No way out

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Re: No way out

Message par Alix Blackstorm le Jeu Oct 24 2013, 20:10

Fâchée ? Oh oui, elle l’était ! Par Merlin, cet idiot de Davenport venait de quasi les lier à la vie à la mort.  Au moins put-elle récupérer sa baguette ! Son patronus vint, le message se délivra :
 
Va chez Lord Cavendish.  Dis-lui bien que même si l’adresse a changé, rien n’est changé. Les couvertures de De Brent et la miennes ne doivent pas sauter.  On reste en contact…  
 
Alix avait rencontré Lord Cavendish par un pur hasard. Elle le jugea… fascinant. Une érudition bien supérieure à la moyenne, et… il avait connu les Blackstorm.  D’un naturel sceptique, Alix eut du mal à encaisser les révélations semées au vent des rencontres occasionnelles. C’est lui qui lui avait appris à créer un patronus preuve irréfutable qu’elle n’avait rien d’une Mangemorte. Le souvenir heureux déclencheur ? Le bisou du soir de se parents sur son lit d’enfant.  Peut-être son seul souvenir heureux de toute sa vie…  N’empêche que Miss Blackstorm rama longtemps entre génétique et implication contraire. Le coup de la nièce fut… fatal.  Parente de ce… cette monstruosité ? Il fallut encaisser et rendre les coups en douce.  Sa « position » offrait certains avantages non négligeables. Elle les avait exploités lentement. Et maintenant voilà que De Brent osait l’engueuler d’avoir divulgué de toutes petites informations :
 
… Ultra secret ?...Que vous le sachiez ne me tracasse pas…vous m’êtes redevable de loyauté absolue, donc…mais racontez ça un peu partout et ça donne quoi à votre avis ?  
 
Pour qui me prenez-vous ? Ou mieux pour qui vous prenez-vous ? Je respecte Lord Cavendish, il a toute ma confiance *Lui, au moins…*
 
L’autre de s’énerver et de ne rien trouver de mieux que d’enfiler du pur feu, elle aussi tant qu’à faire ! Malheureusement, il n’y eut pas que les palais qui brûlèrent. Michael tiqua fortement :
 
Merde...Il veut nous voir…
 
Surveillez votre langage ! Vous êtes décidément trop ivre pour répondre à cet appel !  
 
Un petit évaporatum s’imposait, se changer aussi ! Il se laissa faire tout en rigolant encore assez bêtement :

… tu mènes le trasplanage…euh…ton sort est pas mal…mais j’ai encore les idées un peu de travers…oh, s’il ne tenait qu’à moi…on irait à Cancun…c’est mieux que les catacombes de Tonton !

De quoi diable parlait-il ? Peu importait ! Dans le fond, De Brent était « marrant » dans cet état, aussi sa punition ne fut pas trop sévère, juste un coup de baguette sur le crâne :
 
Ne fais pas le guignol, c’est pas le moment !  
 
Suivit un transplanage. Ils se présentèrent alors dans les sinistres couloirs souterrains qui abritaient la fine fleur des Mangemorts. Par chance, son « oncle » n’avait jamais réclamé d’Alix un autre geste d’affection que celui exigé aux autres : un baisemain respectueux. Voilà au moins un truc que Michael et elle avaient en commun : détester ça !  Par sécurité, elle vérifia l’esprit de son compagnon et y entra comme dans du beurre mou :
 
*Ferme ton esprit, crétin !*  
 
Ce fut fait. Le Lord avec sa grandiloquence habituelle vanta des diverses réussites et déboires des dernières missions. Nul coup de travers ne les frappa.

*Qu’est-ce qu’il prépare ?*
 
Un très discret effleurement de l’esprit tordu l’avertit :
 
*Oh, zut !*
 
Sans avertir Michael, elle noua ses doigts au siens qui, il fallait l’admettre, étaient nettement plus agréables à toucher que les pattes de Voldy.  Tonton parut satisfait de cette pseudo union, ce qui ne fut pas le cas de tous, particulièrement de Narcissa Malefoy.  

Encore une femelle qui, apparemment, bavait devant De Brent. Enfin… l’heure n’était pas à ce genre de remarque, la concentration devait demeurer au top. Loin d’être idiote, Alix ne pigea quasi pas un mot des ordres les concernant, elle et son compagnon.

À peine rentré, De Brent devint… fou ? Il se lança dans un discours de forcené non sans lui torturer la main. La conférence des huit ne représentait rien pour elle.
 
*Huit lapins bleus, huit gnomes ?...*
 
Elle saisit le mot massacre :
 
Tu as peur qu’ils soient massacrés ?
 
Non, Alix…ILS vont nous massacrer…Ils sont du genre « agir d’abord, demander après »…Bon sang, c’est pour ça que je suis là !...Non, je ne suis pas un héros spontané surgi du néant, je suis un soldat entraîné pour venir à bout de cette menace…
 
Je… je ne comprends rien !
 
 Oui, ma chère, t’es informée mais pas tant que ça…
 
Si je peux en placer une, lâche-moi Michael, lâche-moi !  
 
Il le fit aussitôt pour, très délicatement, embrasser ses doigts torturés.
 
 Désolé…voulais pas te faire du mal…
 
Ça va ! Mais si je capte un tiers, c’est beaucoup. Explique-toi mieux, s’il te plait.  
 
Il le fit, et alors elle pigea : les moldus disposaient d’armes d’épouvantes capables de ravager complètement le monde sorcier.
 
C’est… c’est affreux… Faut empêcher ça…
 
Oui, je suis effrayé, autant que toi…On est un peu en choc…demain ça ira mieux…Tu as tes contacts, moi, les miens…On fera tout le possible…C’est pas pour demain…
 
Co… Comment Voldemort peut-il être au courant de ça ?
 
…il a bien vu son coup…Il doit regarder la TV, mine de rien…T’en fais pas…À partir de demain, commence vraiment ton instruction moldue…
 
C’est pas encore assez ? Ce sera pire ? Dis-moi que non…
 
…oh oui…en fait…tu n’as rien vu encore…
 
Il ne savait pas à quel point il avait tout bon.  Ce baiser la prit totalement de court. C’était donc ça un baiser ? Elle ne réagit pas, ne répondit pas, ne se débattit pas non plus, se contentant de savourer la douceur des lèvres posées sur les siennes. C’était… étrangement agréable. Elle n’avait jamais laissé un homme s’y risquer, mais était curieuse de savoir pourquoi tant d’étudiants se dévoraient la figure au détour des couloirs de l’école. Marrant, sitôt la courte étreinte achevée, il sembla… inquiet ? Elle s’écarta à bonne distance :  
 
Je ne sais pas ce qui t’a pris et ne veux pas le savoir ! Tu l’as dit : on a du travail !... moi ? Je vais regarder cette fichue boîte à images, tiens !
 
Bikita, comme si elle n’attendait que ça, apparut dans la minute avec ce qu’elle nomma plateau télé.
 
*Ah, on doit grignoter devant la TV… bizarre…*  
 
Puisque c’était le rituel…

Sitôt débarbouillée, tenue relax de mise revêtue, elle s’installa confortablement et… zappa. Les émissions mièvres furent vite reléguées. Les histoires naturelles la tentèrent mais elle cherchait des infos plus en rapport avec le monde moldu, sa politique, ses guerres.  Avec une horreur grandissante elle découvrit un reportage sur la seconde guerre mondiale… La comparaison était facile, affreuse dans ses perspectives. Le cougouar ressentit-il la détresse de la jeune femme face à ces scènes horribles ? Apache vint poser sa grosse tête sur ses genoux et Alix s’apaisa tandis que ses longs doigts fins fouillaient la fourrure de l’animal. Elle zappa rapidement. Tiens on parlait du fameux sommet qui se tiendrait à Londres dans les deux mois suivants. S’affichèrent les portraits des huit grands chefs d’État attendus.  Alix mémorisa leurs traits ainsi que leurs noms puis passa à un sujet plus récréatif – un cours de cuisine qu’elle enregistra aussi. Suivit un dessin animé sur lequel elle finit par s’endormir bercée par le doux ronron d’Apache.

À l’aube, elle s’éveilla, bien accommodée sur le divan, une couverture posée sur elle. Bikita veillait, aucun doute. Dans la cuisine, elle s’empara des manuels de fonctionnement des appareils électriques qu’elle étudia rapidement. C’était enfantin, finalement ! Faisant très attention, elle ne se trompa pas entre sel et sucre et fut assez fière du résultat : des gaufres ! Tout se prépara : café, œufs, cigarettes, etc. Elle ne cherchait pas à plaire à Michael, juste qu’il cesse de la considérer comme une nullité.

Rafraîchie, changée, tous dormaient encore apparemment. Serait-il du genre marmotte ? En ce cas pourquoi ne pas s’octroyer une petite balade dehors ? Le « chat » ne refusa pas de l’accompagner. L’endroit était… charmant, la mer fascinante.  Embrasser une telle vue était très attractif, elle s’avança près du rebord. Un ordre impératif l’empêcha, elle se retourna pour découvrir un Michael en robe de chambre, assez furieux pour changer :

… Mais non je n’allais pas sauter, quelle idée ! … oui, je suis sortie, et alors ? J’ai besoin d’une autorisation signée de mon oncle, de toi ? … rien de spécial, je voulais respirer, réfléchir, c’est tout…

Alix aurait juré qu’il était plus tracassé que fâché.  N’empêche qu’il ordonna repli petit déjeuner car la journée serait bien remplie.  

… Qu’y-a-t-il au programme ?  

Ce serait une… surprise !  Sans doute vit-il immédiatement que Bikita n’avait pas confectionné le repas. Gardant ses commentaires, il mangea quand même sans dégueuler après, ouf.

Sa toilette fut express. Un quart d’heure après, il la faisait grimper en voiture – encore – mais côté conducteur !  Elle croisa les bras sur sa poitrine menue, boudeuse :

 … NON ! Je refuse d’apprendre à conduire ! Il faut sûrement un permis quelconque, et… Bon, bon ! Tant pis pour les conséquences, tu l’auras voulu !

 Elle fit tourner la clé et hurler le moteur qui… calla.  Tiens… des explications, et en douceur…

 * Seigneur, tout arrive… !*

 Élève appliquée, maître patient, les débuts furent chaotiques mais il ne fallut pas longtemps pour qu’Alix maîtrise la technique du jeu des pédales et de la synchronisation avec le levier de vitesse. On se contenta du tour de l’allée avec quelques manœuvres de créneaux.

Extraits du véhicule, il la rapatria à l’intérieur. Nouvelle leçon : téléphone fixe et portable.

Je t’ai vu contacter Davenport avec celui-là. Ça a l’air bien mieux que les hiboux… Ok, taper le numéro mais où on le trouve ce numéro…

Annuaire, mémoire… ouille !  

Que je... ?

En test, elle devait téléphoner à Justin ? Ah, numéro de 2 de la mémoire interne… Elle s’exécuta. Des bips étranges, une voix déformée.

Sais pas si c’est lui ! Je dis quoi ?

Ouf, il lui prit l’appareil et fonça vers son bureau, la plantant là, perdue.  En attendant son  retour, elle étudia le bottin désigné. Se pouvait-il que Lord Cavendish y soit répertorié ? Chic, il l’était !

Elle entreprit de composer le numéro quand les foudres lui tombèrent dessus :

… sécurisée ?? MAIS QU’EST_CE QUE J’EN SAIS ?  Je dois prendre contact, avertir de la menace, c’est trop de pression… je… Fous-moi la paix, deux heures !  

Dans sa chambre, elle pleura de trouille, d’énervement, de fatigue.  Une grosse chatte s’allongea à ses côtés, elle sombra, rassurée.  

Deux heures pile plus tard, il la secouait :

… oui… travailler, ok !  … j’ai pigé ! Pas de ligne non sécurisées ! J’envoie mon patronus avertir mes contacts.  

 Il lui broya le poignet quand elle demanda à sa panthère de prévenir Severus Rogue :

… arrête ! JE SAIS dépister les traîtres, il n’en est pas ! Severus joue un double jeu, comme toi, comme nous…

Michael finit par la laisser faire. En tout, le patronus n’eut que quatre personnes à contacter. Une fois évaporé, elle le bouda pour les douleurs infligées inutilement et émit une requête :

… je te pardonne si tu m’accordes d’aller chez moi, en Écosse… J’ai un domaine, des plantes…

Il agréa à condition de parfaire encore son éducation avec… l’ordinateur. Décidément, les moldus en utilisaient des engins bizarres. Ce dernier fut une révélation. Clic ici, clic là, euh… Les possibilités lui sautèrent aux yeux. Elle s’imagina y passer le reste de la journée tant c’était hallucinant. Hélas…

Supermarché !

*Il va me rendre folle…*

Habituée aux petites boutiques sorcières, Alix eut le tournis face aux rayons démesurés proposés de la ville proche. C’était donc ainsi que l’on s’alimentait de ce côté… ? Une pièce dans un « caddie », pousser celui-ci et le remplir ?  Elle cafouilla un peu avec les conserves et beaucoup à la caisse. Mais De Brent ne se moqua pas une seule fois, ne la railla pas de son inexpérience.  

Le coffre plein, cela ne lui suffisait pas encore. Direction cinéma.  Qu’est-ce que ça pouvait lui apporter plus que la télé ?  

Le grand écran la saisit. Elle avala son popcorn, sans même s’en rendre compte, captivée par les aventures de Scarlett O’Hara.  Il lui passa des mouchoirs.  

On rentre ? renifla-t-elle.

Que nenni !  Dernier round : dîner. Mais pas n’importe lequel.  Un resto chinois où elle dut goûter des mets exotiques en jonglant avec des bouts de bois alors qu’il avait commandé dans une langue étrange.  

