SOS Fantômes

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Re: SOS Fantômes

Message par Ysaline de Bettancourt le Jeu Juin 12 2014, 23:07

Travailler, exercer son art, sa voie, voilà un bon exutoire à ses frustrations, ses doutes, ses interrogations. Une fois plongée dans la tourmente des cas divers – surtout complexes – Ysaline oubliait tout sauf l’essentiel : Max et leurs enfants. Pour eux, elle aurait sacrifié vie et le reste sans hésiter un instant. Seulement, n’être qu’épouse et mère alors qu’elle savait pouvoir tant offrir aux autres, la démoralisait un peu aussi. Proposer cette mission à Max n’avait été qu’une façon de l’amener, lui-aussi, à assurer le bien-être d’autrui. Dans le fond, qu’avait-il à sacrifier de plus qu’un peu de temps à ces sorciers dans l’embarras ? Ne valaient-ils pas autant que les démunis victimes de l’idiotie de leurs gouvernements ? Autant qu’elle sache, après les années communes partagées avec lui, Max aimait l’action et rendre service. Alors de quoi se plaignait-il, pourquoi râlait-il tant ?
Chagrinée, elle n’en rata pas moins ses tâches au quotidien. Nul n’avait à se plaindre de cette nouvelle recrue qui remplaçait si efficacement le Dr Nielsen reclus chez lui pour raisons de santé.  
Opal dormait paisible, tout semblait bien.
 
Il est 18 heures, Dr Brahms. Puis-je disposer ?
 
Si je vous en empêchais, vous trouveriez une bonne excuse ! Vous avez réussi à embobiner Asimov qui vous mange dans la main. Moi, je vous surveille ! (Soupir) Tout est en ordre, allez-y !  
 
Il ne l’encadrait pas et elle s’en moquait éperdument. Au moindre faux pas, il s’arrangerait pour la saquer, tant pis !
 
Elle nouait sa cape quand, dans le couloir de sortie, elle tiqua à la vue de max. Pas qu’elle en soit fâchée, mais elle ne s’y attendait pas.
 
Je me suis dit...pourquoi pas ? J’ai prévenu à la maison qu’on rentrerait tard…et t’enlève pour la soirée…la nuit…Cela fait trop longtemps qu’on ne s’accorde pas  un petit loisir, loin du boulot…des soucis…On y va ?
 
Je… je suis bien d’accord mais suis pas en tenue du tout pour une sortie. Tu ne voudrais pas avoir honte de moi, n’est-ce pas ?
 
Passage en coup de vent à la maison, vérifications, changement d’aspect et… le romantisme à plein tube.  Elle faillit s’étouffer de rire devant tant d’attentions « innocentes » déployées. Elle entra dans le jeu sans être dupe un seul instant. Elle le connaissait si bien son Max. Tout était si parfait, pourquoi lui gâcher cet instant. Néanmoins, telle une chatte sur ses coussinets de velours, elle avança :
 
Cela fait combien de temps que nous nous connaissons, mon amour ? … ne crois-tu pas que je sois à même de flairer tes intentions à mille lieues à la ronde ? J’adore cette improvisation mais dis-moi ce que tu veux m’avouer vraiment ?  
 
… oui…tu as raison, il y a quelque chose dont je veux aussi te parler…mais ce sera après…j’ai réservé pour la nuit…Chut, ne dis rien !...
 
Un pressentiment de catastrophe imminente la saisit toute. Pas certaine d’y parvenir cette fois en alerte maximale, elle fit ce qu’elle put pour donner le change.  
Dans le grand lit où il tenta de la circonvenir par des câlins de plus en plus appuyés, il lâcha enfin le morceau :
 
Je pars en Ukraine après-demain… pas à Kiev exactement…quelques 100km au nord…
 
Une acromantula l’aurait mordue qu’elle n’aurait pas sursauté aussi bellement :
 
Ne me dis pas… non, non ! Pas Tchernobyl, non !  
 
… je ne peux pas tout bonnement lâcher les autres…après tout, c’était ton idée que je m’en mêle…
 
C’est ça ! Accuse-moi maintenant ! Max, je t’en prie, t’en supplie, n’y vas pas ! Je voulais juste que tu t’investisses dans un autre truc que les réfugiés étrangers, que tu participes à un autre genre de sauvetage, un qui concerne les nôtres… Tu veux me punir en poursuivant, c’est ça ? Ça me dépasse, ça NOUS dépasse. Je comprends que tu m’en veuilles, mais… C’est pour me faire digérer la pilule toute cette « fête » ? 
 
Je n’ai pas organisé cette sortie à cause du voyage…mais pour me faire pardonner d’être si idiot…je t’aime, mon Ysaline…tu es mon tout…
 
Et toi le mien…
 
Mais qu’il était bon de s’abandonner totalement dans les bras aimés…
 
Dès que le mâle satisfait ronfla doucement, l’hyperactive Ysaline sortit en douce s’informer via le Net sur la radioactivité ambiante du coin où allait se balader son amour. Des sueurs froides la baignèrent au fil des lectures.
 
*Alix sera avec eux… *
 
Maigre consolation…  
Elle tenta bien, au matin, de donner à son époux des instructions en cas d’irradiation mais n’en eut pas l’occasion. N’empêche que le Dr Brahms rigola franchement devant les mesures qu’elle déploya sitôt en fonction :
 
À vous entendre, nous risquons de subir une attaque des miasmes moldus. Vous perdez la tête, Dr Von Falkenberg !
 
Appelez ça intuition féminine, prémonition ou comme vous voudrez, docteur. J’exige que tout ce qui concerne la lutte contre les contaminations ionisantes soit en place, point barre !
 
On rit sous cape, elle s’en ficha. Toute cette affreuse journée, le Dr. Von Falkenberg vécut en état second, pressentant une catastrophe imminente.  
Lorsqu’Alix déboula, le cœur d’Ysaline rata des battements. Nettes, précises, les informations fusèrent, les ordres conséquents aussi.
 
*Non, Non, non !!*
 
Tout était prévu sauf ça !!! L’irradiation était sous contrôle avec les pré traitements mais nul n’aurait pu prévoir… un coup aussi foireux.
 
Empoisonné, tu es certaine ?
 
Comme si l’exposition aux radiations ne suffisait pas, il fallait qu’une Irina machin truc n’ait rien trouvé de mieux que de taillader Max avec une lame empoisonnée.  
 
Pas un mot là-dessus, Alix ! Pour tous, Max a subi une irradiation, rien d’autre. Merci infiniment des précautions prises.
 
Peu après que les traitements soient en place, Ysaline jugea bon de prévenir son beau-père :
 
Karl, c’est Zaline… désolée d’être si négligente avec la famille… Max a besoin de toi, s’il te plait, viens vite…
 
Lorsqu’il s’agissait d’urgence, Karl Théodore Von Falkenberg accourait illico.
Lui expliquer en long en large et en détail le pourquoi du comment passa comme une lettre à la poste.
 
Il va très bien, pour le moment. Il doit croire, absolument croire, que ses faiblesses ne sont dues qu’à l’irradiation subie. Dès le poison identifié, ça se règlera *Dans le sang, s’il le faut !*

Irina ne payait rien pour attendre…  
 
S’il n’avait tenu qu’à elle, Ysaline aurait giflé son aîné à la volée pour son désintérêt quasi-total au retour at home de son père. Elle avait demandé un congé d’exception à Ste Mangouste, Brahms avait fait des pieds et des mains pour l’empêcher de l’obtenir. Coincée, elle ne put que s’angoisser lorsque son époux lui signala sa destination prochaine :
 
… tu feras bien attention à toi, promis ? Je voudrais… voudrais tant…
 
Alix, au courant de tout, fut drillée comme il se devait avant le départ pour l’Inde du groupe.
Peu rassurée, Ysaline supporta journée et nuit en état de stress quasi constant d’autant qu’un souci s’ajouta aux autres : Erik allait mal.
Conservé chez lui sous surveillance de belle-mère et beau-frère, ils avaient jugé bon de l’hospitaliser vu l’agitation anormale qu’il subissait.
Ysaline ne pigeait rien. Nielsen aurait dû roupiller du sommeil du juste, comme sa femme ! Or, là… Il était loin d’être calme, ses bras s’agitaient anormalement.
 
*Un bras à Merlin ’s Cove, un autre à Tchernobyl…*
 
Réalité ou affabulation ?
 
 Lorsqu’Ysaline trouvait ses courtes heures de repos, il la fallait grave pour l’en tirer. Déjà qu’elle pressentait le pire… Elle se débattait en plein cauchemar où elle vit son Max voué au désespoir sans nom quand :
 
Pardon…serre moi fort contre toi, mon amour…j’ai froid, j’ai peur…
 
Miséricorde Dieu Jésus !  Un tel aveu signifiait tant… :
 
Mon cœur, ma vie ! C’est à moi de demander pardon ! sanglota-t-elle presque. Que s’est-il passé en Inde ?  
 
Il raconta… l’horreur. Une tête, des détraqueurs.  
 
Je m’en veux, m’en veux tellement, mon amour! Tu ne seras plus seul à lutter, je te le promets !
 
 Dr Asimov, c’est à prendre ou à laisser. J’adore travailler avec vous mais des circonstances familiales m’obligent à requérir un congé imprévu…
 
C’est en rapport avec Nielsen, pas vrai ?
 
Docteur, il s’agit d’une possession…
 
Son chef se gratta copieusement la tête suite aux révélations de sa collaboratrice favorite. Il n’aimait pas l’idée qu’elle aille se balader aux quatre coins du globe mais, l’ayant assez bien cernée, il savait inutile de lui résister :
 
Allez-y Docteur Von Falkenberg. Je calmerai Brahms et Ste Mangouste vous sera ouverte quand vous jugerez bon d’y revenir.
 
Merci, Docteur ! Veillez particulièrement sur Nielsen. Je suis passée le voir ce matin… il s’agite de plus en plus…

Inutile d’en dire davantage, Asimov promit.
 
Pauvre Alix ! Ça ne devait pas être marrant de servir de transmetteur occasionnel avec les esprits de l’au-delà.  Cette fois, le message était… sibyllin… sans être complètement hermétique.
Tous étaient parés à la nouvelle expédition vers l’Italie lorsqu’elle débarqua avec un sac à dos gonflé. Max rayonna en la voyant paraître, De Brent un peu aussi quoiqu’il ne cacha pas ses inquiétudes vis-à-vis de son frère :
 
…  pas de souci, Michael, Erik est entre de bonnes mains !
 
Personne ne se plaignit d’avoir une médicomage expérimentée avec eux.
En route pour les champs Phlégréens.
Pouzzoles avait l’habitude de recevoir de nombreux touristes tout au long de l’année. L’hôtel Gli Dei se frotta les mains en recevant fort élégamment ce groupe de six membres d’origines disparates dont plusieurs entendaient parfaitement l’italien.
 
Au moins cette fois, tu ne dormiras pas à la belle étoile, rigola Ysaline et contemplant la vue magnifique depuis leur balcon. Je peux examiner ta jambe, mon amour ?
 
Elle détailla bien plus que cela en étrennant joyeusement leur large couchage. Max ne s’en plaignit pas.  
Une heure après leur installation, les aventuriers se retrouvèrent dans le vaste hall carrelé où John et Michael avaient déjà entrepris des négociations afin de louer les services d’un guide local. Il signore Bartoldi, Giuseppe pour les intimes, ne tarda pas à amener sa frimousse tannée de longues heures ensoleillées à balader les fêlés d’antiquité ou de volcans. Avec un accent épouvantable, il leur présenta un circuit tout prêt à bon prix. Aucun n’en voulut à son grand dépit.
 
Caldeira, rien que la caldeira ? Ok, c’est vous qui payez signori.

On embarqua dans une vieille Jeep datant sûrement de la seconde guerre mondiale et en route pour le dépaysement total. Large de 13 kilomètres, le terrain volcanique offrait un aspect hautement sinistre avec ses fumeroles multiples prouvant l’activité magmatique incessante.
Dans son bagou coloré, Giuseppe leur fournit de nombreuses indications sur les événements subis par la région :
 
… remarquez les dénivellations du terrain. Ça bouge sans arrêt en montées ou effondrements mais nous n’avons pas subi d’éruption depuis longtemps, si ça peut vous rassurer.
 
