De qui se moque-t-on?

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De qui se moque-t-on?

Message par Angel Grisham le Dim Fév 02 2014, 15:21

Pour une surprise, c’en était une de taille ! Ce grand type, là, était le Duc de Gilmore ? Bouche bée, Angel le dévisagea très irrévérencieusement de la tête aux pieds puis des pieds à la tête. Ce procédé n’eut pas l’heur de plaire à l’éminent personnage à qui elle barrait le passage. Il ordonna :
 
À moins que vous n’ayez une bonne raison de vous incruster, faites place, Miss…
 
Grisham. Je suis Angel Grisham, une… amie de J.O, et…
 
Un sourire méprisant, quasi outré, lui répondit :
 
J.O… je ne connais personne de ce nom ridicule, Miss Grisham.
 
Excusez-moi d’insister votre Grâce, il s’agit de votre fils que je devais…
 
Les fréquentations de cet individu sont bien à l’avenant de son comportement. Je n’en discute jamais. Cédez la place, Miss Grisham, il suffit !
 
Ce ton hautain était si offensant qu’Angel vit rouge :
 
Il s’est battu bravement, il mérite, de…
 
La virulence n’était pas de mise en cet endroit. D’un geste le Duc ordonna à ses gardes d’écarter de son chemin cette indigne fauteuse de trouble. Saisie de chaque côté des bras par deux sbires, elle n’eut pour défense que sa langue :
 
Dites-moi au moins comment il va ! Votre Grâce… votre Grâce…
 
 Ils allaient l’éjecter comme une malpropre quand un individu en perruque poudrée s’interposa :
 
Miss Grisham, vous venez de commettre une grave infraction au code 10 pour outrage à un éminent membre du conseil. En conséquence, vous serez détenue en l’attente du procès statutaire. Emmenez la prévenue !  
 
Complètement abasourdie, Angel se laissa conduire par des escaliers jusqu’au niveau 9 où, sans un mot, on la boucla.
 
Mais qu’est-ce qui se passe ? parla-t-elle aux murs nus. Je deviens folle ou je ne suis pas… une fois de plus, à la bonne époque ? Je ne vois que ça : le djinn s’est planté !  
 
Son cachot résonna longtemps d’imprécations diverses à l’encontre du farfelu esprit d’Orient en particulier et de la noblesse, en général. Puis l’abattement la saisit.
 
*Un procès, manquait que ça à mon CV sans tache ! Qui voudra engager quelqu’un avec un casier judiciaire ? De plus, je n’ai pas de baguette, eh merde !*

Bah… J.O arrangera ça avec son père… sauf si, bien sûr, avec les changements… il ne me connaît pas…      
 
Cette possibilité la fit beaucoup pleurer.
Effondrée sur sa paillasse, elle se lamenta des heures durant pour, finalement, tomber de fatigue.
Lorsqu’elle se réveilla, elle ignorait le temps écoulé. Une heure, plus ? Son estomac gargouillant, elle estima avoir sauté le déjeuner. Par la lueur de la lampe à huile accrochée au mur, Angel détailla sa prison. On ne gâtait pas les occupants, pas à dire. Une cuvette, un pot d’eau, un seau, voilà tout avec une couche douteuse en sus.  Un bruit de clés dans la serrure fit bondir Angel sur ses pieds et accéléra les battements de son cœur.
 
J.O ? cria-t-elle pleine d’espoir.  
 
Hélas, il ne s’agissait que d’un gardien lui apportant un sandwiche fané qu’elle ne regarda pas, se ruant sur le garde :
 
J’exige de parler à un défenseur ! Je suis une amie du fils du Duc de Gilmore et aussi de Justin Davenport !
 
Notre héros ? Vous connaissez notre héros !
 
Ben… oui ! Il est là ?
 
Sûrement ! Mais le colonel est trop occupé depuis qu’il a arrêté l’infâme De Brent ! Votre procès aura lieu sans doute demain. Bonne nuit, Miss !  
 
QUOI ???
 
Sous le choc, elle se rassit sur son « lit ». Si Justin avait arrêté son meilleur ami c’est que, décidément, quelque chose tournait de travers ici ! Jusqu’où cette anomalie portait-elle ? Ce n’est pas au fond d’un trou pareil qu’Angel le découvrirait. Qu’allait-elle faire ? Pas question de moisir dans cette cambuse, en tout cas. Une évasion aggraverait son cas ? Tant pis, elle prit le risque et se mit à brayer à tue-tête :
 
Au secours ! Pitié ! Appelez un médecin ! On m’a empoisonnée, je meurs ! Au secours !
 
Elle fit un beau chambard en veillant à le ralentir progressivement comme prise de malaises.
 
Pitié… à l’aide… je…
 
Elle renversa ses maigres avoirs, provoquant un boucan inratable. Dès qu’elle perçut le cliquetis des clés, elle se transforma en chat et se tapit. Le gardien eut beau fouiller la cellule, il ne trouva rien pas plus qu’il ne vit une belle chatte siamoise se faufiler entre ses pieds pour courir vers la liberté.  
Combien de temps le petit félin galopa-t-il ? Peu importe. Dans la nuit noire, tous les chats sont gris. Oui, il utilisa divers moyens de transport – taxis, voiture, moto – n’empêche la majorité du trajet se faisant à pattes, il arriva crevé à destination. J.O l’y avait emmenée une fois dont elle se souvenait parfaitement. Connaissant un peu les lieux, Angel trouva la faille pour se faufiler à l’intérieur. La maisonnée complète roupillant, elle n’eut aucun mal à orienter sa forme vers l’étage ouù, au flair, elle repéra la porte de la chambre de J.O.
 
*Courage Angel ! C’est bientôt terminé !*
 
Un bond sur la poignée, deux, trois, elle parvint à ses fins et put entrer.  Un doux ronflement la guida mieux qu’un phare. Matérialisée au chevet du bel endormi, elle dut néanmoins déchanter car toutes ses tentatives d’éveil, de la plus tendre à la plus musclée, s’avérèrent nulles.
 
*Envoûté, merde !*
 
Ne restait qu’une option : attendre.
Si un intrus devait entrer, il ne trouverait rien qu’un J.O endormi avec un siamois dans les bras.  
 
Les animagi ne parlent pas, dommage. Angel en aurait murmuré des choses à l’oreille du dormeur. Mots tendres, excuses, regrets, soupirs, rien ne s’émit. Le chat le plus triste du monde, terrassé de fatigue, s’endormit aussi.
Des remous anormaux sous son corps forcèrent Angel à déguerpir au plus vite du vaste lit où elle avait reposé longtemps. Encore sous forme féline, elle se glissa sous le lit où elle attendit, en émoi.  Se montrer ou pas ? Elle hésita :
 
*S’il ne se souvient pas de moi, on sera fins…*
 
Elle vit des pieds se poser au sol, enfiler des pantoufles et se diriger vers, sans doute, la salle de bains.
Se doucher ? Quelle veine ! Elle en aurait eu besoin, elle aussi.
Risquant une moustache hors de sa cachette, la siamoise évalua mieux les lieux. À peine eut-elle le temps de courir se réfugier près d’un meuble que J.O réapparaissait dans toute sa splendeur… d’Adam. Si un chat pouvait rougir, celui-là l’aurait fait. Certes Angel avait eu le loisir d’admirer J.O en petite tenue auparavant mais pas à ce point !  Gênée, elle détourna son regard, patientant jusqu’à ce qu’une tenue correcte ne couvre cette musculature… impressionnante.  Elle aurait attendu indéfiniment ainsi, dans l’espoir de savoir à quoi s’en tenir sur le compte de ce J.O s’il n’avait eu le malheur de mettre un pied sur un bout de queue qui dépassait dessous la commode.
 
Aïe ! cria-t-elle en reprenant instantanément sa forme humaine.
 
Du coup, elle se retrouva drôlement coincée par le meuble auquel elle se cogna la tête.
Mal au fondement, mal à la tête, ce fut une Angel mal en point qu’extirpa de sa retraite un J.O aussi assommé qu’elle :
 
… Ouais, c’est moi ! … non, je ne veux pas de glaçons, je veux piger !  … Ah… au moins ça !
 
Il savait tout, était exactement comme avant quoique effaré par les évènements.
C’est fou ce que cela fit du bien à Angel d’être reconnue, chouchoutée par tant d’attentions.
Une compresse froide sur sa bosse plus tard, elle lui narra son « retour » :
 
Je suis allée te chercher au ministère et suis tombée sur… ton père !  

Il était aussi paf qu’elle par cette résurrection dont il lui raconta le peu su.
 
… Il n’est pas commode de tout, sa Grâce ! J’ai pas pu en placer une avant d’être mise en détention pour outrage à un noble ! Je ne voulais que de tes nouvelles, et…
 
Ce baiser fut le plus merveilleux de tous ceux rêvés. Il l’aimait malgré tout et tant de fidélité ne pouvait qu’enchanter la miss.  Elle riait et pleurait en même temps qu’elle lui rendait son affection :
 
Oui, affreux, mais… J.O attends… Attends, ce n’est pas le tout, on doit savoir ce…
 
Hum, hum !
 
Force fut de s’interrompre pour affronter un majordome pas très heureux :
 
Monsieur James, ceci n’est pas correct !
 
Cébius s’en prit verbalement plein la poire et, qu’elle le veuille ou pas, Angel fut entraînée à la suite d’un jeune homme furieux.
Direction : le bureau du paternel…
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Message par J.O West le Sam Fév 08 2014, 19:04

Il n’était pas seul. Plus sensation que certitude, mais cela l’aida à émerger lentement de la torpeur épaisse où l’avait plongé le sortilège paternel. La colère revint alors en force, le ferrant d’un crochet féroce, le faisant ouvrir les yeux. Toute sensation douillette de non-solitude le déserta.  J.O resta là, un moment, à fixer le plafond, dans la douce pénombre de la chambre. Il n’y avait personne à part lui. Au moins s’était-on donné le mal de l’installer confortablement dans son lit.
Combien d’heures avait-il dormi ? Les lourds rideaux ne laissaient passer qu’un soupçon de clarté, il devait donc faire jour.  Repoussant les draps, J.O se redressa vivement et sauta du lit, heureux de constater être solidement campé sur ses jambes, sans l’ombre de malaise abrutissant.
Si on n’avait pas changé l’ordre quotidien, Cebius ne tarderait pas à se pointer avec le café et ses « monsieur » à répétition, autant le prendre d’avance et se montrer décidé à finir avec cette farce absurde. Une douche le revigora et il se sentait d’humeur combattive en s’habillant.
 
Aïe !
 
Ce cri, accompagné de l’apparition d’une forme humaine en étroite posture pratiquement sous un meuble, eut l’heur de le surprendre mais encore plus en reconnaissant sa précieuse miss Grisham  qui se massait la tête.
 
Angel !...Dis-moi que je ne rêve pas !
 
Ouais, c’est moi !
 
Il l’aida à sortir de sa cachette, se préoccupant par le coup reçu mais elle déclina son offre de glaçons en réclamant des explications.
 
Tu veux piger ? Ben, t’es pas la seule !
 
Le plus prévenant possible, il l’installa dans un fauteuil et appliqua une compresse froide sur la bosse qui commencer à émerger sur son front. Mine chiffonnée, mise froissée, cheveux en folie, tout parlait des vicissitudes endurées et pourtant, jamais elle ne lui avait semblé plus adorable.
 
C’est merveilleux que tu sois ici, ma douce…
 
Elle raconta en peu de mots son retour à ce monde censé d’être le leur, tout semblait normal jusqu’à ce que…
 
Je suis allée te chercher au ministère et suis tombée sur… ton père !

J’ai su ça…fameuse surprise, tu me diras, suis resté comme deux ronds de flan en le voyant là…si vivant. Une affaire ultra secrète qui demandait sa disparition pour un temps, du n’importe quoi…

Il n’est pas commode de tout, sa Grâce ! J’ai pas pu en placer une avant d’être mise en détention pour outrage à un noble ! Je ne voulais que de tes nouvelles, et…
 
Tu as bravé mon père pour avoir de mes nouvelles…t’ai-je déjà dit que tu es une femme merveilleuse, mon ange ?

Si l’embrasser tenait du rêve, sa réponse encore plus. Ce qu’elle parvint à raconter entre deux baisers fiévreux avait de quoi lui retourner les sangs mais le délice de sa proximité l’emportait. Elle riait et pleurait en même temps, aussi abasourdie que lui de cette situation incompréhensible.
 
Tout doux, ma chérie…on arrivera au fond de tout ça…mais je t’aime et tu es là…
 
J.O attends… Attends, ce n’est pas le tout, on doit savoir ce…
 
Un très peu discret raclement de gorge les fit retomber abruptement sur terre.
 
Monsieur James, ceci n’est pas correct !
 
Monsieur n’était pas d’humeur, il fustigea le fidèle Cebius de son regard le plus mauvais et n’y alla pas par quatre chemins pour lui faire part de son animosité.
 
On va tirer ça au clair tout de suite !...Viens, ma chérie !
 
Mais Monsieur ne peut…ne doit pas quitter sa …
 
La ferme, Cebius, dégagez ! Et surtout n’essayez pas un de vos trucs magiques, sinon il va vous en cuire…

Le majordome avait sorti sa baguette, prêt à agir mais J.O fut plus rapide que lui et le désarma d’un tour de main après l’avoir envoyé valser sur le tapis.
 
MONSIEUR JAMES !
 
Mais pour alors, les jeunes gens galopaient dans le couloir, en maudissant sa malchance, Cebius n’eut d’autre ressource que les suivre.
Sa Grâce, le Duc de Gilmore travaillait dans son bureau. Il révisait un dossier particulièrement difficile quand la porte s’ouvrit à grand fracas et son fils, hors de lui, vint se planter face au somptueux bureau. Une jeune femme l’accompagnait. Howard Strang la reconnut à l’instant.
 
La fauteuse de trouble du Ministère… On m’a prévenu de votre fugue, Miss…
 
ÇA SUFFIT !, tonna J.O, ça suffit avec tes simagrées de grand seigneur…tu veux la jouer à la dure, et bien tu as trouvé avec qui !
 
Lentement, le Duc se redressa, majestueux et fixa sur son rejeton d'un regard acéré qui ne sembla pas émouvoir ce dernier. 
 
Oserais-tu, par hasard, proférer une menace à mon encontre ?
 
J.O eut un ricanement mauvais.
 
Figure-toi que oui. Tu es mal tombé, Papa, pour jouer les tout-puissants…suis pas un de tes larbins pour courber le dos chaque fois que tu lèves le sourcil…
 
TU ES MON FILS !
 
Ouais…quand ça te convient, suis ton fils…sans ça, on peut l’oublier, Sa Grâce…J’ai grandi sans toi, sans m’en plaindre.

Tu as toujours refusé d’affronter tes responsabilités ! , gronda le Duc.
 
Oui, bien sûr ! Je voulais avoir une vie normale, ça t’es pas passé par la tête ? Suis libre de mes choix et en suis très fier, et c’est pas toi qui vas venir, maintenant, à m’imposer les tiens…Tu perds ton temps !
 
Le rire de Sa Grâce, ironique et blessant, fusa.
 
Tes choix ! On voit bien de quel genre ils sont !, et son regard glacial se porta sur Angel faisant l’effet d’une gifle.
 
La jeune femme fit un pas en arrière mais J.O, qui n’avait pas lâché sa main, la retint.
 
Fais attention à ce que tu vas dire, Papa…très attention…je ne vais pas permettre que tu dénigres la femme que j’aime.
 
Ne me fais pas rire…aujourd’hui celle-ci, demain une autre…la vie que tu mènes est bien documentée à ce sujet, je ne t’ai pas perdu de vue un instant, James…Et vous, Miss Grisham, s’il vous reste un peu de bon sens…
 
DIS PAS UN MOT DE PLUS !
 
L’entrée inopinée de Magnolia Westwood, accourue sur la demande d’un Cebius bouleversé, interrompit l’échange envenimé. Elle avança  jusqu’à son fils, retenant doucement son bras.
 
Calme-toi, mon petit…c’est à ton père que tu t’adresses !
 
Ce serait bien plus facile, mais ce monsieur n’est pas ce qu’on peut appeler un père…c’est Sa Grâce le Duc De Gilmore !...Savais tu qu’il a fait enfermer Angel au cachot juste parce qu’elle a eu l’audace de lui adresser la parole ?
 
Mrs. Westwood perdit à peine contenance mais son regard s’adoucit en se posant sur la jeune femme.
 
On m’avait dit qu’une folle  impertinente avait eu des mots désagréables, voire menaçants envers ton père…mais, cette demoiselle ne me semble être rien de cela…y aurait-il méprise, Howard, mon cher ?
 
N’interviens pas, Magnolia, laisse nous terminer cette conversation.
 
C’est ça, fais taire tout le monde, ordonne, fais à ta guise, t’es la loi, non ?, siffla J.O, et si on se tait pas…tu nous enfermes à Azkaban ? Parce qu’il semblerait que tu n’y vas pas de main morte, là !

Tu ne sais même pas ce que tu dis…ton esprit est dérangé par tant d’abus…Magnolia, emmène-le…qu’il se taise et révise ses…
 
Je suis désolée, Howard, tu m’as demandé de ne pas intervenir ! Mais vous, mon petit, venez avec moi, laissons père et fils venir à bout de leurs différends.
 
Le Duc écumait mais sans faire attention à lui, sa femme faisait demi-tour en emmenant Miss Grisham. Restés face à face, le duc et son héritier se dévisagèrent, hargneux. De fil en aiguille la discussion s’envenima encore plus. Les reproches du Duc, fondés ou pas, n’étaient pas des moindres.
 
…Va sans dire que tes fréquentations douteuses, donnent lieu à des questions délicates…par exemple ta réaction à l’arrestation de ce misérable de De Brent !
 
*HEIN ? J’ai réagi à ça !?...Viens juste de le savoir !* Si je l’ai fait, c’est parce que des bonnes raisons m’assistent…
 
C’est donc ça ! Je devrais sans doute mettre en question ta propre implication dans certains faits que…
 
Tu es devenu complètement fou…tu es ivre de pouvoir…Bon sang, tu n’es qu’un …
 
Il ne finit pas sa phrase, en deux bonds, son père s’était planté face à lui et l’avait giflé avec une brutalité inouïe qui faillit le renverser. S’essuyant le sang qui coulait de sa lèvre éclatée, J.O le dévisagea, tremblant de rage rentrée.
 
Remercie Dieu qu’il me reste encore une once de pitié pour ce que tu es devenu…mais là, tu as mis point final à tout ce qu’on pourrait se dire…Un conseil, Duc de Gilmore, cherche toi un autre imbécile pour porter ton fichu titre !

Sa mère et Angel le virent arrivé, décomposé, blême de colère.
 
On fout le camp !
 
Sans plus d’explications. L’intervention conciliante de sa mère ne connut aucun écho. Un ordre de Sa Grâce voulut empêcher leur sortie mais J.O régla l’affaire à sa façon.
Sans trop savoir où les menaient leurs pas, ils échurent sur le banc d’un parc, pour reprendre souffle et ordonner leurs idées.
 