Enfin at home, elle ne se plaignit pas mais insista :

Je pourrais rentrer chez moi ?... Parler aux plantes est important sans ça, elles meurent où deviennent méchantes…       

Elle faillit s’évanouir quand il lui dit qu’elle conduirait jusque-là !  
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Re: No way out

Message par Michael De Brent le Sam Oct 26 2013, 10:22

Ce n’avait été que le plus innocent des baisers. Rien de plus. Pourtant ce qu’il perçut et ressentit, le laissa un instant assez troublé. Normalement, les filles réagissaient autrement…enfin les filles qu’il fréquentait habituellement.  Elle se contenta de le considérer un peu surprise, de ses grands yeux bleu sombre en disant, sans perdre le calme :
 
Je ne sais pas ce qui t’a pris et ne veux pas le savoir !
 
Qu’on le pende s’il le savait lui-même. La miss décida d’aller regarder la TV, lui, battit en retraite dans son bureau et s’y enferma.  Tourner en rond ? Pourquoi pas ? Ça donnait toujours des résultats après un moment.
 
*Surtout pas déconner avec la belle…*
 
C’était déjà un bon début. Il trouva bien de quoi s’occuper. Quelques heures passèrent sans se faire sentir. Il ne rêvait que de son lit et quelques heures de sommeil mais la TV encore allumée au séjour attira son attention.  Un programme insipide et Alix dormant comme un ange, roulée dans le divan. Il sourit et dépliant le plaid posé sur un fauteuil, l’en couvrit.
 
Beaux rêves, ma sorcière !
 
Michael était habitué à dormir comme un loir, quand les circonstances le permettaient avec Apache le tenant au chaud. Son chat et lui avaient une longue histoire ensemble. Minette était orpheline, un chasseur ayant tué sa mère. Il l’avait trouvée dans une crevasse, miaulant de faim et de peur. Il était aussi seul qu’elle. Depuis, rien ne les séparait…sauf que là, il faisait frisquet et pas de trace d’Apache.
 
Les premiers rayons du soleil éclairaient déjà. Son chat ne sortait jamais sans lui, à cette heure. Il se leva, appelant Bikita. L’elfe semblait très tranquille.
 
Miss Alix sortie avec Apache…elles marcher vers falaise…toute contente, elle !
 
*Falaises !...Ce qui me manquait !*
 
Bikita le rattrapa à la porte l’obligeant  à enfiler sa robe de chambre.
 
Maître pas s’enrhumer…en plus  décent !

*Mais à quoi pense cette fille ? Qu’on est en colonie vacances ?...et  ce chat fourbe…*
 
Elle contemplait le paysage, s’approchant trop du bord de la falaise.
 
T'as des envies de suicide?...Recule !
 
Mais non je n’allais pas sauter, quelle idée !
 
Sois pas idiote, c’est trop friable…on ne doit pas s’approcher du bord…et puis, qu’est ce qui te prend de filer comme ça !?
 
Apache trottina jusqu’à lui, assez contrite, pas ainsi la miss qui clamait son droit de réfléchir en paix.
 
Ok…On rentre, tu viens ou quoi ?
 
Tiens ! Ce petit déj ne portait pas la signature de l’elfe. Un regard significatif de Bikita le mit au courant. Miss Blackstorm faisait des efforts. Et ce n’était pas mal du tout ! Il mangea en silence avant de filer faire sa toilette en temps record.
 
Bien, Alix…Tu conduis !, laissa t’il tomber en lui passant la clé de la voiture.
 
Elle bouda, se rebiffa mais finit par s’y faire.  Cela ne marcha pas du premier coup, ni du deuxième mais elle était attentive et comprit rapidement.
 
*Maline comme pas deux…elle saisit au quart de tour…et est douée…en plus de jolie…elle a de l’esprit, na manque pas de réplique…ça promet !*

Il en alla de même avec le téléphone. Le gsm la fascina. Elle joignit Justin sans problèmes. Il fallut après lui expliquer qu’on ne pouvait pas parler avec n’importe qui, n’importe comment, qu’il fallait une ligne sécurisée. Il flippa pour de bon quand elle opta pour  utiliser son patronus pour contacter Severus Rogue.
 
JE SAIS dépister les traîtres, il n’en est pas ! Severus joue un double jeu, comme toi, comme nous…

Il  lui avait encore fait mal. Quel abruti !
 
Suis désolé…je…
  
Je te pardonne si tu m’accordes d’aller chez moi, en Écosse… J’ai un domaine, des plantes…
 
Elle le déroutait. Tantôt impérative, tantôt douce. Sans faire étal de son charme, pourtant si présent. À quel genre de fille avait-il affaire ? Un genre inconnu, pour lui, en tout cas.  Mélange de séduction et une certaine innocence. Il ne voulait pas penser que naïveté…quand même pas…ou peut-être oui ?
 
*Ça existe ?*

Il y pensait encore, le lendemain après lui avoir imposé comme tâche de conduire  vu qu’elle avait insisté pour se rendre en Écosse.
Le veille avait déjà été enrichissante avec leur virée supermarché, cinéma, sans compter la découverte de l’Internet, qui avait, il ne s’y méprenait pas,  enchanté Alix.
 
Ce ne fut pas une partie de plaisir. Elle était  tendue comme corde de violon  et sa conduite, sèche et angoissée n’arrangeait rien. Se trouver sur une autoroute la mit à cran. Il suivait ses faits et gestes avec attention concentrée, quitte à intervenir s’il le fallait.
 
Tu t’y prends très bien…continue comme ça…c’est parfait ! Si tu te détendais un peu, ce serait mieux…

*Imbécile…elle est morte de trouille…mais quel  cran…elle est unique !*
 
Ils y allaient à 50 à l’heure. Peu importait. À ce train-là, ils mettraient deux jours à y arriver mais ils n’étaient pas pressés.  Ils firent une pause déjeuner rapide. Il restait encore du chemin. Michal ignora le regard de sa compagne et la laissa reprendre le volant, jusqu’au moment où il commença à pleuvoir.
 
Allez, ça suffit…arrête-toi sur le bas-côté, je prends le relais…tu as été merveilleuse, Alix…Oui, je te jure…tu es parfaite…il est juste question de t’y habituer…ça viendra…
 
À la pluie succéda un brouillard épais comme purée de pois. Même un as du volant comme Michael n’y voyait goutte. Il s’arrêta à la première auberge aperçue en chemin.
 
On passe la nuit ici, on arrivera demain chez toi…fais pas cette tête…ça a l’air pas si mal que ça !
 
Pour  pas mal, ça ne l’était pas. L’auberge était pimpante, offrait tout le confort possible avec un seul et minime inconvénient : il ne restait qu’une chambre. La plus grande, oui. La plus confortable aussi mais….
 
La pauvre ! Elle qui s’était réjouie à l’idée de passer une nuit de tout repos , se trouvait confrontée, avec une de ces réalités de la vie qu’on n‘agrée pas volontiers : il n’y avait qu’un seul lit, dans la dite chambre…un grand lit, énorme même…mais un seul.
 
Pas de souci, dit Michael, grand seigneur, le lit est à toi…je prends le divan…enfin, si on peut appeler ça divan…
 
C’était petit, étroit et inconfortable. Le lendemain il serait courbatu, aurait mal au dos et les idées de travers, mais qu’est-ce que ça pouvait faire quand on était prêt  à  offrir sa vie sur l’autel de la justice ?
 
Repas juste décent. Climat abject. Confort succinct. Au moins restait la TV, à l’écran assez grand comme pour ne pas les faire râler.
 
On tombe pas toujours au Ritz…mais au moins on a un peu de choix…qu’est-ce que tu veux regarder ?...Indiana Jones et la dernière croisade ?...ma foi, c’est bon pour moi…
 
Le divan, à part d’être étroit était d’un inconfort repoussant. Ils s’installèrent sur le lit, avec la meilleure intention de regarder le film…sauf que…
 
Qu’est-ce qu’il y a ?, grogna t’il, en se sentant poussé avec entrain.
 
Elle réclamait son lit, il s’était endormi à la moitié du film mais c’était si douillet…
 
Bouge pas…ronfle pas…veux rester là…suis sage, juré…
 
Et de ronfler comme un bienheureux, ignorant toute manœuvre pour le déloger de sa place.  La magie y mit du sien, car au lendemain il se réveilla, le dos en compote, dans le minable divan.
 
Gentil de  ta part…merci…pas de souci…m’en tire…aouch…non…ça va aller ! Suis endurant...m’enfin…
 
En début de matinée, ce fut lui qui conduisit, ils arrivèrent au domaine de Miss Blackstorm.  Gris, massif, élevé comme solitaire vigie sur des alentours, le manoir n’offrait pas, à première vue, rien à part courants d’air et nostalgie figée.
 
Suis sûr que tu pouvais choisir mieux mais c’est pas si mal que ça… Pardon pour le fichu cliché…mais que diables fait une fille comme toi dans un endroit comme celui-ci ?

Elle lui rit au nez en le guidant vers l’intérieur. Pas de courants d’airs pour commencer,  c’était, contre toute attente, presque douillet. IL faillit changer d’avis en découvrant la jungle privée de la miss. À peine avait-il fait deux pas á sa suite qu’un tentacule l’agrippa cruellement, lui tirant un cri de douleur.


Dernière édition par Michael De Brent le Mar Mai 20 2014, 00:36, édité 1 fois
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Re: No way out

Message par Alix Blackstorm le Lun Oct 28 2013, 17:42

Galère de chez galère ! Conduire jusqu’en Ecosse ? Ce gars était d’un sadique extrême.  Alix avait peur, peur de faire une gaffe qui les enverrait dans le décor ou pire de tuer des innocents sur la route, et quelle longue route ! L’autoroute lui donna des frissons de terreur. Tous ses muscles raidis, elle n’osa pas appuyer sur l’accélérateur.
 
*On va nous arrêter pour excès de lenteur…*

Tu t’y prends très bien…continue comme ça…c’est parfait ! Si tu te détendais un peu, ce serait mieux…   
 
Il en avait de bonnes celui-là ! Mais, crâneuse, elle persévéra malgré la folle envie d’entrer dans la première aire de repos et d’y disparaître.
De nombreuses se dépassèrent avant qu’une pause soit accordée. Un restoroute banal, elle y prit une salade qu’elle piocha sans conviction, crevée.  Le calvaire reprit peu après malgré sa supplique muette du regard.  Abattue, elle obéit et conduisit comme elle pouvait. La luminosité déclinait et, bientôt la pluie tomba. Elle ne savait pas commander les essuie-glaces, elle paniqua.
 
Allez, ca suffit…arrête-toi sur le bas-côté, je prends le relais…tu as été merveilleuse, Alix…Oui, je te jure…tu es parfaite…il est juste question de t’y habituer…ça viendra…
 
*Ça m’étonnerait !*
 
N’empêche que ces compliments la détendirent un peu. Malheureusement, les conditions climatiques s’aggravèrent. Michael freina devant une auberge :
 
On passe la nuit ici, on arrivera demain chez toi…fais pas cette tête…ça a l’air pas si mal que ça !

Tu parles ! Elle faillit disjoncter en constatant que la seule chambre disponible ne contenait qu’un lit !
 
Pas de souci, le lit est à toi…je prends le divan…enfin, si on peut appeler ça divan…
 
*Ça t’apprendra !*  
 
La carte de l’auberge était restreinte. Plat du jour : haggis ! Alix l’aurait préféré plus relevé…  La conversation aussi, du reste.  S’il ne racontait rien, ben elle non plus, na !  
Rentrés en chambre, devant la seule distraction, il s’excusa, façon de parler :
 
On tombe pas toujours au Ritz…mais au moins on a un peu de choix…qu’est-ce que tu veux regarder ?...Indiana Jones te la dernière croisade ?...ma foi, c’est bon pour moi…
 
Une fois plongée dedans, Alix se scotcha. Marrant, le père Jones ressemblait à... Lord Cavendish… en plus comique. Mais soudain, alors que papa Jones ouvrait son parapluie pour chasser des mouettes vers un avion, elle perçut une autre sorte de ronflement que celui d’un moteur.
 
Hey, le secoua-t-elle. Pas question de ronfler ici ! Sors de là !

Bouge pas…ronfle pas…veux rester là…suis sage, juré…   

*Dors, mon ami !*
 
Un petit sort de lévitation, un assurdiato, elle put jouir en toute paix des aventures d’Indi.  
La journée avait été infecte, pourquoi ne pas enfin goûter un vrai repos ? Elle en profita grassement sans se soucier le moins du monde de celui qui était ratatiné sur le mini divan.  Quoique, au matin :

Gentil de  ta part…merci…pas de souci…m’en tire…aouch…non…ça va aller ! Suis endurant...m’enfin…
 
Mets trois gouttes dans de l’eau, ça ira mieux.
 
Elle lui donna une fiole de son sac à malice. Pendrait ou pas, c’est lui que ça regardait.
Ouf, il conduisit le reste du trajet. Une fois le manoir en vue, il n’apprécia pas le décor vu tête et commentaires :
 
Suis sûr que tu pouvais choisir mieux mais c’est pas si mal que ça… Pardon pour le fichu cliché…mais que diables fait une fille comme toi dans un endroit comme celui-ci ?  
 
Une fille comme elle ? Ça voulait dire quoi ?

Ce domaine est celui des Blackstorm depuis des siècles. Je n’ai pas eu le choix : c’est une partie de l’héritage…  
 
Le grand hall fut traversé à vive allure. Mais Alix ne visait pas les pièces intérieures, elle voulait voir sa serre communicante et obliqua sur la première porte à droite.  Il y pénétra juste à sa suite mais s’avança avant qu’elle put l’avertir. Cela ne rata pas, la tentacula s’empara de lui.  
 
*Merlin…* Ne bouge plus Michael, plus du tout.
 
Il souffrait ; elle parla à sa plante :
 
Rosy chérie, maman est de retour. Calme-toi, sois gentille, dépose-le doucement, veux-tu ?  
 
La tentacula accepta sa caresse et relâcha sa proie.
Lourd à traîner le bonhomme. Elle le tira jusqu’au seuil. Le temps de lui filer une fiole, elle retourna dans la serre où ça bruissait partout de fureur.
 
DU CALME ! Mes bébés, je sais que je vous ai manqué, vous m’avez manqués aussi. Tu veux à boire Viola ? Tiens ! Tu veux tes graines Arthuria ? Tes souris Pithonia?  
 
