Les joies du retour...

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Re: Les joies du retour...

Message par Justin Davenport le Dim Jan 19 2014, 17:40

Quoi de moins évident que d’être déchu d’un piédestal ? À son corps défendant, Justin Davenport osait se targuer de ne pas étaler trop ouvertement ses splendeurs… du temps de celles-ci. Néanmoins, dire qu’il avait failli faire une jaunisse en constatant son nouveau emploi ne serait pas exagéré. Dans sa jeunesse, on l’avait surnommé caméléon, vu une certaine aptitude à s’adapter au milieu. L’époque était si lointaine que, peut-être, seul Michael devait s’en souvenir. Avec les années, il avait évolué, et s’était transformé en renard. S’accommoder, flairer les opportunités, ne pas les rater, était devenu tellement naturel que le changement de statut ne l’affecta pas outre mesure. Il n’en demeura pas moins attentif aux soucis des autres, surtout ceux de Samantha Forrester. Sans rire, il se serait damné pour la faire sourire, lui rendre les choses plus aisées, lui procurer tout le bonheur possible à elle qui avait perdu beaucoup plus que lui dans cette aventure démente où ils étaient embarqués malgré eux. Ô merveille, en restant lui-même, il était rentré dans les « bonnes » grâces de son employeur. Le filon était prometteur sauf qu’il ignorait encore comment en tirer le meilleur parti. Sa situation s’améliorait mais pas celle de Sam ni celle de ceux coincés avec lui dans une embrouille innommable. Erik, le plus cool des gars, honnête et travailleur accusé d’être un dealer alcolo ? Sa plus que copine, talentueuse cuisinière, lieutenant chez les Aurors ? Un seul mot résumait l’ensemble : dingue ! Tirer son épingle du « jeu » ? Justin était persuadé d’y arriver. Quant aux autres… ??  Au moins était-il parvenu à rendre un certain éclat de vitalité à sa Sam en la replongeant dans un univers familier pour elle : l’organisation d’un banquet somptueux. Chose troublante, sa vue avait déclenché une sorte de crise chez Sir Archibald. Ce fait incompréhensible demeura en suspend le temps de rencontrer leurs malheureux amis : Opal et Erik. Pas brillant pour eux. Sam tenta bien de leur remonter le moral grâce à ses déductions d’ex des forces spéciales mais ils n’en menaient pas large en se séparant de nouveau.
Le tracas réel de Justin ne fut pas tant le sort de ce couple – quoiqu’il l’aimât beaucoup – que celui de son pote de toujours. Il n’était pas le seul à s’en préoccuper ; Sam partageait son point de vue :
 
Ça et tout ce qui se passe…plus j’y pense, et plus je me dis que tu n’as peut-être pas tort en disant que tout ceci est une blague…une énorme et sadique blague concoctée par des forces supérieures qui nous dépassent…ou le même diable, va savoir !...
 
Des extraterrestres, tant qu’à faire ! ironisa-t-il à défaut d’idée de génie. Si l’on pensait un peu à nous, pour changer ? Comment occupes-tu ta journée ?
 
Demain ? C’est samedi, je ne travaille pas à la bibliothèque…je vais me chercher un autre job…celui-là est rasoir à en mourir…
 
Il la charia un peu en envisageant diverses possibilités tout en se doutant – aussi sûr que deux et deux font quatre – de la nature du futur emploi espéré. Quant à lui…
 
Cela va sans doute te surprendre mais j’apprécie cette place. Vais m’y donner aussi à fond que dans ce que j’accomplis d’ordinaire… j’espère améliorer les conditions de cette maisonnée lugubres. On a tous à y gagner.   
 
S’ils devaient moisir là jusqu’à leurs vieux jours, autant que cela soit agréable, non ?
 
Ayant quitté Sam au bas de sa crèche, il transplana dare dare chez son employeur dont l’état le tourmentait et la précarité de son embauche n’y était pour rien. L’attitude de sir Archibald avait été si… bizarre…
À peine sur place, il fut littéralement assailli par ses collègues anxieux :
 
En voilà des façons de l’abandonner ainsi ! l’invectiva la cuisinière.
 
Il n’a pas cessé de te réclamer ! renchérit Faustine.
 
Comment va-t-il, Arthur ?
 
Pour aller, il va ! Il tempête, c’est bon signe. Tu devrais monter fissa !  
 

Ah, tout de même ! l’apostropha le vieil homme dès son grattage de porte. Justin sers nous un alcool et assieds-toi ! Tu dois tout, tu entends, tout me dire sur ta fiancée !
 
Je… euh… mes affaires privées ne sont pas dignes de…
 
Tatata ! Il vient ce verre ? Où, quand, comment as-tu rencontré Samantha Forrester ?  
 
Des histoires loufoques, Justin en avait déjà maintes fois couvertes. Une de plus…
Il se lança :
 
C’est très banal, vous savez. Je fréquente beaucoup la bibliothèque. Or, elle y travaille. Au fil du temps, on a discuté puis… ça a évolué.
 
Elle t’a abordé ou c’est toi ?
 
Je… J’ai osé lui proposer de boire un thé sous prétexte de parler… cuisine.  
 
Je préfère ça ! soupira Archibald. Comment est-elle ?
 
*Hein ?*
 
Le vieux n’allait quand même pas lui demander des détails intimes ?
 
Rougis pas fiston ! J’ai encore de bons yeux, je sais qu’elle est superbe. Je veux savoir comment tu juges son caractère.  
 
*Ouf !* Samantha est…
 
Et de lui brosser le tableau d’un être strict, doux mais très efficient. Travailleuse, tenace, amusante… parfaite. Le vieil homme avala ses paroles à mesure de l’alcool qui sembla l’apaiser, le laisser rêveur.  
 
Tout le portrait de sa mère…
 
Du coup, Justin s’étrangla copieusement. Sa toux calmée, il s’épongea les yeux face à un Sir Archibald rayonnant :
 
Estelle Forrester est sa mère, tout concorde.
 
Un photographie jaunie par les ans s’exhiba en tremblant sous les yeux ébahis du valet. À n’en pas douter, la jeune fille immortalisée ressemblait trait pour trait à sa Sam.
 
Va te coucher Justin. Demain sera une longue journée.
 
En fait, la nuit de Davenport fut infernale.  Comment fermer l’œil avec des révélations pareilles ?
Il en fit des navettes nocturnes pour retracer un passé incertain. Le « bible » familiale des Grey s’éplucha en conscience de même que maints anciens articles de presse.
Au matin, au poste, Justin arriva avec des yeux en soucoupe, de quoi faire marrer la maisonnée :
 
Toi, tu n’as pas roupillé beaucoup, l’asticota Constance. La belle Samantha…
 
Tenez vos langues et surtout médisances, prévint-t-il. Il se pourrait qu’avant peu vous connaissiez de grands bouleversements !
 