*Je préfèrerais qu’elle ait eu lieu le mois dernier ton éruption !* pensa Ysaline pas trop convaincue de ne rien risquer. Le guide reprit :
 
Beaucoup de légendes circulent sur ces lieux. On dit volontiers qu’un monstre vit sous les roches et que les mouvements sont dus à sa respiration.  La Sybille s’inspirait des vapeurs soufrée pour délivrer ses divinations…

Tous échangèrent un regard lourd de sens mais écoutèrent encore :
 
On prétend qu’un bain dans les lacs souterrains combat la stérilité, vous devriez peut-être essayer, mesdames. Pas de bambini, quale tristezza !
 
Megan rougit, Alix pâlit, Ysaline rigola :
 
J’en ai trois, ça me suffit ! Ne dit-on pas aussi que ces lacs débouchent en enfer ? On pourrait y jeter un œil ?
 
Légendes ! rit jaune Giuseppe.
 
Puisqu’ils allongeaient les billets…
La descente depuis le panorama en ficha la trouille à plus d’un. Pour un parcours accidenté, c’en fut un, l’accident ne rata pas. Une roche aiguisée, vétusté du véhicule ? Il y eut un éclatement et le moteur cala en laissant échapper une fumée qui n’avait rien à envier à celles qui environnantes.  
Que de jurons ! Ysaline qui pratiquait pourtant cette langue ne comprit pas la moitié du baragouin employé. En gros Bartoldi pestait : réparer demanderait des heures.
Michael, en bon chef de file, proposa de poursuivre la descente à pied ce qui mit le guide dans tous ses états. Se fichant des recommandations de Giuseppe, De Brent se mit en route bientôt suivi de tous.
 
Tu crois qu’il a provoqué la panne pour avoir le champ libre ? souffla-t-elle à l’oreille de son époux.
 
Rien ne serait étonnant de la part d’un tel bonhomme.
Quel casse-gueule, ce parcours ! Ils touchèrent enfin au but après bien des sinuosités et mini chutes.  
Ils se seraient cru sur la lune hormis les vapeurs soufrées, nauséabondes, qui irritèrent leurs bronches peu habituées à un tel traitement. De son sac, Ysaline sortit des masques qui, imprégnés savamment, garantissaient l’innocuité totale.
On déambulait au hasard dans cette soufrière en se demandant vers où diriger la quête quand, brusquement, Alix parut avalée par le sol. Max se précipita, moins rapide pourtant que De Brent qui s’époumona au bord de l’ouverture. La réponse tarda mais finit par leur parvenir comme… noyée. Elle voulait qu’ils descendent aussi, ce qu’elle voyait était extraordinaire…  
Lorsque ce fut son tour à utiliser la lévitation, Ysaline comprit de quoi il s’agissait : un lac d’eau chaude sous une coupole singulière. Mrs De Brent n’avait subi aucun dommage mais leur fit remarquer à l’aide d’un lumos promené sur les parois des signes étranges que tous s’efforcèrent alors d’interpréter.  
La symbolique semblait claire : quiconque dépasserait le trou du fond n’en reviendrait pas…
 
S’il s’agit d’une porte menant aux enfers, le gardien n’est pas loin trembla un peu Ysaline.
 
Mais qu’avait donc Alix ? Comme aimantée, sourde aux imprécations des autres, elle nagea droit vers l’entrée. Ce qui en surgit aurait fait mouiller plus d’un pantalon si cela n’avait pas déjà été le cas. Gigantesque, plus noir que la suie ou l’enfer dont il était issu, les trois cous retenus par des serpents, se dressa un cerbère aussi hideux que furieux. Comme fous, les trois hommes volèrent au secours de l’offrande offerte aux crocs baveux de l’horreur. Les sortilèges expédiés n’eurent pour effet que d’augmenter la rage du monstre.
 
Megan, restez où vous êtes, conseilla Ysaline avant, doucement, de rejoindre Alix dont elle prit la main.
 
Leurs époux en furent marris quand s’éleva le chant d’un duo parfait qui résonna, apaisant, dans les profondeurs infernales.
 
Le chien s’allongea en soupirant : la voie était libre…
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Re: SOS Fantômes

Message par Alix Blackstorm le Jeu Juin 12 2014, 23:19

Ysaline, c’est grave, très grave.. Max est…
 
Elle aurait voulu y mettre des gants mais ce n’était décidément pas son style.  Alix se rattrapa en donnant toutes les informations à sa disposition/
 
L’irradiation, ça ira, j’en suis convaincue mais l’entaille de sa jambe est anormale. C’est un poison dangereux mais j’ignore lequel.
 
Inutile de rallonger, le docteur Von Falkenberg avait pigé au quart de tour. Sans questions inutiles, elle prit la direction des opérations en main et traita son époux avec efficience pour ensuite filer au labo avec des échantillons de sang. Analyses en cours, on ne put qu’attendre en droguant Max à fond à l’aide de la panoplie générale habituelle.  Débarqua alors un trio ébranlé.
Pas de comment vas-tu, comment va-t-il, pas même une étreinte de la part de Michael, juste une engueulade :
 
Tu aurais pu attendre…TU AURAIS DÛ M'ATTENDRE…
 
Elle qui s’était ranimée en le voyant, se ferma :
 
Je n’abandonne pas mes compagnons mourants, moi !
 
Il railla, elle lui coupa la chique non par des paroles cinglantes mais bien par un regard orageux qui valait mille mots.  Il la boucla en récriminations désirant rentrer au plus tôt.
 
Rentre si ça te chante. Moi, j’attends des nouvelles.
 
 Ysaline se montra confiante. En aparté, tandis que Michael visitait sa belle-sœur, elles échangèrent quelques mots. Max réagissait à la panacée mais sans l’origine exacte du poison employé par Irina, il restait un doute.  Rentrés chez les Nielsen, Michael expliqua brièvement l’évolution de la situation à la parenté McLane puis fila sous la douche :
 
*Qu’il s’y noie !*
 
Alix, vous allez bien ? Une tasse de thé peut-être ?
 
Merci Carreen. Du café s’il vous plait.
 
Excusez-moi si je suis indiscrète mais… Quelque chose ne va pas avec Michael ?
 
Non, tout baigne ! Il est *con, abruti…* pareil à lui-même, ça ira, merci !  
 
Sa tasse en main, elle monta voir son beau-frère.  Elle tiqua fortement car Erik était loin d’être aussi paisible que souhaité. Fallait-il augmenter la dose de calmant ? Cela lui sembla risqué aussi s’abstint-elle en se retirant dans ses quartiers.
 
*Pas encore noyé ?* ironisa-t-elle en entendant le jet de la douche fonctionner.
 
Elle prit son volume consacré aux poisons étrangers et ne releva pas la tête lorsque monsieur émergea enfin de la salle d’eau. Lentement, comme si chaque parole lui écorchait le gosier, il expliqua ses relations avec Irina, ne pigeant pas trop pourquoi elle s’en était prise à Max.  
 
… Suis désolé d’avoir réagi de la sorte…j’ai vu rouge…
 
Que tu voies rouge vert ou bleu n’a aucune importance ! Si j’avais laissé Max en plan comme tu l’as fait, il serait ou mort ou très en passe de l’être ! Qu’a-t-il qui te dérange à ce point ? Suis sûre que si Justin avait été à sa place, tu l’aurais secouru. Tu lui en veux pourquoi ?
 
C’était si bête qu’elle eut du mal à conserver son air sévère : monsieur était jaloux des attentions de Max envers elle. Alix se garda bien d’en rajouter en lui racontant son trouble face à la musculature dénudée de Von Falkenberg, et clôtura le sujet par un haussement d’épaules additionné d’une allusion sur l’idiotie galopante de certains.
 
Soirée paisible ? À d’autres ! Alors qu’elle passait vérifier l’état d’Erik, Alix ne pigea plus rien. Elle lui avait administré la dose maximale autorisée de calmants et voilà que les bras de Nielsen s’animaient très anormalement. Le rythme cardiaque frisait les sommets du supportable.
 
MICHAEL !!! Faut le conduire direct à Ste Mangouste !  
 
À l’hôpital force fut de constater qu’Erik allait de pis en pis depuis que les morceaux d’Ariana se rassemblaient.
 
Ariana s’est arrangée pour parfaire son œuvre…elle fera souffrir Erik pour chacun de ses maudits secrets percé…plus on tardera à tous les réunir, plus la souffrance s’accroîtra…
 
Tort ou raison ? Incapables de trancher, médicomage et Potionniste ne savaient que penser.
Le poids de ce qu’elle savait écrasa Alix qui, sous la pression de son époux révéla :
 
Lady O’Neill m’a assuré que tous ceux auxquels Erik tenait y passeraient. Michael, je ne veux pas que tu…
 
S’étreindre pour se rassurer ? Ils rentrèrent assez lessivés après avoir confié Nielsen aux bons soins de l’équipe de médicomages.  
Mais alors que du creux de son lit elle réfléchissait profondément à ces questions, Alix se sentit irrémédiablement investie par une volonté étrangère :
 
Alix aidez-nous à l’éliminer. On vous aidera en retour. Je suis Nishka, jadis princesse d’un royaume oublié. Ariana De Brent perturbe notre repos. Nous sommes nombreux à vouloir nous en débarrasser et à prospecter pour vous aider. Un temple dédié à Kali a été profané près de
 
Cette visite laissa Alix en lavette. Elle délivra les informations à son époux, s’administra une potion revigorante et chercha la paix.  
Il fallut mettre les autres au courant ; la moldue se montrant efficace dans ses recherches personnelles, on déménagea à cinq une fois de plus. Bardée des recommandations d’Ysaline quant à la surveillance de Max, Alix n’en menait pas large. Stress, tentions, responsabilités l’usaient à petit feu. Des détraqueurs ? Merlin…  Invoquer son patronus dans ces circonstances tenait du miracle. Pourtant chaque sorcier y parvint.
La tête d’Ariana !! Maudite soit cette peste ! Affectés au-delà des mots, ils rentrèrent au bercail désireux d’une accalmie réparatrice : raté !  
Elle avait à peine fermé les yeux quand une force irrésistible l’obligea à se lever :
 
Buonasera signora Alix… "  Oltre la baia il Vesuvio veglia  là dove parlò il sybille  "
 
Ah… Vidée, Alix transmit le message et tenta de récupérer assez d’énergie pour suivre ce qui n’allait pas manquer. Elle aurait voulu vérifier une théorie naissante au sujet d’Erik mais n’en n’eut pas l’occasion vu l’urgence.    
 
Napoli, toi la plus belle tu étincelles…
On s’écarta du bain de foule pour gagner la baie de Pouzzoles où les discernements s’accordaient à les diriger. Hôtel magnifique, vue splendide. Elle s’affala sur l’énorme lit recouvert de draps bleus :
 
Suis crevée, chéri. Sais pas si c’est une si bonne idée de courir si vite… Bien sûr que si ! Le sort d’Erik m’importe énormément, le tien encore plus !... Max ? Il m’inquiète un peu mais je ne vois pas pourquoi, tu es si négatif… STOP ! J’aime ta jalousie mais elle est sans fondement… euh, j’ai promis à Ysaline de ne rien dire. Pas pour rien qu’elle nous accompagne, ça te suffit ?... Veux dormir un peu…
 
Une heure de farniente puis turbin. Ah, ces guides locaux ! Le Giuseppe hérité valait une encyclopédie à lui seul. Chacun ayant potassé son sujet, on compara mentalement le vrai du faux. Les allusions aux lacs de fertilité angoissèrent Alix. Depuis la perte de son bébé démoniaque, ou supposé tel, elle conservait une extrême appréhension sur ce sujet.
 
*Pas moi qui irai me baigner dedans…*
  
L’accident-panne les prit de court, elle du moins. Bizarre, elle aurait juré voir une auréole d’innocence rayonner au-dessus de sa tête blonde préférée.  
 