Et voilà…du coup tu n’as plus à te tracasser que je sois duc un jour, dit J.O en essayant de dérider un peu le minois tracassé de sa belle, maintenant je suis un citoyen dans la rue…ex-duc devenu SDF…au moins j’ai la baguette de Cebius…je la lui ai prise et pas songé à la lui rendre…pas de souci, je la renverrai par la poste…

Qu’il fasse de l’humeur n’arrangeait en rien la situation. Angel se faisait une bile d’enfer avec toutes les anomalies détectées.
 
Oui, faudra se renseigner un peu plus…et pour ça, je pense que le Chemin de Traverse est meilleur endroit que ce parc !
 
La baguette empruntée leur fraya passage au monde magique. Les affaires avaient repris en beauté d ce côté-là. Les travaux de reconstruction du restaurant d’Opal avançaient bon train, tout comme ceux de l’officine Grisham.  Une foule  bigarrée et bruyante, comme aux bons vieux temps, allait, venait, discourait. Les annonces lues en passant ne faisaient que confirmer ce qu’ils savaient déjà.
 
Ben dis donc, sais pas ce qui a pu se passer…mais là, c’est dur à gober…le colonel Davenport, rien de moins…héros du jour qui écroue le mangemort notoire…Si jamais je mets la main sur le Djinn, il va passer un mauvais moment…Viens, allons plutôt acheter des baguettes à notre mesure, puis essayons de trouver Justin…
 
L’affaire des baguettes fut expédiée rondement mais l’intention de rencontrer Davenport échoua avant d’avoir fait deux pas dans le Hall du Ministère. Angel  restée dans un petit café du coin pour l’attendre le vit revenir, hors de lui.
 
Interdiction formelle de me pointer au Ministère…on m’a déclaré « persona non grata », c’est le comble ! Faudra essayer de le joindre chez lui…
 
Justin était absent, aux dires de son elfe si révérencieux, et sa fiancée, Miss Blackstorm était elle aussi sortie. Il transmettrait leur requête à son maître bien aimé dès son retour.
 
C’est…dingue…le monde à l’envers, grommelait J.O en reprenant l’usage de la parole dans le coquet séjour où Angel les avait fait trasplaner, c’est aberrant…inadmissible…
 
Il s’affala dans le divan, se massant les tempes avec désespoir alors que sa chérie envoyait son patronus à la recherche d’Opal et Erik. Les nouvelles n’étaient pas des plus réjouissantes.  Par quelque hasard étrange, encore un, Nielsen se trouvait en Australie, alors que son australienne de fiancée faisait carrément une crise de nerfs chez ses grands-parents, à Londres.
 
Pas à dire, notre affabulateur de service l’a fait belle cette fois…DJINNNNNNNNNNNN ! AMÈNE-TOI EN VITESSE !!!!
 
Miss Grisham pleine de bon sens lui fit remarquer que le Djinn était très sensible quant aux bonnes manières et que hurler de la sorte en le sommant de paraître ne pouvait donner rien de bon.
 
Alors…on fait quoi ?...On pourrit sur place en attendant qu’il veuille bien apparaître ?...J’en ai ras le bol des despotes de toute espèce, moi…Ok, je me calme…c’est bon, je gueule plus…Excuse-moi, ma chérie, suis un peu dépassé…Oui, on s’en sortira…sais pas bien comment mais on y arrivera…Au moins, j’ai mes papiers d’identité, ma carte de crédit et un peu d’argent…Mon père se fera une joie de nous mettre les bâtons dans les roues…on doit s’attendre à n’importe quoi…On ferait mieux de disparaître du coin…avec lui, les retombées risquent d’être sévères…
 
Il ne savait pas si bien dire…
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par Angel Grisham le Dim Fév 09 2014, 17:56

Amour quand tu nous tiens ! Angel serait bien restée plus longtemps dans les bras de son bienaimé si un trouble-fête n’était intervenu.
Deux minutes plus tard, J.O affrontait son père qui, dédaigneux la reconnut aussitôt :
 
La fauteuse de trouble du Ministère… On m’a prévenu de votre fugue, Miss…
 
J.O réagit, et une joute verbale, dure, acérée, se  déroula sans qu’Angel puisse intervenir. Elle n’avait pas à s’en mêler ne sachant que trop bien ce que J.O encaisserait d’avoir dû tenir tête à l’auteur de ses jours. Il pensait se soulager, mais…
 
*Plus tard viendront les regrets des mots…*
 
Elle ne pouvait l’ignorer pour avoir vécu une situation similaire avec ses propres parents. Puis lorsque James évoqua la fierté de ses choix, le Duc ne la rata pas, elle :
 
Tes choix ! On voit bien de quel genre ils sont !
 
Blême sous l’affront, Angel avait reculé. Pas qu’elle ne s’attendît pas à cette critique de son état de roturière mais le ton employé dépassait le pire imaginé :
 
*Et ça se dit noble ? La boue de mes souliers vaut mieux que ta bave de crapaud !*
 
Elle aurait fui pour s’éviter une réplique acerbe si J.O ne l’en avait empêchée, clamant haut et clair son amour pour elle.
Cerise sur le gâteau, la mère de James s’immisça entre les duellistes verbaux mais ne débita que quelques paroles avant d’entraîner Angel à l’écart. Au moins ne la prenait-elle pas pour la folle décrite par son époux en justification de ses actes.
Sitôt la porte refermée derrière elles, Angel eut droit à un examen aussi approfondi que muet. Un léger sourire aux lèvres, elle demanda simplement :
 
Vous l’aimez, n’est-ce pas ? Suivez-moi, s’il vous plaît.
 
Madame, avec tout le respect que je vous dois, si vous espérez me faire changer d’avis, vous vous trompez.  
 
Là, Mrs Strang pouffa en l’entraînant plus loin des éclats de voix qui franchissaient les portes.
 
Asseyez-vous, mon enfant. Je ne vais pas essayer de vous raisonner en quoique ce soit car, malgré ses défauts, j’ai toute confiance en mon fils. C’est la première fois que je le vois aussi attaché à une jeune femme mais c’est aussi, hélas, la première fois que je vois mon époux se comporter aussi sévèrement.  La relation entre James et lui a toujours été tendue. Cependant, je suis certaine qu’il s’est passé quelque chose qui rend Howard… différent.
 
*Il le sera encore plus quand il aura pris mon pied au…*
 
Si je vous dis tout cela, c’est que je redoute une cassure définitive. Je ne reconnais plus mon mari. Il ne faut pas lui en vouloir si…
 
On fout le camp !
 
Arrachée de son siège par la poigne d’un J.O enragé, Angel s’affola. La lèvre éclatée de James en disait assez long pour qu’elle se morde la langue et suive sans commentaire.  
Un banc les recueillit, J.O y vida une partie de sa pression :
 
Et voilà…du coup tu n’as plus à te tracasser que je sois duc un jour, maintenant je suis un citoyen dans la rue…ex-duc devenu SDF…au moins j’ai la baguette de Cebius…je la lui ai prise et pas songé à la lui rendre…pas de souci, je la renverrai par la poste
 
Ce n’est pas drôle mon pauvre chéri. Je suis tellement navrée que tu aies dû en passer par là. Ça finira bien par se tasser si l’on arrive à comprendre pourquoi tout ça nous tombe dessus.  
 
Il était d’accord pour creuser l’affaire tout en affichant un profil bas.
Au chemin de traverse, ils s’achetèrent de nouveaux bois magiques dont les choix les perturbèrent, elle du moins. Pas question qu’elle puisse l’accompagner au ministère, trop risqué. Laissée livrée à elle-même en attendant le retour de J.O, Angel commença à réfléchir en profondeur. Elle ne sut néanmoins tirer de conclusions avant l’arrivée d’un jeune homme passablement furieux. Il y avait de quoi, tant les nouvelles rapportées étaient… démentes.  
Pour s’expliquer, Angel jugea bon de s’isoler. Seul endroit proche possible : son appartement.
 
Justin et Alix fiancés ? C’est fou, ça ! Et Michael arrêté par leurs soins l’est encore plus. Je me demande ce qui est arrivé à Opal et Erik. Calme-toi, je t’en prie. Je leur envoie un patronus, on verra bien.  
 
Pour détendre l’atmosphère, incapable de réfléchir posément avec un tel énervé à ses côtés, Angel prépara une potion réconfortante autant qu’apaisante. Sa crécelle argentée revint porteuse d’autres éléments troublants et J.O qui n’avait pas encore bu sa tisane, vociféra :
 
Pas à dire, notre affabulateur de service l’a fait belle cette fois…DJINNNNNNNNNNNN ! AMÈNE-TOI EN VITESSE !!!!
 
Chut, chut ! Bois tant que c’est chaud. Lui gueuler après ne changera rien, au contraire. Tu sais qu’il se vexe facilement.  
 
…Ok, je me calme…c’est bon, je gueule plus…Excuse-moi, ma chérie, suis un peu dépassé…  
 
Nous ne sommes pas des idiots, J.O. On trouvera une solution.
 
Ses conclusions n’étaient pas réjouissantes. Il entrevoyait froidement de gros tracas causés par son père. Il n’avait pas tort, hélas.
Ils étaient là, à rassembler leurs maigres ressources – qui même en commun ne pesaient pas lourd – quand, sans crier gare, deux hommes se matérialisèrent :
 
Police magique : vous êtes en état…
 
Aussi prompts l’un que l’autre, Angel et J.O stupéfixèrent les assaillants.
 
Fais-leur les poches, on n’est pas à ça près ! J’emballe quelques trucs et on file… Tu verras bien !   
 
Un transplanage plus tard, ils débarquèrent dans une habitation très coquette, soignée et… déserte.
Angel sourit largement en retrouvant ce décor si familier :
 
Mamy n’a jamais pu se séparer de sa ferme d’enfance. Moi seule peux y amener qui je veux et c’est incartable ! Idéal, non ? Prends la chambre qui te plait en haut, sauf la mienne, tu verras laquelle ( sourire taquin). Sais pas toi mais moi je meurs de faim.
 
Tandis qu’il visitait l’étage, Angel déballa le sac à malice emporté. Vêtements, ingrédients de potions, etc. trouvèrent leur place, surtout ses chats que sous aucun prétexte elle n’aurait encore abandonnés. Cuisiner lui fit du bien, même si elle avait encore plus envie d’un bain que d’autre chose. Le déjeuner fut simple, provisions restreintes oblige.
Ils s’attablèrent face à face, assez pensifs en dégustant.
 
Bon, fit-elle en avalant une gorgée d’un vin trouvé à la cave. Résumons. Tu m’interromps si je me trompe. Apparemment, il existe un décalage entre notre départ dans le passé et notre retour réel. Durant ce laps de temps, des imprévus se sont produits. Ils ont complètement changé la donne de nos existences. En ce qui nous concerne directement, c’est toi que subis le plus moche… Moi ? Rien n’a changé, voyons ! Suis toujours sans le sou et en guerre avec mes parents. Maintenant je suis recherchée pour évasion mais je m’en moque !... Plusieurs trucs me tracassent aussi. Tu as remarqué le changement de baguette ?
 
Il l’avait fait mais ne semblait pas y attacher d’importance particulière.
 
Tu devrais. Selon moi, cela reflète un changement profond… pas seulement d’environnement, c’est plus… subtil. Ne crie pas, hein ! Je n’émets que des hypothèses … J’ai l’impression que nos aventures récentes ont apporté des modifications… bénéfiques, une sorte d’évolution… personnellement, je me sens plus… forte, plus rebelle aussi. Avant, jamais je n’aurais osé m’adresser à ton père aussi abruptement. Je l’aurais laissé me passer sous le nez en m’inclinant… rassure-toi, ce qui n’a pas changé, c’est que je t’aime, idiot !  
 
Il tenta de trouver en quoi il pouvait se être différent mais elle ne lui laissa pas le temps de trop s’appesantir là-dessus.
 
Il y a un truc qui me chiffonne particulièrement au sujet de ton père… Non, je ne lui en veux pas de m’avoir traitée ainsi, je n’en attendais pas moins de sa part. Seulement, entre la façon dont tu m’en avais parlé et son comportement actuel, ça ne cadre pas. Même ta mère n’en revient pas…  
 
Elle lui transmit son micro entretient avec Magnolia Strang et conclut :
 
Ce qui nous est arrivé mis à part, dis-moi sincèrement : penses-tu que ton père pourrait avoir été… remplacé ? Ou envoûté, ou je ne sais pas mais il est clair qu’il n’est pas celui que toi et ta mère avez connu. Et ce n’est pas en quelques jours que l’on se transforme ainsi !  
 
Elle lui posait une fameuse colle ! Sur ce, elle expédia la vaisselle au bac de lavage en décrétant :
 
Fin de l’exposé. Suis crevée… Hey, c’est pas toi qui as cavalé les trois quarts de la nuit !  
 
Le laissant cogiter, elle alla retrouver ses chats et s’endormit en leur compagnie.
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par J.O West le Jeu Mar 06 2014, 21:08

Nous ne sommes pas des idiots, J.O. On trouvera une solution.
 
En plus de jolie, elle était optimiste ! Chez lui, ça commençait à faire défaut, l’optimisme ! Et ça n’alla pas mieux dans les minutes suivantes quand, sans crier gare, deux hommes du Ministère se matérialisèrent dans le séjour, dans le meilleur style razzia au bas-monde. Croyant les surprendre et les pincer tranquillement, ces deux-là en furent pour leurs frais, leur réaction les prit de court et ils se retrouvèrent stupefixés avant d’avoir fini de se présenter.
 
Fais-leur les poches, on n’est pas à ça près ! J’emballe quelques trucs et on file… Tu verras bien !
 
*Hein ?... Elle a des idées avancées, mon ange !*…Non, on les laisse tel quel, on s’arrangera par la suite ! *Pas question qu’en plus on nous colle une peine extra pour voleurs ! *

Ce revirement de situation commençait à le dépasser sérieusement.  Il était habitué à la guerre et ses violences, à être aux aguets, poursuivi par l’ennemi, mais que l’ennemi soit son propre père avait de quoi lui bousculer les idées. Incapable de faire autre chose que suivre le mouvement, il laissa Angel prendre la direction de l’opération et mener un trasplanage impeccable qui les fit apparaitre en décor inconnu pour lui. Un charmant cottage campagnard isolé et parfaitement désert.
 
On est où ?, voulut-il savoir en jetant un regard par la fenêtre pour découvrir une belle campagne verdoyante les entourant.
 
Mamy n’a jamais pu se séparer de sa ferme d’enfance. Moi seule peux y amener qui je veux et c’est incartable ! Idéal, non ?
 
On pouvait pas trouver mieux !, assura t’il en essayant de se montrer détendu.
 
Miss Grisham l’envoya prospecter l’habitation et choisir sa chambre en assurant mourir de faim.  Il ne pouvait pas dire de même, cette histoire lui virait le foie et coupait l’appétit. Parcours rapide de l’endroit, la tête ailleurs, J.O choisit la première chambre qui ne fut pas celle d’Angel  mais n’ayant aucun bagage à déballer, descendit de suite la rejoindre. Elle faisait la cuisine, apparemment prenant très plaisir à la préparation, arborant un calme enviable.
Désœuvré, se sentant inutile et presque démuni, J.O se laissa tomber sur la première chaise à portée de main et resta là, en silence, la tête entre les mains, essayant de trouver une explication raisonnable à toute cette embrouille. Repas servi, il n’aurait su dire ce qu’il y avait dans son assiette et mangea mécaniquement, goûtant à peine le vin, pourtant très bon.
Compte tenu de son entrain pour tenir une conversation, Angel  prit la parole et exposa ses idées.
 
Apparemment, il existe un décalage entre notre départ dans le passé et notre retour réel. Durant ce laps de temps, des imprévus se sont produits. Ils ont complètement changé la donne de nos existences. En ce qui nous concerne directement, c’est toi que subis le plus moche…
 
Ouais !, grommela t’il, plus laconique impossible,  on peut dire ça… plus foutu que ça, tu meurs !, il fallait quand même rester poli, depuis le début de cette tournure débile, pas une question sur la situation de sa chérie, à part d’être aussi dans la mire ducale, et toi, ma douce ?...Ça c’est passé comment…veux dire, t’es rentrée chez toi, non ?
 
Moi ? Rien n’a changé, voyons ! Suis toujours sans le sou et en guerre avec mes parents. Maintenant je suis recherchée pour évasion mais je m’en moque !
 
Adorable créature qui ne perdait pas le sens de l’autodérision et gardait son sourire mutin.
 
Ma faute…j’aurais pas dû te mêler…tu aurais dû…enfin, sais plus ce qu’on aurait dû faire…tout est si…, et voilà qu’il se montrait illogique, paumé, au lieu de faire l’effort de se montrer fort et décidé, en fait, il avait envie de se rouler en boule dans un coin et pleurer comme un gosse, mais il fallait quand même faire bonne impression, enfin…on a pas mal de tracas…mais on trouvera bien…

Plusieurs trucs me tracassent aussi. Tu as remarqué le changement de baguette ?
 
Posant ses couverts, incapable d’avaler une bouchée de plus, il soupira en se passant la main dans les cheveux, démoralisé.
 
Bof, oui…mais qu’est-ce que ça peut faire…ça marche, c’est bon pour moi !
 
Cette résignation si commode ne convenait pas à sa miss, selon elle cela reflétait un changement profond.
 
Tu peux le dire…pour un changement, c’en est un…pas de doute !, et cela sonna comme un véritable grognement d’ours mal léché.
 
Ne crie pas, hein ! Je n’émets que des hypothèses … J’ai l’impression que nos aventures récentes ont apporté des modifications… bénéfiques, une sorte d’évolution…

Le jeune homme se garda bien de dire sa pensée…son évolution lui semblait plutôt lamentable alors qu’Angel était plutôt fière de la sienne qui lui avait permis de tenir tête à Sa Grâce le Duc.
 
*Pour ce que ça l’a avancée, elle a fini en taule* Ouais…changements subtils…reste à voir jusqu’où ça ira…
 
Il devait faire de la peine, là.
 
Rassure-toi, ce qui n’a pas changé, c’est que je t’aime, idiot !
 
De quoi lui remonter le moral qui dévalait déjà la pente à grande vitesse.  Dans un essai, assez minable, il participa un peu à la recherche du positif et des différences notoires chez lui, avec un résultat du genre nul mais déjà, compréhensive, elle reprenait la parole en s’avouant chiffonnée au sujet du duc.
 
T’as raison de lui en vouloir, il a été impardonnable avec son attitude de…
 
Elle ne lui en voulait pas de l’avoir traitée pire qu’une moins que rien mais ce qui la tracassait était que Sa Grâce correspondait mal à ce que lui, son fils, lui avait raconté. Strict, sévère mais toujours juste, et surtout très regardant des bonnes manières, or là…

Même ta mère n’en revient pas…
 
Tu as parlé avec elle ?
 