Là-dessus, Sir Archibald le manda.  
 
Justin, mon ami, expédiez les affaires courantes. Trouvez-moi tout ce que vous pourrez sur Estelle et Samantha puis ramenez-moi celle-ci !  
 
Je… j’ai pris sur moi d’avancer l’investigation… Si vous désirez vous donner la peine…
 
Plus que la peine, Mr.Grey dévora les informations fournies. Le résultat fut soldé par une seconde attaque très alarmante qui angoissa l’ensemble du personnel. Néanmoins Archibald se remit, exhortant deux choses essentielles : quérir notaire et Samantha.  
 
N’ayez crainte, remettez-vous, elle arrive ! dit Justin en émoi.
 
Un patronus plus tard, elle débarquait à la porte du manoir d’où l’escorta Arthur énervé par le remue-ménage.
Avant que Justin n’ait pu dire un mot à l’entrée de sa fiancée, Sir Archibald se leva, rayonnant :
 
Mon enfant chérie…
 
Suivant le mouvement, Davenport s’avança aussi, cependant…
 
Bravo ! Excellent ! Magnifico ! Esplendido ! Wonderfull ! Perfekt! Невероятный! Et j’en passe!
 
Assez gag cette scène où Arthur resta coincé dans l’entrée alors que le maître des lieux se figeait dans son élan. Sam et Justin s’entreregardèrent d’incompréhension devant la forme tordue de rire d’un Djinn épaté.
 
Vous êtes les champions ! poursuivit l’esprit, des larmes d’hilarité lui perlant les paupières. Résoudre l’énigme sans en connaître un traitre mot, alors là : turban !  
 
Mus d’un réflexe d’autoprotection, le couple s’agrippa les mains :
 
Que signifie… commença Justin.
 
Ne tirez pas cette tête ! On doit fêter ça.
 
Un claquement de doigts et les déboussolés se retrouvèrent assis près d’une table superbement garnie de mets divins.  
 
Buvez, mangez à satiété, vous l’avez amplement mérité. Maintenant, écoutez…
 
Pour en entendre, ils en entendirent. Sages, incrédules, ils comprirent beaucoup. Seulement, ils n’étaient pas encore au bout de leurs peines.  
 
Avaient-ils perdu conscience ? Probablement puisque le changement de lieu les prit déboussola durant quelques minutes. Incertains, choqués, ils remirent leurs idées en place en s’observant à distance avec précaution :
 
C’est… c’est bien toi, Sam, hein ? …
 
Méfiante à son égal, elle voulut s’assurer ne pas rêver :
 
… oui, c’est moi ! On s’est rencontré chez moi, dans ma cuisine… Tu es le plus bel administrateur que j’aie jamais eu ! Et toi, euh… en quelle année as-tu reçu ton cordon bleu ?
 
 La réponse étant celle attendue, Justin n’hésita plus à s’approcher pour l’étreindre fortement :
 
Je pensais être fou… Au moins il ne nous a pas séparés… Que faire d’autre que lui obéir si nous voulons récupérer nos vies antérieures ?
 
Sam, nerveuse, doutait en posant une foule de questions guère éloignées de la tonne qui le taraudait aussi. Sans se lâcher, ils dirigèrent leurs pas vers la large baie vitrée de l’habitation luxueuse où ils avaient atterri malgré eux :
 
Mazette, siffla Davenport épaté. Il ne s’est pas fichu de nous en prétendant un séjour idyllique !
 
Le bungalow hyper confortable s’ouvrait sur un décor paradisiaque à souhait. Où ? Bonne question. Aucun ne le savait. Pacifique sud, le plus probable. De longues minutes, enlacés, ils jouirent de la vue des immensités bleutées s’étalant sous leurs yeux.  
Sous une tonnelle, ils se rafraîchirent d’un punch des îles, en tentant d’établir point et plan :
 
… Sais pas si j’ai tout pigé. Rectifie mon décours si je m’égare. Sans le vouloir, nous avons amélioré la situation de nos… jumeaux… extraterrestres ? … On est ici, maintenant, pour qu’ils correspondent au mieux à ce que l’on a fait d’eux à Londres, et qu’en y retournant tous n’y voient que du feu ? … Comme tu dis, c’est pas gagné !
 
Le Djinn en avait de bonnes ! Comment espérer convaincre leurs doubles de leurs nobles intentions simplement en les croisant ? 
 
… Tu n’as pas tort ! À leur place, si je devais me rencontrer sans crier gare, je me flanquerais un avada, ou transplanerais, ou… Ah… Chacun de son côté…
 
Il se gratta la nuque puis sourit largement :
 
Plus j’y pense, plus je suis certain que la meilleure des choses qui puisse m’arriver… enfin à Justin bis,  est de te rencontrer, pas toi, l’autre Sam !... Non, ce n’est pas un compliment, c’est juste… la vérité, mon amour !
 
Planifier, extrapoler, soumettre, débattre de chaque option leur prit un temps fou.  Le soir tombait qu’ils ne disposaient que d’un début de stratégie.
 
Les patronus nous ont dit qu’ils sont ici, tous les deux, mais ne se sont jamais fréquentés. Provoquons ça pour commencer, non ? On s’habille comme eux, je contacte Sam bis, tu fais pareil avec mon sosie, ok ?
 
Il l’adora encore plus pour l’ombre du soupçon qui se peignit sur ses traits :
 
Tu ne crois quand même pas que je vais profiter de la situation, hein ? Ça ne m’amuse pas non plus de te lâcher dans « mes » pattes !
 
Rire leur fit du bien, s’embrasser encore plus.  
 
21heures, le casino.
Tristounette, une jeune femme blonde sans éclat, ajusta ses grosses montures de lunettes en soupirant :
 
*À quoi bon d’être sorcière ! Pas même fichue d’arrêter la bille sur le bon chiffre !*
 
Depuis un quart d’heure, Justin l’observait. Elle venait de miser ses dernières cartouches sur le numéro 11. Généreux, le Djinn avait bien garni les portefeuilles. L’air désinvolte quoique réfléchi, Davenport plaça une pile de jetons sur le même chiffre.
 
Les jeux sont faits, rien ne va plus !
 
 Un discret mouvement de baguette plus tard, deux « veinards » empochaient un joli magot.  
 
Wow ! s’écria Justin comme épaté. C’est grâce à vous, mademoiselle !
 
