Drôles de profs...

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Drôles de profs...

Message par Alix Blackstorm le Lun Oct 26 2015, 21:28

Dissimuler des choses à Michael rendait Alix dingue tant elle détestait ça. Certes, chacun avait ses petits secrets, ils menaient leur vie ensemble et séparément à la fois pour ce qu’ils estimaient combler le bonheur de tous.  
Après bien des vicissitudes, le calme était enfin venu. N’allez pas croire pour autant que les De Brent dormirent sur leurs lauriers en se contentant de jouer au papa et à la maman. Bien que Kieran requière plus d’attentions que ses frère et sœurs, s’arrangeant toujours à ce que la marmaille ne manque de rien, ces « parents » n’en délaissèrent pas pour autant leurs « autres » vies. Ils se débrouillaient pour être le plus souvent possible auprès de leurs trois enfants, et leurs retrouvailles étaient plus qu’intenses. Tellement intenses que ce qui devait arriver ne rata pas : Alix fut à nouveau enceinte. D’ordinaire combattive, Alix fut très déprimée par cette annonce d’enfant inattendu, irritée aussi. Comment Michael ne comprenait-il pas ses craintes à ce sujet ? Si elle n’avait accouché que deux fois, ce fut toujours dans des conditions extrêmes, de quoi faire disparaître en elle la joie de procréer.  L’idée lui vint de perdre son fruit mais elle en fut incapable. Pourtant aisée en comparaison aux autres, cette portée n’empêcha pas Alix de détester sa condition pendant 9 mois. L’ambiance du nid en pâtit ? Tant pis !  Elle n’en voulait à personne d’autre qu’à elle-même en négligeant de faire le nécessaire en temps utile. En effet, les rencontres conjugales étaient parfois si aléatoires qu’elle en omettait les précautions élémentaires. Résultat : Clara.
Pauvre gosse ! Rien n’y fit, Alix s’y intéressa à peine. Jolie comme un cœur, elle était au moins l’amour fou de son père, aussi Alix ne jugea pas utile d’y ajouter le sien. Puis, elle se devait à Kieran, non ?
Pas que le garçon leur posât des problèmes, loin de là ; Lucas avait la palme de ce côté.
Mais tous savaient à quel point Kieran était différent et personne ne pouvait affirmer la manière dont il tournerait. Rarement un sorcier démontrait des pouvoirs au berceau : Kieran, oui. Pas de doute, il serait très doué. Aussi, insensiblement, Alix prit l’habitude de fermer son esprit en sa présence, sauf pour lui démontrer sa profonde affection.  Si les jumeaux avaient assez tôt exprimé leur désir d’indépendance, pas Kieran.  Parfois Alix se demandait si cette façon de se raccrocher à elle était réelle ou la transposition de ses propres désirs ? Un fait demeura : bébé grandit en surprotection.
Et voilà que les lettres d’admission au collège affluèrent. Le temps était-il passé si vite ?  
Combien de ces missives Alix ne brûla-t-elle pas ? Il était absolument hors de question que Kieran entre à Durmstrang ! Puis qu’irait-il fabriquer au Japon ou en Afrique ?
On jetait les missives par la fenêtre, elles revenaient en force partout dans l’environnement du candidat. Ce qui amusa beaucoup Lucas d’en recevoir plein dans d’un coup la piscine.  Michael semblait un peu contrarié également, du moins les rares fois où elle le croisa cette année-là. Que mijotait-il, lui ? Elle n’en savait à moitié rien, pas plus que lui ne savait en quoi elle passait ses journées. Parler d’école devant les enfants était… dérangeant, et le soir ils étaient claqués, quand ils logeaient ensemble.  
L’unique lettre attendue ne venant pas, ou tardant en tout cas, Alix s’en mêla. Confiant la marmaille à Bikita et Lormar, elle fila droit en Ecosse.
Ah, Poudlard ! Elle y avait été heureuse à une époque. Pas qu’elle soit malheureuse à présent mais la maturité voit et vit différemment les choses.
Pour poireauter en audience, Mrs De Brent le fit. De quoi gamberger à tout va et redouter le pire. Sa démarche ne devait pourtant pas être si singulière, ou…oui ?  
Enfin, un elfe s’inclina devant elle pour l’inviter à le suivre dans un colimaçon.
Dans un grincement sinistre, la lourde porte en chêne mouluré s’ouvrit sur un décor austère, genre bibliothèque miniature, quoique la pièce soit de fort belle taille. Outre la multitude de registres et grimoires soigneusement rangés dans les armoires vitrées, ce qui frappait le plus était sans conteste l’occupante des lieux. Debout, derrière un imposant bureau antique, trônait la directrice de Poudlard. Au premier abord, Alix fut paf. Elle ne s’était pas attendue à visiter quelqu’un d’autre que la vieille Mrs. McGonagall. Or la sorcière qui lui faisait face, était… différente.  Fine, bien faite à en juger la tournure élégante de sa robe de soie mauve ; elle ne devait pas dépasser la soixantaine.  Sur un geste altier, Alix avança, ne se gênant absolument pas pour détailler cette dame aux traits sévères accentués par une sorte de moue d’agacement très perceptible.  
 
Bonjour Mrs De Brent, veuillez- vous asseoir, je vous prie. Que me vaut l’honneur… ?  
 
Vous devez vous en douter, n’est-ce pas madame… ?  
 
Oh, excusez-moi, je ne me suis pas présentée. Phénoména McGonagall, la cousine de cette chère Minerva. Le poids des ans, vous comprenez ? Elle m’a cédé la lourde tâche de diriger cet établissement pour goûter un repos très mérité. Si vous nous disiez…
 
Dès l’instant où son regard avait accroché celui de sa vis-à-vis, Alix avait compris. Bien dissimulé mais présent, il y avait un je ne sais quoi d’inimitable.
 

*Je mange ma baguette où Minerva se moque de moi ! Ah, tu veux la jouer comme ça ? D’accord…*
Je suis venue vous demander pourquoi mon fils n’avait pas encore reçu de lettre de votre part, avoua-t-elle tout net.  
 
L’autre ne se troubla pas mais soupira :
 
Une erreur administrative, peut-être ? Les services sont devenus d’une telle lenteur… Nous allons vérifier. Son nom, s’il vous plait ?  
 
D’un geste ample et précis, la sorcière fit léviter un épais volume jusqu’à sa table où il s’ouvrit.
De Brent… Kieran… non, non, je ne vois rien…  Je suis navrée, ma chère Mrs. De Brent, votre fils n’est pas dans…
 
Fadaise ! clama Alix que ce petit jeu commençait à agacer furieusement. Allons Minerva, cessez vos enfantillages ! Oui, oui, je vous ai démaquée. Pas que votre métamorphose soit ratée, mais on dupe rarement Alix Blackstorm. Le pourquoi vous avez bu la potion de rajeunissement de la duchesse de Gilmore ne regarde que vous mais que vous tentiez d’en profiter pour jouer avec moi, là je dis non.  Je répète donc ma question : pourquoi Kieran n’a-t-il pas encore reçu de lettre de votre part ?
 
Confondue, l’air d’une chatte devant une souris, Minerva-Phénoména sourit :
 
Sa lettre est prête quasi du jour de sa naissance… J’ai beaucoup hésité… j’hésite encore à l’expédier.
 
Vous savez autant que moi qu’en cas de défaut de la part de Poudlard, Kieran ira à Durmstrang !  Vous ne voudriez pas risquer cela, quand même ?  
 
Toujours finaude, Minerva sourit de plus belle :
 
Et vous non plus, n’est-ce pas ? En fait, nous souhaiterions vivement recevoir Kieran en ces murs mais… nous avons besoin de garanties…  
 
Prise de court, Alix se renfrogna car cette situation ressemblait de plus en plus à un chantage.  
 
Quel genre de garantie ? Et garantir quoi ?  mordit-elle, vexée d’être manipulée.
 
Ne vous emballez pas, ma chère enfant. Rien de bien méchant. Je crois, au contraire que notre arrangement vous agréera également…
 
Les débats furent longs, l’après-midi y passa. Finalement, après le thé rituel servi, Alix rentra chez elle assez satisfaite.
Le lendemain matin arrivait la lettre. Alix en pleura presque de soulagement en voyant son époux enfin détendu. Les jours suivant furent folie d’organisation. Lucas et Cécile entrant en 3ème année, ils devaient renouveler leur trousseau et Kieran faire le sien.
Du passage au chemin de Traverse, Alix préféra ne plus s’en souvenir d’autant qu’ils y croisèrent plein de connaissances de quoi encore ralentir le mouvement. Pour le choix de sa baguette, Kieran émit le souhait de se rendre seul chez le séculaire Ollivender.  Bon, la police magique ne dut pas intervenir, les secours non plus, déjà ça. Alors pourquoi le futur élève revint-il les mains vides ? Têtu comme parfois son père, il refusa de s’étendre là-dessus, se contentant d’un « plus tard ».  
Le mois précédant l’évènement se vit fébrile en activités. Souvent Alix dut faire front seule face à ses quatre « petits » avec qui il fallut répéter les mesures d’urgence.  
 
Cécile, que faire si quelqu’un dit du mal de l’un de vous ? Lucas, tu fais quoi si Kieran pique une crise ? Kieran, n’oublie pas : ne réplique jamais !  
 
Etc. Clara dans tout ça ? Bah, elle jouait avec les chats.  
Le jour J arriva trop vite. Alix n’était pas certaine que son organisation fonctionne.  La veille, elle avait surpris son époux en déclarant :
 
Quand ils seront loin dans le train, je crois aller me reposer avec Clara chez ton frère. Opal a besoin d’un coup de main au resto, et tu sais combien je me suis améliorée en ce domaine. De toute façon, on sait que tu n’as pas besoin de moi. On se reverra… à Noël, sauf urgence !
 
Une façon comme une autre de lui signifier que ce qu’il faisait lui importait peu alors qu’en réalité elle se rongeait les sangs.  Elle ne lui battait pas exactement froid depuis la naissance de Clara mais chat échaudé… Elle était distante oui et ne désirait sous aucun prétexte savoir comment Michael pouvait se consoler pour autant qu’il doive l’être.  
 
Beau regroupement entre familles et amis au quoi 9 3/4 ! Ce jour-là, Alix revêtit son masque de semi-indifférence sans pourtant s’empêcher de trembler intérieurement tout en rageant face à la curiosité maladive des sorciers à leur encontre. Elle essaya d’y soustraire Kieran ? Sans doute. IL n’était pas un monstre, un objet étrange, juste un petit garçon assez déboussolé par l’animation.  
Lorsque les ultimes recommandations s’achevèrent, que tous les marmots disparurent à l’horizon,, le masque faillit craquer de larmes. Alix tint bon malgré tout et salua son époux d’un bref bisou au coin des lèvres :
 
On reste en contact. Amuse-toi bien !  
 
Passant son bras sous celui d’Opal Nielsen- McLane, elle lui tourna le dos en tractant une Clara boudeuse à sa suite.  
Sitôt hors de vue et d’oreilles indiscrètes, Alix lâcha sa belle-sœur :
 
Merci de t’occuper de Clara.
 
Tu ne veux toujours pas me dire…
 
Non, c’est top-secret ! Moins tu en sauras, mieux ça vaudra. Si Michael pose des questions, tu réponds ce que l’on a prévu et je peux être de retour en moins de cinq minutes. Prends soin de toi et d’elle.
 
Embrassant brièvement sa cadette, Alix recommanda :
 
Tu fais tout ce que tantine te dit et si papa te pose des questions : tu ne sais pas. D’ailleurs c’est vrai, tu ne sais rien. Sois bien sage.  
 
L’instant d’après, elle s’évaporait.  
 
Le staff de Poudlard, fameuse réunion pré-rentrée. Présidant l’assemblée du haut de son chignon brun ondulé, Minerva-Phénoména accueillit un à un les membres du collège. Des gâteries garnissaient une longue table en U autour de laquelle on se plaça selon l’ordre d’arrivée.  Un peu essoufflée, rajustant les plis de sa robe de velours vert, le professeur de potions se présenta bonne dernière. Face à l’auditoire attentif, elle redressa l’échine, émit un bref sourire en s’excusant à peine avant de se poser à la seule place disponible en bout de table. La directrice sembla rigoler :
 
Enfin parmi nous Miss Kovatch, bon voyage ? Enfin, nous voici tous réunis. Certains d’entre vous se connaissent de longue date mais cette année, de nombreux départs à la retraite ont donné droit à un rajeunissement des cadres. Les derniers seront les premiers, voici donc Miss Anthéa Kovatch issue de Bulgarie. Elle sera notre professeur en potions.  À sa droite, notre nouveau professeur de DCFM, Mr. Marcus Wallace.  Peut-être vous étonnerez-vous de l’ensemble des cours distribués aux 1ères années cette session mais le ministère a beaucoup insisté pour que l’enseignement soit plus… pointu. Oui, DCFM sera au programme des chers « anges ».  
 
Furent ensuite présentées les nouvelles têtes, et distribués les horaires. Chacun lut son parchemin puis, nul ne critiquant la disposition en vigueur, on bavarda en attendant l’heure H.
Sincèrement, il est des moments où l’on peut détester quelqu’un. C’est ce qu’Alix Blackstorm ressentait en cet instant vis-à-vis de la directrice.  Quelle idée saugrenue, mais quelle idée ? Certes, il s’agissait d’une opportunité incroyable mais aussi d’un chantage infâme. Sous peine de voir son rejeton chéri confié à Durmstrang, Alix avait dû accepter… la folie : rien de moins que de rejoindre les rangs enseignants. Cela avait beaucoup ergoté avec Minerva qui aurait voulu qu’elle soit une sorte d’épouvantail à moineau genre Sibille Trelawney, sa copine. De non, en peut-être, on en était arrivé à un compromis du genre : vous verrez bien !  Et Anthéa était apparue. Au moins, l’assistance n’aurait pas à souffrir de côtoyer une vieille harpie. Jolie ? Peut-être mais sans ostentation. Un port altier - on ne se refait pas – des cheveux de flammes, yeux vert émeraude, Alix avait rigolé face à son miroir lors de sa première dose de polynectar. Vous vous doutez bien qu’il ne s’agissait pas d’une formule basique. En fait, Anthéa ne ressemblait à personne étant donné qu’elle était un mélange de plusieurs.
Pas question, en effet, de croiser par hasard un double éventuel. De plus, la mixture améliorée durait au moins 24h entre les prises de quoi éviter la suspicion en avalant un breuvage toutes les 30 minutes. N’ayant eu qu’un petit mois de préparation à son nouveau rôle, Alix tremblait un peu sur la façon dont mener sa barque. Bah, personne ne connaissant vraiment Mrs De Brent… l’affaire était jouable.  Minerva avait tellement insisté sur la nécessité de garder un œil sur Kieran… comment résister ?
Son voisin était… collant ? Troublant ? En tout cas agaçant. Alix ne désirait aucunement frayer avec qui que ce soit. Fut-il spirituel ? Elle le délaissa tout bonnement après quelques banalités échangées à la va-vite. Par contre, elle trouva ses collègues féminines assez intéressantes pour  leur accorder l’aumône d’aménités.
Il fut enfin temps de prendre place à l’estrade  de la grande salle. Déjà bondée par la foule des élèves de 2 à la 7ème année, la maîtrise de Phénoména ramena le calme afin de présenter les nouveaux professeurs. La répartition des 1ères commença ensuite dignement.
Du coin d’un œil débordant de fierté maternelle, Alix admira le calme de Cécile. Bon, Lucas faisait le pitre mais ce n’était que pour amuser la galerie.
Et il apparut son bonhomme à elle ! Ultra difficile de se contrôler dans ces conditions. Kieran, l’enfant haï puis adoré semblait un peu perdu mais très maître de ses sentiments. Qu’avait donc son voisin, l’incontournable prof de DCFM, à s’agiter sur sa chaise ? Une démangeaison mal placée ?  
Quoiqu’elle se soit promise à l’indifférence placide en toute circonstance, Alix-Anthéa eut un sursaut quand le Choixpeau beugla :
 
Divergent !  
 
Il… il ne l’a même pas laissé s’approcher, murmura-t-elle malgré elle.
 
La situation était inhabituelle, tous étaient plus ou moins choqués mais moins que lorsque le couvre-chef décréta que le gamin pouvait décider de sa maison.
 
*Comme son père, Lucas et Cécile, sûrement !* pensa-t-elle confiante.
 
Ben non ! Il visa les… poufsouffles. Sidérée, elle ne réagit cependant pas trop. Par contre, son voisin de table avait avalé de travers cette fois. Obligée de s’en inquiéter, elle lui administra une claque vigoureuse entre les omoplates avec un : ça va ?  de simple politesse. Ensuite, il fallut manger et faire bonne figure.  La digestion viendrait plus tard.  
La torture prit fin avec les mains de Minerva. Après un dernier regard aux groupes, Anthéa rassembla sa dignité pour évacuer la salle.  Pourtant, une ultime réunion s’avérait nécessaire selon la directrice qui fit distribuer de l’eau-de-vie aux professeurs assemblés dans l’arrière-salle. Un pur feu ou deux auraient mieux retapé Alix de l’épreuve supportée plutôt que la chose fruitée servie. Le niveau des flacons descendit fortement car les émotions avaient été plus fortes que la boisson.
 
Ce n’est pas tous les jours que l’on voit ça, commenta la prof de botanique, assez hilare. Qu’en pensez-vous, Anthéa ?  
 
Euh… rien. C’est ma première répartition.  
 
Vraiment ? Miss McGonagall vous a pourtant présentée comme professeur émérite, et…
 
Les écoles n’ont pas nécessairement le même système, haussa-t-elle les épaules. Parfois les professeurs accueillent les nouveaux à l’entrée alors que d’autres établissements veulent que le 1er contact ne se fasse qu’en classe.  
 
Vous en avez fréquenté beaucoup des écoles ?
 
Quelle enquiquineuse !  Tiens, le Roméo de service vint à son secours déballant un parcours pas piqué des vers tout en roucoulant avec la belle jeune femme blonde qui préféra changer de sujet en vantant les vertus de ses plantes fétiches.  
Bon an mal an, tous semblaient convaincus que cela ne s’était pas si mal passé que ça et que si Kieran De Brent était un cas, on avait connu pis.  
Zut, le prof de DFCM semblait désirer prolonger l’entretien. Alix coupa court :
 
Bonne nuit Mr. Wallace. Mon 1er cours aura lieu à 8h30. J’ai des préparations à effectuer entre temps. Tout le monde ne peut se contenter que de sa baguette, n’est-ce pas ?  
 
Ouf ! Il était temps de se reposer et… d’attendre l’invisibilité pour prospecter…  


Dernière édition par Alix Blackstorm le Sam Oct 31 2015, 12:01, édité 1 fois
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Re: Drôles de profs...

Message par Michael De Brent le Mar Oct 27 2015, 10:27

Pas à dire ! Il avait pris un sérieux coup de vieux, ou peut-être ce n’était que son idée ? Quoiqu’il en soit, Michael ne s’étonnait de rien, ou presque. Il ne faisait jamais trop attention à l’image renvoyée par le miroir mais ce matin-là, il avait pris un peu plus de temps pour se détailler. Quelques rides, des cheveux blancs, surtout la barbe et ce je ne sais quoi visant au désenchantement vrillé au regard. Soupir discret. Il y avait bien de quoi l’avoir pris, ce sérieux coup de vieux !
Cela avait commencé  quand Alix était tombée enceinte de Clara. Elle ne lui avait pas pardonné de s’en réjouir follement, autant qu’elle semblait ne pas se pardonner elle-même de ne pas avoir pris plus de précautions. Mais enfin…
Ce qui le tracassait vraiment ce matin-là c’étaient les suites et répercutions d’une certain fait exempt de noblesse, qu’on appelle communément : chantage. Et cela venant de la personne de laquelle il se serait le moins attendu être victime de ce genre d’extorsion. Minerva McGonagall. Michael n’en revenait toujours pas. On pouvait en convenir, les temps avaient changé. Tout comme son ancien professeur de Métamorphose. Si lui avait pris un coup de vieux,  McGo, elle avait pris un sacré coup de jeune. Il devina, sans effort, d’où venait le miracle mais sans temps pour s’étendre sur sa trouvaille, se laissa prendre de court par la perspicace directrice de Poudlard, qui semblerait il exerçait aussi d’un certain don de voyance puisqu’avant qu’il eut ouvert la bouche,  elle assurait connaître exactement  la raison de sa démarche. Qui, entre nous, n’était pas des moindres, en plus d’absolument légitime.
Le tout se résumait à un nom : Kieran.  Il le savait. McGo le savait. C’était tout ficelé d’avance et lui, le grand futé de l'histoire, n’avait rien vu venir. Pas de ce côté-là, en tout cas.
 
La fin justifie les moyens, mon cher. Vous tenez à votre gamin et moi je tiens à mon école et vous savez que je ne parle pas sans avoir connaissance de cause, donc, nous nous remettrons à faire de notre mieux pour assurer que tout le monde soit content, en sécurité et que cette année, pour commencer, s’écoule dans tout le calme et normalité souhaitables.

 
Ce qui veut dire ?, avait presque beuglé Michael, dépassé par tant de culot.
 
Il détestait le Polynectar.  McGo l’avait vilement roulé dans la farine de la façon la plus ignominieuse. Maintenant le miroir lui renvoyait l’image d’un inconnu. Marcus Wallace ! Voilà ce qu’il était devenu pour honorer ce pacte étrange.  Soit, McGo avait raison en plus d’un point. Kieran était une bombe à retardement. Il le savait depuis toujours. Cela faisait 11 ans qu’il trainait ce boulet mais le petit était son fils, ou peut-être pas tout à fait, mais cela revenait du tout au même. IL aimait Kieran et ferait n’importe quoi pour le protéger et éviter ce que tous semblaient craindre. Minerva McGonagall, pour les effets transmutée en sa cousine Phénoména, quel nom bien trouvé, avait su s’y prendre…
 
*Prof de DCFM…on aura tout vu…instruire la marmaille…elle veut ma mort !*
 
Mais bien entendu, il avait accepté, avec  une certaine réticence, ce qui ne servait à rien parce que l’affaire était sans appel. Il pensait à Clara, son petit ange, sa petite dernière adorée irrémédiablement mais Alix, encore et toujours, maîtresse de toute situation avait pris les devants :
 
Quand ils seront loin dans le train, je crois aller me reposer avec Clara chez ton frère. Opal a besoin d’un coup de main au resto, et tu sais combien je me suis améliorée en ce domaine. De toute façon, on sait que tu n’as pas besoin de moi. On se reverra… à Noël, sauf urgence !... On reste en contact. Amuse-toi bien !  
 
Comme ça! Sans un avant ni un après. Tout juste ça, quelques mots lâchés pour lui signifier qu’il aille se faire voir ailleurs parce que Madame avait besoin de repos. Merlin soit loué il lui restait encore une once d’arrogance qui lui permit de ne pas faire une scène. Elle était partie avec Opal, emmenant Clara, Erik suivant le mouvement comme toutou bien dressé alors que lui, il restait sur ce fichu quai avec des envies de meurtre. Si Justin ou n’importe qui d’autre dit ou fit quelque chose, il n’en sut trop rien. Son seul désir ayant été de disparaitre, c’est justement ce qu’il avait fait. IL aurait préféré aller pêcher des langoustes aux Antilles mais au lieu de ça, il devait honorer la parole engagée.
 
Se retrouver à Poudlard, un soir de rentrée le remua à plus d’un titre. Que de souvenirs ! Que de temps ! Maintenant il vivait l’expérience dès la perspective d’un professeur et Directeur de maison, pour mieux faire. Ridicule ! Pourtant, il était là, curieusement entouré d’un parterre féminin, car, à part le minuscule Mr. Binns, et lui-même, le reste du corps enseignant se conformait de femmes. Merlin soit loué la chère Miss Trelawney ayant pris sa retraite, fort bien méritée, il ne courait pas le risque de se faire démasquer grâce au don de la voyance ultra lucide et autres manigances du genre.
Il détestait McGo, sans le faire vraiment. Il l’admirait trop pour céder à l’envie de lui tordre le cou mais en ce moment, en remarquant son petit sourire désabusé, Michael eut bien envie de lui lancer un Tarentallegra et la faire danser comme une folle devant tout le monde. Bien sûr, les représailles n’auraient su être de toute gaité, donc valait mieux s’abstenir. Au lieu de quoi, il opta pour s’intéresser de plus près à ses nouvelles collègues. La plupart étaient des sorcières sans âge, imbues de savoir et sagesse. Rien de bien engageant mais il y avait quand même des éléments dignes de retenir son attention. La sémillante Roswhita Haines, professeur d’études des Moldus était un pur régal pour les yeux, tout sourires et malice, cette petite blonde dorée comme un biscuit promettait bien plus de joies que la trique longue et sèche qui était le prof d’Arithmancie, ou la petite boulotte qui avait pris la place de Chourave, ou encore  cette créature anguleuse à l’air distrait destinée à éveiller l’envie de connaître les mystères de l’astronomie. Ne parlons pas de celle qui remplaçait Hagrid  aux Soins aux Créatures Magiques, elle aurait fait fuir un Hippogriffe.
Et puis il y avait la nouvelle, une autre, professeur de Potions. Pour qui s’était farci Rogue pendant toute sa scolarité et eu à subir ses sautes, inégales, d’humeur, en plus de son air …enfin, on sait tous de quoi il avait l’air, la révélation de Miss Kovatch, issue de la lointain et sombre Bulgarie, fut une très agréable surprise. Soit, il ne prisait pas particulièrement les rousses mais celle-là valait le détour. Depuis son mariage avec Alix, il n’avait pas regardé une autre femme…pas de trop près en tout cas. Pas que les occasions n’aient manqué, c’était simplement qu’il n’en avait aucune envie. Alix était sont tout. Il ne voulait rien d’autre qu’elle. Il l’aimait comme un dingue et pâtissait de ses humeurs avec l’espoir secret qu’un jour ou l’autre tout rentrerait en ordre. C’est vrai qu’en faisant il s’était découvert une patience inédite, parce que ça durait depuis un bail, les humeurs inégales de sa chérie, un peu plus de sept ans, si on faisait bon calcul…Chassé de son paradis particulier, Michael aurait pu courir chercher son salut ailleurs et n’aurait pas manqué de le trouver mais non…Alix pouvait se faire les idées qu’elle voudrait, et sans doute qu’elle s’en faisait de pas faciles du tout, elle se gourait tout du long.  Il ne l’avait jamais trompée, ni pensé le faire. À part quelque ennuyeuses missions que Maureen Applewhite avait réussi à lui endosser, Michael employait son temps libre, et Dieu sait qu’il en avait, à pêcher ! Oui, la pêche, tout simplement. Sans plus de fioritures. Soit, il n’allait pas lancer sa ligne dans le loch face au manoir familial. Il avait l’embarras du choix quant aux lieux où s’adonner à non innocente marotte. Le monde est vaste et c’est quand même plus sympa de pêcher le saumon en Alaska, l’espadon au large de Madère, ou la langouste à main nue à la Martinique que rester chez lui à se morfondre parce que sa femme chérie ne faisant plus attention à lui…
D’un geste agacé il chassa la mèche brune qui lui balayait le front et essaya de se concentrer à la cérémonie en cours. Sa voisine de gauche, Miss Kovatch semblait s’y prendre à cœur. IL se souvenait de sa propre Répartition. Cela avait été sans surprises. Où d’autre pouvait aller un De Brent ? Lucas et Cécile avait bellement honoré la tradition, pas qu’il y tint vraiment mais on ne se refait pas, même si pour les effets il  devait afficher une indifférence polie.
Il avait quand même enfreint un peu les règles et dragué un peu par ci par là avant que le show ne débute. Personne ne lui en avait trop voulu quoique la rousse bulgare s’était montrée presque vexante en lui tournant le dos pour papoter avec les autres profs. Peu importait, il n’avait rien à cirer des rousses, ni des blondes ni de qui que ce soit, il pensait plutôt à son Alix chérie aux Antipodes jouant aux cuistots sous la féroce férule d’Opal.
Kieran avançait vers le Choixpeau. Il braqua toute son attention sur le petit bonhomme brun qui avait l’air un peu dépassé tout en restant tranquille.  Son cœur de père se gonfla d’orgueil. Le monde entier pourrait dire ce qu’il voudrait, se perdre en conjectures hasardeuses, les signaler du doigt…ce petit là était son fils, ou tout comme si, et il l’aimait par-dessus tout.
 
