L'arrivée

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L'arrivée

Message par Kieran De Brent le Dim Oct 25 2015, 09:53

  1er septembre 2012 gare de King’s Cross.
 
Parmi la foule traditionnelle des voyageurs sillonnaient de curieux équipages. Le mot d’ordre du gouvernement était tombé : les sorciers se devaient d’évoluer sous désillusion. La discrétion était de plus en plus de mise car les moldus de moins en moins aveugles grâce à leurs technologies de plus en plus pointues. Avec leur manie de filmer, photographier tout et n’importe quoi, le record de distribution d’oubliettes avait été largement dépassé aussi il n’était pas question de récidiver cet exploit.
Rien n’aurait pourtant été plus facile si le directeur avait autorisé le transplanage direct à l’école. Hélas lui tout comme son staff estimait que ce bon vieux train conservait ses lettres de noblesse en permettant une transition en douceur entre le giron parental et le vénérable collège. Au compte-gouttes les familles traversèrent le mur menant au quai 9 ¾, moment d’émotions pour les novices, fierté mêlée d’angoisse pour les parents mais aussi joies des retrouvailles après 2 mois de vacances. Ceci valait pour les jeunes comme pour les âgés.
Cette rentrée, sans doute banale pour la majorité, entraînait maintes appréhensions  chez d’autres et pas simplement parce qu’une séparation s’annonçait.  
Un peu en retrait de la foule bruyante se tenaient cinq personnes qui, quoiqu’elles fassent, ne passeraient jamais inaperçue. Les parents s’étaient tellement distingués antérieurement qu’on ne pouvait les oublier. Rien que leur maintien détonait déjà. Altiers, voire arrogants, d’aucuns pensaient sans doute qu’ils se prenaient pour meilleurs qu’eux en s’écartant de la simple condition sorcière. S’ils avaient su !
En fait, ces gens avaient tout bonnement la trouille, une trouille très particulière, du reste. La femme, haute en taille, visage fermé, ne cessait de murmurer des choses à son splendide compagnon tout en surveillant attentivement ses oisillons.
 
Pfff, ces De Brent, siffla Mrs. Beaver. J’ai interdit à mes gosses de s’approcher des leurs. Non mais c’est vrai, ils étaient Mangemorts, il n’y a pas si longtemps !
 
Tu as raison Prudence, marmonna sa vis-à-vis en jetant des regards torves au couple incriminé. Ces jumeaux ont atterri à Serpentard. On sait ce que cela veut dire, non ?  
 
Clémentine, cesse de jouer avec ton chapeau !, rouspéta la 1ère matrone à sa gamine boutonneuse de 14 ans. Et toi Célestin, tu as encore oublié tes mouchoirs ? Tu essaieras de t’en rappeler dans le train pour être propre à la présentation.
 
Le Célestin, long comme un jour sans pain blafard, haussa les épaules et continua à l’essuyer le nez à la manche de sa robe.
 
Je me demande pourquoi les Davenport sont encore amis avec ces gens bizarres. À ton avis, qu’est que la mère essaye de cacher dans sa cape ?
 
Son bâtard ! Les rares qui l’ont vu disent qu’il n’a rien d’un De Brent, et qu’il ne serait tout à fait…
 
Un doigt tournant contre sa tempe appuya cette sentence que l’autre approuva de vifs hochements de tête avant de donner du coude à sa voisine :
 
Voilà les autres ! Ah, ils vont s’amuser nos petits avec une telle engeance.  
 
Elle désignait un couple très bien assorti d’un géant blond flanqué d’une brunette mutine mais devancés par ceux que tout un chacun dénonçaient déjà comme les dignes successeurs de très célèbres jumeaux roux. Ceux-ci étaient blonds mais ils n’avaient rien d’angéliques selon ce que leur propre progéniture en avait dit.  
 
Des cousins ! Quelle lignée !  
 
Partout les commérages allèrent bon train dans le sillage des Nielsen qui s’en fichaient éperdument.  Les embrassades échangées entre les deux groupes n’échappa à personne de même que la jonction avec de nouveaux arrivants.  
 
Si c’est pas une pitié, soupira Mrs. Beaver. Encore des Serpentards ! Quoique, dans le lot, il y a des exceptions : les plus jeunes filles !
 
Une à Serdaigle et une à Poufsouffle, non ? Bon sang ne peut mentir, sauf altérations !
 
Les mégères ricanaient encore sous cape lorsqu’elles furent à court d’arguments négatifs avec la venue d’une autre famille de cinq personnes. Mais cela ne dura pas : la perfection déclenche invariablement suspicion et jalousie. La dame était trop belle, le mari trop droit, leurs enfants trop sages.  
 
Conscients ou pas de l’attitude du voisinage, le groupe compact des amis riait et se congratulait en ajoutant d’autres connaissances. Pourtant, un œil averti n’aurait pas raté qu’une sorte de malaise habitait le cercle formant un barrage autour du plus jeune membre que l’on distinguait mal parmi son escorte particulière.
Heureusement, les attentions se détournèrent avec la venue d’autres sujets jugés plus intéressants, et surtout plus fiables.
 
Soudain, la fumée crachée par l’antique cheminée de la locomotive rouge augmenta en densité. Un sifflet retentit. Bousculade générale, embrassades, sourires forcés, larmes. Des mains s’agitèrent aux vitres baissées qui vite, trop vite selon certains, se refermèrent. Cette fois, les oisillons quittaient leur nid…
 
Un nœud étrange à l’estomac, la gorge nouée, le jeune garçon brun regarda le paysage défiler. Combien de recommandations n’avait-il pas subies durant toute l’année précédente.  Pas un seul membre de sa sphère privée ne s’était abstenu de l’instruire quant à ce qui l’attendait. Grâce à son frère et sa sœur puis ses cousins et amis, il aurait vraiment été le dernier des nuls s’il avait ignoré quoique ce soit concernant le rituel en place à Poudlard.  Les adultes, oncles, tantes, parents des copains n’étaient pas demeurés en reste, sans compter ses père et mère.  Que redoutaient finalement tous ces gens ? Encadré comme il allait l’être par ses gardes du corps personnels, il ne redoutait pas grand-chose. D’autant que cela faisait un bail qu’il se savait… différent !
N’empêche que cela faisait bizarre de ne pas être avec eux, ses parents.
Dans le wagon, on respecta son silence non sans rigoler et bavarder de tout et de rien. Ils en avaient de la chance d’avoir tous déjà passé la répartition. Où allait-il atterrir ? La majorité penchait pour Serpentard. Pourquoi s’en faire ? Lucas en était bien un et ne s’en portait pas plus mal. Tiens, en parlant de se sentir mal, il lui sembla que les deux autres 1ère année n’étaient pas trop dans leur assiette non plus.  Assis en face de lui, Anthony Davenport dut se sentir épié. Il releva son magnifique regard bleuté et affronta les yeux irisés de son homologue sans ciller. Un sourire un peu coincé s’échangea brièvement tandis qu’une folle discussion au sujet d’une nouvelle potion inventée par Nick Nielsen déclenchait l’hilarité.
Brusquement, la porte du compartiment bondé s’ouvrit. S’y encadrèrent trois personnages aux mines ironiques :
 
C’est lequel, le cinglé ? J’parie que c’est le tit brun à la fenêtre. Tu pleures déjà après môman, le tordu ? J’suis déçu ! T’as rien d’effrayant ! Juste un bébé à papa et maman !!  
 
Choqué, Kieran les dévisagea, sans plus. Mais déjà Luca et Cécile faisaient barrage. Des paroles peu amènes s’échangèrent, les intrus reculèrent en rigolant tandis que Victoria lui pressait la main :
 
… oui, je vais bien, pourquoi non ?
 
L’assemblée rassurée, son frère jugea bon d’aller jeter un œil au compartiment voisin où le reste de leur groupe faisait la fiesta.  
Sa désertion ne dérangea pas Kieran qui, bercé par le mode de déplacement inédit, les paupières lourdes du sommeil écourté en raison des ultimes préparatifs, ne tarda pas à sommeiller.  
Une bourrade dans le coude le ranima. On était déjà loin, et la préposée aux friandises faisait son tour de ravitaillement. Informé de ses souhaits hésitants, on lui bourra les mains de traditionnelles bulbaveuses, chocogrenouilles et autres délices. Dire que sa mère était stricte sur les sucreries. Loin d’elle pouvait-il vraiment se goinfrer ? Il ne le fit pas, se contentant d’un seul chocolat sauteur dont le portait de la carte le surprit un peu en fuyant à sa vue. Peu après, Cécile insista pour qu’il remette sa robe de sorcier-étudiant. C’était moche, ringard, mais puisque tous étaient logés à la même enseigne…  
 
…oui, j’ai ma malle… oui, je sais que je dois attendre le géant et les autres 1ères années avant de prendre les barques. Je sais tout ça, arrête Cécile !
 
 Au bord du quai, ils furent une petite vingtaine à attendre avec leur valise dont bientôt, les elfes se chargèrent. Les longs cils de Kieran papillonnèrent. Il avait rêvé ou…,
 
*Ils n’ont quand même pas fait ça ?*
 
Fallait croire que si car, sans hésitation, même s’il n’avait fait que l’entrapercevoir, il aurait juré reconnaître Vorondil dans les porteurs.
 
Allons les enfants ! Prenez place deux par deux et ne chavirez pas ou le calamar Géant vous engloutira.  
 
Rubéus Hagrid, sans doute la personne la plus grande jamais vue par tous, forma les couples. Hasard ou pas, Kieran se retrouva aux côtés d’un Andrew Samuel Strang assez pâlot.  
 
T’en fais pas ! On ne passera pas par-dessus bord.  
 
Ensemble ils s’installèrent à la va comme-on-peut dans l’esquif sans rames. Les eaux noires, peuplées disait-on d’êtres affreux ou bienveillants, clapotèrent autour de la coque où deux corps étroitement serrés ne souhaitaient qu’une chose : arriver.
Certes, lorsque le château dévoila sa splendeur lumineuse sur l’écrin de velours sombre, si beaucoup furent béats, Kieran pas. On lui avait tant décrit ces lieux, les sensations à éprouver que… bof, Disney Land était mieux.
L’accostage se fit en douceur, le regroupement au pied d’un escalier monumental moins.                                 
Jouer l’indifférence avait recommandé son père. Mais comment ignorer les sarcasmes, l’animosité, la curiosité, la peur des autres à son endroit ?
Les quolibets fusaient ? Il demeura sourd.  Les Davenport virent immédiatement à ses côtés non sans aboyer à gauche ou à droite.
 