Sam bis était très jolie quand elle riait. Pas difficile de fraterniser ensuite.  Cinq ou six cocktails de suite brisèrent définitivement la glace. À tu et à toi, ils en partagèrent des confidences. Cette Miss Forrester pensait avoir gagné un voyage extraordinaire à la loterie. Ses poches s’étaient hélas vite dégarnies. Le jeu n’était pas une habitude, juste un moyen de faire durer le plaisir.  
 
… et vous pensiez, évidemment, rencontrer un milliardaire sur votre chemin, dit Justin, l’air penaud. Je ne te mentirai pas Sam, je ne suis qu’une sorte de valet, bien en place, mais sous-fifre quand même…  
 
Sa franchise apparente sembla agréer la miss qui goba très facilement d’autres révélations sur la réelle existence du Davenport supposé, sa flemmardise, ses aspirations à un statut plus élevé.  
 
Et toi ? Tu n’as jamais souhaité autre chose que d’être bibliothécaire ? Tu me sembles capable de tout…
 
Comme quoi ?
 
Ton métier demande rigueur, minutie, organisation. T’es-tu jamais intéressée à… la grande cuisine ?
 
Hélas non ! Certes elle savait cuire un œuf, mais…
 
Tes capacités sont là, j’en suis sûr ! Faut juste les faire sortir !  Peut-on se revoir… demain matin ?
 
La délicieuse enfant ignorante de ses charmes rougissait facilement.
 
Il récupéra sa Sam très heureuse d’être débarrassée de l’empoté de Justin bis. Hilare pourtant, elle se marra en lui en contant de quoi le faire verdir sauf que, chose prévisible, son homologue avait besoin d’un sérieux coup dans le fondement pour remuer ses fesses.
 
Justin ne dormit pas beaucoup en attendant la phase deux du plan. La douche froide coula beaucoup, l’alcool aussi.  En d’autres lieux, autre circonstance, c’est le lit de Sam qu’il aurait partagé !  
Il rentra sa frustration en tentant de penser aux joies futures…  
 
Un jogging très matinal, quoi de plus banal ? Les pourboires ayant coulé aussi bien que la douche, Justin connaissait tout des habitudes de son homologue. Insomniaque à ses heures, Davenport bis aimait flâner le long du rivage au lever du soleil. Rencontre improbable ? Et pourtant…
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Re: Les joies du retour...

Message par Samantha Forrester le Mar Jan 21 2014, 18:56

Résoudre l’énigme sans en connaître un traitre mot, alors là : turban !  

Arrêt sur image serait peu dire.  D’une seconde à l’autre, de totale incompréhension le tout bascula en soudain déclic de vérité ! En ce même espace de temps, Sam sentit qu’une rage folle montait en elle. Et le rire fou du Djinn n’arrangea pas les choses. Parce qu’il riait, le drôle, à en avoir les larmes aux yeux, à s’en trémousser, ravi comme pas deux de ce qu’il jugeait, sans doute, être la meilleure blague de tous les temps.
La main ferme de Justin était son unique planche de salut. Elle se força à rester calme même en ayant envie de se mettre à hurler.
 
Ne tirez pas cette tête ! On doit fêter ça.

Et il savait s’y prendre, le lascar ! Attablés, sans le vouloir, face à un banquet digne des Dieux, ils eurent droit à ce que M. le Maître du jeu tenait pour explications claires.
 
*On y repassera trois fois !*…Mais dis-nous, Djinn, que sont devenus nos amis ? Les reverrons-nous ?...Dis-nous, à la fin…on a le droit de savoir !
 
Et aussi celui d’être ignorée. Pas de réponse, essayer de parler avec Celui-là équivalait à siffler au vent. Ses vérités étaient à prendre ou à laisser. On voulait s’en sortir, alors il fallait jouer selon les règles loufoques qu’IL avait inventées tout seul.
 
Puis le Vide. Le Flou…et ÇA ! Un « ailleurs » inconnu.  Une espèce de magnifique paradis au bord de la mer et tout ce qu’on voudrait et à deux pas…Justin.
 
C’est… c’est bien toi, Sam, hein ? …
 
*Ou pas ?Après tout ce qu’IL a raconté, le Djinn…peut-on savoir sciemment ?...* Pardon, on se connait ? Et si oui…quand et comment ?
 
Un instant de flottement, comme s’il se posait aussi cent questions, avant de dire :
 
On s’est rencontré chez moi, dans ma cuisine… Tu es le plus bel administrateur que j’aie jamais eu ! Et toi, euh… en quelle année as-tu reçu ton cordon bleu ?
 
1995.
 
Elle se retrouva dans ses bras, rassurée. Au moins étaient-ils ensemble !
 
Mon Dieu…qu’est-ce qu’on va faire ? Ce type est complètement dingue…
 
Justin était pratique et sensé. À son juste avis, la seule chose à faire était obéir les consignes données pour s’en sortir le mieux possible.
 
Oui, je ne vois pas d’autre alternative…au moins  Il ne nous a pas lâchés n’importe où…le coin est bluffant…du luxe pur…à croire qu’Il apprécie vraiment notre façon d’agir…au moins ça ! Nous devons établir un plan…pas évident de débarquer dans la vie des Autres comme si rien…
 
Autant unir l’utile au plaisant et jouir de ces alentours magnifiques, assis face à un délicieux punch, ils passèrent en revue les informations à disposition.
Apparemment, sans en avoir la moindre idée, ils avaient amélioré la vie de deux qui semblaient être, par la force des évidences, leurs jumeaux extraterrestres et se trouvaient là,  pour faire en sorte que ceux-ci correspondent à ce qu’ils avaient fait d’eux à Londres…
 
Il demande la lune, ce fou de Djinn…s’il croit que c’est si facile, il n’a qu’à s’y prendre tout seul !, grommela Sam dont l’humeur n’était pas reluisante.
 
Tu n’as pas tort ! À leur place, si je devais me rencontrer sans crier gare, je me flanquerais un avada, ou transplanerais, ou…
 
Faut pas exagérer…mais pour éviter tout bouleversement, du moins au début…on va y aller séparément…tu t’occupes de …moi…et moi…de toi ! 
 
Il se gratta la nuque puis sourit largement :

Plus j’y pense, plus je suis certain que la meilleure des choses qui puisse m’arriver… enfin à Justin bis,  est de te rencontrer, pas toi, l’autre Sam !...
 
Que c’est mignon de dire ça !
 
Non, ce n’est pas un compliment, c’est juste… la vérité, mon amour !
 
Ah bon !, elle soupira en souriant quand même, alors…cherchons le meilleur moyen de les approcher…de nous mêler de leurs vies et de parvenir à nos fins…
 
Physique, gestes, voix, identiques ! Fac-similé plus fidèle impossible, et pourtant…
 
*Ils sont pareils sans l’être…celui-là manque de…substance !*

Peu charitable constatation à l’envers du charmant jeune homme qui lui, l’avait regardée sans dissimuler son admiration.
 