DIVERGENT !
 
Michael/Marcus, nouveau directeur de Serpentard  faillit s’étouffer en avalant de travers. Sa voisine bulgare lui tapa sur le dos avec une gentillesse compatissante quoiqu’ un peu brutale.
 
*C’est quoi ce bordel !? Comment que Divergent ? ÇA n’existe pas !!!*
 
Apparemment oui. La situation causa un certain remous mais rien de plus remuant, pour lui du moins, que le choix fait par fiston.
 
*POUFSOUFFLE !? Mais il déconne le bambin…un De Brent à chez les blaireaux… c’est…immonde !*
 
Bon, Serpentard un jour, Serpentard toujours ! Il devait avoir quelque chose de vrai dans l’assertion. Kieran fut accueilli à la table des Poufsouffle par un vacarme d’enfer orchestré par ses cousins Nick et Matt, deux emblématiques de la maison en cause.
 
*Faudra serrer des vis par-là !*
 
Le reste de la Répartition se perdit dans un brouillard incertain. À peine s’il saisit que le petit Strang fils de J.O et Angel atterrissait chez les Gryffondor et que son fils aîné, faisait le pitre en toute joie de cœur à la table des Serpentard. Le banquet qui s’en suivit passa mal, il avait perdu l’appétit, qu’après la Directrice invite à boire un verre entre collègues  ne fut qu’une dure corvée de plus. Il essaya de se changer les idées en exerçant son charme de brun ténébreux sur la rouquine de service mais elle l’envoya gentiment paître et se retira en assurant avoir cours le lendemain à 8 :30, ce qui lui rappela de regarder sa propre feuille d’horaires. Son premier cours aurait lieu à 10 :00.
Il faisait honneur à l’eau de vie trop fruitée à son goût, il aurait préféré de bon Pur-Feu, en écoutant poliment les propos  du professeur de Runes anciennes quand il y eut du remous en fond de salle et McGo leva la voix pour demander leur attention :
 
Et voici  le collègue qui manquait à l’appel… Thelonius Jordan, professeur de Sortilèges, remplaçant notre cher Flitwick qui a pris  sa bien méritée retraite.  Le Prof Jordan sera aussi le directeur de Poufsouffle.
 
Blond comme les blés, éblouissant sourire, bien fait de sa personne, Thelonius Jordan avait tout pour charmer son auditoire, il ne manquait pas d’esprit et avait la réplique facile. Et évidemment  ne cacha rien de sa satisfaction en apprenant qui étaient les nouveaux venus à sa maison.
 
Mais quelle chance…on a LE petit De Brent !
 
Et Michael vit rouge. Bien sûr, Minerva/ Phénoména , qui n’en ratait pas une, fut prompte à le prendre du bras et lui faire don d’un de ses regards à démonter le plus brave.
 
Vous êtes Marcus Wallace…et CELA ne vous regarde pas, compris !?
 
Il parle de mon fils comme si…
 
Il parle d’un élève, un point c'est tout. Un écart et je vous stupefixe !
 
Voudrais bien vous y voir !, ricana Michael.
 
Vous ne perdez rien pour attendre, mon cher ! On a un accord, tenez-vous y, vous êtes un Serpentard mais vous avez un sens poussé de l’honneur, selon ce que j’ai cru comprendre…Ne me décevez pas !...Thelonius, mon cher ami, voici Marcus Wallace, notre professeur de DCFM, comme vous, un nouveau venu au sein de notre grande famille !
 
Sourire franc, shake hand  énergique.  On se déclara ravis de faire connaissance puis soudain le prof. Wallace décida qu’il était tard et qu’il allait dormir car aimant se lever tôt pour faire du jogging avant de commencer les cours. Ça ne pouvait pas rater, le tel  Jordan s’avoua aussi enthousiaste du sport que lui, qui en fait n’avait envisagé ça que comme une excuse pour filer.
 
*Ok, il veut du sport, on va lui en donner pour ses frais !*

Thelonius Jordan ne fut pas près d’oublier sa première session de jogging, avec  Marcus Wallace qui, pour parfaire l’image de son personnage l’avait affublé d’un singulier compagnon : un énorme dogue allemand, noir comme la nuit aux crocs étincelants montrés volontiers. Thelonius eut la mise sauve grâce à l’apparition de Roswhita Haines qui elle faisait un gentil jogging tout comme il faut, force fut de freiner le train d’enfer et accorder les foulées à celles cadencées et gracieuses de la blonde miss. Ils revinrent au château en temps et heure pour le petit déjeuner. Moment parfait pour faire connaissance avec le seul membre du staff qui avait raté son arrivée la veille. Si Miss Kovatch sembla indifférente face à Mr. le blond à succès, il n’en fut pas de même pour lui, qui avoua, sans détours, être ébloui, enchanté, ravi, séduit…etc.
Sans aucune véritable raison pour le faire, Michael/Marcus le détesta, sans aucune cordialité.
Il arriva à son premier cours, plus énervé que la plupart de ses élèves. Il eut droit au lot complet. Un cours de 3ème année, toutes maisons confondues. Il gardait des souvenirs très clairs de ses propres cours de DCFM, mais là, les temps avaient changé. La vantardise des Serpentard avait cédé de quelques crans, celle des Gryffondor s’était accrue, les Serdaigle demeuraient fidèles à eux-mêmes et les Poufsouffle s’avéraient  plus délurés que permis, ce qui n’avait rien d’étonnant avec les jumeaux Nielsen pour tenir haut la barre. La présence assez féroce de Nemrod, allongé, faussement placide, près de son maître, ne sembla pas affecter l’ambiance plutôt dissolue. Pour faire bonne mesure, il ôta des points par ci, par-là, sans que cela change grand-chose.
 
*Et c’est le premier jour !*
 
 Exercices de routine pour tester les connaissances. Le niveau était bon. Il se tenait strictement au pensum d’études, tout en se souvenant de ses propres expériences, mais les temps avaient changé. Ces enfants avaient grandi dans un monde sorcier en paix, du moins apparemment. Ils n’avaient rien connu de guerres et autres misères. Lui, par contre, en savait long sur les sacrifices demandés pour en arriver là.
Cécile était douée, Victoria Davenport devait fière chandelle à ses parents et menait large devant ses camarades. Lucas était allègrement paresseux alors que ses cousins  Nielsen étaient imparables. Lizzie Smith ne demeurait pas en reste par contre le dernier rejeton de Max suivait, mine de rien, les pas de son père en affichant une indifférence presque vexante.
Ses neveux le prirent de court en s’arrangeant pour affubler le brave Nemrod, pas si féroce que ça finalement, d’un collier de pâquerettes. Ils se félicitaient de leur exploit,  les mécréants  et le fait de récolter leur première retenue de l’année en cours ne sembla pas les affecter le moins du monde.
 
*SI ce n’étaient pas mes neveux…je les pendrais des pouces, ces deux-là !*
 
Affronter les débutants de cette année avait demandé une soigneuse préparation. Et pas à dire il craignait ce moment. Fermer son esprit, bâtir une barrière infranchissable capable de tenir bon au redoutable pouvoir de son propre fils. Kieran ne le faisait pas exprès, pas encore, mais arrivait à sonder, sans faille, l’esprit de quiconque croisait son chemin. Un nouveau professeur de DCFM ne ferait pas exception.
Ils entrèrent en front compact. Braves petits, ils suivaient toutes les consignes. Les jumeaux Davenport, fidèles comme leur père, flanquaient Kieran  à droite et à gauche.  Andrew Strang se tenait derrière eux en arborant un petit air crâneur. Kieran le dévisagea sans crainte, légèrement amusé, il l’aurait juré.  Il s’installa, avec sa suite, sans faire attention aux quolibets ridicules de quelques petits Serpentard à qui il ôta des points sans arrière-pensée.  Il n’y avait pas qu’eux. À croire que la troupe avait été bellement instruite par leurs parents sur le chemin à suivre, mal leur en vaudrait.  Michael admira la maitrise de soi de son fils et de la défense absolue que lui dévouaient ses amis.
 
*On n’est jamais seuls, finalement !*
 
Entre la séance de jogging matinale, les cours et le club de duel la journée s’écoula à bonne vitesse mais il se sentait plutôt claqué, pourtant il fallut faire un dernier effort et apparaître au dîner dans la grande salle. Nemrod suivait le mouvement, discret comme  seul lui pouvait l’être, ce qui veut dire qu’on ne manqua pas de le remarquer, surtout quand le brave toutou choisit d’aller flairer les jupes de la rousse prof de Potions qui l’écarta d’un geste agacé.
 
Faut l’excuser, intervint Marcus  avec son meilleur sourire, le pauvre a  perdu la tête pour une Setter Irlandais et s’en remet mal, le roux l’attire !

 
Évidemment, ce n’était pas bien parti. Alors là, pas du tout…
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Re: Drôles de profs...

Message par Alix Blackstorm le Sam Oct 31 2015, 12:15

Si Alix avait paru fâchée par la proposition de Miss McGonagall, ce n’était que pure  forme. En effet, de longue date elle avait bâti des plans pour suivre, à distance ou de visu, le parcours scolaire de Kieran quel qu’il soit.

11 ans de préparations et de… mensonges. Jamais elle n’avait soufflé mot à quiconque de ce projet qu’elle jugeait essentiel. En cela la directrice l’avait bien percée à jour en lui signifiant que leurs buts étaient identiques.  Mais Alix n’avait pas pensé à un poste permanent, non. Elle escomptait juste jeter un œil parfois, à l’improviste, même de loin, à l’établissement que fréquenterait Kieran. Opal se doutait-elle de l’endroit où Alix avait filé en lui laissant sa gamine sur les bras ? Sans doute, oui.
Quand la décision à peine forcée de devenir professeur de potions était tombée, Alix en avait été bien marrie. Dans ses plans, abandonner ainsi Clara n’entrait pas. Il fallut pourtant faire avec mais pas de gaité de cœur.  Enfin…
 

Mise au pied du mur, Alix soupira. En place par la force des choses couplée au chantage, autant mettre à profit ses années de longs efforts. Devenir animagus quand on ne l’est pas par ses gènes requiert beaucoup de travail. Pour une spécialiste en potions, il aurait été plus simple d’avaler un truc qui vous transforme illico. Seulement, actuellement contrainte au polynectar, mieux valait éviter le mélange des mixtures. Sa forme définitive d’animal ne la surprit pas après tous les efforts fournis. En général, l’aspect reflète le caractère de la personne. Il ne suffit que d’un peu de concentration pour que le soir-même de la répartition, le château se dotât d’une bestiole supplémentaire : un chat.  Jadis, ceux du concierge décrépi nommé Rusard avaient causés bien des soucis aux élèves vadrouilleurs. Maintenant, il faudrait compter avec ceux de sa remplaçante : Mrs. Nosey Parker. On verrait s’ils accepteraient que déambule parmi eux une fine chatte Maincoon.
Prudence, prudence ! Voilà le mot d’ordre qu’Alix s’imposa dans les couloirs parcourus par ses doux coussinets.  Être chat offre bien des avantages. Ne sont-ils pas curieux, vagabonds, et… silencieux ?
Bon, selon l’architecture actuelle, la tour des Poufsouffles se situait au second étage de la tour ouest. Alix étant logée dans celle du nord, peu de distance à pieds l’en séparait donc. À pattes, ce fut plus long.  Heureusement, aucune mauvaise rencontre ne s’effectua mais, arrivée à la porte du domaine des Poufsouffles, un portait sévère d’Helga du même nom la houspilla :
 

Où penses-tu te rendre ainsi, poilu ? Aucun animal de compagnie non répertorié n’est admis. Même si tu savais parler et dire le mot-de-passe, tu n’entrerais pas.  
 

Alix aurait su parler mais préféra ne pas révéler trop vite sa nature à cette peinture magique qui ne manquerait pas de rapporter cette anomalie au préfet de la maison concernée. Dépitée mais prudente, Alix rebroussa chemin, tel un bon chat en maraude.
Au passage d’un corridor, des papotages lui virent aux pavillons. Espionne un jour… espionne toujours. Bien que les cancans ne l’intéressent nullement, Alix s’obligea à écouter surtout que le nom De Brent venait d’être émis. Aiguisant ses sens, la sorcière n’eut aucun mal à distinguer les dires mais n’identifia pas les voix étouffées depuis un bureau fermé.
 

Je reste persuadée qu’il faut le pousser, disait une femme.
 

Laissons-le au moins se développer un peu.
 

Il est très entouré, tu as remarqué ?
 

Normal mais rien d’insurmontable à mon sens. Dès demain nous…
 

Le reste se perdit dans un crachotement furieux à la droite d’Alix/chat. Mince, un congénère de la clique de Miss Parker. Pas question d’entrer en lice. Alix déguerpit à toutes pattes. Son poursuivant fut dur à semer mais c’est sans encombre qu’elle retrouva ses appartements où elle reprit sa forme de toujours. Les propos perçus ne signifiant rien de spécial, elle les oublia.  
Son installation très correcte lui plaisait. Rien d’austère ni d’ostentatoire. C’était douillet et confortable.  D’épais tapis orientaux isolaient le rude dallage des sols, tapisseries et feu de cheminée brisaient également le froid perpétuel de cette antique demeure.  En ameublement Alix avait insisté pour disposer de sièges en cuir profonds autour d’une solide table basse, d’un bureau à multiples tiroirs, de plusieurs armoires à secrets. La chambre, elle, n’avait rien d’antique. Le lit était un must du monde moderne sans l’attrape-poussières de baldaquin, l’ensemble était très féminin quoique sans chichis inutiles. Quant à la salle de bains, elle en aurait fait rêver plus d’un en ces lieux spartiates.  
Que de batailles avec McGo pour installer tout cela ainsi que certains aménagements… pas du tout sorciers. Voir internet et télévision à Poudlard ? Quel manquement à l’ordre des choses ! Et pourtant…
S’installant à son PC, Alix sourit en pensant à son époux. Michael serait si fier d’elle en la voyant enfin ne pas dénigrer ces trucs si chers aux moldus…  Son cœur se serra aussi… Michael… Elle ne lui rendait pas la vie facile. Il était et resterait son seul et unique amour même si la vie les avait assez éloignés…
 

*La passion ne dure qu’un temps ! Nous sommes des « vieux » maintenant.* conclut-elle en se branchant sur skype.  
 

Bavarder un peu avec Opal dont la journée était déjà bien entamée la réconforta. Tout baignait là-bas, Clara ne posait pas de questions idiotes, rigolait beaucoup avec ses cousins et s’intéressait à la cuisine. De Michael, pas de nouvelles… dommage.  Le connaissant, pas de souci. Il avait sûrement pris les voiles ou avait été retrouver les Davenport.
En se couchant après ses ablutions, Alix rêvassa sur un temps pas si lointain où, dans un lit si vaste, elle n’aurait pas été si… triste.  
 

L’aube du premier jour de classe, la nouvelle prof était en forme.  Donner cours n’était pas neuf pour elle, à Poudlard notamment. En place bien avant les chères têtes blondes, elle connaissait la routine.  Bien en tête la liste des élèves de 5ème dont elle avait la charge, elle les accueillit dans le cachot de sinistre renommée.  Déjà drillés par leurs enseignants précédents, la discipline régnait, la curiosité aussi. Ils s’installèrent sagement, et attendirent.
 

Bonjour, je suis Miss Anthéa Kovatch. Ayant lu les rapports de mes prédécesseurs, je n’ignore rien de votre parcours. Désolée pour vous Mr. Heat, bien que vous soyez noté brillant voire exceptionnel, il vous faudra bosser autant que les autres. Ni flatteries, ni cadeaux ne vous placeront plus désormais dans le rang des chouchous du prof.  Entendu ? Sur ce, commençons. Que savez-vous de l’invisibilité ? Oui, Miss Littleroberts ?...
 

La préparation fut mise en route.  Dans l’ensemble, les trois heures suivantes furent très agréables malgré quelques ratages incontournables. Ainsi la jeune Clumsy se retrouva avec la peau bleue au lieu de disparaître quelques secondes, bah !
L’heure du déjeuner étant arrivée, Alix la dédaigna. Déjà qu’au petit dej elle avait dû se farcir un autre mâle prolixe en compliments à son encontre. Autant éviter ça.  
L’après-midi complète s’organisa autour des 3èmes années. Voir ses neveux, nièces et enfants au travail la réchauffa. Une fameuse bande que ceux-là. Incontestablement, les Nielsen s’en donnaient à cœur joie sans tenir compte des instructions délivrées.  Lucas, son brave petit bonhomme, tentait bien de les empêcher de rater leur mixture mais ils n’en avaient rien à cirer.  Voyant du coin de l’oeil où leur manège allait les entraîner, elle ne put résister. S’approchant en douce dans le dos des jumeaux terribles, elle susurra :
 

Matthew, ta mère t’a pourtant appris à distinguer le sel du poivre, non ? Que dirait-elle en te voyant confondre armoise et pissenlit ? Ne ris pas bêtement, Nick ! Cette poudre d’ellébore est complètement déplacée à ta table. 20 Points de moins pour Poufsouffles, 10 par participants à cette farce. Je n’en ôte que 2 aux Serpentards, Serdaigle et Griffondor…

 

Mais… blêmit Cécile.
 

Sachez qu’aider ces incapables est aussi punissable que de les laisser faire. Le tout est une question de… discrétion.
 

Avant même que Matty ne lui tire la langue dans le dos, Alix avait réagi. Le muscle rose lui resta collé au palais par un sort informulé pas piqué des vers. Tout le monde en rit sauf le jeune Nielsen qui, les joues rouges, se mit plus sérieusement au travail.  
 

D’assez bonne humeur, Alix sentit la faim lui tirailler l’estomac. Une brève toilette dispersant les miasmes des produits du laboratoire, pimpante elle put arborer la grande salle pour les agapes du soir.  
Elle se dirigeait vers sa place quand quelque chose dérangea le bas de ses jupes. C’était quoi ce truc humide ?
 

*Seigneur, un veau ?*
 

En fait de bestiole, il s’agissait d’un énorme dogue allemand noir. Pour impressionnant, il l’était ! Sourcils légèrement arqué de dérangement, Alix repoussa l’animal tandis que son propriétaire s’empressait :
 

Faut l’excuser, intervint Marcus  avec son meilleur sourire, le pauvre a  perdu la tête pour une Setter Irlandais et s’en remet mal, le roux l’attire !  
 

Faites-le castrer, il ira mieux, répliqua-t-elle assez vexée sans trop savoir pourquoi.
 

Si l’animal dérange, envoyons-le aux cuisines, déclara Thélonius Jordan s’imposant en défenseur de ses jupons. Il y sera choyé aux petits oignons.
 

Il ne dérange pas sauf dans l’invasion, trancha posément Alix/Anthéa. Gardez-le à vos pieds, Mr. Wallace et, de grâce, qu’il ne bave pas ! Nous nous en porterons mieux.  
 

À peine assise entre les deux plus beaux représentants de la gent masculine du collège, Alix regretta l’effet de son polynectar. Si elle avait revêtu l’apparence de Pivoine Cabble, la prof de botanique, elle n’aurait pas eu ces soucis de voisinage. Car oui, il fallait l’admettre, ces hommes étaient… des hommes. D’aussi loin qu’elle s’en rappelle, le sexe dit fort n’avait jamais intéressé Alix. Avec Michael, cela avait été ce que communément on appelle le coup de foudre. Pour quelqu’un qui détestait les orages…  Instantanément,  elle avait été éprise quoique défendue. Depuis, la passion ne s’était pas démentie sauf depuis… Clara. Elle ne se soucia donc pas des réparties des deux hommes, se cantonnant dans la politesse réservée.  Pourtant, lorsque Marcus déclara adorer les parties d’échecs, quelque chose en elle s’éveilla, la forçant à une attitude plus amène.
 

Les échecs, j’en suis folle. Rares sont les adversaires valables. Je vous défierai bien un de ces soirs.
 

Son sourire fut-il si… engageant ? L’autre se montra ravi, assurant tenir son Nemrod loin de l’échiquier, etc. Thélonius qui ne pouvait rater les échanges, s’interposa :
 

Que diriez-vous de vous mesurer à moi, très chère ? Je m’y débrouille aussi très bien et ce ne sont pas mes ouailles qui démentiront.
 

Vous êtes directeur de maison ?
 


Mais oui, Poufsouffle ! On dit qu’ils sont les faibles du lot mais cette année, je suis certain qu’ils seront brillants, très brillants.  

 

J’ai ôté 20 points, à votre maison cet après-midi, s’amusa à répondre Alix comme s’excusant.
 

Vous avez eu raison. Ces Nielsen sont de vrais démons ! Par contre, un des élèves est prometteur…
 

Alix se contraignit au calme, se doutant de ce qui suivrait. Et cela ne rata pas :
 

Kieran De Brent ! Merlin, il est doué le gamin.
 

Qu’a… qu’a-t-il donc fait de si extraordinaire ? y alla-t-elle doucement.
 

C’est vrai que vous nous avez boudé ce midi, très chère, papillonna de ses longs cils le bellâtre en lui saisissant les doigts qu’il effleura des lèvres. Un hibou tardif est arrivé et lui a déposé son courrier : une baguette. Je vous assure qu’en 20 ans de carrière, jamais je n’ai vu un instrument aussi… anormal.
 

Anormal comment ? s’interposa Wallace qui, apparemment, n’avait rien, raté des échanges verbaux.
 

Prise entre deux feux, Alix/Anthéa dissimula au mieux ses sentiments mitigés. Que la  baguette de son Kieran soit différente, soit ! Mais qu’elle soit complètement inédite… 
 

Je la lui ai confisquée, s’enorgueillit Thélonius.
 

QUOI ? réagirent de concert prof de potions et de DCFM.
 

Précaution élémentaire, mes amis ! J’estime que toutes les baguettes quel qu’en soit le fabriquant, doivent être testées par un adulte patenté. Qui mieux que moi pourrait le faire ?
 

Et vous l’avez… testée ? demanda Alix d’une voix blanche.
 

Pas encore. En attendant, le gamin se contentera d’un d’emprunt : bois de frêne au crin de licorne. Il ne pourra causer aucun tort avec celle-là !
 

Alix encaissa durement le coup. Ainsi ce beau blond jugeait Kieran dangereux ?  Néanmoins, la diplomatie reprit le dessus. S’attirer les bonnes grâces de ce type était capital pour en savoir davantage sur son fils :
 

Je serais ravie de l’examiner avec vous, minauda-t-elle un peu.  
 

Allez savoir pourquoi son autre voisin se dit partant également.
La conversation dériva d’autant que les plats se succédaient. Les hommes et leurs appétits… Grignotant sans conviction les délices proposés, Alix reluqua fréquemment vers son rejeton. Que n’aurait-elle donné pour partager les pensées de ce gamin ? Brusquement, Thélonius la sortit de ses rêveries :
 

Courez-vous aussi gente dame ?  
 

Pardon ? Courir ? Après quoi ?
 

Il rit, découvrant des dents parfaites sans artifices :
 

Après rien ! Juste le jogging du matin. Marc, là, court comme un lapin, à moins que ce ne soit son Nemrod qui coure après un et lui après les deux. Roswitha nous a rejoints tantôt.  On se vide la tête, se prépare à de longues heures de cours. Ne faites pas cette moue dubitative. Vous n’avez aucun besoin de remise en forme, vous, petite veinarde !
 

D’ordinaire, la flatterie n’atteignait pas Alix. Cette fois non plus bien qu’elle trouvât ce Jordan très aimable. Mieux valait ne pas froisser le directeur de la maison de son fils par une rebuffade ouverte.  
 

Je n’apprécie pas particulièrement le sport, voyez-vous. Mais n’ai rien contre ceux qui  prennent plaisir à sa pratique.
 

Vous devriez-vous vous joindre à nous demain, rit la prof d’étude des Moldus.

 
Non merci, sans façon. Le matin, je dors ou me lève si tôt que vous ne tiendriez pas la cadence.

 

Ah bon ? Pour faire quoi ? s’intéressa la blondinette.  
 

Si vous étiez botaniste, vous sauriez que certaines simples voient leur pouvoir accru si prélevées à certains moments de la journée, n’est-ce pas ?
 

Oui, c’était une attaque indirecte mais bon.  Quoi de plus horripilant que ces gens qui se mêlent de la conversation des autres ? Ne se le tenant pas pour dit, Roswitha acquiesça d’un rire perlé:
 

Je suis un peu fainéante, j’avoue. J’ai dressé mon elfe à quêter à ma place pour pouvoir profiter de mes matins et… de mes nuits !
 

Là-dessus, le sourire en coin, elle coula un regard sans équivoque aux deux auditeurs mâles.  
 

*Manquait que ça ! Des flirts entre profs ! *
 

Pourquoi McGo semblait-elle ainsi rigoler sous cape ? Enfin, ce n’était pas son souci.  
 

Les jours qui suivirent n’amenèrent rien de nouveau. Si Alix n’avait pas pu pénétrer le nid des blaireaux directement, Vorondil y avait veillé.  En roulant ses gros yeux, il avait fidèlement suivi les instructions de sa marraine et lui rapportait tous les soirs ses observations :
 

Petit maître Kieran très heureux. Rire beaucoup après couvre-feu. Les zinszins, euh, cousins sont pitres, eux. Parfois chambre pue…
 

Ainsi les Nielsen avaient transformé une partie de leur chambre en laboratoire privé ? Tant qu’ils n’y mettaient pas le feu…  
 

Ce samedi-là, relâche de cours. Il était trop tôt dans l’année pour visiter Pré-au-Lard avec les élèves. Qu’importe, Alix avait le projet de se rendre en Australie y visiter sa fille qui, selon sa belle-sœur, s’épanouissait mieux qu’une fleur. Clara lui manquait, Michael lui manquait. Son portable était resté muet toute la semaine et elle n’avait pas osé l’appeler de peur de le déranger dans une de ses missions dont il gardait le secret.  Clara, entrevue sur Skype, n’avait manifesté aucun désir particulier ni parlé de son père, comme si ce que devenaient ses parents lui était indifférent. Vite, rentrer la serrer dans ses bras ! Mais les plus beaux projets tombent parfois bêtement à l’eau.  
Après un bref passage au laboratoire afin de vérifier que rien de malsain ne couvait dans un coin, elle fermait la porte du cachot quand une voix la fit sursauter :
 

Chère Miss Kovatch, Anthéa, je vous ai cherchée partout. Vous souvenez-vous que nous avions discuté de la baguette de Kieran De Brent ?
 

Il était certain de capter son attention rien qu’en évoquant ce nom. Assez observateur, la chose ne lui avait pas échappé. Dès qu’il était question du jeune Poufsouffle, Anthéa changeait. Une infime expression trahissait son intérêt. Cela ne rata pas, elle lui offrit un charmant sourire :
 

En effet, oui. Avez-vous testé l’engin ? Le petit pourra-t-il s’en servir sans, euh, risque?
 

En fait, je n’en sais trop rien. J’ai consulté bien des grimoires sur les baguettes, je n’ai rien trouvé de semblable. J’ai même pensé aller trouver ce bon vieux Garrick Ollivander mais je suis quasi certain qu’il refusera de m’éclairer. J’ai donc pensé à vous… quoique je n’ai pas besoin de ça pour le faire !  
 

Vilain charmeur, le remit-elle en place comme on tance un gamin gentiment effronté.  En quoi pourrais-je vous être utile sinon d’observer ?