Maintenant, murmura Hagrid, on avance en silence à la file indienne jusqu’au milieu de la grande salle. Vous ne réagirez qu’à l’appel de votre nom, entendu ?
 
Les échelons gravis, des portes monumentales s’ouvrirent livrant passage à un spectacle ébouriffant pour les non-avertis.
Oui, sous des voûtes immenses donnant sur un ciel magique les chandelles flottaient seules, des longues tables se voyaient investies par les élèves des maisons, et alors ? Seule l’estrade où attendait un staff aux mines sérieuses impressionna quelque peu le gamin qui stoppa à l’avenant des autres.  
 
Mes chers enfants, bienvenue à Poudlard, déclara la grande femme svelte au pupitre.  
 
Une salve d’applaudissements de la congrégation répondit à l’invitation informulée de la directrice.
Prévenu, sans doute mieux que certains, Kieran savait que cette miss entre deux âges n’était pas exactement ce qu’elle prétendait être. C’était de bonne guerre qu’il en sache autant sur elle qu’elle sur lui, non ?  Il n’éprouvait aucun sentiment particulier, n’avait pas envie de jouer la gloriole, il se contentait de savoir. Aussi, il suivit calmement le décours des opérations.
De sa voix claire qui n’avait nul besoin de sonorus, la directrice annonça le laïus prévu :
 
À l’appel de votre nom, les premières années sont priées de s’avancer jusqu’à cette estrade et d’y coiffer notre Choixpeau magique. Il vous sondera et vous désignera sans faille votre maison. Ensuite, vous rejoindrez les bancs de vos condisciples respectifs. Abercrombie Josepha !
 
Tremblante, une petite rousse marcha à l’échafaud.
Kieran ne s’intéressa pas du tout au défilé qui le précédait. Du coin de l’œil, il avait reconnu les signes d’encouragement de ses aînés, toutes maisons confondues.
C’était quand même assez étrange, ce machin qui parlait à celui qui le coiffait. Il s’énonça quelques patronyme puis… Il sembla à Kieran que la directrice se troublait légèrement, que la salle entière retenait son souffle. Elle toussota puis clama :
 
De Brent…
 
DIIIIIVERGENT ! beugla le choixpeau alors que l’intéressé se tenait encore à 20 mètres de distance.  
 
Suffocation générale, conciliabule express du staff, brouhaha énorme dans la salle.
La directrice se pencha alors sur le couvre-chef magique, lui murmurant des paroles incompréhensibles dont l’autre ne tint aucun compte en continuant d’insister :
 
Divergent, je l’affirme. Casez-le où il vous plaira, il y sera bien. Ou mieux : laissez-lui le choix, ça nous changera !  
 
Nouveau conciliabule, Kieran serait bien rentré sous les dalles séculaires s’il en avait eu la possibilité.
La directrice, chapeau de travers, toussota :
 
Kieran où… où voudrais-tu aller ? Le cas n’est pas commun mais tu n’es pas le premier de ton esp… euh… dans ce cas. À toute bonne fin ton choix sera respecté sauf en cas de souci majeur. Nous en discuterons plus tard, veux-tu. Va donc t’asseoir, s’il te plait.    
 
La table qui l’accueillit fut mitigée mais, finalement, les applaudissements vibrèrent… au moins là.
 
Avec Nous ! Avec Nous, scandèrent les Nielsen absolument ravis de l’aubaine.
 
À la cantonade, ils vantèrent les qualités d’un tel atout en bourrant côtes et épaules de leur cousin de coups amicaux.
 
Assieds-toi, dit Matt en le forçant sur le banc. Faut quand même écouter ce qui se passe pour les autres. Tiens, le prof de DCFM fait un malaise ?
 
Un grand gars semblait suffoquer à la table de l’estrade mais ça ne dura pas.
Les jumeaux Davenport avaient été expédiés à Griffondor. Restait donc Andrew parmi ceux à répartir. Très droit, en apparence impassible, il s’assit et se posa lui-même le choixpeau sous l’œil attentif de la directrice.
Un temps infini s’écoula tandis que le silence régnait.
 
Je me demande ce qu’ils se racontent, rigola Matt à l’oreille de Kieran. Sûrement qu’il lui conseille de faire comme son père ! Tantine Ysaline était à Beauxbâton, ça ne compte pas, hein ?
 
Kieran ne répondit pas. Il écoutait attentivement sauf que là, son esprit frappait un mur. Le choixpeau, tout ancestral qu’il soit, devait être le meilleur Occlumens de tous les temps pour ne pas être percé.  
Avec un grand soupir, la directrice se pencha sur le couvre-chef dont le cuir racorni se tordit d’une espèce de sourire. Puis, quelques secondes plus tard, il annonça :
 
Griffondor !  
 
La table des rouges et or rugit de plaisir en accueillant ce nouveau membre apparemment un peu secoué par son sondage. Si Kieran sut le pourquoi, il n’en dit rien. Après tout l’heure était aux agapes ! Magiquement, aux battements de main de la directrice, les tables se garnirent d’une multitude de plats aussi variés que délicieux. Pas de priorités, les desserts étaient servis en même temps que les viandes et légumes. Certains se ruèrent dessus comme des cochons sur leur auge remplie, les Nielsen en premier, à croire qu’ils n’avaient rien avalé depuis des lustres ou que leur mère ne cuisinait pas si bien que ça. Kieran étant parfaitement au courant des talents de sa tante Opal, haussa légèrement les épaules et se servit avec parcimonie en préférant savourer que se goinfrer.  La salle bondée résonnait de bruits de mastications intenses, de raclement de couverts, chocs des verres.  Laissant son regard errer sans but, le jeune Pouf vit Vicky, Lucas et Cécile échanger des billets entre leurs tables, les rires des Davenport, l’attitude réjouie de Chris, l’entrain d’Andrew. Mais, à la grande table, il lui sembla que quelqu’un le dévisageait, lui.  
 
Qui c’est la grande femme près de la directrice ? demanda-t-il à son voisin direct.
 
Ah, une nouvelle prof en potions ? On la leur avait présentée avant la répartition des « petits ». D’ailleurs, elle n’était pas la seule nouvelle à rejoindre le staff. DCFM, botanique, vol sur balai et astronomie se voyaient également octroyés de frais titulaires.  On verrait ce que ça donnerait. Matt et Nick étaient surtout intéressés par Pré-au-lard qu’ils pourraient enfin explorer en légalité.
 
On connait des trucs pour t’y emmener en douce, t’inquiète ! s’esclaffa Matt dont la bourrade faillit lui envoyer le nez dans son sorbet aux fraises.   
 
Dans l’ensemble l’ambiance était celle qu’on lui avait dépeinte : joyeuse, bruyante. Aucune raison donc d’être mal à l’aise. Une remarque assez bien clamée par un septième année des Grif dérangea pourtant Kieran.
 
Pourquoi les fantômes ne sont pas là ? Ils avaient promis…
 
*C’est de ma faute* pensa brièvement le garçon, peiné.
 
Il ne savait pas pourquoi, mais était quasi certain d’être la cause de cette désertion des spectres qui faisaient paniquer les 1ères en amusant fort les autres élèves.
À l’heure voulue, deux claquements cadencés mirent fin au banquet.
 
Préfets, veuillez conduire nos nouveaux arrivants dans leurs quartiers. En silence, s’il vous plait !
 
La sévère Phénoména McGonagall ayant parlé, l’ordre suivit.
Au passage, Kieran sourit faiblement à son frère Lucas qui, en blaguant par un mouvement large du doigt sur la gorge, sembla lui signifier son arrêt de mort pour ne pas avoir rallié les Serpy.  Kieran répondit par un haussement d’épaules et un franc sourire.
Des marches, il y en eut. D’aussi loin qu’il s’en souvienne Kieran n’en avait jamais gravi autant. Que les multiples tableaux s’animent n’eut rien de dérangeant. Que beaucoup de personnages s’en enfuient, oui…
D’un bon pas, Nick et Matt lui firent encore monter un colimaçon après un mot de passe à un tableau de moine grincheux. Ensuite, ce fut la chambre.
Décidément, ce château méritait un bon coup de balai. Pas que le ménage soit à déplorer mais, franchement, dormir sous un baldaquin jaune aurait viré le foie à n’importe qui. Pas de Wifi, téléphone ou électricité !  
 
T’en fais pas, rigola son cousin devant sa mine perplexe. Ils ont beau nous supprimer tous nos trucs moldus, on en a de splendides bien cachés, crois-moi. Puis plus besoin d’ordi pour communiquer puisqu’on piaule ensemble !  
 
Au moins, Kieran partageait leur chambre avec trois autres garçons. Après les ablutions, on bavarda un peu mais l’épuisement moral et physique eut le dessus et Kieran ferma les yeux. Ses parents seraient-ils très fâchés de son choix ? L’avenir dirait.    
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Re: L'arrivée

Message par Cécile De Brent le Mer Nov 18 2015, 23:52

  Ralala ! Fou ce que c’est embêtant d’être une ado.  Cécile De Brent ne faisait pas exception à la règle : elle râlait. Il lui semblait injuste que lui incombe le rôle de mère-poule en remplacement de leur mère. Kieran n’était plus un bébé, ses parents devaient quand même s’en douter, non ?  Enfin… elle avait promis alors…
À la gare, cela se passa comme elle et Lucas l’avaient prévu.
 

*Si maman pouvait le faire, elle le ferait disparaître sous sa jupe !* avait-elle murmuré à l’oreille de son jumeau.  
 

La diversion vint avec l’arrivée des autres futurs voyageurs.
D’abord ses chers cousins !
 

Salut les zinzins ! En forme ?  
 

Pour ne pas changer, ils l’étaient. Déjà, ils se lançaient dans des explications de leurs futures blagues quand apparurent Les Davenport. Alors, Cécile oublia ses cousins pour embrasser sa meilleure amie.
 

Vicky ! Ça va depuis hier ? Tes frères sont prêts ? Les miens le sont mais pas faute de les avoir aidés, surtout Lucas, évidemment !  
 