Tu voulais que l’on soit seul pour explorer, c’est ça ? murmura-t-elle.
 
Il ne dit rien, elle n’en pensa pas moins. Max lui évita plusieurs faux pas et John retint Ysaline plusieurs fois. Megan devait avoir été chèvre dans une vie antérieure car son pied était très assuré.  Distribution de masques : ouf ! On suffoquait dans cette soufrière.
Ils n’avaient aucun indice formel quant à l’endroit exact à visiter. On se dispersa un peu sans trop s’éloigner les uns des autres. Suivant Michael à deux mètres, Alix le laissa avancer tandis qu’une roche la fascinait plus à gauche du trajet de son chéri. Elle la toucha :
 
AHHHHHHHHHHHHHH !
 
Plouff !
Ben mince, manquait que ça !  Assez profond pour amortir sa chute, le lac souterrain s’avéra merveilleusement chaud, délicieux mais épouvantable de goût. Crachant, pestant, prête à léviter en hauteur, Alix brandit sa baguette vers l’ouverture du sommet quand les parois réfléchissant la lumière lui révélèrent…
 
Je vais bien Michael mais viens voir ça, c’est extraordinaire !! Descendez !
 
Un à un, ils la rejoignirent au bouillon.  Son Lumos leur prouva la nécessité d’explorer davantage.
 
*Laisse-toi aller… Viens à moi...*

Insidieuse, la voix l’orienta vers une trouée éloignée du fond des roches. Elle n’entendit plus rien d’autre que cet appel insondable :
 
*Rejoins-nous ! Fusionnons à jamais…*
 
La main d’Ysaline dans la sienne la ramena à la réalité. Cerbère, bercé, s’endormit, paisible.
 
Que se passait-il ? On ne pouvait donc jamais avoir la paix ?
 
… je veux dormir…
 
Qui la malmenait, refusait qu’elle s’abandonne au repos tant mérité?
 
Laisse-moi tranquille Michael !
 
Rien de ce qu’elle put dire n’empêcha claques et aspersions. Ses cils battirent. Plus de caverne ni de monstre tricéphale.
 
M… Max ??? Où est Michael, où est mon mari ?
 
Ysaline lui fourra un gobelet entre les lèvres, les époux Von Falkenberg se relayèrent pour lui faire gober la pilule amère. Une jambe trouvée, Michael n’avait eu de cesse que de la ramener à Londres avec les autres restes de sa sœur maudite. Il allait revenir, elle devait se calmer. Elle reprenait à peine pied dans le réel qu’une nouvelle entité des ombres voulut encore se l’approprier :
 
… je ne veux plus vous entendre. Je ne veux plus… plus jamais…

 L’esprit enfin clair le lendemain, elle sourit en caressant le bras qui l’enserrait :
 
Michael, tu vas bien mon amour ? … maintenant oui, je vais bien. Que s’est-il passé ?
 
Ce qu’il lui raconta l’horrifia d’abord avant de la faire quasi rigoler :
 
… non, c’est vrai ? Megan a été visitée ? Comment elle s’en tire ?
 
John devenait fou, Meg aussi, tout était bien. Elle avait parlé un dialecte inouï depuis des siècles qu’Ysaline avait identifié comme probable égyptien antique. Max avait été un peu fiévreux, lui – hormis elle - s’inquiétait pour son frère de plus en plus mal en point.
 
Les esprits m’ont enfin lâchée, je plains Megan…

Deux journées de farniente dans un décor idyllique, que demander de plus ? Il fallut, hélas, reprendre du collier après des heures savantes à tout oublier en s’aimant follement…
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Re: SOS Fantômes

Message par Megan Reese le Jeu Juin 12 2014, 23:29

Moldument vôtre! Décidément rien, jamais de la vie, ni dans ses plus fous délires, ne l’avait préparée pour une aventure pareille ! Megan Reese était vannée, mais parfaitement ravie. Impossible d’imaginer pareilles situations. Tout la fascinait. Les personnages impliqués, la situation tordue, intrinsèque, absurde, semblait issue de quelque esprit fébrile sous influence de drogues exotiques. Pourtant, il n’en était rien. C’était du réel, absolument tangible, elle en était témoin !
 
*Publier ça chez nous…bestseller de science-fiction !*
 
Max laissé aux bons soins de la belle Mrs. De Brent force fut de courir après Michael qui voulait se la jouer en cavalier seul. John n’était pas content du tout mais sa rogne n’atteignit pas le moins du monde De Brent qui continua comme si rien.
 
*Qui diables…ou plutôt que diables est cet homme…ange ou démon ?...Peu importe, engagé à mort, en tout cas…C’est ça, mon beau, fonce droit devant…ça connait pas le risque ou s’en fout ?*
 
Elle avait du mal à s’y retrouver avec son costume de cosmonaute mais cela ne l’empêcha pas d’être aux premières loges pour la suite. Une église abandonnée et ces deux hommes se posant des questions alors que pour elle ça tombait tout seul.  Chacun sa logique ! Elle avait tout bon. La suite la déconcerta pas mal en voyant John et Michael prendre des airs de martyres en hurlant, terrifiés.
 
*Mince alors…on dirait que les sorciers perçoivent des trucs que toi tu rates, ma fille…te plains pas, ça ne semble pas trop joli !* JOHN…JOHN…Il n’y a rien là…tu HALLUCINES !!! Réagis, bon sang…JOHN SMITH !!!

Action, réaction ! Fallait gueuler pour que ça marche.  Revenu à la réalité John se défit de ce qui le gênait et alla tirer Michael de son cauchemar éveillé. Megan réfléchissait  et en prenait note.
 
*Hallucinations suscitées par un certain phénomène…faudra demander à John…ce doit être affreux pour que De Brent chiale comme un gosse…*
 
Bras récupéré, au moins elle ne vomit pas à la vue de la dépouille, on rentra au bercail. Drame passionnel en cernes. Alix avait déserté les rangs avec  le beau Max, ce que le beau Michael ne supporta pas.
 
*On le bronze un peu, et il fait un superbe Othello, celui-là…il déconne ou quoi, Max était en danger !*
 
La suite lui donna raison. Retour échevelant à l’hôpital sorcier, à Londres. Megan commençait à s’y faire à ces changements expéditifs de décor. Von Falkenberg était en soins intensifs et De Brent l’y rejoindrait bientôt de continuer sur ce ton, heureusement qu’Alix semblait avoir plus de jugeote que son mari qu’elle ignora olympienne.
 
*Elle me plait, cette femme…quel caractère !*
 
Pauvre Max, allez savoir ce qu’on lui avait fait avaler ou fait, il était plus ou moins dans les vapes, mais pas moins grognon pour autant.
 
Personne ne t’a empoisonné…*enfin, je crois !* tout va bien, hosto, toubibs, Ysaline…tu vas bien, dors plutôt !
 
Compte tenu de leur utilité là, valait mieux rentrer chez eux.  John fila sous la douche  pour se décontaminer, jugeant qu’elle avait été exposée  autant que lui, Megan ne se gêna pas le moins du monde pour  l’y rejoindre. Après tout, aucun besoin d’en faire un exercice barbant et à deux, c’est toujours plus effectif.
Une fois séchés et confortablement installés, elle passa à la phase informative.
 
Ah, tu veux tout savoir sur les épouvantards…
 
Ai-je l’air anormale, démotivée, devenue idiote du coup ?...Bien sûr que je veux tout savoir…et tu es ma seule source d’information…alors, dis…ils sont…méchants ?
 
Selon lui, il n’y avait aucune méchanceté implicite, ça vous prenait par surprise, vous mettait à l’envers en vous faisant voir vos pires craintes.
 
On te doit une fière chandelle, du reste ! … Sais pas pourquoi il ne s’en est pas pris à toi… Faut croire que les Moldus sont… différents…
 
Elle soupira en l’embrassant d’à petits coups, ronronnant comme chatte contente.
 
Ben oui…à croire que oui…j’ai rien vu mais ai perçu votre terreur…c’était clair qu’il s’agissait d’une hallucination…mais toi…comment te sens tu ? Ça va ? Ça ne laisse pas de séquelles ?...enfin, je veux dire…

Moi ? Euh… je voudrais que tu cesses cette enquête…
 
Elle lui rit au nez.
 
Tu sais quoi, John Smith…va te faire…tu sais…Jamais, tu m’entends, jamais…je continue jusqu’au bout…et tant pis si tu crois que je suis un boulet…
 
Non, non ! Je ne te considère pas du tout comme un boulet, c’est juste que je m’inquiète. L’épouvantard m’a révélé ma plus grande frayeur : te perdre ! Tu piges ?
 
Elle n’essuya pas les larmes qui lui noyèrent les yeux, à peine si un petit reniflement avant de l’embrasser comme une folle.
 
Pas eu besoin d’un épouvantard, moi…je sais que te perdre serait ma mort…je t’aime, John Smith…pas besoin d’être sorcière pour le savoir…je t’aime…et ton fichu monde me fascine au-delà de tout !...Et à ton avis, mon amour…ça continue comment ?
 
Ils le surent assez tôt. Alix, la pauvre avait eu droit à une nouvelle révélation.  Cette fois, on visait l’Inde.
 
Pas à dire, elle avait l’esprit voyageur, la miss !
 
L’épisode indien, pour lequel elle sut apporter des précieuses informations,  fut tout aussi affreux et éprouvant, avec moustiques, serpents et tigres (qu’on ne vit pas) en sus.  L’expérience ne fut pas de tout confort, elle eut son lot d’épouvante avec cette tête échevelée tenue à bout de bras par Kali, cela sans compter avec cette sensation de misère totale qui la transit toute.  Portée, transportée, transplanée, peu importait, elle vomit tout du long en tremblant comme en pleine crise de malaria.
 
C’est affreux…oui, j’en suis malade…ce chagrin, ce froid…Oui, la tête…c’était moche…mais cette misère atroce…Oui, j’ai lu sur ça…Détraqueurs…ils te sucent l’âme, c’est ça ?...Donne-moi du chocolat, on dit que c’est souverain pour combattre les effets…, une tablette de chocolat à croquer plus tard, ça marche…ok…suis pas sorcière mais sais encore lire, moi !
 
Et il fallait dire qu’elle avait assemblé une fameuse bibliothèque.
Nichée au creux des bras de son chevalier à la brillante armure, elle se sentait de nouveau prête à foncer, tête en bille, dans le suivant rebondissement, quel qu’il soit. Cette fois, John n’essaya même pas de la circonvenir. Encore heureux, le lendemain ils savaient où diriger leurs pas.
 
Pauvre Alix, se farcir le rôle de medium, pas la joie…elle est chaque jour plus pâle mais cette fois c’est plus clair comme message…euh, oui, faut pas être trop malin…Non, mon chéri, je ne suis pas un génie…il se trouve que j’ai fait un reportage sur les Champs Phlégréens...pas beau comme endroit mais si on tient en compte le goût plus que douteux de la fameuse sœur…on s’y retrouve…on dit que c’est une des entrées à l’enfer…si tu vois ce que je veux dire.
 
L’entrain n’était plus trop de mise. Ça pouvait se comprendre, tous savaient plus ou moins à quoi s’attendre et même si leur destination était la bella Italia, il n’y avait rien de quoi se réjouir.  Un ajout de dernière minute à l’équipe  leur mit la joie au cœur, à d’uns plus qu’à d’autres, cela va de soi. Ysaline Von Falkenberg  tenait à être de la partie.
 
*Hum ! Il y a anguille sous roche, là…Ysaline ne me donne pas trop le genre à tout lâcher pour courir après son Max…à moins bien sûr qu’elle ne craigne quelque chose…cette blessure à la jambe n’était peut-être pas aussi inoffensive qu’on a voulu croire…pas la radiation, il sera déjà en état de lavette…Ça en fait, des mystères !*
 
Vedi Napoli e poi muori.  Quel sens absurde prenaient donc ces paroles, en ce moment ! Megan ne voulait pas tomber dans la désuétude superstitieuse mais cela commençait à la tarauder sérieusement.
Petite entorse aux habitudes. Cette fois, ils avaient droit à un hôtel très confortable, avec vue imprenable sur la baie, le Vésuve en fond de décor.
 