*Bon, au moins, il n’est pas aveugle !*
 
Aveugle, peut-être pas, mais manquant d’assurance, sans doute était-il  timide ou n’aimait pas prendre des risques ! Sam soupira, cas difficile, celui-là ! Prenant son mal en patience, elle fit mine de s’intéresser à n’importe quoi d’autre, commanda un autre cocktail puis se levant, prit distraitement le chemin de  la plage…et entra en collision avec un autre qui allait le nez en l’air !
Justin bis s’excusa profusément, mais elle assura qu’il n’y avait pas de mal, sauf que son cocktail avait fini versé aux plantes, tout autant que celui  de Bis.
 
Vous buviez quoi, miss… ?

Forrester…Samantha…euh…je crois que c’était un…Spécial des Îles !
 
Il se présenta à son tour, et ils allèrent ensemble renouveler leurs boissons. Rien de plus normal que bavarder un peu puis se sentant à l’aise, continuer de le faire. Il y avait de la musique en live, mais il ne l’invita pas danser.  Les lieux tenaient du rêve mais il y fit à peine allusion, comme si se trouver là ne l’émoustillait pas le moins du monde. 
 
Et…comment êtes-vous arrivé ici, Justin ?...Je veux dire…c’est pas la porte à côté, quand même !
 
Oh, un tout bête concours…auquel je ne me souviens même pas avoir participé.
 
Ah !...Oui…un peu comme moi !...Mais ça vous plaît, non ?
 
Il prit une mine de circonstance.
 
Sais pas trop…Beaucoup de monde, connais personne…
 
Sam soupira et sourit, compatissante alors qu’elle avait envie de le pincer au sang, lui crier dessus, le secouer mais elle resta dans son rôle de fille sage.
 
Je comprends, souffla t’elle, c’est un si effrayant parfois… comme vous dites…tous ces inconnus…
 
Une femme démunie sait éveiller l’esprit protecteur qui sommeille en tout homme normalement constitué. Bis était lent à la détente mais une fois mis sur la bonne voie, se montra assez acceptable. Il livra un peu de sa vie. Rien de trop réjouissant. Exploité au travail, manquant de motivations, coincé dans sa grisaille, il vivotait en avouant, chose inattendue, avoir pourtant des idées…sans dire lesquelles.
 
*Si celui-là a quelque chose de mon Justin…ça doit l’avoir enfoui très au fond de soi-même…ou il est plus méfiant que le commun des hommes…*
 
Un troisième cocktail sembla  abattre un peu de cette réticence, il se décontracta assez pour, enfin, mener l’audace pour lui demander de se rencontrer le lendemain.
 
Vous êtes seule et moi aussi…à deux on pourra peut-être se rendre ce séjour plus agréable !
 
C’est si gentil de votre part !, dit-elle en baissant les yeux avec un sourire timide qui aurait ému un ogre, oui…ça me fera plaisir…
 
Il la quitta sur la promesse de se retrouver le lendemain, sans donner une heure précise, laissant au hasard décider cela.
 
*Vas-y…voiles et bon vent !*
 
Justin, le n°1, eut l’heur de lui rendre sa belle humeur. En le voyant, elle ne put réprimer l’envie de lui sauter au cou et lui picorer le visage de petits baisers mutins.
 
Dieu, que je suis heureuse de te voir, mon chéri…Ton sosie ? Quel homme !...Je viens de passer les deux heures les plus excitantes des derniers temps, elle adora l’éclat féroce de son regard et lui flatta amoureusement le menton, il est à tomber, ton Bis…Tu grognes, chéri !?..., elle éclata de rire, je te charrie…oui, il est à tomber…mais de l’ennui…quelle nouille ! Quel empoté…le pauvre…Faut pas le remuer, celui-là…faut lui faire un lavage de cerveau scientifique…
 
Sam bis ne valait pas beaucoup mieux, selon avait constaté Justin. Gentille fille, réprimée, grise, son potentiel devait bien être quelque part mais celui-là aussi, faudrait le chercher.
 
Comme quoi…on devra jouer les fées-marraines, là et convertir nos potirons en carrosse…, soupir, si je lui mets le grappin dessus, au Djinn, il va m’entendre…Oui, mon chéri, on va  y arriver…sais pas comment mais on le fera…veux ma vie de retour…veux Gerry, tante Babs…Toi ?...chéri…toi, je t’ai…t’ai eu tout le temps…c’est ça qui me sauve la vie…sans toi, veux même pas imaginer où j’en serais !
 
Sam bis squattait un coin solitaire, munie d’un gros bouquin. Elle semblait vouloir se faire toute petite, disparaître si possible. Petite robe d’été, informe, trop longue, destinée sans doute à la rendre encore plus invisible, tout comme ces affreuses lunettes rébarbatives. Blonde terne, son teint prenait une pâleur maladive et le choix malheureux des accessoires n’arrangeait rien à cette espèce de catastrophe ambulante.
 
*Ok…grands problèmes…grands moyens !*
 
Samantha bis sursauta comme un lapin effrayé quand l’inconnue prit place dans le fauteuil à coussins fleuris, à côté d’elle.
 
Bonjour, bonjour, ma jolie…excuse-moi de me présenter ainsi, mais ça fait un moment que je t’observe et suis arrivée à la conclusion que tu as besoin d’un petit coup de pouce, elle baissa ses lunettes de soleil et lui coula un regard étincelant de malice, disons…qu’un gros coup de pouce !

Petite souris grise écarquilla grand les yeux, derrière les verres qui les masquaient si bien. Ce genre d’intromission délurée lui donnaient froid au dos. Une envie irrépressible de fuir à toutes jambes la prit mais voilà que l’entremetteuse de service la devançait en posant sa main sur son bras.
 
Pas la peine d’avoir peur, je ne te veux aucun mal…au fait je suis Babs …oui, oui, tout simplement Babs *merci, grand’mère !* et disons que je suis…ta conseillère !...Mais voyons, tu n’as pas bien lu toute la documentation fournie avec ton merveilleux prix ?...Tut, tut…Faut tout lire, mon cœur !
 
Pour alors Sam bis était quasi convaincue d’avoir affaire à une folle entreprenante, mais cette femme à courte crinière cuivrée, élégamment vêtue même si restant très de circonstance estivale, n’avait pas l’air foncièrement méchante quoique si très décidée à faire entendre ses raisons, qu’elle exposa en brossant un tableau magistral de ce qui l’attendait. Inutile de protester, l’autre avait la parade parfaite…à tout !