C’était merveilleux cette entente perpétuelle avec Victoria Davenport. Vents et marées n’auraient pu les empêcher de communiquer via le Net tous les jours, et même plusieurs fois dans la même journée selon leurs humeurs ou opportunité.
Cette relation provoquait parfois des sarcasmes dans leur entourage.  Elles en riaient sachant très bien que leurs pères avaient partagé d’indentiques incompréhensions. Et, pour respecter l’histoire de leurs géniteurs, l’une était à Serpentard, l’autre à Serdaigle comme eux.  
On parla famille mais aussi des petits flirts naissants en chuchotant autant que possible loin d’oreilles indiscrètes. Hélas la foule qui les environnait empêchait approfondissements  d’autant que d’autres amis les rejoignirent bientôt.
Bisous par-ci et par-là, on se sépara enfin des adultes.  En trios soudés, De Brent et Davenport investirent un compartiment.  Tous les potes ne pouvaient pas s’y caser. On y engloba les Nielsen avec qui on ne s’ennuyait jamais. Des deux cousins, lequel préférait-elle ? Cécile n’aurait su le dire. Ravie de changer d’air tout en étant consciente de ses responsabilités, elle papota gaiment avec Vic et, malgré le peu d’intimité du compartiment, elles bavardèrent comme si elles ne s’étaient pas parlé de longs mois.
 

Cette année va être moche. Tu as vu le programme ? Nouvelle directrice, nouveaux profs partout ! Sans compter les 1ères années qui nous échoient…
 

Elles pouffèrent en regardant leurs jeunes frères qui n’en menaient pas trop large dans leur coin. Une ambiance super régnait malgré tout. Ils se connaissaient tous depuis les langes, donc... Pourtant, ils savaient aussi ce que l’on attendait d’eux. Preuve en fut lorsque la porte s’ouvrit à la volée sur des idiots notoires. Barton Clayborne, Sharron Barrows et Connor Fishburne s’encadrèrent avec toute leur insolence, cherchant l’embrouille et… Kieran. Il ne fallut pas lui faire signe, Lucas aussi monta illico aux créneaux. Pas Serpentards pour rien, les jumeaux De Brent affrontèrent verbalement les compères.  
 

Grâce à Merlin, mon frère ne vous ressemble en rien ! Il n’est ni cinglé, ni tordu. Pas comme vous, en tout cas !  
 

Lucas et Cécile étaient très remontés contre ces jeunes imbéciles qui, heureusement pour leur matricule, n’insistèrent pas.  Kieran avait encaissé sans broncher, au moins ça.  Vic se montra très douce avec le cadet des De Brent. Elle devait pourtant savoir que rien n’émouvait particulièrement Kieran sauf si l’on agressait un des siens ou qu’il pressentait un danger pour eux. Rien de tel n’étant au menu, tout baignait.  
 

La répartition en surprit plus d’un, Cécile la première. Pas sur le fait que le Choixpeau déraille à fond en classant Kieran comme divergent mais par le choix de ce dernier.  
 

Les Poufs ? s’étrangla-t-elle vers son frère. Il est vraiment fou, alors ?
 

Non, au contraire, rigola Lucas. Il n’a simplement pas envie de t’avoir sans arrêt sur le dos, c’est tout !
 

Un peu vexée, Cécile dut se rendre à l’évidence : le cadet prenait ses marques.  
 

*Papa sera fâché et maman verte…*  
 

Quoiqu’il en soit, cela lui resta sur l’estomac tout le banquet durant.  D’autant que l’atmosphère était bizarre avec tant de nouvelles têtes sur l’estrade.  
Lucas s’en fichait. Il semblait approuver la tournure des dames, les profs d’études des Moldus et de potions en particulier. Elle, fatalement, détailla les croutons mâles en service. Pas si vieux que ça… surtout l’un d’eux. Peut-on, d’un regard, tomber amoureuse ? Jamais Cécile n’aurait cru cela possible mais le prof de DCFM avait… était… absolument divin !
Très rêveuse, elle remarqua à peine l’obligation de serrer les rangs vers les dortoirs.  
Lucas, qui la talonna après avoir croisé Kieran, la sortit plus ou moins de ses divagations internes par un coup de coude à sa façon :
 

Hey ! T’es dans la lune ou quoi ? Deux fois que je te demande ce que tu fais ce soir ?  
 

Euh… je vais réviser DCFM, je pense.  
 

La mâchoire de Lucas en tomba, tant pis.  
Ce qu’il fabriqua lors de cette première nuit de rentrée passa au-dessus de la tête de Miss De Brent.  De sa plus belle plume, avec ses mots à elle, elle rédigea son rapport à ses parents.  En gros cela donnait ceci :
 

Kieran va bien, nous aussi. Il a été admis chez les Poufsouffles. C’est lui qui l’a voulu ainsi. On fera ce qu’il faut, promis.
 

Elle détailla un peu la répartition des autres connaissances mais, allez savoir pourquoi, ne détailla en rien les nouveaux profs.  
La vie scolaire reprit son cours avec ses cours.  En tout cas, Cécile fut paf de chez paf quand la garce de prof de potions enleva des points à sa maison pour avoir empêché un accident créé par ses poufs de zinzins.  Elle commenta vivement l’incident avec Vic et Lucas lors d’une récréation:
 

Je sais qu’aider un autre à réussir est aussi mal vu que le ratage en lui-même mais cette femme est trop… injuste !
 

Par contre le professeur Wallace, lui, est adorable, non ?
 

Lucas avait déjà pigé l’intérêt qu’elle portait à… Marcus(soupir juvénile).  
 

Il est… charmant ! Un peu brouillon mais efficace. Puis son chien est assez rigolo, non ? On dirait un veau !  
 

Ben je n’aimerais pas que ce veau me tombe dessus, s’esclaffa Vic. Vous n’avez pas remarqué l’accroissement du nombre de chats dans ce coin ? Ceux de Mrs Parker semblent proliférer.  
 

Ben si Nemrod les croise ça fera du gâchis ! Dis, Luc, Kieran t’a raconté quelque chose sur sa baguette ? Pourquoi il n’en avait pas, pourquoi Jordan a pris celle apportée par hibou ?  
 

Selon son jumeau, leur frère avait tracassé Ollivander sur de nombreux plans. Aucune baguette ne convenant vraiment à Kieran, le centenaire avait décidé la fabrication d’un modèle unique.  
 

J’espère qu’il pourra bientôt la manipuler car celle prêtée fait n’importe quoi, à ce que l’on raconte !
 

On était à la fois excité et curieux des futurs résultats.  
A part cela, Cécile remarqua pas mal de choses qu’elles transcrivit à l’intention de ses parents mais pas toutes…  Elle n’allait quand même pas raconter qu’elle s’était mise à haïr Miss Kovatch parce que le professeur Wallace semblait se fendre en deux pour elle, non ?  Thélonius Jordan lui paraissait assez… inconstant. Lui aussi craquait pour la rousse mais Roswitta Haines veillait au grain en jouant sur les deux tableaux.  
Au moins, dans ces deux cours, Cécile brillait. Les sortilèges semblaient enfantins et l’étude des Moldus, franchement… dérisoire.
Vicky avait moins de tourments, elle. Quoique…  Avait-elle volé, lui avait-on donné un retourneur de temps ? Le fait est que cette intello étudiait comme si sa vie en dépendait plusieurs cours supplémentaires en même temps que ceux prévus.
 

En général, il lui sembla que Kieran s’adaptait bien à cette nouvelle vie. Comme d’habitude, il s’épanchait peu sur ses vrais ressentis. Il étudiait, ne faisait pas trop de gaffes ni ne déclenchait de foudres sauf quand les zinzins s’en mêlaient pour le débaucher comme ce soir-là.  
Lucas, qui avait la « chance » d’être un garçon et de recevoir plus facilement qu’elle les confidences des cousins était certain qu’il se préparait un coup tordu en rapport avec les cuisines. Impensable que, depuis le temps, les profs n’aient jamais découverts l’astuce pour s’y rendre en douce… N’empêche que le plan des Nielsen consistait à mettre Kieran au parfum. Par esprit de solidarité à peine teintée de gourmandise, les jumeaux avaient décidé de surveiller la virée prévue. Les De Brent étaient depuis deux ans habitués à déserter leur sous-sol, Cécile toujours pour surveiller son frère, lui emboîtait le pas évidemment. Là, ils furent à deux doigts de se faire pinder, eux ! mais les Nielsen et Kieran n’eurent pas cette chance. Kovatch, encore elle, la vache, les aperçut et les renvoya avec une sévère punition à la clé ; eux filèrent en douce.
 

Je déteste cette femme ! siffla Cécile au retour dans le cachot-dordoir.  Elle a un radar, des antennes ou quoi ?
 

Lucas émit une suggestion pas piquée des vers… Se pourrait-il qu’il ait raison et que la prof soit animagus ?  Ce serait à creuser.
 

Kieran, en tout cas, progressait depuis qu’il avait reçu sa baguette.  Tous les élèves en parlaient.  Cet objet – magique en soi – l’était doublement.  À Vicky, Cécile avait confié :
 

C’est une arme à double tranchant, j’en ai peur… Capable du pire comme du meilleur. Tu as vu comme son bois est différent selon son humeur, Moi oui ! Faudra que je le signale à mes parents…
 

Puis, il y eut l’altercation… Pourquoi les profs sont-ils toujours là quand on n’en veut pas et absents en cas de nécessité ?   
Le fait est que la bande à Clairborne, Barrows et consorts attaqua leur cadet en pleine récré. Millicent participait à l’agression. Cette peste avait-elle pigé qu’il suffisait de s’en prendre au cadet pour que ses aînés réagissent ?  Elle mena sa campagne offensive devant tous :
 

Dis donc taré, le bruit court que tu serais doué avec un balai. Personnellement, à part pour récurer avec, je n’en crois rien !
 

Cela dégénéra très vite.  De Brent, Strang, Smith, Nieslen, Von Falkenberg, Davenport : tous pour un !  
Kieran, de marbre, accepta l’impensable :
 

Je sais voler. D’accord pour ce soir, depuis la tour d’astronomie.
 

Elle aurait voulu tempêter, s’insurger mais…
 

*Merde ! Il sait le bloclang informulé !*
 

Pas préparée à ça, elle ne sut pas argumenter comme voulu, Lucas non plus. Résultat des courses, les chenapans réunis assistèrent à… tout et rien.  
Kieran, bien décidé à prouver à tous malgré une nuit d’orage à faire panique sa mère, qu’il savait voler se retrouva avec un nez en sang et un balai quasi neuf.  
Nul n’y pigea quoique ce soit. Cependant, Kieran était déçu et sa détermination renforcée.  
Que de trouilles ensuite ! Lucas et Cécile en étaient encore à commenter cette nuit quand Miss McGo les avait fait avertir : Kieran était à l’infirmerie !
 

Course folle dans les couloirs, culpabilité à fond.
 