Elle soigna parfaitement ses amies avant de retourner voir un De Brent peu fringant.
 
Appuie-toi sur moi !... Suis solide voyons !  
 
Au salon, elle l’installa sur le divan et commença à examiner piqûres et morsures. Pas joli…
 
Fingon, ici, tout de suite !
 
L’elfe arriva effaré du tableau.
 
Aide-moi à le dévêtir puis apporte ma trousse, vite !  
 
Douleurs et poisons étaient neutralisés mais  restaient les blessures dont une saignait beaucoup.
En slip, Michael se laissa faire, semi-conscient. Les baumes appliqués, potions avalées, il fallait attendre. Elle délégua De Brent sous la surveillance de l’elfe pour se rafraîchir. Son reflet tâché de sang l’attrista face au miroir. Grandes frictions sous la douche basique plus tard, en robe de chambre moelleuse de velours bleu, elle rejoignit le chevet du blessé qui reprenait doucement ses esprits. Elle accommoda sa tête sur ses genoux et osa lui dégager le front transpirant des mèches en vadrouilles :
 
Tu es trop impétueux Michael ! J’ai été négligente, j’avoue.  Dors !  
 
Longue nuit de veille. À aucun moment elle ne l’abandonna, surveillant ponctuellement les cicatrisations en cours. Ce « patient » n’était pas facile, loin de là !  Tantôt bébé, tantôt agité tel un forcené, il lui donna du fil à retordre.  Caresser ce front était… inédit, bizarre, elle le rendormit à chaque crise. L’aube pointait quand il s’apaisa pour de bon ; il irait bien.  
Certaine qu’il aurait une faim d’ogre au réveil, Alix commanda son elfe, toujours aussi paf de la situation :
 
Ne pose pas de questions : c’est un invité. Prépare un petit-déjeuner très copieux.
 
Copieux co… comment ?
 
Elle qui se contentait d’une tranche de pain grillé le matin dut lui fournir des indications :
 
Œufs brouillés, bacon, haricots en sauce, pains marmelades, du café, ça te va ? File !  
 
Michael dormait encore quand elle le quitta pour s’habiller. On aurait dit un ange… Beau de partout, elle avait pu en juger…  La douche la revigora un peu. Longue robe grise, cheveux relevés, aucun bijou, elle descendit l’attendre près du samovar.
Merlin qu’il était drôle en apparaissant telle une statue grecque drapé dans la couverture dont elle l’avait couvert. Il ne rata pas son petit sourire amusé et s’emporta aussitôt ; les récriminations plurent. Elle se défendit âprement :
 
Je n’y peux rien si tu précèdes tous mes actes ! … pas eu le temps de dire stop tu fonçais déjà… Oui, mes amies sont méchantes quand elles veulent, et alors ?... Ah, c’est moi qui suis méchante maintenant ? Que dire de toi, de ton sadisme à me faire endurer des choses pour lesquelles je ne suis pas faite ?... ne me crie pas dessus ! Prends plutôt ton café. Voici tes cigarettes, ça te calmera peut-être.   
 
Il voulait se laver et s’habiller d’abord.
 
Ne force pas, Michael. Tu vas être, euh, flagada, c’est ça que vous dites ?, un jour ou deux encore.  
 
L’arrogance l’emporta, il lui tourna le dos. Elle ne put s’empêcher de rigoler :
 
Tu ne sais même pas où ça se trouve ! Laisse-moi…  
 
Fermé, il semblait décidé à poursuivre seul ses investigations. Mentalement, elle calcula le temps qu’il lui faudrait avant d’aller le ramasser. Moins d’une minute plus tard : VLAM ! Elle courut.
Il s’était, comme prévu, étalé dans l’escalier.
 
Quel têtu tu fais ! Fingon, viens m’aider ! Mr. De Brent doit être soutenu et aidé à sa toilette. Charge-t‘en.
 
Grâce à un sortilège, l’elfe se  débrouilla. Alix surveilla la montée puis alla déjeuner.  
 
*Une tête de mule… qui croit tout savoir… Sadique et charmant… étrange mélange… *
 
À quoi bon chercher à le comprendre ?
Elle achevait ses œufs et sa biscotte quand Fingon vint au rapport :
 
L’invité de Miss Blackstorm est au lit. Il a fait syncope sous douche.
 
Affolée, elle grimpa quatre à quatre et trouva De Brent ronflant aux anges. Un baiser sur le front, elle murmura :
 
J’apprendrai à Fingon la différence entre sommeil et syncope. Je t’apprendrai peut-être à être raisonnable !  Dors bien.
 
Plusieurs fois dans la journée, elle alla vérifier température et pouls. Tout était correct. Entre ses visites, elle s’installa au milieu de ses chères plantes à qui elle parla beaucoup. Gag, la télé lui manquait.  Sortir était exclu vu le temps tempétueux, elle se rabattit sur la lecture et y consacra ses longues heures solitaires.  En farfouillant, elle dégotta un vieux livre de recettes de cuisine sorcière.  
 
*Tournarus, aplatitus… je dois être capable de ça !*
 
Elle délogea un Fingon outré de SA cuisine et prit les « choses » en main.
La tourte au poulet cuisait lentement au four au bois quand Michael se pointa :
 
TU TIENS À PEINE DEBOUT ! Assieds-toi ! Tu veux à boire ?
 
La suite fut un poème proche de la dispute…
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Re: No way out

Message par Michael De Brent le Lun Oct 28 2013, 18:32

Fallait être vraiment con ! Comme s’il n’avait jamais entendu parler du danger de s’engager, comme si rien, entre des plantes de ce genre ! Il aurait pu supposer que Miss Blackstorm ne cultivait pas de gardénias en serre, quand même ! Elle l’avait averti, mais bien sûr, toujours à n’en faire qu’á sa tête, il n’avait rien écouté :
 
Parler aux plantes est important sans ça, elles meurent où deviennent méchantes…  
 
Ça lui apprendrait. En tout cas, cette Tentacula qui venait de le chopper comme à un vil insecte était vraiment méchante !     
 
Ne bouge plus Michael, plus du tout.
 
Faute de mieux, il arrêta de gigoter comme un dingue. C’est vrai qu’à chaque mouvement, la plante lui faisait encore plus de mal.
 
Rosy chérie, maman est de retour. Calme-toi, sois gentille, dépose-le doucement, veux-tu ?  
 
Pour alors, Michael était si malmené que les détails lui échappèrent de comment Alix s’arrangea pour le sortir de là, il se retrouva sur le seuil de la maudite serre à s’enfiler le contenu d’une fiole qu’elle approchait à ses lèvres et resta là, en se sentant  valser dans un monde parallèle où se mêlaient douleur et incrédulité.
 
Appuie-toi sur moi !...
 
Même au-delà de toute douleur, il se trouva l’esprit de dire :
 
On va se foutre en l’air !
 
Mais l’adorable créature assura  être plus solide qu’elle ne le semblait, autant y croire, il ne sentait décidemment pas la force pour discuter. Le divan du salon le reçut en quasi dépouille inerte, à partir de cet instant-là,  il s’en remit à ses mains et s’occupa  à lutter contre la spirale de douleur qui menaçait de l’engloutir.
Quelle douceur ! Quelle abnégation pour soigner ses diverses plaies. Ses mains de fée papillonnaient sur son corps, apportant soulagement. Et puis, tout à coup, elle n’était plus là.
 
Alix…
 
Maîtresse revient…tranquille !
 
L’elfe le plus vieux et moche qu’il lui ait été donné de rencontrer le considérait de ses yeux globuleux. La créature semblait passablement effarée, mais pas autant que lui en se découvrant à moitié nu, étendu entre les coussins du divan. Pas le moment de poser des questions, on verrait bien plus tard…au cas d’en avoir un !  La douleur avait cédé place à un état second, abrutissant  mais pas plus agréable pour autant. Sa conscience lui jouait des tours, allant et venant. À un de ces retours, Alix était de nouveau là…Il avait la tête posée sur ses genoux, et elle caressait doucement son front.
 
Tu es trop impétueux Michael ! J’ai été négligente, j’avoue.  Dors !  
 
Veux pas…
 
Non, il voulait avoir conscience de cette main douce dans ses cheveux, lui prodiguant une caresse d’une tendresse inédite.  Sa mère l’avait aimé, certes, mais cela remontait à si longtemps…aucune femme n’avait démontré autant de douceur vis-à-vis de lui. Il savait bien éveiller la passion chez ces dames mais jamais rien de pareil à cette sensation de soyeuse félicité.
Étrange expérience ! Voguer tantôt au creux d’un rêve merveilleux :  être enfant de nouveau, confiant, innocent, insouciant. Puis cette placidité se muait en cauchemar, le poursuivant inlassable, alors, il avait peur. Des visages du passé revenaient de la main avec des vieillies douleurs, le torturant, lui répétant sans cesse la même ritournelle de mort et trahison. S’il cria ou se débattit, Michael n’en eut aucune conscience. La seule chose qui demeurait, ancrée comme fait solide, était sa présence.
 
Alix…
 
Que ce nom était doux, tout en restant empreint de force. Elle le sauvait de ses ténèbres, le retenait dans la lumière…
 
Bon sang, quel réveil ! Il émergea brusquement d’un rêve imprécis pour se trouver seul dans un endroit inconnu. Cela lui prit un moment se remettre les idées à l’endroit. Précaire situation.  Abandonné dans un salon inconnu, pratiquement à poil, se sentant comme un chien battu. Il se leva et fut à point de s’étaler de tout son long, se rattrapant de justesse sans se priver de jurer sur tous les tons.
 
*Où est-elle passée ?...*
 
Il devait bien avoir un elfe quelque part, dans cette sombre demeure mais Michael se garda bien d’appeler à l’aide, se drapant de sa couverture et des vestiges de sa dignité éprouvée, il se mit en quête de la belle. Chemin hasardeux, vaseux et enroulé dans sa toge de fortune, il n’était pas trop vaillant mais finit par trouver Miss Blackstorm prenant son petit déjeuner. L’odeur du café lui donna un haut de cœur. Ça allait mal, très mal mais il fallait tenir le coup à tout prix, simple question d’orgueil. Mais le pire fut de la voir se marrer en douce.
 
T’en prive pas, rigole tout ton soûl…d’abord ta fichue plante et maintenant…*Maintenant quoi ?*
 
La miss, qui n’était ni malade ni confuse, répliqua avec éclat :
 
Je n’y peux rien si tu précèdes tous mes actes !... pas eu le temps de dire stop tu fonçais déjà…

Pouvais pas savoir que tu avais une ménagerie de plantes cannibales !
 
Oui, mes amies sont méchantes quand elles veulent, et alors ?...
 
ALORS ?...Ça a failli me bouffer tout cru…et toi, tu t’en réjouis presque…
 
C’était particulièrement idiot de sa part dire ça, surtout en se souvenant de sa sollicitude mais son petit air crâneur le mettait hors de lui, mais bien entendu, elle avait encore son mot à dire :
 
Ah, c’est moi qui suis méchante maintenant ? Que dire de toi, de ton sadisme à me faire endurer des choses pour lesquelles je ne suis pas faite ?
 
Il ramena un pan récalcitrant de sa toge de fortune sur son épaule et la dévisagea, sarcastique.
 
Pauvre chérie…et de quoi crois-tu qu’est fait ce foutu monde !?...Rien que des trucs gentils pour plaire à Mademoiselle ?
 
Ne me crie pas dessus ! Prends plutôt ton café. Voici tes cigarettes, ça te calmera peut-être.   
 
Tiens ! Elle avait pensé à tout mais il n’était pas prêt à signer reddition si vite, il avait sa fierté.
 
Veux me doucher et m’habiller, si ça ne te dérange pas !
 
Au lieu de s’énerver, elle se montra toute douceur en disant :
 
Ne force pas, Michael. Tu vas être, euh, flagada, c’est ça que vous dites ?, un jour ou deux encore.  
 
Ouais, comme si on avait le temps !
 
Michael l’entendit rigoler à son dos, dès demi-tour fait. S’en fichant, il continua d’avancer  vers l’escalier. Le monter ne fut guère facile. S’accrocher à la rampe le sauva sans doute de se rompre le cou mais son amour-propre en prit un sale coup.  Plus rapide que les secours moldus, la miss s’amena avec son elfe millénaire qui l’aida, magie elfique, à gagner sa chambre et soi-disant faire sa toilette.
Sans savoir le pourquoi du comment, voilà qu’il se retrouvait dans un lit. Il faisait bon là. Chaud, douillet. La vague sensation d’un baiser sur son front précéda sa chute dans un sommeil pré-comateux.
Misère ! Encore un réveil en solitaire. Le nom du jeu étai décidemment : Débrouille-toi sans trop emmerder. Au moins cette fois, il trouva ses vêtements à portée de main et n’eut pas à se déguiser en antique romain.
 Elle était à la cuisine. Pendant un instant, le temps de reprendre son souffle et une attitude suffisante, Michael la regarda, pas pour longtemps.
 
TU TIENS À PEINE DEBOUT ! Assieds-toi ! Tu veux à boire ?
 
Le plus dignement possible, il alla s’échouer sur la première chaise venue.
 
Volontiers…un Pur-Feu me remettra d’aplomb !
 
Mauvais choix ! Il se manqua de peu pour qu’elle tire sa baguette et le stupefixe sur place, le tout en lui larguant un sermon pointu sur le besoin  de réhydrater son organisme malade et Merlin sait quoi d’autre. En peu de mots, pas de Pur-Feu, mais une bonne tisane, du thé ou au pire de l’eau fraîche.
 
Veux pas de ça…je veux un Pur-feu…m’embête pas avec tes remèdes de bonne femme…suis pas un petit vieux malade…Je déteste le thé !...QU’EST-CE QUE ÇA PEUT TE FOUTRE !?...Tu me le sers le Pur-Feu ou je dois aller le chercher !?
 
Il ne l’aurait jamais avoué mais ne se sentait pas trop capable de se mettre en quête des boissons fortes ou de quoi que ce soit. Alix le fulminait de son regard de nuit mais il aurait presque pu jurer qu’elle n’était pas fâchée, c’était pire encore : la miss était en train de se payer sa tête.
 