Elle l’avait fait, ça avait été court mais informatif. La suite de ces cogitations le laissa pantois. 
 
Ce qui nous est arrivé mis à part, dis-moi sincèrement : penses-tu que ton père pourrait avoir été… remplacé ? Ou envoûté, ou je ne sais pas mais il est clair qu’il n’est pas celui que toi et ta mère avez connu. Et ce n’est pas en quelques jours que l’on se transforme ainsi !  
 
L’idée prit son temps à se frayer chemin parmi la turbulente cavale mentale qui démenait ses méninges.
 
Je n’en sais rien, admit-il avec un nouveau soupir endolori, qui sait…au point où on en est…possible…

Reconnaissant être fatiguée elle le laissait réfléchir et allait dormir. Il se sentit affreusement désemparé et aurait voulu lui demander de rester mais elle ne lui en laissa pas le loisir. Suivie de ses minets, elle disparut à l’étage. Resté seul, James se sentit comme fauve en cage, soudain  se trouver entre quatre murs lui parut insoutenable et l’envie de fuir, se perdre dans la nature le tenailla mais cela pouvait mettre en danger leur sécurité. La Police Magique était à leurs trousses, et ne ménagerait pas d’efforts pour leur mettre le grappin dessus. Décevoir un personnage si haut placé que le Duc de Gilmore devait être hors de leur norme de conduite. Leur refuge était incartable mais cela ne serait pas longtemps un empêchement pour les briseurs de sort du Ministère, autant ne pas leur faciliter les choses et rester sagement à se morfondre, comme une souris affolée dans son trou en sachant le chat tout près.
Le reste du vin ne le tenta pas mais une bouteille de whisky lui fit un clin d’œil.  Boire pour s’abrutir et oublier un peu  tant de nouvelles misères était le but visé mais l’alcool lui fit plutôt l’effet d’un éveille conscience, ravivant des souvenirs qu’il croyait enfouis très profondément, des vieilles douleurs. L’absence de ce père tout-puissant lui avait pesé sans jamais l’avouer,  il avait secrètement envié ses amis d’avoir leur paternel présent à leurs jeu de foot ou baseball, aux journées de pêche, aux balades père-fils…Il avait délaissé l’idée de pêcher et s’était baladé tout seul. Maman avait fait de son mieux pour remplacer  l’absent et y avait réussi la plupart du temps. Ses oncles avaient pris le relais et il n’avait jamais eu à se plaindre d’avoir une enfance délaissée ou misérable…mais son père, avec ses apparitions magiques et sporadiques, avait été le nord de son existence…Il avait tout fait pour que cet homme si important se sente orgueilleux de lui. Ils avaient eu leurs différends mais Strang avait toujours respecté ses décisions et appuyé ses choix même s’ils divergeaient des siens propres.
 
Et tout ça…pour en arriver là !, se trouva t’il en train de dire aux murs, alors que bouteille en main il ne se souciait plus des larmes qui coulaient librement sur son visage, pour le voir devenir un monstre d’iniquité…Bon sang, Papa…pourquoi !? POURQUOI ????

L’idée d’Angel tournait en douce dans sa tête, affolant ses sens déjà survoltés. C’était une possibilité à envisager même si elle lui semblait absurde mais on n’était plus à une absurdité près, dans cette histoire décousue.

Si elle a raison…Maman peut être en danger… Je dois la sortir de là…
 
Lâchant la bouteille de la tentation, il se rua vers la chambre d’Angel. Tant pis pour les bonnes manières, il devait agir sans délais.
 
Angel…ma chérie…, il la secoua doucement, Angel…Non, tout doux…tout va bien…Je dois sortir…je dois aller chercher ma mère…, elle se redressa, à moitié endormie, déboussolée, effrayée aussi de le voir là, l’air fou,…désolé de te réveiller de la sorte…oui, j’ai bu un peu mais ai surtout pensé…*et pleuré comme un con !*…s’il se trouve et tu as raison, ce monstre est capable de s’en prendre à Magnolia…je vais la chercher et l’amener ici…je peux, dis ?...Tu dois me donner la permission pour revenir…
 
Son Angel ne faillit pas, il la tirait de son bien mérité repos avec ses délires d’ivrogne en plein déboire et elle acceptait de jouer son jeu, sans poser trop de questions. Elle lui fournit les coordonnées pour son retour, après qu’il eut refusé de la laisser l’accompagner.
 
Si tout va bien, mon ange, je serai de retour très vite…sinon…contacte Justin…je t’aime…mais t’en fais pas…suis sûr que tu vas t’entendre avec Maman …elle est super !
 
Elle se remit à lui envoyer un petit sort dessoulant avant qu’il ne trasplane aux alentours de la résidence ducale.  Comme prévu, la surveillance était serrée mais il s’arrangea pour la déjouer et l’once se faufila dans l’ombre, sur les corniches. Pour son bonheur, Magnolia Westwood n’aimait pas varier ses habitudes, elle occupait toujours la même chambre à chacune de ses visites.
Les émotions brutales de cette journée avaient quelque peu sapé le moral indestructible de Magnolia Westwood. Voir son mari se conduire comme un despote odieux avait dépassé son entendement, voir son fils avec la lèvre éclatée après l’avoir affronté l’avait fait prévoir le pire. L’affrontement, inévitable, elle n’était pas du genre à laisser passer les choses comme si rien, avait été pénible et douloureux. Howard Strang, cet homme, qui malgré tous leurs différends elle continuait d’aimer à la folie, n’était plus maître de lui. Fou, hagard, hors de lui, il avait, sans se soucier de son expression horrifiée, ordonné des poursuites en toute règle contre son unique rejeton. Incapable de faire quoi que ce soit pour contrer  les décisions ducales et préférant se mettre hors d’atteinte, elle s’était réfugiée dans ses appartements.
Le bon de Cébius, tout retourné et sans rien comprendre, essayait de se montrer à la hauteur en démontrant son habituelle efficience. Il retirait le service du dîner quand un gros chat tacheté bondit par la porte-fenêtre et s’arrêta  au milieu du petit salon pour se transformer en un homme en pied de guerre.
 
Oh…maître James !, souffla Cébius, tout à sa britannique flegme.
 
Seigneur, J.O…, s’écria Magnolia en étouffant son cri avec la main, tu es fou…
 
Je suis venu te chercher, Maman…tu ne peux pas rester ici !
 
Mais, mon chéri…ton père…
 
Justement, à cause de lui…ou de ce qui a pris sa place…
 
Excusez-moi d’intervenir, Milady, mais Monsieur James a raison, mon cœur se brise de le constater mais mon Maître n’est plus le même, il vaut mieux que vous l’accompagniez jusqu’à ce que tout ceci rentre en bon ordre…j’apprête un léger bagage.

 
Merci, Cebius…voici votre baguette et excusez-moi de vous avoir sonné ce matin…allez, Maman, dépêche-toi, je te raconte après…
 
Tout se passa très vite. Le fidèle majordome tint parole et munit Magnolia d’un bref bagage avec l’essentiel nécessaire, promettant ne dire mot de cette fugue intempestive et assurant être prêt à tout ce que l’on requerrait de lui. Sans trop comprendre ce qui lui arrivait Lady Strang se vit entraînée en un trasplanage ahurissant qui la laissa pantelante et un peu verte.
 
Mon Dieu…où…comment ?...James, ces histoires de sorcier ne sont pas pour moi…je dois m’asseoir…

Il l’accommodait dans un fauteuil quand Angel fit son apparition souriante.
 
Maman, ici on est en sécurité. Tout porte à croire que Papa est sous l’influence de quelque maléfice…en attendant que ça se tasse ou qu’on e vienne à bout, tu ne bouges pas d’ici…Tu connais déjà Angel...

Mon petit, dit Magnolia en tendant les mains vers la jeune femme, que dire ? Étranges circonstances pour faire vraiment connaissance, mais quelque chose me dit que nous allons très bien nous comprendre…si vous aimez mon James, alors je vous aime déjà …
 
On bavarda poliment encore un moment mais personne n’avait la force de rester plus longtemps debout. Angel prépara une chambre pour Milady  et tous se retirèrent pour un repos bien mérité.
 
Morne journée. Esprits abattus. On faisait des efforts pour surmonter et l’aide de Magnolia, si pragmatique et pleine d’humour fut de grande aide. Elle se chargea d’égayer leurs heures en mettant Angel au courant de tout ce qu’elle croyait nécessaire de savoir sur la vie de son fils adoré. Elle corsait la note, édulcorait les mauvais moments, passait de large sur ce qui ne lui convenait pas et dorait la pilule de façon outrageuse.

Bon sang arrête, Maman…on dirait un turc au bazar vantant les qualités d’un mauvais tapis !
 
On lui tapa dessus de toutes parts en riant. Et du coup il se rendit compte de la chance folle qu’il avait. Au milieu de toutes ces misères les deux femmes qui comptaient le plus pour lui se rencontraient et s’entendaient parfaitement…
 
C’est bien joli, tout ça…mais il faut savoir ce que deviennent les autres !...Ça vous dit, les dames ?...C’est vrai que je pourrais rester là à vos entendre parler de ma merveilleuse personne mais le monde tourne là dehors…Michael est à Azkaban et Papa compte lui faire passer son dernier mauvais quart d’heure !
 
Patronus envoyé, Justin ne fut pas long à répondre. Du genre laconique mais précis :
 
Nous allons bien. Restez planqués jusque demain 19 heures. Rendez-vous au manoir Gilmore. J.O, ton père n’est plus lui-même.
 
Ça, il peut le dire…je me demande ce qu’il a encore fait  pour que Justin dise ça…rien de bon, logiquement…demain 19h…ça fait un bout de temps à tuer…Non, Maman on ne peut pas sortir faire des courses ni du tourisme…Il faut des provisions ?...Je pense pouvoir arranger ça !...Comment ? Cebius !
 
Le brave homme, secoué comme il était de voir son maître transformé en une entité maléfique, n’hésita pas à assurer de sa loyauté inconditionnelle à l’héritier qui ne cherchait qu’à redresser le tort.  Des provisions princières furent mises à disposition en lieu et heure. L’opération menée avec une exactitude d’horlogerie suisse ne laissa aucune marge d’erreur.
 
Bon, au moins on peut pas se plaindre…avec tout ça, on peut s’en donner à cœur joie en attendant demain  19h…oui, du coup , j’ai faim…
 
À quoi bon dire plus ! En parfaite entente, Angel et Maman investirent la cuisine en se racontant allez savoir quoi, riant comme des dingues jusqu’à ce qu’au bout de son ennui, J.O. ne décide de s’en mêler. Gâté, cajolé, rassuré de tant d’amour, il finit par se détendre et rigoler en goûtant tout ce qui lui tombait sous la main.
 
19:00 tapantes. La chambre du Duc. S’ils s’attendaient à l’avoir facile, ce fut vite fait de déchanter. Allez savoir par quel décalage dans l’horaire prévu, ils se trouvèrent seulement à deux pour affronter Sa Grâce, qui pour les effets, en les découvrant là, se transforma en furie déchaînée. J.O savait son père très fort en magie mais la démonstration de pouvoir hargneux à laquelle ils eurent droit dépassait de loin toute prévision.
 
Quelle immonde audace que la tienne, James, de venir m’affronter en mon terrain !, gronda le Duc en le clouant sur place avec un Doloris enragé, tu vas payer cher cet affront…oh que oui, chaque fibre de ton misérable être va en pâtir…
 
Angel, stupefixée ne put qu’assister cette correction sauvage. 
 
*Tant qu’il en la touche pas…*
 
Il essayait de focaliser l’attention du Duc sur lui en attendant un miracle. Miracle qui, pour son salut, ne tarda pas trop, cinq Stupefix féroces eurent raison de Howard Strang, Duc de Gilmore.
Alix fut prompte à passer à la suite. Elle fit boire une potion au Duc qui tout à coup sombre, vaincu, perdue toute attitude belligérante, pour tomber à genoux face à la jeune femme. On échangea des regards éberlués, personne n’y comprenait rien à ce revirement si évident. Peu importait à la fin. Alix fournit des explications rapides auxquelles ils ne prêtèrent pas vraiment attention, où il fut question de changement de maitre et Merlin sait quoi d’autre.
 
Si ça marche…c’est bon !, se trouva en train de dire J.O, au temps de constater que ces nuits de veille, ces jours d’angoisse et les Doloris paternels l’avaient laissé en état de lavette,  désolé, Papa…il fallait…

Le Duc voguait, au-delà de toute réalité. Miss Backstorm assurant maîtriser la situation, on se donna rendez-vous pour le soir même au Ministère, à chacun de voir comment y arriver.
De retour chez Angel, Magnolia les attendait, percluse de nerfs et chagrin anticipé.
 
Il va bien, Maman…un mauvais démon l’investissait…enfin, si j’ai bien compris, l’investit encore mais maintenant il est contrôlé pour la bonne cause…Suis fatigué…

Mais il n’y avait pas de temps pour cela. L’audience se tiendrait une heure plus tard. Force fut de se remettre d’aplomb pour y assister. Par quel rouages compliqués ils parvinrent à la salle d’audience ? J.O crut comprendre qu’ils avaient un allié sur place mais personne n’en parla  qu’assez pour lui faire savoir qu’il ne s’agissait pas du Djinn.  Tous étaient tendus. Erik, pâle et nerveux, après tout c’était la vie de son frère qui se jouait ; Opal, solidaire et brave. Justin sérieux comme un archevêque ; Sam,  divine et lointaine; Alix , stoïque et décidée .  L’entrée du prisonnier  fut douloureuse pour tous…Il restait peu du fringant Michael De Brent qu’ils connaissaient. Il faisait vraiment de la peine à voir…
Mais J.O. avait le regard fixé sur son père, Le Duc, qui était le Procureur du Ministère. Splendide et arrogante, Sa Grâce, semblait prête à n’en faire qu’une bouchée, de l’accusé…et de tous les présents, au besoin !
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par Angel Grisham le Mer Mar 12 2014, 20:23

Hein, quoi ?
 
Merlin que se passait-il ? La police avait-elle déjà investi les lieux ?
Tirée brutalement de son paisible sommeil, Angel se trouva nez-à-nez avec son amoureux. Pas besoin de s’alarmer, sa vertu n’était pas en danger. Le pauvre J.O était aux quatre cents coups, et pas pour ses beaux yeux :
 
Tu es ivre ?  

Il avoua mais insista se faire un sang d’encre pour sa mère que son époux pourrait malmener en cas de possession, comme suggéré.  
 
… je vais la chercher et l’amener ici… je peux, dis ?...Tu dois me donner la permission pour revenir…
 
Je… Oui, bien sûr mais tu ne peux pas y aller dans cet état !
 
Coordonnées désirées, sort dessoulant, pouf, le voilà parti.  
Misère ! La mère de J.O allait débarquer !
 
Pas question qu’elle te trouve en négligé, ma vieille ! De plus faut briquer la maison ! Oh, là, là !
 
Par veine, sa nouvelle baguette lui correspondait à l’œil.  Angel en usa à foison, rendant la maison aussi reluisante qu’un gallion neuf, sa mise aussi. Elle achevait sa toilette quand elle perçut des voix au salon. Soupir, épaules en arrière, menton droit, elle descendit :
 
Bienvenue Mrs Strang…

La pauvre femme semblait déboussolée après tant d’émotions :
 
Mon petit, que dire ? Étranges circonstances pour faire vraiment connaissance, mais quelque chose me dit que nous allons très bien nous comprendre…si vous aimez mon James, alors je vous aime déjà …  
 
*Mon œil !* J’en suis… ravie d’avance, Madame. Je puis vous assurer que James et moi ferons l’impossible pour… remettre les pendules à l’heure. Thé, café ?
 
 Malgré la brièveté des échanges suivants, Angel se sentit jaugée, épiée mais, dès le lendemain, elle  dut fréquemment se mordre les lèvres pour ne pas rigoler. À croire que cette mère, loin de la dénigrer « elle », voulait caser son unique rejeton. Anecdotes savoureuses, renforcement des qualités en omettant les défauts, Mrs. West vantait sa marchandise. Même J.O le ressentit :
 
Bon sang arrête, Maman…on dirait un Turc au bazar vantant les qualités d’un mauvais tapis !   
 
Et il sait de quoi il parle, je vous assure, rigola franchement Angel en se souvenant du passage à Auréa.  
 
Néanmoins, entre les ceci, cela, supposés ou avérés, J.O resta pragmatique.
Il n’avait pas tort : s’informer sur les autres était impératif. Eux aussi subissaient des avatars auxquels Sa Grâce ne devait pas être étrangère, vu la réponse. Il leur faudrait pourtant patienter encore de longues heures avant d’en savoir plus.
En attendant, J.O subordonna Cébius, son domestique, qui leur fournit de quoi alimenter un régiment. Ne restait plus qu’à accommoder tout ça selon les goûts du seul mâle à portée de leurs talents culinaires. Car, chose très étonnante pour Angel, Magnolia savait cuisiner ! Certes, elle ne gagnerait jamais de concours, mais elle se débrouillait. Qu’une grande dame n’hésite pas à se salir les mains forçait l’admiration. N’empêche que les questions, savamment posées, il est vrai, ne ratèrent pas les oreilles d’Angel. Mine de rien, Mrs Westwood désirait tout connaître sur la poulette de son poussin.  N’ayant aucune honte à ressentir quant à sa situation, Miss Grisham se plia à ce jeu subtil en toute sincérité.
Puis vint l’heure attendue.
 
Ne quittez pas la maison, s’il vous plait, Magnolia… Je veillerai sur lui, promis !  
 
Tu parles d’une promesse ! Eux qui croyaient être pile à l’heure dite, se retrouvèrent en avance et sans appui.
 
NOOOn ! Vous ne pouvez pas… ! C’est James, votre fils ! Il…  
 
Bec cloué, stupéfixée, elle n’eut que vaguement conscience du déroulement postérieur. Tout ce  dont elle se souvint c’est qu’à la stupeur générale le Duc se prosterna devant… Alix.
Ensuite, ils n’eurent que peu de temps pour aller rassurer la mère de J.O avant de rejoindre les autres au ministère.  
Belle prestation d’Howard Strang ! Sous les directives de Miss Blackstorm, il révéla des faits – tous vérifiables – qui retournèrent la situation en provoquant l’arrestation d’une des instigatrices du complot contre Michael de Brent : Dolores Ombrage.
Scène émouvante s’il en fut que de voir Alix et Michael s’étreindre. Ensuite, alors que tous semblaient soulagés, il se passa une altercation imprévue entre Opal, un des magistrats et Erik. Mais ce ne fut pas ce détail qu’Angel capta, trop attentive à ce qui se passait entre le Duc de Gilmore et son fils. Ils se fixaient, se toisaient, se mesuraient ? Soudain, Angel se crut folle. Qui avait sonné ? Perdue, elle regarda partout après l’agitateur d’une clochette, et pensa être victime d’hallucination en entrevoyant furtivement une gamine souriante qui lui cligna de l’œil. L’instant suivant Howard Strang étreignait son fils tandis qu’Alix s’écroulait.
Merlin quelle confusion !
Service d’urgence, escorte privilégiée, au milieu du chaos la salle fut évacuée, elle et J.O dans le lot.
 