Oui, oui, papa nous tannera le cuir et maman nous étripera mais grouille-toi !  
 OUUUUUUUUF ! Il ne s’agissait pas d’une crise mais d’un refroidissement. Les jumeaux en furent bons pour la trouille, le savon ils s‘en fichaient.  
Rassurée mais néanmoins grincheuse, Cécile reprit le chemin du sous-sol, maussade.  Lucas se bidonnait, elle pas. Pourquoi, en effet, le prof de DFCM avait-il une tête pareille en attendant d’être admis au chevet de Kovatch ? Car elle aussi était à l’infirmerie !  
 

Ton beau Marcus est amoureux d’une autre, ma belle ! Si tu avais quelques années de plus, peut-être qu’il serait moins… paternel avec toi ! ricana Lucas.
 

Elle se contenant d’un haussement d’épaules dépité et se glissa sans son dortoir où, sans arrière-pensées, le sommeil la prit.  
Dans les jours suivants, rien de bien remarquable ne se passa. Ses efforts en DCFM se virent plusieurs fois bien notés et la sollicitude du professeur Wallace à son endroit lui réchauffait le cœur.  Mais, bien sûr, si la Kovatch rodait dans les parages, la gamine de 13 ans ne comptait quasi plus.  
 

Mais qu’est-ce qui lui trouve à cette rousse ? Elle leur a fait boire un philtre d’amour, tu crois Vic ? Car Jordan a aussi l’air d’en être bleu. C’est certainement ça : son parfum !  
 

Arrête de gamberger là-dessus, Cécile ! Ce sont DES ADULTES ! Essaye plutôt de regarder les garçons de notre âge, ou même un peu plus âgé mais pas un prof !!  
 

Sage Vicky !  N’empêche que Cécile resta focalisée sur celui qui, pour elle, incarnait la perfection masculine. De plus ce prof semblait quasi aussi qu’elle pour Kieran.  
Très vite remis sur pied, son jeune frère avait tenu parole et, lors du premier cours de vol sur balai distribué par la sévère Miss Arrows, il avait brillamment prouvé ses prouesses en vol.
 

Vint la période d’Halloween. Pourquoi tant de foin pour cette fête destinée à carier les dents etjouer à se faire peur ? Bah… Pour ne pas dénoter, Cécile se mit dans l’ambiance.  La virée à Pré-Au-Lard était prévue de longue date et, afin de ne pas laisser seul le cadet De Brent, en catimini, un plan fut établi. Dans le fond, l’enseignement de Miss Kovatch se révéla profitable sauf que pour fabriquer la potion d’invisibilité, des larcins s’imposèrent.  L’un ou l’autre se vit coller, et alors ?
 

Dommage que l’on n’ait pas encore étudié la formule du passe-murailles,, soupira Cécile la veille du jour de relâche.  
 

T’inquiète ! Les zinzins ont un plan pour que Kieran puisse suivre.  
 

Lucas, plus proche encore des cousins qu’elle-même, savait des trucs en sus.  
Du « plan », elle ne sut rien : secret de garçons !  Les résultats, eux…  
 

Il avait neigé, pas besoin d’autre magie pour distraire de joyeux lurons.  Un peu tracassée, Cécile pressa le coude de son frangin :
 

Hey, t’avais pas dit qu’il nous rejoindrait vers 10H ? Il est presque la demie, et pas de trace de lui !  
 

Ben si, pouffa Lucas. Si tu regardes bien derrière, mais sois discrète, tu verras qu’il nous suit depuis un bail. Il efface ses pas au fur et à mesure, c’est un malin !
 

Mine de rien, après vérification, Cécile se rassura. : Kieran était là ! Sans l’avouer à la gent masculine, elle s’était interrogée sur ce « plan ». Leur mission était de surveiller leur cadet mais… comment veiller sur un être invisible ??  Si l’envie lui prenait, Kieran pouvait s’évader sans que nul ne remarque rien et alors… tout était possible, surtout le pire !  Au moment de boire la potion, le gamin avait craché-juré qu’il respecterait les règles.  On pouvait s’y fier, Kieran ne mentait jamais… pour autant qu’elle sache.  
M’enfin, pour l’heure tout baignait et, il faut le dire, la jeunesse prit le dessus des tracas ; on s’amusa franchement beaucoup. Quel délire ces visites à Zonko, Weasley’s jokes et Honeydukes ! La bande y fit provisions pour un bon trimestre en croulant souvent de rires.  
Cela rigola moins entre deux boutiques quand la bande à Millicent leur fit soudain barrage.  Très vite le ton monta au point que les freinés en virent à souhaiter la présence de profs. En principe, ils étaient sous tutelles, non ? Là : personne.  
 

On veut juste vous rafler la moitié de vos achats ou on vous met la dérouillée de votre vie, les apostropha Barrows.
 

Ouais, on connait le montant de votre argent de poche ! Aboulez le matos ou vos gallions, on n’est pas difficile !
 

Vicky, Lizzie et elle tentèrent de freiner les garçons qui refusaient le deal avec rage.
Apparemment, ils étaient en sous-effectifs face aux assaillants. Mais eux, possédaient une arme secrète, parfaitement invisible mais présente.  Qui commença la bagarre de boules de neige ? Impossible à dire. Marrant dans un premier temps, cela dégénéra vite quand un du clan opposé lesta de cailloux ses missiles. Matt vit rouge quand il s’en prit un près de l’œil. Hilare, Fishburne constata le 1er sang versé. La riposte n’arrêta pas les agresseurs.  Mais ils n’avaient pas prévu leur arme secrète.  Kieran s’était-il pris au jeu ? Avait-il soudain décidé de jouer les anges vengeurs. Sortis de nulle part, des projectiles s’abattirent contre des opposants pris de court. Hélas, l’avantage dura peu.  
Un malabar de 5ème année devina d’où venaient ces coups :
 

Ils ont un allié invisible ! Il est là !
 

Une pluie de grenaille visa bientôt le vide. Par intermittence dans la pulvérisation des impacts, les protagonistes aperçurent une petite silhouette en mauvaise posture.  Puis, personne, Cécile comprise, ne pigea plus rien. Venue d’on ne sait où une réplique fulgurante balaya les assaillants.  Tous se retrouvèrent les fesses dans la neige. La bataille était finie.  Déboula alors l’Archange Marcus… Sauf qu’il avait l’air furibard.
On n’eut alors qu’à compter ses égratignures à aller soigner à l’infirmerie. Ni Cécile, ni Lucas ne voulurent abandonner le terrain malgré les exhortations du prof de DCFM. Ils ne se souciaient pas d’eux mais de Kieran qui, à part quelques gouttes de sang, ne se manifestait plus. Wallace émit alors quelque chose de troublant au sujet d’un ange gardien…  
 

Plaies, bosses soignées, les De Brent avaient revu leur frère à peine amoché et apparemment ravi de l’aventure.
 

Je ne comprendrai jamais ce gosse, avoua plus tard  Cécile à ses comparses. Il s’en est pris plein la figure mais est ravi prétextant encore qu’il a des anges gardiens…
 

31 octobre.
 

En déco, Poudlard battait des records cette années. Des citrouilles hilares ou menaçantes déroulaient leurs tiges pour pincer ce qu’elles pouvaient, les armures s’animaient devant vous sans crier gare, les miroirs vous reflétaient avec 70 ans de plus sans compter qu’il fallait se méfier de tous les accessoires, même de la bouffe.  
Nick et Matt mirent de l’ambiance au dîner en jetant des poudres de leur invention. C’était tordant !
 

Une sorte de riddikulus qui fonctionne sans épouvantard ! Ainsi voyez ce connard de Clayborne, on va rire !  
 

Matt, l’air d’aller chiper une mangue à la table de Serpy, éternua quasi sous le nez de Barton.  Celui-ci lui grogna une insulte bien sentie mais la ravala face aux visages stupéfaits puis délirants de l’entourage. Ce n’était pas tous les jours que l’on pouvait admirer sa grande carcasse en tutu rose avec des ailes dans le dos !  
 

C’est quoi ce bordel ? couina la ballerine effarée. Qui m’a jeté un sort ? T’es mort, Nielsen !  
 

La course poursuite suivante fut vite freinée par des membres du staff assez amusés ainsi que toute la salle.  L’invention des jumeaux connut un succès fou et il ne fut pas rare de voir soudain des élèves porter des costumes ridicules allant de la fourrure du singe au clown en passant par d’autres facéties. Cependant, à un moment donné, parmi les rires fusa un cri de terreur pure. Un grand silence s’abattit alors qu’un vent glacial baignait l’assemblée. On n’en revenait pas ! Là, entre les chandelles du plafond flottait une chose immonde, spectrale.  Thélonius, secoué, beugla depuis le fond de la salle :
 

Les Nielsen ! Ça suffit !  
 

Ou une blague tournait mal ou, vraiment, ces gamins n’y étaient pour rien. Vu leur tête…  C’était tellement incroyable, inouï qu’il fallut plusieurs secondes au staff pour réagir. Dans un silence profond, le pire cauchemar issu de l’imaginaire semblait avoir une cible, et cette cible était un petit garçon aux yeux exorbités qui, lèvres entrouvertes sur un cri muet, laissait la chose s’approcher à le toucher.            
Les De Brent auraient aimé intervenir mais, comme tous, ils étaient figés d’horreur.  Puis, il y eut des :  
 

SPERO PATRONUM !  
 