 

Justement, observer ! Si jamais il m’arrivait quelque chose en manipulant l’engin, je veux être certain d’être entre de bonnes mains ! Les vôtres sont parfaites.  
 

Quel flatteur ! N’empêche qu’il avait plus que piqué sa curiosité.  Quoiqu’il en soit, elle dit :
 

J’avoue avoir eu des projets différents pour ce week-end, mais je peux m’arranger. M’attendrez-vous deux heures ?
 

Je vous attends depuis ma naissance, Anthéa. Deux heures de plus n’y changeront rien.
 

Fameux baratin, pas à dire.  Bon, elle devait faire vite. D’abord sortir de l’enceinte pour utiliser son portoloin, visiter Clara, papoter, revenir. Pas facile en 2 heures.
Elle y parvint cependant. Chez les Nielsen, Clara pourtant prévenue, fut sans allant en sa présence.
 

*Elle ne m’aime pas, et c’est de ma faute !*
 

On joua la comédie, pas à une près. Jeu de questions et réponses. Au moins, la gamine avait des cousins et cousines de son âge avec qui faire les quatre cent coups quoique Opal avouât qu’entre sa fille et la sienne, elle préférait Clara, plus calme que sa propre fille. Après avoir rendu la fillette à ses jeux, très vite Alix répondit aux questions de sa belle-sœur au sujet de ses jumeaux :
 

Ils vont très bien. Perdent beaucoup de points mais sont les rois du collège. Ils sont doués en potions, t’en fais pas. Et Vorondil me préviendra s’ils se risquent à plus gros qu’eux.  
 

Son retour à Poudlard la laissa un peu sur les rotules mais la hâte de l’expérience le lui fit oublier.
 

Le bureau du professeur de sortilège semblait tout droit sorti d’un tableau du 19ème siècle.  À la fois austère et confortable, l’ensemble était chaleureux.  Répandant au heurtoir, Thélonius lui baisa aussitôt la main, l’invitant à goûter les lieux.  
 

Je suis heureux que vous ayez pu venir. Je me languissais.  Désirez-vous prendre un porto, quelques biscuits avant de commencer ?  
 

Trop d’empressement à aller au but aurait été malséant. Après tout qu’est-ce qu’un verre d’alcool partagé entre amis ? Cependant, à peine les arômes de la boisson détectés, Alix suspendit son geste, flairant malice.  Un trempage de lèvres lui suffit à identifier la substance ajoutée au porto. Rien de bien méchant, juste un peu d’aspérule relaxante. Cela ne pouvant nuire, elle but.  
 

Cela nous change de ces banquets du soir, n’est-ce pas ? Enfin, nous pouvons bavarder sans que d’autres ne soient suspendus à nos lèvres même si je rêve des vôtres, Anthéa…
 

Allons Thélonius, soyez sérieux, voulez-vous ? Votre badinage, quoique charmant, est superflu. Qu’en est-il de la baguette de Kieran ?  
 

Sans rancune de voir ses avances écourtées, il alla quérir l’objet qu’il lui soumit dans sa boîte d’origine. Élancée, à la fois souple et solide, cette baguette semblait néanmoins étrange. Hésitant à la toucher, Alix demanda :
 

Quel est ce bois ? Vous l’avez identifié ?
 

Justement pas. On dirait que cette baguette en est composée de plusieurs.  J’ai menti quelque peu, pardonnez-moi, mais je l’ai testée plusieurs fois depuis sa venue.
 

Et… ?  
 

Je suis persuadé que cette baguette change de bois selon son propriétaire. Là voyez, elle semble composite. Maintenant, regardez.
 

Il saisit souplement le bois qui aussitôt se modifia devenant d’un beau noir brillant. Pas peu fier, Thélonius avoua :
 

La jumelle de la mienne : noyer noir et cheveu de vélane. Elle ne m’a jamais trahi. Que diriez-vous de la prendre ?
 

Voilà donc le but de ce rendez-vous : vérifier ses hypothèses !  Pas qu’Alix en soit déçue mais le fait ne manquait pas de piquant. Montre-moi ta baguette, je te dirai qui tu es dit un dicton sorcier.  Un manœuvre pour mieux la cerner ? Peut-être…
Le toucher était doux, soyeux, il emplit Alix d’un sentiment de bien-être, comme celui produit en retrouvant une vieille amie perdue.

Avide, Thélonius se pencha pour examiner l’élément qu’une main ferme soutenait :

 

Du sycomore ? Splendide ! Quel en est l’ingrédient central ?
 

Quelle importance ? Nous ne la briserons pas pour vérifier, je pense ? dit Anthéa en reposant la baguette dans son écrin.

 

Dès que la chaleur des doigts l’ayant tenue disparut, le bois revint à sa patine originelle.  
 

J’avais donc raison, soupira le professeur Jordan.  Cette baguette varie en fonction du propriétaire, peut-être même rien que selon l’humeur de celui-ci. Je vais aller la porter à Kieran. Il est presque midi, il doit être en train d’attendre le déjeuner. Nous ferez-vous le plaisir de votre compagnie cette fois ?  
 

Je ne pense pas, merci. Une petite sieste me sera plus utile qu’un repas.
 
Mais ce soir, je compte sur vous, absolument. Nous pourrions nous évader chez les moldus, qu’en dites-vous ?

 

Ce soir, j’ai promis à Mr. Wallace la partie d’échec longtemps reportée…
 

Alors aplatissez-le rapidement, et le tour sera joué.
 

On verra. Bonne journée Thélonius, et merci pour cette démonstration.
 

En fait la sieste n’était qu’un prétexte car, pour rien au monde, Alix n’aurait voulu rater la restitution de baguette à son fils. Mais elle se savait émotive à son approche ; leur premier cours ensemble, deux jours plus tôt, en avait été la preuve. Difficile pour elle de ne pas se rengorger de fierté en le voyant parfaitement réussir une mixture assez complexe pour une 1ère année. Ne pas se trahir en lui disant « bravo, mon chéri » fut une torture. Elle avait ajouté 10 points au compteur des Poufsouffles ravis.
La discrétion s’imposant, elle fila se métamorphoser.  
Qu’un joli chat erre sous les tables n’était pas extraordinaire aussi, à part caresses ou coups de pied, l’animagus put entendre et voir à son aise ce qui se passait à la grande salle. Pour mieux regarder, une position en hauteur s’imposait.  D’un bond gracieux, le petit félin se jucha sur un meuble à proximité des bancs des Poufsouffles. Lorsque Mr. Jordan, cérémonial, remit la boite à son légitime propriétaire, on aurait entendu une mouche voler.
 

Je vous en prie, Mr. De Brent, faites-nous une petite démonstration. Le sort d’hier, celui que vous aviez si lamentablement exécuté.  
 

Un peu tremblants les doigts de Kieran se refermèrent sur le bois et un splendide wingardium leviosa s’exécuta dans des oh et des ah.
 

Parfait, applaudit Thélonius. Du Sorbier… j’aurais pu m’en douter. Faites-en bon usage, mon jeune ami.  
 

Le brouhaha habituel reprit et, du haut de son perchoir, Alix resta à contempler son chéri que tous entouraient en admirant sa nouvelle baguette. Pourquoi fallut-il que Matthew la fixe et s’écrire :
 

Tiens, un chat ?
 

Cela serait passé inaperçu si les oreilles d’un dogue allemand n’avaient pas entendu.  Soulevant presque la table sous laquelle il était couché aux pieds de son maître, le chien bondit dévastant tout sur son passage, entre autre Thélonius qui ralliait sa place à l’estrade.  Pas d’autre solution pour l’animagus que de fuir à toutes pattes. Rires, cris d’effroi, le chat plongea sur la première table y semant la pagaille mais moins que le forcené sourd aux injonctions d’un Marcus Wallace contrarié.  La porte, vite !
Pour courir, elle courut mais l’autre aussi et, vu ses guiboles démesurées, il allait la coincer. Sitôt derrière le lourd panneau, Anthéa reprit forme humaine au grand dam de son poursuiveur complètement perdu mais qui la fixa avec une bouille mi-perplexe, mi-attendrie.  
 

Là, là, bon toutou, dit-elle en caressant l’énorme tête. Il est parti le chat. Tout doux.  
 

Sur les pattes de son chien, le maître essoufflé déboula.
 

… non, pas de mal. Juste un peu peur mais rien de cassé.
 

Wallace se confondait en excuse, menaçant de punir sa bestiole pour indiscipline ce que Anthéa lui déconseilla :
 

L’instinct n’est pas facile à contrôler, dit-elle.  Je parierais qu’il n’embêtera plus ce chat avant longtemps.
 

Elle dénigra gentiment l’invitation à entrer en salle non sans promettre :
 

À ce soir, 17h comme prévu.        
      

Cette fois, après tant d’émotions, seule une sieste la remettrait d’aplomb. Elle avait eu une fameuse trouille si tant d’être croquée que démasquée qu’elle se sentait vidée.
 

17h salon des professeurs.
 

Ce lieu de récréation, ou d’études selon les humeurs ou besoins, était désert le samedi.
Le soir tombant déjà sur le château d’Ecosse, jouer aux échecs à la lueur d’une chandelle était très… intime.  
Très poli, Marcus l’invita à s’asseoir après s’être lui-même levé à son approche. Installés chacun devant l’échiquier, le sort voulut qu’Alix hérite des pions blancs. L’enjeu était simple : le perdant offrait à dîner au gagnant.   
Pour tester le niveau d’un adversaire, autant risquer le coup du berger.  
D’entrée, elle avança donc de deux cases le pion situé devant son roi. La réplique fut immédiate : le pion opposé fit de même. La reine blanche dégagée partit sur la diagonale. Wallace répliqua avec un cheval, ce à quoi répliqua le fou par 4 cases sur l’autre diagonale. L’affaire aurait pu être réglée si l’adversaire avait été débutant et visé la reine blanche. Mais, heureusement, il n’en fit rien. De ce fait, Alix/Anthéa sourit et la vraie partie débuta. Peu de mots s’échangèrent, chacun étant à fond dans sa concentration. Il ne fallut pas longtemps à Alix pour se sentir… bizarre. En fait, si elle n’avait pas eu Wallace en chair et os en face d’elle, elle aurait juré jouer contre… son Michael !  Il n’y avait que lui pour répliquer ainsi à cette attaque, que lui avec un jeu si audacieux, que lui qui… Elle en fut si troublée qu’elle rata une phase capitale, et se fit coincer.  Son adversaire ne tira pas gloriole de son mat. Il marmonna un truc sur la déconcentration, s’excusant presque.
 

Vous n’avez pas tort, Mr. Wallace. Mais peu importe, je vous dois le gage promis. Choisissez le lieu, je régale.
 

Le temps de se changer, un quart d’heure plus tard ils se retrouvaient hors de Poudlard.  Un portoloin suivant, Alix faillit tomber le masque en voyant la belle enseigne du restaurant visé : le Sense.  
 

Que Marcus choisisse un endroit élégant prouvait son bon goût. Mais pourquoi justement celui-là ? Puis comment ne pas se trahir face à des gens qu’elle connaissait quasi par cœur ? Déjà émotionnée par sa partie d’échec, voilà que…  
Son compagnon ne sembla pas s’apercevoir de son trouble. Il affirma que de tous les restaurants visités dans la capitale, celui-ci avait la palme du chic et surtout des saveurs.
Deux sorciers bien mis entrèrent donc dans le palais du palais.  
Elle s’était parée avec soin dans un fourreau noir et ne portait aucun bijou hormis une bagatelle aux oreilles. Au moins, elle ne déparerait pas.
Petit hic à la réception. Ici, on n’acceptait que des réservations de longues dates. Enjôleur, Mr. Jordan sortit une carte de visite qu’il demanda à être remise au patron en main propre. L’attente ne dura guère. Un couple adorable parut et arrangea le tout.  
Etait-ce son idée ou les Davenport forçaient un peu la note de l’amabilité ?
 

En général, nous réservons cette table pour les connaissances très chères, les amis d’amis sont nos amis… prenez place.                            
           
Une autre idée ? Justin était très mal à l’aise tandis que Sam rigolait… jaune. Ils les laissèrent avec les menus ainsi que l’assurance que tous leurs désirs seraient satisfaits.  
 

*Ne pas se trahir !, Ne pas commettre la moindre erreur !* se répéta Alix assise sur un coussin ardent.  
 

Au sense, les De Brent étaient des rois. Ils fréquentaient très régulièrement l’établissement et n’avaient jamais été déçus.  Anthéa se devait de choisir des plats autrement qu’à l’ordinaire.  Très dur de se refaire…
 

*Allez, fonce, change, tu es Anthéa Kovatch, pas Alix…*
Je prendrai une sole meunière suivie d’un canard aux olives, dit-elle à la serveuse qui patientait.  
 

Avec regret, elle saliva en pensant aux coquilles st Jacques et au tournedos Rossini qu’elle n’aurait raté pour rien au monde en ces lieux si elle avait été… elle.  
Le choix de son compagnon la laissa paf. Ses plats correspondaient vraiment à ceux pris par son Michael. Une fois de plus, elle le dévisagea intensément, à la recherche d’un je-ne-sais quoi qui… mais il commanda une bière pour accompagner son menu, ce qui la dégoûta en faisant voler en éclat des idées folles.
 

Pour moi, un Chardonay sera parfait, merci.
 

Tant qu’à se farcir un menu contraire, autant l’arroser dignement.  
La mise en bouche arriva vite avec les boissons. La discussion fut assez facile. Parcours scolaire de l’un et l’autre s’échangèrent. Petites anecdotes bidon à la clé, Anthéa demeura dans son rôle.  
Après leur entrée, Marcus s’excusa un moment.  Seule, Alix se demanda pourquoi elle avait honoré ce pari stupide car ce Marcus déclenchait en elle quelque chose qui ressemblait fort à de l’attirance hors il était hors de question de tomber ailleurs que dans les bras de Michael. Il lui manquait si affreusement qu’elle hésita encore à prendre son portable.  Les ondes cérébrales peuvent-elles communiquer ? Le mode vibreur s’actionna. Vite, elle s’en saisit et découvrit un message. Juste quelques mots qui la transportèrent d’allégresse. Michael allait bien, il lui demandait de la sonner vers minuit. Elle renvoya un « ok » et replaça l’appareil dans son sac.  Marcus reparut peu après, l’air satisfait également.  
La suite du dîner fut banale quoique… Plusieurs fois, en échangeant des idées sur le sport, les sites touristiques et autres, il fut à noter que leurs goûts correspondaient vraiment, vraiment beaucoup, de quoi se sentir presque coupable de passer une si bonne soirée avec un si bel homme.
Les desserts, Alix ne les prisait pas. Trop c’était trop. Déjà que les olives ne passaient pas très bien... Elle le vit sur le point de sortir une phrase mais il la ravala. Par contre, il s’étrangla franchement quand elle dit :
 

Ne vous privez pas pour moi. Je parie que vous adorez les profiteroles, commandez-en si le cœur vous en dit.  
 

Il semblait sidéré qu’elle ait tapé dans le mille de son dessert favori, et elle n’en fut que plus… émue.  
 

… Non, je n’ai aucun pouvoir de divination. Vous ressemblez juste à quelqu’un que… que j’aime beaucoup.  
 

Le dessert religieusement savouré, le café dégusté, Alix régla l’addition en cash même si, délicat, Marcus insista pour payer sa part.  
Un Portoloin plus tard, ils étaient à Poudlard.  Leurs tours étaient opposées, ils se quittèrent dans le hall avec un bisou amical sur la joue :
 

Merci de cette excellente soirée, Marcus.
 

Il lança une blague sur une future revanche, elle monta en courant.  
En vitesse, elle annula les effets du polynectar pour retrouver sa voix naturelle. Le sourire aux lèvres, elle téléphona enfin au seul qu’elle aimait.     
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Re: Drôles de profs...

Message par Michael De Brent le Lun Nov 02 2015, 11:12

Simple jeu d’échecs ? Dîner banal ? Rien de plus loin de la vérité. Pas pour lui, en tout cas. Cette femme lui faisait un drôle d’effet. Il avait beau s’en morigéner,   cela ne faisait qu’empirer. Heureusement qu’il y avait d’autres choses pour occuper son esprit sinon seul Merlin sait où auraient abouti ses idées.
Sauf que là, il n’y avait qu’elle. La magnifique Anthéa, sublime dans ce fourreau noir à couper le souffle. Anthéa et ses yeux verts, son sourire, ses manières exquises et ce je ne sais quoi qui titillait sa conscience jusqu’à le faire culpabiliser à fond.
                                                                                                  
*Que diable fais-tu là, triple idiot, à lui faire Il du charme ?...Pense à Alix ! Rien qu’à elle…bon c’est vrai qu’elle t’a presque largué mais quand même…n’y a qu’elle que tu aimes…RIEN QU’ELLE !*

 
Ça aidait pas mal à lui remettre les idées sur le droit chemin. Parler de n’importe quoi ? Ma foi, pas si dur que ça, il était passé maître en dissimulation et mensonges artistiques, après tout c’était son boulot. Sa vie inventée de toutes pièces se débita sans erreur et quelque chose dans le discours d’Anthéa le laissa percevoir qu’elle ne disait pas toute la vérité. Mais enfin, chacun a droit à ses secrets.
Que la divine rousse devine quel était son dessert préféré faillit le faire disjoncter mais en fin de comptes, pas mal de monde aime les profiteroles, non ? À moins d’avoir l’air d’un gourmand invétéré.  Peu importait.
Retour à l’école, on se quitta en bons collègues de travail après une agréable soirée. Fin de ce début de délire. Michael  gagna ses appartements et une fois la porte fermée s’y adossa avec un soupir, qui lui mérita un regard adouci de Nemrod qui sommeillait au coin du feu.
 
T’as pas idée, mon vieux…t’as pas idée !
 
Cette histoire de professeur de DCFM commençait à bien faire.  Pour s’y prendre il avait dû mentir à la plupart et ne livrer que des moindres détails à certains, bien entendu Justin entre eux et par ajout Sam. Erik, lui n’avait eu droit qu’à une version succincte car connaissant son frère, taire un secret pareil à son Opal tiendrait de l’impossible et Michael voulait à tout prix éviter que sa couverture ne se fiche en l’air si bêtement.
La seule qui semblait prodigieusement s’amuser avec la situation n’était autre que McGo.  Son coup de jeune était à tout niveau. Ses idées novatrices pour mettre Poudlard en cours 21ème siècle ne manquaient pas de lever une houle de crainte outrée au sein de la société sorcière bien connue par son refus à toute nouveauté et ce depuis des siècles. 
Et puisqu’elle y tenait tant à l’innovation, Michael en profita allègrement pour faire des exigences et pas des moindres. La technologie de pointe du 21ème siècle investit Poudlard. Très discrètement.
Béni soit le Polynectar très spécial que son frère avait concocté pour lui. La potion lui permettait des changements rapides, et durables à souhait, sans trop de désagréments. Se retrouvant dans sa peau habituelle, ô soulagement, il révisa messages et nouvelles sur son ordinateur en attendant l’appel promis par Alix.
Elle fut merveilleusement à l’heure. Entendre sa voix le transporta de bonheur et il voulut penser qu’elle était heureuse aussi de l’écouter. Mentir et encore mentir, en essayant de sonner parfaitement crédible. Elle allait bien, Clara se portait comme un charme. Erik et Opal, comme d’habitude.
 
Dommage que ce soit si tard…j’aurais aimé lui parler…la prochaine fois, oui, un rien d’anxiété dans la voix de sa chérie le mit sur avis, tout va bien, ma douce ? …Non, ce n’est rien… c’est qu’il m’a semblé que tu étais nerveuse…Ah, fatiguée ? Oui, je comprends …les petites, le resto…Moi ? Bof ! Rien d’extraordinaire…Tout baigne, c’est le calme plat…Tu me manques, Alix, tu me manques trop…il faut que nous prenions le temps de parler sur nous…Ok ! Je ne dis rien, pas maintenant…ce sera quand tu voudras, mon ange…

C’était toujours pareil et ça durait depuis une quasi éternité ! Et pour ne pas changer, on parla de n’importe quoi avant qu’elle n’avoue être fatiguée et prenne congé.  Son « je t’aime »presque désespéré, n’eut qu’un écho mitigé. La conversation était finie.
La solitude pesait et il supportait mal. L’idée de dormir l’ayant fui, Michael alla plutôt s’installer face aux écrans de surveillance.
Pas de temps pour l’ennui. L’heure avancée disait repos et sommeil, c’était la règle. Évidemment pas tout le monde ne s’y pliait. On pouvait s’y attendre. Rien de plus tentant qu’enfreindre les interdits. Il l’avait fait, jadis, et apparemment la nouvelle génération n’y dérogeait pas non plus.
Voir ses neveux Nielsen quitter en catimini la salle des Poufsouffle ne l’étonna qu’à moitié, mais reconnaître leur compagnon d’aventure faillit le faire tomber à la renverse :
 
Je vais les étriper !!! Maudits gamins…on leur a demandé de LE surveiller…et au lieu de ça…

Au lieu de ça, ils baladaient leur jeune cousin Kieran dans les méandres de l’école endormie ! Son idée première était d’aller coincer les fautifs, leur ficher la trouille de leur vie, les faire expulser de l’école, faute de pouvoir les faire sauter de la Tour d’Astronomie.
Mais apparemment il n’était pas le seul à s’intéresser aux maraudeurs. Un chat  qu’il avait déjà vu quelque part jaillit d’un recoin sombre et disparut dans un autre, le même d’où émergea Miss Kovatch trente secondes plus tard. Michael en oublia presque ses neveux et son fils, fasciné comme il était par cette subite apparition.
 
Animagus…c’était donc bien elle !, s’écria t’il en riant, toute colère oubliée.
 
Et en plus elle savait s’y prendre avec les gamins qui, tétanisés de crainte et respect la fixaient bouche-bée.  Si joliment pincés les jumeaux ne pensèrent même  pas à sortir une de leurs répliques audacieuses, Kieran lui, souriait…aux anges.
 
Pauvre mioche, il sait pas ce qui va lui tomber dessus !
 
Or Miss Kovatch avait sa façon bien à elle pour tourner l’affaire. Dûment escorté, le trio fautif retourna à ses quartiers,  quitte pour un petit sermon presque maternel et la menace de futures punitions pas si gentilles en cas de récidive.
Michael observait le tout avec croissant intérêt quand son attention fut détournée par un mouvement furtif au coin de ce même écran. Deux autres élèves se tapissaient derrière une statue. Un éclair blond, un autre plus foncé. Un juron sonore lui échappa.
 
Mais c’est quoi, ce bordel !?...Réunion de famille passé minuit ! Sont dingues, mes enfants !
 
Et pour parfaire le tout voilà Thelonius Jordan qui s’amenait, mine de rien, comme s’il était un préfet en ronde nocturne. Lucas et Cécile déguerpirent en silence, comme des ombres.  Le trio en cause avait été expédié dans sa maison et Anthéa Kovatch avertie par son, sans doute, sixième sens, reprit tranquillement son état animagus et s’éloigna en trottinant au nez et à la barbe du prof de Sortilèges.
 
*Pas à dire, il y a du mouvement, la nuit dans ce bled et je ne suis décidément pas le seul à m’intéresser aux alentours de Poufsouffle !*
 
Les jours suivants ne firent que confirmer son idée. Kieran était l’objet d’une surveillance discrète mais serrée. Lui, le premier, mais enfin, il était là pour ça.  Miss Kovatch était très discrète et parfois pas trop, il y avait quelque chose en cette femme qui déroutait décidément Michael. Elle ne donnait  pas trop le type maternel mais il avait surpris plus d’une fois un éclat de folle tendresse alors qu’elle observait Kieran de loin. Cet imbécile de Thélonius Jordan ne faisait aucun mystère quant à son intérêt pour celui qu’il appelait le petit prodige. Minerva/Phénoména s’y employait aussi  accordant chaque semaine une réunion privée pour une mise à jour exhaustive.
 
Comme nous l’avions prévu, Michael, ce petit éveille d’ores et déjà l’attention et je ne le crains, aussi la convoitise de certains, surtout après l’évènement de la baguette. Il est d’un talent difficile à ignorer, et cela en tout ce qu’il entreprend.  Et ce n’est sûrement pas grâce à vous qui étiez  un cancre notoire et blasé, sauf en ce qui vois intéressait…
 
N’exagérons pas !, se défendit-il sans trop de chaleur, j’étais très bon en DFCM et un as en duels…

Nul en potions, Botanique, Métamorphose et j’en passe…que vous ayez bien tourné tient du miracle ! Mais enfin…pour le moment je ne vois aucun danger immédiat, le comportement de Kieran est celui d’un gamin normal, doué mais normal…Ces rumeurs qui courent sur lui…

Si ce n’était que ça…Kieran est spécial, je le sais et vous le savez même si vous ignorez sans doute beaucoup de…

McGo hocha la tête avec un petit soupir.
 
J’ignore les détails, oui…mais ce que je sais suffit pour nourrir mes craintes…Kieran n’est pas votre fils biologique et personne ne saurait me convaincre du contraire…, elle leva la main pour le faire taire, mais il a eu la chance infinie de grandir protégé par tant d’amour et abnégation…Restez tranquille, Kieran est parfaitement à sauf à Poudlard même si depuis que vous êtes là ceci ressemble un peu à du n’importe quoi avec vos micros, mouchards et caméras…J’en suis encore toute retournée…
 
Il n’en crût rien. Sous son masque de sévérité et sagesse, McGo semblait beaucoup s’amuser avec le décours de cette année singulière.

Mais fut ce qu’il en fut, la routine était bien établie.
Les cours de DCFM de 1ère Année, ne sont que théorie. Personnellement, Michael avait trouvé cela en extrême barbant de son temps et apparemment il en était de même pour la plupart de ses élèves qui bayaient aux corneilles la plupart du temps. Kieran semblait ne pas être l’exception mais Michael ne fut pas dupe de son attention voilée, en fait son fils, mine de rien,  absorbait toute l’information fournie tout en l’observant attentivement sans doute  gêné par l’esprit fermé à tout sondage que lui opposait son professeur. Les jumeaux Davenport, étaient à peine moins sérieux que ne l’avait été leur père mais celui qui surprenait le plus Michael/Marcus était le petit Strang qui sous ses dehors angéliques et son héritage de sagesse était un véritable esprit déjanté.
 
*Pas de sa mère qu’il tient ça, à coup sûr !*
 
Avec les cours supérieurs, c’était parfois plus facile, surtout qu’il ne devait pas jouer les Occlumens à longueur de cours mais les 3ème Année en particulier savaient lui mettre les nerfs à rude épreuve. Lucas était un meneur implacable, un vrai fauteur de trouble, suivi en toute joie de cœur par ses cousins fous. Cécile essayait de freiner l’élan mais ne lâchait pas son frangin. Le pire de tout est que ces franches petites canailles étaient doués, roués et imaginatifs. Nemrod était leur cible favorite pour des plaisanteries de goût douteux, Michael avait beau s’échiner à leur coller toutes les punitions imaginables, il avait même stupefixé son propre fils et Matt Nielsen espérant leur enlever l’envie de faire plus de bêtises, mais ils en avaient redemandé.

Il n’était pas le seul à subir cette folie ambiante. Thélonius se déclarait effaré de l’effronterie de cette jeune génération. Roswhita par contre connaissait un succès  inattendu avec des élèves bien plus connaisseurs des Moldus que ne l’avaient été leurs parents. Mais Miss Kovatch s’identifiait pleinement avec Marcus  à l’heure des déboires.
 