Serai pas longtemps dans cet état…et dès que ça ira mieux…Te menacer ? Mais qui dit ça !?...Allez, sois gentille…Ah, tu veux vraiment pas…Devrai y aller tout seul alors !
 
Qui dit que l’arrogance ne soutient pas ? Bon an, mal an, il s’arrangea pour parvenir à ses fins. Verre en main, il s’affala de nouveau sur sa chaise, absolument éreinté mais mieux mort que l’admettre.
Pas de cigarettes  en vue, moment d’entamer le deuxième round, sauf que cette fois il se sentait incapable de faire un pas de plus. Fingon, le brave, traînait la savate dans le coin, il en profita :
 
Apporte-moi mes cigarettes, elfe !

Un elfe domestique se doit d’obéir à un sorcier, sauf si son maître le lui interdit explicitement, n’étant pas celui-là le cas, encore, Fingon  ne pouvait rien faire d’autre que s’acquitter de l’ordre donné. Il adressa un regard ahuri vers sa maitresse, un autre craintif vers Michael avant de faire deux pas et s’affaisser au sol comme un tas de chiffons informe.
 
Merde…ton elfe se trouve mal !
 
Oubliant son malaise, Michael s’agenouilla près de Fingon et faute de mieux chercha son pouls, d’abord au poignet, après à la base du cou, sans le trouver. Moment de paniquer un peu. Pas de réaction de pupilles, pas de battements de cœur. Miss Blackstorm restait figée, en observant ses faits et gestes.
 
Suis désolé, Alix…mais je crois que ton elfe est…mort !
 
Bikita appelée à la rescousse, ratifia.  Fingon était très vieux. Son temps était venu. Avec sa discrétion habituelle, la petite elfe se chargea de tout. L’elfe d’Alix  serait mis à terre selon les rituels elfiques, mystérieux à tout homme. Disparaissant avec la dépouille, elle les abandonna à leur sort.
 
Et voilà, on est bien fichus là…Il vaut rien, ton coin…pas de téléphone, pas de Net…pas de TV…T’embêtes pas à en mourir ici ?...Ah bon, tes chéries…Non, j’étais nul en Botanique…Ce n’est pas matière obligatoire pour faire mon boulot…pas de souci…tu en sais pour deux, ça compense… 

La tourte de poulet fut rescapée assez à temps pour ne pas être totalement cramée et leur cala l’estomac suffisamment pour ne pas crier famine.  Michael était claqué mais trop têtu pour le reconnaître.
 
On fait quoi, là ?...Tu vas leur chanter une berceuse, à tes carnivores ?...Non, je ne me fous de rien…je t’assure…
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Re: No way out

Message par Alix Blackstorm le Mer Oct 30 2013, 12:01

 Mais qu’est-ce que c’était que ce… malotru !  Il gueulait, imposait, voulait son pur feu et rien d’autre !
 
…QU’EST-CE QUE ÇA PEUT TE FOUTRE !?...Tu me le sers le Pur-Feu ou je dois aller le chercher !?
 
Oh que oui, tu vas devoir te le servir toi-même. Ce n’est franchement pas raisonnable…
 
Vu la façon dont il tenait dans ses croûtes, elle se marrerait avant peu en le voyant s’étaler à nouveau.  Il émit une sorte de défi qu’elle ignora, aussi royale que lui.  
 
*Tête de pioche, tête de mule, attends…*
 
Il était vert en se rasseyant tout fier d’avoir son verre… Le paquet de cigarettes était à trois mètres mais il était incapable de l’atteindre. Elle but du petit-lait… Jusqu’à ce qu’il commande Fingon de lui apporter ses clopes et que celui-ci s’écroule. Michael prodigua le constat fatal :  
 
 Suis désolé, Alix…mais je crois que ton elfe est…mort !    
 
Était-ce cela l’état de choc ? Alix resta sans réaction… longtemps. Comme dans un brouillard, elle vit Bikita emporter la dépouille et entendit à peine les déclarations de De Brent :
 
… vaut rien, ton coin…pas de téléphone, pas de Net…pas de TV…
 
Automate, elle répondit n’importe quoi et servit la tourte pas cramée. Panse calée, Michael commenta :

On fait quoi, là ?...Tu vas leur chanter une berceuse, à tes carnivores ?
 
PAR MERLIN ! Tu te fous de tout, toi ?
 
Non, je ne me fous de rien…je t’assure…
 
À d’autres ! Je viens de perdre… plus qu’un meuble ! Certes, Fingon a été fourni avec la maison mais… il était loyal, dévoué, s’occupait de tout pendant mes absences et… maintenant… Je n’ai rien vu, rien suspecté. J’aurais dû au moins lui témoigner… Mange tant que c’est chaud…
 
S’en vouloir était peu dire, Alix était mortifiée. Pour un elfe ? Son oncle en aurait fait des gorges chaudes !  
Elle put pleurer tout son saoul sans être dérangée un long moment.  Puis une Bikita intriguée se pointa, la considérant bizarrement :
 
Pourquoi tu me regardes ainsi ? J’aimais bien cet elfe même si…
 
Il repose en paix. Va falloir remplaçant…  
 
Elle faillit rigoler :
 
Il existe une agence de placement des elfes ?
 
Monsieur Michael aime bien Miss Alix donc Bikita aussi. Elle s’en occupe…
 
*Ah bon, il m’aime bien ?*
 
C’était si bizarre d’être dans cette immense demeure sans devoir sursauter à chaque apparition de Fingon. Elle ne savait même pas dans quelle chambre il logeait ! La cherchant, elle erra comme une âme en peine, croisant, par hasard, un De Brent soucieux :
 
… oui, ça va, merci ! Et toi ?
 
Il se sentait mieux, ouf.  Il sembla surpris de sa quête mais lui proposa son aide dans ses fouilles.  Au moins ça changeait des missions dangereuses et de la télévision.  Ce fut lui qui trouva l’antre de Fingon. L’elfe aurait pu s’octroyer tout le second étage mais non.  Il s’était contenté de la plus petite pièce qui ne contenait qu’un lit, une armoire, une étagère, et un coffre, l’ensemble respirait la propreté et l’ordre.  Uniformes nets bien rangés, peu d’effets de toilette.  Une seule peinture accrochée au mur. Cette dernière intrigua beaucoup Alix qui ne l’avait jamais vue.
 
Mon père, ma mère et sans doute… moi…
 
Qui d’autre aurait pu être ce poupon de deux ans tenant les jupes de la belle jeune femme du portrait ?
 
… j’ai si peu de souvenirs d’eux. Calysta a tout détruit, dit-elle béate devant les sourires du tableau animé.
 
Elle eut à peine conscience de la main compatissante sur son épaule tant elle était fascinée par l’air radieux de cette famille heureuse.  Ils allaient entamer l’inventaire du coffre quand un crack les fit sursauter tous les deux.
Bikita leur annonça que les candidats au poste étaient en bas.  
 
Merci Bikita ! Ils sont… ?
 
Prévenus ! Beaucoup travail dans grande maison froide, cuisine, ménage, soins de plantes particulières, entretient parc…
 
On descendit rejoindre ces curieux hôtes.
Trois filles, trois garçons…  Tous « bien » vêtus, même si certaines tenues s’avéraient assez… farfelues. Les références se lurent, Bikita commenta :
 
Tous sans travail pour raisons diverses : décès maîtres, faillites, etc. Bikita garante tous eux travailleurs acharnés...
 
Très bien, dit Alix qui n’avait aucune idée de comment s’adresser à cette petite troupe. Bikita a dû vous dire que j’étais quelqu’un d’exigeant ! (Ils opinèrent de leur long nez) Une sélection doit s’opérer. 1ère épreuve : Trouvez la cuisine, faites-y cuire quelque chose de… digne ! Vous avez une heure.  
Marrant de les voir courir dans tous les coins comme des souris affolées.
En attendant, Alix et Michael remontèrent dans la « chambre » de Fingon.
 
Je voudrais… je ne sais pas… trouver des choses sur sa famille, il devait en avoir une, non ?
 
De Brent était sceptique. Selon lui, Fingon était tellement vieux que…
Devant le coffre un peu vermoulu ouvert, Alix demeura paf. Les Gallions mensuels octroyés depuis des années étaient là, au complet. Outre cette somme rondelette, ils ne découvrirent pas grand-chose hormis de vieilles chaussettes.
Ils parcoururent le chemin inverse, Michael tentant de la distraire avec des idées de décoration, d’aménagements :
 
… pourquoi pas une salle de projection privée, tant qu’à faire ?
 
Cela eut au moins l’heur de lui décrocher un sourire.
L’heure étant écoulée, ils devaient tester la « cuisine » des elfes.  Chacun amena son plat personnel. Dans son coin, Bikita soupirait en haussant des épaules contrites vers son maître chéri.  Rien que la vue de certains « mets » aurait coupé l’appétit à un cochon.  Seuls trois plats étaient « acceptables ».
 
Elwig, Lormar et Isildur, vous passez à l’étape suivante. Merci aux autres. Un Gallion pour votre déplacement.  
 
L’épreuve suivante était capitale pour Alix. Elle devait connaître les réactions des elfes face à… ses amies.  
 
Sitôt la grande serre ouverte, Isildur tourna de l’œil tandis que la petite Elwig filait en criant :
 
Elwig pensait géraniums, rosiers !  
 
Bref, ne restait que Lormar qui semblait bien connaître les plantes dangereuses et leurs besoins.  
 
Ultime test Lormar : donne-moi ton poignet et regarde-moi !
 
Il ne résista pas. Qui pouvait lui résister quand elle était décidée à aller au fond des choses ? Ce qu’elle lut en lui la satisfit :
 
Bravo, tu as le poste. Je te paierai deux Gallions par mois et…
 
Pourquoi Bikita levait-elle le pouce ainsi ? Michael se marrait.  
 
Euh… quatre Gallions ?
 
Encore une insistance vers le haut.
 
Bon ! Six par mois, point ! Choisis la chambre qui te convient au second, aménage comme tu le souhaites. Je te veux au service dans deux heures : potage, plat, dessert.  
 
Elle soupira d’aise en s’affalant dans le sofa :
 
Suis pas faite pour la domesticité… ah ? Tu trouves ?
 
Il lui servit un verre en avouant s’être rarement autant amusé.
Réponse mitigée :
 
… contente de te faire marrer, cela prouve au moins que tu vas mieux. Tu es certain que ça va ? Pas de nausées, vertiges, fièvre… 
 
Ils se souriaient quand Michael se figea, comme concentré sur un objet invisible.  Incrédule, elle ajusta sa vue mais… À part Michael qui opinait dans le vide, elle ne vit strictement rien sauf que l’instant suivant le jeune homme disposait d’une enveloppe en mains.
 
C’est… quoi ?  
 
Selon ses dires, Davenport aurait œuvré et, là, étaient les plans de sécurité du G8.
 
Magnifique ! Tu as… de la chance d’avoir un… « pote »( ?) pareil.  Sécurise l’endroit que tu veux avant qu’on les examine ensemble, moi j’ai besoin d’air.
 
Dehors, il ne faisait pas folichon mais pas trop moche. Emmitouflée dans sa cape fourrée, Alix ne craignait aucune intempérie. Elle s’amusa en lui envoyant un petit sort réchauffant alors qu’il grelottait sous sa veste peu adaptée. Ils marchèrent côte à côte dans les sentiers.
 
J’aime ce climat… Froid ? Tu ne connais pas la Bulgarie, toi !.. Oui Durmstrang… ( fermée) je préfère ne pas en parler… Ok, on rentre, espèce de frileux !  
 
Elle le taquina tout le retour. Après tout, il se foutait assez d’elle quand ils étaient chez les moldus !  
Pas qu’Alix aimât les protocoles mais elle estimait que l’heure de table était une occasion importante. Se faire belle ? Elle ne savait pas ce que ça voulait dire. Élevée sous la poigne de l’inflexible Calysta, on se devait d’être à table tiré à quatre épingles.
Le dîner fut… passable. Lormar paraissait assez terrorisé, tant mieux. Ni l’un ni l’autre des convives ne voulait s’attarder à la nourriture ; ils avaient mieux à faire ensuite.
Sorbet avalé, ils prirent une liqueur et se bouclèrent dans le bureau d’Alix.
Les plans s’étalèrent…          
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Re: No way out

Message par Michael De Brent le Mer Oct 30 2013, 12:45

Accusé de se foutre de tout, Michael se maudit d‘être si grande gueule. La Miss semblait vraiment  éprouvée par la mort de l’elfe. Qui l’aurait cru ? La nièce de Voldemort remuée par un fait si anodin aux yeux de tout Sang-Pur respectable !
Elle reconnaissait ne pas avoir prêté grande attention au brave Fingon mais s’en voulait de n’avoir rien vu venir.
 
*Bon sang, c’était le Mathusalem des elfes…que voulait-elle, qu’il soit immortel ?*
 
Mais, bien entendu, se garda bien de lui faire part de ces appréciations.  D’ailleurs, elle ne tarda pas à le planter là et disparaître Merlin sait où en quête de solitude et paix. Manger lui avait fait du bien, les idées reprenaient gentiment leur place et ses forces revenaient, sans trop d’éclat mais assez comme pour ne pas s’étaler par là.
Il finit par se lever, allumer une cigarette et regarder par la fenêtre.  Grisaille et pluie. Normal en cette saison. L’endroit lui avait semblé sans aucun charme À leur arrivé, mais la vue qu’il appréciait en ce moment, lui fit réviser son avis. Construit en hauteur, manoir Blackstorm dominait la lande et en contre-bas un de tant de « lochs » qui faisaient le charme des Highlands.
 
*C’est quand même le dernier des trous pour une fille comme elle…et en parlant…où diables est-elle passée ?*
 
Son patronus aurait vite fait de la trouver mais Michael préféra s’y prendre sans aide de la magie.  Il la trouva enfin, déambulant comme une ombre dans les couloirs sombres du premier étage.
 
Hey, toi…ça va ?...Je me demandais où tu étais.
 