On prend des petites vacances en passant !, rigola t’elle, des toutes petites !, coup d’œil à sa montre, qui finissent dans…wow…3 minutes…Oui, je sais que tu dois retrouver Michael en bas…un peu tyran, le gars…Non, je vais avec toi, regarder ce paysage en solitaire me déprime…et puis, je parle italien !
 
Curieusement, lui aussi. Apparemment De Brent pigeait aussi quelque chose et était déjà en conversation avec un petit bonhomme rondouillard. John se joignit aux pourparlers. Exquisément exclue des négociations, elle préféra explorer les alentours, et finit assise à la piscine en sirotant une bière froide à souhait.
 
*À ta santé, Reese !*
 
Balade confort ? À d’autres, d’abord le bagou de leur guide, Giuseppe. L’italien académique de Meg ne perçait pas très bien ce débit coloré, enfin.  Le véhicule, reliquat de temps héroïques, rendit l’âme, de façon digne de suspicion et ne voulant pas perdre de temps, le commandant en chef de l’expédition entraina ses légionnaires à bon pas par des sentiers peu accueillants dans un décor d’apocalypse anticipée.
Connaissant les lieux et leur histoire, elle se livrait à une petite conférence, qu’on n’écoutait que d’une oreille, trop concentrés à regarder où poser les pieds, ce qui n’empêcha pas ces dames d’être à point de se la casser, alors qu’elle avançait comme cabri en montagne…de toute façon  Max et John se dévouaient à aider Alix et Ysaline et avec Michael inutile de compter, il fallut que sa femme chérie disparaisse dans les profondeurs pour qu’il daigne faire une halte.
 
*Au moins on peut dire que l’homme de fer l’aime de tout son cœur*

Finalement, Alix n’avait subi de mal et faisait trempette dans un de ces lacs réputés combattre la stérilité. Mieux encore, elle voulait qu’on l’y rejoigne.
 
*Ohlala…manque que ce soit vrai et on est partis pour l’explosion démographique*
 
Les sorciers lévitèrent pour arriver au fond. John voulut faire de même avec elle mais Megan préféra s’y prendre à la moldue et plongea, sans plus, c’était plus amusant.
Et puis ÇA !
 
*Cerbère existe, j’en donne foi !... Dieu, qu’il est moche !*
 
Moche était peu dire, effroyable était le mot. Un chien monstrueux, à trois têtes, crocs étincelants, de quoi vous ficher la trouille de la vie.
 
*On va finir en pâtée pour chiens…quelle triste fin !*

Mais il n’en fut rien, contre toute attente, Ysaline et Alix se mirent à chanter, truc sorcier ? Et le toutou des enfers s’endormit comme un bébé….tout comme Mrs. De Brent ! Bien entendu, considérant que son apport au bon déroulement de la suite serait des moindres, on la laissa en plan avec ordre strict de veiller le sommeil de la belle.
 
*Super...je ne saurai jamais à quoi ressemble l’entrée de l’Averne !*
 
Apparemment rien de trop engageant vu les têtes tirées par les autres à leur retour. Blêmes, verts, décomposés. Ils avaient trouvé une jambe. Sans plus de cérémonies, on se téléporta à l’hôtel, ce qui ne manqua pas de susciter la curiosité extrême de Giuseppe rentré peu avant eux. Le brave homme ne comprenait pas comment ses clients, partis à pied après la panne, étaient déjà de retour. On le laissa gamberger tout son soûl.  Prés l’avoir examinée, Ysaline annonça qu’Alix n’avait que besoin de repos. Ainsi soit-il ! Michael s’enfuma pour ramener la macabre trouvaille à Londres  où elle irait rejoindre bras et tête, dans le freezer, faute de meilleur idée.
 
Bien trouvé…imagine toi ce qu’on irait raconter si on avait demandé de garder la jambe au frigo de l’hôtel !...Oui, je fais de l’humour et quoi ?...Tout est déjà assez tragique comme pour en rajouter…Non, je finis avec mes notes et tu me racontes de quoi ça avait l’air…comment que quoi ? L’enfer, voyons…et sois pas chiche en détails.
 
Elle resta suspendue à ses lèvres alors qu’il s’adonnait à un récit très mais très détaillé, si détaillé en fait, qu’elle le soupçonna  d’être en train de se payer sa tête. Ses notes  omirent quelques trucs jugés trop truculents pour être vrais.
Ça arriva à la fin du repas qu’on prenait à la terrasse. Alix dormait toujours du sommeil du juste, les Von Falkenberg qui veillaient sur elle s’étaient donné un répit. On bavardait tranquillement quand le monde bascula  pour Megan.
Tout à coup elle ne parvenait qu’à fixer qu’une  ombre claire qui prenait forme. Les traits doux, yeux en amande remarqués de khôl, vêtue d’une tunique blanche plissée, elle tendait les mains, suppliante puis parla.
 
La paix est rompue, les faits sont néfastes. Le sacrilège immonde bafoue la vallée…son tombeau à elle, Ô Tyti…les esprits guident…tu es leur voix !
 
AAH…Arrête de me taper dessus !!! Mais bon Dieu qu’est-ce que vous avez tous ?...Que diable fais je par terre ?...Ah, évanouie ?...Ça ne me ressemble pas…QUOI !? J’ai parlé…en…Répète moi ça, Ysaline…en égyptien ?...Jamais appris…oh ! Ancien en plus…NON ; je me sens bien…un peu bête mais à part ça…MEDIUM !? MOI ?...

On se faisait de la bile pour elle, l’entourant de petits soins, John semblait dépassé et perdait un peu la tête, ce cher homme.
 
Mais arrête de butiner autour de moi…vais pas me défaire, suis pas fragile à ce point…euh, non, je me sens un peu lasse mais rien d’extraordinaire…mais c’est quand même quelque chose de recevoir une visite de ce genre…Une gentille fille, Neith…ben oui, elle a été très gentille et m’a demandé des excuses…eh oui !...Non, pas le moins du monde…Secouée ? Pas autant que toi, en tout cas…tu sais, John, ça me fait sentir un peu plus proche à ton monde…, elle s’étira comme un chat, en baillant, bon, je crois que je vais dormir un peu…faudra être en forme…l’Égypte, pas la porte à côté…OÙ ? À la vallée des Reines, bien sûr…à la tombe de Tyti…

Elle s’allongea et s’endormit en un clin d’œil, un sourire ravi errant sur ses lèvres…
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Re: SOS Fantômes

Message par John Smith le Dim Juin 15 2014, 11:09

Meg, Megan ! Pour quelqu’un qui ne rêvait jamais avant sa rencontre avec cette jeune femme, John se rattrapait drôlement fort. Hélas, ses rêves tenaient plus du cauchemar que d’autre chose.  Il s’était cru vaguement amoureux d’Ysaline ; elle n’était somme toute qu’une étape à LA révélation. Dire que c’était Max qui lui avait ôté le bandeau des yeux : Meg était son tout !
Bien sûr il conserverait une affection particulière envers celle qui lui avait rendu la santé mais il se consacrerait entièrement à Meg qui l’avait accepté tel quel, malgré différences et trous de mémoire...
 
La mission n’était pas évidente. Des squelettes à Merlin s’cove, des épouvantards à Tchernobyl et puis quoi ? 
Radieuse en apparence, Megan gribouillait allègrement, insensible ou moins réceptive à certains phénomènes que lui considérait comme très dangereux. Que dire de leurs compagnons obligés ? Max, le plus connu, s’avérait étrangement nerveux, grognon. Le plus probable était qu’il n’encaissait pas ses « obligations » involontaires. Alix… ? Un mélange difficile de dureté et de sensibilité. Michael ? À part ses attitudes dignes d’un agent tel que lui-même, John ne se sentait aucune affinité avec cet être froid qui n’hésitait pas à lâcher un compagnon d’arme en visant un but spécifié selon ses critères personnels.  
En Inde, cette fois ?
 
*À ce rythme, on finira par visiter les enfers…*
 
 Un temple en ruine, Kali la vengeresse, et… des détraqueurs !
 
Dieu quel froid intense, quelle sensation de désespoir absolu. Son âme se vida :

Détraqueurs, John…Ton patronus !    
 
*Mon quoi ?* se réveilla-t-il dopé par la voix de Max.
 
Réflexe ? Il ne pensa à rien d’autre qu’au premier baiser échangé avec Megan et fut le premier surpris en voyant jaillir un… Ours ? Beaucoup plus petite qu’un plantigrade, la forme argentée se mêla aux autres manifestations, aidant à les libérer de l’emprise des fantômes suceurs de vie.  Bras tendu avec entre les doigts les cheveux de sa sœur défunte, Michael semblait out.
 
Lâche-la, je m’en charge, dit-il doucement.
 
Ouf ! Cette tête rejoindrait la glacière.  
 
Cette nuit-là, les cauchemars furent légions. Il vit un carcajou pourchassé, pis: IL était le carcajou. Il en attaqua des proies, en fit des niques à ses pisteurs qu’il sema, tout en les narguant du haut de l’arbre où il se réfugia à sauf.  
Erik allait de mal en pis.
 
*Michael veut rassembler les morceaux ? Plus on en trouve pire c’est…*
 
Une nouvelle « révélations » les amena en Italie.  Meg avait potassé le sujet :
 
 …il se trouve que j’ai fait un reportage sur les Champs Phlégréens …on dit que c’est une des entrées à l’enfer…si tu vois ce que je veux dire.
 
Eh merde !  
 
Tiens, Ysaline se joignit aux aventuriers. La connaissant, John y flaira aussitôt comme un parfum d’embrouilles au sujet de Max.  
 
*Si elle quitte un boulot qui lui tient à cœur à peine en fonction… *
 
Charmant endroit que cet hôtel avec vue sur la baie de Pouzzoles. Sans rire, John aurait volontiers souhaité s’y installer pour plus qu’un bref séjour en aussi charmante compagnie soit-il.
Sa chérie remis les pendules à l’heure :
 
… wow…3 minutes…Oui, je sais que tu dois retrouver Michael en bas…un peu tyran, le gars…
 
Reste, profite un peu…
 
Non, je vais avec toi, regarder ce paysage en solitaire me déprime…et puis, je parle italien !
 
D’où connaissait-il cette langue lui aussi ? Bonne question. Néanmoins, ce fut utile dans les discussions avec la direction de l’hôtel afin d’obtenir un guide correct.
Bringuebaler dans une Jeep des années 40, le pied ! Surtout quand l’antiquité vous lâche à mi-parcours.
 
Meg, regarde où tu mets les pieds ! Ysaline, attention !
 
La descente fut mouvement, non moins que la suite. Distrait une seconde par un jeu de lumière sur les roches, John rata la disparition d’Alix engloutie sous terre.  Tiens, son époux semblait affecté…
 
*Au moins ça…* MEGAN, NON !!
 
Pensez-vous ? Son amour plongea sans arrière-pensée direct dans le lac souterrain.
 
*Protecteur, mon cul, oui ! Même pas fichu d’empêcher ta femme de… Mais c’est quoi ça ??*
 
Beau toutou, pas à dire ! Et Alix qui allait droit dessus.
 
Bombarda maxima !
 
Ses sortilèges, pareils à ceux des autres sorciers mâles, rebondirent allègrement sur le pelage hirsute du gardien des enfers.
La voix des anges… Impossible de ne pas comparer ce duo parfait aux divins chants célestes. Alix défaillit.
 
Meg, occupe t‘en.
 
Ce n’était pas chic, mais bon.  
Boyau étroit, chaleur suffocante, on avança vaille que vaille.  Ils marchaient sur quoi, là ? Avec horreur, John vit l’amoncellement de squelettes de rongeurs s’effriter sous leurs pieds.
Pourquoi, des deux serpentards qui l’accompagnaient, lui qui n’en était pas fut-il le seul à entendre la voix ?
 
COUCHEZ-VOUS !!
 