Ils ont vraiment fait ça !?...Sales gamins !...Oui, je connais cela…euh, faire sauter un chaudron…désolé j’étais pas trop bon en Potions…Oh ! Ça va pas mieux avec moi…ils ont épouvanté Nemrod et depuis il a peur de dormir seul…Rigolez pas, Anthéa, je vous assure que je rêve de meilleure compagnie que cette espèce de vache neurasthénique…
 
Il adora la lueur douce de ces yeux verts et sentit son cœur flancher. 
Deux jours auparavant il avait tenté une rencontre avec Alix en Australie et était mal tombé. Madame était à Sydney ou peut-être à Melbourne. Clara trop occupée à courir après sa cousine avait à peine fait attention à lui. Opal avait été presque coupante, bon elle était en plein coup de feu et d’Erik, pas de trace. Démoralisé, il était rentré à Poudlard avec envie de se soûler à mort, mais des remous très certains chez les Poufsouffle l’en avaient empêché. Ses neveux avaient fait sauter leur labo expérimental !
 
Que diriez-vous d’un dîner ?...Oui, je sais sans se le jouer aux échecs…je perdrais de toute façon…Je vous en prie, Anthéa…j’ai vraiment besoin de me remonter le moral…
 
Pourquoi y t’il toujours un crétin qui s’invite sans qu’on lui demande son avis ? Thélonius s’avouait aussi être éprouvé par ses élèves, par l’hiver qui approchait, Roswhita avait tout simplement envie de sortir de ces quatre murs.
 
Allons y à quatre, ce sera amusant, avait assuré Miss On s’en Fout de Votre Avis, on pourrait aller à Prè au Lard !
 
Michael avait eu envie d’envoyer des Avadas à ces deux-là mais Anthéa avait trouvé l’idée sympa. Et pour mieux faire, ils proposèrent d’y aller à pied. Pas que l’idée fut pour lui déplaire. C’était une charmante petite balade, en tous cas lui en gardait des très bons souvenirs de son temps comme élève.
La nuit était plutôt glaciale, mais qui s’en préoccupait, Quatre sorciers bien emmitouflés bravaient le bon vieux climat écossais pour aller se changer les idées chez Mme. Rosmerta, qui selon les calculs de Michael avait dû prendre un sérieux coup de vieux depuis le temps.
Au début, la jolie Roswhita aurait bien voulu faire une approche pas trop dissimulée mais Marcus Wallace affichait un air si résolument fermé qu’elle opta pour se replier vers le prof. Jordan décidément moins difficile. Que la belle Anthéa fasse cavalier seul n’étonna personne mais  un simple caillou du chemin eut raison de tant d’indépendance. Elle serait tombée si ce cher Marcus, très attentif, dirait-on, à ses pas, ne l’avait retenue du coude.
 
La nuit est sombre et le chemin traître, prenez mon bras, ce sera plus sûr !, avait-il déclaré avec une galanterie que personne n’aurait su démentir.
 
Si sombre que ça, la nuit était loin de l’être avec une lune d’automne en toute sa splendeur mais tant qu’à faire l’idée était bonne et elle accepta.  Bras dessus bras dessous, Michael se tança de sentir si content mais peu à peu sa culpabilité commença à se diluer au clair de lune.  Anthéa riait, il riait aussi…et Thélonius et Roswhita  par ajout. Maintenir une conversation à deux s’avérait impossible, à croire que les deux autres n’avaient rien de mieux á faire qu’à s’en mêler.
Mme. Rosmerta devait être, sans l’ombre d’un doute, cliente d’une certaine duchesse lancée dans l’industrie cosmétique avec un succès faramineux.  Identique au souvenir que MIchael gardait d’elle, une bonne vingtaine d’ans plus tôt, la dame se montra aussi accorte, et charmante que dans le passé, même si pour les effets elle ne connaissait pas Marcus Wallace.  Peu importait, elle fit comme si !
Joyeux dîner. Ambiance joyeuse. On était finalement un groupe de collègues, d’amis, aux dires de cette chère Roswhita si joyeuse (sans doute les apéritifs !), quoique Marcus était loin de considérer Miss Haines et Mr. Jordan comme tels, quant à Miss Kovatch  il n’était pas trop sûr de ce que c’était mais en tout cas cela n’avait pas exactement quelque chose à voir à…de l’amitié.
Et puis au milieu de tout ce petit bonheur si innocent, un roulement de tonnerre.  Rien que ça. Juste du tonnerre.
 
Tiens…le temps se gâte on dirait ! On ferait mieux de rentrer !
 
Il avait lu quelque chose sur une possible tempête d’hiver, un peu en avance, qui sévissait quelque part mais n’y avait prêté aucune attention. Alix étant en Australie, rien à craindre, lui, les tempêtes, orages et autres turbulences climatiques le laissaient indifférent.  Mais au troisième roulement, plus fort encore, il ne put que remarquer qu’Anthéa semblait un peu  mal à l’aise.
 
*Ma foi, c’est plutôt commun que les femmes n’aiment pas les orages !*
 
Sauf que celui-là était loin d’être un petit orage de rien du tout.  Ils en firent les frais à moitié chemin quand ça se déversa comme l’annonce du second déluge universel.
 
Trasplanons à l’école, ce sera mieux !, conseilla Thélonius, si ponctuel pour un bon conseil.
 
Mais là, au milieu du chemin tout essai de trasplanage s’avéra infructueux. Déconfiture générale.
 
Ce sont les perturbations atmosphériques, assura Marcus en couvrant Anthéa de sa cape, ça fiche tout en l’air…trouvons plutôt où nous réfugier…la Cabane Hurlante me semble notre dernière option, c’est juste là…

Je croyais que vous ne connaissiez pas le coin, Wallace !, riposta Thélonius, vous n’avez pas étudié ici !
 
Je sais, point barre…Bougez-vous ! , il cueillit Anthéa du bras et courut vers l’abri délabré qui tenait pourtant si bien l’intempérie de plus en plus déchainée.
 
L’endroit ne payait pas de mine. En fait, c’était plutôt affreux. Décrépit, délaissé, abandonné depuis plus d’un siècle. Sombre à souhait, sillonné de courants d’air, la pluie filtrait entre les tuiles déplacées, ça croulait de partout. Ça sans compter avec les toiles d’araignées, les araignées, quelques rats et autres bestioles y  ayant élu domicile.
 
On aménage un coin, on fait du feu et on attend que ça passe !
 
Si les sortilèges de transportation ne fonctionnaient pas, ceux plus communs faisaient passablement l’affaire.  Dehors la tempête faisait rage. Là, ils avaient un feu, un toit plus ou moins colmaté. Roswhita gloussait bêtement. Thelonius la rassurait. Anthéa était loin d’être ravie, avait, sans aucun doute la trouille mais maintenait une distance convenable entre elle et Marcus qui se tenait poliment à carreau.
 
Essayez de dormir, Anthéa, on n’est pas près de sortir d’ici…en tout cas, pas ce soir. Pas de crainte, vous pouvez m’utiliser comme oreiller, on me dit confortable et rassurant…
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Re: Drôles de profs...

Message par Alix Blackstorm le Mar Nov 03 2015, 21:17

Il est des poids à porter plus lourd que d’autres.  Pour Alix, le mensonge était affreusement pesant. D’abord très heureuse d’avoir joint Michael, sa situation en porte-à-faux lui avait sauté à l’esprit et avait gâché une bonne part de leur conversation qui tourna à la banalité totale. Et pourtant Dieu sait combien elle aimait cet homme-là, lui et aucun autre parce qu’il était justement lui…                 

Je t’aime aussi,
avait-elle répondu en coupant la communication.


Sèche ? Pas vraiment mais coupable oui. 

*Tu dérailles, Blackstorm ! Tu te reproches quoi ? D’avoir tes secrets ? D’avoir passé une excellente soirée avec un bel inconnu ? Tu es en infiltration, c’est une mission et, dans toutes les missions de ce genre, il faut des concessions.*

Le hic qui ferait tout capoter est que d’être surprise en… désertion de l’endroit où elle était censé séjourner. Michael était parfaitement du genre à se pointer sans crier gare, mais Opal serait assez finaude pour détourner cela.  Quant à Erik, il était si occupé qu’il ne poserait même pas de questions.  
C’était bien beau tout ça, n’empêche que la surveillance ne devait pas se relâcher ici à Poudlard. Un peu de polynectar au cas où, l’animagus partit faire sa ronde.  
Quelle ne fut pas la stupéfaction du chat en apercevant un trio parfaitement connu.

*Nom d’un gnome, ils osent sortir la nuit ?*

Que les Nielsen se fichent des règles était mornille courante, de là à s’adjoindre Kieran chéri, ah non !  N’ayant d’autre possibilité que de reprendre sa forme dans un recoin, grâce au polynectar, Anthéa put surprendre les pendards :

Où pensiez-vous donc vous rendre si tardivement mes petits amis ? Sachez que ce château ne dort jamais ! Une veine pour vous que ce soit sur moi que vous tombiez et non sur Mrs Parker.  Pour vos peines, vous serez de corvée nettoyage de veracrasses demain après les cours. Pas toi, Kieran. Tu t’es juste laissé entraîner par tes vilains cousins. Tu seras consigné à la bibliothèque où tu es prié d’étudier à fond le chapitre sur le veritaserum. Ce n’est pas du tout de ton niveau mais j’espère que tu en retiendras certains éléments. Je vous reconduis à VOTRE porte.

Discrète afin de ne pas être accusée d’espionner les mots-de-passe, elle le surveilla à distance puis reprit le chemin de ses quartiers. Sauf que dans un tournant, elle aurait reconnu entre mille cette façon idiote de chantonner dans les couloirs. Pas de doute, Thélonius s’amenait droit sur elle. N’ayant aucune envie de bavarder avec ce collant personnage, elle redevint chat et put passer devant lui sans qu’il ne se doute de rien.
Crevée, c’est sans remords qu’elle s’octroya un repos mérité après avoir avalé une potion anti-rêves. 

Les Nielsen s’acquittèrent très bien de leur punition qu’elle corsa en ayant constaté la disparition de certains ingrédients du labo retrouvés en leur possession. Rien de méchant ni de toxique, seulement la règle est la règle !
Elle s’en voulut un peu de sa sévérité car bientôt Opal ou Erik auraient vent de ce qu’elle leur faisait subir… On verrait bien. 
À part cela, Alix adorait donner ses cours. Mais avec les 3èmes années, elle avait un peu de mal et pas qu’avec les Nielsen. Christopher Von Falkenberg promettait vraiment beaucoup en potions et Cécile réjouissait son cœur de mère alors que Lucas… son beau Lucas se laissait trop souvent distraire. Lui octroyer Victoria Davenport en binôme lui sembla de bon aloi. Par contre, elle ne rata pas les manigances d’une certaine Millicent Durning à l’encontre de sa fille adorée. Elle serait bien intervenue si elle n’avait constaté que Cécile déjouait très habilement tous les pièges fomentés par sa rivale directe.  Il est des choses qui doivent se régler par soi-même…

Sinon, question surveillance, elle ne remarqua rien de spécial. Kieran semblait rester fidèle à lui-même et aucune crise n’avait ameuté les rangs.  Certains le sollicitaient avec insistances, d’autres lui tournaient le dos. Sa nouvelle baguette avait fait hautement impression : il ne ratait plus rien, jamais.  Thélonius poursuivait sa cour empressée mais recevait plus d’échos de la part de la jolie prof d’étude des moldus que de celle de potions qui, elle s’en voulait d’apprécier autant chaque moment passé avec le prof de DCFM.  Pas qu’il la complimentât mieux que l’autre mais il semblait plus… profond, d’aplomb, et aussi comme possédé d’une blessure secrète.  
Le plus barbant pour Alix fut les réunions avec Phenomena McGo. Chaque semaine, elle réclamait un topo complet des observations. Comment deviner ce qui se passait exactement sous le chignon frisé que la directrice avait adopté ? Elle savait des choses, en devinait d’autres, en déduisait aussi.  
Lorsqu’elle lui posa « innocemment » une question, Alix serra les poings.

Aimez-vous toujours Michael, mon enfant ?

En quoi cela vous regarde-t-il ? Et si ça vous intéresse tant, oui, j’adore mon mari, le père de mes enfants ! 

Je sais que vous vous êtes arrangée pour être ici en supposant être ailleurs. Pensez-vous Michael assez stupide pour ne rien relever ? 


S’il y a bien quelque chose que n’est pas Michael, c’est stupide !  Je pense que s’il savait, il ne serait pas contre.  Vous ne lui avez rien dit, au moins ?

Merlin m’en garde ! Mais vous aussi devriez prendre garde, n’est-ce pas ? Il y a combien de temps qu’on ne vous avait pas fait la cour, Alix ? 

Moins longtemps que vous ne le pensez *Vieille bique !* Le professeur Jordan est agréable et Wallace est… 

Son hésitation provoqua un sourire malicieux :


Est ?

Intéressant. Cependant, je n’ai aucunement à débattre avec vous  de mes relations privées! Pour Kieran, tout baigne, il semble éveiller bien des controverses et je veille ! 


Vous êtes sans doute la personne la plus têtue que je connaisse, Alix, hormis Michael, cela va de soi.  Quel couple magnifique ! Quel gâchis…

La langue en sang pour ne pas sortir de méchantes vérités, Alix sortit avec un cinglant :

Mêlez-vous de ce qui vous regarde !

Les réunions suivantes se contentèrent de résumés succincts strictement basés sur Kieran.  Alix avoua sans contrainte être dévorée de migraines affreuses après avoir eu son fils en cours :

Il me sonde, il essaye, en tout cas. Mais il est parfaitement heureux et aime beaucoup… Marcus Wallace.

Minerva riait ? Pourquoi pas ? Trop Lasse, Alix ne relevait pas. Cette vie de perpétuelle fausseté lui pesait.  Déjà que courir en Australie au moins une fois par semaine la pompait, plus des mixtures avalées et de sa fermeture d’esprit obligée, elle se sentait très abattue. Les cours glissaient eux, le reste…
Jordan tentait par tous les moyens de l’attirer dans ses filets pas très discrets tandis que Marcus… Marcus était parfait. Compatissant, bienveillant, attentif... Pourquoi Michael n’était pas ainsi ? L’avait-il été ? Peut-être bien mais cela datait… Et Clara… Alix s’en voulait à son sujet. Trop jeune encore pour comprendre tenants et aboutissants des agissements de sa mère, que pouvait-elle faire d’autre sinon détester cette femme qui allait et venait sous non nez ?  
Alix avait eu très chaud deux jours plus tôt car Michael avait voulu dire un coucou en Australie… Opal avait inventé n’importe quoi, ouf !  Mais suite à tous ces faits, la déprime menaçait d’autant que les chenapans de service avaient finalement réussi leur coup : faire sauter un chaudron au labo. Cécile avait fait ce qu’elle pouvait mais Millicent l’avait contrée. Résultat : labo cuit pour une journée et colle astronomique pour tous ! L’ensemble laissait Alix sur les rotules aussi quand Marcus l’eut écoutée raconter ses déboires et déclaré :

Que diriez-vous d’un dîner ?... Je vous en prie, Anthéa…j’ai vraiment besoin de me remonter le moral…

C’est… c’est vous qui remontez le mien, Marcus… 

Ils étaient là à se noyer dans le regard de l’autre quand les trublions entrèrent en service.  Thélonius et Roswitta s’invitèrent sans façon.  Soupirs…
Dans un sens Alix était soulagée d’avoir deux escorteurs, chaperons, avec eux. Dans l’autre… c’était agaçant car éviterait l’intimité des confidences.
Bien, mal ? On convint d’une balade à pied vers Pré-au-Lard.
Le chien de Marcus n’accompagnait pas. Dommage ? Alix aimait cette grosse pâte molle qui le lui rendait bien sauf s’il la surprenait en chat.  Là, pas de quartier. Bah ! Marcus le tenait éloigné depuis l’affaire de remise de baguette, donc…
Fichu chemin et ses cailloux ! Sans un bras secourable, Anthéa se serait étalée. Elle était si crevée qu’elle savait à peine où poser ses pieds.  Ferme, Marcus s’imposa en soutient. Idiote sensation de bien-être, comme si …

*Michael aurait fait pareil !...*

 Son beau mari avait beau avoir eu une réputation exécrable de noceur, coureur de jupons, elle, elle savait que la vérité en était loin. Michael était quelqu’un entre les mains de qui elle aurait remis sa vie sans hésiter. Fidèle à l’extrême même dans des situations délicates, il ne la trahirait jamais… 

*Et toi, connasse, tu soupires…*

Chez Rosmerta – sans doute rajeunie comme McGo – ce quatuor de profs se révéla potache.  Chacun y alla de son bon mot, rigola de la blague de l’autre : une atmosphère parfaitement détendue.  Puis il y eut de l’électricité dans l’air. Alix le pressentit avant même le roulement : le tonnerre. Par veine, et habitude, elle avait fini par discipliner cette terreur démente qui la saisissait en cas d’orage. Néanmoins, elle demeurait électrisée, angoissée, et se ferma aussitôt.  
Très sage, Marcus décréta un repli immédiat vu ce qui n’allait pas manquer de leur tomber dessus.  
En effet, cela empira. Hélas, le magnétisme ou Dieu sait quoi les relégua au commun des moldus : courir sous des trompes d’eau dans un vent déchaîné. Marcus – encore lui – lui offrit galamment sa cape en parapluie pour courir se réfugier à la cabane hurlante de sinistre mémoire.  
On ne s’embarrassa pas pour si peu, nettoya rapidement et s’installa à la va-comme-on-peut sauf que :           

on n’est pas près de sortir d’ici… Pas de crainte, vous pouvez m’utiliser comme oreiller, on me dit confortable et rassurant…

Tentation ! Il aurait été bon- très bon même – de s’affaler sur une poitrine ferme, chaleureuse mais un semblant de bon sens rappela Alix à l’ordre :

C’est très gentil, Marcus et très… tentant. Merci mais les orages m’électrisent et m’empêchent de fermer l’œil. Bonne nuit à tous ! 

Un gros dodo plus tard, les trois accompagnants roupillèrent et un animagus chat s’engouffra dans la tourmente.  
Sous cette forme Alix résistait mieux à ses terreurs engendrées par éclairs et roulements. Hélas, le pelage même dru du Maincoon se retrouva trempé aux os en moins de deux.  
Rentrer était impératif. Certes Vorondil veillait sur Kieran mais deux précautions valant mieux qu’une…
D’ailleurs, quand après avoir franchi les grilles et pensé filer sous une douche bouillante agrémentée de pimentine de son cru, dans sa chambre elle trouva un elfe impatient, torturé, elle s’énerva :


Que se passe-t-il ? Vorondil, je te somme de répondre !

L’attitude de son filleul l’alarma.  Depuis quand Vorondil se mutilait-il? Jamais elle ne l’avait vu se comporter ainsi. Là, devant elle, il semblait en proie au plus immense dilemme jamais supporté.  Il se mordit deux doigts, se frappa la tête contre le bureau, s’arracha deux des 4 poils de sa grosse tête en rouant des yeux éperdus tout en débitant… n’importe quoi :

Professeur… pas bon – vlam- Petit maître très sage. Zinzins influent… Là… concours.


Concours de quoi ? Où ?

Comme s’il était enfin soulagé dans son partage d’aveux, il avoua très vite :

Lui voler.


KIERAN VOLEUR ? Je n’en crois rien !

Vol sur balai.

Kieran sait voler depuis qu'il a 3 ans, et alors ?

Concours, tour d’astronomie, acheva le petit être embarrassé.

Misère ! Les pièces se mettant enfin à place, Alix oublia tout le reste et courut comme une folle. Dans sa tête de mère en panique, divers scénarii défilèrent. Kieran sautait dans les éléments déchaînés et se fracassait au sol, ou il s’en tirait comme une fleur ou il refusait de participer. Quoiqu’il en soit elle était très fâchée, morte d’inquiétude en arrivant au sommet de la tour.
Les cousins étaient assemblés en compagnie d’autres élèves, toutes maisons confondues, âges pareil. Deux camps semblaient partagés. Les uns voulaient qu’il vole, les autres le retenaient. 

T’es qu’un couillon De Brent ! le narguait un grand gars boutonneux du nom de Léonard Prince.

Ouais, renchérit Hildegarde Beauregard, une petite pouf aux cheveux de corbeau. Tu clames savoir voler, alors prouve-le !

Il sait voler ! affirma un beau chœur de frère, sœur et cousins.

Mon frère le fera mais en cours seulement et sûrement pas par un temps pareil ! se dressa Lucas.

Cécile, elle, tentait désespérée de retenir Kieran déjà à califourchon sur un vieux manche mité probablement défectueux.

Calme-toi, Kieran. Tu n’es pas obligé de répondre à ces idiots !  Maman et papa t’étriperont si tu ne te tues pas avant ! 

Un peu tremblant sur ses jambes, le pyjama déjà collé sur le corps par la pluie qui s’infiltrait par le dôme ouvert, Kieran redressa dangereusement le menton.  Derrière Alix en retrait contre un pilier quelque chose la bouscula soudain. Noir, énorme et l’air pas content, Nemrod s’interposa entre le futur pilote et la meute incitante. 

*Génial, ce toutou !*

Le « comme son maître » n’eut pas le temps d’être formulé car, après une flatterie au dogue, Kieran lâcha :

Je vole et vais le prouver. 

Dans certains cas, on agit avant de penser. Anthéa vit les talons frapper le dallage et, en même temps, sa baguette se brandit :

Frigero tempus ! 

En d’autres circonstances, la scène aurait été risible en voyant ainsi figés tous les participants dans des postures plus ou moins grotesques.
Plus calme, elle alla flatter la grosse tête du chien, se retint de gifler Mr. Prince et  Beauregard, d’embrasser neveux et enfants. Elle se donna deux minutes pour remettre de l’ordre. Le balai de Kieran fut réparé, un petit séchage ensuite, elle scella le dôme.  
Lorsque le temps reprit son cours, Kieran bondit et… se fracassa le nez contre la paroi fermée.  
L’incident fut clos. Les déceptions et incompréhensions régnaient. Certes, on pouvait craindre une récidive mais ce ne serait pas pour ce soir où, devant l’évidence, chacun réintégra ses quartiers. Toujours immobile dans son coin, Alix perçut nettement la déception de son cadet :

Je leur prouverai !

T’en fais pas, lui posa la main sur l’épaule Lucas. Sont idiots ! Dis, comment t’as-fait pour réparer ton balai pourri ?

Ce n’est pas moi. C’est mon ange gardien !

De Brent et Nielsen rigolèrent en s’éclipsant.  
Dans la salle glaciale, Alix frissonna. Prise dans l’urgence, elle avait oublié de s’occuper d’elle. Séchage, pimentine et lit devinrent prioritaire.  Sauf qu’après tout ce qu’elle avait subi dans cette nuit, un frigero tempus en sus, elle était trop crevée pour s’appliquer les soins requis.  Ce fut Nemrod qui la ramena à bon port et lui offrit sa chaleur à défaut de bouillotte quand elle s’affala d’une masse sur sa couette.  
Des deux jours suivant, elle ne sut ce que l’infirmière Camomille Cool voulut bien lui dire.  Refroidissement dangereux, extrême fatigue, Marcus Wallace l’avait trouvée inconsciente  et fiévreuse dans sa chambre. On avait même songé à la rapatrier à Ste Mangouste. La directrice se rongeait les ongles, d’autres aussi. 


Mais maintenant vous allez mieux ! sourit l’accorte infirmière bien en chair.  Savez-vous que trop de polynectar nuit ? Restez tranquille ! La directrice a donné ses ordres, c’est motus et bouche cousue ou oubliette selon son humeur.  
Je crois qu’il est temps de laisser les visiteurs entrer, j’en ai un peu marre des pleurs de ce chien ! 

Dès que la porte s’ouvrit, l’énorme dogue bondit et se jeta sur le lit pour lui laver le visage à sa façon.  Suivait… son maître.  
Une flambée d’affection la fit sourire, une certaine déception atténua l’élan en voyant le beau prof de DCFM s’avancer à la fois anxieux et ravi.  
Pourquoi n’était-il pas…Michael ?  Ravalant un sanglot, elle se composa un visage de circonstance :

Je crois devoir vous remercier ainsi que cette bestiole. Sans vous, selon Mrs. Cool, je…

Très récemment, elle avait vu un elfe se comporter bizarrement. Pas que Marcus en passe par ces extrémités mais il était manifestement tracassé, mitigé, partagé.  
Qu’il lui prenne la main, porte ses doigts à ses lèvres lui provoqua des palpitations mal venues. Elle reprit sa dextre avec un sourire au bord des larmes :

Je vis, n’ayez crainte. Merci encore pour…

PAPA ! MAMAN !

Le cri émanait du rideau d’à côté.  Marcus, blême soudain, le tira d’un coup sec. Paf, Anthéa vit le lit voisin. Un petit bonhomme y reposait. Il leur offrit un sourire rayonnant alors qu’eux ne valaient guère une chique. Puis, il fronça les sourcils, sembla contrarié avant d’éclater de rire. Sur ce, Mrs Cool surgit, affolée puis calmée :

Oh ? Mais c’est splendide tout ça ! Figurez-vous que ce petit jeune homme a été admis dans la demi-heure suivant la vôtre Miss Kovatch. Il délirait complètement mais, apparemment, il va beaucoup mieux.  Tout le monde devrait se reposer maintenant. Oui, oui, même vous Professeur Wallace ! Vu votre tête, vous devriez consulter, je crois. C’est contagieux, ces trucs dirait-on! Allez, allez, tout le monde au lit ! 

Un regard de folle tendresse vers l’enfant crispé, l’air de lui insuffler un « tout va bien », Alix lâcha la main du garçonnet confus.

Merci de vous soucier de moi Marcus, vous pouvez disposer maintenant, souffla-t-elle en se réinstallant sur ses coussins…. Ne dites rien, nous parlerons plus tard si vous le désirez.

Avec une mine de déterré, le professeur de DFCM s’inclina.
Seule, quoique pas tellement vu la proximité avec son fils, Alix hésita beaucoup. Avouer, se taire, que faire ?  Kieran flairait un truc, impossible autrement. Puis il y avait Marcus dont les sentiments laissaient peu de doutes. À quoi bon se leurrer, elle était doucement en train de tomber sous un certain charme masculin, hors il n’en était pas question ! Michael était sa constante, le phare de toute sa vie, jamais elle ne le trahirait. Marcus se ferait une raison, tôt ou tard.
Elle pensait enfin dormir au calme quand, agacée, Mrs Cool introduisit d’autres visiteurs. D’abord il y eut Roswhitta et Thélonius. Ce dernier se jeta sur sa main qu’il dévora de baisers fous :


Quelle frayeur vous nous avez faite, très chère ! On se consumait d’inquiétude après avoir su…

Plus froide, acide même, la prof d’études des moldus eut un sourire en coin :

On se demande pourquoi, d’ailleurs. Vous n’avez qu’à vous en prendre à vous-même, non ? Avoir quitté cette cabane si accueillante ! Pour ma part j’y ai dormi mieux qu’un loir. Décidément, ma chère, vous êtes inconstante. Mais vous allez bien, tant mieux! Qu'en  est-il de l’autre pensionnaire ?

Kieran ? Il va bien, je pense. 

Nous avons entendu des échos sur la tour d’astronomie, reprit Thélonius. Ces gosses ont de ces idées ! Mais vous en étiez, non ?


Moi ? Pas du tout. Je me suis fait tremper et ne savais rien avant vos racontars. Gentils de vous soucier de moi, j’aimerais dormir à présent. Il y a cours demain, j’en serai. 

Tout rentra plus ou moins dans l’ordre des choses.  La torture d’Alix devait se refléter car McGo ne la ratait pas à chaque entretien.  Par des « comment va Marcus, Kieran sait-il ? » elle agaçait son monde. Muette, Alix brodait, trop occupée à déjouer des tentatives de séduction tout en s’enlisant dans des mensonges qui l’écoeuraient de plus en plus. Au moins, en Australie, cela baignait. Michael ne s’était plus manifesté, Clara et Caroline faisaient les 400 coups, mais Opal paraissait, elle, revêche ou du moins anxieuse, allez savoir pourquoi. Michael… courtes conversations, échanges banals… il lui manquait mais doutait qu’il en soit pareil pour lui.