Oui, ça va, merci ! Et toi ?
 
Bien…beaucoup mieux qu’il y a un moment, en tout cas…pas de souci, ça va aller…Qu’est-ce que tu fais là ? Tu as perdu quelque chose ?

Elle avoua être à la recherche de la chambre de son elfe défunt.
 
Tu ne sais pas où logeait ton elfe ?...Habituellement les elfes vivent assez misérablement, personne ne fait attention à eux…j’en ai connu un qui vivait sous un four, sur un tas de chiffons…Tu sais, la plupart des  sorciers les considèrent comme à peine plus que des animaux…et encore…Tu es différente…Bikita ? Elle a un logement pimpant et des idées très avancées…Allez, je t’aide à chercher, ce ne doit pas être bien compliqué…

Une petite chambre. La plus petite de l’étage. Propre et soignée. L’essentiel, rien de plus et cette peinture accrochée au mur. Alix la regardait, émue au-delà de tout.
 
Mon père, ma mère et sans doute… moi…
 
Un couple heureux et leur enfant. Ils souriaient, quelle belle famille.
 
J’ai peu de souvenirs d’eux. Calysta a tout détruit, souffla t’elle d’une voix entrecoupée .
 
Il avait une famille, pour ce que cela lui avait servi, voir Alix, fascinée par ces sourires du passé, le toucha profondément, sans trop savoir pourquoi, il se trouva à poser sa main sur son épaule.
 
Ils t’aimaient, Alix…ils seront toujours avec toi !
 
D’où sortait-il tant de commisération ? Cette fille lui faisait définitivement un drôle d’effet. Un vieux coffre retint leur attention, ils allaient regarder dedans quand l’inattendue apparition de Bikita les fit sursauter comme des gamins pris en faute. Elle avait déniché des candidats au poste de Fingon. Force fut d’aller voir à quoi on avait affaire.
Michael prit place dans un fauteuil, décidé à ne pas s’en mêler. Clope au bec, il suivit en silence ce singulier rituel d’engagement. Finie la première phase, ils avaient une heure pour poursuivre leur  investigation dans la chambre du défunt.
 
Je voudrais… je ne sais pas… trouver des choses sur sa famille, il devait en avoir une, non ?
 
Le vieux coffre ne livra pas de grands secrets, à peine que Fingon avait épargné une belle somme pendant ses années de service auprès d’Alix.
 
Veux pas jouer les casse-bonbon mais là, Fingon m’avait l’air millénaire…et puis, on sait jamais trop sur les elfes…Oublie, ça vaut mieux ! Tu as été bonne avec lui…il est avec les siens maintenant…t’en fais plus !...Viens, sortons d’ici…
 
Que ces lieux étaient déprimants !
 
Tu devrais refaire la déco, Alix…avec un peu de peinture et de lumière ce serait presque acceptable…en plus, faudrait s’y prendre avec les courants d’airs…refaire l’installation électrique, sanitaire…ça pourrait être un endroit accueillant…
 
Pourquoi pas une salle de projection privée, tant qu’à faire ?
 
Dis donc, tu apprends vite, toi !, dit-il en souriant, pour la première fois depuis leur arrivée, ben oui…pourquoi pas ? Et une paire d’autres idées…mais on en parlera plus tard…
 
La sélection des elfes fut tordante. Alix n’avait aucune expérience, lui encore moins mais Bikita mena rondement l’affaire et le manoir Blackstorm se trouva enrichi d’une nouvelle recrue.
 
Suis pas faite pour la domesticité !
 
Je ne dirais pas ça !

Ah ? Tu trouves ?

Absolument, me suis rarement autant marré. Tu es unique…et pas à dire, généreuse.
 
Ce n’était certainement pas la réponse attendue mais elle  passa outre en s’enquérant sur sa santé.
 
Je t’assure que tout va pour le mieux…tu es vraiment très douée avec tes potions.
 
Elle sourit et Merlin, qu’elle était belle en le faisant.  Il fit de son mieux pour être à la hauteur de tant de charme mais voilà qu’en plein échange de sourires, un renard argenté venait s’en mêler. Le patronus de Justin et il apportait une enveloppe. Une grosse enveloppe.
 
C’est… quoi ?, s’enquit Alix, logiquement curieuse.
 
Justin.  Ce sont les plans du G8…Brave gars !

Elle eut l’air réjouie autant que surprise que les choses marchent si vite et si bien. 
  
Magnifique ! Tu as… de la chance d’avoir un… « pote »( ?) pareil.  Sécurise l’endroit que tu veux avant qu’on les examine ensemble, moi j’ai besoin d’air.
 
De l’air ! Ce n’était pas simplement de l’air, là. Ça soufflait ferme et c’était froid. Il avait l’air malin à se cailler comme un idiot. Ça faisait si longtemps depuis sa dernière visite en Écosse, qu’il avait oublié ce vent aigrelet qui calait l’os.  Alix sembla pourtant beaucoup s’amuser en lui envoyant un sort réchauffant. Elle, parée dans sa somptueuse cape doublée de fourrure, ne risquait rien et semblait jouir de chaque rafale glaciale.
 
Ça te plait, on dirait…

J’aime ce climat…
 
Drôle de goûts, on gèle !
 
Froid ? Tu ne connais pas la Bulgarie, toi !

Je vois…Durmstrang ?
 
Elle n’avait aucune envie d’en parler.  Il respecta ça et apprécia sa façon de le charrier sur le chemin du retour. Elle se payait sa poire et quoi ? C’était la première à le faire sans qu’il s’énerve. Là, il s’amusait carrément. Sans arrière-pensées.  Comme des vieux potes. Ça faisait du bien !
Habit frais repassé avec tout le toutim, pour prendre l’allure d’un sorcier de bonne famille au repas du soir. Tiré à quatre épingles. Bikita veillait. Alix était parfaite...par Merlin que oui !
Et puis, les plans. Enfermés dans le bureau  de la dame de céans. Étalés sur la table, il les détailla attentivement. Tout était prévu. Même s’il trouvait assez absurde que cette conférence au sommet eut lieu dans un endroit aussi difficile à sécuriser que ce manoir, nanti de Merlin savait combien de fenêtres, accès secrets et autres pièges insoupçonnés.
 
Pleine campagne, trop près de la ville, la sécurité au top, il y aura surveillance aérienne, franc tireurs et tout le toutim de rigueur…absurde !

Alix voulut savoir à quoi il faisait référence.
 
Ces idiots comptent avec leurs radars ultra soniques…sauf que ces merveilles ne pourraient jamais détecter un sorcier volant au ras du sol…tu vois ce que ça pourrait donner si Tonton met la main sur ça ?...Bref, faudra inventer n’importe quoi…Un système capable de sentir un moustique en approche ? Veux voir Bellatrix réclamer le droit de commander la mission…Bien sûr que je vais lui livrer ces plans, qu’est-ce que tu crois…et en plus nous donner le beau rôle !

Elle n’avait pas l’air extraordinairement convaincue.
 
Laisse-moi faire, ma belle…ça ne peut pas rater !
 
*Si je te connais bien Justin…tu me la joues à la bonne…mais Sam est avec toi, et avec elle le B.I.C…*
 
Il se tut.
 
La soirée s’annonçait longue. Le dîner avait été assez raté, mais compte tenu de la trouille de l’elfe, pas de quoi s’étonner.
 
Pas envie d’aller dormir, c’est encore tôt…surtout que tu m’as gentiment fait roupiller va savoir combien de temps…Pas sommeil non plus ? Génial…Ben, faut chercher à quoi s’occuper…Fronce pas le nez…aucune idée pendable, je le jure…c’est dur vivre avec une réputation comme la mienne…Rigole, si tu veux…

Fouillant par-là, ils dénichèrent un échiquier. Alix le battit de plate couture au premier tour, au deuxième il la remporta de justesse.  Pour alors, l’orage grondait. Michael ne fut pas sans remarquer que Miss Blackstorm sursautait à chaque éclat de tonnerre  et leur d’éclairs.
 
Tu n’aimes pas les orages ?
 
Pas trop ! Du tout ! Elle en gardait des mauvais souvenirs d’enfance.
 
Je comprends…ta grand-mère était une vieille folle aigrie…pourtant, les orages, c’est magnifique…quand j’étais gosse, ça me fascinait…on m’a descendu quelques fois du haut de la tour, au manoir de la famille…Ma mère assurait que c’était mon héritage celte, adorateurs de la foudre…Viens…regarde avec moi, il ne peut rien t’arriver, je le jure…
 
Face à la fenêtre ouverte, en sentant le vent froid sur leurs visages, sans se soucier de la pluie qui s’engouffrait, il la retint, serrée contre lui, pour regarder les éclairs zébrant le ciel et la rassurer à chaque éclat de la foudre.
 
Tu vois, c’est beau…si ça hérisse la peau, c’est juste à cause de l’électricité dans l’air…mais si tu n’aimes pas…

Il ferma  la fenêtre, tira tous les rideaux et revint s’asseoir près d’elle dans le divan.
 
Tu devras éduquer ton elfe dans ce sens…comme ça, plus de trouille !...Ça te fait peur encore ?...Ah, oui…le bruit…tu sais, Alix…dans la vie on doit affronter un peu ses craintes…Non, suis pas mauvais…on aura pire à voir encore…Écoute l’orage…il ne peut pas t’atteindre…Si ça te rassure, suis avec toi…Viens là !

*Depuis que tu es le plus rassurant des hommes…*
 
Il l’entoura de ses bras, la retenant contre lui. C’était bon, c’était doux. C’était la première fois de sa vie d’adulte qu’il était comme ça, avec une femme, sans avoir envie de la séduire. Il ne voulait que la rassurer, découvrant, tout bêtement que ça faisait un bien fou…
 
Et ça va aller bien avec Tonton…tu  verras…
 
Il commençait à pécher d’optimiste. Peu importait, sur ces bons mots, il s’endormit en la serrant contre lui…
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Re: No way out

Message par Alix Blackstorm le Jeu Oct 31 2013, 07:27

Étrange nuit, étrange homme !  Tantôt marrant, tantôt imbuvable, fallait faire avec.  
Aux plans, elle ne pigea à moitié rien, sinon que la sécurité serait très dure à déjouer :
 
Pleine campagne, trop près de la ville, la sécurité au top, il y aura surveillance aérienne, franc tireurs et tout le toutim de rigueur…absurde !
 
En clair ?
 
Il expliqua comme il put ; de l’hébreu aurait été pareil.  Ce qu’elle crut capter la sidéra :
 
… C’est une blague ! On ne va pas donner ça à mon oncle ?  
 
Si, c’était bien l’idée :
 
… Bien sûr que je vais lui livrer ces plans, qu’est-ce que tu crois…et en plus nous donner le beau rôle !
 
Ton copain est dans quel camp, finalement ? Parce que là…
 
Michael ruminait quelque chose, mais quoi ?  Il avait ses idées. Elle redouta un peu de savoir lesquelles quand il fut question de sommeil.
 
J’ai besoin de peu de sommeil, mais si tu imagines un instant que
 
… aucune idée pendable, je le jure…c’est dur vivre avec une réputation comme la mienne…Rigole, si tu veux…
 
Alix ne comprenait pas pourquoi il se défendait ainsi d’être un Don Juan. Beaucoup s’en glorifiaient, lui pas ? Ça ne cadrait pas.
 
*Bientôt il me prétendra être puceau et avoir projeté des images torrides dans l’esprit de ses amantes !*  
 
Ils bataillèrent aux échecs.
Facile, tellement facile… À la décharge d’Alix, la seconde partie fut perdue par... distraction quoique Michael s’y défendît mieux :
 
Tu n’aimes pas les orages ?
 
Souffle court, elle jeta des regards furtifs au dehors :
 
Non… J’avais droit au grenier dont le toit était percé. Je pouvais hurler, nul ne se montrait.  
 
Compatissant ?  Il se méprenait sur Calysta et ses motivations :
 
… Viens…regarde avec moi, il ne peut rien t’arriver, je le jure…
 
Ce n’est pas une bonne idée, Michael, je…  
 
Supplice. Pas qu’elle n’aime pas le spectacle, mais trop c’était trop !

Tu vois, c’est beau…si ça hérisse la peau, c’est juste à cause de l’électricité dans l’air…mais si tu n’aimes pas…

 
Fenêtre fermée, rideaux tirés, n’en restait pas moins les roulements affreux. Qu’il se méprenne complètement sur ses craintes réelles n’avait rien d’étonnant. Il se voulait rassurant et cela faisait un bien fou !
 
 Et ça va aller bien avec Tonton…tu  verras…
 
*Et on ira tous au Paradis des Chrétiens où il nous expédiera sans remords…*

Il s’endormit sans la lâcher. Elle ne savait si elle devait rire ou pleurer. Aussi loin que sa mémoire puisse remonter, jamais personne ne lui avait témoigné un geste rassurant. Alors elle le garda contre elle, comme on garde une peluche d’enfant…
 
Bikita, souffla-t-elle au bout d’un moment.
 
L’elfe apparut instantanément et eut du mal à masquer une sorte de sourire :
 
Rigole pas ! Il est lourd, ton maître. Tu peux t’en charger ?  
 
Pendant que l’elfe s’occupait de De Brent, Alix décida d’œuvrer. Il était hors de question de livrer les plans tels quels. Tant de vies en dépendaient qu’elle en avait le tournis. La nuit y passa en copies et expéditions sécurisées.
Au petit-déjeuner, elle était à peine cernée pour accueillir un Michael fringuant :
 
Bien dormi, je vois !... moi ? Comme un bébé, voyons ! * Je dors une heure, je pleure l’autre…*  Il fait très beau ce matin, on sort ?  
 
Il n’en avait pas trop envie, hâte de transmettre les fameux plans à qui de droit :
 
… J’aimerais m’assurer de Lormar d’abord, on n’est pas à un jour près ou si  ?
 
Si ! Il jura que Bikita surveillerait leurs homes, que tout baignait.  Où avait-il vu un autre bain que la baignoire du haut ?  Ces expressions moldues la contrariaient, mais bon…
Elle devait absolument gagner du temps, laisser à l’Ordre de quoi s’organiser pour contrer ce qui se préparait.  
 