Ma petite chérie, nous nous donnons tout le mal du monde pour découvrir qui a le potentiel nécessaire mais pas les moyens de l’exploiter…et toi, oh, toi ! Tu as plus que ça…tu es le potentiel personnifié, sauf, bien sûr…que tu n’en as pas la moindre idée, n’est-ce pas ?
 
Euh…
 
Je me disais bien…mais ça va changer, mon petit ange…ça va changer…
 
S’en suivit une journée à rallonge, la plus folle dont Sam bis eut mémoire…même si elle n’en garderait aucun souvenir conscient. Cela lui reviendrait en forme de rêve, peut-être…ou peut-être pas. Comptaient seulement les résultats. Enseignement accéléré ? Qu’à cela ne tienne ! Magie et savoir-faire aidant tout devenait possible. Le Djinn n’ayant donné aucune spécification particulière sur la façon dont ils devraient s’y prendre, Sam faisait main basse sur tous les moyens à sa disposition.

Regarde-toi, Samantha…regarde toi et dis-moi ce que tu vois !
 
Je rêve !, soupira la belle Bis en clignant des yeux, incrédule.
 
J’espère bien que non…C’est toi que tu vois, ma belle…celle que tu as toujours été mais que tu ne savais pas mettre en valeur…Faut pas avoir peur de ce qu’on est, tout comme il faut pas craindre avoir des rêves et vouloir les réaliser…Tu as un merveilleux futur en perspective…crois-moi, tout va aller bien !
 
D’un élan inattendu Sam bis l’enserra dans une étreinte chaleureuse. Sam 1 surprise, constata qu’elle pleurait et dut faire un effort pour ne pas s’y mettre aussi en l’entendant la remercier avec des mots pleins de gratitude.
 
*Si tu savais, ma belle…*
 
Mais elle ne pouvait pas le faire. Reniflant, Bis, essuya soigneusement ses larmes et la regarda.
 
Je crois que tu es ma fée-marraine, Babs…tu es sûre que je ne suis pas en train de faire un beau rêve ?
 
J’en suis absolument convaincue, ma toute belle…, de sa baguette elle laissa ruisseler des étoiles dorées sur la blonde tête, sois heureuse, Samantha !
 
Justin la trouva installée au bord de leur piscine privée, buvant du champagne et écoutant tranquillement les bruits de la mer mêlés à la douce musique diffusée par la chaîne Hi-Fi.
 
Salut, toi !...Oui, je prends du bon temps…Oh, je pense avoir accompli de mon mieux le devoir assigné…et toi ? Bis s’est dégourdi ?...Merveilleux alors…qu’est-ce qu’on fait maintenant ?...Bien sûr qu’on peut sortir observer…suffit de ne pas se faire remarquer…et j’ai la solution…, coup de baguette sans préavis, elle éclata d’un rire ravi en voyant l’expression outragée de son chéri,  sorry, c’était plus fort que moi…mais tu es…franchement très…mais très séduisant…regarde-toi dans le miroir au lieu de faire la tête…et puis, j’ai changé moi aussi…

Elle se leva d’un bond et pirouetta autour de lui en agitant sa jolie crinière cuivrée et mimant une danse exotique, avant de lui enrouler les bras autour du cou et l’embrasser avec beaucoup de science.
 
Je décrète que ce soir…on a quartier libre…on l’aura bien mérité, non ?...On aura bien le temps de savoir de quoi demain sera fait…
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Re: Les joies du retour...

Message par Erik Nielsen le Mer Jan 29 2014, 23:09

Avec Opal, tout paraissait toujours simple. Ils avaient beau être dans la merde jusqu’au cou – lui surtout - elle envisageait les choses… sereinement. Du moins… bien plus que lui !  
 
*Pas elle qui va affronter six gars en colère sans compter un entraîneur furax…*
 
À peine un pied dans le vestiaire, on lui tomba dessus, Stan le 1er :
 
J’espère pour ta peau que t’en as cette fois !
 
Kevin, fatalement, intervint :
 
Erik, tu n’as pas à faire ça ! Avec ou sans, ON EST LES MEILLEURS !!
 
J’en ai, souffla Nielsen en exhibant des sachets.
 
Il fut dégoûté de la manière avec laquelle ses équipiers se ruèrent sur ce qu’ils prenaient pour de la pure. Pire que des loups affamés, ils s’enfournèrent avec délectation la poudre dans les narines. Rassasiés ? Oui, mais pas au point de remarquer deux absents au festin :
 
De gré ou de force vous vous shootez ! ordonna Stan, mauvais.  
 
Kevin résista mais un poing, aussi épais qu’une batte, levé contre son nez le contraignit à obéir.
 
Prêts mes gars ? demanda Mr.Clean surgi du fond de la pièce. Vous connaissez la manœuvre, alors : GAGNEZ !
 
L’équipement des grands matches seyait parfaitement à la carrure d’Erik. Rouge, or et noir, sa sobriété contrastait avec les tons criards de l’équipe adverse qui, en violet, pistache fluo et argent semblait droit sortie d’une pochette surprise de chez Zonko.
L’immensité des gradins bondés donna le vertige au jeune attrapeur. Pas à dire, la fête battait son plein et si beaucoup de supporters scandèrent son nom à son avancée, Nielsen ne s’en sentit pas glorifié pour autant. Ses « copains », remontés à bloc, firent un cinéma applaudi ou hué selon les camps. Lui s’abstint, préférant se concentrer.
 
*Tu as déjà joué et t’étais bon ! ON EST LES MEILLEURS !!*
 
Certain qu’au moins Opaline ne le quittait pas des yeux, il se défonça comme jamais. D’un œil il surveilla les joueurs, de l’autre il chercha le vif d’or. Son stratagème fonctionna à merveille. Tellement habitué à sniffer n’importe quoi, ses équipiers n’y avaient vu que du feu et ils jouèrent comme de dieux, même lui !
La victoire assurée après avoir réussi une voltige hallucinante pour attraper le vif, Erik goûta les fruits de ses efforts. Porté en triomphe par ses « amis » il en reçut des félicitations sous les ovations. Il se serait bien contenté d’un baiser de son Opal mais sans doute fut-elle freinée par la foule en délire, si bien qu’il ne put l’aborder qu’alors la fête bien lancée :
 
Viens, ma chérie ! Il faut arroser ça !
 
Était-ce son idée ou la belle n’était pas d’humeur ?  Elle dansa, fit la fête mais lui parut très… ailleurs.
Peu après, elle l’agrippait :
 

On s’en va, chéri…Viens !
 