Vint Halloween.  Le château se para des décorations obligées aux festivités. Citrouilles, effigies de vampires ou zombies à la mode, tout y était.
Avant ce jour de fête, une sortie à pré-au-Lard s’imposa. Il avait neigé, déjà, chose qui ravissait Alix. Elle adorait ça, qu’y pouvait-elle si ses années de jeunesse refaisaient surface ?  Belle balade d’escorte d’un groupe déchaîné de joyeux drilles.
De loin, elle vit Marcus bombarder Roswitta avec des boules glacées. Grand bien lui fasse !
La conversation promise n’avait toujours pas eu lieu et – tant mieux ou tant pis – le beau prof semblait distant, préférant le rire de Miss Haines à la tronche revêche dont Anthéa le gratifiait à tout bout de champ.
L’instinct maternel devina avant coup que quelque chose se préparait. Les jumeaux étaient-ils trop calmes ? Nielsen et De Brent conjugués mijotaient un truc.  
Pour autant qu’elle sache, et avec ce qu’avait consenti à lui révéler McGo, les passages secrets connus n’étaient plus en fonction depuis plus d’un lustre.  Comment expliquer alors ces pas, vite effacés, derrière… rien. 
Anthéa ne fut pas la seule à constater cette anomalie. Nemrod la flaira, son maître aussi. Banal mais intense, un regard s’échangea entre profs. Ils se devaient d’agir.  En douce, Alix s’approcha de Wallace :


J’ignore pourquoi mais, comme moi, vous protégez Kieran. Il est là, ma main au feu. M’aiderez-vous à lui éviter des soucis ?

D’un geste longtemps retenu, elle appuya sa requête par une pression de doigts sur son bras.  L’attraction refoulée reprit aussitôt.  Le courant passait toujours…          
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Re: Drôles de profs...

Message par Michael De Brent le Dim Nov 08 2015, 19:04

Il pleuvait.  Un filet glacé coula sur la tête de Marcus Wallace et le réveilla brusquement. Oui, la tempête avait bien cédé d’un cran ou deux, emporté quelques ardoises et sans doute un bout de toit, parce que là, il pleuvait partout…dedans, dehors. Un juron étouffé en s’ébrouant, juste pour découvrir que la belle Kovatch brillait par son absence. 
 
*Elle a filé…elle nous endort comme des idiots et file…elle y tient, à son petit secret !*
 
Les deux autres ronflaient paisiblement, hors d’atteinte de la gouttière traitresse.  Il leur accorda un regard dédaigneux avant de vider les lieux d’un pas résolu. Essayer un trasplanage ne lui croisa pas l’esprit. Marcher sous la pluie battante, essuyant les fortes rafales de vent glacé seyait parfaitement à son présent état d’âme.  Une épouvantable pagaille de sentiments incompatibles, fortement alourdie de culpabilité.
Misant sa chance sur l’heure très matinale pour ne rencontrer personne il fut pour ses frais en tombant pile poil sur Miss Parker et deux de ses chats.
 
Quelle idée de sortir par ce temps, professeur …mais enfin, on dirait que les tempêtes ça donne des drôles d’idées à grands et petits…
 

Très impoliment, Michael/Marcus passa de large en grommelant n’importe quoi. La remplaçante de Rusard haussa les épaules.
 
*Quel les manières…mais enfin, l’avait pas trop l’air dans son assiette…me demande d’où il venait, ce noceur ? Miss McGonagall devrait savoir quel genre d’individus enseignent ici…*
 
Il claquait presque des dents en arrivant à ses quartiers, ne rêvant que d’une longue douche chaude et quelques heures de sommeil dans le confort de son lit quand Nemrod, venant de Merlin sait où déboula en scène et se rua sur lui avec tant d’entrain que Michael se retrouva renversé sur le tapis.
 
Ça suffit, lourdaud…suis trempé, crevé…fiche-moi la paix…
 
Mais le dogue avait sa petite idée derrière la tête et n’en démordit pas jusqu’à l’avoir pratiquement tracté à sa suite. S’arrêtant devant la porte d’Anthéa Kovatch il commença  à japper et  gémir à fendre l’âme tout en  grattant le panneau.
 
Ça va pas, non ? Je ne vais pas entrer là sans être invité…t’es malade, toi !
 
L’insistance fut telle et le boucan en conséquence qu’après avoir toqué plusieurs fois sans recevoir de réponse, Michael se risqua à ouvrir la porte.
La lampe de chevet était toujours allumée, le feu éteint dans l’âtre, la chambre glaciale et dans le lit, la belle Anthéa pâle et frissonnante. Et encore c’était peu dire. En deux enjambées, question d’aller voir de plus près de quoi il en allait, Michael se rendit compte que c’était bien pire que supposé. La sublime rousse brûlait de fièvre et tremblait comme une feuille tout en délirant en bulgare. Ses vêtements étaient encore humides, tout comme sa somptueuse chevelure de feu.
 
*Bon sang, elle a attrapé la crève de sa vie!* Anthéa…Anthéa…dites-moi quelque chose…
 
Tapotements aux joues, petit revigor, rien n’y fit. La belle voguait dans les limbes du délire et n’irait pas mieux s’il se contentait de rester là à la contempler.
Cavalcade dans les couloirs avec Nemrod en tête pour dégager la route au cas où. Leur arrivée à l’infirmerie manqua de renverser la digne remplaçante de Pomfresh qui,  sans se laisser impressionner, exigea quelques éclaircissements.
 
Je viens de trouver Miss Kovatch dans sa chambre, elle brûle de fièvre, délire…Ne me posez pas de questions idiotes, pas maintenant…elle va mal…très mal !
 
Posez là sur un lit puis, à moins d’avoir un diplôme de médicomage patenté, revenez plus tard !
 

Mais je…
 
Mais rien, vous êtes le prof de DCFM, vous ne servez à rien ici, ce veau encore moins…et puis, séchez-vous…ça ne m’avancera en rien d’avoir à vous soigner aussi, remarquant sans doute son air plutôt égaré, elle eut la charitable idée de lui envoyer un sortilège de séchage express qui le laissa en train de fumer sur place, allez, disparaissez !
 

Nemrod qui semblait tout comprendre le saisit de la manche et l’entraina  jusqu’à sa chambre. Oubliée la douche chaude et autres délices prévus, il se laissa choir dans le premier fauteuil venu face à l’âtre éteint, en fermant les yeux, dans un essai, plutôt raté, de se mettre les idées en ordre.
 
*Elle a fui…c’est un fait…t’a fui…pourtant, ça la tentait, elle l’a dit…Pitié, et ça me tentait aussi et comment !...Je suis en train de faire une bêtise…une énorme bêtise…Alix ! Alix !...Pourquoi es-tu partie comme ça ? Je vaux plus rien à tes yeux, mon Alix ?...*
 
La langue râpeuse de Nemrod  en mode gant de toilette lui essuya le visage. Réveil en sursaut, affalé dans le fauteuil, avec un soupçon de tour de reins. Coup d’œil à sa montre. 10 :00 am. Il avait raté le petit déjeuner et sentait soudain l’impérieux besoin  de café noir et cigarettes. Heureusement que son statut de professeur lui donnait droit à room-service elfique. Un claquement de doigts suffit. 

Restauré, à sa façon. Il avait refusé la version complète du premier repas matinal mode anglais, Michael reprit un peu le poil de la bête. Dimanche à Poudlard.  Pas grand-chose à faire. Sans doute aurait-il pu réviser pour ses cours à venir mais ne s’y trouva pas le cœur. Une balade au grand air, et c’était déjà pas mal dire…pour le grand air, sembla convenir parfaitement à Nemrod.
Les élèves se la coulaient en douce. Petits groupes par-ci,  solitaires par là. Impossible de rater ceux qui tenaient concile sous un gros chêne, près du lac. Il les connaissait, tous et chacun, pratiquement du jour de leur naissance.  Ses enfants, ses neveux, ses filleuls, les enfants de ses amis…Ils avaient de la chance, eux, réunis là, Serpentard et Serdaigle, mêlés à Poufsouffle et Gryffondor, sans que l’ombre d’un conflit ne les sépare.
Il se retrouva sur le chemin de l’infirmerie sans s’n rendre presque compte, d’autant que Nemrod semblait aussi partant que lui pour aller aux nouvelles.
 
*Tu  n’as rien á foutre ici…elle va bien ! Oublie cette lubie…Arrête de penser à cette femme, ça ne t’apportera rien de bon…*
 
Et voilà que Lucas et Cécile se pointaient aussi, pâle et défaits. Coup au cœur. De quoi disjoncter. Une demi-heure auparavant ils complotaient dans le parc avec leurs cousins et amis et là, ils avaient l’air à bord de la crise de nerfs. En tant que leur père, il aurait bondi s’enquérir de l’urgence. Pas le temps de savoir ce qui les amenait là, ils avaient disparu à l’intérieur, escortés par Miss Cool.
 
*T’es fait, comme espion !*

Mais il fallut attendre jusqu’au lendemain pour qu’on lui donne le feu vert. Nemrod était resté monter la garde, drôle de chien qui changeait de fidélité sur un coup de cœur.
 
Vous pouvez entrer, Prof. Wallace, elle est réveillée !
 
Nemrod prit les devants. Tant pis, tant mieux. Il s’occupa de faire la fête à la belle rousse encore pâle à faire peur. Lui, il arriva en second degré d’invasion, se sentant presque traître et parjure…
 
*Tu n’as rien fait, disait son bon ange, mais tu en as très envie, assurait son démon…Ouais, suffit de penser et c’est fichu, se disait-il…Sois poli, sympa…rien de plus…hey…idiot…*
 

Elle était là, l’air si fragile, (chacun voit les choses comme il veut), démunie presque, triste aussi.
 
Je suis ravi que vous alliez mieux…
 
Je crois devoir vous remercier ainsi que cette bestiole. Sans vous, selon Mrs. Cool, je…
 
Ne dites rien… ou plutôt oui… pourquoi vous risquer sous la pluie ?...Je vous suis si insupportable ?, mauvaise tactique,  oubliez ça…je n’ai aucun droit de vous demander cela…je…enfin…excusez-moi, Anthéa…je suis un peu perdu…confus…tout comme vous, je dirais…
 

Mais bien sûr, il envoya au diable tout bon propos et s’empara de sa main pour y déposer des baisers sur le bout de ses doigts fins.
 
Je vis, n’ayez crainte. Merci encore pour…
 
Et puis ça !
 
PAPA ! MAMAN !
 
Le prof de DFCM crut avoir un arrêt cardiaque,  et compte tenu de son expression, la prof de Potions ne valait pas mieux. Kieran, car ce n’était autre que lui, apparut aussitôt le rideau écarté. L’enfant, allongé dans son lit tel un ange dolent, les regarda d’abord ravi puis avec une moue de déception avant de, contre toute attente, éclater de rire.
 
*Mince alors…c’est fichu !*
 
Et d’exercer son talent d’Occlumens le mieux qu’il pouvait vu son esprit en goguette. L’intervention joyeuse de l’infirmière fit diversion. De la suite Michael n’eut qu’un écho diffus. Une migraine enragée s’instaurait. Kieran allait bien, rien d’autre n’importait. Sa priorité immédiate était quitter l’endroit avant que le pot aux roses ne soit éventé. Il pressentait le talent de son fils assez fort pour y parvenir sans trop d’effort. D’ailleurs qu’il se mette à rire, tout content, ne lui disait rien qui vaille.
De toute façon, la belle lui donnait déjà congé assurant qu’ils  parleraient plus tard.
Il décampa  sans demander son reste, trainant Nemrod, rétif, à sa suite. Vaquer sans but précis dans couloirs et escaliers ? Pas  la meilleure idée, pas en ce moment. Il se sentait étouffer d’angoisse, de doute, de chagrin…de tout ce qu’il trainait depuis des mois comme un boulet de canon et qui menaçait de l’engloutir depuis qu’Alix, sans explications, avait décidé de migrer aux Antipodes. 
Un des chats de Miss Parker eut l’heur de croiser leur chemin, il ne s’en fallut pas plus pour que Nemrod perde la tête et se lance allègrement à sa poursuite. Chasser des minets était son sport favori. Il ne les attrapait jamais mais ça défoulait  son surplus d’énergie. Sachant que c’était inutile de lui ordonner de revenir ou encore moins de lui courir après, Michael  opta pour gagner ses quartiers et occuper son temps à quelque chose de plus utile que se lamenter sur son sort.  Visionner les vidéos des derniers jours lui sembla une option très acceptable.

La plate routine. Rien d’exceptionnel ni remarquable. Mais tout changea radicalement en arrivant à la nuit du vendredi.  À la Tour d’Astronomie. Il savait, par expérience, les élèves capables des paris les plus stupides mais là, cela dépassait les bornes.  Deux groupes bien définis s’affrontaient. Il s’agissait si l’un d’eux savait ou ne pas voler en balai. Et celui en cause n’était autre que Kieran.
Pour son bonheur, Michael connaissait le fin mot de l’histoire, sans quoi la suite échevelée l’aurait fait paniquer à mort. L’apparition inédite de Nemrod, temps mort, Anthéa entrait en scène, fermait le dôme, jetait un sort au vieux balai de Kieran, le regardait en proie d’un émoi attendrissant puis disparaissait alors que tout redevenait normal…avec la fin déjà connue.
Michael repassa la scène à plusieurs reprises, jusqu’à capter le moindre détail. La conclusion tirée était simple : tout le dévouement du monde, la haute technologie, les diverses précautions et tout ce qu’on voudrait ne viendrait jamais à bout de l’insatiable curiosité et soif d’aventure qui animent les jeunes. Ils devaient faire leurs propres expériences, assumer leurs défaites, faire avec leurs déconfitures et fêter leurs triomphes. Kieran n’était pas une exception. Il prenait ses propres repères, s’affirmait, cherchait sans doute ses limites. C’était un besoin vital, et parfaitement légitime.
 
*Le protéger, oui…le couver à l’en étouffer, non…mais il  pourrait sincèrement avoir des idées moins farfelues !*
 
Ce n’est pas pour autant qu’il rata la démonstration de vol en balai dont Kieran régala son public, sans aucune affectation, mais aussi sans ombre de modestie. Il était sûr de son talent, à quoi bon faire semblant d’en rougir.  Si pas sous Désillusion, Michael se serait joint au tapage enthousiaste des fans de Kieran en toute joie de cœur.
Il aurait voulu faire part de cette satisfaction à Anthéa mais la belle semblait l’éviter. Il n’en prit pas ombrage ni chercha à insister. Elle aurait ses raisons et c’était très bien ainsi. Enfin, c’était ce dont il voulait se convaincre, sans être plus heureux pour autant.

Ses  sporadiques  conversations avec Alix n’apportaient  pas grand sursis à ses amertumes. Il la devinait lointaine, distraite, invoquant souvent la fatigue pour en finir plus vite.  Elle assurait que Clara allait bien, mais encore là, cela sonnait faux. Impossible de parler à sa fille, elle n’était jamais dans les alentours. Sans trop le vouloir, Michael commença à se faire des idées. Et cela ne changea en rien après une conversation décousue avec son frère. Erik parlait volontiers de Clara qu’il adorait mais à l’heure de dire quelque chose sur Alix, il s’arrangeait pour changer de thème. Au moins s’était-il montré rassurant quant aux hypothétiques  effets secondaires de sa version de Polynectar : il n’y en avait aucun.
 
*Pas de changement de personnalité à cause du breuvage…conclusion : t’es naturellement con et ça ne s’arrange pas avec l’âge !*
 
Fin Octobre. Mine de rien, il ne manquait plus grand-chose pour arriver à Noël.  Michael était partagé entre impatience et crainte.  Il voulait se retrouver en famille, être lui et pas Marcus mais avait peur de ce à quoi il aurait droit de part d’Alix. Il imaginait des situations débiles, plus affreuses les unes que les autres. Des aveux qui feraient mal, Alix lui signifiant son congé définitif parce qu’elle avait trouvé mieux. Cela le rendait presque fou et cela bien entendu n’arrangeait avec  ce qui le taraudait chaque fois qu’il posait les yeux sur une certaine rousse experte en Potions.
Miss Kovatch s’était décidée pour la distance. Soit. Il respectait ça, mais cela ne l’empêchait ni de la regarder ni de se faire des idées…toute sorte d’idées !
Plus pour se distraire qu’autre chose, il entreprit de surveiller de près ses neveux. Ces enfants avaient un don spécial pour l’embrouille. Les blagues, de tout calibre, étaient leur vocation. Et là, il était sûr qu’ils mijotaient gros pour le 31. Le contraire aurait été décevant.  Avec nostalgie, il pensait à son temps d’écolier. Il avait aussi fait les 400 coups, de façon plus discrète compte tenu que son complice n’était autre que Justin Davenport, trop sérieux et noble pour se livrer à des tours vraiment pendables.
En cours, tout se déroulait normalement. Enfin, tout aussi normal que possible. Pour alors, Lucas  et les jumeaux Nielsen avaient récolté assez de retenues et punitions diverses comme pour les tenir occupés jusqu’á la fin de l’année, mais ce n’était pas pour autant que le premier perdait son petit air crâne (on ne se demande plus d’où il tenait ça !) et les seconds le prenaient avec un humour incomparable. Par contre Cécile était exemplaire…un peu trop même et semblait boire ses paroles.
 
*Ouais, Marcus a la côte…Papa lui, on s’en balance de ce qu’il raconte !*
 
De quoi être presque jaloux de lui-même. Kieran lui, l’éreintait tout en le rendant fou d’orgueil et il devait faire des efforts pour ne démontrer aucun sentiment spécial, surtout en tenant compte qu’on s’attendait qu’à ça pour tomber sur le petit. Certains de ses  camarades étaient dignes d’Azkaban, pas à dire.
Jour de sortie au Pré au Lard. Neige. La combinaison parfaite. Les esprits étaient à la fête. Enjoués, et pas que les élèves. Roswhita Haines  avait plaqué le prof Jordan et se montrait particulièrement charmante avec le prof de DCFM qui, pour une fois, fit semblant d’en être ravi, alors qu’en réalité, il ne perdait miette des faits et gestes de Miss Kovatch qui, pour ne pas changer, faisait cavalier seul. Ce qui ne le distrayait pas tout à fait de sa mission de surveillance poussée.
Matt et Nick Nielsen semblaient  très satisfaits, ils avaient sans doute réussi un de leurs tours. Lequel ? On le saurait bien assez tôt. Lucas arborait un petit air suffisant alors que Cécile se faisait du mauvais sang, il aurait pu le jurer. Vic Davenport et Chris Von Falkenberg  faisaient comme si rien mais avaient l’air de limiers aux aguets.
 
*Ceux-là ont un tour sur le feu…Bingo !...Chenapans, ils l’ont fait !*
 
Être bon observateur avait toujours fait partie de son travail comme agent. La plupart des fois sa vie en dépendait de ces petits détails qu’on ne peut ignorer…or là, il venait de déceler une minime faille, visible une fraction de seconde sur le tapis de neige.
 
*Il est doué…franchement doué !*
 
 Et il n’était pas le seul à avoir remarqué cela.  Voilà que, contre toute attente, Anthéa l’approchait.
 
J’ignore pourquoi mais, comme moi, vous protégez Kieran. Il est là, ma main au feu. M’aiderez-vous à lui éviter des soucis ?
 
La requête aurait suffi à elle seule mais qu’elle l’accompagne de cette douce pression de ses doigts sur son bras l’aurait presque convaincu d’aller en enfer, avec elle bien sûr !
 
Oui, je sais qu’il est là…Il est très malin, notre petit ami et j’admire ça…On va le suivre en douce, pas question de le brusquer et au cas qu’il ait besoin de nous…on se manifeste, si non…il aura mérité sa sortie ! Ça vous va ?
 
Elle lui octroya un de ces regards qui le chamboulaient. Motion acceptée. Il fallait juste se montrer discrets. Désillusion de mise. Suivre les joyeux compères fut un jeu d’enfants.  La bande fit exactement ce qu’on s’attendait d’elle. Visites obligées aux lieux emblématiques, rigolades à gogo, l’entente parfaite.
Mais bien entendu ce qui devait arriver arriva. Michael/Marcus dut retenir presque Anthéa qui voulait intervenir dès le début.
 
Ils doivent apprendre à se débrouiller…et ne le font pas mal du tout…ça ne va pas durer, mais ça va jusque-là…Du calme…on ne laissera pas que ça dégénère !
 
Il aurait volontiers étranglé de ses mains cette clique d’affabulateurs bons à  rien, imbus de quelque droit tordu. Serrer les dents et freiner les élans meurtriers, et surpris en découvrant qu’il en allait de même pour sa compagne d’aventure.
Bataille de boules de neige qui se corsa quand un de la clique de ce salaud de Fishburne  changea la donne et lança un caillou camouflé qui atteignit un des jumeaux. À partir de cet instant, ça alla de mal en pire, même si Kieran se la jouait vaillamment en arme secrète. Mais la ruse ne tarda pas à être éventée.  Voir son fils se faire lapider était bien plus de ce qu’il pouvait supporter. Intervention classique  de balayage des troupes.  Un Repulso général laissa tout le monde à terre, à se demander ce qui leur tombait dessus.
 

ÇA SUFFIT !, gueula Marcus en faisant une apparition pleine de promesses, on devrait tous vous foutre au cachot !!! Je retiens vos noms, messieurs-dames…, il ne put s’empêcher de se pencher vers Kieran qui s’en était pris pour son grade, et pour toi, mon jeune ami  escorte spéciale , on réglera ça plus tard…, il lui appliqua un Episkey sur le sourcil meurtri, je pense que tu seras en colle jusqu’à la fin de l’année prochaine, je t’en donne ma parole !
 
Mitigé ? Contrit ? Affolé ? Pas le moins du monde. Kieran l’octroya d’un regard placide, amusé,  et d’un sourire ravi. Impossible de ne pas lui ébouriffer les cheveux en disant.
 
Tu sais que tu as des anges gardiens, non ?...Allez, à l’infirmerie avec Miss Kovatch…Anthéa si vous voulez bien, je vous charge de ce petit !
 

Kieran parti avec le prof de Potions, Marcus se retourna vers ceux qui restaient là. La Clique de Fishburne avait pris le large à la cinquième vitesse, ils ne perdaient rien pour attendre.
 
Alors, vous pensez qu’on doit vous féliciter ? Ce mioche-là n’aurait jamais dû se trouver là, mais disons que je comprends vos intentions…petit frère, petit cousin, vous avez voulu lui faire plaisir…et ça aurait pu très mal tourner…encore heureux qu’il ait un ange gardien pour veiller sur lui…Allez, la balade est finie pour vous,  droit devant, Nielsen…une de plus et je vous en colle une que vous n’oublierez pas !...De Brent, la ferme, suivez l’exemple de votre sœur…
 

IL s’amusa beaucoup à les voir marcher en parfaite formation, pour une fois assez sages comme pour éveiller son admiration.
 
*Faudra que j’essaye ça à la maison !*
 
Halloween.  Il gardait bon souvenir de ces festivités mais là, il fallait dire que Mme. La Directrice avait misé au triomphe pour épater son monde, et y avait réussi avec singulier éclat. Jamais Michael n’avait vécu une ambiance pareille. Tout y était.  Il y en avait pour tous les goûts. Pour timides et audacieux. Citrouilles folles, armures déjantées, tableaux plus bavards que d’habitude et puis ces terribles miroirs qui vous larguaient la centaine sans crier gare. Choc de se voir en petit vieillard chenu. Il passa de large et essaya de ne plus y penser alors que les plus jeunes se tordaient de rire.
Ses neveux ne faillirent pas et leurs farces furent le clou de la soirée.  Ambiance détendue, on s’amusait tous comme des fous. Élèves et professeurs par égal.
Et puis ça ! Un hurlement  trop poignant pour s’y méprendre brisa la magie hilare pour faire place à l’épouvante la plus classique.  Ça lui prit un instant réaliser la teneur, affreuse, de l’instant. Quelque part l’abruti de Jordan criait après les Nielsen, les croyant capables de pareille imposture.
Le Détraqueur  sembla un peu confus. Sans doute tant que vibrations heureuses autour de lui le mettaient mal à l’aise, mais il se reprit très vite, ayant identifié sa cible. Tous demeuraient tétanisés de terreur. Lui inclus. Une vague de froid sournois avait précédé  à cette atroce sensation de profonde misère qu’il avait si bien connue, jadis.
Question de secondes. L’exécrable créature se penchait déjà sur Kieran paralysé de terreur.
 
NON ! ÇA JAMAIS !!!SPERO PATRONUS !!!, hurla t’il en bondissant de sa place, imité à la seconde près par le reste du staff.
 
Le couguar argenté se perdit dans la mêlée de tous Patronus confondus visant  l’intrus qui se désagrégea en une volute grise. Michael crut qu’il allait se trouver mal, il aurait voulu courir vers son fils, le prendre dans ses bras, le rassurer, lui jurer que tout allait et irait bien, même s’il n’en savait fichtrement rien mais déjà Lucas et Cécile avaient rejoint leur frère l’entourant de leur amour indéfectible. Il aurait pu pleurer de gratitude en les voyant là, ensemble, serrés comme un poing, voyant Cécile donner du chocolat à son cadet avec une sollicitude de mère, tout en pleurant.
 
Kieran, Kieran ! Pardon ! J’aurais dû…  
 
Plus fort que lui, Michael avait rejoint le trio soudé. Il aurait voulu les étreindre tous trois, les emmener de là, mais dut se contenter de poser sa main sur l’épaule de sa fille, le plus rassurant possible.
 
Tout va bien…Vous ne pouviez rien faire, mon petit…ce n’était pas de votre ressort…pas encore ! Calmez-vous…*Je t’aime, ma puce…je t’aime tant !*…Cette chose ne reviendra plus, promis…restez ensemble si vous le voulez, je m’en charge…, il aurait donné n’importe quoi pour déposer un baiser sur son front mais se força à faire demi-tour et regagner la table du staff.
Anthéa était affreusement pâle, elle tremblait comme une feuille alors que Thélonius Jordan voulait à tout prix lui faire avaler sa tasse de chocolat.
 
Arrêtez de la brusquer, Jordan…elle va se calmer mais si vous lui criez dessus ça ne fera pas mieux, buvez plutôt votre chocolat, vous êtes vert comme une salade !
 
Et vous…vous avez l’air bien tranquille… vous avez l’habitude de ce genre de rencontre on dirait !
 

Je comprends que ça vous ai fichu la trouille mais de là à vous montrer plus idiot que vous ne l’êtes, franchement…Professeur de Sortilèges ! Un peu plus de maitrise ne nuirait pas…
 
Et l’autre d’en rajouter et lui de ne pas demeurer en reste, ça risquait de s’envenimer. Mc Go eut l’heur d’intervenir en les tançant comme à des  1ère Année. Avant de taper dans ses mains, en réclamant l’attention générale et déclarant  la fête bel et bien finie. Jordan boudait mais la belle Roswhita assurant qu’elle avait des palpitations terribles lui donna l’occasion de se dévouer.
Marcus put enfin se pencher sur Anthéa qui buvait finalement son chocolat d’à petits coups.
 
Drôle d’expérience, mais ça passe au bout d’un moment. Ça va mieux ?, question idiote vu son teint gris et ses yeux encore élargis de terreur, le petit va bien…Il va rester avec son frère, sœur, cousins et amis…sais pas ce que ça finira par donner, sans doute une belle pagaille mais ça leur fera passer le mauvais moment…Vous avez magnifiquement réagi…moi aussi ? Ma foi, impossible autrement…
 
Les élèves avaient fini de quitter la Grande Salle convoyés dans leurs quartiers par leurs  Préfets, le calme revenu McGo crut bon dire quelques mots.
 
Ce soir nous avons assisté à l’innommable.  Reste à se demander comment cela a été possible. L’École est parfaitement sécurisée, du mois nous en étions certains, pourtant cette abominable créature a trouvé son chemin vers nous pour s’en prendre à un innocent.
 