On pourrait aller jusqu’à Aviemore ? C’est un très beau coin. Je peux conduire si tu veux ?
 
Elle ressentit immédiatement sa méfiance, comme si elle transpirait des pores de sa peau.  Mais il agréa quand même.
 
Déraper ? Risqué. Sur tous les plans. Perdre le contrôle ? Encore pire !  Simuler une fuite, la provoquer ? Tendue et nerveuse, il surveillait chaque geste. Ça grimpait, ça descendait ; elle contrôlait. Il lui posa soudain une question aussi inattendue que le renard qui traversa la route. Mauvais, très mauvais réflexe. Elle eut beau contre braquer, la voiture franchit le parapet et plongea.  
Elle hurla, se débattit et hurla encore. L’eau glacée les avalait. Combien de litres avait-elle aspiré,  elle qui ne savait pas nager ?  
Elle s’éveilla en toussant, crachant, dans son lit avec bouillottes et tonnes de couvertures sur elle alors que la cheminée pétait des flammes.  
 
Suis… désolée… comment… ?
 
Il l’avait sortie de la carcasse à récupérer plus tard et avait transplané avec elle. Il semblait crevé ; dehors la nuit noire.
 
*Brave gars ! Une journée de gagnée…*
 
Sans comédie ajoutée, elle n’était pas fringante au matin. Pas fière, voire honteuse, elle supporta les critiques et obéit en tout.  Bikita ne semblait pas d’accord avec l’attitude de son maître de la forcer de la sorte à aller affronter son tonton.
 
… laisse Bikita, j’assume l’entière responsabilité de l’accident idiot.  
 
Les catacombes, brr. Transie malgré sa fourrure, Alix avança aux côtés de Michael face au Lord qui redressa son long cou :
 
Alix, qu’y a-t-il ?
 
Rien ( petite voix) accident de la route, de ma faute. On a les plans. 

Les yeux rouges flambèrent ; elle les calma :
 
Il m’a sauvé la vie. Sais pas nager…  
 
Michael exposait déjà les plans tandis qu’elle se tassait dans un fauteuil.  L’opération se planifia alors qu’elle sentait la fièvre faire ses ravages.  De multiples détails lui échappèrent. D’après ce qu’elle crut capter ce serait une attaque massive une fois certains pièges déjoués.
 
… Veux en être…
 
Bellatrix, mets-la au lit ! Occupe-t’en.
 
Pimentine ou Merlin sait quoi, elle ne le sut pas trop.  Yo-yo. Conscience, inconscience.
 
*Préserver à tout prix !*
 
Même sous véritasérum elle n’aurait pipé mot.  Était-ce Michael penché sur elle ? Son oncle ?  Tantôt l’un tantôt l’autre, sans doute.  
Quand elle put se lever, elle apostropha le premier « garde » à portée :
 
Ma trousse ! Tout de suite !  
 
C’est ce qu’elle aurait dû faire dès le début : se soigner elle-même.  
Son remède fonctionna parfaitement. Nette et rafraîchie, elle osa aller affronter le seigneur des Ténèbres.
 
Pas trop tôt !l’accueillit-il, glacial. Assieds-toi, tu as une mine pire que la mienne.  
 
Où ça en est ? dit-elle en s’installant.
 
En cours ! C’est en cours ! Grâce à ton De Brent, le sommet va être rasé !  Regarde !
 
Il déploya une vapeur qui ressemblait beaucoup à la télévision…
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Re: No way out

Message par Michael De Brent le Ven Nov 01 2013, 14:50

Réveil en solitaire, dans son lit. Pas à dire, Alix s’était gentiment débarrassée de lui.  Impossible de lui en vouloir. Il avait dormi comme une souche et se sentait comme neuf. Douche rapide pour finir de se réveiller avant de prendre des dispositions pour cette nouvelle journée.
Alix se trouvait déjà attablée pour le petit-déjeuner.
 
Bien dormi, je vois !
 
Vais pas m’en plaindre ! Et toi ?
 
Fraîche comme un gardon mais légèrement tendue. Elle semblait un tantinet nerveuse même si son sourire voulait le démentir.
 
Moi ? Comme un bébé, voyons ! Il fait très beau ce matin, on sort ?  
 
*Sortir ? Elle en a des idées !*
 
En fait, j’aimerais mieux en finir avec ces plans. On devrait rentrer plutôt !
 
Voilà une proposition qui ne la ravit pas.
 
J’aimerais m’assurer de Lormar d’abord, on n’est pas à un jour près ou si ?
 
Justement, si. Bikita s’en chargera, tout baigne. On a d’autres chats à fouetter.
 
Quel air désolé ! Prise d’une soudaine, très soudaine inspiration, elle lança :
 
On pourrait aller jusqu’à Aviemore ? C’est un très beau coin. Je peux conduire si tu veux ?
 
*Hein ? Conduire, elle…de si bon cœur ?...Qu’est-ce qu’elle veut, à la fin ?*
 
C’est bon, si tu insistes, allons à Aviemore !, mais il n’en était pas plus ravi pour autant, un mauvais pressentiment l’assaillit doublé de l’assurance que sa belle compagne mijotait quelque chose, tu es vraiment sûre de vouloir conduire ?
 
Apparemment oui même si elle se tenait raide comme un piquet, accrochée au volant à en avoir les phalanges blanchies.
 
*Pourquoi diables s’impose-t’elle ça ?...Conduire la met dans tous ses états !*
 
Route de montagne, pas le plus apte pour un débutant. Elle tenait bon et lui, ne la quittait pas de l’œil, prêt à intervenir au cas où. Ça montait, ça descendait, il y avait des gentils virages. Ils avançaient à des allures d’escargot, ce qui n’empêcha  que ce qui devait arriver, arriva.
 
Assez contrarié par tant de cachotteries, Michael  posa une simple question :
 
Pourquoi veux-tu gagner du temps, Alix ?
 
Bingo ! Plein dans le mille, la miss se tourna vers lui, effarée. Une seconde de distraction. Fichu renard qui traversa la route.
 
Attention !
 
Trop tard. Elle fit une manœuvre affolée pour éviter la bestiole  et la balade tourna au cauchemar. Alix hurlait. L’eau glacée monta rapidement dans l’habitacle. Michael réussit à se défaire de la ceinture de sécurité. Tétanisée de terreur Alix ne lâchait pas le volant et quand l’eau lui arriva au menton, se remit à hurler.
 
Du calme…je vais te sortir de là…
 
Sa ceinture coinçait ! Ils étaient sous l’eau. Désorbitée de terreur, elle se débattait en vain, hurlant toujours.
 
*Elle va se noyer !*
 
Il se força à garder la tête claire et ne pas céder lui aussi à la panique.  C’était une course contre le temps.  Retrouver sa baguette, s’échiner à la libérer, la sortir de ce piège glacé, se tirer tous les deux de là.
 
Blême, glacée, immobile. Elle ne respirait plus. Il faillit perdre la tête pour de bon. La seule chose qui lui passa par l’esprit fut la méthode de réanimation moldue. Il s’y appliqua consciencieusement. Quand la jeune femme se mit à tousser et à recracher l’eau, il en aurait pleuré de pure gratitude. Un trasplanage les ramena au manoir Blackstorm. Bikita rappliqua, affolée par se cris et encore pire en voyant son état calamiteux et avec Alix évanouie dans les bras. Sans perdre un instant, la petite elfe prit l’affaire en main, ameuta Lormar et ordonna à son maitre de la laisser faire.
 
Et…moi ? Qu’est-ce que je fais ?, demanda t’il, bêtement
 
Douche, vêtements secs, bon grog !, suggéra t’elle avant de disparaître avec Alix.
 
Bikita ne s’étonna pas du tout en le voyant apparaître moins d’un quart d’heure plus tard au chevet de miss Blackstorm. Elle avait ce qui était en son pouvoir pour mettre la jeune femme à l’aise, assurant qu’elle dormirait sans doute jusqu’au lendemain suite à son traitement. Michael prit place dans un fauteuil, près du lit, décidé à y passer la nuit.  Résignée, l’elfe insista néanmoins pour lui faire avaler un grog de sa création  et plus tard l’obliger à manger quelque chose.
 
Elle s’éveillait enfin. Michael bondit.
 
Suis… désolée… comment… ?
 
Pas de souci, ma belle, tout va bien maintenant…tu es à sauf, il se trouva en train de lui caresser doucement le front, le trouvant moite, ça a été un moment affreux…Tu m’as vraiment fichu la trouille !...La voiture ?...euh, au fond du lac…t’en fais pas…n’importe qui peut avoir un accident…Oui, il fait nuit…Dors…je suis là, pour si jamais !

Une nuit blanche laissa du temps aux réflexions.  L’attitude d’Alix, son insistance pour faire la balade, pour conduire même en détestant le faire, la signalait, comme coupable de se livrer à quelque manigance sécrète à son dos. Plus il y pensait, plus une colère sourde lui martelait les tempes.
 
*Belle confiance…pas de doute, elle voulait gagner du temps…elle l’aura eue, sa journée en sus…*
 
Il n’était pas de bonne humeur, au petit matin, quand le mal au dos le fit renoncer à rester dans son fauteuil. Alix dormait, d’un sommeil un peu agité mais ses élans charitables s’étaient un peu émoussés. On verrait bien plus tard !
 
Nous partons dès que Miss Blackstorm sera levée, Bikita, tu restes ici  ou tu rentres à La Tanière, à toi de voir.
 
Miss Alix pas encore bien !
 
Elle se portera bien dans un moment. On part, point barre.
 
Alix n’avait pas l’air bien gaillarde mais le moment se prêtait mal à trop de bonnes considérations.
 
Nous partons dans un moment, Alix…oui, on va rencontrer ton cher oncle et poursuivre notre mission, sans nouveaux délais, compris !

Mon maître!, protesta Bikita outrée de ses manières de brute.
 
La ferme !
 
Laisse Bikita, j’assume l’entière responsabilité de l’accident idiot.  
 
Voilà qui est parfait, grommela t’il mais quelque part, il s’en voulut d’être si vache.
 
Il ne se sentait pas mois coupable en arrivant face à leur Maître tout puissant dont le faciès reptilien lui résultait chaque fois plus répugnant.  Il leur adressa un de ses regards rouges et perçants, sans rater l’air souffrant de sa nièce.
 
Alix, qu’y a-t-il ?

Rien ( petite voix) accident de la route, de ma faute. On a les plans. 
 
Michael tint bon le regard censeur, destiné à la réduire en cendres si possible mais Alix l’exonéra rapidement de toute faute.
 
Il m’a sauvé la vie. Sais pas nager…  
 
*Tiens…*

Un regard du Maître lui signifia qu’il attendait son rapport. Il s’exécuta sans aucune hésitation, avec toute la précision voulue.  Comme prévu le lord des Ténèbres exultait. IL voyait déjà la victoire à portée de main. Michael se chargea, perfidement de nourrir cette confiance, sans pour autant minimiser les dangers réels qu’ils devraient affronter.
 
Pièges moldus que nous saurons déjouer, ils ne seront que cire molle entre nos doigts.
 
Alix, qui était restée en silence tout du long, laissa enfin entendre sa voix, une bien petite voix, qui attira d’immédiat l’attention de son compagnon d’armes.  Son teint, d’habitude si pâle apparaissait rosi, des lourdes cernes entouraient ses yeux et son regard était brillant, fébrile.
 
Veux en être…
 
Quelle proposition saugrenue ! Et il ne fut pas le seul à le penser. Prenant les devants Tonton, ordonnait impérieux à Bellatrix de s’occuper de la malade et de la mettre au lit. Michael sentit un mauvais frisson lui courir le dos. Ce n’était pas un secret que Mrs. Lestrange ne vouait aucune sympathie à la nièce de Son Maître bien-aimé, mais il n’osa pas contrevenir la volonté du Lord. La mort dans l’âme, il vit disparaître les deux femmes.  Le Lord réclamait toute son attention, il se plia à la tâche avec l’efficacité attendue.
Date et heure furent données. Les derniers détails seraient revus en son temps. Il devait être prêt à prendre le commandement de cette périlleuse mission. Un honneur  dont il se serait volontiers passé mais pour les effets, s’efforça de sembler fier, après tout, aux yeux de tous, il était dans les bonnes grâces du Maître, de quoi lui attirer un peu plus de haine et envie de part de ses coreligionnaires. Cela n’alla pas mieux, quand en se foutant de l’avis des autres, au lieu de se retirer comme on attendait de lui, il réclama de voir Alix. Curieusement, cela sembla amuser le Lord, qui peut-être, adouci par ses visions de gloire, se trouvait de…bonne humeur ?
 
Va la rejoindre !
 
Il dut la chercher, personne ne se donnant le mal de l’informer où la trouver. Il tomba enfin sur la chambre où Bellatrix l’avait installée pour l’y abandonner après lui avoir prodigué les soins requis, qui, à l’avis de Michael n’avaient pas été les meilleurs ni de la meilleure foi. Alix voguait dans quelque limbe incertain, entre réalité et cauchemar. Inquiète, confuse, perdue.
 
Calme-toi, mon ange…essaye de dormir…il n’y a rien à craindre *Tu parles !*Tout va aller bien !, il pressa sa main contre ses lèvres, longuement, se maudissant de l’avoir entraînée dans la gueule du loup alors qu’il aurait bien pu la laisser à La Tanière aux soins de Bikita.
 
Le ricanement d’hyène de Bellatrix le tira de son inconfortable sommeil.
 
Mais voyons…quelle scène attendrissante…que ne fait-on pas pour …
 
On se passe de commentaires !, gronda t’il en se redressant, je voudrais emmener Alix chez moi, elle y sera plus à l’aise que dans cette crypte glaciale.

Oublie ça ! Notre Maître la veut ici…puisque tu sembles y tenir tant, elle sera le gage de ta loyauté.
 
C’est ridicule ! Ma loyauté n’est plus à prouver !...Je ne suis pas un autre Lucius !