Il avait bu, cependant pas au point de ne rien remarquer de cet empressement en dehors d’une soudaine envie de batifoler. L’accrochage avec Clean avant un départ en catastrophe lui sembla sans commune mesure avec la situation. Devançant ses questions, Opal eut au moins la décence de lui donner quelques explications… sulfureuses sur son attitude :
 

Si tu vas me demander si je suis de mauvaise humeur, la réponse est OUI !...Pas contre toi, gros bêta…tu es merveilleux ! C’est contre cet homme odieux…ce Clean à la noix…
 
Suis curieux de savoir ce que tu lui reproches ! *Sûrement pas de m’avoir quasi assommé*
 
Comme de juste, Opal ne se souciait que de ses petites idées et, même si décousu, son décours se tenait. La conversation surprise entre Clean et Travers éclairait les choses différemment. Passionnée par ses propres déductions, Opal se méprit sur son quasi mutisme. Pas saoul pour un sou, il gambergeait tout simplement. Néanmoins, il dut ingurgiter plusieurs cafés noirs avant de pouvoir en placer une :
 

Donc, selon toi, Clean voulait que l’équipe perde. La came en ma possession était de la came…lote.  
 
Blablabla, elle devait en parler à son chef, à Justin, bref à n’importe qui sauf à lui. La preuve n’en tarda pas puisqu’elle l’expédia gentiment au lit avec un chocolat chaud seule en prime.
 
Dormir ? Oh que non ! Tous les chocolats du monde ne pourraient effacer le profond et cruel sentiment qui tenailla Nielsen.
 

*Beau, doux et… complètement stupide, voilà comme elle te voit, pauvre cloche ! Combien de temps vas-tu supporter d’être ainsi mené par le bout du nez ? Certes, il est mignon ce nez mais il a le chic pour faire monter la moutarde au tien ! On va voir ce que l’on va voir…*
 
Gentil toutou n’allait pas rester au panier en attendant que divine maîtresse daigne le balader ou lui offrir un os à ronger.
Son restant de nuit, Erik le passa dans les tripots de l’Allée des Embrumes. De petites frappes en plus grandes, il n’hésita pas à abuser de son don de persuasion pour obtenir des détails très intéressants. Travers chanta mieux qu’un rossignol, confirmant les soupçons de Miss McLane. MR. Clean était furax car, persuadé que le revendeur avait fourni de la came pure au lieu de la trafiquée, il lui réclamait une somme astronomique en dédommagement des pertes subies dans ses paris. Il rentra crevé, satisfait et frustré. Il connaissait un tas de trucs à présent mais était incapable de les exploiter… seul. Énervé, les révisa toutes les informations récoltées et gribouillées dans la fièvre. Bien sûr, il se posa aussi mille questions sur ce qu’il advenait d’Opaline qui l’avait largué pour vaquer à Merlin sait quoi.  Enfin, quand son tapis fut quasi usé à force d’allées et venues, elle apparut aussi fraîche que sereine. Un câlin destiné à amadouer son sombre idiot, elle se lança :
 
On a une chance en or, mon chéri, la seule qui nous reste. Shakebolt est à peu près convaincu de l’implication de Clean mais veut plus de preuves…et on va les trouver…tu vas le faire !...J’ai un plan…
 
*Le contraire m'aurait étonné!* Et qu’a donc pondu cette adorable Auror qui m’est échue ?
 
Elle était tellement emballée par ses projets, qu’elle ne releva pas le ton caustique pour lui exposer rien de moins que ce qu’il avait déjà accompli aux trois quarts.
 

Magnifique ! ricana-t-il.  J’admets que l’aide de la police moldue sera très appréciable. Pour le reste, il est inutile que je me fatigue davantage… Parce que nos grands esprits se rencontrent, ma « chérie ».
 
Il lui flanqua sous le nez son carnet contenant aveux des principaux impliqués, lieux de contacts,  transactions juteuses, haussa les épaules et, jugeant que le reste ne concernait pas, s’évapora.
 
Était-ce son côté paternel qui prenait le dessus ? Il n’en savait rien. Il tenait à Opal plus qu’il ne s’était jamais attaché à une femme mais il est des choses que l’orgueil mâle réfute quoiqu’il en coûte. Être traité en idiot est de celle-là. Longtemps, il erra loin des fans en folie d’après match, préférant la solitude des grands parcs londoniens où nul ne le connaissait.  Le soir tombait lorsqu’un patronus familier le contacta pour une rencontre incognito. Même s’il redoutait un peu cette entrevue, que faire d’autre que d’y aller ? Se tirer des embrouilles de dettes et drogues ne résolvait pas le principal écueil de leurs aventures actuelles. Autant savoir…
Au point de rendez-vous, elle accourut vers lui :
 
C’est fini, mon amour…*Ciel, qu’ai-je fait ? * Je ne mérite rien d’autre, je suppose ( soupir)… enfin, finie cette affaire-là… Erik, tout va bien…enfin, on est toujours piégés ici mais au moins…ton bon nom est rétabli, tu auras passé pour un gars un peu con victime d’un pourri sans scrupules. *Tu es trop « gentille ! »* fais pas cette tête, c’était à prendre ou à laisser … nous, on sait la vérité *Moi oui, toi, j’en doute !*et on est ensemble, c’est tout ce qui compte ! En ça, tu as raison, pour autant que…
 
Impossible de poursuivre, une voix inattendue rigola :
 
Bravo ! Bravo ! Vraiment du grand art…suis fier de vous !
 

A… Amir ? Non d’un gnome, dites-moi que je rêve ! Vous… vous venez nous sortir de là ou… seriez-vous derrière tout ça ?
 
Un mélange de soulagement et d’animosité anima Opal et Erik qui s’accrochèrent l’un à l’autre pour opposer un front soudé au Djinn farfelu. 
 
Ne m’en veuillez pas, enfants ! Je ne vous ai pas suivi, je vous ai devancés et placés ici pour une excellente raison dont vous apprécierez tôt ou tard tout le… piquant !  
 
Chose inévitable, Opal se rebiffa, exigeant explications, solutions, etc.
 
Pour une fois, ma douce, écoute au lieu de parler !
 
Ce qu’ils entendirent les laissa assez babas. Ils se virent confier une tâche inattendue, l’ultime : se rencontrer eux-mêmes !  
Avant de pouvoir dire ouf, ils s’écroulèrent sur place.
 