Innocent qui ne semble pas l’être tant que ça, si on pense à tout ce que…, commença à dire Thélonius.
 
Vous feriez décidément mieux de la fermer, ce soir !, gronda le prof de DCFM, vous vous égarez !
 
Et vous donc ? À vous entendre on croirait que vous êtes le père de celui qu’on dit bâtard d’on ne…
 
Il ne finit pas sa phrase, le poing de Marcus Wallace l’envoya voir les limbes de près.
 
Était-ce vraiment nécessaire ?, s’altéra McGo.
 
Ma foi, oui…il le méritait et je me sens beaucoup mieux. Vous avez raison, Mme. La Directrice, nous devons savoir de qui vient ce mauvais coup…Nous finirons par trouver, maintenant si  cela ne vous dérange pas, je pense qu’un peu d’air frais ne saurait nuire…cela vous tente, Anthéa ?
 
McGo mit un sourcil en accent circonflexe mais ce n’est pas cela qui gêna Marcus Wallace qui, sollicite, prenait sa collègue du bras et la conduisait vers la porte.
 
Je crois que cela me ferait aussi du…
, commença  à dire Roswhita en papillonnant des cils.
 
Vous restez là !, fulmina la Directrice, occupez-vous plutôt du professeur Jordan, un petit Revigor, cela vous dirait ? Déjà que vous n’êtes pas trop prompte à la réaction…faudrait vous y mettre  avec votre Patronus…Ma chère, je remarque tout !
 
Surgi de Merlin sait où Nemrod  rejoignit tranquillement  son maître qui escortait Miss Kovatch de qui il réclama un câlin en la percutant gentiment de sa grosse tête.
 
Faut l’excuser, il est un peu brute à ses heures…Oui, depuis un temps il évite de m’accompagner en cours ou dans la Grande Salle…on lui a joué pas mal de mauvais tours et c’est une âme sensible…en fait, c’est un gros trouillard…mais vous, ça va un peu mieux, non ?...Vous reprenez un peu de couleurs…

Qu’elle reprenne ou pas des couleurs, était relatif. Le teint de la miss étant pâle par nature, sans les taches de rousseur qui allaient habituellement avec, de quoi penser qu’elle utilisait quelque sort cosmétique. Mais Marcus se fichait comme d’une guigne de ces détails. La seule chose qui comptait en cet instant béni était sa présence,  près de lui.
Alix ? Sa vie d’avant ? À quoi bon y penser ! En ce moment Michael se sentait désincarné de lui-même. Il était Marcus. Sa femme, celle qu’il adorait, révérait, idolâtrait semblait l’avoir effacé de sa vie d’un coup, oubliées les années de pur bonheur et folle passion. Elle y avait mis un point final ou pas, mais point enfin le faisant se sentir presque comme un rebut de l’humanité. Cela lui faisait un mal terrible mais là, il ressentait le besoin absolu de vivre…de revivre en fait.
Anthéa le regardait comme on regarde un homme vivant, pas une dépouille du passé, elle réveillait en lui l’envie de séduire, de plaire, de sentir. IL reconnaissait le danger latent de la situation mais commençait à s’en balancer. Il avait envie de faire une dernière folie avant de sombrer dans l’enfer de l’oubli, d’une routine forcée où les mots ne se trouvent plus et les regards s’esquivent.
Un accio capes leur avait permis d’affronter le froid avec plaisir. Plus pour Anthéa qui semblait vraiment y prendre plaisir que pour lui qui décidément aimait le soleil des tropiques. La neige crissait sous leurs pas. La nuit était belle, tranquille, et sombre. Du bout de sa baguette, Marcus illumina le chemin. Il sentait le bras de Miss Kovatch fermement accroché au sien. Nemrod lui, trottinait allègrement autour d’eux, ravi de fouler la neige, dont il raffolait. Ils arrivèrent en silence au bord du lac. Elle frissonna.
 
Si vous voulez on rentre tout de suite…ah bon ? Pas froid…oui, c’est un peu sinistre, j’en conviens…la lune sur la baie de Naples c’est plus joli mais là…On est en Écosse, on fait avec…oui, ma famille est du coin…on est même prétendants au trône mais je doute que quelqu’un y pense trop de nos jours…mais je pense qu’on s’en fiche de ma famille, non ?...Ce que je veux dire, Anthéa est que …
 
Qu’allait-il dire> ? Quoiqu’il en soit, il le regretterait sans doute plus tard, quand la raison reviendrait. IL aurait mieux fait de s’enfermer chez lui, vider une bouteille de PurFeu et laisser le monde tourner sans lui mais au lieu de ça…
 
Vous me plaisez trop.  Je n’ai peut-être pas le droit de le dire mais c’est vrai…c’est peut-être absurde, mais peux rien en contre…C’est arrivé, c‘est tout…je ne débite pas ça à toutes les jolies femmes que je croise…croyez-moi…en fait…j’ai toujours été un mari fidèle et, je pense qu’un bon père…Oui, c’est ce que ça veut dire…je suis marié, j’ai des enfants…et suis absolument malheureux…
 
C’était le moment de se regarder dans les yeux et analyser à fond jusqu’où allait le mensonge. Elle semblait, apparemment, trouver un fond de bonne vérité dans son regard et il crut deviner un désarroi semblable dans le sien.
Pas un mot. Juste un silence velouté qui valait mille aveux ou aucun, au choix. Il lui suffit de se pencher, à peine, pour atteindre sa bouche et s’en emparer en un baiser fiévreux qui les souda pendant un instant parfait en communion exacte de leurs âmes, révélant ce qu’ils ne voulaient pas voir, ce qui aurait mieux valu ignorer pour survivre indemnes aux lendemains à venir.
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Re: Drôles de profs...

Message par Alix Blackstorm le Mer Nov 18 2015, 23:02

Comme il fallait s’y attendre, la fête d’Halloween fut raccourcie. Tout se passait si bien jusqu’à… Ce Cri ! En aucun cas, il ne pouvait s’agir d’une simulation. Et, à moins d’un hologramme, l’infecte apparition qui flottait était plus que réelle.  Le froid était réel, le désespoir qui s’empara de tous aussi.  Et cette chose immonde visait…
 

*Kieran, non,NOOON ! *
 

Crier ? Impossible ! Réagir oui !  Un mic-mac de formes argentées vola au secours de son fils adoré. Ensuite, ce fut une sorte de brouillard. Sciée en deux, vidée de substance, Anthéa encaissa très mal ce qui s’était produit. On avait attaqué SON fils ! On avait jeté cette horreur sur lui ! Les résultats étaient là cependant : aucune victime.  Elle n’enregistra qu’à peine le décours sauf que le beau Marcus avait été réconforter ses enfants ! SES enfants !
 

*Quelle mère affreuse… même pas fichue d’aller vers eux…*  
 

Kieran, Kieran avait failli se faire appliquer le baiser d’un détraqueur, rien d’autre n’entrait dans sa tête en pagaille.  Pourquoi Thélonius s’obstinait-il à lui fourrer  cette viscosité entre les lèvres.  Vaguement, elle eut conscience d’une légère altercation entre profs mais des mots la frappèrent :
 

 … le petit va bien… Il va rester avec son frère, sœur, cousins et amis   
 

Tiens, elle le buvait ce chocolat écoeurant. Cela la ranima assez pour suivre la courte réunion qui succéda à l’attaque.  
Rassemblé dans la salle derrière l’estrade, le staff écouta les commentaires de la directrice et y alla des siens.
 

*Mais merde, qu’est-ce qui se passe, là ?*
 

Encore sous le choc, elle capta des mots qui la glacèrent encore plus. Rêvait-elle ? Pas du tout. Le prof de sortilège venait de prononcer des mots, des mots si épouvantables à l’encontre de Kieran que si le poing de Marcus ne lui avait pas aplati le nez, une baguette furibonde l’aurait réduit en cendres. Comment osait-il… pourquoi ? Après un détraqueur, voilà que se révélaient au grand jour bien des choses…                
 

… je pense qu’un peu d’air frais ne saurait nuire…cela vous tente, Anthéa ?
 

Oh oui ! Il fallait qu’elle s’aère, reprenne ses esprits après tant de chaos. Nemrod suivit ? Elle le remarqua à peine tout comme la façon dont elle accrocha Marcus dans la ballade ni ce qu’il racontait ce prof si… présent à point nommé. Un grand frisson la prit alors qu’ils atteignaient une des rives du lac. 
Il dut se méprendre sur ce tressaillement et sur beaucoup d’autres trucs aussi.  
 

*La baie de Naples, hein ? Quoi l’Ecosse, sa famille ?*
 

Que racontait ce type ? Que faisaient-ils là d’abord ?
 

  Vous me plaisez trop...
 

C’était fou, dingue, irréel.  Des mots entraient mais se perdaient dans un labyrinthe de pensées contradictoires.
 

*Marié, père ?...*
 

Elle ne pigeait plus rien, rien d’autre que la très tangible chaleur de lèvres sur les siennes.  
Un bref instant, elle savoura un abandon aussi délicieux qu’irréfléchi. Les yeux clos, une courte remontée dans le temps…
 

*Michael…*  
 

Une sorte de décharge électrique la rejeta en arrière :
 

Marcus, non !  Vous… tu te méprends. Je ne suis pas… dans mon état normal.  Merci de ta sollicitude. Désolée mais je ne peux pas, JE NE PEUX PAS !  Tu… ne devrais pas non plus d’ailleurs. On… je dois… excuse-moi.   
 

Affreusement perturbée, abattue, elle courut droit vers le château.  
Un pur feu ? Non, trois – et encore – ne suffirent pas à la calmer.  Dans quel merdier s’était-elle foutue ? Marcus s’en remettrait mais elle ? Comment avait-elle pu déraper ainsi ? Si les hommes mariés se comportaient ainsi… Michael aussi pouvait…  
Cela ajouté au reste,  le choc du détraqueur, elle se sentait lavette. Elle ne chercha pas à s’analyser, s’autocritiquer de suite. L’alcool aidait à reprendre pied mais un réconfort plus concret était nécessaire. Vite : internet, skype, parler à Opal, voir Clara.
Elle attendit… longtemps. Une angoisse succédant à une autre, elle se risqua au GSM pour un triste fiasco identique.  Que se passait-il là-bas ?  
 

VORONDIL, ICI !
 

Le filleul apparut l’air encore pis que la veille.  Désolée pour lui, Alix avait besoin d’un exutoire immédiat. Elle attaqua :
 

Un détraqueur à Poudlard ?? Tu dormais ou quoi ? Il s’en est pris à Kieran, il aurait pu choisir un autre de mes enfants ! Tu sers à quoi, imbécile ?  
 

Vo… Vorondil confus… Il ne sait pas pourquoi chose pareille arriver. Il devait ( encore cette nouvelle manie de se torturer) veiller à – vlam – ne pas… et faire…
 

Vorondil, je t’aime beaucoup mais là, tu ne me sers vraiment à rien avec tes crises aberrantes. Mes enfants vont-ils bien oui ou non ?  
 

Oui, eux rirent maintenant. Maîtresse Cécile pleure encore mais maître… a consolé.
 

Ah, Lucas avait consolé sa sœur, tant mieux. Et Clara ? As-tu des nouvelles ? Tes parents devraient savoir, eux, non ?  
 

Mauvais… mauvaises choses… Puis Profs pas bons… (vlam)
 

Tu l’as déjà dit sans m’éclairer. Je dois me méfier de l’un d’eux, c’est ça ?
 

Plus mais Vorondil peut pas dire…
 

Fous le camp, tu es inutile dans cet état. Autant pour toi que pour moi. File.  
 

Au pur feu succéda une potion sans rêve. Dormir la remettrait sans doute sur pied.
Raté.
Tels en rembobinage vidéo, des faits repassèrent en boucle.
 

NON ! ÇA JAMAIS !!! …vous avez l’air bien tranquille… vous avez l’habitude de ce genre de rencontre on dirait ! …moi aussi ? Ma foi, impossible autrement… À vous entendre on croirait que vous êtes le père de celui qu’on dit bâtard d’on ne…  marié, j’ai des enfants…et suis absolument malheureux…   
 

L’aube la trouva aussi forte qu’après un passage à Azkaban.  Toutes ces idées débiles aboutissaient à un seul résultat qui l’anéantissait. Marcus était Michael !!! Oui, non, peut-être, non, oui… Elle ne petit-déjeuna pas, erra sans but ici ou là avant d’avancer  en flageolant vers le bureau de la directrice.
 

Elle qui voulait attaquer se surprit à obéir sans capter immédiatement de quoi causait une McGo au teint terne :
 

Asseyez-vous, très chère. C’est dur, affreux.
 

Kieran va bien, non ?
 

Oui, bien sûr ! J’ai planché sur la sécurité et il ne risquera rien pendant votre absence car, je suppose que vous allez y aller…
 

Là, Alix ratait une ou plusieurs cases. Aller où ?
 

Devant la tête qu’elle tirait, Minerva/Phénoména se mordit la lèvre :
 

Vous veniez me parler de Marcus, n’est-ce pas ? Laissons ça : l’Australie va mal.  
 

CLARA ? Il est arrivé quelque chose à Clara ?
 

Non ! Par bonheur, elle était chez ses grands-parents quand la chose est arrivée… Erik est en prison.
 

QUOI ???  
 

Un flot d’informations suivit. Opal disparue, Erik accusé peut-être de son meurtre... La folie ! 
 

Je vous signe un arrêt de travail à durée indéterminé. Allez…  
 

Pas besoin de se le faire dire deux fois. Une seule question jaillit cependant :
 

Michael… ?
 

Alix, voyons…   
 

Ok, ça voulait dire qu’il était aussi au courant ou allait l’être.  Merde, merde, merde ! Un portoloin, voilà la nuit australienne. 
Plongée dans l’obscurité d’un salon désert, Alix héla :
 

Clara ? Opal ? Erik ? Kementari ?
 

Seule cette dernière se matérialisa.   
Après des exhortations, un débit haché, Alix reçut un bref topo de la situation. De Michael pas de traces, ouf, bref répit.
Pas le temps de préparer quoique ce soit, elle dit :
 

Mr. De Brent va arriver. Vous savez la consigne. Je suis là, je n’y suis plus. Je file chez les McLane.  Opal, Opal, non, elle ne pouvait pas et Erik ne pouvait non plus.  
 

Se présenter échevelée chez les parents d’Opal, à cette heure ne la gêna pas en se matérialisant à leur porte.  On se connaissait... vaguement. Trop peu pour s’embrasser d’entrée, assez pour savoir qui était qui. La porte s’ouvrit aussitôt la frappe effectuée.
Carreen McLane était fermée, elle.
           
Mrs. McLane, je suis désolée de venir ainsi. Avez-vous des nouvelles ?
 

À part que ma fille a disparu à cause de votre beau-frère, aucune ! Qu’il croupisse en enfer s’il a osé lui faire du mal !  
 

Erik n’a certainement rien fait. Il adore Opal. Est-ce que ma fille est…
 

Où voudriez-vous qu’elle soit ? Elle dort à l’étage et n’escomptez pas l’emporter sous votre bras comme un paquet encombrant.  
 

C’est ma fille, et…
 

Repassez plus tard, c’est à elle que revient le dernier mot. Bonsoir.  
 

Plus que déprimée quoiqu’elle puisse comprendre cet accueil glacial, Alix fit machine arrière. Chez les Nielsen, la lumière brillait au grand salon. Les genoux d’Alix tremblèrent un peu en franchissant le seuil. Michael était là…
Elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait lui raconter, cela dépendrait beaucoup de lui. Il ne l’entendit pas entrer – ou se ficha qu’elle soit là – continuant le coup de fil qu’il donnait en marchant de long en large sous les yeux ahuris des elfes domestiques.  Sans un mot, elle gagna la table où un flacon de pur feu déjà bien entamé trônait. Avec des gestes posés, elle remplit le verre d’à côté et alla en prendre un autre dont elle but une rasade avant d’aller s’asseoir dans le divan. Selon le ton de Michael, il était furieux. S’adressait-il à un avocat, à un policier, quelqu’un d’autre ? Il tempêtait.  
Au passage près du verre, il le rafla sans accorder l’aumône d’un regard à celle qui pateinait.
Enfin, il coupa la communication mais resta planté au milieu du salon en lui tournant le dos.  Elle aurait préféré qu’il soit plus calme avant de l’affronter.  Elle demanda simplement :
 

Des nouvelles ?  
 

Sa question en réponse s’aboya, méchante.
 

J’allais te le faire savoir, et non je n’étais pas au courant car je n’étais pas ici quand cela s’est passé... quelle importance, où j’étais ? Qui s’en soucie ? Clara va bien, elle est chez les McLane, vu les circonstances c’est le mieux.
 

Elle avait envie de lui hurler la vérité à la figure. Le connaissant, il n’aurait rien compris du tout.  Dans un sens, s’il était Marcus, il était aussi coupable qu’elle mais l’était-il ?
Là, il vitupérait à son encontre… Normal.  Mais il lui balança un truc tellement de ouf, qu’elle hésita à éclater de rire ou de fureur.  
 

Mettons les choses au clair, jeta-t-elle froidement, en réussissant l’exploit de maîtriser ses nerfs si rudement secoués :
 

Primo, je n’ai pas d’amant. Tu as raison de croire que je t’ai menti en disant venir me reposer ici. J’ai mis Opal dans la confidence et Clara était beaucoup mieux ici qu’avec moi. J’ai été en contact quotidien avec elle, suis passée de nombreuses fois *En éclair * Tout m’a semblé normal dans ce foyer, je n’ai eu aucun indice d’un drame quelconque… me diras-tu ou pas ce que tu as appris pour autant que tu aies appris quelque chose sur cette embrouille entre Opal et Erick ? …
 

Ah, il voulait savoir surtout ce qu’elle, elle fabriquait.  Un mensonge de plus ? Il le fallait, hélas. Alix préféra une demi-vérité :
 

Je joue la protectrice sous couverture dans un milieu très dangereux.  
 

Pourquoi demanda-t-il pourquoi ?  
 

Parce que dans la vie, on ne fait pas ce que l’on veut ! J’ai accepté cette mission parce qu’elle m’a semblé importante et que l’on ne m’a pas trop laissé le choix !  Toi, tu joues aux espions ou à Dieu sait quoi à longueur de temps et moi, bien sûr, pendant ce temps je devrais me contenter de veiller sur 4 anges, leur faire la tambouille, les aider dans les devoirs, ça c’est »normal », non ?  
 

Le ton monta d’un cran.
 

…Oui, oh bien sûr, j’ai des elfes pour les tâches ingrates pendant que monsieur, lui… ? Tu vas à la pêche ? J’ai jamais vu la couleur d’un de tes poissons à la maison !...
 

Il avait raison, elle détestait étriper ces bestioles, mais cela ne justifiait aucunement ses absences répétitives de chez eux depuis de longs mois. Une autre saillie, la fit attaquer :
 

Ah bon ? Tu t’éloignes parce que tu ne te sens pas désiré à la maison ??  Je te signale que quand j’ai dit venir me reposer ici, tu n’as absolument manifesté aucun geste de retenue envers moi et Clara ! Sinon, t’ai-je jamais refusé un lit, un divan,  le transat de la piscine, le table de la cuisine ou quelque autre endroit farfelu où tes plaisirs se satisfont ?  Clara a été un accident dont j’assume la responsabilité et, depuis, TU ME FAIS PEUR MICHAEL ! C’est pour ça que je t’ai NON PAS rejeté mais distancé.  Est-ce si dur à piger ?? J’ai 46 ans, nom de Dieu ! Un âge où les folies sexuelles s’atténuent chez la femme !! Peut-être pas chez toutes, grand bien leur fasse. Chez moi, c’est le cas. Tu es un très beau poireau, mais un poireau quand même. Ou, si je voulais être crue, je dirais que tu penses trop avec ta queue. J’ai besoin d’autre chose que de craindre d’être renversée à tout bout de champ, même si c’est souvent très plaisant ! Pas que je ne te désire plus, sois frigide ou autre idiotie. Il est des trucs plus important que ça comme, pour l’heure, LES NIELSEN !    
 

Message encaissé ou pas, le fait est que Mr. De Brent retomba sur ses pieds en consentant enfin quelques informations.  
Peu de choses car personne ne savait grand-chose. L’avocat d’Erik soutenait que celui-ci tombait des nues avec son arrestation, la disparition d’Opal. Il y aurait eu des traces de luttes dans un cottage voisin, du sang…
 

On ne peut rien faire à cette heure, soupira-t-elle. Nous irons le voir demain matin, si on nous y autorise. Bonne nuit, mon chéri.
 

Elle savait qu’il ne la rejoindrait pas. Un bien, un mal ? Si l’aspect physique d’une relation lui tenait tant à cœur, ben, tant pis. Il se consolait sûrement déjà ailleurs, et alors ? Tant qu’elle n’en savait rien et qu’il partageait sa vie…  S’il avait été Marcus… Idée idiote. Elle haussa les épaules en essayant de se concentrer sur l’énigme actuelle en faisant sa toilette. Qu’est-ce qui aurait pu pousser Opal à foutre le camp ? Ils s’entendaient magnifiquement depuis des lustres, avaient vécu pis que pendre en restant soudés, alors… ? Tel un commutateur se pousse, la lumière perça. Non, non ! C’était débile ! Quoique…  La révélation suspendit sa brosse à cheveux qu’elle portait très courts à présent.
 

*C’est très possible !!*
 

Paf, elle n’en redressa pas moins les bretelles de son déshabillé pour bondir vers la chambre voisine où elle déboula sans frapper :
 

Michael ! Erik a une maîtresse !
 

Belle entrée et sortie, il n’était pas là. Cavalcade dans l’escalier, salon éclairé mais vide.
 

*T’es où ??*
 

Loin, derrière l’habitation, une lumière brillait. Tel un papillon de nuit, elle courut, attirée, pieds nus.  Porte ouverte à la volée, elle lui tomba quasi dessus vu l’étroitesse des lieux.
  

Michael, je crois que… Par… pardon de surgir ainsi. Je pensais que tu inspectais les lieux. Je vois que tu as trouvé…  *La salope responsable de tout !* l’amie d’Erik.  
 

Il était assis face à une belle, très belle plante blonde avec qui il discutait… amicalement.  
 

Bonsoir, je suis l’épouse du monsieur ici présent, ça vous ennuie si je vous l’emprunte quelques minutes ?  
 

Sauf que le légitime ne sembla pas disposé à lui accorder un nouvel entretien.
 

Comme tu veux, Michael. Pardon encore d’avoir dérangé. Au fait, je pensais que tu les préférais rousses les jeunettes. Bonne nuit !
 

Gaffé, pas gaffé, tant pis ! Une seule chose comptait pour l’heure : dormir !
 

Longtemps elle rumina.  
 

Les elfes, sans ordres directs, ça donne n’importe quoi. Pas de petit-déjeuner, rien de prêt.  Vite, elle concocta un truc pour deux puis avisa le PC pendant que sa pâte reposait. Enfin, elle put s’informer de ce que la presse locale narrait de l’affaire. Pas… joli, joli, rien de concret non plus.
Michal se pointa mitigé. Il s’installa, bouffa ses gaufres en marmonnant des trucs : 
 

… ok.
 

Il fallait être à l’audience dans les deux heures.  
 

Michael, pour hier, je voulais te dire…
 

Le regard qu’il lui lança lui coupa la chique. Le couperet sur sa nuque n’aurait pas mieux agi. Elle l’avait perdu.  Buvant son café comme de la cigüe, elle admit pour elle-même :


*Tu ne l’as pas voulu mais si c’est ainsi…*

 

Distants, ils se rendirent au tribunal. Impossible malgré les ficelles tirées par Michael d’avoir deux minutes avec le prévenu.  

Trois coups de maillets plus tard, le juge annula toutes les charges.

 

Condoléances, Mr. Nielsen.

 

La foudre frappait ?

Erik était lavé de tous soupçons par un témoignage de derrière les fagots et l’avion qui emportait Opal McLane loin de son époux infidèle venait de se crasher…            
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Re: Drôles de profs...

Message par Michael De Brent le Mer Nov 18 2015, 23:50

Et bien sûr, il s’y était pris comme un pris comme un pied. Comme le plus absolu des imbéciles ! Défaillance mentale ? Oui, pourquoi pas ? On pouvait invoquer n’importe quoi, cela revenait du tout au même. Qu’est ce qui lui avait pris ? Juste en ce moment ? Alors qu’ils étaient tous deux dépassés par les évènements…
 
*T’es un idiot perdu !*
 
Miss Kovatch avait fui. Le contraire aurait été bien étonnant. Au moins elle ne lui avait pas fichu une baffe. À remarquer qu’il l’aurait largement méritée…ou peut-être pas ? La réaction de la belle à ce baiser lui donnait de quoi réfléchir. Elle ne s’y était pas refusée, au contraire. Pour l’espace de quelques secondes cela avait été parfait. Merveilleux, idéal…comme avec Alix !
Oui, comme avec Alix !
 
*T’es foutu…tu l’as dans la peau, ta femme…tu embrasses une rousse superbe et ne penses qu’à elle…pourtant…et si…*
 
Et si ? L’intérêt de Miss Kovatch pour Kieran n’était pas feint. Il avait perçu sa profonde détresse, aussi authentique que la sienne. Si elle n’avait pas réagi par la suite ce n’était pas de l’indifférence…elle était tout simplement paralysée de terreur, comme presque tout le monde d’ailleurs.
 
*Mais elle veille sur Kieran…tout comme toi…et chaque fois qu’elle le regarde…C’est pas vrai… et si Anthéa était Alix ?…Tu divagues, mon vieux…tu prends tes désirs pour des vérités…mais…et si ?!*
 
Abattu, tracassé, chamboulé, confus. Michael/Marcus ne s’en sortait pas. Il siffla Nemrod qui pour une fois obéit au quart de tour et ensemble ils rentrèrent au château.
Dormir ? Qui y pensait ? Pas lui, en tout cas ! Visionner les vidéos de la soirée l’occupa un fameux moment. Il voulait surtout repasser l’instant où les Patronus étaient entrés en jeu mais par un malheureux hasard la scène était brouillée. Très, terriblement brouillée. Impossible de distinguer un Patronus d’un autre. On n’avait qu’un éclat de lumière en mouvement…
Nuit misérable.  Essayer de se soûler n’avait pas été la meilleure solution. Nemrod, qui n’avait pourtant rien bu, s’avéra inquiet, dérangeant, tant et si bien que vers six heures du matin il réussit à éjecter son maître de son lit ce qui ne le mit pas de la meilleure humeur. Il était là, à envoyer son chien au diable quand des coups discrets furent frappés à sa porte.
Il ne pouvait pas s’imaginer Anthéa venue lui donner quelque explication ni Thelonius demandant satisfaction…Il resta de toute façon d’une pièce en découvrant Minerva/ Phénoména sur le pas de sa porte.
 
Vous ne m’apportez pas mon café, n’est-ce pas ?
 
Je suis désolée, mais non…je n’y ai pas pensé…J’ai des mauvaises nouvelles, Michael !
 
Mes enfants ???...Kieran…il…
 
Non pas eux, rassure- vous…c’est votre frère…,le voyant prêt à répliquer elle leva la main et le poussa doucement pour entrer dans la chambre, il s’est passé quelque chose en Australie…quelque chose d’affreux…
 
Et pour affreux, ça l’était ! Une dispute de ménage qui aurait mal tourné. Opal avait disparu, Erik était en prison, écroué comme principal coupable.
 
C’est absurde…ridicule…mon frère ne ferait jamais un truc pareil !!! IL adore sa femme !!! Je dois le voir…là, maintenant !
 
Larry Jenkins, lieutenant de police, eut du mal à contenir ce grand gars hors de lui qui insistait pour voir le suspect N°1 dans ce cas de violence domestique et disparition.
 
Impossible, monsieur…peu importe qui vous soyez !
 