Des formes argentées apparurent repoussant la créature qui s’évapora, laissant derrière elle une foule en état de choc.  
Miss McGo se reprit vite. Elle sonna afin que des flots de chocolats coulent.  
Cécile et Lucas, eux, s’étaient précipités à la table voisine où leur cadet au teint de linceul reprenait conscience.  Plus fort qu’elle, Cécile pleura :
 

Kieran, Kieran ! Pardon ! J’aurais dû…  
 

Une poigne solide sur son épaule la réchauffa immédiatement ainsi que quelques mots qui la disculpaient de toute faute. Le staff complet prenait le relais. Tout était bien… Mais un profond trouble entacha cette fin de la fête. La question majeure restait en suspens : qui avait osé faire ça ??  
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Re: L'arrivée

Message par Kieran De Brent le Jeu Nov 19 2015, 00:00

Derrière le bureau officiel de la sévère Miss Phenoména McGonagall s’en trouvait un second très différent. D’aucun moldu lui aurait dit que cela ressemblait assez à un centre de contrôle spatial. Peu importait. Elle n’avait pas hésité longtemps avant d’utiliser les gouttes de son ancienne élève Angel Grisham. La transformation n’était pas que physique, elle permettait également au consommateur de voir les choses… différemment.  Rajeunissement de corps et d’esprit, en quelque sorte. Exactement ce qu’il fallait à une directrice qui se voulait à la pointe.  Conserver une certaine éthique restait primordial selon elle. Les nouvelles générations de sorciers étant de plus en plus souvent mêlées au mode de vie moldu, il était nécessaire – en façade – de les éduquer à l’ancienne d’où l’austérité encore très présente dans son cher Poudlard. L’envers du décor était tout autre…  Son cher Michael De Brent se croyait à la pointe du progrès ? Il en aurait tiré une tête face aux installations de la directrice.  De ce fait, peu, vraiment peu de choses échappaient à la surveillance des automatismes en place. Tous les soirs, alors qu’on la pensait ronfler après une tasse de camomille, Minerva voyait ce que ses yeux avaient ratés mais l’électronique pas. Elle s’était beaucoup, beaucoup amusée à confronter deux époux sous polynectar, pas n’importe lesquels, évidemment.  Depuis la naissance bizarre de Kieran De Brent, elle l’avait espionné. Elle n’était sans doute pas la seule à le faire. Kieran, être très prometteur si bien orienté, avait besoin de ses parents pour gravir les échelons, évoluer dans le bon sens. Or, entre époux, il semblait s’être installé une …  distance. Hors de question que les De Brent se chamaillent. Les conséquences pourraient en être trop dangereuses. Déjà qu’elle avait besoin d’eux pour la sécurité, sous couverture peut-être se rabibocheraient-il ?  Pour une dame d’un âge certain, elle savait que l’amour vrai se passe de certaines contingences, se reconnaît au-delà des apparences physiques. Faire un stage dans la peau d’un autre, en ignorant qui est cet autre, pouvait s’avérer bénéfique aux deux.  
 
*Ou catastrophique, si je me trompe*
 
Tout avait baigné jusque-là et la directrice s’en réjouissait. Elle se marrait assez bien avec l’évolution des drôles de profs, de leurs affinités mutuelles en toute ignorance. Mais que, malgré tant de surveillances, quelqu’un ait réussi à introduire un détraqueur à Poudlard, voilà qui dépassait l’entendement. Qu’avait-elle raté ?  Elle n’avait connu aucun résultat avec personnel durant la nuit. Le lendemain, les élèves aussi passeraient au crible. Un moment donné, elle regretta la brigade inquisitoriale du « bon » vieux temps de Dolorès Ombrage. Pousser les uns à surveiller les autres et vice-versa pouvait avoir du bon… Cependant, vu les résultats apportés, mieux valait oublier cette folie. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, il avait fallu que le ministre de la magie en personne lui annonce une terrible nouvelle : Opal Nielsen-McLane avait disparu… De plus, leur père était suspecté de meurtre ! Tombée très tôt à l’aube, l’esclandre risquait de faire grand bruit.
 
*Inconcevable, inacceptable !*   
 
Sous le choc, Minerva avait réalisé alors plusieurs choses. D’abord, les meilleurs défenseurs d’Erik ne pouvaient qu’être les De Brent. Ils étaient sans doute au courant quoique, tout compte fait, ils auraient réagi de suite. Les envoyer là-bas devint prioritaire comme de museler tout ce qui aurait trait à cette triste affaire afin d’éviter de perturber les enfants de ces couples. Lourde tâche ! Sans les gouttes revitalisantes, la directrice aurait baissé les bras.  
 
Les entretiens avec les parents De Brent, se passèrent relativement bien. Évidemment, pour Alix, cela coinçait beaucoup plus qu’avec son époux car son astuce d’évitement risquait d’être éventée et les révélations délicates.
 
*Bah, sont assez grands pour passer au-dessus !*  
 
Les enfants, ce serait autre chose.
 
Kieran avait passé la nuit entouré de sollicitudes. Pour faciliter les choses avec le règlement qui empêchait les élèves des différentes maisons de frayer la nuit, on avait hospitalisé beaucoup de monde après l’attaque ; donc De Brent et Nielsen furent réunis pour leur plus grand plaisir, quoique… S’ils avaient escompté faire la bringue : raté. Miss Cool Avait distribué la potion violette du sommeil sans rêve à tous, après les avoir gavé de chocolat et imposé le brossage des dents.
Le lendemain, Kieran était très en forme et heureux… façon de parler, car il eut l’impression d’être le président des USA entouré par ses gardes du corps personnels. Tout alla bien pendant le déjeuner, jusqu’à l’arrivée des hiboux.  Le jeune garçon appréciait beaucoup le ballet des volatiles qui passaient au-dessus des têtes dans leur vol duveteux apportant des nouvelles ou gâteries aux étudiants.  Parfois, il avait le bonheur de recevoir un courrier souvent en commun avec ses frangins, d’ailleurs, le seul vraiment privé avait été sa baguette. Wow, il l’adorait celle-là ! Avec elle, il en faisait gagner des points aux Poufsouffles ! Cette fois-ci, il ne reçut rien, sa famille non plus et… personne du reste ! Pas une plume à l’horizon…  
 
Ça arrive souvent qu’il n’y ait aucun hibou ? demanda-t-il étonné à ses cousins.
 
Non, sourit Matt. D’ailleurs je préfère ne rien recevoir plutôt que les beuglantes de maman !
 
Ils en rirent tous mais, indéniablement, un malaise se perçut.  
L’ensemble encaissant le retard de la poste, la journée se déroula relativement bien. Le wingardium leviosa n’avait plus de secrets pour Kieran, le jambencoton non plus, ni aucun autre, de quoi faire applaudir le prof Jordan qui citait souvent Kieran en exemple. Milieu de l’après-midi, il y eut réunion avec les préfets de chaque maison :
 
On va nous interroger, Miss McGonagall y tient, dit Esther Mulligan, responsable des poufs. En attendant, réjouissez-vous : tous les cours sont suspendus. C’est Noël avant l’heure !   
 
La majorité s’en réjouit même si cela signifiait aussi de longues heures d’études à la bibliothèque.
Peu importait au gamin. Lui, ce qui l’embêtait c’était de ne pas avoir vu à aucun repas ses profs préférés. Ils étaient assez étranges Kovatcht et Wallace. Parfois, Kieran aurait juré que… mais c’était fou, cette idée ! Déjà que beaucoup le prenaient pour dingue, s’il avait émis qu’il avait cru que ses parents étaient à Poudlard…  Pourtant après le vol raté en balai, à l’infirmerie, il aurait juré que… M’enfin… C’était embêtant qu’ils ne soient pas là en ce moment.  
Vint son tour à passer chez la directrice. Il était tard, Kieran se sentait fatigué d’avoir tant étudié et gambergé.  
 
Assez-vous Mr. De Brent. Comment vous sentez-vous après la nuit dernière ?
 
Très bien Madame la directrice, et vous ?  
 
Euh… très bien merci.*Zut, suis pas très occlumens, moi…*
 
Prévenue des particularités de l’enfant, elle se rassura. Tant que son regard était clair, tout allait bien. Elle reprit :
 
Kieran, nous sommes ici pour vérifier si, par hasard, vous auriez remarqué certains faits qui vous auraient dérangés avant cette affreuse chose.  
 

Comme quoi ?
 
N’importe quoi. Dites-moi tout ce qui vous a semblé étrange autour de vous, s’il vous plait.
 

À part le fait que l’on me couve tel un poussin non éclos, rien… Bon, je trouve un peu bizarre que Miss Kovatch et Mr. Wallace soient…. Ne soient pas… que Mr. Jordan et…. Et…
 
Par la barbe de Merlin qu’arrivait-il à cet enfant ? Du teint pâle au rouge pour devenir cireux, il se pâma soudain en renversant son siège. Des flots de paroles incohérentes jaillirent :
 
TANTIIIIIIIIIIIIINe !!!! NON, noooooNNNNN !!!  
 
Tordu de spasmes effrayants face à une Miss Phenomena déroutée, Kieran semblait en proie à d’atroces souffrances. Sous les yeux effarés de la directrice, un côté du visage du gamin se couvrit de cloque, à croire qu’il brûlait vif.
Minerva sonna l’urgence qui apparut quasi aussitôt.  Miss Cool et ses deux assitants n’y comprirent rien. L’évacuation à l’infirmerie n’arrangea rien. Ça s’affolait de toute part.
 
Appelez un médicomage, vite et prévenez Luca et Cécile !!! Mais dépêchez-vous !!! s’énerva la directrice dépassée.
 
Le frère et la sœur furent là plus rapidement que le médicomage.  Minerva savait le trio très soudé mais ne s’attendait pas à être mise en accusation par un frère et une sœur immensément tracassés. Tout en entourant Kieran encore torturé, ils firent bloc contre elle. Les questions plurent :
 
Que lui avez-vous fait ?
 
Mais… rien.
 
Vous avez dû lui dire quelque chose, quoi ?
 
Je lui demandais s’il avait vu une anomalie comme je l’ai demandé à tous, puis il a…
 
Disjoncté. Il a parlé ? De qui, de maman ?
 
De papa ?
 
Non… de… tantine.  
 
Pas jumeaux pour rien, ceux-là. Avec la même expression d’inquiétude courroucée, il la dardèrent d’un œil torve :
 
Il est arrivé quelque chose à notre tante Opal ??  
 
Décontenancée, McGo dut avouer :
 
Elle est portée disparue et votre oncle est en prison. Ne vous inquiétez pas, vous parents sont au courant et sont déjà là-bas.  Surtout n’allez pas répéter cela à vos cousins…
 
Sur-ce, le médicomage débarqua.  
 
*Un âne*, pensa Cécile reléguée avec Luca dans un coin.  
 
Le praticien, assez intrigué néanmoins, mit ces faits en relation au choc post-traumatique une fois au courant du détraqueur. Il prescrivit fortes doses de gouttes du mort vivant, et s’en fut avec recommandations de rappel en cas de retour des troubles.
Lucas et Cécile refusèrent de quitter le chevet de leur frère, s’accommodant à ses côtés à la va-comme-on-peut. Le lendemain, Miss Cool les flanqua dehors car, calme, le patient ne nécessitait plus de veillée permanente. Ils pourraient revenir évidemment mais la scolarité primait.
 
Kieran  émergea trois jours plus tard, comme si de rien n’était, tout surpris d’être encore dans un lit de l’infirmerie avec un gros bandage au visage qui, ôté, ne révéla plus aucune trace des vilaines cloques antérieures.
Bien sûr, à peine eut-il quitté l’infirmerie que des compères lui tombèrent dessus :
 
Comment vas-tu, s’empressa Cécile en l’entourant de ses bras chaleureux.
 