De toutes les gueules de bois vécues, celle-ci était de loin la pire. Tempes dans un étau, cheveux douloureux, nausées : tout y était. Se relevant aussi adroit qu’une tortue échouée sur le dos, Erik s’ébroua tant bien que mal en captant, dans sa vision floue, des bribes incertaines de son environnement.  Que faisait-il torse nu allongé sur un tapis miteux ? Enfin ses jambes le supportèrent et il put se redresser non sans chalouper dangereusement en direction d’une vague couche qui tanguait mieux qu’un bateau ivre. Bibelotant à tout va, il parvint à se raccrocher à un couvre-lit malpropre sur lequel il s’échoua à nouveau. Quand l’ampoule nue du plafond cessa d’osciller, Nielsen osa se redresser. Sa vision, précise alors, détailla la seule autre occupante des lieux. L’air furieux, baguette brandie, elle le toisait.
 
O… Opaline… Qu’est-ce que tu m’as fait ?
 
La réponse le stupéfia autant, sinon plus, que le sort avoué octroyé.
 
Stu… Stupéfixé ? Mais… Pourquoi ? Je sais que je t’ai rudoyée, tu avoueras que c’était nécessaire !
 
Le rictus mauvais qui lui déformait les traits rendait Opal quasi méconnaissable. Bon, elle avait ses raisons de lui en vouloir, de là à le maltraiter de la sorte, il y avait de la marge !  
 
Tu n’es qu’un fourbe, Nielsen !  Tu uses et abuses outrageusement de ton statut vedette dont nous savons parfaitement l’origine !
 
De… De quoi tu causes ? J’admets que j’ai exagéré mais ta une façon de me ridiculiser est…
 
EXAGÉRÉ ? Des mois que je te traque, pauvre cloche ! J’ai engagé ma réputation immaculée pour te faire choir de ton piédestal. Tu avais presque réussi à me convaincre que t’étais blanc comme ta neige revendue mais tu m’as roulé dans la farine et ça, ça, jamais je ne te le pardonnerai.

 
Dialogue de sourd ? Erik ne pigea rien sur le coup :
 
J’ai anticipé, réuni les preuves, non ? Tu m’as dit que c’était fini, et que le principal était que l’on soit ensemble…  Tu le regrettes ? On avait tout faux ?
 
Faux sur nous et un avenir possible, c’est clair ! Je te quitte pour faire mon rapport et te retrouve telle une larve sortant du cocon. Tu t’es encore défoncé !
 
Mais non ! C’est le Djinn qui…
 
LE GIN ? Où sont les bouteilles ? Le seul cadavre que je vois ici c’est toi, dans un très proche avenir qui plus est !
 
T’es pas sérieuse, là ?  Tu ne vas pas m’en vouloir à mort pour avoir osé te prouver que tu n’étais pas la seule à savoir utiliser son cerveau et bâtir des plans ? Je t’aime, et…
 
J’ai craqué pour toi, ce n’est pas professionnel ! Je vais rattraper ma bourde et te coffrer comme tu le mérites.
 
Il rigola, à défaut de meilleure défense :
 
Tu devrais te décider à la fin. Tu veux me lancer un avada ou me livrer aux Aurors ?  Choisis ! Moi, je t’adore, je veux passer le reste de ma vie avec toi si… si tu consens juste à me laisser porter la culotte de temps à autre.  
 
La fureur d’Opal sembla fléchir. La baguette menaçante s’abaissa, un oeil coquin, inédit, s’alluma.
 
*Wow !*
 
Ébloui, Erik assista à un début de strip-tease réellement éloquent. Il déglutit :
 
Opal… chérie… tu joues à quoi, là… ?
 
Je veux finir ce que nous avons si bien commencé ce soir. Tu veux vraiment garder ton pantalon, même si j’insiste ?
 
Pagaille totale. Vivait-il un beau rêve ou un cauchemar ? Une Noise tomba puis une poignée de Mornille avant que les gallions ne pleuvent :
 
*C’est pas Opal !!!*
 
 Au grand jamais son Opaline ne se serait comportée ainsi. Cette vamp aguicheuse à laquelle même un Saint ne saurait résister n’était pas son adorée.  Effaré, il recula vers les oreillers :
 
O… Opal, c’est une très… très mauvaise idée… Je ne suis pas…
 
Prêt ? À d’autre mon chéri !
 
Et l’autre de s’approcher des plus dangereusement.
 
Je… J’ai la gueule de bois ! Vaux rien dans ces cas là…
 
Vaines tentatives, l’Auror poursuivit sa reptation sans équivoque. Dans un instant elle serait sur lui et il serait dévoré cru.
Vlam ! La porte fut défoncée. Sur le seuil, une autre Opal et un Autre Erik arboraient des mines divergentes. Erik 1 parvint à repousser Opal 2 en soupirant vers la seule qui comptait pour lui :
 
Où diable étais-tu ?  
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Re: Les joies du retour...

Message par Opal McLane le Jeu Jan 30 2014, 23:19

Quelques heures auparavant…
 
« …Et qu’a donc pondu cette adorable Auror qui m’est échue ?
 
Clic ! Alarme ! Emballée certes, mais pas mois finaude pour autant ! Si ce n’était pas de l’ironie caustique, ça, elle était prête à croquer sa baguette ! Mais le moment ne se prêtait pas à faire du foin, elle continua son exposition comme si rien ne l’avait atteinte ni pourrait le faire.
 
*Perd rien pour attendre…s’il en a marre, qu’est-ce que j’en dirai, moi !?*
 
Mais Monsieur n’avait pas encore fini. En toute évidence, il était à bout de nerfs, en plus d’énervé par allez savoir quoi. En ce moment, Erik ressemblait tellement  à ses propres frères qu’elle dut faire un effort pour ne pas lui crier dessus.
 
*Et après ils disent que c’est nous, les filles, qui faisons des chichis !*
 
Magnifique ! J’admets que l’aide de la police moldue sera très appréciable. Pour le reste, il est inutile que je me fatigue davantage…
 
*Voyons donc…pas à dire, s’il est pas vexé, celui-là…* Et à quoi vient tout ça ?, elle prit son air le plus innocent tout en sentant que la moutarde lui montait dangereusement au nez.
 
 Parce que nos grands esprits se rencontrent, ma « chérie ».
 
Et ce disant, il balada devant ses yeux un carnet noirci d’annotations qu’elle lui arracha pratiquement de la main avant qu’il ne s’évapore, la laissant à jurer face au vide… »
 
Bon an, mal an, faisant cas omis de la scène précédente, Opal fit ce qu’elle avait à faire. Erik agit de même et on arriva à la conclusion déjà connue  alors que pour parfaire la situation le fameux Djinn faisait une de ses apparitions non attendues.
 
A… Amir ? Non d’un gnome, dites-moi que je rêve ! Vous… vous venez nous sortir de là ou… seriez-vous derrière tout ça ?
 