Il parla, ou du moins eut l’impression de le faire, et le monstre responsable des soubresauts d’en haut s’apaisa. Une jambe ? Ça leur en faisait une belle…
 
On rentra, sans commentaires. Michael fila ajouter la manne aux autres reliques, lui dut se farcir l’inaltérable curiosité de sa chérie :
 
…  je finis avec mes notes et tu me racontes de quoi ça avait l’air…comment que quoi ? L’enfer, voyons…et sois pas chiche en détails  
 
Il savait qu’elle ne serait pas dupe et se détendit en lui narrant le récit le plus farfelu que la Terre ait porté :
 
… Noir, obscurité avant une éclatante luminosité où nous avons été confrontés à une armée de diablotins armée de fourches. Plus on en descendait, plus ils affluaient. Pour couronner le tout, on a eu droit à un serpent géant que… j’ai calmé *Merlin sait comment*
 
Et d’en rajouter, sans trop de conviction.  
Du bon temps, enfin ? À d’autres !
Ils sirotaient gentiment un verre au bord de la piscine quand Meg fut en crise. Pâmée, baragouinant n’importe quoi, elle s’écroula. Elle avait causé quoi ??
 
Meg, mon amour, reviens ! Eh, oh !!!     
 
 AAH…Arrête de me taper dessus !!! … QUOI !? J’ai parlé…en…Répète moi ça, Ysaline…en égyptien …je me sens bien…un peu bête mais à part ça…
 
Je crains que les esprits ne t’aient choisie en Médium à la place d’Alix…
 
MEDIUM !? MOI ?...
 
Allez, redresse-toi ma douce. Ysaline va t’examiner des pieds à la tête, n’est-ce pas Dr Zaline ?
 
Il ne put s’empêcher d’être aux petits soins pour sa belle qui trouva ces attentions déplacées, sans fondement.
Après l’examen en règle, il continua à vouloir la gâter et Meg se mit en rogne prétextant aller très bien quoiqu’ un peu fatiguée. Elle ne tarda d’ailleurs pas à s’endormir pour de bon non sans avoir donné des compléments d’informations sur lesquels, avec Michael, il se pencha avidement.  
Peu de renseignements existaient sur cette Tyti, princesse antique de la XX ème dynastie. Au moins sa tombe était-elle répertoriée sous le numéro QV52.
Il faudrait s’y rendre incessamment et s’il n’avait tenu qu’à De Brent, ils y seraient allés la nuit-même. Fâché des réactions peu amicales de ce bourreau de travail dénué de cœur, John refusa catégoriquement :
 
Si ça te plait de traîner ta femme par monts et par vaux sans souci de sa santé, je n’agirai pas ainsi. Vas-y seul tant qu’à faire !... Ouais, tous les prétextes sont bons à qui sait les utiliser… bonne nuit !
 
Il se fichait comme d’une guigne des réflexions de Michael. Lui, il n’avait idée : protéger Megan.
Dormant très peu à l’affût du moindre signe de nouvelle possession, John put réfléchir à loisir tout en veillant sur le corps chéri reposant à ses côtés. Elle dormait, telle une chatte satisfaite et une bouffée d’amour fou l’étreignit. Avait-il jamais ressenti un tel sentiment ? De quel droit lui imposait-il tout ça ? Il profita qu’elle n’entendait pas pour lui murmurer des déclarations qu’en live il n’aurait sans doute pas osées. En lui caressant doucement les cheveux, il souffla :
 
Dors mon ange. Jamais je ne permettrai qu’il t’arrive quoique ce soit. Après ce bordel, on filera en Ecosse, je le jure ! Tu es ma femme, mon but, mon tout ! Dieu que je t’aime !  
 
Fraîche et dispose, sa belle le trouva face à l’ordinateur de l’hôtel. Il sursauta :
 
Ça va ?... Tu me sembles bien pâle, assieds-toi… ah…
 
Elle avait très faim, bon signe.
Le service des chambres ne tarderait pas. Il profita de ce court laps de temps pour, sous son insistance, lui remémorer les événements de la veille ainsi que leurs conclusions :
 
On n’est pas obligés d’y aller, tu sais ? Ils en savent assez pour se débrouiller sans…
 
Cause toujours, tu m’intéresses ! Peine perdue, elle voulait en être. Amen !  
Dès que tous aient avalé leur petit-déjeuner, ils se réunirent dans le hall bagages parés. Vive les portoloins qui vous dispensent des files d’attente stériles dans des aéroports après avoir cherché connexion et logement.
L’hôtel Al Hambra était soufflant. Mêlant modernisme et déco de style arabe, il alliait confort et pratique. Les bagages déposés, informations prises, en route pour la vallée des reines.  
 
Touristes idiots, rigola leur guide à un de ses comparses. Bonnes poires à presser.
 
J’en serais moins sûr que toi, l’apostropha John dans le dialecte appliqué. Conduis et tu auras ta prime, c’est tout ce que l’on te demande.
 
Comme épouvanté, Ahmed obtempéra illico.
D’ordinaire les visites agréées s’organisaient dès 4h du matin, histoire d’éviter foule et fournaise. Là, pas de bol ou oui ? La température avoisinait gentiment les 40° à l’ombre en fin de matinée. Les dames, éventails déployés, ne souffraient pas plus de chaleur que leurs compagnons qu’Ysaline avait rafraîchis d’une potion de son cru.  
 
La QV52 ? Y a rien là-bas. Nefertiti pas loin, on pourrait…
 
Payé la moitié de son dû, Ahmed la boucla et alla griller des clopes en attendant que ses idiots de touristes terminent leurs visites.  
Un panneau : interdit pour réfection.
Tu parles ! Michael franchit le barrage sans s’en soucier, suivi des autres.
La courte descenderie n’offrit que quelques fresques d’un style banal pour qui avait déjà visité des lieux semblables. Abîmées, restaurées à la va comme on peut, les parois témoignaient des fluctuations des siècles. Ici ou là, des scènes chantaient la gloire antérieure de celle qui avait reposé là.  
 
Meg, ça va ?
 
Sourde à tout, la jeune femme glissait sa dextre de dessin en dessin. Alix, aussi figée faisait de même sur le versant opposé alors qu’ils étaient parvenus au centre primordial du tombeau.
Max haussait les épaules. Drôle de tête depuis la veille celui-là. Pourquoi fallut-il qu’il s’assoie sur le rebord du catafalque au moment pile où Alix et Meg frôlaient des doigts des fresques jumelles ?  Un bruit sourd retentit, un pan de paroi se déroba.  
 
PROTEGO !
 
La nuée de fléchettes les rata de peu. Torches en main, les explorateurs… explorèrent l’antre révélé. Aucune décoration figée dans les parois. Le couloir semblait descendre au sein même des entrailles de la terre. Comme toujours, Michael menait le train.  Dans la lueur des torches électrique, ils repérèrent bientôt une statue aux allures étonnamment étonnante.
 
Michael, NON !!
 
Sans le réflexe de Max à le plaquer au sol, DE Brent aurait été transpercé par le dard de l’affreuse Manticore qui, avec sa tête d’homme, son corps de lion et sa queue en scorpion, s’adressa à eux :
 
Partez !
 
Ça se vainquait comment ces bestioles ? John eut beau fouiller ses trous de mémoire, il ne trouva rien.  Aux pieds de la créature reposait une table de jeu. Une version antique du parcours de l’oie ?  Du diable s’il y pigeait quelque chose à ces billes et serpent.   
Les dames, elles, s’assirent et, Alix démarra le « jeu ».  3 lions, 3 lionnes chacune à les faire avancer avec 36 billes. Cela prit un temps certain d’autant que la manticore se garda bien d’énoncer les règles mais semblait ravie du défi. À chaque lancer de Megan, John trembla. Une des lionnes du plateau disparut dans un petit jet de flammes :
 
Vous devriez abandonner… Seule la mort vous attend ici.
 
Les trois hommes, las de regarder sans rien piger à la stratégie déployée  par leurs femmes, s’écartèrent un peu pour peaufiner la-leur. Tous étaient du même avis : la Manticore trichait. On tricherait donc aussi.  
Michael fut le premier à s’en mêler, détournant l’attention de la créature avec des questions absolument hors propos. Les dames, complices, profitèrent de l’intermède pour avancer gaillardement leurs pièces. Max relaya De Brent, déboussolant l’être avide qui devint nerveux. À John d’en remettre une couche en racontant n’importe quoi, style :
 
Il était une fois trois frères qui voulaient braver la mort…  
 
Très intéressée par l’énigme, la Manticore en perdit complètement boussole et contrôle. Très fière, Megan annonça sa victoire, les deux autres filles rentrant leurs figurines au même moment.  
 
Pas mal ! rigola la créature. Cela faisait des siècles que je ne m’étais pas tant amusée. Le trophée est à vous !
 
Sans doute jeté derrière à la va vite par le sbire d’Ariana, le membre manquant fut récupéré et emballé.  
 
Ils s’en sortaient indemnes ? Ils le pensèrent jusqu’à la remontée pendant laquelle John se sentit piqué à la cheville. Bah… un dernier clin d’œil de la défunte princesse ?
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Re: SOS Fantômes

Message par Max Von Falkenberg le Dim Juin 15 2014, 11:39

Tu ne seras plus seul à lutter, je te le promets !
 
Ces paroles percèrent dans sa confusion mais il ne les comprit pas de sitôt. Fatigue, désarroi, désespoir, tout se mêlait, l’accablant. La seule chose que Max pouvait désirer en ce moment était rester là pour le restant de sa vie, dans ce lit, avec Ysaline et oublier le reste du monde.
Mais entre vouloir et pouvoir, entre en jeu le devoir ! La nouvelle destination était fixée, cette fois on visait l’Italie, malheureusement pas de vacances à Capri. On allait gentiment sonder les profondeurs de Champs Phlégréens. De quoi sauter de joie.
Max essaya d’afficher une humeur moins morose, sans trop y réussir. Le cœur n’y était pas, l’entrain encore moins, une insidieuse fatigue le mettait mal à l’aise.  Pour ne pas changer d’un poil aux habitudes déjà établies, Michael faisait le topo de la mission quand une nouvelle arrivante se pointa, les surprenant tous. Lui, en particulier, très agréablement. Ysaline toute prête à partir en expédition s’accrocha à son bras tout en rassurant De Brent sur la santé de son frangin. Max ne se posa pas de questions, du coup,  il était parfaitement heureux.
Bel hôtel, face à la baie, le Vésuve au loin. Imprenable vue. Quelle envie de s’y prélasser en toute paix, mais à peine si on leur laissa une heure de sursis qui fut, il faut le dire, très bien profitée.
Michael en chef de troupe n’était pas commode du tout. Il donnait des ordres et entendait être obéi au doigt et à l’œil.  Max n’oubliait pas que le grand chef ne s’était même pas arrêté quand il était tombé à Tchernobyl, mais curieusement ne lui en voulait pas. De Brent démontrait une obstination admirable, à son avis, en voulant sauver son frère…qu’il les entraîne comme de légionnaires à l’assaut n’avait pour autant rien d’étonnant. Après tout, ils s’étaient portés volontaires…d’une ou autre façon !
Les fameux Champs Phlégréens n’étaient pas exactement un endroit qu’il aurait choisi pour s’y balader. Leur guide local et sa jeep surannée, restèrent vite en plan après une panne digne de suspicion, Grand Chef avait ordonné une charge d’infanterie.
 
Tu crois qu’il a provoqué la panne pour avoir le champ libre ?
, s’enquit sa belle.
 
Ça ne m’étonnerait pas du tout !
, avait-il rigolé.
 
C’était moche, enfumé et puant. On avançait entre  des voiles de fumée, de vapeur, sur un sentier scabreux, au risque de se casser la figure au moindre faux pas. Son Ysaline, préparée à tout, leur fournit des masques qui leur permirent au moins de respirer correctement, ce qui n’empêcha pas que, quand on s’y attendait le moins, Alix disparaisse sous leurs yeux, avalée par un trou. Cette fois, Michael fut le premier à s’époumoner comme dingue en appelant sa femme, qui, somme toute, ne se portait pas plus mal et  nageait dans un lac souterrain, de ceux dont leur guide avait tant vanté la qualité.
Force fut de descendre voir ce qu’on trouverait en bas. L’eau était délicieusement chaude et soufrée, parfaite pour les muscles endoloris, mais évidemment ils n’étaient pas là pour jouir des vertus thérapeutiques de ces eaux.
 