T’as le  chic pour flanquer la trouille aux autres, toi ! dit son frère en lui expédiant une bourrade dans le dos.  Et c’est quoi cette histoire avec tantine Opal ?  
 
Tu l’as vue, tu sais où elle est ? le pressa sa sœur.  
 
Je l’ai vue… elle brûlait mais maintenant ça va.  
 
Impossible de lui faire cracher autre chose.  Pourtant, il savait beaucoup mais retenait encore plus pour lui. S’il avait avoué ne fut-ce que la moitié de ce qu’il vivait parfois, sûr qu’il serait bon pour le pavillon psy de Ste mangouste.
 

Les zinzins vont s’inquiéter, et… tenta Cécile
 
On leur a dit ? s’effara Kieran.
 
Non, grogna Lucas, mais ce serait sympa si tu leur glissais au moins un mot.
 
Et les inquiéter pour rien ? Dans tes rêves, frangin !
 
Miss McGonagall en fut pour ses frais aussi. Elle ne sut rien tirer des De Brent, et ne trouva aucun responsable à l’attaque. Après un cours de métamorphose au cours duquel Kieran s’était montré encore meilleur que la majorité des 1ères années en transformant une abeille en papillon, elle osa le retenir pour des félicitations et… quelques questions :
 
Vous irez très loin, Kieran.
 
Merci, madame la directrice.
 
Vous sentez-vous bien parmi nous ? Vos parents ne vous manquent pas trop ?
 
Pas trop, non. Ils vont bien et seront bientôt de retour, n’est-ce pas ?  
 
Minerva en frémit. Ce garçon possédait-il la double-vue ou lançait-il des hameçons histoire de voir si ça mordait ? Au fond d’elle-même, elle optait hélas pour la 1ère idée…
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Kieran De Brent

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Re: L'arrivée

Message par Lucas De Brent le Sam Nov 28 2015, 19:02

Pendant ses deux premières années à Poudlard, Lucas s’était principalement occupé à laisser bien établi qu’il était très orgueilleux d’être le fils de ceux que certains osaient qualifier de vils Mangemorts et autres épithètes qu’on faisait mieux d’oublier. Il s’était battu, disputé, et finalement gagné le respect de la plupart. Ceux qui n’adhéraient pas ne méritaient plus son attention. Pas trop évident parfois pour un gamin de son âge, mais Lucas avait hérité quelques traits du caractère paternel, même s’il lui manquait un bout de chemin pour afficher la légendaire arrogance De Brent ou leur indifférence blasée.
Il planchait sur son devoir de Métamorphose, jetant des petits coups d’œil au parchemin de Cécile qui en avait déjà noirci la moitié quand une des assistantes de Mrs. Cool se pointa, un peu hors d’elle.
 
Vous devez…vous deux, aller à l’infirmerie…votre frère…
 
Encore !?, s’exclama Lucas en se levant si brusquement qu’il renversa l’encre sur son devoir, mais il fout quoi, le mioche ? Il bat des records…
 
Cécile était déjà en route, il galopa à sa suite, les idées en vadrouille.
Ils avaient déjà vécu Kieran en pleine crise, mais là, cela dépassait l’imagination. Torturé de douleur, la moitié du visage couverte de cloques, leur petit frère se débattait, hurlait sous le regard consterné de Miss McGonagall et l’infirmière. Le premier réflexe des jumeaux fut de bondir auprès de leur frère essayant de le calmer.
 
Chante lui quelque chose, Ces…ça le calme toujours !, souffla Lucas en caressant doucement la tête de Kieran, hey, toi…mioche…ça va aller, ça va aller…on est là !
 
Cécile essaya une petite berceuse mais sa voix s’enrouait de larmes pourtant le petit sembla se calmer un peu. Lucas essayait de se calmer lui-même, dépassé, en se demandant où diables étaient leurs parents quand ils avaient besoin d’eux. Il fut un peu surpris par l’attitude de sa sœur en s’adressant à la Directrice, d’un ton à peine moins que furieux. De peu et elle l’accusait ouvertement d’être la cause de l’état de Kieran. Mine de rien, elle n’avait pas trop tort.
Miss McGonagall insistait sur le fait d’avoir maintenu une conversation normale avec Kieran jusqu’au moment où celui-ci avait carrément disjoncté. Lucas sentit son courage flancher. Normalement quand Kieran faisait ce genre de crise, il s’avérait qu’un de leurs parents était en danger, malade ou Merlin sait quoi encore. Sauf que là, il s’agissait de …Tantine.
McGo dut passer aux aveux complets. Faut dire qu’ils n’étaient pas des moindres. Le médicomage mandé d’urgence se pointait, on les écarta.
 
C’est une histoire dingue…Tantine disparue, oncle Erik en prison…ça te dit quoi ça ?...Ouais, à croire qu’on croit que…enfin, tu piges…Mais enfin, au moins Papa et Maman sont là-bas, ensemble…
 
Soupir à l’unisson. Ils savaient que quelque chose se passait entre leurs parents, rien n’était comme avant, et ça faisait mal. Mais le moment se prêtait mal à penser aux déconfitures familiales. Ce soir-là, Kieran était leur unique préoccupation.
Le médicomage raconta un peu n’importe quoi, ce qui voulait dire qu’il ne savait rien de rien, mais ses soins semblaient porter. Kieran, la moitié du visage couverte de bandages semblait dormir, plus apaisé.
 
Bon, les enfants, temps de regagner votre…, commença Miss Cool.
 
Vous n’y pensez pas !, s’insurgea Lucas, on reste avec notre frère, il a besoin de nous !
 
Cécile y mit du sien et McGo, toujours présente ne put qu’acquiescer.
 
Mais je ne veux pas vous entendre parler jusqu’à Merlin sait quelle heure…Essayez plutôt de dormir aussi !

 
Lucas lui accorda un regard noir et Cécile l’ignora. Lumières en veilleuse. Ils étaient seuls avec leur frère endormi.
 
Tu sais, je me demande ce qu’il a vraiment dans sa caboche, le petit…Ça doit faire quand même drôle de voir…savoir…enfin que sais-je…Un don, tu dis, drôle de don en tout cas pour finir à moitié ébouillanté…Ouais, on a toujours su qu’il était spécial…mais là, ça commence à bien faire…C’est con qu’on ne nous dise jamais rien, on doit toujours se casser la tête pour deviner…, la main de sa sœur lui ébouriffa les cheveux, c’est bon, je la ferme…tu sais…suis content qu’on soit deux…c’est plus facile…seul, saurais pas quoi faire, cette fois elle lui envoya une tape sur le crâne, bonne nuit !
 
Le lendemain de bonne heure, Miss Cool passa inspection. Elle s’arrêta, émue, en contemplant le tableau offert par Lucas et Cécile endormis, chacun d’un côté de leur petit frère, l’entourant d’un cocon de protection et amour. N’empêche qu’elle les réveilla sans arrière-pensée et les envoya prendre leur petit déjeuner avant d’aller en cours.
 
Bon an, mal an, fallait faire avec. Cécile voulut aller se rafraîchir un peu avant de se présenter à la Grande Salle.
 
M’en fous de la tête que j’ai…embête pas, Ces…je me rince les dents avec du jus de citrouille…, il esquiva sa tape, qui va s’en faire ? J’ai pas d’admirateurs, moi !, et il s’éloigna d’un pas nonchalant en se passant à peine la main dans les cheveux pour y mettre un semblant d’ordre.
 
Il n’arriva pas à la Grande Salle sans que ses cousins lui tombent dessus en rigolant de sa tenue débraillée.
 
Marrez-vous…on a passé la nuit à l’infirmerie avec Cécile…Non, pas nous, t’es bête Matt…j’ai l’air malade ?...Non, encore Kieran…une de ses crises…euh…là, on sait pas trop…

 
Ou il mentait comme un pied ou Matt et Nick avaient un détecteur de mensonges ultra performant, le fait est qu’ils le harcelèrent de questions. La divine apparition de Victoria Davenport suivie de Lizzie Smith le sauva de vendre la mèche. Suivaient Phil et Tony en se chamaillant avec Andy Strang. De quoi mettre tout le monde en ambiance petit dej et oublier l’interrogatoire entamé.
 
*Juste partie remise !*
 
Routine normale de cours. Enfin, si on voulait, parce que depuis quelques jours pas de cours de DCFM ni de Potions. McGo leur avait donné une excuse qui sonnait bidon de chez bidon et ils avaient dû s’en contenter. Mais mieux valait, il n’avait pas du tout le cœur aux études en pensant à sa tante disparue et au reste de l’histoire, et savait que pour Cécile il en allait pareil. Ce n’était pas trop facile de faire comme si rien, surtout avec leurs cousins.
Au troisième jour de séjour à l’infirmerie, Kieran revint à lui, frais comme un gardon, de belle humeur, sans  trace de sa douloureuse expérience mais ce n’est pas pour autant qu’il donna trop de détails.
 
Ok, c’est bon…tu ne veux pas parler, peux comprendre ça, grommela Lucas, mais suis de l’avis qu’on devrait le dire à nos cousins…après tout tu sais qu’elle va bien…

 
Le petit soutint mordicus que ce serait inquiéter leurs cousins pour rien. Mais bien sûr, les meilleures intentions du monde tombent à l’eau quand la technologie s’en mêle.
La Clique avait pour habitude de se réunir tous les jours dans une salle désaffectée, trouvée, bien entendu par les experts en la matière, qui justement manquaient à l’appel alors qu’ils étaient toujours les premiers à arriver.
 
Ils doivent être en train de mijoter un de leurs trucs…*Ou quelque chose terrible s’est passé et McGo…* Tiens qui voilà…Qu’est-ce que…, la mine grise des deux blagueurs disait plus que mille mots, hey ! Vous deux…Mince, Nick, pleure pas…Matt qu’est-ce qu’il se passe !? *Comme si tu ne savais pas !*

 
Débit haché, entre hoquets et larmes. Ils avaient filé à Caro une paire de téléphones portables pour rester toujours en communication. Leur petite sœur les avait appelés. Ils étaient au courant de tout le drame.
 
Calmez-vous, recommanda Lucas, Kieran a quelque chose à vous communiquer !...Parle, petit…tu dois leur dire !
 
Vérité avouée, sans détails, le calme revint. Dûment consolés, les jumeaux Nielsen reprirent du poil de la bête.
 
Bon, puisque ça va mieux…est-ce que vous pourriez nous expliquer comment Caro a pu vous appeler ? D’autant que nous tous sachions… ces trucs ne marchent pas…Ah bon ? Wifi…et le reste ? Sûr !?