Je devrais accompagner les autres, Alix avait l’air…
 
Faites comme bon vous semble Miss Grisham. Je veux voir ma femme !
 
J.O pouvait l’y emmener puisqu’elle lui en avait fourni l’accès. Mais zut, c’était quand même chez elle, cet endroit !  Jugeant ne rien pouvoir apporter de plus qu’un soutien moral - voire un poids- à ses amis, Angel pencha en faveur de sa propre condition.
Retour à trois chez Mamy Rose.
 
Howard, c’est bien toi ?  
 
 Oui… Oui, ma douce ! Je… J’ignore ce qui m’a pris… Suis très…
 
On va t’expliquer. James et Angel ont fait merveilles ! Nous sommes chez sa grand-mère. Tu devrais…
 
Nous ramener chez nous. Merci de votre hospitalité Miss Grisham. Viens, James !  
 
HOWARD ! Ce ne sont pas des façons ! Excusez-nous, mes enfants, j’aimerais parler seule avec mon mari…  
 
*Tant mieux* songea Angel qui désirait aussi un petit entretien en aparté avec celui qu’elle aimait.
 
Tout en sortant d’une armoire les verres à vin, elle soupira :
 
Les choses semblent être redevenues normales. Alors, pourquoi fais-tu cette tête, mon chéri ?
 
Il lui réexpliqua sa situation familiale complexe. Selon lui, son père n’en ayant toujours rien à cirer de sa famille, tout - en effet - allait reprendre comme avant.
 
Ta mère semble pourtant encore aimer ton père, et c’est toi qu’il a exigé comme remplaçant pendant son soi-disant décès !... je sais que tu n’appréciais pas trop cette fonction mais c’est toujours mieux que d’aller risquer ta peau aux quatre coins du monde, non ? … Moi ? Tu n’es pas sans savoir que le danger ne m’effraie pas mais j’avoue être portée sur des méthodes plus… pacifiques ! … Oui, en quelque sorte, je me trouve très bien dans mes quatre murs et ne me lasse pas de créer des potions pour aider les gens… Voyager ? Euh, j’en ai soupé pour un bon  moment, crois-moi !

Il avait l’air si embarrassé qu’Angel ne put empêcher sa voix de trembler :
 
Tu comptes reprendre ta vie d’avant, c’est cela ? … Ne te gêne pas pour moi, surtout pas ! Et…
 
Interrompue par le retour des parents du jeune homme, Miss Grisham ne put que la boucler. Apparemment, le Duc de Gilmore s’était fait remonter les bretelles par son épouse.     
 
Miss Grisham, An… Angel ( à croire sa gorge écorchée par ces mots), James, je vous dois ( murmure) des excuses à… tous les deux. D’après ce que Magnolia m’a dit, j’ai été très… grossier, odieux, violent…  
 
*Avec un démon dans la peau… difficile autrement*
 
J’ai besoin de digérer tout cela, mais pardonnez-moi. Pouvons-nous espérer un peu de compréhension et que, Angel, vous accepterez du partager notre table, disons… demain soir, en toute simplicité ?

Nous aimerions que James rentre avec nous, maintenant…  
 
J.O lui parut mitigé, tiraillé. Angel lui facilita la tâche en l’entraînant par la manche :
 
Vas-y, mon chéri, murmura-t-elle. Par expérience, je sais ce qu’est une guerre avec ses parents. Si tu as une chance de recoller les morceaux, saisis-la… Non, je ne t’en veux pas. Nous reprendrons notre petite conversation plus tard… Je t’aime aussi, J.O !
 
Un discret baiser plus tard, le trio de Strang s’évapora, laissant Angel pleurer à l’abri des regards.  
Son abattement ne dura pas : elle avait besoin de nouvelles des autres.
Son patronus échoua vu son état mental pas à la joie. Le téléphone sonna longuement en vain chez Opal,  répondeur branché chez Justin, il ne resta que la solution de transplaner au cœur de Londres et de franchir la vitrine de Purge et Pionce afin d’accéder à l’hôpital sorcier.
Renseignements pris, elle gagna la salle d’attente indiquée où elle retrouva l’ensemble de ses amis. Quelles têtes tirées ! Il y avait eu un grabuge fou. La nouvelle de l’innocence de Michael n’ayant pas encore été diffusée partout, il avait failli se faire arrêter par la sécurité. Justin  avait calmé le jeu mais c’était lui seul que médecins et personnel considéraient comme habilité à prendre les décisions concernant la santé de sa « fiancée ». Erik soutenait son frère, Sam boudait un peu, Opal semblait friser la crise de nerf.  
 
… ben si je m’attendais… Moi ? Je… mais non je ne roucoulais pas ! Je crois même qu’avec un peu de « chance » c’en est fini avec J.O, alors fous-moi la paix, veux-tu !
 
Décidément : ambiance ! Débarqua alors un personnage haut en couleurs sur qui se précipita Samantha. Le docteur Dexter, en tenue de golf, rouspéta pour la forme mais promit de revenir vite les tenir au courant. En effet, elle fut rapide pour leur ramener un Davenport pâle comme un linceul. Lavinia s’adressa à Michael :
 
Question de vie ou de mort. Justin ne veut pas se prononcer sans votre accord, Mr. De Brent… Il faut choisir… Alix ou l’enfant, votre enfant !
 
Sidération complète de tous !
 
*Mon Dieu, quel dilemme !*
 
Nul n’osa influencer le jeune homme pris de court. Pas que ses amis veuillent le lâcher mais ce débat était trop… intime.  
Angel, gorge nouée, risqua un encouragement :
 
Quoique tu décides Michael, on ne te jugera pas…  

Alors que Michael accompagnait le Docteur Dexter au chevet d’Alix, Angel reçut un patronus très… inattendu. Le rossignol argenté chanta, rein que pour ses oreilles :
 
Reviens à la maison, ma chérie. Nous devons causer.  
 
À Opal qui s’inquiétait de la voir si émue, elle dut avouer :
 
C’est ma mère… Je dois y aller. Promets-moi de me tenir au courant. Je suis tellement navrée…  
 
Pour discuter, ça discuta chez les Grisham ; ça barda, même ! Elle y reçut du miel et de l’acide en pleine figure. Mamy Rose la réceptionna en larmes et lui octroya illico un gros dodo qui l’assomma jusqu’au lendemain soir.  
L’âme en loque, Angel se laissa dorloter par les mains savantes de sa grand-mère qui s’évertua, avec son optimisme inconditionnel, à la pousser de l’avant :
 
Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ! Tu dois être en pleine forme pour te présenter chez les parents de ton amoureux…
 
M’en fiche de leur plaire ! C’est lui qui compte et suis pas certaine qu’il me choisisse, moi !  
 
Tatata ! Il m’a paru bien sensé, ce jeune homme ! Puis… au pire… un de perdu, dix de retrouvés ! Sois toi-même, ma puce ! J’irai en personne leur botter leur noble cul s’ils ont le malheur de faire gonfler tes doux yeux !
 
Ouais… T’es sûre que je doive m’attifer ainsi ? Le duc a dit en toute simplicité, et…
 
Tu es à croquer, même dans un sac à patates ! Puis, n’oublie pas que tu es sorcière, ma belle. S’ils sont en jeans – ce qui m’étonnerait fortement - changement express ! Tu connais la formule.  
 
La simple mais très digne robe noire convint parfaitement…    
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par J.O West le Mer Mar 19 2014, 19:41

Drôle de revirement ! Quoi qu’ait fait Miss Blackstorm avec son père, ça avait marché, et comment ! Tout rentrait à l’ordre et c’était encore mieux que prévu, qu’on arrête Dolores Ombrage ne fut pas pour déplaire à J.O et sans doute, il n’était pas le seul.
Mais avant d’avoir le temps de se réjouir avec ses amis, il se trouva face à face avec son père le Duc, qui le toisait d’un air indéfinissable, mélange de sa bien connue arrogance, assez de froideur  et un certain émoi. On pouvait avoir enrayé le pouvoir du malfaisant démon, mais Howard Strang demeurait fidèle à lui-même et n’allait pas oublier de sitôt que son fils lui avait bel et bien tenu tête avant de l’envoyer se faire voir ailleurs. J.O se contenta de soutenir le regard paternel, sans démontrer le moindre désarroi.
Ce qui s’en suivit, échappa à toute logique bienséante aux us et coutumes de ce pair du Royaume, si strict quant aux épanchements. D’un geste totalement inespéré, il étreignit son fils en assurant son profond repentir pour les faits les ayant opposés.
 
C’est bon, Papa…je comprends  maintenant…, ce qu’il allait dire se perdit dans  le bouleversement de l’instant suivant.
 
Dans un grabuge de fin de monde, Michael hurlait au secours, tout le monde se démenait, une équipe médicale fut mandée alors qu’on évacuait la salle. À peine s’il eut le loisir de prendre Angel de la main et suivre le Duc qui donnait des ordres à tout azimut. On emportait la malade, les autres avec, comme on pouvait prévoir, sa douce Angel voulut suivre le mouvement. C’était sans compter avec Sa Grâce qui reprenait vite ses esprits.
 
Faites comme bon vous semble Miss Grisham. Je veux voir ma femme !
 
*Tiens, nouveau ça !* Maman va bien, j’y ai pourvu !
 
Je le sais, dit sèchement le Duc, je veux la rassurer !
 
C’est à Angel de voir, c’est chez elle !
 
Son adorable miss opta pour les y conduire elle –même. Les retrouvailles entre ses parents eurent de quoi le faire penser. Aucune froideur, on aurait plutôt dit des amoureux heureux de se retrouver. Maman resplendissait et Papa avait l’air…heureux ? 
 
*Bon sang, ça fait plus de 20 ans qu’elle l’a envoyé paître…et là…*
 
Mais cette douceur ambiante ne dura que très peu. Chassez le naturel, il revient au galop !
 
Merci de votre hospitalité Miss Grisham. Viens, James !
 
Il allait répliquer vertement mais sa mère prit les devants, après s’être excusée de ce manque de manières et prenant le duc du coude, le  tracta à sa suite. 
 
*Ouais…démon mis à part, il est toujours le même*
 
Et à son docte avis, cela ne présageait rien de bon, pas pour lui, en tout cas.
 
Les choses semblent être redevenues normales. Alors, pourquoi fais-tu cette tête, mon chéri ?
 
Il souffla, énervé, son essai de sourire rassurant fut raté de bout à bout.
 
J’en ai eu un petit aperçu, à la maison…mes parents se sont séparés il y un bail…j’avais sept ans, lors…Sa Grâce ne nous honorait pas trop de sa présence…Il se manifestait quand le bon plaisir lui en prenait ou le devoir le lâchait, va savoir…et maintenant, tu les as vus…comme si rien…pas idée à quoi ça rime… Mais je connais mon père, cet adoucissement ne dure pas, pas pour moi, du moins…tu l’as entendu : il veut que je rentre avec eux…pour commencer, après, il voudra décider ma vie et donnera des ordres conséquents…
 
Angel, faisant honneur à son nom essaya d’adoucir les choses en lui faisant remarquer que Magnolia semblait toujours aimer son duc de mari.
 
C’est toi qu’il a exigé comme remplaçant pendant son soi-disant décès !...
 
Ma douce, interrompit-il, je suis son héritier…ou étais…ça coulait de source que je prenne sa  place, c’est comme ça que ça se passe…
 
Il n’aimait pas ce boulot, ce n’était un secret pour personne. Elle le savait mais à ses yeux, c’était toujours mieux que courir le monde en risquant la peau. Alerte ! Il devina où sa chérie voulait en venir en assurant être portée sur de méthodes plus pacifiques. Lui, la paix, c’était son but, mais le prix à payer était sanglant, en prenant des risques, parfois absurdes aux yeux de la plupart.
 
Donc, et le ton était plus endolori que  voulu, ça…ne te dit rien de…
 
Je me trouve très bien dans mes quatre murs et ne me lasse pas de créer des potions pour aider les gens…
 
Nouvelle tentative, tout aussi ratée. Voyager ne lui disait rien, non plus. Du coup, il était perdu !
 
Tu comptes reprendre ta vie d’avant, c’est cela ? …
 
Non…je ne sais pas…enfin…
 
Ne te gêne pas pour moi, surtout pas ! Et…
 
Angel, je…, il aurait voulu dire tout ce qui lui pesait sur le cœur mais déjà ses parents revenaient et, comme prévu, le Duc, même après un essai, difficile, de se montrer  à la hauteur de l’humanité souhaitée, réitéra son désir de le voir rentrer avec eux, menant sa grandeur d’âme jusqu’à inviter Angel dîner le lendemain soir à la résidence ducale…en toute simplicité. Un geste de sa mère le supplia de tempérer l’éclat pressenti.
 
On dirait que je dois y aller !, grommela t’il en prenant Angel en petit aparté, j’en ai marre d’avance…c’est avec toi que je veux être…Je t’aime, ma douce !

Vas-y, mon chéri, par expérience, je sais ce qu’est une guerre avec ses parents. Si tu as une chance de recoller les morceaux, saisis-la…
 
Elle n’avait pas tort. Enfant, il avait rêvé de voir ses parents de nouveau réunis mais le temps passant, s’était parfaitement accommodé aux choses comme elles étaient et voilà que, mine de rien, tout prenait une tournure tout à fait inattendue… à peine le loisir d’un baiser rapide, déjà Sa Grâce demandait sa présence pour un trasplanage familial.
 
Feu dans l’âtre. Boissons présentées par un Cébius diligent, qui disparut  après s‘être enquis sur les souhaits de Ses Seigneuries pour  un dîner tardif. Silence pesant qui se serait éternisé si Magnolia, enjouée, ne l’avait rompu.
 
Bien, nous voici enfin réunis, en paix, je suis si heureuse, mes chéris !
 
J.O dressa l’oreille, ce « mes chéris » ratifiait ce qu’il avait supposé tantôt, voir son père s’approcher de sa femme et l’enlacer par la taille lui donna encore plus de quoi penser, mais décida finalement que ce n’était pas son affaire, mais strictement la leur. Or, qu’il ne veuille pas s’en mêler ne signifiait pas du tout qu’on allait le laisser en dehors de l’affaire.
 
Demain, je communiquerai au Ministre ma décision de me retirer, annonça le Duc après un silence réfléchi, le temps est venu de vivre la vie telle que je l’ai toujours souhaité…en paix, avec ta mère.
 
Ah !, que pouvait-il dire de plus ?
 
Cela semble te surprendre, James.
 
Il y a bien de quoi !...Je vous savais en bons termes mais ce rapprochement si évident …que dois-je comprendre ?, il se sentait presque mal à l’aise et aurait définitivement préféré être ailleurs.
 
Ta mère et moi avons décidé, après pas mal de tours et détours, de vivre de nouveau ensemble…Oui, je sais, après tout ce temps, mais cela fait longtemps que nous y pensons, et le moment est venu que tu le saches…cette malencontreuse affaire a tout retardé et…

Malencontreuse affaire ? , petit sourire amer, c’est tout ce que tu trouves à dire ? Malencontreuse affaire…

Levant la main conciliant, le duc alla vers lui.
 
Mais tu as su t’y prendre de main de maître, tous au ministère n’ont que louanges pour toi…
 
*Ah bon ? Nouveau ça !*
 
Tu as parfaitement te débrouiller en mon absence…à part quelques écarts  compréhensibles si l’on veut.
 
J.O fit un effort pour ne pas ruer dans les brancards et rester poli. Son père continua avec l’énumération des ses vertus, vraies ou inventées,  pour tout à coup s’arrêter et le regarder bien en face, très sérieux.
 
Le Ministère de la Magie anglais a toujours compté avec un Strang dans ses rangs…
 
Voyant très bien où son père voulait en venir, J.O se redressa dans son fauteuil, en état d’alerte.  Avec une diplomatie, façon de dire, fracassante Papa exposa ses plans immédiats, dans lesquels, bien malgré lui, J.O jouerait un rôle prépondérant.
 
Tu prendras  ma place, pour continuer avec mon travail, tu poursuivras avec cette tradition de siècles en maintenant l’éclat de notre nom dans notre monde.
 
*Rien que ça !?* Génial, s’exclama t’il, persifleur, magnifique ! Sa Grâce décide…mais Sa Grâce a oublié de demander mon avis, il me semble ! Je fais partie de l’inventaire familial alors , TU  accommodes les pions et les pions obéissent, c’est ça, en version courte ?

TU ES UN STRANG !!!
 
Ce qui voulait tout dire ! Et même si l’idée lui déplaisait absolument, il savait ne pas pouvoir s’y dérober.
 
Je le sais.
 
Parfait alors, parce que je veux que tout soit fait dans les plus brefs délais !
 
Incapable de tenir sur place, l’héritier se leva, affrontant son père, hargneux.
 
Tu arranges ta vie et la mienne, quoi ? Épargne-toi le discours sur l’honneur et le devoir, je le connais par cœur, tu décides, tu ordonnes et moi, je plie l’échine en te remerciant de foutre ma vie en l’air ? Ça t’est passé par la tête que je pouvais avoir d’autres projets avec …
 
Le Duc se leva à son tour.
 
Le seul projet qui entre en cause dans ta vie, James Oliver Strang, est d’accomplir le devoir pour lequel tu es né. Un jour, tu seras duc de Gilmore, même si cela te déplaît, et ton fils le sera à son tour, parce que c’est ainsi que cela se passe. Il n’y a pas d’excuse, pas de changement et tu seras à la hauteur de ce qu’on attend de toi !

Ce serait. Tout simplement. Sa Grâce avait parlé. Point barre et rien ni personne ferait changer cela. Au moins, rester en Angleterre plairait à Angel, qu’il devienne bureaucrate aussi…elle semblait tenir à sa peau.  Penser à elle rassérénait ses esprits légèrement survoltés face à la domination paternelle. Bien sûr, Papa ne rata pas son expression, pour le moins adoucie.
 
Je vois que l’idée t’agrée, mon fils.
 
Pas exactement, et tu le sais très bien, mais j’ai toujours su m‘acquitter du devoir qui m’incombe, dit-il, très à contrecœur.
 
C’est parfait ainsi !, déclara Sa Grâce, très satisfaite, je suis fier de toi, James et maintenant, célébrons cette nouvelle union familiale !

Magnolia ne fut pas dupe un instant des états d’âme de J.O, mais sut se montrer merveilleusement diplomatique en distrayant l’attention de père et fils avec ses projets à elle qui n’était pas des moindres ni des plus tristes. Décidée à reprendre son rôle de Sa Grace la Duchesse de Gilmore en tout éclat, elle prévoyait  une suite de réceptions, garden parties et autres aménités du genre. J.O écouta d’une oreille distrait en se demandant ce que pouvait bien être en train de faire sa chérie, à lui, abandonnée si cavalièrement pour suivre les ordres ducaux.  Le dîner s’écoula paisiblement, sans rebondissements notoires et arrivant au dessert, il piquait presque du nez dans son assiette, rattrapé par la fatigue de cette singulière journée.
 