Acte réflexe, elle s’accrocha au bras d’Erik qui la serra contre lui, protecteur.  Comme on pouvait s’y attendre, le loufoque de service se livra au genre de déclaration cryptique que tous aimaient tant :
  
Ne m’en veuillez pas, enfants ! Je ne vous ai pas suivi, je vous ai devancés et placés ici pour une excellente raison dont vous apprécierez tôt ou tard tout le… piquant !
 
Au diable la diplomatie et les bonnes manières !
 
Vraiment ? On voudrait bien les connaître tes belles idées, parce que là on en a un peu ras le bol de vivre avec les devinettes…alors tu parles vite fait et nous arranges cette situation… 
 
Pour une fois, ma douce, écoute au lieu de parler !
 
Baquet d’eau froide ! Trop c’était trop ! D’abord il se vexait et maintenant lui ordonnait de se taire, quelque chose clochait fort, là mais le moment se prêtait mal pour réclamer des explications, pour l’instant, c’était écouter ce que le Djinn avait à dire :
 
La dernière tâche, la plus importante sera rencontrer  ceux qui sont vous en ce monde et mettre, comme vous dites, les pendules à l’heure !
 

Non mais…
 
Fondu au noir !
 
Avec l’impression d’avoir reçu un coup au crâne et en subir les conséquences, Opal parvint à ouvrir un œil puis l’autre. Le décor ne correspondait à rien de connu, du moins ce qu’elle pouvait apprécier à la lumière incertaine d’une lampe de chevet miteuse qui donnait une clarté sale…comme le reste.
 
*On joue à quoi maintenant !?*
 
L’australienne se massa activement les tempes dans l’espoir d’éclaircir ses idées, sans trop de succès puis se redressa lentement  en réalisant se trouver dans un lit en désordre, à côté d’un homme endormi qu’elle ne connaissait que trop bien.
 
ERIK !!!
 
Plus efficace qu’un réveil lancé à toute, son cri fit bondir le dormeur qui resta assis au milieu du matelas, l’air complétement abasourdi.
 
Pourquoi tu cries ?, voulut-il savoir, je dormais, moi !
 
Désolée…on est où, à ton avis ?...je ne reconnais rien…
 
Et l’autre de la dévisager  bizarrement.
 
Comment que tu sais pas ?...C’est toi qui…T’as trop bu hier soir, ma jolie !
 
*Qu’est-ce qu’il raconte, là* Sais pas de quoi tu parles…j’ai rien bu…c’est le Djinn, tu sais plus ?
 
Je dis bien, le gin…On y allait bon train…tout allait si bien et puis…
 
HEIN !? …Puis…QUOI ?
 
Ben rien, reconnut –il, piteux en se passant la main dans les cheveux, les ébouriffant encore plus, tu dormais… alors…me suis endormi aussi mais maintenant, suis tout éveillé…
 

Normalement, elle aurait rigolé en lui envoyant l’oreiller sur la tête mais là, sans trop savoir pourquoi, elle préféra sauter du lit et mettre prudente distance. Erik, parce qu’en toute évidence c’était lui, sourit…mais ce n’était pas son sourire de toujours…doux, malicieux…là, son expression était …différente ! Tous sens en alerte, elle recula de deux pas, alors qu’il se mettait en mouvement pour se lever à son tour. Mine de rien, elle chercha son sac des yeux, il gisait dans un coin. Avec un soupir, elle se massa de nouveau les tempes.
 
Dois bien avoir quelque chose  pour le mal au crâne…tu me passes un verre d’eau, s’il te plait ?
 
Il eut un petit rire idiot et crispant en finissant de sortir du lit.
 
Et où j’en trouve ?, voulut-il savoir en s’approchant
 
Opal rigola à son tour en allant ramasser son sac, d’où elle tira sa baguette, ce qui sembla surprendre Erik.
 
Tu vas faire quoi avec ça ?
 
Euh…je cherche à me souvenir du sortilège d’Angel…pour les maux de tête…
 
Il la considéra, suspicieux, mais souriant encore engageant.
 
Sais pas qui est cette Angel et m’en fous…je sais comment te l’enlever ton mal au crâne…viens-là plutôt !
 
*Ce Djinn est un crétin de la pire espèce…ça va mette du piquant !...Vais t’en donner du piquant, moi, si je te mets le grappin dessus !*…Attends un moment, toi…je sais que tu es Erik…mais pas le bon…enfin, pas celui qu’il me faut…
 

Qu’est-ce que tu racontes, ma jolie ?...T’étais pas si rétive, hier soir…
 
On s’en doute…mais pour les effets, fais pas le rigolo…écoute, c’ est compliqué…je connais ton histoire et celle de…Opal…enfin, de l’autre…, en peu de mots elle lui brossa un tableau de l’embrouille, le laissant comme deux ronds de flan, …comme quoi, tu as eu de la chance que tout ait assez bien tourné pour toi…cette fois, essaye de continuer sur le droit chemin…Mais maintenant, si tu es là et moi aussi…les autres ne doivent pas être bien loin…
 
Elle n’eut pas à trop chercher. L’appartement à part d’insalubre et affreux était minuscule.  Une porte fermée, qui n’était ni  micro cuisine ni salle de bains, l’attira, elle colla l’oreille au panneau. On discutait « gentiment ». L’une voulait, l’autre pas. Sans besoin d’attendre les prolongations, Miss McLane de Kelamera défonça la porte. Le spectacle surpris valait mille mots.
 
Où diable étais-tu ?
 
C’est bien toi, ça…Ben à côté, mon chéri…avec…toi !


 La suite fut tout un poème de confusion, exclamations et explications. Chacun avec sa chacune, la mise à jour  tint de la confession hasardeuse,  tous sur le qui-vive, baguettes prêtes, pour si jamais. À part apporter un mot ci, un éclaircissement là, Opal laissa à son chéri le loisir de mettre les pendules à l’heure, c’était bien son droit.
 
Truffe froide, moustaches chatouilleuses, ronron plein gaz…insistant coup de patte. Opal ouvrit les yeux en sursaut. La chambre était noyée de soleil matinal. Une magnifique journée en perspective.  Sage réclama sa pitance avec un miaulement ronchon et ne sut pas ce qui lui arrivait quand sa maîtresse, en plein délire, le souleva en l’air pour après le dévorer de baisers bruyants, tout en riant et pleurant en même temps, avant de le lâcher aussi brusquement pour se ruer au téléphone. Accrochant le combiné comme si sa vie en dépendait, Opal comptait les secondes, puis enfin on répondit.
 
MAMAN !!!! Maman…c’est moi…Maman, tout va bien ?...Tous vont bien ? Kelamera est…Non, Maman, je vais bien…euh…un mauvais rêve…j’avais besoin de t’écouter…Je t’aime, Maman…si tu savais comme je vous aime tous…
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Opal McLane

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