Larry ne sut jamais avoir été si près de se prendre un mauvais sortilège. Moyennant une bonne maitrise de soi, Michael parvint à se  calmer et demander des détails sur l’affaire en cours.
 
Mme. Nielsen a disparu…on sait qu’il y a eu une dispute…des traces de sang dans le cottage…le Dr. Nielsen est…
 
Le seul coupable que vous ayez sous la main !
 
Le policier lui ayant fait remarquer qu’entre autres il était plutôt tard pour entreprendre quoi que ce soit, Michael n’eut d’autre recours que regagner les lieux du soi-disant crime, avec l’espoir d’y retrouver sa femme, qui, soi-disant aurait dû s’y trouver. Or d’Alix, pas de trace. Pas plus que de sa petite Clara !
Kémentari et Dimrost furent les seuls capables d’apporter une certaine lumière dans la confusion régnante.  Même, si en fin de comptes, ils ne savaient que trois fois rien.
 
Maitresse Opaline triste, ça oui… Elle voulait parler à Maître Erik…puis Kémentari ne sait plus…et Dimrost non plus !...Après…grand boucan, Maître revenu…police avec…Nous, grande confusion…Mauvaise sorcière ici…pas de doute…Kémentari sait…
 
Et Alix ? Où était Alix ?
 
Regard mitigé entre les elfes. Ce fut encore Kémentari qui prit la parole.
 
Là…pas là…des fois oui, des fois non !
 
Ça et ne rien dire revenait à peu près au même, il dut s’en contenter, surtout qu’après une inspection rigoureuse rien ne laissait supposer que sa femme chérie ait  jamais résidé là.
 
*Elle m’a menti de bout à bout… j’aurais dû y penser le jour de la rentrée… « ai besoin de repos.. » et quoi plus ! Elle te quittait…et toi, pauvre con…*
 
Au moins, il savait que Clara et Caroline se trouvaient chez les McLane et ignoraient tout du drame en cours. Contacter l’avocat de son frère, le chef de police, le gouverneur tant qu’à faire arriva à la distraire alors que son cœur battait, déréglé et qu’il se sentait de plus en plus mal. Et puis, elle fut là !
Pas besoin de l’entendre parler, il le devinait. Il la sentait. Nerveuse, un peu affolée aussi. Il fit semblant  de l’ignorer et continua de gueuler au téléphone.
Conversation finie, il resta un moment à se demande que faire, Il avait peur. Oui, peur de se retourner, de l’affronter, de l’entendre dire ce qu’il craignait tant.
 
Des nouvelles ?  
 
Profonde inspiration, Courage. Il se retourna.
 
Et tu  me demandes ça !?...Des nouvelles ? Pardi que j’en ai des nouvelles…Nouvelles que tu aurais pu me donner…mais bien sûr, t’étais pas là…t’as jamais été là…

 
Bien sûr elle se défendit. À sa façon. Lui, perdait la tête.
 
C’est quoi à la fin ? Tu as un amant !? Ça te sied mieux que jouer aux mamans ??? Tu fous tout en l’air…les gosses…moi…*Surtout toi…ça fait mal…ça fait trop mal !*

 
Primo, je n’ai pas d’amant…


Le reste importait si peu.  Le monde pouvait tourner à l’envers si l’envie lui en prenait. Alix n’avait pas d’amant. Tout espoir était permis. Soit, ce qu’elle avait dit ensuite n’était pas dénué d’importance. Tout semblait aller bien entre Erik et Opal. Rien ne laissait prévoir une issue fatale.
 
Ok…c’est bon pour moi…mais ça ne me dit pas ce que tu fichais pendant tout ce temps ?

 
IL réclamait des explications et ce fut lui qui se trouva en train d’en donner. Et ce ne fut pas facile. En fait, cela tournait à l’aigre. Ce fut du tout et du n’importe quoi.
 
Je joue la protectrice sous couverture dans un milieu très dangereux.  
 
*Pitié…elle a infiltré la Mafia !*
 
 Le reste fut loin d’être agréable.
 
Toi, tu joues aux espions ou à Dieu sait quoi à longueur de temps et moi, bien sûr, pendant ce temps je devrais me contenter de veiller sur 4 anges, leur faire la tambouille, les aider dans les devoirs, ça c’est »normal », non ?
 
*Ah bon ? Si moche que ça !?  L’avoir dit, non ?...Tu parles pas, je comprends rien…tu me tournes le dos, je comprends moins encore…et puis si ça t’intéresse…je vais à la pêche !
 
Elle s’en fichait de ses poissons. De ses raisons. D’après elle, il avait tout de travers. Il aurait pu s’en douter,  mais le superbe laïus qui s’en suivit pour compléter la session le priva presque de toute parole.
 
TU ME FAIS PEUR MICHAEL ! C’est pour ça que je t’ai non pas rejeté mais distancé.  Est-ce si dur à piger ?? J’ai 46 ans, nom de Dieu ! Un âge où les folies sexuelles s’atténuent chez la femme !!  Tu es un très beau poireau, mais un poireau quand même !!  Mais, dis-moi, on fait quoi, là à se disputer pour rien alors que l’on ignore tout des Nielsen ??  

 
*Ah bon ? Ah bon !?…Ah Bon !!!?*
 
Fallait reprendre du poil de la bête. Retomber dans la triste réalité qui les occupait, même si son esprit hurlait après un mot…rien qu’un seul qui put le rassurer.
Et la suite fut faite de la même étoffe du bon cauchemar…quand c’est le cas, c’est bien le cas !
Alix partie en coup de vent, sans opportunité d’en placer une, il quitta la maison, cherchant quelque chose sans trop savoir quoi. Il ne trouva pas le quoi mais plutôt le qui…et il fallait dire qu’il ne manquait pas de charme, ce qui-là !
 
Je suis Petra Larsson, amie d’Erik…
 
*Merde…voilà qui explique pas mal de choses !*
 
La jolie suédoise avait pas mal à raconter. Il écouta d’une ouïe attentive, n’en croyant que la moitié mais se montrant aussi fasciné que possible…et ça dura ce que ça dura…c’est-à-dire jusqu’à ce que sa merveilleuse Alix ne fasse irruption...et casse l’ambiance.
 
Michael, je crois que… Par… pardon de surgir ainsi. Je pensais que tu inspectais les lieux. Je vois que tu as trouvé…  l’amie d’Erik.  
 
Bon Dieu qu’elle était belle…et combien il s’en voulut de l’envoyer se faire voir ailleurs alors que la seule chose qu’il désirait était le retenir et l’embrasser à en perdre haleine !
 
Comme tu veux, Michael. Pardon encore d’avoir dérangé. Au fait, je pensais que tu les préférais rousses, les jeunettes. Bonne nuit !

 
*HEIN !?...Mais…c’est pas vrai…c’est elle !!!*
 
Un problème, Michael ?, s’enquérait Petra d’une voix trop douce pour être de bon aloi.
 
Vois pas lequel, mentit il allègrement, une femme hystérique…, soupir théâtral, mais tu connais ça, non ?...Opal n’a jamais été du genre facile à vivre !
 
Mais la vipère se content de hausser les épaules, et sourire, engageante, sûre de son petit effet, sauf que Michael n’était pas du tout d’esprit à se laisser convaincre si facilement…ni difficilement, en fait d’aucune façon qui soit !
 
Tu perds ton temps, ma belle…Tu as tourné mon frère en bourrique et fait disparaître ma belle-sœur, de ça, j’en suis sûr…comment tu t’y es prise, on finira bien par trouver mais laisse-moi  te dire une chose…là, tu es vraiment dans le pire pétrin de ta vie !
 
Elle eut un hoquet de surprise, les yeux soudain élargis de terreur mais n’eut pas le temps de s’étendre sur sa misère, d’un geste plein de hargne, Michael venait de la stupéfixer.
 
Tu n’iras nulle part comme ça, harpie ! Mais avant de te faire disparaître, tu vas bien faire les choses !
 
Ce qui devait être fait fut fait, rapidement, sans hésitation. Ce n’est qu’alors que Michael regagna la maison des Nielsen, plongée dans un silence oppressant.
Rejoindre Alix ? Il ne rêvait que de ça mais comprenait que le moment n’était pas le mieux choisi. Il faudrait trouver l’instant idéal et parler…parler…parler…
 
*Ouais, tu veux rire…parler ? Elle ne rêve que de te tenir à distance…ou pas ?*
 
Au lieu d’aller chercher une conciliation incertaine, Michael  préféra  squatter le bureau de son frère. Erik n’était décidément pas le plus ordonné des hommes, en ça ils se ressemblaient…comme en tant d’autres choses. Il ne trouva rien qui pourrait l’éclairer sur l’état des faits. Quelque part, entre fatigue et angoisse, il s’endormit, le nez dans une liasse de papiers sans importance.
Tôt le matin, on reprit le fil de l’histoire. Alix avait préparé des gaufres, qui lui surent à carton parce qu’il n’avait ni appétit ni cœur à apprécier un quelconque talent culinaire.
 
On doit y être dans deux heures…à l’audience ! Ben oui, sont prévenus, tu t’en doutes…et pas heureux du tout…pas évident de les avoir sur le dos, les McLane !

 
La suite fut aussi inattendue que tragique. Opal n’avait, décidément pas été tuée par Erik, elle avait choisi la fuite  et pris un avion en destination Bali.
 
*Ça ne lui ressemble pas du tout…Opal remontée ferait d’abord la peau de son mari avant de penser à voir ailleurs…*

 
Mais bien entendu, ce n’était pas tout. L’avion en question s’était crashé dans l’océan Indien. Opal McLane se trouvait dans la liste des disparus. Erik, était, évidemment disculpé de tout. Michael arriva juste à temps, auprès de lui, pour le retenir quand il s’effondrait.
Douloureux retour.  Erik en état d’épave, perdu au fond de son délire.  Pour lui, Opal ne pouvait pas être morte, il le savait, le sentait. Et Michael le comprenait. S’il s’était agi d’Alix, il aurait réagi de façon identique.
 
On va la retrouver…si elle est vivante, on va la retrouver !
 
Mais ce n’étaient que des mots. Impossible de percer ce désespoir obstiné. Cela viendrait après, peut-être. En attendant, on avait allongé Erik dans sa chambre.
 
Il dormira quelques heures, ça lui fera du bien…*Ouais, pour retomber en plein cauchemar juste après !*…Viens Alix…nous devons parler… C’est sur la fille, hier soir…c’est elle qui a tout orchestré et non elle n’était pas la maîtresse d’Erik, même si ça lui aurait beaucoup plu…une belle intrigante doublée d’une sorcière plutôt douée…Elle a lancé un Impero sur Opal , l’a mise pratiquement dans l’avion…la malchance a fait le reste…Non, elle n’est plus, m’en suis chargé…Non, je ne l’ai pas tuée et fait disparaître…après qu’elle ait signé sa déclaration auprès de Moldus, je l’ai remise en mains des autorités sorcières australiennes, elles sauront qu’en faire !...Non, je ne voulais pas qu’Erik la voie, encore moins après ça…qu’est-ce que tu crois qu’il ferait ?...Et pas envie de revoir mon frère en taule pour meurtre !
 
Vaillante conversation, la leur. Pourquoi ne pouvaient-ils pas exprimer librement ce qu’ils sentaient ? Reconnaitre le chagrin qui leur broyait l’âme ? Finalement, après une brève pression aux mains glacées d’Alix, il préféra vider les lieux et aller veiller le sommeil d’Erik.
Triste retour à la réalité. Au début, son pauvre frère voulait croire à un simple cauchemar. Il rigolait même.
 
 Opaline, j’ai fait un rêve débile !!! Tu étais morte, et…
 
Michael aurait pu en pleurer. Il parla, essaya de le faire en tout cas alors que son frère hurlait comme un fou, se refusant à donner foi à ses paroles. L’arrivée d’Alix avec une de ses potions mit fin à la crise.
 
Ça me brise le cœur…je sais ce qu’il ressent parce que je deviendrais aussi fou que lui s’il t’arrivait quelque chose…tu es la seule femme que j’aie aimée et aimerai jamais…, il lui flatta doucement la joue avant de lui effleurer les lèvres d’un baiser très bref, maintenant si tu veux bien…unissons nos forces pour essayer de voir clair dans cette histoire !
 
Ils se comprenaient au demi-mot.  Selon les dernières nouvelles du crash, il y avait des survivants. Hélas Opal ne se trouvait pas entre eux. D’autre part bon nombre de corps n’avaient pas encore été récupérés.  Ils envoyèrent leurs Patronus, au nom de l’espoir.
 
Attendons, on ne peut rien faire d’autre ! Par contre je voudrais bien aller Clara…Ah bon, Carreen est remontée et à moitié folle aussi…on peut la comprendre mais  Clara n’en demeura pas moins notre fille…Oui, tu as raison, vaut mieux ne pas brusquer les choses avant de…savoir !

 
Et ce qu’ils surent ne fut pas pour amoindrir leur abattement. Le cougouar et la panthère rentrèrent avec d’identiques nouvelles. Pas de trace d’Opal, vivante ou morte.
 
C’est impossible…elle doit être quelque part à moins bien sûr que…
 
Potion par ci, sortilège par-là, Erik fut plus calme pour écouter ce qu’ils avaient à dire. Pas grand-chose en fin de comptes et, comme on pouvait s’y attendre sa réaction fut de pleurer à leur en briser le cœur et faire l’effort de ne pas l’imiter, quand, sans préavis, il devint pratiquement fou et n’admit aucune explication.
Il avait tout bon, mine de rien. Crash, survivants, corps manquants.
 
On l’a cherchée, Erik, crois-moi on a tout fait…
 
 Il n’admettait rien. Dans sa folle douleur, il lui en prit pour fouiller la maison de fond en comble.
 
C’est ça que tu cherches ? …Elle était dans ton bureau…Erik, je sais que…
 
Ignorant ce qu’il allait dire, Erik lança son patronus. Michael soupira tandis qu’Alix plus pratique leur demandait de passer à table.  Soudain parfaitement calme et lucide, le Dr. Nielsen  s’adonna au plaisir de la bonne table.
 
*Dis donc, il perd pas son appétit, celui-là…il est si sûr de son coup…ce ne sera que pire après !*
 
 On le rassura quant à ses enfants, qui ne savaient encore rien mais connaissant leur perspicacité ils finiraient bien par mettre le doigt dessus. Mais de ça, on n’en parla pas. S’en suivirent des heures de répit alors qu’Erik dormait.
 
Ce n’est que partie remise…Il ne comprend pas ou ne veut pas comprendre…mais dès que son Patronus reviendra, il ne pourra que s’y faire…
 
Il ne se trompait pas. Erik revient à la charge, balayant ses arguments. La possibilité de son Opaline détenue dans un lieu incartable lui donna des ailes. Pour lui, tous les espoirs étaient permis. Il acceptait presque qu’elle le quitte mais jamais qu’elle soit morte.
 
Il va faire une folie, annonça Michael, l’air sombre alors que son frère l’avait largué pour aller s’enfermer dans sa chambre, non pas de suicide, voyons…je le connais…
 
Encore cette fois, il ne se trompa pas. Après une nuit d’angoisse, partagée, cette fois, Alix et lui s’étaient réveillés avec un mauvais pressentiment. Course folle, Michael défonça la porte de la chambre des Nielsen et lança un juron en découvrant le mot laissé bien en évidence :
 
"Opal est vivante. Je vais la chercher. Prends soin de ma fille, tu es son tuteur en cas de défaut parental. Merci pour tout. À bientôt."
 
Accablé, Michael s’assit sur le lit défait.
 
Il est parti…et rien ne le fera revenir avant qu’il n’ait épuisé tout recours…je ferais la même chose…Non, ma douce, on ne va pas lui courir après…ça ne servirait à rien !...Je me sens si stupide et impuissant…, il ne se rendit même pas compte d’être en train de pleurer  le visage enfoui dans les plis de la robe d’Alix qui, après un instant d’hésitation se mit à caresser ses cheveux, d’un geste plus maternel qu’autre chose.
 
Sombrer dans le désespoir ne mènerait à rien.  La vie continuait malgré tout. Donner la nouvelle au clan McLane en plein ne fut pas facile. Michael aurait presque préféré affronter Voldemort et ses sbires que faire face à cette famille éprouvée.
 
Non seulement nous perdons Opal…maintenant vous venez nous prendre Caro !!!, se déchaîna Carreen, jamais de la vie…vous m’entendez !
 
Je ne veux rien vous prendre, croyez-moi…c’est le désir de mon frère !
 
Oh oui, votre fameux frère…qui fiche le camp…au lieu de…au lieu de…
 
De quoi, Carreen ? De rester ici à traîner sa misère ?...Erik n’est pas un lâche…il court après l’espoir, qui pourrait lui en vouloir pour ça ? Et s’il y a bien quelqu’un qui puisse retrouver Opal, c’est bien lui !
 
Oncle Michael…tu es venu !
 
Arrêt sur image. Caroline Nielsen se trouvait sur le seuil, souriant ravie. Tenant Clara de la main.
 
C’est pour Maman que tu es là ?
 
Les adultes réunis échangèrent un regard panique mais la petite poursuivit comme si rien.
 
Je sais que Maman est partie…mais elle va bien…c’est Kieran qui l’a dit.
 
Oui, c’est Kieran…il sait tout, tu sais, Papa…ce sont Matt et Nick qui nous l’ont dit !
 
S’en suivit une histoire de message téléphonique qui laissa tout le monde pantois.
 
*Pitié, ces gosses sont plus rapides que les Service Secrets !*…Et depuis quand avez-vous un téléphone ?
 
Et les petites d’exhiber deux petits téléphones portables.
 
C’est Nick qui nous les a filés…, assura Caro, apparemment très fière de son frère, et il m’a dit de faire ce que tu dirais de faire, oncle Michael…et puis j’aime bien être avec Clara…Faites pas cette tête…Vous allez voir, Maman reviendra, Papa aussi…et tout ira bien !
 
Poudlard, trois jours plus tard.
McGo regarda Michael comme s’il venait de proférer une ineptie de taille.
 
Mais vous n’y pensez pas…deux enfants de 8 ans, ici ! Vous avez perdu la tête…
 
Pas le moins du monde…Vous voulez avoir de retour votre prof de DCFM ? Ben faudra me filer un sacré coup de main…Alix ? Euh, elle est occupée ailleurs…
 
D’abord, vous me demandez de m’occuper de votre chien et maintenant…
 
De ma fille et ma nièce…vous ne regretterez rien, elles sont adorables ! *Oui, comme une tornade avec de la suite dans les idées !*…En plus, surtout à Caro, ça lui fera du bien d’être avec ses frères…*Prélude de joyeux désastres mais enfin !*…
 
Se séparer à nouveau d’Alix lui seyait mal surtout avec le certain rapprochement auquel elle avait consenti, quoique ce n’était pas pour autant qu’elle avait livré ses secrets.  À la guerre comme à la guerre…
Marcus Wallace reprit ses fonctions, retrouva son chien, admirablement obéissant  et ses élèves curieux de savoir où il était passé.
 
Vous vous êtes marié avec Miss Kovatch ?, voulut savoir un 1ère année plus déluré que les autres, parce que comme vous avez disparu en même temps…on se demandait…

 
Fermez la, Parsons, essayez plutôt de vous intéresser au cours !

 
Et par la même occasion de remarquer que son fils Kieran, au deuxième rang, rigolait en douce. Il opta pour passer outre mais pas à dire, il s’en posait des questions.
Il croisa Miss Kovatch dans la salle de Professeurs. Échange poli. On se donna des nouvelles qui sonnaient, à son avis, comme des jolis mensonges. L’ineffable Thélonius ne le rata pas, encore remonté contre lui qui lui avait cassé la figure. Marcus l’ignora de son mieux et évita de justesse une rencontre avec le prof d’Études des Moldus.
 
Il marchait, l’air distrait quand une petite main se glissa dans la sienne. Surpris il se pencha vers l’enfant blonde qui lui souriait. Clara.
 
Tiens, t’es pas un peu petite pour être ici, toi ?
 
Elle sourit avec plus d’entrain encore avant de s’élever sur la pointe des pieds pour murmurer en ton de confidence.
 
Tu sais bien qui je suis…et je sais aussi qui tu es…mais on fait semblant, ok , Papa ?
 
Inutile de dire qu’il faillit tomber à la renverse.
 
Mais…
 
Elle porta l’index à ses lèvres.
 
C’est un secret…je ne dis rien !
 
Et de s’en aller en sautillant toute joyeuse alors qu’il restait là comme frappé par la foudre…
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Re: Drôles de profs...

Message par Alix Blackstorm le Sam Nov 28 2015, 20:09

Soupirer… Que faire d’autre ? La situation était tellement… triste, sur bien des plans, en sus.  Pour de multiples raisons Alix culpabilisait, ce qui la minait. D’abord Kieran… 11 Ans de tracas, ça use, et cela ne faisait que commencer, apparemment. L’ « abandonner » à Poudlard alors qu’un détraqueur rodait ou que, du moins, quelqu’un lui voulait du mal, était un crève-cœur. Clara était une autre source de souci sauf qu’’Alix la pensait en sécurité, elle en tout cas. Puis il y avait Opal dont on ne pouvait qu’accréditer le triste sort. Dans la foulée Erik ne valait guère mieux. Avait-il fauté ou pas, là n’était pas la question. Il s’était laissé embobiner et en subissait les effroyables conséquences imprévisibles.  Son désarroi, son semblant de folie faisait peine à voir.  En pleine phase de déni du deuil qui frappait, succéderait la colère.  Heureusement, Alix ne se déplaçait jamais sans un attirail d’ingrédients divers.  Grâce à l’appui de Michael, la grosse crise sembla évitée un moment.  
Michael…  
Là était son plus gros problème, sa croix. Avait-il compris ? Pas sûr, quoique…
Ce dont elle était quasi certaine c’est que son attraction pour Marcus Wallace portait sa signature à lui, Michael, son amour. Sinon, comment expliquer ça ? Pas elle du tout de se laisser embrasser ainsi ! Mais s’il était bien Marcus, pourquoi ne l’avouait-il pas ???
 
*Tu ne lui as rien avoué non plus, idiote !*
 
Elle avait essayé, lui avait lancé suffisamment d’hameçons pour que…
Enfin, son pauvre chéri était tellement affligé par la mort d’Opal et les réactions d’Erik que ceci expliquait peut-être cela ? Pourtant, elle avait cru qu’il s’ouvrirait mais ce ne fut que pour dire comment il s’y était pris avec Petra, celle à l’origine des maux australs.  Dommage que la belle se soit évaporée… Alix lui aurait bien dit deux mots…  Néanmoins, ce fut une consolation que de savoir Michael imperméable aux charmes de cette suédoise.  
Un gros problème supplémentaire survint avec la désertion d’Erik. Rien d’incompréhensible dans cet acte. Il voulait son Opaline, la chercherait jusqu’à ce qu’il soit convaincu du pire ou… du meilleur ? Allez savoir ? Il est vrai que le doute demeurait et le resterait sauf, si…  
Alix préféra ne pas penser aux suites de résultats nuls. Là, une double urgence s’imposait : Clara et Caroline.  Le billet laissé par Erik avant sa fuite laissait carte blanche à Michael quant à l’avenir de sa gamine. Chez les McLane, il fallait s’en douter, l’entrevue fut houleuse, et pénétrante comme un poignard pour Alix car Clara lui accorda à peine l’aumône d’un baiser sur les cheveux.  Papa, par contre…  
Quoiqu’il en soit, ils purent emmener les filles chez les Nielsen, le temps de se retourner et de décider quoi en faire.  
Ce qui avait frappé le plus Alix chez les McLane fut sans aucun doute l’assurance tranquille des filles. Kieran avait dit que tout allait bien donc…
De retour chez les Nielsen avec leur précieux colis que l’on mit illico au lit, on parla… des aspects terre à terre, de la logistique, rien de plus.
Pour Michael, puisqu’Alix insistait pour remettre sa couverture, la chose était évidente. Il allait tout bonnement emmener les filles à Poudlard. Après, il se casserait soi-disant en revenant occasionnellement.  
 
*Ben voyons… !*
 
Croire ça et se prendre pour la reine d’Angleterre, il n’y avait qu’un pas.  Elle déclara simplement :
 
Je t’y croiserai peut-être… à l’occasion *Marcus !*  Bonne partie de pêche !
 
Face à Mrs McGonagall, deux jours plus tard, devançant Michael, Alix annonça la couleur immédiatement :
 
Michael va vous amener Clara et Caroline.  
 
Hein ? Vous n’y pensez pas sérieusement ! se récria Phénoména énervée par les grosses baves laissées par un  certain dogue dont elle avait la charge.
 
Tiens, Vous gardez Nemrod ? Marcus serait-il absent… lui aussi ?  
 
Perfide question à laquelle McGo ne répondit que par un haussement d’épaules et une explication qu’Alix jugea complètement bidon.
 
Admettons… ( sourire en coin) Le fait demeure que ma fille et sa cousine vont arriver. Il faut vous préparer à un ouragan de force… euh… 7.  Ce sont des chipies, surtout ensemble. Adorables, mais délurées. Je vous filerai un coup de main quitte à passer pour la mégère de service si ça vous sied. Déjà que Clara ne m’encadre pas, suis pas à ça près. Mais que s’est-il passé avec Kieran ?
 

Rien de concret. Et les Nielsen ?
 
Erik court après le fantôme d’Opal, mais… il n’a peut-être pas tort de le faire. On ne sait pas… on garde espoir aussi.
 
Vous et Michael… ça va ?
 
On s’aime, ça vous va ? Il va vous les déposer demain, soyez prête. Anthéa reprendra son poste le surlendemain.  
 
Hop ! Un petit tour de plus aux antipodes.
En une journée, elle prospecta. Retracer Erik fut aisé. Ses démarches lui parurent sensées et, au moins, il semblait concentré et non pas en train de rouler sous une table ou de se faire encore rouler. Il s’occupait beaucoup, déjà ça.  Rassurée sur ce point, elle rentra à Londres d’abord pour y compléter ses provisions d’ingrédients bizarres.  Chemin de traverse et allée des embrumes satisfirent ses désirs.  Ensuite, rebonjour l’Ecosse.  Sa première visite fut, naturellement, aux pièces aménagées pour Clara et Caro. La main sur la poignée de la lourde porte y menant, Anthéa suspendit son geste, intriguée par des cliquetis perçus.  Intriguée, elle colla son oreille au panneau et entendit ces sons amplifiés, de même que des paroles étouffées :
 

Tu t’y prends comme un manche à balai. Laisse-moi faire, réclamait Clara.
 
Moins de une minute plus tard, un clac renvoya Anthéa en arrière tandis que sur un « yeah !! » puissant, deux luronnes ouvraient la porte.  Surprise de part et d’autre.  De son air le plus revêche, Anthéa semonça :
 
On veut se faire la malle, les gamines ?  
 
Mâchoires tombantes, teux exorbités, les fillettes dévisagèrent la dame inattendue. Si Caro reflétait l’embarras le plus profond, Clara semblait absolument interdite et fascinée :
 
Ma… maman ?  
Au tour d’Alix de se figer. Elle était pourtant certaine d’être sous polynectar. Se pourrait-il que… ?
 
*Grand Dieu, non !*   
 
Caro tira sa cousine en arrière en chuchotant :
 
C’est pas ta mère, c’est sûrement…
 
Miss Kovatch, professeur de potions. On m’a avertie que deux donzelles méritaient surveillance. On ne m’a pas menti, je vois.
 
Un coup de baguette obligea des petites mains à lâcher leurs instruments d’évasion. Où diable avaient-elles appris à crocheter des serrures avec si peu d’outils ? Peu importait ! Un instant, Alix fut très fière de la débrouillardises des cousines, n’empêche qu’il fallait sévir.
 
Vous êtes privées de dessert et vous copierez 100 fois la phrase suivante : le respect des autres et de soi-même passe par l’obéissance aux aînés. Méditez là-dessus en étudiant les paragraphes de 10 à 50 du livre de Mme Tourdesac. Bon amusement !  
 