S’il s’agit d’une porte menant aux enfers, le gardien n’est pas loin, souffla Ysaline pas trop assurée.
 
Tu ne sais pas si bien dire, ma belle…Dieu tout puissant, regarde ça !!!
 
Ça, c’était Cerbère en personne. Tel que le décrivait la mythologie, c’est-à-dire,  chien tricéphale, démesuré, épouvantable et voilà qu’Alix nageait droit vers lui et comme si ça ne suffisait pas, sa femme faisait la même chose.
 
Ysaline…bon sang…
 
Toutou n’avait pas envie de câlins, il montra ses affreux crocs et émit un grondement triple à vous glacer le sang. On l’arrosa de magie, ce qui ne lui fit même pas de chatouilles, au contraire, il se fâcha jusqu’à ce que les deux  intrépides ne commencent à chanter, ce qui contre toute attente berça la bête infernale qui s’endormit placidement. La suite, elle, fut beaucoup moins plaisante.  Laissant Megan pour veiller sur Alix qui s’était tout simplement endormie, comme le gardien des enfers, ils dépassèrent le monstre et avancèrent gaillardement vers l’Averne.
 
Reste ici, ma chérie…à trois on y arrivera et je ne veux pas que tu coures de risques inutiles…pense aux gosses…Reste-là, je te dis, mon amour…je reviens de suite !
 
Chose inouïe, elle obéit. Un baiser plus tard, il suivait Michael et John en se demandant ce qu’il foutait là ! Chemin faisant, Smith leur sauva la mise…de quoi ? Il n’en sut rien. Plus loin, posée sur une anfractuosité  de la roche, se trouvait une jambe humaine, veillée par des créatures hideuses qui, en les voyant apparaître, déployèrent leur ailes racornies et plongèrent en vol rasant sur les intrus.
 
Génial…des harpies !
 
Belle action conjointe. On descendit ces oiseaux de malheur à tête de femme sans plus de cérémonies, Michael cueillit la dépouille  et ils filèrent aussi vite que permettait l’étroit tunnel au bout duquel, Max récupéra son Ysaline angoissée.  Alix dormait encore et toujours. Bonne vielle magie, en un clin d’œil, secoués mais d’une pièce, ils se matérialisaient non loin de l’hôtel, bénissant l’aubaine que pas un chat ne fut présent.
Michael, dirigeant de destinées, s’enfuma direction l’Angleterre avec l’objet de leurs émois, laissant Ysaline, et Max pour autant, à la charge de sa bienaimée qui jouait à la belle au bois.
 
Faudrait la réveiller, non ?...Ça dure trop, ce sommeil…allez, Alix…ouvre les yeux !, aspersions diverses, petites claque en sus, la belle ouvrit les yeux, enfin, pas trop tard…ça va ?
 

M… Max ??? Où est Michael, où est mon mari ?
 
Parti un moment, revient de suite…il a emporté la trouvaille du jour. Heureux de te voir de retour, toi aussi, mine de rien, tu as raté une sacrée aventure !, un poil ironique mais il commençait à en avoir sévèrement marre.
 
Elle était tirée d’affaire, Ysaline l’examina alors que Max, abruti de fatigue, allait s’effondrer dans son lit. Sa femme ne tarda pas à le rejoindre, soudain très préoccupée de le voir si mal en point.
 
Ce n’est rien, ma  Zaline…suis crevé, c’est tout !...Pas besoin de tant de chichis…viens, allonge toi près de moi…vais dormir !
 

Venant de lui, qui n’admettait jamais une faiblesse, cet aveu si simple déclencha une fureur investigatrice inédite.
 
Mais…ça va…laisse-moi dormir…Pas de potion, mais qu’est ce qui te prend, tout à coup ?...Ysaline…qu’est-ce que…Aouch, tu m’as piqué !...
 

Il risquait de se prendre la pharmacopée complète, tous genres mêlés. Sa chérie semblait un peu hors d’elle.
 
Qu’est ce qui se passe ? Ysaline…il y a quelque chose qui cloche ? Maintenant que j’y pense…Que diables faisait Papa là à mon retour de Tchernobyl ?...
 
Simple coïncidence ? Il n’y croyait pas trop rien mais  était trop fatigué pour y réfléchir. Bercé dans sa douce étreinte, il s’endormit  pendant une bonne heure.  La soirée était belle, paisible. Un baume pour les esprits agités. Alix dormait, de nouveau, vannée d’aventures. Michael n’était pas encore de retour. John et Megan s’étaient joints à eux pour un dîner à la terrasse. Et tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, quand un esprit vagabond s’instaura en Miss Reese et parla…
 
On n’en finira jamais !
, se plaignit Max   de retour à la paix de leur chambre, encore remué par les déclarations de la nouvelle medium, on devra se farcir l’Égypte…mais je refuse de bouger…au moins deux jours de repos ou on crèvera pour la gloire de la cause !
 
Ils eurent droit à un repos bien mérité. Alix avait sans doute circonvenu le tyran de service de leur accorder cette grâce. Alléluia ! Max s’octroya des grasses matinées, paressa au lit, se laissa cajoler et refusa de quitter sa chambre. Pas par caprice ni simple paresse, il s’en sentait simplement incapable mais se garda bien de le dire, jouant à fond son rôle de capricieux comblé.
 
Vallée des Reines.  Tombe QV52. Il avait du mal À tenir debout. S’Asseoir sur un catafalque ? Ma foi, on n’était pas à ça près. Être arrosés de fléchettes ? On ne s’attendait pas à moins. Un Protego magistral de John fit l’affaire. Avancer. Puisqu’il le fallait. Que diables faisait une manticore là ? Question idiote. Cela commençait à faire habitude, les rencontres étonnantes. Plaqueer cet idiot de De Brent au sol fut simple réflexe, qui lui épargna d’être transpercé d’un dard mortel
 
Fais gaffe quand même…les chimères, c’est pas amical !
 
Celle-là  ne faisait pas exception mais avait des drôles d’idées et on se retrouva à jouer aux charades et à une espèce du jeu de l’oie à la mode du coin. Comment s’y prit-on ? Max ne voulut rien savoir. Partie gagnée, la chimère de service livra le trophée et on alla se faire voir ailleurs. Lui, n’alla pas trop loin. Pris d’un stupide malaise, il s’effondra comme une masse à la sortie du tombeau.
Prétendre que la chaleur l’avait abattu était si idiot qu’il ne tenta même pas ce prétexte. En fait, il n’avait pas envie de dire quoi que ce soit, seulement de boire des litres d’eau fraîche et de se rouler en boule dans un coin pour dormir 200 ans. Comme en songes, il entendit que John avait été piqué par un scorpion. Lui, sombrait tranquillement dans un abîme inconnu…
On lui faisait avaler quelque chose d’amer et doux en même temps. Tiens, c’était Alix qui se penchait sur lui.  Après, c’était chaud et piquant, c’était Ysaline.  On le forçait à se lever, marcher…il fallait qu’il marche, allez savoir pourquoi. Michael et John le soutenaient, l’encourageant à se bouger, sauf qu’il n’avait pas envie. Fallut s’y mettre, ces deux-là ne lâchaient pas prise si facilement.
Leur drôle de mission prit du retard. À cause de lui. Solidaire, le groupe se maintiendrait soudé. Merci beaucoup.  Force potions et autres « délices » Max se sentit assez d’aplomb pour affronter l’étape suivante.
 
Lac Issyk-Köl. Kirghizistan. Le second lac de montagne le plus grand du monde après le Titicaca. Selon la légende, il existait des ruines d’un ancien monastère, englouti dans le lac, en l’espace d’une nuit, lors d’un terrible  cataclysme. Et l’indice, fourni par l’esprit d’une femme kirghize ayant visité de nouveau Megan, les conduisit sur la berge sud, la plus solitaire. On était là à la frontière des mondes, sur l’ancienne route de la soie, entre les crêtes de montagnes, face à un lac salin…
 
Va falloir plonger !,  grommela Max.
 
On plongerait donc…
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Re: SOS Fantômes

Message par Michael De Brent le Mar Juin 17 2014, 23:15

Deux jours de relâche en Italie. Ils l’avaient bien mérité. Impossible d’ignorer qu’on commençait à lui en vouloir de ce train de diable mené jusque-là. Personne ne disait rien mais Michael était bon juge de caractères. Il exigeait sans rien demander, fonçant  tête en bille, forçant les autres à le suivre. Curieusement celui qui  l’encadrait le moins était celui en qui il déposait toute sa confiance. John Smith, pas son nom, le plus sûr. Drôle de pion, secret comme pas deux, discret mais assuré. L’homme savait son affaire et ce n’était pas cela qu’on apprenait en courant les rues.  Ex-soldat ? Peut-être, quoique Michael le cernait mieux comme agent spécial, il donnait bien le profil, en tout cas. Impossible d’en savoir plus,  depuis leur rencontre à peine s’ils avaient croisé quelques mots.
Von Falkenberg était une autre paire de manches. Déjà à l’école, il s’était démarqué comme le « outsider » par excellence. Pourtant, le gars avait tout ce qu’il fallait pour être un Serpentard remarquable, sang, famille, fortune, mais non, sa seule ambition, la risée de la maison, était vivre chez les moldus et devenir l’un d’eux. Il y avait réussi, selon ce que Michael avait entendu dire, et fort bien d’ailleurs. De tous, c’était de lui que Michael attendait le moins de bienveillance et pourtant Max avait passé un trait radical sur le passé, ne lui en voulait même pas de l’avoir ignoré à Tchernobyl et là, même s’il avait l’air à bout, continuait vaillamment à lutter pour une cause qui ne le regardait même pas de loin.
Des femmes, celle qui l’intriguait le plus était Megan. Cette moldue obstinée, curieuse et d’humeur incomparable lui donnait matière à réflexion. Elle était là, accroché à Smith par amour, quoi d’autre  mais aussi par une soif inaltérable de savoir et un sens du devoir admirable.
Qu’Ysaline s’ajoute à leurs rangs, sans préavis, l’avait surpris, la croyant trop engagée à Ste. Mangouste et surtout à veiller sur Erik et Opal. Que cela se produise après l’épisode ukrainien alors que Max donnait des signes de défaillance, suffit pour lui mettre la puce à l’oreille.  Alix, qui devait, sans aucune doute avoir le fin mot de l’affaire, ne voulut rien dire, à part des sous-entendus qu’il  dut interpréter à la comme on peut.
IL devait sans doute la vie à Max, qui l’avait plaqué à terre pour lui éviter d’être transpercé par le dard de la manticore. Il devait la vie à John, il devait la vie à tous et chacun. Il s’état comporté, tout au long de cette odyssée comme un tyran arrogant, imbu de soi et parfaitement odieux.
 
* Erik est mon frère, pas le leur…je lui dois ça…c’est de ma faute s’il est dans ce pétrin monstre…mon pauvre petit frère…sa femme, ses gosses…et tout parce qu’Ariana me hait…moi !*
 
Jeu débile avec la manticore. Il avait vécu ces moments débiles comme en songes, dopé par son seul sens du devoir à accomplir. Qu’avait-il dit ? Ou pas ?...Personne ne devait soupçonner qu’il était aussi à bout que les autres. La confusion, le désarroi, l’angoisse. Seul un entraînement exténuant faisait possible tenir le coup et sembler plus fort qu’il ne l’était, alors que son seul et unique désir était fuir de cette horreur, rentrer chez lui avec son Alix et oublier que le reste du monde existait.
 
Cela faisait des siècles que je ne m’étais pas tant amusée. Le trophée est à vous !

Butin en main, ils avaient déguerpi  au plus vite, et voilà que Max s’effondrait. Coup de chaleur ? Trop d’émotions ? Ridicule ! Pas un gars comme lui !
 
Je m’en charge…on se retrouve à l’hôtel !
 