Tu sembles un peu à bout, James !, remarqua son père, mais je voudrais encore te toucher deux mots sur cette jeune femme qui t’accompagnait.
 
Il releva la tête et regarda son père, suspicieux,  oubliant fatigue et sommeil.
 
Qu’y a t’il avec Angel ?
 
C’est une jeune femme courageuse et sans doute charmante, mais qui ne convient pas du tout à…
 
Si tu vas dire quelque chose de désagréable, prive-toi s’en…suis pas prêt à gober un ordre de plus et encore moins sur mon droit d’élire tout seul la fille qui me convient. Est-ce clair ?...

Magnolia se vit en devoir d'intervenir, conciliante


Ton père ne la connait pas encore mais je suis sûre qu’Angel saura le charmer comme elle l’a fait avec moi…et toi, Howard, arrête d’être si vieux jeu…après tout, tu t’es bien marié avec moi qui ne suis qu’une roturière américaine…Angel a au moins l’avantage d’être anglaise…On n’en parle plus ! Va te reposer, mon chéri, mais avant viens là, que je t’embrasse !

J.O s’acquitta docile, sous l’œil censeur de son père n’agréait pas trop ce genre d’effusivité. Respects présentés, l’héritier de si illustre nom, abandonna les lieux, sachant sciemment  que la conversation envisagée par son père n’était que partie remise.
Cette dernière mise en garde l’avait énervé au-delà de tout. Il savait très bien où son père voulait en venir  mais cette fois, il n’était pas disposé à le laisser faire ses quatre volontés. Le lendemain, il défendrait âprement le dernier bastion de son indépendance : Angel !

S’il croyait que le lendemain serait une journée oisive,  J.O  se trompa lourdement. Son père n’entendait pas lambiner en chemin et après l’avoir fait réveiller à une heure presque indécente, l’entraîna à sa suite dans un parcours du combattant. Réunion chez le Ministre, avec ses collaborateurs. J.O les connaissait tous et ne fut pas sans remarquer  le nouveau respect qu’il sembla mériter.  Déjeuner au Club, chez les Moldus, où Sa Grâce et son rejeton eurent droit à un chaleureux accueil. Sourire comme si rien en maudissant sa chance.  Tout du long, Papa joua à la perfection son rôle de géniteur orgueilleux, à lui de tenir celui de fils exemplaire et ravi.
Dîner en toute simplicité ? Noble euphémisme ! Il avait eu un avant-goût de la soirée en découvrant l’impeccable smoking  qui l’attendait à sa sortie de la douche.  Sa mère s’occupa du nœud papillon et de rasséréner son humeur qui virait au noir.
 
Tout ira pour le mieux, mon chéri, Angel  m’a l’air d’être pleine de bon sens, elle ne se sera pas laisser duper par la gentillesse de ton père, quant à lui, tu dois le comprendre…il est ce qu’il est et rien ne le fera changer. Je l’aime, J.O…qu’il prenne sa retraite me donne beaucoup d’espoir pour le futur qui peut nous rester…je veux être heureuse…on a perdu tellement de temps.
 
Je ferai de mon mieux, grommela t’il.
 
Tu feras mieux que ça, mon chéri, tu seras parfait !
 
C’est beau, la confiance d’une mère. En tout cas, il ne dépareillait pas aux côtés de son père, en accueillant la vingtaine d’intimes venus célébrer le retour glorieux de Sa Grâce.
 
Miss Angel Grisham, annonça Higgins, le maître d’hôtel avec la même componction que s’il s’agissait de la Reine en personne.
 
Tous les regards se tournèrent vers la nouvelle arrivant, exquise dans sa  robe noire. Elle avança tête haute et, en parfaite connaissance du protocole en vigueur dans ce genre de réunion, présenta ses respects aux maîtres de céans avant que J.O n’ait le loisir de se lancer à la rescousse.
 
Désolé par la mise en scène…Viens que je te présente…Tu es merveilleuse, ma chérie !, il serra doucement sa main, la trouvant glacée,  tout va aller bien !

Parcours social obligatoire. J.O s’en acquitta, sourire scotché aux lèvres, présentant sa chérie à tous et chacun.
 
Ma fiancée, Angel Grisham !
 
Elle lui avait coulé un regard de biais, surpris, mais un clin d’œil complice sembla la calmer et suivre le mouvement avec  souverain aplomb. La soirée fut une épreuve d’endurance. Au dîner, on les avait placés assez loin l’un de l’autre et à part le sursis de se regarder  au-delà  l’arrangement floral compliqué, il ne leur resta rien d’autre à faire qu’essayer de survivre dignement  aux avatars mondains.  Si Howard Strang avait eu l’intention de rabaisser Angel  face à cette société sorcière si raffinée, il en fut pour ses frais. J.O jubilait, riant de bon cœur avec les anecdotes évoquées par sa chérie avec un charme déroutant. Tout y passa, école, Ordre, leur rencontre…
 
Oh, ma chère, vous ne saviez sans doute pas de qui il s’agissait, alors !, assura la dame à sa gauche, d’un petit ton pincé.
 
Mais non, tante Julia…elle savait exactement qui j’étais…et j’ai trouvé ça impayable… Dire que je l’ai même menacée de la mettre aux arrêts…mais Angel m’a ri au nez et m’a descendu en flammes de mon petit nuage…

Tous rirent, quelques-uns un peu jaune, surtout le Duc, d’autres, comme Magnolia, sincèrement.
 
Je porte un toast à ce crash si heureux !, dit un des présents, chenu et majestueux, Sir Archibald Morton, en levant sa coupe,  du sang jeune, voilà ce qu’il nous faut pour ne pas péricliter tristement !
 
Sa femme, une dame très digne, eut beau lui tirer de la manche, rien n’y fit, Sir Archie finit allègrement son éloge. La tension ambiante céda de quelques crans, et on parvint à la fin d’un parcours sans taches.
Les invités prenaient congé, moyennant remerciement et éloges pour cette soirée si agréable. J.O et Angel  s’apprêtaient à filer quand Cebius, très circonspect s’approcha du jeune homme et lui souffla quelques mots à l’oreille.  J.O se renfrogna mais acquiesça.
 
Désolé, ma chérie, mon père veut encore me dire quelque chose…Attends-moi , je ne tarde pas !
 
Le Duc l’attendait dans son bureau, seul.  Que sa mère ne soit pas présente lui mit le mit sur avis.
 
Deux mots avant que tu ne disparaisses avec ta…ton amie, James !  Je ne vais pas te féliciter pour ta prestation de ce soir, que prétends-tu ? Penses-tu que parce que tu l’as décidé ainsi on va tous se plier à ton caprice ?
 
J.O fit une profonde inspiration, essayant de mater la fureur qui  bouillait en lui.
 
Je ne vois pas où tu veux en venir, Papa ?
 
Howard Strang  sourit, carnassier.
 
Ah parce que tu vas prétendre être idiot, en plus ? Bon, je vais te le dire, alors…Ta petite Miss Grisham ne manque pas d’esprit, est bien faite de sa personne et serait sans doute ravie de se voir promue au rang de future duchesse de Gilmore mais les choses ne se passent pas ainsi, pas chez les Strang.
 
Tu t’égares, Papa…
 
Je sais parfaitement quelle est ma place, c’est tout, et tu devras l’apprendre aussi…Si tu y tiens tant fais en ta maîtresse, passe des bons moments avec elle, fais lui des cadeaux, ce que tu voudras…mais jamais de tout jamais, tu n’épouseras une fille comme celle-là, toute héroïne de l’Ordre qu’elle veuille être…

Va te faire foutre, Papa!, et de faire demi-tour pour se diriger vers la porte.
 
JAMES !, gronda Sa Grâce, reviens ici…de suite.
 
Son fils se retourna à mi-chemin, le narguant d’un œil mauvais.
 
Tu as ta loi, moi la mienne…Ma vie m’appartient, et la prochaine fois que tu oseras proférer pareilles insanités en parlant de la femme que j’aime, j’oublie qui tu es et je te casse la figure, compris ?
 
Ricanement féroce.
 
Jamais tu n’oserais commettre pareil impair !
 
En deux bonds, il fut face à lui, blême de rage.
 
Tu ne voudras pas le parier, crois-moi !
 
L’entrée providentielle de Mme. La Duchesse évita, in extremis,  le pire. Sans besoin de demander quoique ce soit, elle devina la teneur de l’échange, prenant son fils du bras, elle le poussa vers la porte.
 
Vas-y, mon chéri…et toi, Howard Strang cesse de le provoquer, je ne veux pas voir comme mon fils affronte son père…pas de la sorte.

J.O tremblait encore de colère mal contenue en rejoignant Angel.
 
Sortons d’ici, ma chérie...
 
Un laquais avait avancé sa voiture, une minute plus tard, ils quittaient la demeure Strang sur le chapeau des roues. Il conduisit un bon moment, en silence. Angel ne fut pas dupe mais ne dit rien, posant simplement sa main sur la sienne, apaisante.
 
Tu devras pardonner ma famille et moi-même pour ces moments éprouvants, dit-il, plus tard en arrêtant la voiture et se tournant vers elle, ce n’est pas facile être un Strang mais, bien sûr, ça n’excuse pas certains manques de discernement…Seigneur ! Je commence à parler comme mon père…Il me met hors de moi..., et de la mettre au courant des désirs de son père, comme quoi…je n’irai pas plus loin que le Ministère…mais ça n’a pas d’importance…la seule chose qui m’intéresse en ce moment est savoir ce qu’il en est de nous…Je t’aime, Angel, et tu sais que ce n’est ni un jeu ni une lubie passagère…Ah, tu sais ce que mon père pense ?...Il aime dominer la partie, mais il suffit de ne pas se laisser damer le pion…et je ne vais pas le laisser faire…
 
Elle ne manquait pas de bon sens,  et de bonnes raisons pour avoir des doutes sur le succès de ces intentions.
 
Oui…je sais, il est puissant…le pire qu’il peut faire est me déshériter, ce qui ne serait pas plus mal…Me ruiner la vie ?...Il peut toujours essayer mais si tu veux prendre le risque d’être ma femme, à deux, on trouvera bien  comment le contrer…Oui, Angel…c’est ça que je veux…Me marier avec toi, être heureux avec toi…Si tu acceptes, ce sera comme tu voudras, où tu voudras et quand tu voudras…Je t’aime comme un dingue et ce qui est bon pour toi, l’est pour moi…

 

 
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par Angel Grisham le Dim Mar 23 2014, 08:57

Miss Angel Grisham, !
 
Pour un choc c’en était un mais Angel était parée. Bête curieuse ? Sans aucun doute.
Au moins J.O fut-il le premier à l’accueillir avec chaleur et compliments. Mondanités obligeant, on fit le tour des Barons truc, Lady machin, tante trucmuche et autres invités, tous assez étonnés – elle comprise – d’entendre désignée la jeune femme comme « fiancée » de James Oliver Strang.
 
*Manque pas de culot !*
 
Cela adoucit un peu les récriminations qui lui pointaient dans l’esprit suite à ce traquenard orchestré. N’empêche qu’elle le trouva très cavalier d’avancer pour acquis une chose si éloignée de la vérité. Contre fortune bon cœur, elle prit le parti de sourire à tous, même si elle dut omettre sciemment le compte des regards quasi haineux que lui octroya le duc de Gilmore. 
Diner raffiné dans les règles, papotages divers à l’appui, Si l’on s’attendait à un faux pas de sa part, on fut déçu. Le protocole fut respecté, et jamais elle ne se mélangea les pinceaux ou se trompa de couverts. Elle déplorait surtout de ne pouvoir s’adresser directement à J.O qui, de son côté, essayait –même à distance – de lui renvoyer la balle. Satisfaire la curiosité des voisins directs ne fut pas triste, mieux : un plaisir. Après son parcours scolaire, son adhésion à l’Odre, elle mit un point d’honneur à leur en donner pour leur argent.  Chaque détail fut dosé avec délice, malice, destiné à choquer :   
 
… Nous nous sommes rencontrés au restaurant où j’étais « serveuse » occasionnelle, j’avais du mal à boucler mes fins de mois. James était mal luné, moi aussi. Je lui ai dit d’aller se faire foutre.
 
Résultat garanti. On s’offusqua ; James renchérit en approuvant, en en rajoutant. Rires francs, d’autres moins. Un certain Archibald fit ensuite une tirade assez élogieuse sur sa franchise mais croire la partie gagnée était rêver.  
Après le dessert, café et autres mignardises, on papota ici où là. Impossible d’approcher J.O qui, s’il l’avait voulu, aurait pu trouver un moyen de lui accorder ne fut-ce qu’un bref aparté. Sa mère, Magnolia, le la laissa pas tomber, elle. En sa compagnie, elle put « bavarder » avec l’une ou l’autre de ces dames – guindées, la plupart – mais, alors que Mrs. Strang était retenue par l’une de ses invitées, une autre l’accrocha. Angel n’avait pas été sans remarquer cette Athénaïs de Beaufort, fille de l’ambassadeur de France. Pareille à une héroïne de BD, blonde, sexy, cette splendide jeune femme se mua en vipère en tête-à-tête. Tordant ses lèvres pulpeuses en moue dédaigneuse, en douce, elle lui cracha son venin à la face :
 
Barre-toi, fille de rien : James est pour moi ! Nos pères sont d’accord depuis longtemps, t’as aucune chance !
 
Il était loin maintenant le temps où Angel se laissait impressionner. Elle nargua :
 
Bizarre, il ne m’a jamais parlé de vous.
 
Parce qu’il n’est pas encore au courant de l’arrangement. Tout est prévu !
 
Vous ne connaissez pas J.O, pas comme moi ! Il m’aime, et…
 
Et il fera son devoir. C’est un STRANG, ma chère ! Nos mondes sont radicalement différents au  tien  si « minable ». NOUS avons l’argent, l’influence, le pouvoir. Tu n’es qu’une punaise et, la vermine, nous on l’écrase ; il s’amuse juste avec toi. Berce-toi d’illusion autant que tu veux, je sais qui gagnera.
 
Plus ébranlée qu’elle ne l’aurait voulu, Angel se retrouva ensuite embarquée en voiture Par un J.O extrêmement énervé. L’entrevue père-fils avait dû être houleuse. Heureusement, il eut le bon sens de ne pas foncer tête baissée dans la nuit, et finit par freiner sur le bas-côté pour s’exprimer. Il demanda des excuses pour les attitudes de cette soirée, avoua cependant accepter la combine de son paternel :
 
… …je n’irai pas plus loin que le Ministère… mais ça n’a pas d’importance… la seule chose qui m’intéresse en ce moment est savoir ce qu’il en est de nous… Je t’aime, Angel, et tu sais que ce n’est ni un jeu ni une lubie passagère…
 
*J’aimerais le croire…* J.O, ton père me déteste… Tu n’as pas idée à quel point… Tu as déjà mis un doigt dans son engrenage, et je crains qu’il ne s’arrête pas en si bon chemin… Il peut te causer énormément de tort, à toi… à moi… à nous…  Il dispose de moyens très forts en dissuasion, risque de…
 
… Me ruiner la vie ?...Il peut toujours essayer mais si tu veux prendre le risque d’être ma femme, à deux, on trouvera bien  comment le contrer…
 
Voilà de l’inattendu ! Si elle n’avait pas eu de mental peut-être aurait-elle fondu. La fleur bleue de jadis était pourtant fanée à présent. Ce fut comme la goutte de trop d’un vase déjà plein :   
 
Tu me demandes de t’épouser ???
 
Oui, Angel… c’est ça que je veux… Me marier avec toi, être heureux avec toi… Si tu acceptes, ce sera comme tu voudras, où tu voudras et quand tu voudras…Je t’aime comme un dingue et ce qui est bon pour toi, l’est pour moi…
 
Sortons de cette voiture, j’étouffe.  
 
Dehors, il lui sembla désorienté, pas moins qu’elle. Envers et contre tout, il fallait que ça sorte :
 
 Dire que ta « demande » ne me touche pas serait mentir.  Seulement… si l’on veut considérer certains aspects, il me semble que ce qui te pousse à « ça » est une bravade, une rébellion envers ton père plus que tout autre chose… Tu dis m’aimer… Non, non, tais-toi, écoute. Est-ce aimer que de laisser quelqu’un sans nouvelle ? Tu es parti avec tes parents et ne m’a pas donné aucun signe de vie avant que je ne tombe pieds et poings liés dans un piège, piège dont TU aurais pu m’avertir, ne fut-ce que par patronus… Oui, tu étais occupé… Les excuses sont faites pour s’en servir ! T’es-tu seulement, juste une fois, demandé à quoi j’occupais mon temps avant ce diner-piège ? As-tu essayé de le savoir au cours du même dîner ? Bien sûr que non, pas le temps ! Eh bien, je vais t’informer : Je suis allée à Ste Mangouste et, Merlin Merci, Alix n’est pas morte de sa fausse-couche…. Merci de t’intéresser, j’ignore le résultat car j’ai été appelée par mes « parents ». Si cela t’intéresse, ils sont absolument ravis que je fréquente un futur duc ; ils approuvent, bénissent, et tout le bazar, juste pour… le titre ! J’ai eu droit à tous les conseils démoniaques pour te ferrer ! Mamy Rose m’a récupérée en loque ensuite, et j’ai dormi chez elle jusqu’à ce « fameux » dîner « en « toute » simplicité. Et là, tu me fais la demande la plus « romantique » du monde, un comble !... Oui, oui, tu as fait et dis beaucoup de chose ce soir. REFLÉCHIS à ce que MOI, je peux penser de tout ça ! Je pense que tu le fais juste pour contrer ton père, PAS POUR MOI, encore moins pour NOUS !
 
Il tenta de se justifier, elle se fit sourde :
 
Prenons du recul. Fais ce que tu crois juste, je ferai de même. Ah, bien le bonjour à Athénaïs, celle que te destine ton paternel !  
 
Et avant qu’il ait pu l’en empêcher – s’il en eut l’intention - elle transplana.
 
Seul refuge : la campagne incartable. Les codes d’accès modifiés, Angel y retrouva ses chats, ses seuls vrais compagnons. Inonder un coussin, à quoi bon ? Ni la destruction de mobilier, ni la douche ne la calmèrent. Pour une fois, Angel Grisham – l’altruiste par excellence – se fit égoïste.  Elle ne prit aucune nouvelle des autres, ne mura dans son isolement, se ferma à toute communication externe.  Dormir mille ans ? Définitivement ? Pas elle ! Une paire de jours ne lui feraient aucun tort, loin de là. Sa potion violette avalée, le sommeil sans rêve la rattrapa.
 