La remarque porta, elle se tut, mais pas question de partir avec Alix. Tant pis, il resta cloitré là, sauf quand on demandait sa présence pour peaufiner l’action.
 
Un crachin impénitent délavait le paysage de cette grise journée.  Les dernières instructions données, les Mangemorts choisis pour la mission, sous le commandement de Michael, s’envolèrent en silence, à la merci du brouillard bas qui surplombait la ville. Conditions parfaites pour l’offensive prévue.  L’emplacement visé, se trouvait en pleine campagne au nord de la ville, dans des alentours d’apparence bucolique. Rien de plus trompeur. Il savait l’endroit truffé de défenses invisibles, indétectables aux moyens sorciers. Au moment même, où leur vol rasant dépassa le périmètre de sécurité, une alarme silencieuse informa de leur présence. Les moldus à terre n’étaient pas seuls, celle-ci était une opération conjointe, en partie orchestrée par la B.I.C, avec l’appui du mouvement sorcier de résistance et sans doute de quelques membres de L’ordre du Phénix.
Quand les premiers  traceurs fendirent la brume, suivis d’une rafale soutenue de mitraille,  la formation s’égailla, deux Mangemorts  tombèrent comme des boulets de pierre.
La suite était  prévisible. Le piège se ferma sur eux comme une tenaille. On les canardait de toutes parts et leurs sortilèges ne parvenaient pas à parer la force meurtrière des armes moldues. Panique. Beaucoup essayèrent de trasplaner mais se rendirent vite compte que c’était quasi impossible face à la fulgurante vitesse  du tir ennemi.
 
Les Mangemorts avaient quand même réussi à gagner une hauteur du terrain et tenaient efficacement tête aux Moldus. Cette supériorité fut toutefois de courte durée quand un hélicoptère de combat entra en action balayant toute résistance en un temps deux mouvements et un missile. Pour alors, Michael gisait dans un fossé, ensanglanté, blessé et endolori de partout après une chute spectaculaire d’une vingtaine de mètres. Il se savait mal en point, mais n’allait pas se laisser pincer comme le dernier des imbéciles. Aucun moldu, ni sorcier moyennement doué, ne croirait qu’un Mangemort marqué, arrivé en balai, n’était pas un ennemi à abattre. Il avait supposé dès le début, en voyant les plans pourvus par Justin, qu’il ne s’agissait que d’une mise en scène, habilement menée, pour tromper tout le monde. Là, il réalisait qu’en fait il ne s’était jamais agi d’autre chose que d’un piège destiné à décimer l’ennemi.  Ils les avaient abattus comme à ces cibles de laiton dans les fêtes foraines.  Et de la même sorte raseraient le reste de leur monde…
 
C’était fini. Tant d’efforts pour finir en crevant dans un trou…Le soldat le pointait de son arme. Il suffirait d’une courte rafale et il passerait à l’histoire…sauf qu’avant d’avoir pu appuyer sur la gâchette, le brave se vit propulsé dans les airs pour aller atterrir lourdement une dizaine de mètres plus loin, au temps qu’un visage par trop connu se penchait sur lui.
 
Alix...
 
Elle avait le visage sale, des traces de sang sur ses vêtements mais sans rien dire, lui passa le bras autour des épaules et le serrant contre elle, trasplana.
 
Retour à la vie en décor inconnu.  Feu crépitant dans l’âtre, chaleur douillette suivie d’un long frisson de douleur. Il ne voulait pas penser, ne voulait rien savoir. Sa conscience pesait trop. Amis…Ennemis…êtres humains, défendant chacun son droit…Ou était la vérité ? Ou résidait le mensonge ?...
 
*Je suis un monstre !...*
 
Une apparition inattendue mit fin à ses moroses réflexions. Bikita, en plein émoi, se rua presque sur lui.
 
Mon Maître…mon pauvre Maître…enfin de retour…Bikita trèeeeeees préoccupée…Maître amoché, très…Grave…Bikita a craint…

Sais plus…où sommes-nous ?...Alix était là…j’ai pas rêvé…ou oui ?
 
Véhémente dénégation de l’elfe qui, tout en se livrant à un examen approfondi de plaies et bosses, le mit au courant des derniers faits, assez catastrophiques. Une sorcière blonde que Bikita ne connaissait pas, les avait ramenés lui et Alix, tous deux en piètre état, à cette chaumière isolée, avait fait appel à l’elfe, lui donnant toute sorte de recommandations. Bikita avait appelé Lormar à la rescousse.
 
Miss Sam a dit lieu incartable, personne trouver Maître là…ni Miss Alix…Oui, malade, la pauvre…et aussi folle de peur en pensant que mon Maître y passait…Lormar s’occupe d’elle…Non, Maître doit rester couché…Maître out !

Sam ?...que diables…Je vais me lever, Bikita, tu ne feras rien pour m’en empêcher !
 
Essayer de se redresser lui tira une plainte de douleur, tout se mit à valser autour de lui et avant d’avoir pu dire ou faire quoique ce soit, la bonne Bikita l’avait réexpédié aux limbes.
Lors de son suivant réveil, il se trouva dans une autre chambre, plus spacieuse que la première. Il y avait un autre lit, à côté du sien. Alix y reposait et le regardait, mitigée.
 
Hey, toi…qu’est- ce qu’on fout là ?
 
Ce fut encore Bikita, qui semblait très bien contrôler la situation, qui se chargea de fournir des explications.
 
Maître têtu, Miss Alix autant…Bikita et Lormar marre de calmer tous deux…mieux ensemble, plus facile soigner ! PAS BOUGER !...Sutures jamais consolider si Maître gigote comme ça…Maintenant, vous deux manger…
 
Un claquement de ses doigts noueux fit apparaître deux plateaux avec des bols de soupe fumants. Lormar apparut à son tour. Et à deux, les braves elfes les nourrirent comme à des enfants démunis.
 
On est fins avec ces deux-là…Ouais, vais bien, on dirait…Ça a été du moche là-bas…Comment se fait-il que tu t’y sois trouvée, je pensais que Tonton l’avait interdit…Fâché ?...quelle idée, tu m’as sauvé la vie…au risque de la tienne…

D’un geste spontané, il tendit sa main vers elle, seul mouvement qu’il se sentait capable de faire sans avoir le tournis. Enlacer ses doigts fins, lui produisit un effet chaleureux, lénifiant…
 
Vaux pas une chique, mais suis heureux d’être là…avec toi !
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Re: No way out

Message par Alix Blackstorm le Ven Nov 01 2013, 22:45

Lorsque le brouillard se stabilisa, la vue de la scène fit verdir Alix qui n’était déjà pas très alerte.
 
Regarde notre triomphe !
 
Je… je ne pense pas que ce soit ça, dit-elle d’une voix blanche.
 
Allons Alix, tu te remets à peine, et
 
J’ai pu suivre beaucoup d’émissions moldues et ce que je vois là est… une souricière ! Vois !
 
Elle pointa divers endroits :
 
Là, des hélicoptères : couverture aérienne. Là des hommes armés jusqu’aux dents. Mon oncle, faut les sortir de là, vite !
 
Ma chère, tu t’emballes inutilement. Mes Mangemorts…
 
Vont tous se faire massacrer ! Laissez-moi aller récupérer Michael.
 
Elle tomba à genoux et baisa une main infâme. Sa libre se passa dans les cheveux en bataille :
 
Tu tiens à cet homme ? Ce n’est qu’un pion, comme les autres, ça se remplace facilement.  
 
Mon oncle, pour la première fois de ma vie je tiens à quelqu’un. Je voudrais au moins essayer ! Il m’a sauvé la vie il y a peu. Il vous a toujours été fidèle… S’il vous plait…  Rappelez tous les autres. Faites-les sortir du guêpier ou, en fidèles, il ne restera personne !  
 
Convaincrait convaincrait pas. La larme qui tombait de sa joue fut effacée par un ongle jauni :
 
Va ! Mais sauve ta peau avant tout !  
 
Merci !  
 
Transplanage, cauchemar.
Elle avait eu beau en voir des images de guerre, les vivre était très différent.  À peine tranplanée, elle fut quasi sonnée par le contre-choc d’un obus de mortier qui la fit valser à terre.  
La rage, ça existe. Elle enfourcha un balai arraché à un cadavre haché et commença à sillonner le secteur.
 
*T’es où, bon Dieu t’es où ?*
 
Un stupéfix ici, un bombardus là, grosdodo tant qu’à faire, elle zigzagua du mieux possible avant, d’enfin, le découvrir gisant dans un fossé.
Atterrissage en catastrophe :
 
Michael, Michael, faut partir !
 
Ce sang, tant de sang.  Elle se concentra au maximum pour transplaner en le soutenant du mieux possible.  La rotation à peine entamée, une douleur fulgurante la broya. Le reste ne fut que du brouillard.
 
Lor… Lormar ?
 
Elle ne reconnaissait rien des lieux. Un lit, des douleurs :
 
Buvez Miss Alix.
 
Je ne boirai rien sans savoir si Michael est…
 
Il pas loin. Bikita s’occupe.  
 
Où sommes-nous, qui nous a amenés…
 
Lormar ne sait rien, rien d’autre que des… balles ont troué peau. Vu faiblesse, prendre temps.  
 
Je veux voir Michael.  
 
Grosdodo !
 
Bikita et Lormar s’entendaient comme larrons en foire. Leurs maîtres l’ignoraient mais peu leur importait. Tous les deux, ils veillaient sur eux, et là… c’était grave.  
 
Sont pires que des mules, ceux-là ! Si on veut la paix, faut les assembler !
 
Bik chérie, j’ai fait tout ce que tu m’as dit de faire mais Miss Alix est…
 
Maître a charme. Reste marchera !  
 
Claquement de doigts, aménagements neufs.  
 
Réveil souffrant. Dans le lit proche, un ange mal en point qu’elle contempla de loin, incapable de bouger un membre.  Elle se régala du spectacle, si calme, si paisible. Puis, il ouvrit un œil :

Hey, toi…qu’est- ce qu’on fout là ?
 
J’en… j’en sais rien.  
 
Bikita s’en mêla :
 
Maître têtu, Miss Alix autant…Bikita et Lormar marre de calmer tous deux…mieux ensemble, plus facile soigner ! PAS BOUGER !...Sutures jamais consolider si Maître gigote comme ça…Maintenant, vous deux manger…
 
Impossible de résister à de telles injonctions. Soupe enfournée quasi de force, les patients obligés furent enfin en paix.  
Michael désirait des réponses. Il n’était pas fâché mais ce qu’elle avait à dire ne risquait pas de lui plaire. D’un autre côté elle se doutait que tout n’était pas clair avec lui. En attendant, elle noua ses doigts aux siens avec grand plaisir.  
 
Tu savais que c’était un piège, non ?... Oui, moi aussi et j’ai prévenu l’Ordre… Mais je n’imaginais pas ce désastre monstrueux !... J’ai voulu intervenir mais c’était déjà entamé si loin…
 
Il lâcha sa main, et lui tourna bon an mal an le dos.
 
Si tu le prends ainsi, bonne nuit !
 
Elle aurait bien voulu se tourner aussi sauf que tout ce qui concernait le bas de son corps semblait… mort.  Il faisait plein jour.  Elle contempla longuement le plafond de la chambre commune.  
Il ronflait encore joyeusement quand Bikita et Lormar se pointèrent pour la toilette de nuit.  Elle qui n’avait que sommeillé n’hésita pas une seconde à les apostropher :
 
Ne le dérangez pas. J’exige la vérité. Où sommes-nous, qu’ai-je au juste ?
 
La réponse faillit lui faire tourner de l’œil.   
 
Par… Paralysée ? C’est une blague ?  
 
Pas du tout. Une balle était logée très profond dans la colonne vertébrale. L’extraire était trop risqué pour eux. Ne restait que le fauteuil roulant, les couches et autres désagréments…   
 
Deux jours plus tard, il ne lui avait toujours pas adressé la parole.
Installée face à la mer qu’elle aimait contempler, Alix mijotait des choses peu reluisantes.  
Mourir en beauté, pourquoi pas ? Qu’avait-elle ? À qui manquerait-elle ? Elle n’avait jamais rien eu, sinon une fortune inutile.  Il suffisait de défaire le frein de l’engin et de le laisser descendre.  Sans aucun remords, elle le fit.  
Bientôt elle allait s’envoler, rejoindre la mer, voler comme les mouettes…  Sauf que…  
Le fauteuil s’arrêta au bord et un Michael furieux l’engueula :
 
… Raconte ce que tu veux, moi je ne peux pas vivre ainsi ! Au fait, tu n’as pas bonne mine !
 
Dans la chaumière des falaises elle rencontra Samantha Forrester accompagnée de son amie médicomage Lavinia Dexter. Sam aurait été responsable de leur évacuation du G8. Le docteur ne promettait rien mais voulait l’examiner.
 
Achevez-moi de suite !
 
Cela dura un temps fou.  Complexe mais pas irréalisable.
Un transfert ?
 
Michael ne doit pas être exposé ! On est supposés morts ou je me trompe ?  
 
Tout était en ordre de ce côté, fallait juste qu’elle se laisse faire. Ça ou autre chose…
Où ? Quand ? Elle avait perdu la notion du temps, des lieux. Les odeurs de désinfectant l’écœuraient mais elle faillit rigoler quand on lui chatouilla le pied. Il était là, souriait et l’embrassait….
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Re: No way out

Message par Michael De Brent le Sam Nov 02 2013, 11:50

Douceur ineffable. Avait-il  déjà ressenti  quelque chose de semblable ? Jamais…et c’était si bon ! Mais, bien sûr, il fallait aussi compter avec la réalité. Et celle-ci lui tomba dessus comme un coup de massue.

Tu savais que c’était un piège, non ?
 
Il serra fort ces doigts menus,  mais ce qu’il savait déjà lui fit un mal incalculable.
 
Pas au début, admit-il, rogue, je savais que…et puis qu’est-ce que ça peut faire maintenant ? Tu as prévenu les tiens…et voilà ce que ça a donné…
 

Sa voix sonnait si lasse.
 