Et il n’allait pas bien. Alors là pas du tout. Quand il réussit à happer sa femme entre ses allées et venues, Michael ne se priva pas de poser toutes les questions qui lui pesaient sur le cœur, sans lui laisser pratiquement d’autre sortie que passer aux aveux.
 
POISON !?...Irina…mais pourquoi ? Enfin, je pourrais comprendre qu’elle m’ait visé moi mais…Max ?..., un bref commentaire d’Alix lui revenait à la mémoire, …Il se peut…Oh, diables…elle l’a pris pour quelqu’un d’autre…cela ressemble bien à Ariana, elle détestait Justin…Sais pas comment elle s’y est pris…mais j’imagine que…oui…Grand, blond…ben ça correspond pour tous les deux...Ariana a sans doute pensé que ce serait Justin qui…QUOI ? Tu ne sais pas ?...Faut retrouver cette folle et…Oui, je comprends…de vie ou de mort…combien de temps ?
 

Le délai donné le sidéra. Si court !
 
Je devrai y aller, alors…Ma chérie, je dois aller la chercher, lui soutirer la vérité…et l’antidote, cela va de soi…Non, je ne pense céder à qui que ce soit…Je t’aime, Alix…toi et rien que toi…t’en fais pas, mon ange, je connais d’autres moyens pour soutirer un aveu à une femme qui n’impliquent pas nécessairement coucher avec…même si c’est très agréable !, assura t’il en déposant un baiser sur l’épaule de sa merveilleuse femme, Pourquoi ne pas me l’avoir dit avant ?...On aurait pu…
 
Alix  le fit taire comme seule elle savait le faire, ce qui n’empêcha pas Michael de poursuivre avec sa petite idée.
 
Faudra que j’y aille…oui, je sais, du mois j’espère savoir, où la trouver…Non ! Ne dis rien à Ysaline…Vaut mieux pas, je sais ce que ça donne une femme furieuse…je règle ça seul…Quel genre de doute peux-tu avoir, mon ange ?...À part de t’aimer de tout mon être et cœur…suis lié à toi par un Inviolable, tu ne l’as pas oublié quand même…mon sens du devoir ne va pas aussi loin et je ne veux que vivre très longtemps avec toi à mes côtés…
 

Irina fut très surprise. Terriblement, en fait. Elle ne s’était jamais attendue à le revoir et encore moins avec cette expression mauvaise  qui ne promettait rien de bon. Elle était sorcière, mais il était plus rapide.
 
Tu devrais savoir, depuis le temps, qu’une balle va plus vite qu’un sortilège, ma belle…j’ai besoin d’une petite explication  et tu sais de quoi il s’agit !
 
Elle pâlit, sans essayer même de se défendre, le fixant  d’un  regard épouvanté.
 
Je ne peux rien dire…Elle a tout prévu…tu sais…tu la connaissais…
 
Il se douta bien de quoi il s’agissait mais demeura imperturbable.
 
Dans notre métier, Irina, on doit savoir quel maître on sert…C’est le risque à prendre…tu as choisi le mauvais !
 
Tu es un traître, Michael, un très beau traître mais…tu as trahi nos principes les plus sacrés…Ariana avait raison…
 

Soit, mais tout comme elle, je ne connais de pitié pour ceux qui me trompent…tu as voulu tuer un de mes amis et cela me sied très mal…je veux simplement  avoir l’antidote, après tu pourras t’arranger avec tes engagements.
 

La belle Irina eut beau se résister, Michael  savait comment la circonvenir, ce qui adviendrait d’elle lui importait peu.
Ysaline veillait au chevet de Max, qui semblait aller au plus mal.
 
Je pense que ceci fera l’affaire, dit-il, en lui tendant une fiole, vais dormir un peu…on devrait pouvoir y aller dans deux jours…trois au plus…Erik va mal…Non, c’était à moi que revenait de le faire, Ysaline…Max a risqué sa peau …je lui dois ça et bien plus…Irina ? Ne te soucie plus d’elle, son compte a été réglé…Elle ne voulait pas tuer Max, en fait…mais s’est trompée en pensant qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre…Oui, je sais que ça revient du tout au même, mais oublie ça…c’est fini ! Non, Ysaline, plus rien à faire…Irina est morte…Non, je ne l’ai pas tuée…pas directement du moins…je l’ai simplement obligée à rompre son serment, la suite est venue toute seule, satisfaite ?...Maintenant, si tu le permets, vais me reposer !
 

Alix , abstraite dans sa lecture ne l’entendit pas s’approcher. En se penchant il déposa un baiser sur sa tête, ravi de la voir lâcher son livre et lui sauter au cou.
 
Voilà, c’est fait…plus de souci de ce côté-là…Oui, mon amour, Ysaline doit être en train d’administrer l’antidote…Tout va aller bien, c’était son souhait le plus sincère, suis un peu claqué…Elle est morte, Alix…Non, un Inviolable que je l’ai obligée à rompre !...Gages du métier, oui !
 
Après quelques heures de repos bien gagné, Michael et Alix rejoignirent John et Megan sur la terrasse surplombant le Nil. Ysaline, beaucoup plus tranquille, s’ajouta plus tard au groupe. Les nouvelles étaient bonnes, Max réagissait favorablement à l’antidote et dormait, paisible. Sur ces entrefaites, Megan annonça avoir été de nouveau visitée, cette fois par une femme kirghize. Aveu remuant s’il en est qui fournit l’indice sur leur prochaine destination.
 
Nous partirons que quand Max sera sur pied…profitons-en pour nous ressourcer un peu, nous aussi !
 

Trois jours de farniente ? À d’autres, au moins ne couraient-ils pas le monde, mais employèrent leur temps à recueillir toute l’information possible sur l’endroit  de leur nouvelle quête. Le lac Yssik Köl dans la lointaine Kirghizstan.
 
Je savais Ariana folle, mais là, elle a fait des efforts d’imagination…dans le seul et unique but de me pourrir la vie ! Oui, John, elle s’est attaquée à Erik, sachant que par ce biais elle m’atteignait, moi …elle savait très bien que je ne laisserais jamais mon frère dans l’embrouille…C’est une histoire tordue, comme la plupart de nos histoires, Megan…mais on en parlera une autre fois, je le promets, maintenant…occupons-nous de notre affaire !
 
Pas exagérément froid, seulement -6°C, pour ce matin de Février. L’air était sec, cinglant. Le lac, aux eaux limpides, scintillait sous le soleil. La rive, déserte, était d’une rare beauté, mais ils n’étaient pas là pour juger la qualité du paysage. Leur but se trouvait là, quelque part, au fond de ce lac si particulier. Max avait résumé leurs soucis, presque avec humour :
 
Va falloir plonger !
 
Ce qui n’était pas évident. La température de l’eau de ce lac, dont le nom signifie « lac chaud » n’était que de 4°C. pour s’adonner à la plongée, il faudrait un équipement spécial, qu’ils ne trouveraient pas dans le coin. Ce fut encore Max, en bon connaisseur , qui apporta la solution, leur laissant le soin de bâtir un campement performant, le cher homme s’enfuma avec un sourire.
 
Au moins, on peut dire qu’il s’est bien remis !...En attendant, fixons les paramètres, selon le message transmis par Megan,  l’endroit que nous visons se trouve à une vingtaine de mètres sous l’eau…et puisqu’on parle de salle du trône, on va supposer qu’il s’agit d’un palais, peut-être celui de Tamerlan…Oui, je pense que ça correspond bien à ma sœur…en fin de comptes, Tamerlan était un type sanguinaire à souhait, cruel et tout-puissant, qualités admirables, à son avis !...Non, ma chérie, tu ne viendras pas, c’est trop risqué…Ysaline et Megan ne seront non plus de la partie…Désolé, mesdames, on ne discute pas ce point !
 

Elles ne semblèrent pas trop contrariées avec cette décision et préférèrent s’occuper à donner un peu de confort à leur intérieur, plutôt basique.
Max fut de retour en début de soirée avec l’équipement nécessaire en assurant que c’était le dernier cri en technologie pour plongées en conditions difficiles.
 
*Mec plein de recours, s’il en est…je me demande où il a été dénicher tout ça, si vite !*
 
La réponse vint en son temps et ne laissa pas de le surprendre.
La température avait dramatiquement chuté pendant la nuit, mais le jour se leva, clair. La surface du lac lisse comme un miroir était rassurante, mais les plongeurs savaient que cette apparence pouvait être très trompeuse. L’eau était merveilleusement claire et la visibilité fantastique. Le micro adapté à leur masque, leur permettait de se communiquer et ils suivaient les indications que donnait Max, à qui Michael avait cédé le commandement, compte tenu de son expérience en la matière et du fait qu’il avait déjà exploré ces lieux auparavant.
Ils ne tardèrent pas trop à voir les premiers contours de ce qui pouvait être, avec de l’imagination, un pan de muraille. Et c’est justement de là que surgit la première menace.
 
Des strangulots !!!
 
Les petites créatures se montraient particulièrement féroces et nombreuses. Elles leur tombèrent dessus, hargneuses, leur donnant tout le mal du mande pour s’en défaire.  John n’en avait vu un de sa vie, par contre Michael et Max en gardaient des souvenirs pas toujours heureux, de leur temps à Poudlard.  
La suite ne fut pas moins hasardeuse avec l’apparition de sirènes  enragées et de tritons peu amicaux. Lutte assez inégales, mais les trois sorciers n’avaient rien d’innocents touristes faciles à effrayer.
 
Il y a une entrée…par-là !!!, Michael  se défit du triton mal luné qui le menaçait de son trident et nagea le plus vite possible vers le portail à demi écroulé, couvert de  végétation lacustre. Sans le penser deux fois, il s’y engagea. Les autres ne tardèrent pas à le suivre.  On fit une halte pour mesurer les dégâts.  Déchirures dans leurs combinaisons, qu’il fallait réparer au plus vite sous peine de voir l’étanchéité et isolation compromises.
 
Ça ne me plait pas du tout…ils ne nous ont pas suivis…mais regardez ça…, il signalait une clarté inusuelle, provenant du fond du vaste couloir, ou semblable, où ils se trouvaient , je pense qu’on est près du but…
 
La salle du trône. Endroit jadis splendide, sans aucun doute, à présent envahi d’algues, offrant n’empêche un spectacle surréaliste. Une percée au plafond laissait passer, malgré la profondeur, la lumière du soleil, éclairant CE qui occupait la place du maître de céans.
Quel nom donner à cette créature hideuse, mi femme, mi serpent, à la chevelure ondulante composée de vipères d’eau s’agitant dans tous les sens ? Une espèce de Méduse, croisée de chimère ?  En découvrant les intrus, elle s’agita  et commença à onduler vers eux. Ce n’est qu’alors qu’ils reconnurent ce le monstre tenait dans ses bras : un torse humain…un torse de femme !
Michael dut faire un effort pour vaincre la nausée qui le secoua et il en alla sans doute de même pour ses compagnons. Pendant un instant, il resta tétanisé face à cette vision d’horreur et si ce n’avait pas été par la réaction de John, un éclair fulgurant issu des doigts de la chimère l’aurait réduit en cendres. La riposte des sorciers fut énergique, mais finalement Max régla l’affaire à la moldue, avec son harpon. Un crochet fiché en travers la gorge, la créature vacilla, lâchant sa prise, émettant d’atroces gargouillis noyés, rougissant l’eau de son sang…
 Michael ne sut pas trop bien comment il avait franchi les paliers de décompression ni parvenu à la plage où leurs femmes attendaient.  À peine s’il parvint à enlever son casque et prendre une bouffée d’air, ce fut comme si une main glacée lui étreignait la gorge et pour la première fois en bien d’années, un chagrin sans nom l’accabla. Tombé à genoux sur le sable, Michael pleurait comme un enfant perdu.
On ne s’attarda pas en ces lieux.  À Londres, les nouvelles n’étaient pas des meilleures, l’état d’Erik était jugé critique par les éminences penchées sur son cas.
 
Si nous ne trouvons pas à temps ce qui manque…ce sera trop tard…*Pour tous !*…
 
Ce soir-là, Megan eut une nouvelle révélation, d’indéniable clarté.
 