 
Et comment ! Simple démonstration. Ils appelèrent leur sœur, en Australie. Échange d’informations. Caro avait appris la nouvelle de la façon dont tout enfant apprend ce qu’on ne veut pas lui dire…pas exactement en écoutant aux portes mais quelque chose dans le genre. Clara était avec elle depuis un bon bout de temps. Les De Brent Sr. étaient dans le coin mais elle ne les avait pas encore vus.
 
Écoute, Caroline…L’oncle Michael va s’occuper de tout arranger…Dis leur que Kieran a dit que Maman va bien…non, il ne sait pas où elle est mais elle va bien, tu as compris ?...Tu vas faire tout ce l’oncle Michael dira, compris ?
 
Lucas sourit, ému de la confiance aveugle que ses cousins déposaient en son père.
 
Tout va aller bien, souffla t’il à Cécile, si Papa est là…ça baigne !...Alors, les autres…ont fait quoi, ce soir ?

 
Victoria assura qu’elle devait étudier. Le contraire aurait surpris tout le monde mais le reste était partant pour n’importe quelle petite aventure farfelue question de se remettre des émotions.
 
Oh, pas de souci pour la surveillance…On sait s’y prendre, pas vrai, les Zinzin ?...Et puis pas de Kovatch pour nous filer…de Parker et ses minets, on s’en occupe !

 
Cécile protesta, surtout pour la forme, elle était incapable de résister au regard heureux de son cadet, ravi de suivre les grands dans une de leurs virées.
Cette nuit, les cuisines furent dument visitées et on oublia, pour un moment, chagrins et problèmes. Bien sûr, s’ils avaient su être l’objet d’une surveillance serrée, ils auraient été un peu moins contents.
 Quelques jours s’écoulèrent en tout calme et paix. Sans surprises, ni visites à l’infirmerie. Sans nouvelles, non plus. Les seuls qui recevaient des hiboux étaient les Davenport, Andrew et Lizzie, Chris en recevait si rarement que quand un se pointait il devenait gris en pensant à une tragédie familiale, ce qui jusque-là n’avait jamais été le cas.
 
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !, assurait Lucas dans un essai peu réussi de remonter le moral de la troupe, on saura bientôt…Misère…regardez qui est de retour ! La Rousse !
 
Reprise des cours de Potions, au moins de quoi se réjouir. Fidèle à soi-même, Miss Kovatch ne leur fit pas l’aumône de la moindre condescendance. Elle évalua leurs progrès, les trouvant nuls et ôta, sans arrière-pensée des points à toutes les maisons.
 
Mais c’est pas juste ça !, réclama Lucas en se relevant et la fixant d’un œil déterminé, vous nous lâchez sans préavis et supposez qu’on va bucher comme des forcenés ?...C’est ça, enlevez moi encore des points, collez-moi si ça vous chante…moi je trouve ça…vachement injuste !, Chris Von Falkenberg lui tira de la manche pour le faire s’asseoir mais Lucas se sentait d’esprit frondeur, et puis me regardez pas comme ça…on dirait ma mère, sauf qu’elle me ficherait une baffe et que vous n’oserez pas lever la main sur moi ! Sur ce, mon bonjour…, il ramassa ses affaires et quitta la salle de cours dans un silence dense où on aurait entendu voler une mouche. En sortant, il claqua la porte et s’adossa au mur, tremblant de rage. Tout le long du parcours entre sa place et la sortie il s’était attendu à se prendre un sortilège, qu’il n’aurait certainement pas volé, suis cuit !
 
Pourquoi t’es  cuit, Luc ? On t’a saqué du cours ?
 
Lucas fut si surpris qu’il laissa tomber son sac à dos par terre et resta un instant abasourdi en regardant sa petite sœur.
 
Je rêve…mais…Clara…c’est toi ?...
 
Et qui d’autre ?, rigola la gamine, t’es pas content de me voir ?
 
Mais qu’est-ce que tu fais là ?...T’étais pas en Australie avec Caro et…Viens-là  plutôt !, il l’enserra très fort dans ses bras, jusqu’à ce qu’elle se plaigne d’entendre ses os craquer, t’es un moineau, toi…suis content de te voir mais ne comprends rien.
 
Papa nous a amenées Caro et moi…maintenant on est pensionnaires ici…McGo n’aime pas trop mais il y a une vache pire que le diable qui nous a enfermées , Caro et moi dans notre chambre…une rousse…mais McGo nous a relâchée et permis de venir vous voir…

 
Lucas n’écoutait plus trop ce que racontait sa sœur. Un poing de chagrin lui serrait le cœur. Son père était venu et il ne l’avait vu.
 
*Sans doute trop pressé entre ceci et cela…ou pas envie de nous voir…il a vite fait de se débarrasser de Clara…et Maman…pas un mot…c’est foutu pour la famille…tant pis, au moins on sera tous ensemble, avec les mioches…on passera Noel ici…on s’arrangera !*
 
Clara s’étonna que son grand-frère, qui d’habitude ne faisait pas grande attention à elle, la reprenne dans ses bras et embrasse le sommet de son crâne. Elle perçut tout son désarroi.
 
Tout va aller bien, Luc…tu verras !, souffla t’elle sans s’écarter un millimètre, faut juste attendre…
 
Oh que vous êtes mignons !, s’écria une petite voix railleuse par trop connue, il y a un peu pour moi ?
 
Sans rien dire Lucas allongea un bras, sans lâcher sa sœur et accueillit sa folle cousine dans cette étreinte partagée qui faisait décidément chaud au cœur.
 
Il manque pas mal pour la fin du cours…allons plutôt nous balader par-là, je vous montre un peu le coin d’accord…*Profite de ta liberté, mon pote, parce que tu vas passer le reste de l’année au cachot à briquer des chaudrons avec ta brosse à dents !*
 
À la sortie du cours de Potions, les Nielsen eurent la surprise de retrouver leur cadette, Cécile émue embrassa Clara comme une folle pendant que leurs amis les entouraient joyeusement. Lucas prit son courage à deux mains et pénétra dans le cachot de Potions. Le professeur semblait occupé à lire des parchemins mais il avait fait à peine deux pas dans l’antre du loup que Miss Kovatch releva la tête et le fixa d’un regard pointu qu’il soutint tout du long, sans morgue, se sentant tout à coup très calme.
Arrivé face au bureau, il inspira, sans baisser le regard. Elle l’observait, impassible.
 
Je n’aurais pas dû m’emporter de la sorte, prof. Kovatch, je m’en excuse. Vais pas chercher trente-cinq raisons …on a des problèmes familiaux et ça me chamboule…oui, des trucs plutôt graves…Miss McGonagall peut vous dire de quoi il s’agit…, il resta là, droit comme un i en attente du couperet qui ne tarderait pas à tomber.
 
Contre toute attente, Miss Kovatch ne le réduisit pas en cendres. Il récoltait une colle et un devoir à rallonge mais il s’en fichait en rejoignant la Clique réunie à la récré. Kieran était aux anges avec Clara, les cousins avec Caro.
Mais c’était trop beau pour durer. McGo en personne se présenta pour emmener les petites, invoquant le règlement et Merlin sait quoi d’autre.
 
Mais ce sont nos sœurs !, protesta Lucas.
 
M. De Brent, il y a des règles à respecter…tenez-vous y… On ne va pas les changer pour votre bon plaisir…et que je n’entende rien de votre part, d’aucun de vous, Nielsen ! Venez, les enfants !

 
Supposer que ce serait si facile de contraindre les fillettes tenait du rêve, McGo perdait patience, vouant aux enfers ceux qui l’avaient mise dans ce pétrin quand son salut apparut au détour d’une allée, suivi de son énorme chien. Marcus Wallace qui sembla si innocemment surpris de la trouver en pareille impasse.
 
Vous tombez à pic, Mr. Wallace, raisonnez votre entêté d’élève et évitez moi de lui donner un aperçu de mon autorité.
 
Mis au parfum en un temps deux mouvements, le prof de DCFM n’eut d’autre recours que faire ce qu’on attendait de lui : larguer un sermon bien senti aux Serpentard et Associés. Mais avant de s’y mettre il avait gentiment conseillé à Clara et Caro de suivre McGo en leur assurant qu’elle était plus sympa qu’elle n’en avait l’air.
 
Merci de votre aide, Mr. Wallace, grommela Lucas, ironique, vous arrivez pile pour…Non, rien, Professeur…Oui, Professeur…On y va !

 
L’éclat du regard de Mr. Wallace disait long : ce n’était pas avec lui qu’on badinait. Lucas le défia un instant avec identique intensité avant de baisser les yeux et avoir l’air de s’intéresser follement à la pointe de ses baskets.
 
*Et merde avec les adultes !*
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Re: L'arrivée

Message par Victoria Davenport le Sam Nov 28 2015, 21:29

Être l’aînée de la famille n’est pas de tout repos surtout d’une telle famille !  De ses parents, Victoria tenait beaucoup. Sage et délurée, certes ! Plus l’un que l’autre à son humble avis. Studieuse, elle avait ça dans le sang.
 
*Granger bis… franchement !*
 
 La communauté exagérait !  Se doutait-elle seulement de la pression que Vic devait supporter ?  Être à la pointe de tout pour satisfaire tout le monde n’est pas donné, loin de là ! Papa misait sur elle, pas besoin qu’il l’avoue pour le savoir. Maman… ? Plus relax que lui en cas de bêtise, c’était clair.  
Et voilà une troisième année dans un lieu à la fois austère et déjanté.  L’année de tous les dangers. Elle le savait sans que l’on ait à lui faire un dessin : il fallait avant tout veiller sur Kieran De Brent. Le pourquoi exact demeurait flou. Les adultes prenaient-ils leur progéniture pour des ignares imbéciles ?  
Un secret entourait la naissance de ce presque cousin. Lequel ? Pas vraiment son problème mais si ses parents estimaient capital de veiller sur ce mioche, on ferait avec.  D’autant qu’il ne serait pas le seul à débarquer cette année, hélas ! En sus de Kieran, lui incombait la surveillance de Phil et Anthony, ses frères.  Quand on a 13 ans, qu’un type blond vous chavire… être un garde-chiourme n’a rien de marrant.  Si elle n’avait pas obéi aux désirs indirects de papa, elle aurait suivi son cœur et atterri à Serpentard. Cécile ne s’y trouvait-elle pas ?  Complices et confidentes… assurément mais pas pour tout. Un jour, peut-être Vicky dirait à sa copine que… mais puisqu’il ne voyait en elle qu’un puits de science… cela pouvait attendre.  Il y avait d’autres chats à fouetter dans ce château.  Anticipant ou provoquant les aspirations de sa fille chérie, Victoria avait hérité de des mains paternelles un objet peu banal.
 