Oui, moi aussi et j’ai prévenu l’Ordre… Mais je n’imaginais pas ce désastre monstrueux !... J’ai voulu intervenir mais c’était déjà entamé si loin…
 
Si tu m’avais dit…
 
A quoi bon les reproches ?  Suffisaient les remords. Le mal était fait, il n’avait su déjouer les arcanes de cette intrigue où se mêlaient déjà trop de facteurs et d’acteurs ! Mais en cet instant, il se sentait trahi, vendu…sacrifié. Il lâcha sa main et se retourna, incapable de la regarder plus longtemps, de se laisser aller plus longtemps à ces sensations troublantes.
 
Si tu le prends ainsi, bonne nuit !
 
Il ne se donna même pas la peine de répondre. Comment diable voulait-elle qu’il le prenne ? À part se sentir comme un chien battu, physiquement parlant, côté moral ça allait encore pire. Il aurait dû prévoir cette échéance, empêcher cet échange d’information. Il  s’était montré trop confiant et le prix était lourd, même si c’étaient  de ceux qu’il s’était juré d’arrêter dans leur essor qu’il s’agissait. Cela n’aurait jamais dû tourner en ce massacre absurde…
Michael la savait éveillée. À quoi pensait-elle ? Comment avait-elle réussi à se trouver là alors qu’il savait que le Lord ne le voulait pas ? Et si ?...et si non ? Il avait mal à la tête de tant tourner les idées, il était à bout, meurtri de partout. Engourdi de tout, il finit par sombrer…mais pas si profondément comme pour que certains propos, échangés à voix basse, et pas si basse que ça, lui parviennent.
 
Par… Paralysée ? C’est une blague ?  
 
*QUOI !?*
 
Le baragouin angoissé de Lormar suffit pour l’informer sur l’épouvantable état des choses. A moins d’une intervention très délicate, Alix était condamnée à une chaise roulante et la connaissant déjà un peu, cette possibilité était encore plus aberrante.
Il attendit. Un mot, une plainte, un reproche…n’importe quoi. Rien. Ils étaient si près, et si loin à la fois. Si elle avait eu confiance, si elle avait dit tant soit un mot…Bikita s’occupait de lui, muette. Elle était décidément fâchée. Sans doute était-il le seul sorcier à se voir affecté par les états d’âme de son elfe domestique. Le silence obstiné de l’elfe lui signifiait tout le mépris possible pour son attitude bornée.
Les soins elfiques avaient beaucoup de bon. Ils l’avaient remis assez d’aplomb comme pour pouvoir se tailler de cette chambre où le silence devenait oppressant, quoique aller ailleurs n’arrangea rien. Il préféra s’occuper à essayer de remédier en quelque sorte le mal fait et la seule susceptible de lui venir en aide était Sam. Il n’avait aucune envie de passer par l’intermédiaire de Justin, pas pour le moment. C’était stupide de sa part mais en quelque sorte faisait Davenport responsable de ce vide fatal d’information.  Son patronus fut expédié avec une requête très spécifique. La réponse fut quasi  instantanée.
 
Comment va Alix ?, s’enquit il enfin.
 
Bikita le dévisagea, enragée.
 
Mon Maître pose des questions idiotes.
 
T’en prie, un peu de respect ne nuirait pas !
 
Le respect, ça se gagne !
 
C’est ça, fais-moi la leçon…Tu as une idée de ce qui s’est passé ?
 
Bikita regarde la TV, assura l’elfe avec une morgue déroutante, Bikita sait que Maître s’est trouvé dans des sales draps...beau merdier, comme disent les Moldus !
 
Vais devoir t’interdire de regarder la télévision, c’est quoi cette façon de parler !
 
Bikita libre, si Maître tyran, Bikita démissionne !
 

Suis fichu !

 
On dirait, soupira Bikita, sentencieuse, Miss Alix pas bien…Triste…trèeeeeeeeeeeeeees triste.
 
Oui, je m’imagine…avec ce qui lui arrive
 
Là, il eut droit à un regard plus que de travers et à un soupir outragé.
 
Maître décidément idiot ! Lormar a emmené Miss Alix prendre l’air dehors…Elle regarde mer et pense !
 
Alix paralysée et triste, pensant au bord d’une falaise. Il ne lui fallut que trois secondes pour déduire que celle-là était une affreuse combinaison. D’où sortit-il les forces pour ce sprint fou ? Peu importait. Frein lâché, le fauteuil roulant dévalait gentiment la pente, vers le vide.
 
Non mais, ça ne va pas bien, la tête chez toi ? Tu es folle ! Sauter ? Quelle idée brillante…et lâche !
 
Son regard tragique et déterminé ne lui fit mal, pas autant que ses paroles.
 
Raconte ce que tu veux, moi je ne peux pas vivre ainsi ! Au fait, tu n’as pas bonne mine !
 
Dis pas de conneries et on s'en s’en fout, de ma mine !
 
Agacé, il la releva du fauteuil et prit le chemin vers la Chaumière en la portant dans ses bras.  Elle en pesait pas bien lourd mais mais même en mauvaise forme il tint bon. Question d’amour propre.  Deux femmes se trouvaient au séjour. Alix sembla très surprise de les trouver là. Lui fut émerveillé de la célérité  de son contact d’urgence  pour agréer sa demande désespérée. Il posa Alix dans le divan avec des grandes précautions et s’acquitta aux présentations.
 
Alix, voici Samantha Forrester et la Dr. Lavinia Dexter.  Mesdames, Alexandra Blackstorm. Je vous remercie d’être venues si vite, il s’accroupit près de la malade et prit sa main, Lavinia est une spécialiste en cas difficiles, c’est une éminence…elle va t’aider…
 

Je dois l’examiner d’abord, Michael, je ne peux rien promettre avant !, intervint la grande brune aux façons un peu brusques , ce serait mieux si je pouvais procéder à un examen à fond, dans un endroit un peu plus approprié que le divan du salon !
 
Elle jugea que la table de la salle à manger ferait l’affaire, faute de mieux. Quelques sortilèges d’aménagement de son cru plus tard, l’endroit ressemblait à une salle d’examens adéquate.  Sans trop de manières, elle renvoya Michael et Sam, acceptant néanmoins l’aide de Bikita.
 
Merci, Sam…au fait que devient Justin ?
 
Il râlait, Elle avait dû le mettre hors-jeu pour préserver sa couverture et bien entendu, l’auror Davenport avait très mal encaissé la chose.
 
Il s’en remettra. On se remet de tout et n’importe quoi, il doit savoir à quoi je fais référence…Non, ne lui dis rien, Sam…je comprends…il ne pouvait rien faire…tu l’en aurais bien empêché de toute façon…Oui, je comprends tout le monde, moi…sauf que c’est dur quand t’es là…à te faire canarder…Alix, elle…elle est venue me chercher…elle a tout risqué…elle n’aurait pas dû être là, Sam…et regarde là maintenant…Oui, Lavinia…elle fait des miracles…je sais…elle m’a déjà sauvé la mise…
 
L’attente fut longue. Lavinia apparut enfin, l’air mitigé.
 
Pas de souci, elle dort pour l’instant…Le cas est délicat. Ce n’est pas une balle mais un éclat de mitraille…Je peux intervenir mais impossible de le faire ici…c’est trop délicat, j’ai besoin d’autre genre d’instruments, et je n’en dispose que dans une salle d’opération moldue…Il faut la transférer à Miami, là je pourrai l’opérer et les chances de réussite seront optimales.
 
Selon Sam, sa couverture était intacte. On les tenait encore pour morts, dans les deux camps.  Elle rentrerait rassurer Justin. Pour Michael, la décision était déjà prise.  Lavinia prépara la patiente pour un transfert via portoloin et moins d’une demi-heure plus tard, au lieu d’un océan gris et déchainé, sur les côtes de Cornouailles, il contemplait une mer paisible et claire de l’autre côté du monde, en se rongeant d’impatience à l’attente des résultats de l’intervention.
Lavinia Dexter lui avait sauvé la vie, quelques années auparavant, après une opération de reconnaissance qui avait très mal tourné, pour lui, en Bosnie. Si quelqu’un pouvait sauver Alix, c’était bien cette femme exceptionnelle.
Il ne voulait même plus regarder l’horloge murale. Les heures s’écoulaient avec une lenteur exaspérante.  Faire les choses à la moldue prenait son temps mais les résultats étaient notoirement concluants. Lui-même, encore mal remis de ses maux, finit écroulé dans un fauteuil , où il s’était tout bêtement endormi.
Lavinia le secoua doucement.
 
M’est avis que tu devrais aussi rester quelques jours ici…Elle va bien, Michael, ton amie va s’en tirer comme une fleur…Elle est sortie du bloc, ça prendra quelques heures avant son réveil…Viens te reposer…
 

Veux la voir !
 
Michael…elle dort. Tu es à bout ! Elle ne voudra pas avoir une épave à son chevet en ouvrant les yeux, non ? Quelle bourrique tu es, capitaine Wallace !

Cela appartenait à une autre vie. IL avait pris le nom de jeune fille de sa mère pour aller de par le monde, incapable d’assumer ce qu’il était vraiment : un De Brent. La vie sait tout rattraper !
Sans doute la Dr. Dexter eut beaucoup à voir avec son profond sommeil sans rêves, le fait est qu’en se réveillant, il se sentait tout à fait d’aplomb. Dans son lit d’hôpital, Alix reprenait ses esprits.
 
Alors, belle au bois…on revient enfin ?
 
Elle le regarda sans trop savoir ce qui se passait, alors, en toute douceur, comme lui avait indiqué le docteur, il dégagea son pied des draps et le chatouilla. Sa réaction fut immédiate, et elle faillit même rire.
 
Tu vois ?…tout va bien !
 
L’embrasser lui sembla aussi naturel que respirer. Depuis le temps qu’il en brûlait d’envie, aussi longtemps qu’il se languissait de son sourire, de son regard de velours sombre…En fait, il ne savait pas exactement depuis quand, mais cette attente mémorable avait failli le rendre carrément fou.
Elle ne sembla pas le prendre à mal. Pour dire vrai, Michael aurait presque juré qu’elle en avait autant envie que lui mais sa réponse fut timide, un peu effarouchée le convaincant qu’il n’avait pas eu tort de penser à une certaine naïveté de sa part.
 
Tu aurais tout gâché en sautant de cette falaise…là, on a droit à des vacances au soleil…des petites vacances. On a gagné bien ça… Tu t’imagines pas ce qu’il y a là dehors, ma douce…tu n’as pas idée…et je te jure que ça n’a rien à voir avec la Bulgarie ou l’Écosse.
 
Opération moldue. Guérison sorcière. Alix sortit de l’hôpital en un temps record.  Si elle pensa que Michael allait la ramener en Angleterre pour affronter son oncle, elle se trompa de bout à bout.
 
C’était une petite maison, surtout si on la comparait au manoir écossais de la miss. Nichée entre une végétation  luxuriante, aux odeurs et couleurs entêtantes, qui s’arrêtait au bord d’une petite crique dont la plage de sable fin et doré était baignée d’une mer d’azur aigue-marine.
Il adora son expression d’enfantine surprise en découvrant ce petit coin de paradis.
 
Ça te plait ?
 
Question purement rhétorique, l’éclat de son regard voulait tout dire. Surtout quand en jaillissant au détour d’un buisson, Apache vint se planter face à eux, ébouriffée de sable et de mer.
 
Elle adore la plage…On habitait ici, avant…Oui, C’est ma maison…un bon exil, crois-moi…je l’avais cherché…Oui, le moment est venu de tout te dire…ça ne rime à rien de garder de secrets…après tout, tu peux plus vendre la mèche !
 
Installés sur la petite terrasse, face à la mer, l’enfer semblant très loin, Michael livra, pour la première fois de sa vie, une confession complète, sans omettre détail. Elle tiqua une paire de fois, mais eut le bon cœur de ne pas lâcher sa main. Il avait mis à nu son âme, livré tous ses secrets, enfin ceux qui étaient importants. Temps de passer à une autre classe d’aveux.
 
Tu es spéciale pour moi, Alix…et non, ce ne sont pas des affabulations…tu le sais aussi bien que moi…C’est vrai qu’on s’est tombés dessus sans le vouloir, mais on est là…qu’importe comment on y est arrivés !...Pas par le chemin facile, en tout cas…
 
Elle n’avait pas l’air particulièrement à l’aise, semblant prévoir quelque manœuvre louche de sa part.
 
Alix, dis…tu as peur de moi ?...Je ne ferais jamais rien que tu ne veuilles pas que je fasse…Pourquoi  tu ne finis pas de me dire tout ce que je devrais savoir ?...Alix… allez, ça peut pas être si mauvais que ça ?...Ne me dis pas ?...Tu n’es pas une nonne catholique quand même ?...Tu n’es pas mariée ?...As fait un serment de chasteté ?...Pourquoi ? Quelle question !...Je commence à avoir des fixations dangereuses avec toi…ça te dit !?...t’as quand même pas besoin d’un dessin…ou oui… ?...Bon sang, non pas suis pas un obsédé de sexe…Fais gaffe à ce que tu vas dire…
 

Elle était adorablement confuse, marrante aussi. Son sens de l’humour pour reconnaître ses carences était aussi émouvant que tordant. Qui eut cru que la nièce de Voldemort put manier si bien l’autodérision ? Elle était unique, en exposant ses raisons…À côté de ça, les siennes valaient une cacahouète. Quelle histoire singulière que la leur !
 
Pour la première fois de sa vie de Don Juan invétéré, Michael se trouva face à LA  femme qu’il faudrait absolument convaincre de sa bonne foi.
La séduire aurait été facile. Il lui plaisait autant qu’elle a lui. Le décor était parfait, il y avait pensé, la lune, pleine aurait été témoin  discret de leurs ébats, s’ils avaient eu lieu mais à part quelques baisers et à peine quelques caresses presque innocentes, il ne se passa rien à part, qu’ils s’endormirent paisiblement, enlacés sur le large divan, face à la mer…


Dernière édition par Michael De Brent le Jeu Mar 13 2014, 17:02, édité 1 fois
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