« Au creux de la lave, Masaya garde le cœur. Un dernier sacrifice, l’ultime, sera nécessaire pour accéder à l’enfer. »
 

À bon entendeur !

La croix s’élevait dans le ciel clair. Solitaire gardienne de l’espoir.
 
C’est la fin de la quête…Je t’aime, Alix…plus que ma vie !
 
Le sacrifice ultime…
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Re: SOS Fantômes

Message par Alix Blackstorm le Mer Juin 18 2014, 22:30

Pour certains chasser les fantômes était un métier, voire un amusement. Pas pour eux, ni surtout pour Alix qui voyait ses forces décliner à chaque nouvel investissement d’esprits. Par « veine » pour elle, une autre avait été « choisie » pour la transmission des messages de l’au-delà.
Ainsi, ils se retrouvèrent dans un très luxueux hôtel de Louxor. Mais, à peine installés, ils reprirent leur expédition vers la vallée des reines. L’enthousiasme du début de l’aventure n’y était plus et l’on sentit la fatigue peser de plus en plus sur les épaules, plus sur certaines que d’autres apparemment dont Max, apparemment. De jour en jour Alix lui trouvait l’air moche. Est-ce pour cette raison qu’il se reposa un instant en posant son postérieur contre le rebord du cercueil de pierre ayant jadis reçu les sarcophages contenant la dépouille de la noble Tyti ? Sacrilège ? Probablement pas, plutôt un concours de circonstance puisque au même moment Alix et Meg suivaient les contours de fresques identiques sur les murs opposés. Versée dans beaucoup de domaines, Mrs. De Brent venait d’y lire un avertissement qui, malheureusement vint trop tard et, sans un réflexe de Smith, plusieurs auraient reçu des fléchettes.  Plus loin dans le boyau découvert, une Manticore joueuse leur proposa une partie de mehen. Y gagner ne fut pas simple car la gardienne truquait la donne. Qu’à cela ne tienne, on tricha aussi et gagna !
On se crut en droit de se la couler douce, que non ! Von Falkenberg donna des signes alarmants de faiblesse et on eut bien du mal à le sortir de-là. En aparté avec Ysaline, Alix reçut la terrible confirmation de leurs soupçons quant au poison employé par Irina : sans l’antidote, le mal progresserait encore. Tenir les autres à l’écart était devenu impossible. Évidemment, Michael explosa :
 
POISON !?...Irina…mais pourquoi ? Enfin, je pourrais comprendre qu’elle m’ait visé moi mais…Max ?...
 
*Elle vise ceux qu’elle te savait aimer…*
 
La conclusion leur sauta aux yeux. Grand, blond, bien bâti, avec une telle description donnée par Ariana, sa copine aurait pu confondre Justin et Max.  
Effondré par la révélation, Michael prit la décision redoutée d’Alix :
 
 Je devrai y aller, alors…
 
C’est peut-être une façon détournée de t’amener dans ses filets. De grâce Michael, ne fais rien que tu puisses regretter.
 
Il lui jura amour et fidélité mais ce n’était certes pas la plus grande crainte de son épouse. Connaissant son Michael, il risquait de dépasser des bornes bien pis qu’une coucherie pour la bonne cause !  Elle l’avait vu à l’œuvre, savait de quoi il était capable pour soutirer des aveux, c’est cela qui l’horrifiait.
Puisqu’il l’avait décidé… il s’évapora, persuadé connaître la retraite de la belle Russe.
Que faire d’autre en attendant que de soulager du mieux possible l’homme souffrant ? Sans relâche, elle aida Ysaline qui, parfois, sembla prête à perdre la tête d’autant qu’un souci d’en ajoutant à un autre, John fut pris d’une fièvre violente. Là, ce fut au tour de Megan de perdre les pédales.
 
Ça ressemble à une piqûre de scorpion. Pourquoi tu n’as rien dit, John ?  
 
Ces hommes et leurs secrets… Les femmes aussi avaient les leurs, m’enfin…
 
La potion administrée à John donna les signes escomptés, néanmoins Alix resta soucieuse et, de son sac à rallonge, sortit un volume consacré aux poisons antiques où elle se plongea en oubliant le décompte du temps si bien qu’elle sursauta lors d’un contact avec sa chevelure.  Adieu poisons, sortilèges et autres, IL était de retour, IL n’avait rien, IL n’avait tué personne… directement.  
Avec le bon antidote, Max allait se remettre, autant profiter du répit octroyé avant la nouvelle révélation de Megan portant sur un lac d’Asie.
 
Beau paysage ! Couverts comme il se devait, tous n’en regardèrent néanmoins pas moins avec appréhension les eaux calmes sous le ciel limpide.
 
*Plonger ? Il est fou, Max !*
 
Et pourtant…
Lorsque Von Falkenberg alla quérir Dieu sait où des combinaisons spéciales pour profondeurs glacées, Alix ne put s’empêcher de plisser le nez envers Michael :
 
Tu penses vraiment à nous flanquer dans ce clair gaspacho ? Tu sais que suis pas experte…
 
 Non, ma chérie, tu ne viendras pas, c’est trop risqué…Ysaline et Megan ne seront non plus de la partie…Désolé, mesdames, on ne discute pas ce point !    

Aucune n’y voyait d’inconvénient, ouf !  
 
On monta l’abri, sorte de yourte… façon sorcier. De l’extérieur, rien de fameux ; dedans… faites confiance aux dames, messieurs !  
Bien au chaud dans leur alcôve privée, Alix ronronna aux creux des bras aimés :
 
Cesse de jouer les fanfarons avec moi, mon amour. Je ne suis pas dupe, tu sais ? Tu es aussi, sinon plus, claqué que tous…
 
Elle adora sa façon de nier l’évidence mais tint bon dans ses recommandations tout en se posant cent questions sur l’équipement à porter le lendemain :
 
Vous pourrez communiquer ?... Vous n’aurez pas froid ?... Et si ça se déchire, il arrivera quoi ?... etc. Tu feras attention, hein ? Et sois attentif à John… sais pas, quelque chose ne va pas…   
 
Trois drôles de scaphandriers pour affronter Merlin sait quoi. Aucune des filles n’eut goût à fêter le plongeon de son compagnon. Elles plongèrent d’une autre façon, sous la chaleur de la yourte agrémentée, autour de son feu sans flammes.
Alix distribua à ses compagnes un godet d’une préparation maison qu’elles reniflèrent, méfiantes :
 
Nous savons toutes où nous en sommes, non ? On doit se soutenir quoiqu’il advienne maintenant.
 
Megan voulut objecter, elle lui coupa la chique :
 
Tu n’as aucune idée de ce qui pourrait arriver même si les esprits qui te visitent te confortent dans cette voie… Je ne t’en veux pas, tu es novice : on est tous et toutes dans le même bain … n’ironise pas Megan ! Ceci est loin d’être une plaisanterie. Tu rigoleras moins si Ysaline comme moi te confirmerons que ton John n’est pas sorti de l’auberge…  
 
Ah, elle avait enfin son attention mais défendit son opinion.
 
… qu’il ne présente plus de symptôme ne signifie pas, hélas, qu’il ne se passe plus rien !... ben oui, attendre et le surveiller…

Elles discutèrent encore de l’affaire tout en préparant à manger sauf que Megan n’était d’aucune utilité à cette tâche, ou si peu. Il fallait bien tuer leur angoisse quant à ce qui pouvait encore se tramer dans les eaux du lac. Au bout de trois quart d’heures, elles se relayèrent à la surveillance de la surface et quand Ysaline cria, les deux autres accoururent à la rescousse.
 
Une, deux, trois têtes émergèrent ! La joie qui submergea Alix de voir son Michael intact fut de courte durée en raison de l’affreuse chose qu’il ramenait : un tronc à la poitrine sciée.  Ensuite, De Brent craqua et, pour un peu, Alix aurait pleuré avec lui. Ne pouvant rien faire d’autre que de le consoler, elle l’enserra fortement en le berçant, le temps que ça passe.  
 
De retour dans la grisaille londonienne, on passa voir comment se portaient les Nielsen. Le spectacle offert par Erik était désolant. Très agité, on avait dû l’attacher et les doses de calmant frisaient la létalité.  
Puis vint un dernier message de l’au-delà :

« Au creux de la lave, Masaya garde le cœur. Un dernier sacrifice, l’ultime, sera nécessaire pour accéder à l’enfer. »  
 
Alix sentit un grand froid l’habiter, une angoisse sans nom l’investir. Elle connaissait suffisamment Michael pour traduire le moindre de ses battements de cils et ce qu’elle vit la glaça d’autant plus.  
 
*Je ne te laisserai pas faire, mon amour !*  
 
Tandis que les autres se penchaient sur la topographie du volcan nicaraguayen, elle se plongea avec fièvre dans une autre étude. Ses grimoires l’informèrent en conséquence mais l’ampleur de la tâche était énorme. D’abord, faudrait convaincre Michael et, là, elle était quasi certaine de sa négation.
Aux grands maux, grands remèdes ! Bourrelée de remords, elle drogua la boisson de son époux qui s’endormit d’une masse.  Convoqués, les autres n‘en crurent pas leurs oreilles lorsqu’elle dévoila son plan d’action. Les objections fusèrent violemment, seule Ysaline sembla piger où elle voulait en venir et l’assura direct de son appui.  
 
… Merci ! N’allez pas croire que je sois folle ou suicidaire, assura-t-elle aux sceptiques. On y va Ysaline ?
 
 Ste Mangouste disposait du laboratoire le plus performant qui soit disponible. Le Dr Von Falkenberg y ayant ses entrées à toutes heures du jour ou de la nuit, personne n’osa contrer les deux sorcières qui travaillèrent d’arrache-pied à deux formules distinctes.  Une drôle de cuisine s’élabora.  
 
Frais et dispos, même si encore plus sombre qu’à l’ordinaire, Michael ne se doutait toujours de rien en arrivant au sommet du volcan principal. Manifestement, il se croyait investi d’une mission aussi expiatoire que fatale.
 
C’est la fin de la quête…Je t’aime, Alix…plus que ma vie !
 
Et je t’aime toi plus que la mienne, Michael. Jamais je ne t’abandonnerai seul à ce piège d’Ariana. Bois ceci, je bois aussi, les autres savent quoi faire.  
 
Elle anticipa son déni et avala aussitôt la moitié de la fiole en souriant, sourire qui s’accentua en retrouvant son époux au bord du lac de magma.
 
Nous avons une heure, mon amour !
 
60 minutes pour trouver le cœur, le saisir avant que leurs copains ne les ramènent à la vie au sommet où ils s’étaient éteints.
 
Ils puaient le roussi en revenant d’outre-tombe mais un organe palpitant ils rapportaient.  
Leurs amis les rapatrièrent et la chambre froide de Londres où tous les débris d’Ariana De Brent s’accumulaient allait recevoir le dernier trophée.  Tous, à divers degrés, étaient exténués.
Soudain, John fut pris du haut mal. Megan, paniquée ne sut à quel saint se vouer. Max et Ysaline pressèrent Michael d’en finir.  
Placer le cœur à son emplacement semblait la seule issue pour boucler la boucle.  
Lorsque, dans le brouillard qui s’épaississait de sa conscience, Alix entrevit le geste ultime de Michael, elle cria :
 
NE FAIS PAS ÇA !
 
On la regarda comme une aliénée.
 
RÉFLÉCHIS ! On s’est fait avoir en beauté, dans les grandes largeurs, tous autant que nous sommes !  Je suis persuadée que donner ce cœur à ce corps reconstitué va tous nous détruire, Erik en premier ! … non, je ne divague pas ! N’as-tu rien remarqué ? Vous non plus ? Lui rendre son coeur rendra la vie à ta sœur ! Mais pas par ces restes-ci, pas du tout ! Elle s’est appropriée Erik à chacune de nos trouvailles. C’était VOULU !!  DÉTRUIS-LE ! Qu’elle le bouffe elle-même !!
 
Quand les mâchoires de la défunte broyèrent sa source vitale, des cris épouvantables les assommèrent avant que les reliquats accumulés ne s’enflamment…
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Alix Blackstorm
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Re: SOS Fantômes

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