Rose Penventies ne se croisait jamais les doigts ; la patience n’était pas son fort. Elle n’avait abandonné sa ferme que pour mieux veiller sur celle qui lui avait ravi le cœur dès qu’elle avait pointé son joli nez : Angel. Bien sûr, ses nombreuses activités personnelles ( réunions d’anciens combattants de Voldemort, cours de recettes de cuisine magique, bibliothèque et associations diverses dont présidente d’un club de quidditich, etc.) lui avaient fait un peu perdre le fil de sa considération première.  L’état actuel de sa petite-fille adorée l’avait… sciée. Respectant qu’Angel veuille « grandir » par elle-même, Mamy Rose s’était abstenue de frapper en masse dans son existence, se contentant de coups de pouce occasionnels. Comment Rose avait-elle pu rater autant de cases sur la vie de sa chérie ? D’abord les finances, puis… l’amour.
Là, Rose trépigna aussi longtemps que possible dans l’attente de l’issue de la fameuse « soirée » où avait été « charitablement » été invitée Angel. Et… rien ne vint, ni commentaire désastreux ou … ducal.
 
¨Si ça a mal tourné, elle sera à la ferme !*
 
Décidée, elle y transplana. Quel qu’effort produit, Rose ne trouva pas son chemin, recevant un mur en réponse à ses tentatives.  
 
*Mon petit, oh non, Merlin non !*
 
 Ce déni signifia beaucoup pour une grand-mère affligée. Résolue, elle alla d’abord remonter les bretelles à sa fille – le gendre ne comptait pas – puis gagna illico le manoir des Strang.  
Un sortilège ici, un autre là, elle convainquit Cebius de sortir Magnolia de son lit pour la rejoindre au petit salon.
 
*Font chambre à part ? Je croyais que tout baignait chez eux…*   

 
Mrs Westwood, je suis Rose Peventies, la grand-mère d’Angel Grisham. Désolée d’interrompre votre nuit : ma petite-fille reste sourde et muette. Que lui avez-vous fait ce soir ?
 
 À son grand étonnement, la duchesse se lamenta dans un discours larmoyant où se mêlèrent regrets, conflits, rupture.  
 
Où est James ?
 
Je n’en ai pas la moindre idée ! Lui et son père se sont encore accrochés, il a emmené Angel, depuis j’ignore quoi. J’ai fermé ma porte à Howard, je lui en veux d’être si… mesquin, si…  
 
Duc ? Vous êtes moldue, bien-née mais moldue quand même. Il vous a épousée en connaissance de cause, n’est-ce-pas ? Pourquoi s’obstine-t-il à réfuter ma petite-fille qui est de haute, de très haute lignée ??
 
Très haute ? Mais…
 
Mais quoi ? Qu’y puis-je si ma stupide fille a épousé un moldu borné ?

Pas stupide du fait, stupide d’avoir renoncé à tout ce qui était sorcier pour ce Grisham. Qu’il soit un idiot entêté et sa mère un mouton bêlant n’entache aucunement Mon Angel !

S’il n’y a « que » cette généalogie qui tracasse votre époux, ou que ce soit une question d’argent, j’ai toutes les pièces justificatives à disposition. Angel n’est pas qu’une moins que rien, loin de là !

Elle est héritière de mon sang - très PUR - de mes avoirs en sus, et Pape ou Strang ne m’arrêteront pas pour la défendre, même si elle m’enverrait aux diables si elle savait où je suis.
 
La duchesse soupira :
 
Howard veut le meilleur pour James, tout comme moi, sauf qu’ils ne se connaissent pas très… bien. J’ai jaugé Angel, j’ai vu les yeux de mon fils. Pour une fois, il sait ce qu’il veut : elle !
 
Mamy Rose devint cramoisie :
 
Il la veut, Elle ? On dirait un gamin qui réclame un jouet ! Ma petite-fille n’est pas un objet dont on dispose à sa guise ! Si vous émettez des doutes sur MON Angel, j’en ai autant*sinon plus * à l’encontre de votre James.  
 
Ne vous emportez pas, Rose. MON James n’est pas comme ça. IL n’est pas la girouette supposée.

Angel devrait comprendre que…
 
Une voix s’éleva dans leur dos…
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par J.O West le Sam Mar 29 2014, 16:01

… REFLÉCHIS à ce que MOI, je peux penser de tout ça ! Je pense que tu le fais juste pour contrer ton père, PAS POUR MOI, encore moins pour NOUS !

Cette tornade verbale le prit de court, le scia, le bouleversa. Torts et raisons, en suite saccadée. Tout essai d’en placer une se vit condamné.  Jaugé et jugé, sans espoir, ou si peu.
 
Angel, ce…ce n’est pas juste ! *Triste imbécile !* Je…m’y prends comme un pied…cette journée a été chargée et éprouvante…et…
 
Et rien ! Elle était fermée. Emmurée dans ses raisons. Inaccessible. Son ressentiment si vif était blessant mais qui se fichait de ce qu’il pouvait ou pas sentir en ce moment ? Pas elle, en tout cas.
 
Prenons du recul. Fais ce que tu crois juste, je ferai de même. Ah, bien le bonjour à Athénaïs, celle que te destine ton paternel !

Tu ne sais plus…ANGEL !!! Angel , ne me fais pas ça !
 
Il se retrouvait seul, quelque part, sur une route, et venait d’essuyer le refus le plus retentissant qui soit à une déclaration et demande en mariage. Tout d’un ! D’abord une sensation de profonde misère s’empara de lui mais peu à peu, cela se mua  en une colère sourde qui le remua jusqu’aux tréfonds de son être.
 
Du recul !?...Bien, si c’est ça que tu veux, on va en prendre…comme ça Papa sera ravi…Ça fera au moins un de content ! , il remonta dans la voiture et démarra, tu es un crétin, J.O…un pauvre idiot, un incapable…

Il écrasa l’accélérateur, rageur. Le bolide fonça dans la nuit, sur la route de campagne.  Le camion surgit au sortir du tournant, trop sur sa droite. La vitesse fit le reste…
 
Ça fonçait comme dingue, assura plus tard Gregory Payne, le chauffeur du camion, l’a essayé de rattraper mais du coup, perdu le contrôle et hop, parti en tonneaux…
 
Il oubliait ou omettait quelques détails, on s’occuperait de cela  le moment venu.   La centrale venait de transmettre l’information concernant l’amas de tôles tordues qu’avait été une flambante Aston Martin.
 
Eh merde…Strang !...Tu sais qui s’est ?...Le Duc de Gilmore, mon vieux…celui qu’on a tiré de là doit être son fils…pauvre mec, il est drôlement mal fichu… Pas la joie, on devra se farcir d’aller donner la nouvelle…jamais vu un duc de près…toi ?

Et ce ne fut pas ce soir qu’ils en verraient un. Cebius, immuable, géra comme il se devait, les remercia et raccompagna à la porte, pour après, avec la componction qu’on attendait de lui et la situation, aller donner la nouvelle à Sa Grâce, qui s’était déjà retirée à ses quartiers de nuit.
Howard Strang était sûr de ne pas pouvoir concilier le sommeil cette nuit.  D’abord ce dîner avec les intimes et les faux pas de James. Après,  la dispute, si âcre,  avec ce dernier, et pour bien finir celle avec sa mère, sa Magnolia chérie, qui défendait son  fils contre vents et marées.
 
Maudit entêté mais un jour ou l’autre j’en viendrai à bout et il entendra raison…c’est pour son bien…et celui des Strang, l’entrée si discrète de Cebius le surprit au milieu de son soliloque,  qu’y a-t-il encore ? On peut pas avoir la paix ?
 
Sa Grâce,  veuillez m’excuser de vous importuner à cette heure, mais des faits graves se sont suscités, il s’agit de Monsieur James, le voyant prêt à se lancer dans une de ses amères tirades, il poursuivit rapidement, la Police est venue informer d’un accident…un grave accident.
 
Mon fils…il… ?
 
Va chemin à l’hôpital, Sa Grâce, tous les détails m’ont été fournis.
 
Soudain blême, le duc chancelait. Cebius le soutint.
 
Ma femme… ?
 
Dans la bibliothèque, Sa Grâce, avec une visite tardive…Mrs. Peventies, grand-mère de Miss Grisham.

Les deux femmes discutaient avec véhémence. Défendant chacune son point de vue. Howard Strang n’eut aucun mal à saisir la teneur de leur conversation, mais ne se gêna pas pour les interrompre vertement.
 
Il faudra laisser la discussion pour plus tard, mesdames, dit-il en allant vers sa femme, des mauvaises nouvelles, Magnolia…James a eu un accident !
 
Comme on pouvait le prévoir, cette nouvelle causa la commotion conséquente. Magnolia s’affolait alors que la très digne vieille dame avec qui elle parlait un instant auparavant, exprimait sa  consternation et prenait congé, l’air mitigé.
 
Le Dr. Weaver soupira, se reprit en composant un masque poli et compassé pour affronter  les parents de l’accidenté de la soirée. Pas des moindres : un Duc en émoi et son épouse en larmes.
 
*Le malheur est démocratique, ça n’a pas d’égards !...Comment s’adresse t’on à un Duc ? C’est stupide d’y penser…M. le Duc ? Certainement pas. Sa Seigneurie ?  On en est encore là ? Sa Grâce ?...Ridicule mais je crois que c’est ça…*
 
Sa Grâce le Duc de Gilmore encaissa la nouvelle avec courage, on ne pouvait s’attendre à moins. Pas de désespoir même si celui-ci lui rongeait les entrailles. Magnolia Westwood, elle, envoya au diable les principes élevés du protocole anglais et se montra comme toute digne mère aimante : folle de préoccupation et chagrin. Son unique enfant gisait entre la vie et la mort. Ce n’était définitivement pas le moment de faire des chichis prétentieux.
 
Je veux le voir…je veux être avec lui !!! Mon petit a besoin de moi !
 
Le Dr.Weaver obtempéra.  Le petit en question, même s’il faisait un gentil 1.85 et était bâti en athlète, avait sûrement plus besoin du réconfort d’une mère que du règlement de l’hôpital. S’il s’en était sorti de justesse en vie de l’accident, cela ne signifiait pas, pas encore en tout cas, qu’il le resterait. Hémorragie interne, traumatisme crânien, autres fractures plus ou moins graves. Tout un palmarès médical. Pour le moment, plongé dans un coma profond, le bel héritier ducal ne risquait pas d’avoir vent de qui était ou pas près de lui, mais l’amour d’une mère, ça fait des miracles, c’est su ! Très maître de ses émotions, le Duc insista tout de même pour accompagner sa femme au chevet du souffrant.
Contre toute attente, bravant toute logique médicale on put constater chez le blessé une amélioration surprenante en début de la matinée suivante. Le Dr. Weaver n’était pas pour le savoir mais une certaine baguette magique avait œuvré de la façon la plus discrète et efficace qui soit.

Retour des limbes assisté. Branché à toute sorte de moniteurs qui captaient le moindre signe, impossible de ciller sans que des alarmes se déclenchent suscitant un émoi de poulailler en folie. J.O était à peine parvenu, après pas mal d’efforts, à ouvrir son œil gauche, le droit disparaissait encore sous un hématome de belles proportions, qu’autour de son lit s’organisait un vrai sabbat de docteurs et infirmières.
 
*Le camion…il m’a foncé dessus…Pourquoi diables me regarde t’on comme ça ?...Où est Angel ?...Elle t’a envoyé au diable, te souviens plus ?...Dieu, que j’ai soif…et mal partout…*
 
On l’examinait à l’endroit et à l’envers. Réflexes,  vision, pouls...n’importe quoi ! On lui posait des questions en s’attendant qu’il réponde avec l’embout du respirateur dans la trachée.  Qu’il cligne de l’œil ? Avec le mal qu’il avait eu à l’ouvrir ! Puis au milieu de tout ce tohubohu, sa mère, se frayant passage, s’imposant, exigeant…
 
Mon chéri…enfin !, elle l’embrassait, caressait sa tête, j’ai eu si peur…nous avons eu si peur !

*Nous ? Qui nous ? Angel ?*
 
Pas elle. Son père. Digne, un peu pâle, duc enfin. J.O ferma l’œil, se crispa, émit un son qui sonna à râle agonique et la sarabande se déclencha de nouveau. On évacua  Maman et le Duc en passant.
 
Le patient ne peut pas être confronté à de fortes émotions…or, avec votre pardon, Sa Grâce, vous voir semble l’avoir sérieusement commotionné.  Il est stable, tiré d’affaire pourrais-je dire, mais cela ne signifie pas qu’il aille bien…un accident est une expérience très traumatisante…*Peut-être le petit se sent coupable d’avoir démoli une bagnole de 250.000€ ? Il a peur que Papa le gronde ?*, il faudra doigtée et patience…ça peut prendre du temps !
 
Papa ne songeait pas à gronder personne. Voir son fils dans ce triste état le bouleversait au-delà  de tout, le faisant se sentir coupable. Magnolia devait penser la même chose, car elle gardait ses distances, vouant toute son attention à son fils chéri.
 
Il va se remettre, ma chérie, dès que possible nous le ferons emmener à Ste.Mangouste et…
 
Jamais de la vie ! Je ne laisserai pas qu’un sorcier de plus se mêle à ça…Vous et vos stupides clichés rétrogrades, vois où ça nous a menés…et ne pense même pas à me seriner avec tes histoires Strang, j’en ai ras le bol, des Strang, moi…Fiche-nous la paix, laisse nous vivre notre vie comme nous l’entendrons…

Être si cavalièrement mis de côté le révulsait mais dut ravaler orgueil et préjugés, pour le moment, pas question d’attiser encore plus le feu. Il resta là, indéfectible, à ses côtés,  attentionné, prévenant.
 
La gorge lui faisait mal et il avait toujours soif.  On lui avait ôté le respirateur  mais ses essais pour émettre un son furent assez minables, ne disons pas pour crier, comme il avait envie.  Enfin, Maman faisait une nouvelle apparition et lui donna enfin à boire, d’à petits coups, avec une paille en le soutenant comme si elle avait peur de le voir se casser…un peu plus.
 
Tout va aller bien, mon chéri…
 
Angel ?, cela ressembla à un croassement de corbeau mais si elle comprit, Maman fit comme si rien, se limitant à caresser sa tête, *C’est fichu…elle veut plus rien savoir…ça ne lui fait rien que je sois là, à moitié mort…elle doit savoir mais s’en fout…bon débarras pour elle…t’es un con, mon pote, un con en pièces détachées, ce qui est plus…elle voulait du recul…voilà, on a bien reculé, là…*
 
Ses reproches passaient en boucle dans sa tête. Un a un. Sans n’en rater aucun. Il avait bonne mémoire. Elle s’était sentie trompée, déjouée,  mise en évidence face à une société qu’elle dénigrait, et il était le coupable. Le seul et unique. « Les excuses sont faites pour s’en servir ! »…encore fallait-il en avoir, des excuses…il n’en avait aucune.  Manquements idiots. Faute d’y penser. Il avait cru, tout simplement, qu’elle comprendrait…apparemment, elle ne l’avait pas fait…ou pas voulu le faire ? Peu importait…Il l’avait perdue. Rejeter la faute sur d’autres ? Sur son père ? Sans doute il avait joué un rôle prépondérant mais…était-il le seul ?
 
*Il ne pense qu’à elle…que s’est-il passé entre eux ? James est un excellent conducteur…Cet accident…se pourrait-il que… ? Non, ça jamais…pas mon James…*
 
Mais si l’idée la taraudait, elle n’était pas la seule à y penser. La Police n’écartait pas cette navrante possibilité. Ce ne serait ni la première ni la dernière fois qu’une dispute entre amoureux conduit à une décision fatale. Bien entendu, Howard Strang s’opposa radicalement à ces insinuations.
 
Mon fils a un esprit fort et bien structuré, jamais de tout jamais, il n’envisagerait une solution si stupide…*Parce que tu le connais si bien, non ? Qu’est-ce que tu en sais, sur ton fils ?...Merlin tout puissant, que ce ne soit pas vrai !*
 
Il fallut attendre que J.O reprenne suffisamment ses esprits pour donner sa propre version des faits.
 
Le camion venait sur moi, trop sur sa droite…J’ai voulu l’esquiver, c’est tout. …Pourquoi diable voudrais-je me suicider ? C’est  ridicule…absurde ! *C’est vrai que ta vie, en ce point, ne vaut rien, mais quand même…si Angel pense cela…elle se sentira peut-être coupable…et veux pas ça…pas sa commisération, pas sa pitié…*
 
Mais il était cloué à un lit d’hôpital, incapable de quoi que ce soit d’autre que dépendre de son prochain. Cette idée le minait, le mettant hors de lui et faisant sursauter les moniteurs, ce qui méritait une intrusion à tout va de tout le corps médical du bled.
Comme toujours, Maman était prête à tout pour combler ses souhaits.
 
Je dois parler à Angel…lui dire…
 
Magnolia s’y prit de son mieux pour lui expliquer que Miss Grisham, pour quelque raison qui lui échappait, demeurait injoignable, par contre sa grand-mère, Mrs. Peventies, n’avait pas manqué de prendre de ses nouvelles. De là à demander la présence de la dame, il n’y eut qu’un vœu.
 
Je suis heureuse de voir que vous récupérez rapidement, James, dit-elle d’un ton adouci tout en restant mitigé, votre pauvre maman était dans tous ses états…
 
Et…Angel ?...Je… sans doute elle ne veut rien savoir de moi mais…je…veux pas qu’elle pense que…Nous avons discuté…*Elle a  discuté seule…*…mais ça n’a rien à voir avec l’accident…Dites-lui que…suis désolé d’être…enfin, elle sait bien ce que je suis…je…ne l’importunerai plus…ce sera comme elle a voulu…tant qu’elle le voudra…
 
Moniteurs en folie à l’appui, les cerbères en blanc, prièrent la vieille dame de mettre fin à sa visite. Une substance calmante se mêla à la perfusion, le dépêchant illico vers un limbe incertain.
Magnolia ne douta jamais que, malgré tout, son mari avait mené l’affaire à sa façon. Qu’elle le veuille ou pas, des médicomages , en parfait incognito ?, avaient défilé au chevet de son fils. Sinon, comment, à peine une semaine après son terrible accident, J.O était prêt à quitter l’hôpital ? Quoi qu’il en soit, elle était trop heureuse pour élever un grief quelconque et presque disposée à oublier certains différends avec  son duc de mari.
Installé dans sa chambre, entouré de soins et confort, J.O affronta une nouvelle épreuve.  Sa baguette, récupérée dans les débris de la voiture, reposait sur la table de chevet. Il s’était promis de ne rien entreprendre pour adoucir sa cause auprès d’Angel, mais la tentation fut la plus forte,  sauf qu’au moment d’invoquer son patronus rien ne se passa…après quelques essais infructueux, il dût reconnaître son incapacité ce qui le plongea dans le plus sombre désarroi.
 
Nous devons parler, James !
 
Il n’avait même pas remarqué l’entrée de son père, l’entendre tout près de son lit, le surprit, pas trop agréablement.
 
