monde en paix…  Miss Amérique n’aurait pas dit mieux. Elle était devenue folle ou… infectée ? Il ravala sa bile, attendant qu’Opal quitte leur gîte avant de prendre sa  femme par les bras, la secouant assez rudement :
 
Tu as passé le test quand pour la dernière fois ?
 
… cette histoire doit avoir une fin et je ne vois vraiment pas quelle autre ce pourrait être…  
 
Tu ne te rends pas compte de ce qui est en jeu !!! Si Michael prend le pouvoir, on l’abattra par les armes, celles qui lui sont si chères, celles que tu as aidées à franchir le dôme. Et…
 
…je ne veux pas que nos enfants voient le jour dans un monde à l’envers…
 
NOS ? Tu as bien dit Nos enfants ? Tu veux dire que… ?  
 
L’engueulade se mua en une accolade folle quoique très brève :
 
Merci de ce merveilleux cadeau mon amour, mais je dois avertir les autres de la cata imminente…
 
Déçue de l’effet de la révélation ? Sans doute. Sam fronça les sourcils, elle ne pigeait évidemment pas. Il déglutit en l’entraînant par la main :
 
Tu ne sais pas tout ! Eridan a placé le reliquat de Voldemort dans Alix.  Quand l’enfant naîtra, il escompte lui aspirer l’âme pour devenir le maître absolu de tout notre univers !! Michael ne tuera jamais Alix, on doit le faire.    
 
Contacts multiples. Mot d’ordre général : localiser puis… abattre.
Un commando spécial s’organisa sur-le-champ.
 
Il refusa d’écouter Samantha, la consignant à résidence. Par contre, il prit fusil et direction des opérations en cours.
 
C’était le petit matin, un poil meilleur que la veille semblait-il.  Les vigiles postés alentours signalaient via transmetteurs tous les mouvements alentours. Prévenus, aucun n’interviendrait sauf lui.   
 
Femme allaitante en vue, dit l’un.
 
 Justin déplaça son viseur, et suivit. Alix tenait le bâtard contre son sein, l’air le plus heureux du monde.
 
*je dois le faire, je vais le faire. Pardon, Michael…*
 
Il visait le gosse, dommage pour la mère bien trop proche. Les deux, d’un coup… Il assumerait.
Le doigt sur la gâchette, des prières en tête. Quoi ? Qui osait l’empêcher de…
Sam, bien sûr. Quelques mots, une observation. Il assista alors à une intrusion.
 
*Michael ?*
 
Dialogue de sourds. Nul ne captait rien dans les antennes déployées. Mais la scène incroyable à laquelle il assista fit relâcher les tensions. Si Michael souriait au bébé, c’est que tout était bien.
 
Repli général ! ordonna-t-il, heureux.
 
Se tournant alors vers son épouse, l’enserrant dans une étreinte de fou, il déclara :
 
Nous pouvons enfin rentrer chez Nous, mon amour !  
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