Ne l’utilise qu’en cas d’absolue nécessité, Vic chérie !  
 
Un retourneur de temps ! Une merveille longtemps inemployée mais qui ouvrait bien des perspectives.
La confiance de Justin en sa fille était si… énorme qu’il lui avait confié un moyen extraordinaire de progresser plus vite, d’être à la fois en deux endroits différents, voire de… redresser des situations aberrantes. À part papa, personne ne savait ce qu’elle portait en sautoir sous son uniforme.  Loin d’être sotte, Vic ne l’utilisa que pour les cours à démultiplier. Granger n’avait-elle pas fait de même, pourquoi se gêner ?  Sauf qu’à Halloween Kieran subit un détraqueur… L’optique changea.  Remonter le temps, découvrir l’auteur devint essentiel.  Cécile dut remarquer quelque chose d’anormal dans son comportement. Fréquemment, elle lui coula des regards interrogateurs aussitôt déviés par une blague quelconque.  
Vicky ne se sentait pas trop bien avec ces remises à jours qui ne parvinrent pas à élucider le mystère du détraqueur.  Par contre la demoiselle releva plusieurs anomalies dont elle ne ne tint pas compte vu le peu d’intérêt à ses yeux juvéniles. Kovatch était animagus, probablement non déclaré. Bon point : elle était attentive à Kieran. Wallace en pinçait pour elle mais ne négligeait pas Haines. Jordan semblait attaché aux deux plus belles profs ! Pas de quoi réfléchir à ça !
Victoria avait beau être vaillante, les allers-et retours la minaient d’autant que jusque-là, son truc ne lui servait pas à grand-chose sinon d’être fréquemment déphasée quoique à la pointe des cours et leurs suites.  Vint la grande crise de Kieran. Une de celles que tous redoutaient. Suite au détraqueur, la directrice passait au crible tout le monde.  Lui dire ou pas lui dire ce qu’elle avait noté dans ses virées dans le temps ?  Elle préféra la boucler.  Néanmoins, un truc clochait grave avec les Nielsen.  Cécile ne lui cacha rien à ce sujet mais assura que tout allait bien. Désorientée, Vic tâta fréquemment son retourneur. Pouvait-elle faire quelque chose pour éviter un drame ou devait-elle laisser les choses en état ?  
Elle sut que faire quand des indiscrétions lui rapportèrent l’arrivée de Caroline Nielsen et de Clara De Brent.  
Tous les événements la prirent de court pour ne pas dire que cela partit en nouille de partout.  
Ces gamines ne pensaient qu’à s’évader, aller fouiner, jouer.  Qu’en moins de deux jours elles se fassent enlever, que McGo soit attaquée, fit fondre les dernières appréhensions de Victoria.
 
*Courage… d’abord voir où cela mène… quatre tours en avant…*
 
Depuis les toilettes de sa maison, elle actionna le sablier.
Ah bon ? En principe, durant les 4 heures suivantes, Vic aurait dû écraser dans son dortoir après avoir dîné, mais non.  De piliers en recoins, elle se suivit dans les méandres des couloirs jusqu’à l’entrée de la tour des Poufsouffles.
 
*Pourquoi je suis là ? J’ai dû m’avertir ou on m’a dit de venir… *
 
Elle se souvint vaguement d’un billet laissé sur sa table de nuit… Elle ne l’avait pas ouvert…  
 
*Je ne l’ai pas encore écrit… donc, je vais le faire bientôt après avoir vu…*
 
Elle vit. Il était énorme ! Sa peau visqueuse s’entrelaçant sur elle-même, il était certainement le plus affreux des serpents jamais entrevus.
 
*Il attend quelqu’un…*
 
 Elle hallucina alors. Dérangé par l’apparition d’une fillette de 13 ans, le monstre se retourna vers elle et attaqua. 4 tours en arrière à la vitesse grand V, Vic tremblait comme une feuille en reprenant pied dans le fil du temps présent.  À tout hasard, elle se gribouilla un avertissement en se traitant d’idiote car, à moins d’un sortilège magistral, elle n’était pas prête d’oublier cette horreur. Déposé en courant dans son dortoir, elle se serait arraché les cheveux en ne sachant quoi faire. Il fallait agir vite car dans moins de 4 heures, un monstre croquerait quiconque passerait dans les environs.  
Qu’aurait fait Granger ?  Serait-elle allée parler à la directrice ? Sonnée comme elle devait l’être McGo ne serait d’aucune utilité voire pire : elle lui confisquerait son retourneur.  Alors à qui en parler ?  À son humble avis, aucun prof ne pigerait quoique ce soit. La seule qui comprendrait peut-être ne pouvait être que Cécile.  L’heure du dîner n’était pas loin. Avec du bol, elle pourrait approcher sa copine sans trop attirer l’attention car le règlement s’était beaucoup assoupli depuis quelques années. Les élèves n’étaient plus obligés de ne manger qu’avec les condisciples de leur maison respective sauf à la répartition. Aussi, dès leurs petits postérieurs posés sur la banquette souvent partagée, Vic souffla à l’oreille amie :
 
Faut absolument que je te dise un truc très spécial.
 
Concernant qui ?
 
Euh… tout le monde ! Comment vont Clara et Caro ? On sait quelque chose ? Kieran ne semble pas trop affecté…
 
Elles ne savent rien, n’ont rien remarqué du tout et, tu sais que Kieran est secret…  mais c’est quoi, ton secret à toi ?  
 
Le plus bas et vite qu’elle put, Vic souffla :
 
J’aiunretourneurdetemps.
 
Hein, qu’est-ce que tu dis ?
 
Avec un geste se voulant discret, Vic entrebâilla  le col de son chemisier. Pourquoi fallut-il que cet idiot de 5ème de Serpy voie son mouvement. Haut et clair, il braya :
 
He ! Granger bis montre ses nouveaux nénés à sa copine ! Et nous, on peut les voir ?
 
Grosse hilarité, profond rougissement.  Figée, le nez piqué vers son assiette dont elle contempla le bord sans y toucher, Vic n’avait jamais ressenti pareille honte.  Gorge serrée, yeux humides, sourde à tous les échanges, elle se serait enfuie sans une intervention musclée qui saisit la majorité des garçons attablés. Elle rêvait ? Non, Lucas était bien en train de démolir le portait du grossier personnage, aidé par l’ensemble des potes unis contre une bande d’affreux jojos.  Réveillée, Vic saisit la main de Cécile et l’entraîna loin de l’esclandre déjà en voie de résorption de la part du staff courroucé.
 
Te frappe pas, Vic. Ce sont des idiots finis, et…
 
C’est pas ce qu’ils disent qui me fait fuir. Cécile, j’ai un retourneur de temps donné par papa. J’ai voulu voir plus loin et d’ici moins de trois heures, quelqu’un va ouvrir la chambre des secrets ou quelque chose d’équivalent…
 
Hein ??? Tu es sûre que ça va, Vic ?
 
L’objet fut brandi avec insistance sous un nez incrédule. Sans voix, Cécile papillonna des cils puis lâcha :
 
Tu… tu as vu un serpent ?
 
Un gros, immense… pour un peu il me mangeait !  
 
Ben… suffit d’éviter ce couloir, alors.  
 
On fait comment ? On met des pancartes : défense d’entrer  pour cause de basilic ?
 
Non, évidemment.
Cécile, tracassée, tentait de réfléchir. Au bout de 2 minutes, elle dit :
 
Ton machin, tu peux le faire fonctionner n’importe quand ? Je veux dire : il n’y a pas de temps de délai entre deux usages ?
 
Je… non, je crois pas.
 
Alors on y va ensemble. On verra ce qui arrive ensuite.  
 
Pas trop rassurée quant aux résultats d’une telle décision, Vic allongea la chaîne du retourneur qu’elle passa en partie au cou de son amie. Enlacées, les filles avancèrent dans le temps.
Partie depuis le placard des balais du hall, elles se glissèrent furtivement dans les escaliers pour arriver juste en face de l’endroit où Vic s’était vu attaquer.
 
Je dois être là, derrière ou alors je suis déjà rentrée, murmura-t-elle.
 
La masse sur les dalles ne laissait aucun doute : un serpent. Mais si Cécile s’était préparée à affronter un basilic, elle fut déçue.
 
C’est ça ton monstre ? s’exclama-t-elle à la limite hilare.
 
Chut ! intima Vic, vexée. Regarde si tu vois autre chose, quelqu’un…
 
Ouais, t’as eu tellement la frousse que t’as rien remarqué d’autre, je comprends. Mais je ne vois rien ni personne.  On devrait peut-être rester ici et redescendre le temps un peu à la fois, non ? On pourrait voir qui a fait apparaître ou apporter ça…  
 
Commença un drôle de jeu… Par menus déplacement du sablier, elles cernèrent le moment exact de l’apparition. Il était 21h30 quand soudain, il y eut un murmure et le serpent se matérialisa.  
 
Un serpensortia… Tu as vu d’où c’est venu ? demanda Cécile troublée.  
 
Les cachettes possibles étaient multiples, s’y placer risqué.
 
Tant pis, déclara Cécile. VIPERA EVANOSCO !
 
Le reptile évaporé, elle rigola franchement :
 
Voilà ! Tu ne viendras jamais ici puisque pas de bestiole dans le coin, on s’en va.
 
Vas-y si tu veux, moi je reste jusqu’à l’heure où j’ai vu ce que j’ai vu.  On sait jamais… si le sorcier en remettait un autre ?  
 
Pas faux…
 
Elles glandèrent un bon moment et puisque n’ayant rien de mieux à faire, elles détaillèrent l’environnement. Depuis leur retraite, le champ d’observation était réduit. Néanmoins, Vic accrocha soudain le bras de Cécile :
 
Là-haut, collé à la voûte, tu vois aussi…  
 
Mince ! Elles en avaient déjà vu de ces espions miniatures. 
Consternées, elles entrevirent une vérité : ce passage était surveillé. Si l’espion avait enregistré…
 
Il… il nous a vues, tu crois ?  
 
Je sais pas mais ne tiens pas à le savoir non plus. Fichons le camp !
 
Une galopade suivante, au carrefour séparant les maisons, les filles échangèrent une étreinte avant de se séparer. D’un commun accord, elles jurèrent de ne rien dire aux autres mais d’enquêter en douce.             
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