Étant donné que pas d’alternative, grommela t’il, rogue,  parle donc.
 
Le Duc ne se laissa pas décontenancer par l’attitude, somme toute compréhensible, de son fils.  Il avait quitté l’hôpital en fauteuil roulant et y serait confiné un temps jusqu’à ce qu’une longue réhabilitation lui permette de marcher de nouveau  et encore, personne ne pouvait garantir que tout serait comme avant. De quoi démoraliser le plus endurci.
 
Je suis désolé, James…de tout ceci…c’est de ma faute, en grande partie…
 
Toute une première, cette reconnaissance de tort ! J.O considéra son père d’un œil suspicieux.
 
À quoi vient ça, maintenant ? Tu devrais être plutôt satis…
 
Cela ne signifie en  aucun moment que je suis prêt à entendre tes jérémiades, James, je comprends très bien que cette situation te mine  mais rien n’est irrémédiable…avec le temps, tout ira bien, tu le sais, suffira de faire l’effort conséquent.
 
Ouais, qui dit que j’ai encore envie d’en faire, des efforts !? J’en ai marre…
 
Howard Strang hocha la tête et s’assit sur le bord du lit, l’air las.
 
Je le sais, mon fils, et cela me consterne…j’ai beaucoup pensé…Laisse-moi parler !
 
Ce fut une longue tirade sur ses manquements, ses torts, ses erreurs, comme père surtout. Sur les règles qui avaient régenté sa vie même avant d’hériter le titre et ses responsabilités. Sur le besoin de se racheter aux yeux de son fils unique, sur son besoin, enfin reconnu, d’être heureux auprès de la seule femme qu’il ait aimée.
 
J’ai compris tant de choses, en te croyant perdu, James…tant de choses qui ont perdu leur importance face à ce que je croyais l’irrémédiable…Tu aimes cette jeune personne, Angel…soit, aime la, épouse-la, elle sera accueillie parmi nous comme une fille…et je ferai en sorte pour qu’elle m’apprécie un jour !

J.O secoua la tête, un rictus amer aux lèvres.
 
Un peu tard, ton repentir, Papa…elle ne veut rien de moi…elle aussi en a pensé des choses…Sa non-réaction veut tout dire…elle se fiche si je crève ou pas…
 
Non, ce n’est pas cela, James, j’ai longuement parlé avec sa grand-mère, Mrs. Peventies, un sacré numéro cette dame, de ma vie on ne m’a remis à ma place avec autant de vigueur, je dois dire…mais enfin, revenons à Angel…personne ne sachant la joindre, on a déduit que la petite avait rendu son refuge incartable, ce qui s’est avéré juste. Avec l’aide de briseurs de sort du Ministère nous sommes venus à bout de ce fait…Miss Grisham voulait, semble t’il, prendre du recul et se reposer mais hélas a commis une erreur avec une certaine potion…

QUOI ? Ne me dis pas…Non ! Elle n’est pas…
 
Morte ? Non…rien d’aussi terrible…elle dort. Un profond sommeil induit…Mrs. Peventies ne s’explique pas cette erreur, selon elle, Angel est une experte…mais pourtant …elle a pris la potion de la belle au bois…
 
HEIN ? Qu’est-ce que tu me racontes là ?...Tu veux dire que…

Qu’elle dormira jusqu’à ce que son prince charmant la réveille.
 
Pas près de se réveiller, alors…
 
James!
 
Un trasplanage les avait menés jusqu’à la grange, si habilement désenchantée, où la belle dormait son sommeil de cent ans, pareil que dans le conte. Grand-mère Peventies était là, dans tous ses états mais son visage s’éclaira d’un sourire en voyant  J.O, promu prince charmant en service…
 
Vous savez ce qui vous reste à faire, mon petit…Allez-y !
 
*Vaillant prince…pas de cheval blanc…au lieu de ça… *
 
Pas de fringant coursier mais un fauteuil roulant, on avait certainement rêvé mieux comme héros de conte.  Dans son lit, Angel dormait, placide, ignorante de tout drame. Il la regarda à s’en emplir les yeux, et d’un geste très doux, écarta de son front une boucle égarée, avant de se pencher et lui frôler la bouche d’un baiser.  Le soupir ému de la grand-mère se laissa entendre.
 
C’est bien joli, mon petit…mais faut un peu plus de conviction, vous ne croyez pas ? C’est pour la réveiller, pas pour lui souhaiter bonne nuit !
 
Obéissant , il l’embrassa de nouveau, avec plus de chaleur, cette fois…et sentit sa bouche frémir sous la sienne. Elle s’éveillait…
 
Emmène-moi d’ici, Papa…veux pas qu’elle me voit ainsi…EMMÈNE-MOI !!!
 
Duc et Grand-Mère échangèrent un regard consterné puis Papa obtempéra…
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par Angel Grisham le Sam Mar 29 2014, 18:03

La belle au bois dormant rêvait à son chevalier servant qui l’emportait sur son destrier blanc.
 
EMMÈNE-MOI ! entendit-elle dans un brouillard. 
 
Emmène-moi J.O ! murmura-t-elle en battant des cils.
 
Mais, au lieu du prince attendu, à son chevet ne se tenait que sa Mamy Rose l’air inquiet.
 
Ça va, ma toute belle ? Tu devrais boire ceci ; ton mal de crâne cessera.
 
Incapable de pensées cohérentes, Angel se montra aussi docile qu’enfant. Elle absorba le breuvage non sans faire la grimace. La lucidité revint vite, avec elle la combattivité.  
 
Qu’est-ce que tu fais là ? J’avais pourtant tout bouclé ! On ne peut donc jamais avoir la paix, même quelques heures ?  
 
Mamy, qui s’était fort tracassée quant à un acte délibéré de dormir cent ans, se rassura à demi :
 
Si tu estimes que 96 heures n’en sont que quelques…
 
HEIN ? Mais non voyons ! C’est ridicule. La potion du sommeil sans rêves n’induit pas…
 
Vu la mine de sa grand-mère, Angel crut comprendre. Elle retomba sur ses oreillers :
 
Me suis trompée ? Oh, zut ! Et comment suis-je réveillée, alors ? Comment es-tu entrée ?
 
Les réponses vinrent sur la pointe des pieds. S’y mêlaient briseurs de sorts du ministère et… un baiser.
 
J.O est venu ? Il est parti, pourquoi ? *Parce qu’il n’en a rien à faire d’une fille comme toi ! *
 
La magie du baiser ayant pourtant opéré, c’est donc qu’il subsistait de l’amour quelque part.
Un peu paumée, Miss Grisham observa sa Mamy avec attention :
 
Qu’est-ce que tu me caches, qu’est-ce qui cloche avec J.O ?
 
Le résumé des avatars du jeune homme laissèrent Angel sans voix. La gravité des lésions énoncées l’effrayèrent.
 
Il va s’en remettre, hein ? Je dois le voir !
 
Déjà la couette s’envola, elle bondit sur ses pieds. Mamy la freina. Selon elle, James refuserait qu’elle le voie dans cet état.
 
Mais je m’en fous qu’il soit en chaise roulante ! Même s’il avait perdu ses jambes, ça ne changerait rien pour moi !
 
Pour toi peut-être, pour lui…

C’est ce qu’on verra !
 
Plantant là sa grand-mère, Angel se rafraîchit et s’habilla à la vitesse éclair. Un transplanage plus tard, elle frappait chez les Strang.
Introduite au petit salon par un Cebius mitigé, la jeune femme n’eut pas à poireauter longtemps avant que l’on vienne s’enquérir d’elle. Cent fois elle aurait préféré avoir affaire à la duchesse, Hélas se fut Howard qui se pointa. Elle l’affronta :
 
Sa Grâce me permettra-t-elle de voir son fils James ?
 
Non, Miss Grisham !
 
Devant l’air offusqué d’Angel, il compléta très vite :
 
Ne vous méprenez pas, cette décision ne m’appartient pas. C’est James qui le veut ainsi.
 
Excusez-moi, mais je n’en crois rien !  
 
Le Duc la contempla des pieds à la tête, la jaugeant d’un œil neuf. Il ne put empêcher un sourire d’éclairer ses traits sévères :
 
Mrs Penventies a raison : bon sang ne peut mentir ! Vous lui ressemblez vraiment beaucoup !  
 
Oh oui, il avait eu le « bonheur » de la rencontrer. Il narra brièvement leur épique tête-à-tête puis :
 
J’ai commis bien des erreurs, Miss Grisham, envers ma famille et envers vous. Je le déplore et soyez assurée que je ferai tout pour m’amender. Mais vous ne verrez pas mon fils car c’est sa volonté.  
 
Excusez-moi encore, mais il faudra qu’il me le dise lui-même !
 
Comprenant que rien ne détournerait cette décidée, le Duc l’accompagna lui-même jusqu’au parc où, sous une tonnelle, Mrs Strang tentait de divertir son fils qui tournait le dos à la porte vitrée. Magnolia les vit s’avancer, elle souffla quelques mots à l’oreille de James. À part peut-être un léger raidissement, il n’accusa aucun mouvement.  
 
J.O, mon chéri, je…
 
La rebuffade la frappa tel un uppercut mais elle tint bon.
 
Je voudrais m’excuser et te dire que…

Vlam, une autre baffe. Vite, elle débita :
 
Quoique tu penses, je ne suis pas là par pitié mais parce que je t’aime J.O, et je me fous de…
 
Trois fois, c’était au-delà de ses forces.  Elle ne se rendit même pas compte qu’elle pleurait contre l’épaule accueillante d’un Duc ému qui la raccompagna jusqu’à un siège où elle continua à sangloter bêtement. But-elle un thé, autre chose ? Tout avait un goût de cendres.  
 
Écoutez, mon petit, James n’est pas dans son état normal pour le moment. Il faut laisser le temps au temps. Si son corps va mieux, sa tête suivra, et…
 
Et ça prendra combien de temps ? S’il souffre, je souffre aussi. Même s’il ne veut plus de moi ensuite, je ne puis supporter qu’il…
 
D’après le Duc, James refusait les soins appropriés. À croire qu’il souhaitait rester cloué dans son fauteuil, en expiation ou allez savoir pourquoi d’autre. Pensive, Angel demeura muette quelques instants. Reposant sa tasse dans la soucoupe d’un coup sec, elle renifla une dernière fois et se redressa :
 
Avec votre permission, voilà ce que nous pourrions faire…  
 
Le lendemain, l’infirmière particulière Sonia Wild fit son entrée.
 
Comment nous portons-nous ce matin, James ? … je vois, on a ses humeurs ? Ça tombe bien, moi aussi ! … tatata, je ne reçois d’ordres que de mes patrons : sa Grâce et son épouse !... gueulez tant que vous voudrez, suis dure d’oreille. Et si nous commencions par boire cette délicieuse potion ?  
 
Évidemment, il refusa, la repoussa.
 
Vous voulez jouer à ça ? Ok !
 
Un sortilège lui enfonça la fiole dans le gosier. Contrainte, la déglutition fit le reste.
Calmé, plus réceptif, James se laissa ensuite manipuler.  
Avec dextérité, la nurse poussa le fauteuil à travers la grande demeure dont le gymnase s’ornait à présent d’engins particuliers dont une table de massage. Installé dessus par lévitation, J.O ne put que subir les applications de pâtes diverses par des mains vigoureuses, parfois très tendres.
Qu’il vocifère et s’agite encore n’empêcha pas le traitement.
 
Écoutez, James. Vos parents n’agissent QUE dans votre intérêt. Songez un peu à ce qu’ils endurent ! Votre pauvre maman est très fatiguée après tous ces événements. Elle ne mérite pas ça, et vous non plus. Vous pouvez guérir ! Il suffit d’y mettre un peu du vôtre, et du mien ! Allez, au travail maintenant, fainéant !
 
Le siège qui le reçut était à l’évidence destiné à la rééducation des jambes. Les chevilles placées sous le coussin à bascule, le mouvement était clair à effectuer : lever, baisser.
 
On va commencer léger, très léger. Un effort, James, vous pouvez le faire !  
 
Silence, immobilité. Puis, enfin, une tentative !
 
C’est bien, James ! Encore une fois, une toute petite fois !  J’ai bien lu votre dossier, la moelle n’est pas complètement sectionnée. On va y arriver !
 
Dieu qu’il semblait à la torture ! La nurse fléchit.
 
Parfait ! Félicitation ! Maintenant : natation !
 
La petite piscine d’hydrothérapie subit maints remous ponctués d’encouragements ou de plaintes et remontrances.
Quinze minutes plus tard, séché, J.O put aller se reposer.
 
Je reviens dans deux heures vous apporter votre repas… VOUS L’AVALEREZ de gré ou de force, compris !
 
Le dragon en uniforme referma la porte contre laquelle elle s’appuya larmoyante. Les tremblements commençaient, elle avala une gorgée de la fiole de sa poche.
En bas, on attendait anxieusement un compte-rendu précis :
 
C’est plus dur que je ne le pensais, dit-elle d’une voix blanche. Mais c’est un battant, ça ira… Moi ? J’ai mal mais ce n’est pas grave. Lui seul compte !  Je vais cuisiner son repas, maintenant.
 
Trouver une astuce pour forcer J.O à se soigner n’était pas une décision légère. Angel s’était persuadée qu’avec un coup de pied au cul, son amoureux reprendrait du poil de la bête. Experte en potions, avec un soin minutieux, elle avait fabriqué le polynectar qui lui permettrait de fréquenter J.O quotidiennement sans que celui-ci s’en doute un instant. Miss Wild n’était pas trop jolie, faut pas tenter le diable quand même ! La quarantaine sonnée, bien charpentée, cheveux frisés tenant mal sous la coiffe empesée, elle était forte et connaissait sa pratique. Le tout était d’éviter les faux pas. Angel y veillerait.
 
Pour une raison qui lui était propre, J.O refusait de partager la table de ses parents. Il prenait ses repas, seul, dans sa chambre ou la véranda. C’est dans cette pièce qu’elle le retrouva, pensif, renfrogné.
 
Eh oui, encore moi ! Nous allons déguster une bonne ration reconstituante. On m’a dit que vous n’avaliez quasi rien. Il vous faut des forces pour surmonter tout ce que je vais vous faire subir !  
 
Déni total.
Droite, fermée, bras croisés sous la poitrine, Sonia tapota du pied :
 
James, dois-je vous rappeler que j’ai tout pouvoir pour vous contraindre ? Je n’ai nullement envie de vous gaver comme une oie, croyez-moi ! Goutez, au moins !  
 
Angel connaissait les goûts de J.O. Elle s’était néanmoins obligée à ne pas trop laisser transparaître sa touche personnelle dans la confection des plats. Le simple bouillon de poule, d’une cuillère d’abord timide, s’avala entièrement. Suivi un steak légèrement trop cuit mais savoureux quand même.  Légumes verts, pommes natures, le bel appétit n’était pas parti.  
Sagement coite, Angel s’était régalée de le voir engloutir le fruit de ses efforts. Elle rassembla la vaisselle sale, lui tapota l’épaule, puis sortit, discrète.
Après une sieste, J.O eut droit à de nouvelles tortures physiques. Ses grognements ou coups de gueule n’empêchèrent pas la kiné improvisée d’exercer ses talents.  
La séance d’une heure épuisant son amoureux, elle lui ficha la paix, non sans ajouter :
 
On remet ça demain ! Si vous avez besoin de quoique ce soit, appelez, on m’a donné la chambre à côté de la vôtre !  
 
Redevenue elle-même à l’abri des regards, Angel put donner libre court à sa détresse. J.O… Son bel amour si brisé… Il n’y eut aucun appel nocturne, ni cette fois-là, ni durant la semaine suivante.  
Leurs rapports étaient strictement professionnels, les progrès lents mais présents.  
Un début d’après-midi, alors qu’elle le croyait endormi, Angel s’assoupit un peu à proximité. Au son de sa voix, elle sursauta :
 
…Vous disiez, James ?
 
Oh, Seigneur, il lui posait des questions sur elle. Dans un sens, qu'il s'intéresse à quelqu'un d'autre qu'à lui-même était bon signe.

La fable prévue se débita.  Issue d’une longue génération de guérisseuse, Miss Wild mettait un point d’honneur à respecter ses engagements. Les Strang l’avaient dénichée via les petites annonces de la gazette des sorciers, ses compétences avaient fait le reste.  
 
Je suis très stricte, comme vous avez pu le constater… non, pas de famille. J’ai eu un fiancé, ça fait longtemps… Incompréhension mutuelle, ça vous va comme raison ? Mais assez parlé de moi, vous James, on m’a dit que… ok, c’est pas mes oignons, vous avez raison. Que diriez-vous d’une petite séance ?
 
Elle rit devant sa tempête et, s’en fichant, roula le fauteuil jusqu’à la salle de tortures.
Des jours s’écoulèrent encore. Les muscles de J.O avaient repris du volume, les poids de la chaise avaient nettement augmentés. Angel détestait le voir souffrir ainsi mais se consolait lors des massages savants appliqués. Dur pour elle de pétrir ces chairs adorées sans avoir le droit d’y apposer ses lèvres.  Leurs rapports évoluèrent encore quand, alors qu’elle  l’avait forcé à se tenir aux barres de marche, il réussit à avancer une jambe.  L’émotion submergea Angel qui ne put empêcher ses yeux de s’humidifier.
 
… Mais non, je ne pleure pas ! Suis tellement contente pour vous, James ! Très fière, aussi… de moi, bien sûr ! Bientôt vous n’aurez plus besoin de mes services, c’est une excellente chose ! *Tu parles...*
 
Beaucoup d’efforts plus tard, J.O put se battre avec les béquilles. De progrès en progrès son humeur s’améliora. Ils en vinrent même à plaisanter, parfois. Puis, il y eut ce coup de grâce auquel Angel ne s’attendait pas.
Ils bavardaient de tout et de rien quand elle demanda, bêtement :
 
Quels sont vos projets James, maintenant que vous êtes debout ?  
 
Ce qui lui sortit la scia. Le verre qu’elle tenait se brisa.
 
*Athénaïs ? Il veut voir Athénaïs ? Je ne l’ai pas retapé pour cette, cette…*
 
Livide malgré elle, elle tenta de se calmer :
 
C’est une chose nat… naturelle que de renouer avec le… le monde. Excusez-moi James, je crois que l’on m’a appelée…
 
Elle se leva, prête à filer faire ses valises…
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Re: De qui se moque-t-on?

Message par J.O West le Ven Avr 11 2014, 11:49

Mission accomplie.  L’âme à l’envers, le cœur en miettes, perdu au fin fond de sa propre misère, J.O aurait cherché un trou sombre où se tapir jusqu’à ce que mort s’en suive. Évidemment, on ne lui laisserait pas ce loisir.
Retour rapide, quasi en catastrophe. Maman attendait, et, assistée du sixième sens dont est dotée toute mère, devina que tout allait mal. Très mal, en fait. Jamais elle n’avait vu son fils avec une expression de si sombre abattement.  Le regard navré de son mari ne fut qu’une confirmation de plus.
 