Là-dessus, elle referma la porte avec un collaporta que seul un cinquième année saurait lever.
 
Étrange journée.
Au passage, elle surprit plusieurs allusions quant à son absence qui, comme par hasard, correspondait à celle d’un certain professeur Wallace. Trop d’indices la poussaient dans une conviction de plus en plus assurée : Michael était Marcus. Donc il préférait jouer au chat et à la souris ? Très bien…
 
Thélonius, quelle bonne surprise !
 
Vous nous avez manqué très chère ! Où étiez-vous passée ? s’empressa le bellâtre quasi baveux.
 
Des problèmes familiaux, rien de sérieux. Et ici, tout a été correct ?
 
Très ! On mettra de côté les bêtises habituelles. Vous êtes libre ce soir ? Puis-je espérer enfin un dîner en tête-à-tête ?
 
Pourquoi pas ? Elle accorda avec un très léger sourire.
Elle devait encore donner cours à deux classes de 3ème année, celles qu’elle préférait en les redoutant. Tous les aînés des parents ou amis les composaient.
Elle ne crut pas pousser loin le bouchon en demandant simplement aux élèves de réciter l’un après l’autre les étapes nécessaires à la confection du polynectar seul petit devoir qu’elle avait imposé avant de partir en Australie. Les résultats furent si nuls qu’elle n’y alla pas avec le dos de la cuillère pour ôter des points aux contrevenants.  Une voix trop connue s’interposa soudain :
 
 Mais c’est pas juste ça !
 
Je vous demande pardon, Mr. De Brent ?
 
S’en suivit un maigre justificatif incohérent mais particulièrement insolent. Ce qu’il raconta lui passa par-dessus la tête car, là, la ressemblance avec Michael était incontestable. Une phrase cependant la démonta :
 

… me regardez pas comme ça…on dirait ma mère, sauf qu’elle me ficherait une baffe et que vous n’oserez pas lever la main sur moi !
 
Sur ce, Lucas rassembla ses affaires et quitta le cours dans un silence de mort.  
 

Bon, laissons, ce chaudron explosé se calmer. Quelqu’un peut-il me parler de la loi de Golpalott ?... Miss. Davenport ?  
 
Le cours achevé, Anthéa révisa les notes remises par les élèves. Une part de son esprit restait fixée sur son déserteur de fils. 
 
*Lui foutre une baffe ? Dieu sait qu’il en a mérité plus d’une mais je n’ai jamais frappé cet enfant, diable !*
 
À moins qu’une claque sur les fesses d’un curieux indécrottable plongeant dans le congélateur soit considérée comme telle…
Quand on pense au loup, il s’amène. Las lui présenta des excuses pour son comportement dû, avoua-t-il – à des problèmes familiaux assez grave.  
 
Elle le crut à moitié. À n’en pas douter, il était au courant pour les soucis des Nielsen. Cependant, elle dit :
 

Tous, nous devons affronter des situations difficiles à divers moments, Mr. De Brent. Je crois savoir ce qui vous turlupine mais cela ne justifie en aucun cas l’insubordination dont vous avez fait preuve. L’insolence est une chose, le manque de respect une autre !
 
Elle énonça la punition prévue puis le renvoya avec, pourtant, un petit bonus moralisateur :
 
Au fait, je ne pense pas que votre mère vous ait jamais battu… peut-être aurait-elle dû…  
 
Au détour d’un couloir, elle croisa Wallace.  Il n’avait pas bonne mine. Que se passait-il encore ?  
 
Un souci, Marcus ?  
 
Il lui narra une minime altercation avec Luca suite à sa rencontre avec ses sœurs et cousines.  
 
Quoi ??? Mais je les ai bouclées moi-même, ces garces en jupons !  J’avais appliqué un sortilège digne d’un 5ème année !  
 
Il ironisa qu’elle avait perdu la main. Pour elle cela signifiait bien autre chose… ON avait aidé les filles à filer !  Les rouages des méninges d’Alix une fois en route, dur de les arrêter.  Elle se figea, les yeux vagues. Marcus dut la secouer pour qu’elle lâche :
 

Ces petites ne sont pas en sécurité ici !
 Ils n’échangèrent qu’un seul regard et se mirent d’un bel ensemble à courir vers les appartements des gamines.  Au sol gisait Phénoména, des filles, nulles traces. Apparurent Thélonius et Roswitta alors que Kpvatch ranimait la directrice pendant que Wallace fouillait les recoins.  
 
McGo se frottant la tête marmonna :
 
Frappée à peine entrée… les fillettes ?  
 
Marcus tournait en rond, fâché, tracassé. Miss Haines se plaignit de l’interdiction de faire porter une puce électronique aux enfants tandis que Jordan voulait sonner l’alerte générale.
 
NON ! rugit Anthéa. Cherchons d’abord nous-même. Marcus, où est Nemrod ? Ce chien a quand même du flair, non ?  
 
Je vais envoyer mon patronus, déclara Haines.
 
C’est idiot, la reprit Anthéa. 90% de ce château est impénétrable pour eux !  Le chien, le chien saura !!  
 Pataud, sorti brutalement du somme dans lequel il rêvait vautré sur le baldaquin de son maître, le dogue se montra d’une efficacité remarquable. Ce que lui murmura Wallace pour l’obliger à réagir demeura sourd aux autres oreilles. Pour courir, on courut…. Derrière un chien déjà jugé fou par beaucoup. Miss McGo convoyée à l’infirmerie par des elfes en renfort, on galopa partout de haut en bas et bas en haut.
 
C’est pas possible ! haleta Anthéa à ses trois complices. D’après Nemrod, elles seraient passées à tous les étages.  Ou ton chien est dingue Marcus,
 
*Kieran ? Non, non !* ou… on se joue de nous !  
 
Une même pensée sembla réunir les professeurs. Une diversion ?
 
Wallace devait partager son décours mental car, sans rime ni raison, il détala.
 

Mais où va-t-il ? demanda Roswitha perdu.  
 
Les Poufs ! Grouillez-vous !  
 
Quand le trio déboula dans le couloir menant à la maison des Poufsouffles, immédiatement, ils virent plusieurs tableaux.  D’abord, celui d’un professeur très affairé à ranimer deux petites filles puis celui de la noble Helga déchiré, jeté au sol.
Au moins Wallace connaissait le revigor. Les petites se réveillèrent et, pour Alix, l’étreinte de Clara à Marcus, renforça encore ses idées.  Elle resta là, tremblante, sans parvenir à détacher son regard de cette scène, ni de bouger.  Thélonius lui offrit illico un bras secourable :
 
Elles vont bien. Tout va bien.  On peut les ramener dans leur quartier ou à l’infirmerie. Que préférez-vous, très chère ?
 
L’infirmerie ! Miss Cool doit vérifier si…  
 
Clara ne voulut pas changer de bras. Fermement accrochée au coup de Marcus, Thélonius portant Caro, on descendit en silence.  
 
Je me charge de tout ! s’affaira la dodue Camomille Cool.  Une bonne nuit de repos, il n’y paraître plus. D’abord la directrice, maintenant deux fillettes ! Où va notre monde ? Que font-elles ici ces gamines, du reste ?   
 
On joua les ignorants…  
Ne voilà-t-il pas que Thélonius la prenait à l’écart :
 
Quelle journée, hein ? J’espère sincèrement que ces événements n’affectent pas notre rendez-vous ?
 

Euh ??? rendez-vous ?
 
Enfin, Anthéa, vous avez accepté mon invitation !  
 
Pas ce soir. Désolée. Tout ça m’a… chamboulée. Une autre fois, peut-être… Navrée, vraiment.
 
Un baisemain plus tard, Alix marchait en rond dans sa chambre en se rongeant les ongles.
ON avait porté la main sur Clara… la sœur de Kieran… Pas de doute, on cherchait à atteindre le frère par la sœur.  
Dire qu’ils avaient cru Poudlard forteresse impénétrable !  
 
*Je dois lui en parler, faire cesser ce jeu, il faut…*
 
Un regard distrait à sa fenêtre la liquéfia. En bas, Marcus fumait comme si rien sauf qu’il n’était pas seul… Vu de l’extérieur, dans un cerveau torturé, cela ressemblait à un flirt très avancé.  
 
*Il n’est pas Michael… Michael n’aurait pas quitté le chevet de Clara… il…*
 
Ravalant ses larmes, elle enfila sa cape fourrée et se dirigea vers l’infirmerie.  
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Re: Drôles de profs...

Message par Michael De Brent le Mer Déc 09 2015, 19:16

Quelle situation absurde ! Il avait la sensation de tourner bêtement en rond, pris dans un engrenage débile où se mêlaient confusion, angoisse et aussi une certaine colère.  Être pris de court ne lui plaisait pas. Et là, c’était bien le cas. Des missions difficiles, il en avait eues mais sachant exactement à quoi s’en tenir. Là, par contre…
Maintenant il était certain qu’Anthéa Kovatch n’était autre que son Alix. C’était la somme de plein de petits détails qui l’avait mis sur cette piste inédite…cette somme et le baiser du soir de Halloween.
 
*Pas à dire, mon vieux…tu perds les moyens…tu deviens lent !*
 
Rien de plus révélateur que ce baiser. Bien sûr, après tout s’était précipité dans un maelström d’angoisse. La retrouver en Australie, attendre des aveux qui n’étaient pas venus, au lieu desquels d’autres dont il se serait bien passé…
La brève rencontre avec  Clara l’avait scié. Sa fille savait. Comment ? Ça, pas la moindre idée. Avait-elle un don ignoré jusque-là ? Apparemment oui.  Celui de la perception absolue dirait-on, sinon comment s’était-elle arrangée pour le reconnaître malgré tous ses efforts pour se rendre méconnaissable ?
De McGo il n’avait su pas tirer grand-chose, la dame demeurait cryptique, en fait elle semblait adorer cette intrigue à rallonge, mais trouva quand même le temps pour se plaindre des manières de Nemrod. Oui, Kieran avait fait une crise, rien de bien grave puisque le gamin courait de nouveau par là comme si rien. N’empêche que Michael se doutait bien qu’il y avait eu plus que ça, après tout son fils ne s’était-il pas arrangé pour savoir ce qui arrivait à sa tante  et rassurer ses cousins ?
Perdu dans ses réflexions multiples il déboucha dans la grande cour à temps pour trouver son fils aîné en train de discuter avec la Directrice. Les temps avaient bien changé ! Il avait été lui-même assez tête brûlée mais n’aurait jamais osé s’adresser à McGo de la sorte.
 
Vous tombez à pic, Mr. Wallace, raisonnez votre entêté d’élève et évitez moi de lui donner un aperçu de mon autorité.
 

Et compte tenu du ton employé valait mieux s’y mettre en vitesse sous peine de voir Lucas passer la moitié de sa scolarité puni et privé de dessert. Certes la demande du mioche était plus que légitime mais les arguments de McGo plus que justes. Le laissant débrouiller l’affaire à son aise, Madame la Directrice s’éloigna avec Clara et Caro, les pommes de la discorde.
 
Désolé pour vous, De Brent ! Vous devez décidément mettre dans votre petite tête que s’il existe des règlements c’est bien pour les suivre, et ainsi de suite en essayant de sembler le plus sévère que possible, en arrière-plan, ses neveux Nielsen complotaient, il ne les rata pas, et vous deux,  si j’entends quoique ce soit sur votre compte, vous êtes faits !
 
Merci de votre aide, Mr. Wallace, grommela Lucas, ironique, vous arrivez pile pour…
 
Pourquoi donc, petit crâneur !?, gronda t’il, féroce en se disant que ce gamin lui ressemblait vraiment.
 
Non, rien, Professeur…
 
Allez, fichez moi le camp avant que je ne vous colle une punition à tous !
 
La clique déguerpit au grand-complet  en lui laissant un arrière-goût d’amertume.
 
*Leur donner des explications claires serait préférable que leur crier dessus…* Nemrod, tiens-toi…sans ça c’est moi qui récolte un sermon ! VA, retourne à la chambre et dors…allez, va !
 

Pour une fois, Nemrod obéit sans faire de foin, sans doute ravi d’un petit roupillon.
 
Et voilà qu’il tombait sur Miss Kovatch. Sa mine ne devait dire rien qui vaille car la charmante miss s’enquit sur un quelconque souci.
 
Ma foi, un de plus, un de moins…, et de raconter le tout dernier avec Lucas, oui, ça allait faire un malheur à cause des petites…que McGo a embarquées manu militari.
 
Quoi ??? Mais je les ai bouclées moi-même, ces garces en jupons !  J’avais appliqué un sortilège digne d’un 5ème année !  
 
Vous perdez la main, ma chère…Anthéa, qu’est-ce que vous avez ?...Coucou !...*Pareil qu’Alix quand elle gamberge à fond !*…Miss Kovatch…, et de la secouer gentiment pour la faire revenir sur terre avec un résultat plutôt étonnant.
 
Ces petites ne sont pas en sécurité ici !
 
Pas besoin de plus. Galopade éperdue dans les couloirs. Navrant spectacle celui découvert  à l’entrée des appartements destinés aux petites : McGo gisait au sol, assommée. Des enfants, pas de trace. Laissant à Anthéa le soin de ranimer McGo, il entreprit une fouille méticuleuse des lieux. Sûr d’avance de ne rien trouver. Pour alors les profs Jordan et Haines avaient fait leur apparition donnant divers avis sur la marche à suivre.
McGo, de retour des limbes se faisait de la bile pour les deux mioches.
 
C’est bizarre, ajouta-t’elle, les enfants m’ont assuré que c’est moi qui les ai laissées sortir…or rien de moins vrai…
 

Jordan insistait pour donner l’Alerte générale, Haines dit quelque bêtise de son cru, alors que Miss Kovatch émettait la seule idée digne d’être retenue.
 
Cherchons d’abord nous-même. Marcus, où est Nemrod ? Ce chien a quand même du flair, non ?
 
Pendant un instant, très bref leurs regards s’accrochèrent, complices, comme toujours.
 
Oui, Al…Anthéa a raison…vais le chercher !
 
Folle équipée qui les mena d’étage en étage, sans en rater un. De quoi penser que le limier de service avait tout simplement perdu la boule.
 
Non, il n’a rien d’un fou, croyez-moi…
 
On se joue de nous !, déclara Anthéa.
 
*Oh que oui…Idiot que je suis…Bien sûr, c’est ça !*
 
Demi-tour sans crier gare, course éperdue jusqu’à la tour de Poufsouffle. S’il ne s’était pas trompé sur Miss Kovatch, elle saurait exactement où il allait.
Michael sentait le cœur lui cogner dans la poitrine à faire mal, les idées en vadrouille, il imaginait divers scenarii, plus terribles les uns que les autres et en déboulant face à l’entrée de la maison des Blaireaux, ce même cœur faillit lâcher en découvrant les enfants inanimées  près du tableau de la noble Helga, mutilé.
 
CLARA !!!...Pitié, Seigneur…ne permets pas…Clara, mon chou…Caro, ma petite Caro !!!
 
Revigors à la clé, les deux petites se réveillèrent, plus effrayées qu’autre chose. Aussitôt Clara se pendit à son cou sans vouloir le lâcher. Il se ficha des regards surpris des autres, de sa couverture, de n’importe quoi qui ne fut calmer sa fille.
 
Tout va bien, mon ange…tu n’as rien, Caro non plus…mais dis-moi, ma puce…qu’est ce qui s’est passé ?
 

D’une petite voix hachée, nichée dans ses bras, Clara livra sa version des faits.
 
On est allées avec la gentille dame…elle nous a dit qu’on devrait être sages…On voulait rester avec les autres mais…elle nous expliqué…elle a même promis qu’on aurait plein de bonnes choses…des desserts…et puis…et puis…on arrivait…et…je ne sais plus…
 
Vous n’avez vu personne ?
 
Déni en larmes. Il déposa un baiser sur sa tête te se relava avec la petite dans ses bras. Caro acceptait le plus normalement du monde d’être prise en charge par un Jordan attendrissant. Évacuation direction l’infirmerie.
Miss Cool prit l’affaire en charge, non sans se plaindre de l’état de ce bas monde et poser une question à laquelle nul ne sut, ou ne voulut répondre.
 
Que font-elles ici ces gamines, du reste ?   
 
Laisser là Clara fut un crève-cœur mais il le fallait bien.  Ce faisant, il ne rata rien de l’aparté Jordan-Kovatch.
 
*On joue à quoi là ?...C’est Alix, ma main à couper et elle semble aussi savoir pour Marcus…son allusion aux rousses voulait presque tout dire, à moins que je déconne… Elle ne va quand même pas sortir avec cet imbécile…pas là, pas maintenant !?*
 
Mais apparemment la belle n’avait pas la tête aux rencards et laissa Jordan en plan.
 
*Bien fait ! Maintenant, réfléchis plutôt à ce qu’on a sur les bras…*
 
Une affaire peu banale. Si quelqu’un pouvait se servir d’un immonde Détraqueur, aucun doute qu’il était prêt à n’importe quoi pour parvenir à ses fins. Le but était plus que clair : déstabiliser Kieran et lui faire péter un plomb. Pourquoi ? Découvrir sa vraie nature, ou celle soupçonnée était l’explication la plus vraisemblable.  La veille au soir encore, il s’était crevé les yeux à regarder une et une autre fois la vidéo de l’attaque du Détraqueur. Si les Patronus étaient impossibles d’identifier il en ressortit néanmoins un détail digne de retenir son attention : Roswhita Haines n’avait pas esquissé le moindre mouvement pour lancer le sien. Il repassa cent fois sur l’expression de la jeune femme, alors que tous semblaient plus qu’affolés, elle, elle avait l’air plutôt fâchée…comme qui déplore qu’un plan de marche comme voulu.
 
*Je te tiens, ma jolie !*
 
Attirer Roswhita dans ses filets n’eut rien de foncièrement difficile étant donné que la belle plante  semblait raffoler de l’idée de l’attirer dans les siens. Regard charmeur, quelques mots adéquats et les voilà sortis prendre de l’air, loin de tout regard.  Elle qui pensait être séduite illico, fut assez désappointée de le voir se mettre à fumer comme si rien. Manœuvre de rapprochement, regard langoureux. Cala donnait toujours le résultat voulu sauf que là…
 
Oui, c’est ça…viens près moi…c’est mieux pour parler discrètement !, dit-il d’une voix en rien chaleureuse en la prenant brusquement du bras.
 
Tu…me fais mal !, gémit-elle en paillonnant des cils, un brin affolée.
 
C’est l’idée ! Je n’ai aucune envie de me montrer tendre avec une femme comme toi !
 
Mais, Marcus…de quoi…
 
Le Détraqueur, ça te dit ?...Je sais que tu as quelque chose à voir avec tout ça…ne mens pas, j’ai des preuves !
 
Mot magique ! Preuves ! En un instant, et tout s’effondrait ! Roswhita sentit son courage voler en éclats, le regard de Marcus Wallace la faisait trembler, pas de plaisir comme espéré mais de terreur, tant il était froid, mauvais.
 
Qui…qui es-tu ?, balbutia t’elle, un…agent du Ministère ?
 
Si l’on veut, oui !, en fait cela l’arrangeait bien qu’elle y croit, maintenant, je veux tout savoir…qui ? Pourquoi ? Comment ?
 
Il avait dû interroger des plus coriaces que le prof d’Études des Moldus qui ne fut vraiment pas longue à débiter sa petite histoire.
 
Ils m’ont menacée…Ils ont mon père entre leurs mains, si je n’agis pas à leur guise…ils dévoileront son passé et alors il ira en prison pour le reste de ses jours…Mon père était un…Mangemort, tu comprends ?...Jeremiah Haines…personne de bien important mais marqué…Il n’a jamais rien fait de trop mauvais mais…comment pourrais-tu comprendre ça ?
 

Mieux que tu ne le crois…mais qui sont ces ILS ?
 
Ça, elle n’en savait rien. Il fallait admettre que la miss n’avait rien d’un génie, cela pour ne pas dire qu’elle était carrément bête mais apparemment vouait une dévotion sans fin à son pauvre père, dont Michael n’avait aucun souvenir, sans doute un triste sous fifre comme tant d’autres. L’affaire était d’une simplicité douloureuse.  Acceptée au staff de l’école, sa liberté d’agissement était garantie. Le reste n’avait eu besoin que d’une certaine logistique.
 
Je…je vais aller à Azkaban ?...Mon père… ?
 
Non, pas pour le moment, en tout cas ! Si tu m’aides…on pourra peut-être trouver une conciliation satisfaisante ! Je veux tout savoir, chaque détail,  chaque contact que tu auras avec Eux…compris ? Je suis un homme très vindicatif, supporte mal qu’on me raconte des salades ou qu’on essaye de me tromper, si tu vois ce que ça signifie !
 
Elle y crut, très volontiers. Un regard comme celui-là ne mentait pas. Roswhita jura de continuer à jouer sa comédie et de lui obéir au doigt et à l’œil. Il n’en voulait pas plus. Il redevint le Marcus de toujours, poli et charmant et elle fila se remettre de ses émotions.
 
*Bon, celle-ci agit seule…ou croit le faire…il doit avoir quelqu’un d’autre…ils n’ont pas pu entrer chez les Poufs parce que Helga les en a empêchés…Et Haines n’a pas pu faire ça, elle était avec nous…Clara jure que c’est McGo qui les a laissées sortir or McGo dit le contraire…comme quoi, ça joue du Polynectar ou c’est un Métamorphomage… et encore qu’on ne compte pas les Animagi…d’autant que je sache, mes neveux le sont, le petit Strang aussi…Alix idem…je me demande quelles surprises on va encore avoir et en plus Clara a un don bizarre…si t’as pas de la chance, mon vieux !*
 

Bref retour chez lui, question de faire des vérifications du système de surveillance. Tout tournait comme voulu et pour une fois, les élèves semblaient se contenter de faire ce qu’on attendait d’eux, c’est-à-dire, pas trop de bêtises. Il décida qu’il était temps d’aller voir comment se portaient sa fille et nièce, plus McGo en passant.
Miss Cool sembla quelque peu surprise en le voyant se pointer aux portes de son règne mais ne trouva aucun argument valable pour l’empêcher d’y entrer.
 
Faites court…les personnes ici ont besoin de repos !...Les enfants vont bien…un peu choquées…Miss McGonagall a eu un vilain coup à la tête mais s’en sortira sans problème !...Mais dites-moi, finalement, que font ces petites ici ?
 
J’en sais autant que vous !
, mentit-il avec un aplomb charmant.
 
Alix/Anthéa était au chevet de Clara. Le contraire l’aurait bien étonné. Sûre d’être à sauf des regards indiscrets, elle caressait doucement les boucles blondes de la petite endormie. Dans le lit d’à côté, Caro dormait à poings fermés, insouciante de tout. Il s’approcha aussi silencieux qu’un chat et posa sa main sur l’épaule de Miss Kovatch alias sa femme bien aimée.
Le moment était venu de mettre, au moins, deux trois trucs au clair.
 
Tout va aller bien, pas de souci, ma chérie, elles ont été quittes pour une bonne trouille.
 
Anthéa/Alix sursauta joliment, se redressant de sa place elle l’affronta les yeux dilatés de surprise.
 
Chut ! Ma douce, ne crie pas, pas de scènes…tu sais que c’est moi autant que je sais que c’est toi…J’ignore pourquoi on doit se livrer à ce genre de jeu mais on verra cela plus tard…Je te jure que je suis ton mari…pas d’arnaque  suis le bon vieux Michael de toujours  avec un autre plumage…comme toi !...Sortons d’ici, les petites vont dormir jusqu’à demain…Non, je ne pense pas que Miss Cool nous laissera rester ici…Vais regarder comment va McGo…ne file surtout pas !
 
La Directrice de Poudlard ne dormait que d’un œil, apparemment. Invincible comme toujours, elle avait sans doute refusé d’être soumise par quelque potion. Il s’assit un instant auprès d’elle et prenant sa main la porta à ses lèvres.
 
Mes hommages, madame…vous êtes décidément admirable pour mener une intrigue…entre nous, je pense avoir besoin de vos conseils.
 

Sans doute, mon petit…vous êtes un peu lent à la détente parfois…mais si j’ai bien entendu…
 
Vous n’en ratez pas une, hein ?...Rassurez-vous, tout va bien, autant que possible mais maintenant, même vous avez besoin de repos…Dès que vous serez sur pied, je vous raconterai de long en large. Oui, je veille…nous ne sommes pas seuls.
 

Elle l’octroya d’un sourire malicieux et enfin consentit à s’endormir doucement. C’est vrai qu’un petit sortilège informulé y avait un peu aidé. Michael se dit qu’elle ne lui en voudrait pas…enfin, pas trop !
Alix/Anthéa ‘avait pas bougé de sa place. Il la prit délicatement du bras et ensemble quittèrent l’infirmerie sous le regard curieux de Miss Cool. Un long corridor désert s’étendait devant eux.
 
On a deux options…On fait comme si rien…tu dis que je délire à fond de caisse, m’envoies paître gentiment, sidérée par mon culot…ou tu acceptes mes vérités et moi les tiennes, sans nous envoyer des mauvais sorts…C’est une situation assez ambiguë…et plutôt ridicule…qu’est-ce qu’ont fait là à jouer cette comédie absurde ?...Oui, bien entendu, on veille sur Kieran, ça c’est sûr, celle-là a toujours été notre priorité depuis qu’il est né…Non, ma douce, il n’y a aucune ironie…je l’ai fait, je le fais et le ferai pour le reste de mes jours…Kieran est mon fils, autant que le tien…Ah bon ? Tu croyais que j’allais te taxer de parano ?...Vois pas pourquoi ! En tout cas, ceux-là auraient été des beaux aveux d’un parano à un autre…, il lui releva doucement le menton et flatta sa joue, nous avons décidément un terrible problème de communication !, léger baiser, on est là à nager dans cette semoule…on pourrait pas se mettre d’accord et faire les choses ensemble ?
 
Mais bien sûr, les longs couloirs déserts ne le restent pas toujours…pas à Poudlard en tout cas. Des voix, une galopade. On venait, impossible autrement. Sans préavis la magnifique rousse était devenue un superbe chat qu’il tenait dans ses bras.
 
Génial…tu es un beau chat…pas à dire !
 

Lucas, Cécile, et les jumeaux Nielsen déboulaient, hors d’haleine, assurant qu’ils devaient voir leurs petites sœurs.
 
*Mais comment ont-ils su ?...Sans doute Kieran leur a soufflé !*…Désolé, les enfants, les petites dorment et le feront jusqu’à demain. Elles vont parfaitement bien. Vous pourrez les voir, oui mais pas maintenant…allez, vaut mieux aller manger, c’est l’heure…Demain, j’ai dit, De Brent, pas la peine d’insister…Oui, Miss De Brent, c’est un beau chat…*C’est ta mère !* et non, vous ne pouvez pas l’avoir… Il se trouve que j’aime beaucoup les chats… allez, demi-tour…on descend à la Grande Salle !
 
Sans lâcher le magnifique Main-Coon, Marcus/Michael escortait ses élèves /enfants/neveux jusqu’à la salle à manger quand au détour d’un couloir Nemrod fit une placide apparition. En apercevant son maître bien aimé avec un de ces minets diaboliques qui lui menaient la vie dure, le toutou ne le pensa pas deux fois et bondit. Minet déguerpit à des allures folles alors que les élèves secoués de rire se portaient au secours du prof de DCFM  renversé à terre et que le dogue se lançait à la poursuite du chat.
 
*Et on parle d’amours contrariés…que dit-on de ça !?*
 
Dix minutes plus tard, Miss Kovatch,  à peine un peu échevelée prenait place à la table des professeurs.
 
Pas trop de mal, j’espère, pour fuir ma brute de chien ?
, s’enquit Marcus à voix basse, on doit parler plus tard…sans gosses, sans chiens ou chats…sans rousse ni brun…juste toi et moi…d’accord ?
 
À elle le dernier mot…
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Michael De Brent

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