Veux être seul !, grommela J.O, fermé.
 
Es-tu fatigué, mon chéri ? Veux-tu boire quelque chose ? Peut-être as-tu un peu faim ?...Tu ne manges rien et…
 

Veux être seul, c’est tout !, riposta-t’il, sec et de diriger lui-même la chaise roulante jusqu’à la porte fenêtre s’ouvrant sur la terrasse.
 
Le suivant du regard, le Duc signifia à sa femme de le laisser se débrouiller seul.
 
Mais…
 
Ma chérie, il doit affronter ses propres démons, ça prendra du temps…cet accident, cette situation…l’ont affecté tant au physique comme au mental…Je commence à connaître mon fils…têtu, fort, férocement indépendant…j’ignore ce qui a pu se passer entre lui et la petite Grisham mais quoiqu’il en soit cela l’a beaucoup affecté et puis ÇA…se voir réduit à cet état d’infirme, dépendant des autres…cela le mine…et je crains que cela n’ira pas mieux…pas avant longtemps. Il a bien réveillé Angel mais n’a pas voulu rester…il m’a exigé de le ramener…
 

Mon pauvre enfant, il n’a pas voulu qu’elle le voit ainsi…mon pauvre…
 
Arrête de le plaindre si amèrement, ma chérie, il n’a aucun besoin d’une mère éplorée mais d’une décidée à le tirer de ce marasme, au prix que ce soit et tu le feras, Magnolia, tu as du caractère à en revendre, je le sais à mes dépends.
 

La « solution » ne tarda pas trop à pointer son joli nez. Sa Grâce avait beau avoir un caractère bien trempé, il ne put que s’émouvoir de l’entêtement démontré par Miss Grisham qui ne se laissa pas démonter par son refus de la mener auprès de son fils.
 
J’ai commis bien des erreurs, Miss Grisham, envers ma famille et envers vous. Je le déplore et soyez assurée que je ferai tout pour m’amender. Mais vous ne verrez pas mon fils car c’est sa volonté.  
 
Excusez-moi encore, mais il faudra qu’il me le dise lui-même !
 
Et pour dire, il en dit des choses, son cher fils. Rien de trop agréable à entendre. Sec, amer, fermé, il opposa sa propre rage à tout argument de la belle qui céda, en larmes. Humainement, il ne pouvait qu’essayer de la consoler, se surprenant lui-même de la douceur déployée. Elle souffrait pour James, ne voulait que l’aider, pas par pitié mais par amour, cela sautait aux yeux. Howard Strang se maudit d’avoir été si misérablement obstiné et aveugle.
 
James s’est fermé comme une huître et refuse toute aide…je crains que mon fils ait perdu toute envie de lutter, voire de vivre. Il refuse tout, même pas les suppliques de sa mère ne viennent à bout de son obstination…Il n’accepte pas ce qui lui arrive et sentir la moindre commisération des autres, n’arrange rien…
 

Selon la jeune femme qui réagit admirablement, se reprenant de ses larmes, ce dont James avait besoin était d’être botté au fondement pour reprendre du poil de la bête. S’il ne voulait pas de commisération, eh bien, il n’en aurait pas !
 
Cette enfant est un génie, assura le Duc à sa femme appelée pour être mise au parfum, elle a un plan et je suis sûr que ça peut marcher…Je crois que notre James a bien trouvé plus têtu que lui !
 
Dormir. Il ne voulait que ça. Dormir et oublier, mais plongé dans la pénombre secourable de sa chambre le sommeil le fuyait. Cébius était entré, apportant son café du matin, et avec l’intention d’ouvrir les tentures.
 
Foutez moi la paix, laissez ça comme c’est !!!, avait-il gueulé.
 
Le fidèle domestique avait obtempéré, mas voilà que cinq minutes plus tard, on tirait résolument les rideaux.
 
Comment nous portons-nous ce matin, James ?
 
Furieux, il jeta un regard ombrageux sur l’intruse qui le considérait sans la moindre bienveillance.
 
Que diables croyez-vous ficher là, vous ?
 
Et l’autre, ferme comme le roc qu’elle semblait être de riposter  d’un ton ironique :
 
Je vois, on a ses humeurs ? Ça tombe bien, moi aussi !
 
Non mais ! Elle se prenait pour qui cette  virago déguisée en infirmière ? Sans aucune intention de se montrer poli il l’envoya se faire voir ailleurs sur tous les tons, sans que cela cause le moindre émoi, bien au contraire, le traitant comme au dernier des gosses tarés elle insista , gentiment, pour qu’il avale une potion.
 
Jamais de la vie…Foutez moi la…non, ça va plus…bas les pattes !
 
Rien n’y fit, magie œuvrant, il avala. La mixture fit son effet, le réduisant à l’état de non-résistance souhaité, n’empêche qu’il n’était pas plus heureux pour autant. La suite ne fut pas trop joyeuse. Miss Wild, puisque c’était son nom, très bien acquis d’ailleurs, savait son travail et s’y prit avec enthousiasme, sans faire attention à ses jérémiades et l’octroyant en sus d’un sermon bien senti sur son manque de respect envers ses parents qui enduraient sans rien dire mais souffrant tout de même. Somme toute, Miss Wild le voyait comme un monstre d’égoïsme et iniquité. Tancé comme un enfant débile, il eut l’heur de la fermer. Qu’aurait-il pu dire, d’ailleurs ?
 
Vous pouvez guérir ! Il suffit d’y mettre un peu du vôtre, et du mien ! Allez, au travail maintenant, fainéant !
 
Et de continuer à le soumettre à toute sorte de tortures raffinées. Tout y passa, la miss ne se laissait pas émouvoir facilement et quand il pensa la faire fléchir, ce ne fut que pour se retrouver en train de patauger misérablement dans la nouvelle piscine d’hydrothérapie.
Plaintes, jurons, airs de martyre, rien n’y fit. Plus stricte qu’un sergent d’entraînement des Marines, elle observait, insistait, l’encourageait.  À la fin, il ne valait pas une chique  et se vit enfin évacué à sa chambre, où il avait l’espoir de rester jusqu’au lendemain sans être dérangé. C’est bon rêver.
  
Je reviens dans deux heures vous apporter votre repas…
 
Manquait que ça !
 
Pas faim ! Fichez moi la paix, à la fin !, brailla-t’il.
 
VOUS L’AVALEREZ de gré ou de force, compris !
 
Et de s’en aller le laissant avec la réplique cinglante au bout des lèvres.
 
*Cette harpie n’aura pas le dessus*
 
Mais il n’y croyait pas trop. Elle avait drôlement décidée à le tirer de son état grabataire, le voulut-il ou pas ! Et la femme-dragon le prouva largement, les jours suivants.
Pas un instant de répit. Elle le menait à un train de diable, exigeant chaque fois plus de lui, le faisant enrager tant et si bien que sa fierté finit par reprendre le dessus. Ce ne serait pas ce sergent en jupes qui allait le traiter de mauviette. En plus de l’alimenter selon les dictées d’un fameux régime, elle lui faisait avaler Merlin sait quelle potion de son cru.
 
À ce train, vais finir plus gras qu’une oie !, protestait-il.
 
Et de lui rire au nez en exigeant qu’il se décarcasse encore plus pour éviter les kilos superflus. Il commençait même à apprécier ces séances de quasi torture, mais ne l’aurait avoué même pas en article de mort. Quelque chose l’intriguait de Miss Wild, sous ses allures de force la nature en action, elle semblait avoir le cœur tendre. Il lui arrivait de sourire, de se montrer douce pour l’encourager, et sans le paraitre, d’être merveilleusement  délicate à l’heure d’administrer ses soins.
 
* Sois pas stupide, t’es une épave…elle te renfloue, c’est son boulot !*

 
Sa mère ne tarissait pas d’éloges, son père avait, mine de rien, toujours un bon mot pour l’efficiente créature. Il fallait supposer que ses parents étaient très satisfaits avec  l’amélioration de son état.
C’est vrai que peu à peu, on commença à voir le fruit des efforts de Miss Wild qui menait l’exactitude de son dévouement jusqu’à dormir dans la chambre à côté de la sienne pour être attentive à ses besoins.
 
*Ouais…elle viendra me bercer si je fais un cauchemar ? Ou peut-être au cas où la lubie me prendrait de faire des exercices à trois heures du matin…*
 

Ce ne fut en aucun cas…le cas !
Depuis quelques jours, la miss avait décidé que prendre de l’air lui ferait le plus grand bien, c’est ainsi qu’après la séance de torture du matin, la natation et le déjeuner, il avait deux heures de relâche pour faire sa sieste sur la terrasse, accommodé dans son chaise-long, protégé par un parasol.  Il ne lui arrivait pas de dormir tout le temps, s’occupant alors à des réflexions plus ou moins moroses qui dérivaient, ineffablement, vers Angel…puis mystérieusement, vers cet ange de miséricorde apparu si à point nommé pour le tirer de son gouffre. Les deux idées s’emmêlaient, donnant des résultats étranges. L’une était partie, s’avouant vite vaincue et, ô miracle, l’autre apparaissait le jour d’après…
 
*Non, c’est pas possible !...Et si ?...Ça lui ressemblerait…Prends pas tes rêves pour des réalités ! Comment aurait-elle… ? Potionniste émérite, ça ne lui poserait pas de problème…t’es con, mon pote, qui dit que tu mérites un sacrifice pareil ?*
 
Il se mit à l’observer avec plus d’attention. Un détail par ci, un mot par là. Un geste, un sourire. Son air ravi quand il réussissait un exercice…
 
Miss Wild, parlez-moi de vous !

 
La chère âme qui s’était presque assoupie à sa place, sursauta joliment mais se reprit à l’instant.
 
Vous disiez, James ?
 
Je vous demandais de me parler de vous, reprit-il, posément, je ne sais rien de vous…à part que vous êtes dévouée à me torturer depuis déjà un certain temps !
 
Était-ce son idée ou elle venait de rougir ? Peut-être oui, peut-être non. Il faisait presque chaud  pour la saison, cet après-midi et elle restait sanglée dans son uniforme strict, avec sa coiffe empesée  sur ses ridicules frisettes rebelles.
Elle débita son gentil laïus sans le regarder en face.
 
Je vous demande de me parler de vous, pas de me réciter votre C.V ! Par exemple...êtes-vous mariée ? Avez-vous de la famille ?
 
Petite rougeur délatrice ou simplement indignation ?
 
Non, pas de famille. J’ai eu un fiancé, ça fait longtemps…
 
*Un bail, oui !* Et ?
 
Incompréhension mutuelle, ça vous va comme raison ?

 
*Tiens…quelle raison valable !*

 
Et avant qu’il ne s’avise à approfondir son interrogatoire, elle passa à la défensive.
 
Mais assez parlé de moi, vous James, on m’a dit que…
 

On s’en fiche de ce qu’on vous a dit !
, gronda t’il, fini tout semblant d’affabilité.
 
Retour à la routine. Bon an, mal an il faisait des progrès. Qu’il réussisse à placer un pied devant l’autre pendant l’exercice aux barres émut Miss Wild jusqu’aux larmes, même si elle assura qu’il n’en était rien. J.O fit semblant de le croire et on en resta là, mais ce soir-là,  il fit une découverte qui le plongea dans un ravissement intense : ses pouvoir magiques, estompés depuis son accident revenaient en force.  L’once n’avait que très peu perdu de ses aptitudes. Elle trainait certes un peu la patte mais du reste bougeait avec une agilité que J.O humain ne pouvait que rêver…
Libéré des contraintes de son état d’infirme, il n’attendit pas pour tester cette nouvelle liberté. Une balade sur les corniches s’imposait. Parcours périlleux, s’il en est qui en aurait surpris plus d’un…ou d’une !
L’automne, bien avancé, avait déjà dépouillé les arbres, impossible de se dissimuler dans le feuillage pour se livrer à certaines observations, mais ce n’est pas cela qui arrêta J.O . Il n’avait pas l’âme d’un voyeur mais la curiosité le tenaillait depuis des jours déjà. La chance sourit aux audacieux, dit-on. Il devait avoir beaucoup de ça, ce soir.  La porte-fenêtre du balcon était ouverte. Sans doute cette chère Miss Wild affectionnait l’air frais de la nuit. Cela devait lui reposer les nerfs après une journée éreintante à lutter contre la bêtise obstinée de son patient.
 
*S’il se trouve, grand idiot, tu t’es gouré de bout à bout…ou…*
 

Il s’y attendait, le souhaitait mais la confirmation faillit quand même le déstabiliser sur sa branche. Sonia Wild avait subi une extraordinaire mutation, telle qu’il avait rêvée.  Au lieu de la stricte femme-dragon, c’était ELLE qui se tenait-là,  à quelques mètres, appuyée rêveusement à la balustrade de pierre. Une espèce de miaulement rauque, de la pure satisfaction, lui échappa, faisant relever la tête de la belle, en alerte, mais pour alors il avait déjà pris la poudre d’escampette.
Le lendemain, ignorante de sa cavale nocturne, Miss Wild le rabroua pour son manque d’entrain, il bougonna, pour la forme, ce qui ne l’exonéra pas d’avoir à se farcir tout ce qu’elle voulut lui imposer.
 S’exercer à marcher avec des béquilles, à la barre, nager. Tout y passa, sans compassion. Les massages, ce jour-là furent particulièrement énergiques puisque la miss assurait qu’il fallait stimuler avec vigueur ces muscles qui revenaient à la vie.
 
*Amen, elle n’attend que le moment de te voir sur pied pour tirer sa révérence…*
 
Cette idée l’angoissait mais déjà, à l’heure de la tant souhaitée pause, elle demandait, en toute innocence.
 
Quels sont vos projets James, maintenant que vous êtes debout ?  
 
Il leva le nez de son verre et la considéra, comme si la question le surprenait au plus haut point.
 
Vous appelez ça être debout ?...Sans ces machins, je me fiche en l’air…m’enfin, soupir à fendre l’âme, vous savez avant j’étais soldat, toujours au milieu de l’action…en mouvement…Fini tout ça !,petite pause pour l’observer du coin de l’œil avant de lâcher d’un petit ton de confidence,  mais la vie continue, dirait-on…je pense rencontrer plus souvent Athénaïs… l’adorable Athénaïs de Beaufort, vous savez…la fille de l’ambassadeur français !
 
Plein dans le mille. Sonia Wild vira au livide le verre qu’elle tenait lui échappa de la main, se brisant.
 
*Pas à dire…ça l’a mise dans tous ses états !*, Miss Wild…laissez donc ça…un domestique s’en occupera…On dirait que cela vous surprend ?
 
Il s’en voulut d’être si tordu en la voyant faire des efforts pour se ressaisir.
 
C’est une chose nat… naturelle que de renouer avec le… le monde. Excusez-moi James, je crois que l’on m’a appelée…
 
Et de se lever comme si un serpent l’avait mordue, prête à filer.
 
Personne ne vous appelle, Miss Wild, suis pas sourd et ai rien entendu…rasseyez-vous , je vous en prie, ça ira mieux pour parler…parce que je crois que là, nous devons tirer quelques choses au clair.
 
Regard interloqué, proche à la panique. Retombant lourdement à sa place, elle le fixa comme le lapin hypnotisé par le gros serpent.
 
Rien à craindre, suis pas violent, seulement curieux. Je ne sais pas à quel manège vous vous livrez, avec mes parents, parce qu’ils sont mêlés à tout ça, n’est-ce pas ?…Peu importe, je suppose, puisque vous avez réussi  à me remettre sur pied. Et je vous en suis reconnaissant aussi, vous me devez, n’empêche, quelques aveux, Miss Wild ou devrais-je dire…Miss Grisham !?
 

Nouveau bond, cette fois, elle n’attendit pas qu’il continue son discours et détala à la quatrième vitesse. Réagissant au quart de tour, J.O prit sa forme animale et se lança à sa poursuite.
Sa Grâce le Duc de Gilmore et son épouse s’apprêtaient à rejoindre rejeton et soignante quand l’apparition de Miss Wild, l’air fou, à bout de souffle, les surprit, qu’à sa suite apparaisse un gros chat très performant, eut l’heur de les priver du don de la parole le temps de voir le fauve bondir, dépassant la fuyarde  pour s’arrêter pile, face à elle, en grondant doucement.
 
Seigneur tout puissant, il est devenu fou !, s’écria Magnolia en voulant intervenir.
 
Son duc de mari la retint.
 
Je crois plutôt que notre fils a vu clair, c’est tout !...Je ne pense pas qu’ils aient besoin de nous pour leur mise à jour, viens, ma chérie, nous prendrons le thé à la bibliothèque.
 
Et de les laisser là, face à face. Pratique, l’once prit place sur la première marche de l’escalier et reprit sa forme humaine sans risque de s’étaler de tout son long.
 
Alors, c’était quoi, ton plan ?...Libérer ta conscience en me rendant la santé pour filer de nouveau, une fois le devoir accompli ?...Dis quelque chose, je t’en supplie…à moins que tu préfères le faire sous ta forme normale…j’avoue  ne pas trop pincer pour vous, Miss Wild, c’est Angel que je veux de retour…si elle le veut, bien sûr !
 
Elle le dépassa sans un mot, filant à l’étage.
 
Bougerai pas d’ici !, lança t’il à sa suite *Comme si tu pouvais aller plus loin !*
 
Combien de temps resta t’il là ? Des idées de plus en plus sombres le taraudaient, arrivant, à son grand désarroi, à penser que la miss avait pris la clé des champs pour de bon, mais des pas, à son dos, le rassurèrent. Angel s’arrêta à côté de lui.
 
Tu peux t’asseoir , s’il te plait…je crois qu’on doit parler…
 
Pourquoi devait-elle pleurer ? Soulagement ? Émotion ? Dépit ? Sans trop savoir comment s’y prendre, il finit par lui entourer les épaules de son bras.
 
Si tu veux, on peut chialer à deux mais crois pas que ce soit l’idée…à moins bien sûr, qu’avoir un éclopé sur les bras, te rende si malheureuse !...Dis, tu pensais la mener jusqu’où, ta petite farce ?...J’étais à point de déclarer ma flamme à Miss Wild…j’aime les femmes énergiques…c’est vrai qu’elle faisait fort, n’était pas trop mon genre mais  à quoi pouvais –je aspirer  avec mes airs d’épave échouée ?...Oui, doute pas que tu m’aurais appliqué une correction inoubliable au cas où…, un baiser sur sa tête,  sais pas toi, mais pour moi le compte est bon…c’est  vrai que vu comme ça, j’ai fichu en l’air ton besoin de recul…mais tu crois pas que c’est déjà assez de temps pour réfléchir ?...Tu sais, Angel, suis un type aux idées fixes…je veux toujours la même chose que ce soir-là…mon manque de style est navrant, c’est su…mais je te demande, de nouveau, ici, au bas des escaliers…veux-tu de moi comme je veux de toi ?...
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J.O West

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Re: De qui se moque-t-on?

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